Pour les amateurs de sport qui aiment prolonger le plaisir après le coup de sifflet final, suivre les cotes et les marchés peut ajouter une autre dimension à l'analyse des matchs. En France, la pratique du pari sportif évolue et certains joueurs se tournent désormais vers des plateformes acceptant les cryptomonnaies ; pour s'y retrouver, un comparatif des bookmakers crypto permet d'identifier les offres disponibles et de comparer leurs conditions en toute transparence. Comme toujours, il convient de miser de manière responsable et de ne jouer que ce que l'on peut se permettre de perdre.

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  • Le Carnet des Rookies 4.0: L’ombre du «Rookie Wall»

    Le Carnet des Rookies 4.0: L’ombre du «Rookie Wall»

    Écrit par Guillaume GABORIT, Illustration by @romain_sk_97

    Chaque semaine Clutch Time vous propose un petit focus sur les rookies afin de faire le point sur les bonnes ou mauvaises performances des débutants.

    Pour les amateurs de sport qui aiment prolonger le plaisir après le coup de sifflet final, suivre les cotes et les marchés peut ajouter une autre dimension à l'analyse des matchs. En France, la pratique du pari sportif évolue et certains joueurs se tournent désormais vers des plateformes acceptant les cryptomonnaies ; pour s'y retrouver, un comparatif des bookmakers crypto permet d'identifier les offres disponibles et de comparer leurs conditions en toute transparence. Comme toujours, il convient de miser de manière responsable et de ne jouer que ce que l'on peut se permettre de perdre.


    Difficile, difficile la saison NBA d’un rookie. La constance et l’expérience sont encore loin d’être acquises, et certains commencent déjà à douter en attaque et à lâcher en défense. Les rotations évoluent, le temps de jeu est instable, et on retrouve des rookies rétrograder dans leur rôle. Le « Rookie Wall » semble déjà s’installer peu à peu au sein de la ligue. Pour cette semaine remplie de hauts et de bas, il n’a pas été facile de dénicher une pléthore de performances, on en profite donc pour vous présentez des petits nouveaux. Voici ce qu’il faut retenir. (les statistiques sont arrêtées au 27/01/21, via NBA.com)

    Loin d’être parfaits, on est content de les voir d’attaque

    Les joueurs du Magic célèbrant leur rookie après son buzzer beater. Credit: Jeff Wheeler, Star Tribune
    Cole Anthony, PG, Orlando Magic : 18m, 11pts, 4.6rds, 3.3pds

    Ça rentre ! Enfin ! Quel soulagement pour les fans d’Orlando de voir leur jeune pépite devenir une vraie menace de loin, et quelle menace ! Seulement quelques heures après avoir évoqué son adresse calamiteuse aux tirs dans notre dernier carnet des rookies, l’arrière crucifie les Timberwolves au buzzer sur un panier à 3-pts. A noter que Cole Anthony n’a joué que deux minutes dans le dernier quart-temps. Chanceux ou pas, Steve Clifford a choisi le bon moment pour le laisser sur le terrain.

    En plus d’avoir retrouvé le français Evan Fournier, le Magic a renoué avec la victoire après six défaites de suite, et les joueurs ont laissé leur joie éclater dans le vestiaire en l’honneur du héros de la soirée.

    Après ce shoot exceptionnel, le rookie est redescendu sur Terre, avec un match perdu dans l’Indiana avec seulement 9pts et un ratio de -12 quand il est sur le terrain. Il verra, une nouvelle fois Aaron Gordon prendre les choses en main dans le money time. Sans succès… Une nouvelle fois. Quel dommage que l’ailier n’ait pas vu son rookie démarqué dans le corner opposé, on aurait été heureux de voir le rookie enchaîner deux buzzers beaters en deux rencontres.

    Lors des deux rencontres face aux Hornets (1v-1d), Anthony a d’abord connu la déception avec ce premier match perdu et ce turnover crucial lorsque ce dernier était en charge de la remise en jeu. Incapable de trouver un partenaire démarqué, la balle est retournée dans le camp des adversaires. Lors de la revanche, le rookie se reprend et réalise ce qui est sans doute son meilleur match de la saison: 21pts, 8-12 aux tirs et 4-5 de loin.

    Beaucoup plus fiable de loin depuis quatre matchs (76.9% et 3.3 tentatives), Cole Anthony apprend également à jouer plus simple mais aussi plus vite en combinant avec Nikola Vucevic et en se replaçant intelligemment lorsqu’il n’a plus le ballon dans les mains. Tous ces progrès ont fait de lui le 2e meilleur scoreur de son équipe sur ce match, en espérant lui voir confier un peu plus de responsabilités balle en main en fin de match au détriment d’un Aaron Gordon tout sauf clutch.

    Immanuel Quickley, G, New York Knicks : 15m, 10.7pts, 1.9rd, 2.5pds

    Peu coutumier du fait, l’ancien coach des Knicks et finaliste en 1999 Jeff Van Gundy a encensé le choix du front office de la franchise pour avoir sélectionné un joueur aussi talentueux en attaque annoncé au second tour. Malgré ces louanges, « IQ » a enchaîné deux matchs sans saveur : 5pts en 10 minutes dans la victoire à Golden State, et 8pts en 16 minutes dans la défaite à Sacramento. Et son adresse de loin (2/8 sur l’ensemble des deux matchs) ne laissait aucunement présager d’un record à venir… Sauf que voilà, n’oubliez pas ce qu’a déclaré « JVG ». Le talent offensif est là, et Quickley n’a pas manqué de nous le rappeler lors du match face aux Trail Blazers avec un record personnel de 31pts.

    Face à Lillard & co, le rookie s’est demené pour ramener les siens dans le match. Avec 21pts dans le dernier quart-temps, Quickley a ranimé l’espoir de repartir de l’Oregon avec la victoire lorsque les Knicks sont revenus à cinq points d’écart dans le dernier quart-temps. Si le dénouement n’est pas aussi heureux pour les hommes de Thibodeau, le rookie repart avec un record de franchise en poche. Il s’agit du premier rookie de l’histoire des Knicks à avoir scoré 30pts avec 5 tirs primés. De quoi s’attirer de nouvelles louanges, mais cette fois-ci, de son propre coach.

    « C’est impressionnant. Encore une fois, je pense que sa capacité à mettre des shoots est un énorme atout pour notre équipe. C’est quelque chose dont nous avons besoin. Avoir du shoot ça ouvre le jeu. Il est complet et il progresse à chaque sortie, il met de la pression sur l’adversaire ».

    Tom Thibodeau
    Tyrese Haliburton, G, Sacramento Kings : 14m, 11.4pts, 3rds, 4.9pds

    Pas grand chose à signaler du côté du nouveau chouchou des Kings. S’il n’a rien pu faire lors de la revanche perdue face aux Clippers (11pts, 3/8 à 3-pts en 24′), il s’est néanmoins illustré lors de la venu des New York Knicks. La franchise qui l’avait notamment snobée à la Draft. Il est évident qu’il y a des matchs où l’on est un peu plus motivé pour gagner et ce soir là, Haliburton a mis un poing d’honneur à tout donner des deux côtés du terrain pour y parvenir : 16pts, 5rds, 2ints, 4blks en 31 minutes de jeu.

    L’arrière a eu son « revenge game ». Il combine toujours aussi bien avec Richaun Holmes sur pick-and-roll, et s’est montré particulièrement actif en défense. Il se permet même d’en finir avec les visiteurs sur un tir à 3-pts en fin de rencontre. Un vrai bonheur de voir une âme de compétiteur chez un jeune joueur, dommage que les mesures covid-19 ont annulé les deux dernières rencontres des Kings qui étaient prévues face aux Grizzlies.


    Timides, mais les voici titulaires pour la première fois

    Théo Maledon via World-today-news.com
    Théo Maledon, PG, Oklahoma City Thunder : 16m, 6pts, 2.4rds, 2.8pds

    L’absence du meneur titulaire George Hill blessé au pouce droit, a permis de voir le français Théo Maledon intégrer un cinq de départ qui ne dépasse pas les 22 ans de moyenne. Une vraie surprise et un réel plaisir de retrouver l’ancien arrière de l’ASVEL obtenir cette opportunité si tôt dans la saison. A seulement 19 ans, le natif de Rouen ne s’était pourtant pas montré à son avantage lors de la deuxième défaite chez les Clippers avec 2pts en 16 minutes et un vilain 0/3 de loin. Et pourtant, le jeune coach Mark Daigneault lui a confié le poste d’arrière titulaire aux côtés de « SGA » face aux Trail Blazers de Damian Lillard.

    En plus de ses 6pts, il attrape 4 rebonds et délivre 4 passes décisives pour une seule balle perdue dans ce match remporté. Si le français n’a pas toujours été en charge de la mène, il a su se montrer utile off-ball, avec 2/5 de loin dont un tir primé dans le corner. Mais on reste convaincu que Maledon a tout ce qu’il faut pour diriger une attaque en NBA à plein temps. Sa vision de jeu, sa patience sur pick-and-roll devraient l’aider à convaincre le staff du Thunder. Soyons encore patients.

    Onyeka Okongwu, F-C, Atlanta Hawks : 4m, 3pts, 3.5rds, 0.5pds

    Après avoir connu ses débuts chez les pros la semaine dernière face au Jazz de Rudy Gobert, le jeune intérieur des Hawks vient de vivre sa première expérience en tant que pivot titulaire suite à l’absence de Clint Capela. Mais avant sa titularisation, Okongwu a pu enchaîner deux matchs et deux victoires: tout d’abord à Detroit (en prolongation) puis à Minnesota. Très loin d’avoir un temps de jeu conséquent (12 minutes de moyenne), il se démarque par son activité en défense (plus ou moins disciplinée) et notamment lorsqu’il s’agit de contrer le tir adverse. Il n’est pas rare de le voir rejeter plus de tirs adverses que d’en marquer lui-même. Ses trois contres face à Detroit et son collègue de promotion Isaiah Stewart sont un avant goût de ce que pourrait donner un tel profil de joueur sur un temps de jeu plus important.

    Revenons donc à cette première titularisation face aux Bucks, et si les Hawks n’ont pu tenir le choc en l’absence de Trae Young et de Clint Capela, le staff a pu voir son lottery pick à l’œuvre, et devinez quoi ? Toujours des contres.


    Ils ont réussi à attirer notre attention

    Mason Jones balle en main face au rookie des Mavericks Tyrell Terry. Credit: AP Photo/Tony Gutierrez
    Mason Jones, SG, Houston Rockets : 9m, 8.6pts, 2.2rds, 1.4pds

    Déjà présent lors du carnet des rookies 3.0, le rookie non drafté des Rockets continue de se montrer par séquence et surtout en attaque. Si son temps de jeu fluctue en fonction des rencontres, l’arrière est capable de scorer rapidement comme face aux Suns avec 8pts en seulement 11 minutes. Bien qu’il peut combiner avec DeMarcus Cousins, coach Silas ne lui assure pas toujours du temps comme ce fut le cas à Detroit : 3 minutes. C’est donc lors de la belle victoire à Dallas qu’il a de nouveau laissé parler son jeu offensif et notamment balle en main. Capable de driver sans avoir un premier pas explosif, il sait créer le contact avec le défenseur pour ensuite avoir de l’espace pour manœuvrer.

    Il a profité du garbage time pour s’octroyer 16pts en seulement 18 minutes, et quelques jolies séquences de un contre un contre le géant Boban Marjanovic. Ce n’est d’ailleurs pas le seul rookie chez les Rockets à s’être amusé avec le géant serbe. Par ailleurs, l’arrivée d’un profil similaire en la personne de Kevin Porter Jr n’est pas forcément bon signe pour le temps de jeu de Jones. Il faudra qu’il maximise ses chances une fois sur le terrain avant que l’ancien arrière des Cavs enfile son tout nouveau maillot.

    Dylan Windler, SF, Cleveland Cavaliers : 4m, 6pts, 3rds, 1pd

    Et si Windler était l’une des raisons qui a poussé KPJ dehors ? De retour après une année blanche, l’ancien joueur de Belmont dans le Tennessee vient d’enchaîner trois matchs consécutifs avec au minimum 16 minutes passées sur le parquet. Un soulagement pour la franchise qui attendait de voir le gaucher à l’œuvre depuis sa sélection en 26e place en 2019. Bien présent dans la seconde victoire face aux Nets avec un joli 2/2 de loin qui vient confirmer son potentiel de shooteur, il va ensuite s’octroyer son record en carrière avec 11pts lors d’un match perdu chez les Celtics avec des séquences offensives intéressantes.

    Intelligent dans son placement, toujours la tête levée, et rapide dans ses prises de décisions, le rookie semble déjà avoir un temps d’avance par rapport à la cuvée 2020 avec son vécu au sein du banc des Cavs la saison dernière. Le staff a sûrement réalisé un excellent travail pour garder ce jeune joueur impliqué dans le projet de la franchise. En revanche, ne le placer pas dans la catégorie des « shooteurs qui ne savent pas défendre ni dunker », demandez d’abord à Kyle Kuzma ce qu’il en pense.

    Isaiah Stewart, C, Detroit Pistons : 15m, 4.7pts, 5.4rds, 0.7pd

    Avec trois rookies choisis au premier tour par les Pistons, on aurait aimé évoquer autrement l’évolution de ces jeunes joueurs, mais avec le français Killian Hayes out pour plusieurs semaines et un Saddiq Bey qui en train d’expérimenter les montagnes russes en terme de temps de jeu, il est compliqué d’en tirer des leçons. On se tourne alors vers le tonique, et pas toujours sous contrôle, Isaiah Stewart. Le pivot en provenance de la faculté de Washington enchaîne les matchs avec au minimum 15 minutes depuis 4 matchs. Son match référence a eu lieu face aux Rockets avec 7pts et 10rbs. Mais au delà de sa présence près du cercle et du fait qu’il a contré au moins un ballon depuis 4 matchs, c’est son côté « casse-pieds » en défense poste bas qui saute aux yeux.

    Joel Embiid a sûrement apprécié le traitement que lui a réservé le rookie. C’est en tout cas moins violent comparé à ce qui est arrivé au short de Dwight Howard. Sans faire trop de bruit, le rookie grappille des minutes dans une franchise qui possède de nombreux sceptiques vis à vis du projet sportif. En tout cas, Stewart pourra bientôt rentrer dans le club, présidé par Marcus Smart, des joueurs que l’on ne supporte pas affronter mais que l’on adore avoir à ses cotés.

    Nico Mannion, PG, Golden State Warriors : 4m, 2.3pts, 0.8rd, 2.5pds

    Après avoir subi une dégringolade vertigineuse lors de la draft (48e choix), le meneur italo-américain vient pour la première fois de participer à trois rencontres consécutives. Bien que sa présence est encore trop souvent liée au garbage time, il faut avouer que l’on n’a pu s’empêcher de voir d’un œil attentif son apport sur le terrain et sa gestion de l’attaque. Lors de la défaite contre les Knicks, il a tout de suite confirmer ses instincts de meneur passeur avec déjà 4 caviars en 8 minutes.

    Rebelote face au Jazz avec de nouveau 4 passes décisives et 8pts en 9 minutes. Il faut avouer que le rookie profite du fait que Stephen Curry est un vrai aimant à défenseurs pour ensuite trouver son collègue de classe James Wiseman. Il serait d’ailleurs intéressant de voir cette alchimie entre les deux rookies se développer tant ces deux là se complètent parfaitement. Par ailleurs, on a cru comprendre que Wiseman quittait son poste de titulaire pour rejoindre la 2nd unit… Attendons encore un peu avant de voir Mannion prendre du galon.

    Les tops picks ne montrent toujours pas l’exemple

    Anthony Edwards, SG, Minnesota Timberwolves : 16m, 12.3pts, 2.8rds, 1.6pds

    Après s’être plaint de ne pas récolter assez de fautes de la part des arbitres, le N°1 de la draft a obtenu gain de causes et a signé un jolie 12/13 sur la ligne de réparation sur les deux derniers matchs. Mais cela reste encore insuffisant vis à vis de sa production sur le terrain. Avec de telles qualités athlétiques, l’arrière n’a contré que deux tirs depuis le début de la saison et n’arrive même pas à prendre plus de 3 rebonds par rencontre. En attaque, Edwards est toujours autant gourmand en jump shoot et en drives vers le cercle. Son insouciance l’a poussé à se jeter dans la gueule du loup et notamment face à Clint Capela (10 contres) qui ne s’est pas fait prier pour le contrer plusieurs fois. Dorénavant, si on peut éviter les comparaisons avec Dwyane Wade

    James Wiseman, C, Golden State Warriors : 17m, 11.9pts, 5.9rds, 0.6pd

    Désolé si on se répète, mais le pivot des Warriors est comme Anthony Edwards, un joueur très athlétique et spectaculaire sur certaine séquence, mais qui manque cruellement d’instinct et de sens du placement pour impacter positivement le match de son équipe. S’il a montré qu’il n’avait pas froid aux yeux face Rudy Gobert en le contrant notamment, les Warriors ont subi le revers de trop après celui face aux Knicks. Le cinq de départ est le plus mauvais de la ligue pour au moins 100 minutes jouées, et le rookie n’aide pas à faire la loi dans la raquette puisqu’ils sont également la 3e plus mauvaise équipe au rebond défensif (via NBA.com). Steve Kerr a donc mis à exécution son nouveau plan pour son cinq de départ en éjectant son jeune rookie au profit du défensif Kevon Looney. Un vrai coup dur pour Wiseman même si ce dernier assure qu’il accepte pleinement cette décision et que cela ne l’affectera pas négativement. Nous verrons ça pour le prochain carnet.

    LaMelo Ball, PG, Charlotte Hornets : 17m, 11.3pts, 6.1rds, 5.9pds

    La magie Ball s’est en quelque sorte un peu tassée ces derniers jours. Déjà moins efficace de loin (2/11 sur les 4 derniers matchs), et un dunk manqué dans le taffic, l’effet Ball prend moins sur le terrain avec 4.7 passes décisives mais à relativiser avec 4 turnovers de moyenne depuis 4 matchs. Les Hornets se retrouvent actuellement dans une mauvaise série de 1v-5d qui doit forcément mettre un peu de pression sur James Borrego qui n’a pas manqué de cibler son rookie pour son manque d’investissement en défense.

    « Vous perdez le ballon cinq fois en 16 minutes, cela ne me gênera pas. Si cela arrive en attaque, vous feriez mieux d’apporter quelque chose en défense. »

    James Borrego via Charlotteobserver.com

    Vous vous en doutez, il n’a pas fallu longtemps pour que le père Ball se mette à parler dans la presse en évoquant le fait que son fils ne peut être un simple joueur de banc et qu’il cache sa déception actuelle de ne pas être dans le cinq de départ. En fin de compte, le show Ball continue, c’est juste LaVar qui va prendre le relais.


    Bienvenue à l’infirmerie

    Payton Pritchard, PG, Boston Celtics : 14m, 7.7pts, 2.4rds, 2.6pds

    Après des débuts prometteurs, c’est un vrai coup d’arrêt pour le jeune meneur de Boston. Alors qu’il avait bien intégré la rotation de Brad Stevens, l’ancien meilleur joueur de la PAC-12 à l’université, vient de connaître sa première sérieuse blessure chez les professionnels. C’est en plein match à Philadelphie, lors d’une bataille pour le rebond défensif que Payton a subit une entorse au genou droit, provoquée en partie par la chute de son coéquipier Jaylen Brown. Cette blessure le tiendrait éloigné des terrains pour environ deux semaines.


    Il a quitté la classe… Pour le moment

    Dakota Mathias, SG, Philadelphia Sixers : 8m, 6pts, 0.9rd, 1.6pds

    Signé en Two Way avant le début de la saison, Mathias n’a même pas dépassé la barre des dix matchs joués. Il a pourtant eu l’opportunité de se montrer lors des rencontres contre Denver (12pts) et Atlanta (14pts) lorsque Doc Rivers était privé de 75% de son effectif suite aux mesures covid-19 de la ligue. Non drafté à sa sortie de Purdue en 2018, ce petit arrière de 1.93m est capable d’artiller de loin, suffisant pour tenter une autre équipe de le signer en two way ?


    10 autres élèves à surveiller :

    • Patrick Williams, F, Chicago Bulls : 16m, 9.4pts, 4rds, 1pd
    • Isaac Okoro, SF, Cleveland Cavaliers : 12m, 8.3pts, 2.4rds, 1.8pds
    • Tyrese Maxey, G, Philadelphia Sixers : 18m, 10pts, 2.4rds, 2.1pds
    • Jae’Sean Tate, SF, Houston Rockets : 15m, 8.7pts, 4.4rds, 1.8pds
    • Xavier Tillman Sr, PF, Memphis Grizzlies : 8m, 8.6pts, 3.9rds, 1.6pds
    • Desmond Bane, SG, Memphis Grizzlies : 13m, 8.6pts, 2.8rds, 1.1pds
    • Saddiq Bey, SF, Detroit Pistons : 16m, 7.6pts, 3.3rds, 0.6pd
    • Precious Achiuwa, PF, Miami Heat : 15m, 7.3pts, 4.9rds, 0.8pd
    • Devin Vassell, SG, San Antonio Spurs : 16m, 5.7pts, 3.6rds, 1.4pds
    • Obi Toppin, PF, New York Knicks : 9m, 4.9pts, 3rds, 0.7pd
  • Le Carnet des Rookies 3.0 : Belle semaine pour les joueurs de rotation, pas pour les tops picks

    Le Carnet des Rookies 3.0 : Belle semaine pour les joueurs de rotation, pas pour les tops picks

    Ecrit par Guillaume GABORIT (@Droopy_boooom), Illustration by @romain_sk_97

    Chaque semaine Clutch Time vous propose un petit focus sur les rookies afin de faire le point sur les bonnes ou mauvaises performances des débutants.


    Les reports de matchs s’enchaînent à vitesse folle ! Les Wizards et le rookie Deni Avdija n’ont plus joué depuis le 11 janvier avec un total de cinq rencontres annulées. Il n’est pas toujours évident de s’y retrouver entre les joueurs blessés et ceux qui subissent le protocole covid mis en place par la ligue. En attendant, de nombreux rookies ont pu se montrer cette semaine et c’est, avec un réel enthousiasme, de les voir pour la première fois apparaître dans le carnet des rookies. Si les tops choix de cette cuvée 2020 vivent une période plus compliquée, les joueurs de rotation ont su se démarquer, en espérant voir leur minutes continuer d’augmenter. (les statistiques sont arrêtées au 20/01/21, via NBA.com)

    On est pressé de les voir rentrer en jeu

    Immanuel Quickley (New York) face à un autre rookie Isaac Okoro (Cleveland). via Newyorknewstimes.com
    Immanuel Quickley, G, New York Knicks : 10m, 9.9pts, 1.7rd, 2.7pds

    Imaginez un instant que toute cette pandémie n’ait jamais existé. Imaginez que le MSG soit rempli tous les soirs de match avec cette ambiance unique. Et maintenant imaginez l’engouement autour d’un jeune arrière drafté en 25e position qui tourne à plus de 17pts de moyenne depuis quatre matchs (meilleur rookie, via NBA.com). Impossible de ne pas visualiser cette euphorie propre aux fans de la Grosse Pomme pour ce joueur avec autant de skills en attaque. Et cette belle histoire a démarré contre le rival Brooklyn : 19pts en 22 minutes dans la défaite, sans oublier une réelle éthique professionnelle lorsqu’il s’inflige des shoots supplémentaires après la rencontre. Ce soir là, quelque chose s’est débloqué chez Quickley. Lorsque le match semblait plié, il s’est montré bien plus confiant dans ses drives, plus saignant de loin et a pu jouer le pick and roll sur certaines séquences avec simplicité et efficacité. Voici ses statistiques aux tirs avant ce match :

    • 26.3% aux tirs
    • 22.2% à 3-pts

    Et depuis quatre matchs ?

    • 50% aux tirs
    • 45% à 3-pts

    L’ancien poulain de coach Cal est un tout autre joueur, et Tom Thibodeau serait bien inspiré de l’utiliser plus souvent en sortie de banc. Avec 23pts dans la défaite contre les Cavaliers, Quickley réalise son meilleur match de la saison dans le scoring mais aussi en tant que créateur avec 4 passes et aucune perte de balle.

    En dépit de tous ses efforts, le jeune arrière ne peut empêcher les 4 défaites de suite de son équipe. Le rayon de soleil surviendra lors du déplacement au TD Garden avec une impressionnante victoire et le sentiment que Quickley possède déjà la panoplie complète du floater, comme le montre cette séquence qui a duré 90 secondes dans la victoire à Boston.

    Thibodeau reconnaît volontiers le talent offensif de celui qui est surnommé « IQ » :

    « Il est vraiment doué. C’est un rookie, mais il entre en jeu et joue ainsi. Il a tous les shoots que vous pouvez imaginez dans sa panoplie. »

    Tom Thibodeau
    Tyrese Haliburton, G, Sacramento Kings : 12m, 11.1pts, 2.8rds, 5.3pds

    Semaine délicate pour Haliburton. Si tout semblait encore prometteur malgré la défaite face aux Blazers (17pts et 9pds en 31 minutes en étant très adroit dans le corner), la défense des Kings est décidément incapable de tenir un score. Puis le rookie va connaître son premier vrai coup de mou en l’espace de deux matchs. Tout d’abord dans la lourde défaite face aux Clippers (5pts, 5pds, 2/7 aux tirs), puis face aux Pelicans (2pts, 1/3 aux tirs).

    Mécontent de sa performance face aux Clippers, Haliburton s’autorise des shoots supplémentaires après la rencontre pour perfectionner son tir. Le rookie n’a pas eu l’impact habituel sur le terrain malgré des efforts qui sont à souligner concernant son placement défensif.

    Bien qu’il combine plutôt bien avec son intérieur Richaun Holmes (1.1pds par match, via NBA.com), l’arrière n’est que trop rarement dépositaire du jeu des siens avec un usage rate bien loin des autres arrières de sa promotion par exemple (14.5 USG%). Il est évident que De’Aaron Fox est destiné cette saison à avoir le ballon dans les mains et son match record à 43pts contre les Pelicans en est la preuve. Néanmoins, il n’a pu empêcher une nouvelle désillusion. Par ailleurs, Haliburton n’a jamais passé aussi peu de temps sur le terrain que lors de ses deux dernières apparitions.

    LaMelo Ball, PG, Charlotte Hornets : 14m, 11.8pts, 6.8rds, 6.1pds

    Les rumeurs qui plaçaient le rookie dans le cinq de départ à la place de Devonte’ Graham sont peu à peu retombées. Adroit la semaine dernière, LaMelo Ball s’est montré beaucoup moins saignant lors de ses dernières sorties avec 32.6% aux tirs et 28.6%à 3-pts. En difficulté comme toute son équipe contre Dallas avec seulement 4 petits points au compteur et un vilain air ball de loin. Après quatre victoires de rang, les Hornets sont redescendus sur Terre. Puis il y a eu du mieux lors de la première rencontre à Toronto avec 14pts et 11pds. Il participe notamment à la belle remontée de son équipe dans le dernier quart-temps. Le meneur est toujours à un highlights de moyenne par quart-temps et ses coéquipiers profitent également de son côté altruiste/showman.

    Lors du money time, James Borrego préfère placer LaMelo sur le terrain pour les possessions offensives, et sur le banc lors des possessions défensives. Il faut avouer que LaMelo est obnubilé par le ballon. Que se soit pour prendre le rebond défensif, ou bien pour tenter l’interception sur une passe à proximité, au détriment d’un placement défensif plus judicieux pour l’équilibre collectif.

    Bis repetita lors de la revanche, avec un Ball qui avait pourtant bien démarré la rencontre avec deux tirs primés. Il n’a malheureusement eu aucun impact en fin de match, et les Raptors ont remporté cette deuxième manche dans le money time.

    Une chose est sûre, Ball sait se faire remarquer quand il rentre sur le terrain par ses passes et ses envolées imprévisibles. On lui souhaite juste de résister un peu plus dans la raquette pour finir inside (43.9%) et d’équilibrer ses pourcentages aux tirs à 3-pts notamment à 45° : 5/18 sur sa droite contre 9/18 sur sa gauche(via statmuse)


    Ils en ont profité pour se faire remarquer

    Pas un joueur des Nets ne pourra stopper la montée vers le cercle de Xavier Tillman. Credit: Brandon Dill – AP
    Xavier Tillman Sr, PF, Memphis Grizzlies : 8m, 8.6pts, 3.9rds, 1.6pds

    Pour la première fois de la saison, l’ancien intérieur vedette de Michigan State a dépassé la barre des dix points. Face à la « terrible » défense des Timberwolves, Tillman s’est autorisé 12pts face à Naz Reid et KarlAnthony Towns. S’il ne possède pas la taille d’un pivot classique (2.03m), le 35e choix de la draft a trouvé le moyen de scorer près du cercle avec un solide floater.

    Lors de sa deuxième sortie remarquée, l’intérieur s’offre le match le plus complet de sa très jeune carrière professionnelle. Avec 15pts, 4rds, 2pds et 4 interceptions, Tillman a profité de l’absence de Joel Embiid pour martyriser le cercle face à un Dwight Howard cimenté au sol.

    Pour la première fois cette saison, Taylor Jenkins va laisser son jeune intérieur sur le terrain lors du money time. Résultat : une défense clutch sur Tobias Harris qui finira en dehors du terrain permettant ainsi aux Grizzlies d’engranger la victoire. Memphis tient là un rookie qui est clairement fait pour ce genre de situation, voici ce qu’il déclarait à la fin de la rencontre.

    «C’est « clutch time ». C’est le moment où la victoire se joue. Ce n’est pas le moment d’être nerveux, pas le moment d’avoir peur, c’est le moment de gagner. »

    Xavier Tillman Sr.

    Intelligent dans son placement, capable de jolis moves poste bas et de sanctionner dans le corner, le rookie possède toutes les caractéristiques pour séduire le staff. Il fut d’ailleurs récompensé en devenant pour la première fois de sa carrière titulaire face aux Suns. Certes, le secteur intérieur des Grizzlies est décimé et Tillman a éprouvé de réelles difficultés face à Deandre Ayton, mais voilà, Memphis vient d’enchaîner cinq victoires de suite et ce rookie y est pour quelque chose.

    Mason Jones, SG, Houston Rockets : 6m, 8.6pts, 2.8rds, 1.6rds

    Une semaine spéciale et forcément éprouvante pour la franchise texane. Le transfert de James Harden est enfin acté, la page d’un épais chapitre vient d’être tournée. Mais que les fans des Rockets se rassurent, le GM Rafael Stone a eu la bonne idée de signer en Two Way un arrière scoreur en provenance de l’université d’Arkansas : Mason Jones. On ne va pas vous faire croire qu’il peut devenir le nouveau go-to-guy de Houston, mais il faut avouer que le garçon aime dribbler, faire des steps-back, et chercher la faute…

    Bref, suite au départ de The Beard, le jeune arrière a vu son temps de jeu augmenter une première fois face aux Spurs avec 14minutes et 9pts marqués, puis c’est lors de la revanche que Stephen Silas va l’intégrer exceptionnellement dans le cinq de départ en attendant l’arrivée du néo-Rocket Victor Oladipo. Résultat : 24pts, 6rds, 4pds en 35 minutes et un joli 6/8 derrière l’arc. Les fans ont droit à un aperçu de sa capacité à artiller de loin notamment avec ce tir « Eric Gordonesque » en toute fin de première mi-temps.

    https://twitter.com/HoustonRockets/status/1350582385629396993

    S’il n’a pu empêcher la défaite des siens, il faut tout de même souligner le talent offensif du joueur qui ne demande qu’à s’affiner (6 ballons perdus). Doter d’un bon handle et de moves déroutants assaisonnés de feintes piégeuses, Jones peut se frayer un chemin au cercle malgré certaines carences concernant ses qualités athlétiques.

    Pour le premier match d’Oladipo sous ses nouvelles couleurs, le rookie est rentré dans le rang avec « seulement » 10pts en 14 minutes lors de la défaite chez les Bulls. En profitant du trade et des nombreuses absences sur certaines rencontres (Wall, Oladipo, Brown, Clemons), Jones a su saisir cette opportunité de montrer ce qu’il pouvait apporter sur le terrain, en espérant que coach Silas garde tout cela dans un coin de sa plaquette de coach.


    Les titulaires qui font le job

    Tyrese Maxey sur la tête de Kelly Olynyk. via Therookiewire.usatoday.com
    Tyrese Maxey, G, Philadelphia Sixers : 14m, 11.4pts, 2.5rds, 2.4pds

    Après une apparition lumineuse face à Denver (39pts) alors que son équipe était décimée par le protocole covid, le jeune Maxey enchaîne les matchs dans le cinq de départ prenant ainsi la place de titulaire au poste de shooting guard en attendant le retour de Seth Curry récemment positif à la covid-19. Seulement deux petits matchs depuis une semaine pour l’arrière, tout en rappelant que la rencontre prévue face au Thunder dimanche dernier n’a pu avoir lieu pour les raisons évoquées en introduction. C’est donc à nouveau face au Heat que Maxey va connaître une deuxième victoire dans son nouveau costume: 25 minutes, 15pts (dont 13 à la mi-temps).

    Aux côtés de Ben Simmons, l’ancien de Kentucky n’a donc plus besoin de diriger le jeu offensif des Sixers comme ce fut le cas quand Doc Rivers devait combiner avec seulement sept joueurs. Avant ce match, Maxey tournait à 6 passes de moyenne, mais ce chiffre est drastiquement tombé à 0.5 depuis que le ballon est repassé dans les mains de Simmons, Embiid voire Milton. En effet, aucune passe décisive à relever lors de la défaite à Memphis, et voilà que Maxey est utilisé en scoreur en sortie d’écran avec quelques dribbles. Loin d’être un créateur d’élite, on aurait aimé le voir un peu plus à l’origine de certaines actions, mais pas d’inquiétude, Philadelphie compte bien conserver et développer son joyau. Souvent évoqué dans l’échange avec James Harden, la franchise aurait, selon des rumeurs, toujours eu l’intention de garder le rookie.

    Isaac Okoro, SF, Cleveland Cavaliers : 8m, 8.6pts, 2.1rds, 2.3pds

    Cleveland doit composer avec de nombreuses absences : Sexton, Garland, Love, Windler et… Kevin Porter Jr qui ne serait plus en odeur de sainteté. Tout cela explique en partie l’énorme temps de jeu accordé au joueur de 19 ans. Avec 36.7 minutes de moyenne passées sur le terrain, c’est tout simplement le rookie le plus utilisé cette saison (via NBA.com). 35 minutes face au Jazz avec pour mission de défendre sur Donovan Mitchell ou encore sur Bojan Bogdanovic, si ça ce n’est pas une grosse journée au travail. S’il n’a pu éviter la lourde défaite des siens (-30), il a pu se frayer 11pts et délivrer 3 passes décisives.

    Après quatre rencontres de suite à plus de trente minutes de temps de jeu, JB Bickerstaff ne le ménage pas dans la victoire face aux Knicks avec plus de 41 minutes, un record pour Okoro. Toujours aussi impliqué en défense, il a notamment essayé tant bien que mal de ralentir par séquence son collègue de promotion Immanuel Quickley (23pts). Avec 13 points et des lancers clutchs en toute fin de match, le rookie continue son apprentissage XXL, tout en se démenant pour défendre avec pas moins de 2.3 interceptions de moyenne sur les trois derniers matchs.

    Le talent est là, mais quand ça ne veut pas…

    Cole Anthony doit lutter pour scorer près du cercle contre les Hawks. Crédits : Dale Zanine-USA TODAY Sports
    Cole Anthony, PG, Orlando Magic : 11m, 9.5pts, 4.2rds, 3.1pds

    Est-ce que les fans du Magic regrettent Markelle Fultz? C’est fort probable, et la question mérite d’être posée vu les immenses difficultés qu’ont les hommes de Steve Clifford à produire du jeu en attaque. Ce n’est pas non plus pour rejeter la faute sur le jeune Cole Anthony, mais il faut avouer que ce dernier n’est pour le moment pas à l’aise dans ce costume de meneur de jeu titulaire. Ses prises de décisions et sa défense sont encore en chantier. Même Jeff Teague s’est amusé face au rookie !

    Hormis son match intéressant face aux Nets version Harden/Durant, le rookie manque de dureté dans le jeu et ne score que 34.4% de ses tentatives près du cercle (via statmuse). Un vrai problème alors qu’il possède une qualité de dribble qui lui permet de se débarrasser de son vis à vis, mais il est incapable d’assurer une fois arrivé près du panier.

    Contre Brooklyn, coach Clifford est revenu vers des systèmes très simples pour son jeune meneur qui n’a que très peu jouer le pick and roll et s’est contenter d’attendre les mouvements off ball de ses coéquipiers. C’est ainsi qu’il a pu délivrer 8 passes décisives avec une seule balle perdue.

    Toujours à New York, mais cette fois au MSG, Cole Anthony a semblé nerveux et n’a pu faire mieux que 2/12 aux tirs. Il a d’ailleurs été témoin d’un Aaron Gordon qui a tenté de se transformer en Damian Lillard pour remporter le match dans le money time. Le résultat est plus que décevant. Le fils de Greg Anthony a encore le temps, et on souhaite vraiment le voir plus efficace près du cercle à défaut d’être un bon gestionnaire.

    James Wiseman, C, Golden State Warriors : 13m, 10.7pts, 6rds, 0.4pd

    Un match très intéressant face à Nikola Jokic (18pts, 5rds, 2blks). S’il n’a pu empêcher la défaite des siens, et encore moins le triple double du pivot serbe, le rookie est toujours aussi tonique sur le terrain et Steve Kerr n’a pas hésité à le faire rentrer sur le terrain en toute fin de match. Mais voilà, le pivot fait encore trop de fautes sur le terrain (4.7 sur les trois derniers matchs), et peut sembler un peu perdu dans les différents placements offensifs variés des Warriors. Comme son coach l’a récemment évoqué, Wiseman n’a joué que 3 matchs en NCAA, ce qui revient presque à le considérer comme un lycéen, voilà pourquoi Kerr aimerait faire appel à une ancienne légende qui a connu le grand saut lycée/NBA pour accompagner son jeune joueur: Kevin Garnett.

    Pour le moment, c’est Draymond Green qui se charge de l’apprentissage, et cela s’est vu lors de la rencontre en début de semaine contre les Lakers. Si les Warriors sont repartis du Staples Center avec une belle victoire, le rookie n’a pu y prendre goût : 12 minutes, 4pts, 3rds, 5 fautes, 5 ballons perdus. Sur le banc de touche durant tout le 4e quart-temps, Wiseman a encore le temps pour progresser et dans un tel environnement bienveillant.

    Anthony Edwards, SG, Minnesota Timberwolves : 12m, 12.5pts, 3.1rds, 1.9pds

    Le N°1 de la draft est toujours le N°1 au scoring de sa classe, mais que la semaine fut compliquée. Après son match sans le moindre panier marqué contre les Spurs, le rookie enchaîne un match à 2pts (1/6 aux tirs) dans la défaite contre les Grizzlies, suivi de 12pts contre les Hawks mais à relativiser avec une adresse toujours aussi inconfortable : 5/16 aux tirs. Il participa au money time mais n’a pas empêché la victoire d’Atlanta. Les Wolves sont tout simplement bons derniers dans la conférence Ouest et rien ne laisse présager une légère amélioration dans les jours à venir tant que la défense ne fournit pas un minimum de travail qualitatif. Si on se penche sur les prochaines affiches, Minnesota retrouvera les Hawks pour une revanche, et on espère sincèrement voir le rookie impacter le match de manière plus significative et ne pas se contenter de jouer le drive vers le cercle en usant de ses qualités athlétiques.


    Pas les débuts rêvés mais on est content de le (re)voir sur le terrain

    Onyeka Okongwu, F-C, Atlanta Hawks : 1m, 4pts, 5rds, 2pds

    Enfin ! Les grands débuts d’Okongwu ont eu lieu ! Le 6e choix de la dernière draft a foulé pour la première fois les parquets NBA dans l’Utah. Profitant principalement du garbage time pour se chauffer les guibolles, l’intérieur a pu jouer 14 minutes pour 4pts, 5rds et 2pds. Si les fans des Hawks ne sont pas forcément excités par ses débuts, le rookie a eu le temps de placer un dunk impressionnant sur un rebond offensif. Regardez simplement d’où il décolle!

    Malheureusement, Lloyd Pierce ne l’a pas encore remis sur le terrain depuis. Pas évident de faire une évaluation globale mais retenons que le jeune joueur n’a pas eu de pré-saison, et que son premier match a eu lieu contre Rudy Gobert. On espère le revoir très vite.


    Ils sont coincés à l’infirmerie

    Patrick Williams, F, Chicago Bulls : 13m, 10.2pts, 3.8rds, 1.1pds

    Après avoir connu une semaine bien chargée en défiant coup sur coup LeBron James et Kawhi Leonard, le natif de Charlotte a subi un léger contre coup ces derniers jours en contractant une gène au niveau de la hanche. Le 4e choix de la draft n’a pas joué en début de semaine contre Houston et son cas sera évalué avant chaque début de rencontre. Le staff des Bulls préfère ainsi prendre des précautions auprès de leur jeune talent qui n’a malheureusement pu empêcher la première victoire à domicile de la saison du Thunder (35′, 14pts et 7rds), et n’a que peu goûté à la victoire des siens face aux Mavericks (22′, 5pts et 5rds). On espère le revoir rapidement sur le terrain et en forme. Sa défense et son jeu à mi-distance fiable nous manquent déjà.

    Jahmi’us Ramsey, SG, Sacramento Kings : 4m, 1.3pts, 1rd, 0.3pd

    Alors que son collègue de promo Tyrese Haliburton s’éclate dans la rotation de Luke Walton, le jeune arrière de 19 ans drafté en 43e position par les Kings a tout d’abord contracté une gène au niveau de l’aine avant le match de vendredi face aux Clippers. Les examens semblent avoir révélé une blessure bien plus grave qui tiendrait Ramsey éloigné des terrains au moins jusqu’en février. Dommage pour cet arrière scoreur que l’on a seulement aperçu quelques minutes dans des bouts de matchs sans enjeu.

    CJ Elleby, SF, Portland Trail Blazers : 6m, 2.3pts, 0.3rd, 0.3pd

    Très peu vu en ce début de saison, le jeune ailier des Blazers drafté en 46e position en novembre dernier s’est malheureusement foulé la cheville. Son statut sera réévalué au jour le jour. Dommage pour ce gaucher actif au rebond et capable de tirer de loin qui aurait pu rentrer sur le terrain lors de la défaite des siens contre les Spurs, du moins, pendant le garbage time.

    Elijah Hughes, SG, Utah Jazz : 6m, 2.7pts, 0.7rd, 0.5pd

    Sélectionné en 39e position en novembre dernier et en provenance de Syracuse, l’ailier scoreur n’a pas encore eu son « moment » et peine encore à intégrer la rotation de Quin Snyder. Sauf quand il s’agit du garbage time. Et sa récente blessure à la cheville gauche ne va pas améliorer ses chances de gagner du temps de jeu cette semaine.

    10 autres élèves à surveiller :

    • Saddiq Bey, SF, Detroit Pistons : 12m, 9.2pts, 3.8rds, 0.7pd
    • Payton Pritchard, PG, Boston Celtics : 12m, 8.8pts, 2.8rds, 2.8pds
    • Desmond Bane, SG, Memphis Grizzlies : 10m, 8.6pts, 2.8rds, 1.1pds
    • Jae’Sean Tate, SF, Houston Rockets : 12m, 8.5pts, 4.4rds, 2.2pds
    • Precious Achiuwa, PF, Miami Heat : 12m, 8.2pts, 5.7rds, 0.9pd
    • Isaiah Joe, SG, Philadelphia Sixers : 9m, 7.1pts, 1.8rds, 1.3pds
    • Deni Avdija, F, Washington Wizards : 11m, 7pts, 4rds, 2.2pds
    • Théo Maledon, PG, Oklahoma City Thunder, 13m : 6.4pts, 2.2rds, 2.8pds
    • Obi Toppin, PF, New York Knicks : 5m, 5pts, 2.6rds, 0.8pd
    • Devin Vassell, SG, San Antonio Spurs : 13m, 4.9pts, 1.7rds, 1.3pds
  • Trade de James Harden : analyse pour chacun des camps

    Trade de James Harden : analyse pour chacun des camps

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Après une longue saga pleine de rebondissements à tous les étages vient le point final : James Harden est échangé dans un blockbuster trade mêlant 4 équipes et atterrit aux Brooklyn Nets, où il rejoint son ancien coéquipier Kevin Durant et Kyrie Irving. Un nouveau Big Three s’installe en ville.
    Mais posons-nous quelques instants pour analyser ce trade…


    Brooklyn Nets

    Départs : Caris LeVert, Jarrett Allen, Taurean Waller-Prince, Rodions Kurucs, 3 picks de draft de 1er tour (2022, 2024, 2026), 4 picks de draft swaps (2021, 2023, 2025, 2027)
    Arrivées :
    James Harden
    Note : B

    B comme Brooklyn. B parce qu’on doit attendre et que ça reste un coup de poker.

    D’un côté, on a la vision d’un mouvement vraiment fou. Récupérer James Harden sans lâcher Kyrie Irving ? Impensable il y a quelques semaines voire quelques jours si on écoutait les insiders.
    La vision d’un Big Three Durant/Harden/Irving fait saliver certains fans et rager d’autres. Preuve irréfutable qu’un trade gigantesque vient d’être produit.

    Mais concrètement, qu’est-ce qu’on sait de ce Big Three ?

    La première question qui va être posée va être la suivante : pourront-ils cohabiter ? Un ballon pour 3 superstars comme eux, n’est-ce pas trop peu ?
    Plusieurs éléments de réponse peuvent être apportés d’un point de vue moral, mais concentrons-nous sur les statistiques avec un tableau qui va résumer le propos :

    Statistiques avancées du Big Three de Brooklyn sur les 5 dernières années

    On peut constater un premier point qui mérite d’être soulevé, même si il est loin d’être surprenant : les trois adorent avoir le ballon en main. Avec un taux d’usage moyen de plus de 30%, Steve Nash risque de passer quelques nuits blanches à trouver une alchimie en termes de répartitions de possessions. Cependant, une approche plus globale va nous permettre d’introduire l’élément clé de cette équipe : Kevin Durant.

    Qui a convaincu Kyrie de venir aux Nets ? Kevin.
    Qui a convaincu Harden de venir pour se rappeler les bons moments du temps d’Oklahoma City ? Durant.
    C’est le maître à bord, celui qui lie tout le reste, et plus important encore, le moins « égoïste » des 3.
    Avec 52.4% de ses paniers issus d’une passe décisive lors des 5 dernières années, il dépasse de loin ces coéquipiers stars. De plus, seulement 14.1% de ses tirs depuis 2016-17 viennent de situations où « KD » a dribblé plus de 7 fois, contre 33.1% où il ne dribble pas du tout.
    Il n’a pas peur de sacrifier des possessions pour le collectif, il sait ce qu’il faut faire pour gagner.

    Plus létal, plus collectif, il est celui qui va lier Kyrie Irving et James Harden en leur donnant le ballon. Il est également celui qui a le plus d’expérience en termes de titres et de superteams, il sait gérer un effectif rempli de stars.
    Problème d’égo ? Venant de lui, impossible, mais Nash et lui devront trouver rapidement un moyen de faire cohabiter Irving et Harden, c’est le défi numéro 1. Si Brooklyn réussit à devenir un rouleau compresseur, on ne devrait pas oublier de remercier Durant côté Nets.

    Mais d’un autre côté, on affaiblit considérablement le banc avec la perte de LeVert, Allen, Waller-Prince et Kurucs.
    Le duo Caris LeVert – Jarrett Allen constituait probablement l’un des meilleurs binômes remplaçants de la ligue alliant la justesse technique de LeVert et l’efficacité d’Allen.

    Le pivot avait même réussi à détrôner DeAndre Jordan du 5 de départ au bout de quelques matchs. Et ce remplacement assez récent interroge… Coach Nash n’a pas apprécié l’impact de Jordan et a jugé nécessaire de le mettre sur le banc. Mais maintenant que Jarrett Allen est parti, quelles rotations vont être utilisées à l’intérieur ? L’arrivée de James Harden peut-elle décaler « KD » sur des minutes en temps de pivot ? Est-ce que DeAndre Jordan fera son retour dans le cinq de départ ?
    Avec une rotation faible en qualité (DeAndre Jordan, Jeff Green, Reggie Perry, Nicolas Claxton), les Nets se retrouvent en mauvaise posture, là où Allen équilibrait l’équipe.

    Le dernier point que l’on pourrait aborder est la perte des picks de draft. Condition sine qua non pour les Rockets, l’introduction de nombreux picks de draft fait parler, et rappellent de mauvais souvenirs côté Nets. Mais là encore, les avis peuvent être divisés en deux camps : si le projet fonctionne, même sans rookies, ils pourront toujours compléter l’effectif avec des joueurs expérimentés au salaire minimum en quête de titre, l’attractivité du Big Three s’occupera du reste. Si le projet échoue, le manque de picks pour renouveler l’effectif en termes de talent pourrait faire se faire sentir, et le trade d’une star du Big 3 serait un moyen d’en récupérer…

    Tout repose dans les mains des Nets.

    Houston Rockets

    Départs : James Harden
    Arrivées : Victor Oladipo, Dante Exum, Rodions Kurucs, 3 picks de draft de 1er tour provenant de Brooklyn (2022, 2024, 2026) , 1er tour de draft 2022 de Milwaukee (non protégé) et 4 picks de draft swaps avec Brooklyn (2021, 2023, 2025, 2027)
    Note : A

    On pourrait inventer un dicton : « Là où Russell Westbrook passe, reconstruction il y aura. ».
    En tout cas, les Wizards seraient prévenus.
    Il faut dire que les Rockets et le Thunder possèdent désormais à eux deux 34 picks de draft entre la draft 2021 et 2027. 34 picks. Quasiment 5 picks par draft. De la pure reconstruction !
    Et quelque chose nous dit que les Rockets n’ont pas encore fini, notamment avec les envies de départ de P.J. Tucker…

    En tout cas, félicitations aux Rockets pour s’être sorti de cette impasse avec James Harden. Certes, la perte est énorme, mais tout le monde savait que la situation ne pouvait plus durer.
    Il est clair qu’on aurait pu avoir une meilleure contrepartie du côté de Houston en provenance des Nets, mais ils n’étaient clairement pas en position de force. Que ça soit avec Caris LeVert (envoyé à Houston dans un premier temps) ou avec Victor Oladipo, Houston est gagnant.
    Avec 4 premiers tours de draft en plus dans les années à venir, ils braquent le stock de Brooklyn.

    Évidemment, dans le pire des cas, Brooklyn bâtit une dynastie et les picks seront très bas, pas forcément dans l’intérêt des Rockets…
    Mais imaginons un cas un peu plus mesuré. L’entente du Big Three et l’arrivée de James Harden ne convient pas, possiblement Houston se retrouvera avec des picks placés proches de la loterie, et potentiellement dans la loterie, sans forcément aller dans l’extrême avec le cas de Boston il y a quelques années. Trade up, valeur marchande, steals à la draft, ces multiples picks sont parfaits pour une reconstruction.

    L’arrivée de Victor Oladipo reste parfaitement dans le thème : on prend un joueur avec une bonne valeur, dans un contrat finissant, on observera les offres à la trade deadline, et si jamais rien n’intéresse le front office, il libérera du cap à l’intersaison, toujours cette idée de reconstruction.
    Mais l’idée d’avoir un cinq « revanchard envers la vie » avec John Wall, Victor Oladipo, Jae’Sean Tate, Christian Wood et DeMarcus Cousins peut donner un spectacle sympathique !

    Concernant l’arrivée de Dante Exum et Rodions Kurucs, très difficile de les voir avoir un rôle à Houston, même si le premier, en cas de départ d’Eric Gordon par exemple, pourrait avoir une chance d’intégrer la rotation et de retrouver une gloire passée après des années de blessure…

    Mais dans l’ensemble, un sentiment de soulagement et de tristesse s’empare de la Space City. On vient de perdre l’un des meilleurs joueurs de la franchise, mais la situation était devenue trop tendue, presque invivable et on ne peut pas reprocher à James Harden de ne pas avoir tout donné pour la ville de Houston.
    Place maintenant à la reconstruction !

    Cleveland Cavaliers

    Départs : 1er tour de draft 2022 de Milwaukee (non protégé) et 2nd tour de draft 2024 de Cleveland
    Arrivées : Jarrett Allen, Taurean Waller-Prince
    Note : A+

    Le casse de ce trade ? Si certains doutaient du départ d’Andre Drummond, ce mouvement risque d’achever leur espoir.
    À quelques mois de la fin du contrat du pivot double All-Star, Cleveland vient d’acquérir Jarrett Allen en provenance des Nets. C’est un transfert terriblement intelligent, avec l’un des pivots les plus en vues de ces derniers mois. Meilleur que DeAndre Jordan à Brooklyn, il a commencé sur le banc avant de le surpasser. Coach Bickerstaff aura un choix à faire, et il ne serait pas étonnant de voir Allen titulaire d’ici quelques semaines.

    Meilleur dans l’ensemble, doté d’excellentes mains, plus impactant, plus jeune, moins gourmand, Jarrett Allen possède le profil que les Cavaliers espéraient. Sa collaboration avec un meneur de jeu gestionnaire comme Darius Garland va poser d’énormes problèmes aux défenses adverses.
    Problème ? Il arrive à la fin de son contrat rookie. Étant donné son rendement incroyable, un gros contrat l’attend. On parle actuellement d’une somme autour de 20 millions/saison. Cher ? Oui. Mais c’est 8 millions de moins que Drummond.

    Alors le départ d’Andre Drummond se fera peut-être avant la fin de son contrat. On parle de Boston principalement, grâce à leur trade exception de 28.5 millions de dollars, en quête de renforcement à l’intérieur.

    Le départ de Dante Exum est assez malin, étant donné qu’il n’a joué que 30 matchs sous les couleurs de Cleveland, sans vraiment convaincre et en prenant beaucoup de minutes au backcourt Sexton-Garland sans vraiment impacter le jeu. L’acquisition d’un vrai joueur de banc comme Taurean Waller-Prince (26 ans) ajoute une nouvelle dimension aux Cavs, surtout avec les pertes fréquences sur blessure de Kevin Love.

    Mais le plus gros point pour les Cavaliers dans cet échange, c’est leur contrepartie, ridiculement faible. Ils envoient un second tour de draft et un 1er tour de draft de Milwaukee. Milwaukee ou l’équipe qui ne devrait pas descendre en dessous du 20ème pick avant un bon moment avec la signature sur long terme de Giannis Antetokounmpo.
    Bien évidemment, ces picks pourraient donner un futur All-Star, mais la probabilité est très faible.

    Vrai vrai coup de maître de la part des Cavaliers, en récupérant leur pivot du futur avec le futur départ d’Andre Drummond et un joueur de rotation expérimenté contre deux picks de draft sans grosse valeur.
    Respect.

    Indiana Pacers

    Départs : Victor Oladipo
    Arrivées : Caris LeVert, 2nd tour de draft 2024 de Cleveland
    Note : B+

    On pensait que Victor Oladipo et les Pacers étaient passés à autre chose depuis les nombreuses rumeurs qui l’envoyait à Miami lors de la dernière intersaison. Et bien… Pas totalement… Puisque Indiana sort, à l’instar de Cleveland, s’introduit dans ce trade avec l’idée de dénicher la bonne affaire…

    C’est chose faite avec l’arrivée de Caris LeVert en provenance de Brooklyn, contre Victor Oladipo.
    Considéré comme l’un des 6èmes hommes les plus forts, il va apporter à Indiana deux ingrédients forts : de la polyvalence et de la stabilité. Tout en se séparant d’Oladipo et de son contrat finissant, les Pacers récupèrent un homme en forme avec un contrat sur 2.5 saisons.

    Certes, l’impact de Caris LeVert ne devrait pas être celui d’Oladipo à la « grande époque », mais ce temps est révolu, et malgré un regain d’énergie de la part de l’ex-franchise player des Pacers cette année, la séparation était inévitable, que ce soit par un trade ou lors de la Free Agency à venir.
    Mais leur impact sur le jeu est plus ou moins équivalent :

    On se souvient qu’il avait été drafté par les Pacers en 2016 avant d’être échangé dans le trade de Thaddeus Young quelques jours plus tard.
    Aujourd’hui, on va sûrement imaginer un rôle de scoreur comme pouvait avoir T.J. Warren avant sa blessure au pied. Directement dans le 5 de départ ? En tant que sixième homme comme aux Nets ? Difficile de se projeter, mais l’absence de Warren et le départ d’Oladipo laisse un vide au niveau des titulaires que Nate Bjorkgren risque de combler avec LeVert.
    Quand on voit les performances qu’il a su produire avec les absences de Kyrie et « KD » l’an passé et cette saison, on doute beaucoup moins de ce qu’il pourra apporter à un effectif déjà bien fourni !

    L’association Brogdon/LeVert sur le backcourt des Pacers risque d’apporter un souffle nouveau à Indiana. En compilant à eux deux 13.5 passes par match sur ce début de saison, il s’impose théoriquement comme l’un des backcourts les plus prolifiques de la NBA, pouvant parfaitement alimenter un joueur comme Domantas Sabonis, notamment sur les phases de pick & roll. Cependant, un problème va se présenter : Caris LeVert sans ballon, c’est… très moyen !

    Coach Bjorkgren devra donc satisfaire un duo carnivore (54.7 d’USG% combinés) tout en ayant en tête que l’efficacité de LeVert sans ballon est à prouver, tant elle est très mauvaise. Avec près de 60% de ses points marqués sur des drives cette année, Caris LeVert connait ses forces, mais devra s’adapter à un effectif plus collectif, moins bâti sur la performance individuelle.

    Cependant, en réalisant ce bon coup, les Pacers se rapprochent de plus en plus de leurs espérances, et allié à leur bon début de saison, ils deviennent un peu plus sérieux dans la course aux contenders sur les prochaines années.


    C’est probablement l’un des rares trades de ces dernières années où tous les camps s’en sortent bien : James Harden est parti former l’un des trios les plus attendus de l’histoire, cette histoire est enfin finie, la NBA va pouvoir se consacrer au sport en attendant, qui sait, un nouveau blockbuster trade à analyser (coucou Bradley)…

    Sources : Sports Reference, The Athletic, ESPN, NBA.com, Spotrac, RealGM.

  • NCAA : les mid-season awards !

    NCAA : les mid-season awards !

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Après quelques matchs, et malgré une situation sanitaire qui a retardé le début de certaines équipes, la saison NCAA bat son plein et les joueurs sont rentrés dans une période de routine où certains se sont détachés du lot.
    C’est l’occasion pour nous revenir sur ces joueurs qui ont marqué le début de saison.


    Joueur de l’année : Luka Garza (Iowa)

    C’était comme imprévisible, inévitable. Après avoir reçu le prix Kareem Abdul-Jabbar l’an passé (meilleur pivot de la NCAA), Luka annonce qu’il reste à Iowa pour sa dernière saison d’éligibilité et renonce à la draft.

    Grosse annonce pour les Hawkeyes et pour le monde NCAA ! Lui qui a grandi depuis sa saison freshman sous les yeux de Fran McCaffery, qui a fait passer Iowa dans une autre dimension après le départ du NBAer Tyler Cook, finissant 2ème au titre de joueur de l’année derrière Obi Toppin, va terroriser les joueurs adverses une saison de plus.
    Très logiquement, et après une saison avec 23.8 points/9.8 rebonds de moyenne, il fait partie de la First Team All-American lors de la présaison. Véritable attraction, tout le monde a les yeux rivés sur ce talent gigantesque.

    Luka ne va pas tarder à confirmer les attentes placées sur lui. Double-double (26/10) en 24 minutes dans le premier match, 41 points en 29 minutes à 14/15 aux tirs dans le deuxième. La hype est légitime : Luka Garza est surhumain.
    Profil physique, énergétique, scoreur à tous les niveaux (62.7 – 48.9 – 74.7), il possède une efficacité absolument divine et un jeu vraiment propre. Avec un pourcentage aux tirs réels de 70% en 13 matchs, et surtout avec plus de 13 tirs tentés par match, Luka se place comme l’un des joueurs les plus efficaces de l’histoire avec un gros volume de tirs.

    Joueur intelligent, toujours bon dans le placement, sa capacité à épurer son jeu dans le temps a été incroyable. Son nombre de pertes de balle est certes en légère augmentation, mais elle est liée à un taux d’usage de plus en plus élevé !

    Même si il ne sera jamais un grand passeur, avoir un ratio passes décisives/pertes de balle supérieur à 1 montre une capacité à perdre très rarement le ballon. D’ailleurs, il rejoint actuellement la légende Doug McDermott en étant la deuxième joueur depuis 2010 à avoir un PER et un USG% supérieur à 30 tout en ayant un TOV% inférieur à 8%.

    Même si son manque d’explosivité est parfois présenté comme un gros défaut, son incroyable énergie rend son jeu sans limite. Avec un pourcentage de 48.9% à 3 points en 45 tentatives (!!!), son jeu s’étend au large, devenant une menace légitime à tous les spots.

    En tout cas, si d’autres titres sont disputés, le titre de joueur de l’année semble jouer au bout d’une dizaine de matchs… Une question reste en suspens : nous avons vu Iowa jouer les têtes d’affiche depuis le début de l’année, est-ce que Luka sera capable de les porter loin dans la March Madness ? Affaire à suivre…

    Freshman de l’année : Hunter Dickinson (Michigan)

    Le joueur que l’on attendait à ce niveau ? Absolument pas, même si les fans de Michigan diront le contraire. Pourtant, s’il y a bien un freshman qui fait mouche cette année, c’est bien Hunter Dickinson.
    Arrivé dans une équipe coachée pour la deuxième année par la légende Juwan Howard, on pensait à une reconstruction compliquée après le départ de Zavier Simpson (meilleur passeur NCAA) et du senior Jon Teske, l’un des meilleurs joueurs de la Big Ten.

    A peine sorti du lycée de DeMatha Catholic, le jeune Hunter sait qu’il va devoir assumer de fortes responsabilités très tôt, la rotation des Wolverines à son poste est vraiment faible. Il est d’ailleurs avec ses 2.16m, le joueur le plus grand de l’effectif.
    Il débute la saison timidement, avec seulement 7 tirs tentés, et frôle directement un double-double (11 points, 8 rebonds) en sortant du banc. Cependant, Juwan ne le sent pas encore prêt pour intégrer le cinq de départ. Michigan enchaîne les victoires, et Hunter enchaîne les excellentes performances en sortant du banc. Après une 5ème victoire en autant de matchs pour les Wolverines, et un match complet encore une fois (18 points, 7 rebonds, 4 contres en 23 minutes), Howard décide de le mettre dans le cinq de départ le match suivant.

    Depuis, il survole la compétition : 19.7 points, 8.3 rebonds et 1.7 contres en 29.3 minutes de jeu depuis qu’il est titulaire.
    Joueur vraiment très fiable près du cercle, il s’installe déjà comme l’un des maîtres à jouer de la NCAA et permet à Michigan de rester parmi les équipes encore invaincues cette année (11V – 0D).
    Encore plus fort, il est clairement l’un des meilleurs joueurs cette saison, posant des statistiques très rares pour un jeune freshman de son calibre.

    À ce rythme-là, difficile de le voir ne pas renoncer à son éligibilité et se présenter à la draft NBA. Mais avant ça, une saison encore longue l’attend et son niveau, bien qu’il dépasse les espérances de tout le monde, devra encore porter Michigan vers de nombreuses victoires. Sera-t-il assez solide ? Possible… Mais on demande à vérifier !

    Défenseur de l’année : Josiah-Jordan James (Tennessee)

    Le meilleur défenseur de la meilleure défense NCAA ? Très fortement possible ! En tout cas, on avait déjà des prémices la saison passée de ce que « JJJ » pouvait donner avec un peu plus d’expérience. Long et athlétique comme un prospect typique de Tennessee, il nous avait surpris par sa compréhension du jeu et sa lecture rapide, ainsi que par sa vision du jeu assez complète des deux côtés du terrain.

    Arrivé sur son année sophomore avec beaucoup plus d’ambitions, dans une équipe qui tourne bien, Josiah-Jordan devait prouver son talent. Titulaire indiscutable sous les ordres de Rick Barnes, il a directement impacté la défense des Volunteers, étant beaucoup plus agressif sur porteur de balle.
    Un indicateur ? Alors que son temps de jeu a été réduit avec l’arrivée des freshmans talentueux Jaden Springer et Keon Johnson au sein de l’effectif, il a réussi à doubler son nombre d’interceptions par match. Son précédent record lors de sa première saison ? 3 interceptions contre Memphis. Il a franchi cette barre déjà 5 fois sur ses 10 premiers matchs cette année.

    Létal sur les lignes de passes, plus agressif sur porteur, sa taille (1.98m) et son physique font de lui le défenseur plus redoutable en ce moment.
    Véritable leader de la 3ème meilleure défense en termes de points encaissés, sa défense est un atout non-mesurable pour Tennessee, en quête de son premier titre NCAA.
    « JJJ » est purement générationnel. Depuis la création du Box Plus-Minus en 2010, il est le seul arrière à combiner un Defensive Rating de moins de 80 avec un Defensive BPM de plus de 7, accompagné des intérieurs Karl-Anthony Towns (Kentucky), Willie Cauley-Stein (Kentucky) et Neemias Queta (Utah St.).
    Impressionnant.

    All-American Teams

    • 1st team

    Ayo Dosunmu (JR – G – Illinois)
    22.4 points, 6.9 rebonds et 4.8 passes en 49.8 / 42.2 / 81.2 – 13 matchs
    Quelle saison pour le natif d’Illinois ! Associé aux superstars en herbe Andre Curbelo et Adam Miller au poste d’arrière, Ayo a complètement endossé le rôle de patron sur le terrain.
    Malgré un AST/TOV ratio assez moyen (1.54), le junior reste l’une des valeurs sûres en termes de polyvalence. En se retirant de plus en plus au niveau du tir à 3 points, et en se concentrant de moins en moins sur la quantité, il a considérablement amélioré sa qualité de tir, devenant un candidat au fameux 50/40/90 avec un peu de patience.

    Jordan Goodwin (SR – G – Saint Louis)
    16.9 points, 11.1 rebonds et 3.8 passes en 48.1 / 29.6 / 71.4 – 8 matchs
    Peut-être la surprise de cette 1st team, mais quel talent ! Et même si la mention de son coéquipier Javonte Perkins n’est pas à négliger, Jordan Goodwin a toutes les qualités d’un All-American. Ultra polyvalent, il se place comme l’un des meilleurs rebondeurs du circuit. Avec 7 doubles-doubles en 8 matchs et un incroyable 21.7% TRB% pour son mètre 90, il terrorise les raquettes adverses. Malgré une légère justesse technique au niveau du tir, l’ex-star lycéenne de l’Illinois compense totalement avec son agressivité et son côté hargneux, notamment en défense.

    Corey Kispert (SR – F – Gonzaga)
    21.1 points, 4.5 rebonds et 2.3 passes en 60.8 / 47.9 / 86.5 – 12 matchs
    Gonzaga qui perd Filip Petrusev, c’est mal. Corey Kispert qui explose et se pose en candidat au joueur de l’année, c’est mieux.
    Quelle saison magnifique est en train de réaliser le senior des Bulldogs, confirmant tous les espoirs que les Zags plaçaient en lui en ce début de saison. Défensivement, c’est à revoir. Offensivement, c’est de la pure bombe en continu : shoot, création, pureté du jeu, déplacement sans ballon… Il ne monopolise absolument pas le ballon, avec un USG% inférieur à 25%, mais possède une efficacité redoutable. Avec 47.9% en 73 tentatives à 3 points, il est le joueur (pour l’instant) de l’histoire de la statistique avec le plus grand pourcentage aux tirs réels pour une moyenne de plus en 20 points par match en moins de 13 tirs. Devant qui ? Des petits joueurs universitaires comme Obi Toppin, Chris Kaman, Tim Duncan… Sympathique.

    Trayce Jackson-Davis (SO – F – Indiana)
    20.1 points, 9.3 rebonds et 1.6 passes en 53.2 / – / 71.2 – 13 matchs
    Si on devait nommer les freshmans les plus forts, ayant le plus d’impact de la saison passée, « TJD » serait dans les premiers noms cités. Cependant, il avait décidé de rester à Indiana, ne se sentant pas prêt pour le saut en NBA.
    Véritable machine à double-doubles (17 en 45 matchs à Indiana), et malgré cette incapacité à s’écarter à 3 points, il a énormément progressé dans le scoring, ayant beaucoup plus de responsabilités offensives avec le transfert de Justin Smith (Arkansas).
    Beaucoup plus agressif vers le cercle cette année, son jeu aérien permet de débloquer pas mal de situations offensives et défensives. Attention à son jeu de passe, qui pourrait être sous-estimé…

    Luka Garza (F/C – Iowa)
    27.6 points, 8.6 rebonds et 1.5 passes en 62.7 / 48.9 / 74.7 – 13 matchs
    Le joueur de l’année qui fait logiquement parti de la 1st All-American Team.

    • 2nd team

    Kendric Davis (JR – G – SMU)
    19.1 points, 4.6 rebonds et 7.7 passes en 52.1 / 43.3 / 84.1 – 9 matchs
    Il a bien grandi le Kendric de TCU, timide et dans l’ombre de Desmond Bane… Deux ans après son transfert vers SMU, il se pose comme l’un des meilleurs arrières NCAA. Comment ? Une production absolument terrible, une qualité de passes volumineuse (7.7 passes/match – 4ème du circuit) et qualitative (3,83 d’AST/TOV ratio), une présence défensive incroyable malgré son gabarit et un shoot de plus en plus fluide et précis.
    Coup de chaud ou véritable transformation ? Difficile de savoir, le temps risque de nous le dire, mais ce qui est sûr, c’est que le junior est en train de marquer beaucoup de points !

    Ron Harper Jr. (JR – G – Rutgers)
    20.1 points, 6.2 rebonds et 2.0 passes en 51.7 / 45.5 / 58.6 – 10 matchs
    De nombreux aspects de l’être humain sont héréditaires. Pour RPJ, tout laisse à croire qu’il a hérité du talent de son père. Polyvalent, il est l’image et à l’image de Rutgers cette saison. Complètement dans la continuité de l’an passé où la petite faculté du New Jersey a explosé, cette saison est la saison de la confirmation : +8 points, + 1 passe, + 0.4 rebond en améliorant de 6.5% son pourcentage aux tirs totaux !
    Assumant avec certitude son rôle de leader, il a toutes les qualités pour aller en NBA à la fin de la saison. Une interrogation ? Son pourcentage aux lancers-francs, très très faible depuis son année freshman (67.8% en carrière).

    Trevion Williams (JR – F – Purdue)
    15.0 points, 9.5 rebonds et 2.4 passes en 53.1 / 0 / 52.1 – 13 matchs
    Peut-être l’un des joueurs de cette liste qui attire le moins visuellement. Pourtant, il est actuellement l’un des joueurs les plus bouillants de la NCAA et cela ne risque pas de s’arrêter. Portant à lui tout seul (ou presque) le programme de Purdue à une modeste 6ème place de conférence Big Ten, Trevion s’est fait petit à petit une place de rang en termes de qualité de jeu. Faisant parti des tout meilleurs rebondeurs présents sur les parquets, son jeu de passe est à retenir, surtout pour un physique comme le sien (2.08m, 120kg). On l’a vu tenter de s’écarter depuis son arrivée en NCAA, mais ça ne semble toujours pas porter ses fruits (4/14 en carrière, dont 0/2 cette saison). Même si la NBA ne lui tend pas les bras cette année, Purdue sera une équipe à surveiller cette année, rien que pour ce joueur.

    Hunter Dickinson (FR – C – Michigan)
    17.5 points, 7.9 rebonds et 0.9 passes en 70.9 / 0 / 75.0 – 11 matchs
    Freshman de l’année : check.
    L’un des meilleurs joueurs à son poste : check.
    All-American 2nd team : check.

    Cameron Krutwig (SR – C – Loyola Chicago)
    16.1 points, 6.6 rebonds et 2.0 passes en 62.3 / 14.3 / 59.4 – 8 matchs
    Une petite surprise au sein de cette 2nd team, avec un joueur ultra talentueux dont on ne parle pas beaucoup. Sûrement l’un des pivots les plus polyvalents de sa génération, Cam a des allures de Nikola Jokic dans le jeu. Puissance au poste bas, bonne vision du jeu, mains ultra sûres près du cercle en plus de frôler assez régulièrement les triples-doubles ! Déjà un des pionniers du parcours de Loyola lors de March Madness 2018 (Final Four en étant 11ème tête de série) en tant que freshman, avec 10.4 points et 4.8 rebonds de moyenne sur le tournoi, Cameron a bien évolué depuis.
    Son physique lui a permet de régner sur la MVC pendant 4 années, direction la NBA ?

    • 3rd team

    Jared Butler (JR – G – Baylor)
    16.4 points, 3.5 rebonds et 5.4 passes en 49.6 / 43.1 / 76.7 – 11 matchs
    C’est certain. Jared ne fait pas forcément la saison qu’on prévoyait au début de saison. Le départ de Makai Mason l’an passé l’avait propulsé au rang des meilleurs arrières NCAA et beaucoup attendaient de lui une saison « à la » Dosunmu. Mais Scott Drew a bien géré son équipe, et avec 4 joueurs à plus de 10 points par match, difficile.
    Mais qu’est-ce que ce jeu est efficace pour Jared ! L’association avec MaCio Teague fonctionne toujours et l’arrivée de Flagler (redshirt transfer) et Cryer ne changent pas ses plans : il veut gagner.
    Beaucoup plus concentré, appliqué, et collectif (au détriment de certains de ses « tickets » shoots), Jared et Baylor sont létaux cette année, et risquent d’aller très très loin dans la compétition.

    McKinley Wright IV (G – Colorado)
    15.4 points, 4.7 rebonds et 5.1 passes en 53.4 / 35.3 / 78.6 – 12 matchs
    Quand on est 2 fois dans la Pac-12 1st Team en 3 saison, et qu’en plus on est considéré comme l’un des meilleurs défenseurs de sa conférence, ça vous classe le joueur. C’est le cas de McKinley, aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs arrières de la NCAA, et à juste titre ! Adoubé comme le 15/5/5 man, qu’il obtient depuis sa saison freshman, sa production n’a cessé d’évoluer, notamment en termes d’efficacité au tir. Beaucoup plus propre dans son jeu, toujours dans son rôle de playmaker, il fait une vraie belle saison, étant un candidat légitime au titre de meilleur guard de la NCAA.

    Oscar da Silva (SR – F – Stanford)
    19.8 points, 7.4 rebonds et 2.3 passes en 62.8 / 33.3 / 73.5 – 11 matchs
    Novembre 2017. 2ème saison aux commandes pour Coach Haase, qui ramène da Silva, Okpala et Davis, 3 stars lycéennes dans le programme. Si le deuxième se drafté après sa saison sophomore, da Silva a profité de son départ pour exploser au grand public. Intelligent et précis près du cercle, bon poseur d’écran, son duo avec Tyrell Terry a fait des étincelles l’an passé. Cette année, il est le seul maître à bord et compte bien porter Stanford cette saison. Aucun match en dessous de 10 points, 3 doubles-doubles sur les 3 derniers matchs, il monte en puissance, et risque bien d’atteindre un niveau incroyable dans les semaines à venir !

    Drew Timme (SO – F – Gonzaga)
    18.5 points, 6.8 rebonds et 2.2 passes en 60.7 / 28.6 / 75.9 – 12 matchs
    L’un des joueurs qu’on attendait au tournant cette saison et qui a parfaitement réussi son début de saison ! Le texan avait réussi à s’imposer dès sa saison freshman avec les Zags, mais avait fait le choix de rester avec Gonzaga. Scoreur absolument dingue, l’association avec Kispert fait des Bulldogs une menace constante au poste d’ailier. A l’aise près du cercle, finisseur létal, il a encore du mal à s’imposer dans les airs, et manque de présence au rebond. Cependant, son agressivité risque de plaire à beaucoup de scouts et il risque de franchir le pas cette saison !

    Charles Bassey (JR – C – Western Kentucky)
    16.8 points, 11.8 rebonds et 0.8 passes en 60.4 / 25.0 / 73.9 – 12 matchs
    Et si c’était LA saison de Charles ? Un peu plus d’un an après sa blessure à la jambe qui l’a écarté des terrains pendant une année, il revient encore plus fort, plus dominant. L’ex-superstar lycéenne peut de nouveau espérer à des ambitions de NBA. Double-double de moyenne, une présence impériale dans la raquette, maître du rebond, finition impeccable, contreur incroyable. Do-mi-na-tion. La question reste la même : aussi talentueux soit-il, est-ce que sa blessure, alors qu’il allait sûrement être drafté lors de la dernière draft, ne va pas l’empêcher d’évoluer en NBA ? Un shoot extérieur assez peu fiable, mais son profil pourrait plaire à des équipes en quête de profondeur de banc cependant !

    All-Freshman Team

    Jalen Suggs (G – Gonzaga)
    13.8 points, 5.1 rebonds et 5.1 passes en 53.7 / 40.6 / 65.7 – 10 matchs
    On en attendait pas moins d’une collaboration entre un des lycéens les plus talentueux des États-Unis et une super-team depuis quelques années. Seul freshman de la NCAA à poser un 10+/5+/5+ de moyenne, Jalen est là où on l’attend : tout en haut du panier. Des performances offensives XXL (24 points vs Kansas (6ème des rankings à ce moment-là) pour son 1er match, 27 points contre Iowa (3ème des rankings)…), une présence défensive, un sens du jeu collectif, une adresse longue distance à ne plus démontrer. C’est probablement LE freshman polyvalent par excellence.
    Exister à côté de Kispert, Timme, Nembhard ou Ayayi, ce n’est pas simple. En tant que freshman, encore plus. Mais Jalen possède une maturité dans son jeu qui risque de faire tabac en NBA, avec un peu d’expérience. Joueur à suivre lors de la March Madness !

    Cameron Thomas (G – LSU)
    21.8 points, 2.7 rebonds et 1.5 passes en 42.7 / 31.3 / 89.5 – 11 matchs
    Quand tu deviens recordman du nombre de points marqués de l’histoire du lycée d’Oak Hill, tu sais qu’on va t’attendre sur le scoring. Résultat : Cam Thomas est le meilleur scoreur de son équipe, de la cuvée de freshmans et le 9ème scoreur de la NCAA. Will Wade fait passer la majorité des ballons dans ses mains, et ça fonctionne ! Pouvant scorer à tous les niveaux, très adroit sur la ligne des lancers-francs, il insuffle un vent d’air frais aux Tigers (9V-2D cette saison) après une saison passée compliquée. Même si sa défense inquiète un peu, le one-and-done lui tend les bras.

    Moses Moody (G – Arkansas)
    16.8 points, 5.6 rebonds et 1.7 passes en 45.0 / 38.5 / 80.3 – 13 matchs
    Si aujourd’hui Arkansas est l’une des locomotives offensives les plus puissantes de la NCAA, c’est en partie grâce à cette homme sorti de Montverde. Le natif de l’Arkansas nous a directement prévenu : plus de 17 points et 5 rebonds de moyenne sur ses 4 premiers matchs. Phénomène passager ? Absolument pas ! 17/6.5 sur les 5 suivants ! Offensivement ? Un monstre qui va vous punir tout le match à longue distance et qui va driver et provoquer (5.5 LFs/match) des fautes si vous fermez l’accès aux 3 points. Défensivement ? Sûrement l’un des plus complets de sa génération, notamment grâce à son profil long et sa taille (1.99 pour un arrière).
    Moses est l’un des joueurs, malgré sa hype au lycée, qui est en train de faire une énorme impression auprès du monde NCAA ! À suivre de très près !

    Evan Mobley (F – USC)
    16.2 points, 9.0 rebonds et 1.5 passes en 59.8 / 40.0 / 68.8 – 11 matchs
    On le savait. C’était presque écrit noir sur blanc qu’Evan allait cartonner dès son année freshman. Directement mis dans le bain grâce à son frère Isaiah, il a réussi à poser 5 doubles-doubles en 11 matchs. Malgré un manque de polyvalence offensive parfois flagrant, il a réussi à vite s’adapter au niveau d’attente NCAA. Joueur hors pair dans les airs, il a des capacités défensives qui pourrait le placer dans les meilleurs défenseurs intérieurs du circuit.
    USC tourne bien cette année, en jouant le haut du tableau de la conférence PAC-12, et Evan est l’architecte de ce succès sur le terrain.

    Hunter Dickinson (C – Michigan)
    17.5 points, 7.9 rebonds et 0.9 passes en 70.9 / 0 / 75.0 – 11 matchs
    Rien de plus logique.


    Sources : Sports Reference, 247.sports, NCAA.

  • Le carnet des rookies 2.0: déjà des records!

    Le carnet des rookies 2.0: déjà des records!

    Par Guillaume GABORIT (@Droopy_boooom)

    Chaque semaine Clutch Time vous propose un petit focus sur les rookies afin de faire le point sur les bonnes ou mauvaises performances des débutants.


    Alors que la ligue entre dans une zone de turbulence avec la multiplication des joueurs testés positifs à la covid-19 et l’annulation de quelques matchs, les rookies continuent leur apprentissage express. Pour ce début de saison spécial voire déroutant, la cuvée 2020 n’a pas tardé à débloquer son compteur à records. Augmentation du temps de jeu, absences des cadres, confiance du coach, cette semaine est plus que positive pour beaucoup de ces jeunes débutants. (les statistiques sont arrêtées au 13/01/21, via NBA.com)

    Des élèves qui marquent déjà l’histoire !

    LaMelo Ball auteur d’un triple double face aux Hawks. Photo by Jacob Kupferman/AP
    LaMelo Ball, PG, Charlotte Hornets : 11m, 12.4pts, 7rds, 6pds

    Quel début de saison pour les Hornets ! Entre la recrue star Gordon Hayward qui joue le meilleur basket de sa vie comme si 2017 n’avait jamais eu lieu, et le rookie LaMelo Ball qui surpasse les attentes en jouant ce rôle de 6e homme en relais de Devonte’ Graham à la perfection. Un scénario idéal pour coach Borrego avec à la clé quatre victoires de suite. S’il est bien trop tôt pour le dire, Charlotte a clairement une carte à jouer pour se faufiler dans les 8 meilleures équipes à l’Est.

    Mais revenons vers notre rookie toujours aussi flashy sur le terrain et en attaque notamment. C’est simple, chacune de ses passes sont à classer dans la catégorie Highlights : passe à l’aveugle, dans le dos, la passe base-ball… Tout y est, il faut juste que ses coéquipiers se tiennent prêt à tout moment, tout comme ses adversaires. Les Hawks en ont fait les frais, et notamment le pauvre Trae Young qui n’a rien pu faire pour empêcher le premier triple double d’un joueur aussi jeune. Historique.

    Si sa dextérité lui permet d’avoir un panel de passes digne des plus grands, Ball possède également la taille d’un ailier (voire un pivot pour Mike D’Antoni). Du haut de ses 2.03m, il est plus facile d’avoir une vision plus large sur le terrain et surtout au dessus des petits meneurs (Hello Trae!). Il s’est notamment fait remarqué par son attirance par le rebond défensif, afin de pousser la balle en transition.

    Il faut voir comment il bouge Collins et Reddish sur la vidéo ci-dessus ! Qui aurait cru que le plus jeune de la famille Ball serait capable de se faire une place dans la raquette et de gober plus de rebonds que n’importe quel joueur des Hornets ! Avec 11 rebonds de moyenne et 1.3 ballons volés sur les 4 derniers matchs, est clairement attiré par la balle et sa trajectoire, il doit néanmoins se méfier par moment lorsqu’il délaisse son joueur en défense.

    Tyrese Maxey, G, Philadelphia Sixers : 12m, 11pts, 2.6rds, 2.7pds

    Quelle semaine pour l’ancien de Kentucky ! Alors que le jeune Maxey n’a dépassé la barre des dix points qu’à deux reprises seulement en profitant du garbage time, le voilà propulsé titulaire contre Denver suite au nombreux cas positifs au sein des Sixers. Mais avant ce fameux match, l’arrière s’est montré lors de la défaite face aux Nets. Une défaite embarrassante avec les absences de Kevin Durant et Kyrie Irving. C’est donc le rookie qui récolta les louanges de son coach à la fin de la rencontre.

    « Tyrese a été le seul gars qui est entré en jeu avec une grosse énergie. Je suis très content de lui. »

    Doc Rivers

    Il termina le match avec 16 points en seulement 21 minutes et a pu montrer au passage qu’il était capable de combiner avec Dwight Howard. Maxey est rapide dans ses prises de décisions en attaque. Son agressivité sur pick and roll et sur le main à main est intéressante. En général, c’est maximum trois dribbles avant qu’il décoche un pull up ou bien un floater.

    C’est deux jours plus tard que le rookie rentrera dans l’histoire de sa franchise en scorant 39 points dans la défaite des siens face aux Nuggets. Privé de nombreux joueurs (Embiid, Simmons, Harris, Korkmaz, Thybulle…), le staff des Sixers a dû improviser et se montrer imaginatif. Doc Rivers semblait très surpris que Maxey puisse scorer autant de points dans un match NBA. De nouveau dans le cinq de départ le match suivant, Philadelphia a pu avoir un avant goût de ce que pourrait être la combinaison Embiid/Maxey (15pts, 4pds en 31 minutes de jeu). Pour ses trois premières titularisations, les Sixers ont enchaîné les défaites. La première victoire a eu lieu la nuit dernière face à un Heat décimé. Auteur de 8 passes décisives mais sorti pour six fautes, le rookie n’a pu aider son équipe durant la prolongation et se sont ses collègues Dakota Mathias et Isaiah Joe qui ont été mis à contribution.


    Plus que des rookies! Ils sont essentiels dans la rotation!

    Tyrese Haliburton épanoui au sein des Kings. via KingsHerald.com
    Tyrese Haliburton, G, Sacramento Kings : 5m, 12.1pts, 2.7rds, 5.3pds

    Blessé au poignet gauche la semaine dernière, le 12e choix de la dernière draft n’a heureusement loupé que deux rencontres. De retour face aux Bulls, l’arrière a réalisé son record en carrière avec 17 points en 34 minutes. Il a notamment profité de la sortie prématurée de De’Aaron Fox pour se montrer. Mais plus que le simple fait de scorer, Haliburton peut tout faire sur un terrain. Sa feuille de statistiques prouve à quel point c’est un joueur complet : 7rds, 6pds, 3ints, 1blk et un tir à 3-pts méga-clutch à 12 » de la fin de la rencontre.

    https://twitter.com/LegionHoops/status/1347052196106362880

    Les Kings vont ensuite essuyer deux gros revers dont un gros passage à vide en défense face aux Raptors avec 144 points concédés. C’est d’ailleurs le rookie Haliburton qui va souligner l’absurditer d’une telle performance, en attendant de corriger tout cela à la vidéo ET avec ses coéquipiers. De son côté, l’arrière continue de faire apprécier sa vision de jeu (5.3pds et 1 seul TO en moyenne) et son sens de l’anticipation en défense (1.3 ints).

    Mais ce qui est encore plus impressionnant c’est son adresse extérieure. On était loin d’imaginer un tel succès derrière la ligne à 3-pts avec sa mécanique de tir peu conventionnelle : 50% avec 4.9 tentatives par match. N’oublions pas qu’il s’agit de meilleur de sa classe en ce qui concerne l’EFG : 66.7% et le TS : 68.3% pour un minimum de 15 minutes passées sur le terrain. Des chiffres ahurissants pour un jeune arrière ! (via NBA.com)

    Bon si on résume : un ratio passes/turnovers positif, des statistiques avancées au dessus du lot, et il ne supporte pas les défenses poreuses… Ce n’est pas un rookie, ce n’est pas possible ! Mais à quoi ont pensé les onze équipes placées avant les Kings lors de la draft ?

    Patrick Williams, F, Chicago Bulls : 11m, 10.3pts, 3.5rds, 1pd

    Quoi de mieux quand vous débutez que de se frotter aux meilleurs joueurs de la ligue ? C’est la belle surprise que Billy Donovan a réservé à son jeune poulain lors des rencontres face aux équipes de Los Angeles. Dans un premier temps face à LeBron James puis face à Kawhi Leonard, trouvez moi un rookie qui a eu une semaine plus chargée que le valeureux ailier formé à Florida State ?

    Allez savoir si coach Donovan souhaitait faire passer ce test puissance mille à son ailier, mais Williams n’a jamais obtenu autant de minutes sur le parquet que contre ces deux monstres à l’Ouest (34′ et 35′). Selon NBA.com, le joueur de 19 ans a passé 8 minutes face à James puis deux jours plus tard face à Leonard. Quel rookie dans la ligue a connu une telle épreuve ? Mais la question es de savoir comment notre élève s’en est-il sorti.

    Dans la défaite étriquée chez les Lakers, Williams (6pts, 8rds, 4ints) ne s’est pas caché pour se placer devant le King lors d’une possession cruciale, et s’il a manqué de puissance pour répondre à James et de lucidité pour bien capter ce rebond offensif (joli écran de retard de James au passage), le quadruple MVP des Finales n’a pas manqué de souligner la ressemblance du jeune joueur avec… Kawhi ! On vous l’avait dit !

    « Des bras longs. Il a des mains de type « Kawhi » […] Je savais que je ne pouvais pas beaucoup jouer avec le ballon […] Chicago en tient un bon. »

    LeBron James

    Dans une nouvelle défaite serrée face aux Clippers, Patrick Williams a enfin pu défier son idole : Kawhi Leonard.

    Plus offensif (17pts record en carrière), le 4e choix de la draft continue de progresser de loin (3/5) et commence même à devenir létal dans le corner. Il n’a en revanche pu limiter Leonard dans un 3e quart-temps de feu (21pts). Une semaine bien chargée pour un rookie qui a clairement plus de responsabilités que n’importe quel autre joueur de sa classe.

    Anthony Edwards, SG, Minnesota Timberwolves : 10m, 13.6pts, 2.9rds, 2pds

    Le numéro 1 de la draft continue d’apprendre. S’il y a un mot pour définir sa semaine : irrégulier. Capable de sortir son meilleur match chez les pros face aux Blazers avec 26points, il peut aussi bien enchaîner plus tard avec un match sans le moindre panier inscrit. Athlétique et rapide sur pick and roll, Edwards a les outils pour driver inside pour le dunk. Demandez donc à Nikola Jokic. En revanche, ses intérieurs peuvent oublier de voir la balle revenir dans leurs mains. Quand le jeune joueur drive, c’est pour scorer !

    Sans pour autant dénigrer sa performance face aux Blazers, il faut tout de même souligner que le match était plié bien avant la fin de la rencontre. Edwards a notamment pu inscrire 12pts dans le garbage time, mais comme son collègue Jarrett Culver, il n’a pas été très inspiré en défense.

    Malheureusement, le rookie n’a su répéter ce genre de performance offensive sur les deux rencontres qui opposaient les siens face aux Spurs. Sur la première rencontre, perdue en prolongation, il ne score « que » 13pts en 30 minutes. Aucun point en prolongation, une faute sur le fameux pump fake de DeRozan et il perd un ballon précieux en fin de match ce qui lui vaudrait une leçon de la part de son meneur Ricky Rubio. Pour la revanche… 0pt avec un horrible 0-8 aux tirs. Heureusement que les Spurs ne sont pas dans la même division que Minnesota.

    Même avec cela, Edwards reste le meilleur scoreur de sa cuvée avec 13.6pts de moyenne mais avec des pourcentages aux tirs peu flatteurs : 33.9% aux tirs et 21.7% à 3-pts sur les 4 derniers matchs.

    Saddiq Bey, SF, Detroit Pistons : 9m, 10.6pts, 4.7rds, 0.9pd

    Avec le français Killian Hayes sur la touche, c’est un autre rookie qui commence à faire son trou dans la rotation de Dwane Casey. L’ailier a tout simplement obtenu son record en carrière avec 20 points dans la défaite à Milwaukee. Si le match a rapidement été plié, Bey a pu montrer son adresse à 3-pts (6/10) face notamment à un collègue de promotion Jordan Nwora.

    Deux jours plus tard, le rookie participe à la belle victoire des siens face aux Suns. Rentré au début du 4e quart-temps, il ne sortira plus avant la fin du match en prolongation. Une très bonne idée de la part du staff puisque Bey va inscrire 5 points coup sur coup dans les derniers instants de la rencontre et sceller le sort des Suns.

    Il est très clair que Bey paraît plus mature par rapport à la moyenne des joueurs de sa promotion, et son coach ne cesse de le répéter en interview. Sans oublier le fait qu’il fut formé dans la prestigieuse fac de Villanova, cela doit forcément aider (Eric Paschall, Donte DiVincenzo, Josh Hart, Jalen Brunson…). Son intégration semble pour le moment réussie et il n’est pas impossible de voir son temps de jeu augmenter dans les jours à venir d’autant plus que Bey est déjà le rookie qui rentre le plus de tirs primés en moyenne (2.6 en seulement 23 minutes de temps de jeu).

    Ils ont été « Clutch »!

    Isaac Okoro, SF, Cleveland Cavaliers : 7m, 8pts, 2.1rds, 2pds

    Après avoir manqué cinq rencontres, le rookie va effectuer son retour lors de la défaite sur le parquet du Magic (10pts, 2pds). Toujours dans le cinq de départ, le rookie apporte toujours autant de caractère en défense sur le terrain. Catalogué comme un winner depuis son court passage à la fac d’Auburn, Okoro a encore une fois prouvé à quel point il pouvait impacter positivement le résultat d’un match ! Sur le parquet des Grizzlies, et malgré un match plutôt discret de sa part avec aucun point inscrit dans le dernier quart-temps avec encore une minute à jouer. Les Cavaliers mènent 91-90 quand Tyus Jones pars en contre-attaque pour un lay-up facile…

    D’abord sifflée comme faute, coach Bickerstaff a eu la lucidité d’utiliser le challenge qui a ensuite accordé le contre au rookie. Puis quelques secondes plus tard, c’est encore le rookie qui se chargea d’enterrer les Grizzlies avec ce dunk ligne de fond devant une défense qui aurait de quoi faire péter les plombs de Tony Allen !

    Cleveland fait face à de nombreuses absences (Garland, Sexton, Love, KPJ…), heureusement que le staff peut compter sur leur rookie pour rendre de multiples services sur le terrain. A l’heure d’écrire ces lignes, Okoro est le rookie le plus utilisé de la ligue avec 36 minutes de moyenne par match.

    Payton Pritchard , PG, Boston Celtics : 10m, 8.6pts, 2.4rds, 3.1pds

    Après son match fabuleux face aux Raptors (23pts), le rookie s’est à nouveau illustré et cette fois avec ce Game Winner face au Heat. On ne vous répétera jamais assez l’importance de l’écran de retard.

    https://twitter.com/BR_NBA/status/1347017328802762753

    Bien qu’il ait été discret tout au long de la rencontre avec une adresse extérieure en panne (0/4 à 3-pts), le meneur ne cesse de se dépenser sur le terrain et n’a pas froid aux yeux pas quand il s’agit de batailler avec les bigs de la ligue sous les panneaux pour le rebond.

    Face à Washington, Pritchard a pu rectifier la mire de loin avec un joli 3/3. Si l’autre rookie des Celtics Aaron Nesmith peine à se montrer, Danny Ainge peut être satisfait de sa nouvelle trouvaille choisie en toute fin de premier tour en novembre dernier.

    Bon… Ce n’est que le début… Soyons patients

    Cole Anthony, PG, Orlando Magic : 11m, 9.5pts, 4.2rds, 3.1pds

    Le meneur titulaire du Magic Markelle Fultz est out pour la saison, ce qui offre une opportunité en or pour le jeune Cole Anthony. Après trois titularisations, l’ancien de UNC n’est pas encore fiable de loin (2/12), et pas suffisamment solide pour résister au contact près du cercle (34.1%, via StatMuse). Sans oublier l’absence de Michael Carter-Williams, le rookie est propulsé meneur de jeu exclusif de son équipe, et ce dernier devra obligatoirement progresser dans sa gestion du rythme du jeu et réduire ses pertes de balles…

    Trois titularisations, trois défaites, plus de pertes de balle que de passes décisives… Il y a beaucoup de boulot avant de considérer Anthony comme un meneur de jeu titulaire dans cette ligue. Mais que les fans du Magic se rassurent, il y a un réel potentiel chez ce joueur athlétique et bon driver. Son association avec son pote Mo Bamba dans la défaite à Houston est un échantillon de ce à quoi pourrait ressembler Orlando dans un futur proche.

    Il est coincé à l’infirmerie

    Killian Hayes, PG, Detroit Pistons : 7m, 4.6pts, 1.1rds, 3.6pds

    Nous l’avions évoqué lors du tout premier carnet des rookies de la saison. Le français a subit une vilaine chute en voulant stopper une contre-attaque dans le 3e quart-temps face aux Bucks. Incapable de se relever immédiatement, et se tordant de douleur au sol, il était clair que le français s’était sérieusement blessé. Le résultat fait froid dans le dos, c’est une déchirure à la hanche. Il est encore trop tôt pour déterminer quand le français pourra fouler de nouveau les terrains. La durée de son indisponibilité dépendra d’une éventuelle opération. On souhaite le meilleur rétablissement possible au meneur français!

    10 autres élèves à surveiller :

    • James Wiseman, C, Golden State Warriors : 11m, 10.6pts, 6.4rds, 0.3pd
    • Desmond Bane, SG, Memphis Grizzlies : 10m, 8.9pts, 3rds, 1.1pds
    • Precious Achiuwa, PF, Miami Heat : 9m, 8.3pts, 5.3rds, 1pd
    • Jae’Sean Tate, SF, Houston Rockets : 9m, 7.9pts, 4.1rds, 1.2pds
    • Deni Avdija, F, Washington Wizards : 11m, 7pts, 4rds, 2.2pds
    • Isaiah Joe, SG, Philadelphia Sixers: 7m, 6.6pts, 2.3rds, 1.6pds
    • Xavier Tillman Sr, PF, Memphis Grizzlies : 5m, 6pts, 3.2rds, 1.4pds
    • Théo Maledon, PG, Oklahoma City Thunder: 10m, 5.9pts, 2rds, 2.8pds
    • Immanuel Quickley, G, New York Knicks : 7m, 5.7pts, 1.4rd, 1.7pds
    • Devin Vassell, SG, San Antonio Spurs : 10m, 3.7pts, 3.1rds, 1.2pds
  • Le Carnet des Rookies 1.0: des débuts tant attendus

    Le Carnet des Rookies 1.0: des débuts tant attendus

    Illustration by @romain_sk_97

    Chaque semaine Clutch Time vous propose un petit focus sur les rookies afin de faire le point sur les bonnes ou mauvaises performances des débutants.


    Pas de Summer League, pas de training camp, quelques miettes en pré-saison… Un mois seulement après avoir été draftés, les rookies doivent déjà trouver leurs marques sur le terrain aux côtés des Stephen Curry, Karl-Anthony Towns, De’Aaron Fox, Blake Griffin… On connaît bien évidemment le contexte actuel et c’est donc un réel plaisir de retrouver la NBA et de repartir avec une toute nouvelle cuvée qui va vivre une saison 2020-21 historique, tout en gardant bien en tête que cette génération n’aura pas connu tous les avantages de leurs prédécesseurs ont pu bénéficier. Soyons donc bienveillants envers ces rookies qui devront naturellement apprendre sur le tas. (les statistiques sont arrêtées au 05/01/21, via NBA.com)

    Des séquences pleines de promesses

    James Wiseman en défense sur Kevin Durant lors du match d’ouverture de la saison. Photo by Kathy Willens via Associated Press
    James Wiseman, C, Golden State Warriors, 7m : 11.4pts, 6.1rds, 0.4pd

    Imaginez : un an sans jouer un match officiel de basket-ball et vous vous retrouvez soudainement propulsé dans un match NBA aux côtés de Stephen Curry, sous les ordres de Steve Kerr à batailler contre Kyrie Irving et Kevin Durant. Wiseman a beau être le 2e choix de la draft, on ne peut pas faire plus violent comme début chez les pros. Même pas besoin de se mouiller la nuque, le rookie est rentré directement dans le bain avec un dunk pour son premier panier. Et il faut dire qu’avec sa taille il est difficile de ne pas le remarquer sur le terrain. Le rookie a également profité du garbage time pour montrer sa capacité à tirer de loin, et cela pourrait s’avérer utile pour la suite.

    Curry n’a pas manqué de chercher son intérieur, lui qui tenait à sélectionner un big à la draft, que se soit sur pick and roll ou bien sur des mains à mains. La connexion Curry-Wiseman a des hauts (une fréquence de 28%), et des bas ces derniers jours (seulement 1pd de moyenne et 30% de réussite) avec quelques erreurs de placement typiques chez les débutants, mais cette association reste prometteuse. 19 points, 18 puis seulement 7, 6, 8 et 12, attendons que le rookie devienne de plus en plus régulier pour se délecter plus souvent d’actions de ce style :

    Anthony Edwards, SG, Minnesota Timberwolves, 6m : 13.7pts, 2rds, 2.2pds

    Le N°1 de la draft est donc pour le moment le meilleur scoreur de sa classe après six matchs en NBA. Sixième homme à Minnesota, l’arrière a pu affirmer son talent en attaque avec cinq matchs de rang avec plus de dix points inscrits. Malgré quelques sorties hasardeuses aux tirs (1/9 à 3-pts chez les Lakers), le rookie peut allumer de loin, profiter d’un mismatch et punir les seconds units adverses grâce à ses qualités athlétiques.

    Le début de saison très médiocre des Timberwolves ne devrait (espérons) pas empêcher coach Saunders de réduire le temps de jeu de son jeune joueur (25 minutes). Bien que le rookie ne pourra clairement pas combler les brèches en défense (114.8 DefRTG), en revanche, il pourrait se montrer d’avantage utile en tant que playmaker en jouant le pick and roll afin de trouver le partenaire démarqué.

    Tyrese Haliburton, G, Sacramento Kings, 5m : 10pts, 2rds, 4.4pds

    On a hésité à le placer dans la catégorie des blessés à cause de sa récente gêne au poignet gauche (celui qui a mis fin à sa saison NCAA) qui lui a coûté un match, mais ses débuts chez les pros est un vrai délice et doivent être soulignés. Actuellement quatrième meilleur scoreur de sa cuvée, Haliburton se démarque avant tout par des statistiques très propres et qui ne ressemblent clairement pas à des chiffres d’un rookie :

    • 52.9% aux tirs,
    • 50% à 3-pts,
    • 87.5% aux Lfs,
    • 67.6%EFG,
    • 4.4pds et seulement 0.8TO

    Les Kings ne pouvaient pas espérer mieux avec ce 12e choix de la dernière draft et ce joueur au QI basket plus élevé que la moyenne. En tant que second porteur de balle derrière De’Aaron Fox et Cory Joseph, le rookie s’est illustré pas sa capacité à jouer vite, à temporiser, à trouver le partenaire démarquer et bien sûr, à dégainer du logo avec cette mécanique de tir si étrange.

    Espérons qu’il ne sera pas absent trop longtemps, car les Kings ont montré de belles choses en ce début de saison dans un rôle de poil à gratter de la Conférence Ouest.

    LaMelo Ball, PG, Charlotte Hornets, 7m, 11.6pts, 4.7rds, 4.9pds

    Un premier match délicat pour ses grands débuts (0pt, 0/5 aux tirs), puis le dernier de la fratrie Ball a peu à peu trouvé ses marques sur le terrain et comme lors de la pré-saison, le rookie monte peu à peu en puissance avec comme match référence la victoire à Dallas avec 22pts, 8rds et 5pds. Son shoot est toujours aussi étrange, avec cette impression de ne jamais voir la même mécanique de tir d’un shoot à l’autre (surtout concernant l’impulsion au niveau de ses jambes). Le Hornet est capable de faire un 4/5 de loin à Dallas comme il peut faire 0/5 à Philadelphie. Toujours à l’affût de la passe « Highlight », Ball est aussi un grand adepte du spin move lorsqu’il drive dans la raquette.

    Encore un peu frêle en défense, il se démarque tout de même par son sens de l’anticipation avec 1.8 interceptions par match (4 ballons volés dans le premier match face aux Sixers). Des éléments qui pouraient remettre en question la titularisation d’un Devonte’ Graham méconnaissable par rapport à la saison dernière. Coach Borrego va-t-il oser ouvrir la porte à l’ère Ball en Caroline du Nord ?


    Ils méritent leur temps de jeu!

    Patrick Williams (de dos) sous les ordes du coach Billy Donovan et aux côtés de l’arrière Ryan Arcidiacono lors d’un match contre les Hawks. (AP Photo/Nam Y. Huh)
    Patrick Williams, F, Chicago Bulls, 7m : 9.6pts, 3.3rds, 1pd

    Intégré dès le début de la saison dans le cinq de départ à la place d’Otto Porter Jr, le très jeune Williams (19 ans) n’a pas démérité en se révélant utile en défense grâce à son physique et sa mobilité. En attaque, l’ancien de Florida State a surpris son monde en dévoilant un handle tout à fait correct pour se séparer de son vis à vis pour ensuite scorer à mi-distance. Il faut avouer qu’il affectionne tout particulièrement ce tir (cf, sa shot chart), et je suis désolé si je me répète, mais il y a vraiment du « Kawhi » dans ce shoot à mi-distance.

    Il n’est bien évidemment pas à l’abri de faire des erreurs de « rookies », mais il devrait apprendre aux côtés du vétéran Thaddeus Young. Si les chiffres sont loin d’être flatteurs (114.2 DefRTG), cela n’empêche pas son coach Billy Donovan de le placer en défense face au MVP Giannis Antetokounmpo lors de la défaite contre Milwaukee, ou encore face au All-Star Domantas Sabonis contre les Pacers. Si les croqueurs que sont Coby White et Zach LaVine arrivent à intégrer un peu plus le rookie dans le jeu offensif, il ne serait pas étonnant de le voir rapidement grimper dans la catégorie juste au dessus.

    Desmond Bane, SG, Memphis Grizzlies, 6m : 9.5pts, 2.5rds, 1pd

    Le dernier joueur sélectionné au premier tour de la draft 2020 ne cesse de se montrer ces derniers jours. Profitant des nombreuses blessures dans le Tennessee (Ja Morant, De’Anthony Melton, Jaren Jackson J., Justise Winslow), le rookie a vu son temps de jeu passer de 10 à 30 minutes en l’espace de quatre rencontres. Une opportunité en or permettant à cet arrière musculeux de montrer son potentiel offensif. Dans la défaite à Boston, Bane profite ainsi du garbage time pour inscrire 9 de ses 16 points avec un joli 3 sur 4 de loin.

    https://www.youtube.com/watch?v=B6w-F64Q9ck

    Le match suivant face à Charlotte, coach Jenkins l’utilise en tant que porteur de balle et cela donne 4 passes décisives pour le rookie. Une tendance qui pourrait s’accentuer dans les jours à venir avec la possibilité de le placer dans le cinq de départ.

    Théo Maledon, PG, Oklahoma City Thunder, 6m : 7pts, 1.7rds, 2.5pds

    Très sincèrement, on pensait placer un autre français dans cette catégorie, mais voilà que l’ancien joueur de l’ASVEL a, en partie, confirmé les belles choses entrevues lors de la pré-saison.

    Avec 12pts, et 4pds dans la victoire à Orlando et face à un collègue de promo Cole Anthony, le français a clairement montré que son vécu en Euroleague lui a énormément apporté concernant le jeu sur demi-terrain. Patient sur pick and roll, capable de lever la tête lorsqu’il drive, et pour ne rien gâcher, il peut envoyer la balle avec une seule main pour le partenaire démarqué dans le corner opposé. Une qualité de passe essentielle en NBA. Si son adresse de loin est encore aléatoire (27.8%), le français doit surtout progresser en défense s’il veut prétendre à plus de temps de jeu derrière George Hill. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il est en avance pour le moment par rapport à Ty Jerome, qui est actuellement blessé.

    Payton Pritchard, PG, Boston Celtics, 8m : 8.6pts, 2rds, 3.1pds

    Marcus Smart ne nous avait pas menti. Impressionné avant le début de la saison par le rookie, l’arrière de 26 ans des Celtics ne peut qu’être enthousiaste à l’idée de devenir le mentor d’un jeune joueur hargneux sur le terrain et qui ne recule devant rien.

    Le meilleur joueur de la PAC-12 l’an dernier s’est fait remarqué dans un premier temps lors du match de Noël face à Brooklyn avec son énergie. C’est simple, il ne cesse de se dépenser sur le terrain. Que se soit en défense ou en attaque, il ne se ménage pas, ce qui oblige Brad Stevens à le sortir parfois à cause de la fatigue. Mais ce qui est sûr, c’est que coach Stevens l’adore:

    « Il est prêt, il joue juste, il est malin. C’est un gars qui sait jouer. »

    Brad Stevens via Celtics.com

    S’il y a deux choses que l’on aimerait voir changer rapidement, c’est d’une part, qu’il cherche un peu moins la balle en défense sous peine d’être rapidement limité par les fautes, et d’une autre part, le voir plus souvent mener le jeu des Celtics et de ne pas se contenter de rester dans le corner. Son match record contre les Raptors (23pts) vient confirmer le potentiel de ce joueur, un futur FVV?


    Bon… Ce n’est que le début… Soyons patients

    Killian Hayes à l’écoute des consignes du coach Dwane Casey. Credit: Raj Mehta-USA TODAY Sports
    Killian Hayes, PG, Detroit Pistons, 7m : 4.6pts, 1.1rds, 3.6pds

    Un début de saison pour le moins très compliqué pour l’ancien choletais qui, malgré le soutien de son coach Dwane Casey et des anciens All-Stars Blake Griffin et Derrick Rose, ne semble pas être en mesure d’apporter plus sur le terrain. Déjà deux rencontres coup sur coup sans le moindre point face aux Warriors (pire défense de la ligue) puis face aux Celtics. Le français né en Floride est trop prévisible sur le terrain, manque d’ingéniosité sur pick and roll et n’est pas assez saignant dans ses drives. S’il peut planter de loin par moment, c’est loin d’être rentable (23.5%). Le staff des Pistons préfèrent déjà donner le ballon dans les mains de Derrick Rose, voire dans celles de Blake Griffin dans le money time sous les yeux d’un Killian sur le banc. Symbole de ce début de saison chaotique, Killian s’est blessé à la hanche suite à un ballon perdu.

    Il n’est pas non plus impossible de voir une évolution à la D’Angelo Russell qui avait lui aussi connu des difficultés lors de ses débuts aux côtés de Kobe Bryant. Patience.

    Aleksej Pokusevski, F, Oklahoma City Thunder, 5m : 1pt, 3.8rds, 1.4pds

    Il aura fallu quinze tirs avant de marquer son premier panier en NBA, le géant serbe montre, sans surprise, quelque difficultés à s’adapter au jeu NBA après une saison en 2e division grecque. Pourtant son coach Mark Daigneault ne manque pas de lui donner du temps de jeu (16 minutes). Il faut dire que son profil est atypique pour un ailier (2m13-86kg), et que les situations de mismatchs sont donc devenues monnaie courante dans une rencontre face au Thunder. S’il se montre intéressant en défense (1 int, 1blk), il doit encore régler la mire de loin (1/16), s’il ne veut pas voir son temps de jeu fondre au profit d’un Trevor Ariza sur le retour… Non oubliez.


    Ils sont coincés à l’infirmerie

    Isaac Okoro, SF, Cleveland Cavaliers, 2m : 5.5pts, 3rds, 2.5pds

    Quel dommage ! Deux matchs, deux victoires, près de 38′ minutes de temps de jeu en moyenne passées sur le terrain mais voilà que l’ancien joueur d’Auburn se blesse au pied gauche et doit attendre le feu vert du staff médical pour retrouver ses coéquipiers. Nul doute que l’on reverra bientôt ce compétiteur qui nous avait tant séduit lors des matchs de pré-saison, et profiter de ce début de saison intéressant des Cavaliers.

    Obi Toppin, PF, New York Knicks, 1m : 9pts, 3rds, 1pd

    Un seul match joué et voilà que le rookie vedette des Knicks se retrouve déjà entre les mains du staff médical. Le new yorkais n’a pas posé un seul orteil sur un parquet après une douleur au niveau de sa cuisse droite selon Ian Begley via SNY. Une blessure relevée depuis le 26 décembre dernier, et son retour sera conditionné par de multiples ré-évaluations afin de déterminer si oui ou non le rookie pourra participer lui aussi à ce bon début de saison de sa franchise. La date du 6 janvier a été évoquée… Croisons les doigts !

    Jalen Smith, F-C, Phoenix Suns, 2m : 2pts, 2.5rds, 0.5pd

    Après une pré-saison plus ou moins compliquée avec quelques errances en défense et un shoot extérieur qui ne rentre pas, le rookie sélectionné en 10e position en novembre dernier a dû quitter prématurément ses partenaires lors du deuxième match de la saison après s’être foulé la cheville gauche. On ne plaisante pas avec les blessures à la cheville dans le basket et voilà le rookie out depuis. Il n’est pas impossible de le revoir en tenue cette semaine à domicile face aux Raptors.

    Onyeka Okongwu, F-C, Atlanta Hawks

    Suite à une inflammation décelée au niveau du gros orteil gauche, l’intérieur choisi en 6e position de la dernière draft par les Hawks avait déjà été annoncé out pour le début de la saison. La franchise a tablé sur les deux premiers matchs, et nous voilà avec plus de 6 matchs joués et toujours pas de nouvelles concernant un éventuel retour du rookie. Néanmoins, ce dernier participerait à des entraînements mais tout en douceur (via Rotoworld).


    10 autres élèves à surveiller :

    • Immanuel Quickley, G, New York Knicks, 3m : 10pts, 1.3rd, 1.3pds
    • Saddiq Bey, SF, Detroit Pistons, 6m : 8.8pts, 4.2rds, 0.7pd
    • Cole Anthony, PG, Orlando Magic, 7m : 8.7pts, 5rds, 3.4pds
    • Precious Achiuwa, PF, Miami Heat, 6m : 7.5pts, 4.5rds, 0.5pd
    • Deni Avdija, F, Washington Wizards, 7m : 7.1pts, 4.6rds, 2.4pds
    • Jordan Nwora, F, Milwaukee Bucks, 5m : 6.6pts, 2rds, 0pd
    • Tyrese Maxey, G, Philadelphie Sixers, 7m : 6.3pts, 1.4rds, 1.6pds
    • Xavier Tillman Sr, PF, Memphis Grizzlies, 1m : 6pts, 6rds, 0pd
    • Facundo Campazzo, PG, Denver Nuggets, 6m : 3.8pts, 0.8rd, 1.2pds
    • Devin Vassell, SG, San Antonio Spurs, 5m : 3.4pts, 3rds, 1pd
  • Le carnet des rookies: édition spéciale pré-saison

    Le carnet des rookies: édition spéciale pré-saison

    Illustration by @romain_sk_97

    Un mois après avoir été draftés, les rookies de la promotion 2020 sont déjà mis à contribution sans passer par la case Summer League. Des conditions historiques, qui ne vont pas nous empêcher de (sur)réagir au sujet de leurs performances. On va faire court (comme cette pré-saison), voici les rookies qui ont retenu notre attention lors de cette pré-saison, et les nominés sont…


    …Dans la catégorie : « On ne va pas beaucoup gagner mais au moins on va s’amuser ! »

    LaMelo Ball (3e choix, Charlotte Hornets)

    https://twitter.com/_halshatti/status/1340226061771165697

    Il n’aura pas fallu longtemps avant que les Hornets profitent de la qualité de passe « Globetrotteresque » du petit dernier de la famille Ball. La franchise de Michael Jordan a vraiment la poisse avec la blessure récente de Gordon Hayward, mais pour redonner le sourire, rien de mieux que des contre-attaques lancées par leur tout nouveau rookie. Jamais à court d’idées pour surprendre l’assistance, même sur des passes basiques, LaMelo se fait et (pense ?) faire plaisir à ses coéquipiers avec 3.8pds par match… Et 3.5 turnovers par matchs (via NBA.com). Bref, il ne s’agit que de matchs de pré-saison, et le LaMelo Assists Show pourrait suffire à attirer du monde sur le League Pass, tout en ayant conscience que l’on peut tomber à tout moment sur une horrible performance aux tirs (26.2% aux tirs, 27.3% à 3-pts, via NBA.com)


    …Dans la catégorie : « Remplaçant en NCAA, Titulaire en NBA… »

    Patrick Williams (4e choix, Chicago Bulls)

    Sa côte n’avait cessé de monter quelques jours avant la Draft. Annoncé autour de la 14e-20e place en juin dernier, il a donc gagné plus d’une dizaine de places sans même avoir joué la moindre minute… Il faut avouer qu’une bonne partie des doutes concernant Williams se sont rapidement évaporés après quelques minutes passées à scorer sur pull up à mi-distance avec une aisance plutôt surprenante, et qui rappelle un certain Kawhi Leonard dans ses jeunes années. Titulaire dès son troisième match de pré-saison, avec plus de 27 minutes de moyenne passées sur le parquet et un ratio +/- de +5.3 (pour un joueur des Bulls, c’est énorme, via NBA.com), Otto Porter et son gros contrat peuvent commencer à s’inquiéter.


    …Dans la catégorie : « Même si c’est un match amical, il faut gagner. »

    Isaac Okoro (5e choix, Cleveland Cavaliers)

    Il n’a joué que 4 matchs et le jeune Okoro peut déjà se targuer d’avoir un Game Winner à son actif chez les pros. Réputé bon défenseur, l’ancien joueur de la faculté d’Auburn a surpris son monde en se montrant adroit de loin (45.5% 3-pts, via NBA.com). Les Cavaliers auraient-ils bien drafté cette année ? Car avec son énergie en défense, sa capacité à tirer de loin mais surtout de driver ligne de fond, et sur des closeouts, coach Bickerstaff tient là un joueur très intéressant au poste 3. Le rookie joue pour gagner et cela se concrétise par cette défense clutch suivi d’un and one victorieux face aux Pacers. La question cette saison est de savoir si à lui seul il peut empêcher la franchise de se placer dans les premières places de la Draft pour avoir Cade Cunningham ?


    …Dans la catégorie : « Duel à distance entre meneurs français »

    Killian Hayes (7e choix, Detroit Pistons) vs Théo Maledon (34e choix, OKC Thunder)

    Vous avez d’un côté le joueur français le plus haut drafté de l’histoire et de l’autre côté le poulain de Tony Parker qui a vu défiler 33 joueurs avant d’être enfin appelé lors de cette fameuse cérémonie. Tous les deux ont atterri dans des équipes qui ne devraient pas avoir des ambitions trop élevées cette saison et donc cela veut dire de réelles opportunités pour se montrer. Si l’ancien choletais Hayes rencontre certaines difficultés face à la rapidité du jeu NBA (28.6% aux tirs, 3 tov, via NBA.com), Maledon a lui tout simplement époustouflé son petit monde avec cette patience digne d’un vétéran sur pick & roll, et un shoot de loin efficace (15.5pts et 44.4%, via NBA.com). Ce dernier est pour le moment, le meilleur scoreur de sa classe pour cette pré-saison. Ne pas… S’emballer…


    …Dans la catégorie : « Vous êtes sûr que c’est sa première année ? »

    Devin Vassell (11e choix, San Antonio Spurs)

    https://twitter.com/MarkC_NBA/status/1337945642920919040

    Mais bien sûr… Comment cela aurait pu en être autrement ? Les Spurs qui draftent un joueur solide dans tous les compartiments du jeu. Intelligent dans son placement offensif, malin et vicieux en défense, Vassell a tout pour prendre du temps de jeu au sein d’un roster vieillissant (Mills, DeRozan, Gay, Aldridge). En trois matchs de pré-saison, il tourne à 13.7pts de moyenne, ce qui fait de lui le deuxième meilleur scoreur de sa classe avec des pourcentages au dessus des 50% à 2-pts et à 3-pts (via NBA.com). L’ancien de Florida State se démarque surtout par sa présence en défense et son sens de l’anticipation (3 interceptions par match!). Est-ce que les dix équipes qui l’ont snobé lors de la Draft savaient qu’il s’agissait bien d’un prospect ?


    …Dans la catégorie : « Lui, il a un nom d’une future star, et en plus son père a joué en NBA ! »

    Cole Anthony (15e choix, Orlando Magic)

    https://www.youtube.com/watch?v=ghVZf8MKMF4

    ESPN l’a bien montré lors de sa sélection en novembre dernier avec ce documentaire réalisé par la mère du joueur en 2013: le jeune Cole se voyait en NBA dès le plus jeune âge. Un rêve se réalise, et évidemment, il y avait cette petite boule au ventre au moment d’effectuer ses premiers pas chez les pros (7pts pour sa première). Plus confiant par la suite (16 et 13 points), l’arrière est tout à fait capable de sanctionner de loin (47.1% à 3-pts, et plus de 4 tentatives par match, via NBA.com). Il finira sur une très bonne note face à LaMelo Ball avec 19pts et un floater clutch dans les dernières secondes d’un match remporté par Orlando. Une bonne détente pour sa taille, un handle et un shoot déjà bien rodés si l’on compare à Michael Carter-Williams et Markelle Fultz, et ce dernier va d’ailleurs tout faire pour être son mentor… Bon et bien on peut déjà donner le R.O.Y à Anthony !


    …Dans la catégorie: « Avec de tels mentors, impossible que ça foire ! »

    Precious Achiuwa (20e choix, Miami Heat)

    Voici, selon Pat Riley, le joueur le plus athlétique et le plus physique de cette cuvée. Le musculeux Achiuwa a une chance que d’autres rookies n’auront pas cette saison : évoluer dans une excellente organisation et aux côtés de mentors qui ne pourront que l’aider à avancer dans sa carrière. Avec Bam et UD, l’ancien joueur de Penny Hardaway apprendra de jours en jours auquel il convient d’ajouter le très compétent département du développement des joueurs de Miami. Utilisé avec parcimonie par coach Spo, on a néanmoins pu voir que l’intérieur était capable de poser quelques dribbles et finir avec le contact. Son adresse aux lancers-francs est rassurante (75%), et il semblerait que Goran Dragic soit prêt à l’alimenter régulièrement.


    …Dans la catégorie: « Encore un arrière à succès made in Kentucky ? »

    Immanuel Quickley (25e choix, New York Knicks)

    Un petit rayon de soleil surgit au dessus du MSG à New York. Un arrière pas plus grand qu’un Steve Nash par exemple, mais pas réputé pour être un meneur de jeu en NCAA. On le voit plutôt comme un arrière scoreur capable d’artiller de loin, d’utiliser le floater et de jouer de temps en temps le pick & roll à la Lou Williams. Et pourtant son excellent match contre Cleveland (22pts, 5pds, 5ints) a laissé entrevoir de réels espoirs quant à le voir jouer au poste 1 aux côtés de RJ Barrett qui a terriblement besoin de spacing autour de lui pour briller. Son envergure (2.03m!) semble être son réel atout, pour convaincre coach Thibs de ne pas le laisser trop longtemps sur le banc cette saison. Après Tyler Herro l’année dernière, « Quick » reprendra-t-il le flambeau du joueur à succès from Kentucky ?


    …Dans la catégorie : « J’aime passer du temps près du cercle »

    Cassius Stanley (54e choix, Indiana Pacers)

    Drafté en toute fin du second tour en novembre dernier par les Pacers, l’ancien freshman de l’université de Duke fait sans aucun doute parti des joueurs les plus explosifs de cette cuvée. Le jeune ailier de 21 ans a du jus dans les jambes et les fans d’Indiana ont forcément eu le droit à un petit aperçu de ses qualités de voltigeur face aux Sixers. Loin d’être encore fiable de loin, et ne lui demander pas de poser plus de deux dribbles, Stanley aura fort à faire pour grappiller du temps de jeu au sein d’un roster constitué des extérieurs TJ « Bubble MVP » Warren, Jeremy Lamb, Doug McDermott voir Kelan Martin. Pas un soucis, il va pouvoir enfiler le costume du dunkeur fou à la Gerald Green version 2006 et se chauffer à l’entraînement avec Jalen Lecque, un autre spécimen du genre.

  • Comment forcer son trade: 5 options à votre disposition

    Comment forcer son trade: 5 options à votre disposition

    Voilà déjà plusieurs jours que le MVP 2018 des Rockets fait parler de lui. James Harden, qui avait demandé un trade deux jours avant la Draft 2020 en novembre dernier, ne s’est toujours pas entraîné avec son équipe, et n’aurait pas encore eu de franches discussions avec son nouveau coach Stephen Silas. Ses passages dans des soirées à Atlanta et à Las Vegas en plein cœur de la pandémie marquent une nouvelle « façon » d’exprimer son souhait de quitter l’organisation texane. D’autres stars ont elles aussi manifesté leur désaccord avec leur franchise. Voici cinq cas marquants de ces dernières années. Quel est le style qui vous conviendrait le mieux ?


    Les demandes de transferts des stars NBA ne datent pas d’hier. Wilt Chamberlain à la fin des années 60, Kareem Abdul-Jabbar et Julius Erving dans les années 70, Moses Malone dans les années 80, Shawn Kemp et Charles Barkley dans les années 90, T-Mac et Vince Carter dans les années 2000… Et ce phénomène a pris de l’ampleur au cours de la dernière décennie: Carmelo Anthony, Deron Williams, Chris Paul, Dwight Howard, Kyrie Irving, Jimmy Butler, Kawhi Leonard, Anthony Davis, Paul George, Russell Westbrook …

    Toutes ces stars mécontentes accentuent l’intérêt porté à la Trade Deadline et à la Free Agency. Cette tendance marque également la prise en main des joueurs NBA sur leur carrière, qui n’hésitent pas à tout mettre en œuvre pour forcer la main aux GM afin d’accéder le plus rapidement possible à leur requête. Pour preuves, voici cinq situations étranges qui ont marqué la ligue ces trois dernières années.


    Kyrie Irving sur le banc de touche des Cavaliers. Credit: David Richard-USA TODAY Sports

    Option 1, Kyrie Irving: Si vous ne me tradez pas, je passe sur le billard juste avant le début de la saison

    Juillet 2017, quelques semaines après les Finales perdues contre les Warriors (1v-4d), Kyrie Irving dévoile publiquement ses envies d’ailleurs. Le journaliste d’ESPN, Brian Windhorst évoque un Kyrie fatigué de devoir partager la gonfle avec LeBron James, et souhaiterait être LE joueur d’une franchise. De plus, l’insider confirme que Cleveland travaillait en fait depuis déjà plusieurs semaines sur ce dossier, avec des discussions avec les Knicks (qui ne voulaient pas lâcher Porzingis) et les Suns (qui ne voulaient pas lâcher Josh Jackson…oups).

    Seulement voilà, l’ancien n°1 de la draft 2011 n’est pas du genre à se laisser duper sans contrer les plans de la franchise. Alors qu’il a annoncé sa demande de trade publiquement, le Front Office s’inquiète alors de la chute de sa valeur sur le marché.

    « Des sources ont déclaré à ESPN que les Cavaliers étaient inquiets que la demande d’Irving ait été rendue publique, estimant que cela pourrait affecter sa valeur commerciale. »

    Brian Windhorst

    Classique.

    Mais, ce qui vaut le détour dans cette histoire, on l’apprend bien après son trade à Boston en août 2017. C’est en plein hiver 2018, que Joe Vardon de Cleveland.com dévoile que le meneur All-Star a joué la carte de l’opération pour pousser le néo GM Koby Altman a passé à l’action. C’est simple, si Cleveland avait cherché à le retenir, Irving envisageait de passer sur le billard pour soigner son genou droit (douloureux depuis les Finales 2015) et ainsi mettre en parenthèse la saison 2017-2018 et empêcher toutes tentatives de recoller les morceaux de la part de ses (ex)dirigeants.

    Classe.


    SHENZHEN, CHINA – OCTOBER 04: Le coach Tom Thibodeau aux côtés de Jimmy Butler lors d’un practice sans accroc. (Photo by Zhong Zhi/Getty Images)

    Option 2, Jimmy Butler: Tradez moi, ou bien je décapite vos chouchous surpayés!

    Avec une seule saison sous la tunique des Wolves, Jimmy Butler prévient Tom Thibodeau, à la fois président et coach de la franchise, qu’il fera ses valises à la fin de la saison. Il demande donc simplement à être tradé, à une semaine du training camp… Au début, Thibs pense à tort pouvoir le faire changer d’avis en se remémorant les bons moments passés ensemble à Chicago. Oui mais voilà, Butler n’est clairement pas convaincu par cette équipe drivée par des jeunes loups aux dents de brebis.

    Les jours passent et les rumeurs s’entassent, et voilà que Minnesota offre une extension de contrat de 5 ans et 147.7M$ pour Andrew Wiggins, et il se murmure déjà que Karl-Anthony Towns recevra un contrat Max en 2018. Pendant ce temps là, Thibodeau se montre trop gourmand en affaire et n’arrive pas à un accord avec Pat Riley et le Heat. C’en est trop pour Butler, qui décide de montrer son mécontentement de la manière la plus expressive et physique possible lors d’un banal practice, qui rentrera dans la légende. Accompagné des remplaçants, Butler détruit physiquement et verbalement l’équipe des titulaires et les stars Wiggins et Towns. Déçu de ne pas être déjà en Floride, il se montre également très vocal, et n’hésite pas à beugler sur le GM Scott Layden et évidemment, sur Thibodeau.

    Lors d’une interview avec Rachel Nichols, il reconnait volontier ce qu’il s’est raconté autour de ce fameux practice:

    « C’est vrai en grande partie. Je n’ai pas joué au basket depuis si longtemps. Je suis tellement passionné. Je ne le fais pas pour une raison quelconque, mais pour la compétition. Toutes mes émotions sont sorties en une seule fois. Était-ce la bonne façon? Non! Mais je ne peux contrôler ça quand je suis en compétition. »

    Jimmy Butler sur ESPN

    Afin d’éviter de traumatiser à nouveau les jeunes Wovles, Thibodeau s’est résolu à se séparer de sa star en l’envoyant à Philadelphie en échange de Robert Covington, Dario Saric et Jerryd Bayless le 12 novembre 2018, soit près deux mois après la demande de trade de Butler.


    Kawhi Leonard aux côtés de Patty Mills sur le banc de touche des Spurs. Soobum Im-USA TODAY Sports

    Option 3, Kawhi Leonard: Désolé mon téléphone était en mode silencieux cette saison, par contre vous pouvez me trader à LA?

    Les fans des Spurs vous le dirtont… Ils maudissent le jour ou le pied de Kawhi a rencontré celui de Zaza Pachulia un soir de Playoffs en 2017. Les Spurs menaient de 21 points dans le 3e quart-temps face aux futurs champions. C’est à ce moment précis que la carrière de Kawhi sous le maillot texan à pris du plomb dans l’aile. Cette blessure à la cheville est le point de départ d’une série de DNP pour la saison qui suit. En septembre 2018, sa blessure aux quadriceps est révélée et semble bien sérieuse.

    Néanmoins, les Spurs et leur coach Greg Popovich montrent petit à petit des signes d’impatience quant à un éventuel retour de leur ailier vedette.

    « Il se remet juste plus lentement, pour une raison quelconque. »

    Greg Popovich

    Leonard effectua ses débuts le 12 décembre 2017 et…. termina sa saison un mois plus tard pour un total de 9 matchs joués. Les Spurs doivent publier un communiqué expliquant que leur star sera out indéfiniment. Le problème, c’est que Kawhi s’envole pour New York pour obtenir l’avis de spécialistes. Kawhi veut mener sa rééducation à sa manière sans collaborer avec sa franchise, et sans surprise, cela pose problème et comme le révèle Woj, des tensions naissent entre les deux camps.

    Les Spurs organisèrent une réunion courant mars. Selon ESPN, l’ambiance fut pour le moins tendue. L’équipe pointa du doigt l’absence plus ou moins justifiée de l’ailier All-Star. Plus tard, Greg Popovich et Manu Ginobili affirment devant les médias que l’on ne verra pas le MVP des Finales 2014 en tenue cette saison. Tandis que Tony Parker rajoute de l’huile sur le feu en déclarant que sa blessure aux quadriceps était bien plus grave et qu’il s’en était remis bien plus vite. La goutte d’eau.

    Après toute une saison marquée par un manque de communication et de compréhension entre les deux parties, (et sûrement avec l’appui du fameux oncle de Kawhi), l’ailier ne souhaite plus discuter avec les Spurs et annonce en juin qu’il veut être tradé. Originaire de Californie, sa préférence irait aux Lakers et aux Clippers, vous pensez bien que Popovich et Bufford ne vont pas lui faire de fleurs et décident donc de l’envoyer à l’extrême opposé de Los Angeles en ce qui concerne le climat : Toronto. Vous connaissez la suite.


    Anthony Davis en tenue de civil parmi ces coéquipiers à New Orleans. Crédit: Gerald Herbert/Associated Press

    Option 4, Anthony Davis: Je vous propose de ne plus me faire jouer le temps de faire affaire avec les Lakers.

    Janvier 2018, après avoir atteint les demi-finales de conférence la saison précédente, les Pelicans retombent dans la médiocrité en saison régulière, et la star Anthony Davis est absente pour plusieurs matchs pour soigner sa blessure à l’index. C’est donc dans ce contexte que son agent, l’incontournable Rich Paul, déclare que son joueur ne signera pas d’extension de contrat et qu’il souhaite être tradé le plus rapidement possible. Au beau milieu de la saison, et à un an et demi de la fin de son contrat. Inutile de vous dire que les fans des Pelicans l’ont eu mauvaise.

    Une étrange situation à gérer pour deux franchises. Tout d’abord les Pelicans, évidemment, lorsque « The Unibrow » quitte la salle des Pelicans sans prévenir son coach Alvin Gentry, lors d’un match contre le Thunder. Seul le GM du moment, Dell Demps, est au courant. Et le pauvre Gentry qui se retrouva seul face aux caméras après la rencontre sans savoir où se trouvait sa star. Au final, les Pelicans vont virer Demps qui était en pleine négociation avec les Lakers. L’organisation décida également de ne faire jouer AD que quelques minutes par match et d’attendre la fin de la saison pour l’échanger.

    Les Lakers ont également souffert de cette situation. Les jeunes Ingram, Ball, Kuzma et Hart sont affectés par toutes ces rumeurs de trade, et selon Rajon Rondo, des vétérans ont été également impactés. Même dysfonctionnement au niveau du FO. Alors que New Orleans préfère collaborer avec Magic Johnson, ce dernier insinue que son collègue Rob Pelinka manigance dans son dos, ce qui provoquera le départ surprise de la légende des Lakers en toute fin de saison. Bilan de cette demande de trade : deux licenciements, des joueurs touchés moralement et deux franchises à l’avenir incertain.

    Et puis le miracle eu lieu ! La loterie offre le premier choix de draft 2019 aux Pelicans, ainsi que le 4e choix aux Lakers. Une énorme surprise qui va considérablement faciliter les choses pour effectuer le deal. Davis verra son vœu exhaussé et se retrouvera aux Lakers, tandis que les Pelicans, pas mécontents, récupèreront les jeunes Ball, Ingram et Hart mais surtout le phénomène Zion lors de la draft 2019.


    James Harden durant la « Bubble » – Getty Images via Sportingnews.com

    Option 5, James Harden: Je ne suis toujours pas tradé? Ok je reviens, je dois me rendre à Las Vegas.

    Près d’un mois après sa demande de trade, James Harden est, pour le moment, toujours un Rocket. Oui mais, après avoir vu son pote Russell Westbrook partir à Washington en échange de John Wall, le barbu est toujours décidé à partir, pire, il s’est permis de zapper la reprise des entraînements. Pas la meilleure façon de montrer l’exemple quand on est le joueur le mieux payé de l’équipe, mais là n’est pas la question. La partie qui fait grincer les dents, c’est que le MVP 2018 s’est délibérément montré à des soirées à Atlanta puis à Las Vegas, en plein cœur de la pandémie, sans masque tout en sachant pertinemment qu’il ne respectait pas les consignes données par la NBA pour assurer une reprise convenable de la saison.

    Vous avez donc des superstars mécontentes qui utilisent la carte de la blessure pour ne pas jouer (Kyrie Irving, Anthony Davis et même Scottie Pippen en 1997), et voilà une toute nouvelle technique en maximisant ses chances d’être positif au Covid19 afin de retarder son retour au sein de l’équipe. Le barbu ne se lance pas dans des quotes piquantes à l’encontre de la franchise qui l’a placé au sommet et qui n’a cessé de céder à ses requêtes. Non, il préfère snober son employeur ainsi que son tout nouveau coach Stephen Silas. Le pauvre Silas qui attendait ce poste de Head Coach depuis tant d’années, et le voilà qu’il se retrouve dans une situation invivable avec son franchise player qui veut partir à tout prix.

    Le protocole mis en place par la NBA obligent les équipes à faire passer six tests Covid19 aux joueurs avec un résultat négatif à chaque fois. Déjà arrivé en retard à Houston, cela ne fait qu’accentuer le délais d’attente. Après les départ du coach Mike D’Antoni, et du GM Daryl Morey, Harden ne semble pas vouloir se retrouver avec un propriétaire qui fait débat, ni enclin à discuter avec coach Silas. Une situation délicate et qui doit rendre nerveux toute une génération de fans des Rockets qui ont pourtant défendu corps et âme leur chouchou tout au long de sa carrière. Si cela peut les rassurer, une autre star des Rockets avait demandé à partir en 1992 : Hakeem Olajuwon. Pas sûr que ce coup-ci cette histoire se termine par un happy ending.


    Les demandes de trade des superstars font partie de l’histoire de la NBA. Certaines demandes n’ont pas abouti et le résultat a été plus que satisfaisant pour certains joueurs (Hakeem Olajuwon, Scottie Pippen, Kobe Bryant). Mais ces cas sont rares. Il est en effet très compliqué de recoller les morceaux avec une star mécontente, et il faut avouer que ces situations sont de plus en plus fréquentes, et de plus en plus difficiles à gérer. Il n’en demeure pas moins que pour les cas évoqués dans cet article, les joueurs s’en sont plutôt bien sortis en ayant eu le sentiment de prendre leur destin en main. Et vous quelle technique vous ressemble le plus ?

  • John Wall, une décennie de sorcelleries

    John Wall, une décennie de sorcelleries

    Pour la première fois depuis dix ans, les fans des Wizards vont suivre leur équipe sans leur meneur vedette. Récemment tradé aux Rockets en échange de Russell Westbrook, Clutch Time vous propose de revenir sur la carrière du diabolique meneur de jeu au sein d’une franchise qui cumule les coups du sort.


    Avril 2010, Washington sort de deux misérables saisons à 19 et 26 victoires. La star de l’époque, Gilbert Arenas, n’est apparu sur le terrain qu’à 34 reprises entre 2008 et 2010. Sa prolongation de contrat de 111M$ sur 6 ans est beaucoup moins séduisante depuis que l’arrière cumule les opérations pour son genou gauche et son énorme suspension de 50 matchs. D’autant plus que le GM de l’époque : Ernie Grunfeld, loin d’être un visionnaire, lâche un premier choix de draft 2009 à Minnesota pour un Mike Miller rincé et le combo guard Randy Foye (3e saison et déjà 25 ans). Si Minnesota sélectionne Ricky Rubio avec ce pick, il est bon de rappeler que Stephen Curry était disponible lors de cette draft ! D’ailleurs, Miller et Foye ne passeront qu’une seule saison sous le maillot des Wizards. Un trade qui a sa place dans le livre des pires échanges de l’histoire de la NBA. Lors de la saison 2009-10, Grunfeld se sépare de ses deux All-Stars Caron Butler (Dallas) et Antawn Jamison (Cleveland), un signe qui annonce clairement que Washington bascule en mode « reconstruction » pour cette nouvelle décennie.

    Rapide sur le terrain, il a déjà concquit toute une ville

    Finalement, la chance sourit aux Wizards avec l’acquisition du 1er choix de la draft 2010. La sélection du meilleur prospect du pays semble unanime. Il s’agit d’un meneur de Kentucky, rapide et insaisissable sur le terrain mais qui devra se doter d’un shoot fiable comme un certain Derrick Rose. Les comparaisons fleurissent entre les deux joueurs, étant donné que tous les deux ont connu le même coach à la fac : John Calipari. Si le dossier Gilbert Arenas est loin d’être clair, toute la franchise se prépare à miser sur ce meneur diabolique sur chaque côtés du terrain. Mike D’Antoni, coach des Knicks à l’époque, décrit très bien ce que dégage Wall :

    « J’espère qu’il n’apprendra jamais à bien shooter, parce que si c’est le cas, il sera indéfendable. » Mike D’Antoni, octobre 2010

    via NYTimes

    Il n’aura fallu que trois petits matchs pour que Wall se mette les fans dans la poche. Une petite danse, une victoire à domicile en prolongation et une performance historique pour un rookie face aux Sixers : 29pts, 13pds, 9 interceptions !

    Tous les fans à ce moment là peuvent rentrer chez eux avec des étoiles plein les yeux. Une impression d’être témoin de la naissance d’une future superstar, du joueur le plus rapide de la ligue balle en main, et d’un compétiteur né. Bref, un joueur qui va permettre à ce bon vieux Grunfled de garder son poste encore quelques années.

    « Il est de nature très compétitif. Gagner est très important pour lui, et c’est le genre de joueur autour duquel nous voulons bâtir cette équipe. […] Il va créer une réelle ambiance électrique dans cette salle. » Ernie Grunfeld

    Coach Flaunders, qui a supervisé Stephon Marbury et Chauncey Billups, est impressionné par son rookie, et si Arenas est toujours dans le roster, le meneur All-Star (bientôt tradé) admet rapidement que le kid a déjà envoûté la capitale.

    « C’est un grand leader, dôté d’une très grande intelligence basketball pour comprendre ce que nous voulons faire. Il comprend notre attaque aussi bien ou mieux que quiconque. » Flip Saunders

    « En ce moment, c’est la ville de John. » Gilbert Arenas

    via JockBio.com

    Nov 23, 2013; Washington, DC, USA; John Wall et Bradley Beal en route pour une victoire contre les Knicks. (98-89). Credit: Geoff Burke-USA TODAY Sports

    Après des saisons d’apprentissages, le jeune sorcier goûte enfin aux Playoffs

    Arenas tradé à Orlando lors de la saison rookie de Wall contre un autre All-Star décimé et surpayé : Rashard Lewis. Grunfeld s’engage alors pleinement dans un processus de reconstruction à base de choix de draft parmi lesquels il y aura un gros raté (Jan Vesely, 6e en 2011) et un très joli coup (Bradley Beal, 3e en 2012) puis il se débarrasse petit à petit des JaVale McGee, Nick Young, Andray Blatche, Jordan Crawford ainsi que de Lewis afin de créer un environnement sain autour de leur meneur vedette après des années à devoir gérer un vestiaire instable. Flip Saunders quitte son poste et son assistant Randy Wittman prend les commandes du vaisseau. Washington aperçoit enfin la lumière au bout du tunnel. Après trois saisons sous la barre des 30 victoires, les Wizards atteignent les Playoffs en 2014 avec une saison bouclée à 44 victoires et une 5e place à l’Est.

    L’arrivée du meneur vétéran Andre Miller lors de la trade deadline, la signature de Drew Gooden, une deuxième partie de saison rondement menée et voici les Wizards dans le positif pour la première fois depuis 6 ans ! Cinquième à l’Est, John Wall va, pour ses débuts en Playoffs, affronter les Bulls et le joueur à qui on ne cesse de le comparer : Derrick Rose ! Oups! Pardon, ce duel tellement alléchant n’a pu avoir lieu, Rose étant coincé à l’infirmerie depuis les Playoffs 2012.

    Une absence qui va forcément faire les affaires des Wizs, d’autant plus que Luol Deng est également absent et que Carlos Boozer est cuit. Les Bulls sont en fin de vie, épuisés par 4 années éreintantes sous le joug de coach Thibs, et les voilà face à des Wizards affamés et infatigables. La série est bouclée en 5 matchs, John Wall (24pts, Game 5) va s’amuser avec DJ Augustin et Kirk Hinrich et permettre à sa franchise de franchir son premier tour de Playoffs depuis 2005. Cette belle aventure s’est achevée au tour suivant face aux Pacers en six matchs. Une élimination logique, bien que Washington ait montré de belles choses mais Wall doit encore apprendre à limiter ses pertes de balles et s’acheter un tir extérieur.


    ATLANTA, Mai 2015: John Wall se blesse au poignet lors du Game 1 face aux Hawks. (Photo by Kevin C. Cox/Getty Images)

    Séduisants en Playoffs, les Wizards subissent un mauvais sort

    La saison suivante vient confirmer les bonnes impressions laissées lors des Playoffs 2015. Les jeunes Beal et Porter progressent, Marcin Gortat, coéquipier essentiel dans le jeu offensif de Wall est prolongé, le vétéran Paul Pierce (37 ans) arrive avec son gros CV afin de remplacer Trevor Ariza tradé à Houston. Encore coincés à la 5e place, ils vont marchés sur des Raptors au bord de l’implosion au 1er tour. Le backcourt Wall/Beal domine celui des Raptors composé par Lowry/DeRozan. Marcin Gortat (17.3pts – 10rds – 3pds – 2blks) se transforme en Olajuwon, Paul Pierce (37 ans souvenez-vous), a même le droit à son moment (20pts, Game 1). Les Wizards déroulent et impressionnent par leur vitesse et leur exécution offensive.

    Aux portes des Finales à l’Est, les Wizards se retrouvent face à la « 60 wins team » d’Atlanta. La série semble jouée d’avance, mais le jeu développé par les Wizards est réellement déroutant. Pour preuve ! Voilà que les hommes de Wittman volent le Game 1 avec une 2e mi-temps largement à l’avantage de Wall & co. Tout cela semble prometteur, oui mais… Sur une contre-attaque en 2e quart-temps, John Wall (toujours autour des 140Km/h), tombe violemment sur le parquet, il se tient le poignet…

    Si le meneur tiendra sa place tout au long du match, le verdict tombera plus tard, multiples fractures au niveau du poignet gauche, la star manquera les trois prochains matchs! Mais, les Wizards ne lâcheront pas et parviennent à maintenir la série à 2-2. Le Game 5 à Atlanta est crucial et c’est le moment choisi par John Wall pour effectuer son retour. L’enjeu est tel, que l’adresse aux tirs chutent pour les deux équipes et la victoire se jouera sur un game winner de l’intérieur Al Horford sur un rebond offensif. Le Game 6 sera tout aussi serré grâce à un joli 4e quart-temps de Beal (13pts), mais Wall n’a pas le même impact en attaque (1-4 aux tirs). 94-91, Washington échoue une fois de plus aux portes des Finales à l’Est, mais que ce fut agréable et rafraîchissant de voir évoluer cette équipe en attaque.

    Avril 2016, Washington poursuit sa série de saisons régulières positives, mais malgré un bilan de 41v-41d, qui habituellement est suffisant pour passer à l’Est, les Playoffs 2016 se déroulent sans Wall & Beal. Un vrai coup d’arrêt et le coach Randy Wittman en fait alors les frais. L’ancien coach du Thunder Scott Brooks reprendra le poste. On retiendra tout de même de cette saison 2015-16, le record en carrière de John Wall avec 52pts dans la défaite contre le Magic. Gêné par des douleurs aux genoux tout au long de la saison, le meneur subira une intervention en mai pour y remédier.


    May 7, 2017; Washington, DC, USA; John Wall pourchassant Isaiah Thomas lors du Game 4 Credit: Brad Mills-USA TODAY Sports

    « I’m not going Home! »

    Libéré de ses douleurs aux genoux, John Wall va vivre la meilleure saison de sa carrière lors de l’exercice 2016-17. Meilleure moyenne aux points (23.1), aux interceptions (2), et à la passe (10.7). C’est tout simplement sa troisième saison de suite à plus de dix passes décisives de moyenne par match! Le Wizard régale (malgré toujours autant de turnovers, 4.1). Après deux matchs à 19pds pour autant de victoires (face aux Pelicans puis aux Warriors), Wall atteint enfin la barre des 20 caviars un soir de victoire contre les Bulls en mars 2017. C’est tout l’effectif qui en profite et la franchise réalise son meilleur bilan en saison régulière (49v-33d) depuis 1979 !

    De retour en Playoffs, avec pour la première fois de sa carrière, l’avantage du terrain. John Wall retrouve donc les Hawks au premier tour. Deux ans après une élimination frustrante en demi-finale, John Wall ne laisse aucune place au doute et se transforme étonnamment en scoreur avec 29.5pts de moyenne sur six rencontres. John Wall se régale en transition et dans le jeu rapide, et domine son vis à vis en l’emmenant sur la droite du parquet pour le poster. Avant le Game 6, John Wall promet à la star des Falcons le receveur Julio Jones de clôturer la série en scorant 40 points. Presque… Il termina la série avec 42 unités !

    Washington passe donc à nouveau le premier tour et retrouve la meilleure équipe à l’Est, les Celtics, menés aussi par un meneur mais dans un tout autre style : Isaiah Thomas. Une série comme on les aime avec une rivalité naissante entre ces deux rosters cette saison. Avec plusieurs altercations comme celle entre Wall et Jae Crowder, et ce « Funeral Game » annoncé par John Wall en janvier. Vêtus de noir en arrivant à la salle, les Wizards prédisent la défaite et donc l’enterrement des Celtics, ce qui fut le cas avec une 14e victoire de suite à domicile (123-108) avec 27pts de Wall. Tous les ingrédients sont donc réunis pour rendre cette série intéressante.

    Comme promis, cet affrontement fut le plus intéressant à ce stade de la compétition. Les deux meneurs All-Star se rendent coup pour coup avec au sommet, ce Game 2 gagné en prolongation par les Celtics : Thomas 53pts vs Wall 40pts. La série semble tournée à l’avantage des hommes de Brad Stevens. Au bord de l’élimination lors du Game 6, et alors que les Celtics vont bloquer Bradley Beal pour le shoot final, John Wall enfile le costume du héros, pour un moment qui restera à jamais dans l’histoire de la franchise. Avec 23pts en 2e mi-temps, et ce Game Winner à 3-pts, le meneur saute sur la table de marque et hurle : « I’m not going Home ! »


    Image courante ces derniers temps de John Wall en tenue civile. Photo by Ned Dishman – Getty Images.

    La prolongation de contrat, et des blessures…

    Malgré une troisième élimination en quatre ans en demie-finale à l’Est, les Wizards semblent pourtant sur la bonne voie avec Coach Brooks et l’évolution du statut de Beal. Après un incroyable exercice de la part de Wall, il est temps de passer à la caisse. En juillet 2017, le front office prolonge Wall pour 4 ans et 171M$. Un nouveau contrat qui prendra effet lors de la saison 2019-20 avec un salaire annuel de 38M$. Le propriétaire croit en son tandem Beal/Wall, et si certains s’interrogent sur leur relation, il faut avouer que les deux All-Star sont complémentaires dans le jeu. Il ne manque plus que Wall déniche ce fameux shoot extérieur. Ce que la franchise attend depuis 2010…

    Malheureusement, ce ne sont pas les shoots à 3-pts qui vont affluer, mais les blessures et les absences à répétitions qui vont marquer cette fin de décennie. Comme si le corps de John Wall avait complètement lâché après cette prolongation de contrat, et le pire dans tout ça, c’est que les blessures sont de plus en plus sérieuses:

    • Novembre 2017 : IRM pour son genou gauche, suite à des douleurs. 9 matchs manqués
    • Janvier 2018 : Consultation auprès d’un spécialiste, intervention pour « nettoyer » ses genoux, 6-8 semaines d’absence.
    • Décembre 2018 : Douleurs au niveau de la hanche gauche, opération et une absence estimée à 6-8 mois.
    • Février 2019 : Rupture du tendon d’Achille…

    John Wall a pu tout de même prendre part au Playoffs 2018 avec son équipe mais n’a pu empêcher l’élimination des siens en six matchs face aux Raptors (qui d’ailleurs, ont connu une meilleure trajectoire que les Wizs depuis 2015). Sur la série, Wall est toujours aussi maladroit de loin (19%) et perd toujours autant de ballons (4.5). Si le quintuple All-Star semble de plus en plus agacé par les résultats, certains pointent du doigt son manque de contrôle en attaque et le fait qu’il n’offre aucune solution off-ball. Son dernier moment de gloire sous le maillot des Wizard a eu lieu un soir de décembre 2018 contre les Lakers de LeBron James et une pointe à 40pts et 14pds. Qui aurait cru que deux ans après, il ne ferait plus partie de la franchise qui l’a drafté en 2010.


    November 2010: passage de témoin entre deux joueurs emblématiques de la franchise de ces dernières années. © Christophe Elise / 42 Sports Images

    Arenas & Wall: des similitudes

    Impossible de ne pas faire le rapprochement entre le destin de ces deux All-Stars. Tous les deux jouaient au même poste, bien que leur style de jeu diffère, ils avaient ce pouvoir de faire lever les fans de leur siège et de réaliser des actions spectaculaires. Arenas de loin et Wall en contre-attaque, ces deux spécimens ont également réussi à replacer la franchise dans le paysage NBA et notamment en Playoffs après des années de galère, mais sans dépasser le stade des demies-finales.

    • Arenas : 4 apparitions en Playoffs en 8 saisons (blessé pour les Playoffs 2007)
    • Wall : 4 apparitions en Playoffs en 9 saisons

    Après tant de succès et d’exploits réalisés, il est évident que ces deux joueurs ont reçu à leur époque (2008 pour Arenas et 2017 pour Wall) une jolie prolongation de contrat de la part de Grunfeld, qui malheureusement, ont été signées après leur pic de forme. Dommage Ernie !

    • Arenas (6 ans et 111M$) post-signature : 55 matchs en 3 saisons, 22.7% de victoires
    • Wall (4 ans et 171M$) post-signature : 73 matchs en 3 saisons, 6 matchs de Playoffs

    Si leurs banquiers peuvent dormir tranquillement, les kinés et le staff médical en revanche ont eu du pain sur la planche avec des blessures à répétitions concernant les membres inférieurs.

    • Arenas : trois interventions chirurgicales au genou gauche (Avril 2007, Novembre 2007 et Septembre 2008)
    • Wall : interventions pour les genoux (Mai 2016 et Janvier 2018), opération pour la hanche gauche (Décembre 2018) et rupture du tendon d’Achille (Février 2019).

    Enfin, autre point commun, et pas le plus réjouissant, les deux anciennes idoles ont toutes les deux été tradées avant même d’avoir pu aller au terme de leur joli contrat. Le mois de décembre n’est décidément pas le meilleur moment de l’année pour les fans des Wiz’s.

    • Arenas : échangé en décembre 2010, à Orlando en échange de R. Lewis
    • Wall : échangé en décembre 2020, à Houston en échange de R. Westbrook

    Dix ans après le départ d’Arenas, la capitale voit partir à nouveau l’image de la franchise. Après dix ans de contre-attaques fulgurantes, de passes déroutantes et des séries de Playoffs passionnantes, Washington peut tourner la page John Wall et passer enfin de l’autre côté du mur auquel ils se heurtent depuis plusieurs années, en espérant que Westbrook ne le démolira pas sur un pull up two.

    Source: Bleacher Report, NBC Sports, ESPN, Fox Sports, Washington Times, Basketball Reference

  • Kevin Durant, le Ranger venu du Texas

    Kevin Durant, le Ranger venu du Texas

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Dans la lignée des Kareem Abdul-Jabbar, Bill Walton, Ralph Sampson, Shaquille O’Neal ou autres Carmelo Anthony, est apparu une nouvelle légende universitaire : Kevin Durant.
    Retour sur une année incroyablement grandiose, marquée par plusieurs performances phares, et un one-and-done mémorable.


    Kevin Durant, un joueur hors du commun…

    Avons-nous besoin de le présenter ? Kevin Durant, véritable légende NBA, futur Hall of Famer, 12 saisons en NBA, double champion NBA et un palmarès aussi long que ses bras…

    Un enfant de Washington et du Maryland qui rencontra une destinée légendaire lorsqu’il toucha un ballon de basket. C’était inné, presque divin. Il était fait pour ça, tout le monde le savait, sauf lui. C’est ce qu’il l’a fait travaillé, plus que les autres. « Ce n’était pas un rêve, c’était un plan » dit Taras Brown, l’un de ses anciens coachs et mentors.
    Et tout a commencé très tôt pour Kevin, quand sa taille a attiré l’œil de nombreux scouts.

    1m83 à 14 ans, forcément, ça marque les coachs, les scouts, les adversaires et les spectateurs. Petit à petit, on commence à rapporter qu’un grand maigre est en train de faire de dégâts sur le circuit du Maryland.
    Un assistant de l’équipe universitaire de Texas, Russ Springmann, originaire de la région, entend ces rumeurs et garde son nom en tête.

    Après deux années au lycée National Christian Academy dans le Maryland, « KD » change d’équipe et se retrouve au lycée Oak Hill, considéré comme la terre de la légende Carmelo Anthony, dans l’État voisin de la Virginie. C’est à cet instant que Springmann rencontre Kevin Durant pour la 1ère fois.


    « On pouvait voir ce que Kevin pouvait faire sur le terrain de basket, et ce qu’il pouvait faire pour le Texas était évident.« 

    Russ Springmann – Asst. coach de l’université du Texas

    L’année sportive se passe bien pour Kevin, il enchaîne les bonnes performances et son nom devient de plus en plus récurrent dans les discussions.
    À la fin de la saison, il décide de revenir dans son Maryland natal, et s’engage dans le lycée privé Montrose Christian School.
    Durant l’inter-saison (printemps-été 2005), « KD » prend 13 centimètres.
    C’est à ce moment qu’il visite le campus de Texas, et reçoit une offre de bourse de la part de Russ Springmann.


    Kevin Durant sous les couleurs de Montrose Christian lors de sa dernière saison lycéenne.


    Au moment de l’offre, Springmann sait à quel point l’arrivée de Kevin Durant peut être pré-déterminante sur la recruiting class à venir. Texas va très certainement perdre P.J. Tucker, LaMarcus Aldridge et Daniel Gibson, leur trio phare, ainsi que Brad Buckman et Kenton Paulino, deux seniors sur la saison à venir.
    Texas est donc en recherche de têtes d’affiches, de jeunes joueurs pouvant les porter au plus haut niveau.

    De son côté, les offres s’enchaînent pour « KD ». Il réduit le nombre d’offres à 3 principales : North Carolina, fraîchement champion NCAA; Connecticut, champion NCAA l’année précédente et Texas, dont la présence est un peu inattendue, vu leur manque de résultats.
    À cette époque, son cœur, au niveau de la NBA, penche pour les Raptors et son joueur préféré, Vince Carter (ex-joueur de North Carolina), dont il vantait le travail :


    « Vince jouait sans peur. Chaque fois qu’il voulait terminer un match, il le faisait. J’essayais de reproduire la même chose.« 

    Kevin Durant

    Le destin aurait donc voulu qu’il suive le chemin de son idole dans la Caroline du Nord, mais ce ne fut pas le cas.
    Kevin était devenu la priorité n°1 de Texas et de Springmann, le joueur à avoir. L’assistant passait tout son temps avec lui et sa mère. Il le voulait plus que tout au monde.

    Un mois après sa visite du campus d’Austin (Texas), le 16 juin 2005, Kevin Durant annonce qu’il jouera pour l’université du Texas.
    Victoire pour Springmann, qui a sa tête d’affiche, son joueur phare et plus important, un fils spirituel.
    Comme un symbole, 5 ans après l’engagement de Kevin pour Texas, en janvier 2011, Russ eu un fils qu’il appela Durant…

    Sa saison en tant que senior à Montrose Christian fut extraordinaire.
    Il se révèle au grand public comme l’un des plus grands espoirs du basket américain. Tout le monde s’accorde pour dire que lui et Greg Oden, l’autre superstar lycéenne, seront le futur de la NBA.
    Enchaînant les grosses performances, il est facilement retenu pour les échéances nationales qu’il va survoler, comme le McDonalds All-American (25 points, 5 rebonds, 4 passes, co-MVP avec Chase Budinger, en partance pour l’université d’Arizona) ou le Jordan Brand Classic (16 points, 7 rebonds, 4 passes, MVP), considérées comme les All-Star Games des joueurs lycéens.

    Reconnaissance nationale pour un enfant du Maryland, devenu en quelques années l’un des plus grands espoirs du basket. Son engagement envers Texas sonna différemment, Rick Barnes (le coach) et Springmann venaient de réaliser le plus gros coup de l’histoire de l’université, des années avant Mo Bamba, Avery Bradley, Myles Turner ou Tristan Thompson.
    Kevin Durant venait de les propulser dans une autre dimension.
    En plus de lui, le talent de ce dernier réussit à convaincre 6 joueurs à rejoindre Texas, dont Damion James et D.J. Augustin, deux autres joueurs 5 étoiles, considérés parmi les meilleurs joueurs du pays.

    Bilan du recrutement : 7 freshmans (joueurs de 1ère année) dont 3 joueurs 5 étoiles. Malgré la perte du trio Tucker/Aldridge/Gibson, Texas pose une des meilleures recruiting class du pays (3ème selon 247sports) et la plus grande de leur histoire.

    Et ce n’était que le début… car « KD » n’avait pas encore joué une seule minute pour eux.

    … qui réussit une saison freshman historique !

    Les attentes étaient assez grandes concernant Texas.
    La saison passée a été frustrante. L’équipe de Rick Barnes échoue face à LSU aux portes du « Final Four » , graal du basket universitaire, et vient de perdre, comme prévu son trio Tucker/Aldridge/Gibson, en partance pour la NBA. 4 joueurs de l’effectif reviennent, accompagnés des 7 freshmans.

    AP (Associated Press), référence des classements des équipes universitaires, sort son Top 25 et classe Texas 21ème équipe avant que la saison ne débute.

    Avant la saison 2006/07, seulement 14 joueurs issus de Texas ont été draftés, dont le trio de l’année passée.
    L’ajout de 8 joueurs non-draftés portent le total à 22 joueurs passés en NBA. 8 d’entre eux n’ont jamais passés les 100 matchs en NBA.
    LaMarcus Aldridge n’ayant pas foulé les parquets NBA, seuls les noms de Slater Martin (undrafted, Hall of Famer, 7 fois All-Star, 5 fois champion) et Johnny Moore (43ème choix de la draft 1979, meilleur passeur de la NBA en 1981/82) résonnent encore dans les têtes des spécialistes à cette époque.

    « KD » n’a pas vraiment le droit à l’erreur, sa prise de risque en choisissant Texas a été très grande, mais il a choisi avec le coeur, il est convaincu d’avoir fait le bon choix.

    9 novembre 2006. Les attentes sont obsolètes. La saison commence face à Alcorn State, un adversaire assez faible sur le papier pour que Texas puisse s’exprimer sur le terrain.
    Même si l’effectif de Texas est très jeune, la réalité du talent rattrape rapidement les espoirs des adversaires de Durant. Ce dernier ne restera que 22 minutes, son 2ème plus faible total de la saison, le match étant plié à la mi-temps (48-18 pour Texas). Le match sera une formalité pour le groupe texan, victoire 103 à 44.
    20 points, 6 rebonds, 3 interceptions pour Kevin Durant, qui pose déjà des bases très élevées en peu de temps, et un impact sur le jeu qui s’annonce incroyable.

    Les jours s’enchaînent, les entraînements aussi, et le staff commence à observer une éthique de travail bien plus élevée chez Kevin que chez les autres. Taras Brown explique : « Springmann m’a appelé un jour et m’a dit « Kevin ne veut pas quitter le gymnase. Il y est jusqu’à 1h du matin. » ». Il l’avait dit, c’était un plan, pas un rêve. Durant se poussait à l’excellence jour et nuit.


    « Vous dites à un enfant qui a grandi à Washington D.C., qui n’a pas toujours eu accès à une salle de gym, que vous pouvez maintenant y avoir accès 24 heures sur 24 ? Que vous pouvez y manger quelque chose, utiliser le lounge ou l’ordinateur ? C’est un service unique. Certains jours, il revenait la nuit pour tirer et nous disions : « On pourrait aussi bien dormir ici. On a tout ce qu’il faut ». »

    Randy Williams, ami de Kevin Durant

    Les matchs s’enchaînaient, et « KD » accumulait les performances : 21.2 points, 9.4 rebonds (2.8 offensifs), 1.6 interceptions, 2.2 contres de moyenne sur ses 10 premiers matchs, avec des pourcentages pharaoniques (47.7/40/86.2) et un bilan convaincant de 8 victoires pour 2 défaites.
    Mais sa première vraie confrontation interviendra lors de son 11ème match, face à une équipe de Tennessee qui finira 25ème équipe de la NCAA à la fin de la saison, selon Associated Press.

    Leur premier match sera à la hauteur des espérances, faisant partie des 15 matchs avec un écart de 6 points ou moins disputés par Texas cette année-là. Un duel se démarque tout au long du match : Chris Lofton, véritable star des Volunteers, en place pour être joueur de l’année de la conférence SEC, et Kevin Durant.

    La première mi-temps est à l’avantage des Longhorns, Rick Barnes maîtrise son sujet et Texas déroule offensivement, 50 points inscrits, 35 points encaissés, Tennessee est dans les cordes. 14 points et 5 rebonds pour Kevin (5/10 aux tirs), 8 points et 4 rebonds pour Chris Lofton (2/8 aux tirs).
    Texas gagne dans tous les compartiments.
    Mais les joueurs de Bruce Pearl, que certains d’entre vous connaissent aujourd’hui du côté d’Auburn, ne restent pas à terre. La mi-temps marque un tournant dans le match à l’avantage des Volunteers, plus propres, plus percutants, plus agressifs.

    Texas craque et perd son avance petit à petit. À 2 minutes du terme, ils possèdent encore 7 points d’avance grâce à un lancer-franc de Matt Hill, freshman à l’époque.

    Malheureusement pour eux, ils sont tombés face à un joueur qu’il ne fallait pas laisser ouvert à trois points. Lofton, à 7/16 à longue distance ce soir-là, prend les choses en main.
    87-82 pour Texas, 1 minute et 15 secondes restantes, « KD » se fait contrer sur un lay-up, Wayne Chism prend son 8ème rebond de la soirée et ressort sur Ramar Smith, qui percute et ressort le ballon sur JaJuan Smith, qui voit Lofton à 45° et le sert. Lofton hésite longuement, Kevin Durant défend sur lui, et déclenche à 3 points, ficelle. La salle explose. 87-85 pour Texas.

    Mais il reste une minute, et Texas a encore le temps de réagir et de stopper l’hémorragie. AJ Abrams décide de monter la balle, drive et manque un lay-up plutôt simple, rebond pour Tennessee, et la suite appartient à l’histoire…

    La défense… La défense… La défense… A vrai dire, Kevin ne pouvait pas faire grand chose sur cette action, le tir est trop lointain, trop imprévisible, et ses tentacules n’y pourront rien. Mais il se prend 6 points consécutifs de Lofton sur la tête et permet à Tennessee de passer devant.
    Il se rattrapera ensuite, en arrachera la prolongation sur un tir inespéré au buzzer mais Texas s’inclinera 111 à 105, dans une Thompson-Boling Arena en feu.

    Kevin Durant aura mis 7 points sur la seconde mi-temps, Chris Lofton en aura mis 20. Défaite cruelle pour « KD », qui sera marqué mentalement par cette épreuve et ne laissera un adversaire scorer plus que lui seulement 3 fois sur les 19 matchs suivants (2 victoires et une défaite contre Villanova).

    Mais revenons sur la défense, car un évènement majeur marqua la saison de « KD » dans ce domaine.
    Scott McConnell, assistant pour les relations avec les médias, le raconte :


    « Lors du match d’exhibition contre Lenoir-Rhyne, Coach Barnes a pourri tous les anciens du groupe. Sur ce match, A.J. (Abrams) ne pouvait rester devant personne, et il ne pouvait pas tolérer cela. Il a réprimandé A.J., et lui a dit qu’il était le pire défenseur qu’il ait jamais vu. Le lendemain, à la séance vidéo, il a rectifié ses propos : « A.J., je te dois des excuses. Tu n’es pas le pire défenseur que j’ai jamais entraîné. Kevin Durant est le pire défenseur que j’ai jamais entraîné. »

    Scott McConnell

    Bien évidemment, Kevin l’a mal pris. Mais le choix du coach a été celui de dire la vérité, Kevin voulait la vérité.

    Depuis ce jour, à chaque entraînement, chaque match, chaque temps-mort, « il demandait à un des assistants : « Comment est ma défense ? » affirme Rick Barnes. Toujours dans le plan, ce plan initial de l’enfant de Washington : se rapprocher de la perfection, encore et toujours.

    Ian Mooney, transféré à Texas cette année-là, avait la réputation d’être tout le temps à 120% sur un terrain, même si le talent ne suivait pas toujours (0.3 points et 0.8 rebonds en carrière). Barnes lui a ordonné de défendre sur Kevin Durant, et il a apporté cette compétitivité qu’il lui manquait.
    « Je pense que l’entraîneur Barnes s’est rendu compte que j’avais la volonté de le harceler et de le poursuivre constamment. Heureusement, il n’y avait pas d’arbitres à l’entraînement. », raconte Ian.
    « KD a adoré. Il a réalisé que Ian n’essayait pas de lui faire du mal. Il savait qu’il en avait besoin. », rajoute Coach Barnes.

    Durant cette saison, Texas affrontera 6 fois un adversaire qui a fini dans le Top 25 d’Associated Press en fin de saison.
    1 victoire contre Texas A&M (9ème du Top 25) après prolongations pour 5 défaites. Un effectif trop jeune pour les matchs de haut niveau, « KD » trop seul… Nombreuses ont été les excuses, mais Kevin Durant a toujours assumé son statut de leader. 30.5 points, 11.2 rebonds, 2.2 interceptions, 3.2 contres en 45.7/50/76.2 sur ces six matchs. Absolument monumental.

    Ces 5 défaites composeront un peu plus de la moitié des défaites de Texas cette année, qui finira son année sur un bilan de 24-9, avant d’aborder le tournoi final, la March Madness, en étant tête de série n°4 de leur partie de tableau, et étant classé 11ème au classement Associated Press. Passer de 21ème à la 11ème place, c’est ça l’effet Kevin Durant.
    On retiendra de cette saison des performances mémorables comme ses 4 matchs à 37 points, dont son 37 points/23 rebonds lors de la victoire face au rival, Texas Tech.
    Les attentes sont remplies, place à la partie sérieuse.


    Texas, tête de série n°4 du tableau « East » de la March Madness, fait office de potentiel contender au Final Four, étape qu’a manqué de peu l’équipe de Rick Barnes l’année précédente.
    De gauche à droite : A.J. Abrams, D.J. Augustin (actuellement joueur des Milwaukee Bucks), Kevin Durant, Justin Mason & Damion James (champion NBA en 2014 avec les Spurs).
    © Photo par Jamie Squire / Getty Images


    Mais avant d’aborder la fin de saison et la March Madness, voici quelques records (ou presque) que Kevin a battu durant sa saison :

    • 2nd total de points sur une saison pour un freshman (903 points) derrière Mahmoud Abdul-Rauf (965) et devant Trae Young (876)
    • Records de points et de rebonds en un match pour un joueur de l’université de Texas sur un match de Big 12
    • 11ème total de doubles-doubles sur un saison pour un freshman (20)
    • 4ème meilleure moyenne de points sur la saison 2006/07 (25.8)
    • Meilleure moyenne de points sur une saison pour un joueur de Texas (25.8)

    La March Madness, c’est comme les Playoffs NBA. C’est une saison à part, une nouvelle saison. 68 équipes, reparties en 4 tableaux, pour un titre de champion universitaire.

    Le tableau leur impose au premier tour les New Mexico State Aggies, équipe de l’ancienne superstar lycéenne Elijah Ingram. Les deux équipes ont un jeu très similaire, très offensif au détriment de la défense. Malheureusement pour les Aggies, Texas est trop talentueux.

    La première mi-temps est plutôt serrée, la jeunesse des texans se fait ressentir face à l’équipe expérimentée de New Mexico State.
    Mais la deuxième mi-temps est à l’avantage de l’équipe de Rick Barnes (46 à 37). Le trio Durant/Augustin/Abrams inscrit 62 des 79 points des Longhorns, et s’impose 79-67 dans un premier tour plutôt facile.

    Le deuxième tour s’annonce plus compliqué, puisqu’ils affrontent une autre équipe prétendant au Final Four : Southern California (USC), tête de série numéro 5. À son bord : Nick Young, qui va se présenter à la Draft, Gabe Pruitt, Daniel Hackett et un freshman très talentueux, Taj Gibson.

    Un effectif profond et incroyable attend donc Texas, dans un match qui les opposera potentiellement à North Carolina au prochain tour, l’université de Vince Carter, son héros.

    Mais Texas n’exista que quelques minutes. USC était trop fort, trop complet, trop menaçant à tous les postes. Kevin n’est pas sorti du match une seule seconde, voulant se battre jusqu’au bout. 30 points et 9 rebonds pour finir sa saison. A.J. Abrams était seul à ses côtés, avec 20 points inscrits. Le reste de l’équipe n’a pas pu rivaliser avec la défense de USC.
    En face, c’est tout le cinq de départ des Trojans qui inscrit plus de 10 points. Texas est éliminé, fin de saison et de carrière universitaire pour Kevin Durant, qui déclara évidemment sa présence à la Draft NBA.


    Kevin Durant (30 points et 9 rebonds), héroïque dans la défaite face à Southern California au second tour de la March Madness.
    © Photo par Jay Drowns / Getty Images


    Une saison extraordinaire qui ne s’achève malheureusement pas de la plus belle des manières, mais « KD » a trouvé ce qu’il voulait dans cette université : du basket et une famille.
    Avec des statistiques dignes des plus grands de ce sport (25.8 points, 11.1 rebonds, 1.9 interceptions, 1.9 contres en 47.3/40.4/81.6), il a porté Texas à la 11ème place du classement AP, en étant la 6ème meilleure attaque NCAA avec 81.7 points par match.

    Ce parcours et cette année l’amènera à devenir le premier freshman de l’histoire à remporter le titre de joueur NCAA de l’année par Associated Press (suivront deux spécimens appelés Anthony Davis en 2012 et Zion Williamson en 2019) et le seul joueur issu de l’université de Texas à l’obtenir. Légendaire.
    Suivi alors une sélection au deuxième choix de la Draft (derrière Greg Oden, comme prévu depuis le lycée), et une carrière… supersonique…

    Et si « KD » avait influencé le recrutement des lycéens d’aujourd’hui ?

    Voilà maintenant plus de 10 ans que Kevin Durant a rejoint la NBA. Son talent n’est plus à prouver, et son palmarès parle pour lui-même.
    Comme les autres légendes du basket-ball, il a marqué son époque et a notamment influencé énormément de jeunes joueurs, comme Vince Carter l’avait influencé à son époque.

    D’ailleurs, il n’est pas rare de nos jours d’entendre parler du « nouveau KD » si on parle de Brandon Ingram (Pelicans) ou de Emoni Bates (lycéen).


    Emoni Bates, superstar lycéenne, possède de nombreux points de comparaisons avec Kevin Durant.
    © Photo par Scott W. Grau / Getty Images


    Alors on peut se poser la question : Kevin Durant a-t-il transformé le recrutement des lycéens auprès des universités ?

    Question ouverte, mais qui mérite réflexion… Parce que sa saison avec Texas a marqué les esprits de tout le monde. Tous les recruteurs veulent être Springmann, recruter un nouveau Durant, au profil physique long et talentueux ballon en main.
    Afin de mesurer l’impact de « KD » sur les joueurs lycéens et sur le recrutement, nous allons prendre le top 20 des rankings RSCI (classements des joueurs lycéens) depuis 1999 et jusqu’à 2023 et introduire un coefficient : le Coefficient Physique.

    « KD » avait, à son arrivée à l’université de Texas, un CP de 0,02273114.
    Pour pouvoir vraiment comparer avec Kevin Durant chaque top 20 de chaque génération, nous allons calculer les CP de chaque joueur en sortie de lycée et garder uniquement les joueurs ayant la taille de Kevin Durant à +/- 5% et son CP à +/- 3%.
    Certes, on ne pourra pas comparer les niveaux techniques par rapport à lui, ça serait trop complexe, mais nous aurons un aperçu de l’impact physique du MVP 2014 sur les jeunes joueurs et leur recrutement.

    En réalisant ces calculs, nous obtenons le graphique suivant :


    Graphique représentant le nombre de lycéens issus du top 20 RSCI de leur génération ayant un physique comparable à celui de Kevin Durant


    La courbe de tendance (en pointillés) est claire : ce genre de profils est de plus en plus présent dans les meilleurs joueurs lycéens.
    Quasiment invisible dans les années 90, on commence à assister à une éruption de ce profil long avec les cas de Chris Bosh (2002), Trevor Ariza (2003) et Rudy Gay (2004), mais ils sont assez esseulés dans l’ensemble.

    C’est en 2005/2006 qu’on assiste à la première vague, d’où provient Durant (2006), qu’accompagnent Brandan Wright et Thaddeus Young.
    L’année 2005 a été une anomalie. Sur les 5 joueurs, seulement deux ont intégré la NBA et Amir Johnson est le meilleur des deux.

    C’est cette génération 2005 qui a probablement causé la perte du profil dans les années suivantes (2007, 2008), mais les titres de meilleur scoreur de Kevin Durant en NBA (2010, 2011, 2012) et le succès d’Anthony Davis (2011) ont totalement relancé le profil, le rendant obligatoire dans les top 20 RSCI depuis.
    On pourrait même citer son titre de MVP (2014), mais ça reste dans le domaine du détail négligeable…

    La courbe de tendance montre une potentielle explosion à venir sur les années à venir. À voir… En tout cas, avec 5 joueurs (pour l’instant) en 2023, l’avenir semble tendre vers ce genre de profils !

    Pour finir, voici la liste des joueurs correspondants depuis 1999, et je pense que vous en reconnaissez quelques-uns… :

    AnnéeJoueurPoste
    1999Jonathan BenderPF
    1999DerMarr JohnsonSF
    2000Eddie GriffinPF
    2000Darius RiceF
    2001Rick RickertPF
    2002Chris BoshPF
    2003Trevor ArizaPF
    2004Rudy GaySF
    2005Keith BrumbaughPF
    2005Tasmin MitchellSF
    2005Magnum RollePF
    2005Shawne WilliamsSG
    2005Amir JohnsonPF
    2006Kevin DurantF
    2006Brandan WrightPF
    2006Thaddeus YoungSF
    2009Ryan KellyPF
    2010C.J. LesliePF
    2011Anthony DavisPF
    2011Quincy MillerPF
    2011Khem BirchC
    2011Cody ZellerPF
    2012Isaiah AustinC
    2012Sam DekkerSF
    2013Austin NicholsPF
    2014Kevon LooneyPF
    2014Isaac CopelandPF
    2015Skal LabissiereC
    2015Brandon IngramSF
    2015Ivan RabbPF
    2016Wenyen GabrielPF
    2017Kevin KnoxSF
    2017Brian BowenSF
    2017Jarred VanderbiltPF
    2018R.J. BarrettSF
    2018Cam ReddishSF
    2018Louis KingSF
    2019Kahlil WhitneySF
    2019Isaiah MobleyPF
    2019Precious AchiuwaPF
    2020Evan MobleyC
    2020Greg BrownPF
    2021Patrick Baldwin Jr.PF
    2021Moussa DiabatePF
    2021Kendall BrownSF
    2022Emoni BatesSF
    2022Jalen DurenC
    2022Brandon Huntley-HatfieldPF
    2022A.J. CaseyPF
    2023Matt BewleyPF
    2023Tyler SmithSF
    2023Akil WatsonPF
    2023Ryan BewleyPF
    2023Mackenzie MgbakoPF

    Ainsi s’achève l’épopée d’une légende universitaire, d’un monstre comme on en voit tous les 500 ans, d’un prototype ayant marqué sa génération et les générations à venir.
    C’était l’histoire de Kevin Durant, un ranger venu du Texas.

    Sources : Sports Reference, 247.sports, RSCI, The Athletic, ESPN, NCAA, CBS Sports, Texas Athletics.