Itinéraire d’un finaliste NBA : Los Angeles Lakers

Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


Comme un signe… Dans cette année 2020 si particulière, les Lakers, encore touchés par la perte du regretté Kobe Bryant, viennent de se qualifier pour la 32ème finale de leur histoire, la première depuis 2010, date de leur 16ème titre, avec un Kobe MVP des Finales. Comme un signe… Retour sur cette épopée !


L’off-season des Lakers, ça a donné quoi ?

Deux mouvements majeurs ont eu lieu. Le premier apparaît peu de temps après la fin de saison 2018-19 des Lakers. Luke Walton, considéré comme responsable de la non-qualification des Lakers en playoffs, est destitué de son rôle de coach. L’ex-assistant coach des Warriors prendra la direction des Sacramento Kings (31V – 41D sur l’exercice 2019-20).

Rob Pelinka, directeur général des Lakers, doit donc choisir son remplaçant et jette son dévolu sur Frank Vogel, absent des bancs NBA la saison dernière après avoir vécu 2 années très compliquées du côté du Magic d’Orlando. A côté de lui s’installent notamment Jason Kidd et Lionel Hollins, qui, eux aussi, n’avaient pas côtoyés les vestiaires depuis un petit moment. Un “coaching staff” revanchard, à l’image des joueurs, prêts à réussir là où les autres ont tous échoués depuis 2010 : aller en Finales NBA et remporter le titre.

Le deuxième mouvement est sûrement le plus important. Il manquait une pièce majeure à cet effectif pour qu’il passe dans une autre catégorie, celle de favori au titre. En effet, la saison passée était trop mitigée sur le plan humain pour pouvoir espérer quoi que ce soit. Les Lakers n’avaient pas un véritable soutien à LeBron James. Kyle Kuzma, sophomore (2ème année) à l’époque, n’avait pas la carrure pour porter cette équipe en complément de “LBJ” et Ingram semblait ne pas pouvoir supporter ce statut dans une ville pleine d’attentes comme Los Angeles.

Il a fallu arranger ça. Quelques coups de fils, et un trade annoncé par Adrian Wojnarowski (ESPN) le 15 juin 2019 :

Le trade mettra quelques temps à s’officialiser, raisons financières oblige, mais les Lakers réalisent le plus gros coup de la “free agency” 2019. Cela faisait quelques mois que la venue d'”AD” était dans les rumeurs, mais c’est officiel : Anthony Davis est un Laker.

Et même si Brandon Ingram (Most Improved Player 2020) & compagnie s’éclateront à New Orleans durant la saison actuelle, difficile de donner les Lakers perdants de ce trade. En ramenant un sextuple All-Star, 3 fois membre de la All-NBA 1st Team, Los Angeles se garantit quasiment une saison pleine et assure, aux yeux des fans et des insiders, une place dans le haut du tableau NBA.


Anthony Davis, joueur star du Media Day 2019 des Los Angeles Lakers.
© Photo par Scott Varley / GETTY IMAGES


A noter le recrutement de Talen Horton-Tucker (8 matchs joués cette saison, playoffs inclus) au travers de la draft, et la re-signature de plusieurs joueurs présents l’an passé, parfaitement inscrits dans la continuité des efforts déjà fournis.

Les Los Angeles Lakers étaient, sur le papier, prêts à régner sur l’Ouest.

Une saison régulière à la hauteur des espérances

Le début de saison des Lakers est tout simplement incroyable. Cependant, elle n’a pas commencé de la meilleure des manières avec une défaite lors du premier match face aux rivaux de Los Angeles, les Clippers.

Il n’en fallait pas plus à ce groupe pour être motivé : 24 victoires et 2 défaites sur les 26 matchs suivants.
Rayonnants, éblouissants, ils imposent leur rythme et leur jeu au fur et à mesure de la saison. Une série de 4 défaites viendra stopper cette dynamique, mais là n’est pas le fait : les Lakers sont bien présents au rendez-vous !

La dynamique suit, et les Lakers atteignent 26 victoires pour 7 défaites au moment de commencer cette année 2020.

Mais cette année 2020 ne nous a pas fait vivre les émotions que nous avions espéré… Le 25 janvier 2020, dans le Wells Fargo Center de Philadelphie, LeBron James inscrit 29 points et dépasse la légende du basket Kobe Bryant en devenant le 3ème meilleur scoreur de l’histoire de la NBA. Fierté pour deux hommes aux destins étroitement liés, et plus proches qu’on ne pourrait l’imaginer.
Malheureusement, quelques heures plus tard, le 26 janvier, un accident d’hélicoptère coûta la vie de Kobe Bryant, de sa fille Gianna Bryant ainsi que celles de Payton & Sarah Chester, Alyssa, Keri & John Altobelli, Christina Mauser, et Ara Zobayan.

L’état d’esprit du groupe en sera bouleversé. Mais cela l’a encore plus soudé, tous liés autour d’un seul but : gagner pour Kobe.

Ils terminent sur un 12V-4D avant que la saison NBA ne soit stoppée à cause du coronavirus. La dynamique est relancée.

Bilan de la saison régulière : 52 victoires – 19 défaites (1er de la conférence Ouest)

Les playoffs, simple voyage vers les finales NBA

1er tour : (#1) Los Angeles 4 – 1 Portland (#8)

Il a fallu que la machine se mette en route pour battre les Trail Blazers de Portland, équipe qualifiée grâce au play-in, système mis en place par la NBA cette année pour rajouter un peu de piment aux playoffs.
Ce play-in, qui a permis à Portland d’avoir les jambes prêtes pour ce match n°1, tend un piège aux Lakers.

1-0 pour Portland, à l’issue d’un match très incomplet de la part des joueurs de Frank Vogel. C’est la piqûre de rappel : rien n’est simple lors des Playoffs, même quand on finit premiers de sa conférence.

Après cette défaite, Los Angeles ne laissera aucune chance à Portland, à l’image de ce match 4 où Portland ne passera pas une seule seconde devant au score, et s’inclinera 135 à 115. Les Lakers enchaîneront 4 victoires de suite.

Portland usé physiquement de cette bulle, LeBron en triple-double de moyenne, Kentavious Caldwell-Pope qui passe un cap : 4-1 pour les Lakers.

2ème tour : (#1) Los Angeles 4 – 1 Houston (#4)

Première grosse confrontation pour les Lakers, qui affronte un Houston qui s’est très difficilement détaché d’Oklahoma City au premier tour.
Et comme pour le premier tour face à Portland, Los Angeles débute très mal et Houston s’impose dans un match très bien géré par les Texans.

Derrière ? “Next series, same series”. Les Lakers déroulent leur jeu, ils s’adaptent plutôt bien à ce que propose les Rockets offensivement notamment, en les forçant à moins exploiter le jeu à 3 points, et en enfonçant un Russell Westbrook mal engagé depuis les débuts des playoffs.

Cette série permet également la réintroduction du meneur de jeu Rajon Rondo, absent depuis le 10 mars 2020. Il sera l’auteur d’une série plutôt complète, montrant une fois de plus qu’il hausse constamment son niveau de jeu une fois en playoffs.

Les 4 matchs suivants ont beau être serrés, Houston n’y croit pas plus que ça. 4-1 pour les Lakers une fois de plus.
Direction les finales de conférence !

Western Conference Finals : (#1) Los Angeles 4 – 1 Denver (#3)

Deux équipes aux parcours complètement différents mais avec une même mentalité : même derrière sur le tableau d’affichage, il ne faut rien lâcher. Denver connaît les situations de renversement car ils viennent d’enchaîner deux remontées d’affilée.

Dans leurs 2 premières séries, les Nuggets étaient menés 3 victoires à 1, mais ont tout de même réussis à s’imposer 4-3 à chaque fois. Tout simplement historique.

C’est forcément plein d’ambitions qu’ils abordent cette série face aux Lakers. Et cette fois-ci, LeBron et les siens ne laissent pas le 1er match à l’adversaire.
Équipe avec le meilleur pourcentage aux tirs des playoffs, Los Angeles continue sur sa lancée en claquant un 50.2% de moyenne sur la série ! En face, Denver répond avec un excellent 48.6% !

Résultat : c’est la série avec la plus faible moyenne de rebonds pris par match sur ces playoffs (73.6 pour les deux équipes combinées) !
Anthony Davis, qui a une jolie moyenne en carrière de 10,9 rebonds par match joués en playoffs, y réalise même sa pire moyenne sur une série, avec uniquement 6,2 prises par match !

Malgré tout ça, les Lakers se retrouvent rapidement en position de force et mènent 3 victoires à 1. Immédiatement, les comparatifs se font et les Nuggets rêvent d’une troisième remontée historique. Mais LeBron n’y a pas été favorable. 38 points, 16 rebonds, 10 points dans le 5ème match pour le King, et les Lakers s’imposent pour la 3ème fois consécutives 4 victoires à 1.

Statistiques collectives et individuelles sur les Playoffs


Statistiques des Los Angeles Lakers sur les Playoffs 2020



Statistiques individuelles des joueurs des Los Angeles Lakers sur les Playoffs 2020


Une défense sur écran intraitable

Quand on pense au jeu offensif produit par Miami, on pense au mouvement, à l’équilibre, à la répartition des tirs et surtout aux écrans !
Membre omniprésent du jeu d’Erik Spoelstra, Miami adore jouer avec les écrans. Et les Lakers en face, qu’en pensent-ils ? Ils adorent défendre sur les écrans !

Avec des joueurs dynamiques et super actifs sur les lignes de passe, les Lakers possèdent une des meilleures défenses sur écran de toute la NBA.
Difficile de donner tort aux chiffres ci-dessous.


Statistiques de Miami (en attaque) et de Los Angeles (en défense) sur les tirs liés à un écran lors des playoffs 2020.


Partout où Miami excelle offensivement, Los Angeles excelle défensivement, notamment dans le jeu de pick&roll, où les Lakers n’encaissent “que” 18 points par match depuis le début des Playoffs.

Forcément, en jouant 5 matchs contre Houston, qui monopolise le ballon et pose peu d’écrans, les statistiques sont un peu faussées. Mais ça reflète un sentiment général : Los Angeles va gêner Miami sur les écrans.

Gros plan sur les Finales NBA !

Comment les aborder côté Los Angeles Lakers ?

Sans se reposer sur leurs acquis.
A l’image des premières séries, il ne faudra jamais se relâcher, surtout face à un Miami qui score 1,13 points par possession après avoir encaissé un panier (3ème de la ligue sur les playoffs). Il faudra également ne pas se déconcentrer de la tâche finale, du trophée qui leur tend les bras.

Attention à ne pas se reposer sur LeBron James et sa maîtrise des Finales NBA, sous peine de voir une finale 2018 n°2 avec des Cavaliers ultra dépendants de LeBron. Le banc devra convaincre, et sera très important dans la mise en place du jeu californien.

Ils doivent être notamment conquérants dans la bataille du rebond, véritable ancre au succès des Lakers depuis le début des Playoffs. Avec des joueurs talentueux dans ce domaine comme Davis, Howard, James ou même McGee, difficile de voir Miami lutter efficacement et dans la durée, même avec un joueur comme Adebayo dans la raquette.

Dernier point : assumer son statut de leader de conférence et ne pas laisser Miami prendre confiance, surtout grâce à toute cette expérience collective. A l’instar de la série face à Portland, il faudra stopper l’hémorragie dès que Miami prendra feu.

Quel est leur point fort clé ?

Anthony Davis. Comment ne pas citer ce joueur au talent monstrueux ? On aurait pu parler évidemment de LeBron James et de ses 10 finales. Mais le choix le plus évident reste “AD”. 28.8 points, 9.3 rebonds de moyenne sur ces playoffs. Un offensif rating de 130 (!!!) pour un defensive rating de 107.

Davis est en mode machine et les Lakers le savent. Ils le servent et il se régale. Véritable menace à tous les niveaux, il explose les compteurs au niveau des lancers-francs. 147 tentés en 15 matchs, soit un peu moins de 10 par match ! Idéal au moment d’affronter Bam Adebayo, menace directe des Lakers.

Même si Bam Adebayo est l’un des meilleurs défenseurs de la ligue (membre de la All-Defensive 2nd Team), difficile de voir “The Brow” rater sa série de Finales.


Anthony Davis (n°3 des Lakers) aura fort à faire face à la défense collective du Heat.
© Photo par David Santiago / GETTY IMAGES


Anthony Davis aura probablement affaire au vis-à-vis défensif le plus dur de ces playoffs et devra faire face à la plus grande série de sa carrière.

Quel est leur point faible clé ?

Est-ce que Los Angeles a les armes pour stopper Miami défensivement ? Comme expliqué dans l’article sur le match 1 entre Miami et Milwaukee, Miami possède une des attaques les plus polyvalentes et efficaces de la NBA.

Nul ne sait qui mettra 20 ou 25 points chaque soirée.
C’est la force du Heat.

La question est : est-ce que la défense des Lakers pourra contenir au maximum cette attaque de Miami ?
Considéré comme l’une des meilleures défenses de la NBA, elle va faire face à une équipe qui a mis 112.8 points de moyenne à la meilleure défense statistique : les Bucks.

Les matchups désignées seront très certainement la clé de la victoire californienne. Sans Avery Bradley, toujours absent de cette “bulle” d’Orlando, les ressources défensives sont forcément amoindries. Et quand il s’agit d’affronter une ligne arrière avec Goran Dragic, Tyler Herro, Duncan Robinson et Jimmy Butler, il faut être prêt défensivement.

Les deux matchs Lakers-Heat joués durant la saison régulière peuvent faire preuve d’une grande maîtrise défensive de la part de Los Angeles, mais on peut difficilement se baser dessus (présence de Bradley, pas de Crowder/Iguodala).
Cependant, Frank Vogel doit actuellement se creuser les méninges pour trouver la solution qui limitera le plus possible l’apport de chaque joueur du Heat.


A lire : Itinéraire d’un finaliste NBA version Miami Heat

Ainsi s’achève le récapitulatif de cette équipe des Los Angeles Lakers, favori du début jusqu’à la fin de saison. A la recherche d’un 17ème titre, et d’une égalisation au niveau du palmarès avec les Celtics, cette franchise mythique, accompagné de ses fans les plus fervents, attend , depuis plus de 10 ans, la consécration ultime qui leur tend la main aujourd’hui.

Nous pensons, dans cette période de fête et de joie liée au basket-ball et aux Lakers, plus que jamais à Kobe Bryant, légende du basket-ball et à toutes les personnes touchées de près ou de loin par sa perte.

Sources : NBA.com, Basketball Reference, ESPN, inpredictable.

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