Pour les amateurs de sport qui aiment prolonger le plaisir après le coup de sifflet final, suivre les cotes et les marchés peut ajouter une autre dimension à l'analyse des matchs. En France, la pratique du pari sportif évolue et certains joueurs se tournent désormais vers des plateformes acceptant les cryptomonnaies ; pour s'y retrouver, un comparatif des bookmakers crypto permet d'identifier les offres disponibles et de comparer leurs conditions en toute transparence. Comme toujours, il convient de miser de manière responsable et de ne jouer que ce que l'on peut se permettre de perdre.

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  • Pourquoi Steve Nash à la place de Jacque Vaughn ?

    Pourquoi Steve Nash à la place de Jacque Vaughn ?

    Avec un manque d’expérience flagrant dans le milieu compliqué du coaching pour Steve Nash, il est difficile d’expliquer la raison pour laquelle les Nets mise sur l’ancien meneur et surtout, pourquoi lui font-ils assez confiance pour lui offrir 4 ans de contrat. ClutchTime vous propose d’éclaircir un peu ce choix controversé des Nets de Joe Tsaï dans la sélection du meneur de Johannesbourg en tant que Coach d’une équipe prétendante au Titre.

    Source : @BROOKLYNNETS

    Steve Nash est une légende vivante du jeu qui a brillé au milieu des années 2000 avec les Suns de Mike D’Antoni et sa fameuse tactique du « 7 seconds or less » qui consiste à prendre un tir en moins de 7 secondes. Même si cette tactique a offert 2 MVP à Steve Nash, elle n’a jamais emmené les Suns très loin en Playoffs ce qui ouvre la porte au doute sur la capacité de Steve Nash à pouvoir coacher une équipe aujourd’hui.

    Pour les amateurs de sport qui aiment prolonger le plaisir après le coup de sifflet final, suivre les cotes et les marchés peut ajouter une autre dimension à l'analyse des matchs. En France, la pratique du pari sportif évolue et certains joueurs se tournent désormais vers des plateformes acceptant les cryptomonnaies ; pour s'y retrouver, un comparatif des bookmakers crypto permet d'identifier les offres disponibles et de comparer leurs conditions en toute transparence. Comme toujours, il convient de miser de manière responsable et de ne jouer que ce que l'on peut se permettre de perdre.

    Bien que Steve Nash soit l’un des meneurs les plus intelligents de l’histoire de ce sport, cela ne mène pas forcément à une bonne carrière de Coach et beaucoup sont les joueurs qui l’ont appris à leurs dépens a l’image de Isiah Thomas, Jason Kidd ou même Magic Johnson sur un échantillon très limité.

    Cependant, la chance que possède Steve Nash est d’avoir choisi de ne pas se lancer directement dans une carrière de Coach à la fin de sa carrière mais d’avoir privilégié l’observation de l’évolution de la NBA vers un style et un rythme de jeu différent. D’ailleurs, pour cela, quoi de mieux que d’avoir décidé d’être consultant auprès des Warriors, qui n’est autre que la meilleure organisation des 10 dernières années.

    Dans l’ordre : Steve Nash, Steve Kerr et Bob Myers
    Source : Noah Graham/The Athletic

    On a donc un coach qui a fréquenté cette magnifique organisation et qui a eu la chance de suivre son développement, la façon dont on construit une équipe championne sur plusieurs années mais surtout la façon dont on la gère.

    D’ailleurs, Steve Kerr, le coach de cette organisation des Warriors, possède un profil très similaire à celui de Steve Nash car il a également attendu plusieurs années avant de se lancer dans une carrière de coach et a préféré rester dans l’ombre à observer l’évolution du jeu avant de reprendre le flambeau de Mark Jackson en 2014 et dominer la ligue pendant les 6 années suivantes.

    À l’image d’un Steve Kerr, Nash pourrait très bien réussir ce pari ou du moins, il semble logique que les Nets offre cette opportunité à Steve Nash lorsque l’on voit à quel point cela récompense les Warriors d’avoir choisi un coach sans expérience pour reprendre les rênes d’une équipe prétendante au Titre en 2014.

    De plus, les Nets n’ont pas fait ce choix au hasard car ils ont choisi un individu qui à énormément à enseigner avec beaucoup de connaissances sur le jeu et une capacité a créée des relations avec les joueurs qui sont très importantes dans la NBA d’aujourd’hui et tout cela, Steve Kerr le déclarait dans une interview en Mars 2018 :

    Source : Youtube/ESPN

    D’ailleurs, ce même Steve Kerr a l’air de lui faire confiance pour dominer la conférence Est dès l’année prochaine avec les Nets lorsque l’on voit sa réaction sur Twitter :

    https://twitter.com/SteveKerr/status/1301531920384188416?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1301531920384188416%7Ctwgr%5Eshare_3&ref_url=https%3A%2F%2Fthespun.com%2Fnba%2Fbrooklyn-nets%2Fsteve-kerr-reacts-to-the-nets-hiring-steve-nash

    Son rôle de consultant avec les Warriors pendant 5 ans lui ont donc permis de rester proche du jeu et des joueurs sans pour autant avoir cette voix de membre du staff ou de l’organisation ce qui a offert cette possibilité à Steve Nash de développer de très bonnes relations avec les joueurs mais aussi de consolider des relations préexistantes comme ce fut le cas avec Kevin Durant :

    « I wouldn’t say he made the decision for me, but he made me feel good about it”

    « Je ne dirais pas qu’il a pris la décision pour moi mais il m’a clairement rassuré sur celle-ci »
    Kevin Durant sur l’impact de Steve Nash dans sa décision de signer au Warriors en 2016
    Source : Mercury News

    Cela mène directement à la raison qui semble principale dans son recrutement, la présence de Kevin Durant au Nets.

    Kevin Durant et Steve Nash à l’entrainement des Warriors
    Source : HEARST NEWSPAPERS

    En effet, Steve Nash et Kevin Durant ont une relation très proche qui précède l’arrivée de ce dernier au Warriors en 2016 mais cette relation s’est améliorée depuis 2016 car Nash à réussi a élever le niveau de jeu de Durant en lui offrant beaucoup de son savoir et de son génie dans ce sport.

    Aujourd’hui, Kevin Durant est clairement le décisionnaire numéro 1 des Nets, même si l’organisation est au-dessus de lui, ils prendront toujours leurs décisions en consultant l’avis de leurs superstars Kevin Durant et Kyrie Irving et c’est surement cela qui a mené à la présence de Steve Nash en tant que Coach.

    La NBA d’aujourd’hui n’est plus la NBA de Jordan lorsque Jerry Krause avait le dernier mot, désormais, les stars ont un impact beaucoup plus important voir, pour certaines superstars, une décision unanime sur la gestion de l’équipe.

    Steve Nash a travaillé avec beaucoup de membres importants des Nets dans le passé a l’image de Kevin Durant et Caris Levert mais il lui manque une réelle relation avec Kyrie Irving ce qui peut lui être préjudiciable si les 2 ne s’entendent pas. Cependant, sa relation avec Kevin Durant devrait lui permettre de garder un bon contrôle sur l’équipe car lorsque tu as la star principale de ton équipe dans la poche, tout le monde suit comme l’avait déclaré Greg Popovich durant la cérémonie en l’honneur de Tim Duncan :

    Enfin, pour ce qui est de Steve Nash en tant que coach, on ne peut pas du tout le juger pour le moment par manque d’échantillon mais on peut tout de même émettre quelques « peur » sur sa capacité à devenir un bon Coach dans la NBA d’aujourd’hui.

    En réalité, tous les meilleurs coachs actuels, que ce soit Brad Stevens, Nick Nurse, Erik Spoelstra, ect.. sont tous des coachs avec une capacité d’adaptation en Playoffs impressionnante et cela est d’ailleurs visible actuellement durant le second tour des Playoffs mais ce qui pose problème est que Steve Nash n’a jamais connu de coach de ce calibre.

    Que ce soit Don Nelson, Mike D’Antoni, Terry Porter, Alvin Gentry ou encore Byron Scott, aucun coach précité n’est connu pour avoir des capacités d’adaptation incroyable mais plutôt pour avoir une philosophie de jeu strict sans renouvellement.

    Donc contrairement à un Jason Kidd qui a eu la possibilité d’apprendre d’un Rick Carlisle en 2011 avec les Mavericks, Steve Nash n’a jamais eu cette chance. Même si cela peut sembler anodin, ce fait peut avoir un réel impact sur la façon dont Steve Nash va coacher cette équipe et sa fin de carrière avec les Lakers ne montre aucun signe encourageant en faveur d’une future grande carrière d’entraîneur contrairement, par exemple, à un Chris Paul avec le Thunder de cette saison.

  • Comment le Miami Heat a-t-il remporté le Game 1 face aux Bucks ?

    Comment le Miami Heat a-t-il remporté le Game 1 face aux Bucks ?

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    A quelques heures du 2ème match d’une série aussi palpitante que prévue, Milwaukee Bucks et Miami Heat se sont affrontés lors d’un premier match du second tour des Playoffs 2020. Alors que Milwaukee partait favori dans cette confrontation, Miami a su déjoué les pronostiques en s’imposant de 11 points face à la meilleure équipe de la saison régulière. Mais comment ont-ils fait ?


    Du répondant… Beaucoup de répondant

    Jouer contre Milwaukee, c’est constamment choisir son poison. Entre Giannis Antetokounmpo, Khris Middleton, Brook Lopez et les autres shooteurs fous à 3 points, il est impossible de contenir tout le monde.
    Miami a fait son choix en se concentrant exclusivement sur la menace numéro 1 : le défenseur de l’année et candidat légitime au titre de MVP, Giannis Antetokounmpo.

    Il faut dire que Miami peut se vanter d’être une des 4 équipes à avoir maintenu Giannis à moins de 15 points lors d’un match de saison régulière. Sur ces 4 matchs, Giannis a tenté le plus de tirs et joué le plus de minutes face au Heat. Et seul Miami s’est qualifié en playoffs parmi ces 4 adversaires…
    Mais les Playoffs et la saison régulière n’ont rien à voir, on le sait, et on le répète assez souvent.

    En assignant principalement Jae Crowder en mission face à lui, Miami ne s’attendait pas à trouver un « Giannis stopper ». Et cela n’a pas été le cas. Comme à son habitude, il a été compliqué de stopper Giannis en 1 contre 1.


    Tableau représentant quelques statistiques de Giannis Antetokounmpo face au Miami Heat, en fonction de ses principaux face-à-face en défense


    Mais la confrontation ne s’est pas jouée sur les 1 contre 1 de Giannis, bien au contraire. Coach Spoelstra a fait le choix de couper le plus possible l’accès au cercle, laissant les Bucks maître de leur destin sur la ligne à 3 points et doublant (ou triplant) quasiment toutes les tentatives du joueur grec de pénétration. Avec seulement 12 tirs tentés, il enregistre son plus faible total des playoffs et l’un des plus faibles de sa saison.

    Offensive rating 1 de 99, 6 pertes de balle, 4/12 aux lancers-francs, 4 points en 12 minutes sur le dernier quart-temps… Mission accomplie pour Miami, avec un Giannis qui doit déléguer le scoring à d’autres joueurs.

    Le répondant du Heat a été physique, mais aussi mental. Avec un impressionnant 1,39 points par possessions 2 à la suite d’un panier de Milwaukee, Miami n’a laissé aucune chance aux Bucks de creuser l’écart, les deux équipes se répondant souvent coup pour coup sur le terrain. Milwaukee n’a pas su gérer son avance, et n’a pas su prendre avantage de sa forte adresse à 3 points (16/35 sur le match).
    Signe inquiétant pour la meilleure défense sur les points par possessions encaissés après avoir marqué un panier (0,99 sur la saison).

    Pourtant, le 1er QT, malgré sa physionomie très particulière, a été outrageusement dominé par Milwaukee, avec 2 énormes « runs »3 , caractéristique de la locomotive Bucks depuis le début de saison : 15-6 puis 17-8, en un seul QT. Résultat : 40 points inscrits, 29 encaissés. +11, plus gros écart du match côté Bucks.

    Derrière ? Miami remportera les 3 derniers QT et ne laissera pas Milwaukee faire un run plus gros qu’un petit 7-2 juste avant la mi-temps.
    Ajustement tactique, volonté de gagner, peu importe… Le Heat a eu du répondant.

    Jimmy Buckets, patron d’une seconde mi-temps maîtrisée

    L’affaire était compliquée à la mi-temps. 63-60 pour les Bucks, menés par un tandem Middleton-Lopez absolument incroyable, compilant 40 des 63 points à eux deux. Côté Miami, c’est Goran Dragic qui tient la barre, avec 19 unités.

    Miami tient mais Miami n’est pas à l’abri d’un sursaut offensif comme ils avaient pu le vivre lors de la défaite 116-130 dans la bulle face aux mêmes Bucks lors des seeding games 4 .

    Si Goran n’inscrira « que » 8 points durant la seconde mi-temps, un homme sortira du lot et scellera la victoire du Heat : Jimmy Butler.

    Souvent considéré ces dernières saisons comme un joueur clutch 5 , Jimmy a connu une saison compliquée dans ce domaine. Avec des pourcentages aux tirs très douteux dans les moments chauds, il a su renaître lors de ces playoffs, enregistrant des statistiques dignes de sa réputation, quasiment au niveau de ses playoffs avec Philadelphie l’an passé.


    Graphique représentant les probabilités de victoires ajoutées dans les situations clutch de Jimmy Butler, sur les play-offs et en saison régulière depuis 2013


    40 points inscrits. 27 en seconde mi-temps. 15 dans le dernier quart-temps.
    Un record de points en carrière sur un match de playoffs pour lui, et une victoire en tant qu’outsider face à la meilleure équipe de la ligue. « Jimmy Buckets » ne pouvait pas rêver mieux, Miami est toujours invaincu sur cet exercice de playoffs, et lui est en pleine confiance.

    Il est chez lui à Miami, dans cette fameuse culture du Heat à laquelle il s’identifie. Le fit est parfait, l’ambiance est excellente, la dynamique est très bonne.

    3ème joueur de l’histoire de la franchise floridienne à scorer 40 points ou plus dans un match de playoffs (LeBron James & Dwyane Wade), il a été inarrêtable dans cette seconde mi-temps, à tous les niveaux.
    6/8 aux tirs dans le 4ème quart-temps, accompagné de 2 lancers francs mis, et une impression de marcher sur l’eau, offensivement et défensivement.

    Beaucoup de situations d’isolations en fin de match, preuve d’une confiance incroyable, tant Miami est l’une des équipes utilisant le moins l’isolation dans la NBA (pourcentage de 4,6% possessions se finissant par une isolation). C’était le moment « Jimmy B. ». Peut-être le seul de la série, peut-être le premier, mais il a saisi cette occasion, et le Miami Heat s’est imposé.

    Sous les yeux de Pat Riley, présent pour la 1ère fois à un match à Orlando, cette performance n’a pas manqué de faire réagir sur Twitter, notamment avec l’apparation d’un petit message de la part d’un certain ex-coéquipier, sûrement nostalgique…

    Une grosse présence dans la raquette

    C’est l’un des facteurs X de cette série. Miami doit apprendre à gérer la domination défensive à l’intérieur des Bucks.
    En encaissant seulement 38,7 points de moyenne dans la raquette sur la saison régulière, Milwaukee a été incroyablement efficace, poussant ses adversaires à prendre énormément de tirs à 3 points (39,3 tirs à 3 points tentés pour les adversaires des Bucks, soit plus que n’importe quelle autre équipe).

    Le problème, c’est que Miami possède une armada de shooteurs à 3 points, menées par le sniper Duncan Robinson. Il ne serait pas très malin de les laisser tirer 40 fois à 3 points par match.
    Ainsi, Milwaukee s’est directement adapté (31 tirs à 3 points tentés par Miami sur le G1), en contenant notamment parfaitement la menace offensive Duncan Robinson, qui a seulement tenté 4 tirs à 3 points, pour un réussi.

    Cette performance défensive rappelle fortement le match 1 face aux Pacers au 1er tour, où le jeune joueur fit un 2/8 à 3 points dans la victoire contre Indiana, avant de s’adapter et de finir à 10/19 sur les 3 derniers matchs de la série.

    En refusant le plus possible les tirs longue distance, Coach Budenholzer savait quelque chose : l’accès au cercle sera beaucoup plus simple pour Miami.

    Résultat sans appel : alors qu’ils encaissaient 27,6 points par match dans la raquette depuis le début des playoffs, Milwaukee a subi et a encaissé 42 points dans la raquette.

    En plus de cela, Miami a bénéficié d’un excellent Bam Adebayo aux rebonds, avec 17 prises, dont 6 offensives et un ORB% 6 de 19,5. Avec 12,4 rebonds de moyenne sur ces playoffs, Bam s’impose comme une énorme menace dans la raquette. Il a notamment battu le record de rebonds d’un joueur de Miami en playoffs (19) lors du match 4 face à Indiana.

    Complètement dominé aux rebonds niveau statistiques (46 rebonds pour Miami, 34 pour Milwaukee), les Bucks n’ont pris que 14 rebonds en seconde mi-temps, pire total de leur saison ! Miami en a profité, et n’a laissé, sur le match, que 4 petits points sur seconde chance à Milwaukee, malgré les 7 rebonds offensifs des Bucks.

    Milwaukee n’a pas utilisé une stratégie défensive ultra efficace sur ce match, et devra s’adapter rapidement avant le Game 2, sous peine d’être une fois de plus dans une situation inconfortable, car Coach Spoelstra sait et va s’adapter.

    Cette adaptation du collectif floridien peut faire très mal aux Bucks. Nous parlions plus tôt dans cet article du fait qu’il fallait choisir son poison face à Milwaukee. Miami est différent. Ils s’adaptent au jeu adverse pour offrir le poison le plus mortel possible. Entre profondeur du banc et génie au coaching, Milwaukee a du souci à se faire avant la confrontation de ce soir.

    En tout cas, rien n’est fait dans cette série. Le match 1, soldé par une victoire de Miami, a été à la hauteur des espérances et des attentes. La suite de la série ne devrait pas faire exception à la règle et les deux équipes vont nous offrir un excellent spectacle !

    Quelques notes sur la 1ère confrontation…

    • Le meneur de jeu des Bucks Eric Bledsoe n’a pas joué le match 1 à cause d’une tension à l’ischio-jambier droit. Son statut est incertain pour le match 2. Il a été remplacé par George Hill, dont l’impact a été faible durant ce match.
    • Côté Miami, 7 jours ont séparés le Game 1 de leur dernier match contre Indiana, contre 2 pour Milwaukee. Fatigue en fin de match ? Avantage sur l’adaptation tactique ? Possible, le run 20-8 en faveur de Miami dans les dernières minutes du match a fait très mal.
    • Milwaukee a subi le rythme imposé par Miami durant toute la seconde mi-temps, avec une moyenne de 14,9 secondes par possession offensive, contre 12,9 secondes en première mi-temps. Jeu lent = jeu moins efficace pour les Bucks…
    • Miami, qui était l’équipe la plus dominante de la ligue sur les handoffs 7 , connaît des débuts de playoffs plutôt compliqués dans ce domaine, avec une adaptation très concrète des équipes adverses. Même si la fréquence augemente, l’efficacité diminue, passant de 1,07 PPP à 0,98 PPP.
    • Les Bucks, adepte du jeu de transition grâce à Giannis, ont eu très peu d’occasions de dérouler rapidement leur jeu dans ce match. A l’aide d’une défense très resserrée sur le repli défensif et très intelligente (fautes faites très tôt, prises à deux succinctes pour dissuader le porteur), Miami a su très souvent ralentir le jeu de Milwaukee.

    Sources : NBA.com, inpredictable, Basketball Reference, ESPN.

    Lexique :

    1. L’offensive rating (ou ORtg) : statistique inventée pour mesurer l’efficacité offensive d’un joueur. La moyenne NBA se situe entre 105 et 110.
    2. Les points par possession (ou PPP) : statistique prenant en compte le nombre total de points marqués sur le nombre total de possessions.
    3. Un run : période de jeu où une équipe A domine une équipe B en inscrivant beaucoup de points et en encaissant très peu. C’est un véritable passage clé lors d’un match. Le basket-ball est souvent caractérisé comme étant un sport de runs.
    4. Les seeding games : matchs joués à Disney (Orlando) le mois passé afin de définir les places pour les Playoffs et pour la lotterie NBA. Chaque équipe présente à Disney a joué 8 seeding games.
    5. Joueur clutch : joueur doté d’un sang froid hors-norme, capable de faire basculer une rencontre dans les moments les plus chauds et stressants.
    6. Offensive rebound percentage (ou ORB%) : calcul du nombre de possessions offensives d’un joueur se terminant par un rebond offensif. C’est calculé en fonction des rebonds offensifs de son équipe et ceux de l’équipe adverse. La moyenne NBA se situe entre 0 et 5%.
    7. Handoffs : situation de « main-à-main » où le porteur de balle va offrir le ballon à un coéquipier en étant immobile. Pour cela, le coéquipier va venir vers le porteur et va recevoir le ballon une fois qu’il passera à côté du porteur. Situation très utile pour les shooteurs à 3 points afin de les libérer de leur marquage défensif.
  • Colère en NBA : faire éclater la Bulle ?

    Colère en NBA : faire éclater la Bulle ?


    « Aucun vietcong ne m’a jamais traité de nègre »

    Cassius Clay aka Mohamed Ali

    Le 28 avril 1967, Mohamed Ali annonce publiquement son refus de participer à la guerre du Vietnam, sa licence de boxeur est supprimée et il est condamné par la justice étasunienne. Malgré l’opprobre d’une partie de la société américaine, il assume cet acte politique. Les athlètes qui s’engagent et dénoncent radicalement des problématiques sociétales sont ils antipatriotiques ? Dans une interview accordée ce mercredi 26 août au média TNT, Doc Rivers, coach des Clippers réagit à la bavure policière sur Jacob Black, afro-américain touché de 7 balles dans le dos cette semaine à Kenosha, Wisconsin.

    « We are the ones getting killed. We are the ones getting shot. It’s amazing, we keep loving this country, and this country does not love us back. (…) You need to be American and outraged. »

    Source : Doc Rivers, NBA TNT via Rachel Nichols 26/08/2020.

    Cette nuit, les joueurs NBA ont refusé de se présenter sur le terrain. Ils ont apporté leur soutien à Jacob Black et ont signifié leur colère face au racisme qui embrase toujours la société américaine, 50 années après Ali. Vous ne trouverez pas de réponse à ce mal chronique dans la presse, ni au détour de débats vénéneux et stériles sur Twitter. Il est cependant essentiel de souligner la position des joueurs et la portée symbolique de leur acte historique.

    Depuis le mois de juin, les manifestations du mouvement « Black Lives Matters » se déroulent dans les rues américaines avec violence. Les protestataires accusent les inégalités entre les communautés, la discrimination qui engendre la division et la colère. Ils font face à l’attentisme du pouvoir politique américain, de Donald Trump à Joe Biden, candidat démocrate pour les élections présidentielles de novembre 2020. Si la classe dirigeante rappelle la nécessité de justice et déplore le vandalisme engendré par les protestations, elle n’évoque pas frontalement les meurtres issus de la fragmentation de la société américaine. La nuit dernière, un adolescent d’extrême droite a tué deux manifestants à Kenosha. (Source : Le Monde). Dans ce contexte sociétal brûlant, les voix de Jaylen Brown, Malcom Brogdon ou Lebron James supportent publiquement le mouvement protestataire. La NBA est composée à plus de 80 % de joueurs afro-américains (Martin Breteau, 2011), et la position d’Adam Silver sur le racisme et l’intégration des communautés est limpide. En 2014, les propos discriminants de Donald Sterling, alors General Manager des Clippers, avaient été sanctionnés d’un bannissement à vie et d’une amende de 2.5 millions de dollars. Au delà des clivages politiques et identitaires, les joueurs NBA ont conscience de leur responsabilité en tant que role models. En atteste l’engouement qu’a suscité l’adoption des maillots floqués avec des valeurs chères aux joueurs dans la bulle.

    Mais cette nuit, Bucks, Magic, Thunder, Rockets, Blazers et Lakers ont adopté une stratégie de communication bien plus radicale pour défendre leur vision : la grève. Le buzzer est désormais en stand by face au refus des joueurs d’exercer leur métier dans ce climat sociétal. C’est un acte symbolique fort et inédit. Parmi les athlètes qui évoluent en playoffs, on retrouve des jeunes, des joueurs en bout de banc qui ont un salaire à justifier et le devoir d’honorer leur contrat afin de sécuriser leur futur. Ce refus de jouer peut ainsi être perçu comme un pied de nez au système américain capitaliste, de l’entertainment. Les négociations avortées pour le salary cap de 2011 avaient conduit au lockout. Aujourd’hui, les joueurs ont accompli un geste désintéressé de toute réussite économique, un retour solidaire vers leur communauté pour dénoncer les injustices criantes auxquelles les joueurs NBA ne sont pourtant pas les premiers exposés une fois la gloire atteinte.

    Dès lors, la perspective de quitter « la Bulle » est hautement symbolique. Le centre a constitué la condition sine qua non de la survie du basketball américain post-confinement. Sortir de la bulle, c’est quitter le monde du basket pour une durée indéfinie, avec de pénibles protocoles sanitaires à suivre pour espérer y revenir. Si des joueurs décident de boycotter la saison, ce sera ainsi sans regarder en arrière, en laissant le basketball de côté pour libérer la parole et demander une action politique concrète, avec des ajustement institutionnels. L’abandon des Playoffs constituerait un événement retentissant, médiatisé à l’international et pourrait exercer une pression sur le gouvernement américain qui devra considérer ces impératifs sociaux pour le prochain mandat présidentiel.

    En parallèle à ces revendications, La « prise d’otage » de la ligue sportive américaine la plus lucrative met en péril ses perspectives de développement et représente un nouveau contretemps pour Adam Silver. La construction de la bulle NBA a nécessité plus de 150 millions de dollars (source : ESPN) et les moyens logistiques déployés pour assurer avec succès la sécurité sanitaire furent colossaux. La fin des Playoffs ne ferait qu’accentuer la tourmente financière dans laquelle la NBA s’est engagée avec le COVID 19. Malgré cette menace, on peut espérer que l’image de la ligue et ses engagements socio-politiques restent intacts. Début Août, l’association avait créé une nouvelle fondation afin de verser 300 millions de dollars sur 10 ans pour valoriser le développement économique de la communauté noire.

    Dans l’attente de la décision du Board of Governors qui se réunissait aujourd’hui pour affirmer sa politique face à la grève des joueurs, les matchs d’hier soir sont reportés. Selon l’insider Shams Charania, Lakers et Clippers se seraient déjà accordés en interne pour boycotter le restant des playoffs. L’issue des négociations avec le syndicat des joueurs reste inconnue, mais peu importe, car une maladie ronge la société américaine, et ce n’est pas la bulle qui va la sauver.

  • Les Busts en NBA : Tentative d’explication

    Les Busts en NBA : Tentative d’explication


    Anthony Edwards, LaMelo Ball, James Wiseman, Obi Toppin, Killian Hayes, Issac Okoro ou encore Devin Vassell. Tous ces jeunes prospects à très forts potentiels sont attendus parmi les premiers picks de la prochaine draft qui, épidémie de Covid19 oblige, se tiendra le 16 octobre prochain.

    Certains deviendront All Star, d’autres seront peut-être même intronisés au Hall of Fame, le Panthéon de la balle orange. En revanche, et comme chaque année, plusieurs ne parviendront pas à satisfaire les attentes autour d’eux et marqueront l’histoire, non pas grâce à leur niveau de jeu, mais bien à cause de leur capacité à décevoir.

    Pourquoi certains joueurs, que tout prédestine à un avenir glorieux en NBA, tombent finalement dans l’oubli le plus total ? Qui sont-ils et quelles en sont les raisons ?


    Des joueurs draftés trop jeunes ?

    C’est un fait, les rookies NBA draftés sont de plus en plus jeunes : Lors de la draft 2017, 20 joueurs de moins de 20 ans ont été draftés. Un nombre important, particulièrement quand on s’aperçoit que lors de drafts antérieures, notamment en 2005, ce nombre était plus faible alors même que les jeunes de 17 et 18 ans étaient éligibles.

    Les franchises NBA semblent donc de plus en plus prêtes à faire confiance à des jeunes encore verts plutôt que des joueurs ayant terminé leur cursus universitaire. Cela peut se comprendre dans un sens : Plus le joueur est jeune, plus la franchise a le temps de le faire progresser, de le préparer à l’univers NBA, de le façonner de sorte qu’il puisse réussir dans la Grande Ligue.

    Néanmoins, la réticence de nombreux joueurs à terminer leur cursus universitaire (à l’image de Ben Simmons qui confiait ne pas savoir ce qu’il avait appris à LSU) complique la tâche des recruteurs NBA : moins de matchs joués, moins de possessions à analyser et donc une plus grande possibilité de tomber sur un bust.

    Les scouts mandatés par les franchises doivent ainsi analyser le jeu de joueurs très jeunes, avec un nombre de matchs assez limité. La marge d’erreur est plus faible, tout en sachant que la NBA et la NCAA sont des mondes qui ne ressemblent pas vraiment. Réussir en NCAA ne veut pas dire qu’on réussira nécessairement en NBA.

    En observant ce tableau, on peut s’apercevoir que, plus les années passent, plus les joueurs choisis au début de la draft (les lottery picks) sont jeunes. En 1995, l’âge moyen des picks 1 à 15 était de 21,5 ans alors qu’en 2017, ce nombre est descendu en dessous de 20, signe du rajeunissement progressif des différentes cuvées.


    Une arrivée difficile dans le microcosme NBA pour des gamins mal préparés.

    Bust. Voilà le nom avec lequel nous désignons de nombreux joueurs anciens comme actuels aujourd’hui. Pour faire simple, il s’agit d’un terme utilisé pour décrire un joueur de la NBA qui a été choisi dans les premières positions de sa draft, dont on avait des attentes élevées, mais qui ne s’est jamais approché du niveau attendu.

    Prenons un exemple récent avec la Draft de 2013 :
    Comme lors des 29 dernières années, et pour la toute dernière fois, David Stern s’avance pour annoncer le premier choix.
    With the first pick in the 2013 NBA Draft, the Cleveland Cavaliers select… Anthony Bennett from Toronto, Canada.

    Stupeur au Barclays Center. Le joueur de 20 ans formé chez les Rebels d’UNLV du côté de Las Vegas n’était pas attendu aussi haut. Selon son coach de UNLV, Dave Rice, Bennett était « un joueur unique, mais différent, c’était clair. Mais son futur s’annonçait brillant. C’était le style de joueur qu’on souhaite avoir chaque saison à la Fac. Il était tellement talentueux. Il ne pensait qu’à l’équipe, était facile à coacher, voulait gagner. Plus le match était important, mieux il jouait. »

    Avec des statistiques solides (16,1 points, 8,1 rebonds et 53,3% de réussite aux tirs) lors de sa saison universitaire, on se demande encore comment un joueur décrit comme tel a-t-il pu décevoir à ce point ? Point encore plus important, comme les scouts des Cavs, eux qui ont une ribambelle d’outils statistiques tous plus perfectionnés les uns que les autres, ont-ils pu faire une telle erreur ? Dès le premier match on se rend bien compte que le canadien n’a absolument pas le niveau d’un first pick et encore moins celui de la NBA.

    Un exécutif raconte : « J’étais choqué que les Cavs l’aient pris en première position. Je me disais « C’est un mauvais choix, mais il sera probablement un bon 6ème homme mais certainement pas, c’est un mauvais choix, ce mec va sortir de la ligue ».

    Négligence de la part des scouts de Cleveland au sujet de Bennett ? Peut-être, comme l’explique un scout anonyme, qui pense que la franchise de l’Ohio « n’a pas eu un rapport complet sur Bennett. Le staff de UNLV tolérait beaucoup de choses. Les Cavs ont eu une version optimiste de son éthique de travail et de son attitude. »

    source : Mike Segaar – Reuters

    Comme dit précédemment, les joueurs draftés sont de plus en plus jeunes et donc, la durée de leur cursus universitaire, de plus en plus courte. L’analyse se fait ainsi sur un échantillon moins conséquent, avec une marge d’erreur forcément plus importante.

    Mais est-ce vraiment la faute du natif de Toronto ? A cette époque, le management des Cavs est en perdition totale, avec à sa tête un Chris Grant qui veut absolument faire d’Anthony Bennett LE joueur de demain. Mais pour un garçon aussi jeune, c’est trop de responsabilités et ce dernier vivra une saison rookie désolante avec des pourcentages désastreux.
    Mais dans un contexte moins anxiogène et dans une franchise mieux cadrée, le jeune canadien aurait pu faire une bien meilleure carrière si on l’avait laissé se développer quelque peu. Ou peut être pas. Nous ne saurons jamais.

    Cela nous amène à une nouvelle réflexion : le cadre dans lequel un jeune arrive en NBA. Arriver à 18 ans chez les Spurs, une des meilleures organisations de la ligue, ce n’est pas la même chose que d’arriver chez les Cavs ! Est-ce que Tony Parker ou Manu Ginobili auraient eu la même carrière s’ils avaient été draftés par une autre franchise ? Rien n’est sûr.


    Des environnements néfastes ?

    Outre les blessures qui peuvent toutefois témoigner d’un manque d’éthique de travail, l’un des problèmes majeurs causés par une arrivée trop rapide en NBA est une mauvaise gestion de ce que l’on appelle les « à cotés ».
    Tout de suite plongés dans le gigantesque océan médiatique qu’est la NBA, certains jeunes, mal préparés ou mal conseillés, peuvent rapidement sombrer.

    Interrogé récemment par France Info, Kevin Séraphin, ancien joueur des Wizards, le confirme : « Aujourd’hui, un joueur NBA gagne vite un million de dollars par an. Ça donne forcément des idées à des personnes mal intentionnées. La fameuse Draft n’est qu’une étape.

    Cette première sélection est déjà très compliquée, mais il faut encore trouver sa place, jouer afin de survivre et de pouvoir prolonger l’aventure au-delà de deux ans. Le plus dur en fait, c’est d’accepter la transition entre le basket comme passion et le basket comme métier à plein temps. »

    Les jeunes semblent donc avoir du mal à faire la transition entre le monde amateur et le monde professionnel. Tous n’ont pas, à l’instar de Steph Curry par exemple, un père qui a fait carrière dans la grande ligue et donc un modèle à suivre. De nombreux joueurs ne roulaient pas sur l’or avant d’arriver dans la NBA et peuvent se retrouver comme perdus face à cet afflux d’argent : ils essayent tant bien que mal d’imiter les dépenses de leurs coéquipiers vétérans ce qui en réalité, n’est pas une bonne chose, car ces derniers ont souvent des contrats plus longs, mieux rémunérés et surtout déjà de l’argent de côté.

    Pas vraiment au courant des vertus d’une bonne alimentation, de nombreux jeunes se gavent de fast foods à longueur de journée, ce qui n’est, évidemment, pas la meilleure manière de prendre soin de son corps. Certains peuvent même se retrouver en difficulté face à des tâches plutôt banales : un exécutif de la ligue racontait qu’il avait un jour observé un grand espoir ayant du mal à « ouvrir un compte en banque ou payer ses factures ».

    source : Mark Ralston – AFP via Getty Images

    Propulsés dans la jungle qu’est la NBA, ces jeunes prospects doivent garder la tête froide et s’adapter rapidement à la situation. Trevor Ariza, drafté à l’âge de 19 ans en 2004 par les Knicks l’explique :

    Le plus gros ajustement que j’ai dû faire était probablement d’être si loin de chez moi à un si jeune âge, je ne m’étais jamais absenté de chez moi aussi longtemps. Si l’on n’est pas bien dans sa tête, dans son esprit, on ne peut être performant en NBA.

    Dans une ère où les réseaux sociaux sont rois, il peut être difficile de rester focaliser sur la balle orange. Et ce n’est pas Lamar Odom qui nous dira le contraire ! Dans son autobiographie, “Darkness to Light” (De l’obscurité à la lumière), l’ancien champion NBA avec les Lakers explique qu’il « pense avoir dépensé plus de 100 millions de dollars » pour de la drogue. Il ajoute qu’il a « dû payer beaucoup d’avortements » au cours de sa carrière, car « il faisait l’amour avec six femmes par semaine en moyenne. »

    Le vétéran des Blazers confirme les propos de son ancien coéquipier :

    Trouver quelque chose à voir avec mon temps libre a été une autre chose à laquelle j’ai dû m’adapter, il n’y a que peu d’heures que vous pouvez passer dans le gymnase, en particulier en jouant à plus de 80 matchs par saison. J’ai eu du mal à trouver des choses à faire avec tout le temps libre que nous avions.

    Un phénomène encore bien présent de nos jours, qui nous rappelle qu’avoir des vétérans dans le vestiaire, qui connaissent les rouages de la NBA et savent conseiller les moins expérimentés, est primordial…
    Prenez le jeune espoir des Pistons, Sekou Doumbouya, qui a tout pour devenir un grand joueur, avec des qualités athlétiques qui correspondent parfaitement au style de la NBA d’aujourd’hui.

    Cependant, il est régulièrement réprimandé par son coach, Dwayne Casey, qui lui reproche un manque de concentration et de maturité. Rien de plus normal, quand on voit que l’ancien joueur du CSP Limoges a déjà partagé ses highlights… à la mi-temps d’un match ou que ses échauffements d’avant match consistent à imiter Kylian Mbappé.


    L’exemple glaçant de Robert Swift

    Pendant de longues années, la NBA autorisait les joueurs de 18 ans, c’est-à-dire les lycéens, à pouvoir s’inscrire à la Draft. Avec plus ou moins de réussite… LeBron James, Kevin Garnett pour ne citer qu’eux, se sont parfaitement adapté au jeu NBA et sont devenus des stars interplanétaires.

    Pour d’autres cependant, l’expérience fut bien moins concluante et David Stern, ancien et regretté commissionnaire de l’époque, s’inquiéta de voir ces jeunes talents se présenter trop tôt à la Draft, sans prendre le temps d’obtenir le moindre diplôme. L’exemple de Robert Swift est sans doute le plus frappant.

    Sélectionné en 12ème position de la cuvée 2004 par les Seattle SuperSonics, l’intérieur de 2m13 ne confirmera jamais le semblant de potentiel entraperçu au lycée de Bakersfield, en Californie. Pire, après de graves blessures à répétition, Swift sombre dans l’alcool, la drogue ( héroïne entre autres ) et même dans les cambriolages… Une véritable descente aux enfers pour un joueur qui aurait pu faire une carrière au moins honnête en NBA.

    Probablement échaudé par les histoires de ce genre, David Stern met en place en 2006 le one and done, ce qui veut dire que les joueurs américains doivent désormais attendre leurs 19 balais pour se présenter à la Draft et que par conséquent, ils sont dans l’obligation de passer, pour au minimum un an, par la case NCAA.

    Un moyen de faire grandir quelque peu ces jeunes pousses avant de les jeter dans le grand bain. Mais ces derniers semblent de plus en plus réticents à passer par la case NCAA, empire lucratif qui génère des millions et des millions (de dollars) chaque année. En effet, les joueurs universitaires ne sont pas rémunérés et si certains vont toucher le pactole au cours de leur carrière dans la grande ligue, d’autres vont la voir se terminer sans rien toucher.

    L’an dernier, la blessure spectaculaire de Zion a relancé le débat : et si Williamson s’était gravement blessé et avait compromis le reste de sa carrière ? En avril dernier, c’est Jalen Green, présenté comme le meilleur lycéen du pays, qui a choisi de snober la NCAA. L’année prochaine, il jouera en G-League, l’antichambre de la NBA, comme il l’a récemment annoncé à Yahoo Sports.

    En 2018, Adam Silver, le boss de la NBA, s’interrogeait déjà sur le problème :

    De notre côté, nous estimons que la Draft est meilleure quand on a la possibilité de voir ces jeunes jouer à un haut niveau avant de venir en NBA. D’un autre côté, on pense que la question est de savoir, en termes de succès immédiats, si ce n’est pas mieux pour nous d’interagir avec eux lorsqu’ils sont plus jeunes. Seront-ils meilleurs s’ils viennent en NBA à 18 ans, en utilisant la G-League pour leur formation et leur apporter du temps de jeu ? Tout en sachant que pour les meilleurs d’entre eux, il ne fait aucun doute qu’ils pourraient être performants dès 18 ans.

    source : NCAA Champion Magazine

    Alors que le nombre de one-and-done ne cesse d’augmenter au fil des drafts, le plus ancien et célèbre défenseur d’une entrée rapide en NBA, Spencer Haywood, semble réticent à supprimer cette règle : « Les joueurs NCAA ne sont pas prêts pour la NBA après juste une saison » expliquait-il en 2014. Gerald Green, dernier lycéen en date choisi à la draft, renchérit : « Il y a beaucoup de joueurs qui sortent du lycée qui ne sont pas prêts. Tout le monde ne s’appelle LeBron James. »


    Qu’importe la décision que prendra la NBA à propos de ce sujets-là, elle déclenchera des réactions aussi bien négatives que positives. Au final, la décision reviendra au joueur : Prendre le temps de se développer à l’université au risque de ne jamais arriver en NBA ou rejoindre directement la grande ligue sans forcément y être prêt ? Ces dernières années, la NBA a commencé à réfléchir à une solution qui pourrait permettre aux prospects les plus talentueux de gagner leur vie dès leur sortie du lycée (en G- League ?) plutôt que de s’ennuyer 1 an en NCAA sans toucher un seul dollar. La balle est dans la main de Adam Silver. Comme toujours.

  • Justin James, un joyau à surveiller de très près…

    Justin James, un joyau à surveiller de très près…

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Beaucoup de très bons joueurs NBA, notamment All-Star et membres d’une All-NBA team, sont arrivées par la petite porte de la NBA. Que ça soit par le second tour de la Draft ou par le chemin des joueurs non-draftés, rien n’est impossible. Parlons aujourd’hui d’un joueur qui pourrait bien nous surprendre : Justin James.


    Qui est Justin James ?

    Drafté à la 40ème position par les Sacramento Kings lors de la dernière draft NBA, Justin James, tout droit sorti du Wyoming, n’arrivait pas dans la grande ligue avec un bagage clinquant. Et pourtant…

    Sélectionné dans la All-Moutain West Conference 2nd Team lors de sa dernière saison universitaire, Justin est resté 4 ans avec les Cowboys du Wyoming, accumulant plus de 2000 points en carrière universitaire. Ex-joueur 3 étoiles selon ESPN, 247Sports et Rivals, « JJ » n’avait pas forcément le profil type pour rentrer en NBA à travers la draft.

    Cependant, le destin en a choisi autrement, et à force de travailler, Justin s’est fait une place dans la MWC , en inscrivant plus de 15 points par match lors de ses 3 dernières saisons, avec notamment une moyenne de 22,1 points par match lors de sa 4ème et dernière saison.
    Il est ainsi devenu le second meilleur scoreur de l’histoire de cette université, derrière Brandon Ewing et le 3ème de l’histoire de la conférence.

    Son parcours a pris une ampleur monumentale lorsque les Kings décidèrent de miser sur lui avec le 40ème choix de la draft, faisant de lui le 12ème joueur de l’histoire de Wyoming à être drafté, et le premier depuis Larry Nance Jr. (Cleveland Cavaliers) en 2015.

    Auteur d’une Summer League convaincante (9 points et 4 rebonds de moyenne), le Floridien se vit offrir un contrat de 3 ans par les Kings. Consécration pour un joueur originaire de Port St. Lucie en Floride, et qui n’avait pas une destinée liée à la NBA.


    Justin James dunkant sous le maillot de son université : Wyoming.
    © Photo par Wyoming Athletics


    Membre d’un groupe de 3 rookies au sein des Kings, il est celui qui a joué le plus de matchs des trois. Avec ses 34 participations, il se retrouve loin devant DaQuan Jeffries (8 à cet instant de la saison) et Kyle Guy (2) : preuve d’une bonne confiance du groupe et du staff envers lui.

    Mais qu’a-t-il de particulier ?

    « JJ », un athlète pur (et dur)

    Justin, c’est tout d’abord un physique impressionnant pour un arrière. 2,01m de hauteur, 86 kg, accompagnés d’une envergure d’environ 2,10m, c’est grand, plus grand de la moyenne.

    C’est un joueur très athlétique, doté de qualités physiques indéniables, dont il sait très bien se servir. En témoigne ses 7 dunks réussis cette saison, équivalent à 21% de ses tirs réussis, dont celui-ci :

    https://twitter.com/SacramentoKings/status/1211136116797009920?s=20

    C’est un joueur avec une énergie gigantesque, sur et en dehors du parquet. Ses coéquipiers et son coach disent de lui qu’il parle beaucoup, vraiment beaucoup. Il est passionné par le sport et on le ressent sur le terrain, et même sur le banc, avec ses nombreuses réactions énergisantes.

    Il a ce truc en plus, il n’est pas timide. Dès le premier jour, il n’a pas été effrayé de nous répondre, ni d’exprimer son opinion. Je me suis dit : « Cet enf**** doit se taire », mais il a de bonnes intentions, et cela vient de sa confiance en lui.

    BUDDY HIELD (joueur des kings et coéquipier de justin james)

    Une confiance en lui débordante pour un joueur doué offensivement, à l’aise avec le scoring depuis Wyoming.

    Pas inquiété par le fait d’avoir le ballon en main (usage percentage 1 de 19 pour un turnover percentage 2 de 8,4), notamment grâce à sa longue expérience NCAA, il sait également jouer sans ballon, notamment dans le catch-and-shoot 3 . Il manque cependant de réussite à l’échelle NBA, surtout sur les tirs longue distance, mais nous en parlerons dans un deuxième temps.

    Plutôt bon rebondeur grâce à ses qualités athlétiques (8,5 rebonds/matchs lors de sa dernière saison à Wyoming), il adore jouer en transition, comme nous pouvons le constater avec le dunk ci-dessus. C’est d’ailleurs sur le jeu de transition que se base la plupart de son apport offensif, notamment grâce à sa volonté de vouloir perforer les défenses très tôt avec son explosivité.


    Tableau représentant les statistiques aux tirs de Justin James sur contre-attaque et transition


    Mais là où il est talentueux, c’est défensivement. Long, plutôt rapide, athlétique. Toutes ces qualités réunies forment un cocktail vraiment efficace défensivement.

    Pas réputé à l’époque Wyoming pour être le plus grand des défenseurs, notamment avec son jeu ultra offensif, Justin James s’est muté cette saison comme un potentiel très bon défenseur.
    Directement adapté au jeu défensif de la NBA, Justin a su tirer profit de son expérience universitaire pour très souvent neutraliser son vis-à-vis, comme nous le montre ce graphique.


    Graphique représentant le defensive rating en fonction du pourcentage aux tirs alloués en défense, sur les joueurs âgés de moins de 24 ans (ayant joués plus de 15 matchs cette saison)


    Justin James survole la concurrence en étant le seul joueur de la NBA, selon nos conditions (âge inférieur à 24 ans et plus de 15 matchs joués cette saison), à avoir un defensive rating 4 inférieur à 100 et un pourcentage aux tirs « défensif » inférieur à 40%. Tout simplement monstrueux.

    On peut bien évidemment relativiser notre propos en notant que Justin n’a joué que 6 de ses 34 matchs avec plus de 9 minutes de jeu.
    Très souvent membre du fameux « garbage time » 5 , il n’affronte pas les plus grands joueurs offensifs de la NBA à l’instar d’autres jeunes joueurs présents dans le graphique, comme Ben Simmons ou Jayson Tatum.
    Cependant, il ne reste pas moins un très bon défenseur, parfaitement adapté à la NBA.

    Très rapide sur ses appuis, il gère parfaitement les situations de close-out, avec une excellente présence et animation de son corps. Une statistique montre vraiment cet impact : les statistiques défensives sur les tirs « spot-up » 6 .


    Graphique représentant le pourcentage aux tirs alloués en défense en fonction du percentile, sur spot-up, pour tous les joueurs NBA


    Véritable muraille, Justin se place parmi les meilleurs éléments à ce niveau, avec sa capacité à gêner ses adversaires avec ses mensurations. Il n’a alloué que 9 petits points en 22 possessions sur ce type de tir.
    Une plus-value qui peut devenir très intéressante avec le temps.

    Autre point marquant : reprenons les conditions émises plus haut. Justin James a l’un des plus grands différentiels entre son pourcentage aux tirs et son pourcentage aux tirs alloués en défense.


    Graphique représentant la différence entre le pourcentage aux tirs et le pourcentage aux tirs alloués en défense, sur les joueurs âgés de moins de 24 ans (ayant joués plus de 15 matchs cette saison)


    Avec un différentiel de +6,5%, Justin se classe tout simplement à la 3ème place. Seuls Ivaca Zubac (Clippers) et Romeo Langford (Celtics) font mieux dans la ligue.
    Il doit cependant avoir un peu plus de présence dans la défense intérieure, grande taille oblige. Avec un pourcentage défensif aux tirs de 72,7% près du cercle , Justin est loin d’être un roc, mais la défense extérieure compense.

    Des statistiques intéressantes, un physique plutôt convaincant, de la confiance en soi… Mais quels sont ses axes de travail ?

    Qu’est-ce qu’il lui manque ?

    Tout d’abord, il lui faut de la régularité. Il est certain qu’un temps de jeu faible et variable n’est pas favorable au développement, mais Justin doit faire preuve de plus de régularité sur le terrain.

    On le sait capable de coups d’éclat, comme il a pu le montrer contre Brooklyn et Indiana cette saison (14 points sur ces 2 matchs). Mais c’est cette régularité que cherchent les Kings actuellement en sortie de banc.

    Elle doit commencer au niveau du tir extérieur. Justin James a les capacités pour être un bon shooteur à 3 points, même si sa « shooting form » n’est pas extraordinaire. Il avait notamment enregistré un excellent 41,9% en 117 tentatives lors de sa 2ème saison à Wyoming.
    Cette saison, ce n’est pas vraiment de ce niveau, même si on peut repérer quelques points positifs au niveau du shoot.


    Graphique représentant la répartition des tirs de Justin James, leur fréquence (taille du point) ainsi que le pourcentage par rapport à la ligue (couleur)
    © NBA.com/Stats


    Hormis le jeu proche du cercle quasiment omniprésent, que nous avons abordé précédemment, nous pouvons remarquer un détail. Il tire à 32,1% en 28 tentatives longue distance. Pourcentage correct, mais d’autant plus Justin James est bipolaire.

    Il est létal à droite du cercle, avec 50% de réussite à 3 points mais atroce à gauche du cercle, avec 12,5% de réussite. Encore une chose à améliorer de son côté.

    Mais une fois de plus, Justin sait shooter à longue distance, il manque de régularité. En témoigne son très très faible 47,6% aux lancers-francs, complètement aux antipodes de son 73,1% en 4 ans à Wyoming.

    Avec du travail, il peut très certainement devenir un très bon 3&D 7 en NBA. Après tout, c’est un gros travailleur, salué pour le staff et ses coéquipiers, qui a essuyé de nombreuses heures à l’entraînement pour arriver en NBA. Pourquoi ne pourrait-il pas continuer dans ce sens ?

    Le deuxième point est la gestion du rythme offensif. Comme dit précédemment, c’est un joueur offensif très agressif vers le cercle, qui adore la contre-attaque et la transition. Il est tellement passionné qu’il en est parfois à contre-courant de la vitesse de jeu de son équipe. Il est habitué à avoir le ballon en main, à gérer le rythme de son équipe. Mais il ne s’agit plus de l’équipe de Wyoming autour de lui, et il va devoir continuer à s’adapter.

    Son apport offensif est également à revoir, avec une légère incapacité à être « utile » sans être le porteur du ballon. On a évoqué le catch-and-shoot plus haut, où nous pouvons sentir des prémices de potentiel, mais le reste est très faible. Il ne suffit pas d’attendre dans les corners à 3 points pendant 20 secondes… Même s’il est à 40% dans ces spots !


    Tableau représentant les pourcentages sur différents types de tirs, entre Justin James et la moyenne de la NBA


    On peut également évoquer l’âge comme certains pourraient le prétendre. L’âge est-il une contrainte ? 23 ans et demi pour lui. Le potentiel est moins grand, mais cela ne l’empêchera pas d’évoluer au sein de la ligue. Beaucoup de joueurs, arrivés plus âgés, ont réussi à devenir des joueurs majeurs de la NBA.
    L’exemple et la comparaison avec Robert Covington (Rockets) est facile à produire, mais parfaitement évidente. Drafté à l’âge de 23 ans comme Justin James, doté d’un gabarit plutôt semblable (2,01m, 95 kg), il a d’abord vécu une saison rookie très difficile à Houston avant d’être coupé et d’atterrir dans un environnement qui l’a développé comme l’un des meilleurs 3&D de la ligue : Philadelphie.


    Tableau comparatif sur les statistiques de Justin James et Robert Covington sur les deux premières saisons en NBA


    La concurrence sur les postes d’arrières est rude à Sacramento, peut-être que le staff ne laissera pas de chances à Justin. Peut-être que comme Robert Covington, il se développera ailleurs. Nombreuses sont les questions qui peuvent se poser avec un talent comme le sien…


    Ce qui est sûr, c’est que Justin James a un potentiel. Possible 3&D ? Défenseur redoutable ? 6ème homme ? Joueur de rotation ? Aux Kings ? Ailleurs ? On ne peut pas le savoir pour l’instant, mais c’est un bijou, un joyau à polir… Et on lui souhaite de réussir dans la ligue ! Affaire à suivre !

    Sources : NBA.com, Sacramento Kings, Wyoming Athletics, The Athletic.
    (Toutes les statistiques ont été prises avant la reprise NBA à Orlando)

    Lexique :

    1. Usage percentage (ou USG%) : calcul du nombre de possessions offensives passant par un joueur lorsqu’il est sur le terrain.
    2. Turnover percentage (ou TOV%) : calcul du nombre de possessions offensives d’un joueur se terminant par une perte de balle.
    3. Le catch-and-shoot (ou C&S) : action où le joueur reçoit le ballon en étant en mouvement et tire en première intention sans avoir posé le dribble.
    4. Le defensive rating (ou DRtg) : statistique inventée pour mesurer l’efficacité défensive d’un joueur. La moyenne NBA se situe entre 105 et 110.
    5. Le garbage time : période de jeu où les deux équipes se relâchent, notamment à cause du score. Cette période est généralement jouée par les remplaçants de chaque équipe.
    6. Le spot-up shoot : action où le joueur reçoit le ballon en étant immobile et tire en première intention sans avoir posé le dribble. (La différence entre un C&S et le spot-up est le mouvement)
    7. Un 3&D : joueur qui possède la capacité très recherchée de pouvoir tirer à 3 points et défendre sur les positions extérieures de manière compétitive. C’est un rôle très apprécié aujourd’hui.
  • Le carnet des rookies: « Bubble Edition 2.0 »

    Le carnet des rookies: « Bubble Edition 2.0 »

    Chaque semaine Clutch Time vous propose un petit focus sur les rookies afin de faire le point sur les bonnes ou mauvaises performances des débutants.

    Les matchs s’enchaînent à une vitesse folle, et nous voici déjà à quelques jours du premier tour des Playoffs. Les rookies auront globalement fait bonne figure durant cette reprise. Grâce à un temps de jeu plus significatif et aux turnovers effectués par les coachs, beaucoup de jeunes ont se sont révélés à Orlando. Voici les performances marquantes de ces huit derniers jours.(les statistiques sont arrêtées au 12/08/20)

    Les titulaires ont toujours autant de responsabilités

    Michael Porter Jr photo via SI.com
    Michael Porter Jr., F, Denver Nuggets : 54m, 9.3pts, 4.7rds, 0.8pd

    MPJ est clairement en train de s’épanouir sous nos yeux. Match après match, le rookie prend de l’épaisseur au sein de la rotation de Mike Malone en devenant le meilleur scoreur de sa classe depuis la reprise avec des statistiques offensives impressionnantes : 23.8pts, 56.8% aux tirs, 46.3% à 3-pts et 96% aux lancers-francs. En plus de se placer dans le club très flatteur des « 50-45-90 », MPJ est clutch comme face aux Spurs en fin de match avec un rebond offensif et un drive concluant pour achever les hommes de Popovich.

    MPJ gagne en confiance et n’hésite pas à prendre sa chance avec 18 tirs tentés dans la défaite face à Portland. Auteur de tirs à 3-pts importants lors de cette rencontre, MPJ a démontré que son talent est inestimable pour un joueur de sa taille (2.08m). Rebond défensif, transition, pull up à 3-pts, step back, catch and shoot, distribuer pour le partenaire démarqué… L’ancien joueur de l’université du Missouri va clairement devenir un sérieux problème pour ses adversaires.

    Avec 45′ jouées et des paniers clutchs dans la défaite en double prolongation contre Utah, Coach Malone va être obligé de revoir ses rotations à l’approche des Playoffs, si les retours de Will Barton et de Gary Harris sont confirmés. Pour le moment, le jeune joueur de 21 ans apporte une réelle plus-value en attaque. Seules quelques erreurs défensives peuvent lui coûter des minutes.

    Ja Morant, PG, Memphis Grizzlies : 66m, 17.9pts, 3.7rds, 7.2pds

    Le favori pour le titre de Rookie de l’année est toujours aussi spectaculaire mais la blessure de Jaren Jackson Jr combinée aux trop nombreuses défaites ternissent la copie de Ja pour cette reprise. Lors de la défaite contre Utah, coach Jenkins s’est vite rendu compte qu’associer Brandon Clarke avec Jonas Valanciunas dans la raquette était contre-productif. Ja s’est résolu à combiner avec Anthony Tolliver et Gorgui Dieng, et cela à fonctionner lors de la victoire contre le Thunder. Le meneur explosif a su lire la défense et prendre les bonnes décisions en attaque.

    Ja est toujours aussi pressé de jouer en attaque. Que se soit pour driver ou pour jouer le pick and roll, le rookie n’a pas le temps ! Dans le top 5 des joueurs qui bénéficient le plus du pick and roll, Ja est encore loin d’être efficace avec seulement 0.88 points par possession. Il y a encore des progrès à réaliser dans ce domaine pour rejoindre les cadors tels que Chris Paul, Damian Lillard, Kemba Walker, Trae Young (via NBA.com).

    Lors de la défaite face aux champions en titre, Ja a encore manqué de justesse dans son jeu offensif (17pts, 10pds, mais 7/19 aux tirs). Nul doute qu’il progressera rapidement dans ce domaine, en travaillant notamment sur son tir extérieur. Si le rookie a sorti une belle performance face aux Celtics (26pts, 13pds), il n’a pu éviter la 6e défaite en 7 matchs de son équipe. Désormais 9e à l’ouest, La bataille pour le dernier spot des Playoffs va être palpitante.

    Cameron Johnson, F, Phoenix Suns : 56m, 8.7pts, 3.3rds, 1.2pds

    Invaincus depuis la reprise, les Suns sont tout simplement insolents et inarrêtables en attaque. Tout leur réussi, et le rookie Johnson a bien évidement participé à cette moisson inhabituelle de victoires. Sur ses quatre derniers matchs, l’ailier présente un ratio de +16.3 quand il est sur le terrain, soit le meilleur chiffre de sa classe (via NBA.com). A la fin du match remporté face à Indiana (14pts, 12rds), Johnson termina avec un ratio de +36 !

    Vous vous souvenez que nous avions évoqué le fait qu’il était incapable de dunker, et bien Johnson a tenu à nous répondre poliment en contre-attaque.

    Sa taille et son adresse longue distance sont de réels atouts pour coach Williams : 2/2 contre Miami et 4/8 contre Oklahoma City. La belle série s’est arrêtée face à l’équipe B des Sixers avec 0/4 de loin et seulement 6pts en 30 minutes de temps de jeu. Il est indéniable que le rookie n’est pas aussi offensif que Kelly Oubre Jr, mais son profil de joueur sans ballon et de menace sur catch and shoot fait de lui le complément parfait pour le MVP de la bubble : Devin Booker.

    Zion Williamson, PF, New Orleans : 24m, 22.5pts, 6.3rds, 2.1pds

    Les espoirs de Playoffs se sont envolés pour les Pelicans. Les belles choses entrevues avant la suspension de la ligue semblent bien loin. Inconstants en attaque et laxistes en défense, les hommes d’Alvin Gentry n’ont clairement pas réussi leur reprise. Dans la défaite contre les Kings, Zion a constamment cherché à être agressif avec 24pts en 21 minutes. Le rookie a souvent été utilisé comme poseur d’écran. Un schéma offensif pas si souvent utilisé que cela (9.7% via NBA.com), alors qu’il semble évident que rien ne peut ralentir Zion quand il « roll » vers le cercle.

    Inarrêtable lorsqu’il drive sur main gauche, le rookie est également tout à fait capable de délivrer pour un partenaire démarqué. En revanche pour le spacing, il faudra repasser, car Zion ne prend que des tirs près du cercle dans la restricted area comme ce fût le cas face aux Spurs (25pts en 27′). Dernier aspect peu reluisant concernant l’intérieur de 129kgs, le rookie n’arrive pas à impacter positivement la rencontre comme ce fut le cas avant le lockdown. Avec un ratio de -8.8 par match (-21 face aux Spurs!), Zion est l’un des pires de sa classe sur ces 4 derniers matchs (via NBA.com). De plus, mis au repos (back to back), il n’a pa pu participer à la victoire des siens face aux Wizards.

    Rui Hachimura, F, Washington Wizards : 48m, 13.5pts, 6.1rds, 1.8pds

    Toujours pas de victoires pour les hommes de Scott Brooks et il ne reste plus qu’un match à jouer. Des résultats qui sont évidemment pas si surprenant compte tenu des absences (Beal, Wall, Bertans). Le staff des Wizards a pu tester et développer les jeunes joueurs tels que le rookie Hachimura. Toujours placé dans le cinq de départ, le japonais alterne le bon (23pts vs New Orleans) et le médiocre (8pts 2/11 aux tirs vs Philadelphie).

    https://www.youtube.com/watch?v=ziT5xzQO524

    Rui a très bien débuté son match face aux Pelicans avec un rare tir à 3-pts sur catch and shoot en sortie d’écran. Capable de poster des joueurs plus petits et de se défaire d’une prise à deux avec une passe bien sentie, les Pelicans lui ont même collé Jrue Holiday sur le dos pour ne pas le laisser s’enflammer. Moins en vu face au Thunder avec son plus faible temps de jeu depuis la reprise (11pts, 25′), Rui manque parfois d’efficacité en attaque. Lors de ses 4 dernières performances, ses statistiques sont tombées à 42%EFG et 46.1%TS (via NBA.com). Face aux Bucks (20pts, 29′), coach Brooks a peut-être discuté avec le rookie concernant sa passivité à 3-pts puisque le jeune joueur à tentés 9 tirs lointains (record personnel) pour trois convertis !

    Un temps de jeu et des responsabilités en hausse

    Tyler Herro via miamiherald.com
    Tyler Herro, SG, Miami Heat : 53m, 13.2pts, 4.1rds, 2,2pds

    Les absences de Jimmy Butler, Goran Dragic et de Kendrick Nunn ont permis à Erik Spoelstra de tester Tyler Herro en tant que meneur de jeu. Sa première mi-temps face aux Bucks a été remarquable. Capable de créer pour ses partenaires, le jeune arrière a également démontré qu’il n’était pas uniquement un shooteur, et qu’il pouvait très bien driver pour finir dans la raquette. Malheureusement, sa deuxième mi-temps, comme l’ensemble de l’équipe, a été calamiteuse et les Bucks sont repartis avec la victoire.

    Placé dans le cinq de départ face aux Suns, Herro a pu enchaîner les pick and roll et les mains à mains avec Bam Adebayo et Kelly Olynyk. Si tout n’est pas parfait, le jeune arrière a prouvé qu’il avait la vision de jeu et le footwork pour déstabiliser la défense adverse. Herro a également su faire preuve de patience sur certaines séquences.

    Loin d’être réputé pour son jeu sur pick and roll (0.67 pts/possessions, 32.3% aux tirs (via NBA.com), Herro a tout de même apporté quelques satisfactions au staff du Heat avec une bonne lecture du jeu qui se concrétise par une hausse de son taux de passes décisives (+16.9%). L’expérience « Point Guard Herro » a pris fin lors de la victoire face à Indiana. Le rookie a retrouvé son rôle de joueur sans ballon prêt à dégainer dans le corner (17pts, 3/6 à 3-pts). Il n’en reste pas moins que son passage au poste de meneur fut intéressant, et pourquoi pas, être envisagé sur le long terme.

    Brandon Clarke, F, Memphis Grizzlies : 57m, 12.1pts, 5.9rds, 1.4pds

    Jaren Jackson Jr out, le rookie a pris sa place dans le cinq de départ face à Utah (6pts en 27′). L’expérience fut loin d’être concluante avec un problème évident de spacing aux côtés de Jonas Valanciunas. La raquette est bouchée, ce qui affecte également le jeu du meneur Ja Morant. De retour sur le banc face au Thunder (12pts, 20′), les Grizzlies ont retrouvé le goût de la victoire avec une adresse retrouvée et un Brandon Clarke toujours aussi actif près du cercle avec un joli touché sur ses floaters.

    Comme évoqué dans l’article de Jonathan Tjarks du site The Ringer, Clarke reste l’un des rookies les plus efficients en attaque. Son placement et son timing sur pick and roll sont bons (2e meilleur scoreur en tant que poseur d’écran, via NBA.com), sa mobilité et son footwork lui permettent de switcher en défense sur des joueurs plus petits. Malheureusement, le jeu des Grizzlies s’est essoufflé cet été, et le rookie n’a pu éviter les défaites contre Toronto (16pts, 26′) puis contre Boston (15pts, 29′), malgré un apport non négligeable en sortie de banc. On notera tout de même ses 4 tentatives à 3-pts face aux Celtics, un record pour lui cette saison, avec 50% de réussite.

    Keldon Johnson, SF, San Antonio Spurs : 16m, 8.1pts, 3.4rds, 0.9pd

    Le rookie continue de s’affirmer en devenant peu à peu le 6e homme des Spurs. Mieux, Popovich n’hésite pas à le placer dans le money time face aux Nuggets (20pts, 26′). S’il doit progresser dans la finition, Johnson ne rechigne pas à aller au contact et ne se gène pas pour bousculer un autre rookie, Michael Porter Jr, malgré les 10cm d’écart.

    Johnson est très dynamique sur le terrain, il court, il saute, il défend, mais il est également capable d’artiller de loin : 63.2% à 3-pts cette saison ! Son meilleur match a eu lieu lors de la victoire contre les Rockets avec 23pts, 3/3 de loin en seulement 25 minutes. Les Spurs sont toujours en vie pour accrocher les Playoffs, et ils le doivent en partie à leur rookie.

    Darius Bazley, SF, Oklahoma City Thunder : 59m, 5.3pts, 3.9rds, 0.6pd

    Drafté en 23e position lors de la dernière draft, Bazley a participé à la belle saison du Thunder depuis le début. Mais son temps de jeu a réellement augmenté cet été avec en moyenne 27 minutes passées sur le parquet et une titularisation face aux Suns (22pts, 10rds). L’absence de Steven Adams a forcé Billy Donovan à réaliser quelques ajustements. Bazley est donc associé à Mike Muscala dans le frontcourt, et il n’est pas rare de voir le rookie au poste 5 dans un lineup de petite taille.

    Sa complicité avec Chris Paul n’est pas un secret, et le meneur n’hésite pas à combiner avec lui sur pick and pop. Le meilleur match de Bazley a eu lieu lors de la victoire contre les Wizards avec 23 pts et 5/8 à 3-pts en sortie de banc.

    https://www.youtube.com/watch?v=F9LDozoD8II

    Capable de scorer de loin, il lui reste encore à progresser dans la finition dans la raquette, et notamment lorsqu’il y a du contact. S’il a pu scorer 22pts face aux Suns, il a tout de même manqué 6 tirs dans la raquette. Il n’en reste pas moins que sa progression en défense et son apport en attaque arrivent à point nommé à quelques jours des Playoffs.

    Comme si c’était un match de Summer League

    Jeremiah Martin via Brooklynnetsfrance.com
    Jeremiah Martin, PG, Brooklyn Nets : 8m, 7.8pts, 1.3rds, 2pds

    Profitant des très nombreuses absences côté Nets, Jeremiah Martin a une opportunité en or de se montrer cet été. A 23 ans, Martin s’est révélé être un vrai scoreur lorsque coach Vaughn lui accord du temps de jeu. Face aux Celtics (20pts en 15′), Martin a eu l’opportunité de jouer la majorité de la 2e mi-temps, et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est un pur gaucher !

    Très rapide et dangereux lorsqu’il attaque sur sa gauche, il est en revanche moins saignant quand il s’agit de driver sur sa main faible. Comme évoquer par le commentateur Jeff Van Gundy, il y a du « Kendrick Nunn » chez ce joueur. Néanmoins, cette performance fut par la suite récompensée par… quelques miettes face aux Kings (1′), et un DNP face aux Clippers. Heureusement que Martin a conservé son attitude face au Magic avec un match record : 24pts, 6pds en 26′. Il serait judicieux de la part du staff des Nets de lui accorder plus de temps de jeu notamment lorsque l’équipe aura besoin de solutions offensives.

    Matt Thomas, SG, Toronto Raptors : 39m, 4.7pts, 1.4rds, 0.5pd

    Si le rookie sorti de Iowa State est avant tout réputé pour son adresse derrière la ligne : 47.3%, il s’est autorisé quelques tirs à mi-distance face à l’équipe bis des Bucks dans un match record: 22pts, 9/17 aux tirs et 4/8 à 3pts. Son premier quart-temps est tout simplement impeccable avec 12 points.

    Capable de se créer de l’espace avec son dribble et de dégainer en sortie d’écran (Eric Bledsoe peut en témoigner), le rookie de 26 ans est en revanche moins à l’aise pour scorer inside.

    Mention Spéciale : On veut toujours plus de Bol Bol

    Bol Bol, F/C, Denver Nuggets : 5m, 5pts, 2.8rds, 0.8pd

    Si MPJ crève l’écran du côté des Nuggets, c’est toujours un événement quand le géant de 2.18m rentre sur le terrain. Après avoir défendu face à Chris Paul la semaine dernière, le fils de Manute a eu l’honneur de défier Anthony Davis et LeBron James dans la courte défaite face aux Lakers (8pts, 5rds, 21′). Si l’on connaît désormais sa capacité à tirer de loin et à dribbler, on n’avait pas encore apprécié sa qualité de passe !

    Dix autres élèves à surveiller :

    • Kendrick Nunn, PG/SG, Miami Heat : 66m, 15.2pts, 2.7rds, 3.3pds
    • Terence Davis, SG, Toronto Raptors : 70m, 7.5pts, 3.3rds, 1.6pds
    • Jaxson Hayes, C, New Orleans Pelicans : 63m, 7.3pts, 4rds, 0.9pd
    • Luguentz Dort, SG, Oklahoma City Thunder : 35m, 6.9pts, 2.3rds, 0.8pd
    • Nicolo Melli, F, New Orleans Pelicans : 59m, 6.6pts, 3rds, 1.4pds
    • Nickeil Alexander-Walker, PG/SG, New Orleans Pelicans : 46m, 5.2pts, 1.8rds, 1.8pds
    • Matisse Thybulle, SG, Philadelphie Sixers : 63m, 4.6pts, 1.6rds, 1.2pds
    • Grant Williams, F, Boston Celtics : 68m, 3.4pts, 2.5rds, 1pd
    • Talen Horton-Tucker, SG, Los Angeles Lakers : 5m, 4pts, 0.6rd, 0.6pd
    • Miye Oni, SG, Utah Jazz : 9m, 2.8pts, 1.7rds, 0.2pd
  • Le carnet des rookies: « Bubble Edition 1.0 »

    Le carnet des rookies: « Bubble Edition 1.0 »

    Chaque semaine Clutch Time vous propose un petit focus sur les rookies afin de faire le point sur les performances des débutants.

    140 jours ! 140 jours d’attente entre la suspension du championnat lors de ce fameux mercredi 11 mars et ce jeudi 30 juillet, date de la reprise des matchs officiels. Les 22 meilleures équipes du championnat ont été invitées dans un cadre exceptionnel à Disney World près d’Orlando afin d’écrire les pages les plus folles de ce début de décennie déroutant. Bien évidement, de nombreux rookies sont absents cet été, il nous reste tout de même plus de 70 rookies qui vont plus ou moins prendre part à cette aventure historique made in Disney. (les statistiques sont arrêtées au 05/08/20)

    Titulaires: dur dur de se remettre dans le rythme

    Ja Morant – by Getty Image from heavy.com
    Ja Morant, PG, Memphis Grizzlies : 62m, 17.7pts, 3.7rds, 7pds

    La reprise fut plus laborieuse que prévu pour Ja et ses coéquipiers. Déjà peu enchanté par le système de « play-in » mis en place par la ligue, le rookie ne s’est pas ménagé au scoring, drivant et agressant constamment la défense adverse. Une défaite frustrante face à Portland pour la reprise officielle, puis une deuxième étriquée face aux Spurs. Les jeunes Grizzlies n’ont pas démérité en revenant au score grâce aux tirs lointains de Jaren Jackson Jr et aux drives de Morant. Le rookie a d’ailleurs réalisé son meilleur match depuis qu’il est en Floride avec 25 points dont 11 dans le dernier quart-temps.

    https://www.youtube.com/watch?v=8Fc09eoCly8

    En revanche, le gros point noir de cette reprise, c’est bien son adresse derrière la ligne avec un piteux 10.5% de réussite avec plus de six tentatives par rencontres ! Les Pelicans lui ont même réservé un traitement à la « Rajon Rondo » en le laissant ouvert à 3pts. Si ce manque de réussite peut-être rapidement corrigé, cette maladresse peut également s’expliquer par une éventuelle fatigue dans les jambes. Avec plus de 38 minutes de temps de jeu de moyenne, Morant n’a jamais été autant sollicité sur le terrain. Une fatigue que l’on a pu observer lors de sa performance médiocre face aux Pelicans (11pts, 1/10 à 3pts). En prenant en compte son style de jeu gourmand en énergie, le staff des Grizzlies va devoir rapidement trouver des alternatives afin de le faire souffler. Et le temps presse, les Grizzlies sont à 3 défaites en autant de match.

    Zion Williamson, PF, New Orleans : 22m, 22.3pts, 6.4rds, 2.1pds

    Absent des matchs amicaux, le phénomène fut bien présent pour le premier match officiel face à Utah. Limité à seulement 15 minutes, le N°1 de la draft 2019 a eu le temps d’inscrire 13 points et de dévoiler sa qualité de passe en contre-attaque. Et c’est à peu près tout… Sur le banc lors du money time, Zion a observé ses coéquipiers perdre le match face à un Rudy Gobert clutch. Le deuxième match n’est guère plus intéressant pour le jeune joueur. Face à des Clippers imprenables, Zion a affiché sa pire feuille de match avec 7 points en 13 minutes. Pour la première fois de sa très jeune carrière, le rookie a terminé un match en dessous de la barre des dix points.

    Zion s’est ensuite bien repris lors du duel important face aux Grizzlies. Avec 23pts en 25′, son agressivité en attaque a fini par payer, et ce, malgré une tendance à toujours tirer avec sa main gauche même lorsqu’il drive sur sa droite. Cela lui a valu quelques problème de finition avec 11 tirs manqués dans la raquette. Autre point à améliorer pour ce diamant brut, sa défense… Si Zion veut réellement voir son temps de jeu se stabiliser, il va devoir être plus communicatif et mobile en défense.

    En face, Jaren Jackson Jr a scoré sur trois possessions consécutives dans le dernier quart-temps, mais heureusement que le bon vieux JJ Redick est là pour aider les Pels à remporter leur toute première victoire à Orlando.

    Michael Porter Jr., F, Denver Nuggets : 50m, 8.1pts, 5.2rds, 0.8pd

    Mike Malone doit actuellement composer avec l’absence de Jamal Murray, Gary Harris et de Will Barton, et cela permet au jeune Porter Jr de s’immiscer dans le cinq de départ dès la première rencontre face au Heat ! Les Nuggets se sont montrés globalement maladroits dans ce match perdu. Le rookie n’a pas eu à rougir de sa performance avec 11pts et une réelle affection pour le tir à 3pts malgré une adresse médiocre sur cette rencontre (2/8), mais le meilleur est à venir.

    Sa troisième titularisation de sa carrière face au Thunder restera à jamais graver dans ses mémoires avec un record de points : 37 !

    https://www.youtube.com/watch?v=cAHQSjCo2Os

    Le joueur drafté en 2018 n’a tout simplement jamais relâché la pédale d’accélérateur avec 12pts dans le 1er quart-temps ainsi que dans le dernier quart-temps. Auteur de 6 points dans les trois dernières minutes du temps réglementaire, MPJ a prouvé au staff des Nuggets qu’ils pouvaient compter sur lui lors du money time. Sa connexion avec le génial pivot Nikola Jokic est plus qu’alléchante. Selon NBA.com, 20.5% des passes reçues par MPJ sont en provenance du Serbe. Il ne lui reste plus qu’au rookie de se concentrer en défense afin de ne pas trop être trop pénalisé par les arbitres (4,5 fautes de moyenne par match).

    Cameron Johnson, F, Phoenix Suns : 52m, 8.4pts, 3rds, 1.2pds

    L’absence de l’ailier Kelly Oubre Jr a permis au « vieux » rookie de vivre sa deuxième titularisation de la saison lors du premier match « in the bubble » des Suns. Discret lors de la victoire face à l’équipe « G-League » des Wizards avec 12 points en 24 minutes. Il s’est montré bien plus à son avantage lors de la deuxième rencontre face aux Mavericks avec 19 points en 40 minutes.

    Johnson n’a jamais passé autant de temps sur le parquet lors d’un match NBA. Il en a profité pour faire valoir son principal atout : le tir à 3pts avec 4/8. Si l’ailier est incapable de dunker en contre-attaque, ses qualités de shooteurs sont intéressantes pour écarter au maximum le jeu quand Rubio et Booker portent le ballon. Enfin, bien qu’il présente de faibles qualités athlétiques, cela ne l’a pas empêché de gober 12 rebonds dans cette rencontre grâce à son sens du placement.

    La nuit dernière, le rookie a contribué à la victoire surprise des Suns face aux Clippers (37′, 8pts, 7rds). Si le buzzer beater de Devin Booker est incroyable, on ne manquera pas de souligner que Johnson était ouvert à 3pts sur cette dernière action décisive. Les Suns sont pour le moment invaincus à Disney!

    Rui Hachimura, F, Washington Wizards : 44m, 13.3pts, 6.1rds, 1.8pds

    Le roster des Wizards présente plus les caractéristiques d’un roster de Summer League que d’une équipe NBA intégrant le top 22 de la ligue. Mais voilà, les hommes de Scott Brooks ont été invités à Orlando pour quelques semaines. Les trop nombreuses absences de joueurs clés annihilent tout espoir d’accrocher les Playoffs voire même le « play-in ». C’est donc une opportunité en or pour le rookie Hachimura qui va pouvoir récupérer des tickets shoot sans avoir la pression de remporter le match. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa première performance fut agréable et réussie.

    Malgré la défaite, le japonais fut le meilleur scoreur de son équipe. Toujours aussi friand du jump shot à mi-distance, Rui gagne peu à peu confiance sur son handle et n’a pas hésité à jouer en isolation face à un autre rookie : Cameron Johnson.

    Néanmoins, la suite est moins glorieuse, avec deux sorties à 9 points avec un temps de jeu dépassant à chaque fois les 30 minutes face à Brooklyn puis Indiana. Inconstant et pas en réussite, l’ancien de Gonzaga se prive toujours de tirer de loin avec une seule tentative en trois rencontres, alors qu’il avait montré des signes encourageants lors des trois matchs amicaux avec un 2/5 derrière la ligne.

    Remplaçants, ils ont un impact sur la rencontre

    Keldon Johnson face aux Nets – via Spurs.com
    Keldon Johnson, SF, San Antonio Spurs : 12m, 6.1pts, 2.7rds, 0.8pd

    Le rookie sorti de Kentucky avait commencé à pointer le bout de son nez en mars juste avant la coupure, et voilà que Popovich le place maintenant dans la rotation des Spurs. Un réel plaisir de voir son temps augmenter : 25,7′ sur ces trois matchs vs 10,2′ en saison. Le rookie apporte sa fougue et son énergie sur le terrain. Son attitude fut récompensée par le staff de San Antonio en lui octroyant du temps de jeu dans le money time face aux Grizzlies. Son match record a eu lieu lors de la défaite face aux Sixers, avec 15pts en seulement 21′.

    S’il doit encore épurer son jeu et gagner en résistance quand il drive au cercle, Johnson est constamment en mouvement et son agressivité devrait l’amener encore plus loin. San Antonio accorde plus de temps de jeu pour ses jeunes, et cela combiné avec l’absence de LaMarcus Aldridge et le placement par séquence de DeRozan au poste 4, les Spurs gagnent en vitesse. Depuis la reprise, San Antonio est classé 4e au classement du nombre de possessions jouées depuis la reprise (via NBA.com), alors que les texans pointaient à la 15e place depuis le debut de la saison.

    Tyler Herro, SG, Miami Heat : 50m, 12.7pts, 4rds, 2pds

    Une première performance pour le moins timide lors de la belle victoire du Heat face aux Nuggets. Avec seulement 7 points, en 20 minutes, le rookie fut loin d’être essentiel en attaque au sein d’une équipe plutôt bien rodée. Le deuxième match est tout de suite plus intéressant, face aux champions en titre, les Raptors (12pts). En manque de solutions offensives, Erik Spoelstra a pu compter sur son jeune arrière sur certaines séquences pour scorer de loin ou encore, fait rare, sur un drive !

    Le manque d’agressivité des leaders Bam Adebayo et Jimmy Butler, Miami a tout de même réussi à recoller au score dans le 4e quart-temps avec les vétérans Goran Dragic et Jae Crowder sans oublier le jeune arrière qui fut lui aussi installé dans ce lineup pour ce money time. Malgré un résultat qui s’est soldé par une défaite frustrante pour les floridiens, être impliqué dans ce genre de scénario ne peut qu’être bénéfique pour Herro.

    La nuite dernière, le Heat s’est employé à remporter son duel face aux Celtics malgré l’absence de Jimmy Butler. Le rookie de 20 ans a compensé cette perte en attaque en inscrivant la totalité de ses points dans le 2e quart-temps (11pts). Son sens du déplacement et son footwork sont un régal pour les yeux.

    Brandon Clarke, F, Memphis Grizzlies : 53m, 12.1pts, 5.8rds, 1.4pds

    L’intérieur est toujours aussi tonique et bondissant. Sa présence dans la raquette est essentiel pour Memphis. Dans la courte défaite face à Portland lors de la première rencontre, le canadien a récolté 8 lancers-francs dont 7 ont été convertis. Un record personnel, et une feuille de statistiques intéressantes : 21pts, 7rds, 2blks et 34′. Sur le terrain lors du money time, Clarke a même permis aux siens d’égaliser à 32 » du buzzer envoyant ainsi les deux équipes en prolongation.

    Malheureusement, les deux matchs suivant furent moins glorieux avec un temps de jeu ramené à 24′ et une réelle incapacité à scorer de loin (18pts et 0/4 cumulés lors des défaites face aux Spurs et aux Pelicans). Les Grizzlies peuvent tout de même rester optimistes pour la suite, avec Ja comme détonateur, JJJ et sa précision extérieure, et enfin la présence inside de Clarke, Memphis reste la franchise du futur.

    On aimerait les voir plus souvent sur le parquet

    Bol Bol face aux Wizards – via parlons-basket.com
    Bol Bol, F/C, Denver Nuggets : 2m, 4pts, 2rds, 0.5pd

    Après Zion, voici l’autre phénomène de cette classe 19′ ! Bol Bol a tout simplement enflammé le monde de la NBA lors des matchs de préparation avec cette faculté de prendre le rebond défensif, poser deux dribbles pour remonter tout le terrain et d’allumer à 3pts sur un pull up sans complexe. Face au Heat, le fils de Manute a joué ses toutes premières minutes officielles et inscrit son tout premier panier grâce à une passe de l’autre rookie de l’équipe : Michael Porter Jr. Lors de son deuxième match, les Nuggets et le Thunder nous ont offert le face à face le plus improbable mais le plus divertissant de la semaine : Bol Bol (2.18m) vs Chris Paul (1.85m) !

    https://www.youtube.com/watch?v=QCPlbcPOefY
    Nickeil Alexander-Walker, PG/SG, New Orleans Pelicans : 43m, 5.3pts, 1.9rds, 1.8pds

    Aucune minute accordée face au Jazz, le rookie a également assisté depuis le banc de touche à la leçon donnée par les Clippers à ses coéquipiers. Avec 37 points de retard au début du 4e quart-temps, Alvin Gentrty se décida enfin à faire jouer son banc pour le grand plaisir de la famille de NAW. L’arrière ne s’est pas fait prier pour prendre sa chance, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il avait des fourmis dans les jambes : 15pts, 2pds, 2stls en 12′ !

    Résultat de cette belle performance offensive : 4′ le match suivant face aux Grizzlies… Free NAW !

    Dix autres élèves à surveiller:

    • Kendrick Nunn, PG/SG, Miami Heat : 65m, 15.2pts, 2.7rds, 3.3pds
    • Terence Davis, SG, Toronto Raptors : 66m, 7.5pts, 3.3rds, 1.6pds
    • Jaxson Hayes, C, New Orleans Pelicans : 59m, 7.4pts, 4.1rds, 0.9pd
    • Nicolo Melli, F, New Orleans Pelicans : 55m, 6.7pts, 2.9rds, 1.4pds
    • Luguentz Dort, SG, Oklahoma City Thunder : 31m, 6.3pts, 1.9rds, 0.7pd
    • Matisse Thybulle, SG, Philadelphie Sixers : 59m, 4.7pts, 1.5rds, 1.2pds
    • Darius Bazley, SF, Oklahoma City Thunder : 55m, 4.6pts, 3.7rds, 0.5pd
    • Grant Williams, F, Boston Celtics : 65m, 3.4pts, 2.6rds, 1pd
    • Jeremiah Martin, PG, Brooklyn Nets : 5m, 3.6pts, 1.4rds, 1.2pds
    • Terance Mann, SG, Los Angeles Clippers : 36m, 1.6pts, 1rd, 1.1pds
  • Une nouvelle lineup pour les 76ers, Brown tente le tout pour le tout

    Une nouvelle lineup pour les 76ers, Brown tente le tout pour le tout

    Attendus comme gros favoris au titre en début de saison, les 76ers en sont bien loin. Siégeant à la 6e place de la conférence Est et produisant un jeu pas très esthétique, les yeux seront alors rivés sur l’équipe de Brett Brown lors de la reprise à Orlando, d’autant plus que le sélectionneur de l’Australie a dévoilé un tout nouveau cinq majeur pour le retour de la NBA


    La nouvelle rotation

    La nouvelle rotation de Brett Brown devrait se présenter de la manière suivante :
    Pg Shake Milton Sg Josh Richardson Sf Tobias Harris
    Pf Ben Simmons C Joel Embiid
    6– Al Horford 7– Matisse Thybulle 8– Furkan Korkmaz 9– Alec Burks 10– Glenn Robinson 11– Norvel Pelle 12– Raul Neto

    Pourquoi changer ?

    Est-ce vraiment bénéfique pour un coach d’effectuer un tel changement à 8 matchs des play-offs? Cela pourrait engranger un manque d’automatisme et de cohésion sur le parquet lors des play-offs car 8 matchs et quelques scrimmages c’est relativement peu.


    Le principal problème du 5 tall ball (4 joueurs de plus de 2,03m et un de 1,98m) de Brett Brown cette saison est que cela créé un embouteillage dans et près de la raquette, due à un grand manque de spacing. Résultat, une flopée de pertes de balle, 18e en offensive rating, 19e en 3 points marqués et combien de fois a-t-on vu Embiid, Bennie et Horford s’emmêler les pinceaux ! La meilleur stat pour confirmer ce fait est le TS% (true shooting%) de Embiid + Simmons, car quand Al Hoford n’est pas sur le terrain, il est de 66.6%, mais quand il est sur le terrain, il n’est que de 55.2%

    Milton a-t-il les épaules pour être titulaire ?

    Sniper Shake a explosé aux yeux du grand public lors du road trip de 4 matchs des 76ers en Californie avec des stats de 21.2 points 4 passes 1.7 interceptions et 51% à 3 points. Son match référence : 1er mars contre les Clippers, antenne nationale, 39 puntos 5 passes, 7 sur 9 à 3 points, 70% fig et seulement 1 perte de balle. Il en profite pour égaler un record all-time de tirs à 3pts consécutifs réussis avec 13 réalisations (rejoignant Terry mills et Brent Price), rien que ça.

    Il joue très bien, il peut shooter, il a un QI très élevé et il peut aller au cercle. C’est quelqu’un avec qui on peut jouer. Il a parcouru un long chemin depuis que je l’ai vu jouer. Il continue de se développer et il ne fait que s’améliorer

    Ben Simmons sur Shake Milton

    Titularisé seulement 16 fois cette saison, le combo guard ne sera pas vraiment utilisé comme un meneur. Il aura principalement 2 tâches :

    Premièrement, il jouera le pick-n-roll avec Simmons. Les 76ers sont seulement 29e en utilisation du pick-n-roll cette saison, Brett Brown compte y remédier en ajoutant cette arme dévastatrice à leur jeu. Milton n’est pas encore un playmaker élite, néanmoins, il détient une bonne vision de jeu et est très intelligent dans sa prise de décision.


    Deuxièmement, Milton sera utilisé en tant que spot up shooteur ; avec ses 50% fig et ses 45% à 3pts sur la saison, cela ne sera pas un gros problème pour sniper shake.

    Bennie au poste 4 !

    Ce qu’il faut savoir avant tout c’est que Simmons sera le principal créateur de l’équipe, il sera juste un peu plus utilisé en off-ball.

    C’est tellement facile de jouer avec Ben car il n’est pas égoïste. Notre entente sur le terrain continue de grandir et elle continuera étant donné qu’on va jouer plus souvent ensemble et notamment sur pick and roll.

     Shake Milton sur Ben Simmons


    Comment utiliser Simmons en off-ball avec son tir inexistant ? Le pick-n-roll. Sa vitesse, sa puissance, ses qualités athlétiques, son Qi et sa finition sont de redoutables atouts pour un bon poseur d’écran et un roll man. On l’a déjà un peu vu dans ce rôle en Janvier/Février, où il jouait le pick-n-roll majoritairement avec Josh Richardson. Les résultats étaient plutôt bons avec des excellents matchs, contre les Rockets (29pts 13/20, 13reb 11ast 3stl 4blk), contre les Nets (34pts 12/14, 12reb 12ast 5stl 2blk)… Simmons est sciemment laissé seul par ses adversaires car il ne tire pas bien (ou il ne tire pas du tout), Milton pourra donc facilement le trouver à mi-distance sur pick-n-pop et même à 3pts dans le meilleur des mondes.

    Il tire beaucoup plus souvent à trois points lors des entraînements. Il se sent bien et je sais qu’il reçoit beaucoup de supers encouragements de la part de ses coéquipiers

    Brett Brown sur Ben Simmons


    À noter que Simmons excelle aussi en cut, il est 59e percentile avec 1.33 points par possession et il inscrit 3.3 points par match (top 10).

    Impact sur la défense :

    L’ajout de Milton impacterait-il la 6e meilleure défense de NBA ? Légèrement, car même s’il n’est pas un excellent défenseur il pourra apporter une défense décente du périmètre contre le meneur adverse. Surtout qu’à côté de lui il y aura l’excellent soldat Josh Richardson, toujours prêt à faire vivre un enfer à l’extérieur adverse (les extérieurs adverses tournent à 38.4% contre lui).


    Et ils pourront toujours compter sur le potentiel Defensive player of the year, Benjamin Simmons, qui se chargera de lockdown le meilleur joueur adverse peu importe son poste à part s’il s’agit d’un pivot ; car Joel « the process » Embiid est là pour écraser n’importe quel adversaire qui se présentera dans sa raquette.

    En bref, les 76ers seront hyper solides en défense malgré la présence de Shake Milton.

    Horford et la 2nd unit

    Qu’il soit titulaire ou sur le banc, Horford apportera sa grande expérience et son excellente défense. Jusque-là, il était beaucoup utilisé en tant que spot-up shooteur pour que Embiid puisse avoir de la place à l’intérieur mais ce n’est absolument pas son rôle. Le pivot 5 fois all star sera un 6e homme de luxe et pourra dépanner lors des absences/load management du très fragile Joel Embiid.


    La 2nd unit des 76ers sera aussi très solide de par la présence du rookie chien de chasse, Matisse Thybulle, des shooteurs Furkan Korkmaz (40% à 3pts) et Mike Scott (36% à 3pts), et du très serviable Alec Burks.


    Horford laissant sa place de titulaire à Milton pour augmenter le spacing, Milton sera donc utilisé en faux poste 1 et Simmons en faux poste 4, situation très similaire à celle de LeBron et Irving au Cavaliers. Cela permet aussi de renforcer la 2nd unit.

    Dans le détail, on remarque que Simmons était déjà un peu utilisé dans ce rôle la saison dernière en play-offs dans la lineup Simmons-Redick-Butler-Harris-Embiid, qui s’apparentait plus à une lineup Butler-Redick-Harris-Simmons-Embiid.

  • Les HBCU, nouveau combattant dans le ring du recrutement

    Les HBCU, nouveau combattant dans le ring du recrutement

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Dans un système de recrutement de lycéens qui est habitué depuis longtemps à la domination du « Power 5 » 1 et qui voit apparaître la G-League comme nouvelle option, vient s’ajouter un concurrent inattendu, auquel personne n’aurait pensé quelques mois auparavant : les HBCU.


    Que sont les HBCU ?

    Dans le sillage de lycéens pionniers comme Makur Maker, dont nous parlerons plus tard, et dans un contexte social où leur apparition dans le circuit du recrutement est plus que favorable, les « Historically black colleges and universities » ou HBCU sont en train de rafler la mise.

    En effet, de plus en plus d’excellents joueurs envisagent de passer par ces universités. Un tournant pour ces établissements, chargés de culture et d’histoire afro-américaine, créés pour former des têtes pensantes de la société à des moments où les droits civiques américains n’étaient pas du tout les mêmes, et ayant aujourd’hui encore, une légitimité à l’échelle universitaire nationale.

    Plus qu’un passage d’une ou deux années pour faire du basket et se montrer aux recruteurs NBA, ces joueurs veulent laisser une trace dans leur communauté.

    Avec aujourd’hui seulement 10% des étudiants des HBCU provenant de la communauté afro-américaine, il est important pour les deux camps de revaloriser cette culture.

    « Si je veux aller dans une équipe du Power 5, c’est pour le basket-ball. Une HBCU, c’est plus pour un héritage »

    Brandon Huntley-Hatfield
    (7ème de la class 2022 selon ESPN)

    Symbole d’un virage social important, les HBCU peuvent devenir, à terme, des candidates à de grosses échéances comme la March Madness, tournoi final sacrant le champion universitaire.

    Connaissant l’importance de cette culture dans le développement d’un lycéen d’origine afro-américaine, elles n’hésitent pas à aller chercher le haut du tableau. C’est ainsi que la plupart des top joueurs lycéens afro-américains ont reçu des offres de bourses de la part de nombreuses HBCU.

    Les noms de Mikey Williams, Harrison Ingram ou Trevor Keels ne vous évoquent peut-être rien pour l’instant, mais ce sont potentiellement de futurs joueurs NBA, des futures stars NBA, qui à cet instant, ont un penchant pour ces établissements. Et cela n’est qu’un petit échantillon du nombre de joueurs talentueux qu’ils pourront accueillir. De quoi faire saliver certains établissements…

    Les HBCU ont formé énormément de très bons joueurs, des All-Star, des légendes du basket-ball et des Hall of Famer dans une autre époque. Des noms comme Earl Monroe, Sam Jones ou Willis Reed sont passés et se sont forgé un nom au sein de ces universités.

    Cependant, depuis le développement et l’augmentation des bourses au sein des « autres universités », le taux de joueurs draftés a considérablement chuté, niveau des joueurs oblige… Leurs dernières fiertés sont Robert Covington (Tennessee State, pas drafté) et Kyle O’Quinn (Norfolk State, 49ème choix de la draft 2012). On est loin du Hall of Fame…

    Mais le combat est lancé. La G-League et le Power 5 sont prévenus, les HBCU ne sont pas là pour rigoler.
    Mais pourquoi ces universités se sont-elles déclarées aujourd’hui ?

    Quel est l’élément déclencheur ?

    Il a fallu un tweet. Un seul tweet de la part de Mikey Williams et tout s’est emballé.

    https://twitter.com/glengarryblock/status/1267869043479810049?s=20
    Traduction : « Aller dans une HBCU ne serait pas si mal… »

    Il faut dire que Mikey n’est pas un joueur anonyme dans le circuit lycéen. C’est même tout l’inverse.
    Freshman (première année) lors de la saison 2019/20, il a impressionné en signant une saison XXL avec son équipe de San Ysidro.
    Classé 3ème joueur de la class 2023 2 dans les classements ESPN 3 , il a aligné une moyenne de 30 points/match cette saison, avec notamment une performance à 77 points !

    Le tweet et son contenu n’ont donc pas tardé à faire réagir, et beaucoup de coachs des différentes HCBU ont directement proposé des bourses au phénomène lycéen.

    La suite ? Il assume ses propos et l’on doute qu’il ait changé d’avis entre temps, étant donné son enthousiasme à l’annonce de Makur Maker, cousin de Thon Maker, devenant le joueur au rang ESPN le plus élevé de l’histoire à choisir une HBCU.

    « Je suis avec toi mon gars, allons choquer le monde ! @MakurMaker »

    Mikey Williams à propos de la décision de Makur Maker

    Le tandem Williams/Maker marque un tournant énorme. Les plus grands joueurs lycéens ne veulent plus forcément marquer sportivement. Une autre dimension est atteinte. Leurs idoles, à l’instar de LeBron James et de son école « I Promise » , ont agi pour la communauté afro-américaine et pour la société en général. Ils ont permis à ces jeunes joueurs d’évoluer humainement.


    Makur Maker (Howard University), 16ème joueur de la class 2020 et cousin de Thon, est devenu l’un des emblèmes d’une nouvelle génération, en choissant une HBCU au lieu de la draft NBA.
    © Photo par Brian Rothmuller / GETTY IMAGES


    Et si la tendance des « super-teams » au sein des HBCU n’est pas encore d’actualité, elle pourrait bien le devenir un jour.
    Cela reste tout de même de jeunes joueurs assoiffés de victoires et voulant gagner, le fait de s’associer avec les meilleurs joueurs peut forcément aider.

    Il ne serait pas impossible, comme on a pu le voir ces dernières années dans des équipes comme Kentucky ou Duke, d’avoir, chaque année, plusieurs joueurs du top 50 débarquant dans une seule et même équipe.
    Relativisons cependant, car nous sommes encore loin d’une équipe comme ça… Encore faudrait-il que l’expérience de Makur soit concluante.

    Et pour cela, il va devoir rehausser le niveau des HBCU…

    Le basket dans les HBCU, ça donne quoi ?

    Avant même de parler de niveau, nous devons commencer par la culture basket. Très présente, comme on peut l’imaginer, dans les années folles des HBCU, elle s’est depuis un peu affaiblie. Le niveau des équipes rentre sûrement en compte dans cet aspect.

    Mais cette période est finie. La communauté afro-américaine veut insister sur cet aspect, sur le fait que le sport aussi a permis le développement des droits civiques aux États-Unis. L’arrivée de Mo-Williams (champion NBA avec les Cavaliers) à la tête de l’équipe d’Alabama State n’est pas anodine. Elle montre un réel intérêt.


    Mo Williams, champion NBA avec Cleveland, s’attaque au coaching d’Alabama State.
    © Photo par Sam Wasson / GETTY IMAGES


    Un regain d’énergie et une volonté forte émergent dans ces équipes. Le coach d’Howard, la future équipe de Maker, Kenny Blakeney a appris durant sa première saison à gérer une attente de résultats. Une attente qui devient de plus en plus longue. En effet, Howard n’a pas accédé à la March Madness depuis 1992.

    Il faut dire qu’Howard est qualifié aux États-Unis comme « The Black Harvard » et n’arrive pas forcément à attirer des talents monstrueux sur le parquet… mais Makur Maker arrive.

    Le niveau va augmenter, la culture va se développer. C’est clairement l’objectif de Blakeney : instaurer de nouveau une culture.
    On imagine très certainement que la suite et le développement des gros talents dépendront forcément de la saison de Maker et d’Howard. Blakeney était confiant sur ce sujet et le potentiel de son équipe avant même le recrutement de Maker. On imagine qu’il le sera encore plus !

    Un sentiment de fraîcheur et de confiance s’installe dans les établissements HBCU. Les dures années au fond des tableaux risquent de ne plus durer, et certains coachs s’avancent déjà comme Brian Collins, coach des Tennessee State Tigers.

    « Cela va arriver ! »

    Brian Collins à propos du recrutement d’un joueur 5 étoiles

    Si tout se passe bien avec l’université d’Howard cette année, les prochaines années risquent de déclencher une bataille monumentale pour le recrutement des meilleurs joueurs lycéens.
    Quand on voit la domination du Power 5 dans le recrutement du top 100 chaque année… On se dit que ce n’est pas plus mal !

    Les moyens mis en place pour séduire les joueurs sont forcément très différents des locomotives actuelles de la NCAA. Moins de moyens, moins de matériel, mais une envie de bien faire.
    Les calendriers et les matchs à l’affiche ne sont pas aussi remarquables que certaines universités du pays, avec des confrontations peu reluisantes et parfois très dures dans la différence de niveau.

    Mais c’est ça qui séduit de plus en plus les lycéens. Marquer de nouveau l’histoire. Devenir les descendants directs de joueurs de légende ayant marqué l’histoire de leur sport et de leur communauté.
    Et un jour peut-être viendra l’annonce historique du joueur n°1 de sa classe en direction d’une HBCU…


    Avec l’arrivée de Makur Maker et le développement d’une culture basket dans les HBCU, les établissements vont connaître une seconde vie sportive. Beaucoup de phénomènes lycéens s’intéressent fortement et souhaitent suivre une conduite inspirée par leurs idoles en NBA… Reste encore à convaincre sur cet aspect, avec des échéances compliquées, mais une volonté de se démarquer, d’être plus que des joueurs, plus que des étudiants.

    Sources : ESPN, HBCU Gameday, The Undefeated.


    Lexique :

    1. Power 5 (ou Power Five) : les 5 conférences majeures du sport universitaire américain. Elles sont composées des conférences ACC, Big Ten, Big 12, Pac-12 et SEC. Aucune HBCU n’appartient au Power 5.
      Depuis l’an 2000, seules 5 équipes championnes au basket-ball ne sont pas du Power 5 (3 fois UConn, 2 fois Villanova).
    2. Class 20XX : année où le joueur lycéen va rentrer à l’université.
    3. Les classements des lycéens ESPN : depuis un bon nombre d’années déjà, des sites comme 247Sports, Rivals ou ESPN mettent à jour des classements nationaux contenant les meilleurs joueurs par class.
      Les joueurs sont classés par étoiles et par score, 5 étoiles étant réservé aux meilleurs joueurs et le score de 100 étant le plus grand.
      Même si cela ne veut rien dire concernant leur accession en NBA et leur niveau plus tard, cela permet de repérer les talents les plus inarrêtables au lycée.  
  • NBA, COVID-19, et après ?

    NBA, COVID-19, et après ?

    Alors que le globe s’est réglé à l’heure COVID-19, le 11 mars, les horloges Tissot ont cessé de tourner en NBA pendant plusieurs mois. Le mardi 2 juin, le conseil d’administration de la grande ligue a validé une reprise progressive de l’entraînement. Un “hallelujah” pour les fanatiques de la balle orange, désabusés pendant ces quatre mois de disette.

    Les playoffs se dérouleront dans un contexte inédit à Disney World Floride dans la bulle. Depuis cette “Salle du temps et de l’esprit”, les joueurs se remettent en condition afin d’être affûtés pour leur premier match officiel, le 30 juillet. D’ici là, les rumeurs des nouvelles contaminations, des entrées et sorties de la bulle sont relayées par les journalistes américains Shams Charania et Adrian Wojnarowski sur Twitter.

    En période de confinement, le réseau social a constitué une plateforme d’expression pour les spectateurs qui ont pu y partager leur frustration et leur nostalgie lors de la mise en suspens de la NBA. La pandémie n’a pas eu raison de notre amour pour le basket, mais elle a changé les règles du jeu. À quoi ressemblera l’après-COVID pour la ligue américaine ? Dans la lignée du “Flu-game” de Michael, votre média ClutchTime vous propose une rétrospective épidémiologique des séquelles de la NBA post-confinement.


    Une bourde franco-française et une société américaine divisée

    Le 11 mars 2020, la Twittosphère n’en a que pour notre Rudy Gobert national, testé positif au coronavirus. Les boutades fusent, plus ou moins fines. Le double DPOY est accusé d’avoir réalisé l’action défensive la plus impactante de sa carrière : un geste clownesque face aux journalistes qui impose un cadenas sur la ligue.

    Le récapitulatif vidéo de la bourde de Rudy Gobert, source : Le Huffington Post/Youtube.

    Rudy assume sa bêtise et présente ses excuses dans un communiqué où il exprime sa volonté de dédramatiser le quotidien des fans dans un contexte d’angoisse collective. Mais avec un premier joueur officiellement atteint, Adam Silver ne prend pas de risque. Il prend la décision historique de suspendre la saison jusqu’à nouvel ordre afin de protéger son organisation.

    À cette date, le virus n’est statistiquement qu’un phénomène mineur aux USA. L’épicentre de l’épidémie se déplaçait doucement de l’Asie vers l’Europe et la société étasunienne restait divisée. Donald Trump, tenait comme à l’habitude une position radicale. Le président crie au complotisme, refuse de porter un masque en public et accuse la Chine comme seul pays responsable de la propagation du virus.

    Le Tweet accusateur de Donald Trump envers la responsabilité du gouvernement chinois. Source, compte twitter de Donald Trump le 20/05/2020.

    “Un abruti en Chine vient de publier un rapport qui accuse tous les pays sauf la Chine pour ce virus qui a tué à ce jour des centaines de milliers de personnes. Que quelqu’un veuille bien expliquer à cet imbécile que c’est “l’incompétence de la Chine” et rien d’autre qui a engendré cette tuerie de masse.”


    Aux côtés de la presse et des manifestations citoyennes du mouvement “Stay Home”, la NBA a constitué un contre-pouvoir à l’entêtement présidentiel. Depuis l’élection de Donald Trump, le basketball marche à contretemps de la Maison-Blanche. Les Champions NBA refusent d’effectuer la visite protocolaire pour recevoir les honneurs du président après leur titre. Staffs et athlètes se positionnent contre le camp pro-Trump et affichent leurs revendications politiques et sociales : du mouvement “Shut Up and Dribble” de LBJ aux récentes manifestations “Black Lives Matter”.

    Jaylen Brown, participant à la marche de protestation “Black Lives Matter” en réaction au décès de George Floyd. Le joueur des Celtics a effectué un trajet de 15 heures en voiture afin d’apporter sa voix au mouvement. Source et crédit photo : NBA.com

    Alors qu’approche la reprise, lorsque Donald Trump réaffirme son attachement au drapeau confédéré hérité de la période esclavagiste. De son côté,la NBA offre la possibilité à ses joueurs d’arborer des messages de paix et de tolérance au dos de leur maillot. La fracture entre le gouvernement et la ligue est nette. Avec près de 4 millions de personnes testées positives à la fin du mois de juillet, les États-Unis restent le pays avec le plus de cas déclarés selon les statistiques de l’OMS. Rétrospectivement, en prenant en compte ce bilan humain dramatique, on ne peut que louer la capacité d’anticipation d’Adam Silver.

    La NBA fut la première ligue sportive américaine à stopper ses activités. La fermeture de tous ses centres d’entraînement fut actée avant même la mise en suspens de la National Football League (NFL) et National Hockey League (NHL). Cela s’explique aussi car la NBA est habituée à traiter des dossiers sensibles en lien avec la maladie. Notamment lorsqu’à l’aube des années 1990, une annonce vient bouleverser la planète basket.


    Le cas Magic, une ligue déjà préparée

    “Magic” n’a pas volé son surnom sur le terrain. C’est un prestidigitateur à la conduite de balle hypnotisante. La créativité et le culot au service du Showtime à Los Angeles. Avec une ligne statistique de 19.5 points- 11.2 passes décisives et 7.2 rebonds en carrière, difficile de refuser au monstre sacré le statut de meilleur Point Guard de tous les temps. Sa rivalité avec Bird et son sourire chaleureux ont participé à fidéliser toute une génération de fans durant la décennie 1980.

    “Plusieurs fois, il lançait la balle et je ne savais pas où elle allait atterrir. Et là, un de nos gars la reçoit dans ses mains et marque, je me retrouve à revenir dans ma moitié de terrain à me demander s’il ne l’a carrément pas fait passer à travers quelqu’un”.

    Source : Michael Cooper, ancien coéquipier de Magic pour Legends Profile NBA.com.

    À l’aube des années 1990, le parcours flamboyant du meneur de 32 ans est pourtant stoppé net. Le 7 novembre 1991, il s’exprime dans une conférence de presse et annonce publiquement sa retraite. Earvin Johnson Jr. vient d’être testé positif au virus d’immunodéficience humaine (VIH).

    À cette époque, le SIDA est un sujet de psychose dans la société américaine. Il est associé à l’homosexualité pour de nombreux Américains. Alors que les premiers cas de contamination apparaissent en 1981, la maladie est souvent appelée avec ignorance “gay cancer”. La recherche scientifique contre le virus est encore balbutiante et le gouvernement américain n’a pas identifié l’ampleur de la menace épidémiologique. Les causes de sa propagation sont encore méconnues. Les pratiques sexuelles non protégées ou le partage d’aiguilles lors de la prise de stupéfiants en intraveineuse sont des pratiques à risque récurrent dans la société américaine, notamment parmi les populations précaires.

    L’annonce de la séropositivité de Johnson plonge le monde du sport dans la consternation. Face au drame, le numéro 32 des Lakers agit avec intelligence. Il choisit d’user de sa notoriété pour inciter le public à ne pas perpétuer les mêmes erreurs que lui.

    La prévention reste le traitement le plus efficace contre cette maladie. En tant qu’icône mondialement reconnue, son intervention pour la sensibilisation de tous est décisive. Magic est un jeune afro-américain hétérosexuel issu d’une famille ouvrière du Michigan, qui a atteint l’excellence à la sueur de son front. Il est la preuve de la vulnérabilité individuelle face au SIDA, un virus qui n’inquiète pas seulement les minorités invisibles ou la classe populaire.

    L’image de l’enfant chéri de la grande ligue, avec trois MVP et 5 titres de champion, est assurément ternie par cette annonce. Sa femme est enceinte d’un enfant qui risque de payer les conséquences de son insouciance. La NBA est d’ailleurs divisée alors à propos du cas Magic. : un contexte inédit très bien retranscrit par les images d’archives publiées par la ligue.

    Dossier de la chaîne YouTube officielle de la NBA lors de la déclaration de la séropositivité de Magic.

    On y voit le témoignage de David Stern, le commissioner de l’époque, en sortie de conférence de presse. Il salue le courage de son joueur qui assume ses erreurs et doit prendre une décision au tournant de sa vie. Des figures importantes comme Pat Riley, alors coach des Knicks, ou Larry Bird, éternelle némésis de Magic, apportent leur soutien au joueur.

    Mais beaucoup d’autres joueurs et membre du staff sont terrorisés par l’annonce. Les comportements et sorties médiatiques ne sont pas toujours mesurés. En coulisses, le meneur des Lakers est qualifié de “mort vivant” en raison de son affliction. La peur de la maladie recompose les rapports de Magic avec son entourage, avec une distanciation sociale qui lui est parfois imposée.

    Alors qu’un retour de Johnson se profile en coulisse pour le All-Star Game 1992, sa séropositivité inquiète. Le 1er octobre, le journaliste Harvey Araton du New York Times rapporte les propos de Karl Malone. La superstar du Jazz ne veut pas évoluer sur le même parquet que Magic.

    They Can’t tell you that you’re not at risk, and you can’t tell me that there’s one guy in the NBA who hasn’t thought about it”.

    Ils ne peuvent pas nous assurer que le risque zéro n’existe pas, et n’allez pas me raconter que toute personne en NBA n’y a jamais pensé.

    Magic fera pourtant progressivement son retour et poursuivra sa relation avec la grande ligue. Notamment, car la NBA offre des stages de prévention et d’information à ses employés afin d’élever leur connaissance du virus, comme le rapporte le journaliste insider Sam Smith pour le média Japan Times.   

    Comment peut-on apprécier cet événement au regard du contexte pandémique actuel ? Certes, la situation est différente, car si Magic est à l’époque un cas isolé parmi les joueurs. Une superstar dont le drame et l’engagement ont souligné que tout individu était responsable face au risque de contamination. La pandémie de la COVID-19 a malheureusement aussi affecté et mis en danger des familles de joueurs, c’est un drame collectif qui touche toute la ligue et la société américaine. Dès lors, le positionnement et le discours des athlètes en tant que role model est essentiel. Ils sont des acteurs écoutés et respectés dont la voix importe pour éveiller les consciences collectives à la prévention.

    Le sport est une facette prédominante de la société américaine, mais même menacée, son sauvetage ne doit pas mettre en péril la sécurité de tous. Les prises de position médiatiques de Damian Lillard ou Kyrie Irving contre un retour du jeu en ce contexte sanitaire sont ainsi essentielles. Elles permettent d’entretenir la réflexion autour des enjeux liés à la reprise, et à ses conditions sécuritaires pour les joueurs et tout le staff NBA. Cet équilibre fragile et incertain soulève une interrogation majeure :  quel sera le visage de la NBA à l’issue de cette crise ? 


    Les conséquences de la pandémie et les solutions envisageables

    Un modèle économique en sursis

    Alors qu’il restait encore 259 rencontres à disputer sans compter les séries éliminatoires, la suspension de la saison a eu effectivement des conséquences immédiates, mais également des répercussions sur le long terme à la fois sur le plan financier, social et sportif, d’autant plus que la ligue sera très certainement amenée à revoir son modèle économique et son organisation.

    Rétrospectivement, la santé financière de cette dernière était déjà vacillante avant d’être frappée par la crise de la COVID-19. L’épisode de l’incident diplomatique entre la Chine et le GM des Rockets, Daryl Morey, qui affichait en octobre dernier son soutien aux manifestants à Hong Kong, a déjà amputé à la NBA un peu plus de 150 millions de dollars de revenus essentiellement liés aux droits TV et des recettes publicitaires ou de sponsoring.

    Après avoir écarté l’idée d’une annulation de la saison, les rencontres disputées à huis clos devraient néanmoins entraîner des pertes estimées à près de 500 millions de dollars et plus du double pour les playoffs. Selon Forbes, chaque match de saison régulière rapporte en moyenne 1,2 million de dollars, 2 millions pour un match de playoffs, soit quelque 470 millions de dollars rien que pour la billetterie, sans compter les recettes annexes telles que l’alimentation et les produits dérivés dans les boutiques et les salles, la somme grimpe alors à plus 700 millions de dollars selon le Washington Post.

    Une perte colossale et des conséquences bien réelles pour l’économie, les employés des salles et autres acteurs physiques autour de la NBA se sont soudainement retrouvés au chômage technique. Afin d’y remédier, plusieurs joueurs et personnalités influentes, parmi lesquels Rudy Gobert, ont annoncé très tôt des dons substantiels en prenant en charge dans certains cas une partie des salaires et les frais des personnes les plus vulnérables.

    Le Wells Fargo Center était la salle qui accueillait le plus de spectateurs en moyenne cette saison (Photo by Mitchell Leff – Getty Images)

    Ces aident n’ont néanmoins pas empêché le licenciement par la ligue d’une centaine d’employés il y a quelques semaines, alors que cette dernière prépare la reprise avec un effectif et un budget revus à la baisse. Un timing immédiatement pointé du doigt, d’autant plus qu’il s’agissait vraisemblablement d’une manœuvre déjà planifiée depuis de longue date d’après le responsable RH de la NBA, Eric Hutcherson.

    Les droits télévisuels de la ligue, estimés quant à eux à quelque 2,7 milliards de dollars annuels, sont de plus en plus menacés. En effet si les téléspectateurs venaient à déserter les différents Networks américains, ces derniers pourraient tout à fait exiger des compensations financières pour les sommes déjà versées au préalable pour couvrir les pertes liées aux annulations d’un certain nombre d’événements sportifs tels que les JO de Tokyo. Pour l’heure, l’industrie télévisuelle américaine parvient à limiter ses pertes en regroupant certaines de ses offres, mais de façon temporaire.

    Car si les revenus liés au marketing et à la billetterie sont importants et témoignent de l’attractivité de la NBA auprès du public, les revenus qui découlent des droits télévisuels et des sponsors le sont d’autant plus, puisqu’ils comptent pour près de la moitié du chiffre d’affaires de la ligue chaque saison, soit environ 4.1 milliards de dollars sur les quelques 8.7 milliards générés par la ligue sur le sol américain et à l’international avec les NBA Global Games (source : statista.com).

    Ce sont finalement les acteurs de la NBA qui vont en subir les conséquences, à commencer par les dirigeants et les joueurs qui verront très certainement le salary cap baisser dès la saison prochaine, d’environ 15 millions de dollars selon une estimation de Bleacher Report, avec comme crainte un effet de contagion pour les saisons à venir, remettant ainsi en cause les futures négociations lors de la Free Agency.

    La ligue et le syndicat des joueurs ont notamment évoqué une clause de « force majeure » dans la convention collective qui stipule que les dirigeants des franchises peuvent réduire graduellement les salaires des joueurs dans le cas d’une annulation définitive de la saison et la NBA s’est également engagée à revoir le plafond de la Luxury Tax.

    Une nouvelle approche

    Face à une situation aussi inédite dans l’histoire de la ligue, la nécessité de développer une « culture du risque » prend alors tout son sens. Que ce soit en matière d’organisation et de logistique pour le transport, l’hébergement et l’accompagnement des joueurs ou encore la mise en place d’un protocole sanitaire, la NBA a décidé de prendre toutes les précautions nécessaires.

    Une ligue qui se veut exemplaire donc et qui cherche à sensibiliser dans un premier temps les acteurs de la ligue, à travers un discours de prévention qui a pour but de rassurer , mais surtout d’informer le public et les joueurs des règles de conduite, réflexes et gestes barrières à adopter à travers des actions caritatives et notamment la campagne « NBA Together ».

    La mise en place d’une organisation inédite des workouts, des matchs à huis clos et d’une logistique toute nouvelle est la condition nécessaire au retour de la compétition. La NBA a donc dépensé plusieurs dizaines de millions de dollars supplémentaires dans les infrastructures d’Orlando et la bulle autour du campus et des hôtels des équipes. Leur accès est réduit principalement aux staffs et aux joueurs des équipes, tout comme leur contact avec l’extérieur qui nécessitera une autorisation de la ligue. Enfin le matériel de protection (masques, gels, ou encore des trackers de sommeil pour suivre l’état de santé des joueurs …) et des tests de dépistage à la COVID-19 sont prévus pour permettre le bon déroulement des rencontres.

    Dans l’immédiat, la reprise tardive de la saison va irrémédiablement entraîner un décalage du calendrier et la question du nombre de matchs à disputer en 2021 doit être prise au sérieux. La possibilité de réduire la durée de la saison régulière en passant de 82 à 70 matchs avait même été un temps évoquée bien avant l’arrêt de la saison.

    Un projet envisagé visait à réformer la ligue pour maintenir l’attractivité de celle-ci, face à des audiences TV en baisse lors des Finals 2019 (-14%) ou encore en début de saison entre le mois de septembre et le mois de décembre (-15%).

    Certains matchs du début de saison ont à peine dépassé le million de téléspectateurs, raison pour laquelle la ligue se tourne désormais vers son offre numérique à la demande, qui a en revanche connu une croissance spectaculaire, notamment depuis le développement de son offre à l’international en 2014 (une hausse d’audience de 16% et des souscriptions de 21% rien qu’en 2018-19).

    La journaliste-reporter de terrain, Kristen Kenney, qui couvre les matchs du Jazz à la Vivint Smart Home Arena de Salt Lake City

    La NBA a même proposé pendant plusieurs mois un accès totalement gratuit à son League Pass et face à l’éventualité d’une pandémie prolongée et la perspective de match à huis clos en 2021, la ligue ne doit négliger aucune piste pour garantir son attractivité auprès des fans en développant ses contenus (League Pass, E-sport, entre autres).

    Néanmoins, Adam Silver a démenti vouloir raccourcir la saison 2020-21, quitte à ce que les franchises enchaînent les back-to-back et disputent un nombre de matchs plus important en semaine de décembre à avril, ce qui amènera logiquement à plus de load management avec un risque de blessures accru, en plus de composer avec la sphère sanitaire.

    Le report des Jeux en juillet 2021 sera également une contrainte supplémentaire dans ce calendrier, car si dans le meilleur des scénarios les Finales venaient à se terminer fin juin, les joueurs retenus avec la Team USA pourraient faire défection les uns après les autres comme ce fut le cas lors du dernier Mondial.

    Car au cœur du jeu, c’est bel et bien la question des joueurs qui reste cruciale. Puisque ces derniers garantissent l’attractivité et le spectacle de la ligue, il est important de savoir dans quel état et quelle forme seront les joueurs en août après quatre mois et demi sans compétition.

    La question a le mérite d’être étudiée, d’autant plus que si certains joueurs ont pu bénéficier de cette pause pour soigner des blessures et se reposer, une très grande majorité d’entre eux n’ont malheureusement pas pu bénéficier des infrastructures et d’une préparation physique suffisante pour reprendre en août après une si longue coupure.

    La mise en route avec les workouts et la préparation physique risque d’être assez brutale et de maltraiter les corps des athlètes trop longtemps inactifs pour certains, au moment de reprendre la saison, ce qui pourrait entraîner des blessures. Par ailleurs, l’aspect psychologique et l’impact de ce confinement sur le mental des joueurs ne sont pas à prendre à la légère.

    Au-delà de l’inactivité sur le plan sportif, l’incertitude sur la fin de la saison et les contraintes de chacun liées au confinement sont autant de facteurs qui devront être pris en compte pour la reprise. La ligue a d’ores et déjà autorisé un certain nombre de joueurs à quitter temporairement le campus d’Orlando pour des motifs urgents et/ou familiaux, certains joueurs ont même annoncé qu’ils ne prendraient pas part à la reprise pour des motifs plus personnels.

    Comme évoqué précédemment, le rythme et l’enchaînement des matchs pour la fin de l’année seront primordiaux. Car si la ligue décide de maintenir le cap en 2021 et de condenser les 82 matchs de la saison régulière, les risques de blessures liées à la fatigue, au surmenage et au manque de préparation seront d’autant plus grands, d’où la nécessité de trouver un compromis avec les dirigeants, entraîneurs et joueurs, pour que ces derniers puissent généraliser l’utilisation du load management afin de préserver leur santé, assurer la paix sociale et soutenir l’attractivité économique et médiatique de la ligue avec pourquoi pas la création d’un format de tournoi play-in durant la saison avant peut-être une nouvelle expansion de la ligue.


    En définitive, cette année 2020 fut particulièrement mauvaise pour le basket et cela pour plusieurs raisons. Force est de constater cependant, qu’après plusieurs mois d’attente et à moins d’une semaine de la reprise de la saison, l’engouement médiatique autour de la NBA est resté quasi-intacte, comme en témoigne l’activité récente sur les réseaux sociaux. Pourtant il subsiste des doutes et des questions qui restent sans réponses, à commencer par l’intérêt de cette reprise et les risques qu’elle comporte. Par ailleurs quelle sera la valeur donnée à cette saison et au futur nom du vainqueur du trophée Larry O’Brien qui sera remis en septembre prochain, à côté duquel sera très certainement accolé une mention spéciale ou un astérisque de circonstance.

    Martin Fréguis

    Florimond Binet