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  • Joel Embiid, pilier d’un domaine en disparition : le poste bas

    Joel Embiid, pilier d’un domaine en disparition : le poste bas

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Nous sommes en 2020 après Jésus-Christ. Toute la NBA est occupée par les intérieurs qui stretchent… Toute ? Non ! Un joueur doté d’un don unique au poste bas résiste encore et toujours à l’envahisseur. Et la vie n’est pas facile pour les garnisons de joueurs NBA des franchises retranchées de Troipointum, Stretchum, Houstonum et Brouquelopaizum… Son nom ? Joel Embiid.


    Philadelphie : terre du poste bas

    Après avoir abordé le cas de Damian Lillard et du pick & roll dans notre premier article spécial « super-joueurs », penchons-nous sur un autre cas étrange évoluant dans cette NBA pleine de surprises…

    Pour les amateurs de sport qui aiment prolonger le plaisir après le coup de sifflet final, suivre les cotes et les marchés peut ajouter une autre dimension à l'analyse des matchs. En France, la pratique du pari sportif évolue et certains joueurs se tournent désormais vers des plateformes acceptant les cryptomonnaies ; pour s'y retrouver, un comparatif des bookmakers crypto permet d'identifier les offres disponibles et de comparer leurs conditions en toute transparence. Comme toujours, il convient de miser de manière responsable et de ne jouer que ce que l'on peut se permettre de perdre.

    Triple All-Star, et possédant 2 présences dans une All-NBA Team en seulement 4 années « complètes » au sein de la ligue, Joel Embiid est là où on l’attend : dans la catégorie des piliers de la NBA.

    Alors que son équipe, les Philadelphie 76ers, est, avant que la NBA reprenne, 6ème dans la conférence Est, Joel ne cesse d’évoluer et d’atteindre les sommets dans le jeu au poste bas 1 .
    Depuis quelques années déjà, Joel fait parler de lui dans ce domaine. Workouts avec Hakeem Olajuwon, volonté de jouer au poste bas, prise de poids conséquente… Tous les ingrédients sont réunis pour fabriquer un cocktail détonant.

    On peut même parler d’un joueur à contre-courant, dans un angle parallèle qui le maintient au poste bas contrairement à la plupart des autres joueurs intérieurs qui veulent de plus en plus s’écarter du cercle.

    Est-ce tout simplement une volonté d’être efficace ?

    On sait grâce aux statistiques, et grâce aux points par possession (PPP) 2 , que les 3 points rapportent plus par possessions que les 2 points « longs ». Dans le cas de Joel Embiid, les tirs au poste bas rapportent seulement 0,90 PPP… Soit un tout petit plus que les 2 points « longs » (0,85 PPP) et bien moins que les 3 points (1,15 PPP) !
    Mais alors, pourquoi tenter des tirs au poste bas ?

    Peut-être s’agit-il d’une simple exploitation de ses forces et faiblesses, avec un petit mais correct 32,2% à 3 points accompagné d’un bon 52,3% à 2 points en carrière ? Ou alors une simple volonté de dominer là où il a peu de concurrence ?

    Nous tenterons de répondre à cette question tout au long de l’article… Mais avant de voir en profondeur l’impact de Joel Embiid dans ce domaine, parlons de son équipe. Que valent les 76ers au poste bas ?

    On s’en doute, avec un joueur impactant comme Embiid à l’intérieur, Philadelphie a toutes les armes pour dominer la ligue dans cet aspect.
    Résultat : les 76ers ont le plus grand nombre de possessions par match au poste bas.


    Graphique représentant le nombre de possessions par match au poste bas pour chaque équipe


    12,6 possessions par match ! C’est 12,7% de leurs possessions totales sur un match, soit plus que quiconque dans la ligue.
    C’est également près de 4 possessions de plus que le second au classement, les Los Angeles Lakers.

    Ce chiffre a complètement explosé depuis les premiers matchs d’Embiid au Wells Fargo Center. Eux qui étaient, durant le « Process », habitués aux bas-fonds dans ce domaine, ont trouvé un second souffle avec l’arrivée du pivot en provenance des Jayhawks de Kansas.


    Graphique représentant le nombre de possessions par match au poste bas pour chaque équipe depuis la saison 2015/16


    Mais il ne suffit pas d’avoir un grand nombre de possessions pour s’imposer comme les patrons de la NBA. Il faut être efficace et scorer. C’est ici que les 76ers créent un gap avec le reste des franchises. Avec 1 point par possession de moyenne, ils se logent à la 2ème position de la ligue, avec seulement Atlanta devant eux.

    Le calcul est vite fait. 1 PPP pour 12,6 possessions, cela fait 12,6 points par match au poste bas, soit 11,5% de leurs points totaux. Plus que toute la ligue, encore une fois.


    Graphique représentant les points par possession au poste bas pour chaque équipe


    Joel Embiid a su impacter son équipe et la propulser aux sommets de la NBA dans un domaine en perdition.
    Mais en est-il le seul architecte ? Qu’en est-il aujourd’hui ? Que vaut Joel Embiid au poste bas ?

    Que vaut Joel Embiid au poste bas ?

    Nous l’avons abordé un peu plus tôt : Joel Embiid a un talent monstrueux au poste bas. Mais comment cela se répercute sur ses statistiques ?

    Il n’a pas toujours été à ce niveau-là. Ses premières années ont même été compliquées dans ce domaine.
    Nous avons vu que l’arrivée de Joel a engendré une augmentation du nombre de possessions chez les 76ers un peu plus tôt dans l’article, mais ce dernier n’a pas toujours été efficace.


    Graphique représentant l’évolution des percentiles de Joel Embiid et des Philadelphie 76ers depuis les débuts d’Embiid en NBA


    Preuve irréfutable de l’impact d’Embiid sur son équipe, les courbes concernant le percentile 3 au poste bas sont quasiment similaires dans le temps. Le joueur progresse d’années en années et fait progresser son équipe dans la même direction.

    Quelle est la limite sur cet aspect ? Pourront-ils aller chercher plus haut ? Étant pour la première fois dans les 10% les plus efficaces de la ligue, quelle pourrait être la suite pour eux ?

    Lui qui possède déjà le plus grand pourcentage de points procurés par le poste bas, pourra-t-il creuser encore plus l’écart ?


    Graphique représentant le pourcentage de points procurés par le poste bas lors de la saison 2019/20


    Il domine tellement que l’écart semble difficile à combler pour le reste de la ligue.
    Ses statistiques, quand on les compare aux autres joueurs, sont tout simplement affolantes. Il est seul, tout en haut.
    C’est un véritable patron.


    Graphiques représentant les PPP et le percentile de tous les joueurs NBA en fonction de leurs nombres de possessions par match


    On le remarque bien, tout cela est assez représentatif, mais comparons quand même avec l’une des plus grandes menaces au poste bas de la NBA : Nikola Jokic.


    Tableau comparatif de statistiques au poste bas entre Joel Embiid et Nikola Jokic sur l’exercice 2019/20


    Dans les statistiques majeures au poste bas, on remarque directement la domination d’Embiid. Il surpasse Jokic dans toutes les statistiques, mis à part le pourcentage aux tirs, où il possède tout de même un excellent 52,4%.

    Et tout cela en ayant joué 21 matchs de moins que la star des Denver Nuggets. C’est vraiment impressionnant.

    Tous ces points montrent une fois de plus un talent incroyable, et une utilisation massive de ce super-pouvoir depuis quelques années, augmentant rapidement le taux de possessions au poste bas dans son équipe. Mais à quel prix ? Doit-il monopoliser le jeu au poste bas et ne pas en laisser aux autres ? Serait-ce un bonus pour Philadelphie, surtout quand on voit sa production ?

    Analysons cet aspect à travers un graphique.


    Graphique représentant le pourcentage des possessions d’Embiid (sur les possessions totales de 76ers) et les points par possession des 76ers depuis l’arrivée d’Embiid


    Depuis l’arrivée d’Embiid en NBA, on peut remarquer que les 76ers n’ont fait que progresser dans ce domaine. Cependant, cette augmentation du nombre de points par possessions peut être liée à un autre fait : les 76ers jouent plus au poste bas de manière générale.

    Comment le sait-on ? Dans un système qui lui a accordé de plus en plus de possessions au poste bas, le pourcentage qu’il obtient dans les possessions totales de l’équipe est en baisse. Une contradiction des plus totales.

    A terme, cela pourrait devenir terriblement létal. Encore faudrait-il que Philadelphie possède d’autres joueurs talentueux au poste… Après avoir connu Boban Marjanovic (2,1 possessions, percentile de 74), ils sont désormais parents d’Al Horford (2,9 possessions, percentile de 42) sans compter la présence de Ben Simmons et ses 2,3 possessions et son percentile de 28,3 en carrière…

    Joel est talentueux c’est sûr. Le groupe progresse à ses côtés, mais cela ne suffit pas encore. Ce n’est pas encore suffisamment rentable. Peut-être faudra-t-il des éléments plus performants à ses côtés ? Peut-être une réduction du nombre de possessions ?

    Beaucoup de questions et d’incertitudes, mais abordons tout de suite la dernière partie de cet article : comment arrive-t-il à être autant dominant ?

    Comment Joel Embiid domine-t-il au poste bas ?

    Dans cette dernière partie, nous allons analyser deux séquences au poste bas jouées par Joel Embiid, afin de découvrir comment arrive-t-il à afficher des statistiques aussi impressionnantes.

    Ces séquences ont été prises lors de la saison 2019/20, afin d’avoir une expertise plus précise du phénomène.

    Pour la 1ère action, prenons la direction du Wells Fargo Center, lors du match des 76ers contre les Minnesota Timberwolves le 30 octobre dernier. Philadelphie, alors sur un bilan de 4 victoires pour 0 défaites, mène 34 à 24 durant le 2ème quart-temps.



    Les Timberwolves viennent de perdre le ballon sur une faute offensive de Noah Vonleh. L’attaque est longue, vient un tir, puis un rebond offensif. Le ballon circule et arrive dans les mains de Mike Scott (n°1). Robert Covington défend sur lui à une bonne distance, ne pouvant le laisser tirer à 3 points facilement (Mike est à 45% à 3 points dans cette zone en 51 tirs cette saison) et driver facilement.

    Il reste 8 secondes sur l’horloge des 24 quand Joel Embiid (n°21) vient se présenter au poste bas du côté du ballon, proposant une solution de passe. Noah Vonleh, qui défend sur lui, subit le duel physique engagé, laissant l’avantage au pivot des 76ers.



    Mike Scott, voyant Embiid démarqué, n’hésite pas une seule seconde et lui donne le ballon. Vonleh ne veut même pas contester l’arrivée du ballon, alors que Joel Embiid produit une petite erreur. En effet, il rompt le contact avec son vis-à-vis alors que le ballon n’est pas encore dans ses mains. De plus, il n’a pas du tout les yeux fixés sur Vonleh, qui aurait pu saisir l’occasion afin d’intercepter le ballon.

    Le reste des joueurs est plutôt bien placé. On imagine tout de même que Tobias Harris (n°12) ne va pas tarder à gêner le futur porteur de balle, étant donné son placement. Il faudra donc qu’il se déplace, dans le corner gauche par exemple.



    Une fois qu’il a réceptionné le ballon, Embiid se replace directement face au cercle, afin de montrer aux 5 défenseurs qu’il va être dangereux et possiblement attaquer le cercle. Il attire directement le regard des différents Timberwolves sur le terrain, délaissant alors leurs vis-à-vis. Ces derniers pourront devenir de potentielles menaces à 3 points lors d’un potentiel tir à la dernière seconde de l’horloge.

    Joel Embiid, un peu penché vers l’avant et fléchi, protège bien son ballon en l’éloignant le plus possible de Vonleh. L’écart entre ses deux pieds est très long, provoquant indirectement un avantage lors d’un éventuel départ en dribble .

    A l’opposé, Furkan Korkmaz (n°30) tend à se déplacer aux alentours du corner gauche, pendant que son défenseur ne le regarde plus. Tobias Harris, lui, ne s’est toujours pas déplacé et reste un potentiel obstacle au bon déroulement de l’action.



    Ça y est. Joel Embiid décide de franchir le pas et de déstabiliser son adversaire. Le ballon revient face à lui, et il exécute une feinte de corps en direction de l’axe. Le footwork est parfait, il est très bien équilibré. Vonleh reste les pieds ancrés au sol et aura un temps de retard pour la suite de l’action. En une demi-seconde, le pivot des 76ers vient de passer de potentielle menace à danger immédiat.

    C’est le fait qui fait basculer l’action. Vonleh a perdu le duel.

    Alors que Mike Scott est quasiment sorti du champ de la caméra de retransmission, les autres joueurs restent immobiles, avec les deux extérieurs toujours prêts à recevoir le ballon à 3 points, et Tobias… qui décide de ne pas bouger.



    Avec l’avantage qu’il a su prendre, Embiid a réussi à dépasser son vis-à-vis avec son épaule, symbole d’un 1 contre 1 réussi. Cependant, il s’emmêle les pinceaux et manque de perdre le ballon lors de son 1er dribble. Vonleh en profite pour tenter de rattraper le retard accumulé depuis la feinte de corps.

    Josh Okogie, défenseur sur Tobias Harris, ne doit pas sentir le danger arriver, et décide de ne pas venir aider son coéquipier.



    Tandis que Embiid tente de se rattraper après un dribble peu convaincant, Josh Okogie décide enfin de venir en aide défensive… sous le cercle. Petit rappel : il y a 20 cm et 17 kilogrammes d’écart entre les deux joueurs. L’aide est trop tardive et son utilité est nulle. Vonleh tente de pousser (sans faire faute) Embiid le plus loin du cercle pour qu’il n’ait aucune solution de tir.

    Mais le mal est fait, Embiid résiste et va pouvoir s’offrir une chance de scorer.

    Tobias, qui semble attiré par le ballon, se rapproche de l’action, formant un amas de 4 joueurs dans un petit espace.



    Malgré tous ces obstacles et cet amas, Embiid réussit à écarter les deux défenseurs, à placer Vonleh dans son dos, et ainsi, à se retrouver dans une bonne position pour tirer.

    Résultat : 2 points produits, un run de 6-0 entamé, et une démonstration de la puissance d’Embiid.

    1ère séquence en vidéo

    Voyons maintenant la 2ème et dernière situation. Nous sommes toujours au Wells Fargo Center, le 24 février dernier, pour la confrontation entre les 76ers et les Atlanta Hawks. C’est durant ce match que Joel Embiid enregistra son record de points sur la saison avec 49 unités dont 22 dans le dernier quart-temps.

    Et c’est justement au début de ce quart-temps que ce déroule l’action.



    Le début de la séquence se déroule de la même manière que la 1ère séquence. L’attaque est longue, vient alors un tir, puis un rebond offensif et Joel Embiid, en fin de possession se retrouve isolé un peu au large, ballon en main. Dewayne Dedmon défend sur lui. Ils sont un peu décalés par rapport au poste bas, après que Dedmon l’ait repoussé.

    L’isolation est bien réalisée, avec ses 4 coéquipiers répartis autour de la ligne à 3 points.

    On peut directement voir certaines similitudes dans la posture d’Embiid : ballon excentré pour l’éloigner du défenseur, largeur des appuis supérieure à celle de son vis-à-vis, corps totalement orienté vers le cercle pour montrer la menace….



    La prise de décisions est rapide, l’orientation est claire et laisse Dedmon sur place. Encore une fois, Embiid nous montre qu’il possède l’un des meillleurs footworks de la ligue. Son équilibre est parfait lors de cette prise de décision.

    Le moment décisif une fois de plus. Dedmon ne le sait pas encore, mais il sera en retard.

    A l’opposé, le regard de Jeff Teague (n°00) va être intéressant à suivre. C’est le joueur prioritaire pour l’aide défensive, mais à l’instar de Josh Okogie tout à l’heure, le rapport de force est trop grand pour lutter.



    Cette fois-ci, pas de problèmes lors du 1er dribble, et Embiid réussit tranquillement à passer son épaule et son bras au-delà de son vis-à-vis. Le 1 contre 1 est une fois de plus parfaitement maîtrisé, et Dedmon ne peut que subir.

    Jeff Teague, quant à lui, semble hésiter à venir en aide défensive. Il n’a pas encore passé l’axe panier-panier alors que le pivot des 76ers est bientôt au cercle… Situation bien compliquée pour les Hawks…



    Ça y est, Joel Embiid a complétement fait exploser la défense de Dedmon. Il l’a totalement pris de vitesse, n’ayant plus aucun obstacle vers le cercle. Il reste 6 secondes sur l’horloge des 24.

    Jeff Teague, finalement n’est pas venu, mais il est également responsable de la rotation défensive qu’est en train de produire Cam Reddish (n°22 des Hawks) sur Shake Milton (n°18).

    Cette rotation laisse le champ totalement ouvert à l’intelligent Al Horford (n°42) qui réalise la coupe parfaite, pouvant amener deux points.



    L’autre moment décisif dans cette action. Doté d’un QI basket très élevé près du basket, Joel Embiid sent la menace du contre. Il décide alors d’exécuter une feinte de tir, dans le but de faire sauter Dedmon. La feinte fonctionne, Dedmon se retrouve vite en l’air et Embiid n’a plus d’obstacles vers le cercle.



    Le retour de De’Andre Hunter ne changera pas le cours de l’action. Joel Embiid vient une fois encore de démonter sa superiorité face à des Hawks déboussolés. Et comme si cela ne suffisait pas, il se permet même de dunker sur Hunter.

    2ème séquence en vidéo

    Ainsi s’achève notre deuxième article sur les super-humains de la ligue, avec la présence de Joel Embiid, l’un des derniers combattants, vaillant et courageux seigneur du poste bas. C’est avec une très grande maîtrise des fondamentaux et de ses forces qu’il règne sur la NBA. Reste à savoir maintenant si le groupe qu’il dirige saura l’accompagner et être digne de ce domaine en perdition…

    Sources : NBA.com, NBC Sports Philadelphia.

    Le dossier complet à lire : Les super-joueurs en NBA

    Lexique :

    1. Le poste bas : emplacement sur le terrain situé aux abords de la raquette, proche du cercle.
    2. Les points par possession (ou PPP) : statistique prenant en compte le nombre total de points marqués sur le nombre total de possessions.
    3. Le percentile : calcul effectué sur l’ensemble des joueurs de la NBA en fonction des points par possession. Plus le PPP est haut, plus le percentile sera élevé. Si un joueur possède un percentile de 100, cela signifie que personne dans la NBA n’a un PPP aussi grand que lui. Et inversement pour un percentile de 0… Mais c’est moins glorieux…
  • Rui Hachimura: le prince du mi-distance

    Rui Hachimura: le prince du mi-distance

    Sortant d’une saison assez mitigée, finie à la 11e place à l’Est et orphelin de leur franchise player John Wall (blessure au tendon d’Achille en février 2019), Les Washington Wizards héritèrent du 9e pick de la draft 2019, pick qu’ils utilisèrent pour sélectionner le prospect japonais Rui Hachimura.
    1 an plus tard suite à la saison moyenne des Wizards, avec assez de recul il est temps pour nous de revenir sur ce talent venu tout droit de l’Empire du soleil levant.


    QUI EST RUI HACHIMURA ?

    Rui Hachimura est un joueur NBA bénino-japonais de 22 ans évoluant au poste d’ailier fort pour les Washington Wizards.
    Victime de racisme au Japon due à sa couleur de peau assez différente des autres natifs, en 2015 il quitte son pays natal pour les États-Unis où il jouera pour les Gonzaga Bulldogs en NCAA alors qu’il ne parlait même pas anglais.

    Il explose lors de sa 3e saison à Gonzaga où il tourne à 19.7 points et 6.5 rebonds par match. Il sera plus tard récompensé du Julius Erving award (trophée remis par ‘Dr.J’ lui-même au meilleur ailier en NCAA).

    •Mensurations: Droitier de 2m03 pour 104 kg avec une envergure de 2m18
    •Meilleurs matchs cette saison:
    Vs Philadelphia 76ers le 05 décembre 2019 (27pts, 7rbs, 11/18fg)


    Vs Los Angeles Clippers le 1er décembre 2019 (30pts, 9rbs, 2/5 3pt)

    https://m.youtube.com/watch?v=Pb81GbcLqeg


    •Stats sur la saison : 29.7minutes, 47.8%fg, 27.4%3pt; 82.9%lf, 13.4pts, 6rbs, 1.7ast, 0.8stl, 0.2blk

    Profil de tir

    D’abord, parlons de son jeu au poste: il ne l’utilise pas beaucoup (8.4% de ses possessions) et il a bien raison vu qu’il n’est pas vraiment adroit avec ‘seulement’ 36% de réussite. Néanmoins, il a une bonne maîtrise du turnaround jumper et du fadeaway. Notons aussi qu’il a un petit hook assez bon à améliorer.

    Ensuite, la finition : Rui est capable de finir les actions proprement et avec agressivité avec ou sans contact. Il inscrit 31.3% de ses points dans la peinture avec un très bon 61% de réussite. Il aime beaucoup exploser vers le panier dans le trafic pour libérer de l’espace dans la peinture et finir comme Kawhi Leonard.

    La plus grosse surprise offensivement chez Rui a été son incroyable réussite sur la ligne des lancers francs, 82.9% sur 2.7 tentatives par match, top 8 des ailiers forts et meilleur rookie (pour les joueurs qui en prennent 2 ou plus par match). Seulement 49e percentile en free throw rate chez les bigs, il ne provoque pas beaucoup de fautes.

    Passez d’un décent pourcentage de 41% en NCAA (seulement 1 tentative par match) à un piètre 27% en NBA (1.8 tentatives par match), Rui ne s’est jamais démarqué en tant que bon shooteur à 3 points.
    Sans être extraordinaire, il a un jeu décent en off ball : très rapide et efficace en transition où il inscrit 22% de ses points (67e percentile) mais mauvais en catch and shoot avec seulement 32% de réussite sur 2.6 tirs par match.

    Le meilleur pour la fin, son jeu à mi-distance :
    Il y prend 24% (42% de tirs à 2 points hors de la restricted area) de ses tirs et en met 39%. Il a montré une facilité à trouver ses spots et même à créer son tir (seulement 57% de ses points à mi-distance sont assistés).
    Dans le détail, on peut noter que ce tir (particulièrement les longs two’s) est le tir le moins rentable en NBA, un shooteur à 35% à 3pts est autant productif qu’un shooteur à 52% à mi-distance. Donc pour être rentable en tant que gros shooteur à mi-distance il faut être un joueur élite dans ce domaine, ce que Rui n’est pas encore contrairement à Chris Paul ou Kawhi Leonard.

    Shot chart de Chris Paul sur la saison 2019-2020 (sources : StatMuse.com)
    Shot chart de Rui Hachimura sur la saison 2019-2020 (sources : StatMuse.com)

    Playmaking


    ‘Quand nous l’avons choisi et que nous l’avons vu durant l’été, il pouvait dribbler, remonter la balle et la prendre dans la paume de sa main…Ce n’est pas un pur poste 4, nous pouvons le faire devenir 3 et faire de lui un playmaker.’

    Bradley Beal au micro de Zach Lowe, NBC


    Le franchise player des Wizards ne s’est pas trompé mais n’avait pas totalement raison, car oui Rui a un assez bon handle pour un poste 4 avec seulement 16 ballons perdus lorsqu’il dribble, son handle est assez bon pour lui permettre de trouver des bons spots à mi-distance et pour faire des coast to coast, mais ne lui permet pas de mener une attaque en tant que ball handler.

    En ce qui concerne la distribution, on a pu remarqué qu’il n’a pas une excellente vision des passes, ce qui ne lui permet pas de distribuer le jeu efficacement. Il tourne à 3.5 potential assists par match, derrière Julius Randle et hors du top 30 à son poste.
    Hachimura n’est donc pas encore un bon playmaker mais on peut espérer une amélioration comme celle de Kawhi Leonard, passé de 6.6 assist% et 12.6 assist ratio en saison rookie à 26.2 assist% et 16.4 assist ratio cette saison.

    En défense :

    Les Wizards ont tout simplement la pire défense de la ligue (avec 119.7 points encaissés par match) et c’est encore pire lorsqu’il est sur le parquet, car ils encaissent 5.8 points en plus lorsqu’il est enjeu (le 4e pire defensive rating de toute la NBA).


    Les problèmes défensifs de Rui sont clairement liés à son QI défensif très en dessous de la moyenne, car sa mauvaise lecture du pick-n-roll et ses mauvaises décisions sur switch et en prise à 2 le mettent très souvent lui et son équipe en situation défavorable défensivement. Le manque de QI en défense est très souvent comblé par une bonne protection d’arceau chez les ‘big men’ (coucou Jarrett Allen), il n’en est rien pour Rui qui est tout simplement un piètre contreur. Malgré son envergure avantageuse, il tourne à une très faible moyenne de 0.2 contre par match et à 0.5% en block% (3e percentile). Les adversaires mettent 65% de leurs tirs quand il les défend à moins de 3 mètres du panier (8.5% de plus que d’habitude).


    En défense contre des guards (meneur/arrière), il est assez mobile et latéral pour contester quelques drives bien que son manque d’explosivité lui fait défaut face à des joueurs hyper ‘flashy’ comme Ja Morant ou De’Aaron fox (7 points en 50 secondes)…


    Malgré ses lacunes, Rui a montré de la détermination et de l’envie de ce côté du terrain en contestant 79% des shoots de ses adversaires, top 2 parmi les rookies avec 8.5 par match. Cela n’a pas empêché ses adversaires de shooter à près de 55%, beaucoup plus que la moyenne NBA qui est de 46%

    Au Rebond :

    Leader des rookies (+20 matchs joués) avec 6 prises par match, Rui est un rebondeur moyen avec un positionnement au rebond plutôt satisfaisant.

    Il ne prend que 53.2% de ses 11.4 rebounds chances (97e chez les joueurs qui prennent 5 rebonds ou plus) et seulement 31.5% de ses rebonds sont des rebonds contestés. C’est peut-être due au fait qu’il ne fait pas assez de box outs (2.8) surtout offensivement (0.1) ou juste un manque d’agressivité et d’envie aux rebonds.
    Néanmoins Rui est très bon en putbacks (claquette), 1.3 points par match et 90e percentile.

    Impact sur tout le match

    Rui a toujours eu la fâcheuse habitude de disparaitre peu à peu pendant les matchs (surtout depuis son retour de blessure).
    Il inscrit 8 points à 51.5% FG et prend 3.3 rebonds par match en première mi-temps alors qu’il n’inscrit que 5.5 points à 42.5% en captant 2.8 rebonds par match en seconde mi-temps.


    À quoi est due cette baisse d’impact statistique ? Logiquement elle serait due à une baisse de temps de jeu mais là non plus, étant donné qu’il a sensiblement le même nombre de minutes en 1ere et 2eme mi-temps. Elle serait autrement due au fait qu’il prend tout simplement moins de tirs en 2e mi-temps ? Oui et non car même s’il prend moins de tir, il est surtout beaucoup moins adroit (de 51.5% à 42.5%) mais sa maladresse peut être liée au fait que les wizards s’appuient plus sur Bradley Beal lorsqu’ils sont menés. Une autre hypothèse pourrait être liée à la fatigue.

    Points à améliorer

    Le principal axe de travail de Rui sera son shoot à 3 points et aussi d’essayer d’être plus propre et régulier à mi-distance pour devenir un joueur élite dans ce domaine. Il devra aussi essayer de provoquer plus de fautes pour profiter de sa réussite au lancer franc et devenir un scoreur plus prolifique.

    Parmi les autres axes de travail son jeu on ball : il doit améliorer son handle et travailler sur ses passes et sa vision.
    Ensuite pour durer en NBA il faut apporter un minimum en défense. La défense sur pick-n-roll, les switchs, sa rapidité latérale et son explosivité sont les principaux domaines à travailler.
    Et pour finir Rui doit arrêter de disparaître au cours des matchs, être régulier du début à la fin.

    Hachimura s’entraîne à Orlando
    Via NBA.com/galleries

    Utilisation par Scott Brooks

    La superbe attaque (5e pace et 13e offensive rating) des Wizards mise en place par brooks met assez en valeur Rui. Il a clairement sa place dans les systèmes bien qu’il ne soit pas utilisé en tant que 1e et 2e option offensive. Son association avec Thomas Bryant a été plutôt productive car Rui est très mobile ce qui lui permet de jouer avec des pivots assez ‘dominant’.


    Il n’est pas assez utilisé sur pick-n-roll et pick-and-pop avec Beal, car Beal attire beaucoup les défenses sur ses drives permettant à Rui de pop à mi-distance avec moins de contestation et même sur pick-n-roll, Rui est très athlétique avec une très bonne finition.


    La reprise de la saison sans Beal et Bertans sera une opportunité de voir Rui en tant que première ou seconde option (avec plus de usage rate).

    Comparaison et avenir

    Comparaison en NBA : La comparaison avec Kawhi Leonard est assez légitime… mais que offensivement, car oui ils ont beaucoup de similitudes dans leurs spots et prises de tirs. Tous les deux adeptes des pulls up long 2’s, des fadeaways, des turnaround jumpshots et des finitions rapides en force au poste. Bien que Kawhi joue déjà beaucoup plus le rôle de playmaker.

    Mais la comparaison ne tient malheureusement pas défensivement

    Statistiques défensives de Rui Hachimura saison 2019-2020 (sources : NBA.com)
    Statistiques défensives de Kawhi Leonard saison 2019-2020 (sources : NBA.com)

    On peut remarquer que les adversaires sont beaucoup moins efficaces quand ils sont défendus par Kawhi que quand ils le sont par Rui. La comparaison peut aussi être faite avec DeMar DeRozan.

    Hachimura a clairement le potentiel pour être un super lieutenant scoreur inarrêtable capable d’un peu porter la balle et de défendre décemment s’il a l’envie au mieux ou au pire un scoreur intérieur qui sort du banc qui ne contribue pas suffisamment en défense et en attaque pour combler.

    Glossaire


    Free throw rate: le nombre de tentatives de lancers francs qu’une équipe tire par rapport au nombre de shoot que l’équipe tente

    Potential assists : toute passe à un coéquipier qui tire à moins d’un dribble après avoir reçu le ballon

    Assist% : le pourcentage de paniers marqués par une équipe après une passe décisive du joueur.

    Assist ratio : le nombre de passes décisives d’un joueur en moyenne sur 100 possessions utilisées

    Block% : le pourcentage de block de l’équipe lorsqu’un joueur est sur le terrain

    Percentile : les points d’un joueur ou d’une équipe par possession classés par rapport au reste de la ligue à ce poste

    Rebounds chances : un joueur a une chance de rebond s’il est le plus proche du ballon à tout moment entre le moment où le ballon est en dessous de l’arceau et le moment où il a complètement rebondi

    Box outs : le nombre de fois où un joueur a établi un contact physique avec un adversaire qui poursuivait activement un rebond, un effort important pour désavantager l’adversaire et a réussi à empêcher cet adversaire de sécuriser le rebond

    Usage rate : le pourcentage de ballons « utilisé » par un joueur lorsqu’il est sur le parquet

  • Justin Anderson – Retour sur la première partie de carrière du joueur

    Justin Anderson – Retour sur la première partie de carrière du joueur

    Depuis son passage à l’Université de Virginia, Justin Anderson alias « Simba » vit une carrière professionnelle en dent de scie. Le 21ème choix de la draft 2015 sera passé par la G-League cette saison afin de retrouver véritablement des certitudes et poursuivre son aventure en NBA. Voici un point sur la carrière du joueur.


    Un joueur prometteur à l’université

    Après un passage au lycée Montrose Christian où il compile 18,7 points, 4,7 rebonds et 3 passes décisives, Justin Anderson a le profil de l’ailier athlétique par excellence, qui multiplie les highlights sur YouTube. Sa défense engageante et pleine d’énergie lui permet de réaliser 1,8 interceptions et 1,6 contres par match, de quoi attirer les convoitises des plus belles universités. Et en effet, six universités tenteront d’attirer le natif de Montross avec entre autres Duke ou Maryland. Mais c’est Jason Williford qui le convainc finalement de venir à Virginia en 2012.

    Il jouera trois saisons à Virginia évoluant notamment aux côtés de Joe Harris et Malcolm Brogdon, et après avoir peaufiné sa défense et sa force, Justin amassera lors de sa dernière saison 12,2 points (à 47% au tir dont un 45% à 3 points), 4 rebonds, 1,7 passes décisives, 0,7 interception et 0,5 contre en 28 minutes de jeu pour 22 matchs sur 26 en tant que starter, avec un très beau PER de 23,8. Avec des stats solides et de belles récompenses individuelles (Meilleur 6ème homme de l’ACC dans sa 2ème saison et dans la 2ème équipe de l’ACC), il était fin prêt à rejoindre la grande ligue.

    L’ailier était vu comme un 1er tour avec au premier plan sa puissance et de grosses qualités athlétiques. Décrit tel quel, Anderson était vu comme un joueur n’ayant aucune faiblesse majeure apparente et qui aurait pu être vraisemblablement un premier choix de draft, mais c’est finalement parce qu’il n’avait pas de réelles qualités premières, comme au shoot qu’il n’a pas été retenu plus haut. En effet, ce n’est pas un grand passeur ni un grand dribbleur, il a même une fâcheuse tendance à commettre des pertes de balles mais aussi à manquer de réussite en un contre un.

    Avec 4 rebonds par match en université, on regrette finalement qu’il n’ait pas plus mis à contribution ses qualités d’athlètes pour devenir un spécialiste en la matière. Enfin, ses sélections de tirs n’ont jamais été très bonnes, sa mécanique de tir n’était pas commode et même s’il avait de bons pourcentages, il aurait très logiquement régressé en NBA. Il fallait pour cela travailler, car Anderson avait tout pour devenir un joueur d’exception en NBA.


    Draft Day : Direction Dallas !

    Le soir du 25 juin 2015 s’ouvre la soirée de la draft NBA. Les noms de KarlAnthony Towns à Minnesota comme 1er choix, puis D’Angelo Russell aux Lakers ou encore Kristaps Porzingis aux Knicks sortent les uns après les autres, jusqu’à la 21ème place, celle des Mavs. Dallas n’a pas été très actif lors des récentes drafts depuis l’arrivée de Dirk Nowitzki et même si la franchise de Mark Cuban restait encore assez compétitive (Deron Williams, Chandler Parsons ou encore Wesley Matthews, arrivés lors de la FA 2015), l’Allemand s’approchant doucement de la retraite, il fallait penser à l’après-Dirk et commencer à préparer à l’avenir.

    Si plusieurs noms restaient comme Montrezl Harrell, Bobby Portis ou encore Rondae Hollis-Jefferson, l’équipe texane sélectionnera finalement Justin Anderson (accompagné de Satnam Singh en 52ème position, le premier joueur indien à être drafté en NBA, ce qui lui vaudra un documentaire nommé One of a Billion). Un choix cohérent et intelligent en somme pour Dallas, qui n’est pas réputée pour être une équipe très athlétique et défensive sur le papier.


    Une première saison rookie révélatrice


    Justin Anderson sous le maillot des Dallas Mavericks – Photo by Tim Fuller

    Après une bonne Summer League, Simba n’aura pas souvent sa chance lors de la première partie de saison et alternera NBA et D-League (ancien nom de la G-League) avec les Texas Legends en partie à cause de Rick Carlisle qui fait peu jouer ses rookies. Mais une blessure de Chandler Parsons en deuxième partie de saison donnera l’occasion à Justin Anderson de montrer de quoi il est capable à Carlisle et qu’il peut être un très bon energizer en sortie de banc. Son apport athlétique et défensif sera un plus pour l’équipe, il jouera même 8 fois titulaire sur les 10 derniers matchs de saison régulière avec un bilan de 7 victoires et 3 défaites pour Dallas qui finira 6ème de conférence Ouest.

    Au premier tour ils affronteront le Thunder avec comme 5 de départ Westbrook, Roberson, Durant, Ibaka et Adams, de quoi passer un mauvais quart d’heure pour les Mavs, mais aussi de quoi révéler un peu plus le talent du jeune Justin Anderson qui aura la lourde tâche de défendre sur KD alors au top de sa forme. Bonne chance pour l’éclipser ! Résultat des courses, 4-1 pour OKC malgré des Mavs vaillants mais trop faibles face à une équipe bien trop forte sur le papier.

    Sur ces play-offs, Simba aura montré sa hargne sur le parquet, avec entre autres des petits chambrages d’avant-match avec Villanueva sur les pas de danse de Westbrook et Cameron Payne mais aussi une passe décisive derrière le dos pour Mejri ou encore une claquette dunk sur un lancer-franc raté de Devin Harris sur la tête de… KD ! Une performance qui permettra à coach Carlisle de lui faire confiance pour la saison prochaine.


    Nouvelle saison, année de la confirmation

    Encore une fois Justin Anderson commencera par la Summer League et encore une fois, elle sera réussie. Après des play-offs satisfaisants lors de la dernière saison, il gagnera une place dans la rotation de Dallas et jouera en moyenne 15 minutes par match et améliorera son rendement offensif en passant de 3 à 6 points par match par rapport à sa première saison.

    Malheureusement, les texans commenceront très mal leur saison avec un horrible bilan de 4v-16d au mois d’octobre. Même s’il y aura du mieux par la suite, les Mavs font peine à voir. La trade deadline approchant à grands pas, le poste d’ailier semble bouché derrière Harrison Barnes (arrivé à la FA 2016) avec le reste des minutes partagé entre Simba et un rookie non-drafté, Dorian Finney-Smith, qui plaît énormément à Rick Carlisle.

    Il fallait n’en garder qu’un, les deux joueurs étant assez similaires sur leurs qualités, l’objectif pour le staff était de combler les lacunes au poste de pivot, véritable point faible des Mavs ces dernières années. Donnie Nelson, le GM des Mavericks, effectuera donc le transfert de Justin Anderson accompagné de Andrew Bogut et d’un premier choix de draft protégé 2017 vers Philadelphie contre Nerlens Noel.


    Le nouveau numéro 23 des 76ers et son nouveau head coach Brett Brown – Photo by Steven M. Falk (TNS)

    Les 76ers, toujours en reconstruction, cherchaient à se renforcer au poste d’ailier derrière Covington. Justin récupèrera donc un temps de jeu plus conséquent avec 20 minutes par match et améliorera encore une fois son apport en points mais aussi en rebond avec 4 prises par match. Son pourcentage au tir va également progresser avec un joli 46% d’adresse.

    Il réussira notamment un game winner face aux Knicks avec un floater sur Melo et enchaînera de belles performances au scoring avec 26 points au compteur lors du dernier match de saison régulière toujours face aux Knicks. Anderson devient très vite élément apprécié du public et de Brett Brown qui contribuera notamment à voir enfin les Sixers jouer les Play-offs la saison suivante.


    Saison de la déception et des blessures !

    Cette nouvelle saison pour Simba commencera assez mal. Après quelques matchs, il se blessera au tibia en novembre ce qui le mettra sur la touche pendant un mois et demi. Pendant ce temps-là, des joueurs comme Zhaire Smith ou Furkan Korkmaz se montreront très en forme. Il reprendra seulement à partir du mois de janvier avec un bon temps de jeu ce qui illustre encore une fois la patience des Sixers avec la condition physique de leurs joueurs.

    Malheureusement, il se blessera une nouvelle fois, à la cheville cette fois-ci, et ne jouera pas pendant un mois. Après cela, son temps de jeu sera considérablement affecté, jusqu’à même récolter des DNP et sa progression s’arrêta net. Il jouera néanmoins quelques matchs sans grand intérêt pour son équipe en toute fin de saison, la qualification étant acquise. L’ailier réussira à marquer tout de même 25 points dans le dernier match de SR face aux Bucks. Les play-offs seront à l’image de sa saison, à savoir peu de temps de jeu et des absences. Comme si ce n’était pas suffisant, le joueur subira une grosse blessure à la jambe après les playoffs, nécessitant une opération. Un énorme coup dur juste avant l’été qui ne s’annonce pas de tout repos.


    Nouvelle saison et nouvelle destination : Atlanta !

    Après un deal à trois entre OKC, les 76ers et les Hawks incluant Carmelo Anthony, Dennis Schröder, ses coéquipiers Mike Muscala et le français Timothé Luwawu-Cabarrot, Anderson atterrit donc avec un premier choix 2022 chez les Atlanta Hawks, qui viennent de repêcher le prodige Trae Young au passage. Une nouvelle équipe pour une nouvelle donne et synonyme de relance pour Justin après sa blessure à la jambe, ce qui le privera d’une dizaine de matchs pour commencer. Ses premières prestations seront plutôt discrètes avec un temps de jeu assez restreint à un poste occupé par Taurean Prince, DeAndre’ Bembry mais aussi Vince Carter.

    Il aura néanmoins l’occasion de se montrer sur le mois de décembre, sans grande réussite toutefois. Cette saison ressemblera à sa dernière saison avec les Sixers, peu de temps de jeu, plusieurs DNP, des joueurs au même poste qui ont fait des progrès et leurs preuves à l’inverse de Simba. Son irrégularité lui fait cruellement défaut et ses faibles performances quand il en a l’occasion avec du temps de jeu auront raison de lui. Avec une équipe d’Atlanta qui optera pour le tanking jusqu’en avril, Justin Anderson ne jouait plus grand-chose et certains proches commençaient alors à ressentir chez lui un manque de confiance.


    Justin Anderson sous le maillot des Hawks – Photo by Glenn James/NBAE via Getty Images

    La Free Agency 2019 arrivant à grands pas, Simba quittera l’état de la Géorgie et les Hawks renonceront à sa mid-level exception et à ses droits. Il devint donc agent libre non restreint. Mais au fur et à mesure que les autres joueurs libres signaient dans les franchises cet été-là, le nom de Justin Anderson n’apparaissait quasiment plus dans les médias. Néanmoins, les Wizards lui offriront sa chance en l’invitant à leur training camp où il effectuera avec la franchise du District de Columbia les matchs de présaison, sans succès puisqu’il sera coupé assez rapidement.


    Remise en selle en G-League

    Il signera donc un contrat en G-League avec les Raptors 905, équipe mineure de Toronto avec laquelle il arrivera en cours de saison. Il s’imposera comme un des leaders de l’équipe et proposera un basket proche de ses années universitaires et ses deux premières saisons en NBA. Ses 20 points et ses 6 rebonds de moyenne par match attireront l’œil des Nets qui lui proposeront un 10-day contract, peu concluant puisqu’il marquera seulement 3 points en 3 matchs pour un total de 16-17 minutes de jeu.

    Il ne sera pas gardé et retournera chez les 905 puis sera transféré chez les Long Island Nets, équipe mineure de Brooklyn, contre Henry Ellenson. Dans la continuité de son passage dans l’équipe mineure de Toronto, il finira par être nommé dans la 3rd All-G-League Team. Avec des nombreuses blessures chez les Nets (KD, Irving) et des cas de COVID-19 qui touchent les joueurs (DeAndre Jordan et Spencer Dinwiddie) mais aussi les joueurs qui ne prennent pas le risque d’aller à Orlando comme Wilson Chandler, il signera un contrat à Brooklyn pour participer à la suite de la saison.


    Si l’on regarde le parcours de Justin Anderson, on peut se poser la question de l’impact ou des répercussions des blessures sur sa carrière. Malgré cela il n’a jamais progressé dans les secteurs où il le fallait : sa mécanique de tir est restée identique et sa précision à 3 points n’est pas parfaite avec un petit 30%. Son playmaking n’a jamais été exceptionnel, mais il a montré du mieux dans ce domaine en G-League avec 3 passes décisives par match. On peut aussi noter son inconsistance sur le terrain, capable de mettre 15 points dans un match à 5/7 au tir et au match suivant n’en planter que 2 avec un 1/8 au tir.

    Tous ces points faibles ont finalement eu comme conséquences un manque d’intérêt des franchises NBA pour lui confier un rôle important dans un roster. Si ces questions demeurent toujours après 4 ans en NBA et une année en G-League, son passage aux Nets pour la reprise de la NBA à Orlando représente très certainement sa dernière chance de prouver sa valeur auprès des franchises. S’il réussit sa fin de saison, nul doute qu’une équipe le recrutera. Dans le cas contraire, est-ce que Justin Anderson continuera en G-League ou rejoindra la Chine ou l’Europe ?  À suivre.

  • Isaiah Stewart : Un monstre sorti tout droit de Seattle

    Isaiah Stewart : Un monstre sorti tout droit de Seattle

    Source : John Locher / AP

    Isaiah Stewart – Ailier Fort

    Washington Huskies

    Pacific-12 Conference

    Statistiques du Joueur 2019-2020

    Source : gohuskies.com
     
    32 Matchs
    32.2 Minutes/m
    17 Points/m (57%FG, 25%3pts)
    8.8 Rebonds/m
    0.8 Passes/m
    0.5 Interceptions/m
    2.1 Contres/m
    2.2 Balles perdues/m

    Curriculum

    • Freshman
    • Sort du Lycée La Lumière (Indiana)
    • Américain
    • 19 ans (né le 22 Mai 2001 dans la ville de Rochester à New York)
    • 6’9 » (2m06)
    • 250lb (113 kilos)
    • Une envergure d’environ 223 centimètres (7’4 »)
    • Une détente d’environ 90 centimètres (35 inches) à la sortie du Lycée

    Palmarès

    • Mr. Basketball USA en 2019
    • USA TODAY’s All-USA First Team en 2019
    • Naismith Prep Player of the Year en 2019
    • McDonald’s All-American en 2019
    • First-team All Pac-12 en 2020
    • Médaille d’or à la coupe du monde FIBA U17 en 2018

    Récap’ de la saison

    Le numéro 33 des Huskies, en l’honneur de Patrick Ewing, n’a pas fait dans la dentelle durant cette saison 2019-2020 avec une très grosse ligne de stats pour un freshman en NCAA. C’est face à Baylor qu’Isaiah va faire son entrée dans la cour des joueurs universitaires et il ne va pas reculer face à ce défi avec une très bonne performance de 15 points et 7 rebonds à 7 sur 13 au tirs.

    Au bout de 3 petits matchs, il va s’offrir son premier double-double avec 14 points et 10 rebonds et va s’ensuivre une très bonne saison avec plusieurs performances remarquables comme un 25 points, 19 rebonds et 5 contres face à Oregon. Cependant, sa meilleure performance aura lieu lors de son dernier match de la saison, face à Arizona avec 29 points et 12 rebonds à 9 sur 11 aux tirs.

    Avec 14 double-doubles dans la saison et plusieurs records au sein de son université, Stewart s’offre une saison sans réelle déception avec du progrès au fil de chaque match et il finira même 1er en Pac-12 au niveau du scoring à son poste ce qui démontre tout de même le potentiel du garçon mais avec un profil proche de celui de Deandre Ayton, va-t-il être aussi dominant en NBA avec une compétition physique accrue ?

    Forces

    Stewart a beaucoup de qualités mais c’est un diamant à polir, la réalité est qu’actuellement, sa plus grande force est son grand moteur, il est une perle rare au niveau de l’intensité tels les Draymond Green ou Montrezl Harrell. Tous les joueurs un peu oubliés au moment de la draft mais qui se révèlent être de vrais joueurs importants, Isaiah a de grandes chances d’entrer dans cette catégorie de joueur lorsque l’on voit son énergie en NCAA.

    Pour se concentrer un peu plus sur son jeu, c’est un « Freak » long et puissant qui utilise énormément ses capacités physiques rares pour dominer avec beaucoup de jeu au poste, terminant d’ailleurs 5ème en NCAA en tant que scoreur au poste avec 8.2 points par match au poste.

    C’est donc un joueur qui se repose énormément sur son physique et c’est pour cette raison qu’une autre de ses forces est sa défense, Stewart possède déjà les bases nécessaires à la défense intérieure en NBA et possède le corps également ce qui est rare à seulement 19 ans. Il est assez léger sur ses pieds en défense ce qui lui permet de suivre assez bien un meneur durant une iso et son énergie lui a permis d’obtenir plus de 2 contres par match cette saison ce qui n’est pas non plus très commun pour un intérieur qui n’est pas pivot.

    Enfin, une force non négligeable car elle est assez rare dans le cas de ce type de joueur, c’est sa technique à mi-distance, que ce soit un petit mi-distance au poste à la Tim Duncan (Environ 43% de réussite a mi-distance) ou au lancer-franc (77% de réussite sur la ligne en 199 tentatives), Stewart est très prometteur dans ce domaine même si il a encore beaucoup de travail, surtout sur la régularité à mi-distance, mais il possède de bonne base ce qui est rare pour les freaks dans son genre quand ils entrent dans la ligue.

    Faiblesses

    Bizarrement, l’une de ses plus grandes faiblesses est son manque d’explosivité ce qui est très rare pour un profil et des mensurations comme celles de Stewart, en sachant en plus qu’il tourne a plus de 2 contres par match.

    En réalité, cette faiblesse est surtout un manque de coordination et surtout un manque de fondamentaux, lorsqu’il attaque le panier, il n’a pas encore ce réflexe de bien placer ses pieds pour pouvoir exploser et monter par-dessus ses défenseurs et cela affecte sa finition, son second saut pour remonter directement ainsi que plusieurs autres compartiments de son jeu.

    Une autre très grosse faiblesse reste son tir, bien qu’à mi-distance, il soit acceptable, sa mécanique est clairement à revoir. Heureusement, dans une bonne organisation NBA et avec un été studieux, il peut travailler facilement son shoot pour commencer à voir des améliorations car 25% de réussites à 3 points (5-20 et uniquement en catch and shoot) pour un ailier fort en NCAA ne va pas lui permettre d’avoir l’autorisation de shooter au niveau NBA.

    Enfin, même si cela a été énoncé auparavant, ses fondamentaux et surtout son « footwork » devront s’améliorer car il a tendance a trop utiliser sa force et pas assez sa technique pour attaquer ce qui pose deux problèmes :

    Le premier étant que cela empêche de pouvoir être efficace contre un défenseur intelligent qui va utiliser ce défaut à son avantage et cela s’est vu lors de son match contre Arizona ou Zeke Nnaji, ailier fort, a réussi à rendre la vie dure à Stewart même en lui rendant quelques kilos et cela s’est fini par un 3 sur 13 aux tirs pour Stewart.

    Le second problème est que cela va également l’empêcher d’être efficace contre un intérieur plus puissant qui ne va pas reculer face à ses attaques et c’est à ce moment précis que sa technique doit faire la différence.

    Vue d’ensemble du profil

    Isaiah Stewart est clairement un ailier fort même si un coach ambitieux pourrait le mettre en pivot mais tant qu’il ne développe pas son tir, il ne peut pas se permettre d’être un ailier en NBA. Grand, longiligne, rapide, fort, massif, il a toutes les qualités nécessaires à un grand basketteur et son plafond ne connaît aucune limite.

    Sa saison en NCAA a démontré à plusieurs équipes NBA qu’elle tenait en lui un joueur motivé sur le parquet et il s’avère qu’il est autant motivé en match qu’à l’entrainement, Stewart est très certainement un steal et probablement un futur All-Star, en tout cas, il a toutes les armes nécessaires pour le devenir.

    Dans tous les cas, son moteur reste sa qualité principale, il joue avec le cœur et donne toute son énergie à chaque match et même si offensivement et défensivement, il y a pas mal de travail qui l’attend, il a 19 ans depuis le mois de mai et il est clairement prêt à passer à l’étape supérieure.

    Comparaisons

    • Deandre Ayton
    • Montrezl Harrell
    • Draymond Green
    • Elton Brand
    • Zach Randolph

    Draft Consensus

    • 27ème selon nbadraft.net
    • 31ème selon Tankathon
    • 31ème selon NBAdraftroom.com
    • 30ème selon Bleacher Report
    • 25ème selon ClutchTime

    Highlights

    Source : Switch
  • Clutch Action #15

    Clutch Action #15

    Pour vous faire patienter avant que la NBA ne reprenne, Clutch Time vous propose de revoir les actions les plus « clutchs » de la saison 2019-2020. Un layup pour égaliser dans la dernière minute, un tir pour passer devant au buzzer ou un lancer-franc pour la gagne, voici notre quinzième numéro des actions offensives qui ont marqué les derniers jours avant la suspension de toutes compétitions.

    Dans la catégorie : Game winner

    Victor Oladipo (Indiana Pacers)

    08/03/20 : @ Dallas, victoire 112-109

    Bien que très maladroit sur ce match (0/5 de loin), Oladipo s’est déployé dans le money time en prenant un maximum de responsabilités. C’est lui à 2’33 » de la fin qui a marqué le panier pour revenir à un point des Mavs. Alors que les locaux n’ont pas réussi à inscrire le moindre panier pendant plus de deux minutes, le N°4 d’Indiana profita de deux écrans bien posés par ses coéquipiers pour scorer le jump shot de la gagne. Il a également clôturé la rencontre sur la ligne des lancers-francs.

    Spencer Dinwiddie (Brooklyn Nets)

    10/03/20 : @ Los Angeles Lakers, victoire 104-102

    https://www.youtube.com/watch?v=0ZcfoK4eC94

    Les Nets ont mené tout le 4e quart-temps jusqu’à ce qu’Anthony Davis rentre un tir à 3pts pour revenir à égalité. Le Staples Center est aux anges, les fans peuvent envisager un money time en leur faveur avec les deux stars que sont LeBron James et Anthony Davis. C’était oublier qu’en face, il y a un habitué de notre série « Clutch Action ». En effet, Spencer Dinwiddie remporta son duel face à Avery Bradley et sur un pull up à mi-distance. Le meneur a permis aux Nets d’obtenir un léger avantage. Concernant la suite, et bien les dieux du basket-ball ont poussé pour la victoire des Nets avec un layup immanquable mais quand même raté de James puis un tir lointain manqué par Davis qui était complètement démarqué.


    Dans la catégorie : Pour arracher la prolongation

    Rudy Gay (San Antonio Spurs)

    08/03/20 : @ Cleveland, défaite 129-132 OT

    https://www.youtube.com/watch?v=9z_QgSu_GQU

    Un match très disputé dans cette fin de 4e quart-temps. Les Spurs sont revenus quatre fois à hauteur des Cavaliers durant la dernière minute. Rudy Gay peut être considéré comme l’artisan principal de ce maintien en vie de San Antonio. Avec déjà deux tirs à 3pts à son actif dans la dernière minute, c’est encore lui qui a traumatisé la défense adverse avec un catch and shoot réussi via une remise en jeu à 1 » du buzzer. Le cinq extra small ball de Popovich a fonctionné sur cette fin de match, avec Rudy Gay au poste de pivot face à Andre Drummond. En revanche, cette stratégie n’a pas tenu durant la prolongation avec un vilain à 0/3 de loin pour Rudy Gay.

    Trae Young (Atlanta Hawks)

    11/03/20 : vs New York, défaite 131-136

    Un match qui restera en mémoire comme l’un des derniers à avoir été joué avant la suspension de la saison. Il s’agit également du dernier match joué par Vince Carter (43 ans), avec un dernier tir à 3pts à la fin d’une prolongation sans enjeu. Pour revenir à la rencontre, les Hawks semblaient à la rue avec près de 20 points de retard durant la rencontre. Trae Young a été saignant durant le 4e quart-temps (27pts) avec 5 points dans les dernières secondes pour prolonger le plaisir. En revanche, la prolongation n’a pas eu la même saveur pour le jeune Hawk avec 2pts et 0/3 aux tirs.

  • Damian Lillard ou l’art d’exceller dans le pick & roll

    Damian Lillard ou l’art d’exceller dans le pick & roll

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Depuis la nuit des temps, il existe des domaines qui sont dominés par des personnes au talent immense. Le basket ne déroge pas à la règle.
    Clutch Time vous propose à travers un dossier spécial de revenir sur l’impact de certains maestros dans des domaines du jeu.
    Pour ce 1er numéro, prenons la direction de l’Oregon pour rencontrer Damian Lillard et son meilleur ami : le pick and roll.


    Damian Lillard : roi de Portland

    Qui ne connaît pas Damian Lillard ? Franchise player des Portland Trail Blazers, quintuple All-Star, détenteur de 4 sélections All-NBA, « Dame » a tout d’un patron sur le terrain.

    Scoreur redoutable, il a établi cette saison sa plus grande moyenne de points par match (28,9), menant son équipe à un bilan de 29 victoires pour 37 défaites à l’heure où la NBA n’a pas encore repris l’exercice 2019-20.

    Âgé, pour quelques jours encore, de 29 ans, Damian a su faire évoluer son jeu au sein d’une équipe qui lui fait totalement confiance et qui se bâtit autour de lui.
    Son apport offensif se base principalement sur le pick & roll 1 (P&R) comme vous pouvez le deviner, mais nous reviendrons sur lui dans un second temps.

    Parlons tout d’abord de son équipe. Portland. C’est tout simplement l’une des équipes qui a joué le plus de P&R sur la saison 2019-20, avec une moyenne de 27,1 possessions par match où le porteur de balle tire après l’écran, soit 26,79% de leurs possessions offensives. Seul Utah fait mieux dans la NBA.


    Graphique représentant le pourcentage de tirs pris par le porteur de balle après P&R chez les équipes NBA


    Mieux encore, en plus d’en tenter énormément, les Trail Blazers sont tout simplement l’une des équipes les plus efficaces sur P&R cette saison.
    Ils scorent en moyenne 26,5 points/match, les plaçant 1ers de la ligue dans ce domaine, et obtiennent la 2ème meilleure moyenne de points par possession de la NBA avec 0,98 PPP 2.


    Tableaux récapitulatifs des points/match et PPP sur P&R sur toute la NBA


    Une efficacité à couper le souffle, modelée grâce à un front office qui a su déceler un potentiel sur ce type de jeu. Cependant, une question peut se poser : Est-ce Lillard qui rend cette équipe si spéciale sur P&R ou l’équipe qui rend Lillard spécial dans ce domaine ?

    En allant récupérer Jusuf Nurkic à Denver en 2017, puis Hassan Whiteside à Miami en 2019, Portland a su installer une certaine continuité dans leur efficacité sur P&R, prenant deux pivots à l’aise avec ce type de jeu.
    On peut bien évidemment souligner ce point grâce aux screen assists 3 , où les joueurs de Portland évoluent dans le top 10 depuis la création de la statistique.


    Tableau récapitulatif des meilleurs joueurs de Portland en screen assists depuis la saison 2016-17


    Avec un Jusuf Nurkic blessé (jambe) pour la totalité de l’exercice 2019-20, on aurait pu croire le secteur en danger, mais les dirigeants de Portland se sont penchés sur un autre joueur parfaitement complémentaire : Hassan Whiteside.
    Ce dernier a parfaitement compris son rôle au sein de l’effectif, se refaisant même une beauté avant une free agency 2020 importante pour lui.

    Mais concrètement, Lillard dans ce système, ça vaut quoi ? Comme dit précédemment, une question persiste : est-ce que c’est lui qui fait rayonner ses coéquipiers, notamment en les plaçant constamment dans le top 10 des screen assists, ou ses coéquipiers, forts en screen assists qui lui facilitent la tâche ?

    Que vaut Damian Lillard sur pick & roll ?

    Avec 13,5 possessions par match dans ce domaine, soit un peu plus de la moitié de ses possessions, Damian est un pilier dans la NBA. Seul Trae Young fait mieux, avec un total de 15,7 possessions par match.

    Mais là où il fait la différence, c’est sur son efficacité, à l’image de son équipe.
    Il devient de plus en plus fort chaque année sur P&R, s’améliorant dans la plupart des statistiques liées à l’efficacité, tellement que ça en deviendrait angoissant pour les défenseurs sur la suite de sa carrière.

    Il shoote plus, mieux, il marque plus, ses pourcentages aux tirs grimpent, son efficacité s’affole.

    Damian Lillard n’est pas loin d’être invincible sur pick & roll. Vraiment pas loin.


    Tableau récapitulatif des statistiques de Damian Lillard sur P&R depuis la saison 2015-16


    Un percentile 4 de 95,9, c’est tout simplement incroyable pour un joueur ayant autant de possessions. Le percentile étant calculé directement en fonction des points par possession, prenons le temps de comparer le sien avec celui de Trae Young, seul joueur ayant plus de possessions sur P&R que lui. Malgré des stats tout à fait solides (0,98 PPP, percentile de 83,9), Trae est très très loin des chiffres produits par Damian (1,14 PPP, percentile de 95,9).

    Pour vous montrer à quel point c’est monstrueux, si on trie tous les joueurs NBA par leurs nombres de possessions par match sur P&R, le premier joueur ayant un nombre de points par possession supérieur à celui de Lillard est l’ex-Knick Allonzo Trier, avec seulement 1,8 tentatives par match !

    S’il continue sur ce rythme, on pourrait même imaginer un jour le voir devenir le joueur affichant le meilleur percentile possible (100) tout en ayant le plus grand nombre de possessions.
    Impossible n’est pas Lillard !


    Graphique représentant le nombre de points/match en fonction du nombre de possessions/match pour tous les joueurs NBA


    De plus, il existe un aspect non-négligeable dans cette évolution massive : son pourcentage de tirs marqués à partir d’une passe décisive diminue. La traduction ? « Dame » aime beaucoup avoir le ballon lors de la création de ses tirs.

    Résultat : lors de cette saison 2019-20, seuls 17,1% de ses tirs (246 de ses 1677 points) ont été produits via une passe décisive.


    Graphique représentant le pourcentage de tirs réussis (sans provenir de passes décisives) par an


    Une statistique qui prouve un peu plus que Lillard veut et peut se débrouiller seul, ce qui peut-être un argument sur notre question initiale : il rend les autres, et notamment les pivots avec leurs screens assists, meilleurs en étant de plus en plus létal dans un jeu de plus en plus personnel.

    Mais comment arrive-t-il à atteindre ce niveau d’efficacité ?

    Découvrons ça dans notre dernière partie.

    Damian Lillard en action, ça donne quoi ?

    Pour cette partie, nous allons décrypter et analyser étape par étape une action de Damian Lillard, afin de comprendre pourquoi il est aussi fort dans ce domaine.

    Cette action a été réalisée lors de la victoire 127 à 119 face aux Los Angeles Lakers le 31 janvier dernier.

    Nous sommes au 3ème quart-temps. Celui où « Dame » mettra 22 de ses 48 points finaux. Portland vient d’encaisser un 3 points et accuse 3 points de retard. Lillard monte la balle.



    On assiste à une mise en place basique d’une transition. CJ McCollum (n°3) se retrouve rapidement placé dans le corner gauche pour ne pas encombrer le trafic.

    Hassan Whiteside (n°21), ne regarde absolument pas le cercle, que ça soit avec ses yeux ou son corps. Il est directement prêt à poser un écran sur Avery Bradley, défenseur de Damian Lillard (n°0).

    Ce dernier est en train de dribbler en direction de Whiteside, voyant l’occasion de mener la transition avec un pick & roll. Il a les yeux rivés sur le placement du poseur d’écran, et veille à ce que le poseur d’écran soit prêt pour que l’action soit la plus efficace possible.

    Les deux derniers joueurs, Mario Hezonja (n°44) et Trevor Ariza (n°8) sont dans un premier temps très proche du porteur de balle, contrairement à McCollum par exemple.
    Cependant, on peut imaginer que les deux vont s’écarter le plus possible afin de laisser le champ libre aux deux acteurs principaux.

    La défense est plutôt bien placée, hormis LeBron James, un peu en retard et dont Ariza peut prendre avantage rapidement en coupant vers le cercle. Danny Green est bien placé en aide, surveillant CJ McCollum (60% de réussite à 3 points dans le corner gauche). JaVale McGee, défenseur de Whiteside, contrôle la raquette, et décide d’adopter une défense en protection 5 sur le futur pick & roll.



    Deuxième étape. Lillard, parfaitement équilibré et fléchi, prend l’écran de Whiteside. L’écran n’est pas super bien posé, mais Whiteside prend de la place avec son corps, ce qui permet à « Dame » de bien prendre l’écran, causant à Bradley un potentiel retard.

    Mario Hezonja, sentant que le meneur se rapproche de lui, vient se placer dans le corner droit.

    Défensivement, McGee commence à sentir le danger et entreprend sa course vers Lillard. Tous les joueurs des Lakers regardent exclusivement le ballon, ce qui peut devenir une situation très dangereuse, notamment sur les coupes dans le dos. Pour illustrer ce propos, si McCollum décide de couper dans le dos de Danny Green, ce dernier ne pourra rien voir sauf le lay-up encaissé sur une passe décisive de Lillard.



    Sur cette image représentant le même instant, on visualise bien Lillard avoir l’avantage sur Bradley, totalement pris dans l’écran. Le meneur de Portland a les yeux rivés sur l’énorme espace que lui laisse l’écran, il sait qu’il a l’avantage.

    Conscient du danger, c’est Anthony Davis qui indique à McGee de venir monter sur Lillard (signe du bras droit et tête orientée vers McGee).



    Troisième étape. Avery Bradley est déséquilibré par l’écran de Whiteside, pendant que JaVale McGee continue encore sa course vers Damian Lillard. On sent bien que McGee est en retard, ses appuis se rétrécissent, mais sa posture laisse totalement à désirer.

    Lillard dispose donc d’un temps d’avance sur les deux défenseurs cités, et devra s’en servir pour prendre le bon choix. Pour l’instant, il n’est pas encore agressif vers le cercle, ce qui peut nous laisser croire qu’il va potentiellement prendre un shoot à 3 points en sortie d’écran.

    A l’opposé, Danny Green ne regarde toujours pas McCollum tandis que LeBron… fait du LeBron…



    Quatrième étape. La montée trop tardive de McGee au large a totalement laissé le champ libre dans l’axe. Malgré le retour de Bradley sur lui, Damian Lillard change totalement de posture et devient très agressif vers le cercle. McGee, surpris, se fait passer facilement. Bradley arrive à rester au contact et tente même d’intercepter le ballon sur son dribble.

    On sent déjà que l’aide défensive des Lakers à l’opposé (Danny Green, LeBron James) ne va pas être très forte. Ils sont présents mais absolument pas prêts à défendre.

    Whiteside n’a pas besoin de rouler 6 après son écran, sinon il gênerait Damian Lillard dans sa tentative de drive.



    Cinquième et dernière étape. Lillard, en un changement de direction et de vitesse, a réussi à mettre 2 défenseurs dans son dos. McGee tente de revenir, Davis tente de faire un travail qui n’est pas le sien et Bradley est trop loin pour tenter quelque chose. « Dame » est en appel deux pieds pour tenter un dunk pendant que Danny Green surgit, trop tard et trop près du cercle, en aide.

    LeBron… marche encore.

    On remarque bien évidemment que CJ McCollum est complètement seul dans le corner gauche. Lillard aurait pu lui donner le ballon, mais il a préféré aller au dunk.

    Résultat : dunk sur Danny Green et JaVale McGee, à la limite du « and one ». Démonstration simple et précise de ce que peut donner Damian Lillard sur P&R.
    Il s’est facilité la tâche grâce à l’écran de Whiteside, ce qui a créé un mismatch entre lui McGee. Deux dribbles plus tard, il se retrouve au panier. Un maestro.

    Action en vidéo

    C’est ainsi que s’achève notre premier article sur les super-humains de la ligue dans certains domaines, avec Damian Lillard et son super-pouvoir de domination de la ligue en termes de pick & roll.
    Pour répondre à la question de départ, Damian et les pivots poseurs d’écran, c’est une histoire d’amour. Il sait parfaitement utiliser les écrans et sait les rendre bons même quand ils sont mal posés. Les deux partis s’influencent l’un l’autre, pour notre plus grand bonheur.

    Sources : NBA.com, ESPN.

    Lexique :

    1. Le pick and roll (ou P&R) : système offensif avec un porteur de balle et un poseur d’écran (généralement le pivot). Une fois l’écran posé, causant du retard pour les défenseurs, le poseur d’écran va couper vers le cercle, laissant deux possibilités au porteur : passer ou tirer.
    2. Les points par possession (ou PPP) : statistique prenant en compte le nombre total de points marqués sur le nombre total de possessions.
    3. Les screen assists : si après pris un écran, le porteur de balle marque, le poseur d’écran comptabilise 1 screen assist. Traduction : passe décisive par écran.
    4. Le percentile : calcul effectué sur l’ensemble des joueurs de la NBA en fonction des points par possession. Plus le PPP est haut, plus le percentile sera élevé. Si un joueur possède un percentile de 100, cela signifie que personne dans la NBA n’a un PPP aussi grand que lui. Et inversement pour un percentile de 0… Mais c’est moins glorieux…
    5. La défense en protection : défense du joueur défendant sur le poseur d’écran. Au lieu de suivre le poseur d’écran au-delà des 3 points, il reste aux abords de la raquette, protégeant ainsi la raquette mais laissant l’attaque en 2c1 sur les postes extérieurs.
    6. Rouler après un écran : couper vers le cercle après son écran, avec l’intention de recevoir le ballon. Provient du terme « roll » dans pick & roll.
  • Matisse Thybulle, Le Diamant À Polir Des 76ers.

    Matisse Thybulle, Le Diamant À Polir Des 76ers.

    Si l’arrêt de la saison NBA a été désavantageux pour les franchises contenders comme les Lakers ou les Bucks, on ne pourra pas en dire autant pour les 76ers qui peuvent remercier le dieu du basket car entre la mauvaise dynamique de l’équipe et la blessure de Ben Simmons, c’était presque blasphémé de les donner vainqueur du trophée Larry O’Brien. Mais dans cette saison plutôt décevante des Sixers on peut tirer quelques satisfactions. L’une d’elle fut la bonne et prometteuse saison du rookie Matisse Thybulle.

    ____________________

    QUI EST MATISSE THYBULLE ?

    Matisse Vincent Thybulle est un joueur NBA Américano-Australien de 23 ans choisis par les Boston Celtics en 20e position de la draft 2019 et ensuite tradé au Sixers contre les picks 24 (devenu Ty Jerome) et 33 (devenu Carsen Edwards).
    Il a joué 4 saisons en NCAA pour les Washington Huskies où il a glané un trophée de Défenseur de l’année en tant que senior.

    •Meilleur match cette saison: Vs Toronto Raptors (20pts 3pds 3stls 1block)

    https://youtube.com/watch?v=W3U06-LwuSc


    Vs Sacramento Kings (15pts 4stls 2blocks 5/5fig) 

    https://youtube.com/watch?v=8NyY06kUXNg


    •Stats sur la saison : 19.5minutes 41%FIG 35%3PT 61%LF 1.5REBS 1.2ASTS 1.4STLS 0.7BLKS

     FORCES :

    •EN ATTAQUE

    Si c’est le côté du terrain qui fâche, on peut tout de même relever un point positif au jeu offensif très limité de Thybulle, à savoir son jeu offball.
    Que ce soit en catch and shoot ou pour effectuer des cuts vers le panier, Thybulle a pris plaisir à scorer 73.7% de ses paniers en offball avec tout simplement 86.5% de ses paniers assistés.
    Il use de sa vitesse et de sa détente pour conclure près du cercle et de sa bonne mécanique de shoot pour mettre 37% de ses catch and shoot à 3pts.
    Il est très rapide en contre-attaque ce qui lui permet de proposer une bonne solution au porteur de balle et termine souvent par de gros dunks, même s’il le fait beaucoup moins depuis son arrivée en NBA.



    •EN DÉFENSE

    Thybulle est tout simplement le leader des rookies pour les interceptions et les contres chez les guards, pas étonnant si Philly encaisse moins de points quand il est sur le terrain. C’est un bon contreur (top 15 NCAA avec 2.3 blocks), ses 2m14 d’envergure et son sens du timing lui permettent de placer des gros blocks contre des défenseurs qui le dépassent ou contre des shooteurs hésitants.

    1m96 pour 90kg, oui ce sont ses mensurations! Plus grand que les arrières, mais aussi plus rapide que la majorité des ailiers, Il peut défendre sur les postes 1, 2 et 3 assez facilement.
    Ses 2m14 d’envergure lui sont aussi bien utiles quand il s’agit de couper les lignes de passes des équipes qui espacent beaucoup (car le spacing oblige à faire des passes plus longues et donc plus lentes) , son envergure Kawhiesque lui permet aussi de contester presque tous les tirs de ses adversaires et de manière efficace. Ces quelques chiffres ne peuvent que prouver les faits :  

    • Zach Lavine = 3/11 au tir et 2 tov au lieu de 44% normalement                       

     • Kemba Walker = 4/12 au tir,4 tov et 4 tirs blockés.

    À noter que cette liste pourrait continuer jusqu’à la fin de l’article. Matisse est un intercepteur de génie que ce soit pour couper les lignes de passe ou pour dérober le ballon des mains de son adversaire, il use de sa réactivité, de sa rapidité latérale, de ses réflexes et de son Qi défensif au-dessus de la moyenne pour faire vivre un cauchemar à la 1ère ou 2ème option offensive de l’équipe adverse. En stats sur 36 minutes, Il tourne à 2.7 interceptions de moyenne, un ratio meilleur que Kawhi lors de sa saison de defensive player of the year (2.6 interceptions sur 36 minutes)



    FAIBLESSES :

    •EN ATTAQUE

    La liste est vraiment longue car son jeu offensif reste très limité. Si pendant sa meilleure saison en NCAA il tournait à 11.2 points de moyenne, il a vu cette moyenne baisser jusqu’à 9 points durant sa dernière saison universitaire et même jusqu’à 4.7 points durant sa première saison NBA.
    Tout d’abord, Thybulle est incapable de créer son tir même s’il a amélioré son handle cette saison, un point crucial qui peut être dû à un manque de confiance ou juste de compétence, voire un condensé des deux ; 8.6% (pourcentage très bas) de ses tirs sont des pull up et il n’en met que 20% (un des pires ratios en NBA).

    Un autre gros défaut de Thybulle est son arsenal offensif qui est vraiment faible, voire inexistant, ce qui le rends trop prévisible.
    Même s’il n’en provoque pas beaucoup (0.7/match) Thybulle a été maladroit cette saison sur la ligne des lancers, il tourne à 61%, ce qui est très décevant venant de lui alors qu’il tournait pratiquement à 85% lors de sa dernière saison chez les Huskies.

    Bien qu’il tourne à 35% à 3pts (13e meilleur pourcentage parmi les rookies), on aimerait voir un Matisse plus constant et régulier dans l’exercice, sa série de 6 matches sans mettre un seul tir primé est un bon indicateur de son irrégularité

    •EN DÉFENSE

    La seule faiblesse qu’on peut trouver à Thybulle défensivement c’est son excès d’agressivité, sa trop grande confiance dans son jeu lui cause souvent des problèmes de faute à répétition.


    Matisse Thybulle-Ben Simmons un duo défensif qui risque de poser des problème dans les saisons à venir – Photo by Jesse D. Garrabrant/NBAE via Getty Images

    Points à Travailler :

    S’il ne sera sûrement jamais une superstar offensive, on lui souhaite de devenir plus adroit et régulier à 3pts et cela passera sûrement par une meilleure utilisation des écrans pour pouvoir se trouver des bons spots de shoot. Améliorer sa finition et obtenir une plus grande diversité de tirs lui permettraient de hausser sa moyenne de point.
    On lui souhaite aussi de très vite améliorer son pourcentage au lancer franc et si possible de provoquer plus de fautes.
    Enfin, il devra améliorer sa défense en 1contre1 pour devenir un défenseur d’élite.

    UTILISATION PAR BRETT BROWN :

    Vu qu’il se dirige vers un rôle de 3andD, la meilleure manière d’utiliser Thybulle serait de l’associer avec un bon playmaker et de bons poseurs d’écran pour qu’il puisse avoir des shoots ouverts facilement. C’est exactement ce que fait Brett Brown tout en lui donnant 19.5 minutes en sortie de banc et en le mettant sur les bons matchups au bon moment.
    Ce temps de jeu devrait s’accroître s’il devient plus adroit et régulier au shoot, il peut clairement faire mieux si on prend en compte son adresse à 3pts (35%) et son True Shooting% (53%) en dessous de la moyenne.

    Comparaison et avenir

    •Comparaison en NBA :

    1. Robert Covington
    2. André Roberson

    Matisse est un potentiel joueur first all defensive team (lock), capable de mettre 10-14 points par match, majoritairement en Off Ball, avec approximativement 2 steals et 1 block par match.                 
    Il pourrait se diriger vers un destin de 6e homme de luxe qui sort du banc et qui apporte de la défense et du shoot ou pourquoi pas en tant que titulaire 3andD qui étouffe le meilleur joueur adverse tout en shootant proprement avec une équipe des 76ers prétendante au titre, ou peut-être même dans une autre franchise ce qui n’est pas improbable vu la cote de Thybulle sur le marché. Seul l’avenir nous le dira.

  • Fiche Draft 2020 de R.J. Hampton : Un séjour au pays du long nuage blanc

    Fiche Draft 2020 de R.J. Hampton : Un séjour au pays du long nuage blanc

    R.J. Hampton – Meneur de jeu

    New Zealand Breakers

    National Basketball League (Nouvelle-Zélande)

    Statistiques du Joueur 2019-2020

    15 Matchs
    20.6 Minutes
    8.8 Points (40.7%FG, 29.5%3pts)
    2.4 Passes
    3.9 Rebonds
    1.1 Interceptions
    0.3 contres
    1.5 Ballons perdues

    Curriculum

    • International
    • Sort du Lycée Little Elm au Texas
    • Américain
    • 19 Ans (né le 7 février 2001 à Dallas (Texas)
    • 6’5 » (1m98)
    • 188lb (85 kg)
    • Une envergure d’environ 2m04 centimètres (6’7′)
    • Une détente d’environ 86 centimètres (34 inches vertical)

    Palmarès

    • MaxPreps Freshman All-American 1st Team (2016-17)
    • Texas Association of Basketball Coaches (TABC) Class 5A All-State (2016-17)
    • Dallas Morning News All-Area Newcomer of the Year (2016-17)
    • MaxPreps Sophomore All-American 1st team (2017-18)
    • USA Today All-Texas 1st team (2017-18)
    • TABC 5A All-State (2017-18)
    • Texas Gatorade Player of the Year (2018-19)
    • USA Today All-USA 1st team (2018-19)
    • MaxPreps All-American 2nd team (2018-19)
    • Médaille d’or aux championnats du Monde U16 avec Team USA en Argentine (2017)
    • Médaille d’or aux championnats du Monde U17 avec Team USA en Argentine (2018)

    Récap de la saison du Joueur

    Annoncé comme l’un des top prospects à la sortie de son lycée de Little Elm au Texas (7ème ex-aequo avec Jaden McDaniels au RSCI), le jeune combo guard a surpris tout le monde l’été dernier en choisissant de s’exiler en Nouvelle-Zélande et de jouer pour la franchise des New Zealand Breakers en NBL, et cela en dépit d’un certain nombre d’offres d’universités américaines telles que Duke, Kansas et Kentucky pour ne citer qu’elles. Une expérience loin d’être convaincante malgré l’avis contraire du joueur, son équipe des Breakers n’ayant remporté que quatre matchs cette saison pour un bilan de 11 défaites lorsqu’il était aligné sur les parquets.

    Le joueur a terminé ses matchs en double figures qu’à six reprises, pour un temps de jeu très inégal et sans avoir réussi à impacter suffisamment le jeu des Breakers à l’inverse de l’autre vedette de la ligue, son compatriote LaMelo Ball qui évoluait avec les Illawarra Hawks. Hampton a notamment manqué de régularité, capable aussi bien d’inscrire 16 points face à Melbourne et de finir avec 4 points seulement face à Perth deux semaines plus tard, sa blessure à la hanche en décembre a sûrement ralenti sa courbe de progression pour la plupart des observateurs au moment de rejoindre son fief au Texas et d’annoncer en mai dernier son intention de se présenter à la draft.

    Forces

    Meneur de jeu athlétique, à la fois rapide et toujours sur ses gardes en défense, sa réactivité est très impressionnante en particulier lorsqu’il utilise ses mains pour gêner l’adversaire. Sa détente verticale est assez remarquable tout comme son premier pas qui peut s’avérer être une arme redoutable. En dépit de son manque de force, il dispose de mensurations idéales pour pouvoir prendre de la masse sans que cela ne puisse affecter son jeu.

    Il n’est pas vraiment un scoreur dans l’âme et ne dispose pas d’une agressivité semblable à celle que l’on retrouve chez les attaquants d’élite, mais il s’est montré capable de bonnes prises d’initiatives au scoring. Hampton excelle notamment en contre-attaque lorsque le terrain est ouvert il fait alors preuve d’une grosse agressivité et d’une activité constante sur la défense adverse (23.3% de ses tentatives de tirs).

    Il est également capable de provoquer les fautes pour aller sur la ligne des lancers et hésite rarement à la mène et sur pick and roll, ce qui lui permet notamment d’utiliser sa vitesse pour transmettre le ballon au joueur démarqué ou jouer le mismatch en attaquant le cercle.

    C’est notamment grâce à sa maîtrise de la balle qu’il parvient à créer des décalages sur son dribble et qu’il déstabilise les défenseurs, sans prendre sa chance pour autant. Bon passeur en particulier sur les drive and kick et peut dribbler des deux mains en toute tranquillité, plus d’une fois sur deux il destine ses passes décisives à ses coéquipiers démarqués à trois points.

    Sa mécanique de tir est excellente et il relâche assez rapidement son ballon lorsqu’il prend sa chance, ce qui peut s’avérer être un atout en un contre un lorsqu’il utilise sa détente. Adepte du floater et du layup, il dispose d’une belle palette offensive pour jouer près du cercle et parvient même à trouver la mire lorsqu’il est déséquilibré au contact.

    Il n’hésite pas à feinter et passer sous les bras du défenseur sous le panier et dispose d’un bon équilibre avec le haut du corps lorsqu’il prend ses jumpers et monte au panier, sa rapidité lui permet ainsi de se faufiler entre les défenseurs.

    Faiblesses

    La plupart des scouts NBA s’accordent sur le fait que Hampton manque de puissance et qu’il doit muscler son jeu et son corps pour ne pas se faire écraser physiquement en NBA. C’est surtout sur le plan défensif que sa faiblesse physique se fait le plus ressentir.

    Sur le plan défensif, RJ Hampton fait preuve d’une certaine nonchalance et d’un manque d’attention sur le jeu off ball. Trop relâché sur ses appuis, il est souvent en retard sur les 1vs1 et va devoir travailler sa concentration et son agressivité en particulier sur les tirs à trois points des point guards adverses qui ne pardonneront pas en NBA.

    Sa finition main gauche près du panier est assez catastrophique en témoigne son pourcentage de tentatives ratées de layups et floater sur sa main faible (3 tirs tentés seulement cette saison pour zéro panier inscrit). Il a également tendance à forcer certains tirs en suspension trop prévisibles et donc facile à contester pour l’adversaire surtout lorsqu’il tente autant sa chance à trois points (35% de ses tentatives).

    Dans ce registre offensif, Hampton n’est pas un grand adepte du catch & shoot (28% de ses tentatives seulement) et des tirs off dribble (excepté sur pick-and-roll). Comme combo-guard il conserve le cuir sur de trop longue séquence et finit souvent par forcer un passage vers le cercle provoquant des fautes offensives qui peuvent coûter cher.

    Vue d’ensemble du profil

    Combo-guard rapide et athlétique, capable de tenir le ballon et de diriger le jeu d’une équipe, en particulier sur pick and rolls, Hampton a pas mal chuté dans les classements et autres Mock Draft, constat logique au regard de son manque d’expérience et de régularité des deux côtés du terrain. Son expatriation probablement trop lointaine pour certains scouts a vraisemblablement ralenti sa progression et par conséquent l’évaluation de son potentiel dans un championnat professionnel assez différent de la NCAA. Mais la technique et l’instinct de meneur sont toujours bien présent, raison pour laquelle, il est encore annoncé parmi les lottery picks de cette cuvée.

    Comparaisons

    • Jamal Murray
    • Zach LaVine
    • Dante Exum
    • Jordan Clarkson
    • OJ Mayo

    Draft Consensus

    • 17ème selon NBADraft.net
    • 14ème selon Tankathon
    • 14ème selon NBADraftRoom
    • 14ème selon Bleacher Report
    • 10ème selon ClutchTime

    Highlights

    Source : Swish

  • Quel été pour les Knicks ?

    Quel été pour les Knicks ?

    Pas retenus pour participer à la reprise de la NBA, les New-York Knicks peuvent d’ores et déjà se projeter sur l’été à venir. Avec la crise liée au coronavirus, le marché des agents libres et des transferts promet d’être inédit et certainement assez fermé. Malgré tout, il peut servir de point de départ pour une franchise aux besoins aussi réels que nombreux. ClutchTime fait le point.

    « Personne ne mérite autant de voir une équipe de vainqueurs que les fans des Knicks. Je sais que ça va être dur mais je m’engage à travailler sans relâche. On va faire du business. On va être prudents et créatifs. Et on va se pencher sur toutes les possibilités de la Draft, des trades et de la free-agency. On va construire ça de la bonne manière pour obtenir une équipe qui gagne ».

    interview de Leon Rose sur MSG Network

    Les mots de Leon Rose, nouveau président des New-York Knicks, annoncent la couleur. L’objectif affiché ? Accélérer enfin une reconstruction entamée depuis de (trop) nombreuses années. La dernière saison (21-45), quelques signes encourageants ont été aperçus. Des séquences encore trop rares et irrégulières mais porteuses d’espoir.

    Désormais, il faut regarder vers l’avant et œuvrer pour rapidement redevenir compétitif avec en ligne de mire la free-agency 2021. Il faudra notamment bien utiliser le pick de la prochaine draft, projeté assez haut, et rééquilibrer le roster. Dans cette optique, le Front Office a été largement complété ces dernières semaines, ne manque désormais plus que le nom du coach. Quelques légers ajustements dans l’effectif ont également été effectués (Alonzo Trier et Kadeem Allen coupés, arrivée de Jared Harper et Theo Pinson). Toutefois les besoins restent nombreux. On fait le point poste par poste.

    AILIER

    Joueurs :

    Kevin Knox (Fin de contrat 2021, 4,5M, 1 Team Option)
    Ignas Brazdeikis (Fin de contrat 2021, 1,5M, 1 Team Option)
    Mo Harkless (Agent libre)

    LE vrai besoin des Knicks. Le poste 3 fait clairement office de priorité. Mo Harkless, agent libre en fin de saison, ne restent que les jeunes Knox et Brazdeikis. Le premier a montré de belles choses lors de sa saison rookie (12,8 pts/m) mais n’est pas parvenu à confirmer cette année (6,4 pts/m, 36% au tir). D’après le NY Post, il se retrouverait sur la sellette, Leon Rose n’étant « pas convaincu » de son potentiel. Il n’est pas exclu qu’il serve de monnaie d’échange dans un trade. « Iggy » de son côté a cartonné en G-League sans avoir véritablement sa chance dans la grande ligue. Léger pour une saison NBA.

    Kevin Knox, ailier des New York Knicks (NBAE/Getty Images)

    Dans l’idéal, il faudrait viser un joueur solide en défense et capable de marquer au moins une quinzaine de points par match. Un profil à la « Jaylen Brown » par exemple. Pour l’instant, assez peu de rumeurs ont filtré mais certains médias évoquent un possible retour de Carmelo Anthony qui apporterait une vraie plus-value offensive.

    MENEUR

    Joueurs :

    Frank Ntilikina (Fin de contrat 2021, 6M)
    Dennis Smith Jr (Fin de contrat 2021, 5M)
    Elfrid Payton (Fin de contrat 2021, 8M)
    Jared Harper (Two way contract)

    Ce poste représente un gros paradoxe. Il existe une vraie possibilité de stabilité avec trois (jeunes) joueurs encore sous contrat pour la saison prochaine. Toutefois, aucun ne se détache véritablement. Payton a montré des choses encourageantes dans la gestion et la création (10pts/m, 7,2 PaD/m), il reste limité au tir et en défense. Franck Ntilikina de son côté n’a pas passé le cap attendu après sa Coupe du Monde prometteuse sous le maillot des Bleus. S’il se montre toujours intraitable en défense (Luka Doncic s’en souvient), il peine à se montrer régulier en attaque (seulement 6,3 pts/m, 3 PaD/m). Le Français semble avoir la confiance de son président qui a déclaré que « dans de bonnes conditions, Franck peut vraiment prospérer » mais un départ n’est pas pour autant exclu.

    Même constat pour Dennis Smith Junior qui a multiplié les mauvais choix lors du dernier exercice. Ne cumulant que 5,5 points et 2,9 passes décisives, l’ancien joueur des Mavs a clairement décu. Il pourrait lui aussi servir de monnaie d’échange. Dans tous les cas, un des trois joueurs est vraisemblablement voué à partir pour laisser la place à un titulaire en puissance.

    Les Knicks n’ont pas caché leur intérêt pour le jeune LaMelo Ball pressenti pour être drafté si le pick est assez haut. Chris Paul, auteur d’une grande saison à OKC et Fred VanVleet, en fin de contrat à Toronto, sont des profils très différents qui font partie des options étudiées. CP3 pourrait apporter une réelle plus-value dans la gestion et l’expérience mais son salaire pourrait poser problème. De son côté, « FVV » serait plus abordable (autour des 20 Millions par saisons) et apporterait une garantie au scoring.

    AILIER FORT et PIVOT

    Joueurs :

    Julius Randle (Fin de contrat 2022, 19M)
    Bobby Portis (Team option 15M)
    Kenny Wooten (two-way contract)

    Mitchell Robinson (Fin de contrat 2021, 1 Team Option)
    Taj Gibson (Team option 10M)

    Lors de l’exercice écoulé, le « frontcourt » dans son ensemble a semblé sinon surchargé au moins très peu complémentaire. Cet été de vrais choix vont devoir être faits. Un constat s’impose : construire autour de Mitchell Robinson. S’il peine encore à juguler son engagement (problèmes de fautes), le jeune pivot a montré d’énormes promesses. Mobile, il se montre aussi précieux (0,9 interception et 7 rebonds) et dissuasif en défense (2 contres par match) qu’efficace en attaque (9,7 p/m, 74,2% au tir, meilleur pourcentage de la ligue). S’il arrive à se discipliner, il peut devenir un joueur clé de la franchise New-Yorkaise. Après une saison en demi-teinte, Bobby Portis ne devrait pas être conservé. Kenny Wooten, véritable « freak » défensif n’a toujours pas disputé la moindre minute en NBA.

    Julius Randle, ailier fort des New York Knicks (Photo by Mike Stobe/Getty Images)

    Restent Julius Randle et Taj Gibson, deux cas très différents. Le premier a livré une grosse saison sur le plan statistique (19,5p/m, 9,7 reb/m) mais donne parfois l’impression d’aspirer outrageusement le jeu de son équipe. Il pourrait devenir la pièce maîtresse d’un futur transfert estival mais il n’est pas non plus exclu que les Knicks le conservent.

    En cas de départ, il faudra recruter à ce poste. Serge Ibaka, Davis Bertans ou Dario Saric pourraient se révéler des options intéressantes. Taj Gibson ensuite s’est montré relativement discret (6,1 p/m, 4,3 reb/m) mais précieux. Avec une Team Option à 10 millions, il serait assez étonnant de ne pas le voir chez les Knicks la saison prochaine tant il constitue un apport d’expérience non-négligeable. Selon les choix, il faudra vraisemblablement compléter le poste de pivot, avec un joueur au moins. Montrezl Harrell, agent libre, semble constituer une vraie bonne idée pour son volume et sa polyvalence.

    ARRIERE

    Joueurs :

    R.J. Barrett (Fin de contrat 2021, 8,5M, 2 Team Options)
    Reggie Bullock (Fin de contrat 2021, 4M)
    Damyean Dotson (Agent libre)
    Wayne Ellington (Agent libre)
    Theo Pinson (Team Option, 1,7 M)

    A priori, peu de changements à prévoir sur ce poste pour l’été à venir. RJ Barrett est le titulaire indiscutable et représente le futur de la franchise. La polyvalence et le spacing amenés par Reggie Bullock laissent penser qu’il sera conservé pour couvrir les postes 2-3 en sortie de banc. Un élément pourrait toutefois rebattre les cartes, si RJ Barrett est décalé sur l’aile. Il semblerait alors nécessaire de recruter un joueur, possiblement un bon « 3 and D ». Pinson complétera la rotation si les dirigeants activent son option.

    à lire aussi : Le Retour de Klay Thompson : Entre certitudes et problématiques

    En conclusion : L’été devrait être agité du côté de New-York. Les besoins sont réels, la base de potentiel l’est également. L’intersaison pourrait constituer un moment charnière pour l’avenir à moyen et long terme de la franchise. Il va falloir préparer la Free-Agency 2021, ne pas faire n’importe quoi en terme salarial, tout en essayant de devenir plus compétitif. La franchise dispose de nombreux « assets » qui peuvent lui permettre de réaliser des jolis coups. La gestion du cas Randle sera aussi à observer de très près. Dans l’idéal, il faudrait continuer à attirer du jeune talent, mettre la main sur un gros scoreur, un ou deux joueurs apportant du spacing ainsi qu’un meneur et/ou un ailier d’envergure. Quoiqu’il en soit, le projet est excitant et les prochaines semaines se révéleront certainement très intéressantes à suivre.

    Maxence Gevin

  • Clutch Action #14

    Clutch Action #14

    Pour vous faire patienter avant que la NBA ne reprenne, Clutch Time vous propose de revoir les actions les plus « clutchs » de la saison 2019-2020. Un layup pour égaliser dans la dernière minute, un tir pour passer devant au buzzer ou un lancer-franc pour la gagne, voici notre quatorzième numéro des actions offensives qui ont marqué le mois de mars.

    Dans la catégorie : Game Winner

    RJ Barrett (New York Knicks)

    02/03/20 : vs Houston, victoire 125-123

    Probablement l’une des performances les plus abouties de la part du rookie RJ Barrett (27pts) cette saison. Dans un match ou les défenses sont restées dans les vestiaires, le N°3 de la draft 2019 a eu le privilège d’avoir le ballon dans les mains à moins de 18 » de la fin du match. Les Knicks ne menaient que d’un petit point après un layup réussi de Russell Westbrook. En attaque, Barrett joue son un contre un face à PJ Tucker. Le jeune joueur file vers le cercle main gauche sous les yeux d’un Westbrook spectateur et tandis que Tucker tente le passage en force. Un panier qui est venu couronner un très joli match de la part du jeune canadien.

    Jamal Murray (Denver Nuggets)

    05/03/20 : @ Charlotte, victoire 114-112

    https://www.youtube.com/watch?v=Mu0YQFva2SY

    Un match serré dans lequel aucune équipe n’a réussi à creuser l’écart dans le dernier quart-temps. A 31 » de la fin, Cody Zeller se présenta sur la ligne des lancers-francs après une faute sifflée sur Jerami Grant. L’intérieur des Hornets va malheureusement ne rentrer qu’un seul de ses lancers, et les Nuggets se sont donc retrouvés avec le dernier ballon du match dans les main. Comme souvent, Jokic a la balle et va naturellement trouver son meneur qui va asséner le coup fatal sur les hommes de James Borrego. Terry Rozier manqua son tir à 3pts et les Nuggets sortiront vainqueurs de ce money time.


    Dans la catégorie : Je m’occupe de tout

    Caris LeVert (Brooklyn Nets)

    03/03/20 : @ Boston, victoire 129-120 OT

    https://www.youtube.com/watch?v=pQyLDJ5-Jvg

    Un scénario improbable ! Alors que les Celtics se sont octroyés une avance confortable de 18 points au début du 4e quart-temps, les Nets se sont rebellés avec un Caris LeVert en feu (26pts dans le dernier quart-temps). Incapable de stopper le coup de chaud du Net, les Celtics ont progressivement vu leur avance fondre comme neige pour ensuite se retrouver dans le money time. Les hommes de Stevens auront pourtant trois points d’avance avec 1’04 » à jouer. LeVert récupère la balle sur la remise en jeu, il y a beaucoup trop de maillots verts autour de lui, son déséquilibre en l’air est suffisant pour faire siffler l’arbitre. Après ses trois lancers-francs, LeVert ne s’est pas arrêté là puisqu’il inscrira la totalité des points de son équipe pour remporter la prolongation (11-2).


    Dans la catégorie : Pour arracher la prolongation

    Nicolo Melli (New Orleans Pelicans)

    04/03/20, @ Dallas, défaite 123-127

    https://www.youtube.com/watch?v=-eBv_Si9vHU

    Si tout le monde se focalisait sur les performances de Zion Williamson, c’est un tout autre rookie qui s’est montré décisif ce soir là. Après un tir à 3pts et un lancer-franc réussis par Seth Curry, les Pelicans demandèrent un temps mort à 10 » du buzzer en étant menés de trois points. Alvin Gentry fait alors rentrer Melli à la place de Favors. Un choix judicieux puisque l’italien, qui au passage était à 0/7 de loin, envoya les deux équipes en prolongation sur un catch and shoot dans le corner. Le duo Porzingis/Doncic s’est ensuite chargé de remporter la prolongation pour Dallas.


    Dans la catégorie : Combo Défense/Attaque

    Dennis Schröder (Oklahoma City Thunder)

    08/03/20 : @ Boston, victoire 105-104

    https://www.youtube.com/watch?v=VmB39yEnnp4

    Une fin de match frustrante pour les Celtics qui pensaient avoir fait le plus dur dans la dernière minute de ce duel passionnant. Les hommes de Brad Stevens avaient repris le contrôle du match avec deux paniers signés Daniel Theis et Jayson Tatum. Les lancers-francs manqués de Steven Adams ont renforcé ce sentiment d’une victoire pour les locaux, mais c’est à ce moment précis que Dennis Schröder retourna complètement la situation. Sur une remise en jeu, Kemba Walker est victime d’une prise à deux. Le ballon est perdu au plus mauvais endroit, près du cercle. L’allemand n’a plus qu’à marquer son layup. Tatum manqua sa tentative à 2pts et le Thunder est reparti du TD Garden avec une jolie victoire.