Le carnet des rookies: “Bubble Edition 1.0”

Chaque semaine Clutch Time vous propose un petit focus sur les rookies afin de faire le point sur les performances des débutants.

140 jours ! 140 jours d’attente entre la suspension du championnat lors de ce fameux mercredi 11 mars et ce jeudi 30 juillet, date de la reprise des matchs officiels. Les 22 meilleures équipes du championnat ont été invitées dans un cadre exceptionnel à Disney World près d’Orlando afin d’écrire les pages les plus folles de ce début de décennie déroutant. Bien évidement, de nombreux rookies sont absents cet été, il nous reste tout de même plus de 70 rookies qui vont plus ou moins prendre part à cette aventure historique made in Disney. (les statistiques sont arrêtées au 05/08/20)

Titulaires: dur dur de se remettre dans le rythme

Ja Morant – by Getty Image from heavy.com
Ja Morant, PG, Memphis Grizzlies : 62m, 17.7pts, 3.7rds, 7pds

La reprise fut plus laborieuse que prévu pour Ja et ses coéquipiers. Déjà peu enchanté par le système de « play-in » mis en place par la ligue, le rookie ne s’est pas ménagé au scoring, drivant et agressant constamment la défense adverse. Une défaite frustrante face à Portland pour la reprise officielle, puis une deuxième étriquée face aux Spurs. Les jeunes Grizzlies n’ont pas démérité en revenant au score grâce aux tirs lointains de Jaren Jackson Jr et aux drives de Morant. Le rookie a d’ailleurs réalisé son meilleur match depuis qu’il est en Floride avec 25 points dont 11 dans le dernier quart-temps.

En revanche, le gros point noir de cette reprise, c’est bien son adresse derrière la ligne avec un piteux 10.5% de réussite avec plus de six tentatives par rencontres ! Les Pelicans lui ont même réservé un traitement à la “Rajon Rondo” en le laissant ouvert à 3pts. Si ce manque de réussite peut-être rapidement corrigé, cette maladresse peut également s’expliquer par une éventuelle fatigue dans les jambes. Avec plus de 38 minutes de temps de jeu de moyenne, Morant n’a jamais été autant sollicité sur le terrain. Une fatigue que l’on a pu observer lors de sa performance médiocre face aux Pelicans (11pts, 1/10 à 3pts). En prenant en compte son style de jeu gourmand en énergie, le staff des Grizzlies va devoir rapidement trouver des alternatives afin de le faire souffler. Et le temps presse, les Grizzlies sont à 3 défaites en autant de match.

Zion Williamson, PF, New Orleans : 22m, 22.3pts, 6.4rds, 2.1pds

Absent des matchs amicaux, le phénomène fut bien présent pour le premier match officiel face à Utah. Limité à seulement 15 minutes, le N°1 de la draft 2019 a eu le temps d’inscrire 13 points et de dévoiler sa qualité de passe en contre-attaque. Et c’est à peu près tout… Sur le banc lors du money time, Zion a observé ses coéquipiers perdre le match face à un Rudy Gobert clutch. Le deuxième match n’est guère plus intéressant pour le jeune joueur. Face à des Clippers imprenables, Zion a affiché sa pire feuille de match avec 7 points en 13 minutes. Pour la première fois de sa très jeune carrière, le rookie a terminé un match en dessous de la barre des dix points.

Zion s’est ensuite bien repris lors du duel important face aux Grizzlies. Avec 23pts en 25′, son agressivité en attaque a fini par payer, et ce, malgré une tendance à toujours tirer avec sa main gauche même lorsqu’il drive sur sa droite. Cela lui a valu quelques problème de finition avec 11 tirs manqués dans la raquette. Autre point à améliorer pour ce diamant brut, sa défense… Si Zion veut réellement voir son temps de jeu se stabiliser, il va devoir être plus communicatif et mobile en défense.

En face, Jaren Jackson Jr a scoré sur trois possessions consécutives dans le dernier quart-temps, mais heureusement que le bon vieux JJ Redick est là pour aider les Pels à remporter leur toute première victoire à Orlando.

Michael Porter Jr., F, Denver Nuggets : 50m, 8.1pts, 5.2rds, 0.8pd

Mike Malone doit actuellement composer avec l’absence de Jamal Murray, Gary Harris et de Will Barton, et cela permet au jeune Porter Jr de s’immiscer dans le cinq de départ dès la première rencontre face au Heat ! Les Nuggets se sont montrés globalement maladroits dans ce match perdu. Le rookie n’a pas eu à rougir de sa performance avec 11pts et une réelle affection pour le tir à 3pts malgré une adresse médiocre sur cette rencontre (2/8), mais le meilleur est à venir.

Sa troisième titularisation de sa carrière face au Thunder restera à jamais graver dans ses mémoires avec un record de points : 37 !

Le joueur drafté en 2018 n’a tout simplement jamais relâché la pédale d’accélérateur avec 12pts dans le 1er quart-temps ainsi que dans le dernier quart-temps. Auteur de 6 points dans les trois dernières minutes du temps réglementaire, MPJ a prouvé au staff des Nuggets qu’ils pouvaient compter sur lui lors du money time. Sa connexion avec le génial pivot Nikola Jokic est plus qu’alléchante. Selon NBA.com, 20.5% des passes reçues par MPJ sont en provenance du Serbe. Il ne lui reste plus qu’au rookie de se concentrer en défense afin de ne pas trop être trop pénalisé par les arbitres (4,5 fautes de moyenne par match).

Cameron Johnson, F, Phoenix Suns : 52m, 8.4pts, 3rds, 1.2pds

L’absence de l’ailier Kelly Oubre Jr a permis au « vieux » rookie de vivre sa deuxième titularisation de la saison lors du premier match « in the bubble » des Suns. Discret lors de la victoire face à l’équipe « G-League » des Wizards avec 12 points en 24 minutes. Il s’est montré bien plus à son avantage lors de la deuxième rencontre face aux Mavericks avec 19 points en 40 minutes.

Johnson n’a jamais passé autant de temps sur le parquet lors d’un match NBA. Il en a profité pour faire valoir son principal atout : le tir à 3pts avec 4/8. Si l’ailier est incapable de dunker en contre-attaque, ses qualités de shooteurs sont intéressantes pour écarter au maximum le jeu quand Rubio et Booker portent le ballon. Enfin, bien qu’il présente de faibles qualités athlétiques, cela ne l’a pas empêché de gober 12 rebonds dans cette rencontre grâce à son sens du placement.

La nuit dernière, le rookie a contribué à la victoire surprise des Suns face aux Clippers (37′, 8pts, 7rds). Si le buzzer beater de Devin Booker est incroyable, on ne manquera pas de souligner que Johnson était ouvert à 3pts sur cette dernière action décisive. Les Suns sont pour le moment invaincus à Disney!

Rui Hachimura, F, Washington Wizards : 44m, 13.3pts, 6.1rds, 1.8pds

Le roster des Wizards présente plus les caractéristiques d’un roster de Summer League que d’une équipe NBA intégrant le top 22 de la ligue. Mais voilà, les hommes de Scott Brooks ont été invités à Orlando pour quelques semaines. Les trop nombreuses absences de joueurs clés annihilent tout espoir d’accrocher les Playoffs voire même le “play-in”. C’est donc une opportunité en or pour le rookie Hachimura qui va pouvoir récupérer des tickets shoot sans avoir la pression de remporter le match. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa première performance fut agréable et réussie.

Malgré la défaite, le japonais fut le meilleur scoreur de son équipe. Toujours aussi friand du jump shot à mi-distance, Rui gagne peu à peu confiance sur son handle et n’a pas hésité à jouer en isolation face à un autre rookie : Cameron Johnson.

Néanmoins, la suite est moins glorieuse, avec deux sorties à 9 points avec un temps de jeu dépassant à chaque fois les 30 minutes face à Brooklyn puis Indiana. Inconstant et pas en réussite, l’ancien de Gonzaga se prive toujours de tirer de loin avec une seule tentative en trois rencontres, alors qu’il avait montré des signes encourageants lors des trois matchs amicaux avec un 2/5 derrière la ligne.

Remplaçants, ils ont un impact sur la rencontre

Keldon Johnson face aux Nets – via Spurs.com
Keldon Johnson, SF, San Antonio Spurs : 12m, 6.1pts, 2.7rds, 0.8pd

Le rookie sorti de Kentucky avait commencé à pointer le bout de son nez en mars juste avant la coupure, et voilà que Popovich le place maintenant dans la rotation des Spurs. Un réel plaisir de voir son temps augmenter : 25,7′ sur ces trois matchs vs 10,2′ en saison. Le rookie apporte sa fougue et son énergie sur le terrain. Son attitude fut récompensée par le staff de San Antonio en lui octroyant du temps de jeu dans le money time face aux Grizzlies. Son match record a eu lieu lors de la défaite face aux Sixers, avec 15pts en seulement 21′.

S’il doit encore épurer son jeu et gagner en résistance quand il drive au cercle, Johnson est constamment en mouvement et son agressivité devrait l’amener encore plus loin. San Antonio accorde plus de temps de jeu pour ses jeunes, et cela combiné avec l’absence de LaMarcus Aldridge et le placement par séquence de DeRozan au poste 4, les Spurs gagnent en vitesse. Depuis la reprise, San Antonio est classé 4e au classement du nombre de possessions jouées depuis la reprise (via NBA.com), alors que les texans pointaient à la 15e place depuis le debut de la saison.

Tyler Herro, SG, Miami Heat : 50m, 12.7pts, 4rds, 2pds

Une première performance pour le moins timide lors de la belle victoire du Heat face aux Nuggets. Avec seulement 7 points, en 20 minutes, le rookie fut loin d’être essentiel en attaque au sein d’une équipe plutôt bien rodée. Le deuxième match est tout de suite plus intéressant, face aux champions en titre, les Raptors (12pts). En manque de solutions offensives, Erik Spoelstra a pu compter sur son jeune arrière sur certaines séquences pour scorer de loin ou encore, fait rare, sur un drive !

Le manque d’agressivité des leaders Bam Adebayo et Jimmy Butler, Miami a tout de même réussi à recoller au score dans le 4e quart-temps avec les vétérans Goran Dragic et Jae Crowder sans oublier le jeune arrière qui fut lui aussi installé dans ce lineup pour ce money time. Malgré un résultat qui s’est soldé par une défaite frustrante pour les floridiens, être impliqué dans ce genre de scénario ne peut qu’être bénéfique pour Herro.

La nuite dernière, le Heat s’est employé à remporter son duel face aux Celtics malgré l’absence de Jimmy Butler. Le rookie de 20 ans a compensé cette perte en attaque en inscrivant la totalité de ses points dans le 2e quart-temps (11pts). Son sens du déplacement et son footwork sont un régal pour les yeux.

Brandon Clarke, F, Memphis Grizzlies : 53m, 12.1pts, 5.8rds, 1.4pds

L’intérieur est toujours aussi tonique et bondissant. Sa présence dans la raquette est essentiel pour Memphis. Dans la courte défaite face à Portland lors de la première rencontre, le canadien a récolté 8 lancers-francs dont 7 ont été convertis. Un record personnel, et une feuille de statistiques intéressantes : 21pts, 7rds, 2blks et 34′. Sur le terrain lors du money time, Clarke a même permis aux siens d’égaliser à 32” du buzzer envoyant ainsi les deux équipes en prolongation.

Malheureusement, les deux matchs suivant furent moins glorieux avec un temps de jeu ramené à 24′ et une réelle incapacité à scorer de loin (18pts et 0/4 cumulés lors des défaites face aux Spurs et aux Pelicans). Les Grizzlies peuvent tout de même rester optimistes pour la suite, avec Ja comme détonateur, JJJ et sa précision extérieure, et enfin la présence inside de Clarke, Memphis reste la franchise du futur.

On aimerait les voir plus souvent sur le parquet

Bol Bol face aux Wizards – via parlons-basket.com
Bol Bol, F/C, Denver Nuggets : 2m, 4pts, 2rds, 0.5pd

Après Zion, voici l’autre phénomène de cette classe 19′ ! Bol Bol a tout simplement enflammé le monde de la NBA lors des matchs de préparation avec cette faculté de prendre le rebond défensif, poser deux dribbles pour remonter tout le terrain et d’allumer à 3pts sur un pull up sans complexe. Face au Heat, le fils de Manute a joué ses toutes premières minutes officielles et inscrit son tout premier panier grâce à une passe de l’autre rookie de l’équipe : Michael Porter Jr. Lors de son deuxième match, les Nuggets et le Thunder nous ont offert le face à face le plus improbable mais le plus divertissant de la semaine : Bol Bol (2.18m) vs Chris Paul (1.85m) !

Nickeil Alexander-Walker, PG/SG, New Orleans Pelicans : 43m, 5.3pts, 1.9rds, 1.8pds

Aucune minute accordée face au Jazz, le rookie a également assisté depuis le banc de touche à la leçon donnée par les Clippers à ses coéquipiers. Avec 37 points de retard au début du 4e quart-temps, Alvin Gentrty se décida enfin à faire jouer son banc pour le grand plaisir de la famille de NAW. L’arrière ne s’est pas fait prier pour prendre sa chance, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il avait des fourmis dans les jambes : 15pts, 2pds, 2stls en 12′ !

Résultat de cette belle performance offensive : 4′ le match suivant face aux Grizzlies… Free NAW !

Dix autres élèves à surveiller:

  • Kendrick Nunn, PG/SG, Miami Heat : 65m, 15.2pts, 2.7rds, 3.3pds
  • Terence Davis, SG, Toronto Raptors : 66m, 7.5pts, 3.3rds, 1.6pds
  • Jaxson Hayes, C, New Orleans Pelicans : 59m, 7.4pts, 4.1rds, 0.9pd
  • Nicolo Melli, F, New Orleans Pelicans : 55m, 6.7pts, 2.9rds, 1.4pds
  • Luguentz Dort, SG, Oklahoma City Thunder : 31m, 6.3pts, 1.9rds, 0.7pd
  • Matisse Thybulle, SG, Philadelphie Sixers : 59m, 4.7pts, 1.5rds, 1.2pds
  • Darius Bazley, SF, Oklahoma City Thunder : 55m, 4.6pts, 3.7rds, 0.5pd
  • Grant Williams, F, Boston Celtics : 65m, 3.4pts, 2.6rds, 1pd
  • Jeremiah Martin, PG, Brooklyn Nets : 5m, 3.6pts, 1.4rds, 1.2pds
  • Terance Mann, SG, Los Angeles Clippers : 36m, 1.6pts, 1rd, 1.1pds

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