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  • Wemby : focus exclusif sur la NBA dès cet été

    Wemby : focus exclusif sur la NBA dès cet été

    C’est officiel, Victor Wembanyama, le MVP du championnat de France 2023, finaliste avec les Mets 92 contre l’AS Monaco en juin, numéro 1 de la draft NBA 2023 engagé désormais avec les Spurs de San Antonio, ne participera pas à la Coupe du Monde FIBA 2023 avec l’Équipe de France de basket. Un coup dur pour la sélection française qui prépare également les JO de Paris 2024, une décision difficile mais nécessaire pour le futur rookie des Spurs, en concertation avec son propre staff, qui prépare déjà sa transition entre France et États-Unis. Et comme à son habitude, le jeune joueur ne laisse rien au hasard.

    Une marche très haute

    Même s’il a été sélectionné en numéro 1 de la draft NBA cette année, comme c’était attendu, la tâche s’annonce très difficile pour Victor Wembanyama. En effet, du haut de ses 2.24m, il n’a toujours que 19 ans et tout à prouver en NBA. Sa sélection historique en #1 ne correspond pas à son niveau actuel, mais à son potentiel. C’est un projet sur le long terme pour les Spurs, qui ne pouvaient pas se permettre de le laisser passer. Il ne devrait donc pas être prêt à jouer les premiers rôles dès sa première année, mais il entend bien limiter la casse au maximum et vise déjà, d’emblée, le titre de rookie de l’année. Il va donc clairement morfler au contact des joueurs les plus physiques de la planète, surtout à l’intérieur, mais pas trop, si tout se passe bien. Et pour que tout se passe bien, il préfère éviter les détours… et jouer autant de matches que possible. Détail important pour la suite.

    Pour les amateurs de sport qui aiment prolonger le plaisir après le coup de sifflet final, suivre les cotes et les marchés peut ajouter une autre dimension à l'analyse des matchs. En France, la pratique du pari sportif évolue et certains joueurs se tournent désormais vers des plateformes acceptant les cryptomonnaies ; pour s'y retrouver, un comparatif des bookmakers crypto permet d'identifier les offres disponibles et de comparer leurs conditions en toute transparence. Comme toujours, il convient de miser de manière responsable et de ne jouer que ce que l'on peut se permettre de perdre.

    Un bras de fer avec le staff des Spurs

    Engagé pour les Summer leagues, qui démarrent à Sacramento dès le 3 juillet et se poursuivent à Las Vegas le 7, Victor Wembanyama a déjà prévenu le staff technique des Spurs qu’il souhaite participer à l’ensemble des matches possibles lors de sa première saison en NBA. Ce à quoi les Spurs ont répondu qu’ils « feraient leur possible pour accéder à cette demande ». Les termes sont clairs, les réponses un peu moins, ce qui indique une relation déjà constructive et dynamique entre le joueur et son nouveau club, mais avec un bras de fer sous-jacent – le jeune présente déjà des exigences inattendues qui peuvent ne pas être en accord direct avec le staff technique des Spurs, connu pour pratiquer volontiers le load management avec ses joueurs. Une partie d’échecs où chacun avance ses pions, le premier étant malheureusement pour le public français et la fédé sa participation à la Coupe du Monde FIBA cet été.

    Qu’est-ce que le load management ?

    Depuis quelques années, plusieurs clubs NBA prennent des libertés avec le calendrier imposé par la ligue, très chargé et parfois proprement déraisonnable en termes de récupération – le fameux 4 matches en 5 soirs, par exemple. Les clubs n’ont pas d’autre choix pour préserver la santé de leur jours que de décider parfois même au dernier moment d’aligner une équipe B à un match important pour la télévision américaine. Certaines belles affiches sur le papier sont donc régulièrement gâchées par l’absence inopinée d’une ou plusieurs stars, non pas pour cause de blessure, mais pour la récupération des joueurs et leur santé à long-terme. Les spectateurs voient donc arriver leur vedette tant attendue en tenue de ville.

    Les Spurs ont été précurseurs de cette pratique, refusant par exemple d’aligner quatre joueurs majeurs contre le Heat de Lebron James en novembre 2012 (pas de TP, Duncan, Manu ni Danny Green). C’était le sixième match d’une tournée, les Spurs ayant gagné les 5 premiers matches, et c’était le seul déplacement de la saison à Miami, contre un rival pour le titre de champion NBA. Un match très attendu par les fans et les chaînes de télévision, mais à l’évidence difficile pour des Spurs surmenées. Gregg Popovich a donc décidé non seulement que ses joueurs vedettes n’y participeraient pas, mais les a en plus renvoyés directement à San Antonio sans assister au match, afin de se reposer en vue d’un prochain match contre les Grizzlies. Le club a écopé d’une amende de 250 000 dollars, alors même que sur le fond, la ligue ne contestait pas la décision du coach, mais plutôt ses modalités et son timing, ne laissant ni aux fans, ni à la ligue, ni aux organisateurs à Miami le délai de prévenance habituel. Les clubs restent souverains dans les décisions, mais il y a un protocole, qui n’avait pas été respecté.

    Depuis, le load management est rentré dans les habitudes, ce qui permet aux clubs de mettre au repos légitimement leurs stars lors du deuxième match de suite (le fameux back-to-back). Afin de préserver leur jeune recrue, les Spurs comptaient probablement surveiller de près sa fatigue et pouvaient envisager de réduire ses apparitions en matches de saison régulière, surtout dans une saison qui risque de se solder sans play-offs, donc sans enjeu sportif réel. Autant ménager le rookie, qui sera sollicité par sa fédération lors de compétitions estivales, notamment les Jeux Olympiques de Paris à l’issue de sa première saison, à l’été 2024.

    Pas de bleus cet été, mais pas de load management

    Cependant, ce n’est pas la préférence du rookie, qui l’a déjà fait savoir, pas de load management pour sa première saison américaine. Pour être au mieux avec son club et pouvoir exiger de jouer tous les matches lors de sa première saison, mais également optimiser sa préparation américaine, Victor Wembanyama a déclaré forfait pour la Coupe du Monde FIBA 2023 qui l’aurait emmené en France fin juillet pour la préparation puis à Jakarta fin août. Un été en bleu, dans un système de jeu particulier, différent de son ancien club (Boulogne-Levallois) et de son futur club (San Antonio), avec des règles différentes (FIBA) et la perspective d’une lutte difficile dans la raquette malgré la présence de Rudy Gobert au poste de pivot titulaire. Par cette décision difficile mais murement réfléchie, Victor Wembanyama se libère du poids considérable d’une compétition très relevée et très attendue par la FFBB et le public français; il peut désormais se focaliser exclusivement sur la préparation de son année rookie à San Antonio, qui s’annonce extrêmement difficile et nécessite toute son attention. C’est embêtant pour la Fédération Française de Basketball (FFBB) et la FIBA, pour le public qui l’attendait, pour les supporters français évidemment, mais tout le monde peut comprendre la logique et approuver le raisonnement, la retenue. Pas malin de se cramer tout l’été après une saison intense en LNB qui s’est terminée en finale mi-juin, à un an des Jeux Olympiques et avec une année NBA déterminante qui démarre mi-septembre et qui sera forcément exténuante (avec le fameux rookie wall, à négocier intelligemment). Sans pause réelle, c’était mission impossible.

    Les devoirs de vacances en Summer League

    Au lieu d’endosser le rôle de sauveur d’une sélection française, avec la certitude de s’attirer deux ou trois défenseurs et autant de coudes, de fautes flagrantes ou des petits coups en douce souvent ignorées par l’arbitrage, le rookie des Spurs va pouvoir se familiariser avec le staff qui va le suivre toute l’année, en commençant par les matches estivaux qui présentent déjà, contrairement à ce que certains en disent, une opportunité d’apprentissage très intéressante pour le jeune français, avide de nouveaux challenges. Ce n’est pas la NBA, certes, mais quand on vient de Boulogne-Levallois face à Bourg-en-Bresse, Monaco, Blois et Nanterre, chaque étape américaine est bonne à prendre.

    Un profil des plus atypiques

    Ne vous y trompez pas, Victor Wembanyama est un cas unique. Dans le basket français, un tel monstre physique et athlétique était proprement injouable. Sa seule présence en attaque comme en défense posait des problèmes inédits pour des professionnels pourtant aguerris. Régulièrement, les clubs adverses refusaient d’entrer dans la raquette pour éviter le contre inévitable du géant boulonnais. On a même vu des joueurs jeter la balle plutôt que de se faire contrer sur un shoot à 3 points. Monaco, en finale, a utilisé une technique coordonnée à deux pour permettre au meneur de jeu d’accéder au panier en poussant le pivot de 2,24 mètres de côté.

    Et en défense, toute l’équipe était mobilisable sur chaque action : dès que Wemby recevait le ballon, il devait affronter deux, trois voire cinq joueurs, ouvrant considérablement le jeu pour ses coéquipiers, qu’il savait trouver pour une passe décisive presque trop évidente – un jeu totalement faussé. Ses statistiques impressionnantes pour un joueur de 19 ans, ont donc été réalisées dans un contexte très particulier. C’est pourquoi rester une saison de plus en championnat de France n’aurait pas réellement servi – il ne rencontrera jamais de telles situations en NBA, où son avantage de taille sera moins important. Sa préparation doit donc se faire désormais exclusivement sur le sol américain, où la concurrence est plus élevée globalement et à chaque poste, rendant un 5 contre 1 pratiquement impossible. Curieusement, si son vis-à-vis sera plus costaud, le jeu dans son ensemble devrait être plus clair.

    Victor veut jouer Lebron

    Visiblement, Victor Wembanyama ne veut rater aucune rencontre en NBA lors de sa première saison. C’est essentiel pour son processus d’apprentissage, sa boîte noire interne qui enregistre chaque possession, c’est ce qui lui a permis de progresser considérablement en LNB cette saison, où il n’a pas raté une minute de jeu, jamais abandonné un match même mal parti (comme en témoigne le premier match de la finale contre l’AS Monaco, une deuxième mi-temps exemplaire après une première mi-temps catastrophique, alors que le score était sans appel: 21-52 à la mi-temps puis 64-87 à l’arrivée). Au lieu de se reposer sur le banc pour la suite de la finale, le MVP des Mets a joué la deuxième mi-temps comme un nouveau match, remporté pour la gloire (43-35 pour les Mets). Toute l’année, on l’a vu jouer chaque ballon avec la même intensité, même après le coup de sifflet de l’arbitre; quand un adversaire tentait un shoot qui ne comptait pas, Wemby allait chercher le ballon au-dessus du cercle, en mode Georgetown – pas de panier, même pour rien.

    Pour le rookie des Spurs, pas question, sauf problème de santé caractérisé, de rater une affiche dont il rêve depuis si longtemps. Chaque expérience sera importante pour lui. Et il ne souhaite pas en être privé sur décision administrative de son club, même bienveillante. Il est jeune, il veut vivre sa saison rookie à fond. Ses héros de NBA, il les rencontrera tous. Il ne reculera devant aucun challenge. Donc, il a pris les devants, il fait là une énorme concession dès le début, afin de se donner toutes les chances d’aborder le championnat NBA dans les meilleures conditions – les siennes. Il montre aux Spurs qu’il est lucide, engagé mais raisonnable. Et surtout, il garde un œil sur sa propre santé, préférant ne pas disperser ses efforts avec des attentes excessives, l’obligation de se ménager ici et là. Il s’engage donc à fond pour les Spurs dans un premier temps, mais sera tout aussi déterminé et disponible pour le maillot bleu lors des Jeux Olympiques de Paris 2024.

    Trouver sa place en NBA et en Bleu

    Avec son parcours sans faute cette saison, ou presque (une belle gifle en finale), Victor Wembanyama donne sans doute une impression de facilité. On entend donc que la Summer League, c’est trop facile pour lui, ça n’a aucun intérêt. L’équipe de France, c’est cadeau. Et l’enchainement LNB, Equipe de France cet été, année rookie en NBA directement après, c’était jouable. Eh bien selon les calculs de Wemby et son staff, cela ferait 170 matches en 2 ans, ça ne passe pas.

    Un choc culturel à la fois. Pour réussir en Équipe de France, Victor Wembanyama va devoir trouver sa place dans un effectif habitué aux grands rendez-vous internationaux (finaliste aux JO de Tokyo en 2021). Même si on se doute que la greffe ne posera pas vraiment de problèmes, cela reste un travail spécifique important avec une nécessité de résultat immédiat – l’Or ou rien. C’est très facile à dire, bien plus compliqué à mettre en place et à assumer au jour le jour, face à chaque adversaire, sur le terrain. Personne ne nous fera de cadeau. En repoussant cette échéance-là d’un an, Wemby s’offre le luxe de se concentrer cet été sur un seul challenge de taille, son intégration au sein des Spurs en NBA, un club en pleine reconstruction.

    F comme… FIBA

    Accueilli en grandes pompes dès son arrivée au Texas par une délégation légendaire à San Antonio (David Robinson, Sean Elliott, Manu Ginobili et Tim Duncan), Victor Wembanyama a longuement discuté avec ses illustres prédécesseurs. Or, pour mémoire, Tim Duncan a participé à une compétition internationale avec Team USA en 2004, un échec cuisant pour lui et la sélection américaine sous la gouverne de Larry Brown. L’équipe américaine avait concédé 3 défaites face au Porto Rico de Carlos Arroyo (73-92), la Lituanie de Jasikevicius (90-94) et l’Argentine en demi-finale (81-89), se contentant du bronze. Le pivot des Spurs (10 points, 5 fautes en 20 minutes), excédé par les règles et l’arbitrage international, avait alors déclaré tout simplement: « FIBA sucks! ».

    Si le sujet a été abordé lors du fameux dîner avec ces légendes, on se doute de ce que le rookie a pu entendre. On ne sera donc pas surpris si le staff des Spurs, Duncan en tête, ne compte pas en priorité sur les compétitions internationales pour accélérer le développement de leur jeune prodige en NBA. Ce qui n’empêchera pas Wemby de porter le maillot des Bleus, bien entendu, mais cela ne lui rapportera pas de points auprès des américains. Il va donc devoir faire preuve de souplesse, d’où cette première grosse concession stratégique.

    Ceci dit, il y avait également à cette table le grand Manu Ginobili, l’un des responsables de la débâcle américaine de 2004, côté argentin (29 points dont 4/6 à 3 points, la victoire 89-81 en demi-finale de la World Cup, le 27 août 2004). Sans froisser Duncan, l’ailier pourra lui aussi donner, en douce, quelques clés à Wemby pour déjouer le piège américain aux prochains JO. Tout n’est donc pas perdu pour le Français en compétitions internationales. Wemby veille.

  • All-Access, la vie des Bleus en détail

    All-Access, la vie des Bleus en détail

    Avec des équipes internes qui suivent les Bleus un peu partout dès la préparation, la Fédération Française de Basketball propose de nombreuses photos ainsi que des vidéos très bien réalisées et complètes sur l’expérience des joueurs français en compétition internationale. Voici la toute dernière vidéo autour du quart de finale de l’EuroBasket 2022 à Berlin, publiée le 15 septembre.

    Vincent Collet briefe l’Équipe de France en préparation du match contre l’Italie en quart de finale. ©FFBB 2022
    Vincent Poirier, Andrew Albicy et Pascal Donnadieu (staff) écoutent le brief de Vincent Collet. ©FFBB 2022

    Images et montage: Tommy Hombert
    Images de match: Canal +


    La chaîne YouTube de la FFBB compte actuellement plus de 61 800 abonnés, n’hésitez pas à vous abonner pour ne rien rater de l’actualité du basket français à l’international.

    Pour suivre l’actualité de la FFBB: https://www.youtube.com/c/FFBB_officiel
    Le site web du Team France Basket: https://www.teamfrancebasket.com/

  • Rudy Gobert, l’anti-héros des Bleus

    Rudy Gobert, l’anti-héros des Bleus

    Pivot all-star des Timberwolves du Minnesota, trois fois élu meilleur défenseur de la NBA en 9 saisons avec le Jazz de l’Utah qu’il a emmené en playoffs chaque année, Rudy Gobert est l’un des sportifs français les mieux payés au monde. Mais attention, en Équipe de France comme aux États-Unis, il n’a qu’un objectif, la victoire. Un atout majeur qui sait se faire étonnamment discret.


    Tout pour lui? Pas vraiment…

    Avec son CV, Rudy Gobert pourrait débarquer en équipe de France chaque été (et désormais pendant les fenêtres internationales qui ponctuent l’année très chargée des basketteurs) avec un appétit gargantuesque. Tout pourrait être organisé pour lui garantir des performances individuelles en rapport avec son statut de star américaine. On verrait Rudy recevoir le ballon à l’intérieur au minimum 20 fois par match en isolation sur un côté pendant que le reste de l’équipe attire la défense à l’opposé, le temps de se frayer un chemin vers le cercle. Il l’a fait contre Kevin Durant aux derniers JO, contre Doncic et tous les pivots internationaux lors de cet Euro, il n’a peur de personne. Il pourrait facilement dominer les raquettes européennes et aligner des statistiques de star américaine, dès les matches de préparation. Dans quel but? Confirmer son statut individuel? Faire parler de lui? Décrocher la une de L’Équipe? Pendant que le reste du groupe le regarde? Ce n’est pas du tout l’esprit.

    Rudy Gobert contre la Turquie à l’Eurobasket 2022. Crédits photos: ©FIBA 2022

    Une superstar du collectif

    Non seulement Rudy Gobert n’a aucune exigence vis-à-vis du staff français, il joue systématiquement collectif, à en oublier totalement son statut individuel. Un pivot sans ego. Pratiquement jamais le ballon ne reste dans ses mains. Il circule. On le voit ainsi recevoir le ballon au poste bas, face au pivot adverse, parfois démarrer un dribble, jouer son vis-à-vis en un-contre-un. Mais pendant ce temps-là, les ailiers français s’activent, et le premier qui coupe vers le panier recevra le ballon. Rudy Gobert n’a pas le temps de faire un move qu’il voit déjà le coéquipier traverser la raquette et lui sert une passe impeccable, dans le bon timing. C’est sa qualité de passe qui fait toute la différence. Moins de points, une position pas optimale au rebond, mais un ballon qui circule librement et un collectif qui fonctionne. Un naturel de champion. Du coup, ses statistiques individuelles sur le tournoi peuvent paraître moyennes, car ce n’est pas sa priorité. Il ne cherche pas à être le meilleur marqueur de l’équipe, il laisse bien volontiers la place à Fall et Poirier, qui ont le temps de trouver leur rythme et d’avoir un réel impact, avec la confiance d’un titulaire pas pressé de revenir sur le parquet. Chacun trouve sa place, et si les autres marchent bien, Rudy se contente de 7 points et d’une victoire.

    Le trade

    Cet été, Rudy Gobert, roi de la raquette incontesté dans l’Utah depuis ses débuts, se retrouve en binôme avec une superstar locale, Karl-Anthony Towns. Un grand gabarit avec qui il devrait naturellement s’entendre, puisque KAT aime se placer à l’extérieur en attaque et pourra désormais s’appuyer totalement sur un poids lourds dans la raquette. En duo, les deux grands vont poser un sérieux problème de mismatch à toutes les équipes de la ligue américaine, à la fois par la taille, leur volume au rebond et leur vivacité en attaque. Rudy Gobert est toujours prêt à recevoir la balle près du panier, pour un alley-oop, un move rapide ou une passe aux ailiers qui coupent, avec désormais la possibilité de ressortir à 3 points pour Towns. Quand on voit comment fonctionne la relation Gobert-Poirier en Équipe de France, on se dit qu’avec un monstre comme KAT, Gobert va vivre ses meilleures saisons en NBA. Enfin un grand qui le comprendra et ne l’oubliera pas. Si le staff des Timberwolves est au point et conscient du potentiel de Rudy Gobert, la saison pourrait être grandiose pour les joueurs et le club, qui a au minimum une base ultra-solide.

    Rudy Gobert contre l’Italie à l’Eurobasket 2022. Crédits photos: ©FIBA 2022

    L’option Embiid

    Si l’Équipe de France reçoit un jour la candidature très attendue de Joel Embiid, la place est prête. L’effectif français compte actuellement 3 pivots très complémentaires (Gobert, Poirier et Fall), avec chacun un style différent, qui assurent une continuité pendant tous les matches. Mais c’est bien Rudy Gobert qui se détache lors des phases finales de cet Euro et qui a porté l’équipe lors des derniers JO à Tokyo. Et malgré tout, force est de reconnaître qu’un joueur comme Joel Embiid apporterait une dimension supplémentaire à l’intérieur.

    Plus haut, plus fort, plus gourmand, Embiid changerait nécessairement la direction de l’attaque, obligeant toute l’équipe à approvisionner plus régulièrement le pivot sans attendre forcément une passe en retour. Ce que Gobert n’a jamais prétendu faire, accaparer le ballon, deviendrait une priorité. Un point de fixation à haut rendement, voire de domination, qui réduirait dans un premier temps les possibilités à l’extérieur, mais obligerait aussi la défense adverse à respecter le secteur intérieur français et à s’y opposer davantage, ouvrant à terme des espaces plus importants aux ailes. Plus de points dans la raquette, plus de rebonds, une attaque plus efficace, avec un rendement minimum garanti à chaque match. Un véritable choc culturel qui pourrait installer la France au sommet du basket européen, et même mondial, pendant 10 ans.

    Une superstar timide mais clutch

    La sélection française est arrivée en demi-finale de l’EuroBasket 2022 au prix de matches intenses et très disputés. Dans les moments importants, c’est bien Rudy Gobert qui a fait la différence avec des rebonds offensifs cruciaux et de paniers salvateurs, parfois au milieu de trois défenseurs adverses. Tout naturellement, son rendement est en augmentation à mesure que le niveau monte (20 points et 17 rebonds en 30 minutes en huitième de finale contre la Turquie puis 19 points et 14 rebonds en 34 minutes en quart de finale contre l’Italie, le tout à 15/22 aux shoots, 68% de réussite, 4 passes décisives pour 7 balles perdues). Un joueur capable du meilleur comme du pire (6 balles perdues face à la Bosnie-Herzégovine qui avait parfaitement ciblé sa prise à deux et neutralisé ses moves ballon en main), qui peut être gêné par les fautes, notamment celles provoquées par des adversaires coquins abusant les arbitres, selon la méthode espagnole bien rodée (on a vu des joueurs se jeter sur Gobert, rebondir, tomber au sol façon football, et obtenir une faute offensive). Cible de critiques de toutes parts (notamment la sortie inattendue de Tracy McGrady dans le podcast de Gilbert Arenas) qui peinent à reconnaître le travail accompli, en veulent toujours plus, le pivot français trace calmement sa route et vise l’or à cet EuroBasket et au Jeux Olympiques de Paris en 2024.

  • L’argent en attendant l’or – les Bleus entre deux moods au retour de Tokyo

    L’argent en attendant l’or – les Bleus entre deux moods au retour de Tokyo

    C’est un sentiment d’inachevé teinté d’espoir qui habite la sélection française masculine de basketball 5×5 au sortir d’une finale olympique historique à la Super Arena de Saitama (Japon) ce 7 août 2021. Pour la première fois de leur histoire, les Bleus ont joué les américains les yeux dans les yeux pour une médaille d’or, avec une vraie chance de réussir. Pendant 40 minutes, ils ont rivalisé fièrement avec l’équipe favorite, composée des plus grands talents du championnat NBA dirigés par l’un des entraineurs les plus illustres, Greg Popovich. Ils étaient sur le toit du monde, à deux doigts du titre. Mais alors que les américains rataient leurs tirs, offrant la possibilité d’une toute première victoire aux basketteurs français en finale des Jeux Olympiques, l’Équipe de France n’a pas réussi à concrêtiser cette opportunité. Les joueurs de Vincent Collet repartent donc avec une médaille d’argent bien méritée, magnifique, historique, la troisième dans l’histoire des JO (1948, 2000 et donc 2021). Mais ils savent qu’ils peuvent aller plus haut encore. Explication.

    ©2021 FIBA

    Fournier n’a pas fait son match

    Un talent comme Evan Fournier ne peut se satisfaire de 5/15 aux tirs (dont 2/9 à 3 points) en finale olympique. Impérial lors du match d’ouverture face à ces mêmes américains (29 points, décisif contre la Slovénie en demi-finale (25 points, Evan Fournier a donné le meilleur et parfois le pire dans son premier tournoi olympique en première ligne (5 fautes dont une offensive au plus mauvais moment en demi-finale). Peut-être le plus américain des français (il repart à New York pour 4 saisons et un rôle important dans une équipe qui monte, avec un contrat de $78 millions), c’est un atout majeur qui n’a pas encore révélé aux JO toute l’étendue de son potentiel. Il sera très attendu aussi bien dans le championnat nord-américain que lors des prochaines compétitions internationales, où il aura à cœur de confirmer. Watch out. Préparez le pop corn.

    ©2021 FIBA

    Gobert dominant… au début

    Le monde a vu Rudy Gobert dunker sur la tête de Kevin Durant lors du premier quart-temps contre Team USA. Un choix conscient de Greg Popovich, le coach américain n’a pas voulu opposer un pivot bien costaud, Javale McGee, au géant français (McGee, 2,13m et 2,29m d’envergure, auteur de 4 points à 2/2, un contre et un rebond en à peine 2 minutes contre l’Australie en demi-finale, n’est pas entré en jeu pendant ce match). Si le meilleur joueur du monde en a pris pour son grade en défense, il a en revanche apporté 30 points de l’autre côté du terrain, remportant facilement son duel avec le pivot français (29-16). Sans réelle présence de taille dans la raquette, c’est en mettant la pression sur les meneurs de jeu tricolores que Team USA a réussi à gêner les tentatives du pivot all-star en deuxième mi-temps, rendant les actions moins faciles qu’en première mi-temps, et préférant voir le géant tirer des lancers-francs plutôt que d’écraser le ballon dans le cercle. Une tactique payante, puisque le pivot français n’a réussi que 6 lancers-francs sur 13 (une soirée difficile pour les deux équipes dans ce secteur, 18/29 soit 62,1% côté français et 14/21 soit 66,7% côté américain). Au final, si Gobert a bien marqué 16 points, il n’aura tenté que 5 tirs dans cette finale (tous réussis), trois en premier quart-temps, aucun en quatrième quart-temps. Comment a-t-on pu se laisser priver d’une telle arme offensive ? Une énigme.

    ©2021 FIBA

    Les détails qui tuent au plus haut niveau

    Le camp français avait prévenu, peu importe l’adversaire, si on joue notre jeu, on peut battre n’importe qui. Mais en finale, les Bleus n’ont pas réussi à maintenir leur niveau de jeu des tours précédents. Et c’est sur des détails qu’ils ont perdu leur titre olympique.

    En effet, en commettant des fautes offensives légères mais caractérisées (le coude en avant sur des drives de Nando de Colo puis de Timothé Luwawu-Cabarrot) pas nécessaires, alors même qu’ils étaient en position de marquer ou au moins de provoquer une faute, les Bleus ont gâché de précieuses cartouches. Et en laissant filer le ballon, au lieu de soigner chaque possession, ils se sont tout simplement auto-détruits. Si les français ont enregistré 18 pertes de balle, les américains ne sont crédités que de 9 interceptions… cherchez l’erreur !

    ©2021 FIBA

    18 balles perdues par les français en finale olympique
    (9 seulement pour Team USA)

    Lorsque les américains ont mis la pression défensive dans le money time, ils ont réussi à pousser le porteur de ballon à la faute (Ntilikina sur une passe en retrait hasardeuse en tête de raquette directement dans les mains de Damian Lillard puis Nando de Colo sur une passe en course pour Rudy Gobert, qui ne lui a pas permis d’attaquer Kevin Durant avec autant d’aplomb qu’en premier quart-temps). Des erreurs pas directement provoquées par la défense, de la précipitation, comme si le ballon brulait les mains. Trop d’occasions ratées, trop de cadeaux à un adversaire qui n’en demandait pas tant, qui montrent une marge de progression significative.

    Tout près, mais encore trop loin

    Au bout du compte, il est évident que l’Équipe de France n’a pas joué du tout à son meilleur niveau dans cette finale olympique – l’équipe américaine non plus, ceci dit, ratant beaucoup de tirs dès l’entame du match et n’étant jamais en position de tuer le match. Alors que la défense française était bien au rendez-vous tout le long du match, avec une présence active et solide et peu de fautes contre les meilleurs athlètes de la planète, c’est en attaque que la sélection française a manqué de précision. Malgré les fautes offensives déjà évoquées, l’Équipe de France n’a commis que 19 fautes au total dans un match très défensif (22 fautes américaines) au contact de joueurs agressifs. C’est dire la qualité de la défense française, parvenue à gêner considérablement la meilleure attaque du monde (45,7% de réussite dont 28,1% à 3 points VS 51,4% contre l’Australie en demi-finale) en restant en bas – aucun contre ! Un véritable casse-tête pour Team USA, qui a longtemps déjoué dans cette finale. Résultat, une équipe capable de marquer 120 points en 40 minutes de basket FIBA (120-66 contre l’Iran) tenue à moins de 90 points !

    ©2021 FIBA

    Une nette progression

    Chahutés par l’Espagne puis le Japon en préparation, privés d’un match test important contre l’Italie (annulé comme de nombreux matches de préparation du fait des mesures sanitaires), intégrant des joueurs au compte-goutte de retour de blessure (Thomas Heurtel) et à l’issue de leur participation aux playoffs NBA (Rudy Gobert à Malaga puis Nicolas Batum à Paris Bercy), les Bleus ont réussi à trouver une cohésion étonnante et réalisé une entrée en lice spectaculaire contre Team USA pour leur première rencontre en poule (83-76). Ils ont fini cette phase initiale avec deux victoires sans appel contre la République Tchèque (97-77) puis l’Iran (79-62). Et ils se sont imposés non sans difficulté contre une Italie déconcertante en quart de finale (84-75), avant de se faire peur contre la Slovénie en demi-finale (90-89). À aucun moment, cette Équipe de France n’a cédé sous la pression, déroulant un basket solide, salué par Greg Popovich comme étant juste (the right way). Une équipe qui tire le meilleur aussi bien de ses atouts « américains » que des basketteurs évoluant dans les championnats européens et français (LNB), puisque portée aussi bien par Nando de Colo (l’un des meilleurs joueurs d’Euroleague évoluant à Fenerbahçe, Turquie) au poste de meneur que Moustapha Fall (meilleur défenseur de Jeep Elite Pro A avec l’ASVEL, Champion de France) au pivot, en parfaite harmonie avec les « concurrents » NBA à leur poste comme Frank Ntilikina (meneur remplaçant des New York Knicks) et Rudy Gobert (pivot titulaire all-star des Utah Jazz).

    Nando de Colo, plus de 2000 points en Équipe de France (184 sélections), plus de 3000 points en Euroleague (pallier atteint en 186 rencontres, le plus rapide de l’Histoire de cette compétition).

    ©2021 FIBA

    Objectif or à Paris

    Comme l’a rappelé Evan Fournier à la sortie du match, l’objectif est bien de « taper » ces américains lors de la prochaine finale olympique, en 2024 à Paris, sur notre terrain. Mais l’ailier français de New York (passé par Denver, Orlando et Boston) a indiqué la feuille de route, avec des étapes clés pour réussir une progression: Euro, Coupe du Monde puis JO. Pour être capable de se présenter de nouveau en finale olympique dans 3 ans, pour avoir ce niveau, il va falloir monter encore d’un cran et confirmer le statut d’élite du basket français lors des compétitions qui arrivent, où il ne sera fait aucun cadeau. La Slovénie, battue d’un point en demi-finale, sera là, parmi tant d’autres. Pour aller chercher l’or olympique à Paris en 2024, il va falloir travailler dur. Cette belle médaille d’argent, comme l’a dit Nicolas Batum, ce n’est pas une fin, c’est le début d’une grande aventure.

  • La France en finale olympique (basket 5×5 H)

    La France en finale olympique (basket 5×5 H)

    C’était un match très disputé. Tout le monde a répondu présent, Luka Doncic en tête, Nando de Colo au sommet également côté français. Timothé Luwawu-Cabarrot a confirmé son niveau de jeu au meilleur moment. Rudy Gobert a patrouilé dans la raquette des deux côtés du terrain. Evan Fournier a marqué des paniers importants. Mais tout pouvait basculer dans le mauvais sens lors de la dernière possession française, sur une faute offensive désastreuse, le ballon étant rendu aux slovènes pour une ultime attaque avec moins de 20 secondes à jouer et la possibilité de crucifier l’Équipe de France. Mais c’était le jour des Bleus. Le capitaine Batum y a veillé.

    Batman décisif

    Premier défenseur sur Doncic, présent dans tous les secteurs de jeu, notamment au contre (4) et au rebond (5 défensifs) mais également à la passe (3 passes décisives pour un ballon perdu), quoique trop discret en attaque (3 petits points à 1/5 aux tirs), recherchant notamment Nando de Colo pour des paniers cruciaux (26 points, 8/17 dont 3/5 à 3 points), Nicolas Batum est venu de nulle part sur la dernière action du match pour empêcher le panier de la victoire pour la Slovénie. Un contre propre, sans faute, récupéré par Rudy Gobert qui a aussitôt envoyé le ballon en avant pour laisser expirer le temps réglementaire et assurer la victoire. Alors que les français risquaient l’élimination en demi-finale du tournoi olympique, Nicolas Batum a changé le cours de l’histoire en leur faveur.

    Une action décisive et spectaculaire, qui a pris tout le monde par surprise. En un mouvement fluide et aérien, tout le métier d’un joueur revigoré par son transfert à Los Angeles l’été dernier, présent et dominant en Équipe de France depuis longtemps, à qui on avait toujours quelque chose à reprocher, justement ou injustement (si la France s’était inclinée aujourd’hui, on aurait immédiatement pointé ses 3 maigres points dans un match décisif). En une action historique ce jeudi 5 août 2021, Nicolas Batum a tout gagné, tout lavé, tout réussi. L’Équipe de France masculine de basket 5×5 est en finale olympique et ira chercher l’or contre les américains, déjà battus en match de poule, qui ont cependant bien l’intention de prendre leur revanche.

    Le 5/18 de Luka Doncic? Deux contres de Nicolas Batum.
    À 7/18, c’est un autre match.

    Une rencontre solide des deux côtés

    Malgré une adresse en délicatesse pendant tout le match (41%), c’est avant tout par une défense très solide que l’Équipe de France s’est imposée. Tenant Luka Doncic à 5/18 aux tirs (dont 2/9 à trois points) pour 16 points, les Bleus ont envoyé différents défenseurs qui ont réussi à gêner le MVP slovène (Batum, De Colo, puis Timothé Luwawu-Cabarrot et Frank Ntilikina). Une course de relai qui a payé, empêchant la Slovénie de prendre le large. Le roi slovène aura quand même réussi un énième triple-double avec 16 points, 10 rebonds et 18 passes décisives, avec le seul contre de son équipe, une interception et à peine une balle perdue. Un match en tous points remarquable malgré tout, et à un cheveu de la qualification en finale olympique.

    Un staff technique en or

    S’il y a un homme qui a rivalisé de calme avec le capitaine Nicolas Batum pendant cette rencontre tendue, c’est bien l’entraineur Vincent Collet. Énergique et impactant pendant les temps morts, le coach de l’Équipe de France qui encadrait son 201ème match en bleu a été constant, comme à son habitude, absorbant la tension et ne cédant à aucun moment à la pression. S’il a écopé d’une faute technique en fin de match lors d’une contestation, c’est très rare et c’était assez légitime, sans être excessif. En outre, Vincent Collet a toujours su trouver les mots justes pour relancer l’équipe dans le bon sens, pointant les carences et participant ainsi à l’édifice défensif des Bleus. Si la télévision parvient à faire transpirer par petites touches l’activité de ces hommes de l’ombre, en approchant un micro et une caméra dans la mêlée lors des temps morts, il faut bien se rendre compte que cette activité entraperçue furtibement dure en réalité pendant tout le match. C’est un job sans relâche. Et les joueurs le respectent totalement, s’en nourissent et en ressortent plus forts. La cohésion du groupe part de là.

    Un trio de scoreurs extérieurs

    Ce jeudi 5 août 2021, l’attaque des Bleus a reposé pratiquement sur trois joueurs: Evan Fournier (23 points), Nando de Colo (25 points) et Timothé-Luwawu-Cabarrot (15 points). 63 points sur 90 à eux trois. Le secteur intérieur n’a rapporté que 9 points, tous signés Rudy Gobert, Mustapha Fall passant tout juste 10 minutes sur le parquet (2 rebonds, 1 passe décisive) et Vincent Poirier n’ayant pas quitté le banc (préservé pour la finale contre Team USA?). En face, Mike Tobey, ancien pivot de Virginia, a marqué 23 points (10/14 aux tirs dont 2/5 à 3 points) sur de nombreux pick and rolls avec Doncic.

    Match historique pour Nando de Colo.
    25 points (8/17 aux tirs dont 3/5 à 3 points, 6/6 aux lancers-francs),
    7 rebonds, 5 passes décisives pour 3 balles perdues en 32 minutes.

    La différence s’est faite aux lancers-francs (16/19 pour les Bleus contre 11/20 pour les slovènes) et à trois points (12/25 soit 48% de réussite pour les français contre 10/30 soit 33,3% pour les slovènes), dans une rencontre avec très peu de déchêts – seulement 6 balles perdues pour la Slovénie et 8 pour la France. Et sur la toute dernière action, évidemment, le huitième contre de la partie pour la paire Gobert-Batum, au bas mot 16 points effacés des registres par la patrouille de France.

    La ruée vers l’or

    Prochaine étape, dans la nuit de vendredi à samedi à 4h30 (heure française), ce sera le troisième* rendez-vous entre l’Équipe de France et Team USA pour la finale olympique. Cela fait 21 ans que ce n’était pas arrivé. Fred Weis, au commentaire pour Eurosport, avait alors remporté aux Jeux de Sydney (Australie) la seconde médaille d’argent du basket français avec Antoine Rigaudeau, Laurent Sciarra, Jim Bilba, Makan Dioumassi, Crawford Palmer, Stéphane Risacher, Laurent Foirest (membre du staff technique de l’Équipe de France actuelle), Thierry Gadou, Cyril Julian, Moustapha Sonko et Yann Bonato (absent sur blessure). La France s’était alors inclinée de peu face aux américains (75-85).

    En 1948, lors de leur première confrontation aux Jeux Olympiques de Londres, Team USA avait largement dominé l’Équipe de France sur un score de 65 à 21. Le score est donc de 2 à 0 pour les États-Unis en finale olympique contre les Bleus.

    L’heure de la revanche a sonné.


    *France-USA aux JO (0-2): 1948 – 21-65; 2000 – 75-85.

  • Les Bleus contre Luka et KD pour l’or olympique

    Les Bleus contre Luka et KD pour l’or olympique

    Le Graal est en vue. Qualifiée pour la demi-finale contre la Slovénie, l’Équipe de France masculine de basket 5×5 a désormais quatre options. Trois médailles possibles et la terrible quatrième place. Mais c’est bien l’or qui est en vue, avec deux obstacles de taille: la Solvénie de Luka Doncic et les États-Unis de Kevin Durant. Le premier adversaire n’a encore jamais perdu avec son prodige all-star particulièrement en forme dans ce tournoi. Le second adversaire, vaincu lors de la World Cup 2019 et à nouveau en match de poule cette année, vient de terrasser l’Australie en demi-finale (97-78) et cherche sa quatrième médaille d’or d’affilée. Est-ce que le staff technique et les joueurs de l’Équipe de France sont prêts à réaliser deux KO successifs pour obtenir le premier titre olympique de l’histoire du basket français? C’est l’objectif… Les jeux sont faits, rien ne va plus !

    ©2021 Bellenger/IS/FFBB

    Tout à gagner

    Il faut deux matches parfaits pour que les Bleus arrachent d’abord leur qualification en finale du tournoi olympique, puis un titre de champion olympique face à Team USA. Littéralement mission impossible, tant le talent est grand en face. Mais le talent est également grand et affûté dans cette Équipe de France au grand complet, à l’exception d’Andrew Albicy, préservé pour le demi-finale et qui sera réévalué lors du prochain match, s’il y a bien un grand rendez-vous. C’est donc la triplette Heurtel-De Colo-Ntilikina qui se présentera devant le meneur « à tout faire » slovène.

    Un pour tous… tous pour Luka

    Le challenge évident, c’est de contenir Luka Doncic, le gêner au maximum, essayer de l’empêcher d’installer son jeu. Est-ce que le staff technique des Bleus a trouvé des solutions? Est-ce qu’un géant comme Vincent Poirier aura pour mission de mettre en boîte le MVP slovène? Ou est-ce que la défense française tentera d’éteindre tous les autres coéquipiers en laissant le prodige faire son match de légende, en limitant au maximum la casse sur les autres postes? Est-ce possible? Les Bleus auront-ils assez d’énergie pour verrouiller la défense et assurer en même temps une attaque digne de ce nom?

    ©2021 Bellenger/IS/FFBB

    Deux de suite

    Et après, si le collectif français parvient à faire la différence en demi-finale, est-ce qu’il y aura à nouveau toute l’énergie pour repartir à zéro en finale contre la formidable équipe américaine? Pourra-t-on à nouveau contenir KD, imposer notre taille avec un système à deux pivots, comme en match de poule, et est-ce que ce sera la bonne solution contre le collectif désormais bien organisé de Team USA? Est-ce qu’Evan Fournier a les tripes et l’endurance pour marquer 60 à 70 points en deux rencontres? Est-ce que Nicolas Batum poursuivra sur sa dynamique dominatrice, avec des contributions dans tous les secteurs de jeu? Est-ce que Nando de Colo sera remis de son passage à vide en quart de finale? Est-ce que la triplette d’intérieurs va bien fonctionner sous la pression (Gobert-Poirier-Fall)? Quel Guershon Yabusele va se produire à ce niveau de la compétition?

    ©2021 Bellenger/IS/FFBB

    Le risque des exploits individuels américains

    Team USA regorge de talents, mais également d’expérience des moments importants. KD et Draymond Green ont remporté plusieurs titres NBA ensemble, ils s’entendent parfaitement, ils seront présents en finale olympique. Et avec eux, il y a Damian Lillard, héros des playoffs avec Portland, Devin Booker, finaliste malheureux cette année avec Phœnix, Zack Lavine, all-star chicagoan qui n’a pas tout montré lors de cette compétition. Et Jrue Holiday, champion en titre avec Milwaukee et son coéquipier Kris Middleton, domine la compétition actuellement. Ce sont autant de bombes à retardement qui devraient être parfaitement réglées pour cette finale, sous le regard avisé de Greg Popovich et de son staff, qui compte Steve Kerr (coach triple-champion avec Golden State), Lloyd Pierce et Jay Wright (Villanova).

    Début de réponse ce jeudi à 13h (heure française) sur France 3 et Eurosport. Et rappelez-vous, impossible n’est pas français.

  • Les Bleues se qualifient la tête haute contre Team USA

    Les Bleues se qualifient la tête haute contre Team USA

    C’était une rencontre attendue pour l’Équipe de France féminine de basket 5×5 avec l’équipe favorite du groupe, Team USA, ce lundi 2 août 2021 (13h40 heure locale, 6h40 heure française). Un match diffusé en direct sur France Télévisions, commenté par David Malarme et Céline Dumerc (Manager Générale des Bleues, ancienne capitaine de l’Équipe de France de basket féminin, record de sélections en équipe nationale de basket avec 262, médaille d’argent aux JO de Londres en 2012). Un rendez-vous qui n’a pas déçu.

    ©2021 Julien Bacot/FFBB

    Victoire en option

    Pour gagner une qualification en quart de finale, l’Équipe de France féminine n’avait pas besoin de battre son adversaire du jour. En effet, il suffisait de ne pas perdre de moins de 14 points contre Team USA pour rester dans la compétition. Objectif, avec deux défaites en trois matches de poule, une troisième place du groupe devant le Nigéria (0-3) et un avantage aux points contre les autres équipes en même posture dans les autres groupes. En effet, seules les deux meilleures équipes parmi les troisièmes de leur groupe accèdent aux quarts de finale – la moins bien placée est automatiquement éliminée. Avec un différenciel de points (+10) supérieur au Canada (+7), l’Équipe de France est assurée de ne pas terminer cette phase à la plus mauvaise place parmi les troisièmes, même en cas d’exploit de l’Australie dans le groupe C, qui affichait un déficit aux points après deux rencontres (-17).

    ©2021 Bellenger/IS/FFBB

    L’orage passé… pour l’instant

    En s’inclinant de 11 points contre l’épouvantail américain, les Bleues ont donc validé leur billet pour le quart de finale, mais surtout tenu tête pendant 3 quarts-temps à l’équipe favorite du tournoi, menant au score à moins de dix minutes du terme (72-71). Même si les deux équipes ne pourront pas se revoir immédiatement en quart de finale, cela reste de bonne augure en cas de nouvelle confrontation lors des tours suivants, si les équipes remportent leurs prochains matches. Après tout, à part une panne d’adresse inopportune dans le money time (Team USA a passé un run de 22-10 lors des 9 dernières minutes), les Bleues ont montré qu’elles pouvaient contenir les attaques américaines et installer leur jeu en attaque, avec certainement une marge de progression d’ici à leur prochaine confrontation. On peut donc espérer un exploit si l’occasion se représente.

    Un tirage favorable

    C’est officiel, on connait le tableau de la phase finale du tournoi olympique de basket 5×5 féminin suite aux tirages au sort. Les Bleues rencontreront en quart de finale une équipe d’Espagne familière, puisque jouée deux fois en matches de préparation à Malaga puis Bercy, à deux jours d’intervalle. Une victoire partout, chacun sur son terrain, l’Espagne victorieuse à Malaga (72-61) et la France vengée à Paris Bercy (80-75).

    En cas de victoire en quart de finale, les Bleues seraient opposées soit à la Belgique, soit au Japon, une équipe qui a leur a tenu tête lors du match d’ouverture de la compétition le 27 juillet dernier (74-70). Un avantage psychologique supplémentaire pour une équipe qui joue à domicile.

    ©2021 Julien Bacot/FFBB

    Des adversaires à portée, donc, même si rien n’est jamais garanti, surtout à ce stade de la compétition. Le chemin de la finale apparait ouvert, possible, le podium est décidément bien en vue… à charge de confirmer sur le terrain les bonnes choses aperçues lors des matches de poule, en allant cette fois chercher les victoires.

    Réponse sur le terrain, mercredi 4 août 2021, dès 14h.

  • Les Bleus pour un titre olympique?

    Les Bleus pour un titre olympique?

    Le sort a parlé, c’est l’Italie qui se dresse sur le chemin des Bleus en quart de finale du tournoi olympique de basket 5×5 (Tokyo 2020). Un adversaire à ne pas sous-estimer, qui reste sur un tournoi de qualification extraordinaire et n’a perdu que de quelques points contre l’Australie en match de poule. Mais contrairement à l’Espagne ou à une Team USA revancharde, on peut considérer que c’est un adversaire plus jouable, si tout se passe bien. Comme un match se joue sur le parquet, et non sur le papier, on ne peut que se régaler pour cette rencontre prometteuse mais également très risquée.


    Le jeu des oppositions

    Comme l’a indiqué Vincent Collet en conférence de presse ce dimanche, après l’annonce des résultats des tirages au sort, l’Italie a largement mérité sa place et ne doit pas être sous-estimée. C’est le fait même qu’on ne l’attendait pas à ce niveau qui inquiète le coach des Bleus. Une Italie qui a battu le Nigéria (80-71) malgré un tout petit Gallinari (3 points en 8 minutes) et un barrage à trois points (9/14 pour Chimezie Metu et Jordan Nwora).

    Ces Italiens sont un adversaire solide. C’est une équipe européenne qui a fait un TQO exceptionnel à Berlgrade, puisqu’ils ont éliminé la Serbie, grande favorite.

    Vicent Collet, entraîneur de l’Équipe de France
    ©2021 Bellenger/IS/FFBB

    Pourquoi on retient son souffle

    Qualifiée pour les quarts de finale d’un tournoi olympique, l’Italie n’a pas de présence intérieure capable de rivaliser avec la triplette de géants français (Fall-Gobert-Poirier), ne comptant dans son effectif qu’un seul pivot, Amedeo Tessitori (2,08m). En revanche, elle ne manque pas de taille globalement et aligne même deux joueurs NBA, Danilo Gallinari (#8, Atlanta Hawks, 2,08m) et Nico Mannion (#1, Golden State Warriors, 1,90m). Même si le staff technique de l’Équipe de France parvient à trouver les bonnes solutions tactiques pour aborder ce match, avec une journée d’entrainement pour que les joueurs intègrent ces paramètres et se préparent à la rencontre (mardi 3 août à 10h40, heure française), on ne sait pas du tout comment les deux équipes vont réagir. Les italiens auront eux aussi préparé la rencontre dans les mêmes conditions, et peuvent parfaitement proposer un basket qui déroute.

    Un parcours en trois étapes

    Quart de finale – VS Italie
    Demi-finale* – VS Slovénie ou Allemagne
    Finale* – VS Espagne ou USA ou Australie ou Argentine
    *en cas de victoire au tour précédent

    ©2021 Bellenger/IS/FFBB

    En cas de victoire contre l’Italie en quart de finale, il faudrait encore passer une Slovénie (ou Allemagne) qui n’a jamais perdu avec un Doncic stratosphérique sur ce tournoi olympique (mais si Vincent Poirier a pu gêner Kevin Durant, on imagine quelle sera sa mission contre le prodige slovène, qui rencontre rarement ce type de gabarit à l’extérieur). Une défaite en demi-finale signifierait une participation à la « petite finale » contre l’Espagne ou l’Argentine pour le Bronze, une proposition plutôt inquiétante.


    Peut-être l’année des Bleus

    Les Bleus sont donc condamnés à la victoire aussi bien en quart de finale qu’en demi-finale, afin de disputer une première finale olympique depuis Sydney (perdue 75-85) avec un potentiel rematch contre Team USA, qui n’aura sans doute pas le même visage qu’en poule (victoire des bleus 83-76). Trois exploits pour une médaille d’or, mission impossible**?
    **impossible n’est pas français

  • La mission impossible des Bleus aux JO

    La mission impossible des Bleus aux JO

    L’Équipe de France de basket masculine se prépare actuellement à participer aux Jeux Olympiques de Tokyo. Un challenge de taille, puisque les Bleus commencent la compétition par un face-à-face avec Team USA, l’éternel favori, après s’être inclinée deux fois en préparation face à l’Espagne, ravivant des souvenirs douloureux des précédentes rencontres, puis face au Japon, et avec deux autres matches pièges contre l’Iran et la République Tchèque pour accéder en quarts de finale. Le tout dans un contexte sanitaire contraignant et des changements de dernière minute, avec l’apparition de cas de Covid au sein même du village olympique. Mission impossible?


    La préparation à Malaga


    ©2021 Julien Bacot/FFBB

    Les rencontres avec l’Espagne

    C’est un adversaire bien connu que les Bleus ont rencontré d’abord à Malaga devant leur public, puis à Paris Bercy devant le public français venu en nombre malgré les contraintes sanitaires, le 10 juillet 2021 (plus de 9000 spectateurs dans les tribunes de l’Accor Arena). Sans Pau Gasol cette fois, le collectif espagnol a déroulé son script habituel, avec un Marc Gasol en roue libre, toujours aussi dangereux à trois points, et jouant les tours de contrôle en tête de raquette avec son volume et ses qualités de passeur.

    Rudy Gobert et Willy Hernangómez à Bercy. ©2021 Julien Bacot/FFBB

    La triplette d’arrières LLull-Rodriguez-Rubio s’est baladée et a même toisé ses adversaires, usant même de vieilles ruses pour reprendre le ballon aux français – Rubio anticipe le contact sur les écrans, rebondissant sur les intérieurs Rudy Gobert et Mustapha Fall et se retrouve les 4 fers en l’air sur le parquet, bluffant par deux fois les arbitres. Aucun hasard, c’est même brillamment exécuté, on va appeler ça le « métier ». Dans une courte victoire (87-79), deux possessions retirées à l’adversaire pèsent lourd, et risquent de pénaliser à nouveau les bleus dans des matches importants, où tous les coups seront permis.

    Jouant un basket très juste et avec une belle adresse, l’Espagne fait preuve de régularité et de maîtrise, dans le même registre depuis 20 ans. À Bercy comme à Malaga, l’Espagne était trop forte.


    Une préparation amputée

    Après deux matches chocs contre l’Espagne à Malaga puis à Bercy, devant le public français, l’Équipe de France devait rencontrer l’Italie pour compléter sa préparation. C’est finalement le Japon, pays organisateur et équipe atypique, disposant tout de même de deux joueurs NBA et de deux intérieurs puissants, qui s’est imposée lors du dernier match amical (81-75) en proposant un jeu à la fois rapide et percutant, sur son terrain.

    Scrimmage à Oshino (Japon) ©2021 Toshihiko Amano/FFBB

    Du fait du décalage de la saison NBA, des joueurs comme Rudy Gobert (Utah Jazz, éliminé au second tour des playoffs NBA par les Clippers) et Nicolas Batum (LA Clippers, éliminé en finale de conférence ouest par Phœnix) sont arrivés tardivement en préparation, et même s’ils ont participé à la rencontre phare de Paris Bercy, montrant de très belles choses et une certaine aisance à leur postes respectifs, leur intégration dans le collectif va devoir se faire aux forceps, et si les vétérans ont l’habitude d’évoluer sous le maillot des Bleus comme chaque été depuis des années, c’est plus délicat pour leurs coéquipiers, dont certains comptent peu de sélections en Équipe de France, de trouver les automatismes nécessaires à la bonne exécution des systèmes. Il va falloir apprendre très vite.

    Un tournoi Olympique accéléré

    Avec tout juste 3 matches de groupe et une phase finale en trois étapes (quarts de finale, demi-finale et finale), c’est en à peine § matches que se joueront ces Jeux (contre 8 précédemment). Un parcours accéléré qui ne permet aucune erreur. Comme l’a souligné Rudy Gobert, chaque match sera important non seulement pour son résultat, mais pour le goal average, qui peut s’avérer déterminant pour la suite du tournoi. Chaque action dès dimanche sera donc lourde de conséquence.

    Scrimmage à Oshino (Japon) – Nando de Colo ©2021 Toshihiko Amano/FFBB

    Tout pour le quart

    Après deux Olympiades déjà (Londres 2012 et Rio 2016), Nicolas Batum et Nando de Colo entament leur troisième expérience olympique, avec pour objectif minimum de remporter le quart de finale, perdu lors des deux éditions précédentes (et contre l’Argentine lors de la World Cup en 2019). L’objectif est donc la médaille.

    Team USA en tête

    Si l’on peut s’enorgueillir d’une victoire contre l’équipe américaine en quart de finale lors de la dernière Coupe du Monde en Chine en 2019 (89-79), Vincent Collet a donné une clé à la fois intéressante et perturbante lors d’un point presse précédant la rencontre avec le Japon. En effet, l’entraineur des Bleus indique que cette victoire devrait servir au staff technique américain, qui risque donc de présenter des solutions aux problèmes rencontrés, et proposer une opposition très différente lors de ce premier match. Une thèse confirmée par Gregg Popovich, l’entraineur américain et légende des San Antonio Spurs, qui a déclaré penser à cette rencontre depuis 2 ans, affichant clairement sa détermination à laver l’affront subi à la Coupe du Monde. Les Bleus ne pourront donc se contenter de simplement rééditer l’exploit, ils devront déjouer les plans de leur adversaire et trouver de nouvelles solutions sur le terrain.

    ©2021 Julien Bacot/FFBB

    Et quoiqu’il arrive lors de ce match d’ouverture contre Team USA, il sera primordial de bien gérer la suite de la compétition contre deux équipes qui affichent un effectif complet, avec de la taille et de la vitesse – la République Tchèque et l’Iran. En effet, si l’incertitude plane sur la première rencontre face au rival américain, la France ne peut de toute évidence pas se permettre de perdre lors des rencontres suivantes. C’est là que le tournoi olympique se jouera pour les Bleus.

    Rendez-vous dimanche 25 juillet 2021 à 14h, heure française, pour le choc France-USA sur France Télévisions et Eurosport.

  • La Floride, le nouveau monstre du basket américain

    La Floride, le nouveau monstre du basket américain

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    5 semaines. 5 états des Etats-Unis. C’est ce que Clutch Time vous propose d’aborder cette semaine. Un dossier complet sur les 5 régions les plus influentes sur le basket américain moderne, celles qui transforment une génération, celles qui forment les plus grandes stars de la NBA, celles qui ont le rendement joueurs/stars le plus grand, bref, ces états qui font que le basket américain se renouvèle en permanence.
    Aujourd’hui, on aborde le nouvel empire, le temple de la formation moderne : la Floride.
    Entre strass, paillettes et plages, découvrez l’histoire du nouveau royaume du basket, prêt à détrôner les géants impérissables.


    Une « hype » très récente…

    Si on vous dit Floride et basket, vous pensez à quoi ? Miami, Orlando, les Heatles, « Not 1, not 2, not 3… », Ray Allen dans le corner ou le jeune Shaq par exemple. Et bien… oui, mais c’est normal ! Parce qu’avant 1988, aucune équipe NBA n’est installée en Floride. Les Floridians (ABA) de Donnie Freeman ne sont qu’un lointain souvenir pour les plus anciens, et seules les universités de Miami et de Floride font un peu de bruit à l’échelle nationale. C’est le vide absolu, à tous les étages.

    1988. La période Neal Walk, qui a fait la fierté d’une partie de la Floride, commence à se faire vieille, et lors d’une expansion qui apportera les Charlotte Hornets, la NBA décide de franchir le pas et d’aller dans une des régions les plus peuplées des Etats-Unis : Miami.
    Considéré comme le « retirement heaven » où tous les retraités des Etats-Unis s’installent, la Floride n’attire pas plus que ça. Mais le Miami Heat va installer un renouveau sportif. Logo neuf et récent, campagne de pubs à destination du public jeune, la hype s’installe, le public accroche, l’identité est là.  

    1989. Un an plus tard, c’est Orlando qui frappe à la porte de la NBA, convaincue du potentiel floridien. L’impact n’est pas le même, cependant, l’arrivée de Shaquille O’Neal au sein de l’effectif quelques années plus tard prouvera que Orlando a sa place en NBA, tant sur l’aspect sportif qu’attractif.

    2 équipes en NBA. L’étape est franchie, la Floride est installée dans la plus grosse ligue de basket mondiale. Mais une question reste en suspens : où sont les joueurs issus de la formation floridienne ? Et bien… On doit les chercher. Certes, Darryl Dawkins a abreuvé la NBA de dunks, Eddie Johnson a traumatisé quelques attaquants… Mais globalement, c’est très dur de trouver des joueurs marquants venant de Floride.

    La révolution commencera avec deux Otis, que seulement quelques années séparent : Birdsong & Thorpe. Tous les deux draftés dans le top 10, tous les deux draftés par Kansas City, tous les deux nommés All-Star au moins une fois, ils ont su réveiller une génération enfouie dans le Sud-Est des Etats-Unis. A la même période, Derek Harper viendra compléter le duo, et marquera lui aussi la Floride. Mais il manquait une tête d’affiche, un leader.

    Un joueur marquera la NBA à son arrivée en 1989. Il incarnera durant sa carrière la culture et l’ADN qui caractérise si bien son Etat. Enfant de Fort Lauderdale, il reflètera la jeunesse floridienne aux yeux de tout le pays, formant une parfaite combinaison entre dureté et volonté : Mitch Richmond. 1er Hall of Famer formé en Floride, c’est lui qui va en quelque sorte aider la Floride et ses enfants à se développer, à développer cette culture de la dureté, de la hargne.

    Car la Floride n’était qu’en phase de forage, et le pétrole allait bientôt jaillir à la surface…

    … renforcée par deux cousins…

    1997. Un jeune joueur va marquer les esprits de la Caroline du Nord. Après 3 saisons lycéennes à Auburndale en Floride, cet espoir du basket se transfère à Durham, dans la Mount Zion Christian Academy. Une saison incroyable s’en suivit : 27.5 points, 8.7 rebonds, 7.7 passes, 2.8 interceptions et 2 contres par match. Il est incontestablement nommé parmi l’un des meilleurs lycéens des Etats-Unis, et reçoit de multiples récompenses nationales.

    Mais sa formation, il la doit à la Floride, dont il est originaire. C’est cette Floride qui a exploité son talent, qui la développé. Il restera toute sa vie fidèle à Auburndale, à cette contrée qui l’a vu évolué, jour après jour, année après année.
    Malgré des tentations d’université, il sautera la case NCAA pour se présenter directement à la draft NBA 1997, en tant que lycéen. Il sera sélectionné au 9ème choix de la draft par une « fraîche » équipe de Toronto. Son nom ? McGrady. Tracy McGrady.

    Auburndale, FL: Tracy McGrady heads home to his old high school gym. - Captured on a Samsung Galaxy S8

    Tracy McGrady de retour dans le gymnase d’Auburndale, à l’occasion d’un partenariat entre Samsung et ESPN.

    Au même moment, son cousin, Vince Carter, lui aussi originaire de Floride, est en train d’arpenter le chemin universitaire du côté de North Carolina. Véritable phénomène, Vince aura fait ses classes du côté de Daytona Beach, county où il est né, où il a grandi. Également nommé parmi les meilleurs lycéens de sa génération, l’ancienne star de Mainland sera récompensée de plusieurs prix nationaux, quelques années avant Tracy. 22 points, 11.4 rebonds, 4.5 passes et 3.5 contres par match sur sa dernière année en Floride.

    Son départ pour UNC ne changera pas son amour pour Daytona. Quelques années plus tard, il se déclarera pour la draft NBA, et sera sélectionné par Golden State avec le 5ème choix avant d’être échangé à Toronto contre Antawn Jamison.

    Commencera alors une époque où Toronto, armé de deux cousins floridiens, surprendra la NBA à coups de highlights phénoménaux. Même si l’équipe, un peu faible globalement, n’atteindra pas des sommets collectivement, elle aura marqué une génération de fans, et aura fait la fierté d’un état tout entier, qui attendait un renouveau, en regardant les performances d’un Mitch Richmond perdant petit à petit sa gloire d’All-Star.

    Les deux joueurs mèneront une carrière de Hall of Famers, et marqueront l’élément déclencheur du développement de la Floride comme un des piliers de la formation américaine.

    … qui aboutit à la création d’un empire !

    2003. Les années passent, les joueurs passent, et la formation floridienne s’embellit. L’apparition et la domination d’Amar’e Stoudemire en NBA renforce le sentiment de révolution. La Floride vient de passer un cap.

    Mais une dernière étape manque à la liste : attirer les plus gros prospects lycéens du pays. Même si l’état est l’un des plus peuplés des États-Unis, la formation a encore besoin d’évoluer, de toucher le pays tout entier.

    Ainsi arrive, au milieu des années 2000, la Montverde Academy.

    L’académie arrive en contournant complétement la question des prospects américains. « On ne peut pas attirer ici, alors allons chercher ailleurs ». Et la logique fonctionne, et les propulse tout en haut. Leur première star ? Luc Mbah a Moute, star au Cameroun, nommé un des meilleurs prospects internationaux, et qui vient de débarquer aux États-Unis.

    Luc obtiendra une bourse pour aller à UCLA, université légendaire à l’histoire incroyable. Il y restera 3 saisons avant de s’inscrire pour la Draft NBA 2008. Il est sélectionné par Milwaukee avec le 37ème choix de la Draft.
    Fierté pour Montverde, qui tient son premier joueur drafté. L’effectif grandit, et gardera la même dynamique internationale pendant quelques années.

    Prochaine star ? Solomon Alabi. Histoire similaire : arrivée du Nigéria, prospect international renommé, obtient une bourse pour Florida State, drafté par Dallas en 2010 (50ème choix).
    Sa carrière n’aura pas la même grandeur que celle de Luc, mais Montverde tient sa recette, et ne compte pas la lâcher.

    Suivront des joueurs comme Patricio Garino (Argentine), Landry Nnoko (Cameroun), Ruslan Pateev (Russie) ou Haukur Pálsson (Islande). Des noms, certes un peu moins clinquants, mais qui permettront à Montverde d’avoir une transition entre création et explosion la plus seraine possible. Et c’est chose faite. En 2012, l’effectif de Montverde compte 100% de joueurs ayant une bourse pour une équipe de Division I en NCAA. Cette saison marque la fin de l’échauffement pour l’académie, et le début de l’empire floridien.

    À quoi reconnait-on un bon lycée d’un excellent lycée ? Quand les meilleurs joueurs du pays sont prêts à venir jouer pour vous. L’heure de franchir l’étape est arrivée. Montverde garde sa recette internationale, mais y ajoute des ingrédients nationaux : Kasey Hill, Michael Frazier II, Dakari Johnson… L’effectif commence à faire peur et s’introduit dans les nombreux tops d’équipe.
    Mais c’est un jeune freshman venant de Louisville, dans le Kentucky qui va élever Montverde au rang d’empire. Un jeune freshman, qui à l’aube de la saison 2011-2012, va décider de partir de la Central High School à Louisville, et d’arriver dans cet effectif.

    Ce jeune freshman, c’est D’Angelo Russell.

    Montverde marche sur la saison. L’effectif est trop fort, trop puissant, trop performant. Un jeune Joel Embiid, issu de la recette internationale, aura un peu de temps de jeu, mais ne sera pas vraiment satisfait et partira à la fin de sa première saison. Montverde se qualifie pour sa deuxième finale nationale, et pour la deuxième fois, échoue face au Findlay Prep d’Anthony Bennett. Défaite cruelle de 3 points, 86-83, qui permet à Findlay de rafler son 3ème titre national en 4 ans.

    Cette finale marque alors le début du règne. Kasey Hill et Dakari Johnson deviennent seniors et de plus en plus forts, « D-Lo » prend ses repères et commence à entreprendre sa legacy, et un jeune Australien arrive pour renforcer l’effectif : Ben Simmons. Mélange encore une fois entre le top des prospects internationaux et américains, Montverde rafle la mise, et sur la saison 2012-2013, remporte son premier titre national face à St. Benedict’s Prep, grâce aux grosses performances de leurs 2 seniors stars, Hill (19 points) et Johnson (MVP, 18 points).

    St. Benedict's Prep vs. Montverde Academy: Recap and Analysis of NSHI 2013  Final | Bleacher Report | Latest News, Videos and Highlights

    Montverde sous le toit des Etats-Unis après son premier titre national

    Une fois la machine lancée, impossible de l’arrêter. Cette fois-ci sous les ordres d’un D’Angelo Russell nommé parmi les meilleurs lycéens de sa génération, Montverde arrive en tant que favori sur la saison 2013-14. Pression assumée et digérée, puisqu’ils s’imposeront une seconde fois d’affilée, marquant la fin de la période Findlay. Comme un roulement sans fin, l’année suivante, c’est Ben Simmons, nommé meilleur lycéen de sa génération qui est nommé leader de Montverde. Vous l’aurez compris, jamais deux sans trois, et Montverde s’imposera pour la 3ème fois consécutive. L’empire est fondé, le règne a débuté.

    Malgré une saison compliquée en 2016, Montverde reviendra à l’attaque en 2017, avant d’échouer en finale, puis de remporter à nouveau le titre en 2018, avec le phénomène canadien R.J. Barrett. Tiens… Encore un joueur international.

    6 saisons depuis leur défaite face à Findlay. 5 finales. 4 titres. Montverde est devenu intouchable et rafle tous les plus gros prospects. Parmi tous ceux qui n’ont pas été cité, nous avons : E.J. Montgomery, Anfernee Simons, Sandro Mamukelashvili, Marcus Carr, Simi Shittu, Filip Petrusev et plus récemment Cade Cunningham, Moses Moody, Caleb Houstan, Precious Achiuwa, Dariq Whitehead ou Jalen Duren… Une usine à talents, littéralement.

    Et si en 2019, c’est l’autre lycée floridien en vogue, l’IMG Academy, qui s’est imposé à l’échelle nationale, c’est bien Montverde qui a su marquer les esprits et entreprendre une legacy pour la Floride. Partant de joueurs internationaux reconnus, ils ont su prendre à contrepied le système américain, et possède depuis 2009, une multitude de joueurs présents en NBA, quelques picks de draft dans le top 3 (Simmons, Barrett, Russell), et une legacy qui va se charger du reste (Cunningham, Duren, Whitehead…).


    Cette formation se traduit également par des chiffres. Et notamment du côté de la NBA, où le nombre de joueurs NBA issus de la Floride a tout simplement explosé depuis quelques années !

    À noter que la décennie 2020-2029 démarre également sur les chapeaux de roue, avec 19 joueurs arrivés en NBA en 2 ans, soit quasiment autant que sur la décennie 1980-1989 !
    Mais là où la Floride s’est vraiment imposé, c’est sur les classements nationaux. Lancés il y a quelques années par des compagnies comme 247Sports ou ESPN, les classements des lycéens fait débat, mais plaît beaucoup. Le RSCI établit un consensus entre tous les plus grands sites de rankings, et délivre un classement final : le top 100 RSCI.
    Ces classements sont délivrés par génération (année de naissance) et sont actualisés jusqu’à leur entrée en université.
    Après avoir regroupé par blocs des 3 années entourant un début de décennie (depuis la création du RSCI), et classer par état, nous obtenons ce graphique :

    Non seulement la Floride s’impose comme l’une des meilleures sources de talents, poussé par les académies Montverde et IMG, mais elle a récemment réussi à dépasser l’ogre californien, et de surpasser tous les autres états.
    La Floride plaît à l’échelle nationale, et les meilleurs recruteurs n’hésitent pas à venir s’approvisionner. On a vu notamment il y a quelques jours les frères Bewley, originaires de Fort Lauderdale, et classés comme 2 des meilleurs joueurs de la génération, accepté un contrat avec Overtime Elite (dont nous parlerons plus tard), structure menée par l’inépuisable Kevin Ollie.


    Long, très long a été le périple de la Floride depuis la fin des années 70. De Neal Walk aux « Otis Boys » à la legacy de Montverde, en passant par Mitch Richmond et les cousins McGrady/Carter, la Floride a su se renouveler et, à l’instar du football américain par exemple, devenir un exemple et un pilier de la formation américaine. Passant de 15 joueurs dans le top 100 RSCI des meilleurs lycéens entre 1999 et 2001 à 35 joueurs entre 2019 et 2021, l’état s’inscrit dans la durée, et compte bien nous livrer des stars pour encore très longtemps…


    Sources : MaxPreps, GEICO Nationals, Basketball Reference, RSCI Rankings.