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  • NBA Rewind #5 : Finales NBA 1988, où comment les « Bad Boys » de Detroit sont passés si proche de leur premier sacre

    NBA Rewind #5 : Finales NBA 1988, où comment les « Bad Boys » de Detroit sont passés si proche de leur premier sacre

    Chaque semaine Clutch Time vous propose de faire un bond dans le passé afin de revivre et vibrer au rythme d’un fait marquant qui restera dans les annales de la NBA.

    Cette semaine, on continue notre série en remontant le temps vers le printemps 1988. La saison NBA livre son verdict final, avec une affiche inédite pour les finales 88 entre nouveauté et classique, les « Bad Boys » de Detroit face aux Lakers « Showtime » de Magic Johnson. Favoris pour le titre, les hommes de Pat Riley sont cependant loin de s’imaginer que les Pistons vont faire trembler la franchise californienne.

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    Petites histoires entre l’Indiana et le Michigan

    Fort Wayne puis Detroit

    La ville de Détroit est principalement connu pour sa grande époque industrielle prospère depuis la fin du XIXème siècle, notamment dans l’automobile, ce qui lui vaut d’être au coeur de la « Rust Belt » au nord-est des États-Unis et le surnom de « Motor City ». C’est durant cette période faste que les Pistons de Fort Wayne, jusqu’en 1957, puis de Detroit voient le jour et écrivent les premiers haut-faits de la franchise avec plusieurs finales jouées sans gagner néanmoins le moindre titre. De la splendeur économique du début du siècle, il ne reste plus grand-chose à Motown à la fin des années 70. À l’image de la ville, les Pistons connaissent plusieurs saisons de disette entre 1963 et 1983 malgré la présence successive des futurs Hall of Famers Bailey Howell, Dave DeBusschere, Dave Bing et Bob Lanier.

    Il faut donc attendre le début des années 80, et la nomination du regretté Chuck Daly, pour voir les Pistons refaire surface et jouer à nouveau les premiers rôles à l’Est. À cette époque, l’entraîneur de la future Dream Team 92 débarque de l’Ohio pour prendre en main une équipe moribonde qui n’a plus obtenu un bilan équilibré depuis près de dix ans. Évincé par les Cavaliers au cours de l’exercice 1981-82, il n’arrive néanmoins qu’un an plus tard en 1983, rejoignant une jeune connaissance lors de son passage à Cleveland, un certain Bill Laimbeer. Le jeune pivot de l’université de Notre Dame sera la première pierre angulaire de son projet dans le Michigan, mais c’est pourtant un tout autre jeune joueur, drafté en 2nde position à la draft 1981, qui va briller au sein de l’effectif de Daly, un certain Isiah Thomas.

    Detroit retrouve des couleurs et les bons bilans offrent l’opportunité aux joueurs de Daly de participer à la post-season dès la saison 1983-84. Éliminés par les Knicks de Bernard King et Cartwright, les Pistons vont osciller durant trois ans entre la quatrième et la cinquième, ne parvenant jamais à passer le second tour des playoffs. Il faudra attendre l’année 1987 et une finale de conférence face aux Celtics de Larry Bird pour voir la ville de Détroit se forger une réputation de joueurs physiques, durs et son vice dans le jeu. Les « Bad Boys » de Détroit sont nés. Très vite leur réputation devient un étendard autour duquel, Bill Laimbeer et Isiah Thomas puis Joe Dumars, John Salley, Dennis Rodman, Rick Mahorn ou encore Vinnie Johnson vont se ranger.

    Des débuts prometteurs au devant de la scène

    Critiqués pour leurs comportements détestables et un style de jeu à la limite sur le plan défensif, les Pistons parviennent néanmoins à atteindre enfin une finale de conférence. C’est sur cette prouesse que Chuck Daly veut capitaliser en 1987-88. Avec un bilan de 54 victoires pour 28 défaites, Detroit s’offre le meilleur bilan de son histoire en saison régulière, échouant de peu à occuper la première place des Celtics. Fort d’un collectif huilé (sept joueurs en double digits) et emmené par son meneur I.Thomas (all-star), les Pistons peuvent se féliciter de terminer avec la 2nde meilleure défense et la 6ème attaque de la ligue. Elle est surtout devenue, l’équipe avec la plus forte affluence avec plus d’un million de spectateur venus assister aux matchs au Pontiac Silverdome pour la dernière saison de la franchise dans l’enceinte avant son déménagement vers le Palace d’Auburn Hills.

    Le parcours des Detroit Pistons durant les playoffs 1988

    Les Pistons héritent des Washington Bullets au 1er tour, dans un duel qui s’annonce largement à la portée des hommes de Daly. Pourtant, Detroit démarre fort avec deux succès consécutif (87-96), (101-102) mais se fait surprendre au match 3 (114-106). Autour des Malone (Jeff et Moses), les Bullets évitent un second sweep consécutif face à Détroit et égalise même au match 4 à domicile (103-106). Il faudra les efforts combinés en défense de Thomas (16pts, 11ast), Dumars (20pts) et Dantley (17pts) pour venir à bout de cette équipe (99-78) et en finir avec ce premier tour sans trop de casse.

    C’est aux Bulls de Michael Jordan qu’il revient de renverser cette équipe. Isiah Thomas & co. parviennent difficilement à contenir le jeune chicagoan qui envoi près de 28 points par match et offre même une victoire sur le parquet adverse avec 36 pions. L’attention des Pistons se porte alors sur les coéquipiers du numéro 23 qui ne tiendront pas la pression du second tour, laissant Jordan le plus souvent isolé et maltraité par la défense des Pistons. Plus solide défensivement qu’au tour précédent (87 points encaissés), Detroit s’appuie sur un collectif un ton au-dessus (cinq joueurs à dix points ou plus), Isiah Thomas en tête qui culmine à 20 points et 10 assist sur la série, et prendra le meilleur sur Jordan en cinq manches qui vient de se trouver un nouveau rival de taille après deux échecs successifs au 1er tour (en 86 et 87) face aux Celtics.

    Les finales de Conférence prennent alors un air de revanche pour Laimbeer & co qui retrouvent leur bourreau de l’année précédente, les Celtics de Bird – McHale – Ainge  – Parish. Malmenés au tour précédent par Atlanta, Boston se présente néanmoins avec de solides arguments dans le jeu et des joueurs au top (Bird et McHale culmine à 50 points) Fidèles à leur réputation, les numéros uns à l’Est savent hausser leur rendement et le niveau de jeu en postseason quand cela est nécessaire. Detroit est prévenu, n’ayant pas l’avantage du terrain, ils n’auront pas le droit à l’erreur. Ils remportent le premier match (104-96) grâce à un Isiah Thomas de feu (35 pions et 12 passes) et une défense qui a su maintenir Larry Bird à seulement 20 points et limiter le banc des Celtics à quatre petits points. Frustrés, Boston se réveille au match 2 et prend un match à Detroit (115-119) grâce à ses quatres fantastiques (Parish – Bird – Johnson – McHale) qui inscrit 90 points de la victoire.

    De retour au TD Garden, les Celtics sont bien partis pour réitérer le scénario de l’an passé, mais par excès de confiance, la troupe de K.C. Jones perdent l’avantage acquis sur le parquet des Pistons (94-98). Detroit évite l’élimination et malgré la défaite au match suivant (79-78), dans un match âpre défensivement, les Pistons gagnent en confiance et vont finir le travail aux match 5 (102-96) grâce à Thomas (35 points) puis au match 6 (95-90) malgré un K. McHale intenable (33pts, 11 rbd).

    Los Angeles, ses stars et ses projecteurs

    Los Angeles, cité des anges, du 7ème art, de Disneyland et des Lakers. La mythique franchise californienne peut se féliciter de sa réputation qui va bien au-delà de son sport et des frontières. Depuis son déménagement en 1960 (de Minneapolis), les dirigeants et représentants de la franchise ont tout fait pour placer les violets et or sous les spotlights et rayonner au sein de la ligue. Durant près de trente-ans (de 1960 à 1988), les Lakers participeront ni plus ni moins qu’à quinze finales, ponctuées par cinq titres de champions, soit le plus gros palmarès de la ligue après celui des Boston Celtics (16). Une réussite exceptionnelle incarnée par des joueurs plus brillants les uns que les autres. De Jerry West à Kareem Abdul-Jabbar, en passant par Wilt Chamberlain, Happy Hairston et James Worthy, le Forum d’Inglewood peut se targuer d’avoir abriter un très grand nombre de joueurs all-star sur plusieurs décennies, parmi lesquels un grand nombre de Hall of Famer.

    Dans les années 80, il y en a un néanmoins, originaire de l’Illinois (Lansang), qui se démarque du lot, « Magic » E. Johnson. Arrivé à l’aube des années 80 en Californie, le numéro un de la draft 1979 incarne plus que quiconque la réussite californienne durant près d’une décennie, remportant quatre titres NBA avec les Lakers et terminant 3x MVP des Finales et MVP de la saison régulière en 1987. C’est bien évidemment sur les parquets que Magic et ses coéquipiers vont s’illustrer, sous la houlette de Pat Riley, avec un style de jeu inédit qui soulève les foules et bouleverse les codes du basket, c’est la naissance du basket « Showtime ». Armé de ses mains en or et d’une vision de jeu unique, le polyvalent meneur de jeu distribue caviar sur caviar pour ses coéquipiers de l’époque avec une fulgurance et une facilité déconcertante pour les adversaires qui ont toutes les peines du monde à endiguer le jeu des Lakers.

    La saison d’après

    Auréolé de son premier titre de MVP de saison régulière et d’une quatrième bague de champion, Magic Johnson et les « Angeliños » abordent la saison 1987-88 avec l’ambition de conserver leur titre acquis quelques mois plus tôt. Avec une moyenne de près de 60 victoires par saison depuis l’arrivée du numéro 32, le bastion californien est incontestablement l’un des plus difficile à prendre à l’Ouest. La saison 87-88 sera une de plus un récital (62-20). Pat Riley devenu entre-temps le coach le plus victorieux de l’histoire de la franchise, a de sérieux arguments pour conforter l’idée que ses Lakers demeurent les grands favoris à leur propre succession. Derrière son carré magique Scott – Worthy – Johnson – Abdul-Jabbar , Los Angeles termine 2nd meilleure attaque et 9ème meilleure défense de la ligue et dispose d’une grosse marge de manœuvre à l’image du grand Kareem, du haut de ses 40 piges, qui tourne encore à près de 15 points et 6 rebonds par rencontre ou bien encore du repos accordé à Magic et Worthy à quelques matchs de la fin de la régulière.

    Le parcours des LA Lakers durant les playoffs 1988

    Pour Pat Riley il s’agit avant tout de ne pas tomber dans l’excès de confiance avec le risque de perdre dès les premières rencontres. Les Lakers se savent attendus dès le premier tour. Face aux Spurs d’Alvin Robertson, sous les ordres de Bob Weiss, l’opposition est clairement déséquilibrée. San Antonio, qui sort d’un bilan famélique de 31 victoires pour 51 défaites, subit en trois manches l’autorité californienne (110-122 ; 112-130 ; 109-107), un ton au-dessus comme le prouve les prestations pleines de maîtrise de Magic Johnson (21 points, 14 passes et 6 rebonds de moyenne) et de ses coéquipiers dont plus de la moitié finissent à dix points ou plus.

    Cap désormais sur le second tour et le Jazz d’Utah et de son duo mythique Malone-Stockton. La jeune franchise de Salt Lake City (création en 1974) est une habituée des playoffs depuis quelques temps mais n’a jusqu’alors jamais croisé la route des Lakers. Une première historique qui restera dans les mémoires pour les difficultés auxquelles les hommes de Riley furent confrontés. Malmenés par la défense mise en place par Franck Layden, Johnson et Worthy éprouvent de grandes difficultés dans le jeu néanmoins compensées par le duo Byron Scott (23 points) et Kareem Abdul-Jabbar (12 points, 7 rebonds, 2 contres). Les grands gabarits Malone (28 points, 11 rebonds), Eaton (9 points, 9 rebonds) et Bailey (20 points, 5 rebonds, 2 contres) permettent à Utah de remporter trois matchs (101-97 ; 96-89 ; 108-80), poussant les Lakers au septième match décisif, mais finissent par être éliminés 4 manches à 3 (défaite 109-98). Une série qui se termine tant bien que mal pour Los Angeles, malmenée, mais qui doit mettre en garde les troupes de Riley.

    Sur la dernière marche de la Conférence Ouest, Los Angeles retrouve les Dallas Mavericks, une vieille connaissance qui croise de nouveau la route des champions en titre (après 84 et 86). Contrairement à leur voisin de San Antonio, les Mavs vont livrer une prestation d’ensemble très convaincante, poussant les Lakers jusqu’au match 7, les coéquipiers de Magic Johnson seront incapables de remporter le moindre match à l’extérieur (94-106 ; 104-118 ; 105-103) ce qui aurait grandement faciliter la tâche. L’ailier Mark Aguirre (qui signera aux Pistons l’année suivante) brille durant la série avec près de 25 points, 6.5 rebonds et 3 passes par match. À ses côtés D. Harper (17pts, 7.5ast), R. Blackman (16pts, 5ast) et R. Tarpley (16pts, 13rbd) jouent les yeux dans les yeux chaque soir avec les troupes de Riley qui doit son salut au génie de Magic (19pts, 13ast) et au talent de scoreur de Worthy (23pts, 5rbd, 5ast). Les Lakers se sortent du piège tendu par J. MacLeod dans un match décisif (117-102) durant lequel, Worthy, Scott et Magic culmine à 74 points, Johnson approchant de peu le triple-double (24-9-11).

    Finales NBA 1988

    C’est une affiche pour le moins inattendue et inédite pour les finales 1988. Alors que tout le monde attendait un remake des finales 87 entre les ennemis jurés Celtics – Lakers, c’est bien les impopulaires Pistons de Détroit et le jeu toujours à la limite qui vont goûter pour la première fois de leur histoire au doux parfum des finales NBA. Les Lakers, tenants du titre, sont évidemment favoris pour la partie expérience et talents intrinsèques, mais les Pistons ont de sérieux arguments à faire valoir, à commencer par une solide défense, érigée comme un modèle depuis plusieurs semaines au gré de leur parcours en playoffs jusqu’à leur victoire face à Boston. Les « Bad Boys » de Daly ont gagné en expérience et en niveau de jeu depuis la saison précédente et nul doute que les hommes de Pat Riley vont souffrir entre leurs mains.

    Les Pistons ont joué un match de moins aux tours précédents, rien de rédhibitoire donc pour Los Angeles qui peut s’appuyer sur une équipe solide avec des automatismes. À l’image de son pivot Kareem Abdul-Jabbar qui tourne à près de 14 unités par match, les Lakers forts de plusieurs finales ponctuées par quatre titres (trois pour certains) disposent d’un avantage non-négligeable sur leurs adversaires qui restent novices., Magic (20 points, 12 passes) mène l’attaque « angelinos » en alimentant Worthy (21points) et Scott (19.5 points), dirigée d’une main de maître par coach Riley. Chuck Daly s’appuie quant à lui sur une équipe au jeu défensif et les talents de contre-attaquant d’Isiah Thomas (22 points, 9 passes, 3 interceptions) et Adrian Dantley. Par ailleurs Detroit peut se féliciter d’avoir remporté ses deux confrontations en saison régulière face aux Lakers (102-99) et (111-103).

    Game 1 & Game 2 au Forum (Inglewood)

    Le game 1 tient toute ses promesses, les Pistons décident comme à leur habitude de jouer avec une défense qui étouffe les Lakers qui apparaissent fatigués de leur confrontation face aux Mavs. Johnson (28pts, 8rbd, 10ast) et Scott (25pts, 6rbd) portent tant bien que mal la franchise californienne mais les Pistons prennent dès la fin de la 1ère mi-temps le leadership (57-40) derrière un Dantley monstreux à 34 points et 14 sur 16 aux tirs et un Thomas en mode distribution (19 points, 12 passes). Vinnie Johnson (16 points), jouera le rôle de 6ème homme en finissant le travail offrant ainsi la première manche aux Pistons 105-93.

    Une énorme surprise que les Lakers doivent impérativement rectifier au game 2 sous peine d’être déjà hors-course. Los Angeles se reprend et s’impose avec la manière 108-96 pour égaliser à un partout. Worthy (26pts, 10rbd, 6ast), Scott (24pts, 6rbd) et Magic, diminué par une blessure au tendon (23pts, 7rbd, 11ast) concassent la défense des Pistons en première mi-temps limitant les joueurs, champions de l’Est à moins de vingt unités chacun.

    Game 3 & Game 4 au Pontiac Silverdome

    Direction le Michigan et son Silverdome. Pat Riley a la mauvaise idée de surprendre Detroit sur ses terres d’entrée en reprenant l’avantage du terrain grâce à une deuxième victoire consécutive (99-86). Diminué par une forte fièvre, Magic exécute sa prestation à la perfection, combinant 18 points, 6 rebonds, 14 passes et 3 interceptions et remporter le match dans un duel avec Thomas (28 points, 7 rebonds, 9 passes) esseulé sur le plan offensif. Dans la continuité du game 2, James Worthy (24 points, 9 rebonds) et A.C. Green (21 points, 8 rebonds) sortent de la boîte pour crucifier Detroit dans le 3ème quart-temps (31-18).

    Detroit, touchée mais pas atteinte, se ressaisit au match suivant et à l’orgueil égalise dans la série à deux partout (111-86) avec la manière qui plus est. À l’initiative de son leader Bill Laimbeer, quelque chose se débloque alors dans le jeu des Pistons qui passent d’un jeu essentiellement défensif à une attaque exceptionnelle, forçant les Lakers à revoir leur stratégie, privés très tôt dans le match de son maestro, Magic (23 points, 6 passes), pour s’être mit dans la pénalité, les Lakers se retrouvent comme un poulet sans tête et se font broyer par des Pistons intenables, Dantley en tête, qui culmine à 27 unités et Thomas se fendant quasiment d’un triple-double (10pts, 9rbd, 12ast).

    Game 5

    Le match cinq s’annonce déjà comme décisif, dans une salle bouillante et en guise d’adieu, les Pistons sont tout proche de ramener leur premier titre avec une deuxième victoire de suite (104-94) devant près de 42 000 spectateurs et une hystérie collective. En jouant la carte de l’intimidation, les Lakers pensent avoir fait un break en inscrivant les premiers points du match grâce à un KAJ qui rajeunit (26 points, 6 rebonds) et un Magic Johnson en mode distributeur (15pts, 17ast, 6rbd), mais c’était sans compter sur l’opiniâtreté des « Bad Boys » qui ne se laissent pas marcher sur leurs platebandes. Dantley (25pts, 7rbd), Dumars (19pts), Laimbeer (8pts, 11rbds) et le sixième homme Johnson qui scorera 12 de ses 16 points en 1ère mi-temps, suivi de Thomas (15pts, 5rbd, 8ast), se relayent pour arracher l’avantage et mener 3-2 dans des finales aussi indécises que palpitantes. Les Pistons quittent leur arène sur une dernière victoire avant peut-être un premier sacre.

    Game 6

    Le game 6 restera indubitablement comme le plus marquant et controversé dans la rivalité Pistons-Lakers. Au bord du gouffre, les Lakers doivent impérativement se ressaisir une nouvelle fois pour rester en vie. Detroit ne l’entend pas de cette oreille et un homme va éclabousser la rencontre de toute sa classe. Isiah Thomas sort une prestation inoubliable avec pas moins de 43 points inscrits (ainsi que huit passes et six interceptions, rien que ça !) pour recoller petit à petit au score et mettre son équipe dans une position favorable dans le dernier quart temps pour remporter ce match 6 décisif. En scorant quatorze points consécutifs pour les Pistons dans le 3ème quart temps, Thomas et ses coéquipiers se sortent d’une situation compliquée, menés (56-48) pour revenir à 70-64. Avec moins de cinq minutes à jouer, Thomas se blesse maladroitement la cheville droite sur une bataille au rebond. Tel un guerrier des temps moderne, Isiah revient sur le parquet. Il termine avec 25 points sur le seul 3ème quart temps et permet aux Pistons de mener 81-79.

    Du début à la fin le quatrième quart temps sera serré. Blessé à la cheville, Isiah Thomas inscrit deux lancers supplémentaires à moins d’une minute de la fin offrant à son équipe une courte mais précieuse avance (100-99). De Dennis Rodman à Joe Dumars en passant par Laimbeer, les Pistons jouent le tout pour le tout avec audace ils maintiennent leur avantage jusqu’à une faute « fantôme » sifflée pour Abdul-Jabbar sur un contact avec Laimbeer. KAJ rentre ses deux lancers. Avec quatorze secondes à jouer, Los Angeles repasse devant (103-102) et Chuck Daly demande un temps mort pour préparer l’action de la gagne. Une dernière possession chahutée par la défense californienne qui récupère la gonfle après un sauvetage en équilibre de Byron Scott qui est violemment poussé en touche par Dennis Rodman. Avec deux nouveaux lancer-francs, les Lakers peuvent définitivement tuer le match. Scott manque ses deux lancers mais avec moins de deux secondes au tableau d’affichage, Detroit ne reviendra pas et s’incline 103 à 102.

    Game 7

    Les Pistons doivent impérativement effacer la frustration du game 6 et retrouver leur allant qui leur a permis d’atteindre ce stade en finale. La tâche s’annonce très compliqué, mais pas impossible car la franchise du Michigan joue quasiment sur le même pied d’égalité avec les Lakers depuis le début des finales. Dans un format 2-3-2, Los Angeles peut conclure à domicile ce match 7 qui s’annonce géant. Toujours gêné par sa cheville, le meneur boite pas mal lors des échauffements mais persiste à jouer (qui lui en voudrait). Inscrivant dix des 42 points de son équipe à la mi-temps, il est contraint de renoncer à terminer le match au retour des vestiaires, la douleur étant insupportable. Privés de leur leader, les Pistons s’en remettent une fois encore à leurs fondamentaux. Joe Dumars prend le relais de Thomas pour scorer 25 points (ainsi que cinq rebonds et quatre passes), secondé par A. Dantley (16pts) et le banc des Pistons (42 points, dont 17 pour le seul John Salley). Insuffisant cependant pour stopper les Lakers bien décidés à finir le boulot. Menés (90-75) à l’aube de la dernière manche, Detroit est malmené, notamment par les remplaçants Michael Cooper et Mychal Thompson (douze points chacun) qui sortent leurs perfs de l’année pile au bon moment.

    Mais les « Bad Boys » n’abdique jamais. Chuck Daly tente le pari d’aligner Rodman – Salley – Dumars et Johnson sur le parquet et prive ainsi les Los Angeles de solutions. Mangés dans les uns-contre-uns, les Lakers balbutient leur basket et se retrouvent une fois encore en grande souffrance, Salley concluant ainsi un énorme run des Pistons pour porter le score à 98-92 avec encore près de quatre minutes à jouer. Stupeur au Forum, les fans des Lakers s’inquiètent de ce come-back et à moins d’une minute trente secondes, Dumars, d’un jump shot et revient à deux petits points (102-100). Incroyable revirement de situation pour les Lakers et Magic (19pts, 14ast) qui peut néanmoins compter sur un James Worthy all-time, en triple-double (36pts, 16rbd, 10ast) et un Byron Scott à 21 points. Magic puis Byron Scott redonne un avantage de cinq points aux Lakers (105-100) suivi d’un rapproché immédiat d’un layup de Dumars suivi d’un trois points salvateurs de Laimbeer. Après deux nouveaux lancers de A.C. Green, Thomas, de nouveau sur le terrain, ne peut empêcher la victoire des Lakers, sur une tentative de passe désespérée récupérée par Los Angeles. L’horloge qui défile toujours, le parquet est rapidement envahi par les supporters et les finales 1988 s’arrêtent sur un nouveau succès des Lakers 108 à 105.

    La fin d’une époque et le début de quelque chose

    Le dénouement est cruel pour Detroit qui a bataillé jusqu’au bout des sept matchs et que personne ne voyait aller aussi loin et être aussi proche du titre. Plusieurs voix s’élevèrent néanmoins sur le contenu des deux dernières rencontres au Forum, à commencer par le match 6 qui fut pointé du doigt pour ses erreurs d’arbitrage et ses fautes sifflées, notamment celle de Laimbeer sur Abdul-Jabbar, qui ont très certainement coûté la victoire aux Pistons, les privant ainsi d’un premier titre. Le match décisif fut lui aussi au cœur de la tempête, au moment du buzzer final, la foule ayant déjà envahi le terrain, les arbitres n’auraient-ils pas dû évacuer le parquet le temps de siffler la fin du match en bonne et due forme ? Difficile cependant de trouver plus de circonstances atténuantes aux Pistons qui avaient déjà beaucoup donné depuis les matchs contre les Celtics, jusqu’à ce septième et ultime match en finale.

    Les Lakers furent, si ce n’est meilleurs, tout du moins à la hauteur de l’évènement, réalisant le fameux back-to-back, chose qui n’avait plus été réalisée depuis les Boston Celtics de Bill Russell à la fin des années soixante. James Worthy (22 points, 7.4 rebonds et 4.4 passes) fut sacré MVP des Finales pour l’ensemble de son œuvre, avec comme point d’orgue son incroyable triple-double au match 7. Magic (21 points, 5.7 rebonds et 13 passes de moyenne), Abdul-Jabbar et Cooper remportèrent leur cinquième titre avec les Lakers en à peine dix ans, installant un peu plus la dynastie « Showtime » au panthéon des plus grandes équipes du sport américain. Le pivot aux six bagues se rapprochera un peu plus de la retraite avant de définitivement mettre un terme à une carrière exceptionnelle en 1989, deux ans avant l’annonce de la séropositivité de Magic Johnson qui mettra un terme à sa carrière pendant un moment.

    Les Pistons n’ont pas démérité à l’image de son meneur de jeu, Isiah Thomas, qui se força à jouer malgré une cheville endolorie et termina avec près de 20 points, 10 passes et 3 interceptions par match. Detroit prendra dès la saison suivante une éclatante revanche sur Los Angeles et Pat Riley en sweapant en finale des Lakers en bout de cycle, effaçant un peu plus le traumatisme des finales de 1988. Toutefois l’histoire retiendra que durant le mois de juin de cette année, les Pistons auraient pu inverser le court des évènements en remportant le titre un an plus tôt, ouvrant ainsi la possibilité d’un triplé historique entre 1988 et 1990 au grand dam des fans des « Bad Boys » de Detroit. Néanmoins Detroit ne parvint pas à se maintenir dans la course durant les années 90, éliminés en finale de conférence en 1991 par sa majesté Michael Jordan, qui tiendra sa revanche sur l’équipe qui l’a tant fait souffrir à la fin des années 80.

  • Weekly Recap #1 Western Conference

    Weekly Recap #1 Western Conference

    Pour la première fois, Clutch Time vous propose chaque semaine de faire un petit point hebdomadaire sur les équipes et joueurs de la ligue pour chaque conférence

    Bilan des équipes de la Conférence Ouest


    Tendance du début de saison

    Les satisfactions du début de saison

    Los Angeles Lakers (4-1)

    On assiste pour l’instant à un début de saison très convaincant de la part de LeBron et sa bande. En dépit d’une défaite inaugurale face au grand rival, les Clippers (112-102), les angelinos restent sur une excellente série de quatre victoires de suite, avec la manière s’il vous plaît. Ex-aequo avec les Spurs et Minnesota, la bataille pour les places en playoffs s’annoncent néanmoins longue et dure pour les hommes de Vogel.

    Il est enfin là le duo tant attendu. LeBron James (26 points, 7 rebonds, 10 passes) et Anthony Davis (29 points, 11.5 rebonds, 3 contres) peuvent enfin faire étalage de leur talent sur un parquet et il faut reconnaître que les deux gaillards répondent présents. Les deux superstars cumulent ainsi 55 des 111 points de moyenne inscrits par les Lakers avec une énorme facilité, doublée d’une motivation à toute épreuve, ce qui n’est pas sans nous rappeler l’association de Kobe et du Shaq au début des années 2000.

    San Antonio Spurs (4-1)

    Une fois n’est pas coutume, les Spurs entament une saison très prometteuse. Avec une démonstration faite sur le parquet flambant neuf du Chase Center des Warriors (127-110), Popovich et sa bande réalisent un début d’exercice convaincant et toujours invaincus au AT&T Center. Raison de plus d’étendre cette invincibilité sur les cinq prochains matchs (quatre se joueront à domicile) et conforter leur position.

    Il n’en demeure pas moins que la marge de progression des Spurs demeure assez importante. La locomotive texane Demar DeRozan (21.5 points, 4.5 rebonds et 4 passes) compte pour l’instant sur des partenaires expérimentés qui montent doucement en régime, à l’image de Aldridge (18 points, 7.5 rebonds et 2 contres) ou de Rudy Gay (11 points, 7.5 rebonds), et de jeunes cadres plutôt convaincants. Avec les talents reconnus du Pop, nul doute que tout ce petit monde sera se mettre en ordre de marche au fil de la saison, rendant les éperons encore plus redoutables.

    Minnesota Timberwolves (4-1)

    Incontestablement la bonne surprise à l’ouest. Minny réalise un exercice 2019-2020 tonitruant avec pas moins de trois victoires acquises en terrain ennemi et une première place ex-aequo avec les Lakers et les Spurs. Un juste retour des choses pour cette équipe qu’on annonce depuis plusieurs saisons comme un potentiel contender à l’ouest mais qui a souvent déçu. Loin de nous l’idée de nous enflammer pour les Wolves mais Ryan Saunders peut se satisfaire de ses loups qui assurent sur le plan offensif avec des succès mérités.

    Plusieurs joueurs ne sont pas étrangers à cette réussite. Autour de Karl-Anthony Towns (27 points, 11.5 rebonds et 4 passes), le pivot peut se féliciter de voir enfin Andrew Wiggins (20.5 points, 5.5 rebonds et 2 passes) assumer son rôle d’accélérateur de particules en prenant des tirs et en s’investissant d’avantage des deux côtés du terrain. À la baguette l’expérimenté Jeff Teague (14 points, 7 passes) organise avec brio ce petit monde qui dégage une sérenité intéressante.

    Mention(s) honorable(s)

    Los Angeles Clippers (4-2)
    Utah Jazz (4-2)


    Les déceptions du début de saison

    Sacramento Kings (1-5)

    Il faut admettre que Sacramento déçoit en ce début de saison. Alors que l’ambition des Kings était de rompre avec le mauvais sort depuis plusieurs saisons mais surtout d’être dans la continuité de la saison dernière, Luke Walton entame de la pire des manière l’exercice 2019-20. Avec cinq défaites de rang, dont deux grosses fessées face aux Suns (124-95) et Utah (81-113), les Kings doivent impérativement remonter la pente sous peine d’être très rapidement décrochés de la course aux playoffs qui s’annoncent encore plus dense cette année.

    L’effectif des Kings est néanmoins assez prometteur pour y parvenir. De’Aaron Fox (18.5 points, 3.5 rebonds, 6 passes), Bogdan Bogdanović (9.5 points) et Buddy Hield (17 points) sont assez loin des attentes de l’année dernière et nul doute que le retour de Bagley (blessure au pouce) et l’expérience de Barnes seront autant d’éléments rassurants pour Sacramento et les supporters afin de ne pas revivre une saison cauchemardesque.

    Golden State Warriors (1-5)

    Un début d’exercice cauchemardesque pour les finalistes en titre. Quel surprise (mauvaise) pour les Warriors qui entament leur saison de la pire des manières. Il faut remonter à la saison 2011-12 pour trouver trace d’un début aussi chaotique après six rencontres. Golden State n’y est pas, depuis sa défaite inaugurale au Chase Center face aux Clippers (122-141) jusqu’à leur série de trois défaites de rang à domicile face aux Suns, Spurs et Hornets (oui oui Hornets), les hommes de Steve Kerr n’ont toujours pas remporté la moindre rencontre dans leur nouvelle enceinte. La semaine qui s’annonce ne devrait pas rassurer les fans avec pas moins de trois déplacements chez les Rockets, les Wolves et le Thunder, tout un programme.

    Il est vrai que le départ de Durant combiné à l’absence très longue durée de Thompson plonge l’effectif dans une incertitude mais de là à imaginer un tel scénario, c’est assez inattendu. Et comme si ça ne suffisait pas, Stephen Curry s’est blessé à la main et sera indisponible pendant plusieurs mois. Autant vous dire qu’avec toute la meilleure volonté de D’Angelo Russell (20 points, 5 rebonds, 6.5 passes) et de Draymond Green, le compte n’y est pas. L’effectif se retrouve ainsi trop limité du banc jusqu’aux titulaires pour assumer l’héritage des saisons passées et maintenir un niveau de performance suffisant.

    New Orleans Pelicans (1-5)

    Pourtant une des équipes les plus prometteuse et talentueuse sur le papier, les Pelicans se vautrent depuis la semaine dernière. Avec une seule victoire face à Denver (122-107), les Pels déplorent un bilan de cinq défaites qui les plongent (déjà) dans le bas de classement. Alvin Gentry doit en effet faire face à plusieurs pépins, dont le plus important, Zion Williamson.

    L’absence du numéro un de la draft pénalise fortement ces Pelicans qui n’en demandant pas tant. Jrue Holiday (14 points, 4 rebonds, 7 passes) ou encore Lonzo Ball (12 points, 5 rebonds, 7 passes) sont loin d’être à la hauteur et le seul talent de Brandon Ingram (23.5 points, 7.5 rebonds et 4 passes) ne suffit pas à offrir des prestations convenables. Malgré un temps de jeu plutôt bien réparti, le banc de New Orleans n’est guère plus convaincant en dépit du talent.


    Le match de ce début de saison

    Los Angeles Clippers 112-102 Los Angeles Lakers

    Assurément La grosse affiche de la soirée, voire de la semaine. Quoi de mieux pour débuter la saison qu’un match entre frères ennemis luttant pour le trône de la cité des anges. Sur le papier en tout cas, cette affiche devait tenir toute ses promesses. Alors que la rencontre fut serrée durant les trois premiers quart-temps, les Clippers vont exécuter un run magistral (19-7) dans le dernier quart pour s’imposer 112-102. Grâce à Kawhi Leonard (30 points, 5 rebonds, 6 passes), titré avec les Raptors la saison dernière face son ex-coéquiper du soir Danny Green (28 points, 7 rebonds), les Clippers et leur banc (60 points inscrits) vont s’offrir une première victoire de prestige face aux Lakers de James (18 points, 10 rebonds, 8 passes) et Davis (25 points, 9 rebonds, 5 passes).

    Classement


    Bilans des joueurs de la Conférence Ouest


    Tendance du début de saison

    Les satisfactions du début de saison

    Anthony Davis (28.5 points, 11.5 rebonds, 3 contres)

    Kawhi Leonard (29.3 points, 7.3 rebonds, 5.7 passes)

    James Harden (35.3 points, 4.3 rebonds, 7.7 passes)

    Mention(s) honorable(s)

    Karl-Anthony Towns (27.3 points, 11.5 rebonds, 4 passes, 2.5 interceptions)
    Damian Lillard (29.8 points, 5.5 rebonds, 7.8 passes)
    Lebron James (25.5 points, 8 rebonds, 11.2 passes)
    Luka Dončić (26.7 points, 10.3 rebonds, 9.5 passes)


    Les déceptions du début de saison

    DeAndre Ayton (mention spéciale) : Le pivot bahaméen, premier choix de draft en 2018, a été suspendu par la NBA jeudi dernier pour infraction aux règles d’antidopage. Le pivot des Suns a été contrôlé positif à un diurétique et sera suspendu pendant 25 matchs.

    Eric Gordon (9.3 points, 1.2 rebonds, 0.8 passes)

    Jrue Holiday (14 points, 4 rebonds, 6.8 passes)

    Bogdan Bogdanović (9.4 points, 2.4 rebonds, 3.1 passes)

    La performance de ce début de saison

    Anthony Davis

    Le pivot des Lakers a confirmé l’une des raisons pour lesquelles les dirigeants des Lakers voulaient l’associer à LeBron aux Lakers. Le numéro 3 s’est fendu d’un impressionnant double double en inscrivant 40 points et en prenant pas moins de 20 rebonds lors de la victoire contre les Grizzlies (120-91). Une performance exceptionnelle pour un joueur qui nous rappelle aux bons souvenirs du Shaq’ des années 2000 et qui prouve année après année qu’il est bien l’un des meilleurs au monde à son poste.

    Le Cinq Majeur de ce début de saison

    MeneurArrièreAilierAilier-fortPivot
    Damiam LillardJames HardenKawhi
    Leonard
    Anthony
    Davis
    Karl-Anthony
    Towns
  • Weekly Recap #1 Eastern Conference

    Weekly Recap #1 Eastern Conference

    Pour la première fois, Clutch Time vous propose chaque semaine de faire un petit point hebdomadaire sur les équipes et joueurs de la ligue pour chaque conférence

    Bilan des équipes de la Conférence Est

    Tendance du début de saison


    Les satisfactions du début de saison

    Philadelphia 76ers (5-0)

    Philadelphie fait un parcours sans faute pour le moment. Avec cinq victoires en cinq matchs, dont trois à l’extérieur, les hommes de Brett Brown entament de la meilleure manière cette saison placée sous le signe de la revanche pour la franchise de Pennsylvanie. Les Sixers ont fait preuve de beaucoup de maîtrise et de caractère jusqu’à maintenant, dans des matchs souvent mal-débutés, Embiid & Co. sont à chaque fois parvenu à inverser la tendance et tenir un résultat jusqu’à la fin.

    L’effectif est enfin au rendez-vous. Derrière la locomotive Embiid (23 points, 10 rebonds, 3 passes), Harris, Simmons, Richardson et Horford enchaînent les bonnes prestations collectives. Le facteur Al Horford (16 points, 8 rebonds, 4 passes), débarqué de Boston à l’été, n’est pas étranger à ce bilan parfait et s’est plutôt bien adapté à l’ambiance du Wells Fargo Center.

    Boston Celtics (4-1)

    Les Celtics vont mieux. Nous les avions laissés sur une élimination express au 2nd tour des playoffs 2019 sur un cuisant sweap face aux Bucks. L’intégration de Kemba Walker, en lieu et place d’Irving, est une réussite. Résultat les hommes de Brad Stevens pointent au deuxième rang à l’Est et reste sur une grosse série de quatre victoires, face notamment aux Bucks et aux Raptors.

    Au rang des satisfactions, la franchise aux dix-sept titres retrouve des couleurs, d’abord avec sa nouvelle recrue, mais également avec le retour au premier plan de Tatum et Brown. Gordon Hayward (16 points) parvient enfin à se lâcher sur les parquets (troisième plus gros temps de jeu) en retrouvant progressivement son niveau de jeu de l’époque Jazz.

    Miami Heat (4-1)

    C’est une sacrée bouffée d’air frais du côté de la Floride que nous offre le Heat de Spoelstra depuis la semaine dernière. Avec deux victoires décrochées à l’extérieur, notamment face aux Bucks, Miami réalise un début de saison tonitruant. Bien loin des déceptions de la saison passée, le Heat ne veut pas manquer le wagon pour les playoffs en avril.  La semaine prochaine s’annonce très relevée avec un road trip de trois rencontres à l’Ouest face aux Lakers et aux Nuggets notamment. L’occasion de briller et de maintenir une dynamique de victoire.

    Bizarrement ce ne sont pas les joueurs attendus au tournant qui se sont le mieux illustrés depuis mardi dernier. Les principales révélations se situent chez les novices Kendrick Nunn et Tyler Herro qui, en l’absence de Jimmy Butler sur plusieurs rencontres, ont endossé le costume de leader. Le premier (22 points) s’est tout de suite empressé de cartonner les adversaires (28 points notamment face à Atlanta) pour s’imposer comme une valeur sûre. À ses côtés l’autre pépite floridienne, Tyler herro (16 points, 6 rebonds), enchante match après match les supporters qui n’ont plus que son nom à la bouche. Aux côtés du briscard Dragić (16 points) et des deux cadres Adebayo (15 points, 10 rebonds, 2 contres) et Winslow (15 points, 8,5 rebonds et 6 passes), les jeunes rookies peuvent se féliciter de leur niveau de jeu et de leur réussite, alors que Jimmy Butler revient tout doucement. Une bonne marge de progression est encore à venir

    Mention(s) honorable(s)

    Toronto Raptors (4-2) et Milwaukee Bucks 4ème ex-aequo à l’Est


    Les déceptions du début de saison

    New York Knicks (1-5)

    On s’y attendait, les Knicks sont en grande difficultés depuis le début de la saison. La faute aussi à un calendrier qui ne les a pas épargnés (4 matchs à l’extérieur face aux Spurs, Nets et Celtics notamment). Une éclaircie pourrait poindre dès la semaine prochaine face à des adversaires plus légers certes mais les hommes de Fizdale peinent à enchaîner les bonnes prestations pour le moment.

    À l’image de Julius Randle (14 points, 11 rebonds, 5 passes) qui ne prend pas toujours ses responsabilités au scoring pour maintenir les Knicks à quai. RJ Barrett (17 points, 6 rebonds, 3 passes) demeure néanmoins une belle réussite pour la franchise New Yorkaise qui peut difficilement compter sur la régularité des Knox, Portis et Robinson et une utilisation encore mystérieuse de Ntilikina.

    Washington Wizards (1-4)

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    Les Wizards restent sur une douloureuse série de trois défaites de rang sur leurs cinq premiers matchs. Toujours fanny à domicile, les Wizards ne trouvent pas la bonne formule pour l’instant et encaissent pas mal de points depuis quelques rencontres, rendant le contexte encore plus inquiétant. Un début de saison chaotique qui plonge Scott Brooks au fond du classement et qui pourrait lui être fatal à terme.

    Toujours privés de John Wall, Bradley Beal (27 points, 4.5 rebonds, 6.5 passes) surnage dans ce début d’exercice sans que cela ne soit payant. Thomas Bryant qui s’était révélé la saison passée, endosse difficilement la veste de second et c’est donc le jeune Rui Hachimara (15 points, 6 rebonds), fraîchement drafté cet été qui prend ses marques. Le retour d’Isaiah Thomas demeure néanmoins une bonne nouvelle, tant le joueur paraît retrouver de bonnes sensations.

    Brooklyn Nets (2-4)

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    Démarrage compliqué pour les Nets version « Eastern Contender ». Avec seulement deux victoires décrochées à domicile, Brooklyn déçoit dans ses résultats face à des équipes prétendument à sa portée. À l’image des deux défaites en overtime (face aux Wolves et les Grizzlies), coach Atkinson doit vite rectifier le tir afin de gagner ce genre de rencontre disputées pour ne pas enfoncer la franchise dans un marasme de défaite qui nuirait à son objectif fixé de se qualifier en playoffs.

    C’est assez important pour le noter, mais Kyrie Irving (30 points, 6.5 rebonds, 7.5 passes) se démène comme un beau diable depuis le début de saison. En l’absence de la star n°1, Kevin Durant, Uncle Drew enchaîne les grosses prestations individuelles (50 points contre Minny, 37 points contre Memphis, 20/11/10 contre Detroit) sans que cela ne soit suffisant. Trop esseulé derrière, seul LeVert (19 points, 4.5 rebonds, 3.5 passes) assume son rôle de lieutenant dans l’équipe, tandis que J. Allen, Dinwiddie et Harris peinent à passer un cap significatif pour propulser les Nets au sommet de la Conférence.


    Le match de ce début de saison

    Minnesota (117-95) Philadelphie

    C’était inattendu et soudain. Nous sommes le 30 octobre au Wells Fargo Center de Philadelphie. Alors que les Sixers, emmenés par leur collectif en mode rouleau compresseur, voient se dessiner une quatrième victoire, Joel Embiid et Karl-Anthony Towns se jettent violemment l’un sur l’autre, entraînant une mêlée générale qui conduira à l’expulsion des deux protagonistes dans le 3ème quart-temps. Une scène surprenante entre ces deux joueurs, qui n’ont pas arrêté de se chercher durant le match. Philadelphie terminera néanmoins le job et remportera le match 117-95.

    Classement

    Bilans des joueurs de la Conférence Est

    Tendance du début de saison


    Les satisfactions du début de saison

    Kyrie Irving (30.5 points, 6.5 rebonds, 7.5 passes)

    Giannis Antetokounmpo (26.7 points, 13.8 rebonds, 7.7 passes

    Trae Young (26.8 points, 5 rebonds, 7.3 passes)

    Mention(s) honorable(s)

    Kemba Walker (26.2 points, 5.2 rebonds, 3.8 passes)
    Pascal Siakam (26 points, 8.5 rebonds, 3.3 passes)


    Les déceptions du début de saison

    Marc Gasol (11.3 points, 6.3 rebonds, 3 passes)

    Aaron Gordon (11.3 points, 6.3 rebonds, 3 passes)

    TJ Warren (12.8 points, 2.8 rebonds, 0.4 passes)

    La performance de ce début de saison

    Trae Young a beau être jeune, il n’en demeure pas moins un sacré joueur, la preuve encore la semaine dernière où le meneur d’Atlanta s’est fendu d’une impressionnante série de deux matchs consécutifs à quasiment 40 points (38 contre Detroit et 39 contre Orlando), offrant deux précieuses victoires pour Atlanta. Une performance inédite pour le Hawk qui devient le premier joueur à planter autant de panier en match d’ouverture depuis Dominique Wilkins en 1986. Par ailleurs le numéro 11 des Hawks a rendu une copie plutôt bien fournie avec pas moins de 7 rebonds et 9 passes sur chacun des deux matchs. Phénoménal !

    Le Cinq Majeur CT de ce début de saison

    MeneurArrièreAilierAilier-fortPivot
    Trae YoungKyrie IrvingGiannis
    Antetokounmpo
    Pascal
    Siakam
    Joel Embiid
  • NBA FRENCHIES #2 Preview des Joueurs Français en NBA

    NBA FRENCHIES #2 Preview des Joueurs Français en NBA

    Dans leur second volet de l’émission NBA FRENCHIES, Simon et Tedesco vous font une deuxieme preview des français en NBA cette saison.

  • Un Jour Aux Jeux de Munich, l’équipe de basket américaine va subir sa première défaite aux Jeux

    Un Jour Aux Jeux de Munich, l’équipe de basket américaine va subir sa première défaite aux Jeux

    À moins d’un an des Jeux Olympiques de Tokyo, Clutch Time vous propose, à travers une série d’articles, de revenir sur des grands moments de basket à jamais gravés dans l’histoire des jeux.

    Cette semaine Clutch Time nous ramène aux Jeux olympique de Munich en 1972, alors que les États-Unis demeurent invaincus depuis l’apparition du basket aux Jeux, la finale opposant américains et soviétiques va faire naître l’une des plus grandes controverses de l’histoire aux Jeux.

    LE DRÂME DES JEUX

    Trente-six ans après les derniers Jeux organisés en Allemagne, sous le régime nazi, le CIO décide d’attribuer l’organisation de ces 20èmes olympiades aux allemands, dans la ville de Munich (Bavière), devant Madrid et Montréal. Cette édition restera néanmoins dans les mémoires, non pas pour ces exploits sportifs mais bel et bien pour la dramatique prise d’otage d’athlètes israéliens au cœur même du village olympique.

    Le 5 septembre 1972 un commando de l’organisation palestinienne « Septembre noir » prend en otages neuf athlètes israéliens dans le village olympique. Les huit terroristes sont parvenus à pénétrer dans les appartements des athlètes, tuants d’abord deux personnes lors de l’attaque, puis menaçant d’exécuter les autres si les autorités ne répondent pas favorablement à leurs exigences. Les négociations, mal-gérées par les autorités ouest-allemandes, vont malheureusement conduire au dénouement le plus tragique lors d’un assaut, entraînant un bain de sang, dans lequel dix-sept personnes, dont onze membres de la délégation israélienne, vont périr.

    La grande fête du sport se retrouvant au cœur d’un terrible incident dont elle se souvient encore aujourd’hui. Les épreuves seront suspendues pendant 36 heures et une cérémonie d’hommage aura lieu le lendemain du tragique évènement en la mémoire des victimes. Le sport reprit néanmoins sa place sous l’impulsion du Président du CIO, Avery Brundage « The Games must go on ! ». L’édition de 1972 devint l’une des plus réussie par sa densité d’athlètes et de pays représentés et en termes de fréquentation du public.

    Mark Spitz fut incontestablement l’athlète qui brillera le plus durant cette olympiade, remportant pas moins de sept médailles d’or en natation, devenant ainsi l’athlète le plus médaillé sur une seule édition aux Jeux. La petite gymnaste Soviétique Olga Korbut tiendra la vedette dans les médias, enchaînant les succès dans les épreuves par équipe échouant seulement en individuel pour finalement remporter quatre médailles dont trois en or, sous le regard du monde entier.

    L’EVEREST AMÉRICAIN

    Comme à son habitude, depuis son premier titre à Berlin (1936), les États-Unis se présentent avec une équipe composée majoritairement de joueurs universitaires, dont la plupart seront amenés à se présenter à la draft pour devenir professionnels dans un avenir proche. La tradition veut néanmoins que tous les quatre ans, les athlètes retenus pour le tournoi olympique, se consacrent durant un été à la Team USA basket afin de ramener l’or olympique. C’est devenu une habitude en effet de voir les États-Unis rouler sur à peu près toutes les autres sélections olympiques pour au bout du compte ramener le titre uniquement à la force de son vivier de jeunes basketteurs amateurs. La sélection américaine reste en effet sur une invincibilité lors de chaque édition depuis la création du tournoi olympique de basket, toutes ponctuées par une médaille d’or.

    Henry « Hank » Iba

    En 1972, le comité olympique américain sort de la retraite son sélectionneur emblématique, Henry Iba, de l’université d’Oklahoma State, déjà victorieux aux Jeux de 1964 (Tokyo) et 1968 (Mexico). La recette est en tout point la même. Iba veut construire son équipe autour d’un axe 1-5, s’appuyant d’abord sur l’arrière Doug Collins (Illinois State) et face au refus de porter la tunique américaine du phénomène de UCLA, Bill Walton, c’est sur sa doublure, Swen Nater, que l’AAU (Amateur Athletic Union) décide de porter ses espoirs. Des espoirs vite balayés par les défections de certains joueurs, dont le pivot Nater, jugeant la préparation de l’équipe insupportable sur le plan physique et psychologique. Henry Iba réunit donc une équipe, fin préparée, mais affaiblie par les absences, programmée pour monter une huitième fois consécutive sur le toit de l’olympe.

    Doug Collins doit donc mener une équipe, jugée comme une des plus light de l’histoire pour les uns, et extrêmement prometteuse pour les autres. Les talents sont néanmoins bel et bien présents, de Tom McMillen (Maryland) à Dwight Jones (Houston) et Mike Bantom (St. Joseph’s) en passant par Thomas Henderson et le futur first pick de la draft 1973, Doug Collins, seront autant de joueurs parmis les meilleurs du pays, amenés à défendre les couleurs de l’oncle Sam aux jeux. La sélection de 1972 laisse tout de même planer quelques interrogations sur son casting et surtout au niveau du coaching d’Henry Iba, jugé un peu dépassé et hors-jeu. Pour autant avec une équipe âgée de 20 ans en moyenne, il s’agit bel et bien de la plus jeune sélection jamais présentée par Team USA aux Jeux. Les adversaires des USA sont habitués à voir les jeunes pousses américaines leur faire la leçon sur les parquets et l’absence d’un Bill Walton n’y change rien, les américains sont favoris aux yeux de tous, même pour les soviétiques.

    L’OUTSIDER SOVIÉTIQUE

    Comment parler des Jeux olympiques, sans évoquer l’Union Soviétique. Depuis 1952, date à laquelle l’URSS fut inscrite comme nation participante, les soviétiques se sont toujours débrouillés pour truster les premières places, et le basket n’y échappe pas. Devenu populaire dans les années 30-40, l’Union Soviétique peut se targuer d’avoir terminé à chaque fois deuxième sur ses quatre premières participations, n’échouant que face aux intouchables américains. Cependant lors des jeux de Mexico, les soviétiques eurent la mauvaise surprise de croiser la route d’une autre sélection montante du basket, battue par son cousin félon, la Yougoslavie. Revancharde la sélection rouge veut rectifier le tir à Munich.

    Hors période olympienne, les russes ont pour habitudes de croiser la route des américains aux championnats du monde. Des championnats de 1959 (victoire soviétique 37-62), en passant par le match pour la troisième place en 1963 (nouvelle victoire rouge 74-75) jusqu’au titre mondial de 1967 (défaite 58-59), les soviétiques veulent croire qu’à l’instar des championnats du monde, les américains peuvent également être défaits lors des tournois olympiques. La tâche demeure néanmoins compliquée, l’URSS restant sur une série de deux défaites cruelles en 1967 et 1970 face aux américains. Les russes doivent alors se jeter sur cette deuxième place, synonyme de médaille d’argent.

    Vladimir Kondrachin

    Dirigée d’une main de maître depuis plus d’un an par le coach du Spartak de Léningrad, Vladimir Kondrachin, la sélection soviétique peut d’ores et déjà se féliciter d’avoir repris le dessus sur son principal rival européen yougoslave, lors des des derniers championnats d’Europe (victoire 81-72), confortant un peu plus son hégémonie sur la scène européenne à l’époque (10ème titre depuis 22 ans). Il faut désormais s’atteler à préparer les jeux et pour cela Kondrachin prépare l’armada soviétique. Le leader Sergueï Belov (CSKA Moscou), 2x meilleur marqueur Euroleague et MVP de l’Euro 1969 et du Mondial 1970), la jeune pépite Aleksandr Belov (pivot du Spartak Leningrad), le talentueux Modestas Paulauskas (Žalgiris Kaunas), MVP de l’Euro 1965 et l’ailier Ivan Edeshko (CSKA Moscou).

    UN TOURNOI ENNUYANT PUIS ENDEUILLÉ

    Au programme pour les États-Unis, Tchécoslovaquie, Australie, Cuba, Brésil, Égypte, Espagne et Japon dans un groupe A, un programme assez relevé pour les américains qui vont devoir se frotter aux vice-champions du monde et vainqueurs des jeux panaméricains brésilien ou encore des audacieux cubains et australiens dirigés par le futur Hall of Famer Lindsay Gaze. Rien d’insurmontable cependant pour les hommes de « Hank » Iba qui vont démarrer tambour battant par un succès propre et net face aux tchécoslovaques (66-35) en ouverture. T. Henderson (16 points), D. Jones (15 points), K. Joyce (12 points) et J. Brewer (10 points) vont tour à tour ravager la défense de Vladimír Heger. L’Australie (81-55) puis Cuba (67-48) ne seront ni plus ni moins que du menus fretins, jusqu’à un match plus accroché face au Brésil de Marquinhos (20 points) et une victoire (61-54). La fin du tournoi préliminaire débouche sur deux orgies offensives face aux novices égyptiens (96-31) et japonais (99-33), entrecoupées d’un succès (72-56) face aux futurs vice-champions d’Europe espagnols. 44 points encaissés seulement en moyenne avec un écart moyen de 33 points. Rien de spectaculaire néanmoins dans le jeu américain, trop sûr de sa force et limitant souvent ses inspirations en attaque.

    À l’Est rien de folichon non plus. Les soviétiques sont tombés sur le Sénégal, l’Allemagne de l’Ouest, l’Italie, la Pologne, Porto Rico, les Philippines et les redoutables yougoslaves. Le jeu est assez pauvre, même venant des yougoslaves de Cosić qui finiront d’ailleurs seulement 5ème au classement final. L’URSS termine première de son groupe comme les américains avec le rouleau compresseur face aux sénégalais (94-52), allemand (87-63), polonais (94-64), Porto ricains (100-87) et philippins (111-80). L’Italie de Meneghin et Marzorati s’en sortira mieux en deuxième mi-temps, limitant ainsi la casse (79-66) et s’offrant même une place en ½ au nez et à la barbe des yougoslaves, battus quant à eux (74-67) dans un match décisif. Les deux Belov (Aleksander, 14,5 points et Sergueï 14 points) s’en donnent à cœur joie bien aidés il faut dire par Zarmuhamedov (22pts, 11 rbd face à l’Italie) Paulauskas (11 points) Polivoda (10 points).

    Le commando  » Septembre Noir « 

    Les demi-finales se déroulent néanmoins dans une indifférence encore plus marquante, du fait des incidents du 5 septembre au village olympique. Les évènements qui suspendent les médias sur autre chose que le sport, les matchs URSS-Cuba et USA-Italie paraissent bien futiles pour un public encore sous le choc. L’Union soviétique se sort ainsi difficilement du piège cubain (67-61) tendu par Pedro Chappe (20 points) et Juan Carmelo Ortega Diaz. S.Belov (16 points), Zarmuhamedov (15 points) et A. Belov (14 points) auront néanmoins le dernier mot. Côté américain, le résultat est là mais la performance collective offensive de l’équipe laisse à désirer. Une victoire (68-38) face à des italiens apathiques ne lève pas tous les doutes sur le niveau de jeu de la Team USA à l’aube d’un match crucial pour la médaille d’or face à leur plus sérieux rivaux, les soviétiques.

    L’inexpérience américaine combinée à une certaine difficulté dans le jeu, les hommes de coach Iba n’ont que huit matchs de vécus contre plus de 400 pour les hommes de Kondrachin. Mais néanmoins, l’entraîneur russe réitère ses propos, les américains sont favoris et l’objectif de médaille d’argent étant rempli, c’est maintenant une montagne qui se dresse sur la route des russes.

    LA FINALE DE LA DISCORDE

    Le 9 septembre se déroule alors une finale familière dans le paysage du basket international depuis plusieurs années et ce sont les Soviétiques qui surprennent les Américains très tôt dans le match, menés par un très bon Sergei Belov (20 points). Le match est tendu et les Soviétiques maintiennent les Américains à 4-8 points d’écart en première mi-temps. A la mi-temps, le score était de 26-21 pour l’URSS.

    En deuxième mi-temps, les Soviétiques provoquent le pivot américain Dwight Jones (meilleur marqueur de l’équipe américaine). A la 28ème minute, alors que le joueur défend pour récupérer le ballon, il est brusquement projeté au sol par Mikheil Korkia mais décide de ne pas se laisser faire. Les deux joueurs sont expulsés par l’arbitre Righetto. L’incident est loin d’être isolé, Ivan Dvorny également exclu pour avoir protesté depuis le banc soviétique. Les Soviétiques en tirent profit, Korkia étant moins important pour eux que Dwight Jones ne l’était pour Henry Iba et Team USA. La minute suivante, Alexander Belov blesse violemment (volontairement ?) Jim Brewer sur un lancer-franc, forçant ce dernier à sortir, les arbitres n’ayant pas évalué correctement la faute flagrante, les américains se retrouvent de nouveau privés d’un de leurs meilleurs éléments (meilleur rebondeur) et surtout de sa raquette titulaire.

    À moins de dix minutes de la fin de la rencontre, les Soviétiques accroissent leur avance d’une dizaine de points. Les joueurs américains commencent à élever le rythme en pressant les hommes de Kondrachin, sous la conduite de Kevin Joyce, ils finissent par réduire leur retard à -1 à moins d’une minute de la fin. A sept secondes du coup de sifflet final, Doug Collins intercepte brillement une longue passe d’Alexander Belov à destination de Zurab Sakandelidze qui provoquera la faute alors que l’arrière fonçait vers le panier en contre-attaque. Une nouvelle illustration d’acte d’antijeu des soviétiques cherchant par n’importe quels moyens à déstabiliser les tenants du titre, quitte à durement blesser leurs joueurs. Avec trois secondes à jouer au tableau d’affichage, Collins se voit offrir deux lancers francs pour la gagne, deux lancers au bout desquels le match va prendre une tournure inédite et surréaliste.

    Sûrement les trois secondes les plus controversées de l’histoire du basket. Le temps se fige durant plusieurs longues minutes, durant lesquelles américains, puis soviétiques, vont exulter et déchanter. Collins ne tremble pas et rentre son premier lancer, puis rentre le second alors que la sirène retentit dans le Rudi-Sedlmayer-Halle de Munich au moment où l’arrière enclenche son geste. L’arbitre se tourne alors une première fois vers la table de marque, suivi d’une remise en jeu soviétique. Rien à signaler donc, les américains repassent devant (50-49). Pourtant la sirène retentit une deuxième fois arrêtant le jeu (une seconde restante), alors que le banc soviétique s’agite près de la table de marque. Stupeur dans la salle, les américains ne comprenant pas ce qui se passe, la tension monte d’un cran, joueurs et staffs commencent à s’échauffer l’un envers l’autre.

    Vladimir Kondrashin peste contre l’arbitrage, invoquant un temps-morts qu’il aurait demandé avant les lancers-francs américains et qui aurait été oublié. Les officiels affirment que la demande du banc soviétique a bien été comptabilisée mais pendant les lancers-francs américains et qu’en raison des règles de jeu de l’époque, les temps-morts ne peuvent être pris n’importe quand. C’est donc l’incompréhension générale des deux côtés du terrain. L’arbitre siffle néanmoins la reprise du match depuis la ligne de fond de l’Union soviétique sans accorder de temps-morts au coach russe qui n’en dispose plus selon le règlement. Pendant que les officiels, pas encore au point avec la nouvelle table de marque, sont occupés à régler l’affichage du score et du temps de jeu restant, Kondrashin se permet de remplacer son ailier Zharmukhamedov par le pivot Edeshko. Ce changement passe totalement inaperçu aux yeux de l’arbitrage qui redonne trois secondes aux soviétiques et demande à Edeshko de se positionner sur la ligne de fond.

    Le panier de la victoire

    Gêné par Tom McMillen (à l’origine de l’action décisive précédente avec un contre sur Zharmukhamedov), le biélorusse transmet la gonfle à Paulauskas qui tente une passe désespérée pour A. Belov sous le panier qui ne parvient pas à récupérer la gonfle et marquer. La sirène retentit, le match est terminé et le banc américain explose en envahissant le parquet. Dans une liesse indescriptible le public exulte et fête une find de match que le corps arbitral n’a toujours pas sifflé. La raison est simple, les officiels n’avaient toujours pas réglé la table de marque au moment de la remise en jeu d’Edeshko. Les arbitres font évacuer le terrain et redonne une nouvelle fois trois secondes au camp russe. Une dernière action rejouée qui aura une incidence considérable sur la rencontre. Righetto demande à McMillen de s’écarter du pivot soviétique, pourtant à une distance réglementaire. Ce dernier s’exécute, de peur d’être sifflé et d’offrir deux lancers aux russes alors que les USA sont dans la pénalité. Edeshko trouve enfin son partenaire au CSKA, A. Belov, démarqué, qui shoote et inscrit le panier de la victoire avec la planche. Le gong retentit et l’URSS remporte la médaille d’or olympique.

    Liens pour le match : https://youtu.be/NuBm0PRt23I

    L’HÉRITAGE DE MUNICH

    Podium des Jeux de Munich 1972

    Un énorme sentiment d’injustice demeure près de cinquante ans après ce match très controversé. Les américains ont toujours nié la victoire des soviétiques à Munich, refusant même de participer à la cérémonie de remise de médailles et de récupérer l’argent. Quelques jours après la rencontre, la fédération américaine contestera le résultat pour forcer les officiels des jeux de revoir leur copie et d’attribuer la victoire aux joueurs américains. Le CIO constitue alors un jury de cinq membres de la FIBA dont plusieurs d’entre eux sont des proches alliés du camp soviétique (hongrois, polonais et cubains). Le résultat restera inchangé et à l’annonce du verdict par trois voix contre deux pour la victoire de l’URSS, les américains rejettent la décision du CIO et leurs médailles d’argent demeurent conservées à Lausanne en Suisse, au siège du Comité.

    L’arbitre brésilien, qui avait prétexté en premier lieu le manque de compréhension entre le corps arbitral et les officiels à la table de marque, du fait de la barrière de la langue, va néanmoins affirmer que les américains auraient dû remporter ce match, jugeant la fin de match totalement irrégulière de la part des soviétiques, à commencer par le remplacement de Kondrashin, que personne n’a remarqué au moment des faits. Par ailleurs, plusieurs responsables et officiels du CIO ne comprennent pas pourquoi une telle erreur de l’horloge à la table de marque a-t-elle bien pu être commise, invoquant la responsabilité directe de la FIBA à commencer par celle de son secrétaire général, le britannique Renato William Jones, qui était intervenu au court de la rencontre.

    Pour l’URSS, les joueurs soviétiques seront célébrés tels des héros, leur victoire ne souffrant d’aucune contestation possible. La controverse qui va naître de cette rencontre demeure illégitime pour le camp des vainqueurs qui préfèrent s’amuser de la mauvaise foi des États-Unis qui n’acceptent pas la défaite. Interrogés à ce sujet, les membres de l’équipe soviétique ont indiqué qu’ils considéraient que leur triomphe était légitime. Kondrachin a toujours cité la victoire comme la plus grande réalisation de sa carrière de basket-ball mais reconnait toutefois que la manière avec laquelle elle fut acquise lui laisse quelques regrets avec le temps.

    A. Belov et V. Kondrachin
  • NBA FRENCHIES #1 Preview des Joueurs Français en NBA

    NBA FRENCHIES #1 Preview des Joueurs Français en NBA

    Dans leur premier volet de l’émission NBA FRENCHIES, Simon et Tedesco vous font une première preview des français en NBA cette saison.

  • One Week One City : Seattle

    One Week One City : Seattle

    One Week One City : Seattle

    Chaque semaine, ClutchTime vous propose une immersion dans une ville des USA. Culture basket, histoire de la franchise, découverte de tout se qui entoure une équipe, ou encore visite guidée de la ville ! Tout y passe !

    Cette semaine, c’est à Seattle que l’on se pose.

    SEATTLE

    Une franchise : Seattle SuperSonics

    Création : 1967

    Déménagement : 2008 (à Oklahoma City)

    Salle : Key Arena (17 072 places)

    Palmarès : Champion NBA 1979

    Dernier logo des Seattle Supersonics
    Nate McMillan

    Maillots retirés :

    • #1 Gus Williams
    • #10 Nate McMillan
    • #19 Lenny Wilkens
    • #32 Fred Brown
    • #43 Jack Sikma

    Première franchise d’une ligue majeure des USA, à débarquer à Seattle, les Sonics vont devenir au fil du temps une des équipes les plus connus dans le monde. Que ça soit grâce a des joueurs iconiques tels que Kemp, Allen, Payton. Ou encore suite à leurs titre NBA de 1979, on peut dire que le déménagement de 2008 à Oklahoma City a laissé un vrai vide dans le coeur des fans.


    Autour de la franchise :

    Parce que la vie d’une franchise NBA ne s’arrête pas seulement aux performances sur le terrain , ClutchTime a aussi envie de vous mettre en avant l’ensemble des choses qui mettent en avant l’équipe et permettent aux fans de vivre leur meilleure expérience.

    La salle : Key Arena

    Anciennement le Seattle Center Coliseum, la désormais KeyArena accueillait les rencontres des Sonics de Seattle.

    Construite en 1962, elle fut rénovée en 1994 lors du changement de nom.

    Vue du ciel de la Key Arena
    Vue des tribunes de la Key Arena

    Outre la NBA (17 072 places), l’Arena est aussi la résidence de Hockey (15 177 places), Boxe (17 459) et de concerts (16 641).

    Aujourd’hui, la salle est principalement occupée par les Storms de Seattle (WNBA) et les Thunderbirds (NHL).

    Évolution du logo des Sonics :

    Parce que chaque franchise à ses périodes, entre joueurs iconiques et performances inoubliables, il ne faut pas non plus oublier que l’image évolue. Et ce sont les logos qui sont mis à jour le plus régulièrement.

    Petit visu de l’ensemble des logos de nos Seattle SuperSonics au cours du temps ! 41 ans et 6 logos.

    Évolution des logos des Seattle Supersonics de 1967 à 2008
    Puis le logo du Thunder d’Oklahoma City suite au déménagement de la franchise

    La Mascotte :

    Squatch

    Il apparaît la première fois en 1993 et sera la mascotte officielle des Sonics jusqu’à la délocalisation de l’équipe en 2008.

    Désormais, son interprète, Marc Taylor, exerce du coté d’Oklahoma City pour la mascotte Rumble the Bison

    La mascotte : Squatch

    Les Jerseys les plus marquants :

    Enfin, il y a les joueurs qui marquent une franchise mais il y a aussi les Jerseys! Véritable effet de mode pouvant être portés sur les playgrounds mais aussi pour le style, et sont la plus grande marque grand public d’une franchise NBA.

    On commence par l’un des maillots les plus culte des Sonics.

    Il apparaît avec la création du nouveau logo lors de la saison 95-96.

    A cette époque, ce sont Shawn Kemp, Detlef Schrempf et Garry Payton les chefs de file d’une équipe qui rêve de bague mais qui s’inclinera en finale face aux Bulls d’un certain Michael Jordan

    Maillot de Shawn Kemp
    Via @Gylbret (twitter )
    Maillot Dédicacé de Shawn Kemp
    Via @Gylbret (twitter)

    Maillot de la saison 94-95, il est le jersey le plus iconique des Sonics.

    Cette version dédicacé en personne par Shawn Kemp, nous est prêtée par Gilles (@Gylbret sur twitter), fan de NBA, et collectionneur de Jersey dédicacé.

    Pièce rare sans l’ombre d’un doute.


    SEATTLE : QUEEN CITY

    Visite Guidée :

    Parce que la NBA ce n’est pas la seule chose à découvrir aux Etats-Unis, ClutchTime vous propose une visite guidée de la ville ! L’immanquable qui rendra votre intérêt pour la ville encore plus grand.

    Le coup de coeur ClutchTime :

    Space Needle

    C’est l’une des meilleures attractions pour découvrir l’étendue de la ville. Que ce soit de jour ou de nuit profitez d’une superbe vue de tout Seattle. 184 mètres de pur kiff !

    Une plateforme qui effectue une rotation à 360° en 45 minutes avec un sol en verre pour vous donner une réelle vue de la hauteur.

    Space Needle by Night

    Le Côté Fun :

    Le Gum Wall

    Le Gum Wall

    C’est la rue la plus fun en terme de visuel de Seattle !

    Ce mur est complètement recouvert de chewing-gum usagés, de toutes les couleurs, donne une vraie ambiance enfantine et rigolote.

    Adjacent au Pike Place Market c’est un vrai détour à effectuer.

    A ne surtout pas manquer :

    Pike Place Market

    Pike Place Market
    Baie de Seattle

    Baie de Seattle

    Pioneer Square

    Pioneer Square
    Fremont

    Fremont

    Ballard

    Ballard
    Discovery Park

    Discovery Park


    La Culture US de Seattle

    Culture Basket :

    Photos par Amandine B.
    Twitter : @AmandineB__
    www.shoot-around.pro

    Seattle a vu débarquer la NBA en 1967, lors de la création des Sonics ! Très vite devenu une attraction de choix pour les habitants, les fans affluent pour remplir les travées du Seattle Center Coliseum.

    Vrai centre névralgique d’une communauté basket grandissante et intense dans les années 1990-2000, Seattle a sans aucun doute vécu un énorme choc lors du déménagement de la franchise à 3100 km de là, à Oklahoma City.

    Une vraie âme basket règne en ville, et la preuve la plus parlante reste l’émergence chaque année de centaines de déclarations de fans, militants pour un retour des Sonics en NBA.

    Cependant, le basket ne s’est pas arrêté pour autant. La WNBA a présenté les Storms de Seattle et de nombreux playgrounds continuent d’être arpentés à travers la ville.

    Mais Seattle a besoin d’un retour des Sonics ! Le regret d’avoir perdu leur franchise de toujours laisse un affreux goût amer chez les fans, comme la sensation d’avoir été volé.

    David Stern, alors commissionner de la NBA, avait déclaré que ce déménagement restait son plus grand regret.

    Dans une interview exclusive, accordée à THE PLAYGROUND MAGAZINE, Chris Daniels avait déclaré :

    Les habitant ont vraiment le sentiment d’avoir été volés !

    Chris Daniels via THE PLAYGROUND MAGAZINE

    De toutes les équipes de ligues majeures, les Sonics étaient les premiers à arriver en ville. Avec l’arrivée imminente d’une franchise NHL, il ne manque plus qu’un retour de ces Sonics.

    Toutefois, si l’on ne cherche pas qu’à voir le coté négatif de ce déménagement, on peut aussi dégager une force venue renforcer l’attachement des habitants de Seattle à la NBA.

    Quoi de mieux qu’un divorce non voulu pour renforcer des liens déjà bien importants ? Cela a renforcé la passion chez les fans ! Permis de regrouper encore plus de passionnés autour de l’histoire des Sonics et de sa transmission dans le monde ! On a beau ne pas avoir eu la chance de vivre la période Sonics, on connait tous l’histoire de la franchise, les gros noms qui ont pu y évoluer et la ferveur qui règne pour un retour de la franchise au premier plan.

    Seattle est la prochaine franchise à débarquer en NBA en cas d’expension

    Chris Daniels via THE PLAYGROUND MAGAZINE

    En attendant, le basket reste l’un des poumons de la ville de Seattle, difficile de se balader sans croiser l’un des nombreux playgrounds, sur lesquels s’affrontent des fans nostalgiques et impatients d’un retour des Sonics dans la baie de Seattle.


    Le Témoignage d’Amandine B.

    La 1ère fois que je suis venue à Seattle, c’était il y a presque 10 ans maintenant.
    C’était en plein hiver, en décembre, et je suis partie vers Seattle la tête pleine de clichés. Évidemment, le grunge, Nirvana, Soundgarden, Pearl Jam, les chemises à carreaux de bûcherons, la ville où il pleut tout le temps … Mais j’avais aussi beaucoup d’images de TWIN PEAKS (la série) – qui a été entièrement tournée à proximité de la ville et dans la région -, son générique avec ces images de forêts de sapins, la scierie, et l’idée que les femmes à Seattle devaient sans doute toutes travailler dans ces cafèt’ à servir des cherry pies.

    Tous mes préconçus sont tombés en miettes une fois que j’ai découvert Seattle. Bien sûr, la ville est industrielle, son port de cargaisons est imposant, et les cargos à containers en provenance d’Asie affluent quotidiennement.
    Bien sûr, il pleut à Seattle. Parfois.
    Et c’est vrai qu’il y a des grandes forêts dès que l’on sort de la périphérie de la cité.

    Mais Seattle est aussi bien autre chose. La ville ne renie pas sa glorieuse période des années 90 où tous les projecteurs étaient braquées sur elle, scrutant à l’époque chaque nouveau groupe de rock qui sortait un EP ou qui faisait sensation le temps d’un concert.
    Seattle est fière de cet héritage, de cette tradition même d’être une ville qui voit régulièrement émerger des nouveaux groupes, de rock mais aussi des artistes dans le hip hop (Macklemore par exemple). Oui, il y a UNE SCÈNE à Seattle, hyper active, bouillonnante, débordante d’énergie, à la faveur des nombreuses petites salles de concerts de la ville et autres clubs.

    Mais Seattle ne se réduit vraiment pas qu’à ça, et surtout la ville n’a pas cessé d’évoluer et de se développer une fois la folie grunge passée.

    Seattle est une ville particulièrement dynamique, tournée vers l’horizon, et où les habitants regardent devant eux. Seattle pense écologie, bien-être, confort de vie, contact avec la Nature. Les chiens sont les rois et les dog parks sont sans doute plus nombreux que les parkings pour voitures.
    Capitol Hill cultive une gentille contre-culture vaguement hipsters, mais surtout fait la part belle aux restos vegans et détox, aux disquaires, aux lieux lounge, et aux espaces outdoors pour le sport.

    Avec la mer à portée de regard à peu près partout depuis le Downtown, et le sommet enneigé toute l’année du Mont Rainier qui pointe le bout de son nez quand le ciel est éclairci, Seattle est un grand bol d’air. Son waterfront ne cesse de faire de la place aux vélos et aux coureurs.

    Et puis Seattle n’a pas l’intention de s’en laisser compter, même si elle est la ville la plus à l’Ouest des États-Unis, excentrée de tout, loin de Los Angeles et encore plus loin de la fourmilière  new-yorkaise. Mais les habitants n’en ont que faire, car ils portent hauts les couleurs de leur ville, et cela passe notamment par leurs équipes des Ligues majeures.

    Si les Mariners (en MLB) restent souvent dans le dur, à Seattle il y a l’une des meilleures équipes de soccer (MLS) de tous les États-Unis, les Sounders. Les derby avec les Timbers de Portland sont bouillants, et c’est à l’occasion de ces matches que les tifos les plus créatifs sont déployés en tribunes ! (il faut aller voir les vidéos qui existent sur YT).
    Et puis il y a les Seahawks (NFL), vainqueurs du SuperBowl en 2014, qui ont remis à leur manière un coup de projecteur flamboyant sur Seattle. Russell Wilson est d’ores et déjà inscrit au Panthéon des sportifs de la ville, aux côtés des gloires Gary Payton et Shawn Kemp notamment.

    Ah oui, la NBA.
    Les Sonics.
    C’est la plaie toujours béante de Seattle.

    11 ans après le déménagement de la franchise NBA vers Oklahoma, les Sonics demeurent un sujet délicat à Seattle. Dès que vous discutez avec un habitant et que vous commencez à dire que vous aimez la NBA, vous voyez poindre un voile sombre dans son regard.
    Non, le déménagement des Sonics n’est jamais passé à Seattle. Il ne le sera jamais. Pas de pardon, pas d’oubli surtout.
    Mais pas de grief pour autant. Au contraire. Comme toujours à Seattle, on regarde devant, vers l’avenir. Et 11 ans après, on y croit plus que jamais au retour des Sonics !
    Quand ? … Personne ne le sait, mais ça n’a pas d’importance.
    Les habitants n’attendent pas un nouveau déménagement d’une franchise, non. En revanche, ils croient dur comme fer à l’extension de la NBA (sur le modèle de la NHL, de la MLS, et aussi de la MLB qui y pensent beaucoup à accroître son nombre de franchises).
    D’ailleurs, en 2021, Seattle verra l’arrivée d’une franchise de NHL. Quel rapport avec les Sonics, me direz-vous ? … Et bien l’arrivée d’une équipe de Hockey à Seattle correspond à la rénovation totale de la mythique Key Arena, dont la capacité d’accueil va être considérablement augmentée.
    Le projet est ambitieux, et essentiel en vue de faire revenir les Sonics. Car avoir cette nouvelle grande salle multisports plus moderne, sera un argument de poids pour œuvrer auprès des dirigeants de la NBA.


    Alors … On se donne rendez-vous à l’opening game des Sonics … en 2025 ?! 


    Pour en savoir plus sur les Seattle SuperSonics :

    Interview de Chris Daniels dans THE PLAYGROUND

    Amandine interviewe pour vous le Journaliste spécialisé Sonics Chris Daniels et discute de nombreux thèmes autour de la franchise:

    Le passé de la franchise, le vécu de la délocalisation, quel futur ?

    Thomas Von Reox à l’illustration.

    Interview de Chris Daniels dans THE PLAYGROUND

    /Théo

  • NBA Rewind #4 : Chris Paul aux Lakers, histoire d’un transfert avorté

    NBA Rewind #4 : Chris Paul aux Lakers, histoire d’un transfert avorté

    Chaque semaine Clutch Time vous propose de faire un bond dans le passé afin de revivre et de réécrire un fait marquant de la NBA qui aurait pu changer le cours de son histoire.

    Cette semaine, on continue notre série avec un flashback vers l’année 2011. Alors que Chris Paul, joueur des Hornets (de la Nouvelle Orléans) arrive sur sa dernière année de contrat, les Lakers en pleine reconstruction, décident de passer à l’action afin d’attirer le meneur All-star lors de l’intersaison 2011. Mais rien ne se passera comme prévu.

    La fin d’un cycle aux Lakers

    A-t-on encore besoin de présenter les Lakers de Los Angeles ? L’une, si ce n’est l’équipe la plus emblématique de la ligue et du sport aux États-Unis, la franchise californienne regorge de grands noms du basket décennies après décennies depuis sa création en 1948. Au crépuscule de la décennie, les Lakers restent sur une série exceptionnelle de trois finales consécutives ponctuée par deux titres en 2009 et 2010. Tout va donc pour le mieux pour les « Angelinos ». Pourtant, alors que le champion sortant claque un nouvel exercice solide en saison régulière (57-25, 2ème à l’Ouest), les hommes de Phil Jackson se plantent royalement au second tour des PO face aux Mavericks de Dallas subissant un sweap retentissant. Une sortie bien mal choisie pour le coach emblématique des Lakers, qui avait annoncé son intention de quitter le banc des Lakers après un ultime exercice en guise de tournée d’adieu.

    Un retournement de situation qui va progressivement plonger dirigeants et joueurs dans l’incertitude la plus totale quant à la direction que va prendre la franchise après cet échec cuisant. Il est important de rappeler à quel point les Lakers ont laissé leur empreinte depuis plus de dix ans en NBA. Avec sept finales et cinq titres, les violets et or sont parvenus à réinstaller Los Angeles au centre des discussions et le Zen Master y est pour beaucoup dans cette réussite. Autour du duo Kobe & Shaq puis de Kobe & Gasol, Phil Jackson a su réunir les ingrédients qui firent sa réussite aux Bulls dans les années 90 afin de bâtir une nouvelle dynastie. Menée par son franchise player emblématique, Kobe Bryant, les Lakers doivent désormais proposer un projet au moins aussi ambitieux pour convaincre l’arrière all-star qu’il a fait le bon choix en prolongeant en 2010.

    Rebâtir un nouveau projet

    Afin d’entamer une reconstruction rapide, le GM des Lakers, Mitch Kupchak, souhaite ouvrir un nouveau cycle pour une équipe jugée vieillissante et qui a besoin de sang neuf pour être à nouveau compétitive. Une cure de rajeunissement nécessaire il est vrai à la vue de la moyenne d’âge de l’effectif (30 ans) alors que certains éléments arrivent en fin de contrat et que les Lakers disposent d’une marge financière très limitée pour attirer un gros poisson. La free-agency 2011 n’est guère plus intéressante aux yeux des dirigeants des Lakers. À l’exception du cadet des Gasols (Marc) qui dispose d’une restricted option avec les Grizzlies et du pivot texan Tyson Chandler, la franchise n’a guère plus de choix pour opérer un changement important à moyen terme. Kupchak n’a d’autre choix que d’entamer des négociations et monter un trade avec une franchise et c’est vers le meneur des Hornets de la Nouvelle Orléans, Chris Paul, que son choix se porte.

    Les Hornets de Charlotte

    Commençons d’abord par un petit retour en arrière. La franchise des Hornets voit d’abord le jour en 1988 du côté de la Caroline du Nord dans la ville de Charlotte. Issue d’une expansion de la ligue à la fin des années 80, l’équipe ne tarde pas à se faire un nom au sein de la ligue dans les années 90, autour de joueurs talentueux de Mugsy Bogues à Larry Johnson en passant par Alonzo Mourning. Mais au fil des saisons, la fréquentation du Coliseum de Charlotte diminua de manière très inquiétante aux yeux des dirigeants. Le propriétaire George Shinn, alors en délicatesse avec la justice, la ville et les finances, décide de délocaliser la franchise vers la Nouvelle Orléans en 2002.

    La Nouvelle Orléans, nouvelle ville pour un nouveau départ

    La Nouvelle Orléans va connaître une intégration compliquée durant ses premières années en NBA. Débutant d’abord pendant deux saisons en Conférence Est, les Hornets seront envoyés au sein de la Division Sud-Ouest de la Conférence Ouest dans laquelle elle concourt encore aujourd’hui. Mais l’ouragan Katrina en août 2005 qui causa la mort de plus de 1 800 personnes principalement dans l’état de la Louisiane et au Mississippi va contraindre la nouvelle franchise de se relocaliser temporairement à Oklahoma City (Oklahoma) dans le Ford Center (actuel Chesapeake Energy Arena du Thunder) et il leur faudra patienter deux ans avant de retrouver la Nouvelle Orléans lors de la saison 2007-08.

    Les Hornets vont néanmoins tourner cette triste page de leur histoire et celle des Baron Davis, Jamal Mashburn, David Wesley et Jamaal Magloire pour se reconstruire autour de la draft 2004 et de son 4ème choix, Chris Paul. Le jeune meneur devient rapidement la star d’une équipe désespérément en quête d’ambitions depuis plusieurs saisons pour relancer une franchise engluée dans la seconde moitié de tableau. En dépit des recrues Peja Stojaković et David West, les Hornets ne parviennent pas à dépasser le stade du second tour des PO (2008) et il se dit alors que Chris Paul, à qui il reste une année de contrat, envisage sérieusement de poursuivre sa carrière sous d’autres couleurs que celle de la Nouvelle Orléans.

    Lock-out 2011

    En raison d’un lock-out qui paralyse la ligue depuis plusieurs mois, joueurs, propriétaires et officiels ne sont toujours pas parvenus à un accord pour débuter l’exercice 2011-2012. La raison du désaccord tient principalement dans le fait que plusieurs marchés sont moins attractifs que d’autres et que cette inégalité sur le plan sportif se traduit aussi par des inégalités de revenus. Certains dirigeants craignant qu’un écart plus important se creuse chaque année dans la ligue alors que les joueurs défendaient leur salaire et une facilité de transfert plus accrue, la NBA consent à signer une nouvelle convention qui satisfait les parties.

    Pendant que dirigeants et joueurs cherchent un accord, le propriétaire des Lakers, Jerry Buss, négocie depuis quelques temps avec les Hornets pour faire venir Chris Paul en Californie. Dans le cadre d’un échange incluant Houston, les Lakers proposeraient dans ce deal Pau Gasol (envoyé à Houston) et Lamar Odom afin d’attirer le meneur de jeu quadruple all-star. Difficile alors d’imaginer les autres propriétaires restant les bras croisés face à une situation contre laquelle ils luttent justement depuis plusieurs mois. L’information commence à faire grand bruit dans la presse et elle n’est pas du goût de tout le monde, à commencer par le commissaire de la NBA, David Stern.

    Le Veto de la discorde

    A l’époque, les New Orleans Hornets sont la propriété de la ligue qui doit trouver un nouvel acquéreur après le départ du sulfureux George Shinn. Dell Demps, le GM, est censé avoir les pleins pouvoirs depuis 2010 mais il s’avère que lors des négociations, David Stern himself s’est immiscé dans le dossier CP3 pour ne pas remettre de l’huile sur le feu avec les autres franchises. En mettant son veto sur ce transfert, le commissaire de la ligue voulait mettre tout le monde d’accord pour ne pas être en contradiction avec ses nouveaux engagements et risquer de prolonger le lock-out.

    Quitte à empêcher un trade qui aurait pu (aurait dû ?) être bénéfique pour les parties prenantes, Stern déclarera néanmoins que la faute revenait en grande partie au GM des Lakers. De peur de ne pas opérer de mouvements suffisamment intéressant pour la franchise californienne et par impatience, Kupchak aurait décidé de rompre les discussions pour ne pas attendre que Chris Paul devienne agent libre à la fin de la saison 2011-12. Les Lakers trouveront donc un accord avec les Mavs pour balancer Lamar Odom à Dallas où il ne retrouvera jamais son niveau de jeu et deviendra un paria de la ligue.

    Cet échange semblait pourtant intéressant sur le papier. Los Angeles envoyant d’abord Pau Gasol et Lamar Odom aux Hornets afin de récupérer Chris Paul, les Hornets devaient échanger par la suite l’espagnol aux Rockets contre Luis Scola, Kevin Martin, Goran Dragic ainsi qu’un premier tour de draft 2012. En coulisse un joueur fulmine à l’idée d’avoir eu une telle offre lui passé sous le nez, c’est Chris Paul. Le joueur de la Nouvelle Orléans est mécontent de sa situation en Louisiane. Le meilleur meneur de la ligue est lassé de perdre plus de matchs qu’il n’en gagne, il ne s’imagine pas honorer sa dernière saison et décide de stopper les entraînements avec les frelons à la reprise des matchs de saison régulière.

    Pire encore l’entourage du joueur avance l’hypothèse qu’une plainte pourrait être déposée contre la ligue et David Stern pour contester cette décision. Les Hornets doivent donc s’activer afin de récupérer une contrepartie suffisamment intéressante pour CP3 tout en faisant gaffe de ne pas froisser les autres franchises et son meneur de jeu. Et à la surprise générale Paul va bel et bien atterrir en Californie mais sous les couleurs des Clippers. La NBA donne son aval pour ce transfert mais la contrepartie dans cet échange est néanmoins très maigre pour la franchise. Pour avoir balancer un joueur all-star, champion olympique, meilleur passeur et intercepteur de son histoire, les Hornets récupère l’arrière Eric Gordon, les intérieurs Chris Kaman et Al-Farouq Aminu ainsi qu’un premier tour de draft 2012 (Austin Rivers).

    Depuis 2011

    Chris Paul aux Lakers ça aurait pu avoir de la gueule quand même ! Imaginez un instant une association entre le meilleur meneur de l’époque avec le meilleur arrière shooter de sa génération, des soirées de playoffs, dans un Staple Center des grands soirs comme à l’époque du Shaq et de Kobe. Les Lakers auraient bien évidemment pu être des sérieux candidats au titre à l’heure des « Tres Amigos » de Miami et des redoutables Spurs. Ce trade aurait évidemment bouleversé la hiérarchie de la NBA en inversant plusieurs tendances à commencer par celle des Clippers qui n’auraient probablement jamais enchaînés les campagnes de PO entre 2012 et 2017, de San Antonio ou Oklahoma qui n’auraient peut-être jamais jouer les finales 2012, 2013, 2014. Enfin Kobe Bryant aura pu remporter de nouvelles bagues, approchant un peu plus son père spirituel, Michael Jordan en s’installant un peu plus dans le gotha des plus grands et offrant enfin un titre à Chris Paul.

    Le meneur aux neuf sélections au All-Star Game n’a néanmoins toujours pas trouvé la bonne formule et les succès qu’il aurait aimé accomplir en carrière, que ce soit aux Clippers de 2011 à 2017 puis lors des deux derniers exercices du côté des Houston Rockets. Devenu indésirable aux Texas, le joueur de 34 ans tente un nouveau challenge cette saison dans l’Oklahoma, un lieu qui l’a vu débuter dans la ligue de 2005 à 2007 au moment de l’ouragan Katrina. Les Lakers vont quant à eux enchaîner des saisons de moins en moins bonnes et vont lentement glisser vers un marasme sportif dont ils ne se relèveront pas avant 2018, saison de la signature du meilleur joueur de la ligue, LeBron James.

    Petit top 10 de Chris Paul sous le jersey des Hornets

  • 1990-1991: Michael Adams, le meneur COMPLET.

    1990-1991: Michael Adams, le meneur COMPLET.

    Michael Adams est un meneur d’1m78, né le 19 janvier 1963 dans le Connecticut. Il passe ses années universitaires avec l’équipe des Eagles de Boston College. Il rejoint la NBA, par l’intermédiaire de la draft, en 1985. Il est drafté à la 66ème place par les Kings.

    Le joueur:

    Meneur de poche, Michael Adams a une panoplie très complête. Agile, rapide, pouvant sanctionner à distance, réaliser plusieurs steals par match, étant un super passeur et voyant le jeu avant tout le monde, Adams est un meneur d’une homogénéité dans son jeu rare.

    Débuts en NBA:

    Michael ne commencera à evoluer dans la grande ligue qu’en 1986, 1 an après sa draft, sous les couleurs des Bullets de Washington.

    Mais c’est lorsqu’il rejoint Denver en 1987 qu’il devient un meneur prometteur aux yeux des fans. Ses trois premières saisons chez les Nuggets sont très belles statistiquement. Avec notamment, une superbe saison 1988-1989 qui se conclut avec 18,5 points et 6,4 assists par match.

    Mais, Michael est loin de son pic en terme de niveau. Adams à la sauce 1990-1991, c’est parti !

    Saison lumineuse:

    5 décembre 1990: Adams vs Celtics

    Ce match est une démonstration du talent de basketteur d’Adams. Enchainant les ficelles, ce n’est pas là ou il est le plus impressionnant. Le jeu de passe et la vision d’Adams sont tout simplement exceptionnels. En terme défensif, Adams sort égalment, avec 4 steals, une excellente copie. 30 points, 17 assists et 4 interceptions pour le meneur face aux Celtics de Bird.Victoire des Nuggets en overtime. Bref, magnifique.

    Cette saison d’Adams est avant tout monstrueuse de régularité. Quasiment chaque soir Michael est là pour scorer, passer, intercepter, et réaliser son petit double-double. Voir Adams évoluer est un plaisir pour les yeux. Michael finit sa campagne avec 26,5 points, 10,5 assists et 2,2 steals de moyenne… énorme.Mais, malheureusement, toujours pas de All-Star game ou même de très gros résultats collectifs avec Denver pour lui. L’avenir s’annonce radieux en NBA pour MA…

    Mix de Michael Adams, avec une grande partie des actions venant de cette saison 90-91. Régalez-vous.

    La suite…

    De retour à Washington, la saison 91-92 se déroule très bien pour Adams, malgrès tout de même une baisse statisique (18,7points et 7,6 assists de moyenne). Mais une chose est à retenir, son rêve d’être désigné All-Star est enfin venu pour lui !

    Adams lors du All-Star game

    Mais, tout cela va, malheureusement, se corser. Les performances d’Adams baisseront encore et encore en qualité. Il n’atteindra plus les 15 points de moyenne et sa dernière pige en NBA se bouclera sur un bian 5,4 points de moyenne. On attendait peut être mieux de ces dernières saisons par rapport à tout le potentiel affiché.En évoluant 8 saisons en NBA et en performant splendidement, Michael Adams fut parti de ceux qui ont prouvés que la NBA n’est pas forcément réservés qu’aux grands et qu’à force de travail tout peut arriver. Adams a également était un de ses joueur a gros volume de tirs, à une époque ou cela était bien moins démocratisé qu’actuellement.

    Aujourd’hui, on a voulu vous faire (re) découvrir le talent de ce petit meneur, tant oublié maintenant.

  • Un Jour aux Jeux d’Atlanta, naquit la « Dream Team » USA, troisième du nom

    Un Jour aux Jeux d’Atlanta, naquit la « Dream Team » USA, troisième du nom

    À moins d’un an des Jeux Olympiques de Tokyo, Clutch Time vous propose, à travers une série d’articles, de revenir sur des grands moments de basket à jamais gravés dans l’histoire des jeux.

    Cette semaine Clutch Time nous ramène aux Jeux olympique d’Atlanta en 1996, alors que la Team USA, championne olympique en titre, vise une nouvelle médaille d’or, l’héritage des jeux de Barcelone et des mondiaux de Toronto fit naître une nouvelle cuvée exceptionnelle asseyant un peu plus l’hégémonie américaine sur la planète basket.

    LES JEUX D’ATLANTA

    Cette édition du centenaire des Jeux Olympiques d’été revêt une dimension singulière dans l’histoire du sport. Au-delà de la dimension commerciale à outrance et des problèmes d’organisation et de transport, cette 26ème édition fut une nouvelle fois au cœur d’une terrible tragédie survenue en plein milieu du village Olympique, dans le Parc du Centenaire d’Atlanta, alors qu’une explosion causa la mort de deux personnes et des centaines de blessés le 27 juillet 1996. Un évènement douloureux qui nous ramène alors vingt-cinq ans en arrière lors de la prise d’otages sanglante des Jeux de Munich en 1972.

    Muhammad Ali dernier porteur de la flamme olympique

    Néanmoins ces Jeux d’été demeurent en tout point exceptionnels sur le plan sportif. Le « Kid » de Las Vegas, Andre Agassi (Tennis), va remporter la médaille d’or au même titre que sa compatriote Lindsey Davenport. Le nageur russe Alexander Popov va rapporter quatre médailles dont deux en or sur 50m et 100m nage libre. Enfin le sprinteur américain Michael Johnson tiendra sa revanche des jeux de Barcelone en remportant le 400m puis le 200m établissant au passage un nouveau record du monde du demi-tour de piste. C’est aussi une année placée sous le signe du bleu blanc rouge tricolore avec les premiers titres à l’épée (individuel et par équipe) de Laura Flessel, la première médaille d’or des lourds du judoka David Douillet et bien évidemment le récital de Marie-José Pérec qui réalisera la même performance que Johnson en athlétisme, s’adjugeant l’or sur le 200m et 400m.

    L’héritage des Jeux de Barcelone et de la Dream Team 1992

    Comme à Los Angeles en 1984, la Team USA, forte d’une quasi-invincibilité aux jeux (dix médailles d’or), veut absolument marquer ces jeux à domicile, et ainsi asseoir un peu plus son hégémonie sur la balle orange. Il faut dire que la décision de la FIBA (pourtant rejetée par la fédération américaine) d’autoriser les États-Unis à partir de 1989 d’envoyer leurs joueurs NBA en compétitions internationales, va ouvrir la voie vers une nouvelle ère dans le basket mondial, celle de la Dream Team. Dès lors la magie opéra durant les jeux de Barcelone, alors que pas moins de douze joueurs professionnels représenteront pour la première fois les États-Unis dans une grande compétition.

    Et quels joueurs ! À l’exception du jeune universitaire Christian Laettner (Duke), David Robinson, Patrick Ewing, Charles Barkley, Karl Malone, Larry Bird, Scottie Pippen, Chris Mullin, Michael Jordan, Clyde Drexler, John Stockton et Magic Johnson composent cette « Dream Team » américaine. Un roster de joueurs All-time, qui va créer un engouement jamais vu dans le basket, un déchaînement médiatique autour d’une équipe exceptionnelle qui va faire étalage de son talent et réaliser une véritable démonstration de basket encore inégalée aujourd’hui. Le concept va faire des émules et l’héritage des jeux de Barcelone va se transmettre en 1994 puis en 1996 aux Jeux d’Atlanta.

    Dream Team 1992

    TEAM USA 1996

    Lenny Wilkens

    Lenny Wilkens, entraîneur des Hawks d’Atlanta, est choisi par Team USA Basket pour succéder à Don Nelson (champions du monde en 1994) afin de diriger cette nouvelle sélection américaine lors des jeux 1996. Pour des olympiades qui se déroulent à Atlanta, ville des Hawks, entraînés par Wilkens en personne, le choix du technicien new-yorkais pour mettre sur pied la prochaine équipe américaine championne olympique, semble légitime. Ancien joueur phare des Hawks de Saint-Louis puis des Sonics dans les années 60 et 70, le Hall of Famer est également devenu un coach immensément respecté en NBA et bénéficiant d’une aura particulière vis-à-vis du basket. C’est donc sans grande difficulté que Wilkens, épaulé par ses assitants Jerry Sloan (Utah Jazz), Bobby Cremins (Georgia Tech) et Clem Haskins (Minnesota), parvient à attirer les meilleurs basketteurs NBA du moment.

    Sur les douze joueurs sélectionnés pour le tournoi olympique, cinq d’entre eux ont déjà participé aux jeux de Barcelone. Charles Barkley, Karl Malone, John Stockton, David Robinson et Scottie Pippen entourent ainsi d’autres têtes d’affiches de la NBA, Grant Hill, Anfernee Hardaway, Shaquille O’Neal, Gary Payton, Hakeem Olajuwon, Reggie Miller et Mitch Richmond. Tous incarnent la troisième dynastie de la Dream Team américaine prête à casser la baraque à domicile au mois de juillet. Dans une forme de continuité depuis la médaille d’or en 1992, l’effectif cinq étoiles dont dispose le staff a de quoi faire peur, très peur.

    L’Amiral, Le Dream et Le Diesel

    Lors d’une série de match de préparation olympique en guise de scrimmage, les USA seront sans pitié. D’abord opposée à la sélection US 1990 de Alonzo Mourning et Christian Laettner (victoire 96-90), la sélection olympique va dérouler face aux brésiliens (109-68), chinois (119-58), australiens (118-77) et grecs (128-62). 43 points d’écart en moyenne sur lors de cette tournée. Un rouleau compresseur est en marche. Partout où elle passe, du Michigan à Utah, en passant par l’Arizona, cette Team USA provoque engouement et attente du public. N’en jeter plus, la troisième Dream Team est en marche.

    (liens des matches d’exhibition: Team USA – Team 90 / Team USA – Brazil / Team USA – China / Team USA – Australia / Team USA – Greece)

    Box Score Team USA 96 – Team USA 90

    Dream Team III

    Dream Team 1994

    En comparant les joueurs extérieurs (poste 1 à 3) des trois générations, il n’y a pas photo. La Dream Team originale est imbattable dans tous les domaines. Capables d’aligner à la mène Stockton ou Magic, à l’arrière Jordan ou Drexler et sur les ailes Larry Bird, Pippen ou encore Chris Mullin, impossible de faire mieux pour la décennie. La cuvée 96 prend en revanche l’avantage sur les 94 grâce notamment à la présence des barcelonais Stockton et Pippen ainsi qu’aux sélections de Miller, Payton et A. Hardaway. D. Wilkins, D. Majerle, K. Johnson et J. Dumars restent un ton en dessous en particulier depuis les forfaits de Isiah Thomas et Tim Hardaway initialement appelés pour le mondial 94.

    #1 Dream Team I (Larry Bird, Clyde Drexler, Magic Johnson, Michael Jordan, Chris Mullin, Scottie Pippen, John Stockton)

    #2 Dream Team III (Anfernee Hardaway, Grant Hill, Reggie Miller, Gary Payton, Scottie Pippen, Mitch Richmond, John Stockton)

    #3 Dream Team II (Mark Price, Steve Smith, Reggie Miller, Dan Majerle, Kevin Johnson, Joe Dumars, Dominique Wilkins)

    Le secteur intérieur réserve en revanche une sacrée opposition. Difficile en effet de faire mieux comme casting que l’équipe de Big Men de 96. Les retours de Malone, Barkley et Robinson associés au Shaq’ et Olajuwon font clairement figure de raquette All-Time. En 92, Chuck Daly n’était parti qu’avec le grand Patrick Ewing et le jeune Christian Laettner en plus du Mailman, de Baby TGV et de l’Amiral. Une moins belle raquette pour le coup alors que la Dream Team II, malgré la présence de Mourning, Kemp ou encore Larry Johnson, ne parvient pas non plus à l’égaler.

    #1 Dream Team III (Karl Malone, Charles Barkley, Hakeem Olajuwon, David Robinson, Shaquille O’Neal)

    #2 Dream Team I (Charles Barkley, Patrick Ewing, Christian Laettner, Karl Malone, David Robinson)

    #3 Dream Team II (Larry Johnson, Derrick Coleman, Shawn Kemp, Alonzo Mourning, Shaquille O’Neal)

    LE TOURNOI OLYMPIQUE 1996

    Place aux choses sérieuses ! Du 20 juillet au 4 août 1996, le quatorzième tournoi olympique de basket se déroule au « Georgia Dome » d’Atlanta. Il oppose alors deux poules de six équipes, (USA, Lituanie, Croatie, Chine, Argentine et Angola) et (Yougoslavie, Australie, Grèce, Brésil, Porto Rico et Corée du Sud) pour déterminer au bout du premier tour quelles équipes accèderont en quart de finale. Un premier tour déjà palpitant pour tous les fans venus assister en nombre (entre 30 et 35 000 spectateurs à chaque match) à la démonstration américaine qui devront néanmoins se méfier des lituaniens et brésiliens toujours difficiles à manœuvrer en match.

    Phases de groupes

    Le 20 juillet, Team USA débute timidement son tournoi face à l’Argentine du jeune Fabricio Oberto. On est encore loin de la générations dorée argentine des années 2000, génération qui renversera les USA en 2004, mais l’Argentine vend chèrement sa peau sur le parquet, derrière son arrière Juan Alberto Espil (27 points à 3 sur 7 à longue distance) et la sélection sud-américaine rentre aux vestiaires, menée de deux points seulement (46-44). Une sacrée surprise pour le public qui assiste à un début de tournoi compliqué des américains, qui peine à rentrer ses tirs (7 sur 20 à 3 points) et poser son jeu et chahutés par une équipe pourtant largement à leur portée. Au retour des vestiaires Gary Payton sur une interception, envoi Scottie Pippen au dunk, suivi d’un jump-shot d’Olajuwon dans les premières minutes du match permet à la Dream Team de creuser un écart de huit points. Team USA ne lâchera plus une miette aux argentins, impuissants, et les hommes de Wilkens autour d’une raquette un ton au-dessus, termineront le match par un gros run (19-4) dans les dernières minutes du match. Score final 96-68, David Robinson termine meilleur marqueur des USA aux côtés de O’Neal (13 points, 4 rebonds) et Grant Hill (10 points, 5 passes et 4 rebonds). Une mise en garde pour la Dream Team qui pour la première fois depuis 1992 n’est pas parvenue à dépasser la barre des 100 points en match aux Jeux.
    Box Score

    Le match suivant se veut rassurant. Face à l’Angola, modeste champion d’Afrique 1995 et devant 30 000 spectateurs (record olympique), les joueurs de Lenny Wilkens vont tranquillement dérouler leur jeu pendant toute la rencontre, menant de treize points à la mi-temps pour finir sur une victoire sans forcer (87-54). Malgré la participation et l’effort de toute l’équipe, les États-Unis échouent une nouvelle fois en dessous des 100 unités, les basketteurs américains se répartissant le plus possible le scoring (Karl Malone termine meilleur marqueur avec 12 points, 6 rebonds) avec un Charles Barkley en dessous du double figure (7 points, 7 passes, 9 rebonds) et sans coup de coude. Une explication logique que Grant Hill expliquera quelques années plus tard
    Box Score

    « En fait, c’était plutôt drôle – personne dans l’équipe ne voulait être le meilleur marqueur lors de ces jeux. Parce que celui qui terminait meilleur marqueur devait passer plusieurs heures au contrôle anti-dopage après la rencontre (…) en observant les matchs, tout le monde jouait de manière altruiste en se passant le ballon, car personne ne voulait prendre un tir. »

    Grant Hill

    En ce 24 juillet, un match crucial attend la Dream Team. Pour leur troisième rencontre, opposés aux Lituaniens, médaillés de bronze en 1992 à Barcelone et désormais vice-champions d’Europe (1995), les américains vont devoir sortir le bleu de chauffe devant les quelques 34 000 personnes venues assister à ce match décisif. Face à la nouvelle coqueluche des Trail Blazers, Arvydas Sabonis et aux champions olympiques 1988, Rimas Kurtinaitis, Šarūnas Marčiulionis (absent de la feuille de match) et Valdemaras Chomičius, Charles Barkley et sa bande vont sortir une très grosse performance collective face à des lituaniens qui vont rester au contact durant 23 minutes avant de lâcher prise face au rouleau compresseur américain. À la mi-temps cependant, les hommes de Wilkens n’avaient que huit longueurs d’avances sur les hommes de Garastas (42-50), exploitant encore une fois les quelques erreurs des américains, gênés par la défense de zone des lituaniens. Après un gros run (25-9) au retour des vestiaires, les USA prendront le large pour dépasser enfin la barre symbolique des 100 points (104-82) autour d’une bonne répartition de la marque (16 points pour Barkley, 14 pour Malone et Miller et 13 pour Pippen). L’intérieur Gintaras Einikis terminera néanmoins meilleur marqueur de la rencontre (21 points et 7 rebonds) devant un Sabonis limité par une blessure (12 minutes jouées) et face à une sélection américaine bien trop forte en deuxième mi-temps.
    Box Score

    Post-up de Olajuwon sur Arturas Karnisovas

    Le quatrième round sera finalement un récital pour les USA dans la lancée du match précédent. La Chine difficilement capable de rivaliser, va recevoir une leçon de basket pendant près de quarante minutes. Trop rapides et trop puissants, les joueurs américains vont exploser la raquette chinoise (40 points en 1ère mi-temps) pour mener 62-28 après vingt minutes de jeu. Bien plus adroits (64% FG à 12/24 à 3pts) que lors des précédentes rencontres, Scottie Pippen (24 points, 4 passes), Grant Hill (19 points, 5 passes, 4 rebonds et 5 steals) et Reggie Miller (17 points) vont finir meilleurs marqueurs de la rencontre. Avec un Penny Hardaway altruiste (15 points, 10 passes) et un Shaq’ en double double (13 points, 10 rebonds), les USA empochent une 4ème victoire de rang et conservent leur première place du groupe, se dirigeant lentement vers un nouveau sacre.
    Box Score

    Le 28 juillet se joue alors le dernier match de poule des USA (déjà qualifiés) face à la Croatie de Petar Skansi, médaillée d’argent en 1992 à Barcelone. De vieilles retrouvailles pour les anciens Malone, Pippen et Barkley qui croisent à nouveau la route du futur Bulls Toni Kukoč, de Dino Rađa et Žan Tabak mais privés de son génie Drazen Petrovic (décédé trois ans plus tôt). Le match sera malheureusement à sens unique pour les croates, pas toujours adroits et laminés au rebond (41 prises contre 22). Le collectif américain fera le reste avec un Mitch Richmond en forme (16 points, 5 rebonds) et le double-double de Charles Barkley (14 points, 12 rebonds) et une victoire très nette (102-71). Les croates Tabak (19 points, 7 rebonds), Slaven Rimac (14 points) et Toni Kukoč (10 points, 10 passes) ne sont pas parvenus à stopper le rythme des joueurs américains qui confortablement installés à la première place, valident leur ticket pour les ¼ de finale. De l’aveu même de Kukoč « Je ne m’attendais pas à ce que Pippen et MJ soient aussi sérieux (les deux joueurs étaient contre la venue du joueur croate) … Malgré un pouce gauche cassé je savais que si je ne jouais pas, tout le monde aurait pensé que j’avais peur d’affronter ces types ».
    Box Score

    Sir Charles en contre-attaque face au croate Vladan Alanovic

    « Je ne le connaissais pas il y a quatre ans, je voulais défendre sur lui pour l’éteindre et par la même occasion faire taire les critiques qui disaient qu’il était le meilleur joueur européen à l’époque »

    Scottie Pippen

    Phases finales

    Brésil – USA

    O. Schmidt face à C. Barkley

    Au lendemain de l’incident du Parc olympique du centenaire, l’équipe américaine , qui a du évacuer son hôtel la veille, se retrouvent face aux brésiliens d’Oscar Schmidt (27,4 points par match). L’ailier fort de 38 ans, meilleur marqueur de l’histoire aux Jeux et de cette édition, sera défendu toute la rencontre par Scottie Pippen et Grant Hill, qui à tour de rôle ne lâcheront pas le grand Oscar d’un centimètre en deuxième mi-temps. Terminant avec une feuille de match de 26 points et 5 rebonds, tandis que ses partenaires se feront manger tout cru par la Dream Team, le Brésil s’incline (75-98). Passé le premier tour, les États-Unis jouent plus libéré grâce à une solide défense. Hardaway (14 points, 4 passes), Pippen (13 points, 6 passes, 4 rebonds) et O’Neal (11 points, 11 rebonds) vont se mettre en évidence dans un duel largement maîtrisé par les hommes de Wilkens, solide en défense (38% d’adresse générale pour les brésiliens contre 59% pour les USA) et à la répartition du scoring (aucun joueur à plus de neuf tirs).
    Box Score

    USA – Australie

    Scottie Pippen face à l’ailier Andrew Vlahov

    Plus que deux marches à franchir pour la sélection américaine qui doit se frotter aux surprenants australiens, tombeurs en 1/2 finale des croates (71-73). Difficile d’imaginer les « Aussies » réitérer l’exploit, notamment depuis la correction reçue quelques semaines plus tôt en match de préparation (118-77). Pourtant les joueurs de Barry Barnes surprennent depuis le début des Jeux (victoire face au Brésil et la Grèce) derrière son back court Andrew Gaze (24 points) et Shane Heal (18 points, 5 passes) et veut prouver que le basket australien peut prétendre à une médaille en rivalisant avec la Dream Team. Les intentions étaient bonnes mais les USA, sur un nuage depuis la fin des phases de groupe, roulent sur l’Australie (101-73), laissant même scorer le duo d’arrière australien (44 points cumulés) en première mi-temps. Au retour des vestiaires (51-41), Charles Barkley (24 points, 11 rebonds) sonne le chaos pour les Boomers. Lenny Wilkens charge Reggie Miller de tenir Andrew Gaze (trois points inscrits durant la mi-temps) et la raquette américaine fit le reste. L’absence du pivot des Bulls, Luc Longley, handicapa sérieusement l’Australie qui ne parvint pas à contenir Robinson (14 points, 9 rebonds) et le Shaq’ (14 points, 8 rebonds) ouvrant ainsi une nouvelle victoire à la Dream Team et s’ouvrant les portes de la finale olympique.
    Box Score

    Yougoslavie (Serbie & Monténégro) – USA

    Une belle affiche pour tous les spectateurs présents ce 3 août 1996, car c’est bel et bien la très populaire équipe de Yougoslavie qui défie l’ogre américain. Mais sur le papier, le roster yougoslave cloche un peu depuis quelques années. Il faut dire que les conflits qui ont ravagé l’ex-état d’Europe de l’Est sur fond d’indépendance plombèrent les espoirs de voir un jour la sélection yougoslave renverser la Dream Team américaine. Lors des Jeux de Barcelone, la Croatie n’avait malheureusement rien pu faire face aux mastodontes américains. C’est tout de même avec un roster Djordjevic – Danilovic – Bodiroga – Paspalj – Divac, elle aussi invaincue depuis le début du tournoi qui se présente face à la Dream Team américaine. Après une demi-finale incroyablement serrée face à la Lituanie (66-58), la sélection yougoslave espère réaliser l’exploit qui doit être le sien depuis plusieurs années. Renverser les États-Unis en finale des Jeux, chez eux, devant près de 35 000 personnes pratiquement tous acquis à la cause des joueurs américains.

    La première mi-temps semble tout à fait indiquer cette volonté de mettre en difficulté les champions olympiques. Les hommes de Željko Obradović, utilisent une défense de zone, compliquée à gérer alors pour les joueurs de Wilkens de l’époque, car interdite en NBA. Face à ce casse-tête, américains et yougoslaves se rendent coup pour coup dans un match sous tension. Les coéquipiers de Pippen rentrent difficilement dans leur match, en difficulté avec leur adresse et face à des yougoslaves audacieux qui provoquent les fautes (16 fautes) et derrière un Paspalj en feu (16 points à la mi-temps), Team USA s’en remet alors à la réussite de Miller et les entrées de Barkley, Robinson, Hardaway et Stockton pour finalement prendre les commandes du match après 17 minutes de jeu (36-35). Bodiroga et Divac dans leur rôles de meneurs d’hommes ont parfaitement tenus leur rôles sur cette première mi-temps, l’un en s’arrachant au rebond et l’autre en rentrant les lancers cruciaux pour n’être menés que (43-38) à la pause.

    Shaquille O’Neal défendu par Vlade Divac

    Au retour des vestiaires, le match reprend après une cérémonie en l’honneur de Muhammad Ali. La défense américaine peine encore et toujours face aux champions d’Europe 1995, mais le réveil en attaque des joueurs de Wilkens et les fautes à répétitions des yougoslaves va permettre de creuser un peu plus l’écart. Divac, exclu pour cinq fautes après seulement cinq minutes de jeu va libérer de l’espace pour le récital de David Robinson (28 points, 7 rebonds) et permettre aux américains de prendre le large (77-58) à cinq minutes de la fin. À tour de rôle Reggie Miller (20 points, 4 passes), Penny Hardaway (17 points, 4 passes, 2 steals) et Robinson vont écoeurer la Yougoslavie offrant sur un plateau une onzième couronne olympique aux États-Unis devant un public conquis. Malgré les performances de Papalj (19 points), Djordjevic (13 points, 6 passes, 5 rebonds) et Bodiroga (13 points, 5 rebonds), les USA étaient trop forts, depuis leur banc (60 points inscrits) et avec leur adresse (53 % FG). La Dream Team 3ème du nom rentre ainsi dans l’histoire.
    Box Score

    Pippen levant les bras en signe de victoire

    LA DREAM TEAM II À LA POSTÉRITÉ

    Certes la mise en route des États-Unis fut assez lente. Mais tel un diesel, une fois lancé, aucune équipe n’est parvenue à stopper l’allure des américains jusqu’au titre. Dotée d’une force de frappe deux, voire dix fois supérieure aux autres équipes avec des individualités à leur prime, Charles Barkley et sa bande ont joué un basket d’un tout autre niveau physique et technique sans défaillir un seul instant. Ce même Barkley qui avouera plus tard, dans son style très caractériel, avoir vécu un cauchemar au sein de cette sélection américaine.

    « La seconde Dream Team fut une des pires expériences de ma vie. En 1996 c’était un cauchemar. Les gars ont commencé à se plaindre de leur temps de jeu, à dire ‘Je devrais être titulaire.’ J’étais genre ‘Attendez une minute, Vous êtes loin d’être aussi bons en comparaison de l’équipe dans laquelle j’ai été’ (JO 1992). J’ai détesté ça. »

    Charles Barkley

    En dépit de ces tensions dans le groupe, les États-Unis présentent une fois de plus un bilan immaculé de huit victoires en autant de rencontres, décrochant logiquement la médaille d’or, chez elle, à Atlanta devant près de 35 000 personnes. Pour la onzième fois, Team USA a prouvé au monde entier sa maîtrise du basket et l’écart encore immense (31,7 points d’écart moyen par match) qui séparait les américains du reste du monde. Un écart qui vraisemblablement finira par se réduire avec le temps, mais qu’importe les États-Unis conservent leur couronne olympique et trônent plus que jamais au sommet du basket mondial au XXème siècle.

    L’héritage laissé par la génération dorée de Barcelone s’est propagé tel un brasier durant la décennie, offrant ainsi aux basket américain les plus belles pages de son histoire sur la scène internationale. Il est très courant, même de nos jours, de comparer les différentes équipes de 1992 à 2000 mais il est évident que la Dream Team de 1996 occupe une place à part dans la galaxie du basket. Les hommes de Lenny Wilkens furent en effet les plus proches du niveau de Jordan & co en 1992, tant sur le casting que par leur niveau de jeu et les résultats qu’ils ont obtenus cette année-là, qui ont séduit les foules au Georgia Dome. Il n’en reste pas moins que la Dream Team, la vraie, demeure à la fois sur le plan médiatique, culturelle, historique et sportif la meilleure équipe de l’histoire.

    Vingt-trois ans après et contrairement à son aînée, la génération de 1996 n’a toujours pas été intronisée au Hall of Fame, principalement parce que plusieurs joueurs faisant déjà partie des médaillés de Barcelone, y seraient encore honorés. Mais il est certain qu’elle mériterait d’y entrer pour son succès et son infuence sur le basket actuel. À ce titre plusieurs joueurs (et entraîneurs) sont évidemment entrés au Panthéon des plus grands de leur sport, pas uniquement pour cette médaille effectivement, mais pour l’ensemble de leur carrière respective durant laquelle les Jeux Olympiques d’Atlanta ont compté. Que ce soit Jerry Sloan et Lenny Wilkens ou le Shaq’, onze des douze membres de l’équipe (hors-staff) trônent désormais au temple de la renommée.

    Enjoy !