Le carnet des rookies: édition spéciale pré-saison

Illustration by @romain_sk_97

Un mois après avoir été draftés, les rookies de la promotion 2020 sont déjà mis à contribution sans passer par la case Summer League. Des conditions historiques, qui ne vont pas nous empêcher de (sur)réagir au sujet de leurs performances. On va faire court (comme cette pré-saison), voici les rookies qui ont retenu notre attention lors de cette pré-saison, et les nominés sont…


…Dans la catégorie : « On ne va pas beaucoup gagner mais au moins on va s’amuser ! »

LaMelo Ball (3e choix, Charlotte Hornets)

Il n’aura pas fallu longtemps avant que les Hornets profitent de la qualité de passe « Globetrotteresque » du petit dernier de la famille Ball. La franchise de Michael Jordan a vraiment la poisse avec la blessure récente de Gordon Hayward, mais pour redonner le sourire, rien de mieux que des contre-attaques lancées par leur tout nouveau rookie. Jamais à court d’idées pour surprendre l’assistance, même sur des passes basiques, LaMelo se fait et (pense ?) faire plaisir à ses coéquipiers avec 3.8pds par match… Et 3.5 turnovers par matchs (via NBA.com). Bref, il ne s’agit que de matchs de pré-saison, et le LaMelo Assists Show pourrait suffire à attirer du monde sur le League Pass, tout en ayant conscience que l’on peut tomber à tout moment sur une horrible performance aux tirs (26.2% aux tirs, 27.3% à 3-pts, via NBA.com)


…Dans la catégorie : « Remplaçant en NCAA, Titulaire en NBA… »

Patrick Williams (4e choix, Chicago Bulls)

Sa côte n’avait cessé de monter quelques jours avant la Draft. Annoncé autour de la 14e-20e place en juin dernier, il a donc gagné plus d’une dizaine de places sans même avoir joué la moindre minute… Il faut avouer qu’une bonne partie des doutes concernant Williams se sont rapidement évaporés après quelques minutes passées à scorer sur pull up à mi-distance avec une aisance plutôt surprenante, et qui rappelle un certain Kawhi Leonard dans ses jeunes années. Titulaire dès son troisième match de pré-saison, avec plus de 27 minutes de moyenne passées sur le parquet et un ratio +/- de +5.3 (pour un joueur des Bulls, c’est énorme, via NBA.com), Otto Porter et son gros contrat peuvent commencer à s’inquiéter.


…Dans la catégorie : « Même si c’est un match amical, il faut gagner. »

Isaac Okoro (5e choix, Cleveland Cavaliers)

Il n’a joué que 4 matchs et le jeune Okoro peut déjà se targuer d’avoir un Game Winner à son actif chez les pros. Réputé bon défenseur, l’ancien joueur de la faculté d’Auburn a surpris son monde en se montrant adroit de loin (45.5% 3-pts, via NBA.com). Les Cavaliers auraient-ils bien drafté cette année ? Car avec son énergie en défense, sa capacité à tirer de loin mais surtout de driver ligne de fond, et sur des closeouts, coach Bickerstaff tient là un joueur très intéressant au poste 3. Le rookie joue pour gagner et cela se concrétise par cette défense clutch suivi d’un and one victorieux face aux Pacers. La question cette saison est de savoir si à lui seul il peut empêcher la franchise de se placer dans les premières places de la Draft pour avoir Cade Cunningham ?


…Dans la catégorie : « Duel à distance entre meneurs français »

Killian Hayes (7e choix, Detroit Pistons) vs Théo Maledon (34e choix, OKC Thunder)

Vous avez d’un côté le joueur français le plus haut drafté de l’histoire et de l’autre côté le poulain de Tony Parker qui a vu défiler 33 joueurs avant d’être enfin appelé lors de cette fameuse cérémonie. Tous les deux ont atterri dans des équipes qui ne devraient pas avoir des ambitions trop élevées cette saison et donc cela veut dire de réelles opportunités pour se montrer. Si l’ancien choletais Hayes rencontre certaines difficultés face à la rapidité du jeu NBA (28.6% aux tirs, 3 tov, via NBA.com), Maledon a lui tout simplement époustouflé son petit monde avec cette patience digne d’un vétéran sur pick & roll, et un shoot de loin efficace (15.5pts et 44.4%, via NBA.com). Ce dernier est pour le moment, le meilleur scoreur de sa classe pour cette pré-saison. Ne pas… S’emballer…


…Dans la catégorie : « Vous êtes sûr que c’est sa première année ? »

Devin Vassell (11e choix, San Antonio Spurs)

Mais bien sûr… Comment cela aurait pu en être autrement ? Les Spurs qui draftent un joueur solide dans tous les compartiments du jeu. Intelligent dans son placement offensif, malin et vicieux en défense, Vassell a tout pour prendre du temps de jeu au sein d’un roster vieillissant (Mills, DeRozan, Gay, Aldridge). En trois matchs de pré-saison, il tourne à 13.7pts de moyenne, ce qui fait de lui le deuxième meilleur scoreur de sa classe avec des pourcentages au dessus des 50% à 2-pts et à 3-pts (via NBA.com). L’ancien de Florida State se démarque surtout par sa présence en défense et son sens de l’anticipation (3 interceptions par match!). Est-ce que les dix équipes qui l’ont snobé lors de la Draft savaient qu’il s’agissait bien d’un prospect ?


…Dans la catégorie : « Lui, il a un nom d’une future star, et en plus son père a joué en NBA ! »

Cole Anthony (15e choix, Orlando Magic)

ESPN l’a bien montré lors de sa sélection en novembre dernier avec ce documentaire réalisé par la mère du joueur en 2013: le jeune Cole se voyait en NBA dès le plus jeune âge. Un rêve se réalise, et évidemment, il y avait cette petite boule au ventre au moment d’effectuer ses premiers pas chez les pros (7pts pour sa première). Plus confiant par la suite (16 et 13 points), l’arrière est tout à fait capable de sanctionner de loin (47.1% à 3-pts, et plus de 4 tentatives par match, via NBA.com). Il finira sur une très bonne note face à LaMelo Ball avec 19pts et un floater clutch dans les dernières secondes d’un match remporté par Orlando. Une bonne détente pour sa taille, un handle et un shoot déjà bien rodés si l’on compare à Michael Carter-Williams et Markelle Fultz, et ce dernier va d’ailleurs tout faire pour être son mentor… Bon et bien on peut déjà donner le R.O.Y à Anthony !


…Dans la catégorie: « Avec de tels mentors, impossible que ça foire ! »

Precious Achiuwa (20e choix, Miami Heat)

Voici, selon Pat Riley, le joueur le plus athlétique et le plus physique de cette cuvée. Le musculeux Achiuwa a une chance que d’autres rookies n’auront pas cette saison : évoluer dans une excellente organisation et aux côtés de mentors qui ne pourront que l’aider à avancer dans sa carrière. Avec Bam et UD, l’ancien joueur de Penny Hardaway apprendra de jours en jours auquel il convient d’ajouter le très compétent département du développement des joueurs de Miami. Utilisé avec parcimonie par coach Spo, on a néanmoins pu voir que l’intérieur était capable de poser quelques dribbles et finir avec le contact. Son adresse aux lancers-francs est rassurante (75%), et il semblerait que Goran Dragic soit prêt à l’alimenter régulièrement.


…Dans la catégorie: « Encore un arrière à succès made in Kentucky ? »

Immanuel Quickley (25e choix, New York Knicks)

Un petit rayon de soleil surgit au dessus du MSG à New York. Un arrière pas plus grand qu’un Steve Nash par exemple, mais pas réputé pour être un meneur de jeu en NCAA. On le voit plutôt comme un arrière scoreur capable d’artiller de loin, d’utiliser le floater et de jouer de temps en temps le pick & roll à la Lou Williams. Et pourtant son excellent match contre Cleveland (22pts, 5pds, 5ints) a laissé entrevoir de réels espoirs quant à le voir jouer au poste 1 aux côtés de RJ Barrett qui a terriblement besoin de spacing autour de lui pour briller. Son envergure (2.03m!) semble être son réel atout, pour convaincre coach Thibs de ne pas le laisser trop longtemps sur le banc cette saison. Après Tyler Herro l’année dernière, « Quick » reprendra-t-il le flambeau du joueur à succès from Kentucky ?


…Dans la catégorie : « J’aime passer du temps près du cercle »

Cassius Stanley (54e choix, Indiana Pacers)

Drafté en toute fin du second tour en novembre dernier par les Pacers, l’ancien freshman de l’université de Duke fait sans aucun doute parti des joueurs les plus explosifs de cette cuvée. Le jeune ailier de 21 ans a du jus dans les jambes et les fans d’Indiana ont forcément eu le droit à un petit aperçu de ses qualités de voltigeur face aux Sixers. Loin d’être encore fiable de loin, et ne lui demander pas de poser plus de deux dribbles, Stanley aura fort à faire pour grappiller du temps de jeu au sein d’un roster constitué des extérieurs TJ « Bubble MVP » Warren, Jeremy Lamb, Doug McDermott voir Kelan Martin. Pas un soucis, il va pouvoir enfiler le costume du dunkeur fou à la Gerald Green version 2006 et se chauffer à l’entraînement avec Jalen Lecque, un autre spécimen du genre.

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