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  • John Wall, une décennie de sorcelleries

    John Wall, une décennie de sorcelleries

    Pour la première fois depuis dix ans, les fans des Wizards vont suivre leur équipe sans leur meneur vedette. Récemment tradé aux Rockets en échange de Russell Westbrook, Clutch Time vous propose de revenir sur la carrière du diabolique meneur de jeu au sein d’une franchise qui cumule les coups du sort.


    Avril 2010, Washington sort de deux misérables saisons à 19 et 26 victoires. La star de l’époque, Gilbert Arenas, n’est apparu sur le terrain qu’à 34 reprises entre 2008 et 2010. Sa prolongation de contrat de 111M$ sur 6 ans est beaucoup moins séduisante depuis que l’arrière cumule les opérations pour son genou gauche et son énorme suspension de 50 matchs. D’autant plus que le GM de l’époque : Ernie Grunfeld, loin d’être un visionnaire, lâche un premier choix de draft 2009 à Minnesota pour un Mike Miller rincé et le combo guard Randy Foye (3e saison et déjà 25 ans). Si Minnesota sélectionne Ricky Rubio avec ce pick, il est bon de rappeler que Stephen Curry était disponible lors de cette draft ! D’ailleurs, Miller et Foye ne passeront qu’une seule saison sous le maillot des Wizards. Un trade qui a sa place dans le livre des pires échanges de l’histoire de la NBA. Lors de la saison 2009-10, Grunfeld se sépare de ses deux All-Stars Caron Butler (Dallas) et Antawn Jamison (Cleveland), un signe qui annonce clairement que Washington bascule en mode « reconstruction » pour cette nouvelle décennie.

    Rapide sur le terrain, il a déjà concquit toute une ville

    Finalement, la chance sourit aux Wizards avec l’acquisition du 1er choix de la draft 2010. La sélection du meilleur prospect du pays semble unanime. Il s’agit d’un meneur de Kentucky, rapide et insaisissable sur le terrain mais qui devra se doter d’un shoot fiable comme un certain Derrick Rose. Les comparaisons fleurissent entre les deux joueurs, étant donné que tous les deux ont connu le même coach à la fac : John Calipari. Si le dossier Gilbert Arenas est loin d’être clair, toute la franchise se prépare à miser sur ce meneur diabolique sur chaque côtés du terrain. Mike D’Antoni, coach des Knicks à l’époque, décrit très bien ce que dégage Wall :

    « J’espère qu’il n’apprendra jamais à bien shooter, parce que si c’est le cas, il sera indéfendable. » Mike D’Antoni, octobre 2010

    via NYTimes

    Il n’aura fallu que trois petits matchs pour que Wall se mette les fans dans la poche. Une petite danse, une victoire à domicile en prolongation et une performance historique pour un rookie face aux Sixers : 29pts, 13pds, 9 interceptions !

    Tous les fans à ce moment là peuvent rentrer chez eux avec des étoiles plein les yeux. Une impression d’être témoin de la naissance d’une future superstar, du joueur le plus rapide de la ligue balle en main, et d’un compétiteur né. Bref, un joueur qui va permettre à ce bon vieux Grunfled de garder son poste encore quelques années.

    « Il est de nature très compétitif. Gagner est très important pour lui, et c’est le genre de joueur autour duquel nous voulons bâtir cette équipe. […] Il va créer une réelle ambiance électrique dans cette salle. » Ernie Grunfeld

    Coach Flaunders, qui a supervisé Stephon Marbury et Chauncey Billups, est impressionné par son rookie, et si Arenas est toujours dans le roster, le meneur All-Star (bientôt tradé) admet rapidement que le kid a déjà envoûté la capitale.

    « C’est un grand leader, dôté d’une très grande intelligence basketball pour comprendre ce que nous voulons faire. Il comprend notre attaque aussi bien ou mieux que quiconque. » Flip Saunders

    « En ce moment, c’est la ville de John. » Gilbert Arenas

    via JockBio.com

    Nov 23, 2013; Washington, DC, USA; John Wall et Bradley Beal en route pour une victoire contre les Knicks. (98-89). Credit: Geoff Burke-USA TODAY Sports

    Après des saisons d’apprentissages, le jeune sorcier goûte enfin aux Playoffs

    Arenas tradé à Orlando lors de la saison rookie de Wall contre un autre All-Star décimé et surpayé : Rashard Lewis. Grunfeld s’engage alors pleinement dans un processus de reconstruction à base de choix de draft parmi lesquels il y aura un gros raté (Jan Vesely, 6e en 2011) et un très joli coup (Bradley Beal, 3e en 2012) puis il se débarrasse petit à petit des JaVale McGee, Nick Young, Andray Blatche, Jordan Crawford ainsi que de Lewis afin de créer un environnement sain autour de leur meneur vedette après des années à devoir gérer un vestiaire instable. Flip Saunders quitte son poste et son assistant Randy Wittman prend les commandes du vaisseau. Washington aperçoit enfin la lumière au bout du tunnel. Après trois saisons sous la barre des 30 victoires, les Wizards atteignent les Playoffs en 2014 avec une saison bouclée à 44 victoires et une 5e place à l’Est.

    L’arrivée du meneur vétéran Andre Miller lors de la trade deadline, la signature de Drew Gooden, une deuxième partie de saison rondement menée et voici les Wizards dans le positif pour la première fois depuis 6 ans ! Cinquième à l’Est, John Wall va, pour ses débuts en Playoffs, affronter les Bulls et le joueur à qui on ne cesse de le comparer : Derrick Rose ! Oups! Pardon, ce duel tellement alléchant n’a pu avoir lieu, Rose étant coincé à l’infirmerie depuis les Playoffs 2012.

    Une absence qui va forcément faire les affaires des Wizs, d’autant plus que Luol Deng est également absent et que Carlos Boozer est cuit. Les Bulls sont en fin de vie, épuisés par 4 années éreintantes sous le joug de coach Thibs, et les voilà face à des Wizards affamés et infatigables. La série est bouclée en 5 matchs, John Wall (24pts, Game 5) va s’amuser avec DJ Augustin et Kirk Hinrich et permettre à sa franchise de franchir son premier tour de Playoffs depuis 2005. Cette belle aventure s’est achevée au tour suivant face aux Pacers en six matchs. Une élimination logique, bien que Washington ait montré de belles choses mais Wall doit encore apprendre à limiter ses pertes de balles et s’acheter un tir extérieur.


    ATLANTA, Mai 2015: John Wall se blesse au poignet lors du Game 1 face aux Hawks. (Photo by Kevin C. Cox/Getty Images)

    Séduisants en Playoffs, les Wizards subissent un mauvais sort

    La saison suivante vient confirmer les bonnes impressions laissées lors des Playoffs 2015. Les jeunes Beal et Porter progressent, Marcin Gortat, coéquipier essentiel dans le jeu offensif de Wall est prolongé, le vétéran Paul Pierce (37 ans) arrive avec son gros CV afin de remplacer Trevor Ariza tradé à Houston. Encore coincés à la 5e place, ils vont marchés sur des Raptors au bord de l’implosion au 1er tour. Le backcourt Wall/Beal domine celui des Raptors composé par Lowry/DeRozan. Marcin Gortat (17.3pts – 10rds – 3pds – 2blks) se transforme en Olajuwon, Paul Pierce (37 ans souvenez-vous), a même le droit à son moment (20pts, Game 1). Les Wizards déroulent et impressionnent par leur vitesse et leur exécution offensive.

    Aux portes des Finales à l’Est, les Wizards se retrouvent face à la « 60 wins team » d’Atlanta. La série semble jouée d’avance, mais le jeu développé par les Wizards est réellement déroutant. Pour preuve ! Voilà que les hommes de Wittman volent le Game 1 avec une 2e mi-temps largement à l’avantage de Wall & co. Tout cela semble prometteur, oui mais… Sur une contre-attaque en 2e quart-temps, John Wall (toujours autour des 140Km/h), tombe violemment sur le parquet, il se tient le poignet…

    Si le meneur tiendra sa place tout au long du match, le verdict tombera plus tard, multiples fractures au niveau du poignet gauche, la star manquera les trois prochains matchs! Mais, les Wizards ne lâcheront pas et parviennent à maintenir la série à 2-2. Le Game 5 à Atlanta est crucial et c’est le moment choisi par John Wall pour effectuer son retour. L’enjeu est tel, que l’adresse aux tirs chutent pour les deux équipes et la victoire se jouera sur un game winner de l’intérieur Al Horford sur un rebond offensif. Le Game 6 sera tout aussi serré grâce à un joli 4e quart-temps de Beal (13pts), mais Wall n’a pas le même impact en attaque (1-4 aux tirs). 94-91, Washington échoue une fois de plus aux portes des Finales à l’Est, mais que ce fut agréable et rafraîchissant de voir évoluer cette équipe en attaque.

    Avril 2016, Washington poursuit sa série de saisons régulières positives, mais malgré un bilan de 41v-41d, qui habituellement est suffisant pour passer à l’Est, les Playoffs 2016 se déroulent sans Wall & Beal. Un vrai coup d’arrêt et le coach Randy Wittman en fait alors les frais. L’ancien coach du Thunder Scott Brooks reprendra le poste. On retiendra tout de même de cette saison 2015-16, le record en carrière de John Wall avec 52pts dans la défaite contre le Magic. Gêné par des douleurs aux genoux tout au long de la saison, le meneur subira une intervention en mai pour y remédier.


    May 7, 2017; Washington, DC, USA; John Wall pourchassant Isaiah Thomas lors du Game 4 Credit: Brad Mills-USA TODAY Sports

    « I’m not going Home! »

    Libéré de ses douleurs aux genoux, John Wall va vivre la meilleure saison de sa carrière lors de l’exercice 2016-17. Meilleure moyenne aux points (23.1), aux interceptions (2), et à la passe (10.7). C’est tout simplement sa troisième saison de suite à plus de dix passes décisives de moyenne par match! Le Wizard régale (malgré toujours autant de turnovers, 4.1). Après deux matchs à 19pds pour autant de victoires (face aux Pelicans puis aux Warriors), Wall atteint enfin la barre des 20 caviars un soir de victoire contre les Bulls en mars 2017. C’est tout l’effectif qui en profite et la franchise réalise son meilleur bilan en saison régulière (49v-33d) depuis 1979 !

    De retour en Playoffs, avec pour la première fois de sa carrière, l’avantage du terrain. John Wall retrouve donc les Hawks au premier tour. Deux ans après une élimination frustrante en demi-finale, John Wall ne laisse aucune place au doute et se transforme étonnamment en scoreur avec 29.5pts de moyenne sur six rencontres. John Wall se régale en transition et dans le jeu rapide, et domine son vis à vis en l’emmenant sur la droite du parquet pour le poster. Avant le Game 6, John Wall promet à la star des Falcons le receveur Julio Jones de clôturer la série en scorant 40 points. Presque… Il termina la série avec 42 unités !

    Washington passe donc à nouveau le premier tour et retrouve la meilleure équipe à l’Est, les Celtics, menés aussi par un meneur mais dans un tout autre style : Isaiah Thomas. Une série comme on les aime avec une rivalité naissante entre ces deux rosters cette saison. Avec plusieurs altercations comme celle entre Wall et Jae Crowder, et ce « Funeral Game » annoncé par John Wall en janvier. Vêtus de noir en arrivant à la salle, les Wizards prédisent la défaite et donc l’enterrement des Celtics, ce qui fut le cas avec une 14e victoire de suite à domicile (123-108) avec 27pts de Wall. Tous les ingrédients sont donc réunis pour rendre cette série intéressante.

    Comme promis, cet affrontement fut le plus intéressant à ce stade de la compétition. Les deux meneurs All-Star se rendent coup pour coup avec au sommet, ce Game 2 gagné en prolongation par les Celtics : Thomas 53pts vs Wall 40pts. La série semble tournée à l’avantage des hommes de Brad Stevens. Au bord de l’élimination lors du Game 6, et alors que les Celtics vont bloquer Bradley Beal pour le shoot final, John Wall enfile le costume du héros, pour un moment qui restera à jamais dans l’histoire de la franchise. Avec 23pts en 2e mi-temps, et ce Game Winner à 3-pts, le meneur saute sur la table de marque et hurle : « I’m not going Home ! »


    Image courante ces derniers temps de John Wall en tenue civile. Photo by Ned Dishman – Getty Images.

    La prolongation de contrat, et des blessures…

    Malgré une troisième élimination en quatre ans en demie-finale à l’Est, les Wizards semblent pourtant sur la bonne voie avec Coach Brooks et l’évolution du statut de Beal. Après un incroyable exercice de la part de Wall, il est temps de passer à la caisse. En juillet 2017, le front office prolonge Wall pour 4 ans et 171M$. Un nouveau contrat qui prendra effet lors de la saison 2019-20 avec un salaire annuel de 38M$. Le propriétaire croit en son tandem Beal/Wall, et si certains s’interrogent sur leur relation, il faut avouer que les deux All-Star sont complémentaires dans le jeu. Il ne manque plus que Wall déniche ce fameux shoot extérieur. Ce que la franchise attend depuis 2010…

    Malheureusement, ce ne sont pas les shoots à 3-pts qui vont affluer, mais les blessures et les absences à répétitions qui vont marquer cette fin de décennie. Comme si le corps de John Wall avait complètement lâché après cette prolongation de contrat, et le pire dans tout ça, c’est que les blessures sont de plus en plus sérieuses:

    • Novembre 2017 : IRM pour son genou gauche, suite à des douleurs. 9 matchs manqués
    • Janvier 2018 : Consultation auprès d’un spécialiste, intervention pour « nettoyer » ses genoux, 6-8 semaines d’absence.
    • Décembre 2018 : Douleurs au niveau de la hanche gauche, opération et une absence estimée à 6-8 mois.
    • Février 2019 : Rupture du tendon d’Achille…

    John Wall a pu tout de même prendre part au Playoffs 2018 avec son équipe mais n’a pu empêcher l’élimination des siens en six matchs face aux Raptors (qui d’ailleurs, ont connu une meilleure trajectoire que les Wizs depuis 2015). Sur la série, Wall est toujours aussi maladroit de loin (19%) et perd toujours autant de ballons (4.5). Si le quintuple All-Star semble de plus en plus agacé par les résultats, certains pointent du doigt son manque de contrôle en attaque et le fait qu’il n’offre aucune solution off-ball. Son dernier moment de gloire sous le maillot des Wizard a eu lieu un soir de décembre 2018 contre les Lakers de LeBron James et une pointe à 40pts et 14pds. Qui aurait cru que deux ans après, il ne ferait plus partie de la franchise qui l’a drafté en 2010.


    November 2010: passage de témoin entre deux joueurs emblématiques de la franchise de ces dernières années. © Christophe Elise / 42 Sports Images

    Arenas & Wall: des similitudes

    Impossible de ne pas faire le rapprochement entre le destin de ces deux All-Stars. Tous les deux jouaient au même poste, bien que leur style de jeu diffère, ils avaient ce pouvoir de faire lever les fans de leur siège et de réaliser des actions spectaculaires. Arenas de loin et Wall en contre-attaque, ces deux spécimens ont également réussi à replacer la franchise dans le paysage NBA et notamment en Playoffs après des années de galère, mais sans dépasser le stade des demies-finales.

    • Arenas : 4 apparitions en Playoffs en 8 saisons (blessé pour les Playoffs 2007)
    • Wall : 4 apparitions en Playoffs en 9 saisons

    Après tant de succès et d’exploits réalisés, il est évident que ces deux joueurs ont reçu à leur époque (2008 pour Arenas et 2017 pour Wall) une jolie prolongation de contrat de la part de Grunfeld, qui malheureusement, ont été signées après leur pic de forme. Dommage Ernie !

    • Arenas (6 ans et 111M$) post-signature : 55 matchs en 3 saisons, 22.7% de victoires
    • Wall (4 ans et 171M$) post-signature : 73 matchs en 3 saisons, 6 matchs de Playoffs

    Si leurs banquiers peuvent dormir tranquillement, les kinés et le staff médical en revanche ont eu du pain sur la planche avec des blessures à répétitions concernant les membres inférieurs.

    • Arenas : trois interventions chirurgicales au genou gauche (Avril 2007, Novembre 2007 et Septembre 2008)
    • Wall : interventions pour les genoux (Mai 2016 et Janvier 2018), opération pour la hanche gauche (Décembre 2018) et rupture du tendon d’Achille (Février 2019).

    Enfin, autre point commun, et pas le plus réjouissant, les deux anciennes idoles ont toutes les deux été tradées avant même d’avoir pu aller au terme de leur joli contrat. Le mois de décembre n’est décidément pas le meilleur moment de l’année pour les fans des Wiz’s.

    • Arenas : échangé en décembre 2010, à Orlando en échange de R. Lewis
    • Wall : échangé en décembre 2020, à Houston en échange de R. Westbrook

    Dix ans après le départ d’Arenas, la capitale voit partir à nouveau l’image de la franchise. Après dix ans de contre-attaques fulgurantes, de passes déroutantes et des séries de Playoffs passionnantes, Washington peut tourner la page John Wall et passer enfin de l’autre côté du mur auquel ils se heurtent depuis plusieurs années, en espérant que Westbrook ne le démolira pas sur un pull up two.

    Source: Bleacher Report, NBC Sports, ESPN, Fox Sports, Washington Times, Basketball Reference

  • Rui Hachimura: le prince du mi-distance

    Rui Hachimura: le prince du mi-distance

    Sortant d’une saison assez mitigée, finie à la 11e place à l’Est et orphelin de leur franchise player John Wall (blessure au tendon d’Achille en février 2019), Les Washington Wizards héritèrent du 9e pick de la draft 2019, pick qu’ils utilisèrent pour sélectionner le prospect japonais Rui Hachimura.
    1 an plus tard suite à la saison moyenne des Wizards, avec assez de recul il est temps pour nous de revenir sur ce talent venu tout droit de l’Empire du soleil levant.


    QUI EST RUI HACHIMURA ?

    Rui Hachimura est un joueur NBA bénino-japonais de 22 ans évoluant au poste d’ailier fort pour les Washington Wizards.
    Victime de racisme au Japon due à sa couleur de peau assez différente des autres natifs, en 2015 il quitte son pays natal pour les États-Unis où il jouera pour les Gonzaga Bulldogs en NCAA alors qu’il ne parlait même pas anglais.

    Il explose lors de sa 3e saison à Gonzaga où il tourne à 19.7 points et 6.5 rebonds par match. Il sera plus tard récompensé du Julius Erving award (trophée remis par ‘Dr.J’ lui-même au meilleur ailier en NCAA).

    •Mensurations: Droitier de 2m03 pour 104 kg avec une envergure de 2m18
    •Meilleurs matchs cette saison:
    Vs Philadelphia 76ers le 05 décembre 2019 (27pts, 7rbs, 11/18fg)


    Vs Los Angeles Clippers le 1er décembre 2019 (30pts, 9rbs, 2/5 3pt)

    https://m.youtube.com/watch?v=Pb81GbcLqeg


    •Stats sur la saison : 29.7minutes, 47.8%fg, 27.4%3pt; 82.9%lf, 13.4pts, 6rbs, 1.7ast, 0.8stl, 0.2blk

    Profil de tir

    D’abord, parlons de son jeu au poste: il ne l’utilise pas beaucoup (8.4% de ses possessions) et il a bien raison vu qu’il n’est pas vraiment adroit avec ‘seulement’ 36% de réussite. Néanmoins, il a une bonne maîtrise du turnaround jumper et du fadeaway. Notons aussi qu’il a un petit hook assez bon à améliorer.

    Ensuite, la finition : Rui est capable de finir les actions proprement et avec agressivité avec ou sans contact. Il inscrit 31.3% de ses points dans la peinture avec un très bon 61% de réussite. Il aime beaucoup exploser vers le panier dans le trafic pour libérer de l’espace dans la peinture et finir comme Kawhi Leonard.

    La plus grosse surprise offensivement chez Rui a été son incroyable réussite sur la ligne des lancers francs, 82.9% sur 2.7 tentatives par match, top 8 des ailiers forts et meilleur rookie (pour les joueurs qui en prennent 2 ou plus par match). Seulement 49e percentile en free throw rate chez les bigs, il ne provoque pas beaucoup de fautes.

    Passez d’un décent pourcentage de 41% en NCAA (seulement 1 tentative par match) à un piètre 27% en NBA (1.8 tentatives par match), Rui ne s’est jamais démarqué en tant que bon shooteur à 3 points.
    Sans être extraordinaire, il a un jeu décent en off ball : très rapide et efficace en transition où il inscrit 22% de ses points (67e percentile) mais mauvais en catch and shoot avec seulement 32% de réussite sur 2.6 tirs par match.

    Le meilleur pour la fin, son jeu à mi-distance :
    Il y prend 24% (42% de tirs à 2 points hors de la restricted area) de ses tirs et en met 39%. Il a montré une facilité à trouver ses spots et même à créer son tir (seulement 57% de ses points à mi-distance sont assistés).
    Dans le détail, on peut noter que ce tir (particulièrement les longs two’s) est le tir le moins rentable en NBA, un shooteur à 35% à 3pts est autant productif qu’un shooteur à 52% à mi-distance. Donc pour être rentable en tant que gros shooteur à mi-distance il faut être un joueur élite dans ce domaine, ce que Rui n’est pas encore contrairement à Chris Paul ou Kawhi Leonard.

    Shot chart de Chris Paul sur la saison 2019-2020 (sources : StatMuse.com)
    Shot chart de Rui Hachimura sur la saison 2019-2020 (sources : StatMuse.com)

    Playmaking


    ‘Quand nous l’avons choisi et que nous l’avons vu durant l’été, il pouvait dribbler, remonter la balle et la prendre dans la paume de sa main…Ce n’est pas un pur poste 4, nous pouvons le faire devenir 3 et faire de lui un playmaker.’

    Bradley Beal au micro de Zach Lowe, NBC


    Le franchise player des Wizards ne s’est pas trompé mais n’avait pas totalement raison, car oui Rui a un assez bon handle pour un poste 4 avec seulement 16 ballons perdus lorsqu’il dribble, son handle est assez bon pour lui permettre de trouver des bons spots à mi-distance et pour faire des coast to coast, mais ne lui permet pas de mener une attaque en tant que ball handler.

    En ce qui concerne la distribution, on a pu remarqué qu’il n’a pas une excellente vision des passes, ce qui ne lui permet pas de distribuer le jeu efficacement. Il tourne à 3.5 potential assists par match, derrière Julius Randle et hors du top 30 à son poste.
    Hachimura n’est donc pas encore un bon playmaker mais on peut espérer une amélioration comme celle de Kawhi Leonard, passé de 6.6 assist% et 12.6 assist ratio en saison rookie à 26.2 assist% et 16.4 assist ratio cette saison.

    En défense :

    Les Wizards ont tout simplement la pire défense de la ligue (avec 119.7 points encaissés par match) et c’est encore pire lorsqu’il est sur le parquet, car ils encaissent 5.8 points en plus lorsqu’il est enjeu (le 4e pire defensive rating de toute la NBA).


    Les problèmes défensifs de Rui sont clairement liés à son QI défensif très en dessous de la moyenne, car sa mauvaise lecture du pick-n-roll et ses mauvaises décisions sur switch et en prise à 2 le mettent très souvent lui et son équipe en situation défavorable défensivement. Le manque de QI en défense est très souvent comblé par une bonne protection d’arceau chez les ‘big men’ (coucou Jarrett Allen), il n’en est rien pour Rui qui est tout simplement un piètre contreur. Malgré son envergure avantageuse, il tourne à une très faible moyenne de 0.2 contre par match et à 0.5% en block% (3e percentile). Les adversaires mettent 65% de leurs tirs quand il les défend à moins de 3 mètres du panier (8.5% de plus que d’habitude).


    En défense contre des guards (meneur/arrière), il est assez mobile et latéral pour contester quelques drives bien que son manque d’explosivité lui fait défaut face à des joueurs hyper ‘flashy’ comme Ja Morant ou De’Aaron fox (7 points en 50 secondes)…


    Malgré ses lacunes, Rui a montré de la détermination et de l’envie de ce côté du terrain en contestant 79% des shoots de ses adversaires, top 2 parmi les rookies avec 8.5 par match. Cela n’a pas empêché ses adversaires de shooter à près de 55%, beaucoup plus que la moyenne NBA qui est de 46%

    Au Rebond :

    Leader des rookies (+20 matchs joués) avec 6 prises par match, Rui est un rebondeur moyen avec un positionnement au rebond plutôt satisfaisant.

    Il ne prend que 53.2% de ses 11.4 rebounds chances (97e chez les joueurs qui prennent 5 rebonds ou plus) et seulement 31.5% de ses rebonds sont des rebonds contestés. C’est peut-être due au fait qu’il ne fait pas assez de box outs (2.8) surtout offensivement (0.1) ou juste un manque d’agressivité et d’envie aux rebonds.
    Néanmoins Rui est très bon en putbacks (claquette), 1.3 points par match et 90e percentile.

    Impact sur tout le match

    Rui a toujours eu la fâcheuse habitude de disparaitre peu à peu pendant les matchs (surtout depuis son retour de blessure).
    Il inscrit 8 points à 51.5% FG et prend 3.3 rebonds par match en première mi-temps alors qu’il n’inscrit que 5.5 points à 42.5% en captant 2.8 rebonds par match en seconde mi-temps.


    À quoi est due cette baisse d’impact statistique ? Logiquement elle serait due à une baisse de temps de jeu mais là non plus, étant donné qu’il a sensiblement le même nombre de minutes en 1ere et 2eme mi-temps. Elle serait autrement due au fait qu’il prend tout simplement moins de tirs en 2e mi-temps ? Oui et non car même s’il prend moins de tir, il est surtout beaucoup moins adroit (de 51.5% à 42.5%) mais sa maladresse peut être liée au fait que les wizards s’appuient plus sur Bradley Beal lorsqu’ils sont menés. Une autre hypothèse pourrait être liée à la fatigue.

    Points à améliorer

    Le principal axe de travail de Rui sera son shoot à 3 points et aussi d’essayer d’être plus propre et régulier à mi-distance pour devenir un joueur élite dans ce domaine. Il devra aussi essayer de provoquer plus de fautes pour profiter de sa réussite au lancer franc et devenir un scoreur plus prolifique.

    Parmi les autres axes de travail son jeu on ball : il doit améliorer son handle et travailler sur ses passes et sa vision.
    Ensuite pour durer en NBA il faut apporter un minimum en défense. La défense sur pick-n-roll, les switchs, sa rapidité latérale et son explosivité sont les principaux domaines à travailler.
    Et pour finir Rui doit arrêter de disparaître au cours des matchs, être régulier du début à la fin.

    Hachimura s’entraîne à Orlando
    Via NBA.com/galleries

    Utilisation par Scott Brooks

    La superbe attaque (5e pace et 13e offensive rating) des Wizards mise en place par brooks met assez en valeur Rui. Il a clairement sa place dans les systèmes bien qu’il ne soit pas utilisé en tant que 1e et 2e option offensive. Son association avec Thomas Bryant a été plutôt productive car Rui est très mobile ce qui lui permet de jouer avec des pivots assez ‘dominant’.


    Il n’est pas assez utilisé sur pick-n-roll et pick-and-pop avec Beal, car Beal attire beaucoup les défenses sur ses drives permettant à Rui de pop à mi-distance avec moins de contestation et même sur pick-n-roll, Rui est très athlétique avec une très bonne finition.


    La reprise de la saison sans Beal et Bertans sera une opportunité de voir Rui en tant que première ou seconde option (avec plus de usage rate).

    Comparaison et avenir

    Comparaison en NBA : La comparaison avec Kawhi Leonard est assez légitime… mais que offensivement, car oui ils ont beaucoup de similitudes dans leurs spots et prises de tirs. Tous les deux adeptes des pulls up long 2’s, des fadeaways, des turnaround jumpshots et des finitions rapides en force au poste. Bien que Kawhi joue déjà beaucoup plus le rôle de playmaker.

    Mais la comparaison ne tient malheureusement pas défensivement

    Statistiques défensives de Rui Hachimura saison 2019-2020 (sources : NBA.com)
    Statistiques défensives de Kawhi Leonard saison 2019-2020 (sources : NBA.com)

    On peut remarquer que les adversaires sont beaucoup moins efficaces quand ils sont défendus par Kawhi que quand ils le sont par Rui. La comparaison peut aussi être faite avec DeMar DeRozan.

    Hachimura a clairement le potentiel pour être un super lieutenant scoreur inarrêtable capable d’un peu porter la balle et de défendre décemment s’il a l’envie au mieux ou au pire un scoreur intérieur qui sort du banc qui ne contribue pas suffisamment en défense et en attaque pour combler.

    Glossaire


    Free throw rate: le nombre de tentatives de lancers francs qu’une équipe tire par rapport au nombre de shoot que l’équipe tente

    Potential assists : toute passe à un coéquipier qui tire à moins d’un dribble après avoir reçu le ballon

    Assist% : le pourcentage de paniers marqués par une équipe après une passe décisive du joueur.

    Assist ratio : le nombre de passes décisives d’un joueur en moyenne sur 100 possessions utilisées

    Block% : le pourcentage de block de l’équipe lorsqu’un joueur est sur le terrain

    Percentile : les points d’un joueur ou d’une équipe par possession classés par rapport au reste de la ligue à ce poste

    Rebounds chances : un joueur a une chance de rebond s’il est le plus proche du ballon à tout moment entre le moment où le ballon est en dessous de l’arceau et le moment où il a complètement rebondi

    Box outs : le nombre de fois où un joueur a établi un contact physique avec un adversaire qui poursuivait activement un rebond, un effort important pour désavantager l’adversaire et a réussi à empêcher cet adversaire de sécuriser le rebond

    Usage rate : le pourcentage de ballons « utilisé » par un joueur lorsqu’il est sur le parquet

  • Justin Anderson – Retour sur la première partie de carrière du joueur

    Justin Anderson – Retour sur la première partie de carrière du joueur

    Depuis son passage à l’Université de Virginia, Justin Anderson alias « Simba » vit une carrière professionnelle en dent de scie. Le 21ème choix de la draft 2015 sera passé par la G-League cette saison afin de retrouver véritablement des certitudes et poursuivre son aventure en NBA. Voici un point sur la carrière du joueur.


    Un joueur prometteur à l’université

    Après un passage au lycée Montrose Christian où il compile 18,7 points, 4,7 rebonds et 3 passes décisives, Justin Anderson a le profil de l’ailier athlétique par excellence, qui multiplie les highlights sur YouTube. Sa défense engageante et pleine d’énergie lui permet de réaliser 1,8 interceptions et 1,6 contres par match, de quoi attirer les convoitises des plus belles universités. Et en effet, six universités tenteront d’attirer le natif de Montross avec entre autres Duke ou Maryland. Mais c’est Jason Williford qui le convainc finalement de venir à Virginia en 2012.

    Il jouera trois saisons à Virginia évoluant notamment aux côtés de Joe Harris et Malcolm Brogdon, et après avoir peaufiné sa défense et sa force, Justin amassera lors de sa dernière saison 12,2 points (à 47% au tir dont un 45% à 3 points), 4 rebonds, 1,7 passes décisives, 0,7 interception et 0,5 contre en 28 minutes de jeu pour 22 matchs sur 26 en tant que starter, avec un très beau PER de 23,8. Avec des stats solides et de belles récompenses individuelles (Meilleur 6ème homme de l’ACC dans sa 2ème saison et dans la 2ème équipe de l’ACC), il était fin prêt à rejoindre la grande ligue.

    L’ailier était vu comme un 1er tour avec au premier plan sa puissance et de grosses qualités athlétiques. Décrit tel quel, Anderson était vu comme un joueur n’ayant aucune faiblesse majeure apparente et qui aurait pu être vraisemblablement un premier choix de draft, mais c’est finalement parce qu’il n’avait pas de réelles qualités premières, comme au shoot qu’il n’a pas été retenu plus haut. En effet, ce n’est pas un grand passeur ni un grand dribbleur, il a même une fâcheuse tendance à commettre des pertes de balles mais aussi à manquer de réussite en un contre un.

    Avec 4 rebonds par match en université, on regrette finalement qu’il n’ait pas plus mis à contribution ses qualités d’athlètes pour devenir un spécialiste en la matière. Enfin, ses sélections de tirs n’ont jamais été très bonnes, sa mécanique de tir n’était pas commode et même s’il avait de bons pourcentages, il aurait très logiquement régressé en NBA. Il fallait pour cela travailler, car Anderson avait tout pour devenir un joueur d’exception en NBA.


    Draft Day : Direction Dallas !

    Le soir du 25 juin 2015 s’ouvre la soirée de la draft NBA. Les noms de KarlAnthony Towns à Minnesota comme 1er choix, puis D’Angelo Russell aux Lakers ou encore Kristaps Porzingis aux Knicks sortent les uns après les autres, jusqu’à la 21ème place, celle des Mavs. Dallas n’a pas été très actif lors des récentes drafts depuis l’arrivée de Dirk Nowitzki et même si la franchise de Mark Cuban restait encore assez compétitive (Deron Williams, Chandler Parsons ou encore Wesley Matthews, arrivés lors de la FA 2015), l’Allemand s’approchant doucement de la retraite, il fallait penser à l’après-Dirk et commencer à préparer à l’avenir.

    Si plusieurs noms restaient comme Montrezl Harrell, Bobby Portis ou encore Rondae Hollis-Jefferson, l’équipe texane sélectionnera finalement Justin Anderson (accompagné de Satnam Singh en 52ème position, le premier joueur indien à être drafté en NBA, ce qui lui vaudra un documentaire nommé One of a Billion). Un choix cohérent et intelligent en somme pour Dallas, qui n’est pas réputée pour être une équipe très athlétique et défensive sur le papier.


    Une première saison rookie révélatrice


    Justin Anderson sous le maillot des Dallas Mavericks – Photo by Tim Fuller

    Après une bonne Summer League, Simba n’aura pas souvent sa chance lors de la première partie de saison et alternera NBA et D-League (ancien nom de la G-League) avec les Texas Legends en partie à cause de Rick Carlisle qui fait peu jouer ses rookies. Mais une blessure de Chandler Parsons en deuxième partie de saison donnera l’occasion à Justin Anderson de montrer de quoi il est capable à Carlisle et qu’il peut être un très bon energizer en sortie de banc. Son apport athlétique et défensif sera un plus pour l’équipe, il jouera même 8 fois titulaire sur les 10 derniers matchs de saison régulière avec un bilan de 7 victoires et 3 défaites pour Dallas qui finira 6ème de conférence Ouest.

    Au premier tour ils affronteront le Thunder avec comme 5 de départ Westbrook, Roberson, Durant, Ibaka et Adams, de quoi passer un mauvais quart d’heure pour les Mavs, mais aussi de quoi révéler un peu plus le talent du jeune Justin Anderson qui aura la lourde tâche de défendre sur KD alors au top de sa forme. Bonne chance pour l’éclipser ! Résultat des courses, 4-1 pour OKC malgré des Mavs vaillants mais trop faibles face à une équipe bien trop forte sur le papier.

    Sur ces play-offs, Simba aura montré sa hargne sur le parquet, avec entre autres des petits chambrages d’avant-match avec Villanueva sur les pas de danse de Westbrook et Cameron Payne mais aussi une passe décisive derrière le dos pour Mejri ou encore une claquette dunk sur un lancer-franc raté de Devin Harris sur la tête de… KD ! Une performance qui permettra à coach Carlisle de lui faire confiance pour la saison prochaine.


    Nouvelle saison, année de la confirmation

    Encore une fois Justin Anderson commencera par la Summer League et encore une fois, elle sera réussie. Après des play-offs satisfaisants lors de la dernière saison, il gagnera une place dans la rotation de Dallas et jouera en moyenne 15 minutes par match et améliorera son rendement offensif en passant de 3 à 6 points par match par rapport à sa première saison.

    Malheureusement, les texans commenceront très mal leur saison avec un horrible bilan de 4v-16d au mois d’octobre. Même s’il y aura du mieux par la suite, les Mavs font peine à voir. La trade deadline approchant à grands pas, le poste d’ailier semble bouché derrière Harrison Barnes (arrivé à la FA 2016) avec le reste des minutes partagé entre Simba et un rookie non-drafté, Dorian Finney-Smith, qui plaît énormément à Rick Carlisle.

    Il fallait n’en garder qu’un, les deux joueurs étant assez similaires sur leurs qualités, l’objectif pour le staff était de combler les lacunes au poste de pivot, véritable point faible des Mavs ces dernières années. Donnie Nelson, le GM des Mavericks, effectuera donc le transfert de Justin Anderson accompagné de Andrew Bogut et d’un premier choix de draft protégé 2017 vers Philadelphie contre Nerlens Noel.


    Le nouveau numéro 23 des 76ers et son nouveau head coach Brett Brown – Photo by Steven M. Falk (TNS)

    Les 76ers, toujours en reconstruction, cherchaient à se renforcer au poste d’ailier derrière Covington. Justin récupèrera donc un temps de jeu plus conséquent avec 20 minutes par match et améliorera encore une fois son apport en points mais aussi en rebond avec 4 prises par match. Son pourcentage au tir va également progresser avec un joli 46% d’adresse.

    Il réussira notamment un game winner face aux Knicks avec un floater sur Melo et enchaînera de belles performances au scoring avec 26 points au compteur lors du dernier match de saison régulière toujours face aux Knicks. Anderson devient très vite élément apprécié du public et de Brett Brown qui contribuera notamment à voir enfin les Sixers jouer les Play-offs la saison suivante.


    Saison de la déception et des blessures !

    Cette nouvelle saison pour Simba commencera assez mal. Après quelques matchs, il se blessera au tibia en novembre ce qui le mettra sur la touche pendant un mois et demi. Pendant ce temps-là, des joueurs comme Zhaire Smith ou Furkan Korkmaz se montreront très en forme. Il reprendra seulement à partir du mois de janvier avec un bon temps de jeu ce qui illustre encore une fois la patience des Sixers avec la condition physique de leurs joueurs.

    Malheureusement, il se blessera une nouvelle fois, à la cheville cette fois-ci, et ne jouera pas pendant un mois. Après cela, son temps de jeu sera considérablement affecté, jusqu’à même récolter des DNP et sa progression s’arrêta net. Il jouera néanmoins quelques matchs sans grand intérêt pour son équipe en toute fin de saison, la qualification étant acquise. L’ailier réussira à marquer tout de même 25 points dans le dernier match de SR face aux Bucks. Les play-offs seront à l’image de sa saison, à savoir peu de temps de jeu et des absences. Comme si ce n’était pas suffisant, le joueur subira une grosse blessure à la jambe après les playoffs, nécessitant une opération. Un énorme coup dur juste avant l’été qui ne s’annonce pas de tout repos.


    Nouvelle saison et nouvelle destination : Atlanta !

    Après un deal à trois entre OKC, les 76ers et les Hawks incluant Carmelo Anthony, Dennis Schröder, ses coéquipiers Mike Muscala et le français Timothé Luwawu-Cabarrot, Anderson atterrit donc avec un premier choix 2022 chez les Atlanta Hawks, qui viennent de repêcher le prodige Trae Young au passage. Une nouvelle équipe pour une nouvelle donne et synonyme de relance pour Justin après sa blessure à la jambe, ce qui le privera d’une dizaine de matchs pour commencer. Ses premières prestations seront plutôt discrètes avec un temps de jeu assez restreint à un poste occupé par Taurean Prince, DeAndre’ Bembry mais aussi Vince Carter.

    Il aura néanmoins l’occasion de se montrer sur le mois de décembre, sans grande réussite toutefois. Cette saison ressemblera à sa dernière saison avec les Sixers, peu de temps de jeu, plusieurs DNP, des joueurs au même poste qui ont fait des progrès et leurs preuves à l’inverse de Simba. Son irrégularité lui fait cruellement défaut et ses faibles performances quand il en a l’occasion avec du temps de jeu auront raison de lui. Avec une équipe d’Atlanta qui optera pour le tanking jusqu’en avril, Justin Anderson ne jouait plus grand-chose et certains proches commençaient alors à ressentir chez lui un manque de confiance.


    Justin Anderson sous le maillot des Hawks – Photo by Glenn James/NBAE via Getty Images

    La Free Agency 2019 arrivant à grands pas, Simba quittera l’état de la Géorgie et les Hawks renonceront à sa mid-level exception et à ses droits. Il devint donc agent libre non restreint. Mais au fur et à mesure que les autres joueurs libres signaient dans les franchises cet été-là, le nom de Justin Anderson n’apparaissait quasiment plus dans les médias. Néanmoins, les Wizards lui offriront sa chance en l’invitant à leur training camp où il effectuera avec la franchise du District de Columbia les matchs de présaison, sans succès puisqu’il sera coupé assez rapidement.


    Remise en selle en G-League

    Il signera donc un contrat en G-League avec les Raptors 905, équipe mineure de Toronto avec laquelle il arrivera en cours de saison. Il s’imposera comme un des leaders de l’équipe et proposera un basket proche de ses années universitaires et ses deux premières saisons en NBA. Ses 20 points et ses 6 rebonds de moyenne par match attireront l’œil des Nets qui lui proposeront un 10-day contract, peu concluant puisqu’il marquera seulement 3 points en 3 matchs pour un total de 16-17 minutes de jeu.

    Il ne sera pas gardé et retournera chez les 905 puis sera transféré chez les Long Island Nets, équipe mineure de Brooklyn, contre Henry Ellenson. Dans la continuité de son passage dans l’équipe mineure de Toronto, il finira par être nommé dans la 3rd All-G-League Team. Avec des nombreuses blessures chez les Nets (KD, Irving) et des cas de COVID-19 qui touchent les joueurs (DeAndre Jordan et Spencer Dinwiddie) mais aussi les joueurs qui ne prennent pas le risque d’aller à Orlando comme Wilson Chandler, il signera un contrat à Brooklyn pour participer à la suite de la saison.


    Si l’on regarde le parcours de Justin Anderson, on peut se poser la question de l’impact ou des répercussions des blessures sur sa carrière. Malgré cela il n’a jamais progressé dans les secteurs où il le fallait : sa mécanique de tir est restée identique et sa précision à 3 points n’est pas parfaite avec un petit 30%. Son playmaking n’a jamais été exceptionnel, mais il a montré du mieux dans ce domaine en G-League avec 3 passes décisives par match. On peut aussi noter son inconsistance sur le terrain, capable de mettre 15 points dans un match à 5/7 au tir et au match suivant n’en planter que 2 avec un 1/8 au tir.

    Tous ces points faibles ont finalement eu comme conséquences un manque d’intérêt des franchises NBA pour lui confier un rôle important dans un roster. Si ces questions demeurent toujours après 4 ans en NBA et une année en G-League, son passage aux Nets pour la reprise de la NBA à Orlando représente très certainement sa dernière chance de prouver sa valeur auprès des franchises. S’il réussit sa fin de saison, nul doute qu’une équipe le recrutera. Dans le cas contraire, est-ce que Justin Anderson continuera en G-League ou rejoindra la Chine ou l’Europe ?  À suivre.

  • Bradley Beal a-t-il encore un avenir aux Wizards ?

    Bradley Beal a-t-il encore un avenir aux Wizards ?

    S’il y a bien un domaine dans le sport qui n’a pas eu à souffrir de la crise sanitaire, c’est bien celui des rumeurs de trades. Malgré l’interruption généralisée des championnats et compétitions de basket un peu partout autour du globe, les négociations entre joueurs et différentes équipes vont bon train, y compris en NBA. Parmi les joueurs scrutés très attentivement, le nom de l’arrière de Washington, Bradley Beal, revient souvent dans les discussions, alors que son avenir au sein de la franchise du district de Columbia est de plus en en plus mis en doute.


    Une exercice 2019-20 colossale, malgré un bilan collectif encore décevant

    C’est toujours privé de John Wall, son partenaire à l’arrière depuis ses débuts dans la ligue en 2013, que Beal a abordé cette saison dans la peau du nouveau leader des Wizards. Absent depuis près d’un an et demi pour une grave blessure au tandon d’Achille, le meneur de jeu observe désormais des tribunes les performances de son acolyte qui se démène seul sur les parquets chaque soir pour tenter de maintenir encore son équipe à flot et les quelques espoirs d’une franchise. Car il faut dire qu’en son absence, le leader par intérim des Wiz’ a particulièrement fait grimpé ses moyennes dans le jeu. Tournant d’abord à 23.5 points pour 18 tentatives au tir dont six à trois points, avec un peu moins de cinq rebonds et cinq passes fin 2018, Big Panda va afficher en l’absence de Wall une moyenne de plus de 27 points, cinq rebonds, six passes ainsi que deux interceptions sur la fin de la saison 2018-19, pour un temps de jeu à peine plus élevé, malgré plus de tirs tentés.

    Fini donc le temps où le natif de Saint-Louis (Missouri) pouvait partager les responsabilités avec l’ancien joueur des Wildcats. Bradley Beal s’est mué cette saison en scoreur solitaire, devenant l’un des joueurs les plus chauds dans ce registre. Avec 1741 points inscrits en 57 matchs avant la suspension de la saison, Beal tournait à la mi-mars à 30.5 points de moyenne, auxquels on peut ajouter 6.1 passes décisives et 4.2 rebonds avec un joli 45-35-84 de pourcentages aux tirs. Devancé seulement par Harden dans ce registre, l’arrière a notamment connu une fin de saison régulière incandescente en attaque avec près de 36 points inscrits en moyenne sur les vingt dernières rencontres des Wizards. Un rendement jordanesque qui aura au moins permis à son équipe d’accrocher un 9ème spot à l’Est avec un bilan équilibré de huit victoires pour neuf revers depuis le mois de février.

    Toujours en course pour décrocher une place en playoffs, notamment depuis l’annonce de la reprise de la saison et la participation de la franchise de la ville du capitole au tournoi d’Orlando, l’exercice 2019-20 avait néanmoins débuté d’une manière plutôt inquiétante. Avec seulement quatorze victoires après 42 rencontres, Washington et son capitaine n’en menaient pas large au moment d’aborder la deuxième moitié de saison, mais il faut croire que Scott Brooks et sa bande ont finalement trouver les ressources pour enfin obtenir des résultats convaincants, à la faveur cependant d’un calendrier plutôt clément. Une deuxième saison consécutive sans phases finales aurait probablement amorcé la fin d’une époque aux Wizards, et une reconstruction était alors franchement envisagée. On imagine en effet assez mal Washington décrocher sa qualification cette année dans ce contexte exceptionnelle, et avec moins de dix matchs à disputer en août, ce qui pose la question de l’avenir de Bradley Beal.


    Un profil qui attire les convoitises

    Le joueur qui restait sur deux sélections All-Star fut notamment snobé cette saison au moment de participer au All-Star Game de Chicago, la faute très certainement à ce bilan d’équipe dérisoire qu’affichait alors Washington en janvier, malgré les cartons offensifs de ce dernier. Fréquemment annoncé dans les radars de différentes franchises depuis quelques années, Beal avait jusqu’alors choisit de rester fidèle à sa franchise, en balayant d’un revers de la main les principales rumeurs de trade. Une attitude honorable à laquelle le joueur ne déroge pas, en témoigne une récente déclaration sur ESPN où il évoque notamment sa relation avec John Wall que l’on annonce sur le retour.

    Mon plus grand souhait est de jouer à nouveau avec John. Je veux le voir revenir à ce niveau que je lui connais, surtout depuis que mon jeu a évolué pendant son absence. Il y a tellement de chose que nous pourrions accomplir ensemble. Je suis si heureux qu’il soit en bonne santé et de le voir travailler comme un fou pour revenir.

    interview de Jackie McMullan sur ESPN

    Beal accepte néanmoins le fait que son nom puisse être cité dans différentes rumeurs, il y trouve même une certaine marque de respect pour son travail, notamment lorsque d’autres joueurs se disent prêts à jouer avec lui, en réaffirmant cependant sa fidélité à l’égard de sa franchise. Une attitude classe de la part d’un joueur qui se dit toujours dispo et motivé pour défendre les intérêts de son équipe et de ses coéquipiers. Demander un trade l’été dernier, alors que le joueur était en pleine négociation d’un nouveau bail, aurait été perçu comme un choix de facilité selon ses propos, raison pour laquelle il a signé une extension de deux ans avec une année supplémentaire en option.

    C’était en effet la solution de facilité. C’est vrai que ça a l’air super de pouvoir jouer pour une autre équipe, mais qui peut dire si c’est une garantie de l’autre côté ? Durant l’été, j’ai continué à me faire l’avocat du diable. Quels sont les avantages et les inconvénients d’un côté comme de l’autre ? En fin de compte, j’ai eu le sentiment que rester à Washington présentaient plus d’aspects positifs, la principale raison étant qu’ici j’ai la liberté de faire ce qu’il me plaît, en jouant pour une équipe qui m’a donné les clés, qui va construire autour de toi et faire venir des gars. Si je vais ailleurs, ça peut-être pour une bonne raison et une bonne équipe, mais je serais un pion parmi d’autres. Qui sait si mon rôle serait le même ? J’aime mon rôle ici. J’aime Brooks. J’aime ce que nous avons. J’aime nos jeunes gars et leur détermination pour progresser.

    interview de Zach Lowe sur ESPN

    Si pour l’heure la fidélité de Beal n’est pas à remettre en question, Washington ne peut espérer conserver durablement un joueur aussi talentueux simplement sur la promesse de l’associer de nouveau à un joueur qui approche de la trentaine, et dont la forme physique reste incertaine, ou encore en lui proposant un niveau de jeu aussi médiocre et des résultats très loin des attentes pour lui permettre de redevenir All-Star, tandis que d’autres prétendants, et pas des moindres, continuent de lui tourner autour. Certains dirigeants auraient même déjà exhorté les Wizards à agir assez rapidement affirmant notamment que le duo Wall-Beal serait arrivé au bout d’un cycle, ce que Washington réfute évidemment, préférant donner sa chance au backcourt la saison prochaine avant peut-être de rebâtir le roster en cas d’échec.


    source : The Ringer (AP)

    Un départ vers quelle(s) équipe(s) et à quel prix ?

    Arrivé dans l’équipe en tant que troisième choix de la Draft, Beal s’est considérablement amélioré en tant que joueur et est devenu une véritable vedette pour son équipe depuis ses débuts en 2012. Deux fois All-Star, il est très certainement le meilleur arrière depuis Jeff Malone (1983-190) à avoir porté le maillot des Wizards, sans faire offense toutefois à Michael Jordan. Bradley Beal est actuellement le 37ème scoreur (11 425 points) et le douzième joueur le plus prolifique en carrière parmi tous les joueurs encore en activité avec près de 21 points de moyenne par match, ainsi que 4 rebonds et 4 passes.

    Une régularité au plus haut niveau qui le place logiquement parmi les meilleurs de la ligue sur la dernière décennie, mais surtout comme un joueur de plus en plus bankable, notamment depuis cette année. À 26 ans et avec une extension de contrat de près de 72 millions de dollars sur la période 2021-2023, Beal sera incontestablement l’un des joueurs les plus courtisés au moment d’entrer dans sa dernière année de contrat alors qu’il n’aura que 29 ans. Loin d’être arrivé alors au bout de son prime, l’arrière pourra tout à fait rejoindre les rangs d’une équipe prête à lui offrir un pont d’or et pourquoi pas la possibilité de remporter un titre. Mais avant ça, bien d’autres franchises continueront de venir se renseigner sur sa situation.

    Brooklyn Nets

    Il s’agit d’une rumeur qui a pris de l’ampleur au fil des dernières semaines. Après un recrutement clinquant l’été dernier, Brooklyn se serait mis en tête d’ajouter un troisième joyau à son roster encore convalescent pour la saison prochaine, de quoi faire fantasmer les fans. Le plaidoyer de Irving sur la nécessité de recruter une autre star pour l’année prochaine a bien été entendu par la direction new-yorkaise, ce qui impliquerait forcément plusieurs départs de joueurs pour libérer suffisamment de cap. Des profils comme LeVert, Allen, voire Taurean Prince intéresseraient dans un premier temps les Wizards qui pourraient rebâtir une équipe avec un noyau de jeunes à chaque poste et en récupérant même quelque futurs picks à la draft.

    L’ajout d’un profil comme celui de Bradley Beal offrirait ainsi une garantie au scoring loin d’être négligeable si le futur coach parvient à correctement répartir la gonfle entre Irving, Durant et Beal, mais apporterait aussi une solidité défensive sur l’extérieur précieuse, notamment au moment d’aborder les matchs couperets, Irving et Beal ayant déjà fait leur preuves dans ce domaine malgré des contextes différents. Au-delà de la question de la répartition du scoring et du leadership, se pose toutefois la question de la rotation et du futur supporting cast qui entourera ce trio potentiel, en particulier avec son secteur intérieur qui pourrait devenir son point faible le plus évident pour ses concurrents.

    Denver Nuggets

    Une équipe jeune, ambitieuse, pleine de promesses et agréable à regarder jouer, voilà l’endroit rêvé pour Bradley Beal. S’il est impossible de prédire si les Nuggets seraient disposés à mettre de côté durant un temps leur stratégie de développement des jeunes, une association Jamal Murray, Bradley Beal, Nikola Jokić aurait néanmoins sacrément de la gueule ! Denver a l’avantage d’avoir suffisamment d’actifs jeunes et promis à une belle carrière pour quelques uns d’entre eux (Garry Harris, Michael Porter Jr., Monte Morris), de quoi intéresser vraisemblablement les Wizards qui pourraient également récupérer au passage des assets quasiment en fin de contrat afin d’avoir du cap immédiatement disponible.

    Les Nuggets ont en effet besoin d’une valeur sûre en attaque, ce qui permettrait à Jokić de moins concentrer les critiques sur son rendement offensif et à Jamal Murray de libérer des espaces à la mène, facilitant ainsi la progression du jeune meneur et le basket du serbe. Jokić a surtout la réputation d’être un facilitateur dans le jeu, qui rend ses coéquipiers meilleurs grâce à son QI basket, de quoi permettre à Beal de s’éclater dans un tout nouveau registre. Denver même en se séparant de plusieurs éléments de son roster et de futurs choix de draft, conserverait encore de la marge, du fait de son savoir-faire en matière de recrutement et du travail remarquable de Mike Malone.

    Los Angeles Lakers

    En pleine quête de rachat et d’une nouvelle bague à ajouter à sa collection, LeBron James doit mettre toutes les chances de son côté et le recrutement d’un joueur du calibre de Bradley Beal serait une opportunité en or à saisir. Bien que ce scénario demeure presque irréalisable, Beal pourrait toutefois se laisser tenter par l’ambitieux projet des Lakers et la conquête d’un 17ème titre si seulement il n’avait pas prolongé son bail avec Washington. Car pour l’heure, hormis un Kyle Kuzma, dont les performances sont en dent de scie cette saison, et des go to guy recrutés sur la base de contrats courts, les angeliños n’ont guère mieux à proposer qu’un package Kuzma-KCP + une pelletée de futurs choix de draft pour tenter d’attirer l’arrière le tout en mettant sérieusement en péril l’avenir de la franchise à long terme.

    Par ailleurs l’entente du trio James-Beal-Davis sur un terrain reste encore à prouver. Même si le nouveau rôle de meneur de jeu all-around du King lui sied à merveille, son influence encore très prononcée au scoring et proche de celui de Beal pourrait faire de l’ombre à ce dernier qui devrait alors se contenter très probablement du troisième ratio offensif derrière Davis. AD bénéficierait certainement de plus de schémas offensifs, du fait de son poste et de son volume de jeu, ainsi que d’une meilleure entente avec James sur le terrain comme c’est le cas depuis le début de la saison, tandis que Beal jouerai un rôle de lieutenant qu’il n’a plus connu depuis ses débuts avec Washington.

    Miami Heat

    Plusieurs rumeurs envoyaient l’arrière du côté de la Floride l’été dernier et plus exactement le Miami Heat comme destination sérieusement envisagée. Le Heat s’était alors mis en tête de recruter un troisième joueur de calibre All-Star pour venir compléter la paire Jimmy Butler – Bam Adebayo. Riley pourrait en effet proposer un package de jeunes pousses, parmi lesquels, Kendrick Nunn, Duncan Robinson ou encore Tyler Herro, mais aurait en revanche plus de difficultés à proposer des futurs picks de draft, en raison des derniers trades, les floridiens ayant échangé leur 1er tour 2021.

    Mais l’association de Bradley Beal et de Jimmy Butler, plus encore que pour Adebayo qui s’illustre surtout pour ses qualités de joueurs polyvalent en défense et dans la circulation de la balle, repose sur le fait que Beal tiendrait un rôle de scoreur en attaque très similaire à celui qu’il occupe aujourd’hui aux Wizards, laissant ainsi le playmaking à Butler afin que ce dernier influence le jeu dans bien d’autres domaines, partageant ainsi les responsabilités du Heat. Son travail dans le jeu on/off ball et sa qualité de passe seraient complémentaires avec les deux joueurs qui bougent aussi très bien sur un terrain, sa régularité au scoring ainsi que son expérience en NBA malgré son jeune âge permettrait ainsi d’assurer des succès probants au troupes de Spoelstra.

    New Orleans Pelicans

    Parmi les équipes évoquées, les Pelicans sont très certainement les mieux placés pour attirer le joueur. Depuis qu’ils ont cédé Anthony Davis aux Lakers, la franchise de la Louisiane dispose du cap nécessaire pour absorber le contrat de l’arrière sans mettre en péril leurs finances et les futures négociations de prolongation de contrat (cf. Brandon Ingram), mais surtout de plusieurs first picks sur les quatre prochaines cuvées de draft, de quoi satisfaire les exigences de DC. Pour tenter d’attirer Beal, les Pels devraient pour cela se séparer dans un premier temps de l’actuel titulaire au poste, Jrue Holiday, ainsi que d’un espoir du genre de Lonzo Ball, Jahlil Okafor, Jaxson Hayes, Nickeil Alexander-Walker ou encore Josh Hart, une contrepartie toutefois raisonnable au regard des jeunes profils restants.

    Ce type de recrutement permettrait non seulement à NOLA de capitaliser sur l’objectif de renouer avec les playoffs, mais également de créer un lineup impressionnant et complet en tablant sur la progression du noyau des jeunes qui se sont particulièrement illustrés cette année. En conservant notamment Brandon Ingram et Zion Williamson, deux des joueurs les plus prometteurs à leur poste respectif, les dirigeants de la franchise devraient notamment disposer de suffisamment d’assets à échanger en vue de la FA 2021 qui s’annonce très fournie et qui pourrait se révéler être une mine d’or pour les Pelicans à long terme.

    Washington Wizards

    Et pourquoi pas choisir l’option de la stabilité finalement ? Rester aux Wizards encore plusieurs années, voilà une idée qui ne semble pas dénuée d’intérêt pour Beal. Le retour de John Wall, malgré les craintes liées à son niveau et le fait qu’il entre dans une période charnière de sa carrière, peut tout à fait coïncider avec un retour au premier plan de la franchise de DC, qui se mettrait alors en chasse pourquoi pas d’un joueur dominant dans son Frontcourt lors des prochaines FA, afin d’apporter notamment de la variété et un certain équilibre dans le jeu.

    Même si d’ici là Scott Brooks aura probablement fais voile vers une autre franchise, la possibilité de conserver le backcourt en l’état permettrait au Front Office des Wizards de rattraper le temps perdu en misant sur la fidélité des deux joueurs, une fidélité qui aura évidemment un prix au moment de constituer un roster suffisamment taillé pour jouer le titre. Il faudra alors confier cette équipe à des mains expertes, capables de miracle, tout en laissant les deux joueurs vedettes s’épanouir encore longtemps sous le maillot des Wizards. De l’aveu même du joueur, avoir un jour son maillot retiré par les Wizards aux côtés des Elvin Hayes, Earl Monroe et du regretté Wes Unseld (décédé la semaine dernière) serait une immense fierté.

    Le fait de vouloir un jour voir mon maillot retiré à Washington a joué un rôle dans les négociations. Chaque soir, dès que je rentre dans cette salle, j’y vois cinq noms là-haut, cinq joueurs parmi les plus grands de ce sport. Ça doit être très spécial d’être en mesure d’égaler ou de battre des records, et c’est déjà le cas depuis huit ans que je suis ici. Personne ne sait encore combien d’années il me reste à jouer, je ne suis qu’à l’aube de ma carrière.

    interview de The Undefeated
  • Le titre ou l’argent : Un dilemme important pour un joueur NBA

    Le titre ou l’argent : Un dilemme important pour un joueur NBA

    En ces temps difficiles, ClutchTime continue de vous offrir une immersion dans l’univers de la NBA et aujourd’hui, ClutchTime vous propose de découvrir un acte de grande classe que peu de joueurs dans la ligue ont eu le courage de réalisé, sacrifier l’aspect financier de sa carrière au profit de l’aspect sportif.

    Dirk Nowitzki, roi du sacrifice financier

    Que ce soit Dirk, en passant par Durant ou même Lebron, nombreuses sont les superstars de la NBA qui ont accepté ce que l’on appelle une « Paycut » pour pouvoir offrir à leurs franchises une réelle possibilité de constituer la meilleure équipe possible et même si cette pratique marche souvent, cela n’a pas eu un effet bénéfique pour tous.

    Une paycut est donc le fait de sacrifier une partie de son salaire potentiellement accessible, généralement dans le but d’améliorer l’équipe pour laquelle on joue.

    Un sacrifice réservé au Star ?

    Pour réellement parler de « sacrifice », il est rare de parler de simple role player et cela concerne très souvent les grandes Stars de la ligue.

    La raison est simple, les paycuts sont très souvent réalisés au détriment d’un possible contrat maximum par un joueur, et les seuls joueurs qui ont accès à ce type de contrats sont les Superstars de la NBA.

    Cependant, il est nécessaire de nuancer ce propos car certains joueurs qui ne sont pas considérés comme des Superstars ont déjà accepté de sacrifier une partie de leurs salaires pour l’équipe donc même si ce sacrifice concerne souvent les grandes stars, il ne leur est pas uniquement « réservé » .

    Un sacrifice irrespectueux envers les Stars ?

    L’idée est donc simple pour le joueur, sacrifier le côté financier de la NBA dans le but de mettre toutes les chances de son côté vers l’aspect sportif et même si cela peut sembler être une décision assez logique ou acceptable pour une personne qui ne suit pas la NBA, cette pratique est tout de même assez rare.

    À l’image des Chris Paul, Russell Westbrook ou même Stephen Curry, le contrat maximum reste le choix majoritaire et ultime d’une Superstar de la NBA mais également le choix logique lorsque l’on connaît la face cachée de cette pratique.

    Kevin Durant tenant son trophée de MVP des finales
    Source : Jason Miller/Getty Images

    Danny Chau, rédacteur du Ringer, avait notamment évoqué la question en s’appuyant sur le cas de Kevin Durant avec les Warriors :

    « Durant’s decision makes it painfully clear that it will always be the players who have to make ‘sacrifices,’ never the owners. »

    La décision de Kevin Durant montre clairement que ce seront toujours les joueurs et jamais les propriétaires qui feront les sacrifices.

    Cette critique vient directement de la signature de Kevin Durant pour un contrat avec une paycut qui aurait permis de signer Andre Iguodala et Shaun Livingston et donc de garder l’équipe intacte.

    Cependant, l’équipe aurait pu, en réalité, signer les 3 joueurs avec Kevin Durant au maximum en payant une Luxury tax, montant supplémentaire imposée par la ligue dès lors qu’une franchise dépasse la limite des salaires de son équipe. Plus l’équipe dépasse cette somme, plus elle doit payer.

    On voit donc un réel problème d’éthique et une possible manipulation de certaines organisations envers leurs joueurs et cette problématique ne va pas s’atténuer suite à la hausse des salaires chaque année en NBA et la multiplication de bons joueurs qui s’imaginent déjà être Superstar.

    Un sacrifice nécessaire à la réussite d’une franchise ?

    Depuis 2010, presque toutes les équipes championnes, voire même finalistes ont connu au moins un joueur qui n’était pas payé à sa juste valeur.

    Que ce soit un choix volontaire ou non, il est presque indispensable d’avoir des joueurs qui sacrifient l’aspect financier de leur carrière au profit de l’aspect sportif et cela s’applique au Star mais aussi à d’autres joueurs très importants.

    Par exemple, Ray Allen avec Miami en 2013 était payé environ 3 millions l’année a 37 ans et même si cela semble être normal, lorsque l’on voit son apport sur les finales 2013, on peut se dire qu’il en valait un peu plus tout de même.

    Dans un autre registre, le salaire du MVP de la saison 2015, Stephen Curry, qui remportera les finales NBA avec un salaire de seulement 11 millions la saison et même si cela est logique vu que c’est un contrat signé quelques années auparavant, cela reste un cas de joueur sous payé par rapport à son apport sportif.

    Pour ne pas s’éparpiller, nous allons nous concentrer ici sur les principaux joueurs dans certaines franchises qui ont sacrifié une partie de leur salaire au nom de l’équipe et surtout dans le but ultime de remporter un titre, même si cela a plutôt bien fonctionné pour beaucoup d’entre eux, cela n’a malheureusement pas toujours été le cas.

    Les cas importants et récents de sacrifice financier :

    I. Le Big Three de South Beach en 2010

    « Not one, not two, not three, not four.. » on connaît la suite hein..
    Source : Steve Mitchell/US Presswire

    Le 8 Juillet 2010, The decision choque l’univers de la NBA car un certain Lebron James quitte Cleveland après 7 ans passées dans l’Ohio, pour rejoindre Dwyane Wade et Chris Bosh sous le soleil de Miami.

    Cependant, cette association de trois superstars semble difficile à mettre en place car trois contrats maximum à cette époque auraient été un réel problème pour créer une équipe compétitive. Heureusement, les trois superstars ont abandonné plusieurs millions (18 millions pour Lebron James) afin d’offrir une possibilité à l’organisation de Miami d’ajouter des pièces importantes à cette équipe déjà bien bâtie pour jouer le titre.

    Ce sacrifice financier s’est révélé être au moins aussi précieux qu’inestimable, car plusieurs joueurs solides vont réussir à choper un contrat tel que Udonis Haslem, la légende de Miami mais également Shane Battier, Chris Andersen ou encore le seul et l’unique Ray Allen qui sera la pièce maîtresse d’un certain game 6 des finales de 2013.

    II. Dirk Nowitzki : Le Roi du sacrifice salarial

    Dirk, honoré lors de son dernier match au AAC
    Source : J. Miron/USA Today/Reuters

    194 millions de dollars, c’est ce que le Wunderkid a sacrifié dans sa carrière pour les Mavericks. Cette somme, bien qu’incroyable, est à l’image de la générosité du géant Allemand.

    Champion en 2011, Dirk Nowitzki avait vécu son rêve de titre mais ses envies ne s’arrêtaient pas là, il voulait plus et surtout, offrir un nouveau titre à la ville de Dallas. C’est en 2014 que Dirk va démontrer tout son amour pour la franchise texane.

    Lors de l’intersaison de 2014, les Lakers et les Rockets lui offrent un contrat avec pas moins de 97 millions sur 4 ans et même si 99% des joueurs auraient pris l’une de ses offres, Dirk les a toutes refusées.

    En effet, le 15 Juillet 2014, il choque le monde de la NBA en signant un contrat de 25 Millions de dollars sur 3 ans avec les Mavericks ce qui signifie un sacrifice de 72 millions de dollars, non seulement pour rester dans son équipe de toujours mais surtout pour continuer à être compétitive.

    Malheureusement, les Dieux de la balle orange ne récompenseront pas son sacrifice respectable car même si Tyson Chandler reviendra durant l’été 2014, Shawn Marion quittera lui les Mavericks pour rejoindre les Cavaliers, laissant une équipe des Mavericks trop faible, qui sera éliminée au premier tour des Playoffs par les Rockets.

    Cependant, cela n’empêchera pas Dirk de renouveler cette acte de générosité quelques années plus tard en 2017, lorsqu’il refusera une player option de 25 Millions de dollars pour prendre un contrat de 10 Millions sur 2 ans et une seconde année en Team Option, vraiment un grand homme ce Dirk.

    III. Le Big Three Texans des Spurs

    Le big Three des Spurs, dans l’ordre :
    Tony Parker-Manu Ginóbili-Tim Duncan
    Source : Agence France-Presse

    En 2010, Tony Parker signe une extension de 4 ans pour 50 millions de dollars avec les Spurs pour garder une équipe compétitive et même si ce contrat reste tout à fait acceptable.

    Il est important de rappeler que Tony Parker est un joueur qui se retrouve dans les discussions pour le titre de MVP en 2012 tout en étant payé comme un role player.

    Toutefois, le sacrifice financier est une habitude du côté des Texans de San Antonio et c’est surement l’une des raisons pour lesquelles ils ont réussies à rester si compétitifs pendant autant d’années.

    En effet, a côté de Tony Parker, les joueurs importants du roster ont également sacrifié leurs salaires tels que Manu Ginóbili ou encore Tim Duncan qui aura réduit son salaire de plus de 11 millions de dollars.

    D’ailleurs, leurs sacrifices n’auront pas été en vain car des joueurs comme Thiago Splitter, Boris Diaw, Danny Green ou encore Marco Belinelli seront recrutés et le 15 Juin 2014, la franchise soulèvera le 5ème titre de leurs histoires qui sera la plus grosse récompense imaginable pour leurs sacrifices financiers.

    IV. Kevin Durant et la franchise Californienne

    Kevin Durant durant sa présentation avec les Warriors
    Source : Noah Graham/NBAE / Getty Images

    Après avoir réalisé l’un des mouvements les plus discutables de l’histoire de la NBA sur le marché de la Free Agency, le 4 Juillet 2016, Kevin Durant s’est engagé dans la franchise des Warriors dans le but précis de gagner un titre et de « sortir de sa zone de confort ».

    Pour ce faire, il a réalisé un sacrifice financier assez important pour la superstar qu’il était à l’époque et même le coach des Warriors, Steve Kerr, avait rappelé dans une interview que Kevin Durant lui rappelait Tim Duncan qui, lui aussi, avait réalisé plusieurs sacrifices financiers dans sa carrière pour garder une équipe compétitive.

    Dans le cas de Kevin Durant, son sacrifice permet à son équipe de conserver Iguodala et Livingston qui étaient deux grosses pièces du back to back de 2017 et 2018.

    Pendant une grande partie de ses années au Warriors, il a sacrifié une somme très importante d’argent en prenant des petits contrats de 1 an + 1 année en player option à 25 millions l’année ce qui était presque 10 millions de sacrifié par an.

    Ce sacrifice est critiquable dans beaucoup d’aspects, que ce soit sur le fait que la franchise aurait pu tout de même conserver les 2 joueurs nommés ci-dessus, sans avoir à sous payer Kevin Durant mais également sur le fait que son sacrifice ait été fait afin de rejoindre une équipe surpuissante qui était un choix contestable pour beaucoup de fans.

    Dans tous les cas, Kevin Durant a fait un choix qui lui a permis de repartir du soleil Californien avec deux titres et deux trophées de MVP des Finales en poche et tout cela pour rejoindre la Big Apple et un contrat maximum avec les Nets dans le but d’écrire une nouvelle page de son histoire.

    V. L’agent 0 et son geste mémorable envers A. Jamison

    Le n°4, Antawn Jamison avec Gilbert Arenas, le n°0
    Source : Rocky Widner/Getty Images

    Ici, on ne parle pas réellement d’un joueur qui a sacrifié son salaire dans le but principal d’obtenir un titre mais il était nécessaire de parler de l’acte respectable de Gilbert Arenas envers son coéquipier de l’époque, Antawn Jamison.

    Tout d’abord, dès 2006, Gilbert Arenas montre les signes d’une superstar qui souhaite gagner un titre au détriment de l’argent. Lors de l’intersaison de 2006, il accepte une réduction sur son salaire pour signer de bons joueurs mais se retrouve « malheureusement » coincé au milieu de Darius Songaila et DeShawn Stevenson (vous vous rappelez du premier nom ? moi non plus) qui ne seront d’aucune aide pour un agent 0 bien trop seul.

    C’est finalement le 9 Juin 2008 qu’il se retrouve agent libre et offre un geste de grande classe après la désillusion de 2006, annonçant clairement durant une séance média qu’il allait laisser son coéquipier, Antawn Jamison, prendre ce qu’il souhaite sur son contrat en se contentant du reste.

    « Just sign Antawn first and then I’ll take the pay cut, to keep the team intact, »

    Signer simplement Antawn en premier et je réduirais mon salaire pour garder l’équipe intacte

    « We’ve been together six out of my seven years. I told him, whatever he wants, give it to him, and I’ll take the pay cut. »

    On a été ensemble pendant 6 de mes 7 années ( dans la NBA ). Peu importe ce qu’il veut, donner lui et je prendrais la réduction nécessaire sur mon salaire

    Finalement, au lieu d’avoir un contrat maximum de 124 Millions sur 6 ans avec les Wizards, ou de prendre un contrat de plus de 100 millions sur 5 ans que lui proposaient les Warriors il ne prendra que 111 millions sur 6 ans avec les Wizards.

    Même si cette décision a très mal fini avec une absence en play-offs et des malheurs sur les terrains comme en dehors, il est important de saluer ce geste réalisé en Juin 2008 qui semble être inimaginable de la part des stars d’aujourd’hui.

  • NBA Frenchies #12 – TOP 3 Français de l’année en NBA

    NBA Frenchies #12 – TOP 3 Français de l’année en NBA

    NBA Frenchies #12 – TOP 3 Français de l’année en NBA

    NBA Frenchies ! Une émission ClutchTime animée par Simon et Tedesco.

    Simon et Tedesco se retrouvent pour aborder l’actualité des français en NBA. Cette semaine, ils ont préparé une sélection personnelle des 3 meilleurs joueurs français de la saison 2019-2020, malheureusement interrompue. Et il y a débat !

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  • NBA Fashion épisode II : Semelle, Virgule, Balle Orange

    NBA Fashion épisode II : Semelle, Virgule, Balle Orange

    Publicité pour la paire Adidas Superstar White/Black ( Source : Sneakers.fr)

    Encore un “Sacré samedi soir”. La semaine fut pénible, le week-end accueilli avec soulagement. C’est l’heure de célébrer. Retrouver ses potes pour une soirée cosy en appartement. Pousser l’aventure jusqu’en club ? Quoi qu’il arrive, il faut se mettre sur son 31. Plutôt petite chemise et Jean Levis 501 ? Pantalon cargo et tee-shirt blanc XXL ? Peu importe, on accorde la tenue avec sa paire de sneakers. Le néologisme sneakers  vient de l’anglicisme to sneak : se faufiler, passer partout (souvent en douce). C’est une chaussure imaginée pour la pratique sportive, détournée de sa fonction première un usage quotidien. Cette semaine, Clutch Time vous emmène à la rencontre de cet accessoire lifestyle né des parquets NBA et baptisé par la rue. 

    La Signature

    Qu’est-ce qui pousse à acheter compulsivement un paire de chaussures ? On a tous autour de soi un sneaker addict touché par le mal, la passion qui fait craquer son PEL à la fin du mois pour acheter “cette dernière paire”. Pourquoi ? Surement pas pour le sport.  Une simple paire de babouche fera l’affaire pour votre séance de “Ping-Pong Confinement”. Non, on tombe amoureux d’une paire pour son identité : son visuel, mais aussi les secrets de sa fabrication, l’Histoire qu’elle raconte de sa genèse à la communauté qui l’adopte.  Bien que usée par le temps et le bitume on finira par s’y accrocher pour les souvenirs de vadrouille qu’on lui prête. 


    La Nike Dunk Low PRM QS Paris, commercialisée en hommage au plus vieux terrain de basketball rue Trévise à Paris. Source : Nike.fr

    Vos manufacturiers préférés l’ont bien compris. Ils déploient des trésors de marketing pour rendre une paire unique et la rattacher à une légende. Or, La NBA a de belles histoires à raconter
    Une paire signature est une chaussure pensée pour rappeler l’identité d’un joueur. C’est un privilège souvent réservé aux joueurs les plus médiatisés, les “All Stars”. Le terme consacré pour désigner les meilleurs athlètes de la saison est aussi le titre éponyme de toute première sneaker de l’Histoire : La Converse “Chuck Taylor” All Star.

    Chuck Taylor (à gauche), ses converses All-Star aux pieds. Source : Graduatestore.fr

    La firme Converse est créée en 1907. A l’issue de la première guerre mondiale, elle décide de lancer une gamme sportive de chaussures de sport. A cette époque, la NBA n’existe pas. Le basketball était pourtant déjà populaire aux Etats-unis et Converse choisit un joueur de balle orange pour représenter le produit. Chuck Taylor ne sera jamais Hall-of-Famer mais c’est un excellent commercial et représentant : 

    « Les gens commandaient les « chaussures de Chuck » ou les « chaussures de Chuck Taylor » au lieu de demander des Converse All Star. Alors son nom a été ajouté juste à côté de l’étoile [le logo de Converse, NDLR]. Un coup marketing brillant »,

    Source : Joe Dean, ancien vice-Président de Converse, Pierre Démoux, 2016

    C’est cette personnification de l’objet associé à la volonté des fans de ressembler à leur idole qui donne une nouvelle dimension à la paire. Porter la même paire que Patrick Ewing, c’est un peu avoir du Patrick Ewing en soi.

    La signature shoe Ewing 33 Hi Gum Black Gold, source : Sneakers.fr

    A l’échelle du quartier, différentes écoles de style vestimentaire s’observent.  Dans le milieu de “la sape”, la paire de chaussure et le premier vecteur d’affirmation identitaire. Ainsi l’Histoire d’une paire est importante pour les aficionados de la sneaker : elle rappelle sa dimension quasi-communautaire. Certaines marques sont désormais associées aux skateurs amateurs de ride, d’autres font désormais référence à des films, des phénomènes culturels, fruits de collaborations entre designers corporates et artistes. La fonction sportive de la sneaker fut détournée pour devenir un objet de la pop-culture. 

    La chanteuse islandaise Bjork fait la cover du magazine Rolling Stone et affiche ses plus belles Reebok Instapump OG Citron. Source : Instagram @JalaPatra

     Les manufacturiers ont su brillamment jouer avec ces oppositions de style qui pilotent le développement du design d’une paire. Avoir pour égérie le franchise player des Lakers ou celui des Celtics ce n’est pas viser le même coeur de cible.

    Une manne financière

    Estimation des recettes annuelles des joueurs NBA grâce à leur partenariat avec des manufacturiers de chaussures. Source : Forbes, Twitter 2019

    Les sneakers sont un phénomène de la mondialisation. Des prolétaires aux richous, elles attestent de la prédominance de la consommation ostentatoire dans nos sociétés : il faut acheter une paire non seulement parce qu’elle est magnifique, mais aussi pour montrer (ou prétendre) qu’on a les moyens de l’obtenir. La sneaker c’est une affaire d’argent. Assemblée dans les fabriques des pays en développement, la chaussure lifestyle s’écoule majoritairement sur les marchés occidentaux. Sa popularité est pourtant planétaire : de Manille à Maputo vous pourrez trouver des contrefaçons d’Air Max. 

    adidas D Rose 1 Forbidden City to release some time in January ...
    Derrick Rose présente la Adidas D Rose 1 Forbidden City. Source : SneakersReleases.com

    Nike et Adidas s’affrontent pour la poule aux souliers d’Or. En 2019, la  Fédération Française de la Chaussure estimait à 9 milliards d’euros les revenus générés par la filière “sneakers” soit la moitié du marché français de la chaussure. La popularité du produit s’explique aussi par la ruse de ses manufacturier. En 2020, Nike a gagné 21 milliards de dollars grâce à ses chaussures. La virgule a investit 10 % de son pactole pour financer sa politique de marketing en pression tout terrain (Source : Capital.fr). 

    L’Apparition de marchés parallèles comme celui du resale (la revente) atteste du poids économique de la frénésie sneaker

    En première position dans la file d’attente, sous une tente, ils campent depuis la veille jusqu’à l’ouverture du magasin. Ce ne sont ni des clowns, ni des amateurs du tourisme urbain mais de véritables investisseurs qui espèrent récupérer une paire inédite en édition limitée. Puis laisser faire le temps et la spéculation. L’achat de sneakers peut se révéler être un placement financier, selon sa rareté et l’évolution de l’offre et la demande sur le marché. 

    Les Nike Air Mag Back to the Future BTTF (2016). Inspirée du film “Retour vers le Futur” c’est paire la plus chère du monde, en atteste sa cotation sur le Site de revente Stock X.fr. Clin-d’œil magistral au long-métrage, cette édition ultra-limitée fait ses lacets toute seule.

    Selon les projections du cabinet américain Cowen and Company, ce marché souterrain de la revente sur internet, atteindra un poids de 6 milliards d’euros dans l’économie mondiale d’ici 2025. 

    La success-story Jordanesque

    La Air Jordan 1 Mid Bred Multi-Color, source : Jordan Shoes UK

    9 chaussures sur 10 achetées aux Etats-Unis appartiennent à l’écurie Nike. Cette domination sur le marché américain s’explique par leur partenariat fructueux avec Jordan Brand, filiale de la marque. Le logo jumpman occupe une place particulière dans l’imaginaire des fans de sneakers. Son ascension commerciale et identitaire s’explique par un pari fou réalisé par Nike au milieu des années 1980. Ce récit est raconté en mars 2020 par le journaliste Rémy de Souza pour Eurosport, à l’occasion des 35 ans de Jordan Brand. 

    Tout commence en 1984. Un athlète issu de l’université North Carolina est annoncé pour la draft. Il a remporté le championnat NCAA en tant que leader incontesté de son équipe et fait déjà parler de lui pour son jeu délié et ses dunks aériens. Michael Jordan est un diamant, une opportunité pour l’équipementier qui arrivera à en faire son égérie. La direction exécutive de Nike propose à Jordan une offre faramineuse : 500 000 dollars par an et une rétribution à hauteur de 25 % sur chaque paire vendue. MJ a toujours été un flambeur, s’affichant volontairement cigare au bec dans un casino. C’est surement son goût pour le luxe plus que son attrait pour la marque à virgule qui lui fait accepter ce contrat juteux, lui qui avait des familiarités avec Adidas et Converse. 

    50+] Michael Jordan North Carolina Wallpaper on WallpaperSafari
    Le GOAT à North Carolina, une paire de Converses aux pieds. Source : Getty Images

    La saison rookie de Jordan est fracassante, sa carrière légendaire. Nike adapte sa stratégie marketing autour de sa réussite.

    Un joueur comme on en a jamais vu qui impose son style face à l’adversité. La promotion de la paire Jordan 1 se fait sous le signe de la subversion. L’Anecdote est désormais connue, la NBA ne valide pas les chaussons de sa majesté et lui fait payer une amende pour chaque match joué avec ses chaussures. Celles-ci ne respectent pas le code couleur imposé par la ligue : au moins 51 % de blanc/noir sur le design extérieur.

    Spot publicitaire de la Jordan 1 « Bannie » par la ligue, Source : Youtube.

    Anticonformisme et dominante, un cocktail explosif qui explique le succès immédiat de la Jordan 1, et de ses déclinaisons durant plus de deux décennies. 

    Jordan devient une icône planétaire qui vend ses baskets comme des petits pains. Il a construit sa fortune grâce à des chaussures qui sont devenues plus renommées que sa personne. En 2020, le magazine Forbes le déclare mille-et-unième personnalité la plus riche de la planète. Bankable à hauteur de 2,1 milliards de dollars, il n’a gagné “que” 90 millions de dollars grâce à ses contrats d’athlète aux Bulls et aux Wizards. 

    Le logo Jumpman dépasse le basket, il entre dans la culture populaire et efface les vieilles rivalités sportives : Jordan Brand est désormais équipementier du Paris Saint-Germain jusqu’en 2032.

    L’Univers de la sneaker sécuritaire

    La salle de basket est une arène. Une rencontre de gladiateurs. Les joueurs veulent optimiser leur performance et briller aux yeux du public. Pour être prêt à l’entre-deux rien de tel que l’entraînement, la préparation physique et technique. La paire de chaussures à son rôle à jouer dans ce processus. Le joueur doit la trouver familière à ses pieds car elle apporte confort, maintien et soutien. Le salaire NBA permet à l’athlète de choisir la paire de son choix au delà des considérations monétaires. Ce qui compte, c’est tout d’abord l’allégeance au sponsor si le joueur en a un. Ensuite, à lui d’adopter la technologie qui présente le meilleur rapport risque/esthétique/performance. Le risque, c’est la blessure, un drame pour l’athlète et  manufacturier de la chaussure. Une entorse à la cheville est synonyme de très mauvaise publicité pour le produit. 

    Le 22 février 2019, Zion Williamson rencontrait l’Université North Carolina de Coby White. En première mi-temps, le pied de Zion transperce littéralement la chaussure. Il tombe et se blesse au genou. Nike a immédiatement lancé une enquête à la suite de l’incident. Source : Youtube.

    L’insouciance des années 1960-70 où les joueurs jouaient en chaussures en toile sur les parquets a disparu. Les marques de baskets ont désormais optimisé leur paire pour assurer un maintien de la cheville. L’amorti de la semelle est primordial. Symbolisé par la  “bulle d’air” chez Nike, il permet d’atténuer les chocs répétitifs au sol, lors des rebonds, contres ou dunks de l’athlète. 

    Plus un joueur est lourd plus ses articulations sont mises à l’épreuve. Conventionnellement, les intérieurs jouent avec une chaussure à l’armature haute qui couvre la cheville. Les meneurs de jeu effectuent sans cesse des changements de direction et privilégient des paires basses assurant plus de mobilité. Ce choix reste personnel et certains athlètes se permettent des folies, au risque de s’attirer les foudre de leur staff médical.  Thabo Sefolosha arbore régulièrement ses Air Max 90, comme s’il participait à un match de Départemental 3 à la Queue-en-Brie un dimanche matin.

    Panthéon de quelques paires iconiques


    La converse Chuck Taylor : l’Historique

    Paires Chuck Taylor All Star x Andy Warhol. Source : Sneakers.fr

    La première des sneakers est rentrée dans l’Histoire par la grande porte, devenant un phénomène interculturel. Elle fut portée par les soldats américains durant la seconde guerre mondiale, puis la paire la plus populaire en NBA durant la décennie 1960. De West Side Story au mariage de Mick Jagger,la Chuck Taylor s’invite partout et est portée successivement par Elvis, James Dean et Kurt Cobain.

    La Jordan 1 : La Royale

    Awesome game Jordan with the setup. | Michael jordan, Michael ...
    La Jordan 1 aux pieds de MJ, Source : Getty Images


    On en a déjà assez parlé, mais comment ne pas la faire figurer ici ? Vendue 65 dollars à sa sortie en 1985, son coloris rouge et noir ainsi que son succès commercial donnera naissance à une lignée de paires, et à un pactole Jordanesque pour Nike. 

    La Air Force 1 : de l’Armée à la Rue

    Nike Air Force 1 Low NBA Paris Game - CW2367-100
    Le modèle Air Force 1 édition spéciale NBA Paris Game en 2020, Source : Stock X

    L’éternelle rivale de la Stan Smith pour l’écurie Nike. Sortie en 1982 la Air Force 1 est entrée dans la culture populaire avec une identité force. Son nom fait référence à l’avion militaire présidentiel de Ronald Reagan. Elle fut le premier modèle de la marque à adopter la  technologie Air Sole : “une unité d’air caché sous le talon pour apporter un meilleur amorti”. La Air Force one se paie le luxe de décorer les pieds du Hall of Famer Moses Malone. Adoptée par les communautés des quartiers difficile de New York, Phillie et Baltimore, Nelly ou Jay-Z la démocratisent dans le milieu Hip-Hop américain. 

    La très stylish Puma Clyde

    Source : Puma Hoops

    Impossible de passer à côté de la Puma “Clyde”. La sneaker représente le GOAT vestimentaire de l’Histoire de la NBA, monsieur Walt Frazier : “Swishing and Dishing” tous les jours avec ça aux pieds.

    La Reebok Pump : séduisante et gonflée

    reebok pump up basketball shoes
    Source : reddit.com

    La vague Reebok Pump coïncide avec le début de la décennie 1990. En 1989 la paire arrive avec une technologie flashy et inédite qui lui permet de concurrencer Nike sur le marché américain. “Pump up and Air out” explique Dominique Wilkins dans son clip publicitaire : côté intérieur de la chaussure, une bulle d’air en forme de ballon de basket (évidemment) est gonflée manuellement par l’utilisateur afin de verrouiller sa cheville. La Reebok Pump connaît un succès commercial grâce à ce mécanisme ludique, mais aussi grâce à son apparition au cinéma dans des films très 90’s : Juice (1992, Dickerson) ou Above the Rim (1994, Pollack). 

    Avec les sneakers, la NBA a réussi le grand saut. Conçues pour les parquets de la plus belle ligue du monde, les chaussures de sport de basketball ont été propulsées au rang d’outil lifestyle indispensable. Pas besoin de suivre la NBA pour porter des Jordan.  Les adeptes de la chaussure, les collectionneurs sont connectés à un réseau de fans de la mode et de la culture streetwear mondialisée.

  • Ça s’est passé un 7 avril : Vince Carter et Jason Kidd ont pris rendez-vous avec l’histoire

    Ça s’est passé un 7 avril : Vince Carter et Jason Kidd ont pris rendez-vous avec l’histoire


    Parce que la NBA regorge de performances en tout genre passées à la postérité ou progressivement oubliées avec le temps, ClutchTime vous propose de revivre ces matchs et exploits de légende qui ont façonné l’histoire de la ligue, d’hier à aujourd’hui.

    Nous voici rendu au printemps de l’année 2007. À quelques jours de la fin de la saison régulière et le début des phases finales qui verront les Spurs sacrés pour la quatrième fois de leur histoire, les Washington Wizards rendent visite au Nets du New Jersey à la Continental Airlines Arena, pour l’un des derniers matchs décisifs à l’Est, puisque les deux équipes sont quasiment au coude à coude pour décrocher un spot en playoffs.


    Des performances mais des résultats qui se font attendre

    Arrivée en 2004 en provenance du froid canadien et des Raptors de Toronto, la Vinsanity s’est rapidement emparée du New Jersey et de la ville d’East Rutherford. Même si l’homme-volant n’a plus autant de dynamite dans les jambes, il reste néanmoins suffisamment d’explosivité et de talent dans le jeu du All-Star pour emmener les Nets sur le toit de la Conférence et de la ligue.

    Mais dans les faits, les fans des Nets vont rester sur leur faim les deux premières saisons. Malgré des statistiques colossales (près de 25 points par match chaque soir), Vince Carter ne parvient pas à redonner la confiance et des résultats digne d’un champion pour une franchise qui venaient pourtant d’atteindre il y a peu, deux finales consécutives en 2002 et 2003. Les résultats de la franchise ont fini par agacer certains supporters et dirigeants, en particulier depuis les deux éliminations consécutives en playoffs face au Miami Heat de Wade et Shaq’.

    source : ESPN

    Un cap à passer sinon rien

    Son entente avec l’autre vedette de l’époque, Jason Kidd, meneur phare de la décennie semble être prometteuse sur le papier mais la mayonnaise prend difficilement et les deux joueurs ne trouvent guère l’alchimie recherchée par leur entraîneur en chef, Lawrence Frank. L’équipe affiche même un bilan négatif de 36 victoires et 40 défaites à l’heure d’amorcer le sprint final. Sous la menace du Magic d’Orlando et des Pacers d’Indiana, la réception des Wizards, 6ème avec une victoire de plus, revêt alors un enjeu crucial.

    Les deux équipes se sont déjà affrontées à deux reprises cette saison, matchs que les Nets ont remporté à chaque fois dans la douleur. Parmi les performances individuelles marquantes, on retiendra du côté des Nets le classique triple-double de Jason Kidd lors de la première confrontation (il en claquera 12 durant la saison), rencontre au cours de laquelle Carter va particulièrement briller avec 34 points et 7 passes à son actif, pour une victoire 105 à 93 à l’extérieur.

    Plus tard dans la saison les Wizards vont de nouveau croiser la route des Nets victorieux une fois encore 113 à 101, avec 26 points et 6 passes de Carter et un Jason Kidd à 27 points et encore tout proche du triple-double. Pour leur troisième et avant dernière confrontation, le deal est simple pour les hommes de coach Frank : faire la passe de trois et un rapproché au classement pour s’assurer un bon spot à l’Est et mettre la pression sur leurs adversaires du soir.

    source : NBA.com

    Un match épique et une performance historique

    Au final la rencontre sera aussi âpre et serrée que les deux précédentes. Arrivés sans leur leader offensif, Gilbert Arenas, blessé au genou, et Caron Butler, les Wizards sont déterminés à creuser l’écart qui les sépare des Nets et éviter une fin de saison pénible alors qu’ils restent sur trois défaites de suite. La première mi-temps laissera l’équipe locale repartir aux vestiaires avec une avance d’un point seulement, mais déjà de très très grosses feuilles de match.

    Vince Carter est bouillant, inscrivant 27 points à 6 sur 11 derrière l’arc mais surtout les 17 premiers points de son équipe dans le 1er quart… Rien que ça ! De retour des vestiaires, la seconde mi-temps sera aussi disputée que la première, les deux équipes expédiant la rencontre en prolongation 104 partout. Côté Wizards le duo Antawn Jamison (37 points et 11 rebonds), Jarvis Hayes (29 points) pose de sérieux problèmes aux Nets qui répondent par l’intermédiaire d’un trio de joueurs particulièrement en feu ce soir.


    Deuxième rencontre en prolongation entre les deux équipes cette saison

    Richard Jefferson, lieutenant attitré du backcourt le plus en vogue du moment réalise l’une de ses meilleures partitions de la saison (il récidivera la semaine suivante en inscrivant 35 points face à ces même Wizards) offrant 22 points à 6 sur 8 depuis les 7m23 à la fin du temps réglementaire (27 points au final), Mikki Moore ajoutant 17 points avant de se faire sortir pour s’être mis dans la pénalité.

    Mais c’est bien le duo d’arrière des Nets qui explosent les compteurs sur la feuille de match. Jason Kidd, aka Mr. Triple Double, en est déjà à 7 points, 17 passes décisives et 14 rebonds, tout proche d’égaler ses meilleures performances de la saison. Vince Carter affiche quant à lui l’un de ses meilleurs matchs en carrière avec 42 points, 13 rebonds et 8 passes après quatre quart-temps et surtout 7 tentatives réussies à longue distance sur 13 tirs.

    Les Nets vont finalement avoir le dernier mot et s’imposer pour la troisième fois de la saison face à leurs adversaires (120 à 114), leur infligeant une quatrième défaite de rang. Kidd va finalement valide son triple-double, le 86ème de sa carrière, avec 10 points, 18 passes, 16 rebonds (mais 9 pertes de balles), tandis que Carter inscrira 46 points à 16 sur 28 aux tirs, validant lui aussi un triple-double (10 passes et 16 rebonds dont 4 offensifs !).

    Malheureusement pour les Nets, les playoffs 2007 tourneront court, éliminés au 2nd tour par les Cavaliers de LeBron James (4-2), Vince Carter perdra de son adresse et son efficacité en attaque, tandis que Jason Kidd compilera un triple-double de moyenne. Ce dernier prendra ensuite la poudre d’escampette en février 2008 pour rejoindre le Texas et les Dallas Mavericks, alors que les Nets vont louper les phases finales après une saison régulière gâchée par les blessures et les mauvais résultats.

    Cette performance inédite, au-delà du record de tirs primés réussis pour la franchise (17), place les deux arrières au panthéon des (rares) joueurs ayant combiné deux triple-double dans un même match et pour une même équipe, succédant ainsi à Michael Jordan et Scottie Pippen, dernier duo à avoir réaliser pareil performances face aux Los Angeles Lakers le 3 janvier 1989, rejoints depuis par LeBron James et Lonzo Ball en 2018, onze ans après.

    https://www.youtube.com/watch?v=UDJDRlGo-OE

    Liste des duo de joueurs qui ont complété deux triple-doubles dans une même rencontre

    Lakers vs. Hornets, Dec. 2018: LeBron James (24 points, 12 rebounds, 11 assists), Lonzo Ball (16 points, 10 rebounds, 10 assists). 
    Nets vs. Wizards, April 2007: Vince Carter (46 points, 16 rebounds, 10 assists), Jason Kidd (10 points, 16 rebounds, 18 assists).
    Clippers vs. Bulls, Jan. 1989: Michael Jordan (41 points, 10 rebounds, 11 assists), Scottie Pippen (15 points, 10 rebounds, 12 assists))
    Celtics vs. 76ers, March 1987: Larry Bird 17 points, 13 rebounds, 12 assists), Robert Parrish (14 points, 10 rebounds, 10 assists).
    Lakers vs. Pistons, Dec. 1982: Magic Johnson (26 points, 16 rebounds, 12 assists), Kareem Abdul-Jabbar 19 points, 10 rebounds, 10 blocks).
    SuperSonics vs. Rockets, March 1969: Lenny Wilkens (36 points, 14 rebounds, 14 assists), Art Harris (14 points, 10 rebounds, 10 assists).
    Pistons vs. Knicks. March 1964: Ray Scott (23 points, 20 rebounds, 11 assists), Donnie Butcher (19 points, 15 rebounds, 15 assists).
    Royals vs. Warriors, Jan. 1962: Oscar Robertson (28 points, 14 rebounds, 16 assists), Bucky Buckhorn (19 points, 10 rebounds, 12 assists)

  • Bilans de la saison  – SouthEast Division

    Bilans de la saison – SouthEast Division


    En ces temps de confinement, afin d’éviter de vous couper totalement de l’univers de la NBA, ClutchTime dresse un bilan de la saison 2019-2020, suspendue depuis le 11 mars. Dans l’attente de son retour prochainement, la rédaction vous propose de revivre les parcours des différentes équipes de la ligue, depuis fin octobre, en faisant le point sur chacune d’elle pour chaque division de la ligue.

    Troisième volet de notre série de bilans de la saison et quoi de mieux que la Division Southeast pour nous rappeler que l’été arrive, avec ou sans confinement, l’occasion pour nous de se pencher sur le parcours surprenant du Heat cette saison, tandis que son rival, le Magic d’Orlando n’a pas encore passé le cap tant attendu par ses supporters. Un peu plus en retraits, Wizards, Hornets et Hawks attendent patiemment leur heure, faisant de cette saison, une année de transition pour se rebâtir un roster à plus ou moins long terme.


    Miami Heat (41-24) – 4ème

    PPG (112.2) – 15ème / Opp PPG (108.9) – 11ème
    Offensive Rating (112.7) – 6ème / Defensive Rating (109.4) – 12ème

    Cinq majeur cette saison :
    G. Dragić (PG) – K. Nunn (SG) – J. Butler (SF) – D. Robinson (PF) – B. Adebayo (C)

    Après avoir tourné une page de son histoire avec la retraite de Dwyane Wade l’an passé, la saison 2019/2020 du Heat devait ouvrir un nouveau chapitre et organiser la succession de cette héritage doré laissé par le joueur. Tout bon dirigeant qu’il est, Pat Riley nous a encore prouvé qu’il avait plus d’un tour dans son sac en allant récupérer (ou débarrasser) Jimmy Butler aux 76ers, se séparant dans l’opération de deux cadres : Hassan Whiteside et Josh Richardson. Un trade qui pouvait sembler risquée dans un premier temps mais qui s’avère être bien venu pour le natif de Houston qui va assumer parfaitement son rôle de leader avec la franchise floridienne et comme mentor des jeunes troupes d’Erik Spoelstra. Annoncé comme un candidat sérieux et prometteur pour l’un des derniers spots en playoffs, le Heat a largement dépassé les attentes et est à ce jour la plus belle surprise de la saison à l’Est.

    Confortablement installée dans le wagon de tête, Miami a notamment réussi un départ canon en décrochant pas moins de 15 victoires lors des 20 premières rencontres de la saison, dont près de la moitié étaient à l’extérieur. Ce qui a plutôt bien fonctionné cette année pour les floridiens c’est la réussite offensive, parfois proche de l’excellence, à commencer par les plus jeunes. Et ils sont nombreux à s’être révélés très tôt comme de vraies plus-values. Kendrick Nunn, nouvelle trouvaille intelligente que le Heat a chipé à l’équipe de développement des Warriors, ou encore la sélection astucieuse du très talentueux et précoce Tyler Herro (13ème pick), Miami a su créer un environnement idoine à l’intégration de ses jeunes pépites, mais également à la progression de certaines. Bam Adebayo et Duncan Robinson en sont les preuves les plus marquantes, le premier étant devenu la véritable pierre angulaire du jeu floridien, honorant au passage sa première sélection au All-Star Game à 22 ans seulement (record de précocité pour la franchise), tandis que le second devenait le véritable artilleur timonier du navire floridien, s’offrant plusieurs records personnels à ce titre dont celui du plus grand nombre de tirs primés de la franchise.

    Et ce ne sont pas les absences (Justise Winslow, Dion Waiters), ou la mise sur le banc salutaire d’un Goran Dragić vieillissant, qui viendront noircir le tableau, ce dernier l’ayant accepté sans broncher devenant ainsi l’un des sixièmes hommes les plus efficaces de la ligue. Même si l’équipe a connu une mauvaise passe en février (sept défaites), clairsemée de pannes offensives et d’une défense encore loin d’avoir trouvé ses marques, le bilan global est très convaincant, à la fois sur le plan sportif (3ème meilleur bilan à domicile de la ligue), du jeu, rapide, tranchant et résolument tourné vers l’attaque ou encore la progression des jeunes et le leadership des plus anciens créant ainsi une entente singulière sur les parquets. Miami semble avoir un effectif très prometteur qui n’attend qu’à trouver de la stabilité et engranger de l’expérience afin de jouer les premiers rôles de la Conférence sur le long terme.

    La saison de Miami en quelques chiffres :
    . 1ère équipe avec le meilleur % de tirs à trois points réussis en moyenne (38.3%)
    . 30ème équipe à réaliser le plus de tentatives de tirs par match (84.4)
    . 2ème équipe à concéder le moins de rebonds cette saison (42.2)
    . Meilleur marqueur : Jimmy Butler (20.2 points par match à 45.4% FG)
    . Meilleur passeur : Jimmy Butler (6.1 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Bam Adebayo (10.5 rebonds par match)

    Orlando Magic (30-35) – 8ème

    PPG (106.4) – 27ème / Opp PPG (107.3) – 4ème
    Offensive Rating (108) – 24ème / Defensive Rating (109) – 9ème

    Cinq majeur cette saison :
    M. Fultz (PG) – E. Fournier (SG) – T. Ross (SF) – A. Gordon (PF) – N. Vučević (C)

    Avec des objectifs encore très mesurés, Orlando ne partait pas sans repère cette saison. 7ème l’an dernier, les floridiens avaient réussi leur pari en se qualifiant pour les phases finales, s’installant désormais comme un contender sérieux à l’Est. Les dirigeants ont donc choisi de miser sur leurs pièces disponibles à coup de prolongations (Terence Ross, Nikola Vučević, Michael-Carter Williams, Khem Birch), limitant ainsi leur marché sur la Free-Agency. Cette nouvelle saison devait servir d’encrage à un groupe encore en construction et en quête de repères mais qui parvient à engranger de bons résultats et une certaine continuité, à commencer par une qualification pour les playoffs en avril en prenant soin d’éviter le sweep face à la ou les équipes les plus injouables dès le 1er tour. La progression du groupe passait évidemment par la progression d’un certains nombre de joueurs, à commencer par celle d’Aaron Gordon, grand espoir de la franchise, qui a connu une saison 2018-2019 mitigée, ou encore du pari Markelle Fultz, arrivé en provenance de Philadelphie ainsi que les plus jeunes éléments comme Jonathan Isaac, Wesley Iwundu et Mohamed Bamba.

    On reste finalement sur notre faim. Ni trop bas, ni trop haut, le bilan du Magic est loin d’être en progrès, ce qui semble décevoir plusieurs fans de la franchise, remettant en cause le bien-fondé des prolongations de certains joueurs cet été et des éventuelles prolongations à venir. Même si l’objectif des playoffs est (partiellement) atteint, les satisfactions sont moindres. L’équipe peine à enchaîner les victoires et a connu plusieurs passages compliqués cette année comme en témoigne leurs 11 défaites sur leurs vingt premiers matchs de SR, ainsi que leurs dix défaites sur les quinze rencontres qui ont précédé le All-Star break. Plusieurs absences notables (Vučević en novembre, Augustin et Isaac en janvier puis Fournier) ont handicapé un roster déjà fragile offensivement, ce qui a eu pour conséquence un mano à mano permanent avec les Nets, empêchant les floridiens de nourrir plus d’ambitions cette saison et de développer tardivement son jeu d’attaque, même si depuis le mois de février l’équipe enchaîne les rencontres à plus de 100 points.

    Plusieurs motifs de satisfactions sont à noter tout de même, à commencer par la défense. Steve Clifford est passé maître dans cet art de plus en plus secondaire à l’heure du jeu rapide en transition et des faibles temps de possession. Les joueurs d’Orlando savent jouer comme un seul bloc lorsqu’il s’agit de verrouiller le périmètre et de venir aider les copains sur des prises à deux ou de mettre une bonne pression défensive en bouchant la raquette. Malgré une infirmerie qui n’a pas désempli, plusieurs joueurs ont montré des signes de progression en attaque à commencer par notre français Evan Fournier, qui réalise sa meilleure saison en carrière et qui a su endosser le rôle de chef de file en novembre, affichant 24 points de moyenne lorsque le monténégrin Vučević était absent. À ses côtés, le jeune Fultz s’est imposé comme un titulaire précieux à la mène en l’absence du vétéran Augustin, créant une complicité avec Fournier et confirmant peu à peu certains espoirs placés en lui depuis sa draft en 2017 (1st pick). En dépit d’une saison globalement en dessous des attentes, Aaron Gordon a su, au mois de février notamment, devenir par intermittence le game changer de son équipe, sans apporter néanmoins des garanties solides sur la durée ce qui pourrait inciter les dirigeants à revoir l’orientation sportive de la franchise dans les années à venir.

    La saison de Orlando en quelques chiffres :
    . 4ème équipe à réaliser le plus de contres par match (5.7)
    . 2ème équipe à commettre le moins de perte de balle par match (12.6)
    . 1ère équipe à commettre le moins de fautes en match (17.6)
    . Meilleur marqueur : Nikola Vučević (19.5 points par match à 47% FG)
    . Meilleur passeur : Markelle Fultz (5.2 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Nikola Vučević (11 rebonds par match)

    Washington Wizards (24-40) – 9ème

    PPG (115.6) – 6ème / Opp PPG (119.7) – 29ème
    Offensive Rating (111.9) – 12ème / Defensive Rating (115.8) – 30ème

    Cinq majeur cette saison saison :
    I. Smith (PG) – B. Beal (SG) – T. Brown Jr. (SF) – D. Bertāns (PF) – T. Bryant (C)

    Washington semble être dans l’impasse depuis plus d’un an. Après la très grave blessure au talon d’Achille de John Wall, et les complications qu’elles ont engendrées, les Wizards s’en remettent depuis au (seul) talent de son arrière, Bradley Beal, dernier espoir d’une équipe qui se bat désormais pour éviter de flirter avec le bas de tableau. Voilà un peu le topo pour l’équipe du District de Columbia dont l’objectif est d’éviter la déconfiture. L’équipe dispose de peu d’espoir cette saison et souhaite miser sur ses choix à la draft et les nombreux mouvements effectués cet été, parmi lesquels la prolongation de leur fragile intérieur Thomas Bryant qui récupère la place de Dwight Howard, l’arrivée du letton Dāvis Bertāns et de plusieurs role players (Isaac Bonga, Moritz Wagner, Ish Smith ou encore Admiral Schofield). L’arrivée la plus marquante reste néanmoins celle de Isaiah Thomas, meneur en perdition depuis son départ de Boston, incitant les dirigeants Wizards à tenter le pari en attendant le retour de Wall.

    Même si la saison de IT est raté, le joueur ayant été coupé après seulement 40 rencontres , pour le coup, on ne s’ennuie pas avec les Wizards cette saison. Leur jeu très orienté vers l’attaque, à la façon d’un run & gun, en font l’une des équipes les plus offensives de la ligue et offre aux spectateurs du spectacle et des envolés hallucinantes au scoring comme face à Houston en octobre (défaite 158 à 159 sans prolongation). Parmi les joueurs qui en profitent le plus, Bradley Beal, véritable bouillotte offensive qui explose ses stats persos au scoring cette année, soir après soir, endossant une fois encore le statut de sauveur opportun. Une dépendance évidente qui n’empêche pas certaines progressions aussi inattendues qu’encourageantes. Bertāns, Troy Brown Jr. et Mo Wagner en sortie de banc ou encore Ish Smith à la mène et le jeune Rui Hachimura sont autant de satisfactions et/ou de promesses qui se sont rapidement fait une place dans le groupe de Scott Brooks.

    Comme l’an dernier, le jeu défensif catastrophique cette saison est, et reste une fois encore aux oubliettes. Malgré les bonnes intentions et l’excès de zèle chez les jeunes Hachimura et Bonga ou encore des profils plus défensifs comme le vétéran français Ian Mahinmi ou la dernière recrue printanière Shabazz Napier, le chantier dans ce secteur est colossal pour les Wizards. Personne ne sait vraiment si Scott Brooks peut résoudre ce problème même avec un effectif de nouveau au complet. Loin d’être sa préoccupation première, le coach des Wizards semble plus concerné par sa position en sursis et ne pas se mettre les joueurs à dos, expliquant en partie ce fouillis généralisé qui ne durera pas éternellement si tôt que les dirigeants prendront la décision de se séparer par la force des choses de leur arrière All-Star lorsque ce dernier ne souhaitera plus jouer le cache-misère de service de l’équipe et que les Wizards auront décidé de tourner la page John Wall.

    La saison de Washington en quelques chiffres :
    . 3ème équipe à provoquer le plus de pertes de balles adverse par match (16.3)
    . 30ème équipe à prendre le plus de rebonds (41.7)
    . 3ème équipe avec le meilleur % de tirs à trois points réussis en moyenne (37.2%)
    . Meilleur marqueur : Bradley Beal (30.5 points par match à 45.5% FG)
    . Meilleur passeur : Bradley Beal (6.1 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Thomas Bryant (6.8 rebonds par match)

    Charlotte Hornets (23-42) – 10ème

    PPG (102.9) – 30ème / Opp PPG (109.6) – 12ème
    Offensive Rating (106.3) – 29ème / Defensive Rating (113.3) – 24ème

    Cinq majeur cette saison :
    D. Graham (PG) – T. Rozier (SG) – M. Bridges (SF) – PJ Washington (PF) – C. Zeller (C)

    Passée en mode reconstruction cet été, Charlotte allait tout miser cette saison sur la progression de ses jeunes tout en dégraissant un maximum les rangs de ses anciens, aux contrats devenus encombrants pour les finances des Hornets. Avec le départ de Kemba Walker pour Boston (en récupérant tout de même Terry Rozier dans l’opération) et la retraite de Tony Parker au sortir d’une saison quelconque, la franchise de Caroline du Nord veut construire un noyau dur de jeunes joueurs, pas forcément les plus exceptionnels de leur cuvée, afin de passer rapidement à autre chose en attendant de pouvoir dégraisser les rangs. James Borrego et Mitch Kupchak appellent à la patience et n’espèrent rien de cette saison sauf malentendu ou coup du sort opportun. En décidant d’opter pour la reconstruction et aux vues des mouvements de l’été, les Hornets ont une direction assez évidente et vont avant tout chercher à faire progresser ce groupe alors que l’équipe est annoncée en queue de peloton à l’Est.

    Mais Charlotte a de la ressource et nous a sorti plusieurs belles surprises de son chapeau cette saison, au point même que les Hornets bataillaient encore pour la huitième place juste avant Noël. Parmi ces surprises, la saison de Devonte’ Graham fut sans nul doute la plus inattendue. Le nouveau meneur titulaire est devenu un candidat crédible au titre de la meilleure progression de l’année, même s’il a connu des passages à vide en février. L’arrière a su faire ses preuves au même titre que Terry Rozier, décalé à l’arrière, qui semble s’épanouir dans son nouveau rôle majeur au même titre que Miles Bridges et PJ Washington ou encore Malik Monk dans celui du sixième homme. Même les seconds couteaux se sont révélés devenir des éléments bien venus, au point qu’on puisse en imaginer certains comme de solides garanties pour la saison prochaine à l’image des frères Martin (Cody et Caleb) ou encore du fragile espagnol Willy Hernangómez. On ne parle pas encore de talents du calibre d’un Kemba Walker, mais les promesses sont là, reste désormais à la franchise de tout mettre en œuvre pour ne pas gâcher son vivier.

    Finalement la saison reste une réussite même si dans le jeu, beaucoup de travail reste à accomplir. Offensivement l’équipe est très loin de faire le poids et d’avoir suffisamment de joueurs réguliers pour envisager un meilleur bilan et très vite Le fait d’avoir réussi néanmoins à retrouver en si peu de temps une base aussi solide, en disposant notamment d’un effectif plutôt complet sur les rotations, Charlotte a pu se concentrer plus sérieusement sur ses problématiques de masse salariale, en se séparant d’abord des contrats de Marvin Williams et Michael Kidd-Gilchrist en février, en attendant de pouvoir se délester de ceux de Bismack Biyombo et Nicolas Batum, devenus de sérieux poids morts pour l’équipe et les finances de la franchise. Arrivé en 2015, le français vit une saison transparente, indigne de son statut et de son expérience, sans avoir jouer la moindre minute depuis le 24 janvier dernier et le match à Paris face aux Bucks.

    La saison de Charlotte en quelques chiffres :
    . 1ère équipe à concéder le moins de lancers francs par match (18.4)
    . 3ème équipe à prendre le plus de rebonds offensifs par match (11)
    . 3ème équipe à commettre le moins de fautes par match (18.8)
    . 30ème équipe avec le meilleur % de tirs réussis en moyenne (43.4%)
    . Meilleur marqueur : Devonte’ Graham (18.2 points par match à 38.2% FG)
    . Meilleur passeur : Devonte’ Graham (7.5 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Cody Zeller (7.1 rebonds par match)

    Atlanta Hawks (20-47) – 14ème

    PPG (111.8) – 16ème / Opp PPG (119.7) – 30ème
    Offensive Rating (107.2) – 26ème / Defensive Rating (114.8) – 28ème

    Cinq majeur cette saison :
    T. Young (PG) – K. Huerter (SG) – C. Reddish (SF) – D. Hunter (PF) – J. Collins (C)

    Les Hawks poursuivent leur lente reconstruction et la saison 2019/2020 ne fera pas exception. Même si la franchise de l’état de Georgie peut sûrement viser un 8ème spot dans une Conférence Est à deux vitesses, l’équipe est encore inexpérimentée et sans de solides repères dans le jeu pour prétendre à beaucoup mieux. On aperçoit tout de même un futur axe 1-5 ou 1-4 entre Trae Young et John Collins, selon comment ce dernier est utilisé, qui renferme des possibilités assez folles, offrant à Atlanta une perspective prometteuse à long terme. En ajoutant des profils expérimentés, dont quelques vétérans, Lloyd Pierce va devoir trouver la bonne formule pour faire passer un cap à Atlanta et à ses jeunes faucons, espérant ainsi dépasser le plafond des 30 victoires, palier symbolique que les Hawks n’ont plus atteint depuis la saison 2016-2017.

    Pour le bilan de victoire, Atlanta devra certainement patienter une saison de plus. Au rang des satisfactions, sur le plan individuel, Trae Young a particulièrement crevé l’écran cette année, s’offrant par la force du talent une première sélection au match des étoiles en février. Méritée tant le meneur s’est montré chaud comme la braise en attaque, mais nettement moins en défense. La suspension pour violation des règles sur le dopage de Collins en début d’exercice a forcé le coach à revoir très vite ses plans, alors que ses profils les plus expérimentés comme Alex Len, Allen Crabbe ou encore Evan Turner (Vince Carter est exempté pour ma part) n’ont pas su se montrer à leur avantage et décisif, l’obligeant à mettre les plus jeunes dans le grand bain avec une réussite lente et timide mais qui semble porter ses fruits. De’Andre Hunter s’est rapidement montré à l’aise sur l’aile, faisant peu à peu de l’ombre à la recrue Jabari Parker, désormais joueur des Kings. Pour sa deuxième saison, Kevin Huerter s’est également mué en shooteur fiable à l’arrière, ce qui a pris plus de temps pour Cam Reddish qui a eu la lourde charge de remplacer au pied levé Parker à un poste 4 pas toujours évident. Le retour de Collins à Noël a d’ailleurs fait beaucoup de bien à l’équipe qui affichait 24 défaites sur les trente premières rencontres de saison régulière.

    Parce qu’effectivement à Atlanta, la saison avait démarré de la pire des manières pour les troupes de Pierce. Les attentes et les objectifs intermédiaires sont loin d’avoir été remplis jusqu’au All-Star break, et l’absence de Collins a considérablement affaibli le secteur intérieur des Hawks qui se sont pressés de recruter Dewayne Dedmon, avant d’avoir vu débarquer Clint Capela en février. Défensivement le jeu d’Atlanta ressemble plus à des portes ouvertes permanentes pour les adversaires, ce qui s’explique en partie par l’absence de travail et de skills en défense chez certains éléments, Young le premier, risquant de compliquer la tâche du staff dans les mois à venir si l’équipe compte viser les playoffs un jour. Pourtant des profils physiques ne manquent pas à l’appel (Bruno Fernando, DeAndre’ Bembry, Dedmon ou Damian Jones), pouvant être utilisés d’une façon intelligente en défense pour ne serait-ce qu’avoir une raquette un peu plus hermétique. L’apport de Capela, grand contreur-rebondeur devrait permettre à Atlanta de se doter enfin d’une identité défensive correcte, et de faciliter le jeu et les la progression de certains joueurs.

    La saison de Atlanta en quelques chiffres :
    . 13ème équipe à réaliser le plus d’interceptions (7.8) et de contres (5.1) par match
    . 30ème équipe avec le meilleur % de tirs à trois points réussis en moyenne (33.3%)
    . 29ème équipe à concéder le plus de rebonds offensifs par match (11.2)
    . 30ème équipe à concéder le plus de contres par match (6.4)
    . Meilleur marqueur : Trae Young (29.6 points par match à 43.7% FG)
    . Meilleur passeur : Trae Young (9.3 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : John Collins (10.1 rebonds par match)
  • NBA Rewind #7 : Kobe vs Arenas, Saison 2006-2007, récit d’un duel d’anthologie

    NBA Rewind #7 : Kobe vs Arenas, Saison 2006-2007, récit d’un duel d’anthologie

    À la manière d’une cassette vidéo ou audio, Clutch Time rembobine l’histoire de la balle orange et vous replonge dans les moments les plus marquants de ce sport, d’hier à aujourd’hui.

    Cette semaine, notre escapade temporelle nous ramène en décembre 2006 et un soir de match entre les Los Angeles Lakers de Kobe Bryant et les Washington Wizards de Gilbert Arenas, rencontre durant laquelle les deux franchise players vont tutoyer les sommets, célébrant les fêtes de Noël avec une semaine d’avance.

    L’agent Zéro face au Black Mamba

    Les Lakers, entre déclin et reconstruction

    L’époque où le Shaq’ et Kobe roulaient sur la ligue est révolue. Le MVP de la saison 1999-2000 a quitté le navire californien en 2004 après une énième brouille avec le Black Mamba. Du coup l’arrière Laker est désormais seul aux commandes d’une franchise en pleine reconstruction et qui peine à retrouver des résultats convaincants. Le passage de Rudy Tomjanovich fut assez chaotique sur le plan sportif. Avec un effectif vieillissant après quatre finales NBA au début des années 2000, la franchise de Jerry Buss tente de se reconstruire en se séparant de ses dinosaures (Malone, Payton, Grant et Russell) et en misant sur une nouvelle garde pour entourer son joyau.

    Pourtant le casting est loin de faire rêver. Les Lakers vont certes récupérer des éléments dans le trade du Shaq’ avec Miami, mais des profils très loin de satisfaire le zen Master, Phil Jackson, qui quittera ses fonctions en 2004. Côté draft me diriez-vous ? Rien de bien folichon non plus entre 2003 et 2006. En sélectionnant Luke Walton, Brian Cook, Sasha Vujačić, Ronny Turiaf, Andrew Bynum ou encore Jordan Farmar et en ajoutant les signatures du vétéran Vlade Divac, Smush Parker, Kwame Brown, Aaron McKie et Vladimir Radmanović, les Lakers post-threepeat font désormais plus sourire que rêver.

    Les Wizards, un retour au sommet

    Passé le jubilé de Michael Jordan entre 2001 et 2003, les Wizards se sont depuis bâtis une nouvelle image à l’Est. Ernie Grunfeld a décidé de miser sur le joueur ayant connu la meilleure progression de l’année 2003, Gilbert Arenas. Autour de l’Agent Zéro, Eddie Jordan va se séparer de Jerry Stackhouse, Kwame Brown et Larry Hughes pour construire un effectif plus ambitieux avec Antawn Jamison, Caron Butler ou encore Brendan Haywood. Résultat la franchise du capitole va progressivement retrouver des couleurs, de la 13ème place en 2004 à la cinquième place lors des deux exercices suivants.

    Logo des Washington Wizards de 1997 à 2007

    Un revirement sportif bien venu pour lequel l’ancien joueur des Warriors a énormément contribué, en témoigne ses performances et son rendement offensif. En passant d’un peu plus de 19 points par match lors de sa première année à Washington à plus de 29 points en 2006 sur toute la saison régulière, le meneur de jeu est incontestablement le facteur X de la renaissance des Wizards. En playoffs, Arenas culmine même à 34 points inscrits lors de la campagne 2006 mais se heurte successivement au Heat de Wade puis les Cavs de LeBron au cours des deux premières campagnes des Wizards.

    Le contexte du match

    Pour l’exercice 2006-2007, Washington et Los Angeles connaissent des débuts bien différents. Les Lakers ont démarré la saison avec seize victoires pour seulement sept défaites, soit le meilleur démarrage de la franchise depuis la saison 2003-04. De son côté Gilbert Arenas brille mais gagne très peu de matchs avec les Wizards notamment après un mois de novembre épouvantable (seulement cinq succès en quatorze rencontres). À la mi-décembre, la balance penche donc en faveur des Lakers qui semblent plus en réussite et mieux partis dans la saison régulière, même si les Wizards retrouvent des sensations et une dynamique de victoire.

    La rivalité entre les Wizards et Kobe

    Alors certes ici on ne parle pas de rivalité au sens historique et sportif du terme mais plus d’une rivalité anecdotique bien que toutefois intéressante, entre le Black Mamba et Washington. Il faut remonter en 2003, à l’époque His Airness vient de faire son dernier come-back en NBA dans un rôle de joueur-entraîneur-dirigeant aux Wizards. Le sextuple champion vient de croiser à deux reprises la route du jeune Kobe pour qui Jordan est un modèle sportif, les Lakers remportants les deux premières confrontations. Mais lors de leur dernier face-à-face, Washington l’emporta d’un point à domicile (100-99) et Michael Jordan usera d’un dernier trashtalk avec le joueur de 24 ans qu’on présente comme son plus proche successeur :

    Tu auras beau mettre des Jordan à tes pieds, tu ne pourras jamais marcher dans mes pas

    Basket USA

    Une punchline qui va piquer au vif l’arrière des Lakers qui ruminera pendant plusieurs jours les propos de son idole et qui prendra un malin plaisir à lui coller 55 points dans la vue lors de leur dernier duel (victoire 108-94). Tel un psychopathe, Kobe inscrira près de trente points par match face aux Wizards les saisons suivantes se heurtant souvent néanmoins à l’Agent Zéro.

    Papy Jordan fait dans les douceurs

    Une soirée mémorable

    En cette soirée du 17 décembre, les Lakers reçoivent Washington pour leur premier duel de la saison. Au moment d’entamer un road-trip d’une semaine, les Wizards arrivent avec le plein de confiance après deux victoires face à Denver et le Heat, tandis que les angeliños sortent de dernières rencontres éprouvantes avec une double prolongation face à Houston. Les protagonistes avancent en ordre dispersé, les coéquipiers de Arenas sont encore en rodage, notamment avec leur adresse, et bien que Washington fasse partie des meilleures attaques, la défense n’est pas vraiment au coeur des préoccupations d’Eddie Jordan. Mais les titulaires et les second-units répondent présents.

    Pour les Lakers c’est une toute autre affaire. Privés de leur deuxième solution en attaque, Lamar Odom, Kobe Bryant doit sortir la démultiplié avec de gros cartons offensifs, en témoigne les 53 points claqués face aux Rockets. Seul joueur donnant l’impression d’être à la hauteur depuis le début de la saison, le No. 24 doit notamment composer avec le n°1 de draft 2001, Kwame Brown, Smush Parker ou encore de Luke Walton, des joueurs très loin des standards à leur poste respectif à l’époque.

    Duel de pyromanes

    Washington prend les devants

    Le premier quart-temps tourne rapidement à l’avantage des visiteurs et du duo Arenas – Jamison qui en fait voir de toute les couleurs à un Kobe muselé en attaque et des Lakers maladroits d’entrée de jeu. Gilbert Arenas passe un premier quart-temps plutôt en réussite, enchaînant les relances rapides et les pénétrations en tête de raquette, sans inquiéter les défenseurs adverses. Son entente avec Antawn Jamison est également une des clés du premier quart-temps des Wizards. Malgré trois tentatives manquées derrière l’arc, Arenas régale par ses fulgurances et vient déjà d’inscrire quasiment la moitié des points de son équipe (26-20). Côté Lakers c’est l’ailier Vladimir Radmanović qui caracole avec déjà dix points.

    La réponse de Kobe ne se fait pas attendre dès le début du deuxième quart-temps, avec deux tirs primés consécutifs. Plus adroit et altruiste, Bryant score 14 de ses 16 pions à la mi-temps dans ce quart-temps, tandis que Gilbert Arenas dévisse de loin (0/4) mais provoque des fautes adverses. Malgré tout, les Lakers sont encore derrière, incapables de tenir Jamison et les remplaçants. La marque se répartit entre Caron Butler, Brendan Haywood, Antonio Daniels et Roger Mason alors que l’écart au tableau d’affichage grandit (59-49). À la mi-temps Arenas et Jamison pointe à 17 points chacun contre 16 points pour Kobe et 15 pour Radmanović pour les hôtes.

    Le début de la seconde mi-temps démarre comme le deuxième quart-temps, Kobe est dans un grand soir avec son adresse et score les premiers paniers de son équipe. Déchaîné à trois points (4/7), le snake ne fait pas encore la différence dans ce quart-temps malgré sa réussite (16 points), la faute à un Gilbert Arenas qui réagi dans les dernières minutes avec des fautes provoquées et un tir clutch à 30 secondes du buzzer. Arenas ajoute 12 unités à son compteur et règle la mire (29 points), secondé par Jamison (6 points) et DeShawn Stevenson (7 points) et sur un statu quo (31-31), les Wizards semblent tenir le match par le bon bout, tenants tête à un Kobe déchaîné depuis vingt minutes (32 points à 7/10 à 3pts).

    Le sursaut des Lakers

    Ce dernier quart-temps sonne comme une dernière chance pour les hommes de Phil Jackson. Kobe sur le banc pendant plusieurs minutes, les Wizards vont prendre jusqu’à dix-sept points d’avance jusqu’à deux trois points successifs de Farmar et Walton avant un temps-mort demandé par Eddie Jordan. Gilbert Arenas devient inarrêtable et démarre sur les chapeaux de roues ce quart-temps avec neuf points en quatre minutes. De retour sur le parquet, Kobe mettra pourtant plusieurs minutes avant d’inscrire un panier. Chargé de défendre sur Arenas, Kobe prend son job avec sérieux. Même si le meneur semble indéfendable ce soir, Washington verra à tour de rôle Kobe, Radmanović, Bynum et surtout Farmar revenir au score.

    Après une passe de Kobe pour Walton (la septième de la soirée), revoilà les Lakers à -4 avec moins de 45 secondes au tableau d’affichage dans le money-time. Arenas est toujours intenable et en inscrivant ses 43 et 44ème points sur lancers-francs, Washington est toujours devant (125-120). Mais c’est mal connaître le Black Mamba qui va lui répondre d’un lay-up avec la faute en prime. Nouveau temps-morts des Wizards, Gilbert Arenas peut hériter du ballon pour la gagne mais bien isolé en défense, le cuir tombe dans les mains de Stevenson sur qui Kobe se jette en défense et provoque la faute. L’arrière ne rentre qu’un lancer sur deux et les Lakers hérite d’une possession pour égaliser. Étonnement altruiste, Kobe remonte le terrain, pris à deux en défense, il transmet le ballon à Brian Cook qui feinte Arenas et envoi un tir primé pour égaliser à 126 partout. Une dernière possession et un tir manqué par Arenas envoi les deux équipes en prolongations.

    La lumière divine

    Malgré un tir de la victoire au bout des doigts raté, Gilbert Arenas ne baisse pas pavillon. Touché par la grâce, le meneur all-star va justifier son statut en achevant les californiens. D’un splendide tir à trois point sur la tête d’un Kobe dépassé, Gilbert enchaîne par un lancer qui porte le compteur à 50 points, record en carrière pour l’Agent Zéro. On en reste là ? Pas moyen !
    Après un tir primé de Sasha Vujačić, Arenas remet le couvert et enfonce les Lakers avec deux lay-ups et la faute en prime. Un nouveau tir primé et deux lancers plus tard, Arenas rend une copie FA-BU-LEU-SE avec 60 points, 8 rebonds et 8 passes pour trois pertes de balle. Avec une prolongation menée d’une main de maître, Gilbert Arenas restera dans les annales comme le premier joueur depuis Wilt Chamberlain à avoir inscrit 60 points aux Lakers depuis plus de quarante ans et effaçant des tablettes le record de sa franchise de Earl Monroe (54 points).

    Les Wizards s’imposent au final 147 à 141 face à des Lakers incapables de contenir l’incendie Arenas qui inscrira 16 points en prolongation, dont 14 consécutifs, devenant le meilleur marqueur de l’histoire sur une prolongation (jusqu’à Stephen Curry en 2017) et provoquant un nombre de fautes hallucinant (21/27 aux LF). Bryant qui n’inscrira que quatre points en prolongation doit s’incliner mais terminera tout de même avec une belle feuille de match (45pts, 10 ast, 8 rbd). Au-delà de ce duel épique entre deux des meilleurs joueurs offensifs de l’époque, Gilbert Arenas a pu également compter sur ses partenaires au rendez-vous, de Caron Butler (27 points, 5 passes) à Antawn Jamison (25 points, 13 rebonds) et DeShawn Stevenson (15 points).

    Les retrouvailles en mars 2007 entre les deux stars tournera cette fois en faveur du Laker (118 – 102) malgré un nouveau duel explosif (39 points pour Kobe et 37 pour Arenas), un mois seulement avant la grave blessure de l’Agent Zéro qui plongera le joueur dans une lente et douloureuse déchéance financière et sportive jusqu’à quitter la NBA en 2012 pour partir évoluer en Chine, aux Shanghai Sharks et terminer sa carrière de basketteur professionnel à seulement trente et un ans.