Étiquette : Houston Rockets

  • Trade de James Harden : analyse pour chacun des camps

    Trade de James Harden : analyse pour chacun des camps

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Après une longue saga pleine de rebondissements à tous les étages vient le point final : James Harden est échangé dans un blockbuster trade mêlant 4 équipes et atterrit aux Brooklyn Nets, où il rejoint son ancien coéquipier Kevin Durant et Kyrie Irving. Un nouveau Big Three s’installe en ville.
    Mais posons-nous quelques instants pour analyser ce trade…


    Brooklyn Nets

    Départs : Caris LeVert, Jarrett Allen, Taurean Waller-Prince, Rodions Kurucs, 3 picks de draft de 1er tour (2022, 2024, 2026), 4 picks de draft swaps (2021, 2023, 2025, 2027)
    Arrivées :
    James Harden
    Note : B

    B comme Brooklyn. B parce qu’on doit attendre et que ça reste un coup de poker.

    D’un côté, on a la vision d’un mouvement vraiment fou. Récupérer James Harden sans lâcher Kyrie Irving ? Impensable il y a quelques semaines voire quelques jours si on écoutait les insiders.
    La vision d’un Big Three Durant/Harden/Irving fait saliver certains fans et rager d’autres. Preuve irréfutable qu’un trade gigantesque vient d’être produit.

    Mais concrètement, qu’est-ce qu’on sait de ce Big Three ?

    La première question qui va être posée va être la suivante : pourront-ils cohabiter ? Un ballon pour 3 superstars comme eux, n’est-ce pas trop peu ?
    Plusieurs éléments de réponse peuvent être apportés d’un point de vue moral, mais concentrons-nous sur les statistiques avec un tableau qui va résumer le propos :

    Statistiques avancées du Big Three de Brooklyn sur les 5 dernières années

    On peut constater un premier point qui mérite d’être soulevé, même si il est loin d’être surprenant : les trois adorent avoir le ballon en main. Avec un taux d’usage moyen de plus de 30%, Steve Nash risque de passer quelques nuits blanches à trouver une alchimie en termes de répartitions de possessions. Cependant, une approche plus globale va nous permettre d’introduire l’élément clé de cette équipe : Kevin Durant.

    Qui a convaincu Kyrie de venir aux Nets ? Kevin.
    Qui a convaincu Harden de venir pour se rappeler les bons moments du temps d’Oklahoma City ? Durant.
    C’est le maître à bord, celui qui lie tout le reste, et plus important encore, le moins « égoïste » des 3.
    Avec 52.4% de ses paniers issus d’une passe décisive lors des 5 dernières années, il dépasse de loin ces coéquipiers stars. De plus, seulement 14.1% de ses tirs depuis 2016-17 viennent de situations où « KD » a dribblé plus de 7 fois, contre 33.1% où il ne dribble pas du tout.
    Il n’a pas peur de sacrifier des possessions pour le collectif, il sait ce qu’il faut faire pour gagner.

    Plus létal, plus collectif, il est celui qui va lier Kyrie Irving et James Harden en leur donnant le ballon. Il est également celui qui a le plus d’expérience en termes de titres et de superteams, il sait gérer un effectif rempli de stars.
    Problème d’égo ? Venant de lui, impossible, mais Nash et lui devront trouver rapidement un moyen de faire cohabiter Irving et Harden, c’est le défi numéro 1. Si Brooklyn réussit à devenir un rouleau compresseur, on ne devrait pas oublier de remercier Durant côté Nets.

    Mais d’un autre côté, on affaiblit considérablement le banc avec la perte de LeVert, Allen, Waller-Prince et Kurucs.
    Le duo Caris LeVert – Jarrett Allen constituait probablement l’un des meilleurs binômes remplaçants de la ligue alliant la justesse technique de LeVert et l’efficacité d’Allen.

    Le pivot avait même réussi à détrôner DeAndre Jordan du 5 de départ au bout de quelques matchs. Et ce remplacement assez récent interroge… Coach Nash n’a pas apprécié l’impact de Jordan et a jugé nécessaire de le mettre sur le banc. Mais maintenant que Jarrett Allen est parti, quelles rotations vont être utilisées à l’intérieur ? L’arrivée de James Harden peut-elle décaler « KD » sur des minutes en temps de pivot ? Est-ce que DeAndre Jordan fera son retour dans le cinq de départ ?
    Avec une rotation faible en qualité (DeAndre Jordan, Jeff Green, Reggie Perry, Nicolas Claxton), les Nets se retrouvent en mauvaise posture, là où Allen équilibrait l’équipe.

    Le dernier point que l’on pourrait aborder est la perte des picks de draft. Condition sine qua non pour les Rockets, l’introduction de nombreux picks de draft fait parler, et rappellent de mauvais souvenirs côté Nets. Mais là encore, les avis peuvent être divisés en deux camps : si le projet fonctionne, même sans rookies, ils pourront toujours compléter l’effectif avec des joueurs expérimentés au salaire minimum en quête de titre, l’attractivité du Big Three s’occupera du reste. Si le projet échoue, le manque de picks pour renouveler l’effectif en termes de talent pourrait faire se faire sentir, et le trade d’une star du Big 3 serait un moyen d’en récupérer…

    Tout repose dans les mains des Nets.

    Houston Rockets

    Départs : James Harden
    Arrivées : Victor Oladipo, Dante Exum, Rodions Kurucs, 3 picks de draft de 1er tour provenant de Brooklyn (2022, 2024, 2026) , 1er tour de draft 2022 de Milwaukee (non protégé) et 4 picks de draft swaps avec Brooklyn (2021, 2023, 2025, 2027)
    Note : A

    On pourrait inventer un dicton : « Là où Russell Westbrook passe, reconstruction il y aura. ».
    En tout cas, les Wizards seraient prévenus.
    Il faut dire que les Rockets et le Thunder possèdent désormais à eux deux 34 picks de draft entre la draft 2021 et 2027. 34 picks. Quasiment 5 picks par draft. De la pure reconstruction !
    Et quelque chose nous dit que les Rockets n’ont pas encore fini, notamment avec les envies de départ de P.J. Tucker…

    En tout cas, félicitations aux Rockets pour s’être sorti de cette impasse avec James Harden. Certes, la perte est énorme, mais tout le monde savait que la situation ne pouvait plus durer.
    Il est clair qu’on aurait pu avoir une meilleure contrepartie du côté de Houston en provenance des Nets, mais ils n’étaient clairement pas en position de force. Que ça soit avec Caris LeVert (envoyé à Houston dans un premier temps) ou avec Victor Oladipo, Houston est gagnant.
    Avec 4 premiers tours de draft en plus dans les années à venir, ils braquent le stock de Brooklyn.

    Évidemment, dans le pire des cas, Brooklyn bâtit une dynastie et les picks seront très bas, pas forcément dans l’intérêt des Rockets…
    Mais imaginons un cas un peu plus mesuré. L’entente du Big Three et l’arrivée de James Harden ne convient pas, possiblement Houston se retrouvera avec des picks placés proches de la loterie, et potentiellement dans la loterie, sans forcément aller dans l’extrême avec le cas de Boston il y a quelques années. Trade up, valeur marchande, steals à la draft, ces multiples picks sont parfaits pour une reconstruction.

    L’arrivée de Victor Oladipo reste parfaitement dans le thème : on prend un joueur avec une bonne valeur, dans un contrat finissant, on observera les offres à la trade deadline, et si jamais rien n’intéresse le front office, il libérera du cap à l’intersaison, toujours cette idée de reconstruction.
    Mais l’idée d’avoir un cinq « revanchard envers la vie » avec John Wall, Victor Oladipo, Jae’Sean Tate, Christian Wood et DeMarcus Cousins peut donner un spectacle sympathique !

    Concernant l’arrivée de Dante Exum et Rodions Kurucs, très difficile de les voir avoir un rôle à Houston, même si le premier, en cas de départ d’Eric Gordon par exemple, pourrait avoir une chance d’intégrer la rotation et de retrouver une gloire passée après des années de blessure…

    Mais dans l’ensemble, un sentiment de soulagement et de tristesse s’empare de la Space City. On vient de perdre l’un des meilleurs joueurs de la franchise, mais la situation était devenue trop tendue, presque invivable et on ne peut pas reprocher à James Harden de ne pas avoir tout donné pour la ville de Houston.
    Place maintenant à la reconstruction !

    Cleveland Cavaliers

    Départs : 1er tour de draft 2022 de Milwaukee (non protégé) et 2nd tour de draft 2024 de Cleveland
    Arrivées : Jarrett Allen, Taurean Waller-Prince
    Note : A+

    Le casse de ce trade ? Si certains doutaient du départ d’Andre Drummond, ce mouvement risque d’achever leur espoir.
    À quelques mois de la fin du contrat du pivot double All-Star, Cleveland vient d’acquérir Jarrett Allen en provenance des Nets. C’est un transfert terriblement intelligent, avec l’un des pivots les plus en vues de ces derniers mois. Meilleur que DeAndre Jordan à Brooklyn, il a commencé sur le banc avant de le surpasser. Coach Bickerstaff aura un choix à faire, et il ne serait pas étonnant de voir Allen titulaire d’ici quelques semaines.

    Meilleur dans l’ensemble, doté d’excellentes mains, plus impactant, plus jeune, moins gourmand, Jarrett Allen possède le profil que les Cavaliers espéraient. Sa collaboration avec un meneur de jeu gestionnaire comme Darius Garland va poser d’énormes problèmes aux défenses adverses.
    Problème ? Il arrive à la fin de son contrat rookie. Étant donné son rendement incroyable, un gros contrat l’attend. On parle actuellement d’une somme autour de 20 millions/saison. Cher ? Oui. Mais c’est 8 millions de moins que Drummond.

    Alors le départ d’Andre Drummond se fera peut-être avant la fin de son contrat. On parle de Boston principalement, grâce à leur trade exception de 28.5 millions de dollars, en quête de renforcement à l’intérieur.

    Le départ de Dante Exum est assez malin, étant donné qu’il n’a joué que 30 matchs sous les couleurs de Cleveland, sans vraiment convaincre et en prenant beaucoup de minutes au backcourt Sexton-Garland sans vraiment impacter le jeu. L’acquisition d’un vrai joueur de banc comme Taurean Waller-Prince (26 ans) ajoute une nouvelle dimension aux Cavs, surtout avec les pertes fréquences sur blessure de Kevin Love.

    Mais le plus gros point pour les Cavaliers dans cet échange, c’est leur contrepartie, ridiculement faible. Ils envoient un second tour de draft et un 1er tour de draft de Milwaukee. Milwaukee ou l’équipe qui ne devrait pas descendre en dessous du 20ème pick avant un bon moment avec la signature sur long terme de Giannis Antetokounmpo.
    Bien évidemment, ces picks pourraient donner un futur All-Star, mais la probabilité est très faible.

    Vrai vrai coup de maître de la part des Cavaliers, en récupérant leur pivot du futur avec le futur départ d’Andre Drummond et un joueur de rotation expérimenté contre deux picks de draft sans grosse valeur.
    Respect.

    Indiana Pacers

    Départs : Victor Oladipo
    Arrivées : Caris LeVert, 2nd tour de draft 2024 de Cleveland
    Note : B+

    On pensait que Victor Oladipo et les Pacers étaient passés à autre chose depuis les nombreuses rumeurs qui l’envoyait à Miami lors de la dernière intersaison. Et bien… Pas totalement… Puisque Indiana sort, à l’instar de Cleveland, s’introduit dans ce trade avec l’idée de dénicher la bonne affaire…

    C’est chose faite avec l’arrivée de Caris LeVert en provenance de Brooklyn, contre Victor Oladipo.
    Considéré comme l’un des 6èmes hommes les plus forts, il va apporter à Indiana deux ingrédients forts : de la polyvalence et de la stabilité. Tout en se séparant d’Oladipo et de son contrat finissant, les Pacers récupèrent un homme en forme avec un contrat sur 2.5 saisons.

    Certes, l’impact de Caris LeVert ne devrait pas être celui d’Oladipo à la « grande époque », mais ce temps est révolu, et malgré un regain d’énergie de la part de l’ex-franchise player des Pacers cette année, la séparation était inévitable, que ce soit par un trade ou lors de la Free Agency à venir.
    Mais leur impact sur le jeu est plus ou moins équivalent :

    On se souvient qu’il avait été drafté par les Pacers en 2016 avant d’être échangé dans le trade de Thaddeus Young quelques jours plus tard.
    Aujourd’hui, on va sûrement imaginer un rôle de scoreur comme pouvait avoir T.J. Warren avant sa blessure au pied. Directement dans le 5 de départ ? En tant que sixième homme comme aux Nets ? Difficile de se projeter, mais l’absence de Warren et le départ d’Oladipo laisse un vide au niveau des titulaires que Nate Bjorkgren risque de combler avec LeVert.
    Quand on voit les performances qu’il a su produire avec les absences de Kyrie et « KD » l’an passé et cette saison, on doute beaucoup moins de ce qu’il pourra apporter à un effectif déjà bien fourni !

    L’association Brogdon/LeVert sur le backcourt des Pacers risque d’apporter un souffle nouveau à Indiana. En compilant à eux deux 13.5 passes par match sur ce début de saison, il s’impose théoriquement comme l’un des backcourts les plus prolifiques de la NBA, pouvant parfaitement alimenter un joueur comme Domantas Sabonis, notamment sur les phases de pick & roll. Cependant, un problème va se présenter : Caris LeVert sans ballon, c’est… très moyen !

    Coach Bjorkgren devra donc satisfaire un duo carnivore (54.7 d’USG% combinés) tout en ayant en tête que l’efficacité de LeVert sans ballon est à prouver, tant elle est très mauvaise. Avec près de 60% de ses points marqués sur des drives cette année, Caris LeVert connait ses forces, mais devra s’adapter à un effectif plus collectif, moins bâti sur la performance individuelle.

    Cependant, en réalisant ce bon coup, les Pacers se rapprochent de plus en plus de leurs espérances, et allié à leur bon début de saison, ils deviennent un peu plus sérieux dans la course aux contenders sur les prochaines années.


    C’est probablement l’un des rares trades de ces dernières années où tous les camps s’en sortent bien : James Harden est parti former l’un des trios les plus attendus de l’histoire, cette histoire est enfin finie, la NBA va pouvoir se consacrer au sport en attendant, qui sait, un nouveau blockbuster trade à analyser (coucou Bradley)…

    Sources : Sports Reference, The Athletic, ESPN, NBA.com, Spotrac, RealGM.

  • Comment forcer son trade: 5 options à votre disposition

    Comment forcer son trade: 5 options à votre disposition

    Voilà déjà plusieurs jours que le MVP 2018 des Rockets fait parler de lui. James Harden, qui avait demandé un trade deux jours avant la Draft 2020 en novembre dernier, ne s’est toujours pas entraîné avec son équipe, et n’aurait pas encore eu de franches discussions avec son nouveau coach Stephen Silas. Ses passages dans des soirées à Atlanta et à Las Vegas en plein cœur de la pandémie marquent une nouvelle « façon » d’exprimer son souhait de quitter l’organisation texane. D’autres stars ont elles aussi manifesté leur désaccord avec leur franchise. Voici cinq cas marquants de ces dernières années. Quel est le style qui vous conviendrait le mieux ?


    Les demandes de transferts des stars NBA ne datent pas d’hier. Wilt Chamberlain à la fin des années 60, Kareem Abdul-Jabbar et Julius Erving dans les années 70, Moses Malone dans les années 80, Shawn Kemp et Charles Barkley dans les années 90, T-Mac et Vince Carter dans les années 2000… Et ce phénomène a pris de l’ampleur au cours de la dernière décennie: Carmelo Anthony, Deron Williams, Chris Paul, Dwight Howard, Kyrie Irving, Jimmy Butler, Kawhi Leonard, Anthony Davis, Paul George, Russell Westbrook …

    Toutes ces stars mécontentes accentuent l’intérêt porté à la Trade Deadline et à la Free Agency. Cette tendance marque également la prise en main des joueurs NBA sur leur carrière, qui n’hésitent pas à tout mettre en œuvre pour forcer la main aux GM afin d’accéder le plus rapidement possible à leur requête. Pour preuves, voici cinq situations étranges qui ont marqué la ligue ces trois dernières années.


    Kyrie Irving sur le banc de touche des Cavaliers. Credit: David Richard-USA TODAY Sports

    Option 1, Kyrie Irving: Si vous ne me tradez pas, je passe sur le billard juste avant le début de la saison

    Juillet 2017, quelques semaines après les Finales perdues contre les Warriors (1v-4d), Kyrie Irving dévoile publiquement ses envies d’ailleurs. Le journaliste d’ESPN, Brian Windhorst évoque un Kyrie fatigué de devoir partager la gonfle avec LeBron James, et souhaiterait être LE joueur d’une franchise. De plus, l’insider confirme que Cleveland travaillait en fait depuis déjà plusieurs semaines sur ce dossier, avec des discussions avec les Knicks (qui ne voulaient pas lâcher Porzingis) et les Suns (qui ne voulaient pas lâcher Josh Jackson…oups).

    Seulement voilà, l’ancien n°1 de la draft 2011 n’est pas du genre à se laisser duper sans contrer les plans de la franchise. Alors qu’il a annoncé sa demande de trade publiquement, le Front Office s’inquiète alors de la chute de sa valeur sur le marché.

    « Des sources ont déclaré à ESPN que les Cavaliers étaient inquiets que la demande d’Irving ait été rendue publique, estimant que cela pourrait affecter sa valeur commerciale. »

    Brian Windhorst

    Classique.

    Mais, ce qui vaut le détour dans cette histoire, on l’apprend bien après son trade à Boston en août 2017. C’est en plein hiver 2018, que Joe Vardon de Cleveland.com dévoile que le meneur All-Star a joué la carte de l’opération pour pousser le néo GM Koby Altman a passé à l’action. C’est simple, si Cleveland avait cherché à le retenir, Irving envisageait de passer sur le billard pour soigner son genou droit (douloureux depuis les Finales 2015) et ainsi mettre en parenthèse la saison 2017-2018 et empêcher toutes tentatives de recoller les morceaux de la part de ses (ex)dirigeants.

    Classe.


    SHENZHEN, CHINA – OCTOBER 04: Le coach Tom Thibodeau aux côtés de Jimmy Butler lors d’un practice sans accroc. (Photo by Zhong Zhi/Getty Images)

    Option 2, Jimmy Butler: Tradez moi, ou bien je décapite vos chouchous surpayés!

    Avec une seule saison sous la tunique des Wolves, Jimmy Butler prévient Tom Thibodeau, à la fois président et coach de la franchise, qu’il fera ses valises à la fin de la saison. Il demande donc simplement à être tradé, à une semaine du training camp… Au début, Thibs pense à tort pouvoir le faire changer d’avis en se remémorant les bons moments passés ensemble à Chicago. Oui mais voilà, Butler n’est clairement pas convaincu par cette équipe drivée par des jeunes loups aux dents de brebis.

    Les jours passent et les rumeurs s’entassent, et voilà que Minnesota offre une extension de contrat de 5 ans et 147.7M$ pour Andrew Wiggins, et il se murmure déjà que Karl-Anthony Towns recevra un contrat Max en 2018. Pendant ce temps là, Thibodeau se montre trop gourmand en affaire et n’arrive pas à un accord avec Pat Riley et le Heat. C’en est trop pour Butler, qui décide de montrer son mécontentement de la manière la plus expressive et physique possible lors d’un banal practice, qui rentrera dans la légende. Accompagné des remplaçants, Butler détruit physiquement et verbalement l’équipe des titulaires et les stars Wiggins et Towns. Déçu de ne pas être déjà en Floride, il se montre également très vocal, et n’hésite pas à beugler sur le GM Scott Layden et évidemment, sur Thibodeau.

    Lors d’une interview avec Rachel Nichols, il reconnait volontier ce qu’il s’est raconté autour de ce fameux practice:

    « C’est vrai en grande partie. Je n’ai pas joué au basket depuis si longtemps. Je suis tellement passionné. Je ne le fais pas pour une raison quelconque, mais pour la compétition. Toutes mes émotions sont sorties en une seule fois. Était-ce la bonne façon? Non! Mais je ne peux contrôler ça quand je suis en compétition. »

    Jimmy Butler sur ESPN

    Afin d’éviter de traumatiser à nouveau les jeunes Wovles, Thibodeau s’est résolu à se séparer de sa star en l’envoyant à Philadelphie en échange de Robert Covington, Dario Saric et Jerryd Bayless le 12 novembre 2018, soit près deux mois après la demande de trade de Butler.


    Kawhi Leonard aux côtés de Patty Mills sur le banc de touche des Spurs. Soobum Im-USA TODAY Sports

    Option 3, Kawhi Leonard: Désolé mon téléphone était en mode silencieux cette saison, par contre vous pouvez me trader à LA?

    Les fans des Spurs vous le dirtont… Ils maudissent le jour ou le pied de Kawhi a rencontré celui de Zaza Pachulia un soir de Playoffs en 2017. Les Spurs menaient de 21 points dans le 3e quart-temps face aux futurs champions. C’est à ce moment précis que la carrière de Kawhi sous le maillot texan à pris du plomb dans l’aile. Cette blessure à la cheville est le point de départ d’une série de DNP pour la saison qui suit. En septembre 2018, sa blessure aux quadriceps est révélée et semble bien sérieuse.

    Néanmoins, les Spurs et leur coach Greg Popovich montrent petit à petit des signes d’impatience quant à un éventuel retour de leur ailier vedette.

    « Il se remet juste plus lentement, pour une raison quelconque. »

    Greg Popovich

    Leonard effectua ses débuts le 12 décembre 2017 et…. termina sa saison un mois plus tard pour un total de 9 matchs joués. Les Spurs doivent publier un communiqué expliquant que leur star sera out indéfiniment. Le problème, c’est que Kawhi s’envole pour New York pour obtenir l’avis de spécialistes. Kawhi veut mener sa rééducation à sa manière sans collaborer avec sa franchise, et sans surprise, cela pose problème et comme le révèle Woj, des tensions naissent entre les deux camps.

    Les Spurs organisèrent une réunion courant mars. Selon ESPN, l’ambiance fut pour le moins tendue. L’équipe pointa du doigt l’absence plus ou moins justifiée de l’ailier All-Star. Plus tard, Greg Popovich et Manu Ginobili affirment devant les médias que l’on ne verra pas le MVP des Finales 2014 en tenue cette saison. Tandis que Tony Parker rajoute de l’huile sur le feu en déclarant que sa blessure aux quadriceps était bien plus grave et qu’il s’en était remis bien plus vite. La goutte d’eau.

    Après toute une saison marquée par un manque de communication et de compréhension entre les deux parties, (et sûrement avec l’appui du fameux oncle de Kawhi), l’ailier ne souhaite plus discuter avec les Spurs et annonce en juin qu’il veut être tradé. Originaire de Californie, sa préférence irait aux Lakers et aux Clippers, vous pensez bien que Popovich et Bufford ne vont pas lui faire de fleurs et décident donc de l’envoyer à l’extrême opposé de Los Angeles en ce qui concerne le climat : Toronto. Vous connaissez la suite.


    Anthony Davis en tenue de civil parmi ces coéquipiers à New Orleans. Crédit: Gerald Herbert/Associated Press

    Option 4, Anthony Davis: Je vous propose de ne plus me faire jouer le temps de faire affaire avec les Lakers.

    Janvier 2018, après avoir atteint les demi-finales de conférence la saison précédente, les Pelicans retombent dans la médiocrité en saison régulière, et la star Anthony Davis est absente pour plusieurs matchs pour soigner sa blessure à l’index. C’est donc dans ce contexte que son agent, l’incontournable Rich Paul, déclare que son joueur ne signera pas d’extension de contrat et qu’il souhaite être tradé le plus rapidement possible. Au beau milieu de la saison, et à un an et demi de la fin de son contrat. Inutile de vous dire que les fans des Pelicans l’ont eu mauvaise.

    Une étrange situation à gérer pour deux franchises. Tout d’abord les Pelicans, évidemment, lorsque « The Unibrow » quitte la salle des Pelicans sans prévenir son coach Alvin Gentry, lors d’un match contre le Thunder. Seul le GM du moment, Dell Demps, est au courant. Et le pauvre Gentry qui se retrouva seul face aux caméras après la rencontre sans savoir où se trouvait sa star. Au final, les Pelicans vont virer Demps qui était en pleine négociation avec les Lakers. L’organisation décida également de ne faire jouer AD que quelques minutes par match et d’attendre la fin de la saison pour l’échanger.

    Les Lakers ont également souffert de cette situation. Les jeunes Ingram, Ball, Kuzma et Hart sont affectés par toutes ces rumeurs de trade, et selon Rajon Rondo, des vétérans ont été également impactés. Même dysfonctionnement au niveau du FO. Alors que New Orleans préfère collaborer avec Magic Johnson, ce dernier insinue que son collègue Rob Pelinka manigance dans son dos, ce qui provoquera le départ surprise de la légende des Lakers en toute fin de saison. Bilan de cette demande de trade : deux licenciements, des joueurs touchés moralement et deux franchises à l’avenir incertain.

    Et puis le miracle eu lieu ! La loterie offre le premier choix de draft 2019 aux Pelicans, ainsi que le 4e choix aux Lakers. Une énorme surprise qui va considérablement faciliter les choses pour effectuer le deal. Davis verra son vœu exhaussé et se retrouvera aux Lakers, tandis que les Pelicans, pas mécontents, récupèreront les jeunes Ball, Ingram et Hart mais surtout le phénomène Zion lors de la draft 2019.


    James Harden durant la « Bubble » – Getty Images via Sportingnews.com

    Option 5, James Harden: Je ne suis toujours pas tradé? Ok je reviens, je dois me rendre à Las Vegas.

    Près d’un mois après sa demande de trade, James Harden est, pour le moment, toujours un Rocket. Oui mais, après avoir vu son pote Russell Westbrook partir à Washington en échange de John Wall, le barbu est toujours décidé à partir, pire, il s’est permis de zapper la reprise des entraînements. Pas la meilleure façon de montrer l’exemple quand on est le joueur le mieux payé de l’équipe, mais là n’est pas la question. La partie qui fait grincer les dents, c’est que le MVP 2018 s’est délibérément montré à des soirées à Atlanta puis à Las Vegas, en plein cœur de la pandémie, sans masque tout en sachant pertinemment qu’il ne respectait pas les consignes données par la NBA pour assurer une reprise convenable de la saison.

    Vous avez donc des superstars mécontentes qui utilisent la carte de la blessure pour ne pas jouer (Kyrie Irving, Anthony Davis et même Scottie Pippen en 1997), et voilà une toute nouvelle technique en maximisant ses chances d’être positif au Covid19 afin de retarder son retour au sein de l’équipe. Le barbu ne se lance pas dans des quotes piquantes à l’encontre de la franchise qui l’a placé au sommet et qui n’a cessé de céder à ses requêtes. Non, il préfère snober son employeur ainsi que son tout nouveau coach Stephen Silas. Le pauvre Silas qui attendait ce poste de Head Coach depuis tant d’années, et le voilà qu’il se retrouve dans une situation invivable avec son franchise player qui veut partir à tout prix.

    Le protocole mis en place par la NBA obligent les équipes à faire passer six tests Covid19 aux joueurs avec un résultat négatif à chaque fois. Déjà arrivé en retard à Houston, cela ne fait qu’accentuer le délais d’attente. Après les départ du coach Mike D’Antoni, et du GM Daryl Morey, Harden ne semble pas vouloir se retrouver avec un propriétaire qui fait débat, ni enclin à discuter avec coach Silas. Une situation délicate et qui doit rendre nerveux toute une génération de fans des Rockets qui ont pourtant défendu corps et âme leur chouchou tout au long de sa carrière. Si cela peut les rassurer, une autre star des Rockets avait demandé à partir en 1992 : Hakeem Olajuwon. Pas sûr que ce coup-ci cette histoire se termine par un happy ending.


    Les demandes de trade des superstars font partie de l’histoire de la NBA. Certaines demandes n’ont pas abouti et le résultat a été plus que satisfaisant pour certains joueurs (Hakeem Olajuwon, Scottie Pippen, Kobe Bryant). Mais ces cas sont rares. Il est en effet très compliqué de recoller les morceaux avec une star mécontente, et il faut avouer que ces situations sont de plus en plus fréquentes, et de plus en plus difficiles à gérer. Il n’en demeure pas moins que pour les cas évoqués dans cet article, les joueurs s’en sont plutôt bien sortis en ayant eu le sentiment de prendre leur destin en main. Et vous quelle technique vous ressemble le plus ?

  • Houston Rockets – LA Lakers : débrief d’un Game 1 surprenant…

    Houston Rockets – LA Lakers : débrief d’un Game 1 surprenant…

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Après une analyse du Game 1 entre Bucks et Heat, direction… Orlando pour la confrontation entre les Houston Rockets et les Los Angeles Lakers, soldée par une victoire des Texans à la surprise générale, eux qui sortaient d’une confrontation compliquée face à Oklahoma City. Retour sur un 1er match qui peut en dire long sur cette série !


    Article à lire : Comment le Miami Heat a-t-il gagné le match 1 face aux Bucks ?


    Les Lakers battus… dans la raquette… mais pas que !

    Aussi surprenant soit-il, Los Angeles a connu une soirée compliquée dans la raquette. Et personne ne pouvait prévoir la physionomie de ce match, car Houston a marqué plus de points dans la raquette que Los Angeles, et ça c’est fort.

    Il faut dire que les différentes confrontations avant ce match avaient vus les Lakers dominer outrageusement les Rockets dans la raquette avec un écart de plus de 13 points dans ce domaine (3 matchs joués avant ce Game 1).

    Mais depuis les playoffs, Houston est clairement transformé. Les séquences offensives sont moins axées sur le tir à 3 points et plus posées sur du jeu demi-terrain. Le résultat est sans appel, les statistiques en playoffs sur les tirs dans la raquette grimpent.


    Tableau représentant les points marqués et encaissés des deux équipes dans la raquette, en saison régulière et en playoffs.


    Encore plus impressionnant, Houston s’impose comme l’une des équipes les plus fortes sur le jeu intérieur depuis le début des playoffs, même devant les Lakers, qui possèdent un des ex-candidats au Défenseur de l’Année nommé Anthony Davis. Alors forcément, quand on affronte le Thunder au 1er tour, ça aide. Mais les 40 points encaissés face aux Lakers expriment une volonté d’être plus agressifs, et corrigent énormément les faiblesses défensives du groupe texan accumulées durant la saison régulière.

    Offensivement, l’équipe de James Harden n’a quasiment rien forcé, profitant du match très faible de l’adversaire pour se projeter vers l’avant et jouer le jeu, avec simplicité. De manière générale, Houston n’a pas été vraiment rayonnant offensivement, mais ils ont fait ce qu’ils savent faire.

    Profitant des 17 ballons perdus par les Lakers, ils se sont procurés de multiples occasions. Les 27 points issus des pertes de balles adverses, pire total des playoffs pour « LA », sont un excellent indicateur du faible niveau proposé par Los Angeles et de la manière dont Houston a su en profiter.

    Savez-vous contre qui les Lakers ont encaissé le plus de points sur pertes de balle cette saison (hors playoffs) ? Houston bien sûr, durant les seeding games 1 , avec 36 points inscrits par les Texans !
    Simple coïncidence, ou véritable épine pour l’équipe californienne ? Difficile à dire, cependant les 1,54 points par possession 2 sur perte de balle pour les Rockets doivent actuellement donner des sueurs froides au coach Vogel.

    Un manque total d’efficacité a frappé les Lakers, avec un peu moins d’un point par possession (0,99) sur le match, contre 1,11 de règle générale.
    Catastrophique au niveau du tir, avec un eFG% 3 de 48.8, Los Angeles ne pouvait pas espérer une victoire, surtout avec un faible 9/24 aux tirs pour eux quand ils furent complètement ouverts (sans aucun défenseur pour les gêner).

    Avec 0,80 points par possession à la suite d’un panier inscrit par Houston, LeBron & compagnie n’ont jamais vraiment mis la pression sur Houston, malgré 3 premiers quart-temps plus ou moins serrés…

    Houston Rockets, maîtres du temps

    Une des caractéristiques majeures de ces deux équipes reste la vitesse de jeu. Houston et Los Angeles font partie des équipes jouant le plus rapidement de la NBA. Entre les transitions de LeBron et celles de James Harden, les 2 équipes devaient se rendre coup pour coup sur un rythme effréné.

    Sur le papier tout du moins, car les Rockets ont joué différemment ! En alternant énormément entre transition et jeu placé, ils ont pris de court des Lakers un peu perdus sur un rythme qui ne leur convenait pas. C’est une stratégie qui avait déjà fonctionné pendant la victoire des Rockets lors du seeding game.

    Avec une moyenne de 15,7 secondes par possession sur le Game 1, Houston explose totalement sa moyenne de saison (13,2 secondes) ! Sur un rythme plutôt lent, ils ont quasiment endormis et pris à contre-pied des Lakers sûrs de leur coup et portés vers l’avant (13,5 secondes par possession, soit -0,5 sur leur moyenne), probablement responsables de ces 17 pertes de balle.


    Tableau représentatif des différents tirs où Houston excelle, comparant la saison régulière et le match n°1 face aux Lakers


    En témoigne directement le tableau ci-dessus, on remarque que Houston a levé les pieds sur les tirs rapides, divisant quasiment par 2 le nombre de possessions finissant par un tir pris en moins de 10 secondes.
    Mais ce « ralentissement » du jeu n’a pas poussé les porteurs de balle comme James Harden à monopoliser le ballon pendant 20 secondes. Le nombre de tirs après plus de 7 dribbles sont restés plus ou moins équivalents à ceux enregistrés durant la saison.

    Des Rockets plutôt patients, plus collectifs, plus sereins, et qui ont été dans le contrôle quelques jours seulement après un Game 7 stressant face à Oklahoma City.
    C’est la clé du match. La patience a joué un rôle énorme dans la victoire des Texans.

    James Harden en mode patron

    Si on peut attribuer le mérite de la victoire au collectif des Rockets, impressionnants de réalisme et d’efficacité, et si Robert Covington (defensive rating de 90.4 4 en 39 minutes de jeu) ou Eric Gordon (11 points dans le dernier quart-temps) ont été vraiment importants, un joueur est sorti du lot : James Harden.

    Il faut croire que le contre sur Luguentz Dort a libéré la bête et l’a rempli de confiance. Véritable responsable du maintien des Rockets en tête durant le match, gestionnaire quasiment parfait sur le rythme, il est l’artisan de cette victoire.


    James Harden au dunk face à LeBron James (n°23 des Lakers), dans une victoire 112 à 97 des Rockets.
    © Photo par Jesse D. Garrabrant / GETTY IMAGES


    25 points sur la première mi-temps. 36 au final. 12/20 aux tirs. Des séquences défensives convaincantes, notamment sur Anthony Davis au poste bas.
    Il a su contrôler le groupe à un moment où Russell Westbrook était très frustré de certaines de ses actions.

    Cependant, il n’a pas pu stoppé « AD » indéfiniment, encaissant 11 des 25 points du joueur des Lakers en moins de 4 minutes de confrontation directe.
    « The Brow » a été le point faible d’une défense collective quasiment parfaite, point qu’il faudra régler pour Houston et exploiter pour Los Angeles…

    Quelques notes sur la 1ère confrontation…

    • Le meneur de jeu des Lakers, Rajon Rondo, est revenu sur les parquets pour la 1ère fois depuis le 10 mars. 24 minutes pour lui dans le G1, avec 8 points, 3 rebonds et 4 passes. Classic Rondo. Enfin statistiquement…
    • Les 25 points de James Harden en 1ère mi-temps se classent à la 2ème place des plus grosses performances sur une première mi-temps dans ces Playoffs. A noter que ses 11 lancers-francs tentés sur cette même période constituent le 3ème plus gros total sur une première mi-temps. L’ancien podium était occupé par… 3 joueurs des Lakers (LeBron + Davis x2) lors de leur série face à Portland !
    • Les Los Angeles Lakers perdent ainsi leur premier match dans chacune de leurs séries jouées. C’est arrivé 3 fois dans leur histoire, et pour la première fois depuis l’exercice 2010/11 (Hornets puis Mavericks). A chaque fois, ils n’ont pas dépassé le second tour des playoffs ! Fin de série ?
    • Dallas, Indiana, Miami, Oklahoma City, Toronto et Utah ont chacun réalisé un match avec 3 joueurs à plus de 20 points durant ces playoffs.
      Houston vient d’achever son 3ème match dans ces conditions, avec 5 joueurs différents dans les 3 performances (Harden, Westbrook, Gordon, House, Green). Isolation Harden n’est-ce-pas ?

    Sources : NBA.com, inpredictable, Basketball Reference, ESPN, RealGM.

    Lexique :

    1. Les seeding games : matchs joués à Disney (Orlando) le mois passé afin de définir les places pour les Playoffs et pour la lotterie NBA. Chaque équipe présente à Disney a joué 8 seeding games.
    2. Les points par possession (ou PPP) : statistique prenant en compte le nombre total de points marqués sur le nombre total de possessions.
    3. L’effective field goal percentage (ou eFG%) : statistique calculée en prenant en compte le fait qu’un panier à 3 points est 1,5 fois plus important qu’un panier à 2 points. Plus l’équipe est adroite à 3 points, plus son eFG% sera élevé. La moyenne pour les équipes NBA est de 52-53%.
    4. Le defensive rating (ou DRtg) : statistique inventée pour mesurer l’efficacité défensive d’un joueur. La moyenne NBA se situe entre 105 et 110.
  • NBA, COVID-19, et après ?

    NBA, COVID-19, et après ?

    Alors que le globe s’est réglé à l’heure COVID-19, le 11 mars, les horloges Tissot ont cessé de tourner en NBA pendant plusieurs mois. Le mardi 2 juin, le conseil d’administration de la grande ligue a validé une reprise progressive de l’entraînement. Un “hallelujah” pour les fanatiques de la balle orange, désabusés pendant ces quatre mois de disette.

    Les playoffs se dérouleront dans un contexte inédit à Disney World Floride dans la bulle. Depuis cette “Salle du temps et de l’esprit”, les joueurs se remettent en condition afin d’être affûtés pour leur premier match officiel, le 30 juillet. D’ici là, les rumeurs des nouvelles contaminations, des entrées et sorties de la bulle sont relayées par les journalistes américains Shams Charania et Adrian Wojnarowski sur Twitter.

    En période de confinement, le réseau social a constitué une plateforme d’expression pour les spectateurs qui ont pu y partager leur frustration et leur nostalgie lors de la mise en suspens de la NBA. La pandémie n’a pas eu raison de notre amour pour le basket, mais elle a changé les règles du jeu. À quoi ressemblera l’après-COVID pour la ligue américaine ? Dans la lignée du “Flu-game” de Michael, votre média ClutchTime vous propose une rétrospective épidémiologique des séquelles de la NBA post-confinement.


    Une bourde franco-française et une société américaine divisée

    Le 11 mars 2020, la Twittosphère n’en a que pour notre Rudy Gobert national, testé positif au coronavirus. Les boutades fusent, plus ou moins fines. Le double DPOY est accusé d’avoir réalisé l’action défensive la plus impactante de sa carrière : un geste clownesque face aux journalistes qui impose un cadenas sur la ligue.

    Le récapitulatif vidéo de la bourde de Rudy Gobert, source : Le Huffington Post/Youtube.

    Rudy assume sa bêtise et présente ses excuses dans un communiqué où il exprime sa volonté de dédramatiser le quotidien des fans dans un contexte d’angoisse collective. Mais avec un premier joueur officiellement atteint, Adam Silver ne prend pas de risque. Il prend la décision historique de suspendre la saison jusqu’à nouvel ordre afin de protéger son organisation.

    À cette date, le virus n’est statistiquement qu’un phénomène mineur aux USA. L’épicentre de l’épidémie se déplaçait doucement de l’Asie vers l’Europe et la société étasunienne restait divisée. Donald Trump, tenait comme à l’habitude une position radicale. Le président crie au complotisme, refuse de porter un masque en public et accuse la Chine comme seul pays responsable de la propagation du virus.

    Le Tweet accusateur de Donald Trump envers la responsabilité du gouvernement chinois. Source, compte twitter de Donald Trump le 20/05/2020.

    “Un abruti en Chine vient de publier un rapport qui accuse tous les pays sauf la Chine pour ce virus qui a tué à ce jour des centaines de milliers de personnes. Que quelqu’un veuille bien expliquer à cet imbécile que c’est “l’incompétence de la Chine” et rien d’autre qui a engendré cette tuerie de masse.”


    Aux côtés de la presse et des manifestations citoyennes du mouvement “Stay Home”, la NBA a constitué un contre-pouvoir à l’entêtement présidentiel. Depuis l’élection de Donald Trump, le basketball marche à contretemps de la Maison-Blanche. Les Champions NBA refusent d’effectuer la visite protocolaire pour recevoir les honneurs du président après leur titre. Staffs et athlètes se positionnent contre le camp pro-Trump et affichent leurs revendications politiques et sociales : du mouvement “Shut Up and Dribble” de LBJ aux récentes manifestations “Black Lives Matter”.

    Jaylen Brown, participant à la marche de protestation “Black Lives Matter” en réaction au décès de George Floyd. Le joueur des Celtics a effectué un trajet de 15 heures en voiture afin d’apporter sa voix au mouvement. Source et crédit photo : NBA.com

    Alors qu’approche la reprise, lorsque Donald Trump réaffirme son attachement au drapeau confédéré hérité de la période esclavagiste. De son côté,la NBA offre la possibilité à ses joueurs d’arborer des messages de paix et de tolérance au dos de leur maillot. La fracture entre le gouvernement et la ligue est nette. Avec près de 4 millions de personnes testées positives à la fin du mois de juillet, les États-Unis restent le pays avec le plus de cas déclarés selon les statistiques de l’OMS. Rétrospectivement, en prenant en compte ce bilan humain dramatique, on ne peut que louer la capacité d’anticipation d’Adam Silver.

    La NBA fut la première ligue sportive américaine à stopper ses activités. La fermeture de tous ses centres d’entraînement fut actée avant même la mise en suspens de la National Football League (NFL) et National Hockey League (NHL). Cela s’explique aussi car la NBA est habituée à traiter des dossiers sensibles en lien avec la maladie. Notamment lorsqu’à l’aube des années 1990, une annonce vient bouleverser la planète basket.


    Le cas Magic, une ligue déjà préparée

    “Magic” n’a pas volé son surnom sur le terrain. C’est un prestidigitateur à la conduite de balle hypnotisante. La créativité et le culot au service du Showtime à Los Angeles. Avec une ligne statistique de 19.5 points- 11.2 passes décisives et 7.2 rebonds en carrière, difficile de refuser au monstre sacré le statut de meilleur Point Guard de tous les temps. Sa rivalité avec Bird et son sourire chaleureux ont participé à fidéliser toute une génération de fans durant la décennie 1980.

    “Plusieurs fois, il lançait la balle et je ne savais pas où elle allait atterrir. Et là, un de nos gars la reçoit dans ses mains et marque, je me retrouve à revenir dans ma moitié de terrain à me demander s’il ne l’a carrément pas fait passer à travers quelqu’un”.

    Source : Michael Cooper, ancien coéquipier de Magic pour Legends Profile NBA.com.

    À l’aube des années 1990, le parcours flamboyant du meneur de 32 ans est pourtant stoppé net. Le 7 novembre 1991, il s’exprime dans une conférence de presse et annonce publiquement sa retraite. Earvin Johnson Jr. vient d’être testé positif au virus d’immunodéficience humaine (VIH).

    À cette époque, le SIDA est un sujet de psychose dans la société américaine. Il est associé à l’homosexualité pour de nombreux Américains. Alors que les premiers cas de contamination apparaissent en 1981, la maladie est souvent appelée avec ignorance “gay cancer”. La recherche scientifique contre le virus est encore balbutiante et le gouvernement américain n’a pas identifié l’ampleur de la menace épidémiologique. Les causes de sa propagation sont encore méconnues. Les pratiques sexuelles non protégées ou le partage d’aiguilles lors de la prise de stupéfiants en intraveineuse sont des pratiques à risque récurrent dans la société américaine, notamment parmi les populations précaires.

    L’annonce de la séropositivité de Johnson plonge le monde du sport dans la consternation. Face au drame, le numéro 32 des Lakers agit avec intelligence. Il choisit d’user de sa notoriété pour inciter le public à ne pas perpétuer les mêmes erreurs que lui.

    La prévention reste le traitement le plus efficace contre cette maladie. En tant qu’icône mondialement reconnue, son intervention pour la sensibilisation de tous est décisive. Magic est un jeune afro-américain hétérosexuel issu d’une famille ouvrière du Michigan, qui a atteint l’excellence à la sueur de son front. Il est la preuve de la vulnérabilité individuelle face au SIDA, un virus qui n’inquiète pas seulement les minorités invisibles ou la classe populaire.

    L’image de l’enfant chéri de la grande ligue, avec trois MVP et 5 titres de champion, est assurément ternie par cette annonce. Sa femme est enceinte d’un enfant qui risque de payer les conséquences de son insouciance. La NBA est d’ailleurs divisée alors à propos du cas Magic. : un contexte inédit très bien retranscrit par les images d’archives publiées par la ligue.

    Dossier de la chaîne YouTube officielle de la NBA lors de la déclaration de la séropositivité de Magic.

    On y voit le témoignage de David Stern, le commissioner de l’époque, en sortie de conférence de presse. Il salue le courage de son joueur qui assume ses erreurs et doit prendre une décision au tournant de sa vie. Des figures importantes comme Pat Riley, alors coach des Knicks, ou Larry Bird, éternelle némésis de Magic, apportent leur soutien au joueur.

    Mais beaucoup d’autres joueurs et membre du staff sont terrorisés par l’annonce. Les comportements et sorties médiatiques ne sont pas toujours mesurés. En coulisses, le meneur des Lakers est qualifié de “mort vivant” en raison de son affliction. La peur de la maladie recompose les rapports de Magic avec son entourage, avec une distanciation sociale qui lui est parfois imposée.

    Alors qu’un retour de Johnson se profile en coulisse pour le All-Star Game 1992, sa séropositivité inquiète. Le 1er octobre, le journaliste Harvey Araton du New York Times rapporte les propos de Karl Malone. La superstar du Jazz ne veut pas évoluer sur le même parquet que Magic.

    They Can’t tell you that you’re not at risk, and you can’t tell me that there’s one guy in the NBA who hasn’t thought about it”.

    Ils ne peuvent pas nous assurer que le risque zéro n’existe pas, et n’allez pas me raconter que toute personne en NBA n’y a jamais pensé.

    Magic fera pourtant progressivement son retour et poursuivra sa relation avec la grande ligue. Notamment, car la NBA offre des stages de prévention et d’information à ses employés afin d’élever leur connaissance du virus, comme le rapporte le journaliste insider Sam Smith pour le média Japan Times.   

    Comment peut-on apprécier cet événement au regard du contexte pandémique actuel ? Certes, la situation est différente, car si Magic est à l’époque un cas isolé parmi les joueurs. Une superstar dont le drame et l’engagement ont souligné que tout individu était responsable face au risque de contamination. La pandémie de la COVID-19 a malheureusement aussi affecté et mis en danger des familles de joueurs, c’est un drame collectif qui touche toute la ligue et la société américaine. Dès lors, le positionnement et le discours des athlètes en tant que role model est essentiel. Ils sont des acteurs écoutés et respectés dont la voix importe pour éveiller les consciences collectives à la prévention.

    Le sport est une facette prédominante de la société américaine, mais même menacée, son sauvetage ne doit pas mettre en péril la sécurité de tous. Les prises de position médiatiques de Damian Lillard ou Kyrie Irving contre un retour du jeu en ce contexte sanitaire sont ainsi essentielles. Elles permettent d’entretenir la réflexion autour des enjeux liés à la reprise, et à ses conditions sécuritaires pour les joueurs et tout le staff NBA. Cet équilibre fragile et incertain soulève une interrogation majeure :  quel sera le visage de la NBA à l’issue de cette crise ? 


    Les conséquences de la pandémie et les solutions envisageables

    Un modèle économique en sursis

    Alors qu’il restait encore 259 rencontres à disputer sans compter les séries éliminatoires, la suspension de la saison a eu effectivement des conséquences immédiates, mais également des répercussions sur le long terme à la fois sur le plan financier, social et sportif, d’autant plus que la ligue sera très certainement amenée à revoir son modèle économique et son organisation.

    Rétrospectivement, la santé financière de cette dernière était déjà vacillante avant d’être frappée par la crise de la COVID-19. L’épisode de l’incident diplomatique entre la Chine et le GM des Rockets, Daryl Morey, qui affichait en octobre dernier son soutien aux manifestants à Hong Kong, a déjà amputé à la NBA un peu plus de 150 millions de dollars de revenus essentiellement liés aux droits TV et des recettes publicitaires ou de sponsoring.

    Après avoir écarté l’idée d’une annulation de la saison, les rencontres disputées à huis clos devraient néanmoins entraîner des pertes estimées à près de 500 millions de dollars et plus du double pour les playoffs. Selon Forbes, chaque match de saison régulière rapporte en moyenne 1,2 million de dollars, 2 millions pour un match de playoffs, soit quelque 470 millions de dollars rien que pour la billetterie, sans compter les recettes annexes telles que l’alimentation et les produits dérivés dans les boutiques et les salles, la somme grimpe alors à plus 700 millions de dollars selon le Washington Post.

    Une perte colossale et des conséquences bien réelles pour l’économie, les employés des salles et autres acteurs physiques autour de la NBA se sont soudainement retrouvés au chômage technique. Afin d’y remédier, plusieurs joueurs et personnalités influentes, parmi lesquels Rudy Gobert, ont annoncé très tôt des dons substantiels en prenant en charge dans certains cas une partie des salaires et les frais des personnes les plus vulnérables.

    Le Wells Fargo Center était la salle qui accueillait le plus de spectateurs en moyenne cette saison (Photo by Mitchell Leff – Getty Images)

    Ces aident n’ont néanmoins pas empêché le licenciement par la ligue d’une centaine d’employés il y a quelques semaines, alors que cette dernière prépare la reprise avec un effectif et un budget revus à la baisse. Un timing immédiatement pointé du doigt, d’autant plus qu’il s’agissait vraisemblablement d’une manœuvre déjà planifiée depuis de longue date d’après le responsable RH de la NBA, Eric Hutcherson.

    Les droits télévisuels de la ligue, estimés quant à eux à quelque 2,7 milliards de dollars annuels, sont de plus en plus menacés. En effet si les téléspectateurs venaient à déserter les différents Networks américains, ces derniers pourraient tout à fait exiger des compensations financières pour les sommes déjà versées au préalable pour couvrir les pertes liées aux annulations d’un certain nombre d’événements sportifs tels que les JO de Tokyo. Pour l’heure, l’industrie télévisuelle américaine parvient à limiter ses pertes en regroupant certaines de ses offres, mais de façon temporaire.

    Car si les revenus liés au marketing et à la billetterie sont importants et témoignent de l’attractivité de la NBA auprès du public, les revenus qui découlent des droits télévisuels et des sponsors le sont d’autant plus, puisqu’ils comptent pour près de la moitié du chiffre d’affaires de la ligue chaque saison, soit environ 4.1 milliards de dollars sur les quelques 8.7 milliards générés par la ligue sur le sol américain et à l’international avec les NBA Global Games (source : statista.com).

    Ce sont finalement les acteurs de la NBA qui vont en subir les conséquences, à commencer par les dirigeants et les joueurs qui verront très certainement le salary cap baisser dès la saison prochaine, d’environ 15 millions de dollars selon une estimation de Bleacher Report, avec comme crainte un effet de contagion pour les saisons à venir, remettant ainsi en cause les futures négociations lors de la Free Agency.

    La ligue et le syndicat des joueurs ont notamment évoqué une clause de « force majeure » dans la convention collective qui stipule que les dirigeants des franchises peuvent réduire graduellement les salaires des joueurs dans le cas d’une annulation définitive de la saison et la NBA s’est également engagée à revoir le plafond de la Luxury Tax.

    Une nouvelle approche

    Face à une situation aussi inédite dans l’histoire de la ligue, la nécessité de développer une « culture du risque » prend alors tout son sens. Que ce soit en matière d’organisation et de logistique pour le transport, l’hébergement et l’accompagnement des joueurs ou encore la mise en place d’un protocole sanitaire, la NBA a décidé de prendre toutes les précautions nécessaires.

    Une ligue qui se veut exemplaire donc et qui cherche à sensibiliser dans un premier temps les acteurs de la ligue, à travers un discours de prévention qui a pour but de rassurer , mais surtout d’informer le public et les joueurs des règles de conduite, réflexes et gestes barrières à adopter à travers des actions caritatives et notamment la campagne « NBA Together ».

    La mise en place d’une organisation inédite des workouts, des matchs à huis clos et d’une logistique toute nouvelle est la condition nécessaire au retour de la compétition. La NBA a donc dépensé plusieurs dizaines de millions de dollars supplémentaires dans les infrastructures d’Orlando et la bulle autour du campus et des hôtels des équipes. Leur accès est réduit principalement aux staffs et aux joueurs des équipes, tout comme leur contact avec l’extérieur qui nécessitera une autorisation de la ligue. Enfin le matériel de protection (masques, gels, ou encore des trackers de sommeil pour suivre l’état de santé des joueurs …) et des tests de dépistage à la COVID-19 sont prévus pour permettre le bon déroulement des rencontres.

    Dans l’immédiat, la reprise tardive de la saison va irrémédiablement entraîner un décalage du calendrier et la question du nombre de matchs à disputer en 2021 doit être prise au sérieux. La possibilité de réduire la durée de la saison régulière en passant de 82 à 70 matchs avait même été un temps évoquée bien avant l’arrêt de la saison.

    Un projet envisagé visait à réformer la ligue pour maintenir l’attractivité de celle-ci, face à des audiences TV en baisse lors des Finals 2019 (-14%) ou encore en début de saison entre le mois de septembre et le mois de décembre (-15%).

    Certains matchs du début de saison ont à peine dépassé le million de téléspectateurs, raison pour laquelle la ligue se tourne désormais vers son offre numérique à la demande, qui a en revanche connu une croissance spectaculaire, notamment depuis le développement de son offre à l’international en 2014 (une hausse d’audience de 16% et des souscriptions de 21% rien qu’en 2018-19).

    La journaliste-reporter de terrain, Kristen Kenney, qui couvre les matchs du Jazz à la Vivint Smart Home Arena de Salt Lake City

    La NBA a même proposé pendant plusieurs mois un accès totalement gratuit à son League Pass et face à l’éventualité d’une pandémie prolongée et la perspective de match à huis clos en 2021, la ligue ne doit négliger aucune piste pour garantir son attractivité auprès des fans en développant ses contenus (League Pass, E-sport, entre autres).

    Néanmoins, Adam Silver a démenti vouloir raccourcir la saison 2020-21, quitte à ce que les franchises enchaînent les back-to-back et disputent un nombre de matchs plus important en semaine de décembre à avril, ce qui amènera logiquement à plus de load management avec un risque de blessures accru, en plus de composer avec la sphère sanitaire.

    Le report des Jeux en juillet 2021 sera également une contrainte supplémentaire dans ce calendrier, car si dans le meilleur des scénarios les Finales venaient à se terminer fin juin, les joueurs retenus avec la Team USA pourraient faire défection les uns après les autres comme ce fut le cas lors du dernier Mondial.

    Car au cœur du jeu, c’est bel et bien la question des joueurs qui reste cruciale. Puisque ces derniers garantissent l’attractivité et le spectacle de la ligue, il est important de savoir dans quel état et quelle forme seront les joueurs en août après quatre mois et demi sans compétition.

    La question a le mérite d’être étudiée, d’autant plus que si certains joueurs ont pu bénéficier de cette pause pour soigner des blessures et se reposer, une très grande majorité d’entre eux n’ont malheureusement pas pu bénéficier des infrastructures et d’une préparation physique suffisante pour reprendre en août après une si longue coupure.

    La mise en route avec les workouts et la préparation physique risque d’être assez brutale et de maltraiter les corps des athlètes trop longtemps inactifs pour certains, au moment de reprendre la saison, ce qui pourrait entraîner des blessures. Par ailleurs, l’aspect psychologique et l’impact de ce confinement sur le mental des joueurs ne sont pas à prendre à la légère.

    Au-delà de l’inactivité sur le plan sportif, l’incertitude sur la fin de la saison et les contraintes de chacun liées au confinement sont autant de facteurs qui devront être pris en compte pour la reprise. La ligue a d’ores et déjà autorisé un certain nombre de joueurs à quitter temporairement le campus d’Orlando pour des motifs urgents et/ou familiaux, certains joueurs ont même annoncé qu’ils ne prendraient pas part à la reprise pour des motifs plus personnels.

    Comme évoqué précédemment, le rythme et l’enchaînement des matchs pour la fin de l’année seront primordiaux. Car si la ligue décide de maintenir le cap en 2021 et de condenser les 82 matchs de la saison régulière, les risques de blessures liées à la fatigue, au surmenage et au manque de préparation seront d’autant plus grands, d’où la nécessité de trouver un compromis avec les dirigeants, entraîneurs et joueurs, pour que ces derniers puissent généraliser l’utilisation du load management afin de préserver leur santé, assurer la paix sociale et soutenir l’attractivité économique et médiatique de la ligue avec pourquoi pas la création d’un format de tournoi play-in durant la saison avant peut-être une nouvelle expansion de la ligue.


    En définitive, cette année 2020 fut particulièrement mauvaise pour le basket et cela pour plusieurs raisons. Force est de constater cependant, qu’après plusieurs mois d’attente et à moins d’une semaine de la reprise de la saison, l’engouement médiatique autour de la NBA est resté quasi-intacte, comme en témoigne l’activité récente sur les réseaux sociaux. Pourtant il subsiste des doutes et des questions qui restent sans réponses, à commencer par l’intérêt de cette reprise et les risques qu’elle comporte. Par ailleurs quelle sera la valeur donnée à cette saison et au futur nom du vainqueur du trophée Larry O’Brien qui sera remis en septembre prochain, à côté duquel sera très certainement accolé une mention spéciale ou un astérisque de circonstance.

    Martin Fréguis

    Florimond Binet

  • Ça s’est passé un 14 Mai : Hakeem Olajuwon, sublime dans la défaite face aux SuperSonics

    Ça s’est passé un 14 Mai : Hakeem Olajuwon, sublime dans la défaite face aux SuperSonics

    Parce que la NBA regorge de performances en tout genre passées à la postérité ou progressivement oubliées avec le temps, ClutchTime vous propose de revivre ces matchs et exploits de légende, qui ont façonné l’histoire de la ligue d’hier à aujourd’hui.

    Avant de devenir le grand Hakeem avec un H, Olajuwon était déjà sacrément bon à ses débuts dans la ligue dès 1984. All-Star lors de sa saison rookie, le pivot jouit déjà d’une énorme expérience en playoffs et sa carrière semble déjà promis à un bel avenir. Finaliste malheureux en 1986 face aux Boston Celtics après une campagne où il va porter à bout de bras son équipe, le nigérian compte bien ponctuer la saison 1986-87 par une bagouze au moment d’aborder ses troisième séries éliminatoires en trois ans.


    The Dream Shake

    Drafté à la première place de la Draft 1984, le natif de Lagos va s’imposer comme l’un des pivots les plus impressionnants de la ligue durant l’âge d’or des intérieurs des années 80 à 90. Son style de jeu technique et sa mobilité exceptionnelle font du Rocket un big man moderne que beaucoup de joueurs tenteront de copier par la suite néanmoins sans parvenir à l’égaler. Dès ses débuts, Akeem (la lettre « H » viendra lorsqu’il se convertira à l’islam) fait preuve d’une efficacité et d’un sens du jeu assez impressionnant et son association avec l’autre big man texan de l’époque, Ralph Sampson, leur vaudra le surnom mérité de « Twin Towers ».

    Dirigeants et supporters voient désormais chez Olajuwon le digne successeur d’un Moses Malone parti trop tôt quelques années auparavant. Élu par deux fois dans une équipe type en 1984-85 (2nd Defensive) et 1985-86 (2nd All-NBA) et quatrième des votes pour le MVP 1985-86, il sera sélectionné à trois reprises pour le All-Star Game après avoir ramené notamment les Rockets en playoffs et en participant au deuxième Finales NBA seulement de l’histoire de la franchise en 1986, échouant d’un rien face aux Celtics (défaite 4-2), Olajuwon se montrant particulièrement bon durant cette série (25 points, 12 rebonds, 2 passes, 2 interceptions et 3 contres en moyenne).

    Un Décollage manqué

    Dans la foulée d’une défaite en Finales encore douloureuse, Hakeem va passer l’été à préparer sérieusement et encore plus déterminé la saison suivante, en espérant cette fois décrocher un titre. Il réalisera cette année-là un exercice presque similaire au précédent, terminant la saison régulière avec 23.4 points, 11.4 rebonds, 2.9 passes, 1.9 interceptions et 3.4 contres par match. Mais Houston va néanmoins montrer ses limites durant l’exercice, en perdant notamment sur blessure son autre vedette, Ralph Sampson, dont la carrière va basculer après s’être sérieusement blessé au genou gauche, le tenant éloigner des parquets pendant une bonne moitié de saison. Puis en voyant les arrières Lewis Lloyd et Mitchell Wiggins être suspendu pour consommation de cocaïne.

    Avec un bilan de 42 victoire pour 40 défaites, la franchise texane se qualifie logiquement, mais non sans une pointe d’inquiétude, pour les playoffs 1987, terminant ex-aequo avec les Golden State Warriors d’un certain Sleepy Floyd. Houston héritera du Portland de Clyde Drexler et Kiki Vandeweghe au 1er tour sans l’avantage du terrain, mais qu’importe, les finalistes en titre vont enfin se montrer à la hauteur en éliminant les Trail Blazers (3-1), Hakeem Olajuwon se montrant particulièrement remonté sur le terrain en tournant à plus de 27 points (64% FG), 9 rebonds, 4 passes, 2.5 interceptions et 5 contres par match. Il sera d’ailleurs tout proche de réaliser deux Five-by-Five durant la série au Game 1 et Game 4.

    Mal embarquée, Seattle a également connu un exercice 1986-87 compliqué, se qualifiant in extremis pour les phases finales avec un bilan peu reluisant de 39 victoires et 43 défaites. Si les Sonics s’en sont sortis, c’est essentiellement grâce à leur trio Dale Ellis, Xavier McDaniel et Tom Chambers (70 points de moyenne cumulés sur la saison). Opposé lors du premier tour aux redoutables Dallas Mavericks, challenger numéro un des Lakers dans la Conférence Ouest avec un bilan convaincant de 55 wins, les Texans vont pourtant se faire surprendre par la fougue et l’intrépidité des Sonics lors de cette série remportée 3-1.

    Les Séries éliminatoires 1987 et le « Beast Mode » activé

    Un scénario inattendu auquel les Rockets ne seront pas préparés à domicile puisque Seattle s’imposera coup sur coup lors des deux matchs hors de leurs bases, d’abord en prolongation lors du Game 1 (111-106) avec un Dale Ellis tout feu tout flamme (34 points), puis lors du Game 2 après avoir remonté un écart de plus de dix points dans le dernier quart-temps, Ellis terminant une fois de plus le match avec trente unités, tournant en dérision Robert Reid. Dos au mur et désormais dans le rôle du chasseur, Akeem Olajuwon (28pts, 16rbs au Game 1 et 27pts, 13rbs au Game 2) et les Rockets vont devoir s’arracher à l’extérieur pour enfin exister dans la série.

    Lors du Game 3 au Coliseum de Seattle, le pivot va passer un nouveau double-double avec 33 points (14/20) et 11 rebonds ainsi que 4 contres pour décrocher enfin une première Win, malgré un apport encore très léger du supporting cast des Rockets, où seul Ralph Sampson se montrera à la hauteur (18pts, 7rbs) dans une victoire 102 à 84. La joie sera malheureusement de courte durée pour les hommes de Bill Fitch, Houston s’inclinera lors du Game 4 (117 à 102) face à des Sonics de nouveau au complet après le retour de leur pivot Alton Lister, blessé depuis plus d’un mois. Gêné par la raquette adverse, les Twin Towers compileront 38 points seulement ainsi que 12 rebonds et 6 contres, tandis que Dale Ellis (32 points) et Tom Chambers (38 points) se feront un malin plaisir d’enfoncer le clou.

    source : Brian Drake NBAE via Getty Images

    Win or Die

    À un match de l’élimination, Houston doit sortir le grand jeu au Summit de Houston lors du Game 5 à domicile. Pas toujours en forme jusque là, notamment en défense, l’équipe de Houston va néanmoins réaliser son meilleur match de la série. À l’image du trentenaire Allen Leavell (15pts) et de l’ailier Rodney McCray (24pts, 11ast, 10rbs), les Rockets vont prendre le meilleur sur Seattle 112 à 107, Akeem se montrant particulièrement redoutable sous le cercle. Il terminera la rencontre avec 26 points, 6 rebonds et surtout 7 contres, martyrisant Lister en attaque et éteignant complètement Tom Chambers (15pts à 4/16 et 9 rbs) et Ellis en première mi-temps (2pts).

    Un effort en appelant un autre, les Rockets ne sont plus qu’à une victoire d’égaliser et d’obtenir un septième match décisif à domicile. Seules quatres équipes dans l’histoire sont parvenues à remporter une série au meilleur des quatre matchs après avoir été menée 3-1, les données ne jouant pas en la faveur des texans qui doivent se déplacer une dernière fois au Coliseum de Seattle. Les champions de Conférence en titre vont s’accrocher durant toute la rencontre face au trio incandescent Ellis (36 points, dont 17 sur les vingt première minutes de la rencontre, 9 rebonds), McDaniel (24 points, 12 rebonds), Chambers (37 points, 8 rebonds) derrière un Olajuwon déchaîné en première mi-temps (15 points, 13 rebonds et 4 contres).

    Ellis justement réalisera plusieurs actions décisives à moins d’une minute de la fin de la partie , d’abord en captant un rebond offensif précieux, puis en provoquant la perte de balle de l’arrière remplaçant des Rockets, Dirk Minnifield, à moins de 25 secondes de la fin en inscrivant un tir primé pour égaliser à 107 partout. Le backcourt des Rockets souffre énormément en défense face à Ellis qui se joue de ses vis-à-vis Robert Reid et Allen Leavell, rapidement handicapé par les fautes, ce qui conduira Bill Fitch à donner un gros temps de jeu au remplaçant Steve Harris, sans toutefois empêcher le come-back des Sonics en deuxième mi-temps.

    Malgré une avance de cinq points à moins d’une minute de la fin du temps réglementaire, Houston ne parviendra pas à s’assurer la victoire, manquant coup sur coup leurs tirs, d’abord avec Ralph Sampson à 15 secondes de la fin, puis Olajuwon qui manquera le panier de la gagne au buzzer sur un jump-shot. Envoyée en prolongation, Houston manquera une nouvelle occasion de tuer le match à cinq secondes de la fin de la première prolongation en manquant un lancer-franc. Une nouvelle fois en difficulté, les Rockets finiront par s’incliner une nouvelle fois au bout d’une deuxième prolongation remportée 13 à 10 par les hommes de Bernie Bickerstaff.

    Au final Akeem Olajuwon terminera la rencontre avec 49 points (19/33), 25 rebonds, dont 11 offensifs, 2 passes, 2 interceptions et 6 contres, une performance qui constitue encore aujourd’hui un record dans l’histoire des Houston Rockets malgré la défaite et une élimination prématurée alors qu’une revanche face aux Lakers attendait la franchise texane en Finale de Conférence. Sampson (19pts, 13rbs) et Robert Reid (18pts, 12ast) n’ont finalement pas pesé suffisamment sur le match pour faire basculer cette rencontre en temps voulu.


    Cette performance réalisée par le pivot All-Star des Rockets constituait tout d’abord pour lui un record personnel et une performance assez unique pour l’époque, Akeem devenant seulement le 11ème joueur de l’histoire à inscrire au moins 40 points et 20 rebonds lors d’un match de phases finales, le premier depuis Moses Malone en 1981, déjà sous le maillot des Rockets à l’époque. Échouant de peu à atteindre la barre des 50 points, Hakeem devint néanmoins ce soir-là le troisième joueur de l’histoire à capter 25 rebonds en playoffs à 24 ans seulement. Une performance qu’il récidivera l’année suivante au premier tour face à Dallas en terminant avec 41 points et 26 rebonds et la victoire au bout cette fois-ci.

  • Bilans de la saison  – Soutwest Division

    Bilans de la saison – Soutwest Division


    En ces temps de confinement, afin d’éviter de vous couper totalement de l’univers de la NBA, ClutchTime dresse un bilan de la saison 2019-2020, suspendue depuis le 11 mars. Dans l’attente de son retour prochainement, la rédaction vous propose de revivre les parcours des différentes équipes de la ligue, depuis fin octobre, en faisant le point sur chacune d’elle pour chaque division de la ligue.

    Pour notre dernier bilan de la saison, ClutchTime termine son road-trip dans l’ouest américain avec la Division Southwest. Le trio texan Mavericks – Rockets – Spurs, habituellement bien placé dans la course aux playoffs, se retrouve de plus en plus chahuté par la fraîcheur et l’insouciance des Grizzlies de Memphis ainsi que des Pelicans, au point même de voir les Spurs occuper l’une des pires places au classement de son histoire. Du côté des ambitions, les Rockets se cherchent encore une identité de jeu, tandis que les Mavericks semblent avoir rapidement tourné la page de Dirk Nowitzki en conservant néanmoins un fort accent européen.


    Houston Rockets (40-24) – 6ème

    PPG (118.1) – 2ème / Opp PPG (114.4) – 22ème
    Offensive Rating (113.8) – 2ème / Defensive Rating (110.2) – 15ème

    Le Cinq de la saison :
    R. Westbrook (PG) – J. Harden (SG) – B. McLemore (SF) – D. House (PF) – P.J. Tucker (C)

    Stoppés une fois de plus au 2nd tour par les Warriors (4-2), l’aventure du duo Harden-CP3 semble être arrivée à son terme tandis que les Texans se heurtent à un plafond de verre depuis plusieurs saisons. C’est donc sur Russell Westbrook que le FO a jeté son dévolu cet été, envoyant Chris Paul dans l’Oklahoma pour mieux reformer le backcourt du Thunder entre 2009 et 2012 avec l’espoir de trouver enfin le chaînon manquant. L’effectif ayant très peu changé, à l’exception des fins de contrat (Iman Schumpert, Gerald Green, Nenê) et les joueurs coupés, les Rockets ont surtout vu une grosse part de leur masse salariale englouties par leur nouveau duo. Pour Houston la stratégie reste la même tout comme les moyens, se mêler à la lutte pour le podium à l’Ouest en laissant Mike D’Antoni maître du jeu avant peut-être de céder sa place.

    Le bilan à la mi-mars est plutôt mitigé. L’utilisation du nouveau backcourt s’est révélé satisfaisant, les deux All-Star s’occupent de tout en attaque (62 points en moyenne, 14 passes décisives, 13 rebonds et 3.5 interceptions cumulés), bien aidé par un supporting cast qui parvient à se mettre en évidence. En revanche le manque de continuité dans les résultats et de rigueur en défense, ternissent le bilan des fusées, trop souvent pointés du doigt cette saison pour leur niveau de jeu assez pauvre et stéréotypé. Passés d’un cinq small-ball depuis près d’un an, à un cinq ultra small-ball depuis que le FO s’est séparé de ses derniers Big Men encore en état de jouer en février, MDA joue la carte du coaching audacieux, quitte à se planter et mourir avec ses idéaux. Avec pléthore de joueurs au profil Three-&-D, capables de remonter rapidement la balle et de jouer plus facilement en mouvement tout en s’écartant le plus possible du dessous du panier, on a désormais hâte de voir le rendement de cette équipe en playoffs.

    Plusieurs joueurs n’ont pas été épargnés également par les blessures et autres soucis de santé, expliquant en partie la déception chez certains supporters. À l’exception de quelques joueurs, une grande majorité d’entre eux ont été directement touchés par ce phénomène, Russell Westbrook le premier qui n’a pas connu une intégration réussie immédiatement, lui qui affichait à peine plus de vingt points de moyenne sur les trois premières semaines de compétition, avant de se rattraper après les fêtes de Noël (31.2). De son côté le barbu nous gratifie une fois encore cette saison d’un récital en attaque, malgré quelques matchs qui frisent le grand écart au scoring, Harden devrait conclure sans trop de difficultés un troisième exercice consécutif à plus de trente points par match. Pour le reste, l’étrange gloubi-boulga dans le coaching a permis à certains joueurs de se mettre en évidence de plusieurs manières, comme P.J. Tucker ou Robert Covington au poste 5, mais aussi de révéler certaines qualités chez des nouvelles têtes (Ben McLemore, Chris Clemons, Isaiah Hartenstein) et apporter également son lot de déceptions (Austin Rivers, Ryan Anderson, Thabo Sefolosha).

    En se séparant du jeune Capela en février, D’Antoni choisit désormais la voie du jeu rapide, des possessions courtes et des tirs long-range qui pleuvent. Sous la menace de la jeunesse et la fougue du Thunder et des Mavs, les Rockets vont devoir s’arracher pour espérer aller encore chercher un avantage du terrain au 1er tour. Même si pour l’heure, rien n’est joué au classement, la plupart des équipes se tenant à moins de cinq victoires à l’exception des Lakers et des Grizzlies, il faudra que Houston assure sur ses derniers matchs et ne pas lâcher de précieuses victoires. Cette fin de saison pourrait servir de baroud d’honneur pour MDA, qui arrive en fin de contrat cette année et qui pourrait ne pas être reconduit par sa direction.

    La saison de Houston en quelques chiffres :
    . 10 des 15 joueurs ayant joué au moins 100 minutes cette saison ont tiré la moitié du temps à trois points
    . 1ère équipe à tenter le plus sa chance à trois points (44.3) et 1ère équipe à inscrire le plus de tirs primés (15.4)
    . 28ème équipe au nombre de rebonds concédés aux adversaire par match (47)
    . 29ème équipe à réaliser le plus de passes décisives par match (21.5)
    . Meilleur marqueur : James Harden (34.4 points par match à 43.5% FG)
    . Meilleur passeur : James Harden (7.4 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Russell Westbrook (8 rebonds par match)

    Dallas Mavericks (40-27) – 7ème

    PPG (116.4) – 3ème / Opp PPG (110.3) – 15ème
    Offensive Rating (116.7) – 1er / Defensive Rating (110.6) – 17ème

    Le Cinq de la saison :
    Luka Dončić (PG) – T. Hardaway Jr. (SG) – D. Finney-Smith (SF) – Kristaps Porzingis (PF) – M. Kleber (C)

    Pour Dallas et Rick Carlisle une page s’est tournée la saison dernière avec la retraite de Dirk Nowitzki. Une nouveau chapitre s’ouvre pour les Mavs, qui doivent désormais se réinventer, l’équipe de Mark Cuban n’ayant plus participé aux playoffs depuis 2016. Avec des derniers exercices en-dessous des 50% de victoires, il s’agit d’amorcer un nouveau cycle avec de nouvelles ambitions en visant l’un des derniers spots de la conférence. L’arrivée d’un joueur comme Kristaps Porzingis doit participer à ce processus alors que son association avec le nouveau prodige de la franchise Luka Dončić s’annonçant déjà très prometteuse. En prolongeant notamment une très grande partie de l’effectif et en signant le retour de Seth Curry, Dallas veut miser sur la stabilité et la progression du groupe.

    Et les résultats ont été bien au-delà des attentes. La franchise texane jouant même les premiers rôles une bonne partie de la saison avant de s’installer durablement dans le deuxième wagon de tête de la conférence. L’équipe a notamment débuté de la meilleure des manières en remportant 14 de ses 20 premières rencontres. En perte de vitesse au mois de février avec une infirmerie qui affichait un taux de fréquentation élevé, les hommes de Carlisle ont tout de même réussi à faire preuve de sérieux pour conserver leur spot. L’abattage offensif de l’équipe et sa capacité à devenir incandescente au scoring est une réussite cette saison à l’inverse de son manque de régularité (aucune série de plus de deux victoires depuis le 7 décembre) et d’un jeu défensif encore en rodage. Mais ne boudons pas notre plaisir de revoir les Mavs revenir aussi vite au premier plan, en partie grâce au staff et le coaching bien rodé depuis plusieurs saisons maintenant.

    C’est également et avant tout grâce au talent du néo All-Star Luka Dončić et de son entente déjà remarquable avec le letton Porzingis. Le slovène fait tomber les records de précocité les uns après les autres et progresse à une vitesse vertigineuse, tandis que le second retrouve son niveau d’il y a deux ans qui lui avait permis d’honorer une sélection pour le All-Star Game. Le choix de prolonger une grande majorité de l’effectif cet été s’avère être également une réussite, la plupart des mid-class players ayant gagné du temps de jeu et une certaine réussite sur le plan personnel, tels Dwight Powell, Dorian Finney-Smith ou encore Maxi Kleber, tous devenus de solides role-players avec du temps de jeu. Seth Curry s’est quant à lui révélé être un parfait soliste dans la rotation, devenant l’un des sixièmes hommes les plus productifs de la ligue. Pour chipoter un peu, on peut regretter le manque de tempérament et de leadership en attaque de Tim Hardaway Jr., mais dans l’ensemble, la saison de Dallas ressemble presque à un conte de fée, l’équipe ayant réalisé des progrès énormes dans le jeu et dans les résultats avec un effectif harmonieux et déjà très en avance sur les prévisions du début de saison.

    L’objectif de la franchise, c’est qu’il n’y en ait aucun. Les Mavs, aussi jeune, talentueux et fougueux soient-ils, ont déjà fait preuves d’une grande maturité et suffisamment de maîtrise collective pour, d’une part conserver leur place actuelle, mais aussi viser plus loin lors du sprint final, à condition d’être de nouveau au complet et de voir se maintenir l’état d’esprit actuel du groupe. Dallas doit désormais jouer pour le plaisir des yeux et ne pas freiner ses ambitions. Quoiqu’il arrive, cet exercice aura été un franc succès, et les supporters sont sûrement encore à l’heure qu’il est en pleine contemplation face à tant de talents et de promesses pour l’avenir.

    La saison de Dallas en quelques chiffres :
    . 2ème équipe à tenter le plus sa chance à trois points (41.5) et 2ème équipe à inscrire le plus de tirs primés (15.3)
    . 3ème équipe à concéder le moins de pertes de balle par match (12.8)
    . 5ème équipe à capter le plus de rebonds par match (47)
    . 5ème meilleur bilan à l’extérieur cette saison (21-12)
    . Meilleur marqueur : Luka Dončić (28.7 points par match à 46.1% FG)
    . Meilleur passeur : Luka Dončić (8.7 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Kristaps Porzingis (9.5 rebonds par match)

    Memphis Grizzlies (32-33) – 8ème

    PPG (112.6) – 13ème / Opp PPG (113.7) – 20ème
    Offensive Rating (109.4) – 20ème / Defensive Rating (110.4) – 16ème

    Le Cinq de la saison :
    J. Morant (PG) – D. Brooks (SG) – B. Clarke (SF) – J. Jackson Jr. (PF) – J. Valančiūnas (C)

    Memphis avait déjà bien entamé sa reconstruction la saison dernière. Avec les départs consécutifs de Marc Gasol, Chandler Parsons, JaMychal Green ou encore Mike Conley depuis cet été, c’est un nouveau départ qui s’offre à la franchise désormais coaché par Taylor Jenkins (ex-adjoint de Atlanta et Milwaukee) et qui souhaite redevenir un sérieux contender à l’Ouest d’ici un à deux ans. En ayant récupérer le 2nd choix de la draft, les Grizzlies ont donc choisi de donner les clés du jeu au jeune Ja Morant, et de l’associer à Jaren Jackson Jr. pour constituer un début d’ossature avec laquelle la franchise veut désormais miser sur le long terme. Le nouveau GM de la franchise, Jason Wexler, a jugé préférable de préparer cette saison avec les éléments à dispositions mais s’est en revanche déjà montré très malin en récupérant quelques assets et en se donnant du cap dans la masse salariale de la franchise.

    Décidemment cette division regorge de surprise puisqu’à l’heure où nous écrivons ces mots, Memphis occupait encore la 8ème et dernière place pour les phases finales à l’Ouest. Assez inattendus, les Grizzlies ont surpris les bookmakers et les protagonistes par leur jeu rythmé, séduisant en attaque et un coach qui n’a pas hésité à accorder sa confiance aux jeunes, tout en adoptant le style grit and grind si marquant pour la franchise. Déjà très prometteuse sur le papier, les oursons se sont montrés particulièrement audacieux au moment d’affronter certains cadors, se payant le luxe de plusieurs victoires de prestige. Malgré un départ timide (6-16), Jenkins a su trouver l’équilibre idéal entre l’expérience des uns et un noyau de jeunes vraiment convaincants. Lors de la Trade Deadline, l’équipe est même parvenue à se séparer de certains poids morts comme Solomon Hill et Andre Iguodala afin de récupérer notamment le jeune Justise Winslow en provenance de Miami, ainsi que l’ancien Warrior Jordan Bell.

    Comme évoqué plus haut, la cuvée 2020 des Grizzlies a fait forte impression à la fois dans l’envie et les intentions de jeu. Ces jeunes-là n’ont peur de rien et la relation entre le staff et les joueurs semble promise à un bel avenir. Le futur ROY de cette année, Ja Morant, s’inscrit déjà comme une valeur montante au sein de la ligue et surtout comme le futur de la franchise. Le FO a également flairé le bon coup avec le jeune canadien Brandon Clarke, devenu en très peu de temps le backup parfait d’un Jaren Jackson Jr. dont la relation avec Morant devrait faire des étincelles. Dillon Brooks et Josh Jackson font également partie des belles satisfactions cette année, le premier est revenu en forme après une longue blessure, tandis que le second forme désormais un backcourt redoutable, sans oublier la petite trouvaille à la mène De’Anthony Melton. Pour finir, citons également le leader de cette équipe sans qui toute cette saison aurait pu être différente, le pivot lituanien Jonas Valančiūnas, qui semble se découvrir un tout autre niveau à Memphis depuis un an et demi déjà.

    Les troupes de Jenkins vont devoir batailler ferme jusqu’à la fin de la saison s’ils veulent conserver leur sésame assez inespéré, d’autant que la concurrence s’organisait déjà sérieusement depuis le mois de février en coulisses. Mais le staff semble déterminé à laisser les clés à ses jeunes, pour leur permettre de progresser ensemble dans la victoire, comme dans la défaite, mais avec du cœur et des tripes. Certes plusieurs choses sont encore en progrès, en particulier chez les plus novices pour qui toute cette situation est à la fois enrichissante et constructive pour l’avenir. Comme pour Dallas ou New Orleans, Memphis semble être déjà redevenue une équipe qui compte à l’Ouest, à la fois chiante et compliquée à jouer pour les autres franchises. Dans sa démarche de reconstruction, le FO peut déjà se féliciter de cette saison réussie, et se frotter les mains pour la suite, en commençant bien sûr par les playoffs 2020.

    La saison de Memphis en quelques chiffres :
    . 4ème équipe à tenter le plus sa chance (91) et 3ème équipe à inscrire le plus de tirs (42.8)
    . 2ème équipe à réaliser le plus de passes décisives par match (27)
    . 1ère équipe à réaliser le plus de floater et tirs près du cercle par match (22.8)
    . 25ème équipe à concéder le plus de tirs primés par match (35.2)
    . 6ème équipe à capter le plus de rebonds par match (46.7)
    . Meilleur marqueur : Ja Morant (17.6 points par match à 49.1% FG)
    . Meilleur passeur : Ja Morant (6.9 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Jonas Valančiūnas (11.2 rebonds par match)

    New Orleans Pelicans (28-36) – 10ème

    PPG (116.2) – 5ème / Opp PPG (117.0) – 27ème
    Offensive Rating (110.8) – 15ème / Defensive Rating (111.6) – 18ème

    Le Cinq de la saison :
    L. Ball (PG) – J. Holiday (SG) – B. Ingram (SF) – Z. Williamson (PF) – D. Favors (C)

    C’était l’un des trades qu’on attendait plus, Anthony Davis a finalement foutu le camp de la Nouvelle-Orléans et ce n’est sûrement pas plus mal après la fin de saison bien merdique que Alvin Gentry et ses hommes nous ont offert. Du coup nouvelle saison et nouveau roster pour les Pels qui se sont montrés particulièrement actifs cet été, d’abord en récupérant tous les bambinos des Lakers (Lonzo Ball, Brandon Ingram, Josh Hart), avant de s’attacher les services d’un Derrick Favors en mal de temps de jeu, ainsi que l’agent libre J.J. Redick, mais surtout en récupérant quelques jeunes profils à Atlanta (Nickeil Alexander-Walker et Jaxson Hayes et encore un paquet de picks lors des prochaines draft, de quoi bâtir un effectif sur la durée avec une masse salariale encore très large. Sur le papier, cette nouvelle équipe a de la gueule et peut se révéler être une formation redoutable si les joueurs parviennent à s’entendre, le staff peut même envisager une place en playoffs.

    On savait néanmoins que la tâche allait être relevée, en particulier avec les débuts retardés du nouveau phénomène Zion Williamson, les Pelicans ont en effet attendu la période des fêtes pour finalement lancer la machine après seulement sept succès sur leurs trente premières rencontres. Un retard à combler assez important mais pas impossible aux vues des bilans des autres franchises en janvier, Gentry a notamment pu enfin compter sur son effectif au complet, disposant de solides arguments en attaque pour faire plier un certain nombre d’équipes et revenir en mars quasiment à hauteur de la huitième place occupée par les Grizzlies. Seul bémol, la défense, véritable talon d’Achille des Pelicans, l’effectif étant dépourvu de profils suffisamment bons dans ce registre pour espérer changer cet état de fait. Tout ceci n’a néanmoins pas abîmé l’image d’une équipe très prometteuse et dont les perspectives à long terme se dessinent déjà.

    Car s’il y a bien un joueur dont tout le monde parlait avant même que la saison ne débute, c’est bien Zion. Absent une bonne moitié de la saison, l’ailier à tout de suite fait taire les critiques pour ses débuts et placer la barre très haut, devenant en un éclair aussi indispensable qu’époustouflant. Mais il faut rendre à César ce qui est à César, la grande révélation de cette saison est Brandon Ingram, devenu le patron de l’attaque des Pels cette saison, l’ancien transfuge des Lakers semble s’être enfin rappelé qu’il était capable de jouer au basket à un très bon niveau puisque ses pairs l’ont même honoré de sa première sélection pour le All-Star Game de Chicago en février. Un honneur qui vient récompenser une saison aboutie et qui n’aurait pas pu être possible sans un staff compétent d’une part mais également sans les coéquipiers déterminés et appliqués, à l’image de son pote de chambré aux Lakers, Lonzo Ball, devenu en un rien de temps le meneur titulaire de la franchise, formant l’un des backcourt les plus prometteurs de la Division avec Jrue Holiday. Les renégats semblent déterminer à s’installer durablement en Louisiane.

    Reste désormais à savoir si les Pelicans 2020 seront suffisamment armés et courageux pour aller décrocher le précieux sésame (toujours dans l’éventualité que la saison reprenne). À la lutte avec un nombre de franchises assez redoutables et expérimentées, il s’agit surtout d’observer l’impact qu’auront des joueurs comme Williamson, Ingram et Ball pour définir la stratégie à venir de la franchise, notamment parce que l’ailier All-Star sera agent libre en fin de saison. On aurait tendance à croire et même à espérer que l’équipe conserve ses meilleurs éléments pour juste se donner une idée de leur potentiel réunis sur une saison complète, mais aussi parce qu’avec autant de talent, les Pelicans se doivent désormais d’avoir des ambitions et de trouver enfin un style de jeu fort et des adversaires à qui se frotter à l’Ouest.

    La saison de New Orleans en quelques chiffres :
    . 1ère équipe à tenter le plus sa chance aux tirs par match (92.2)
    . 4ème équipe à capter le plus de rebonds par match (47)
    . 3ème équipe à réaliser le plus de passes décisives par match (27)
    . 29ème équipe à concéder le moins de pertes de balle par match (16.2)
    . 29ème pourcentage de la ligue aux lancers francs par match (72.9)
    . Meilleur marqueur : Brandon Ingram (24.3 points par match à 46.6% FG)
    . Meilleur passeur : Lonzo Ball (7 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Derrick Favors (9.9 rebonds par match)

    San Antonio Spurs (27-36) – 12ème

    PPG (113.2) – 10ème / Opp PPG (114.9) – 24ème
    Offensive Rating (111.9) – 11ème / Defensive Rating (113.7) – 25ème

    Le Cinq de la saison :
    D. Murray (PG) – B. Forbes (SG) – D. DeRozan (SF) – T. Lyles (PF) – L. Aldridge (C)

    Habituellement plutôt malins dans leur recrutement ou leur choix de draft depuis plus de vingt ans, les Spurs ont connu une saison 2018-19 assez loin des attentes malgré une vingt-deuxième qualification consécutive en playoffs. Les retraites de Duncan et Ginobili, conjugués aux départs successifs de Tony Parker, Danny Green mais surtout de Kawhi Leonard, ont fini par rappeler la réalité du business à la franchise texane. L’attente immense autour du duo DeRozan-Aldridge, sensé remettre l’équipe sur le bon rail, se fait toujours attendre, même si les deux joueurs ont une attitude sûrement exemplaire sur le terrain et en dehors. Certaines critiques commencent en effet à pointer du doigt le manque d’entente et de leadership des deux All-Star, conjugués à une panne de coaching et un roster très rajeuni, il fallait au coach Pop les moyens pour rester compétitif cette année. Les arrivées de vétérans tels que Rudy Gay, DeMarre Carroll et du jeune canadien Trey Lyles n’auront pas eu le mérite de rassurer les fans.

    On était bien loin de s’imaginer une saison aussi compliquée et décevante pour coach Pop qui vit son pire exercice depuis sa prise de fonction en 1996. D’un point de vue comptable, les texans ont surtout connu un passage à vide très inquiétant au mois de novembre (3-12), les faisant immédiatement basculés dans la deuxième moitié de tableau. Mais les Spurs ont de la ressource, comme l’attestent les quatre wins en prolongations du mois de décembre, mettant fin à la mauvaise série. Retombés dans leur travers depuis la fin janvier (7-13), le staff des Spurs semble avoir déposer le bilan, tant les choix tactiques furent limités et le jeu trop pauvre. La répartition du scoring semble être un signal encourageant, mais néanmoins contrasté avec la faible prise de responsabilités de certains cadres et l’irrégularité dont ont fait preuves les plus jeunes. C’est donc la panne sèche pour la franchise qui pour ne rien arranger dans son malheur, n’est même pas parvenue à inverser la tendance lors de la Trade Deadline en février.

    D’un côté on peut féliciter de voir DeMar DeRozan et LaMarcus Aldridge être performants, bien que parfois irréguliers ou absents, les deux All-Star portent les Spurs à bout de bras sans pour autant trouver les solutions et une complicité apparente. Les autres cadres de l’équipe comme Patty Mills, Rudy Gay ou encore Marco Belinelli sont également dans la tourmente, inconstants et en manque de prise d’initiatives, tout ce qu’on pouvait redouter vis-à-vis des jeunes, dont la réussite et la progression sont bel et bien à l’image de la saison des texans. Le supporting cast a pourtant de la gueule, le noyau dur de jeunes pépites composé de Bryn Forbes, Dejounte Murray, Derrick White et les plus récents Trey Lyles, Lonnie Walker et Jakob Poeltl sont déjà énormément utilisés par le staff.

    Comme beaucoup en octobre, nous n’imaginions pas écrire ces lignes, mais comme pour tout, les bonnes séries ont toujours une fin et cette année pourrait marquer la fin d’une d’entre elles, celle des Spurs qui pourraient manquer les phases finales pour la première fois en 22 ans. L’équipe va devoir désormais se reconstruire, en pensant déjà à la Free Agency 2020 et la gestion de ses deux plus gros contrats, DeRozan disposant d’une option à activer s’il le souhaite, tout en admettant qu’une nouvelle page de l’histoire de la franchise puisse s’écrire sans un certain nombre de joueurs après 2021. Avec ou sans Gregg Popovich, les texans disposent d’un certains nombres de jeunes qui pourraient s’inscrire dans ce nouveau projet, à conditions d’y mettre le staff et les ingrédients qui ont faits leurs preuves par le passé.

    La saison de San Antonio en quelques chiffres :
    . 1ère équipe à tenter le plus sa chance aux tirs à mi-distance par match (37.2)
    . 1ère équipe à concéder le moins de pertes de balle par match (12.3)
    . 2ème pourcentage de la ligue aux lancers francs par match (80.9)
    . 8ème pourcentage la plus adroite aux tirs par match (47)
    . 26ème pourcentage de la ligue aux tirs à trois points concédés (37.6)
    . Meilleur marqueur : DeMar DeRozan (22.2 points par match à 52.6% FG)
    . Meilleur passeur : DeMar DeRozan (5.6 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : LaMarcus Aldridge (7.4 rebonds par match)
  • 2008: L’impensable série de 22 victoires des Rockets

    2008: L’impensable série de 22 victoires des Rockets

    La NBA aime nous offrir de belles histoires. Entre des équipes charismatiques au parcours laborieux ou bien des franchises sur le point de battre des records longtemps catalogués comme imprenables. Il existe aussi des aventures surprenantes et époustouflantes qui tombe dans un certains anonymat, voici la série historique de 22 victoires consécutives des Houston Rockets en 2008.

    Célébration des 22 wins avec Dikembe Mutombo (via NBA.com)

    5 Mai 2007, après une élimination cruelle au 1er tour des Playoffs lors d’un Game 7 dans l’Utah, le coach Jeff Van Gundy évoque ses doutes quant à son envie de poursuivre l’aventure. Très affecté par cette défaite, JVG fut démis de ses fonctions et ce dernier n’a pas hésité à souffler le nom de Rick Adelman au propriétaire Leslie Alexander, afin d’être remplacer convenablement et non dans l’urgence. Cinq jours plus tard, c’est l’historique GM de la franchise Carroll Dawson (27 ans de service) qui est remplacé par Daryl Morey.

    Rick Adelman, Leslie Alexander et Daryl Morey. Bill Baptist – NBAE via Getty Images

    Il faut bien s’imaginer qu’à ce moment, les Rockets viennent quand même de placer deux nouvelles personnes à des postes importants, mais qui ont une vision et un background totalement opposés. Rick Adelman est un coach expérimenté et réputé de la ligue depuis la fin des années 80. Il est notamment connu pour sa période folle avec les Kings dans les années 2000, avec une étiquette de jeu offensif séduisant mais aussi de magnifique loser.

    Et puis vous avez le tout jeune Daryl Morey (35 ans), qui était assistant GM des Rockets depuis 2006. Un cérébral qui ne vit que pour les « datas ». C’est en s’inspirant du monde du Baseball et de la dictature de la statistique, que Morey va se lancer à la pêche aux données chiffrées : les analytiques. Dans son staff, il est entouré par le futur très critiqué Sam « The Process » Hinkie (GM des Sixers 2012-16), et de Guersson Rosas (GM des Wolves en 2019).

    Au début, les interactions entre le GM et le coach ont semblé compromises, lié au fait qu’ils parlent deux langues différentes. Mais un joueur a pu faire le pont entre les deux hommes, un homme a totalement intégré le système de pensée de Morey, un homme s’est servi des datas à son avantage : l’ailier Shane Battier.

    Shane Battier, la défense avec le sourire. Robert Seale The New York Times

    « Ils ont une façon assez unique de parler basket que personne ne pouvait m’expliquer avant. […] J’étais genre : donner moi toutes les data que pouvez » Shane Battier

    via Houston Rockets.com

    Autre personnalité forte du vestiaire des texans à avoir eu des échanges intéressants avec le Néo GM, le pivot vétéran de 82 41 ans Dikembe Mutombo. Depuis les années 90, le congolais a toujours eu comme habitude de garder la balle après un contre autoritaire et de faire son signe du doigt. Daryl Morey avoua plus tard qu’il avait essayé de négocier avec le joueur afin qu’il arrête ce rituel qui ralentit considérablement le jeu rapide. Pour finir, le pivot a concédé tout de même à lâcher la balle puis faire son signe du doigt.

    Le grand Mutombo avec T-Mac. via Eurosport

    Avant de débuter la saison, le tout frais Front Office de Houston doit se pencher sur la draft 2007 avec comme futures stars, Kevin Durant, Greg Oden (satanés genoux en mousse), Al Horford et aussi Joakim Noah. Le FO a été séduit par le meneur Aaron Brooks (26e), l’intérieur petit mais tonique Carl Landry (31e via Seattle) et a réussi un joli coup en récupérant les droits sur l’argentin Luis Scola dans un échange avec les Spurs.

    Bill Baptist NBAE via Getty Images

    Houston va donc débuter la saison 2007-2008 avec trois rookies « assez âgées » (27 ans pour Scola, 24 ans pour Landry et 23 ans pour Brooks). Un critère essentiel afin de leur trouver du temps de jeu dans les rotations de coach Adelman. Ces petits nouveaux vont donc rejoindre les rangs des deux superstars du moment dont nous n’avons pas encore parlé : Tracy McGrady et Yao Ming.

    Malheureusement, les deux futurs Hall of Famers, sont aussi talentueux et géniaux que fragiles physiquement. Le grand chinois a manqué 59 matchs sur les deux dernières saisons, et 46 pour T-Mac. Pas facile de composer avec de telles incertitudes, mais le roster est complété par des seconds couteaux assez talentueux pour emmener une équipe en Playoffs dans la redoutable conférence Ouest.

    T-Mac et Yao, via http://2008.sina.com.cn/

    Nous avions parlé de Shane Battier, il y a également le meneur freestyle, sorti tout droit des playgrounds new yorkais, Rafer « Skip to my Lou » Alston, le pivot de très petite taille mais néanmoins défenseur incroyable dans la raquette : Chuck Hayes, l’arrière fin et offensif : Luther Head et enfin le joueur en bout de banc capable de planter à trois points : Steve Novak.

    Malgré un effectif compétitif, les débuts sont compliqués et Adelman présente des difficultés à inculquer sa mentalité offensive et la défense n’est pas en place. Les Rockets font face à une mauvaise série en novembre avec 6 défaites de rang. Pire ! T-Mac se blesse le 23 décembre 2007 lors de la défaite à Detroit. Un mois d’absence pour la star et Houston qui est coincé dans le ventre mou de la terrible conférence Ouest avec un bilan de 13v-15d.

    Le déclic a eu lieu lors de la venue des Warriors de Baron Davis et de Stephen Jackson le 29/01/08. Suite à un discours très inspiré du sophomore Chuck Hayes, le vestiaire a enfin trouvé de réels motifs de se battre, de construire quelque chose et d’avancer vers un objectif commun tout en maintenant la cohésion du groupe. Ce soir là, Houston remporte le match 111-107, sans T-Mac, mais avec un Yao à 36pts. L’équipe n’a jamais été autant libérée offensivement avec un total de 28 passes décisives. C’est la première victoire d’une longue et imprévisible série et dire que Houston est pour l’instant 10e à l’Ouest…

    L’équipe va enchaîner sur un road trip avec trois victoires en quatre jours ! 106-103 à Indiana (Carl Landry 22pts), 91-83 à Milwaukee (T-Mac 33pts), 92-86 à Minnesota (T-Mac 26pts). Le premier gros test a eu lieu face aux finaliste de l’Est, les Cavaliers avec LeBron James, résultat : victoire éblouissante 92-77 (Yao 22pts, 12rds). L’équipe revit et continue sa récolte avec un match remporté 108-89 contre les Hawks (Yao 28pts), puis 95-83 contre les Trail Blazers (Yao 25pts).

    Houston vient de réaliser la meilleure série de sa saison avec 7 victoires de rang. Cette belle période est récompensée avec un déménagement de la 10e à la 8e place dans la conférence Ouest. Et puis nous arrivons au match mémorable face à Sacramento. Ron Artest (30pts), est venu dans le Texas pour mettre fin à cette emballement en prenant le match en main et en ramenant son équipe dans le match. Menés d’un point à quelques secondes de la fin du match, tous les regards étaient tournés vers T-Mac pour le dernier tir, mais c’est un tout autre acteur qui va devenir le héros d’un soir, voici son seul panier du match !

    T-Mac a toujours été réputé comme étant un scoreur, et comme l’a évoqué son ancien coach JVG, ce joueur a le QI basket pour jouer meneur. Steve Novak ne pouvait pas être plus démarqué et son leader a tout simplement réaliser l’action parfaite. La série continue !

    Le All Star Break ne va pas enrayer la belle dynamique. Les hommes d’Adelman vont à nouveau gagner contre les Cavs 93-85 (Alston 22pts), puis contre le Heat 112-100 (T-Mac 23pts et 10pds) malgré un Dwyane Wade tenace (33pts). Houston remonte à la 7e place et vient de passer la barre des 10 victoires de rang. Idéal avant d’affronter les 1er à l’Ouest, les Hornets. Un match très physique, (notamment entre Rafer Alston et Tyson Chandler), qui fut remporté par les texans : 100-80 (T-Mac 34pts, Yao 28pts). Voici le rêve de tous les fans des Rockets : un duo Yao/T-Mac qui performe avec régularité. Les Rockets enchaînent avec une 12e victoire 110-97 contre les Bulls (T-Mac 24pts).

    Les jours qui suivent vont être marqués par deux événements majeurs. Tout d’abord, Daryl Morey ne peut s’empêcher de réaliser des échanges lors de la Trade Deadline en envoyant Bonzi Wells et Mike James à Sacramento en échange de l’arrière vétéran et caractériel Bobby Jackson. Une petite surprise sachant que l’arrière de 35 ans à l’époque a déjà connu des moments très tendus avec T-Mac… En revanche, c’est une bonne nouvelle pour Adelman qui a déjà coaché le garçon à Sacramento.

    Deuxième événement : le 26 février 2008, Daryl Morey organise une conférence de presse aux côtés d’un médecin et annonce la fin de la saison pour le pivot All-Star Yao Ming. C’est une terrible nouvelle pour la franchise, qui ne peut rien faire suite à une fracture de fatigue au niveau du pied gauche du chinois et qui doit d’autant plus se préparer de toute urgence pour les JO de Pékin 2008… Qui mettre à la place du géant chinois ? Le vieux Dike ? Le petit Hayes ? Peu importe, T-Mac reste optimiste.

    « On reste une bonne équipe » McGrady

    via Houston Rockets.com
    Yao Ming en tenue de ville lors des matchs. Jonathan Ferrey – Getty Images

    Ses coéquipiers lui donnent raison lors de l’écrasante victoire contre les Wizards 94-69 (L. Head 18pts). En équipe, les joueurs trouvent d’autres solutions, et la paire Dike/Hayes offre tout de même des certitudes en défense. Ils vont poursuivre leurs efforts avec une 14e victoire contre les Grizzlies 116-95 (T-Mac 25pts), face aux Nuggets d’Iverson et de Melo 103-89 (Scola 18pts, 14rds), puis atteignent la 4e place à l’Ouest suite à leur 16e victoire face aux Pacers 117-99 (T-Mac 25pts).

    Encore impensable il y a quelques semaines, les Rockets vont gagner en back to back à Dallas 113-98 (T-Mac 31pts)! À la fin de ce match, Reggie Miller demande à T-Mac s’il est surpris par de telles performances.

    « Non, pas du tout, on y croît tous, vous savez quand on a un roster rempli de gars confiants avec une bonne alchimie, et nous venons jouer extrêmement dur tous les soirs, je ne suis pas surpris. » McGrady

    via NBA TNT

    La conférence Ouest reste redoutable, et malgré une telle moisson de victoires, Houston n’est pas à l’abri de descendre à la 7e ou 8e place en cas de défaites avec des concurrents comme les Lakers de Kobe Bryant (RIP), les Suns de Steve Nash, le Jazz de Deron Williams, les Spurs de Tony Parker et bien sûr les Hornets de Chris Paul. C’est d’ailleurs face à ce dernier que les Rockets vont à nouveau tenter de prolonger leur belle histoire. Le duel T-Mac (41pts) vs Chris Paul (37pts) est un chef d’œuvre et Houston aura eu le dernier mot en gagnant cette rencontre 106-96, affichant un record de 18v-0d depuis le 29 janvier 2008.

    https://www.youtube.com/watch?v=6R9w6hduS3M

    La série se poursuit face à des équipes moins clinquantes : victoire 91-73 contre les Nets (T-Mac 19pts), chez les Hawks 83-75 (T-Mac 28pts) puis contre les Bobcats 89-80 (T-Mac 30pts). Des victoires à l’arrachée qui évoquent un sentiment de fatigue chez les joueurs. La série semble plus menacée que jamais alors qu’ils viennent de réaliser la deuxième série de victoires la plus longue de l’histoire avec 21v, juste devant les 20v des Bucks de Kareem Abdul-Jabbar et d’Oscar Roberson.

    Donc quelle équipe va bien pouvoir les stopper dans leur quête du record absolu des 33v des Lakers ? Et bien pourquoi pas les Lakers eux-même ! Les choses sont tellement bien faites, en effet, Kobe Bryant arrive justement en ville et il est déterminé à en finir avec cette hype ! A ce moment là, les Rockets sont 2e et les Lakers 1er à l’Ouest. Une affiche de rêve pour un dimanche après-midi.

    Un joueur des Rockets se sent très concerné par cette affiche, Mr Data : Shane Battier. Sa défense sur Kobe en 1ere mi-temps a été essentielle en limitant le black mamba à 13pts et 6/17 aux tirs. Bien que Houston ait mené de 15pts au début de la 2e période, les Hommes de Phil Jackson ont su revenir dans le match en étant plus agressifs en attaque. Néanmoins, ce match restera le match de la carrière du meneur Rafer Alston. Avec 31pts et 8 paniers à 3-pts, il reste l’artisan principal de ce succès et n’a pas manqué faire son move face à Vujacic.

    Suite à cette bataille remportée 104-92, Houston devient N°1 à l’Ouest ! Incroyable. Shane Battier l’a avoué à la fin de ce duel, maintenir de tels efforts est épuisant.

    « A la fin du match, j’étais épuisé, j’ai tout donné dans ce match en défendant sur l’un des meilleurs joueurs de tous les temps. » Shane Battier

    via Houston Rockets.com

    22 victoires de suite. Malheureusement, cette série fut interrompue assez sèchement par les futurs champion 2008, les Celtics. La défense étouffante de Tony Allen et de James Posey ont eu raison de T-Mac. Ses partenaires n’ont pu fructifier leurs tirs ouverts. Quelques jours plus tard, les Rockets descendront à la 5e place après avoir perdu contre New Orleans, San Antonio, Phoenix, Denver et Utah. La fin sera encore plus amer avec une nouvelle désillusion au premier tour face à leur bête noire : Utah (2v-4d).

    Les acteurs concernés conserveront à jamais de très bons souvenirs de cette période.

    « Nous avons accompli quelque chose d’incroyable. […] Cette série de victoires, à ce moment, a une place spéciale dans mon cœur, et vous pouvez être sûr que je n’oublierai jamais ces moments que j’ai partagé avec ces gars. » McGrady

    via Houston Rockets.com

    « Nos noms seront mentionnés avec certains Hall of Famers et cette grande équipe qui a remporté 33 (matchs) d’affilée. Beaucoup de ces joueurs sont dans le Hall of Fame. Beaucoup d’entre nous ne seront pas là. Mais la prochaine fois qu’une équipe va sur une série comme ça, ils devront nous attraper avant qu’ils atteignent les Lakers. » Alston

    via NBA.com

    Depuis 2008, par deux fois, des équipes les rejoindront, d’abord le Heat en 2013 avec 27 wins, et les Warriors en 2016 24 wins.

  • Vices et Excès en NBA

    Vices et Excès en NBA

    Chaque semaine, Clutch Time vous propose une immersion dans l’univers de la grande ligue. Entre phénomènes identitaires et tendances extra-sportives, votre média basket analyse le paysage culturel de la NBA.

    “God Bless America”.  Les Etats-Unis sont une nation religieuse et puritaine, au moins en façade. Mais quid des dérives du Capitalisme, d’Hollywood, de Donald Trump, et de la NBA ? La première ligue sportive du pays brasse de l’argent et suscite la frénésie de ses fans. Des athlètes millionnaires dans la fleur de l’âge s’affrontent tous les soirs sous le feu des projecteurs.  Le vice et les excès liés à leur statut sont inévitables, pour le grand plaisir de la presse à scandale américaine. Face à la pression médiatique, comment les joueurs NBA gèrent-ils la tentation et les petits plaisirs de la vie liés à leur notoriété ? 

    Andre Iguodala célébrant son titre avec les Warriors en 2017, source : Quora. 

    Eat Good Play Good 

    “TACOOO TUESDAAY”, c’est le hurlement de bonheur de Lebron James face à ses tacos. Sur le réseau social Instagram, le King célèbre une coutume initiée  par la diaspora mexicaine aux Etats-Unis. Chaque mardi soir, en famille, la tortilla est au menu. À jamais un business man, Lebron a désiré faire de son cri du cœur pour la nourriture latina une marque déposée. Le joueur entretient une relation ambiguë avec la “malbouffe” : rarement dans son assiette, souvent dans son porte-monnaie. Il détient une part du capital de la société Blaze Pizza et a fait la publicité des chaines MacDonald’s, Coca-Cola ou Dunkin’ Donuts durant sa carrière.

    Lebron James fait pourtant attention à son régime alimentaire. Associé à une éthique de travail rigoureuse, son attachement à la nourriture saine explique sa longévité. En 2018, son manager Maverick Carter avait divulgué que l’enfant d’Akron  dépensait chaque année près de 1,5 millions de dollars pour préserver sa condition physique exemplaire. 

    De nombreux joueurs emploient des chefs cuisiniers et diététiciens pour contrôler leur poids, car être gras en NBA semble rédhibitoire. En 2018, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) affirme que 39 % de la société américaine est obèse. Avec près de 15 000 établissements McDonald’s sur le territoire, le pays tient la culture du fast-food en religion. La tentation est forte durant la trêve estivale, et de nombreux joueurs en profitent pour croquer la vie, et le cheeseburger, à pleine dents.

    Shaquille O’Neal, égérie pour une publicité du Fast-Food Slutty Vegan, à Atlanta. Source : Page Facebook de la chaine.

    Les coachs NBA sont au diapason quant à la gestion de ces joueurs hédonistes. Être hors de forme par rapport aux standards de la ligue, c’est voir mathématiquement son temps de jeu sur le banc augmenter. Les kilos en trop induisent des performances athlétiques en baisse et une vulnérabilité aux blessures musculo-articulaires. 

    Une NBA grossophobe ? Demandez à Nikola Jokic. Comme le Serbe, certains joueurs n’ont pas le physique standardisé de la grande ligue mais compensent avec un bagage technique supérieur. Il y a les faux lents et les phénomènes physiques dotés d’une génétique qui font oublier les kilos en trop. 

    Le Alley-Oop stratosphérique de Zion Williamson la nuit du 2 février face aux Rockets. Revenu de blessure hors de forme, le rookie pèse 130 kilos pour 1.98m. Zion est le troisième joueur le plus lourd de la ligue.

    Si les historiens de la NBA ne devaient relater qu’une performance XXL, ce serait sûrement la saison 2003-2004 de Shaquille O’Neal. Le pivot des Lakers pèse alors 165 kilos. Ce poids de forme ne l’empêche pas de jouer 67 matchs avec une ligne statistique de 21 points et 11 rebonds de moyenne. Shaq disposait d’une mobilité et d’une puissance incroyable pour un big men de son gabarit. 

    Glen Davis, Olivier Miller … ou encore Serge Ibaka et son show culinaire sur Youtube ont prouvé qu’on peut allier amour du basket et de la gastronomie. En coulisses des parquets, d’autres addictions moins visibles peuvent séduire les joueurs de la ligue. 

    La stupéfiante NBA

    La NBA accueille des talents issus de toute classe sociale. Dans leur jeunesse, certains joueurs ont été confrontés à la drogue, symptomatique de la misère et la pauvreté dans les zones urbaines aux Etats-Unis. C’est le cas de Patrick Beverley, qui s’est confié cette année à ESPN et au journaliste Ohm Youngmisuk. Interrogé sur ses perspectives dans la vie s’il n’avait pu quitter la banlieue de Chicago pour devenir un sportif professionnel, le meneur des Clippers a donné une réponse aussi franche que radicale :

    « J’aurais probablement été le meilleur vendeur de drogue du monde”. 

    Source : Patrick Berverley pour ESPN, le 22 novembre 2019.

    De nombreux joueurs ont ainsi évolué dans un environnement favorable à la possession et à la consommation de substances. La ligue a conscience de cette réalité et mène une politique sévère à l’encontre des stupéfiants, susceptibles de mettre en danger la santé de ses athlètes. Un accord a été signé avec l’association des joueurs dans le cadre de “L’Anti-Drugs Program”. 

    Le site internet SportsReference.com rappelle la législation adoptée par la NBA pour le traitement de ce sujet. 

    Les joueurs peuvent subir jusqu’à cinq tests d’urine aléatoires durant la saison. Ces tests concernent aussi bien les produits stéroïdes et autres hormones, que la cocaïne, le LSD ou la marijuana. Tous les joueurs sont susceptibles d’être contrôlés. Cependant, une vigilance particulière est accordée aux rookies, afin de les sensibiliser dès leurs premiers pas dans la ligue. En cas de test positif à la weed, le joueur intègre obligatoirement le programme de suivi des addictions de la ligue. Les sanctions sont ensuite croissantes selon la gravité de la situation et les éventuelles récidives. De quelques matchs de suspension et une amende de 25 000 dollars, elles peuvent aller jusqu’à un bannissement maximal de deux ans, imposé à Chris Andersen pour usage de drogues dures en 2006

    Illustration de fan de Chris Andersen, alias Birdman,  sous les couleurs du Heat. Source : Clutchpoints.com

    Ce suivi s’adapte aux besoins des athlètes et permet de prévenir les drames qui ont secoué toute la communauté sportive américaine, comme le décès par overdose du jeune Lens Bias, sélectionné en deuxième position de la draft 1986 par les Celtics.  Les grandes instances de la NBA veulent ainsi préserver leur image mais aussi assurer le bien-être de leurs premiers employés. 


    De plus, malgré leur statut privilégié, les athlètes ne sont pas immunisés à la dépression. Une traversée du désert dans une carrière peut mener à l’alcoolisme. DeMar Derozan ou Kevin Love se sont engagés récemment au sein de la communauté NBA pour témoigner, prévenir et accompagner les joueurs qui subissent ce fardeau existentiel.

    Durant la saison 1988-1989,  Chris Mullin, membre du triptyque offensif up tempo  “Run TMC”, a dû affronter son addiction pour l’alcool. Arrivé à Oakland chez les Warriors, l’arrière s’acclimate difficilement aux exigences de ce nouveau cadre, loin de son quartier natal de Brooklyn. Son refuge dans la boisson mine  son assiduité à l’entraînement. C’est son coach et mentor, Don Nelson qui l’incite à intégrer un programme de désintoxication. Le soutien dispensé en rehab permet à Mullin de retrouver un équilibre sur et en dehors des parquets. 

    L’alcoolisme reste un problème aigu en NBA, notamment une fois les sneakers raccrochées. Dans la luxure, d’anciennes légendes finissent par dilapider tous leurs gains amassés en carrière. 

    Sexual Healing

    Avis aux âmes sensibles, ici commence le royaume de l’intime. Certes, la vie privée des joueurs ne nous regarde pas. Cependant, leurs frasques nous amusent, car elles jurent avec l’image que veut donner la NBA à son business. Les valeurs louables liées à la communauté, et à la famille sont régulièrement mises en scène autour d’acteurs du jeu exemplaires. 

    Ne soyons cependant pas hypocrites. Une piqûre de rappel gossip ne peut pas faire de mal, surtout pour réduire la distance pouvant exister entre ces monstres sacrés du parquet et nous, simple fans. Les livres d’Histoire de la ligue regorgent d’anecdotes sur la libido de ses légendes. 

    Wilt Chamberlain et ses 100 points en un match se targue de disposer d’un record encore plus rocambolesque. Dans sa biographie, A View From Above (1991), il affirme avoir couché avec plus de 20 000 femmes, soit “une moyenne de 1,2 par jour depuis ses quinze ans”. 

    Légende du jeu, Dennis Rodman est adoré car c’est aussi un personnage haut en couleurs. Champion intercatégories, the Worm a la réputation de donner dans tous les vices. Nous ne nous attarderons aujourd’hui que sur ses exploits sous la couette.  Les hustle plays se déroulent aussi hors du temps réglementaire, et le numéro 91 des Bulls a affirmé s’être fracturé le sexe à trois reprises. Pour les plus curieux d’entre vous, les circonstances de ses mésaventures sont détaillées dans une interview que l’ex-petit ami de Carmen Electra et Madonna  a accordé au média VICE, en 2016.  

    Récit des blessures légendaires de Dennis Rodman, produit et réalisé par le média VICELAND. Source : Youtube

    Tempérons nos jugements. Certains joueurs évoluent dans des gros marchés et nombreux sont des athlètes millionnaires. A New-York, Miami ou  LA, difficile d’ignorer la fête qui sert d’exutoire à la tension accumulée durant la saison. Le très sérieux Sports Illustrated a ainsi publié une étude statistique sur James Harden, montrant que l’ex-MVP performait en moindre mesure lorsqu’il était en déplacement dans une ville réputée pour ses strip-clubs. 

    Le 26 janvier 2020, une vidéo de Kawhi Leonard fuite sur Twitter. Le joueur des Clippers apparaît en club aux côtés d’une danseuse dénudée, lascive. Cette saison, le joueur est souvent préservé par sa franchise au nom d’un load management assumé, et l’extrait soulève la moquerie de certains fans. Kawhi semble disposer d’assez de vigueur pour évoluer sur les parquets. Si cette telle polémique amuse, elle humanise aussi the Claw, souvent perçu comme un tueur timide qui ne vit que pour le basket. 

    La parenthèse gossip se referme. La NBA passionne par sa démesure qui induit des moments de faiblesse et des ragots de l’autre côté du rideau. Prenons conscience qu’il est difficile pour ces joueurs médiatisés de préserver leur vie privée, à l’écart des caméras. Les excès extra-sportifs des joueurs sont compréhensibles lorsqu’on réalise les sacrifices nécessaires à l’intégration  de cette ligue ultra-compétitive. Pour notre grand bonheur le vice est partout, même dans une NBA qui se veut si lisse et policée. 

  • La NBA et la Chine : récit d’une histoire d’amour houleuse

    La NBA et la Chine : récit d’une histoire d’amour houleuse

    Le Tweet du General Manager de Houston.  Le 4 octobre 2019, il est supprimé quelques minutes après sa publication. Source : Twitter.com

    “Je me bats pour la liberté et soutiens Hong-Kong”.  Daryl Morey, le 4 octobre 2019. 

    Un simple tweet provoque une crise médiatique qui fait vaciller la NBA . A l’ère des réseaux sociaux, la Grande ligue est trahie par ce qui fit sa réussite durant la décennie 2010, la communication comme arme d’expansion. 

    L’équipe de James Harden avait rendez-vous à Shanghai en ce début octobre, pour un match de présaison. L’étincelle vient de Daryl Morey. Le General Manager des Rockets s’est exprimé en place publique sur un sujet géopolitique sensible.

     En 1997, les britanniques se séparent de Hong-Kong, leur ancienne colonie. Ils la cèdent à la Chine, conformément à un accord signé 99 ans plus tôt. La rétrocession doit se faire en douceur, et  l’île Hongkongaise jouit d’un statut particulier. En cette soirée d’octobre, Daryl Morey souhaitait afficher son soutien aux manifestants Hong-Kongais. Ces citoyens dénoncent les tentatives d’ingérence du régime autoritaire chinois sur l’autonomie de l’ancienne colonie. 

    Après cette sortie médiatique, les sanctions tombent. Houston n’est plus autorisée à envoyer ses joueurs sur le territoire chinois jusqu’à nouvel ordre. Les sponsors locaux se désolidarisent de la franchise. Le consulat chinois demande la destitution du General Manager fautif. 

    Mais la bourde dépasse le cadre sportif. Elle souligne les intérêts pluriels qui lient la NBA au géant chinois. La compétition ne se cantonne pas seulement aux parquets et une rivalité persiste entre la république populaire de Xi Jinping et les Etats-Unis de Donald Trump.

    Rangez vos manuels de géopolitique. Pour comprendre les enjeux globaux qui se cachent derrière cet  incident, il faut revenir au basket. 

    Tout commence par la construction d’un amour inconditionnel pour ce sport  sur le territoire chinois. 

    Fans chinois de la grande ligue en 2019, source : Teller Report.

    Le Basketball, un sport historique en Chine. 

    Le 21 décembre 1891, jour férié pour les amateurs de balle orange. Le canadien James Naismith énonce les règles du “basketball”. Seulement quatre ans plus tard, des missionnaires américains de la Young’s Men Christian Association (YMCA) organisent le premier match de basket en terre chinoise. Oui, à l’échelle de la discipline, la pratique du basket en Chine est presque ancestrale. 

     Au début du XXème siècle, le jeu suscite déjà l’engouement des jeunes chinois. Pas besoin d’infrastructures complexes pour jouer au basket, seulement d’un ballon et d’un récipient circulaire en guise de panier. 

    En 1949, les communistes prennent le pouvoir. Mao Zedong prône un anti-occidentalisme radical mais n’interdit pas ce sport né sur le continent américain..  Le tyran était-il passionné par la balle orange ? Peut-être, mais si le basket survit à la révolution culturelle (1966-1976) c’est qu’il n’est pas si antagoniste des valeurs du parti communiste. 

    En Chine, ce sport est pratiqué par de jeunes hommes au sein des universités et par les militaires car il nécessite une parfaite cohésion entre les joueurs. C’est aussi une activité populaire qui se joue dans la rue. Enfin il nécessite la maîtrise de fondamentaux techniques qui s’acquièrent dès le plus jeune âge. Cohésion, rigueur et jeunesse se confondent dans  l’idéologie confucianiste de l’Empire du milieu. 

    La culture du basketball est donc historique en Chine. Le pays est logiquement au centre des premières expériences d’expansion de la NBA à l’international.

    Yao Ming, porte drapeau de son pays en compétition international, source : ChinaBriefing.com

    Tout le potentiel de ce nouveau marché se révèle en 2002. Yao Ming, géant originaire de Shanghai (2m29) est choisi en première position de la draft. La légende dit que le gouvernement chinois aurait initié la rencontre de ses deux parents, tous deux basketteurs de grande taille, afin de faire naître athlète aux dimensions vertigineuses.

    La carrière du joueur est entachée de blessures, mais sa domination technique et sa mobilité pour un big men de son envergure sont inédites. Le peuple chinois pousse derrière “l’enfant du pays” qui reste à ce jour le seul joueur international à terminer en première position des votes pour un all-star game. Intronisé au Hall of Fame en 2016, Yao Ming a participé à l’explosion du marché NBA en Chine. Il est aussi responsable de la popularité de la franchise qui l’a drafté : les Houstons Rockets. 

    Time out et retour au premier quart-temps. Daryl Morey, GM des Rockets, a donc initié une crise médiatique entre sa franchise et une communauté de fans chinois qui lui est identitairement affiliée. 

    Le marché chinois, darling de la NBA à l’international. 

    Avec un poids démographique considérable, les fans chinois représentent la plus grande manne financière pour la NBA à l’international. Les matchs sont retranscrits sur les chaînes publiques en Chine : le China Central Television Network. En Juillet 2019, la NBA avait cédé ses droits de streaming à la compagnie chinoise Tencent  pour un contrat de 1,5 milliards de dollars sur 5 ans.  

    Dans un article publié en automne 2019, le journaliste Jonah Blank de the Atlantic rappelle les sommes astronomiques générées par le marché chinois. Le basket est au coude à coude avec le tennis de table pour devenir sport national. Il est pratiqué par plus de 300 millions de licenciés. 

    La NBA cherche ainsi à s’aligner sur la demande du marché chinois en produits et goodies NBA. La ligue a ouvert en mars dernier le plus grand NBA store à l’international, s’étendant sur plus de 1100 m2. 

    Le Maillot City-Edition des Rockets pour la saison 2018-2019 : plébiscité par la fanbase chinoise de la franchise. Source : Nike.com

    La ligue n’est pas tout à fait transparente sur ses recettes, mais de nombreux journalistes américains estiment que le chiffre d’affaire annuel réalisé sur le marché chinois s’élève à plus de 4 milliards de dollars. Statistique vertigineuse, près d’un demi milliard de chinois auraient regardé un match de la grande ligue lors de la saison 2018-2019. 

    La sortie maladroite de Daryl Morey pourrait ainsi nuire aux rapports commerciaux entre la ligue et le gouvernement chinois, menaçant un marché considérable et indispensable pour la grande ligue. Mais l’intérêt de la NBA est-il de faire profil bas afin de préserver la poule aux oeufs d’or ? Car au delà des considérations économiques, c’est l’image de la NBA et par extension des Etats-Unis qui est menacée. 

    La NBA, théâtre d’une guerre commerciale et idéologique entre deux puissances. 

    La réaction du gouvernement chinois face à la publication du GM des Rockets cristallise le gouffre idéologique qui sépare les deux pays. Aux Etats-Unis, lorsqu’un joueur, coach ou membre du staff prononce des propos controversés en public, c’est la NBA qui se charge de régler l’affaire. 

    Le contrevenant se voit systématiquement délivrer une amende salée. C’est un héritage de David Stern, ancien commissioner décédé récemment. Stern désirait redresser l’image de la ligue dans les années 1990.

     En Chine, le gouvernement n’hésite pas à influer sur les affaires privées des entreprises, il contrôle toute la société et sanctionne systématiquement en cas de dérive. 

    L’opposition idéologique entre les deux pays est nette. Le premier amendement de la constitution américaine défend la liberté d’expression. Cette valeur est chère à la NBA qui se veut progressiste. En attestent les nombreux acteurs du jeu qui s’expriment régulièrement sur des sujets de sociétés internes aux Etats-Unis. 

    Lebron James portant un tee-shirt avec l’inscription “je ne peux plus respirer” lors d’un échauffement en décembre 2014. Le King rappelle ainsi les derniers mots d’Eric Garner, victime de violence policière en juillet de la même année. Source : Robert Deutsch-USA TODAY Sports.

    A l’inverse, le régime autoritaire de Xi Jinping applique une censure féroce au sein de la société chinoise. La sphère du basket n’est pas épargnée.  

    La relation d’Adam Silver avec le géant chinois est donc délicate. Perdre ce marché colossal serait un suicide commercial pour la NBA, d’autant plus que les audiences globales enregistrées cette année sont au plus bas. Pourtant, il se doit de défendre l’image de la ligue qu’il conçoit comme progressiste et exemplaire. Le 8 octobre 2019, il déclarait ainsi via un communiqué de presse publié sur Nba.com : 

    “Les valeurs d’égalité, de respect et de liberté d’expression caractérisent historiquement la grande ligue. Elles vont perdurer. En tant que ligue globalisée résidente aux Etats-Unis, ces valeurs du Basketball représentent une de nos plus grandes contributions.” 

    Adam Silver, le 8 octobre 2019.

    A l’issue de l’incident, Adam Silver défend ainsi son employé. Sa communication reste mesurée. Il rappelle les liens indéfectibles que le basketball a tissé entre les deux pays. 

    Notamment l’organisation d’un camp d’entraînement en 2018, dans la région de Xinjiang. Dans cette province, plus d’un million de musulmans Ouïghour sont prisonniers en camps de détention, longtemps cachés par le gouvernement chinois. Le discours progressiste de la NBA doit ainsi être nuancé. “Même” le controversé Donald Trump a imposé en 2019 un embargo économique aux entreprises chinoises impliquées dans l’oppression de cette minorité. 

    La NBA a donc besoin de la Chine, ce qui explique son positionnement mesuré malgré des valeurs idéologiques opposées. Mais la Chine a-t-elle besoin de la NBA ? 

    La CBA, une organisation sportive balbutiante. 

    Certes, le basket est un phénomène populaire en Chine. En compétition FIBA, à l’échelle continentale, la nation écrase tout sur son passage. Pourtant, la Chine peine à exporter son modèle de basketball à l’étranger. Quelques exceptions persistent. Le phénomène Linsanity montre qu’un joueur asiatique peut s’exprimer et performer en NBA. Lors du mois de février 2012, Jeremy Lin, joueur non drafté est propulsé au rang de franchise player éphémère pour le marché le plus médiatisé de toute la NBA : les New York Knicks. En l’absence d’un Carmelo Anthony blessé, ses performances affolent la planète basket : dans la soirée du 10 février, il inscrit 38 points au Madison Square Garden contre les Lakers d’un Kobe Bryant dépassé.

    Jeremy Lin sous les couleurs des Knicks en 2013, source : thehuffingtonpost

    La frénésie médiatique autour de ce joueur s’explique par le fait qu’il est un symbole du “rêve américain”. Athlète honnête, Jeremy Lin n’était pas prédisposé à devenir une star, c’est un compétiteur qui a fait preuve d’opportunisme. 

    Un phénomène à prendre avec des baguettes, car Jeremy Lin n’est pas chinois. Il est né en Californie et dispose de la nationalité américaine. Ses parents sont des immigrés Taïwanais, ce qui l’exonère de toute allégeance à la Chine. Pourtant, Jeremy Lin a affirmé souffrir toute sa carrière sportive des stéréotypes et discriminations liées à ses origines asiatiques. 

    Yao Ming reste le seul chinois à avoir émergé en tant que superstar au sein de la ligue  américaine. Les saisons de Yi Jianlian (2007-2012) ou Wang Zhizhi (2000-2005) furent anecdotiques. Dans l’histoire, seul six joueurs chinois ont foulé les parquets NBA. 

    Pourtant, les perspectives commerciales de recettes télévisées et produits NBA semblent considérables pour la Chine. Le 17 janvier 2003, plus de 200 millions de chinois étaient devant leur téléviseur pour le premier match de Yao Ming contre les Lakers de Shaquille O’Neal.  

    La NBA est un vecteur de démocratisation du basketball formidable pour le développement de ce sport en Chine. Le gouvernement chinois l’a compris et a nommé Yao Ming comme dirigeant de la Chinese Basketball Association (CBA). Qui de mieux que le géant pour faire la promotion de ce sport en Chine, lui qui connaît les rouages de l’industrie NBA outre-atlantique. Depuis 2017, Yao Ming essaye de faire évoluer la CBA, valorisant la formation des jeunes et l’émergence de nouvelles formes de jeu, comme le 3 contre 3. 

    Si la Chine a organisé la dernière coupe du monde en août 2019, le niveau de basket global sur le territoire reste faible. Passer par la Chine en tant que joueur NBA est devenu une plaisanterie consacrée, signe d’une carrière en déperdition. Les équipes chinoises sont en manque de talent et proposent de juteux contrats à des joueurs devenus trop vieux ou indésirables aux Etats-Unis. Actuellement, Stephon Marbury (Beijing Ducks) ou Michael Beasley (Shanghai Sharks) enchaînent les cartons offensifs en CBA. 

    Attirer des anciennes gloires permet cependant de mettre la lumière sur le championnat CBA et de poursuivre la quête de popularisation de ce sport en Chine. Yao Ming semble sur la bonne voie pour trouver un successeur qui viendra reprendre son flambeau en terre américaine. 

    La sortie médiatique de Daryl Morey en automne 2019 est symptomatique des relations ambiguës entre la NBA et la Chine. Les enjeux commerciaux sont considérables et la grande ligue ne peut se séparer du marché chinois. Au second plan de ce constat, les Etats-Unis et la Chine sont opposés idéologiquement et grands rivaux économiques. La NBA est le théâtre de cette compétition planétaire. La ligue se veut mondialisée et ces confrontations culturelles font partie des risques induits par l’élaboration de sa politique internationale. Du côté chinois, le basketball fait partie de l’ADN du pays. L’enjeu majeur de la CBA est l’expansion de ses centres de formation afin de rehausser le niveau de son championnat national. Gare à la rivalité qui commence à émerger à l’échelle régionale. 

  • 2012: Jeremy Lin, le petit prince du Garden.

    2012: Jeremy Lin, le petit prince du Garden.

    Vous le connaissais sûrement tous, Jeremy Lin, le meneur venu d’Harvard. Son année 2012 l’a fait éclater aux yeux de la NBA et de ses fans. Devenu en à peine 15 jours, le nouveau chouchou des Knicks, nous nous sentions obligés de lui consacrer un article dans cette chronique. Jeremy Lin en mode 2012, c’est parti !

    Arrivée dans la grande ligue

    Jeremy Lin passe ses dernières années d’études dans la prestigieuse université d’Harvard. L’université n’étant pas réputé pour le basket, Lin ne sera pas drafté.

    Mais, il est invité par pusieurs franchises pour effectuer la summer league. Recevant plusieurs offres, il signe finalement avec les Warriors. Il justifiera son choix par le fait qu’il fut fan de cette équipe étant petit et qu’elle se trouve dans la région ou il a grandit.

    Début en NBA

    Jeremy evoluera que très peu avec la franchise californienne. En décembre 2011, il est remercié par les Warriors. Il s’envole à Houston pour y être remercié également. C’est finalement chez les Knicks qu’il trouve son point de chute, le 27 décembre 2011, il signe à New York.

    Mais, il ne joue encore que très peu, et est envoyé en D-League, le 17 janvier 2012, chez les BayHawks d’Erié. Jeremy sait alors que sa place en NBA est conpromise et qu’il devra se montrer étincelant avec les BayHawks si il veut avoir une nouvelle chance avec les Knicks. Le 20 janvier 2012 pointe le bout de son nez, le premier match en D-League pour Lin. Il se doit d’assurer…

    Le moment de montrer son talent

    Jeremy Lin est présent à la mène des BayHawks pour son premier match en D-League. Son match est époustouflant, il réalise un triple double avec 28 points, 12 assists et 11 rebonds. Lin est lancé pour son retour en NBA. Retour qui se passera plus tôt que prévu..

    Avant l’éclosion

    Suite à ce gros match, Lin revient chez les Knicks. Il jouera très peu jusqu’à fin janvier. Le mois de février se présente et sera peut-être le plus fou de sa carrière, voir de sa vie.

    Février 2012: Linsanity

    Le 4 février, les Knicks affrontent les Nets.au Madison Square Garden. Jeremy rentre en fin de premier quart et va impressioner la planête basket et sa ville de référence: New York. Le match de Lin est un pur match de meneur playmaker capable d’avoir la main chaude au scoring. Il rentre 25 points, effectue 7 assits et compatbilise 5 rebonds. A la mi-temps de ce match, Carmelo Anthony aurait demandé à Mike D’antoni, le coach de ces Knicks, de faire jouer le meneur venu d’Harvard d’avantage en seconde mi-temps. Choix clé, car suite à ce match Jeremy deviendra le meneur titulaire des Knicks.

    Le 10 février, les Knicks affrontent les Lakers de Kobe sans Melo ni Stoudemire. La hype grandissante autour de Lin va prendre une grande majuscule lors de ce match. Un seul mot: incroyable.38 points pour venir à bout des Lakers, des t-shirt portant son nom dans les gradins… Rien d’autre à dire.

    https://www.dailymotion.com/video/x2o6u1j

    Lin est élu meilleur joueur de le semaine, allant du 6 au 12 février, de la conférence Est.

    Il fait la couverture de Sport Illustrated, du Daily News et du New York Time.

    Jeremy Lin sur les couvertures de Sport Illustrated
    Jeremy Lin sur la couverture du Daily News suite à ses 38 points face aux Lakers
    Lin sur la couverture du New York Times

    Le 14 février les Knicks affrontent les Raptors à Toronto. A 1min 10 de la fin du match, les Raptors mènent 84 à 87. Jeremy a , pour le moment, inscrit 21 points et réalisé 11 assists. Lin rentre dans la raquette, score et obtient un and-one. Il transforme le lancer, 87 à 87. A 23 seconde de la fin, le score est toujours le même, Shumpert shoote à mi-distance et il rate. Rebond offensif pour New York, Shumpert reçoit le ballon et la donne à Lin derrière. Il reste 18 secondes et les Knicks ont la dernière possession; elle sera pour Lin. Il attend, attend et avance. Le défenseur pense au drive mais Lin shoot, il reste 0,5 seconde sur l’horloge et ça RENTRE !! Incroyable buzzer beater de Lin, ses coéquipiers sont en folie, il est trop fort !


    Il rélisera encore 2 très gros matchs. Un face aux Kings, le lendemain, avec 13 assists qui devient son record en carrière. Et l’autre face à l’équipe de Dirk, championne en titre, lors duquel il inscrit 28 points et bat son record d’assists avec 14.

    Il est sélectionné par Shaquille O’Neal pour effectuer le risigng star challenge. Il se blessera au genou gauche lors du All-Star week-end et sera absent 6 semaines.

    La suite

    Lin s’envole aux Rockets durant l’intersaison. Longtemps présenti pour resigner aux Knicks, le manque de salary cap empêchera cela. La saison de Lin aux Rockets ne se passe pas réellement comme pêvu. Touchant bien moins le ballon qu’à New York, ce qui est dû notamment à l’omniprésence de James Harden, il obtient de très mauvais résultats statistiques au shoot quand il la possède. Mais, un match face aux Spurs de Tony Parker, de Duncan et de Ginobili sera comme une lumière dans une saison sombre. Profitant de l’absence du barbu, Jeremy Lin inscrit 38 points et nous rappelle sa période Knicks. Le temps d’un match on retrouva le prince de New York. Mais, le retour d’Harden lui fera encore mal et il retombera dans l’obscurité d’une saison loin d’être exceptionnelle compte tenu de ce qu’il nous a montré à New York.

    https://www.youtube.com/watch?v=3X0C9U4jP5Y

    Lin ne retrouvera pas par la suite ce niveaau qu’ il afficha aux Knicks. Plusieurs théories peuvent être affichées. Celle de sa blessure qui lui a fait du mal athlétiquement ou encore celle du style de jeu des Knicks qui lui convenait si bien et qu’il n’a pas su retrouver dans les autres franchises qu’il cotoiera par la suite. Jeremy a tout de même réalisé une belle saison dans le rôle du 6ème homme chez les Hornets avec 11 points de moyenne; mais on pourra dire ce que l’on veut, nous sommes nostalgique du Lin devenu le petit prince du Garden en 2012. En 2019, il obtient une belle bague en fond de banc du côté des Raptors. Sans offre d’équipes NBA, il rejoint la Chine pour la saison 2019-2020. A 31 ans, on espère que Lin retrouvera vite une place dans la grande ligue.