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  • Justin James, un joyau à surveiller de très près…

    Justin James, un joyau à surveiller de très près…

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Beaucoup de très bons joueurs NBA, notamment All-Star et membres d’une All-NBA team, sont arrivées par la petite porte de la NBA. Que ça soit par le second tour de la Draft ou par le chemin des joueurs non-draftés, rien n’est impossible. Parlons aujourd’hui d’un joueur qui pourrait bien nous surprendre : Justin James.


    Qui est Justin James ?

    Drafté à la 40ème position par les Sacramento Kings lors de la dernière draft NBA, Justin James, tout droit sorti du Wyoming, n’arrivait pas dans la grande ligue avec un bagage clinquant. Et pourtant…

    Sélectionné dans la All-Moutain West Conference 2nd Team lors de sa dernière saison universitaire, Justin est resté 4 ans avec les Cowboys du Wyoming, accumulant plus de 2000 points en carrière universitaire. Ex-joueur 3 étoiles selon ESPN, 247Sports et Rivals, « JJ » n’avait pas forcément le profil type pour rentrer en NBA à travers la draft.

    Cependant, le destin en a choisi autrement, et à force de travailler, Justin s’est fait une place dans la MWC , en inscrivant plus de 15 points par match lors de ses 3 dernières saisons, avec notamment une moyenne de 22,1 points par match lors de sa 4ème et dernière saison.
    Il est ainsi devenu le second meilleur scoreur de l’histoire de cette université, derrière Brandon Ewing et le 3ème de l’histoire de la conférence.

    Son parcours a pris une ampleur monumentale lorsque les Kings décidèrent de miser sur lui avec le 40ème choix de la draft, faisant de lui le 12ème joueur de l’histoire de Wyoming à être drafté, et le premier depuis Larry Nance Jr. (Cleveland Cavaliers) en 2015.

    Auteur d’une Summer League convaincante (9 points et 4 rebonds de moyenne), le Floridien se vit offrir un contrat de 3 ans par les Kings. Consécration pour un joueur originaire de Port St. Lucie en Floride, et qui n’avait pas une destinée liée à la NBA.


    Justin James dunkant sous le maillot de son université : Wyoming.
    © Photo par Wyoming Athletics


    Membre d’un groupe de 3 rookies au sein des Kings, il est celui qui a joué le plus de matchs des trois. Avec ses 34 participations, il se retrouve loin devant DaQuan Jeffries (8 à cet instant de la saison) et Kyle Guy (2) : preuve d’une bonne confiance du groupe et du staff envers lui.

    Mais qu’a-t-il de particulier ?

    « JJ », un athlète pur (et dur)

    Justin, c’est tout d’abord un physique impressionnant pour un arrière. 2,01m de hauteur, 86 kg, accompagnés d’une envergure d’environ 2,10m, c’est grand, plus grand de la moyenne.

    C’est un joueur très athlétique, doté de qualités physiques indéniables, dont il sait très bien se servir. En témoigne ses 7 dunks réussis cette saison, équivalent à 21% de ses tirs réussis, dont celui-ci :

    https://twitter.com/SacramentoKings/status/1211136116797009920?s=20

    C’est un joueur avec une énergie gigantesque, sur et en dehors du parquet. Ses coéquipiers et son coach disent de lui qu’il parle beaucoup, vraiment beaucoup. Il est passionné par le sport et on le ressent sur le terrain, et même sur le banc, avec ses nombreuses réactions énergisantes.

    Il a ce truc en plus, il n’est pas timide. Dès le premier jour, il n’a pas été effrayé de nous répondre, ni d’exprimer son opinion. Je me suis dit : « Cet enf**** doit se taire », mais il a de bonnes intentions, et cela vient de sa confiance en lui.

    BUDDY HIELD (joueur des kings et coéquipier de justin james)

    Une confiance en lui débordante pour un joueur doué offensivement, à l’aise avec le scoring depuis Wyoming.

    Pas inquiété par le fait d’avoir le ballon en main (usage percentage 1 de 19 pour un turnover percentage 2 de 8,4), notamment grâce à sa longue expérience NCAA, il sait également jouer sans ballon, notamment dans le catch-and-shoot 3 . Il manque cependant de réussite à l’échelle NBA, surtout sur les tirs longue distance, mais nous en parlerons dans un deuxième temps.

    Plutôt bon rebondeur grâce à ses qualités athlétiques (8,5 rebonds/matchs lors de sa dernière saison à Wyoming), il adore jouer en transition, comme nous pouvons le constater avec le dunk ci-dessus. C’est d’ailleurs sur le jeu de transition que se base la plupart de son apport offensif, notamment grâce à sa volonté de vouloir perforer les défenses très tôt avec son explosivité.


    Tableau représentant les statistiques aux tirs de Justin James sur contre-attaque et transition


    Mais là où il est talentueux, c’est défensivement. Long, plutôt rapide, athlétique. Toutes ces qualités réunies forment un cocktail vraiment efficace défensivement.

    Pas réputé à l’époque Wyoming pour être le plus grand des défenseurs, notamment avec son jeu ultra offensif, Justin James s’est muté cette saison comme un potentiel très bon défenseur.
    Directement adapté au jeu défensif de la NBA, Justin a su tirer profit de son expérience universitaire pour très souvent neutraliser son vis-à-vis, comme nous le montre ce graphique.


    Graphique représentant le defensive rating en fonction du pourcentage aux tirs alloués en défense, sur les joueurs âgés de moins de 24 ans (ayant joués plus de 15 matchs cette saison)


    Justin James survole la concurrence en étant le seul joueur de la NBA, selon nos conditions (âge inférieur à 24 ans et plus de 15 matchs joués cette saison), à avoir un defensive rating 4 inférieur à 100 et un pourcentage aux tirs « défensif » inférieur à 40%. Tout simplement monstrueux.

    On peut bien évidemment relativiser notre propos en notant que Justin n’a joué que 6 de ses 34 matchs avec plus de 9 minutes de jeu.
    Très souvent membre du fameux « garbage time » 5 , il n’affronte pas les plus grands joueurs offensifs de la NBA à l’instar d’autres jeunes joueurs présents dans le graphique, comme Ben Simmons ou Jayson Tatum.
    Cependant, il ne reste pas moins un très bon défenseur, parfaitement adapté à la NBA.

    Très rapide sur ses appuis, il gère parfaitement les situations de close-out, avec une excellente présence et animation de son corps. Une statistique montre vraiment cet impact : les statistiques défensives sur les tirs « spot-up » 6 .


    Graphique représentant le pourcentage aux tirs alloués en défense en fonction du percentile, sur spot-up, pour tous les joueurs NBA


    Véritable muraille, Justin se place parmi les meilleurs éléments à ce niveau, avec sa capacité à gêner ses adversaires avec ses mensurations. Il n’a alloué que 9 petits points en 22 possessions sur ce type de tir.
    Une plus-value qui peut devenir très intéressante avec le temps.

    Autre point marquant : reprenons les conditions émises plus haut. Justin James a l’un des plus grands différentiels entre son pourcentage aux tirs et son pourcentage aux tirs alloués en défense.


    Graphique représentant la différence entre le pourcentage aux tirs et le pourcentage aux tirs alloués en défense, sur les joueurs âgés de moins de 24 ans (ayant joués plus de 15 matchs cette saison)


    Avec un différentiel de +6,5%, Justin se classe tout simplement à la 3ème place. Seuls Ivaca Zubac (Clippers) et Romeo Langford (Celtics) font mieux dans la ligue.
    Il doit cependant avoir un peu plus de présence dans la défense intérieure, grande taille oblige. Avec un pourcentage défensif aux tirs de 72,7% près du cercle , Justin est loin d’être un roc, mais la défense extérieure compense.

    Des statistiques intéressantes, un physique plutôt convaincant, de la confiance en soi… Mais quels sont ses axes de travail ?

    Qu’est-ce qu’il lui manque ?

    Tout d’abord, il lui faut de la régularité. Il est certain qu’un temps de jeu faible et variable n’est pas favorable au développement, mais Justin doit faire preuve de plus de régularité sur le terrain.

    On le sait capable de coups d’éclat, comme il a pu le montrer contre Brooklyn et Indiana cette saison (14 points sur ces 2 matchs). Mais c’est cette régularité que cherchent les Kings actuellement en sortie de banc.

    Elle doit commencer au niveau du tir extérieur. Justin James a les capacités pour être un bon shooteur à 3 points, même si sa « shooting form » n’est pas extraordinaire. Il avait notamment enregistré un excellent 41,9% en 117 tentatives lors de sa 2ème saison à Wyoming.
    Cette saison, ce n’est pas vraiment de ce niveau, même si on peut repérer quelques points positifs au niveau du shoot.


    Graphique représentant la répartition des tirs de Justin James, leur fréquence (taille du point) ainsi que le pourcentage par rapport à la ligue (couleur)
    © NBA.com/Stats


    Hormis le jeu proche du cercle quasiment omniprésent, que nous avons abordé précédemment, nous pouvons remarquer un détail. Il tire à 32,1% en 28 tentatives longue distance. Pourcentage correct, mais d’autant plus Justin James est bipolaire.

    Il est létal à droite du cercle, avec 50% de réussite à 3 points mais atroce à gauche du cercle, avec 12,5% de réussite. Encore une chose à améliorer de son côté.

    Mais une fois de plus, Justin sait shooter à longue distance, il manque de régularité. En témoigne son très très faible 47,6% aux lancers-francs, complètement aux antipodes de son 73,1% en 4 ans à Wyoming.

    Avec du travail, il peut très certainement devenir un très bon 3&D 7 en NBA. Après tout, c’est un gros travailleur, salué pour le staff et ses coéquipiers, qui a essuyé de nombreuses heures à l’entraînement pour arriver en NBA. Pourquoi ne pourrait-il pas continuer dans ce sens ?

    Le deuxième point est la gestion du rythme offensif. Comme dit précédemment, c’est un joueur offensif très agressif vers le cercle, qui adore la contre-attaque et la transition. Il est tellement passionné qu’il en est parfois à contre-courant de la vitesse de jeu de son équipe. Il est habitué à avoir le ballon en main, à gérer le rythme de son équipe. Mais il ne s’agit plus de l’équipe de Wyoming autour de lui, et il va devoir continuer à s’adapter.

    Son apport offensif est également à revoir, avec une légère incapacité à être « utile » sans être le porteur du ballon. On a évoqué le catch-and-shoot plus haut, où nous pouvons sentir des prémices de potentiel, mais le reste est très faible. Il ne suffit pas d’attendre dans les corners à 3 points pendant 20 secondes… Même s’il est à 40% dans ces spots !


    Tableau représentant les pourcentages sur différents types de tirs, entre Justin James et la moyenne de la NBA


    On peut également évoquer l’âge comme certains pourraient le prétendre. L’âge est-il une contrainte ? 23 ans et demi pour lui. Le potentiel est moins grand, mais cela ne l’empêchera pas d’évoluer au sein de la ligue. Beaucoup de joueurs, arrivés plus âgés, ont réussi à devenir des joueurs majeurs de la NBA.
    L’exemple et la comparaison avec Robert Covington (Rockets) est facile à produire, mais parfaitement évidente. Drafté à l’âge de 23 ans comme Justin James, doté d’un gabarit plutôt semblable (2,01m, 95 kg), il a d’abord vécu une saison rookie très difficile à Houston avant d’être coupé et d’atterrir dans un environnement qui l’a développé comme l’un des meilleurs 3&D de la ligue : Philadelphie.


    Tableau comparatif sur les statistiques de Justin James et Robert Covington sur les deux premières saisons en NBA


    La concurrence sur les postes d’arrières est rude à Sacramento, peut-être que le staff ne laissera pas de chances à Justin. Peut-être que comme Robert Covington, il se développera ailleurs. Nombreuses sont les questions qui peuvent se poser avec un talent comme le sien…


    Ce qui est sûr, c’est que Justin James a un potentiel. Possible 3&D ? Défenseur redoutable ? 6ème homme ? Joueur de rotation ? Aux Kings ? Ailleurs ? On ne peut pas le savoir pour l’instant, mais c’est un bijou, un joyau à polir… Et on lui souhaite de réussir dans la ligue ! Affaire à suivre !

    Sources : NBA.com, Sacramento Kings, Wyoming Athletics, The Athletic.
    (Toutes les statistiques ont été prises avant la reprise NBA à Orlando)

    Lexique :

    1. Usage percentage (ou USG%) : calcul du nombre de possessions offensives passant par un joueur lorsqu’il est sur le terrain.
    2. Turnover percentage (ou TOV%) : calcul du nombre de possessions offensives d’un joueur se terminant par une perte de balle.
    3. Le catch-and-shoot (ou C&S) : action où le joueur reçoit le ballon en étant en mouvement et tire en première intention sans avoir posé le dribble.
    4. Le defensive rating (ou DRtg) : statistique inventée pour mesurer l’efficacité défensive d’un joueur. La moyenne NBA se situe entre 105 et 110.
    5. Le garbage time : période de jeu où les deux équipes se relâchent, notamment à cause du score. Cette période est généralement jouée par les remplaçants de chaque équipe.
    6. Le spot-up shoot : action où le joueur reçoit le ballon en étant immobile et tire en première intention sans avoir posé le dribble. (La différence entre un C&S et le spot-up est le mouvement)
    7. Un 3&D : joueur qui possède la capacité très recherchée de pouvoir tirer à 3 points et défendre sur les positions extérieures de manière compétitive. C’est un rôle très apprécié aujourd’hui.
  • Une nouvelle lineup pour les 76ers, Brown tente le tout pour le tout

    Une nouvelle lineup pour les 76ers, Brown tente le tout pour le tout

    Attendus comme gros favoris au titre en début de saison, les 76ers en sont bien loin. Siégeant à la 6e place de la conférence Est et produisant un jeu pas très esthétique, les yeux seront alors rivés sur l’équipe de Brett Brown lors de la reprise à Orlando, d’autant plus que le sélectionneur de l’Australie a dévoilé un tout nouveau cinq majeur pour le retour de la NBA


    La nouvelle rotation

    La nouvelle rotation de Brett Brown devrait se présenter de la manière suivante :
    Pg Shake Milton Sg Josh Richardson Sf Tobias Harris
    Pf Ben Simmons C Joel Embiid
    6– Al Horford 7– Matisse Thybulle 8– Furkan Korkmaz 9– Alec Burks 10– Glenn Robinson 11– Norvel Pelle 12– Raul Neto

    Pourquoi changer ?

    Est-ce vraiment bénéfique pour un coach d’effectuer un tel changement à 8 matchs des play-offs? Cela pourrait engranger un manque d’automatisme et de cohésion sur le parquet lors des play-offs car 8 matchs et quelques scrimmages c’est relativement peu.


    Le principal problème du 5 tall ball (4 joueurs de plus de 2,03m et un de 1,98m) de Brett Brown cette saison est que cela créé un embouteillage dans et près de la raquette, due à un grand manque de spacing. Résultat, une flopée de pertes de balle, 18e en offensive rating, 19e en 3 points marqués et combien de fois a-t-on vu Embiid, Bennie et Horford s’emmêler les pinceaux ! La meilleur stat pour confirmer ce fait est le TS% (true shooting%) de Embiid + Simmons, car quand Al Hoford n’est pas sur le terrain, il est de 66.6%, mais quand il est sur le terrain, il n’est que de 55.2%

    Milton a-t-il les épaules pour être titulaire ?

    Sniper Shake a explosé aux yeux du grand public lors du road trip de 4 matchs des 76ers en Californie avec des stats de 21.2 points 4 passes 1.7 interceptions et 51% à 3 points. Son match référence : 1er mars contre les Clippers, antenne nationale, 39 puntos 5 passes, 7 sur 9 à 3 points, 70% fig et seulement 1 perte de balle. Il en profite pour égaler un record all-time de tirs à 3pts consécutifs réussis avec 13 réalisations (rejoignant Terry mills et Brent Price), rien que ça.

    Il joue très bien, il peut shooter, il a un QI très élevé et il peut aller au cercle. C’est quelqu’un avec qui on peut jouer. Il a parcouru un long chemin depuis que je l’ai vu jouer. Il continue de se développer et il ne fait que s’améliorer

    Ben Simmons sur Shake Milton

    Titularisé seulement 16 fois cette saison, le combo guard ne sera pas vraiment utilisé comme un meneur. Il aura principalement 2 tâches :

    Premièrement, il jouera le pick-n-roll avec Simmons. Les 76ers sont seulement 29e en utilisation du pick-n-roll cette saison, Brett Brown compte y remédier en ajoutant cette arme dévastatrice à leur jeu. Milton n’est pas encore un playmaker élite, néanmoins, il détient une bonne vision de jeu et est très intelligent dans sa prise de décision.


    Deuxièmement, Milton sera utilisé en tant que spot up shooteur ; avec ses 50% fig et ses 45% à 3pts sur la saison, cela ne sera pas un gros problème pour sniper shake.

    Bennie au poste 4 !

    Ce qu’il faut savoir avant tout c’est que Simmons sera le principal créateur de l’équipe, il sera juste un peu plus utilisé en off-ball.

    C’est tellement facile de jouer avec Ben car il n’est pas égoïste. Notre entente sur le terrain continue de grandir et elle continuera étant donné qu’on va jouer plus souvent ensemble et notamment sur pick and roll.

     Shake Milton sur Ben Simmons


    Comment utiliser Simmons en off-ball avec son tir inexistant ? Le pick-n-roll. Sa vitesse, sa puissance, ses qualités athlétiques, son Qi et sa finition sont de redoutables atouts pour un bon poseur d’écran et un roll man. On l’a déjà un peu vu dans ce rôle en Janvier/Février, où il jouait le pick-n-roll majoritairement avec Josh Richardson. Les résultats étaient plutôt bons avec des excellents matchs, contre les Rockets (29pts 13/20, 13reb 11ast 3stl 4blk), contre les Nets (34pts 12/14, 12reb 12ast 5stl 2blk)… Simmons est sciemment laissé seul par ses adversaires car il ne tire pas bien (ou il ne tire pas du tout), Milton pourra donc facilement le trouver à mi-distance sur pick-n-pop et même à 3pts dans le meilleur des mondes.

    Il tire beaucoup plus souvent à trois points lors des entraînements. Il se sent bien et je sais qu’il reçoit beaucoup de supers encouragements de la part de ses coéquipiers

    Brett Brown sur Ben Simmons


    À noter que Simmons excelle aussi en cut, il est 59e percentile avec 1.33 points par possession et il inscrit 3.3 points par match (top 10).

    Impact sur la défense :

    L’ajout de Milton impacterait-il la 6e meilleure défense de NBA ? Légèrement, car même s’il n’est pas un excellent défenseur il pourra apporter une défense décente du périmètre contre le meneur adverse. Surtout qu’à côté de lui il y aura l’excellent soldat Josh Richardson, toujours prêt à faire vivre un enfer à l’extérieur adverse (les extérieurs adverses tournent à 38.4% contre lui).


    Et ils pourront toujours compter sur le potentiel Defensive player of the year, Benjamin Simmons, qui se chargera de lockdown le meilleur joueur adverse peu importe son poste à part s’il s’agit d’un pivot ; car Joel « the process » Embiid est là pour écraser n’importe quel adversaire qui se présentera dans sa raquette.

    En bref, les 76ers seront hyper solides en défense malgré la présence de Shake Milton.

    Horford et la 2nd unit

    Qu’il soit titulaire ou sur le banc, Horford apportera sa grande expérience et son excellente défense. Jusque-là, il était beaucoup utilisé en tant que spot-up shooteur pour que Embiid puisse avoir de la place à l’intérieur mais ce n’est absolument pas son rôle. Le pivot 5 fois all star sera un 6e homme de luxe et pourra dépanner lors des absences/load management du très fragile Joel Embiid.


    La 2nd unit des 76ers sera aussi très solide de par la présence du rookie chien de chasse, Matisse Thybulle, des shooteurs Furkan Korkmaz (40% à 3pts) et Mike Scott (36% à 3pts), et du très serviable Alec Burks.


    Horford laissant sa place de titulaire à Milton pour augmenter le spacing, Milton sera donc utilisé en faux poste 1 et Simmons en faux poste 4, situation très similaire à celle de LeBron et Irving au Cavaliers. Cela permet aussi de renforcer la 2nd unit.

    Dans le détail, on remarque que Simmons était déjà un peu utilisé dans ce rôle la saison dernière en play-offs dans la lineup Simmons-Redick-Butler-Harris-Embiid, qui s’apparentait plus à une lineup Butler-Redick-Harris-Simmons-Embiid.

  • NBA, COVID-19, et après ?

    NBA, COVID-19, et après ?

    Alors que le globe s’est réglé à l’heure COVID-19, le 11 mars, les horloges Tissot ont cessé de tourner en NBA pendant plusieurs mois. Le mardi 2 juin, le conseil d’administration de la grande ligue a validé une reprise progressive de l’entraînement. Un “hallelujah” pour les fanatiques de la balle orange, désabusés pendant ces quatre mois de disette.

    Les playoffs se dérouleront dans un contexte inédit à Disney World Floride dans la bulle. Depuis cette “Salle du temps et de l’esprit”, les joueurs se remettent en condition afin d’être affûtés pour leur premier match officiel, le 30 juillet. D’ici là, les rumeurs des nouvelles contaminations, des entrées et sorties de la bulle sont relayées par les journalistes américains Shams Charania et Adrian Wojnarowski sur Twitter.

    En période de confinement, le réseau social a constitué une plateforme d’expression pour les spectateurs qui ont pu y partager leur frustration et leur nostalgie lors de la mise en suspens de la NBA. La pandémie n’a pas eu raison de notre amour pour le basket, mais elle a changé les règles du jeu. À quoi ressemblera l’après-COVID pour la ligue américaine ? Dans la lignée du “Flu-game” de Michael, votre média ClutchTime vous propose une rétrospective épidémiologique des séquelles de la NBA post-confinement.


    Une bourde franco-française et une société américaine divisée

    Le 11 mars 2020, la Twittosphère n’en a que pour notre Rudy Gobert national, testé positif au coronavirus. Les boutades fusent, plus ou moins fines. Le double DPOY est accusé d’avoir réalisé l’action défensive la plus impactante de sa carrière : un geste clownesque face aux journalistes qui impose un cadenas sur la ligue.

    Le récapitulatif vidéo de la bourde de Rudy Gobert, source : Le Huffington Post/Youtube.

    Rudy assume sa bêtise et présente ses excuses dans un communiqué où il exprime sa volonté de dédramatiser le quotidien des fans dans un contexte d’angoisse collective. Mais avec un premier joueur officiellement atteint, Adam Silver ne prend pas de risque. Il prend la décision historique de suspendre la saison jusqu’à nouvel ordre afin de protéger son organisation.

    À cette date, le virus n’est statistiquement qu’un phénomène mineur aux USA. L’épicentre de l’épidémie se déplaçait doucement de l’Asie vers l’Europe et la société étasunienne restait divisée. Donald Trump, tenait comme à l’habitude une position radicale. Le président crie au complotisme, refuse de porter un masque en public et accuse la Chine comme seul pays responsable de la propagation du virus.

    Le Tweet accusateur de Donald Trump envers la responsabilité du gouvernement chinois. Source, compte twitter de Donald Trump le 20/05/2020.

    “Un abruti en Chine vient de publier un rapport qui accuse tous les pays sauf la Chine pour ce virus qui a tué à ce jour des centaines de milliers de personnes. Que quelqu’un veuille bien expliquer à cet imbécile que c’est “l’incompétence de la Chine” et rien d’autre qui a engendré cette tuerie de masse.”


    Aux côtés de la presse et des manifestations citoyennes du mouvement “Stay Home”, la NBA a constitué un contre-pouvoir à l’entêtement présidentiel. Depuis l’élection de Donald Trump, le basketball marche à contretemps de la Maison-Blanche. Les Champions NBA refusent d’effectuer la visite protocolaire pour recevoir les honneurs du président après leur titre. Staffs et athlètes se positionnent contre le camp pro-Trump et affichent leurs revendications politiques et sociales : du mouvement “Shut Up and Dribble” de LBJ aux récentes manifestations “Black Lives Matter”.

    Jaylen Brown, participant à la marche de protestation “Black Lives Matter” en réaction au décès de George Floyd. Le joueur des Celtics a effectué un trajet de 15 heures en voiture afin d’apporter sa voix au mouvement. Source et crédit photo : NBA.com

    Alors qu’approche la reprise, lorsque Donald Trump réaffirme son attachement au drapeau confédéré hérité de la période esclavagiste. De son côté,la NBA offre la possibilité à ses joueurs d’arborer des messages de paix et de tolérance au dos de leur maillot. La fracture entre le gouvernement et la ligue est nette. Avec près de 4 millions de personnes testées positives à la fin du mois de juillet, les États-Unis restent le pays avec le plus de cas déclarés selon les statistiques de l’OMS. Rétrospectivement, en prenant en compte ce bilan humain dramatique, on ne peut que louer la capacité d’anticipation d’Adam Silver.

    La NBA fut la première ligue sportive américaine à stopper ses activités. La fermeture de tous ses centres d’entraînement fut actée avant même la mise en suspens de la National Football League (NFL) et National Hockey League (NHL). Cela s’explique aussi car la NBA est habituée à traiter des dossiers sensibles en lien avec la maladie. Notamment lorsqu’à l’aube des années 1990, une annonce vient bouleverser la planète basket.


    Le cas Magic, une ligue déjà préparée

    “Magic” n’a pas volé son surnom sur le terrain. C’est un prestidigitateur à la conduite de balle hypnotisante. La créativité et le culot au service du Showtime à Los Angeles. Avec une ligne statistique de 19.5 points- 11.2 passes décisives et 7.2 rebonds en carrière, difficile de refuser au monstre sacré le statut de meilleur Point Guard de tous les temps. Sa rivalité avec Bird et son sourire chaleureux ont participé à fidéliser toute une génération de fans durant la décennie 1980.

    “Plusieurs fois, il lançait la balle et je ne savais pas où elle allait atterrir. Et là, un de nos gars la reçoit dans ses mains et marque, je me retrouve à revenir dans ma moitié de terrain à me demander s’il ne l’a carrément pas fait passer à travers quelqu’un”.

    Source : Michael Cooper, ancien coéquipier de Magic pour Legends Profile NBA.com.

    À l’aube des années 1990, le parcours flamboyant du meneur de 32 ans est pourtant stoppé net. Le 7 novembre 1991, il s’exprime dans une conférence de presse et annonce publiquement sa retraite. Earvin Johnson Jr. vient d’être testé positif au virus d’immunodéficience humaine (VIH).

    À cette époque, le SIDA est un sujet de psychose dans la société américaine. Il est associé à l’homosexualité pour de nombreux Américains. Alors que les premiers cas de contamination apparaissent en 1981, la maladie est souvent appelée avec ignorance “gay cancer”. La recherche scientifique contre le virus est encore balbutiante et le gouvernement américain n’a pas identifié l’ampleur de la menace épidémiologique. Les causes de sa propagation sont encore méconnues. Les pratiques sexuelles non protégées ou le partage d’aiguilles lors de la prise de stupéfiants en intraveineuse sont des pratiques à risque récurrent dans la société américaine, notamment parmi les populations précaires.

    L’annonce de la séropositivité de Johnson plonge le monde du sport dans la consternation. Face au drame, le numéro 32 des Lakers agit avec intelligence. Il choisit d’user de sa notoriété pour inciter le public à ne pas perpétuer les mêmes erreurs que lui.

    La prévention reste le traitement le plus efficace contre cette maladie. En tant qu’icône mondialement reconnue, son intervention pour la sensibilisation de tous est décisive. Magic est un jeune afro-américain hétérosexuel issu d’une famille ouvrière du Michigan, qui a atteint l’excellence à la sueur de son front. Il est la preuve de la vulnérabilité individuelle face au SIDA, un virus qui n’inquiète pas seulement les minorités invisibles ou la classe populaire.

    L’image de l’enfant chéri de la grande ligue, avec trois MVP et 5 titres de champion, est assurément ternie par cette annonce. Sa femme est enceinte d’un enfant qui risque de payer les conséquences de son insouciance. La NBA est d’ailleurs divisée alors à propos du cas Magic. : un contexte inédit très bien retranscrit par les images d’archives publiées par la ligue.

    Dossier de la chaîne YouTube officielle de la NBA lors de la déclaration de la séropositivité de Magic.

    On y voit le témoignage de David Stern, le commissioner de l’époque, en sortie de conférence de presse. Il salue le courage de son joueur qui assume ses erreurs et doit prendre une décision au tournant de sa vie. Des figures importantes comme Pat Riley, alors coach des Knicks, ou Larry Bird, éternelle némésis de Magic, apportent leur soutien au joueur.

    Mais beaucoup d’autres joueurs et membre du staff sont terrorisés par l’annonce. Les comportements et sorties médiatiques ne sont pas toujours mesurés. En coulisses, le meneur des Lakers est qualifié de “mort vivant” en raison de son affliction. La peur de la maladie recompose les rapports de Magic avec son entourage, avec une distanciation sociale qui lui est parfois imposée.

    Alors qu’un retour de Johnson se profile en coulisse pour le All-Star Game 1992, sa séropositivité inquiète. Le 1er octobre, le journaliste Harvey Araton du New York Times rapporte les propos de Karl Malone. La superstar du Jazz ne veut pas évoluer sur le même parquet que Magic.

    They Can’t tell you that you’re not at risk, and you can’t tell me that there’s one guy in the NBA who hasn’t thought about it”.

    Ils ne peuvent pas nous assurer que le risque zéro n’existe pas, et n’allez pas me raconter que toute personne en NBA n’y a jamais pensé.

    Magic fera pourtant progressivement son retour et poursuivra sa relation avec la grande ligue. Notamment, car la NBA offre des stages de prévention et d’information à ses employés afin d’élever leur connaissance du virus, comme le rapporte le journaliste insider Sam Smith pour le média Japan Times.   

    Comment peut-on apprécier cet événement au regard du contexte pandémique actuel ? Certes, la situation est différente, car si Magic est à l’époque un cas isolé parmi les joueurs. Une superstar dont le drame et l’engagement ont souligné que tout individu était responsable face au risque de contamination. La pandémie de la COVID-19 a malheureusement aussi affecté et mis en danger des familles de joueurs, c’est un drame collectif qui touche toute la ligue et la société américaine. Dès lors, le positionnement et le discours des athlètes en tant que role model est essentiel. Ils sont des acteurs écoutés et respectés dont la voix importe pour éveiller les consciences collectives à la prévention.

    Le sport est une facette prédominante de la société américaine, mais même menacée, son sauvetage ne doit pas mettre en péril la sécurité de tous. Les prises de position médiatiques de Damian Lillard ou Kyrie Irving contre un retour du jeu en ce contexte sanitaire sont ainsi essentielles. Elles permettent d’entretenir la réflexion autour des enjeux liés à la reprise, et à ses conditions sécuritaires pour les joueurs et tout le staff NBA. Cet équilibre fragile et incertain soulève une interrogation majeure :  quel sera le visage de la NBA à l’issue de cette crise ? 


    Les conséquences de la pandémie et les solutions envisageables

    Un modèle économique en sursis

    Alors qu’il restait encore 259 rencontres à disputer sans compter les séries éliminatoires, la suspension de la saison a eu effectivement des conséquences immédiates, mais également des répercussions sur le long terme à la fois sur le plan financier, social et sportif, d’autant plus que la ligue sera très certainement amenée à revoir son modèle économique et son organisation.

    Rétrospectivement, la santé financière de cette dernière était déjà vacillante avant d’être frappée par la crise de la COVID-19. L’épisode de l’incident diplomatique entre la Chine et le GM des Rockets, Daryl Morey, qui affichait en octobre dernier son soutien aux manifestants à Hong Kong, a déjà amputé à la NBA un peu plus de 150 millions de dollars de revenus essentiellement liés aux droits TV et des recettes publicitaires ou de sponsoring.

    Après avoir écarté l’idée d’une annulation de la saison, les rencontres disputées à huis clos devraient néanmoins entraîner des pertes estimées à près de 500 millions de dollars et plus du double pour les playoffs. Selon Forbes, chaque match de saison régulière rapporte en moyenne 1,2 million de dollars, 2 millions pour un match de playoffs, soit quelque 470 millions de dollars rien que pour la billetterie, sans compter les recettes annexes telles que l’alimentation et les produits dérivés dans les boutiques et les salles, la somme grimpe alors à plus 700 millions de dollars selon le Washington Post.

    Une perte colossale et des conséquences bien réelles pour l’économie, les employés des salles et autres acteurs physiques autour de la NBA se sont soudainement retrouvés au chômage technique. Afin d’y remédier, plusieurs joueurs et personnalités influentes, parmi lesquels Rudy Gobert, ont annoncé très tôt des dons substantiels en prenant en charge dans certains cas une partie des salaires et les frais des personnes les plus vulnérables.

    Le Wells Fargo Center était la salle qui accueillait le plus de spectateurs en moyenne cette saison (Photo by Mitchell Leff – Getty Images)

    Ces aident n’ont néanmoins pas empêché le licenciement par la ligue d’une centaine d’employés il y a quelques semaines, alors que cette dernière prépare la reprise avec un effectif et un budget revus à la baisse. Un timing immédiatement pointé du doigt, d’autant plus qu’il s’agissait vraisemblablement d’une manœuvre déjà planifiée depuis de longue date d’après le responsable RH de la NBA, Eric Hutcherson.

    Les droits télévisuels de la ligue, estimés quant à eux à quelque 2,7 milliards de dollars annuels, sont de plus en plus menacés. En effet si les téléspectateurs venaient à déserter les différents Networks américains, ces derniers pourraient tout à fait exiger des compensations financières pour les sommes déjà versées au préalable pour couvrir les pertes liées aux annulations d’un certain nombre d’événements sportifs tels que les JO de Tokyo. Pour l’heure, l’industrie télévisuelle américaine parvient à limiter ses pertes en regroupant certaines de ses offres, mais de façon temporaire.

    Car si les revenus liés au marketing et à la billetterie sont importants et témoignent de l’attractivité de la NBA auprès du public, les revenus qui découlent des droits télévisuels et des sponsors le sont d’autant plus, puisqu’ils comptent pour près de la moitié du chiffre d’affaires de la ligue chaque saison, soit environ 4.1 milliards de dollars sur les quelques 8.7 milliards générés par la ligue sur le sol américain et à l’international avec les NBA Global Games (source : statista.com).

    Ce sont finalement les acteurs de la NBA qui vont en subir les conséquences, à commencer par les dirigeants et les joueurs qui verront très certainement le salary cap baisser dès la saison prochaine, d’environ 15 millions de dollars selon une estimation de Bleacher Report, avec comme crainte un effet de contagion pour les saisons à venir, remettant ainsi en cause les futures négociations lors de la Free Agency.

    La ligue et le syndicat des joueurs ont notamment évoqué une clause de « force majeure » dans la convention collective qui stipule que les dirigeants des franchises peuvent réduire graduellement les salaires des joueurs dans le cas d’une annulation définitive de la saison et la NBA s’est également engagée à revoir le plafond de la Luxury Tax.

    Une nouvelle approche

    Face à une situation aussi inédite dans l’histoire de la ligue, la nécessité de développer une « culture du risque » prend alors tout son sens. Que ce soit en matière d’organisation et de logistique pour le transport, l’hébergement et l’accompagnement des joueurs ou encore la mise en place d’un protocole sanitaire, la NBA a décidé de prendre toutes les précautions nécessaires.

    Une ligue qui se veut exemplaire donc et qui cherche à sensibiliser dans un premier temps les acteurs de la ligue, à travers un discours de prévention qui a pour but de rassurer , mais surtout d’informer le public et les joueurs des règles de conduite, réflexes et gestes barrières à adopter à travers des actions caritatives et notamment la campagne « NBA Together ».

    La mise en place d’une organisation inédite des workouts, des matchs à huis clos et d’une logistique toute nouvelle est la condition nécessaire au retour de la compétition. La NBA a donc dépensé plusieurs dizaines de millions de dollars supplémentaires dans les infrastructures d’Orlando et la bulle autour du campus et des hôtels des équipes. Leur accès est réduit principalement aux staffs et aux joueurs des équipes, tout comme leur contact avec l’extérieur qui nécessitera une autorisation de la ligue. Enfin le matériel de protection (masques, gels, ou encore des trackers de sommeil pour suivre l’état de santé des joueurs …) et des tests de dépistage à la COVID-19 sont prévus pour permettre le bon déroulement des rencontres.

    Dans l’immédiat, la reprise tardive de la saison va irrémédiablement entraîner un décalage du calendrier et la question du nombre de matchs à disputer en 2021 doit être prise au sérieux. La possibilité de réduire la durée de la saison régulière en passant de 82 à 70 matchs avait même été un temps évoquée bien avant l’arrêt de la saison.

    Un projet envisagé visait à réformer la ligue pour maintenir l’attractivité de celle-ci, face à des audiences TV en baisse lors des Finals 2019 (-14%) ou encore en début de saison entre le mois de septembre et le mois de décembre (-15%).

    Certains matchs du début de saison ont à peine dépassé le million de téléspectateurs, raison pour laquelle la ligue se tourne désormais vers son offre numérique à la demande, qui a en revanche connu une croissance spectaculaire, notamment depuis le développement de son offre à l’international en 2014 (une hausse d’audience de 16% et des souscriptions de 21% rien qu’en 2018-19).

    La journaliste-reporter de terrain, Kristen Kenney, qui couvre les matchs du Jazz à la Vivint Smart Home Arena de Salt Lake City

    La NBA a même proposé pendant plusieurs mois un accès totalement gratuit à son League Pass et face à l’éventualité d’une pandémie prolongée et la perspective de match à huis clos en 2021, la ligue ne doit négliger aucune piste pour garantir son attractivité auprès des fans en développant ses contenus (League Pass, E-sport, entre autres).

    Néanmoins, Adam Silver a démenti vouloir raccourcir la saison 2020-21, quitte à ce que les franchises enchaînent les back-to-back et disputent un nombre de matchs plus important en semaine de décembre à avril, ce qui amènera logiquement à plus de load management avec un risque de blessures accru, en plus de composer avec la sphère sanitaire.

    Le report des Jeux en juillet 2021 sera également une contrainte supplémentaire dans ce calendrier, car si dans le meilleur des scénarios les Finales venaient à se terminer fin juin, les joueurs retenus avec la Team USA pourraient faire défection les uns après les autres comme ce fut le cas lors du dernier Mondial.

    Car au cœur du jeu, c’est bel et bien la question des joueurs qui reste cruciale. Puisque ces derniers garantissent l’attractivité et le spectacle de la ligue, il est important de savoir dans quel état et quelle forme seront les joueurs en août après quatre mois et demi sans compétition.

    La question a le mérite d’être étudiée, d’autant plus que si certains joueurs ont pu bénéficier de cette pause pour soigner des blessures et se reposer, une très grande majorité d’entre eux n’ont malheureusement pas pu bénéficier des infrastructures et d’une préparation physique suffisante pour reprendre en août après une si longue coupure.

    La mise en route avec les workouts et la préparation physique risque d’être assez brutale et de maltraiter les corps des athlètes trop longtemps inactifs pour certains, au moment de reprendre la saison, ce qui pourrait entraîner des blessures. Par ailleurs, l’aspect psychologique et l’impact de ce confinement sur le mental des joueurs ne sont pas à prendre à la légère.

    Au-delà de l’inactivité sur le plan sportif, l’incertitude sur la fin de la saison et les contraintes de chacun liées au confinement sont autant de facteurs qui devront être pris en compte pour la reprise. La ligue a d’ores et déjà autorisé un certain nombre de joueurs à quitter temporairement le campus d’Orlando pour des motifs urgents et/ou familiaux, certains joueurs ont même annoncé qu’ils ne prendraient pas part à la reprise pour des motifs plus personnels.

    Comme évoqué précédemment, le rythme et l’enchaînement des matchs pour la fin de l’année seront primordiaux. Car si la ligue décide de maintenir le cap en 2021 et de condenser les 82 matchs de la saison régulière, les risques de blessures liées à la fatigue, au surmenage et au manque de préparation seront d’autant plus grands, d’où la nécessité de trouver un compromis avec les dirigeants, entraîneurs et joueurs, pour que ces derniers puissent généraliser l’utilisation du load management afin de préserver leur santé, assurer la paix sociale et soutenir l’attractivité économique et médiatique de la ligue avec pourquoi pas la création d’un format de tournoi play-in durant la saison avant peut-être une nouvelle expansion de la ligue.


    En définitive, cette année 2020 fut particulièrement mauvaise pour le basket et cela pour plusieurs raisons. Force est de constater cependant, qu’après plusieurs mois d’attente et à moins d’une semaine de la reprise de la saison, l’engouement médiatique autour de la NBA est resté quasi-intacte, comme en témoigne l’activité récente sur les réseaux sociaux. Pourtant il subsiste des doutes et des questions qui restent sans réponses, à commencer par l’intérêt de cette reprise et les risques qu’elle comporte. Par ailleurs quelle sera la valeur donnée à cette saison et au futur nom du vainqueur du trophée Larry O’Brien qui sera remis en septembre prochain, à côté duquel sera très certainement accolé une mention spéciale ou un astérisque de circonstance.

    Martin Fréguis

    Florimond Binet

  • Joel Embiid, pilier d’un domaine en disparition : le poste bas

    Joel Embiid, pilier d’un domaine en disparition : le poste bas

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Nous sommes en 2020 après Jésus-Christ. Toute la NBA est occupée par les intérieurs qui stretchent… Toute ? Non ! Un joueur doté d’un don unique au poste bas résiste encore et toujours à l’envahisseur. Et la vie n’est pas facile pour les garnisons de joueurs NBA des franchises retranchées de Troipointum, Stretchum, Houstonum et Brouquelopaizum… Son nom ? Joel Embiid.


    Philadelphie : terre du poste bas

    Après avoir abordé le cas de Damian Lillard et du pick & roll dans notre premier article spécial « super-joueurs », penchons-nous sur un autre cas étrange évoluant dans cette NBA pleine de surprises…

    Triple All-Star, et possédant 2 présences dans une All-NBA Team en seulement 4 années « complètes » au sein de la ligue, Joel Embiid est là où on l’attend : dans la catégorie des piliers de la NBA.

    Alors que son équipe, les Philadelphie 76ers, est, avant que la NBA reprenne, 6ème dans la conférence Est, Joel ne cesse d’évoluer et d’atteindre les sommets dans le jeu au poste bas 1 .
    Depuis quelques années déjà, Joel fait parler de lui dans ce domaine. Workouts avec Hakeem Olajuwon, volonté de jouer au poste bas, prise de poids conséquente… Tous les ingrédients sont réunis pour fabriquer un cocktail détonant.

    On peut même parler d’un joueur à contre-courant, dans un angle parallèle qui le maintient au poste bas contrairement à la plupart des autres joueurs intérieurs qui veulent de plus en plus s’écarter du cercle.

    Est-ce tout simplement une volonté d’être efficace ?

    On sait grâce aux statistiques, et grâce aux points par possession (PPP) 2 , que les 3 points rapportent plus par possessions que les 2 points « longs ». Dans le cas de Joel Embiid, les tirs au poste bas rapportent seulement 0,90 PPP… Soit un tout petit plus que les 2 points « longs » (0,85 PPP) et bien moins que les 3 points (1,15 PPP) !
    Mais alors, pourquoi tenter des tirs au poste bas ?

    Peut-être s’agit-il d’une simple exploitation de ses forces et faiblesses, avec un petit mais correct 32,2% à 3 points accompagné d’un bon 52,3% à 2 points en carrière ? Ou alors une simple volonté de dominer là où il a peu de concurrence ?

    Nous tenterons de répondre à cette question tout au long de l’article… Mais avant de voir en profondeur l’impact de Joel Embiid dans ce domaine, parlons de son équipe. Que valent les 76ers au poste bas ?

    On s’en doute, avec un joueur impactant comme Embiid à l’intérieur, Philadelphie a toutes les armes pour dominer la ligue dans cet aspect.
    Résultat : les 76ers ont le plus grand nombre de possessions par match au poste bas.


    Graphique représentant le nombre de possessions par match au poste bas pour chaque équipe


    12,6 possessions par match ! C’est 12,7% de leurs possessions totales sur un match, soit plus que quiconque dans la ligue.
    C’est également près de 4 possessions de plus que le second au classement, les Los Angeles Lakers.

    Ce chiffre a complètement explosé depuis les premiers matchs d’Embiid au Wells Fargo Center. Eux qui étaient, durant le « Process », habitués aux bas-fonds dans ce domaine, ont trouvé un second souffle avec l’arrivée du pivot en provenance des Jayhawks de Kansas.


    Graphique représentant le nombre de possessions par match au poste bas pour chaque équipe depuis la saison 2015/16


    Mais il ne suffit pas d’avoir un grand nombre de possessions pour s’imposer comme les patrons de la NBA. Il faut être efficace et scorer. C’est ici que les 76ers créent un gap avec le reste des franchises. Avec 1 point par possession de moyenne, ils se logent à la 2ème position de la ligue, avec seulement Atlanta devant eux.

    Le calcul est vite fait. 1 PPP pour 12,6 possessions, cela fait 12,6 points par match au poste bas, soit 11,5% de leurs points totaux. Plus que toute la ligue, encore une fois.


    Graphique représentant les points par possession au poste bas pour chaque équipe


    Joel Embiid a su impacter son équipe et la propulser aux sommets de la NBA dans un domaine en perdition.
    Mais en est-il le seul architecte ? Qu’en est-il aujourd’hui ? Que vaut Joel Embiid au poste bas ?

    Que vaut Joel Embiid au poste bas ?

    Nous l’avons abordé un peu plus tôt : Joel Embiid a un talent monstrueux au poste bas. Mais comment cela se répercute sur ses statistiques ?

    Il n’a pas toujours été à ce niveau-là. Ses premières années ont même été compliquées dans ce domaine.
    Nous avons vu que l’arrivée de Joel a engendré une augmentation du nombre de possessions chez les 76ers un peu plus tôt dans l’article, mais ce dernier n’a pas toujours été efficace.


    Graphique représentant l’évolution des percentiles de Joel Embiid et des Philadelphie 76ers depuis les débuts d’Embiid en NBA


    Preuve irréfutable de l’impact d’Embiid sur son équipe, les courbes concernant le percentile 3 au poste bas sont quasiment similaires dans le temps. Le joueur progresse d’années en années et fait progresser son équipe dans la même direction.

    Quelle est la limite sur cet aspect ? Pourront-ils aller chercher plus haut ? Étant pour la première fois dans les 10% les plus efficaces de la ligue, quelle pourrait être la suite pour eux ?

    Lui qui possède déjà le plus grand pourcentage de points procurés par le poste bas, pourra-t-il creuser encore plus l’écart ?


    Graphique représentant le pourcentage de points procurés par le poste bas lors de la saison 2019/20


    Il domine tellement que l’écart semble difficile à combler pour le reste de la ligue.
    Ses statistiques, quand on les compare aux autres joueurs, sont tout simplement affolantes. Il est seul, tout en haut.
    C’est un véritable patron.


    Graphiques représentant les PPP et le percentile de tous les joueurs NBA en fonction de leurs nombres de possessions par match


    On le remarque bien, tout cela est assez représentatif, mais comparons quand même avec l’une des plus grandes menaces au poste bas de la NBA : Nikola Jokic.


    Tableau comparatif de statistiques au poste bas entre Joel Embiid et Nikola Jokic sur l’exercice 2019/20


    Dans les statistiques majeures au poste bas, on remarque directement la domination d’Embiid. Il surpasse Jokic dans toutes les statistiques, mis à part le pourcentage aux tirs, où il possède tout de même un excellent 52,4%.

    Et tout cela en ayant joué 21 matchs de moins que la star des Denver Nuggets. C’est vraiment impressionnant.

    Tous ces points montrent une fois de plus un talent incroyable, et une utilisation massive de ce super-pouvoir depuis quelques années, augmentant rapidement le taux de possessions au poste bas dans son équipe. Mais à quel prix ? Doit-il monopoliser le jeu au poste bas et ne pas en laisser aux autres ? Serait-ce un bonus pour Philadelphie, surtout quand on voit sa production ?

    Analysons cet aspect à travers un graphique.


    Graphique représentant le pourcentage des possessions d’Embiid (sur les possessions totales de 76ers) et les points par possession des 76ers depuis l’arrivée d’Embiid


    Depuis l’arrivée d’Embiid en NBA, on peut remarquer que les 76ers n’ont fait que progresser dans ce domaine. Cependant, cette augmentation du nombre de points par possessions peut être liée à un autre fait : les 76ers jouent plus au poste bas de manière générale.

    Comment le sait-on ? Dans un système qui lui a accordé de plus en plus de possessions au poste bas, le pourcentage qu’il obtient dans les possessions totales de l’équipe est en baisse. Une contradiction des plus totales.

    A terme, cela pourrait devenir terriblement létal. Encore faudrait-il que Philadelphie possède d’autres joueurs talentueux au poste… Après avoir connu Boban Marjanovic (2,1 possessions, percentile de 74), ils sont désormais parents d’Al Horford (2,9 possessions, percentile de 42) sans compter la présence de Ben Simmons et ses 2,3 possessions et son percentile de 28,3 en carrière…

    Joel est talentueux c’est sûr. Le groupe progresse à ses côtés, mais cela ne suffit pas encore. Ce n’est pas encore suffisamment rentable. Peut-être faudra-t-il des éléments plus performants à ses côtés ? Peut-être une réduction du nombre de possessions ?

    Beaucoup de questions et d’incertitudes, mais abordons tout de suite la dernière partie de cet article : comment arrive-t-il à être autant dominant ?

    Comment Joel Embiid domine-t-il au poste bas ?

    Dans cette dernière partie, nous allons analyser deux séquences au poste bas jouées par Joel Embiid, afin de découvrir comment arrive-t-il à afficher des statistiques aussi impressionnantes.

    Ces séquences ont été prises lors de la saison 2019/20, afin d’avoir une expertise plus précise du phénomène.

    Pour la 1ère action, prenons la direction du Wells Fargo Center, lors du match des 76ers contre les Minnesota Timberwolves le 30 octobre dernier. Philadelphie, alors sur un bilan de 4 victoires pour 0 défaites, mène 34 à 24 durant le 2ème quart-temps.



    Les Timberwolves viennent de perdre le ballon sur une faute offensive de Noah Vonleh. L’attaque est longue, vient un tir, puis un rebond offensif. Le ballon circule et arrive dans les mains de Mike Scott (n°1). Robert Covington défend sur lui à une bonne distance, ne pouvant le laisser tirer à 3 points facilement (Mike est à 45% à 3 points dans cette zone en 51 tirs cette saison) et driver facilement.

    Il reste 8 secondes sur l’horloge des 24 quand Joel Embiid (n°21) vient se présenter au poste bas du côté du ballon, proposant une solution de passe. Noah Vonleh, qui défend sur lui, subit le duel physique engagé, laissant l’avantage au pivot des 76ers.



    Mike Scott, voyant Embiid démarqué, n’hésite pas une seule seconde et lui donne le ballon. Vonleh ne veut même pas contester l’arrivée du ballon, alors que Joel Embiid produit une petite erreur. En effet, il rompt le contact avec son vis-à-vis alors que le ballon n’est pas encore dans ses mains. De plus, il n’a pas du tout les yeux fixés sur Vonleh, qui aurait pu saisir l’occasion afin d’intercepter le ballon.

    Le reste des joueurs est plutôt bien placé. On imagine tout de même que Tobias Harris (n°12) ne va pas tarder à gêner le futur porteur de balle, étant donné son placement. Il faudra donc qu’il se déplace, dans le corner gauche par exemple.



    Une fois qu’il a réceptionné le ballon, Embiid se replace directement face au cercle, afin de montrer aux 5 défenseurs qu’il va être dangereux et possiblement attaquer le cercle. Il attire directement le regard des différents Timberwolves sur le terrain, délaissant alors leurs vis-à-vis. Ces derniers pourront devenir de potentielles menaces à 3 points lors d’un potentiel tir à la dernière seconde de l’horloge.

    Joel Embiid, un peu penché vers l’avant et fléchi, protège bien son ballon en l’éloignant le plus possible de Vonleh. L’écart entre ses deux pieds est très long, provoquant indirectement un avantage lors d’un éventuel départ en dribble .

    A l’opposé, Furkan Korkmaz (n°30) tend à se déplacer aux alentours du corner gauche, pendant que son défenseur ne le regarde plus. Tobias Harris, lui, ne s’est toujours pas déplacé et reste un potentiel obstacle au bon déroulement de l’action.



    Ça y est. Joel Embiid décide de franchir le pas et de déstabiliser son adversaire. Le ballon revient face à lui, et il exécute une feinte de corps en direction de l’axe. Le footwork est parfait, il est très bien équilibré. Vonleh reste les pieds ancrés au sol et aura un temps de retard pour la suite de l’action. En une demi-seconde, le pivot des 76ers vient de passer de potentielle menace à danger immédiat.

    C’est le fait qui fait basculer l’action. Vonleh a perdu le duel.

    Alors que Mike Scott est quasiment sorti du champ de la caméra de retransmission, les autres joueurs restent immobiles, avec les deux extérieurs toujours prêts à recevoir le ballon à 3 points, et Tobias… qui décide de ne pas bouger.



    Avec l’avantage qu’il a su prendre, Embiid a réussi à dépasser son vis-à-vis avec son épaule, symbole d’un 1 contre 1 réussi. Cependant, il s’emmêle les pinceaux et manque de perdre le ballon lors de son 1er dribble. Vonleh en profite pour tenter de rattraper le retard accumulé depuis la feinte de corps.

    Josh Okogie, défenseur sur Tobias Harris, ne doit pas sentir le danger arriver, et décide de ne pas venir aider son coéquipier.



    Tandis que Embiid tente de se rattraper après un dribble peu convaincant, Josh Okogie décide enfin de venir en aide défensive… sous le cercle. Petit rappel : il y a 20 cm et 17 kilogrammes d’écart entre les deux joueurs. L’aide est trop tardive et son utilité est nulle. Vonleh tente de pousser (sans faire faute) Embiid le plus loin du cercle pour qu’il n’ait aucune solution de tir.

    Mais le mal est fait, Embiid résiste et va pouvoir s’offrir une chance de scorer.

    Tobias, qui semble attiré par le ballon, se rapproche de l’action, formant un amas de 4 joueurs dans un petit espace.



    Malgré tous ces obstacles et cet amas, Embiid réussit à écarter les deux défenseurs, à placer Vonleh dans son dos, et ainsi, à se retrouver dans une bonne position pour tirer.

    Résultat : 2 points produits, un run de 6-0 entamé, et une démonstration de la puissance d’Embiid.

    1ère séquence en vidéo

    Voyons maintenant la 2ème et dernière situation. Nous sommes toujours au Wells Fargo Center, le 24 février dernier, pour la confrontation entre les 76ers et les Atlanta Hawks. C’est durant ce match que Joel Embiid enregistra son record de points sur la saison avec 49 unités dont 22 dans le dernier quart-temps.

    Et c’est justement au début de ce quart-temps que ce déroule l’action.



    Le début de la séquence se déroule de la même manière que la 1ère séquence. L’attaque est longue, vient alors un tir, puis un rebond offensif et Joel Embiid, en fin de possession se retrouve isolé un peu au large, ballon en main. Dewayne Dedmon défend sur lui. Ils sont un peu décalés par rapport au poste bas, après que Dedmon l’ait repoussé.

    L’isolation est bien réalisée, avec ses 4 coéquipiers répartis autour de la ligne à 3 points.

    On peut directement voir certaines similitudes dans la posture d’Embiid : ballon excentré pour l’éloigner du défenseur, largeur des appuis supérieure à celle de son vis-à-vis, corps totalement orienté vers le cercle pour montrer la menace….



    La prise de décisions est rapide, l’orientation est claire et laisse Dedmon sur place. Encore une fois, Embiid nous montre qu’il possède l’un des meillleurs footworks de la ligue. Son équilibre est parfait lors de cette prise de décision.

    Le moment décisif une fois de plus. Dedmon ne le sait pas encore, mais il sera en retard.

    A l’opposé, le regard de Jeff Teague (n°00) va être intéressant à suivre. C’est le joueur prioritaire pour l’aide défensive, mais à l’instar de Josh Okogie tout à l’heure, le rapport de force est trop grand pour lutter.



    Cette fois-ci, pas de problèmes lors du 1er dribble, et Embiid réussit tranquillement à passer son épaule et son bras au-delà de son vis-à-vis. Le 1 contre 1 est une fois de plus parfaitement maîtrisé, et Dedmon ne peut que subir.

    Jeff Teague, quant à lui, semble hésiter à venir en aide défensive. Il n’a pas encore passé l’axe panier-panier alors que le pivot des 76ers est bientôt au cercle… Situation bien compliquée pour les Hawks…



    Ça y est, Joel Embiid a complétement fait exploser la défense de Dedmon. Il l’a totalement pris de vitesse, n’ayant plus aucun obstacle vers le cercle. Il reste 6 secondes sur l’horloge des 24.

    Jeff Teague, finalement n’est pas venu, mais il est également responsable de la rotation défensive qu’est en train de produire Cam Reddish (n°22 des Hawks) sur Shake Milton (n°18).

    Cette rotation laisse le champ totalement ouvert à l’intelligent Al Horford (n°42) qui réalise la coupe parfaite, pouvant amener deux points.



    L’autre moment décisif dans cette action. Doté d’un QI basket très élevé près du basket, Joel Embiid sent la menace du contre. Il décide alors d’exécuter une feinte de tir, dans le but de faire sauter Dedmon. La feinte fonctionne, Dedmon se retrouve vite en l’air et Embiid n’a plus d’obstacles vers le cercle.



    Le retour de De’Andre Hunter ne changera pas le cours de l’action. Joel Embiid vient une fois encore de démonter sa superiorité face à des Hawks déboussolés. Et comme si cela ne suffisait pas, il se permet même de dunker sur Hunter.

    2ème séquence en vidéo

    Ainsi s’achève notre deuxième article sur les super-humains de la ligue, avec la présence de Joel Embiid, l’un des derniers combattants, vaillant et courageux seigneur du poste bas. C’est avec une très grande maîtrise des fondamentaux et de ses forces qu’il règne sur la NBA. Reste à savoir maintenant si le groupe qu’il dirige saura l’accompagner et être digne de ce domaine en perdition…

    Sources : NBA.com, NBC Sports Philadelphia.

    Le dossier complet à lire : Les super-joueurs en NBA

    Lexique :

    1. Le poste bas : emplacement sur le terrain situé aux abords de la raquette, proche du cercle.
    2. Les points par possession (ou PPP) : statistique prenant en compte le nombre total de points marqués sur le nombre total de possessions.
    3. Le percentile : calcul effectué sur l’ensemble des joueurs de la NBA en fonction des points par possession. Plus le PPP est haut, plus le percentile sera élevé. Si un joueur possède un percentile de 100, cela signifie que personne dans la NBA n’a un PPP aussi grand que lui. Et inversement pour un percentile de 0… Mais c’est moins glorieux…
  • Rui Hachimura: le prince du mi-distance

    Rui Hachimura: le prince du mi-distance

    Sortant d’une saison assez mitigée, finie à la 11e place à l’Est et orphelin de leur franchise player John Wall (blessure au tendon d’Achille en février 2019), Les Washington Wizards héritèrent du 9e pick de la draft 2019, pick qu’ils utilisèrent pour sélectionner le prospect japonais Rui Hachimura.
    1 an plus tard suite à la saison moyenne des Wizards, avec assez de recul il est temps pour nous de revenir sur ce talent venu tout droit de l’Empire du soleil levant.


    QUI EST RUI HACHIMURA ?

    Rui Hachimura est un joueur NBA bénino-japonais de 22 ans évoluant au poste d’ailier fort pour les Washington Wizards.
    Victime de racisme au Japon due à sa couleur de peau assez différente des autres natifs, en 2015 il quitte son pays natal pour les États-Unis où il jouera pour les Gonzaga Bulldogs en NCAA alors qu’il ne parlait même pas anglais.

    Il explose lors de sa 3e saison à Gonzaga où il tourne à 19.7 points et 6.5 rebonds par match. Il sera plus tard récompensé du Julius Erving award (trophée remis par ‘Dr.J’ lui-même au meilleur ailier en NCAA).

    •Mensurations: Droitier de 2m03 pour 104 kg avec une envergure de 2m18
    •Meilleurs matchs cette saison:
    Vs Philadelphia 76ers le 05 décembre 2019 (27pts, 7rbs, 11/18fg)


    Vs Los Angeles Clippers le 1er décembre 2019 (30pts, 9rbs, 2/5 3pt)

    https://m.youtube.com/watch?v=Pb81GbcLqeg


    •Stats sur la saison : 29.7minutes, 47.8%fg, 27.4%3pt; 82.9%lf, 13.4pts, 6rbs, 1.7ast, 0.8stl, 0.2blk

    Profil de tir

    D’abord, parlons de son jeu au poste: il ne l’utilise pas beaucoup (8.4% de ses possessions) et il a bien raison vu qu’il n’est pas vraiment adroit avec ‘seulement’ 36% de réussite. Néanmoins, il a une bonne maîtrise du turnaround jumper et du fadeaway. Notons aussi qu’il a un petit hook assez bon à améliorer.

    Ensuite, la finition : Rui est capable de finir les actions proprement et avec agressivité avec ou sans contact. Il inscrit 31.3% de ses points dans la peinture avec un très bon 61% de réussite. Il aime beaucoup exploser vers le panier dans le trafic pour libérer de l’espace dans la peinture et finir comme Kawhi Leonard.

    La plus grosse surprise offensivement chez Rui a été son incroyable réussite sur la ligne des lancers francs, 82.9% sur 2.7 tentatives par match, top 8 des ailiers forts et meilleur rookie (pour les joueurs qui en prennent 2 ou plus par match). Seulement 49e percentile en free throw rate chez les bigs, il ne provoque pas beaucoup de fautes.

    Passez d’un décent pourcentage de 41% en NCAA (seulement 1 tentative par match) à un piètre 27% en NBA (1.8 tentatives par match), Rui ne s’est jamais démarqué en tant que bon shooteur à 3 points.
    Sans être extraordinaire, il a un jeu décent en off ball : très rapide et efficace en transition où il inscrit 22% de ses points (67e percentile) mais mauvais en catch and shoot avec seulement 32% de réussite sur 2.6 tirs par match.

    Le meilleur pour la fin, son jeu à mi-distance :
    Il y prend 24% (42% de tirs à 2 points hors de la restricted area) de ses tirs et en met 39%. Il a montré une facilité à trouver ses spots et même à créer son tir (seulement 57% de ses points à mi-distance sont assistés).
    Dans le détail, on peut noter que ce tir (particulièrement les longs two’s) est le tir le moins rentable en NBA, un shooteur à 35% à 3pts est autant productif qu’un shooteur à 52% à mi-distance. Donc pour être rentable en tant que gros shooteur à mi-distance il faut être un joueur élite dans ce domaine, ce que Rui n’est pas encore contrairement à Chris Paul ou Kawhi Leonard.

    Shot chart de Chris Paul sur la saison 2019-2020 (sources : StatMuse.com)
    Shot chart de Rui Hachimura sur la saison 2019-2020 (sources : StatMuse.com)

    Playmaking


    ‘Quand nous l’avons choisi et que nous l’avons vu durant l’été, il pouvait dribbler, remonter la balle et la prendre dans la paume de sa main…Ce n’est pas un pur poste 4, nous pouvons le faire devenir 3 et faire de lui un playmaker.’

    Bradley Beal au micro de Zach Lowe, NBC


    Le franchise player des Wizards ne s’est pas trompé mais n’avait pas totalement raison, car oui Rui a un assez bon handle pour un poste 4 avec seulement 16 ballons perdus lorsqu’il dribble, son handle est assez bon pour lui permettre de trouver des bons spots à mi-distance et pour faire des coast to coast, mais ne lui permet pas de mener une attaque en tant que ball handler.

    En ce qui concerne la distribution, on a pu remarqué qu’il n’a pas une excellente vision des passes, ce qui ne lui permet pas de distribuer le jeu efficacement. Il tourne à 3.5 potential assists par match, derrière Julius Randle et hors du top 30 à son poste.
    Hachimura n’est donc pas encore un bon playmaker mais on peut espérer une amélioration comme celle de Kawhi Leonard, passé de 6.6 assist% et 12.6 assist ratio en saison rookie à 26.2 assist% et 16.4 assist ratio cette saison.

    En défense :

    Les Wizards ont tout simplement la pire défense de la ligue (avec 119.7 points encaissés par match) et c’est encore pire lorsqu’il est sur le parquet, car ils encaissent 5.8 points en plus lorsqu’il est enjeu (le 4e pire defensive rating de toute la NBA).


    Les problèmes défensifs de Rui sont clairement liés à son QI défensif très en dessous de la moyenne, car sa mauvaise lecture du pick-n-roll et ses mauvaises décisions sur switch et en prise à 2 le mettent très souvent lui et son équipe en situation défavorable défensivement. Le manque de QI en défense est très souvent comblé par une bonne protection d’arceau chez les ‘big men’ (coucou Jarrett Allen), il n’en est rien pour Rui qui est tout simplement un piètre contreur. Malgré son envergure avantageuse, il tourne à une très faible moyenne de 0.2 contre par match et à 0.5% en block% (3e percentile). Les adversaires mettent 65% de leurs tirs quand il les défend à moins de 3 mètres du panier (8.5% de plus que d’habitude).


    En défense contre des guards (meneur/arrière), il est assez mobile et latéral pour contester quelques drives bien que son manque d’explosivité lui fait défaut face à des joueurs hyper ‘flashy’ comme Ja Morant ou De’Aaron fox (7 points en 50 secondes)…


    Malgré ses lacunes, Rui a montré de la détermination et de l’envie de ce côté du terrain en contestant 79% des shoots de ses adversaires, top 2 parmi les rookies avec 8.5 par match. Cela n’a pas empêché ses adversaires de shooter à près de 55%, beaucoup plus que la moyenne NBA qui est de 46%

    Au Rebond :

    Leader des rookies (+20 matchs joués) avec 6 prises par match, Rui est un rebondeur moyen avec un positionnement au rebond plutôt satisfaisant.

    Il ne prend que 53.2% de ses 11.4 rebounds chances (97e chez les joueurs qui prennent 5 rebonds ou plus) et seulement 31.5% de ses rebonds sont des rebonds contestés. C’est peut-être due au fait qu’il ne fait pas assez de box outs (2.8) surtout offensivement (0.1) ou juste un manque d’agressivité et d’envie aux rebonds.
    Néanmoins Rui est très bon en putbacks (claquette), 1.3 points par match et 90e percentile.

    Impact sur tout le match

    Rui a toujours eu la fâcheuse habitude de disparaitre peu à peu pendant les matchs (surtout depuis son retour de blessure).
    Il inscrit 8 points à 51.5% FG et prend 3.3 rebonds par match en première mi-temps alors qu’il n’inscrit que 5.5 points à 42.5% en captant 2.8 rebonds par match en seconde mi-temps.


    À quoi est due cette baisse d’impact statistique ? Logiquement elle serait due à une baisse de temps de jeu mais là non plus, étant donné qu’il a sensiblement le même nombre de minutes en 1ere et 2eme mi-temps. Elle serait autrement due au fait qu’il prend tout simplement moins de tirs en 2e mi-temps ? Oui et non car même s’il prend moins de tir, il est surtout beaucoup moins adroit (de 51.5% à 42.5%) mais sa maladresse peut être liée au fait que les wizards s’appuient plus sur Bradley Beal lorsqu’ils sont menés. Une autre hypothèse pourrait être liée à la fatigue.

    Points à améliorer

    Le principal axe de travail de Rui sera son shoot à 3 points et aussi d’essayer d’être plus propre et régulier à mi-distance pour devenir un joueur élite dans ce domaine. Il devra aussi essayer de provoquer plus de fautes pour profiter de sa réussite au lancer franc et devenir un scoreur plus prolifique.

    Parmi les autres axes de travail son jeu on ball : il doit améliorer son handle et travailler sur ses passes et sa vision.
    Ensuite pour durer en NBA il faut apporter un minimum en défense. La défense sur pick-n-roll, les switchs, sa rapidité latérale et son explosivité sont les principaux domaines à travailler.
    Et pour finir Rui doit arrêter de disparaître au cours des matchs, être régulier du début à la fin.

    Hachimura s’entraîne à Orlando
    Via NBA.com/galleries

    Utilisation par Scott Brooks

    La superbe attaque (5e pace et 13e offensive rating) des Wizards mise en place par brooks met assez en valeur Rui. Il a clairement sa place dans les systèmes bien qu’il ne soit pas utilisé en tant que 1e et 2e option offensive. Son association avec Thomas Bryant a été plutôt productive car Rui est très mobile ce qui lui permet de jouer avec des pivots assez ‘dominant’.


    Il n’est pas assez utilisé sur pick-n-roll et pick-and-pop avec Beal, car Beal attire beaucoup les défenses sur ses drives permettant à Rui de pop à mi-distance avec moins de contestation et même sur pick-n-roll, Rui est très athlétique avec une très bonne finition.


    La reprise de la saison sans Beal et Bertans sera une opportunité de voir Rui en tant que première ou seconde option (avec plus de usage rate).

    Comparaison et avenir

    Comparaison en NBA : La comparaison avec Kawhi Leonard est assez légitime… mais que offensivement, car oui ils ont beaucoup de similitudes dans leurs spots et prises de tirs. Tous les deux adeptes des pulls up long 2’s, des fadeaways, des turnaround jumpshots et des finitions rapides en force au poste. Bien que Kawhi joue déjà beaucoup plus le rôle de playmaker.

    Mais la comparaison ne tient malheureusement pas défensivement

    Statistiques défensives de Rui Hachimura saison 2019-2020 (sources : NBA.com)
    Statistiques défensives de Kawhi Leonard saison 2019-2020 (sources : NBA.com)

    On peut remarquer que les adversaires sont beaucoup moins efficaces quand ils sont défendus par Kawhi que quand ils le sont par Rui. La comparaison peut aussi être faite avec DeMar DeRozan.

    Hachimura a clairement le potentiel pour être un super lieutenant scoreur inarrêtable capable d’un peu porter la balle et de défendre décemment s’il a l’envie au mieux ou au pire un scoreur intérieur qui sort du banc qui ne contribue pas suffisamment en défense et en attaque pour combler.

    Glossaire


    Free throw rate: le nombre de tentatives de lancers francs qu’une équipe tire par rapport au nombre de shoot que l’équipe tente

    Potential assists : toute passe à un coéquipier qui tire à moins d’un dribble après avoir reçu le ballon

    Assist% : le pourcentage de paniers marqués par une équipe après une passe décisive du joueur.

    Assist ratio : le nombre de passes décisives d’un joueur en moyenne sur 100 possessions utilisées

    Block% : le pourcentage de block de l’équipe lorsqu’un joueur est sur le terrain

    Percentile : les points d’un joueur ou d’une équipe par possession classés par rapport au reste de la ligue à ce poste

    Rebounds chances : un joueur a une chance de rebond s’il est le plus proche du ballon à tout moment entre le moment où le ballon est en dessous de l’arceau et le moment où il a complètement rebondi

    Box outs : le nombre de fois où un joueur a établi un contact physique avec un adversaire qui poursuivait activement un rebond, un effort important pour désavantager l’adversaire et a réussi à empêcher cet adversaire de sécuriser le rebond

    Usage rate : le pourcentage de ballons « utilisé » par un joueur lorsqu’il est sur le parquet

  • Justin Anderson – Retour sur la première partie de carrière du joueur

    Justin Anderson – Retour sur la première partie de carrière du joueur

    Depuis son passage à l’Université de Virginia, Justin Anderson alias « Simba » vit une carrière professionnelle en dent de scie. Le 21ème choix de la draft 2015 sera passé par la G-League cette saison afin de retrouver véritablement des certitudes et poursuivre son aventure en NBA. Voici un point sur la carrière du joueur.


    Un joueur prometteur à l’université

    Après un passage au lycée Montrose Christian où il compile 18,7 points, 4,7 rebonds et 3 passes décisives, Justin Anderson a le profil de l’ailier athlétique par excellence, qui multiplie les highlights sur YouTube. Sa défense engageante et pleine d’énergie lui permet de réaliser 1,8 interceptions et 1,6 contres par match, de quoi attirer les convoitises des plus belles universités. Et en effet, six universités tenteront d’attirer le natif de Montross avec entre autres Duke ou Maryland. Mais c’est Jason Williford qui le convainc finalement de venir à Virginia en 2012.

    Il jouera trois saisons à Virginia évoluant notamment aux côtés de Joe Harris et Malcolm Brogdon, et après avoir peaufiné sa défense et sa force, Justin amassera lors de sa dernière saison 12,2 points (à 47% au tir dont un 45% à 3 points), 4 rebonds, 1,7 passes décisives, 0,7 interception et 0,5 contre en 28 minutes de jeu pour 22 matchs sur 26 en tant que starter, avec un très beau PER de 23,8. Avec des stats solides et de belles récompenses individuelles (Meilleur 6ème homme de l’ACC dans sa 2ème saison et dans la 2ème équipe de l’ACC), il était fin prêt à rejoindre la grande ligue.

    L’ailier était vu comme un 1er tour avec au premier plan sa puissance et de grosses qualités athlétiques. Décrit tel quel, Anderson était vu comme un joueur n’ayant aucune faiblesse majeure apparente et qui aurait pu être vraisemblablement un premier choix de draft, mais c’est finalement parce qu’il n’avait pas de réelles qualités premières, comme au shoot qu’il n’a pas été retenu plus haut. En effet, ce n’est pas un grand passeur ni un grand dribbleur, il a même une fâcheuse tendance à commettre des pertes de balles mais aussi à manquer de réussite en un contre un.

    Avec 4 rebonds par match en université, on regrette finalement qu’il n’ait pas plus mis à contribution ses qualités d’athlètes pour devenir un spécialiste en la matière. Enfin, ses sélections de tirs n’ont jamais été très bonnes, sa mécanique de tir n’était pas commode et même s’il avait de bons pourcentages, il aurait très logiquement régressé en NBA. Il fallait pour cela travailler, car Anderson avait tout pour devenir un joueur d’exception en NBA.


    Draft Day : Direction Dallas !

    Le soir du 25 juin 2015 s’ouvre la soirée de la draft NBA. Les noms de KarlAnthony Towns à Minnesota comme 1er choix, puis D’Angelo Russell aux Lakers ou encore Kristaps Porzingis aux Knicks sortent les uns après les autres, jusqu’à la 21ème place, celle des Mavs. Dallas n’a pas été très actif lors des récentes drafts depuis l’arrivée de Dirk Nowitzki et même si la franchise de Mark Cuban restait encore assez compétitive (Deron Williams, Chandler Parsons ou encore Wesley Matthews, arrivés lors de la FA 2015), l’Allemand s’approchant doucement de la retraite, il fallait penser à l’après-Dirk et commencer à préparer à l’avenir.

    Si plusieurs noms restaient comme Montrezl Harrell, Bobby Portis ou encore Rondae Hollis-Jefferson, l’équipe texane sélectionnera finalement Justin Anderson (accompagné de Satnam Singh en 52ème position, le premier joueur indien à être drafté en NBA, ce qui lui vaudra un documentaire nommé One of a Billion). Un choix cohérent et intelligent en somme pour Dallas, qui n’est pas réputée pour être une équipe très athlétique et défensive sur le papier.


    Une première saison rookie révélatrice


    Justin Anderson sous le maillot des Dallas Mavericks – Photo by Tim Fuller

    Après une bonne Summer League, Simba n’aura pas souvent sa chance lors de la première partie de saison et alternera NBA et D-League (ancien nom de la G-League) avec les Texas Legends en partie à cause de Rick Carlisle qui fait peu jouer ses rookies. Mais une blessure de Chandler Parsons en deuxième partie de saison donnera l’occasion à Justin Anderson de montrer de quoi il est capable à Carlisle et qu’il peut être un très bon energizer en sortie de banc. Son apport athlétique et défensif sera un plus pour l’équipe, il jouera même 8 fois titulaire sur les 10 derniers matchs de saison régulière avec un bilan de 7 victoires et 3 défaites pour Dallas qui finira 6ème de conférence Ouest.

    Au premier tour ils affronteront le Thunder avec comme 5 de départ Westbrook, Roberson, Durant, Ibaka et Adams, de quoi passer un mauvais quart d’heure pour les Mavs, mais aussi de quoi révéler un peu plus le talent du jeune Justin Anderson qui aura la lourde tâche de défendre sur KD alors au top de sa forme. Bonne chance pour l’éclipser ! Résultat des courses, 4-1 pour OKC malgré des Mavs vaillants mais trop faibles face à une équipe bien trop forte sur le papier.

    Sur ces play-offs, Simba aura montré sa hargne sur le parquet, avec entre autres des petits chambrages d’avant-match avec Villanueva sur les pas de danse de Westbrook et Cameron Payne mais aussi une passe décisive derrière le dos pour Mejri ou encore une claquette dunk sur un lancer-franc raté de Devin Harris sur la tête de… KD ! Une performance qui permettra à coach Carlisle de lui faire confiance pour la saison prochaine.


    Nouvelle saison, année de la confirmation

    Encore une fois Justin Anderson commencera par la Summer League et encore une fois, elle sera réussie. Après des play-offs satisfaisants lors de la dernière saison, il gagnera une place dans la rotation de Dallas et jouera en moyenne 15 minutes par match et améliorera son rendement offensif en passant de 3 à 6 points par match par rapport à sa première saison.

    Malheureusement, les texans commenceront très mal leur saison avec un horrible bilan de 4v-16d au mois d’octobre. Même s’il y aura du mieux par la suite, les Mavs font peine à voir. La trade deadline approchant à grands pas, le poste d’ailier semble bouché derrière Harrison Barnes (arrivé à la FA 2016) avec le reste des minutes partagé entre Simba et un rookie non-drafté, Dorian Finney-Smith, qui plaît énormément à Rick Carlisle.

    Il fallait n’en garder qu’un, les deux joueurs étant assez similaires sur leurs qualités, l’objectif pour le staff était de combler les lacunes au poste de pivot, véritable point faible des Mavs ces dernières années. Donnie Nelson, le GM des Mavericks, effectuera donc le transfert de Justin Anderson accompagné de Andrew Bogut et d’un premier choix de draft protégé 2017 vers Philadelphie contre Nerlens Noel.


    Le nouveau numéro 23 des 76ers et son nouveau head coach Brett Brown – Photo by Steven M. Falk (TNS)

    Les 76ers, toujours en reconstruction, cherchaient à se renforcer au poste d’ailier derrière Covington. Justin récupèrera donc un temps de jeu plus conséquent avec 20 minutes par match et améliorera encore une fois son apport en points mais aussi en rebond avec 4 prises par match. Son pourcentage au tir va également progresser avec un joli 46% d’adresse.

    Il réussira notamment un game winner face aux Knicks avec un floater sur Melo et enchaînera de belles performances au scoring avec 26 points au compteur lors du dernier match de saison régulière toujours face aux Knicks. Anderson devient très vite élément apprécié du public et de Brett Brown qui contribuera notamment à voir enfin les Sixers jouer les Play-offs la saison suivante.


    Saison de la déception et des blessures !

    Cette nouvelle saison pour Simba commencera assez mal. Après quelques matchs, il se blessera au tibia en novembre ce qui le mettra sur la touche pendant un mois et demi. Pendant ce temps-là, des joueurs comme Zhaire Smith ou Furkan Korkmaz se montreront très en forme. Il reprendra seulement à partir du mois de janvier avec un bon temps de jeu ce qui illustre encore une fois la patience des Sixers avec la condition physique de leurs joueurs.

    Malheureusement, il se blessera une nouvelle fois, à la cheville cette fois-ci, et ne jouera pas pendant un mois. Après cela, son temps de jeu sera considérablement affecté, jusqu’à même récolter des DNP et sa progression s’arrêta net. Il jouera néanmoins quelques matchs sans grand intérêt pour son équipe en toute fin de saison, la qualification étant acquise. L’ailier réussira à marquer tout de même 25 points dans le dernier match de SR face aux Bucks. Les play-offs seront à l’image de sa saison, à savoir peu de temps de jeu et des absences. Comme si ce n’était pas suffisant, le joueur subira une grosse blessure à la jambe après les playoffs, nécessitant une opération. Un énorme coup dur juste avant l’été qui ne s’annonce pas de tout repos.


    Nouvelle saison et nouvelle destination : Atlanta !

    Après un deal à trois entre OKC, les 76ers et les Hawks incluant Carmelo Anthony, Dennis Schröder, ses coéquipiers Mike Muscala et le français Timothé Luwawu-Cabarrot, Anderson atterrit donc avec un premier choix 2022 chez les Atlanta Hawks, qui viennent de repêcher le prodige Trae Young au passage. Une nouvelle équipe pour une nouvelle donne et synonyme de relance pour Justin après sa blessure à la jambe, ce qui le privera d’une dizaine de matchs pour commencer. Ses premières prestations seront plutôt discrètes avec un temps de jeu assez restreint à un poste occupé par Taurean Prince, DeAndre’ Bembry mais aussi Vince Carter.

    Il aura néanmoins l’occasion de se montrer sur le mois de décembre, sans grande réussite toutefois. Cette saison ressemblera à sa dernière saison avec les Sixers, peu de temps de jeu, plusieurs DNP, des joueurs au même poste qui ont fait des progrès et leurs preuves à l’inverse de Simba. Son irrégularité lui fait cruellement défaut et ses faibles performances quand il en a l’occasion avec du temps de jeu auront raison de lui. Avec une équipe d’Atlanta qui optera pour le tanking jusqu’en avril, Justin Anderson ne jouait plus grand-chose et certains proches commençaient alors à ressentir chez lui un manque de confiance.


    Justin Anderson sous le maillot des Hawks – Photo by Glenn James/NBAE via Getty Images

    La Free Agency 2019 arrivant à grands pas, Simba quittera l’état de la Géorgie et les Hawks renonceront à sa mid-level exception et à ses droits. Il devint donc agent libre non restreint. Mais au fur et à mesure que les autres joueurs libres signaient dans les franchises cet été-là, le nom de Justin Anderson n’apparaissait quasiment plus dans les médias. Néanmoins, les Wizards lui offriront sa chance en l’invitant à leur training camp où il effectuera avec la franchise du District de Columbia les matchs de présaison, sans succès puisqu’il sera coupé assez rapidement.


    Remise en selle en G-League

    Il signera donc un contrat en G-League avec les Raptors 905, équipe mineure de Toronto avec laquelle il arrivera en cours de saison. Il s’imposera comme un des leaders de l’équipe et proposera un basket proche de ses années universitaires et ses deux premières saisons en NBA. Ses 20 points et ses 6 rebonds de moyenne par match attireront l’œil des Nets qui lui proposeront un 10-day contract, peu concluant puisqu’il marquera seulement 3 points en 3 matchs pour un total de 16-17 minutes de jeu.

    Il ne sera pas gardé et retournera chez les 905 puis sera transféré chez les Long Island Nets, équipe mineure de Brooklyn, contre Henry Ellenson. Dans la continuité de son passage dans l’équipe mineure de Toronto, il finira par être nommé dans la 3rd All-G-League Team. Avec des nombreuses blessures chez les Nets (KD, Irving) et des cas de COVID-19 qui touchent les joueurs (DeAndre Jordan et Spencer Dinwiddie) mais aussi les joueurs qui ne prennent pas le risque d’aller à Orlando comme Wilson Chandler, il signera un contrat à Brooklyn pour participer à la suite de la saison.


    Si l’on regarde le parcours de Justin Anderson, on peut se poser la question de l’impact ou des répercussions des blessures sur sa carrière. Malgré cela il n’a jamais progressé dans les secteurs où il le fallait : sa mécanique de tir est restée identique et sa précision à 3 points n’est pas parfaite avec un petit 30%. Son playmaking n’a jamais été exceptionnel, mais il a montré du mieux dans ce domaine en G-League avec 3 passes décisives par match. On peut aussi noter son inconsistance sur le terrain, capable de mettre 15 points dans un match à 5/7 au tir et au match suivant n’en planter que 2 avec un 1/8 au tir.

    Tous ces points faibles ont finalement eu comme conséquences un manque d’intérêt des franchises NBA pour lui confier un rôle important dans un roster. Si ces questions demeurent toujours après 4 ans en NBA et une année en G-League, son passage aux Nets pour la reprise de la NBA à Orlando représente très certainement sa dernière chance de prouver sa valeur auprès des franchises. S’il réussit sa fin de saison, nul doute qu’une équipe le recrutera. Dans le cas contraire, est-ce que Justin Anderson continuera en G-League ou rejoindra la Chine ou l’Europe ?  À suivre.

  • Damian Lillard ou l’art d’exceller dans le pick & roll

    Damian Lillard ou l’art d’exceller dans le pick & roll

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Depuis la nuit des temps, il existe des domaines qui sont dominés par des personnes au talent immense. Le basket ne déroge pas à la règle.
    Clutch Time vous propose à travers un dossier spécial de revenir sur l’impact de certains maestros dans des domaines du jeu.
    Pour ce 1er numéro, prenons la direction de l’Oregon pour rencontrer Damian Lillard et son meilleur ami : le pick and roll.


    Damian Lillard : roi de Portland

    Qui ne connaît pas Damian Lillard ? Franchise player des Portland Trail Blazers, quintuple All-Star, détenteur de 4 sélections All-NBA, « Dame » a tout d’un patron sur le terrain.

    Scoreur redoutable, il a établi cette saison sa plus grande moyenne de points par match (28,9), menant son équipe à un bilan de 29 victoires pour 37 défaites à l’heure où la NBA n’a pas encore repris l’exercice 2019-20.

    Âgé, pour quelques jours encore, de 29 ans, Damian a su faire évoluer son jeu au sein d’une équipe qui lui fait totalement confiance et qui se bâtit autour de lui.
    Son apport offensif se base principalement sur le pick & roll 1 (P&R) comme vous pouvez le deviner, mais nous reviendrons sur lui dans un second temps.

    Parlons tout d’abord de son équipe. Portland. C’est tout simplement l’une des équipes qui a joué le plus de P&R sur la saison 2019-20, avec une moyenne de 27,1 possessions par match où le porteur de balle tire après l’écran, soit 26,79% de leurs possessions offensives. Seul Utah fait mieux dans la NBA.


    Graphique représentant le pourcentage de tirs pris par le porteur de balle après P&R chez les équipes NBA


    Mieux encore, en plus d’en tenter énormément, les Trail Blazers sont tout simplement l’une des équipes les plus efficaces sur P&R cette saison.
    Ils scorent en moyenne 26,5 points/match, les plaçant 1ers de la ligue dans ce domaine, et obtiennent la 2ème meilleure moyenne de points par possession de la NBA avec 0,98 PPP 2.


    Tableaux récapitulatifs des points/match et PPP sur P&R sur toute la NBA


    Une efficacité à couper le souffle, modelée grâce à un front office qui a su déceler un potentiel sur ce type de jeu. Cependant, une question peut se poser : Est-ce Lillard qui rend cette équipe si spéciale sur P&R ou l’équipe qui rend Lillard spécial dans ce domaine ?

    En allant récupérer Jusuf Nurkic à Denver en 2017, puis Hassan Whiteside à Miami en 2019, Portland a su installer une certaine continuité dans leur efficacité sur P&R, prenant deux pivots à l’aise avec ce type de jeu.
    On peut bien évidemment souligner ce point grâce aux screen assists 3 , où les joueurs de Portland évoluent dans le top 10 depuis la création de la statistique.


    Tableau récapitulatif des meilleurs joueurs de Portland en screen assists depuis la saison 2016-17


    Avec un Jusuf Nurkic blessé (jambe) pour la totalité de l’exercice 2019-20, on aurait pu croire le secteur en danger, mais les dirigeants de Portland se sont penchés sur un autre joueur parfaitement complémentaire : Hassan Whiteside.
    Ce dernier a parfaitement compris son rôle au sein de l’effectif, se refaisant même une beauté avant une free agency 2020 importante pour lui.

    Mais concrètement, Lillard dans ce système, ça vaut quoi ? Comme dit précédemment, une question persiste : est-ce que c’est lui qui fait rayonner ses coéquipiers, notamment en les plaçant constamment dans le top 10 des screen assists, ou ses coéquipiers, forts en screen assists qui lui facilitent la tâche ?

    Que vaut Damian Lillard sur pick & roll ?

    Avec 13,5 possessions par match dans ce domaine, soit un peu plus de la moitié de ses possessions, Damian est un pilier dans la NBA. Seul Trae Young fait mieux, avec un total de 15,7 possessions par match.

    Mais là où il fait la différence, c’est sur son efficacité, à l’image de son équipe.
    Il devient de plus en plus fort chaque année sur P&R, s’améliorant dans la plupart des statistiques liées à l’efficacité, tellement que ça en deviendrait angoissant pour les défenseurs sur la suite de sa carrière.

    Il shoote plus, mieux, il marque plus, ses pourcentages aux tirs grimpent, son efficacité s’affole.

    Damian Lillard n’est pas loin d’être invincible sur pick & roll. Vraiment pas loin.


    Tableau récapitulatif des statistiques de Damian Lillard sur P&R depuis la saison 2015-16


    Un percentile 4 de 95,9, c’est tout simplement incroyable pour un joueur ayant autant de possessions. Le percentile étant calculé directement en fonction des points par possession, prenons le temps de comparer le sien avec celui de Trae Young, seul joueur ayant plus de possessions sur P&R que lui. Malgré des stats tout à fait solides (0,98 PPP, percentile de 83,9), Trae est très très loin des chiffres produits par Damian (1,14 PPP, percentile de 95,9).

    Pour vous montrer à quel point c’est monstrueux, si on trie tous les joueurs NBA par leurs nombres de possessions par match sur P&R, le premier joueur ayant un nombre de points par possession supérieur à celui de Lillard est l’ex-Knick Allonzo Trier, avec seulement 1,8 tentatives par match !

    S’il continue sur ce rythme, on pourrait même imaginer un jour le voir devenir le joueur affichant le meilleur percentile possible (100) tout en ayant le plus grand nombre de possessions.
    Impossible n’est pas Lillard !


    Graphique représentant le nombre de points/match en fonction du nombre de possessions/match pour tous les joueurs NBA


    De plus, il existe un aspect non-négligeable dans cette évolution massive : son pourcentage de tirs marqués à partir d’une passe décisive diminue. La traduction ? « Dame » aime beaucoup avoir le ballon lors de la création de ses tirs.

    Résultat : lors de cette saison 2019-20, seuls 17,1% de ses tirs (246 de ses 1677 points) ont été produits via une passe décisive.


    Graphique représentant le pourcentage de tirs réussis (sans provenir de passes décisives) par an


    Une statistique qui prouve un peu plus que Lillard veut et peut se débrouiller seul, ce qui peut-être un argument sur notre question initiale : il rend les autres, et notamment les pivots avec leurs screens assists, meilleurs en étant de plus en plus létal dans un jeu de plus en plus personnel.

    Mais comment arrive-t-il à atteindre ce niveau d’efficacité ?

    Découvrons ça dans notre dernière partie.

    Damian Lillard en action, ça donne quoi ?

    Pour cette partie, nous allons décrypter et analyser étape par étape une action de Damian Lillard, afin de comprendre pourquoi il est aussi fort dans ce domaine.

    Cette action a été réalisée lors de la victoire 127 à 119 face aux Los Angeles Lakers le 31 janvier dernier.

    Nous sommes au 3ème quart-temps. Celui où « Dame » mettra 22 de ses 48 points finaux. Portland vient d’encaisser un 3 points et accuse 3 points de retard. Lillard monte la balle.



    On assiste à une mise en place basique d’une transition. CJ McCollum (n°3) se retrouve rapidement placé dans le corner gauche pour ne pas encombrer le trafic.

    Hassan Whiteside (n°21), ne regarde absolument pas le cercle, que ça soit avec ses yeux ou son corps. Il est directement prêt à poser un écran sur Avery Bradley, défenseur de Damian Lillard (n°0).

    Ce dernier est en train de dribbler en direction de Whiteside, voyant l’occasion de mener la transition avec un pick & roll. Il a les yeux rivés sur le placement du poseur d’écran, et veille à ce que le poseur d’écran soit prêt pour que l’action soit la plus efficace possible.

    Les deux derniers joueurs, Mario Hezonja (n°44) et Trevor Ariza (n°8) sont dans un premier temps très proche du porteur de balle, contrairement à McCollum par exemple.
    Cependant, on peut imaginer que les deux vont s’écarter le plus possible afin de laisser le champ libre aux deux acteurs principaux.

    La défense est plutôt bien placée, hormis LeBron James, un peu en retard et dont Ariza peut prendre avantage rapidement en coupant vers le cercle. Danny Green est bien placé en aide, surveillant CJ McCollum (60% de réussite à 3 points dans le corner gauche). JaVale McGee, défenseur de Whiteside, contrôle la raquette, et décide d’adopter une défense en protection 5 sur le futur pick & roll.



    Deuxième étape. Lillard, parfaitement équilibré et fléchi, prend l’écran de Whiteside. L’écran n’est pas super bien posé, mais Whiteside prend de la place avec son corps, ce qui permet à « Dame » de bien prendre l’écran, causant à Bradley un potentiel retard.

    Mario Hezonja, sentant que le meneur se rapproche de lui, vient se placer dans le corner droit.

    Défensivement, McGee commence à sentir le danger et entreprend sa course vers Lillard. Tous les joueurs des Lakers regardent exclusivement le ballon, ce qui peut devenir une situation très dangereuse, notamment sur les coupes dans le dos. Pour illustrer ce propos, si McCollum décide de couper dans le dos de Danny Green, ce dernier ne pourra rien voir sauf le lay-up encaissé sur une passe décisive de Lillard.



    Sur cette image représentant le même instant, on visualise bien Lillard avoir l’avantage sur Bradley, totalement pris dans l’écran. Le meneur de Portland a les yeux rivés sur l’énorme espace que lui laisse l’écran, il sait qu’il a l’avantage.

    Conscient du danger, c’est Anthony Davis qui indique à McGee de venir monter sur Lillard (signe du bras droit et tête orientée vers McGee).



    Troisième étape. Avery Bradley est déséquilibré par l’écran de Whiteside, pendant que JaVale McGee continue encore sa course vers Damian Lillard. On sent bien que McGee est en retard, ses appuis se rétrécissent, mais sa posture laisse totalement à désirer.

    Lillard dispose donc d’un temps d’avance sur les deux défenseurs cités, et devra s’en servir pour prendre le bon choix. Pour l’instant, il n’est pas encore agressif vers le cercle, ce qui peut nous laisser croire qu’il va potentiellement prendre un shoot à 3 points en sortie d’écran.

    A l’opposé, Danny Green ne regarde toujours pas McCollum tandis que LeBron… fait du LeBron…



    Quatrième étape. La montée trop tardive de McGee au large a totalement laissé le champ libre dans l’axe. Malgré le retour de Bradley sur lui, Damian Lillard change totalement de posture et devient très agressif vers le cercle. McGee, surpris, se fait passer facilement. Bradley arrive à rester au contact et tente même d’intercepter le ballon sur son dribble.

    On sent déjà que l’aide défensive des Lakers à l’opposé (Danny Green, LeBron James) ne va pas être très forte. Ils sont présents mais absolument pas prêts à défendre.

    Whiteside n’a pas besoin de rouler 6 après son écran, sinon il gênerait Damian Lillard dans sa tentative de drive.



    Cinquième et dernière étape. Lillard, en un changement de direction et de vitesse, a réussi à mettre 2 défenseurs dans son dos. McGee tente de revenir, Davis tente de faire un travail qui n’est pas le sien et Bradley est trop loin pour tenter quelque chose. « Dame » est en appel deux pieds pour tenter un dunk pendant que Danny Green surgit, trop tard et trop près du cercle, en aide.

    LeBron… marche encore.

    On remarque bien évidemment que CJ McCollum est complètement seul dans le corner gauche. Lillard aurait pu lui donner le ballon, mais il a préféré aller au dunk.

    Résultat : dunk sur Danny Green et JaVale McGee, à la limite du « and one ». Démonstration simple et précise de ce que peut donner Damian Lillard sur P&R.
    Il s’est facilité la tâche grâce à l’écran de Whiteside, ce qui a créé un mismatch entre lui McGee. Deux dribbles plus tard, il se retrouve au panier. Un maestro.

    Action en vidéo

    C’est ainsi que s’achève notre premier article sur les super-humains de la ligue dans certains domaines, avec Damian Lillard et son super-pouvoir de domination de la ligue en termes de pick & roll.
    Pour répondre à la question de départ, Damian et les pivots poseurs d’écran, c’est une histoire d’amour. Il sait parfaitement utiliser les écrans et sait les rendre bons même quand ils sont mal posés. Les deux partis s’influencent l’un l’autre, pour notre plus grand bonheur.

    Sources : NBA.com, ESPN.

    Lexique :

    1. Le pick and roll (ou P&R) : système offensif avec un porteur de balle et un poseur d’écran (généralement le pivot). Une fois l’écran posé, causant du retard pour les défenseurs, le poseur d’écran va couper vers le cercle, laissant deux possibilités au porteur : passer ou tirer.
    2. Les points par possession (ou PPP) : statistique prenant en compte le nombre total de points marqués sur le nombre total de possessions.
    3. Les screen assists : si après pris un écran, le porteur de balle marque, le poseur d’écran comptabilise 1 screen assist. Traduction : passe décisive par écran.
    4. Le percentile : calcul effectué sur l’ensemble des joueurs de la NBA en fonction des points par possession. Plus le PPP est haut, plus le percentile sera élevé. Si un joueur possède un percentile de 100, cela signifie que personne dans la NBA n’a un PPP aussi grand que lui. Et inversement pour un percentile de 0… Mais c’est moins glorieux…
    5. La défense en protection : défense du joueur défendant sur le poseur d’écran. Au lieu de suivre le poseur d’écran au-delà des 3 points, il reste aux abords de la raquette, protégeant ainsi la raquette mais laissant l’attaque en 2c1 sur les postes extérieurs.
    6. Rouler après un écran : couper vers le cercle après son écran, avec l’intention de recevoir le ballon. Provient du terme « roll » dans pick & roll.
  • Le retour de Klay Thompson : entre certitudes et problématiques

    Le retour de Klay Thompson : entre certitudes et problématiques

    Alors que tous les regards côté Warriors se portaient avec appréhension vers une fin de saison très longue mentalement et une Draft lottery appétissante, quelques mots suffirent pour évoquer des souvenirs d’un passé lointain, accompagnés de sourires béats : Klay Thompson peut s’entraîner normalement.


    QUE S’EST-IL PASSÉ ?

    Interception de Stephen Curry. Peut-être celle de trop. Sa 116ème sur la saison, et on saura plus tard que c’était sa dernière sur cet exercice et très certainement l’une des plus importantes de toute sa carrière.

    Game 6. Californie. Tout se passe dans la regrettée Oracle Arena à Oakland. 3ème quart-temps. La tension est palpable, dans la salle et à travers nos écrans. Des Warriors en feu viennent de repasser devant les Raptors pour la première fois depuis 12 minutes. Ces mêmes Raptors qui mènent 3 victoires à 2 sur ces Finales NBA. Bref. Des Finales serrées comme on les aime.
    Balle à Toronto, l’attaque est longue, très longue, la défense des Warriors est parfaite : close-outs, dissuasion, aide défensive. 7 secondes sur l’horloge des 24, Kyle Lowry tente un drive de la dernière chance, il trébuche sous la pression, Curry récupère le ballon et lance une contre-attaque. Passe parfaite pour Klay Thompson, héros du quart-temps, absolument intouchable sur ce match, qui s’élance pour un dunk… Danny Green arrive tard dans les airs. Klay chute et grimace : rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche.


    Klay Thompson se tient le genou, quelques secondes après sa terrible réception.
    © Photo par Lachlan Cunningham / GETTY IMAGES


    Seulement quelques jours après sa tension ressentie au niveau des ischio-jambiers de sa jambe gauche, le Warrior se retrouve à terre. Le lien se fait très rapidement, et le staff médical s’en ronge vite les doigts : il a repris trop tôt, enjeu oblige. C’est le match crucial pour la dynastie Warriors, qui voulait marquer l’histoire d’un triplé.
    Malheureusement, comme l’explique bien la vidéo du Docteur Brian Sutterer, les ischios-jambiers protègent les ligaments croisés antérieurs, et la tension qu’a ressenti Klay n’a fait qu’augmenter le risque de blessure.

    Les premiers diagnostics sont terribles, et beaucoup parlent de 2 ans d’arrêt, notamment avec l’étude de deux docteurs sur le temps d’arrêt d’un sportif après une blessure comme la sienne.
    Le principal intéressé en rigole et affirme que son objectif est de disputer les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.

    C’est un an et 6 jours plus tard, le 19 juin dernier, qu’Anthony Slater, insider des Warriors pour The Athletic, annonce que Klay Thompson peut désormais s’entraîner sans aucune contrainte.
    Énorme soupir de soulagement côté Warriors, auteurs, lors de l’exercice 2019-20, d’une des pires saisons de leur histoire.
    Orphelins d’un trio Curry – KD – Thompson double champion NBA, leurs performances ont été loin de faire l’unanimité, accumulant seulement 15 victoires en 65 matchs.

    Âgé aujourd’hui de 30 ans, approchant petit à petit du dernier tiers de sa carrière, Klay a une mission : revenir plus fort et gagner.
    Il l’illustre parfaitement dans le mini-documentaire ABOVE THE WAVES diffusé sur sa chaîne Twitter le 6 mai dernier, témoignage d’une année compliquée et longue pour le quintuple All-Star.

    Nous sommes si désireux de prouver à nouveau que tout le monde a tort…

    Klay Thompson – Documentaire Above The Waves

    TOUT CELA ARRANGE BIEN LES WARRIORS…

    Délaissé par Kevin Durant au profit de Brooklyn, privé de Curry une bonne partie de la saison et donc de Thompson, les Warriors retrouvent donc le sourire.

    Les « Splash Brothers » peuvent enfin se reformer après 1 an d’arrêt.


    Les « Splash Brothers » sont prêts à s’envoler vers le trophée Larry O’Brien à nouveau.
    © Photo par Ezra Shaw / GETTY IMAGES


    Nommé en 2019 pour la première fois dans une NBA All-Defensive Team (2nd), c’est un Klay motivé que nous allons retrouver. Imprégné de cet « ADN Warriors », à l’image de ce retour Kobe-sque sur le parquet quelques instants après sa terrible blessure, il affirme être prêt à revenir à 110% sur les terrains, encore plus affamé qu’avant.

    https://youtu.be/xLqeH7D5V3A?t=112

    Après avoir vécu une baisse d’efficacité sur les dernières saisons, liée au fait qu’il ne peut pas maintenir un niveau comme lors de l’exercice 2015-16 toute sa carrière, mais aussi par la présence de Kevin Durant qui a bousculé la hiérarchie, Klay peut désormais retrouver sa tendre place. Place de 2ème menace offensive derrière Curry. Place qu’il attend de retrouver depuis 4 ans maintenant. Place qu’il affectionne particulièrement.

    Avec l’arrivée d’Andrew Wiggins, le possible first pick à la draft, la révélation de jeunes joueurs comme Eric Paschall, le retour de Klay marque l’ambition et les prémices d’un exercice 2020-21 qui risque d’être fort alléchant pour les Dubs.


    On pourrait se poser la question de son niveau de jeu. Changera-t-il ? Est-il dangereux, comme Derrick Rose à l’époque, de continuer à jouer comme il le faisait avant sa blessure ? Il suffit de regarder le nombre de drives qu’il effectuait par match lors de sa dernière saison (4,4) et on se rend bien compte qu’il n’y a aucune raison de changer ou de modifier son jeu. Son genou devra bien évidemment être moins sollicité, surtout sur les débuts mais son jeu correspond parfaitement.

    Rappelons qu’en 2018-19, 80,9% de ses tirs réussis provenaient de passes décisives. Cela correspond à 1281 de ses 1680 points totaux. Mieux encore : Golden State est avantagé niveau victoire quand il est au-dessus de cette moyenne, avec lors de ces victoires, un pourcentage qui grimpe à 82,9% en moyenne ! On sait pertinemment que ce chiffre risque fortement de grimper, à l’avantage donc du joueur et de l’équipe.

    Cependant, l’aspect le plus intéressant de son jeu est évidemment le catch & shoot 1.
    Ce dernier occupait tout simplement 46% de ses tirs en 2018-19 ! S’il s’ajuste bien à sa blessure, ce registre devrait occuper une place encore plus grande, dans un jeu encore moins agressif vers le cercle. Même si 73,4% de ses tirs en catch & shoot proviennent de tentatives à 3 points, les pourcentages sur ce type de tir ont été très poussifs, atteignant son pire effective field goal percentage 2 en carrière sur C&S.
    Cela est forcément lié au fait qu’il ait produit son pire pourcentage à 3 points depuis sa saison rookie… Un pourcentage tout de même de 40.2%.

    Une incertitude qui nous emmène directement sur notre dernière partie…

    POURRA-T-IL CONTINUER AU MÊME NIVEAU ?

    Une question majeure peut d’ores et déjà se poser : collectivement, était-ce une saison seulement sans réussite ou la fin d’un groupe qui aura marqué une génération ?

    Cette question peut s’appliquer directement sur le n°11 cher à cette franchise. L’intéressé affirme lors d’une interview avec nos confrères d’ESPN que cette dynastie n’est pas finie.

     Dire que la dynastie va disparaître, je pense que c’est un peu crédule, parce que je vais revenir plus fort et plus athlétique !

    Klay thompson – NBA on ESPN (août 2019)

    Mais là où on peut se poser des questions concernant Klay et son retour, c’est tout simplement sur son efficacité aux tirs.
    C’est ici qu’on l’attend offensivement. Il doit être efficace aux tirs, mais d’autant plus que le nombre de drives qu’il effectuait va certainement diminuer. Moins de drives, plus de shoot extérieur. C’est mathématique.

    Et s’il continue sur la dynamique de ses 4 dernières saisons, sans prendre en compte sa blessure, cela ne risque pas d’être super propre…


    Représentation de différentes statistiques aux tirs en fonction de l’âge de Klay


    On constate un 3PA rate 3 en baisse constante depuis quelques années, symbole d’un Klay changé, qui en 2018-19, tire 5% en moins à 3 points par rapport à sa saison 2016-17.
    Ce changement a conduit dans un premier temps à une explosion de son pourcentage à 3 points (3P%), mais qui n’a pas fait énormément augmenter son pourcentage aux tirs réels 4 (TS%).
    Pour résumer : Klay introduit moins le shoot à 3 points dans ses tirs. Il shoote mieux, son pourcentage explose, mais ce n’est pas plus efficace qu’avant.

    Alors forcément, quand arrive une saison où les shoots ne rentrent pas autant qu’avant, comme lors de sa dernière saison, tous les pourcentages s’effondrent. Rien d’anormal jusqu’ici, tout est logique, mais c’est principalement le fondement de son apport offensif… C’est ainsi que ce dernier peut être remis en cause. Ainsi nous venons de soulever un premier point. Mais soyons honnêtes, ce ne sont que des suppositions, les longues blessures favorisent généralement l’amélioration de l’adresse, et Klay n’a jamais fait pire que 40,2% à 3 points.


    Voyons alors un autre point, plus concret, qui sera son temps de jeu. Véritable pile électrique, Klay est habitué aux longs efforts et a été classé consécutivement 16ème et 20ème lors de ses deux dernières saisons en termes de minutes jouées par match. Impossible aujourd’hui de prédire l’avenir, mais on se doute qu’il ne va pas faire des matchs à 40 minutes tout de suite.
    Pourra-t-il impacter autant ? On sait très bien qu’il peut prendre feu sur de courtes durées de jeu, comme ce fameux 3ème quart-temps où il inscrivit 37 points.

    Voyons ça avec un tableau :


    Tableau représentatif de diverses statistiques en fonction du temps de jeu inférieur à 30 min et de tous ses matchs joués


    On remarque immédiatement que les stats de Klay lorsqu’il a joué moins de 30 minutes sont sensiblement égales à celles qu’il a réalisé lors de la saison 2018-19.
    Apport possiblement équivalent sur un temps de jeu réduit, c’est intéressant.
    Cependant, c’est à prendre avec des pincettes. En effet, la plupart de ces matchs étaient gagnés facilement (écart moyen de 16,4 points) et contenaient les grosses performances de Klay, dont le match avec ses 14 trois points.

    Difficile de juger au final, mais on se doute que même avec un Klay à 26-28 minutes par match pour commencer, les adversaires auront de quoi avoir peur. Les signes de la baisse de minutes peuvent également provenir d’éléments externes, notamment la Draft NBA.
    Les Warriors sont actuellement en pole position, donc avec le plus gros pourcentage (14%), pour accueillir le premier choix de la prochaine Draft. Un joueur revient pas mal sur les tabloïds concernant le choix des Warriors : Anthony Edwards. Poste ? Arrière. Talent ? Incontestable.
    S’il atterrit chez les Dubs, il pourrait rapidement mettre une certaine pression sur Klay, surtout si ce dernier ne revient pas à son niveau.


    Statistiquement, 4 joueurs ont été dans le cas de Klay Thompson dans l’histoire, c’est-à-dire avoir une rupture des ligaments croisés l’année où on est All-Star.
    Les 4 joueurs sont : Kristaps Porzingis, Derrick Rose, Tim Hardaway et Bernard King.

    Quel a été l’impact de cette blessure sur ces 4 joueurs ? Pas aussi important qu’on pourrait le croire. Peut-être un peu tôt pour le dire sur le cas Porzingis, surtout après quelques petites alertes sur sa saison de retour (genou opposé).
    Autre cas compliqué : la résurrection assez longue de Derrick Rose, subissant d’autres problèmes physiques, mais capable d’enchaîner les saisons à très bon niveau malgré pas mal d’absences.
    Les 2 derniers joueurs, Hardaway et King, ont pu suivre une carrière très honorable, compilant 3 apparitions post-blessure au All-Star Game à eux deux, « Tim Bug » s’éclatant en Floride et Bernard retrouvant son niveau à Washington.

    Deux écoles donc pour Klay : une fin de carrière semée d’embuches physiques, car la compensation liée à la sollicitation de son genou peut lui poser des soucis comme pour D-Rose, ou une fin de carrière honorable, après des premières années post-blessure parfois irrégulières, compliquées physiquement et mentalement, mais retrouvant son niveau petit à petit, comme Tim Hardaway.

    Qu’en est-t-il de sa défense ? Il maitrise les fondamentaux défensifs de A à Z, on le sait. Mais physiquement parlant, que pourra-t-il faire ? Pourra-t-il encore maintenir ses adversaires directs sur le poste d’arrière à un pourcentage aux tirs de 38,3% ? Sans parler de son contrat, qui en ses temps durs, pourrait devenir l’un des moins rentables de la Ligue s’il ne revient pas à son niveau…

    Le retour de Klay Thompson, c’est du bonheur, de la joie pour les fans de la balle orange. Plus d’un an après sa blessure, le revoilà sur le devant de la scène, courant, sautant, dunkant… Preuve que même en ces temps difficiles, une nouvelle peut nous redonner le sourire.
    Cependant, rien n’est fait pour Klay au sein de cet effectif. Il a su prouver dans le passé, il devra se battre pour revenir au meilleur des niveaux, dans un parcours semé d’incertitudes.

    Sources : The Athletic, ESPN, NCBI, NBA.com, Heavy.

    Lexique :

    1 – Le catch & shoot (ou C&S) : action où le joueur reçoit le ballon et tire en première intention sans avoir posé le dribble.
    2 – L’effective field goal percentage (ou eFG%) : statistique calculée en prenant en compte le fait qu’un panier à 3 points est 1,5 fois plus important qu’un panier à 2 points. Plus le joueur est adroit à 3 points, plus son eFG% sera élevé.
    3 – Le 3PA rate (3PAr) : pourcentage du nombre de tirs à 3 points pris par rapport au nombre de tirs totaux.
    4 – Le pourcentage aux tirs réels (ou TS%) : statistique d’adresse englobant tous les tirs et prenant en compte les lancers-francs.

  • LE MAG #4 – ClutchTime x Alexis Ajinça (Partie 2) – L’équipe de France

    LE MAG #4 – ClutchTime x Alexis Ajinça (Partie 2) – L’équipe de France

    LE MAG #3 – ClutchTime x Alexis Ajinça (Partie 2) – L’équipe de France

    Simon et Tedesco animent une émission spéciale avec Alexis Ajinça (deuxième partie) pour évoquer son parcours, et ses campagnes en équipe de France !

    Vous avez raté la première partie sur sa carrière NBA ? Pas de soucis petite séance de rattrapage :

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  • LE MAG #3 – ClutchTime x Alexis Ajinça (Partie 1) – Sa Carrière

    LE MAG #3 – ClutchTime x Alexis Ajinça (Partie 1) – Sa Carrière

    LE MAG #3 – ClutchTime x Alexis Ajinça (Partie 1) – Sa Carrière

    Simon et Tedesco animent une émission spéciale avec Alexis Ajinça (première partie) pour évoquer son parcours, plus particulièrement sa carrière en clubs (NBA et France) !

    Alexis Ajinça reviendra sur son parcours en Équipe de France dans une deuxième vidéo.

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