Pour les amateurs de sport qui aiment prolonger le plaisir après le coup de sifflet final, suivre les cotes et les marchés peut ajouter une autre dimension à l'analyse des matchs. En France, la pratique du pari sportif évolue et certains joueurs se tournent désormais vers des plateformes acceptant les cryptomonnaies ; pour s'y retrouver, un comparatif des bookmakers crypto permet d'identifier les offres disponibles et de comparer leurs conditions en toute transparence. Comme toujours, il convient de miser de manière responsable et de ne jouer que ce que l'on peut se permettre de perdre.

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  • Cooper Flagg passe 49 points aux Hornets de Kon Knueppel

    Cooper Flagg passe 49 points aux Hornets de Kon Knueppel

    Rookie vedette des Dallas Mavericks, héritier du club depuis le départ de Luka Doncic, Cooper Flagg réalise une saison remarquable, avec déjà deux matches à plus de 40 points au compteur. En effet, il avait déjà marqué 42 points dans une défaite après prolongations face à Utah le 15 décembre dernier (133-140). C’est dans une nouvelle défaite face aux Hornets de Charlotte à domicile (121-123) que l’ailier décalé à la mène s’est illustré avec 49 points, 10 rebonds, 3 passes et un contre en 38 minutes (20/29 aux tirs dont 3/5 à 3 points). Rappelons que le prodige (2,06m pour 92kg), premier choix de la draft 2025 issu de Duke, a seulement 19 ans et 40 jours. C’est donc un record de points pour un joueur NBA de moins de 20 ans. Avec des moyennes de 19,5 points, 6,5 rebonds et 4 passes décisives en 44 matches, il garde toutes ses chances pour le titre de rookie de l’année. Si son principal rival et ancien coéquipier à Duke a certes remporté le match, Kon Knueppel (1,98m pour 97kg, 20 ans et demi) s’est « contenté » de 35 points, 4 rebonds et 3 passes en 36 minutes avec un joli 8/12 à trois points (2/4 à 2 points et 6/6 aux lancers-francs). Voici un résumé de leurs performances en vidéo.

    Pour les amateurs de sport qui aiment prolonger le plaisir après le coup de sifflet final, suivre les cotes et les marchés peut ajouter une autre dimension à l'analyse des matchs. En France, la pratique du pari sportif évolue et certains joueurs se tournent désormais vers des plateformes acceptant les cryptomonnaies ; pour s'y retrouver, un comparatif des bookmakers crypto permet d'identifier les offres disponibles et de comparer leurs conditions en toute transparence. Comme toujours, il convient de miser de manière responsable et de ne jouer que ce que l'on peut se permettre de perdre.

  • Équipe de France masculine : la relève est déjà là

    Équipe de France masculine : la relève est déjà là

    Au terme d’une préparation captivante et couronnée de 5 victoires en autant de matches, les Bleus de Frédéric Fauthoux ont inquiété et rassuré en montrant deux visages bien distincts, souvent en première et deuxième mi-temps (92-77 contre la Grèce après une première mi-temps à 43-49). Le coach, successeur de Vincent Collet (honoré à Bercy le 16 août dernier pour son parcours exceptionnel à la tête des Bleus), est bien en place et réussit déjà de belles choses avec un effectif annoncé comme défaillant. En effet, avec les défections initiales d’Evan Fournier, Matthias Lessort et Rudy Gobert, la retraite internationale de Nando De Colo et de Nicolas Batum, puis les blessures de Vincent Poirier et Matthieu Strazel, d’aucuns comptaient déjà les lacunes et les absences plutôt que de compter sur les présents. Heureusement, la jeune génération est déjà là et n’a pas fait le déplacement pour rien. C’est son heure, tout simplement.


    Bilal Coulibaly sous la maillot des Wizards de Washington

    Une nouvelle génération très précoce et sans complexes

    Arrivé discrètement en Équipe de France dans le même wagon que Victor Wembanyama, comme lors de son passage à Boulogne-Levallois et même à son arrivée en NBA, Bilal Coulibaly évolue tranquillement sous les radars avec des qualités hors-normes et une sérénité caractéristique de sa génération. Il a la taille, la rapidité et la détente, il glisse dans les airs et prend tranquillement ses shoots à trois points. C’est un ailier/arrière athlétique qui n’est pas sans rappeler l’américain Clyde Drexler, jusque dans ses attitudes sur et en dehors du terrain – la force tranquille. Il s’impose déjà par petites touches, sans croquer le ballon, fait encore des passes un peu hasardeuses et n’a pas explosé les compteurs, mais il prend ses marques au sein d’une équipe en construction, sans marcher sur les pieds ou les têtes des autres, il est déjà en place, travaille patiemment et attend son moment pour briller.

    Les deux visages de l’Équipe de France contre la Grèce (préparation à l’Eurobasket).
    Première mi-temps : 43-49 (-6)
    Deuxième mi-temps : 49-28 (+21)
    28-12 en troisième quart-temps (+16)

    Zaccharie Risacher face à James Harden (Clippers)

    Les rois de la draft 2024 en Bleu

    Rappelons que Zaccharie Risacher (2,03m, 20 ans, #1 de la draft 2024 avec les Hawks d’Atlanta) et Alexandre Sarr (2,13m, 20 ans, #2 avec les Wizards de Washington) ont été draftés très haut en NBA et ont réussi leur intégration dans leurs clubs respectifs. L’Équipe de France récupère donc cet été les deux premiers choix de la dernière draft NBA aux postes d’ailier et de pivot, des grands gabarits très à l’aise avec leur taille et qui ont la même facilité à alterner intérieur et extérieur. Les Hawks et les Wizards ont dû choisir, la France prend les deux ! Pas la peine de leur dire d’aller sous le panier, on entend déjà les commentaires d’experts qui voudraient que Sarr impose plus sa taille sous le cercle, comme un pivot traditionnel dans un registre cadré et prévisible, mais cette génération-là pratique un basket imprévisible et très éclectique, proposant tout un arsenal de solutions éprouvées. Sur une action contre la Grèce, Alexandre Sarr a tenté un tir à trois points, Zaccharie Risacher a récupéré le rebond et a fini sa course derrière la ligne à trois points pour un second tir qui a à peine effleuré le filet. Le pivot rate sa cible, pas de problème, on saisit une seconde chance et on marque. Simple, rapide, efficace. Ça passe ou ça casse. On se crée des opportunités, sans pression inutile, on joue, quoi. Leurs défauts apparents sont donc en fait leurs plus grandes qualités et le gage d’une grande progression à venir. Les Bleus de demain sont déjà là et ils n’ont pas à s’excuser. Ils vont vous étonner.

    Alexandre Sarr avec Washington en NBA

    Très à l’aise dans l’ombre de Wemby

    Alors que nombreux se lamentaient de l’absence pourtant programmée pour raisons évidentes de santé du prodige Wemby à l’Eurobasket 2025, l’effectif français en pleine transition affiche un potentiel très alléchant. Bien évidemment, le niveau est si relevé avec la Serbie de Jokic hors-concours et des équipes toujours dangereuses comme l’Allemagne de Schrœder, la Slovénie de Doncic et l’Espagne du tandem Hernangomez (qui n’a pas dit son dernier mot après les deux défaites face à la France en préparation). C’est typiquement l’année où l’Équipe de France se révélera au dernier moment, elle peut parfaitement briller ou se faire rattraper par sa jeunesse – et une défaite agaçante contre les Espagnols en quarts de finale, comme d’habitude. Et on aura toutes les excuses du monde si ça ne passe pas. Mais les fondamentaux sont excellents, les perspectives sont toutes tracées. Et on n’est pas à l’abri d’une belle surprise dès cette année.

    Un cinq majeur de haut niveau et des talents d’expérience

    Mine de rien, en quelques années, l’Équipe de France a renouvelé son cinq majeur et consolidé ses talents à tous les postes. Au poste de pivot, on a donc Sarr, Jaiteh et Wembanyama avec Gobert et Poirier en renforts. En ailier fort, on a Yabusele et Hoard. À l’aile, on a Risacher et Luwawu-Cabarrot avec Fournier en embuscade. À l’arrière, on a Okobo, Coulibaly et Cordinier avec Hifi en joker. Et en meneur, on a Francisco, Maledon, Strazel et Albicy en cas de pépin. Sachant que sur la préparation, faute d’intérieurs, Fred Fauthoux a parfois aligné un cinq avec trois arrières/meneurs en faux small ball (pas de pivot mais de la taille, avec 2 mètres minimum à chaque poste. Non seulement l’équipe de France est jeune, elle est très grande, très athlétique et très affûtée au tir extérieur à tous les postes. Et elle n’est plus dépendante d’un ou deux vétérans pour avancer, c’est tout un groupe de prodiges parfaitement compatibles qui forme désormais un socle solide et cohérent, qui saura intégrer les revenants lors des prochaines compétitions. Cet Eurobasket annoncé comme difficile est donc bien l’opportunité pour les jeunes français de s’installer au sein de leur Équipe de France, de porter fièrement le maillot bleu et de se frotter au gratin du basket européen avant de rejoindre les championnats les plus relevés au monde.

  • La méthode Wemby qui surprend et agace

    La méthode Wemby qui surprend et agace

    La meilleure analyse concernant Victor Wembanyama pour sa seconde saison en NBA nous vient du canapé de Gilbert Arenas, et c’est Rashad McCants qui l’a énoncée – dommage que le bon Gil ne l’ait pas écouté, il aurait gagné du temps. McCants a tout dit en une phrase. La punchline. « Wemby fait des choses qu’on n’a jamais vues jusqu’à présent. Et on voudrait qu’il fasse du déjà vu. » Ce que fait Victor Wembanyama aujourd’hui, c’est un jeu à la KD et peut-être même Kobe Bryant avec un soupçon de Damian Lillard. Il développe sa zone de confort entre la ligne de demi-terrain et la ligne à trois-points, où tout peut arriver. Donc si vous pensiez qu’un joueur de 2,24m doit nécessairement jouer sous le cercle ou exclusivement dans la raquette et arrêter de tirer autant à 3 points, vous n’avez pas compris ce que cherche à faire Victor Wembanyama en NBA. Mais il finira par vous convaincre sur le terrain. Explications.


    La recherche d’équilibre extérieur/intérieur

    Idéalement, un joueur de basket doit être capable de prendre ce que lui offre la défense et réussir à marquer à chaque action, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur. Même si le panier n’est pas réussi, l’important est de se créer des opportunités de tir correctes en déjouant la défense et au bout du compte, les paniers finiront par entrer.

    24 points, 16 rebonds, 7 contres et 6 balles perdures en 33 minutes – 8/15 aux tirs dont 6/9 à 3 points

    Victor Wembanyama contre Utah le 9 novembre 2024 (Défaite, 110-111)

    La domination par l’extérieur

    Du haut de ses 2,24m, Victor Wembanyama est rarement gêné par la défense où qu’il soit sur le parquet. Dès qu’il tend les bras, il est plus haut que tout le monde; s’il se crée un minimum d’espace, aucun défenseur ne peut espérer toucher le ballon. Il est donc virtuellement libre de shooter d’où il veut. Et comme il sait dribbler en protégeant son ballon, avec son envergure, il sait parfaitement se déplacer en dribble sans risques. Seulement, à partir du moment où il a démontré une capacité à marquer à trois points, même si son adresse fluctue – et n’était pas au rendez-vous lors des Jeux Olympiques à Paris -, le gain potentiel en continuant à travailler et à shooter à trois points est évident. Pourquoi s’obstiner à lutter contre la défense toute entière pour accéder au panier et obtenir péniblement 2 points quand on peut tout simplement tirer de loin après un dribble ou deux et obtenir 3 points pratiquement sans effort? C’est pourquoi les Spurs l’encouragent à tirer autant qu’il le souhaite à trois points en match, car en plus de toutes ses tentatives à l’entrainement, c’est bien sur le terrain pendant des matches officiels contre une défense qu’il doit faire ses preuves et gagner en confiance. Plus il shoote, même s’il n’est pas toujours en réussite, plus il finira par y arriver. Il aura une familiarité, une aisance, des habitudes, et trouvera un certain confort. Et comme les Spurs n’ont pas grand chose à gagner sur le terrain actuellement, c’est le moment idéal de laisser leur franchise-player s’entrainer et se développer à son propre rythme. Les Spurs, qui comptent bien garder Wemby et ont tout misé sur lui, savent que leur avenir sportif en dépend.

    « Wemby fait des choses qu’on n’a jamais vues jusqu’à présent. Et on voudrait qu’il fasse du déjà vu. »

    Rashad McCants

    Ne pas juger ses stats aujourd’hui

    Lors de sa première et dernière saison en BetclicElite (première division professionnelle française) avec Boulogne-Levallois, avant de rejoindre la NBA, Victor Wembanyama a réussi 25% de ses tirs à trois points. Un taux jugé trop faible pour certains, qui serait effectivement médiocre s’il s’agissait de sa performance définitive en carrière. Mais c’est un chiffre à mettre en perspective sur sa carrière, pas un résultat définitif. Ce qui importe ici, ce ne sont pas ses tirs ratés, mais ses tirs réussis et ce qu’ils ont apporté en match. Un joueur de 2,24m qui réussit un tir à trois points par-dessus la défense en début de possession, c’est un bonus inestimable. Ce sont trois points rapides, gagnés sans effort, sans avoir à jouer. Et c’est très précieux. Imaginez s’il en met deux ou trois de suite, c’est un coup de massue sur l’équipe adverse et ça change la physionomie du match. Imaginez le jour où ce même joueur augmente son taux de réussite. Et enfin, c’est le meilleur rapport points/énergie dépensée. C’est presque trop facile. Du coup, il peut en mettre beaucoup. Et à tout moment, une fois la défense bien étirée pour tenter de le gêner à l’extérieur, cela ouvre des boulevards sur tout le terrain.

    50 points, 6 rebonds, 2 passes décisives, 3 contres en 32 minutes – 18/29 aux tirs dont 8/16 à 3 points

    Victor Wembanyama contre Washington le 13 novembre 2024 (Victoire, 139-130)

    Ce qui frappait lors de sa dernière saison à Boulogne-Levallois, c’était l’impression de facilité de Victor Wembanyama et sa capacité à peser sur un match sans qu’on s’en rende compte. Il marque des paniers facilement, sur une claquette, sur un mouvement rapide en un-contre-un, sur un tir extérieur… Le tout sans donner l’impression qu’il accapare le ballon, sans gêner ses coéquipiers, sans jamais réclamer d’action pour lui. Il marque naturellement, dans la continuité du match. Et soudain, il affiche 20 points au compteur et son équipe à 10 points d’avance.


    La partie facile à l’intérieur

    Une fois sa présence extérieure établie, en forçant la défense à monter, si aucune solution évidente ne se présente, Victor Wembanyama a toujours l’option de partir en dribble ou de jouer le une-deux avec un coéquipier pour attaquer le cercle. Comme la défense est étirée, il y a plus d’espaces, c’est donc plus facile de couper vers l’intérieur, avec ou sans ballon. Et comme il le montre régulièrement, il sait parfaitement amorcer son dribble dans l’axe du cercle en tête de raquette et se balader le long de la ligne à trois points jusqu’au coin du terrain en quelques foulées, jouer alors son un-contre-un, face-à-face puis en post-up au poste bas, et soit passer le ballon, soit tenter sa chance à mi-distance. Ce faisant, il peut également feinter son adversaire en repartant en dribble vers la ligne des lancers-francs, revenir aussitôt si la ligne de fond se libère et atteindre le cercle en deux pas. La sureté de son dribble lui permet de se déplacer où il veut sans craindre de perdre le ballon. Contre Randle, Reid ou même Gobert (voir highlights ci-dessus contre Minnesota le 2 novembre), il se balade déjà, donc pas besoin d’insister sur ce secteur du jeu – ce n’est pas là sa plus grande marge de progression.

  • L’Allemagne, passeport pour la finale olympique

    L’Allemagne, passeport pour la finale olympique

    Rencontrée deux fois en préparation puis en phase de poules, la formation allemande a confirmé son statut de favori pour les Jeux Olympiques avec un groupe solide, déjà couronné l’an dernier avec un titre de Champion du Monde (on a bien dit du monde, pas juste d’Europe ou d’Allemagne – les américains en formation légère avaient été battus). L’adversaire est connu, le staff de Vincent Collet a un plan, et après le succès du quart de finale remporté contre le Canada archi-favori, on s’attend à un beau match de basket. Les Bleus peuvent-ils enchaîner deux succès au plus haut niveau et décrocher leur place pour le finale? Réponse ce jeudi 8 août 2024 dès 17h30. En attendant, voici quelques notes.


    Quel visage pour la France?

    Alors qu’elle semblait perdue en balbutiant un basket poussif et une défense poreuse jusqu’à présent, l’Équipe de France a réussi son entrée en lice pour la phase finale avec un tout autre visage, un cinq de départ différent, une défense de fer et une adresse des grands soirs. Ayant pris le Canada à la gorge dès le premier quart-temps, les Bleus ont marqué et creusé l’écart, sans toutefois tuer totalement le match. Mais l’essentiel était fait, un bon départ, de bonnes bases, et les canadiens n’ont jamais réussi à reprendre l’avantage. Sommée de répondre enfin présente pour le quart de finale décisif, au pied du mur, les hommes de Vincent Collet ont joué un match fabuleux – mais pas parfait. Des lancers-francs ratés, Wemby peu inspiré (2/10 aux tirs, 7 points en 27 minutes), des fautes (24) et des balles perdues (17) ont bien failli donner assez d’air au rival canadien pour se retourner. Contre l’Allemagne en demi-finale, il y a donc une marge de progression significative.

    Le jeu sans Wemby

    Même s’il a pesé dans tous les autres compartiments du jeu (meilleur passeur avec 5 passes décisives, 12 rebonds, 3 interceptions et un contre pour une seule balle perdue), le faible rendement général de Victor Wembanyama en attaque a lourdement pénalisé les Bleus au moment où il aurait fallu assurer une marge confortable face au Canada (3/6 aux lancers-francs et 0/6 à trois points), qui n’a du coup cessé de revenir pendant tout le match. Zéro pointé en attaque pour Nicolas Batum (à peine un tir tenté à trois points en 33 minutes), Andrew Albicy (0/3 à trois points en 19 minutes), Rudy Gobert (aucun tir en 3 minutes et demie) et Bilal Coulibaly (à peine 1:17 sur le terrain). Matthew Strazel et Nando De Colo n’ont même pas quitté le banc. Ce sont donc essentiellement 4 joueurs qui ont marqué pour le Bleus (70 des 82 points à 18/30 aux tirs). Il s’agit de Guerschon Yabusele (22 points), Isaia Cordinier (20 points), Evan Fournier (15 points) et Mathias Lessort (13 points en 19 minutes). Avec Wemby (7) et Frank Ntilikina (5 points uniquement sur lancers-francs), ce sont à peine 6 joueurs qui ont contribué à la marque. On savait que la rotation serait réduite, on ne savait pas à quel point ! La bonne nouvelle, c’est qu’on est sortis de la Wemby-dépendance en attaque. Et Nicolas Batum a bel et bien été monstrueux en défense, prouvant une fois de plus sa polyvalence et son impact sur le jeu des Bleus sans marquer le moindre point.

    Le retour de l’association Wemby + Gobert?

    Mis sur le banc pour le majorité du match ce mardi, Rudy Gobert n’est cependant pas banni définitivement du schéma tactique des Bleus. Il pourrait faire son retour rapidement et serait alors sommé de trouver le chemin du cercle en attaque si on veut vraiment choquer les Allemands, qui ont repoussé les intérieurs tricolores jusque-là. Une bonne fixation intérieure en association avec Mathias Lessort et Guerschon Yabusele pourrait permettre de rivaliser avec le bloc intérieur allemand, tout en laissant Victor Wembanyama s’exprimer au poste haut et à l’extérieur. On attend encore le match de référence du prodige des Spurs, qui domine à sa façon, mais peut aussi exploser en attaque à tout moment. S’il réussit ses paniers à trois points, le match pourrait être plié plus rapidement que face au Canada.

    Table rase du passé pour une finale olympique

    C’est le défi des Bleus cet après-midi, montrer leur vrai visage après des prestations faibles lors des prédécentes confrontations avec l’Allemagne. Vincent Collet l’avait annoncé, la préparation risquait de tourner au poker menteur contre des équipe de haut niveau susceptibles de revenir plus tard en compétition officielle, le stratège des Bleus souhaitant conserver ses cartes pour les matches qui comptent. En espérant que les joueurs appliqueront bien les consignes et seront tout aussi galvanisés que lors du match précédent, de référence, contre le Canada. Un match loin d’être parfait, cependant (on a perdu les deux derniers quart-temps), sachant que le match de poule perdu contre l’Allemagne s’était joué sur un seul mauvais quart-temps (-14 en définitive). Pour pouvoir prétendre à l’or olympique, les Bleus n’ont pas le choix, ils doivent cette fois livrer une copie parfaite, un match maîtrisé de bout en bout contre un adversaire aguerri.

  • L’heure de vérité face au Canada en quart de finale

    L’heure de vérité face au Canada en quart de finale

    Rien ne va plus pour les Bleus aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Après une préparation compliquée et une phase de poules guère rassurante à Lille, l’objectif premier est cependant atteint, puisque l’Équipe de France de basket masculine est qualifiée pour la phase finale qui se déroule à Paris. Si la défaite contre l’Allemagne (championne du monde en titre) pose question, les deux victoires contre le Brésil et le Japon ont permis d’assurer l’essentiel, une place en quart de finale du tournoi olympique à domicile contre la Canada. L’adversaire est bien connu, puisque les deux équipes se sont rencontrées en juillet à Orléans non seulement pour un match de préparation, mais également pour une séance de scrimmage préalable à la demande des canadiens. Le Canada, c’est une équipe formidable, au parcours exemplaire lors de la dernière Coupe du Monde FIBA en septembre 2023, notamment une défaite cuisante pour la France dès le premier match qui a provoqué, avec une seconde défaite de suite contre la Lettonie, son élimination prématurée de la compétition. Le match de ce mardi 6 août à Bercy s’annonce donc chaud et fort en symboles. Pour accéder au podium, l’Équipe de France doit montrer de quoi elle est réellement capable, c’est donc l’occasion de prendre sa revanche et de jouer, enfin, un basket gagnant, sans trous d’air. Les Bleus de Vincent Collet en sont-ils capables?


    L’Allemagne, trompe-l’œil ou révélateur?

    Quand on voit une équipe déjà qualifiée pour les quarts-de-finale jouer un dernier match de poule devant près de 27000 spectateurs dans son propre pays et marquer à peine 27 points en première mi-temps (dont 9 seulement en deuxième quart-temps), on peut se poser des questions. Cependant, c’est davantage une confirmation du très haut niveau et de la cohésion de l’équipe allemande, championne du monde en titre l’été dernier et parfaitement en place cet été, avec un Dennis Schröder en grande forme (26 points à 10/17 aux tirs, dont 4/7 à trois points, 9 passes décisives), la paire d’intérieurs Wagner particulièrement performante (Franz, 2m08, 26 points et Moritz, 2m11, 8 points en 14 minutes), un Daniel Theïs bien présent (7 points, 8 rebonds, 2 interceptions et 2 passes décisives) et un sacré golgoth dans la raquette, Johannes Voigtmann (2m11 pour 115kg). Au bout du compte, il manque 14 points, mais les Bleus ont su réagir et on a vu de très belles choses, notamment un Isaia Cordinier percutant (2 dunks en drive, 10 points) à la fois en attaque et en défense, exactement dans l’énergie et l’à-propos préconisés par Vincent Collet, qui ne l’avait pas mis sur le terrain par hasard à ce moment-là. Entre Strazel et Cordinier, l’Équipe de France compte désormais des joueurs d’impact qui savent s’exprimer dans le dur. On en aura certainement besoin lors des phases finales. L’enseignement de ce dernier match de poules, c’est qu’on ne peut pas se permettre le moindre relâchement, et certainement pas pendant un quart-temps entier !

    Un match de référence pour Wemby?

    Comme l’a bien dit Fred Weis, consultant XXL pour la chaîne Eurosport, on n’a pas encore vu Victor Wembanyama sur cette compétition. Auteur de 15 points contre l’Allemagne, le géant des Spurs n’a pas réussi à donner sa pleine mesure jusqu’à présent. Le problème n’est pas tant qu’il soit passé à côté du match en première période, mais que l’Équipe de France n’ait pas eu la faculté de proposer autre chose en attendant que le rookie trouve ses marques. Rappelons que c’est sa première campagne en Équipe de France, avec une saison américaine dans les jambes et une grosse préparation, la fatigue s’est clairement fait ressentir contre une défense allemande épaisse et rugueuse. Et ses choix en attaque ont été parfois hasardeux – en témoigne son air-ball à trois points dans le coin juste après avoir pris une claque en plein visage par Mo Wagner dans le troisième quart-temps, au moment où les Bleus jouaient mieux, mais ne parvenaient pas à réduire l’écart (environ 20 points constants et 14 à l’arrivée). On a vu aussi des relances ratées, des actions sans conviction, beaucoup de frustration. Mais en quart de finale contre le Canada, Victor Wembanyama pourrait sortir son match de référence de cette compétition. Victoire ou défaite, Wemby doit laisser une impression indéniable pour ses premiers Jeux Olympiques.

    Une équipe prête à en découdre en quarts de finale

    Même si la manière a manqué, les Bleus ont gagné les deux matches importants de la phase de poules et se présentent à Paris pour la phase finale après une défaite contre l’Allemagne, certes, mais pas si « lourde » en vérité, dans un match sans enjeu, et on reste sur une bonne seconde mi-temps, avec le sursaut d’orgueil attendu. C’est un mauvais quart-temps, le second, qui coûte le match. Et contrairement à certains commentaires, les allemands n’ont jamais « levé le pied », ce sont les français qui ont joué correctement et même réalisé de très belles actions des deux côtés du terrain. Rudy Gobert (4 points à 2/2), absent car très peu servi en attaque malgré ses appels de balle, était essentiel en défense (4 contres). En sortie de banc, Guerschon Yabusele et Isaia Cordinier ont mis le feu pour sonner la révolte. Il n’aurait manqué qu’un peu plus de Bilal Coulibaly, encore trop timide (1 point en 12 minutes avec 0/2 aux tirs) et certainement plus d’impact de Mathias Lessort (5 points et 3 rebonds en 15 minutes à 2/4). Contre une équipe canadienne moins forte à l’intérieur que le bloc allemand, la France doit s’imposer physiquement. L’occasion également pour Evan Fournier (10 points en 17 minutes), mis au ban par Tom Thibodeau à New York, de montrer enfin au public pourquoi il a toujours la confiance de ses pairs.

    Un match décisif… pour tous

    Comme toutes les autres équipes qualifiées, dans une confrontation à élimination directe, les Bleus n’ont plus le droit à l’erreur. Mais ils ont beaucoup de talent et d’expérience, ils peuvent parfaitement « cliquer » ensemble au meilleur moment et viser le podium. En prenant chaque match un par un, en se donnant la possibilité de réaliser l’exploit à chaque étape, l’équipe de Vincent Collet ne pourra pas grand chose si les canadiens réalisent un match parfait, mais pourrait saisir sa chance en cas de défaillance ou de panne d’adresse. C’est la doctrine de Vincent Collet, qui ne nie pas le talent de la formation nord-américaine favorite du tournoi avec Team USA. En jouant dur et sérieusement, la France peut battre la Canada… ou sombrer dans la disgrâce devant son public. Et si Rudy Gobert sortait le grand jeu? Réponse ce mardi 6 août dès 18h.

  • L’Équipe de France assure contre le Brésil

    L’Équipe de France assure contre le Brésil

    Premier match capital du tournoi olympique pour l’Équipe de France masculine de basket, le choc face au Brésil n’a pas déçu. La première phase de poules se déroule au stade Pierre Mauroy de Lille devant 27000 spectateurs. Après une entame difficile pour les Bleus, menés 15-23 à l’issue du premier quart-temps, les choses se sont mises en place et le groupe a assuré l’essentiel, avec une défense de haut niveau et une attaque ajustée. Une défaite dès le premier jour aurait compromis les chances de qualification pour les quarts-de-finale à Paris. Avec un second match contre le Japon ce mardi, formation réputée à portée, le groupe France pourrait aborder l’ultime rencontre contre l’Allemagne avec deux victoires acquises et une quasi-certitude de qualification pour la suite, rendant la confrontation moins conséquente. Après le traumatisme de l’élimination prématurée lors de la dernière Coupe du Monde à Jakarta, c’est donc avec un véritable soulagement que les Bleus et leur public ont accueilli cette entrée en lice finalement maîtrisée. Le cauchemar de l’an dernier, sans Wemby, ne s’est pas reproduit.


    Un secteur intérieur en panne

    Alors que Rudy Gobert était inactif en attaque dans le premier quart-temps, c’est Victor Wembanyama qui a été envoyé au poste bas pour asseoir un début de présence intérieure pour les bleus. Si le rookie français a réussi des beaux mouvements, utilisant sa taille gigantesque pour des paniers acrobatiques (19 points en 31 minutes, 7/13 aux tirs dont 1/4 à trois points), le pivot titulaire aura attendu des actions de jeu en transition en cours de match pour marquer 7 points sur 3 dunks et n’aura pas eu l’impact escompté, décrochant à peine deux lancers-francs et réalisant par ailleurs 3 rebonds et 2 contres pour 3 balles perdues et 4 fautes en 18 minutes. Attendu comme une réponse complémentaire à l’intérieur, Mathias Lessort n’a marqué que 4 points en 12 minutes (1/2 aux tirs et 2/2 aux lancers-francs) avec 3 rebonds, 2 passes décisives et une interception, Guerschon Yabusele se contentant également de 4 points en 16 minutes (1/4 aux tirs dont 0/3 à trois points). Une forte opposition brésilienne certes, avec des grands gabarits bien décidés à s’imposer physiquement (Bruno Caboclo commettant notamment 4 fautes en 11 minutes) mais également une fébrilité du fait de l’enjeu considérable de ce premier match pour le reste de la compétition.

    Le capitaine Batum à la rescousse

    Alors que les Bleus prenaient l’eau en premier quart-temps (15-23), avec un passage peu concluant de Mathieu Strazel (titulaire mais 5 minutes de jeu, une passe décisive et aucun point) et un petit Evan Fournier (7 points en 13 minutes, 2/5 aux tirs dont 1/2 à 3 points, 2 balles perdues), c’est Nicolas Batum qui a pris ses responsabilités en attaque, avec 19 points en 34 minutes (6/13 aux tirs dont 3/9 à 3 points), contribuant également 5 rebonds, 2 passes décisives et 2 interceptions pour 3 ballons perdus. Frank Ntilikina a débloqué le compteur avec 3 tirs à trois points importants (9 points à 3/5 tous derrière la ligne) ainsi que 3 passes décisives et 2 interceptions pour une balle perdue. Un match étrange, avec 12 joueurs utilisés, Batum et Wemby étant les seuls à passer plus de 30 minutes sur le terrain, la ligne arrière titulaire Fournier-Strazel limitée à 13 et 5 minutes respectivement, Nando De Colo et Bilal Coulibaly limités à moins de 10 minutes. En théorie, la rotation devrait se resserrer rapidement – à titre de comparaison, le Brésil n’a fait jouer que 11 joueurs en comptant Louzada (1 minute sur le parquet), donc véritablement 10 joueurs effectifs.

    Un premier match pour se rassurer (ou pas)

    SI le score final est sans appel (78-66), la rencontre aurait pu basculer à l’avantage des brésiliens s’ils avaient réussi à tuer le match quand ils en avaient l’occasion. Mais alors que les Bleus trouvaient une stabilité, les joueurs d’Aleksandar Petrovic ont manqué d’adresse. Avec un axe Gobert-Wembanyama et des antennes efficaces comme Nicolas Batum et Frank Ntilikina, la défense française a réalisé des stops et lancé quelques contre-attaques permettant de creuser l’écart, mais pas suffisamment pour rassurer le public, fébrile mais bien présent jusqu’au bout. Si Rudy Gobert est resté effacé en attaque, sa présence active en tête de raquette face aux extérieurs brésiliens avec Wemby derrière lui sous le cercle forme une ligne centrale redoutable. Dès que les français récupèrent le ballon, Gobert a déjà passé la ligne médiane, ce qui déborde le repli défensif et offre ainsi des paniers plus faciles. Ceci dit, si le ballon arrive rapidement, l’exécution des contre-attaques est toujours un peu haché, les ailiers français étant parfois contraints d’abandonner l’action pour éviter de perdre la balle. C’est l’un des écueils de la formation française jusqu’à présent, avec encore 19 ballons perdus ce samedi (pour autant de passes décisives, un ratio de 1:1 loin d’être satisfaisant). Mais avec une adresse très correcte (26/52, 50% de réussite) et une forte présence au rebond (32 unités, jeu égal avec le Brésil), la France a dominé au contre (6 à 1, soient 3 pour Wemby, 2 pour Gobert et 1 pour Bilal Coulibaly) et tenu les brésiliens à 40% de réussite (23/57 dont 7/21 à trois points, 4/8 de la paire Huertas-Meindl).

    Un match pour se lancer

    Avec cette première victoire assurée, l’Équipe de France se présente ce mardi pour son second match face au Japon avec une moindre pression et un avantage de taille, puisque le plus grand joueur japonais n’est autre que l’américain Josh Hawkinson, un intérieur d’à peine 2,08m (auteur de 13 points, 11 rebonds et 2 passes décisives contre l’Allemagne en ouverture du tournoi samedi dernier). Un adversaire sur mesure pour la paire Wemby-Gobert, qui pourrait enfin installer son jeu intérieur. C’est le moment ou jamais. Une mise en jambes idéale avant le choc face à l’Allemagne, championne du monde en titre, ce vendredi, pour conclure la phase de poules. Et bien sur, l’occasion de monter en puissance avant la phase finale à Paris, où le podium se jouera en 5 jours maximum, du 6 au 10 août 2024 sur le parquet de l’Accor Arena à Bercy. Au lieu d’être condamnés à l’exploit face aux allemands, les Bleus pourront jouer la rencontre dans les meilleures conditions, avec l’objectif d’une victoire qui donnerait le ton pour le reste de la compétition – et surtout la première place du Groupe B. Un défi parfaitement stimulant pour un groupe talentueux et décidé à en découdre avec le reste du monde, Team USA en tête.

  • Quelles chances pour la France (H) aux JO de Paris 2024?

    Quelles chances pour la France (H) aux JO de Paris 2024?

    Après une préparation ambitieuse cet été, l’Équipe de France masculine de basket a six jours pour réussir son entrée en lice face au Brésil, une équipe surprise victorieuse haut la main du Tournoi de Qualification Olympique face à la Lettonie qui jouait à domicile. Un premier match piège, tout comme les 6 rencontres nécessaires pour remporter une médaille olympique. C’est simple, si la France veut briller sur son terrain lors de ces Olympiades, il faut jouer juste et gagner dès le début de la compétition. Plus d’hésitations, plus de trous d’air, une rotation serrée et des joueurs condamnés à l’exploit. Une petite chance de réussite, certes, mais également toutes les conditions réunies pour un possible désastre devant le public français. Bienvenue dans l’aventure délicate du tournoi olympique FIBA de Paris 2024, l’un des plus relevés de l’Histoire, dont la formule est clairement expéditive. Six victoires ou la honte.


    Que retenir de la préparation ?

    À la différence des éditions précédentes, à part la Turquie assez faible (qui s’est présentée à Rouen sans ses joueurs NBA), les Bleus ont rencontré le gratin du basket mondial lors de cette préparation devant un public français nombreux et enthousiaste (du 3 au 21 juillet 2024 dans plusieurs villes de France), mais également inquiet devant les performances contrastées de son équipe et les choix du staff technique pas toujours compris ou lisibles. Rappelons que les matches de préparation servent de laboratoire en conditions très proches du réel, ce qui permet d’essayer de nombreuses combinaisons sans pression, puisque le résultat des matches n’a aucun impact sur la compétition à venir. Bien entendu, et on l’a toujours dit, on préfère gagner ces matches et on ne se lance jamais dans un match avec l’objectif de le perdre (d’après Rudy Gobert). Mais on ne cherchera pas non plus à mettre toutes les chances de son côté si cela interfère avec les tests prévus et le développement de certains joueurs, notamment ceux qui sont promis à un temps de jeu réduit par la suite. On ne met donc pas en avant les cadres dont on connait déjà les capacités, on préfère tester les nouveaux et des configurations plus osées et fragiles que ce qu’on se permet en compétition officielle. On prend des risques, on se donne le droit à l’erreur, et surtout on évite de jouer les évidences – celles dont on abusera en compétition. C’est pourquoi on ne voit jamais un même joueur tenter plusieurs fois la même action – on ne joue pas spécialement sur Gobert à l’intérieur, ou sur Wemby au poste haut, pour profiter d’un vis-à-vis favorable et prendre un avantage au score, comme on le ferait en compétition. On fait tourner le ballon et on varie les séquences de jeu, on cherche des nouvelles solutions. Enfin, on cache son jeu; on essaie d’avancer sans trop donner aux adversaires directs et à ceux qui analysent les rencontres à distance trop d’indices sur la stratégie et les capacités de l’équipe en vue de la compétition. Vincent Collet l’a dit, face à l’Allemagne, il s’agit un peu de poker menteur en préparation, car on ne veut pas dévoiler toutes ses cartes et ainsi faciliter le travail du staff technique adverse. Et contre le Canada, rencontré à la fois en match officiel et en match d’entrainement dans la même semaine à Orléans, on a un peu transgressé ce principe, pour la bonne cause – nous aussi, nous avons pu en apprendre un peu plus sur l’adversaire et se tester dans des conditions intéressantes (seuls les canadiens et les français savent ce qui s’est passé dans cette rencontre à huis-clos, dont seulement quelques images ont fuité).

    L’Équipe de France avant le coup d’envoi à Montpellier, match de préparation contre l’Allemagne. © Gilles Vaudois – Clutchtime

    Une première phase éliminatoire à Lille

    Comme lors de la Coupe du Monde 2023, la phase de poules est réduite, la compétition démarre donc très fort et chaque match a son importance. Plus on gagne de rencontres, plus on maîtrise son destin. Si on commence à perdre des matches, le maintien en compétition devient contingent à la défaite des concurrents. Et de toutes façons, si on perd dès le début, c’est qu’on n’est pas vraiment en situation de viser une médaille, la difficulté augmentant avec les phases finales. Dans un groupe où ne figurent ni les Serbes, ni les Américains, ni les Canadiens, on est plutôt veinards. Des trois équipes que l’on va rencontrer, le Japon est traditionnellement le plus jouable, même si aucun match n’est jamais gagné à l’avance; l’Allemagne, que l’on rencontre en troisième, est championne du Monde en titre; et le Brésil, avec qui l’Équipe de France inaugure la compétition olympique, est une équipe dangereuse qui a brillamment gagné sa place pour ce tournoi olympique, éliminant au passage une équipe lettone qui nous avait battus en Coupe du Monde l’an dernier lors d’un match décisif pour les deux pays. C’est donc une équipe tout à fait capable de renverser le pays organisateur d’entrée de jeu, un adversaire à prendre très au sérieux.


    Un triomphe en trois actes… ou une sortie anticipée

    Une fois arrivées à Paris, les équipes qualifiées auront potentiellement trois matches à disputer pour tenter de décrocher l’or: un quart de finale le 6 août, une demi-finale le 8 août puis la finale (ou petite finale) le 10 août. Si elle parvient à se qualifier, et selon le tirage, la France peut retrouver des équipes rencontrées en préparation (Allemagne, Serbie, Canada ou Australie) ou des nouvelles (USA, Soudan du Sud, Grèce), mais toutes de très haut niveau. Par exemple, Team USA, le rival des Jeux de Tokyo (2020 joués en 2021), se présente avec un visage nouveau et beaucoup de questions. Ce sera donc une découverte pour les Bleus, qui ne les auront pas joués ni en préparation, ni en phase de poules à Lille. Pour mémoire, aux JO précédents, la France avait battu Team USA en phase de poule avant de s’incliner en finale. Mais c’était sans Lebron James, Anthony Davis et Stephen Curry.

    Rudy Gobert face à l’Allemagne en match de préparation à Montpellier. © Lenoir The-Agency FFBB

    Un match pour se révéler

    Lorsque l’Équipe de France entrera sur le terrain contre le Brésil dans le Stade Pierre Mauroy, elle devra montrer un tout autre visage que celui aperçu lors de la préparation. En compétition, la rotation sera réduite, les cadres seront activés pour de bon, ils devront prendre leurs responsabilités et être impactants dès le début de la rencontre. On attend donc beaucoup du cinq majeur, et pas seulement de Victor Wembanyama, mais avant tout d’Evan Fournier, le meilleur attaquant français sur le papier qui rêve de triompher en Bleu depuis toujours, et encore plus depuis ses déboires avec les Knicks de New York; Rudy Gobert, qui a confirmé cette saison avec Minnesota, et doit absolument s’imposer dans la raquette FIBA; Nicolas Batum, l’homme en forme qui a su rebondir après son échange à Philadelphie en début de saison. Ce cinq majeur risque de jouer de longues minutes. Il faudra donc éviter les fautes et les pertes de balles, être efficace dès le premier quart-temps en attaque et intraitable en défense sur l’ensemble du match. Si l’Équipe de France joue son jeu, elle peut battre n’importe qui. En revanche, si elle se met à douter, se permet des trous d’air en attaque, ne parvient pas à alterner intérieur et extérieur, se laisse repousser physiquement et abuse du tir à trois points, la compétition sera courte pour les Bleus. Selon les termes du coach Vincent Collet, on aura peut-être une opportunité de gagner – malgré l’écrasante domination des États-Unis en compétition internationale, malgré le niveau de la concurrence (Serbie, Canada, Allemagne…). Reste à savoir si l’Équipe aujourd’hui réunie (pas les non-sélectionnés que tout le monde réclame, pas les naturalisables qui ont finalement fait défaut ou été recalés comme Mike James, pas les expatriés non-sélectionnables comme Thomas Heurtel) saura saisir cette chance. Objectif? L’or, évidemment…

  • Les Bleus en route pour les JO

    Les Bleus en route pour les JO

    Vincent Collet a annoncé officiellement une liste de 19 joueurs pour la préparation aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Une liste élargie dans un esprit de compétition comme souhaité par Nicolas Batum lors de la défaite prématurée à la Coupe du Monde FIBA en septembre 2023. Une pléthore de talents qui évoluent un peu partout dans les meilleures équipes du monde. Complétée par quelques soutiens pas anodins, les sparring-partners, des jeunes à très fort potentiel qui pourraient créer la surprise. Et surtout signe d’un doute sur le poste de meneur de jeu qui avait fait défaut en l’absence « politique » de Thomas Heurtel à Jakarta. Pour la succession du héros de Tokyo, l’entraineur des Bleus se laisse pas moins de cinq à six possibilités. Aucune certitude à ce stade, c’est bien sur le terrain, selon les affinités, la forme et les tests, que les places définitives seront déterminées par le sélectionneur et son staff. Avec pour objectif la médaille olympique dans un tournoi particulièrement relevé, à Lille pour les phases de poule et à Paris pour les phases finales. Un beau défi et des chances d’y croire, avec une perspective à long terme particulièrement encourageante, autour du plus beau renfort de la compétition, Victor Wembanyama, le joueur le plus surprenant de cette année de basket toutes compétitions confondues, qui s’ajoute à un groupe finaliste aux derniers Jeux Olympiques.


    6 meneurs pour 3 places ?

    Exit Francisco. Une des satisfactions de la Coupe du Monde 2023, le meneur dynamique Sylvain Francisco qui réussit une belle saison en Euroleague n’a cependant pas été reconduit car il ne correspond pas au gabarit souhaité. En effet, le staff technique cherche des joueurs aptes à s’opposer physiquement à des adversaires plutôt grands à ce poste. Andrew Albicy (1.78m), écarté précédemment au profit d’un Francisco plus offensif, ferait son retour en Équipe de France, apportant une expérience et une dureté prouvées en compétitions internationales. Un petit, ça va, mais deux, ce serait la cata…

    Les autres candidats au poste de meneur ont un profil atypique mais auront la chance de faire leurs preuves en présence du reste de l’équipe dès la fin juin. S’ils sont actuellement entre deux, pour raisons sportives ou de santé, ils seront testés et il suffit que leurs qualités correspondent aux grands talents attendus pour intégrer le groupe de 12 joueurs qui défendront le maillot lors du tournoi olympique. On n’est pas à l’abri d’une bonne surprise.

    Les meneurs NBA en transition

    • Frank Ntilikina (1.93m pour 90kg, 25 ans, 2.16m d’envergure) est blessé et n’a pratiquement pas joué en NBA cette saison avec les Hornets (5 matches pour 42 minutes) avant d’être libéré. Il s’est entrainé avec l’équipe de Nanterre et aurait repris les contacts, mais reste incertain à moins de 100 jours de la compétition.
    • Théo Maledon (1.93m pour 79kg, 22 ans, 2.06m d’envergure) a joué 11 matches avec Charlotte puis a patienté en G-League avant d’être rappelé par Phœnix, où il est resté 4 mois sans jouer (10 minutes cumulées avant d’être officiellement libéré).
    • Killian Hayes (1.96m pour 88kg, 22 ans, 2.03m d’envergure) n’a pas fini la saison avec les Detroit Pistons, bons derniers du championnat NBA. Il s’entraine depuis quelques semaines à Orlando. Il a tout à prouver sur le terrain lors des sélections.

    Les meneurs européens performants

    • Matthew Strazel (1.82m pour 81kg, 21 ans) a établi cette saison son record en carrière avec 11 passes décisives, marquant également 23 points (victoire 116-73 le 17 décembre 2023). Dans une équipe championne de France, mais partageant la responsabilité avec Mike James et Elie Okobo, il devra s’imposer lors des sélections et confirmer dans une compétition internationale particulièrement relevée.
    • Elie Okobo (1.91m pour 86kg, 26 ans, 2.03m d’envergure), annoncé comme arrière, se retrouve invariablement à la mène aussi bien à Monaco en relais ou complément de Mike James qu’en Équipe de France. Joueur d’impact, il a le gabarit adéquat et reste sur un beau parcours en playoffs du championnat de France, réalisant le doublé avec Monaco. Peut-être son année avec l’Équipe de France, s’il trouve sa place et garde confiance.
    • Nadir Hifi (1.84m pour 82kg, 21 ans). Arrière un peu sous-taillé pour les ambitions affichées par le staff des Bleus, c’est un joueur agile et très rapide avec une mentalité de scoreur qui peut apporter la dynamique recherchée au poste de combo meneur/arrière en Équipe de France, potentiellement en sortie de banc, à la fois dangereux offensivement et altruiste, créant des décalages, du jeu. Il peut rebattre l’organisation des Bleus s’il parvient à s’imposer lors de la préparation, poussant les autres meneurs vers la sortie pour laisser des places à des joueurs de grande taille aux postes d’arrières et d’ailiers, où il y a du beau monde. Il mesure 1.84m avec 10 centimètres de ‘fro, un argument défensif insolite pour gêner l’adversaire, un petit qui joue grand et qui marque…

    Le meneur joker

    • Andrew Albicy (1.78m, 77kg, 34 ans) vient de finir sa saison avec Gran Canaria face au Real Madrid de Vincent Poirier et Guerschon Yabusele (0-2). Il n’a pas des stats folles en championnat, mais reste sur une fenêtre convaincante avec les Bleus en février dernier (deux matches comptant pour les qualifications à l’Euro 2025) et connait bien les cadres avec qui il a joué précédemment. Et il a acquis la confiance du staff pour sa tenue de balle et sa défense. Un porte-bonheur indispensable?

    Le poste d’arrière

    • Evan Fournier (2.01m, 93kg, 31 ans), héros de Tokyo (finaliste aux JO 2021) qui a connu une traversée du désert en NBA avec les Knicks, avant de se rassurer depuis son transfert aux Detroit Pistons. Gâchette des Bleus, sauf surprise, il est titulaire d’expérience et de référence au poste d’arrière-artilleur. Un avantage inattendu dans sa mésaventure américaine depuis deux saisons? Il sera encore plus motivé et très frais, pas du tout usé par deux saisons d’attente sur le banc New-Yorkais. S’il parvient à retrouver son rythme et ses sensations dans un environnement qui lui sied bien, c’est un talent immense en plein prime avec des genoux et des chevilles tous neufs, qui rêve d’or olympique depuis qu’il est tout petit. Il a tout pour réussir sa meilleure compétition internationale avec les Bleus.
    • Bilal Coulibaly (2.03m, 88kg, 19 ans, 2.18m d’envergure) est un arrière/ailier athlétique qui a réussi dans la continuité une excellente dernière saison en France avec Boulogne-Levallois et une étonnante première saison NBA à Washington, obtenant une place dans la sélection all-rookie second team. Le complément idéal au vétéran Fournier, moins expérimenté mais plus long, plus athlétique et meilleur défenseur. La possibilité de reposer le titulaire sans baisse de régime. Et candidat naturel à sa succession. Ancien coéquipier de Victor Wembanyama, une connexion naturelle qui sera particulièrement utile en Équipe de France.
    • Nando De Colo (1.96m, 91kg, 36 ans), c’est la grande question de cette sélection. Ne disputant pas ou peu les playoffs avec son club de l’ASVEL, il risque de ne plus être au niveau pour intégrer le groupe cette année du fait de la mise en concurrence et de la montée en puissance des autres candidats. Titulaire vétéran avec une longue expérience, il garde la confiance du staff en principe et bénéficie de la préparation pour se tester et garde toutes ses chances, à lui de rassurer et de s’imposer.
    • Isaïa Cordinier (1.96m, 84kg, 27 ans), l’arrière de Virtus Bologne qui bute aux portes de la sélection depuis quelques campagnes, répond toujours présent, notamment lorsque les joueurs NBA sont indisponibles. Un joueur d’impact, encore jeune, qui a déjà une belle expérience.

    Le poste d’ailier

    • Nicolas Batum (2.03m, 91kg, 35 ans, 2.15m d’envergure) Philadelphia 76ers. Auteur d’une saison excellente malgré un transfert inattendu, d’Ouest en Est, qui aurait pu une nouvelle fois signer sa fin de carrière. Il a apporté aux 76ers son expertise et sa constance, sa présence des deux côtés du terrain. Gabarit idéal, athlétique et longiligne, en pleine forme, en confiance, il chapeaute le collectif des Bleus en attaque et en défense, c’est un capitaine indispensable, serein, parfait complément des grands gabarits (il a convaincu Joel Embiid à Philadelphie), qui s’entendra parfaitement avec Victor Wembanyama autour de Rudy Gobert pour former une muraille infranchissable. Un grand talent particulièrement efficace avec les autres grands talents, il devrait proposer des très belles choses en attaque. Ces Jeux peuvent être ceux de sa consécration.
    • Jaylen Hoard (2.03m, 98kg, 25 ans) Hapoël Tel-Aviv
    • Ousmane Dieng (2.06m, 100kg, 20 ans) OKC

    Les incontournables à l’intérieur

    • Mathias Lessort (2.06m, 95kg, 28 ans), champion de l’Euroleague avec le Panathinaïkos contre le Real Madrid (95-80) avec 17 points, 6 rebonds en 33 minutes. L’intérieur agile important pour la transmission intérieur-extérieur des Bleus, blessé lors de la dernière compétition internationale.
    • Guerschon Yabusele (2.04m, 123kg, 28 ans) et Vincent Poirier (2.13m, 110kg, 30 ans), finalistes de l’Euroleague contre le Panathinaïkos, champions d’Espagne, valeurs sures à leur poste en Équipe de France. Poirier est le pivot remplaçant idéal aussi bien à Madrid derrière Tavares qu’en Équipe de France derrière Gobert. Yabusele est l’ailier fort à la fois massif et agile, très à l’aise à l’extérieur, titulaire naturel à l’aile.
    • Rudy Gobert (2.16m, 117kg, 31 ans, 2.35m d’envergure), demi-finaliste en NBA avec les Minnesota Timberwolves, élu Défenseur de l’année pour la quatrième fois de sa carrière malgré l’émergence de Victor Wembanyama, qui a bien failli lui ravir le trophée. Auteur d’une excellente saison, sous le feu de critiques constantes, il a emmené son équipe très loin en playoffs et veut décrocher l’or avec les Bleus.

    Le joker

    • Victor Wembanyama (2.24m, 95kg, 20 ans, 2.43m d’envergure), le phénomène rookie de l’année, franchise player des Spurs de San Antonio, unanimement reconnu comme un talent générationel, n’a cessé de surprendre et de se surpasser. Un avenir tout tracé en NBA et en Équipe de France, qu’il intègre par la grande porte.

    Bonus – Les sparring-partners qui intriguent

    • Nolan Traoré (1.92m, 82kg, 18 ans) Saint-Quentin, Betclic Elite. Auteur d’une saison remarquable en première division française, avec une montée en puissance incroyable en playoffs face à l’ASVEL (25 points, 7 passes) et une performance remarquée en compétition de jeunes talents à Munich (45 points contre le FC Barcelone).
    • Maxime Raynaud (2.16m, 113kg, 21 ans) Stanford University, NCAA. Grand gabarit, ambidextre, bon passeur, avec des bons moves dos au panier, un bon shoot.
    • Bodian Massa (2.10m, 26 ans) JL Bourg, Betclic Elite. Intérieur massif, élément majeur d’une équipe de haut niveau qui a réussi un beau parcours cette saison, un renfort intéressant qui va se mesurer aux meilleurs défenseurs de la planète.

    Des possibilités tactiques étendues

    On sait que Wemby est titulaire d’office, mais pas nécessairement au poste de pivot. Son grand talent, en plus de sa taille et de sa mobilité, c’est sa polyvalence, sachant que Vincent Collet souhaite en faire un Yokic. Il risque donc de travailler en tête de raquette. On peut envisager des cinq classiques, mais également des renversements intéressants, voire des cinq totalement inédits, dans un même match, pour dérouter l’adversaire. Avec une réelle pléthore de talents, et surtout de grande taille, c’est un bonheur absolu de coach qui attend Vincent Collet, un régal… et l’embarras du choix !

    La complémentarité Gobert-Wemby

    Rudy Gobert est le pivot titulaire de l’Équipe de France, mais en cas de problème de fautes rapides, il doit pouvoir compter sur Vincent Poirier pour le suppléer. Et les deux jouent très bien ensemble, on peut utiliser une configuration à deux pivots sur certaines séquences pour imposer de la taille et de l’envergure, avec Wemby à l’aile ou au poste haut (ligne des lancers-francs) et deux ailiers ou arrières pour compléter le cinq. Une sacrée muraille, mais également des joueurs très fluides. Cela ouvre des perspectives alléchantes. Oui, techniquement, on peut avoir jusqu’à trois « pivots » sur le terrain en même temps avec Gobert, Poirier et Wembanyama (même si résumer Wemby au poste de pivot du fait de sa grande taille est évidemment réducteur). Imaginez la panique et les mismatches en face… Quand il monte la balle après un rebond, Wemby est extérieur et les deux autres grands ont toute latitude à l’intérieur.

    Une triplette Gobert-Wemby-Batum ahurissante

    Et non, Rudy Gobert et Victor Wembanyama ne sont pas concurrents pour un seul poste. Si Wemby est le plus grand du haut de ses 2.24m, la France n’a aucun intérêt à pénaliser l’un ou l’autre de ces géants en les opposant. Comme avec Karl-Anthony Towns à Minnesota, Rudy Gobert saura s’adapter à la présence d’un autre grand qu’il connait déjà très bien. Leur complémentarité posera des problèmes insolubles à leurs adversaires. Déjà, lors des JO de Tokyo, la paire Gobert-Batum avait réalisé des merveilles en défense (8 contres en demi-finale contre la Slovénie, 4 chacun). Ajoutez Victor Wembanyama et vous obtenez une frontline défensive hors du commun.

    Les cinq de grande taille

    • Gobert-Wemby-Lessort-Batum-Fournier (XXL)
    • Gobert-Poirier-Wemby-Batum-Fournier (XXXL)
    • Gobert-Wemby-Yabusele-Batum-Coulibaly
    • Gobert-Wemby-Batum-Coulibaly-Ntilikina (config meneur)
    • Gobert-Lessort-Wemby-Coulibaly-Hifi (config meneur)
    • Wemby-Yabusele-Batum-Fournier-Coulibaly (3P)

    Les cinq qui courent

    • Gobert-Yabusele-Batum-Cordinier-Albicy
    • Gobert-Lessort-Coulibaly-Fournier-Hifi
    • Gobert-Wemby-Batum-Coulibaly-Strazel

    Si on devait en garder 12…

    Nous ne sommes pas sélectionneurs, mais c’est le jeu.
    Si nous devions absolument en garder 12, ce serait…

    Titulaires : Gobert-Wembanyama-Batum-Fournier-Albicy
    Remplaçants : Poirier-Yabusele-Lessort-Coulibaly-Okobo-Hifi ou Cordinier*
    Wild card : Raynaud ou Massa*
    *Selon forme et sélections.

  • Les Wolves au pied du mur… encore ?

    Les Wolves au pied du mur… encore ?

    C’est déjà la deuxième série de playoffs de suite où les Minnesota Timberwolves sont menés cette année. Dallas mène par 2 victoires à 0, mais Denver avait également pris un ascendant très inquiétant (3-2) lors du tour précédent. La meute s’en est finalement sortie et a remporté la série contre les pépites avec deux victoires de suite (4-3). Reine du rebond, l’équipée sauvage de Rudy Gobert aura besoin d’un Karl-Anthony Towns des grands jours et d’un Anthony Edwards à la hauteur de sa réputation. En effet, les deux vedettes du club n’ont pas encore donné leur pleine mesure. Un beau match en perspective dans une finale de conférence ouest excitante, alors que Boston domine sa finale à l’est (3-0 contre Indiana). Un ticket pour la finale NBA est en jeu. Et malgré un avantage sérieux, rien n’est encore gagné pour les Dallas Mavericks du slovène Luka Dončić.

    Deux défaites… par un total de 4 points seulement

    La bonne nouvelle, c’est que malgré un bilan défavorable, c’est le moins pire des scénarios possibles pour les Wolves. En effet, les Mavericks n’ont gagné que de 3 points lors du premier match et d’un point le second, sur un exploit de Dončić (le stepback three sur la tête de Rudy Gobert, qui a servi de ligne de mire) et surtout, juste après une balle perdue fatale d’Anthony Edwards. Les Wolves avaient les clés du match et pourraient bien les garder pendant toute la série. Dallas doit donc sortir le grand jeu pour le premier match de la série à domicile et porter l’estocade avec une victoire sans appel, pour affirmer sa domination et prendre un avantage décisif (3-0), sous peine de voir l’adversaire amorcer une remontée fantastique. Les Wolves, auteurs de 6 victoires de suite pour démarrer les playoffs (4 contre Phœnix pour le sweep puis 2 contre Denver), ont le goût des séries.

    L’énigme Irving

    Auteur de 30 points lors du premier match (le duo Irving-Dončić à 30+ chacun pour un total de 63 points) puis plus discret dans le second match avec 20 points dont 13 en 4ème quart-temps (4/5 à trois points, 3 passes décisives mais seulement 1/4 aux lancers-francs) et une première mi-temps timide à 5 points, Kyrie Irving aura son mot à dire dans le troisième match. Alors que Luka Dončić souffre et sera probablement fatigué après deux performances extraordinaires (33 points, 6 rebonds et 8 passes dans le premier match puis un triple double avec 32 points, 10 rebonds et 13 passes décisives dans le game 2), c’est sur les épaules du prodige australien que va reposer le sort des Mavericks dans un match capital. Il faut donc s’attendre à voir un Kyrie Irving plus offensif, avec toujours la relation directe avec les intérieurs Daniel Gafford et Dereck Lively qui ouvre des perspectives.

    KAT et Edwards attendus en urgence

    Toujours au bon endroit au bon moment, KAT a été décisif toute la saison et s’entend à merveille avec Rudy Gobert, qu’il complète parfaitement en attaque et supplée idéalement en défense (notamment une prestation déterminante sur Nikola Jokic au tour précédent). Mais pour l’instant, le géant des Wolves plafonne à 31 points en deux matches (16 points et 15 points à 6/20 et 4/16 aux tirs dont un total de 3/14 à trois points). S’il avait atteint ne serait-ce que la moyenne aux shoots, il n’y avait même pas de match, les Mavs étaient pliés. Il a fallu un Naz Reid exceptionnel jusque-là pour rester dans le match (15 points à 5/9 aux shoots dont 3/6 à 3 points puis 23 points à 8/13 aux shoots dont 6/9 à 3 points), on ne peut pas s’attendre à ce qu’il apporte autant pendant toute la série. Il va donc falloir contribuer. C’est là aussi qu’on attend au tournant le franchise player jordanesque du club. S’il tourne à 20 points de moyenne (19 puis 21) et 7.5 passes décisives et a frôlé le triple-double dans la première rencontre (19 points, 11 rebonds et 8 passes), Anthony Edwards devra encore élever son niveau de jeu et surtout stabiliser son adresse (6/16 puis 5/17 aux tirs) pour que les Wolves existent enfin dans cette série. Et si les planètes pouvaient s’aligner enfin, on pourrait également compter sur Jaden McDaniels, tantôt excellent (meilleur marqueur du premier match avec 24 points à 9/15 aux tirs dont 6/9 à trois points), tantôt inexistant (2 points à 1/6 en 36 minutes lors du second match).

    Les clés de la série pour Minnesota

    Avec une rotation à 8 joueurs, les Wolves doivent sortir un match sans mauvaise surprise pour gagner un premier match dans cette série et reprendre du terrain à Dallas. Ils ont déjà usé toutes leurs mauvaises cartouches. En effet, à 0-3, la série serait sans doute pliée, mais à 1-2, tout serait encore possible. Les hommes de Chris Finch ont tout pour réussir, il suffit simplement de persévérer et de laisser la loi des statistiques s’appliquer. KAT et Edwards n’ont pas dit leur dernier mot, Rudy Gobert tient presque la baraque avec ses qualités exceptionnelles et son mental à toute épreuve, les fondamentaux sont plutôt bons dans l’ensemble malgré les problèmes évoqués – des performances individuelles assez catastrophiques dans des défaites ultra-courtes. La situation est grave, mais loin d’être désespérée. Aux Wolves de montrer de quel bois ils se chauffent. Un match à la fois (à la foi?).

  • L’envol de Zaccharie Risacher

    L’envol de Zaccharie Risacher

    C’est toujours étonnant de voir un jeune talent prendre son envol en Championnat de France (LNB) avant un départ programmé pour la NBA (l’association de basket nationale). Un an après Victor Wembanyama (et 17 centimètres en moins), Zaccharie Risacher dispute les playoffs avec Bourg-en-Bresse (JLB) et vient de réaliser son meilleur score en carrière (28 points) dans une courte défaite au match retour d’un quart de finale palpitant à Nanterre (84-90), après une victoire à domicile au match aller (92-82). Une performance que l’intéressé n’a pas pu réellement savourer dans le contexte décevant, avec l’œil rivé sur le prochain match décisif pour aller en demi-finale. Mais cela reste une belle confirmation des espoirs placés en lui, avec un impact déterminant dans un match à enjeu à l’extérieur, pas moins. À un mois de la draft NBA (dans la nuit du 26 au 27 juin 2024), c’est toujours bon à prendre.

    Nanterre très adroit au pied du mur

    Auteurs de 14 tirs réussis sur 27 à trois points, pour une adresse globale à 54,2% (32/59), les joueurs Nanterriens se sont fait peur en 3ème quart-temps (18-27) avant de reprendre le contrôle en dernière période (26-15) pour éviter l’élimination. Justin Bibbins (#1) a tenu la baraque (15 points et 10 passes décisives) et Bastien Pinault a pris feu au bon moment (20 points en 17 minutes dont 6/8 à 3 points) pour enflammer le Palais des Sports Maurice Thorez, avec l’impact de Juhann Begarin en attaque comme en défense (11 points dont 2/3 à 3 points et 3 interceptions en 22 minutes). Le public Nanterrien a vibré ! Nanterre a joué à 9 contre 11, du fait de l’indisponibilité du puissant pivot sénégalais Hamady N’Diaye (#55, 2.13m et 15-20 minutes par match). D’où le gros avantage de Bourg-en-Bresse au rebond (38-23) malgré la présence d’Ibrahima Faye Fall (9 rebonds, 1 contre et 10 points en 33 minutes) et de Desi Rodriguez (5 rebonds, 1 contre, 13 points en 28 minutes).

    Justin Bibbins (#1) serre la main de Frédéric Fauthoux, entraîneur de Bourg-en-Bresse.

    Le cas Risacher

    L’un des bénéfices d’assister à un match de playoffs en région parisienne, c’était évidemment de revoir de près l’ailier Zaccharie Risacher (#10) avant sa téléportation prochaine sur le contient américain, après son passage au Palais des sports Marcel Cerdan il y a quelques semaines (le 24 avril 2024). Face à Boulogne-Levallois, le jeune homme de 19 ans avait montré quelques belles choses en inscrivant 14 points et en prenant 10 rebonds en 23 minutes de jeu, avec quelques jolies actions aussi bien en défense qu’en attaque. Des contres, des dunks, une bonne présence et une belle détente. Le visiteur avait pris le large dans le dernier quart-temps (28-8) pour l’emporter très nettement (101-82).

    Zaccharie Risacher (#10) en contre-attaque et Ibrahima Fall Faye (#7) au contre

    Contre Nanterre, le kid de Bourg-en-Bresse a pesé encore davantage sur le match, inscrivant 28 points sur les 90 de son équipe, en 29 minutes, avec une belle adresse (11/16 dont 5/9 à trois points) en catch-and-shoot, mais également quelques dunks dont un alley-oop pour démarrer la rencontre (passe lobée), un départ en dribble ligne de fond en fin de contre-attaque et un somptueux putback en deuxième période (dunk sur rebond offensif en un seul saut, le joueur attrape le ballon au-dessus du cercle et le remet dedans directement). Le tout sans forcer, dans le collectif, le ballon finissant invariablement dans ses mains après quelques passes. Une performance si naturelle que le public, connaisseur et fébrile à l’idée de voir son équipe éliminée, a manifesté son humeur à chaque touche de balle du jeune prodige. Au début, comme il a raté un tir ou deux, on s’est un peu gaussé du minot, peut-être pas si bon. Puis quand il a aligné les tirs à trois points, calmement, on a senti le public jusque-là enthousiaste pour porter son équipe se calmer nettement à chaque panier, des vrais silences gênés pour ne pas l’encourager, lui, mais qui trahissaient un certain malaise. Et puis vers la fin, alors que le danger était réel, une vraie crainte, le souffle coupé dès qu’il recevait le ballon et shootait. « Oh non, pas encore lui ». Littéralement. Un changement d’ambiance progressif qui n’a pas dû lui échapper. Le public a bien vu qui était Zaccharie Risacher ce jour-là. On le suivra avec plaisir et intérêt dans son aventure américaine.

    Pascal Donnadieu achève son tour d’honneur à l’issue de la rencontre alors que le Kop célèbre la victoire.

    Match décisif lundi à Ekinox

    Les deux équipes, très proches en saison régulière (respectivement 4ème et 5ème du championnat) disputeront donc un troisième match décisif à Bourg-en-Bresse. Avec à la clé une place en demi-finale contre Monaco, leader du championnat, champion de France en titre, qui a sorti Le Portel en deux matches (101-70 puis 85-78) lors de son quart de finale. Est-ce que les Nanterriens auront la force de s’imposer à l’extérieur afin de prolonger encore un temps la carrière de leur entraineur, Pascal Donnadieu (qui tire sa révérence à l’issue de la saison après 37 ans de carrière)? Réponse ce lundi 20 mai 2024 dès 20h à Ekinox.


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