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  • Comment forcer son trade: 5 options à votre disposition

    Comment forcer son trade: 5 options à votre disposition

    Voilà déjà plusieurs jours que le MVP 2018 des Rockets fait parler de lui. James Harden, qui avait demandé un trade deux jours avant la Draft 2020 en novembre dernier, ne s’est toujours pas entraîné avec son équipe, et n’aurait pas encore eu de franches discussions avec son nouveau coach Stephen Silas. Ses passages dans des soirées à Atlanta et à Las Vegas en plein cœur de la pandémie marquent une nouvelle « façon » d’exprimer son souhait de quitter l’organisation texane. D’autres stars ont elles aussi manifesté leur désaccord avec leur franchise. Voici cinq cas marquants de ces dernières années. Quel est le style qui vous conviendrait le mieux ?


    Les demandes de transferts des stars NBA ne datent pas d’hier. Wilt Chamberlain à la fin des années 60, Kareem Abdul-Jabbar et Julius Erving dans les années 70, Moses Malone dans les années 80, Shawn Kemp et Charles Barkley dans les années 90, T-Mac et Vince Carter dans les années 2000… Et ce phénomène a pris de l’ampleur au cours de la dernière décennie: Carmelo Anthony, Deron Williams, Chris Paul, Dwight Howard, Kyrie Irving, Jimmy Butler, Kawhi Leonard, Anthony Davis, Paul George, Russell Westbrook …

    Toutes ces stars mécontentes accentuent l’intérêt porté à la Trade Deadline et à la Free Agency. Cette tendance marque également la prise en main des joueurs NBA sur leur carrière, qui n’hésitent pas à tout mettre en œuvre pour forcer la main aux GM afin d’accéder le plus rapidement possible à leur requête. Pour preuves, voici cinq situations étranges qui ont marqué la ligue ces trois dernières années.


    Kyrie Irving sur le banc de touche des Cavaliers. Credit: David Richard-USA TODAY Sports

    Option 1, Kyrie Irving: Si vous ne me tradez pas, je passe sur le billard juste avant le début de la saison

    Juillet 2017, quelques semaines après les Finales perdues contre les Warriors (1v-4d), Kyrie Irving dévoile publiquement ses envies d’ailleurs. Le journaliste d’ESPN, Brian Windhorst évoque un Kyrie fatigué de devoir partager la gonfle avec LeBron James, et souhaiterait être LE joueur d’une franchise. De plus, l’insider confirme que Cleveland travaillait en fait depuis déjà plusieurs semaines sur ce dossier, avec des discussions avec les Knicks (qui ne voulaient pas lâcher Porzingis) et les Suns (qui ne voulaient pas lâcher Josh Jackson…oups).

    Seulement voilà, l’ancien n°1 de la draft 2011 n’est pas du genre à se laisser duper sans contrer les plans de la franchise. Alors qu’il a annoncé sa demande de trade publiquement, le Front Office s’inquiète alors de la chute de sa valeur sur le marché.

    « Des sources ont déclaré à ESPN que les Cavaliers étaient inquiets que la demande d’Irving ait été rendue publique, estimant que cela pourrait affecter sa valeur commerciale. »

    Brian Windhorst

    Classique.

    Mais, ce qui vaut le détour dans cette histoire, on l’apprend bien après son trade à Boston en août 2017. C’est en plein hiver 2018, que Joe Vardon de Cleveland.com dévoile que le meneur All-Star a joué la carte de l’opération pour pousser le néo GM Koby Altman a passé à l’action. C’est simple, si Cleveland avait cherché à le retenir, Irving envisageait de passer sur le billard pour soigner son genou droit (douloureux depuis les Finales 2015) et ainsi mettre en parenthèse la saison 2017-2018 et empêcher toutes tentatives de recoller les morceaux de la part de ses (ex)dirigeants.

    Classe.


    SHENZHEN, CHINA – OCTOBER 04: Le coach Tom Thibodeau aux côtés de Jimmy Butler lors d’un practice sans accroc. (Photo by Zhong Zhi/Getty Images)

    Option 2, Jimmy Butler: Tradez moi, ou bien je décapite vos chouchous surpayés!

    Avec une seule saison sous la tunique des Wolves, Jimmy Butler prévient Tom Thibodeau, à la fois président et coach de la franchise, qu’il fera ses valises à la fin de la saison. Il demande donc simplement à être tradé, à une semaine du training camp… Au début, Thibs pense à tort pouvoir le faire changer d’avis en se remémorant les bons moments passés ensemble à Chicago. Oui mais voilà, Butler n’est clairement pas convaincu par cette équipe drivée par des jeunes loups aux dents de brebis.

    Les jours passent et les rumeurs s’entassent, et voilà que Minnesota offre une extension de contrat de 5 ans et 147.7M$ pour Andrew Wiggins, et il se murmure déjà que Karl-Anthony Towns recevra un contrat Max en 2018. Pendant ce temps là, Thibodeau se montre trop gourmand en affaire et n’arrive pas à un accord avec Pat Riley et le Heat. C’en est trop pour Butler, qui décide de montrer son mécontentement de la manière la plus expressive et physique possible lors d’un banal practice, qui rentrera dans la légende. Accompagné des remplaçants, Butler détruit physiquement et verbalement l’équipe des titulaires et les stars Wiggins et Towns. Déçu de ne pas être déjà en Floride, il se montre également très vocal, et n’hésite pas à beugler sur le GM Scott Layden et évidemment, sur Thibodeau.

    Lors d’une interview avec Rachel Nichols, il reconnait volontier ce qu’il s’est raconté autour de ce fameux practice:

    « C’est vrai en grande partie. Je n’ai pas joué au basket depuis si longtemps. Je suis tellement passionné. Je ne le fais pas pour une raison quelconque, mais pour la compétition. Toutes mes émotions sont sorties en une seule fois. Était-ce la bonne façon? Non! Mais je ne peux contrôler ça quand je suis en compétition. »

    Jimmy Butler sur ESPN

    Afin d’éviter de traumatiser à nouveau les jeunes Wovles, Thibodeau s’est résolu à se séparer de sa star en l’envoyant à Philadelphie en échange de Robert Covington, Dario Saric et Jerryd Bayless le 12 novembre 2018, soit près deux mois après la demande de trade de Butler.


    Kawhi Leonard aux côtés de Patty Mills sur le banc de touche des Spurs. Soobum Im-USA TODAY Sports

    Option 3, Kawhi Leonard: Désolé mon téléphone était en mode silencieux cette saison, par contre vous pouvez me trader à LA?

    Les fans des Spurs vous le dirtont… Ils maudissent le jour ou le pied de Kawhi a rencontré celui de Zaza Pachulia un soir de Playoffs en 2017. Les Spurs menaient de 21 points dans le 3e quart-temps face aux futurs champions. C’est à ce moment précis que la carrière de Kawhi sous le maillot texan à pris du plomb dans l’aile. Cette blessure à la cheville est le point de départ d’une série de DNP pour la saison qui suit. En septembre 2018, sa blessure aux quadriceps est révélée et semble bien sérieuse.

    Néanmoins, les Spurs et leur coach Greg Popovich montrent petit à petit des signes d’impatience quant à un éventuel retour de leur ailier vedette.

    « Il se remet juste plus lentement, pour une raison quelconque. »

    Greg Popovich

    Leonard effectua ses débuts le 12 décembre 2017 et…. termina sa saison un mois plus tard pour un total de 9 matchs joués. Les Spurs doivent publier un communiqué expliquant que leur star sera out indéfiniment. Le problème, c’est que Kawhi s’envole pour New York pour obtenir l’avis de spécialistes. Kawhi veut mener sa rééducation à sa manière sans collaborer avec sa franchise, et sans surprise, cela pose problème et comme le révèle Woj, des tensions naissent entre les deux camps.

    Les Spurs organisèrent une réunion courant mars. Selon ESPN, l’ambiance fut pour le moins tendue. L’équipe pointa du doigt l’absence plus ou moins justifiée de l’ailier All-Star. Plus tard, Greg Popovich et Manu Ginobili affirment devant les médias que l’on ne verra pas le MVP des Finales 2014 en tenue cette saison. Tandis que Tony Parker rajoute de l’huile sur le feu en déclarant que sa blessure aux quadriceps était bien plus grave et qu’il s’en était remis bien plus vite. La goutte d’eau.

    Après toute une saison marquée par un manque de communication et de compréhension entre les deux parties, (et sûrement avec l’appui du fameux oncle de Kawhi), l’ailier ne souhaite plus discuter avec les Spurs et annonce en juin qu’il veut être tradé. Originaire de Californie, sa préférence irait aux Lakers et aux Clippers, vous pensez bien que Popovich et Bufford ne vont pas lui faire de fleurs et décident donc de l’envoyer à l’extrême opposé de Los Angeles en ce qui concerne le climat : Toronto. Vous connaissez la suite.


    Anthony Davis en tenue de civil parmi ces coéquipiers à New Orleans. Crédit: Gerald Herbert/Associated Press

    Option 4, Anthony Davis: Je vous propose de ne plus me faire jouer le temps de faire affaire avec les Lakers.

    Janvier 2018, après avoir atteint les demi-finales de conférence la saison précédente, les Pelicans retombent dans la médiocrité en saison régulière, et la star Anthony Davis est absente pour plusieurs matchs pour soigner sa blessure à l’index. C’est donc dans ce contexte que son agent, l’incontournable Rich Paul, déclare que son joueur ne signera pas d’extension de contrat et qu’il souhaite être tradé le plus rapidement possible. Au beau milieu de la saison, et à un an et demi de la fin de son contrat. Inutile de vous dire que les fans des Pelicans l’ont eu mauvaise.

    Une étrange situation à gérer pour deux franchises. Tout d’abord les Pelicans, évidemment, lorsque « The Unibrow » quitte la salle des Pelicans sans prévenir son coach Alvin Gentry, lors d’un match contre le Thunder. Seul le GM du moment, Dell Demps, est au courant. Et le pauvre Gentry qui se retrouva seul face aux caméras après la rencontre sans savoir où se trouvait sa star. Au final, les Pelicans vont virer Demps qui était en pleine négociation avec les Lakers. L’organisation décida également de ne faire jouer AD que quelques minutes par match et d’attendre la fin de la saison pour l’échanger.

    Les Lakers ont également souffert de cette situation. Les jeunes Ingram, Ball, Kuzma et Hart sont affectés par toutes ces rumeurs de trade, et selon Rajon Rondo, des vétérans ont été également impactés. Même dysfonctionnement au niveau du FO. Alors que New Orleans préfère collaborer avec Magic Johnson, ce dernier insinue que son collègue Rob Pelinka manigance dans son dos, ce qui provoquera le départ surprise de la légende des Lakers en toute fin de saison. Bilan de cette demande de trade : deux licenciements, des joueurs touchés moralement et deux franchises à l’avenir incertain.

    Et puis le miracle eu lieu ! La loterie offre le premier choix de draft 2019 aux Pelicans, ainsi que le 4e choix aux Lakers. Une énorme surprise qui va considérablement faciliter les choses pour effectuer le deal. Davis verra son vœu exhaussé et se retrouvera aux Lakers, tandis que les Pelicans, pas mécontents, récupèreront les jeunes Ball, Ingram et Hart mais surtout le phénomène Zion lors de la draft 2019.


    James Harden durant la « Bubble » – Getty Images via Sportingnews.com

    Option 5, James Harden: Je ne suis toujours pas tradé? Ok je reviens, je dois me rendre à Las Vegas.

    Près d’un mois après sa demande de trade, James Harden est, pour le moment, toujours un Rocket. Oui mais, après avoir vu son pote Russell Westbrook partir à Washington en échange de John Wall, le barbu est toujours décidé à partir, pire, il s’est permis de zapper la reprise des entraînements. Pas la meilleure façon de montrer l’exemple quand on est le joueur le mieux payé de l’équipe, mais là n’est pas la question. La partie qui fait grincer les dents, c’est que le MVP 2018 s’est délibérément montré à des soirées à Atlanta puis à Las Vegas, en plein cœur de la pandémie, sans masque tout en sachant pertinemment qu’il ne respectait pas les consignes données par la NBA pour assurer une reprise convenable de la saison.

    Vous avez donc des superstars mécontentes qui utilisent la carte de la blessure pour ne pas jouer (Kyrie Irving, Anthony Davis et même Scottie Pippen en 1997), et voilà une toute nouvelle technique en maximisant ses chances d’être positif au Covid19 afin de retarder son retour au sein de l’équipe. Le barbu ne se lance pas dans des quotes piquantes à l’encontre de la franchise qui l’a placé au sommet et qui n’a cessé de céder à ses requêtes. Non, il préfère snober son employeur ainsi que son tout nouveau coach Stephen Silas. Le pauvre Silas qui attendait ce poste de Head Coach depuis tant d’années, et le voilà qu’il se retrouve dans une situation invivable avec son franchise player qui veut partir à tout prix.

    Le protocole mis en place par la NBA obligent les équipes à faire passer six tests Covid19 aux joueurs avec un résultat négatif à chaque fois. Déjà arrivé en retard à Houston, cela ne fait qu’accentuer le délais d’attente. Après les départ du coach Mike D’Antoni, et du GM Daryl Morey, Harden ne semble pas vouloir se retrouver avec un propriétaire qui fait débat, ni enclin à discuter avec coach Silas. Une situation délicate et qui doit rendre nerveux toute une génération de fans des Rockets qui ont pourtant défendu corps et âme leur chouchou tout au long de sa carrière. Si cela peut les rassurer, une autre star des Rockets avait demandé à partir en 1992 : Hakeem Olajuwon. Pas sûr que ce coup-ci cette histoire se termine par un happy ending.


    Les demandes de trade des superstars font partie de l’histoire de la NBA. Certaines demandes n’ont pas abouti et le résultat a été plus que satisfaisant pour certains joueurs (Hakeem Olajuwon, Scottie Pippen, Kobe Bryant). Mais ces cas sont rares. Il est en effet très compliqué de recoller les morceaux avec une star mécontente, et il faut avouer que ces situations sont de plus en plus fréquentes, et de plus en plus difficiles à gérer. Il n’en demeure pas moins que pour les cas évoqués dans cet article, les joueurs s’en sont plutôt bien sortis en ayant eu le sentiment de prendre leur destin en main. Et vous quelle technique vous ressemble le plus ?

  • Itinéraire d’un finaliste NBA : Los Angeles Lakers

    Itinéraire d’un finaliste NBA : Los Angeles Lakers

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Comme un signe… Dans cette année 2020 si particulière, les Lakers, encore touchés par la perte du regretté Kobe Bryant, viennent de se qualifier pour la 32ème finale de leur histoire, la première depuis 2010, date de leur 16ème titre, avec un Kobe MVP des Finales. Comme un signe… Retour sur cette épopée !


    L’off-season des Lakers, ça a donné quoi ?

    Deux mouvements majeurs ont eu lieu. Le premier apparaît peu de temps après la fin de saison 2018-19 des Lakers. Luke Walton, considéré comme responsable de la non-qualification des Lakers en playoffs, est destitué de son rôle de coach. L’ex-assistant coach des Warriors prendra la direction des Sacramento Kings (31V – 41D sur l’exercice 2019-20).

    Rob Pelinka, directeur général des Lakers, doit donc choisir son remplaçant et jette son dévolu sur Frank Vogel, absent des bancs NBA la saison dernière après avoir vécu 2 années très compliquées du côté du Magic d’Orlando. A côté de lui s’installent notamment Jason Kidd et Lionel Hollins, qui, eux aussi, n’avaient pas côtoyés les vestiaires depuis un petit moment. Un « coaching staff » revanchard, à l’image des joueurs, prêts à réussir là où les autres ont tous échoués depuis 2010 : aller en Finales NBA et remporter le titre.

    Le deuxième mouvement est sûrement le plus important. Il manquait une pièce majeure à cet effectif pour qu’il passe dans une autre catégorie, celle de favori au titre. En effet, la saison passée était trop mitigée sur le plan humain pour pouvoir espérer quoi que ce soit. Les Lakers n’avaient pas un véritable soutien à LeBron James. Kyle Kuzma, sophomore (2ème année) à l’époque, n’avait pas la carrure pour porter cette équipe en complément de « LBJ » et Ingram semblait ne pas pouvoir supporter ce statut dans une ville pleine d’attentes comme Los Angeles.

    Il a fallu arranger ça. Quelques coups de fils, et un trade annoncé par Adrian Wojnarowski (ESPN) le 15 juin 2019 :

    Le trade mettra quelques temps à s’officialiser, raisons financières oblige, mais les Lakers réalisent le plus gros coup de la « free agency » 2019. Cela faisait quelques mois que la venue d’ »AD » était dans les rumeurs, mais c’est officiel : Anthony Davis est un Laker.

    Et même si Brandon Ingram (Most Improved Player 2020) & compagnie s’éclateront à New Orleans durant la saison actuelle, difficile de donner les Lakers perdants de ce trade. En ramenant un sextuple All-Star, 3 fois membre de la All-NBA 1st Team, Los Angeles se garantit quasiment une saison pleine et assure, aux yeux des fans et des insiders, une place dans le haut du tableau NBA.


    Anthony Davis, joueur star du Media Day 2019 des Los Angeles Lakers.
    © Photo par Scott Varley / GETTY IMAGES


    A noter le recrutement de Talen Horton-Tucker (8 matchs joués cette saison, playoffs inclus) au travers de la draft, et la re-signature de plusieurs joueurs présents l’an passé, parfaitement inscrits dans la continuité des efforts déjà fournis.

    Les Los Angeles Lakers étaient, sur le papier, prêts à régner sur l’Ouest.

    Une saison régulière à la hauteur des espérances

    Le début de saison des Lakers est tout simplement incroyable. Cependant, elle n’a pas commencé de la meilleure des manières avec une défaite lors du premier match face aux rivaux de Los Angeles, les Clippers.

    Il n’en fallait pas plus à ce groupe pour être motivé : 24 victoires et 2 défaites sur les 26 matchs suivants.
    Rayonnants, éblouissants, ils imposent leur rythme et leur jeu au fur et à mesure de la saison. Une série de 4 défaites viendra stopper cette dynamique, mais là n’est pas le fait : les Lakers sont bien présents au rendez-vous !

    La dynamique suit, et les Lakers atteignent 26 victoires pour 7 défaites au moment de commencer cette année 2020.

    Mais cette année 2020 ne nous a pas fait vivre les émotions que nous avions espéré… Le 25 janvier 2020, dans le Wells Fargo Center de Philadelphie, LeBron James inscrit 29 points et dépasse la légende du basket Kobe Bryant en devenant le 3ème meilleur scoreur de l’histoire de la NBA. Fierté pour deux hommes aux destins étroitement liés, et plus proches qu’on ne pourrait l’imaginer.
    Malheureusement, quelques heures plus tard, le 26 janvier, un accident d’hélicoptère coûta la vie de Kobe Bryant, de sa fille Gianna Bryant ainsi que celles de Payton & Sarah Chester, Alyssa, Keri & John Altobelli, Christina Mauser, et Ara Zobayan.

    L’état d’esprit du groupe en sera bouleversé. Mais cela l’a encore plus soudé, tous liés autour d’un seul but : gagner pour Kobe.

    Ils terminent sur un 12V-4D avant que la saison NBA ne soit stoppée à cause du coronavirus. La dynamique est relancée.

    Bilan de la saison régulière : 52 victoires – 19 défaites (1er de la conférence Ouest)

    Les playoffs, simple voyage vers les finales NBA

    1er tour : (#1) Los Angeles 4 – 1 Portland (#8)

    Il a fallu que la machine se mette en route pour battre les Trail Blazers de Portland, équipe qualifiée grâce au play-in, système mis en place par la NBA cette année pour rajouter un peu de piment aux playoffs.
    Ce play-in, qui a permis à Portland d’avoir les jambes prêtes pour ce match n°1, tend un piège aux Lakers.

    1-0 pour Portland, à l’issue d’un match très incomplet de la part des joueurs de Frank Vogel. C’est la piqûre de rappel : rien n’est simple lors des Playoffs, même quand on finit premiers de sa conférence.

    Après cette défaite, Los Angeles ne laissera aucune chance à Portland, à l’image de ce match 4 où Portland ne passera pas une seule seconde devant au score, et s’inclinera 135 à 115. Les Lakers enchaîneront 4 victoires de suite.

    Portland usé physiquement de cette bulle, LeBron en triple-double de moyenne, Kentavious Caldwell-Pope qui passe un cap : 4-1 pour les Lakers.

    2ème tour : (#1) Los Angeles 4 – 1 Houston (#4)

    Première grosse confrontation pour les Lakers, qui affronte un Houston qui s’est très difficilement détaché d’Oklahoma City au premier tour.
    Et comme pour le premier tour face à Portland, Los Angeles débute très mal et Houston s’impose dans un match très bien géré par les Texans.

    Derrière ? « Next series, same series ». Les Lakers déroulent leur jeu, ils s’adaptent plutôt bien à ce que propose les Rockets offensivement notamment, en les forçant à moins exploiter le jeu à 3 points, et en enfonçant un Russell Westbrook mal engagé depuis les débuts des playoffs.

    Cette série permet également la réintroduction du meneur de jeu Rajon Rondo, absent depuis le 10 mars 2020. Il sera l’auteur d’une série plutôt complète, montrant une fois de plus qu’il hausse constamment son niveau de jeu une fois en playoffs.

    Les 4 matchs suivants ont beau être serrés, Houston n’y croit pas plus que ça. 4-1 pour les Lakers une fois de plus.
    Direction les finales de conférence !

    Western Conference Finals : (#1) Los Angeles 4 – 1 Denver (#3)

    Deux équipes aux parcours complètement différents mais avec une même mentalité : même derrière sur le tableau d’affichage, il ne faut rien lâcher. Denver connaît les situations de renversement car ils viennent d’enchaîner deux remontées d’affilée.

    Dans leurs 2 premières séries, les Nuggets étaient menés 3 victoires à 1, mais ont tout de même réussis à s’imposer 4-3 à chaque fois. Tout simplement historique.

    C’est forcément plein d’ambitions qu’ils abordent cette série face aux Lakers. Et cette fois-ci, LeBron et les siens ne laissent pas le 1er match à l’adversaire.
    Équipe avec le meilleur pourcentage aux tirs des playoffs, Los Angeles continue sur sa lancée en claquant un 50.2% de moyenne sur la série ! En face, Denver répond avec un excellent 48.6% !

    Résultat : c’est la série avec la plus faible moyenne de rebonds pris par match sur ces playoffs (73.6 pour les deux équipes combinées) !
    Anthony Davis, qui a une jolie moyenne en carrière de 10,9 rebonds par match joués en playoffs, y réalise même sa pire moyenne sur une série, avec uniquement 6,2 prises par match !

    Malgré tout ça, les Lakers se retrouvent rapidement en position de force et mènent 3 victoires à 1. Immédiatement, les comparatifs se font et les Nuggets rêvent d’une troisième remontée historique. Mais LeBron n’y a pas été favorable. 38 points, 16 rebonds, 10 points dans le 5ème match pour le King, et les Lakers s’imposent pour la 3ème fois consécutives 4 victoires à 1.

    Statistiques collectives et individuelles sur les Playoffs


    Statistiques des Los Angeles Lakers sur les Playoffs 2020



    Statistiques individuelles des joueurs des Los Angeles Lakers sur les Playoffs 2020


    Une défense sur écran intraitable

    Quand on pense au jeu offensif produit par Miami, on pense au mouvement, à l’équilibre, à la répartition des tirs et surtout aux écrans !
    Membre omniprésent du jeu d’Erik Spoelstra, Miami adore jouer avec les écrans. Et les Lakers en face, qu’en pensent-ils ? Ils adorent défendre sur les écrans !

    Avec des joueurs dynamiques et super actifs sur les lignes de passe, les Lakers possèdent une des meilleures défenses sur écran de toute la NBA.
    Difficile de donner tort aux chiffres ci-dessous.


    Statistiques de Miami (en attaque) et de Los Angeles (en défense) sur les tirs liés à un écran lors des playoffs 2020.


    Partout où Miami excelle offensivement, Los Angeles excelle défensivement, notamment dans le jeu de pick&roll, où les Lakers n’encaissent « que » 18 points par match depuis le début des Playoffs.

    Forcément, en jouant 5 matchs contre Houston, qui monopolise le ballon et pose peu d’écrans, les statistiques sont un peu faussées. Mais ça reflète un sentiment général : Los Angeles va gêner Miami sur les écrans.

    Gros plan sur les Finales NBA !

    Comment les aborder côté Los Angeles Lakers ?

    Sans se reposer sur leurs acquis.
    A l’image des premières séries, il ne faudra jamais se relâcher, surtout face à un Miami qui score 1,13 points par possession après avoir encaissé un panier (3ème de la ligue sur les playoffs). Il faudra également ne pas se déconcentrer de la tâche finale, du trophée qui leur tend les bras.

    Attention à ne pas se reposer sur LeBron James et sa maîtrise des Finales NBA, sous peine de voir une finale 2018 n°2 avec des Cavaliers ultra dépendants de LeBron. Le banc devra convaincre, et sera très important dans la mise en place du jeu californien.

    Ils doivent être notamment conquérants dans la bataille du rebond, véritable ancre au succès des Lakers depuis le début des Playoffs. Avec des joueurs talentueux dans ce domaine comme Davis, Howard, James ou même McGee, difficile de voir Miami lutter efficacement et dans la durée, même avec un joueur comme Adebayo dans la raquette.

    Dernier point : assumer son statut de leader de conférence et ne pas laisser Miami prendre confiance, surtout grâce à toute cette expérience collective. A l’instar de la série face à Portland, il faudra stopper l’hémorragie dès que Miami prendra feu.

    Quel est leur point fort clé ?

    Anthony Davis. Comment ne pas citer ce joueur au talent monstrueux ? On aurait pu parler évidemment de LeBron James et de ses 10 finales. Mais le choix le plus évident reste « AD ». 28.8 points, 9.3 rebonds de moyenne sur ces playoffs. Un offensif rating de 130 (!!!) pour un defensive rating de 107.

    Davis est en mode machine et les Lakers le savent. Ils le servent et il se régale. Véritable menace à tous les niveaux, il explose les compteurs au niveau des lancers-francs. 147 tentés en 15 matchs, soit un peu moins de 10 par match ! Idéal au moment d’affronter Bam Adebayo, menace directe des Lakers.

    Même si Bam Adebayo est l’un des meilleurs défenseurs de la ligue (membre de la All-Defensive 2nd Team), difficile de voir « The Brow » rater sa série de Finales.


    Anthony Davis (n°3 des Lakers) aura fort à faire face à la défense collective du Heat.
    © Photo par David Santiago / GETTY IMAGES


    Anthony Davis aura probablement affaire au vis-à-vis défensif le plus dur de ces playoffs et devra faire face à la plus grande série de sa carrière.

    Quel est leur point faible clé ?

    Est-ce que Los Angeles a les armes pour stopper Miami défensivement ? Comme expliqué dans l’article sur le match 1 entre Miami et Milwaukee, Miami possède une des attaques les plus polyvalentes et efficaces de la NBA.

    Nul ne sait qui mettra 20 ou 25 points chaque soirée.
    C’est la force du Heat.

    La question est : est-ce que la défense des Lakers pourra contenir au maximum cette attaque de Miami ?
    Considéré comme l’une des meilleures défenses de la NBA, elle va faire face à une équipe qui a mis 112.8 points de moyenne à la meilleure défense statistique : les Bucks.

    Les matchups désignées seront très certainement la clé de la victoire californienne. Sans Avery Bradley, toujours absent de cette « bulle » d’Orlando, les ressources défensives sont forcément amoindries. Et quand il s’agit d’affronter une ligne arrière avec Goran Dragic, Tyler Herro, Duncan Robinson et Jimmy Butler, il faut être prêt défensivement.

    Les deux matchs Lakers-Heat joués durant la saison régulière peuvent faire preuve d’une grande maîtrise défensive de la part de Los Angeles, mais on peut difficilement se baser dessus (présence de Bradley, pas de Crowder/Iguodala).
    Cependant, Frank Vogel doit actuellement se creuser les méninges pour trouver la solution qui limitera le plus possible l’apport de chaque joueur du Heat.


    A lire : Itinéraire d’un finaliste NBA version Miami Heat

    Ainsi s’achève le récapitulatif de cette équipe des Los Angeles Lakers, favori du début jusqu’à la fin de saison. A la recherche d’un 17ème titre, et d’une égalisation au niveau du palmarès avec les Celtics, cette franchise mythique, accompagné de ses fans les plus fervents, attend , depuis plus de 10 ans, la consécration ultime qui leur tend la main aujourd’hui.

    Nous pensons, dans cette période de fête et de joie liée au basket-ball et aux Lakers, plus que jamais à Kobe Bryant, légende du basket-ball et à toutes les personnes touchées de près ou de loin par sa perte.

    Sources : NBA.com, Basketball Reference, ESPN, inpredictable.

  • Houston Rockets – LA Lakers : débrief d’un Game 1 surprenant…

    Houston Rockets – LA Lakers : débrief d’un Game 1 surprenant…

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Après une analyse du Game 1 entre Bucks et Heat, direction… Orlando pour la confrontation entre les Houston Rockets et les Los Angeles Lakers, soldée par une victoire des Texans à la surprise générale, eux qui sortaient d’une confrontation compliquée face à Oklahoma City. Retour sur un 1er match qui peut en dire long sur cette série !


    Article à lire : Comment le Miami Heat a-t-il gagné le match 1 face aux Bucks ?


    Les Lakers battus… dans la raquette… mais pas que !

    Aussi surprenant soit-il, Los Angeles a connu une soirée compliquée dans la raquette. Et personne ne pouvait prévoir la physionomie de ce match, car Houston a marqué plus de points dans la raquette que Los Angeles, et ça c’est fort.

    Il faut dire que les différentes confrontations avant ce match avaient vus les Lakers dominer outrageusement les Rockets dans la raquette avec un écart de plus de 13 points dans ce domaine (3 matchs joués avant ce Game 1).

    Mais depuis les playoffs, Houston est clairement transformé. Les séquences offensives sont moins axées sur le tir à 3 points et plus posées sur du jeu demi-terrain. Le résultat est sans appel, les statistiques en playoffs sur les tirs dans la raquette grimpent.


    Tableau représentant les points marqués et encaissés des deux équipes dans la raquette, en saison régulière et en playoffs.


    Encore plus impressionnant, Houston s’impose comme l’une des équipes les plus fortes sur le jeu intérieur depuis le début des playoffs, même devant les Lakers, qui possèdent un des ex-candidats au Défenseur de l’Année nommé Anthony Davis. Alors forcément, quand on affronte le Thunder au 1er tour, ça aide. Mais les 40 points encaissés face aux Lakers expriment une volonté d’être plus agressifs, et corrigent énormément les faiblesses défensives du groupe texan accumulées durant la saison régulière.

    Offensivement, l’équipe de James Harden n’a quasiment rien forcé, profitant du match très faible de l’adversaire pour se projeter vers l’avant et jouer le jeu, avec simplicité. De manière générale, Houston n’a pas été vraiment rayonnant offensivement, mais ils ont fait ce qu’ils savent faire.

    Profitant des 17 ballons perdus par les Lakers, ils se sont procurés de multiples occasions. Les 27 points issus des pertes de balles adverses, pire total des playoffs pour « LA », sont un excellent indicateur du faible niveau proposé par Los Angeles et de la manière dont Houston a su en profiter.

    Savez-vous contre qui les Lakers ont encaissé le plus de points sur pertes de balle cette saison (hors playoffs) ? Houston bien sûr, durant les seeding games 1 , avec 36 points inscrits par les Texans !
    Simple coïncidence, ou véritable épine pour l’équipe californienne ? Difficile à dire, cependant les 1,54 points par possession 2 sur perte de balle pour les Rockets doivent actuellement donner des sueurs froides au coach Vogel.

    Un manque total d’efficacité a frappé les Lakers, avec un peu moins d’un point par possession (0,99) sur le match, contre 1,11 de règle générale.
    Catastrophique au niveau du tir, avec un eFG% 3 de 48.8, Los Angeles ne pouvait pas espérer une victoire, surtout avec un faible 9/24 aux tirs pour eux quand ils furent complètement ouverts (sans aucun défenseur pour les gêner).

    Avec 0,80 points par possession à la suite d’un panier inscrit par Houston, LeBron & compagnie n’ont jamais vraiment mis la pression sur Houston, malgré 3 premiers quart-temps plus ou moins serrés…

    Houston Rockets, maîtres du temps

    Une des caractéristiques majeures de ces deux équipes reste la vitesse de jeu. Houston et Los Angeles font partie des équipes jouant le plus rapidement de la NBA. Entre les transitions de LeBron et celles de James Harden, les 2 équipes devaient se rendre coup pour coup sur un rythme effréné.

    Sur le papier tout du moins, car les Rockets ont joué différemment ! En alternant énormément entre transition et jeu placé, ils ont pris de court des Lakers un peu perdus sur un rythme qui ne leur convenait pas. C’est une stratégie qui avait déjà fonctionné pendant la victoire des Rockets lors du seeding game.

    Avec une moyenne de 15,7 secondes par possession sur le Game 1, Houston explose totalement sa moyenne de saison (13,2 secondes) ! Sur un rythme plutôt lent, ils ont quasiment endormis et pris à contre-pied des Lakers sûrs de leur coup et portés vers l’avant (13,5 secondes par possession, soit -0,5 sur leur moyenne), probablement responsables de ces 17 pertes de balle.


    Tableau représentatif des différents tirs où Houston excelle, comparant la saison régulière et le match n°1 face aux Lakers


    En témoigne directement le tableau ci-dessus, on remarque que Houston a levé les pieds sur les tirs rapides, divisant quasiment par 2 le nombre de possessions finissant par un tir pris en moins de 10 secondes.
    Mais ce « ralentissement » du jeu n’a pas poussé les porteurs de balle comme James Harden à monopoliser le ballon pendant 20 secondes. Le nombre de tirs après plus de 7 dribbles sont restés plus ou moins équivalents à ceux enregistrés durant la saison.

    Des Rockets plutôt patients, plus collectifs, plus sereins, et qui ont été dans le contrôle quelques jours seulement après un Game 7 stressant face à Oklahoma City.
    C’est la clé du match. La patience a joué un rôle énorme dans la victoire des Texans.

    James Harden en mode patron

    Si on peut attribuer le mérite de la victoire au collectif des Rockets, impressionnants de réalisme et d’efficacité, et si Robert Covington (defensive rating de 90.4 4 en 39 minutes de jeu) ou Eric Gordon (11 points dans le dernier quart-temps) ont été vraiment importants, un joueur est sorti du lot : James Harden.

    Il faut croire que le contre sur Luguentz Dort a libéré la bête et l’a rempli de confiance. Véritable responsable du maintien des Rockets en tête durant le match, gestionnaire quasiment parfait sur le rythme, il est l’artisan de cette victoire.


    James Harden au dunk face à LeBron James (n°23 des Lakers), dans une victoire 112 à 97 des Rockets.
    © Photo par Jesse D. Garrabrant / GETTY IMAGES


    25 points sur la première mi-temps. 36 au final. 12/20 aux tirs. Des séquences défensives convaincantes, notamment sur Anthony Davis au poste bas.
    Il a su contrôler le groupe à un moment où Russell Westbrook était très frustré de certaines de ses actions.

    Cependant, il n’a pas pu stoppé « AD » indéfiniment, encaissant 11 des 25 points du joueur des Lakers en moins de 4 minutes de confrontation directe.
    « The Brow » a été le point faible d’une défense collective quasiment parfaite, point qu’il faudra régler pour Houston et exploiter pour Los Angeles…

    Quelques notes sur la 1ère confrontation…

    • Le meneur de jeu des Lakers, Rajon Rondo, est revenu sur les parquets pour la 1ère fois depuis le 10 mars. 24 minutes pour lui dans le G1, avec 8 points, 3 rebonds et 4 passes. Classic Rondo. Enfin statistiquement…
    • Les 25 points de James Harden en 1ère mi-temps se classent à la 2ème place des plus grosses performances sur une première mi-temps dans ces Playoffs. A noter que ses 11 lancers-francs tentés sur cette même période constituent le 3ème plus gros total sur une première mi-temps. L’ancien podium était occupé par… 3 joueurs des Lakers (LeBron + Davis x2) lors de leur série face à Portland !
    • Les Los Angeles Lakers perdent ainsi leur premier match dans chacune de leurs séries jouées. C’est arrivé 3 fois dans leur histoire, et pour la première fois depuis l’exercice 2010/11 (Hornets puis Mavericks). A chaque fois, ils n’ont pas dépassé le second tour des playoffs ! Fin de série ?
    • Dallas, Indiana, Miami, Oklahoma City, Toronto et Utah ont chacun réalisé un match avec 3 joueurs à plus de 20 points durant ces playoffs.
      Houston vient d’achever son 3ème match dans ces conditions, avec 5 joueurs différents dans les 3 performances (Harden, Westbrook, Gordon, House, Green). Isolation Harden n’est-ce-pas ?

    Sources : NBA.com, inpredictable, Basketball Reference, ESPN, RealGM.

    Lexique :

    1. Les seeding games : matchs joués à Disney (Orlando) le mois passé afin de définir les places pour les Playoffs et pour la lotterie NBA. Chaque équipe présente à Disney a joué 8 seeding games.
    2. Les points par possession (ou PPP) : statistique prenant en compte le nombre total de points marqués sur le nombre total de possessions.
    3. L’effective field goal percentage (ou eFG%) : statistique calculée en prenant en compte le fait qu’un panier à 3 points est 1,5 fois plus important qu’un panier à 2 points. Plus l’équipe est adroite à 3 points, plus son eFG% sera élevé. La moyenne pour les équipes NBA est de 52-53%.
    4. Le defensive rating (ou DRtg) : statistique inventée pour mesurer l’efficacité défensive d’un joueur. La moyenne NBA se situe entre 105 et 110.
  • NBA, COVID-19, et après ?

    NBA, COVID-19, et après ?

    Alors que le globe s’est réglé à l’heure COVID-19, le 11 mars, les horloges Tissot ont cessé de tourner en NBA pendant plusieurs mois. Le mardi 2 juin, le conseil d’administration de la grande ligue a validé une reprise progressive de l’entraînement. Un “hallelujah” pour les fanatiques de la balle orange, désabusés pendant ces quatre mois de disette.

    Les playoffs se dérouleront dans un contexte inédit à Disney World Floride dans la bulle. Depuis cette “Salle du temps et de l’esprit”, les joueurs se remettent en condition afin d’être affûtés pour leur premier match officiel, le 30 juillet. D’ici là, les rumeurs des nouvelles contaminations, des entrées et sorties de la bulle sont relayées par les journalistes américains Shams Charania et Adrian Wojnarowski sur Twitter.

    En période de confinement, le réseau social a constitué une plateforme d’expression pour les spectateurs qui ont pu y partager leur frustration et leur nostalgie lors de la mise en suspens de la NBA. La pandémie n’a pas eu raison de notre amour pour le basket, mais elle a changé les règles du jeu. À quoi ressemblera l’après-COVID pour la ligue américaine ? Dans la lignée du “Flu-game” de Michael, votre média ClutchTime vous propose une rétrospective épidémiologique des séquelles de la NBA post-confinement.


    Une bourde franco-française et une société américaine divisée

    Le 11 mars 2020, la Twittosphère n’en a que pour notre Rudy Gobert national, testé positif au coronavirus. Les boutades fusent, plus ou moins fines. Le double DPOY est accusé d’avoir réalisé l’action défensive la plus impactante de sa carrière : un geste clownesque face aux journalistes qui impose un cadenas sur la ligue.

    Le récapitulatif vidéo de la bourde de Rudy Gobert, source : Le Huffington Post/Youtube.

    Rudy assume sa bêtise et présente ses excuses dans un communiqué où il exprime sa volonté de dédramatiser le quotidien des fans dans un contexte d’angoisse collective. Mais avec un premier joueur officiellement atteint, Adam Silver ne prend pas de risque. Il prend la décision historique de suspendre la saison jusqu’à nouvel ordre afin de protéger son organisation.

    À cette date, le virus n’est statistiquement qu’un phénomène mineur aux USA. L’épicentre de l’épidémie se déplaçait doucement de l’Asie vers l’Europe et la société étasunienne restait divisée. Donald Trump, tenait comme à l’habitude une position radicale. Le président crie au complotisme, refuse de porter un masque en public et accuse la Chine comme seul pays responsable de la propagation du virus.

    Le Tweet accusateur de Donald Trump envers la responsabilité du gouvernement chinois. Source, compte twitter de Donald Trump le 20/05/2020.

    “Un abruti en Chine vient de publier un rapport qui accuse tous les pays sauf la Chine pour ce virus qui a tué à ce jour des centaines de milliers de personnes. Que quelqu’un veuille bien expliquer à cet imbécile que c’est “l’incompétence de la Chine” et rien d’autre qui a engendré cette tuerie de masse.”


    Aux côtés de la presse et des manifestations citoyennes du mouvement “Stay Home”, la NBA a constitué un contre-pouvoir à l’entêtement présidentiel. Depuis l’élection de Donald Trump, le basketball marche à contretemps de la Maison-Blanche. Les Champions NBA refusent d’effectuer la visite protocolaire pour recevoir les honneurs du président après leur titre. Staffs et athlètes se positionnent contre le camp pro-Trump et affichent leurs revendications politiques et sociales : du mouvement “Shut Up and Dribble” de LBJ aux récentes manifestations “Black Lives Matter”.

    Jaylen Brown, participant à la marche de protestation “Black Lives Matter” en réaction au décès de George Floyd. Le joueur des Celtics a effectué un trajet de 15 heures en voiture afin d’apporter sa voix au mouvement. Source et crédit photo : NBA.com

    Alors qu’approche la reprise, lorsque Donald Trump réaffirme son attachement au drapeau confédéré hérité de la période esclavagiste. De son côté,la NBA offre la possibilité à ses joueurs d’arborer des messages de paix et de tolérance au dos de leur maillot. La fracture entre le gouvernement et la ligue est nette. Avec près de 4 millions de personnes testées positives à la fin du mois de juillet, les États-Unis restent le pays avec le plus de cas déclarés selon les statistiques de l’OMS. Rétrospectivement, en prenant en compte ce bilan humain dramatique, on ne peut que louer la capacité d’anticipation d’Adam Silver.

    La NBA fut la première ligue sportive américaine à stopper ses activités. La fermeture de tous ses centres d’entraînement fut actée avant même la mise en suspens de la National Football League (NFL) et National Hockey League (NHL). Cela s’explique aussi car la NBA est habituée à traiter des dossiers sensibles en lien avec la maladie. Notamment lorsqu’à l’aube des années 1990, une annonce vient bouleverser la planète basket.


    Le cas Magic, une ligue déjà préparée

    “Magic” n’a pas volé son surnom sur le terrain. C’est un prestidigitateur à la conduite de balle hypnotisante. La créativité et le culot au service du Showtime à Los Angeles. Avec une ligne statistique de 19.5 points- 11.2 passes décisives et 7.2 rebonds en carrière, difficile de refuser au monstre sacré le statut de meilleur Point Guard de tous les temps. Sa rivalité avec Bird et son sourire chaleureux ont participé à fidéliser toute une génération de fans durant la décennie 1980.

    “Plusieurs fois, il lançait la balle et je ne savais pas où elle allait atterrir. Et là, un de nos gars la reçoit dans ses mains et marque, je me retrouve à revenir dans ma moitié de terrain à me demander s’il ne l’a carrément pas fait passer à travers quelqu’un”.

    Source : Michael Cooper, ancien coéquipier de Magic pour Legends Profile NBA.com.

    À l’aube des années 1990, le parcours flamboyant du meneur de 32 ans est pourtant stoppé net. Le 7 novembre 1991, il s’exprime dans une conférence de presse et annonce publiquement sa retraite. Earvin Johnson Jr. vient d’être testé positif au virus d’immunodéficience humaine (VIH).

    À cette époque, le SIDA est un sujet de psychose dans la société américaine. Il est associé à l’homosexualité pour de nombreux Américains. Alors que les premiers cas de contamination apparaissent en 1981, la maladie est souvent appelée avec ignorance “gay cancer”. La recherche scientifique contre le virus est encore balbutiante et le gouvernement américain n’a pas identifié l’ampleur de la menace épidémiologique. Les causes de sa propagation sont encore méconnues. Les pratiques sexuelles non protégées ou le partage d’aiguilles lors de la prise de stupéfiants en intraveineuse sont des pratiques à risque récurrent dans la société américaine, notamment parmi les populations précaires.

    L’annonce de la séropositivité de Johnson plonge le monde du sport dans la consternation. Face au drame, le numéro 32 des Lakers agit avec intelligence. Il choisit d’user de sa notoriété pour inciter le public à ne pas perpétuer les mêmes erreurs que lui.

    La prévention reste le traitement le plus efficace contre cette maladie. En tant qu’icône mondialement reconnue, son intervention pour la sensibilisation de tous est décisive. Magic est un jeune afro-américain hétérosexuel issu d’une famille ouvrière du Michigan, qui a atteint l’excellence à la sueur de son front. Il est la preuve de la vulnérabilité individuelle face au SIDA, un virus qui n’inquiète pas seulement les minorités invisibles ou la classe populaire.

    L’image de l’enfant chéri de la grande ligue, avec trois MVP et 5 titres de champion, est assurément ternie par cette annonce. Sa femme est enceinte d’un enfant qui risque de payer les conséquences de son insouciance. La NBA est d’ailleurs divisée alors à propos du cas Magic. : un contexte inédit très bien retranscrit par les images d’archives publiées par la ligue.

    Dossier de la chaîne YouTube officielle de la NBA lors de la déclaration de la séropositivité de Magic.

    On y voit le témoignage de David Stern, le commissioner de l’époque, en sortie de conférence de presse. Il salue le courage de son joueur qui assume ses erreurs et doit prendre une décision au tournant de sa vie. Des figures importantes comme Pat Riley, alors coach des Knicks, ou Larry Bird, éternelle némésis de Magic, apportent leur soutien au joueur.

    Mais beaucoup d’autres joueurs et membre du staff sont terrorisés par l’annonce. Les comportements et sorties médiatiques ne sont pas toujours mesurés. En coulisses, le meneur des Lakers est qualifié de “mort vivant” en raison de son affliction. La peur de la maladie recompose les rapports de Magic avec son entourage, avec une distanciation sociale qui lui est parfois imposée.

    Alors qu’un retour de Johnson se profile en coulisse pour le All-Star Game 1992, sa séropositivité inquiète. Le 1er octobre, le journaliste Harvey Araton du New York Times rapporte les propos de Karl Malone. La superstar du Jazz ne veut pas évoluer sur le même parquet que Magic.

    They Can’t tell you that you’re not at risk, and you can’t tell me that there’s one guy in the NBA who hasn’t thought about it”.

    Ils ne peuvent pas nous assurer que le risque zéro n’existe pas, et n’allez pas me raconter que toute personne en NBA n’y a jamais pensé.

    Magic fera pourtant progressivement son retour et poursuivra sa relation avec la grande ligue. Notamment, car la NBA offre des stages de prévention et d’information à ses employés afin d’élever leur connaissance du virus, comme le rapporte le journaliste insider Sam Smith pour le média Japan Times.   

    Comment peut-on apprécier cet événement au regard du contexte pandémique actuel ? Certes, la situation est différente, car si Magic est à l’époque un cas isolé parmi les joueurs. Une superstar dont le drame et l’engagement ont souligné que tout individu était responsable face au risque de contamination. La pandémie de la COVID-19 a malheureusement aussi affecté et mis en danger des familles de joueurs, c’est un drame collectif qui touche toute la ligue et la société américaine. Dès lors, le positionnement et le discours des athlètes en tant que role model est essentiel. Ils sont des acteurs écoutés et respectés dont la voix importe pour éveiller les consciences collectives à la prévention.

    Le sport est une facette prédominante de la société américaine, mais même menacée, son sauvetage ne doit pas mettre en péril la sécurité de tous. Les prises de position médiatiques de Damian Lillard ou Kyrie Irving contre un retour du jeu en ce contexte sanitaire sont ainsi essentielles. Elles permettent d’entretenir la réflexion autour des enjeux liés à la reprise, et à ses conditions sécuritaires pour les joueurs et tout le staff NBA. Cet équilibre fragile et incertain soulève une interrogation majeure :  quel sera le visage de la NBA à l’issue de cette crise ? 


    Les conséquences de la pandémie et les solutions envisageables

    Un modèle économique en sursis

    Alors qu’il restait encore 259 rencontres à disputer sans compter les séries éliminatoires, la suspension de la saison a eu effectivement des conséquences immédiates, mais également des répercussions sur le long terme à la fois sur le plan financier, social et sportif, d’autant plus que la ligue sera très certainement amenée à revoir son modèle économique et son organisation.

    Rétrospectivement, la santé financière de cette dernière était déjà vacillante avant d’être frappée par la crise de la COVID-19. L’épisode de l’incident diplomatique entre la Chine et le GM des Rockets, Daryl Morey, qui affichait en octobre dernier son soutien aux manifestants à Hong Kong, a déjà amputé à la NBA un peu plus de 150 millions de dollars de revenus essentiellement liés aux droits TV et des recettes publicitaires ou de sponsoring.

    Après avoir écarté l’idée d’une annulation de la saison, les rencontres disputées à huis clos devraient néanmoins entraîner des pertes estimées à près de 500 millions de dollars et plus du double pour les playoffs. Selon Forbes, chaque match de saison régulière rapporte en moyenne 1,2 million de dollars, 2 millions pour un match de playoffs, soit quelque 470 millions de dollars rien que pour la billetterie, sans compter les recettes annexes telles que l’alimentation et les produits dérivés dans les boutiques et les salles, la somme grimpe alors à plus 700 millions de dollars selon le Washington Post.

    Une perte colossale et des conséquences bien réelles pour l’économie, les employés des salles et autres acteurs physiques autour de la NBA se sont soudainement retrouvés au chômage technique. Afin d’y remédier, plusieurs joueurs et personnalités influentes, parmi lesquels Rudy Gobert, ont annoncé très tôt des dons substantiels en prenant en charge dans certains cas une partie des salaires et les frais des personnes les plus vulnérables.

    Le Wells Fargo Center était la salle qui accueillait le plus de spectateurs en moyenne cette saison (Photo by Mitchell Leff – Getty Images)

    Ces aident n’ont néanmoins pas empêché le licenciement par la ligue d’une centaine d’employés il y a quelques semaines, alors que cette dernière prépare la reprise avec un effectif et un budget revus à la baisse. Un timing immédiatement pointé du doigt, d’autant plus qu’il s’agissait vraisemblablement d’une manœuvre déjà planifiée depuis de longue date d’après le responsable RH de la NBA, Eric Hutcherson.

    Les droits télévisuels de la ligue, estimés quant à eux à quelque 2,7 milliards de dollars annuels, sont de plus en plus menacés. En effet si les téléspectateurs venaient à déserter les différents Networks américains, ces derniers pourraient tout à fait exiger des compensations financières pour les sommes déjà versées au préalable pour couvrir les pertes liées aux annulations d’un certain nombre d’événements sportifs tels que les JO de Tokyo. Pour l’heure, l’industrie télévisuelle américaine parvient à limiter ses pertes en regroupant certaines de ses offres, mais de façon temporaire.

    Car si les revenus liés au marketing et à la billetterie sont importants et témoignent de l’attractivité de la NBA auprès du public, les revenus qui découlent des droits télévisuels et des sponsors le sont d’autant plus, puisqu’ils comptent pour près de la moitié du chiffre d’affaires de la ligue chaque saison, soit environ 4.1 milliards de dollars sur les quelques 8.7 milliards générés par la ligue sur le sol américain et à l’international avec les NBA Global Games (source : statista.com).

    Ce sont finalement les acteurs de la NBA qui vont en subir les conséquences, à commencer par les dirigeants et les joueurs qui verront très certainement le salary cap baisser dès la saison prochaine, d’environ 15 millions de dollars selon une estimation de Bleacher Report, avec comme crainte un effet de contagion pour les saisons à venir, remettant ainsi en cause les futures négociations lors de la Free Agency.

    La ligue et le syndicat des joueurs ont notamment évoqué une clause de « force majeure » dans la convention collective qui stipule que les dirigeants des franchises peuvent réduire graduellement les salaires des joueurs dans le cas d’une annulation définitive de la saison et la NBA s’est également engagée à revoir le plafond de la Luxury Tax.

    Une nouvelle approche

    Face à une situation aussi inédite dans l’histoire de la ligue, la nécessité de développer une « culture du risque » prend alors tout son sens. Que ce soit en matière d’organisation et de logistique pour le transport, l’hébergement et l’accompagnement des joueurs ou encore la mise en place d’un protocole sanitaire, la NBA a décidé de prendre toutes les précautions nécessaires.

    Une ligue qui se veut exemplaire donc et qui cherche à sensibiliser dans un premier temps les acteurs de la ligue, à travers un discours de prévention qui a pour but de rassurer , mais surtout d’informer le public et les joueurs des règles de conduite, réflexes et gestes barrières à adopter à travers des actions caritatives et notamment la campagne « NBA Together ».

    La mise en place d’une organisation inédite des workouts, des matchs à huis clos et d’une logistique toute nouvelle est la condition nécessaire au retour de la compétition. La NBA a donc dépensé plusieurs dizaines de millions de dollars supplémentaires dans les infrastructures d’Orlando et la bulle autour du campus et des hôtels des équipes. Leur accès est réduit principalement aux staffs et aux joueurs des équipes, tout comme leur contact avec l’extérieur qui nécessitera une autorisation de la ligue. Enfin le matériel de protection (masques, gels, ou encore des trackers de sommeil pour suivre l’état de santé des joueurs …) et des tests de dépistage à la COVID-19 sont prévus pour permettre le bon déroulement des rencontres.

    Dans l’immédiat, la reprise tardive de la saison va irrémédiablement entraîner un décalage du calendrier et la question du nombre de matchs à disputer en 2021 doit être prise au sérieux. La possibilité de réduire la durée de la saison régulière en passant de 82 à 70 matchs avait même été un temps évoquée bien avant l’arrêt de la saison.

    Un projet envisagé visait à réformer la ligue pour maintenir l’attractivité de celle-ci, face à des audiences TV en baisse lors des Finals 2019 (-14%) ou encore en début de saison entre le mois de septembre et le mois de décembre (-15%).

    Certains matchs du début de saison ont à peine dépassé le million de téléspectateurs, raison pour laquelle la ligue se tourne désormais vers son offre numérique à la demande, qui a en revanche connu une croissance spectaculaire, notamment depuis le développement de son offre à l’international en 2014 (une hausse d’audience de 16% et des souscriptions de 21% rien qu’en 2018-19).

    La journaliste-reporter de terrain, Kristen Kenney, qui couvre les matchs du Jazz à la Vivint Smart Home Arena de Salt Lake City

    La NBA a même proposé pendant plusieurs mois un accès totalement gratuit à son League Pass et face à l’éventualité d’une pandémie prolongée et la perspective de match à huis clos en 2021, la ligue ne doit négliger aucune piste pour garantir son attractivité auprès des fans en développant ses contenus (League Pass, E-sport, entre autres).

    Néanmoins, Adam Silver a démenti vouloir raccourcir la saison 2020-21, quitte à ce que les franchises enchaînent les back-to-back et disputent un nombre de matchs plus important en semaine de décembre à avril, ce qui amènera logiquement à plus de load management avec un risque de blessures accru, en plus de composer avec la sphère sanitaire.

    Le report des Jeux en juillet 2021 sera également une contrainte supplémentaire dans ce calendrier, car si dans le meilleur des scénarios les Finales venaient à se terminer fin juin, les joueurs retenus avec la Team USA pourraient faire défection les uns après les autres comme ce fut le cas lors du dernier Mondial.

    Car au cœur du jeu, c’est bel et bien la question des joueurs qui reste cruciale. Puisque ces derniers garantissent l’attractivité et le spectacle de la ligue, il est important de savoir dans quel état et quelle forme seront les joueurs en août après quatre mois et demi sans compétition.

    La question a le mérite d’être étudiée, d’autant plus que si certains joueurs ont pu bénéficier de cette pause pour soigner des blessures et se reposer, une très grande majorité d’entre eux n’ont malheureusement pas pu bénéficier des infrastructures et d’une préparation physique suffisante pour reprendre en août après une si longue coupure.

    La mise en route avec les workouts et la préparation physique risque d’être assez brutale et de maltraiter les corps des athlètes trop longtemps inactifs pour certains, au moment de reprendre la saison, ce qui pourrait entraîner des blessures. Par ailleurs, l’aspect psychologique et l’impact de ce confinement sur le mental des joueurs ne sont pas à prendre à la légère.

    Au-delà de l’inactivité sur le plan sportif, l’incertitude sur la fin de la saison et les contraintes de chacun liées au confinement sont autant de facteurs qui devront être pris en compte pour la reprise. La ligue a d’ores et déjà autorisé un certain nombre de joueurs à quitter temporairement le campus d’Orlando pour des motifs urgents et/ou familiaux, certains joueurs ont même annoncé qu’ils ne prendraient pas part à la reprise pour des motifs plus personnels.

    Comme évoqué précédemment, le rythme et l’enchaînement des matchs pour la fin de l’année seront primordiaux. Car si la ligue décide de maintenir le cap en 2021 et de condenser les 82 matchs de la saison régulière, les risques de blessures liées à la fatigue, au surmenage et au manque de préparation seront d’autant plus grands, d’où la nécessité de trouver un compromis avec les dirigeants, entraîneurs et joueurs, pour que ces derniers puissent généraliser l’utilisation du load management afin de préserver leur santé, assurer la paix sociale et soutenir l’attractivité économique et médiatique de la ligue avec pourquoi pas la création d’un format de tournoi play-in durant la saison avant peut-être une nouvelle expansion de la ligue.


    En définitive, cette année 2020 fut particulièrement mauvaise pour le basket et cela pour plusieurs raisons. Force est de constater cependant, qu’après plusieurs mois d’attente et à moins d’une semaine de la reprise de la saison, l’engouement médiatique autour de la NBA est resté quasi-intacte, comme en témoigne l’activité récente sur les réseaux sociaux. Pourtant il subsiste des doutes et des questions qui restent sans réponses, à commencer par l’intérêt de cette reprise et les risques qu’elle comporte. Par ailleurs quelle sera la valeur donnée à cette saison et au futur nom du vainqueur du trophée Larry O’Brien qui sera remis en septembre prochain, à côté duquel sera très certainement accolé une mention spéciale ou un astérisque de circonstance.

    Martin Fréguis

    Florimond Binet

  • Ça s’est passé un 10 Mai : Welcome to the « Sleepy Floyd Show » !

    Ça s’est passé un 10 Mai : Welcome to the « Sleepy Floyd Show » !

    Parce que la NBA regorge de performances en tout genre passées à la postérité ou progressivement oubliées avec le temps, ClutchTime vous propose de revivre ces matchs et exploits de légende, qui ont façonné l’histoire de la ligue d’hier à aujourd’hui.

    Avant l’arrivée des Run-TMC dans la baie d’Oakland dans les années 90, la Dub nation s’enthousiasmait déjà pour plusieurs joueurs flashy des années 80, à commencer par Eric Floyd. Plus connu sous le surnom de « Sleepy Floyd », meneur de jeu aussi imprévisible que nonchalant, Floyd fut notamment l’un des arrières les plus marquants du milieu des années 80 et plus spécifiquement lors de la saison 1986-87. Qualifiés pour le deuxième tour des playoffs, les Warriors y affrontent les Los Angeles Lakers époque Showtime de Magic Johnson, et c’est durant cette série presque à sens unique que le combo-guard va offrir à lui tout seul, l’unique victoire de Golden State face aux angeliños dans cette série, au prix d’une performance à couper le souffle.


    Eric « Sleepy » Floyd

    Drafté en 1982 au 1er tour (13ème choix) par les New Jersey Nets, Eric Augustus Floyd ne restera que quelques mois du côté d’East Rutherford et son climat subtropical pour finalement profiter du soleil californien de la baie de San Francisco pendant de nombreuses saisons, en atterrissant dès sa première année chez les Golden State Warriors dans le cadre d’un trade envoyant Michael Ray Richardson aux Nets. Le joueur ne tarde pas à se faire une place dans un effectif alors en pleine reconstruction et parmi les plus inexpérimentés de la ligue. Même s’il devra attendre la saison 1986-87 pour honorer une première sélection au All-Star Game, Floyd afficha tout de même un niveau de jeu très au dessus de la moyenne, le plaçant en toute logique parmi les meilleurs meneurs des années 80 aux côtés de Reggie Theus, Maurice Cheeks, Fat Lever, Isiah Thomas et Magic Johnson.

    Arrière d’1m80 au style de jeu très technique et en avance sur son époque, capable de de crosser ses adversaires, il était un scoreur très doué, rapide et capable de franchir très souvent et de se défaire des marquages adverses pour finir près du panier. Sleepy Floyd a eu une carrière NBA très honorable malgré une certaine nonchalance dans son jeu et un manque de motivation apparent sur un terrain qui laissa observateurs et supporters sur leur faim alors qu’il aurait certainement pu devenir l’un des tous meilleurs joueurs de sa génération. Son surnom lui est d’ailleurs venu de ce constat, un sobriquet qu’il a longtemps détesté porté depuis l’école primaire, même si aujourd’hui la plupart des personnes qui le croisent ne connaissent sûrement plus son vrai prénom.


    Une décennie de disette

    Pour les Warriors, la fin du duo mythique Rick Barry, Al Attles dans les années 70 marqua une rupture brutale dans les résultats et les ambitions de la franchise. L’arrivée du très jeune technicien George Karl lors de la saison 1986-87 en provenance des Cavs de Cleveland était déjà considérée à juste titre comme un succès puisque la franchise californienne ralliera les phases finales pour la première fois depuis 1977. Une éternité pour les Warriors qui réaliseront leur meilleur bilan depuis cinq ans (42 wins) grâce un sprint final réussi (14-8).

    Avant le début de la période Run-TMC, l’équipe disposait déjà de solides joueurs à chaque poste. Le pivot Joe Barry Carroll, néo All-Star tout comme Sleepy Floyd cette saison, qui affichait plus de 21 points au compteur par rencontre, l’ailier fort Larry Smith qui termina 7ème meilleur rebondeur de la ligue avec 11.5 prises par match, son pendant sur l’aile, Pervis Short (18.3 points par match), le sophomore Chris Mullin ainsi que plusieurs autres role players tels que Rod Higgins, Terry Teagle, Greg Ballard et Jerome Whitehead. Joueur essentiel de l’équipe durant la saison, Floyd réalisa sa meilleure saison sur le plan personnel, devenant All-Star pour la seule fois de sa carrière, mais surtout le seul joueur derrière Magic Johnson à l’Ouest à avoir tourné en double-double Points + Passes sur l’année avec 18.8 points par match et 10.3 passes décisives.


    Spotlights et Showtime sur L.A.

    Pas très loin de là, chez le voisin de la cité des Anges, les Lakers viennent de ponctuer la saison par un bilan de 65 victoires pour 17 défaites seulement, tout simplement leur deuxième meilleur bilan de l’histoire de la franchise après 1971-72 et le sixième de tous les temps à l’époque. Ultra prolifique en attaque (117.8 points par rencontre), il s’agit surtout de l’âge d’or du basket à L.A, la génération Showtime, l’une des plus grandes équipes de l’histoire de la ligue qui visaient ses sixième finales sur la décennie (huit en tout et cinq titres au final).

    Une équipe composée ni plus ni moins de quatre futurs Hall of Famers. De son entraîneur adepte du run-and-gun, Pat Riley, emmenés par leur génial et non moins charismatique meneur de jeu, Magic Johnson, d’un pivot vétéran encore All-Star à 39 ans et d’un ailier à près de 20 points, 6 rebonds et 3 passes par match, les Lakers étaient au basket des années 80 ce qu’était Elvis au Rock’n’Roll ; Un véritable phénomène ! La franchise entretiendra durant la décennie une rivalité sportive légendaire avec les Boston Celtics de Larry Bird, autre équipe fantastique à voir jouer, rappelant ainsi les plus belles heures de l’histoire de la ligue. Durant la saison Magic (23.9pts par match), qui sera sacré MVP, va produire un basket absolument fabuleux, fait de passes plus incroyables les unes que les autres (12.2 offrandes par match pour le meneur) et rythmé par la vitesse et la réussite offensive de ses coéquipiers, donnant ainsi au basket un visage divertissant et extrêmement plaisant à voir jouer.


    Un second tour à sens unique

    source : NBA.com

    Vainqueurs respectivement de Utah et Denver au premier tour, les Warriors ont du néanmoins batailler jusqu’au match 5 décisif pour venir à bout du Jazz des jeunes Karl Malone et John Stockton et du trentenaire Mark Eaton. Après avoir perdu les deux premiers matchs à l’extérieur, les Warriors vont devenir la première équipe à remonter un déficit de deux matchs, tandis que Sleepy Floyd tourna à plus de 20 points par match sur la série. Pour les Lakers l’affaire fut nettement plus simple, les californiens disposant très facilement des Nuggets d’un Alex English vieillissant et d’un Fat Lever bien trop juste face à un Magic tout feu tout flamme (18pts, 14ast, 7rbs de moyenne). En sweepant la franchise du Colorado par un écart moyen de 27 points, le rouleau compresseur semblait désormais inarrêtable.

    C’était une opportunité incroyable, les Golden State Warriors affrontaient les puissants Lakers de Magic et Kareem, ainsi que James Worthy, avec qui j’avais une histoire en commun puisque nous avions grandi à Gastonia, en Caroline du Nord. Ils n’avaient pas perdu un seul match depuis le début des playoffs

    Sleepy Floyd

    Dans ce contexte, les Lakers étaient presque injouables lors des Game 1 et 2 pour des Warriors qui se sont déjà inclinés quatre fois en saison régulière au Forum d’Inglewood. Le tarif sera quasiment le même que pour Denver sur les deux premiers matchs, Golden State s’inclinant 125 à 116 puis 116 à 101 alors que Magic prendra rapidement le dessus sur son vis-à-vis. Lors du Game 3 au Coliseum d’Oakland-Alameda, Sleepy Floyd et ses coéquipiers vont subir un nouveau revers 133 à 108, le meneur terminant avec 14 points (0/3 derrière l’arc) et 12 passes, mais toujours en grande souffrance face à un Magic qui compilera son deuxième triple-double de la série, le treizième de la saison. La différence de talent et de réussite entre les Lakers et Warriors était flagrante à l’époque.

    Floyd marqua respectivement 19, 11 et 14 points, des stats offensives bien loin de ses standards, la faute à la bonne défense de Michael Cooper et Byron Scott qui à tour de rôle mettront le meneur en échec. Le trash-talking de Cooper perturba énormément le meneur des Warriors qui failli en venir aux mains tellement le Laker contrariait le Warrior. Parce que le showtime à L.A. c’était aussi ça, le trashtalking, les high fives cette arrogance et cette gestuelle qui mettaient les nerfs à vifs des adverses, une véritable marque de fabrique pour l’époque.

    Les Lakers faisaient preuve d’arrogance, ça ne fait aucun doute. Personne ne le nie, pas même les Celtics, ils ne peuvent donc pas le nier. Est-ce normal ? probablement. Mais à force de vous balancer cette arrogance au visage, ça finit toujours par en agacer certains.

    George Karl

    Le Sleepy Floyd Game

    Lors du quatrième match de cette série, le début de la rencontre était conforme aux scénarios des trois premiers. Pendant plus d’une demi heure les Lakers étaient nettement devant au tableau d’affichage après trois premier quart-temps tous remportés avec plus de 30 points inscrits, et débutèrent le 4ème quart-temps avec une avance de 14 points (102-88). Dans un bon soir, Sleepy Floyd venait d’inscrire déjà 22 points, dont 10 rien que dans le troisième quart-temps pour maintenir son équipe à portée des Lakers, même s’il aurait fallu un exploit pour remporter ce match. Dès le début du dernier quart-temps, l’ex-meneur des Hoyas de Georgetown sera mis en échec par la défense d’A.C Green en manquant un floater près du cercle, ce sera son dernier raté de la soirée.

    Sur les quatre premières minutes de cette période, Sleepy Floyd inscrira 15 des 17 points de son équipe, se jouant des défenseurs adverses comme s’ils n’étaient que de simples plots et faisant passer l’écart du match de -14 à -3. Les Lakers vont commettre énormément de perte de balles durant ce quart-temps, surtout dans les premières minutes, la faute à l’incroyable activité offensive et défensive sur le terrain du meneur. La défense de Pat Riley ne parvînt pas à stopper l’hémorragie, après cinq minutes de jeu, les Warriors appliquant une défense qui étouffe les angeliños. Le coup de chaud de Sleepy Floyd venait de leur coûter leur avance au score, Golden State passant désormais devant 109 à 106 après avoir infliger un sévère 30-4 en à peine cinq minutes de jeu.

    Malgré le coaching des Lakers, Floyd était inarrêtable et franchissait allègrement les défenseurs avec une facilité et une aisance quasi-divines. Toute la panoplie technique y passe, des layups déposés sur la planche, aux floaters main gauche, main droite, en passant par les finger-rolls et les dunks, Floyd venait d’inscrire 26 des 28 derniers tirs de Golden State après dix minutes de match, sans inscrire le moindre jump-shots de près ou de loin. Il faudra attendre la deuxième moitié du quart-temps pour le voir prendre deux tirs mid-range, le premier après une feinte de course rentrante qui mettra Michael Cooper en PLS, puis le second sur un step-back jumper en déséquilibre, portant son total de point dans le quart-temps à 25 !

    Plus ou moins épuisé et conscient que son équipe prenait le dessus et semblait se diriger tout droit vers une victoire, il inscrira son dernier panier à moins de trois minutes de la fin sur un dernier tir mid-range en sortie d’écran, avant de terminer son chef d’oeuvre par deux nouveaux lancers portant son total sur le quart-temps à 29 points ! Floyd ne marquera plus durant les dernières minutes de la rencontre, distillant néanmoins quelques passes (10 au total) pour ses coéquipiers, en maintenant un rythme soutenu en défense (4 interceptions). Certains diront plus tard qu’il aurait tout à fait pu inscrire 55 voire 60 points, mais Sleepy Floyd portait tellement bien son surnom que ce qui l’intéressait c’était de gagner afin de pouvoir rentrer se reposer en sachant pertinemment que les Warriors ne parviendraient pas à inverser le cours de la série après ce match.

    Superman Floyd

    C’était comme une décharge d’adrénaline. La foule nous supportait et la pression se fit ressentir sur les Lakers alors que nous commencions à dérouler. À ce moment là je ne nous voyais pas perdre cette rencontre. Lors du quatrième quart-temps, j’ai décidé de tout donner. Drive, tirs, passes peut importe puisque de toute manière nous étions quasiment éliminés. Je n’ai jamais été aussi bouillant dans toute ma carrière. Je ressens encore aujourd’hui cette sensation. Lorsque je rentrais ces jump shots et ces layups, j’avais l’impression que le cercle faisait trois mètres de large.

    Sleepy Floyd

    29 points sur un quart-temps, nouveau record en la matière depuis les 25 points de Isiah Thomas inscrit 48h plus tôt avec Detroit face à Atlanta. Eric « Sleepy » Floyd terminera la rencontre avec 51 points, dont 39 en deuxième mi-temps, inscrivant 12 tirs consécutifs dans le 4ème quart-temps (18/26 au final) avec seulement deux tirs primés et tout ça face au futur DPOY de la saison, Michael Cooper, et les Lakers Showtime de Magic Johnson, offrant la victoire aux Warriors 129-121. Des records en playoffs qui tiennent toujours.

    Il était persuadé dans son esprit qu’aucune personne ne pouvait le stopper

    Magic Johnson

    Malgré un run de 21-6 dans le troisième quart-temps, les Lakers auront totalement laissé retombé le rythme en fin de rencontre, ratant leur tirs (4/16 contre 17/25 pour les Warriors), et concédant pas moins de cinq interceptions en l’espace de dix minutes. Los Angeles encaissera même 41 points dans cette dernière période, le plus haut total encaissé sur la saison par la franchise nonuple championne NBA.

    Je n’ai qu’une chose à dire ce soir. À force d’aboyer trop fort on finit toujours par se faire mettre une muselière… Nous avons arrêté de jouer en attaque et en défense, pensant que les Warriors allaient faire de même et que ça nous rendrait la tâche plus simple avant de repartir vers L.A. Nous nous sommes comportés comme des novices.

    Pat Riley

    Il s’agit ni plus ni moins que de la deuxième meilleure performance de tous les temps en playoffs pour un joueur des Warriors, derrière les 55 points de Rick Barry en 1967. La meilleure performance individuelle face aux Lakers lors des séries éliminatoires, approchée seulement par Allen Iverson en 2001 (48 points). Prouesse légendaire et inattendue à la fois, elle fut en définitive bien dérisoire dans cette série puisque les Lakers concluront la série par une nouvelle victoire au Forum d’Inglewood 118 à 106 se dirigeant tout droit vers leur quatrième sacre en sept ans, mais le meneur de jeu aura au moins eu le mérite de rabaisser la fierté de cette équipe et d’avoir fait se lever les foules à San Francisco, ovationné par son public et félicité par ses pairs.

  • Bilans de la saison  – Pacific Division

    Bilans de la saison – Pacific Division


    En ces temps de confinement, afin d’éviter de vous couper totalement de l’univers de la NBA, ClutchTime dresse un bilan de la saison 2019-2020, suspendue depuis le 11 mars. Dans l’attente de son retour prochainement, la rédaction vous propose de revivre les parcours des différentes équipes de la ligue, depuis fin octobre, en faisant le point sur chacune d’elle pour chaque division de la ligue.

    Avant-dernier bilan de notre série de récap de la saison et on s’attaque à du très lourd avec la belle et grande Division Pacifique. La bataille de L.A fait rage entre les Lakers et les Clippers pour savoir laquelle des deux équipes succèdera aux intouchables Warriors en tête de la Conférence, alors que Golden State vit une saison aux antipodes de ce à quoi nous étions habitués depuis cinq ans. Pendant ce temps, un peu plus loin du côté de l’Arizona, les Suns continuent leur lente et difficile apprentissage à la lutte avec les Kings pour déterminer laquelle des deux franchises aura réalisé une meilleure saison, avant de viser les phases finales dans un an ou deux.


    Los Angeles Lakers (49-14) – 1ère

    PPG (114.3) – 7ème / Opp PPG (106.9) – 3ème
    Offensive Rating (113.0) – 4ème / Defensive Rating (105.6) – 3ème

    Le Cinq de la saison :
    L. James (PG) – K. Caldwell-Pope (SG) – D. Green (SF) – A.Davis (PF) – D. Howard (C)

    Depuis leur saison 2018-2019 ratée, avec un LeBron James à mi-temps et un été passé devant leur télés, les Lakers ont décidé de passer à la vitesse supérieure, en signant d’abord (enfin !) le Pelican Anthony Davis pour constituer son binôme All-Star tant attendu. Pour entourer ce grand cru 2019-20, le board de la franchise s’est déchiré pour construire un roster taillé pour le titre avec des joueurs expérimentés tels que les finalistes sortants Danny Green (ex-Toronto) et DeMarcus Cousins et Quinn Cook (ex-Golden State) mais aussi des role player en reconquête tels Avery Bradley ou encore Jared Dudley. L’objectif restant le même depuis un an, allons-nous assister au retour des violets et or au sommet de la conférence ?

    Il était évident qu’avec une recrue du calibre de Davis et un LBJ désormais en mission, les Lakers joueraient rapidement les premiers rôles. Après 63 rencontres, les Californiens occupaient même la première place à l’Ouest, devant l’autre franchise de L.A. Partis pied au plancher, on avait un peu peur que le rythme ne retombe à l’approche du All-Star break, mais mise à part une série de défaites (4) à Noël, les hommes de Frank Vogel ont assuré sur la longueur, avec des victoires sérieuses à l’extérieur (Nuggets x2, Mavericks x2, Portland x2 et OKC x2). Malgré une certaine fébrilité à domicile (8 défaites) et un bilan négatif face aux Clippers (1-2), la bande à Bronbron a montré un bon basket et de la rigueur, à la fois dans le jeu, en défense particulièrement, mais aussi dans la gestion des minutes et des rotations.

    Les Californiens restent cependant très (trop ?) dépendants de son duo All-star. Passé dans un rôle de meneur omniprésent, LeBron impressionne par ses qualités de playmaker (meilleure passeur) et son leadership des deux côtés du terrain. Son entente avec Davis a tout de suite fonctionné au point de retrouver logiquement les deux joueurs au All-Star Game de Chicago en février. Les deux joyaux des Lakers sont d’ailleurs fréquemment cités dans les votes pour le MVP pour l’un et pour le trophée du Défenseur de l’année pour le second. Autres satisfactions, les saisons remarquables du duo défensif Howard-McGee, devenus désormais les patrons de la raquette californienne cette saison, les deux joueurs vivent une renaissance sur le plan personnel, en particulier D12 dont les qualités de défenseur rebondeur-contreur sont devenues un atout important. Pour le reste on retient également le phénomène Alex Caruso (justifié ou pas), mais surtout les performances timides de plusieurs seconds couteaux qui ont fait preuve d’une trop grande discrétion et inconstance à commencer par le sixième homme Kuzma, dont le rendement reste douteux malgré un certain potentiel.

    Avec l’arrivée de Markieff Morris en février pour pallier l’absence et la fin de l’aventure de DeMarcus Cousins avec les Lakers, il s’agit maintenant pour les Lakers de prier très fort pour une reprise de la saison, afin d’honorer dans un premier temps la mémoire de Kobe Bryant, disparu en janvier dernier, et de conserver son premier spot à l’Ouest. Pour redorer le blason de la franchise et jouer cartes sur table, les Lakers ont misé gros sur cette année et le titre, coûte que coûte, pour rentabiliser les contrats de courte durée, et également convaincre Anthony Davis de signer un plus long bail si celui-ci active sa player option, mais aussi pour ne pas devoir passer par une phase de reconstruction si certains UFA viendraient à quitter le navire. Le cas de Kyle Kuzma, dont le nom ressortait encore très souvent dans les rumeurs de trade depuis le mois de janvier, permettrait sûrement à l’équipe de récupérer plusieurs assets pour sécuriser la saison prochaine.

    La saison des Lakers en quelques chiffres :
    . 1er bilan à l’extérieur cette saison (26-6)
    . 1ère pourcentage de la ligue à l’adresse générale par match (48.5)
    . 1ère équipe à réaliser le plus de contres par match (6.8)
    . 4ème équipe à réaliser le plus d’interceptions par match (8.6)
    . 3ème équipe à concéder le plus de rebonds par match (42.3)
    . Meilleur marqueur : Anthony Davis (26.7 points par match à 51.1% FG)
    . Meilleur passeur : LeBron James (10.6 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Anthony Davis (9.4 rebonds par match)

    Los Angeles Clippers (44-20) – 3ème

    PPG (116.2) – 4ème / Opp PPG (109.7) – 13ème
    Offensive Rating (113.6) – 3ème / Defensive Rating (107.2) – 5ème

    Le Cinq de la saison :
    P. Beverley (PG) – L. Williams (SG) – K. Leonard (SF) – P. George (PF) – M. Harrell (C)

    Grosse surprise du 1er tour des playoffs la saison dernière face aux tenant du titre les Warriors (défaite 4-2), et après avoir sereinement tourné la page CP3-Griffin, les Clippers ont vu les choses en grand cet été en se constituant un effectif XXL. Séduits par le projet et le climat, Kawhi Leonard et Paul George ont toutes les qualités requises pour s’adapter à l’esprit col bleu de la franchise. Avec la signature de l’un des agents libres les plus courtisés de l’été, puis en récupérant un sextuple All-star contre la paire Gallinari-SGA, les Californiens se sont montrés extrêmement malins et chanceux de conserver leur effectif quasi intact. Dotés désormais d’une ossature redoutable, appelée à rouler sur la ligue, la franchise se voyait déjà rallier les premières finales de Conférence de son histoire, et même les Finales NBA au mois de mai.

    Le bilan de l’équipe à la mi-mars est très bon mais loin d’être à la hauteur des attentes, en témoigne un début de saison poussif(7-5), de la mi-décembre à la mi-janvier (8-6) ou encore les six défaites entre le 22 janvier et le 22 février. Les performances de l’équipe nous ont laissées sur notre faim, car cette équipe a joué avec le frein à main pendant une bonne moitié de saison, la faute à un manque d’automatisme d’une part mais aussi une gestion du groupe qui a beaucoup fait parler. La pratique du « load management », employée par Doc Rivers et son staff, afin de préserver ses deux nouveaux diamants, a retardé l’ascension de cette équipe et l’intégration des deux joueurs, obligeant parfois l’équipe à jouer par intermittence en laissant les remplaçants faire le travail, ce qui fut assez frustrant par moments. Certes la gestion de l’effectif se fait dans un intérêt précis et une utilisation optimale (c’était déjà le cas à Toronto l’an dernier), mais les dernières rencontres très abouties de l’équipe laissent un arrière-goût d’inachevé.

    Le duo Kawhi-PG a mis le temps avant de trouver ses repères. L’entente un peu tardive, du fait de l’absence de George en début de saison, leur a permis de trouver un bon rythme de croisière, avec une bonne production offensive et défensive, tout en étant économisés lorsque cela était nécessaire. L’autre belle satisfaction vient quant à elle du banc, avec non pas un, mais bien de deux sixièmes hommes en très grande forme. Montrezl Harrell et Lou Williams, qui réalisent un exercice dans la continuité du précédent, bénéficient tout logiquement des deux plus gros temps de jeu de l’effectif derrière les deux All-Stars. En revanche, Patrick Beverley a concentré presque à lui seul les critiques sur la saison, pas jugé assez à la hauteur à la mène, malgré sa gouaille et son tempérament. Tout le contraire des jeunes Ivica Zubac et Landry Shamet qui sont devenus en l’espace d’un an des solutions très intéressantes à leur poste respectif pour dessiner les contours de ce roster.

    Los Angeles s’est bien débrouillé au mois de février en se séparant d’abord d’un Maurice Harkless décevant, contre Marcus Morris des Knicks, puis en recrutant Reggie Jackson, tout juste coupé par les Pistons, en guise de backup à la mène. Pour les Clippers il s’agit maintenant de poursuivre sur la lancée du mois de mars, en visant pourquoi pas la première place de la Conférence et s’assurer un avantage décisif du terrain. On attend donc impatiemment le retour de la saison pour voir ce groupe activer le mode playoffs et devenir cette équipe infernale à jouer. Tous les voyants sont au vert pour les voiliers qui, contrairement à leurs homologues Lakers, devraient même conserver leur effectif quasi inchangé l’année prochaine si la saison 2019-20 devait être annulée.

    La saison des Clippers en quelques chiffres :
    . 3ème équipe à capter le plus de rebonds par match (48)
    . 2ème pourcentage de la ligue aux tirs primés adverses (34.1)
    . 3ème plus grosse marge de points par victoire de la ligue (6.52)
    . 5ème équipe avec le plus faible pourcentage de jeu en transition (14.1)
    . 3ème équipe à provoquer le plus de fautes adverses par match (22.8)
    . Meilleur marqueur : Kawhi Leonard (26.9 points par match à 46.9% FG)
    . Meilleur passeur : Lou Williams (5.7 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Kawhi Leonard (7.3 rebonds par match)

    Sacramento Kings (28-36) – 11ème

    PPG (109.0) – 23ème / Opp PPG (110.9) – 17ème
    Offensive Rating (109.7) – 19ème / Defensive Rating (111.6) – 19ème

    Le Cinq de la saison :
    D. Fox (PG) – B. Hield (SG) – H. Barnes (SF) – N. Bjelica (PF) – R. Holmes (C)

    La saison 2019-2020 de Sacramento n’allait pas être synonyme d’avancée dans l’inconnue. L’équipe ayant déjà entamé sa reconstruction lors du précédent exercice, cette saison devait être la confirmation pour les Kings qui ne partaient pas de rien après un bon bilan sous la houlette de Dave Joerger, néanmoins évincé par sa direction cet été pour offrir le poste au jeune Luke Walton. Décision précipitée ou pas de la part de Divac-Ranadive, Sacramento pense que Walton peut être l’homme de la situation pour cette équipe, en atteignant le seuil des 50% de victoire dans un premier temps, puis en faisant de la franchise un contender à l’Ouest pour le 7ème ou 8ème spot. Au terme d’un recrutement assez soft mais avec des renforts expérimentés et de bons profils défensifs pour combler leurs lacunes, les Kings sont convaincus d’avoir un rôle à jouer cette saison.

    Pour les progrès significatifs on repassera. Au grand désespoir de ses supporters, Sacramento a fait preuve de beaucoup de lacunes, à commencer par la constance dans les résultats, démarrant de la pire des manières (cinq défaites) puis enchaînant les longues séries de défaites, comme en décembre (4-12) mais jamais plus de deux ou trois victoires de suite en cinq mois de compétition. Principale raison à ce bilan, les grosses difficultés rencontrées par Walton et son staff pour trouver un équilibre entre un jeu offensif brouillon et calculable et une défense très dispersée, notamment dans la raquette. Le manque d’automatismes évident et une rotation en rodage, couplés à des blessures récurrentes n’ont pas facilité la tâche du groupe, même si de bonnes choses ont commencé à se concrétiser depuis fin janvier (13-7). Les changements apportés au cinq de départ pour pallier certaines absences et la second unit qui se montre enfin sous un meilleur jour ont fini par apporter une note joyeuse à une fin de saison un peu bordelique.

    Le casting 2020 fut loin d’être à la hauteur, malgré une Free Agency ambitieuse et ciblée (assez rare pour le souligner). L’absence de leadership d’un Harrison Barnes, fraîchement prolongé, et les très faibles rendements de Trevor Ariza, Dewayne Dedmon et Cory Joseph ont totalement remis en question le recrutement. Si on ajoute à ce bilan la santé en carton de Marvin Bagley, un Harry Giles pas encore décidé à se bouger, la longue indisponibilité de Richaun Holmes et un De’Aaron Fox sur une jambe, mais toujours bouillant, on voyait mal comment cette équipe pouvait s’en sortir. Les slaves Bogdan Bogdanović et Nemanja Bjelica se sont révélés être de solides lieutenants dans le cinq de départ, tandis que Buddy Hield a essayé de maintenir dans l’urgence tout ce petit monde à quai. Repositionné depuis en sixième homme, il s’est notamment illustré par sa réussite et son rendement quasi similaire que lorsqu’il était titulaire. Enfin Richaun Holmes fut une rare éclaircie dans le secteur intérieur si en difficulté cette année, devenant à la fois un titulaire en devenir et un protecteur d’arceau intéressant.

    Pour Sacramento il s’agit désormais de trouver enfin le chemin vers les succès en commençant peut-être par suivre la lancée du mois de février-mars, mais aussi en continuant les efforts et un coaching audacieux pour apporter de l’harmonie dans ce groupe et laisser s’épanouir les jeunes sans trop forcer sur les corps. Rester à la lutte pour le 8ème spot à l’Ouest paraît toujours envisageable même si Sacramento devra redoubler d’efforts alors que plusieurs adversaires redoutables qui ont le même objectif sont toujours au coude à coude. Même si l’espoir d’une première qualification depuis 2006 est permis, il faudra aussi songer au futur de la franchise, à commencer par les prolongations de Giles et Bogdanović cet été, avant de s’attaquer à celles de Fox, Holmes et Bjelica dans un an.

    La saison de Sacramento en quelques chiffres :
    . 4ème pourcentage de la ligue aux tirs près du cercle par match (32.7)
    . 27ème équipe à capter le plus de rebonds par match (42.5)
    . 10ème équipe à inscrire le plus de paniers primés par match (12.6)
    . 2ème équipe à concéder le moins de tirs par match (85.3)
    . 28ème équipe à obtenir le plus de lancers francs par match (20.3)
    . Meilleur marqueur : De’Aaron Fox (20.4 points par match à 47.5% FG)
    . Meilleur passeur : De’Aaron Fox (6.8 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Richaun Holmes (8.3 rebonds par match)

    Phoenix Suns (26-39) – 13ème

    PPG (112.6) – 14ème / Opp PPG (113.9) – 21ème
    Offensive Rating (110.5) – 16ème / Defensive Rating (111.8) – 20ème

    Le Cinq de la saison :
    R. Rubio (PG) – D. Booker (SG) – M. Bridges (SF) – K. Oubre Jr. (PF) – D. Ayton (C)

    Pour oublier la saison précédente catastrophique (15ème, avant-dernier bilan de la ligue), il fallait créer un électrochoc à la fois chez les joueurs et le staff. Bye bye Kokoskov et bonjour Monty Williams pour prendre en main une franchise aux abois depuis plusieurs saisons, avec des renforts bienvenus pour enfin construire un cinq majeur qui tienne la route et surtout apporter de l’ambition aux Suns. Même si les playoffs sont encore loin à l’horizon, le projet initial de la franchise reste de faire progresser son noyau dur de jeunes talents, en particulier l’axe Devin Booker et Deandre Ayton, mais Phoenix doit surtout réapprendre à gagner avec un nouveau staff et des nouvelles ambitions dans le jeu pour viser un meilleur bilan en saison régulière.

    Fin mars, le bilan de Phoenix était en net progrès, cette saison étant le jour et la nuit en comparaison de la précédente, alors que tout avait pourtant mal commencé. Avec la suspension de Ayton pendant une bonne moitié de saison et un secteur intérieur décimé, les Suns semblaient se diriger tout droit vers une saison longue et fastidieuse. Mais à force de tomber puis de se relever, on finit toujours par retenir certaines leçons. Malgré un gros passage à vide entre novembre et Noël (4-12), les jeunes troupes de Williams ont su trouver des solutions dans le jeu et s’adapter à une infirmerie qui ne désemplissait pas, pour décrocher de courtes, mais précieuses victoires et rester en vie à l’Ouest. Des progrès notables ont été observés en attaque avec une meilleure répartition du scoring et des responsabilités, qui dépendaient autrefois du seul talent de Booker.

    Parmi les joueurs qui se sont distingués, le recrutement de Ricky Rubio fait évidemment partie des satisfactions pour l’encadrement des Suns. Son entente avec Booker s’est révélée quasi-immédiate et essentielle dans la progression du groupe. Autre progression, celle de Kelly Oubre Jr., devenu très rapidement le titulaire à l’aile avec des pics de forme intéressants mais qui nécessiteront une certaine constance. Et puis comment ne pas citer Aron Baynes, arrivé en provenance des Celtics, le pivot remplaçant réalise son meilleur exercice avec des pointes au scoring insoupçonnées et un certain leadership dans la raquette des Suns avant le retour de Deandre Ayton en janvier. Monty Williams est parvenu à se constituer un lineup quasi au complet avec des starters performants, un banc efficace à l’image des qualités défensives de Mikal Bridges ou encore de la saison rookie convaincante de Cameron Johnson. Mais il reste encore du travail et des progrès à réaliser chez un certain nombre de joueurs, dont l’intégration se fait plus lentement ou la confirmation tarde à l’image de notre Français Elie Okobo.

    On imagine difficilement pourtant la franchise de l’Arizona se mêler à la lutte pour les playoffs jusqu’à la fin de la saison régulière. Encore trop tendres et avec peu de repères, il faudra encore patienter quelques mois supplémentaires pour voir Phoenix dans la peau d’un contender sérieux dans une conférence Ouest toujours plus relevée. Maintenant que la franchise a une ligne directrice et une solide base de jeunes en progrès, les récents renforts offensifs et la rotation que le staff a réussi à dégager sont autant d’indicateurs encourageants pour espérer enfin goûter à nouveau aux phases finales.

    La saison de Portland en quelques chiffres :
    . 1er pourcentage de la ligue aux lancers francs par match (82.6%)
    . 1ère équipe à réaliser le plus de passes décisives par match (27.2)
    . 1ère équipe à provoquer le plus de fautes par matchs (22.8)
    . 4ème pourcentage aux tirs floater (43.4) mais 27ème pourcentage seulement pour les tirs depuis le coin
    . 4ème équipe à provoquer le plus de pertes de balles par match (16)
    . Meilleur marqueur : Devin Booker (26.1 points par match à 48.7% FG)
    . Meilleur passeur : Ricky Rubio (8.9 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Deandre Ayton (12 rebonds par match)

    Golden State Warriors (15-50) – 15ème

    PPG (113.2) – 9ème / Opp PPG (117.5) – 28ème
    Offensive Rating (108.1) – 22ème / Defensive Rating (112.2) – 21ème

    Le Cinq de la saison :
    K. Bowman (PG) – D. Lee (SG) – A. Wiggins (SF) – E. Paschall (PF) – M. Chriss (C)

    On avait quitté les Warriors en juin, décimés par les blessures et déchus de leur titre. Les départs des cadres Kevin Durant, DeMarcus Cousins, Andre Iguodala et Shaun Livingston marquaient la fin d’une époque et une nouvelle page de l’histoire de la franchise. Privés de Klay Thompson pour la saison et avec un effectif à bout de souffle, Golden State avance en terrain perdu et avec son plus faible taux de certitude depuis la prise de pouvoir de Steve Kerr qui doit désormais songer à reconstruire une bonne partie de son roster. Mais les Warriors, même diminués, restent de redoutables adversaires avec suffisamment d’expérience et on voit mal comment la franchise pourrait tomber plus encore.

    Pour tomber bien bas, Golden State est tombé bien bas. Pire bilan de la ligue au mois de mars avec presque autant de victoires décrochées en cinq mois, que lors des playoffs la saison précédente, la Dub Nation semble avoir mal digéré la fin d’un cycle et le déménagement d’une salle. Avec un Steve Kerr en vacances, le coaching est à des années-lumières de ce à quoi la planète basket était habituée il y a encore quelques mois, tout comme ses leaders, blessés ou ayant pris congé de la saison. En attendant c’est bel et bien une saison foutue en l’air sur le plan sportif, même si des surprises (plus que des satisfactions) sont à noter, le bilan est très maigre pour la franchise aux trois couronnes. La plupart des role players avant le début de la saison sont devenus très rapidement des titulaires par la force des choses, se sont montrés capables et débrouillards contre toute attente.

    Point par point, les joueurs ont connu des saisons très contrastées. Blessé à la main après moins d’une semaine de compétition, Stephen Curry a manqué l’intégralité des matchs de la saison avant de revenir début mars le temps d’une défaite et en manque de rythme. Son acolyte Draymond Green, sujet lui aussi aux blessures dues à la fatigue, s’est surtout contenté de jouer à mi-temps, avec un faible rendement pour suivre un peu les copains. C’est donc le jeune D’Angelo Russell, recrue phare de l’été, qui s’est chargé de la responsabilité du navire en perdition, gentiment remercié en février par ses dirigeants qui ont flairé un deal XXL impliquant plusieurs franchises mais surtout des futurs assets pour remettre sur pied une équipe compétitive à long terme. La moitié de l’effectif ayant foutu le camp, les dirigeants de la franchise y voient désormais plus clair dans leur stratégie et avec des joueurs sur lesquels elle pourra compter l’année prochaine. Eric Paschall, grande surprise de la saison et meilleur steal de la draft 2019, mais également Damion Lee, Ky Bowman, Jordan Poole et Marquese Chriss ont tous pu bénéficier de minutes et de liberté de jeu cette année.

    Cette saison morte et enterrée avant même d’avoir rendu son verdict final, servira donc à préparer le terrain de la prochaine, pour un retour en triomphe de la Dub Nation telle qu’on la connaît, celle qui roulait sur toute la ligue. Passer en mode tanking afin de se placer lors de la prochaine draft et repartir pourquoi pas avec le 1st pick qui mettrait les boules à toute la concurrence, les Warriors ont mangé leur pain noir cette saison, en passant par une phase de reconstruction qui pourrait néanmoins se prolonger la saison prochaine avec le rajeunissement de l’effectif et alors que les dirigeants se mettront en quête d’un big man suffisamment solide pour intégrer un effectif cinq étoiles. C’est à cette condition que l’on pourra vérifier si oui ou non, la motivation est toujours bien présente, et si l’environnement est toujours propice pour faire progresser les recrues.

    La saison de Minnesota en quelques chiffres :
    . 2ème pire à domicile (8-26) et à l’extérieur (7-24) cette saison
    . 29ème pourcentage aux tirs de la ligue par match (43.8) et 29ème équipe à tenter le plus sa chance aux tirs par match (38.6)
    . 3ème pourcentage de la ligue aux lancers francs par match (80.3)
    . 2ème équipe à tenter le plus sa chance aux tirs à mi-distance par match (31.7)
    . 30ème pourcentage de la ligue aux tirs primés adverses par match (38.9%)
    . Meilleur marqueur : Stephen Curry (20.8 points par match à 50.8% FG)
    . Meilleur passeur : Stephen Curry (6.6 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Draymond Green/Marquese Chriss (6.2 rebonds par match)
  • NBA Fashion épisode II : Semelle, Virgule, Balle Orange

    NBA Fashion épisode II : Semelle, Virgule, Balle Orange

    Publicité pour la paire Adidas Superstar White/Black ( Source : Sneakers.fr)

    Encore un “Sacré samedi soir”. La semaine fut pénible, le week-end accueilli avec soulagement. C’est l’heure de célébrer. Retrouver ses potes pour une soirée cosy en appartement. Pousser l’aventure jusqu’en club ? Quoi qu’il arrive, il faut se mettre sur son 31. Plutôt petite chemise et Jean Levis 501 ? Pantalon cargo et tee-shirt blanc XXL ? Peu importe, on accorde la tenue avec sa paire de sneakers. Le néologisme sneakers  vient de l’anglicisme to sneak : se faufiler, passer partout (souvent en douce). C’est une chaussure imaginée pour la pratique sportive, détournée de sa fonction première un usage quotidien. Cette semaine, Clutch Time vous emmène à la rencontre de cet accessoire lifestyle né des parquets NBA et baptisé par la rue. 

    La Signature

    Qu’est-ce qui pousse à acheter compulsivement un paire de chaussures ? On a tous autour de soi un sneaker addict touché par le mal, la passion qui fait craquer son PEL à la fin du mois pour acheter “cette dernière paire”. Pourquoi ? Surement pas pour le sport.  Une simple paire de babouche fera l’affaire pour votre séance de “Ping-Pong Confinement”. Non, on tombe amoureux d’une paire pour son identité : son visuel, mais aussi les secrets de sa fabrication, l’Histoire qu’elle raconte de sa genèse à la communauté qui l’adopte.  Bien que usée par le temps et le bitume on finira par s’y accrocher pour les souvenirs de vadrouille qu’on lui prête. 


    La Nike Dunk Low PRM QS Paris, commercialisée en hommage au plus vieux terrain de basketball rue Trévise à Paris. Source : Nike.fr

    Vos manufacturiers préférés l’ont bien compris. Ils déploient des trésors de marketing pour rendre une paire unique et la rattacher à une légende. Or, La NBA a de belles histoires à raconter
    Une paire signature est une chaussure pensée pour rappeler l’identité d’un joueur. C’est un privilège souvent réservé aux joueurs les plus médiatisés, les “All Stars”. Le terme consacré pour désigner les meilleurs athlètes de la saison est aussi le titre éponyme de toute première sneaker de l’Histoire : La Converse “Chuck Taylor” All Star.

    Chuck Taylor (à gauche), ses converses All-Star aux pieds. Source : Graduatestore.fr

    La firme Converse est créée en 1907. A l’issue de la première guerre mondiale, elle décide de lancer une gamme sportive de chaussures de sport. A cette époque, la NBA n’existe pas. Le basketball était pourtant déjà populaire aux Etats-unis et Converse choisit un joueur de balle orange pour représenter le produit. Chuck Taylor ne sera jamais Hall-of-Famer mais c’est un excellent commercial et représentant : 

    « Les gens commandaient les « chaussures de Chuck » ou les « chaussures de Chuck Taylor » au lieu de demander des Converse All Star. Alors son nom a été ajouté juste à côté de l’étoile [le logo de Converse, NDLR]. Un coup marketing brillant »,

    Source : Joe Dean, ancien vice-Président de Converse, Pierre Démoux, 2016

    C’est cette personnification de l’objet associé à la volonté des fans de ressembler à leur idole qui donne une nouvelle dimension à la paire. Porter la même paire que Patrick Ewing, c’est un peu avoir du Patrick Ewing en soi.

    La signature shoe Ewing 33 Hi Gum Black Gold, source : Sneakers.fr

    A l’échelle du quartier, différentes écoles de style vestimentaire s’observent.  Dans le milieu de “la sape”, la paire de chaussure et le premier vecteur d’affirmation identitaire. Ainsi l’Histoire d’une paire est importante pour les aficionados de la sneaker : elle rappelle sa dimension quasi-communautaire. Certaines marques sont désormais associées aux skateurs amateurs de ride, d’autres font désormais référence à des films, des phénomènes culturels, fruits de collaborations entre designers corporates et artistes. La fonction sportive de la sneaker fut détournée pour devenir un objet de la pop-culture. 

    La chanteuse islandaise Bjork fait la cover du magazine Rolling Stone et affiche ses plus belles Reebok Instapump OG Citron. Source : Instagram @JalaPatra

     Les manufacturiers ont su brillamment jouer avec ces oppositions de style qui pilotent le développement du design d’une paire. Avoir pour égérie le franchise player des Lakers ou celui des Celtics ce n’est pas viser le même coeur de cible.

    Une manne financière

    Estimation des recettes annuelles des joueurs NBA grâce à leur partenariat avec des manufacturiers de chaussures. Source : Forbes, Twitter 2019

    Les sneakers sont un phénomène de la mondialisation. Des prolétaires aux richous, elles attestent de la prédominance de la consommation ostentatoire dans nos sociétés : il faut acheter une paire non seulement parce qu’elle est magnifique, mais aussi pour montrer (ou prétendre) qu’on a les moyens de l’obtenir. La sneaker c’est une affaire d’argent. Assemblée dans les fabriques des pays en développement, la chaussure lifestyle s’écoule majoritairement sur les marchés occidentaux. Sa popularité est pourtant planétaire : de Manille à Maputo vous pourrez trouver des contrefaçons d’Air Max. 

    adidas D Rose 1 Forbidden City to release some time in January ...
    Derrick Rose présente la Adidas D Rose 1 Forbidden City. Source : SneakersReleases.com

    Nike et Adidas s’affrontent pour la poule aux souliers d’Or. En 2019, la  Fédération Française de la Chaussure estimait à 9 milliards d’euros les revenus générés par la filière “sneakers” soit la moitié du marché français de la chaussure. La popularité du produit s’explique aussi par la ruse de ses manufacturier. En 2020, Nike a gagné 21 milliards de dollars grâce à ses chaussures. La virgule a investit 10 % de son pactole pour financer sa politique de marketing en pression tout terrain (Source : Capital.fr). 

    L’Apparition de marchés parallèles comme celui du resale (la revente) atteste du poids économique de la frénésie sneaker

    En première position dans la file d’attente, sous une tente, ils campent depuis la veille jusqu’à l’ouverture du magasin. Ce ne sont ni des clowns, ni des amateurs du tourisme urbain mais de véritables investisseurs qui espèrent récupérer une paire inédite en édition limitée. Puis laisser faire le temps et la spéculation. L’achat de sneakers peut se révéler être un placement financier, selon sa rareté et l’évolution de l’offre et la demande sur le marché. 

    Les Nike Air Mag Back to the Future BTTF (2016). Inspirée du film “Retour vers le Futur” c’est paire la plus chère du monde, en atteste sa cotation sur le Site de revente Stock X.fr. Clin-d’œil magistral au long-métrage, cette édition ultra-limitée fait ses lacets toute seule.

    Selon les projections du cabinet américain Cowen and Company, ce marché souterrain de la revente sur internet, atteindra un poids de 6 milliards d’euros dans l’économie mondiale d’ici 2025. 

    La success-story Jordanesque

    La Air Jordan 1 Mid Bred Multi-Color, source : Jordan Shoes UK

    9 chaussures sur 10 achetées aux Etats-Unis appartiennent à l’écurie Nike. Cette domination sur le marché américain s’explique par leur partenariat fructueux avec Jordan Brand, filiale de la marque. Le logo jumpman occupe une place particulière dans l’imaginaire des fans de sneakers. Son ascension commerciale et identitaire s’explique par un pari fou réalisé par Nike au milieu des années 1980. Ce récit est raconté en mars 2020 par le journaliste Rémy de Souza pour Eurosport, à l’occasion des 35 ans de Jordan Brand. 

    Tout commence en 1984. Un athlète issu de l’université North Carolina est annoncé pour la draft. Il a remporté le championnat NCAA en tant que leader incontesté de son équipe et fait déjà parler de lui pour son jeu délié et ses dunks aériens. Michael Jordan est un diamant, une opportunité pour l’équipementier qui arrivera à en faire son égérie. La direction exécutive de Nike propose à Jordan une offre faramineuse : 500 000 dollars par an et une rétribution à hauteur de 25 % sur chaque paire vendue. MJ a toujours été un flambeur, s’affichant volontairement cigare au bec dans un casino. C’est surement son goût pour le luxe plus que son attrait pour la marque à virgule qui lui fait accepter ce contrat juteux, lui qui avait des familiarités avec Adidas et Converse. 

    50+] Michael Jordan North Carolina Wallpaper on WallpaperSafari
    Le GOAT à North Carolina, une paire de Converses aux pieds. Source : Getty Images

    La saison rookie de Jordan est fracassante, sa carrière légendaire. Nike adapte sa stratégie marketing autour de sa réussite.

    Un joueur comme on en a jamais vu qui impose son style face à l’adversité. La promotion de la paire Jordan 1 se fait sous le signe de la subversion. L’Anecdote est désormais connue, la NBA ne valide pas les chaussons de sa majesté et lui fait payer une amende pour chaque match joué avec ses chaussures. Celles-ci ne respectent pas le code couleur imposé par la ligue : au moins 51 % de blanc/noir sur le design extérieur.

    Spot publicitaire de la Jordan 1 « Bannie » par la ligue, Source : Youtube.

    Anticonformisme et dominante, un cocktail explosif qui explique le succès immédiat de la Jordan 1, et de ses déclinaisons durant plus de deux décennies. 

    Jordan devient une icône planétaire qui vend ses baskets comme des petits pains. Il a construit sa fortune grâce à des chaussures qui sont devenues plus renommées que sa personne. En 2020, le magazine Forbes le déclare mille-et-unième personnalité la plus riche de la planète. Bankable à hauteur de 2,1 milliards de dollars, il n’a gagné “que” 90 millions de dollars grâce à ses contrats d’athlète aux Bulls et aux Wizards. 

    Le logo Jumpman dépasse le basket, il entre dans la culture populaire et efface les vieilles rivalités sportives : Jordan Brand est désormais équipementier du Paris Saint-Germain jusqu’en 2032.

    L’Univers de la sneaker sécuritaire

    La salle de basket est une arène. Une rencontre de gladiateurs. Les joueurs veulent optimiser leur performance et briller aux yeux du public. Pour être prêt à l’entre-deux rien de tel que l’entraînement, la préparation physique et technique. La paire de chaussures à son rôle à jouer dans ce processus. Le joueur doit la trouver familière à ses pieds car elle apporte confort, maintien et soutien. Le salaire NBA permet à l’athlète de choisir la paire de son choix au delà des considérations monétaires. Ce qui compte, c’est tout d’abord l’allégeance au sponsor si le joueur en a un. Ensuite, à lui d’adopter la technologie qui présente le meilleur rapport risque/esthétique/performance. Le risque, c’est la blessure, un drame pour l’athlète et  manufacturier de la chaussure. Une entorse à la cheville est synonyme de très mauvaise publicité pour le produit. 

    Le 22 février 2019, Zion Williamson rencontrait l’Université North Carolina de Coby White. En première mi-temps, le pied de Zion transperce littéralement la chaussure. Il tombe et se blesse au genou. Nike a immédiatement lancé une enquête à la suite de l’incident. Source : Youtube.

    L’insouciance des années 1960-70 où les joueurs jouaient en chaussures en toile sur les parquets a disparu. Les marques de baskets ont désormais optimisé leur paire pour assurer un maintien de la cheville. L’amorti de la semelle est primordial. Symbolisé par la  “bulle d’air” chez Nike, il permet d’atténuer les chocs répétitifs au sol, lors des rebonds, contres ou dunks de l’athlète. 

    Plus un joueur est lourd plus ses articulations sont mises à l’épreuve. Conventionnellement, les intérieurs jouent avec une chaussure à l’armature haute qui couvre la cheville. Les meneurs de jeu effectuent sans cesse des changements de direction et privilégient des paires basses assurant plus de mobilité. Ce choix reste personnel et certains athlètes se permettent des folies, au risque de s’attirer les foudre de leur staff médical.  Thabo Sefolosha arbore régulièrement ses Air Max 90, comme s’il participait à un match de Départemental 3 à la Queue-en-Brie un dimanche matin.

    Panthéon de quelques paires iconiques


    La converse Chuck Taylor : l’Historique

    Paires Chuck Taylor All Star x Andy Warhol. Source : Sneakers.fr

    La première des sneakers est rentrée dans l’Histoire par la grande porte, devenant un phénomène interculturel. Elle fut portée par les soldats américains durant la seconde guerre mondiale, puis la paire la plus populaire en NBA durant la décennie 1960. De West Side Story au mariage de Mick Jagger,la Chuck Taylor s’invite partout et est portée successivement par Elvis, James Dean et Kurt Cobain.

    La Jordan 1 : La Royale

    Awesome game Jordan with the setup. | Michael jordan, Michael ...
    La Jordan 1 aux pieds de MJ, Source : Getty Images


    On en a déjà assez parlé, mais comment ne pas la faire figurer ici ? Vendue 65 dollars à sa sortie en 1985, son coloris rouge et noir ainsi que son succès commercial donnera naissance à une lignée de paires, et à un pactole Jordanesque pour Nike. 

    La Air Force 1 : de l’Armée à la Rue

    Nike Air Force 1 Low NBA Paris Game - CW2367-100
    Le modèle Air Force 1 édition spéciale NBA Paris Game en 2020, Source : Stock X

    L’éternelle rivale de la Stan Smith pour l’écurie Nike. Sortie en 1982 la Air Force 1 est entrée dans la culture populaire avec une identité force. Son nom fait référence à l’avion militaire présidentiel de Ronald Reagan. Elle fut le premier modèle de la marque à adopter la  technologie Air Sole : “une unité d’air caché sous le talon pour apporter un meilleur amorti”. La Air Force one se paie le luxe de décorer les pieds du Hall of Famer Moses Malone. Adoptée par les communautés des quartiers difficile de New York, Phillie et Baltimore, Nelly ou Jay-Z la démocratisent dans le milieu Hip-Hop américain. 

    La très stylish Puma Clyde

    Source : Puma Hoops

    Impossible de passer à côté de la Puma “Clyde”. La sneaker représente le GOAT vestimentaire de l’Histoire de la NBA, monsieur Walt Frazier : “Swishing and Dishing” tous les jours avec ça aux pieds.

    La Reebok Pump : séduisante et gonflée

    reebok pump up basketball shoes
    Source : reddit.com

    La vague Reebok Pump coïncide avec le début de la décennie 1990. En 1989 la paire arrive avec une technologie flashy et inédite qui lui permet de concurrencer Nike sur le marché américain. “Pump up and Air out” explique Dominique Wilkins dans son clip publicitaire : côté intérieur de la chaussure, une bulle d’air en forme de ballon de basket (évidemment) est gonflée manuellement par l’utilisateur afin de verrouiller sa cheville. La Reebok Pump connaît un succès commercial grâce à ce mécanisme ludique, mais aussi grâce à son apparition au cinéma dans des films très 90’s : Juice (1992, Dickerson) ou Above the Rim (1994, Pollack). 

    Avec les sneakers, la NBA a réussi le grand saut. Conçues pour les parquets de la plus belle ligue du monde, les chaussures de sport de basketball ont été propulsées au rang d’outil lifestyle indispensable. Pas besoin de suivre la NBA pour porter des Jordan.  Les adeptes de la chaussure, les collectionneurs sont connectés à un réseau de fans de la mode et de la culture streetwear mondialisée.

  • NBA Fashion Episode I : Pigments, Aiguille et Balle Orange.

    NBA Fashion Episode I : Pigments, Aiguille et Balle Orange.

    JR Smith dans son élément, torse nu. Source : ClutchPoints.com

    Il avait un “Maman je t’aime” inscrit sur le biceps droit et était multimillionnaire.” Le paysage NBA contemporain permet ce genre de success story incroyable. A l’exception des chaussures, le tatouage est l’un des seuls accessoires lifestyle permettant de se démarquer visuellement sur le terrain. Les maillots et shorts sont uniformisés, les bandeaux, manchons et gaines de shooter  sévèrement contrôlés par les instances NBA en charge du code vestimentaire. Le tatouage s’est ainsi imposé depuis deux décennies comme un must have pour affirmer son style sur le parquet. Certes, c’est avant-tout par son jeu qu’un joueur se démarque, qu’il construit son image et sa réputation. Mais comment nier l’impact visuel du tatouage dans une nation qui glorifie le culturisme, les corps musculeux et l’esthétisme sportif ? Durant les trois prochaines semaines, votre média Clutch Time vous propose une incursion dans l’Univers Fashion de la NBA. Pour ce premier volet de la série, une étude haute en encre et en couleur sur la pratique du tatouage auprès de vos athlètes préférés.

    Une NBA hostile au tattoo ?

    Le tattoo parsème le corps des athlètes NBA, même les plus jeunes. Lors de la cérémonie de la Draft, de nombreux rookies peinent à dissimuler leurs bras encrés de l’épaule au poignet sous des costards impeccables. La ligue est conservatrice par certain aspects, et jusque dans les années 90, le tatouage apparent en NBA était une anomalie. 

    En Occident, le tatouage n’est toujours pas conventionnel. Toléré mais pas acclamé, l’entretien d’embauche avec le visage ou les mains colorées reste une épreuve fastidieuse. A l’aube des années 2000, des joueurs au style provocateur font tomber les barrières érigées par David Stern. Parmi eux, le fantasque Dennis Rodman. Ostensiblement rebelle, il s’affiche volontiers sur les tabloïds américains avec … a naked woman eating its own vagina” sur le dos (google est votre meilleur ami). Ses tatouages sont perçus comme une énième  manifestation de sa douce folie. Alors, qui a réellement participé à démocratiser cet art en NBA ? La réponse est “The Answer”. Encore une fois. 

      Allen Iverson posant pour une publicité Reebok. Source : The Bleacher Report

    Iverson ramène la rue en NBA.  Associé au baggy et à la lourde chaîne en or, le tatouage rappelle la culture du ghetto. Sur le continent américain, encre et illicite sont étroitement liés. Les membres de gangs portent sur leur peau les symboles qui assurent leur fidélité à leur organisation. Les anciens détenus meurtriers arborent une larme dessinée sous l’oeil en guise de trophée. 

    Face à cet imaginaire, comment faire passer la pilule ? Des pourparlers sont engagés entre David Stern et le syndicat des joueurs. En 2005-2006, la NBA impose à ses employés un dress code “professionnel” pour leurs apparitions en public. Pourtant, le tatouage n’est pas évincé. Il est progressivement adopté comme une forme d’expression artistique, les instances NBA feignant de ne pas percevoir sa dimension communautaire. 

    Des points de crispation persistent pourtant autour de la discipline. En 2018, JR Smith, alors arrière des Cavaliers se fait réprimander par la ligue pour son tatouage sur le mollet, reprenant le logo de la marque “Supreme”.

    « Lors d’un match NBA, à l’exception de l’uniforme ou de l’inscription du manufacturier visible sur les baskets, un joueur n’est pas autorisé à faire de la publicité, de la promotion pour une marque ou un logo, notamment représenté sur son corps ou ses cheveux. « 

    Source : 2019-2020 NBA Official Guideline

    JR risque une amende pour chaque match joué sans que son tatouage ne soit dissimulé, et “L’homme qui lançait des bols de soupe à la figure de ses entraîneurs” ne s’est pas gêné pour exprimer sa frustration sur les réseaux sociaux. Le sniper souligne l’hypocrisie des instances NBA qui tolèrent les tatouages à l’effigie du logo Jumpman, très populaires auprès des ballers

    Réaction de JR Smith sur Instagram et photographie de son tatouage, source : SB Nation.com

    Un tatouage, une histoire. 

    Combien d’apprentis tatoueurs, d’esprits sensibles à la sémantique artistique se cachent parmi les fans NBA en berne en cette période de COVID 19 ? Que les curieux se connectent au league pass, visionnent des images d’archives  et passent en revue le paysage épidermique de la ligue. Nombreux sont les graffitis, dessins et chef d’oeuvres qui valorisent le corps des joueurs. 

    A l’instar de Leonard Shelby dans le très bon Memento de Christopher Nolan (2000), le tatouage peut représenter un précieux mémo. Un point d’ancrage sur son corps pour ne pas oublier les souffrances et sacrifices qu’impliquent le sport de haut niveau. Dans les moments d’adversité, le tatouage n’est pas seulement une oeuvre d’art mais aussi un souvenir galvanisant. 

    La spiritualité, les souvenirs d’enfance, la famille sont ainsi des thèmes récurrents parmi les aficionados de tatouages. Certes, tous les tatouages ne sont pas originaux, c’est ce dont se moque Harry Cheadle dans un article Vice consacré au sujet. 

    Impossible de se démarquer en NBA avec un paquet de tatouages minables « I LUV MY GOD+GRANDMA+SECTION 8 HOUSING” sur la peau, et quel est l’intérêt du tatouage si ce n’est de se démarquer ? »

    Source : Vice, « A Brief History Of Tattoos in the NBA » Harry Cheadle, 2011.

    Cependant, les tatouages nous offrent la formidable opportunité de croiser la carrière individuelle du joueur avec des éléments de son histoire, afin de mieux comprendre sa personnalité.  

    Le cas Lebron James est très intéressant : icône NBA depuis plus de 15 ans, c’est aussi l’un des joueurs les plus tatoués de la ligue. Qu’a-t-il choisi de représenter sur son corps pour le reste de sa vie ? 

    The Chosen 1 

    Source : Reddit.com

    Son tatouage le plus imposant, celui qu’on ne peut rater lors des séances de work-out (torse nu bien sûr) de Lebron sur Instagram. “L’élu”, c’est le surnom qui lui a été donné par le média Sports Illustrated alors qu’il n’était encore que lycéen, celui qu’il porte fièrement. Oui, LBJ est l’élu car peu de joueurs peuvent prétendre rivaliser avec Michael Jordan pour le débat du Greatest Of All Time. Ce patronyme est aussi un poids et une responsabilité qui lui colle à la peau. 

    Difficile d’être the chosen one et d’essuyer les échecs en début de carrière, d’être décrié pour sa “non-clutchitude”. Le bilan en finales de Lebron est actuellement de 3 victoires pour 8 défaites. Pourtant, comment nier sa qualité de joueur générationnel ? 

    330

    Source : Reddit.com

    Une suite de chiffres tatoués sur son avant-bras droit. Elle correspond à l’indicatif téléphonique régional de sa ville natale d’Akron, Ohio (l’équivalent de notre “+336”, mais à l’Américaine). Pas le tatouage le plus visible, ni le plus clinquant mais peut-être l’un des plus importants si l’on considère la carrière de Lebron. En 2003, “The Kid from Akron” commence son aventure dans la ligue à Cleveland, franchise de son Etat natal. Au coeur d’une tempête médiatique après “The Decision” en juillet 2010 et son départ pour Miami, Lebron s’est fait la promesse de revenir et gagner un titre pour sa franchise de coeur. 6 ans plus tard à l’issue des finales NBA il hurle en larmes : “CLEVELAND, THIS IS FOR YOU”, après avoir fait tomber une équipe des Warriors invincible en saison régulière. Ce trophée plus que les autres atteste de la grandeur du joueur. Il le récompense pour sa fidélité envers son État et sa ville. Son engagement se lit sur son épiderme ET sur son CV en dehors des parquets : il multiplie les projets sociaux et investissements pour les membres de sa communauté. 

    Black Mamba

    Source : Instagram de Lebron James

    Un tatouage pour rendre hommage, pour ne pas oublier. Ce début d’année 2020 fut tragique pour la grande famille NBA, avec le décès de Kobe Bryant. Cette dernière inscription sur la peau du King est une promesse :  de ne pas oublier un ancien, un rival, une idole. Kobe fut un des plus grands mentors du jeu et de sa philosophie. Lebron James porte une partie de cette histoire, de cette “mentalité de tueur à sang froid” à même la peau. Le serpent venimeux et menaçant symbolise cet état d’esprit à perpétuer “pour la vie”. La rose est l’allégorie de la passion pour le jeu, où puiser sa motivation. 

      Qu’est ce qui fait du Cyborg un joueur de basket incroyable ? Probablement sa capacité à absorber et assimiler les skills et aptitudes des meilleurs artistes du jeu. A l’instar de Cell dans la saga d’Akira Toriyama, il est devenu la meilleure version de lui même à l’automne de sa carrière. Du numéro 8 fougueux et explosif au numéro 24 maître du fadeaway et enfin patron de la ligue, Lebron a du Kobe en lui. Et l’enfant d’Akron fera tout pour apporter un titre à la franchise de son idole.  Ce tatouage symbolise toute sa détermination.

    Tattoo Gossip

    Les mentalités ont changé dans la grande ligue. On peut afficher fièrement une peau recouverte de tattoos sur le terrain et prétendre à être un role model pour les ménages américains. Auprès de la presse et des fans, les tatouages ne font pas partie des frasques et fantaisies pouvant altérer l’image d’un joueur. L’argent et le succès rendent beau et respectable, encore plus aux Etats-Unis.  Et pourtant, la discipline réserve son lot de surprises. En outro, votre média basket préféré vous propose un florilège du meilleur comme du pire des tatouages en NBA. Du signe infini dessiné sur le poignet à la blague potache inscrite sur la fesse droite.

    Le Goat du Tattoo. 

    Source : The BleacherReport.com

    Chris Andersen, aka Birdman a été un solide éboueur sur les parquets, toujours avec du style. Champion avec le Heat en 2012, il s’est forgé une image de bad guy à l’imagerie punk et s’est tatoué des ailes d’oiseau sous les biceps pour mieux coller à son surnom. Le résultat est bigarré tout en maîtrise. 

    Le plus nerdy

    Source : The BleacherReport.com

    Le meilleur poste 4 de tous les temps est un fan de l’univers Heroïc Fantasy et du jeu de rôle Donjons et Dragons. Tim Duncan arbore ainsi fièrement un tatoo d’un bouffon sur son épaule droite, et un beau Merlin L’Enchanteur sur le pectoral gauche. 

    Le “tattoo tête brûlée”

    Source : The BleacherReport.com

    Stephen “Jax” Jackson s’est fait tatoué une figure biblique tenant une arme à feu dans ses mains. L’arrière des Warriors a été impliqué dans de nombreuses bagarres et fusillades et prend des matchs de suspension la saison 2005-2006 pour … Possession d’arme à feu dans les vestiaires. 

    Le tatoueur préféré de ton joueur préféré. 

    Source : The Undefeated.com

    La fidélité à son tatoueur, c’est sacré jusqu’en NBA. De bouche à oreille entre joueurs, on se refile les bons tuyaux, les bonnes aiguilles. Le canadien Steve Wiebe (à gauche sur la photo) est le tatoueur préféré de Kevin Durant, spécialisé dans les tatouages réalistes. The Snake a refilé le bon plan à son coéquipier Deandre Jordan et les trois s’entendent comme des larrons en foire. 

    Comment ne pas louer les crossovers entre l’art et le sport de haut niveau ? Le tatouage s’est démocratisé depuis une vingtaine d’années en NBA et il est plus populaire que jamais. 

    La pratique reste pourtant affiliée à une culture de l’Underground qui jure avec le code policé et corporate qu’essaie d’imposer la ligue à ses joueurs. A quand une rébellion de l’industrie du tatouage ? En 2016, les éditeurs du jeu vidéo NBA 2K avaient dû affronter les foudres du collectif Solid Oak Sketches. Ce groupe de tatoueurs avaient demandé le paiement de droits d’auteurs pour les tatouages portés par les joueurs, représentés dans le jeu par souci de réalisme.  L’organe de presse Huffington Post relaie qu’une demande de rétribution de 1.8 millions de dollars à été portée devant le tribunal fédéral New-Yorkais … A la semaine prochaine pour une enquête sur la culture sneakers en NBA. 


  • L’Épopée des Globetrotters (Partie II)

    L’Épopée des Globetrotters (Partie II)

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    Les Globetrotters à Berlin, le 22 août 1951. Avec au moins 75 000 personnes, c’est la plus grande foule jamais recensée pour un match de basket. Source : Site internet des Harlem Globetrotters.

    « L’amitié d’abord, la compétition après”. En 1971, c’est le slogan qui caractérise les échanges des Etats-Unis avec la Chine de Mao, durant la 31ème édition des championnats du monde de … Tennis de table. C’est la « Diplomatie du Ping-Pong », ou comment profiter du sport pour tisser des relations entre deux puissances géopolitiques en froid. Quel rapport entre un pongiste nerveux , raquette à la main et un pivot musculeux maniant la balle orange ? Bien avant cette Diplomatie du Ping-Pong, les Etats-Unis ont expérimenté une stratégie internationale du grint and grind, en défense tout terrain, par l’intermédiaire des Harlem Globetrotters. La semaine dernière, Clutchtime vous contait le périple de cette équipe afro-américaine dans une société racialisée. Votre média basketball revient aujourd’hui sur le premier épisode de la franchise qui a joué un rôle majeur dans les prémices de la guerre froide : tout commence en 1951 … 

      Ice in my veins 

    Vous l’avez appris au lycée ou sur les bancs de la fac. La guerre froide ne fut pas un conflit armé direct mais un affrontement idéologique et politique. Une opposition de style, Lakers versus Celtics, Deandre Jordan contre Isaiah Thomas. La naissance de la NBA à l’issue de la Seconde Guerre mondiale coïncide avec le début des tensions entre les deux blocs. 

    A l’instar de notre Grande Ligue, le monde est divisé en deux. Joseph Staline, à la tête de la conférence Est, dirige encore d’une main de fer l’espace soviétique et ses Etats satellites. Aussi têtu que Mike D’Antoni, le communisme est le seul système de jeu toléré pour tous. Côté conférence Ouest, les Etats-Unis de Truman défendent leur vision de l’État idéal : une démocratie libérale et capitaliste. Les enjeux de cette compétition ? Remporter le titre : asseoir sa domination militaire, étendre son aire d’influence idéologique et économique à la planète.

    L’animosité se cristallise par deux discours étatiques qui nient la légitimité de leur concurrent. C’est la doctrine Truman aux Etats-Unis et en Europe de l’Ouest contre la doctrine Jdanov en URSS et en Europe de l’Est. Bien avant la construction du mur en 1961, Berlin est déjà le théâtre de cette opposition. La ville est internationale et fragmentée en plusieurs zones d’occupation. Dans ce contexte houleux, les Globetrotters débarquent sur un “vieux continent” déjà initié à  la balle orange, grâce au passage de missionnaires américains au début du siècle.

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    Le plus vieux gymnase de basketball au monde, inauguré en 1893, 14 Rue de Trévise, 75009 Paris .

    La Hype est donc réelle. Abe Saperstein, le “Picsou” des Globetrotters sait que ce voyage en Europe est une opportunité pour s’enrichir et  participer à faire grandir la renommée de la franchise. Les globe-trotters commencent leur tournée en mai 1950. Au programme, des work-out avec les locaux pour démontrer la supériorité du basket américain, et plus de 73 rencontres, notamment à Lisbonne et à Paris. Le phénomène “globetrotters” conquis le public européen  avec un basketball virtuose, décomplexé ET pratiqué par des afro-américains. Ce dernier détail n’est pas anodin, il donne une dimension mystique à l’équipe. En France par exemple, sans les deux guerres mondiales et la proximité des soldats sur le front, de nombreux individus n’auraient pas eu l’occasion de rencontrer des citoyens étrangers, noirs de surcroît. L’émulation créée par le passage en ville des Globetrotters est remarquée par le secrétaire d’Etat Américain de l’époque : Dean Acheson. 

    Au service de la propagande

    Le sport, aux USA c’est presque une affaire d’Etat. Le gouvernement de Truman désire utiliser cet aspect culturel américain comme outil de propagande. Acheson déclare, dans un télégramme envoyé aux responsables de son département : 

    « Le département a remarqué le parcours des Harlem Globetrotters (des joueurs de basketball noirs*) et reconnait leur qualité en tant qu’ambassadeurs de valeur, particulièrement dans les pays critiques du traitement des noirs* aux Etats-Unis. »

    Source : The Big Read “The Ambassadors” Dave Zarum. *Le texte original utilise le terme “Negroes” qui a ici été remplacé par « noirs » par souci de bienséance.

    Les pays détracteurs des Etats-Unis évoqués par Acheson, c’est l’ensemble des nations affiliées à l’Union Soviétique. Le bloc de l’Est dénonce l’hypocrisie Étatsunienne

    L’Uncle Sam se veut “gendarme du monde”, fervent défenseur de la liberté pour tous les peuples, mais perpétue un système discriminatoire envers ses propres citoyens. Une équipe uniquement composée d’athlètes afro-américains, patriotes et émissaires de l’excellence étatsunienne à l’international est une opportunité en or pour la propagande gouvernementale. Les Harlem Globetrotters  représentent le contre-exemple parfait à toutes les accusations proférées à l’encontre du champion du “Monde Libre.”

    Ces accusations ne sont pas infondées. Les membres des Globetrotters ont grandi avec le fardeau que représentait leur couleur de peau dans la société américaine. Plus surprenant, leur statut d’athlète professionnel/comédien n’est pas accepté par tous aux Etats-Unis. De nombreuses critiques émanent de la communauté afro-américaine. L’autre équipe star de l’époque, les New-York Renaissance, leur reproche de ne jouer au basketball que pour divertir un public blanc. Ils accusent les Globetrotters de proposer un spectacle similaire à celui des Minstrels. 

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    Des acteurs « blackfaced » pour la représentation d’un spectacle raciste Minstrel. Source : BBC.co.uk

    Populaires au XIXème siècle aux Etats-Unis, les Minstrels Shows étaient des représentations mettant en scène des acteurs blancs blackfaced, déguisés en afro-américains. Entre théâtre et concert raciste, les soirées Minstrel cherchaient à provoquer le rire chez le public en imitant de façon grotesque des clichés prétendument associés aux afro-américains. 
    La mission confiée par le secrétaire d’Etat à l’équipe d’Abe Saperstein tient ainsi de l’opportunisme politique. Le chef du département des affaires étrangères fait mine de rester en retrait, c’est pourtant lui qui pousse à l’organisation d’une rencontre “Harlem Globetrotters contre les Boston Celtics”, le 22 août 1951, à Berlin en République Fédérale Allemande. 

    Une tentative de contre

    Le choix de la date n’est pas innocent. Au début du mois dans la même ville, Staline a organisé son “Troisième Festival de La Jeunesse et des Étudiants”. Ce rassemblement a pour but de démontrer la puissance et la détermination de l’URSS dans un contexte de tensions croissantes avec son rival américain. Le festival attire plus de 200 000 ressortissants de 104 nations acquises aux valeurs du communisme. 

    Le match de basketball est ainsi une tentative du gouvernement américain pour contrer la propagande soviétique et réaffirmer sa vision du monde.   

    Près de 80 000 personnes viennent regarder jouer des Globetrotters qui arborent leur tenue aux couleurs du drapeau américain. Le public connaît déjà la plupart des stars qui viennent s’affronter. La propagande américaine  a toujours un coup d’avance. En octobre, la même année, l’industrie cinématographique hollywoodienne avait produit un long métrage intitulé The Harlem Globetrotters (Columbia Pictures, Phil Brown, 1951). Le film mettait bien sûr en valeur Marques Hayes, Louis “Babe” Presley, Rece “Goom” Tatum et les figures majeur de l’effectif présent à Berlin. 

    Affiche du film produit par Columbia Pictures en 1951. source : IMDb

    Le résultat du match est ainsi plus anecdotique que toute la symbolique qui l’entoure. Le gouvernement américain est bien présent. C’est lui qui sponsorise la rencontre et sa logistique par l’intermédiaire des autorités locales. A cette époque, Jordan McCloy est le haut commissaire étatsunien de République Fédérale Allemande . Cependant, il désire rester discret afin de sacraliser le tout puissant capitalisme. Il s’agit de démontrer qu’une entreprise privée comme la franchise des Globetrotters peut recruter et valoriser des athlètes performants. En filigrane, c’est un nouveau pied de nez au système sportif et culturel russe : un communisme assumé qui fonctionne grâce à l’interventionnisme étatique. 

    Le sens du show à l’américaine, de la surprise, est un atout publicitaire de taille. A la mi-temps, un hélicoptère de la US Air Force apparaît à l’horizon. Il se rapproche du public et fait trois fois le tour du stade avant de se poser. Un homme en sort et commence à courir sous les “hourra” de la foule. C’est Jesse Owens. Le sprinteur afro-américain qui a tenu tête à Hitler durant les jeux de Berlin de 1936. 


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    Jesse Owens sur le podium des JO de 1936. Il rafle l’or devant les athlètes « aryens » sur les épreuves du sprint sur 100m et 200m, ainsi que sur le saut en longueur et le 4x100m relais. Source : Rue des Archives.

    L’athlète est un symbole fort  pour la propagande américaine. Il représente la victoire contre le nazisme, fait d’arme largement attribué aux Etats-Unis, et l’accès à la gloire, au rêve américain, pour un afro-américain. 

    Après le match, Owens conclu : “We did a great job selling America”.

    La rencontre fut ainsi un succès politique. Pour les joueurs, elle ne fait que conforter le sentiment amer qu’ils ressentent ici en Europe. Sur ce continent ils sont adulés par la foule, et leur couleur de peau semble moins problématique. Ils sont considérés comme des athlètes superstars. L’accès aux hôtels, restaurants et festivités organisées en leur honneur n’est pas marqué par un préjudice racial. Cette différence de traitement de faveur est d’autant plus criante lorsqu’ils retournent aux Etats-Unis.

    Le mouvement pour les droits civiques qui secoue la société américaine des années 1960 est en partie né à cette dynamique du voyage. Des athlètes afro-américain ont découvert la reconnaissance outre-atlantique, et ont pris conscience que leur statut aux Etats-Unis n’était pas immuable. 

    Le match à Berlin sera le premier coup d’éclat de la propagande sportive américaine contre l’URSS. Les Globetrotters continuent leur “Communist Tour” durant la décennie. En 1959, l’équipe emmenée par un certain Wilt Chamberlain reçoit la médaille de l’Ordre de Lénine des mains de Khrouchtchev, plus haute distinction de l’Etat. Leur influence va pourtant s’atténuer alors que les talents des globies fuient en NBA et que la Grande Ligue prend le relais. En 1988, dans un contexte géopolitique tendu, les Atlanta Hawks sont la première équipe américaine à fouler le sol de l’URSS. Dominique Wilkins et ses camarades représentent les Etats-Unis. Ils représentent aussi l’amour du jeu, face à un CSK Moscou talentueux et épris de cette même passion du basket. Le sport, au delà des différents culturels, adoucit le ressentiment. C’est grâce à l’opposition sur le terrain que l’on cherche la réconciliation. 

  • L’épopée des Globetrotters (Partie I)

    L’épopée des Globetrotters (Partie I)

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    Wilt Chamberlain aux côtés d’Abe Sapertstein, propriétaire historique de la franchise.
    Source : Basket Europe

    “Ils nous regardèrent comme si nous avions tué le Père Noël”. Louis “Red” Klotz commente la réaction des fans lorsque le buzzer retentit. En ce 5 janvier 1971, les Harlem Globetrotters s’inclinent pour la première fois de leur Histoire face à leur éternel rival, les Washington Generals. Si des enfants pleurent dans les gradins, c’est que les Globetrotters perdent aussi souvent contre leur alter-égo que Lebron James en playoffs face aux Raptors. Leur bilan clownesque serait de 16 000 victoires pour une seule défaite. “Faut pas pousser mémé dans les orties, ce n’est qu’une parodie de basket” diront les connaisseurs. 

    Et pourtant, nous avons oublié que l’immense  Wilt Chamberlain a évolué aux couleurs de la franchise, ou que celle-ci remporte le World Basketball Tournament en 1940. Et oui, il y a quatre-vingt ans les globies étaient sacrés Champions du Monde. Les Harlems Globetrotters, seulement du show et des paillettes ? Cette semaine, Clutchtime vous propose une piqûre de rappel en basketball, comédie et politique. Retour sur l’héritage d’une des franchises les plus emblématiques de notre formidable sport. 

     Une équipe afro-américaine

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    L’équipe des Globetrotters durant les années 1930. A gauche du cliché, Abe Saperstein. Source : Nbahistory.com

    L’identité des Harlem Globetrotters était vouée à la facétie dès sa création. La franchise qui apparaît en 1926 n’est pas originaire de « la grosse pomme » mais de Chicago, Illinois. Durant trois décennies, l’équipe est itinérante au sein du territoire américain, sans jamais quitter ses frontières. Pourquoi ce pseudonyme mensongeur alors ? Car le premier propriétaire des Harlem Globetrotters, Abe Saperstein, désirait conférer à son équipe un surnom évoquant la culture afro-américaine. Or, dans les années 1930, le quartier New-Yorkais de Harlem est la “capitale de la culture noire” notamment grâce au mouvement artistique, littéraire et musical de la “Renaissance de Harlem”

    L’appellation  mensongère a le mérite d’éclairer le statut des Harlems Globetrotters à leur genèse. C’est une équipe uniquement composée de joueurs noirs, dans une Amérique de l’entre-deux guerres encore régie par les lois Jim Crow (1876-1965). Ces lois particulièrement appliquées dans les Etats du Sud des Etats-Unis imposaient une ségrégation spatiale entre les individus selon leur couleur de peau, et un système de discrimination quotidien. 

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    Une fontaine avec pour indication « pour gens de couleur uniquement », symbole de la ségrégation de l’espace public américain sous le système Jim Crow.
    Crédit photo : History.com

    A cette époque, la ségrégation  s’applique aussi aux parquets. Les rencontres entre les communautés afin de mettre à l’épreuve sa passion du basketball n’existent pas. Coéquipiers comme opposants doivent partager la même couleur de peau. De même, aucune mixité n’est tolérée dans le public et les gradins sont “racialisés”.

     Les premiers Globies sont obligés de parcourir le pays afin de gagner leur vie lors de matchs d’exhibition rémunérés. La violence raciste est un fardeau associée à leur travail, même auprès de leur public et des populations locales qu’ils rencontrent . Ben Green, historien des Globetrotters, rapporte le  traitement qui était réservé aux joueurs lors de leur arrivée dans des localités sudistes particulièrement racistes. Lors d’une halte en Floride, à Jacksonville, l’équipe se voit refuser son entrée dans un hôtel à cause de sa couleur de peau. Un singe savant, artiste de cirque se rend quelques jours plus tard dans le même hôtel : 

    « Ils lui ont donné la suite présidentielle et toutes les bananes qu’il désirait, tandis que les Globetrotters ont été refusés à l’entrée ».

    Témoignage de Ben Green, historien des Globetrotters pour le média Big Read.

    Des Clowns Victorieux

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    Meadowlark Lemon, légende des globies, moqueur. Source : ABC.com

    Malgré ces difficultés, les Globetrotters poursuivent leurs confrontations dans tout le pays. Très techniques et physiques, ils marchent sur la concurrence. Les blow out s’accumulent et l’équipe adopte un style de jeu moqueur, détaché lorsqu’elle mène largement au score. Du Trashtalk avant-gardiste. C’est ainsi de la domination que naît une nouvelle identité pour l’équipe, qui va participer à construire sa renommée. Le véritable show organisé par les Globetrotters chaque soir amuse et attire un public noir et blanc désormais conséquent. 

     Le propriétaire Abe Saperstein signe des contrats pour effectuer les matchs d’exhibition des Globetrotters en première partie de rencontres NBA. Ils sont en réalité la véritable attraction de l’événement sportif. Dans le documentaire “The Harlem Globe Trotters, The Team That Changed the World” (2005, Sear),  Bob Cousy, la légende des Celtics témoigne : “On jouait à guichet fermé mais lorsqu’ils finissaient leur rencontre, la moitié de la salle se vidait, donc nous (les équipes NBA) prenions conscience de notre second-rôle dans la soirée.” 

    Film promotionnel des Harlem Globetrotters en 1956

    C’est grâce à cette renommée qu’est organisé un match de gala contre les Minneapolis Lakers le 19 février 1948. 

    Les Lakers évoluent alors en National Basketball League, l’ancêtre de la NBA. Ils sont la meilleure équipe d’un championnat entièrement caucasien. Les grandes instances de la NBA rechignent alors à intégrer des afro-américains à leur compétition. La doxa dominante raciste s’applique aussi au basketball. Cette mentalité est expliqué par le journaliste Dave Zarum, dans un article intitulé “The Ambassadors”, recueil de témoignages autour des Harlem Globetrotters pour le média Big Read. 

    J’entendais des choses comme, « Les noirs ne peuvent pas jouer meneur de jeu car ils ne peuvent pas réfléchir et encore moins diriger. Les noirs sont bons pour le rebond et les tâches ingrates , mais on ne peut pas vraiment leur faire confiance sur le terrain car ils sont dans l’incapacité de s’adapter au jeu complexe de la NBA ».

    Mannie Jackson, ancien joueur et propriétaire des Globetrotters.

    La rencontre a lieu à Chicago dans un contexte houleux. Plus qu’un simple de match de basket, l’opposition sur le terrain est un véritable clash sociétal. La semaine du match, un adolescent afro-américain avait été battu à mort par six hommes blancs. Ce n’est ainsi pas une coïncidence si à quelques secondes du coup d’envoi de  cette opposition médiatisée, le Président américain Harry Truman tient un discours officiel promouvant la tolérance entre les communautés. 

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    George Mikan, considéré comme la première superstar NBA, source : Inside Basket.

    Les Globetrotters éteignent littéralement Georges Mikan. Ils maintiennent le pivot dominant des Lakers sous la dizaine de points. Les outsiders s’imposent ainsi au buzzer avec la manière et au suspense, à l’issue d’un match serré (61-59). Une équipe uniquement composée de joueurs afro-américains vient de vaincre la meilleure équipe du championnat américain. Un an plus tard, les Globetrotters réitèrent l’exploit et battent une nouvelle fois les  Lakers. 

    L’événement participe à accélérer les démarches d’inclusion de joueurs noirs en NBA : désormais considérés comme plus légitimes à évoluer au haut niveau.  La mixité permet d’ailleurs d’apporter de nouveaux spectateurs à une ligue qui n’est désormais plus strictement réservée aux blancs. Lors de la saison NBA 1950-1951, le pivot Nat “Sweetwater”Clifton ancien joueur des GlobeTrotters,  devient ainsi le premier afro-américain à être drafté et à évoluer au sein d’une équipe NBA, chez les New-York Knicks. Il est le premier d’une longue lignée de joueurs afro-américains à contribuer à faire grandir l’Organisation. 

    En 1994, Mannie Jackson acquiert  les Harlem Globetrotters et devient le premier propriétaire noir d’une franchise sportive sur le continent américain, toutes disciplines confondues. 

    Plus qu’un simple parodie de basketball, les Harlem Globetrotters ont participé à révolutionner la vision de la société américaine à propos de ses athlètes afro-américains. Au début des 50’s, ce constat donne des idées au secrétaire d’Etat Américain qui va manigancer un “Communist Tour” avec les joueurs de Abe Saperstein. Clutchtime vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour la suite de l’épopée GlobeTrotters avec un dossier sensible : le Basketball au cœur de la Guerre froide.