Kyrie Irving, grimé en petit vieux pour son film Uncle Drew. Source : Deadline.com
Chaque semaine, Clutch Time vous propose une immersion dans l’univers de la grande ligue. Entre phénomènes identitaires et tendances extra-sportives, votre média basket analyse le paysage culturel de la NBA.
L’Éternité. Ne serait-ce pas l’idéal auquel aspirent tous les artistes, qu’ils manient un pinceau ou une balle orange ? Que les gens se souviennent de leur carrière. Que leurs exploits restent. Racontés encore et encore après que le buzzer sonne, et que leurs dernières secondes passées sur le parquet se soient écoulées. Malheureusement pour nous, les athlètes NBA n’ont pas accès à la fontaine de jouvence, (sauf Vince Carter). Un jour, il faut raccrocher ses baskets, et ensuite ? Que se passe-t-il dans la tête d’une superstar à la fin de son épopée ? Comment se réorienter lorsqu’on est un athlète professionnel ? Clutchtime vous propose une incursion inédite : direction les coulisses de la maison de retraite de la plus belle ligue au monde.
Raccrocher ses baskets, enfiler ses sneakers
Les dernières années ont été difficiles. Il a fallu évoluer avec son temps. S’adapter aux nouveaux systèmes de jeu en proposant une partition moins physique, plus technique. Accepter que les minutes passées sur le terrain soient en baisse, tout comme le montant de son contrat. Vieillir en NBA nécessite des trésors d’adaptation. Certains joueurs s’en sortent d’ailleurs mieux que d’autres, car leur profil, leur style de jeu intéressent toujours des équipes qui jouent le titre. Ray Allen a ainsi parfaitement réussi sa transition pour devenir un sixième homme de luxe pour le Heat champion en 2013, les Spurs s’en souviennent.
Les dernières années d’un vétéran ne sont pas forcément arides. Il incombe au joueur expérimenté la lourde et noble tâche de former les plus jeunes. Devenir un mentor pour les gloires de demain, c’est le rôle que joue à merveille Kyle Korver, proche de la fin mais toujours aux Bucks cette saison. Le quatrième shooter à 3pts de l’Histoire de la NBA participe à familiariser Giannis Antetokounmpo, MVP sortant, au tir à longue distance.
Cependant, un jour la dernière saison arrive. La sortie n’est pas identique pour tous les joueurs. Certains ont marqué la NBA de leur empreinte et ont le droit à une tournée d’adieu, les honneurs du public chaque soir. Viendront ensuite, le ou les maillots retirés et pour une poignée d’entre eux, le Hall of Fame : la consécration.
Ray Allen lors de son discours d’intronisation au Hall-of-Fame en 2018. Source : Nba.com
D’autres, désormais boudés par les franchises sont condamnés à partir dans l’ombre, plus sobrement. Parfois par dépit, lorsque l’accumulation des blessures et la fatigue du corps pousse à la retraite anticipée. Quelle que soit la forme du départ, elle ne doit pas minimiser ce que chaque joueur a apporté aux équipes NBA. C’est grâce à son travail acharné durant sa vie d’athlète qu’il a réussi à se hisser jusqu’à cette ligue compétitive. Que reste-t-il lorsque vient le temps de raccrocher ses baskets ? Peut-être l’émotion, le soulagement, les souvenirs et la sensation d’une retraite méritée. Commence ensuite une nouvelle carrière.
S’accrocher à la NBA
S’accrocher à la NBA. Cela semble compréhensible quand le basket a été au centre des espérances, du développement d’un individu en tant que jeune adulte. La porte est parfois claquée à regret et nombreux anciens joueurs désirent préserver leurs liens avec la grande famille du basket. Plusieurs perspectives de reconversion s’offrent alors à eux.
La plus évidente est de travailler pour sa franchise de cœur, et les opportunités sont multiples. La voie royale pour ne pas trop s’éloigner des terrains reste lecoaching. De nombreux joueurs se voient en tacticiens cérébraux et aspirent tout d’abord à un poste d’assistant coach, espérant prendre un jour les rênes d’une équipe. Ce parcours professionnel n’est pas le plus évident : les meilleurs joueurs ne font pas les meilleurs entraîneurs, bien au contraire.
Se faire respecter dans les vestiaires et gagner la confiance des jeunes par ses choix tactiques est un exercice souvent périlleux. En cas d’échec, le coach est souvent présenté comme un bouc-émissaire. La réputation d’un Magic Johnson, véritable magicien et métronome tactique n’a pas été consolidée par son expérience en tant que meneur d’hommes. Coach des Lakers en 1994, la franchise rate alors les playoffs pour la première fois depuis 18 ans.
Aujourd’hui, Tim Duncan et Becky Hammon, deux légendes du basket ball, secondent Gregg Popovich au coaching des Spurs et aspirent probablement à mener un jour une équipe au titre, comme ils l’ont fait durant leur carrière d’athlète.
Gregg Popovich aux couleurs des Falcons De l’US Air Force, 1969. Le légendaire coach des Spurs n’a jamais joué en NBA. Source : GettyImages.com
En arrière-plan du coaching, de nombreux retraités s’intéressent à des postes associés au développement d’une franchise : Manager, Président ou Directeur Général des opérations basket par exemple. Cependant, un décalage persiste entre le jeu sur le parquet et le jeu derrière les bureaux. Si les retraités ont l’expérience de la ligue et de son sport, cette seconde carrière nécessite un apprentissage des qualités intrinsèques à un nouvel environnement entrepreneurial. Les réussites ne sont pas immédiates et systématiques. Larry Legend Bird fait peut-être exception à la règle. Le patron des C’s durant les années 1980 a été nommé successivement Coach of the Year et « Dirigeant de l’Année » avec la franchise de son État de naissance, les Indiana Pacers. Ce palmarès si varié illustre les capacités d’adaptation et de compréhension du basketball en tant que véritable science par Bird.
Enfin, en gravitation permanente autour de la ligue, lesmédias constituent une orientation de niche pour d’anciens joueurs beau parleurs. A l’aise face aux caméras lors de leur passage en NBA, ils constituent désormais un atout de séduction lorsqu’ils représentent un organe de presse ou de télévision. Charles Barkley, ou Big Shaq brillent en qualité de présentateurs pour le show Inside the NBA, diffusé sur laTNT. Un ravissement pour les nostalgiques de leur verbe corrosif. D’autres retraités/journalistes deviennent commentateurs des matchs ou consultants analystes de la grande ligue.
Les analystes Scottie Pippen et T-Mac étudient la meilleur stratégie à adopter en défense sur James Harden. Source : ESPN, 2019.
La NBA ne rechigne pas à solliciter les services de ses anciennes légendes. Ces partenariats sont d’ailleurs une opportunité pour les joueurs retraités qui s’adaptent à de nouvelles dynamiques professionnelles.
Ruine ou Business ?
“60 % des joueurs NBA sont ruinés après cinq années de retraite sportive. »
Source : « How (and why) athletes go broke » 23 mars 2009, Sports Illustrated.
C’est le triste constat que dressait le journaliste Pablo S. Torres pour Sports Illustrated en 2009.
Pourtant, les athlètes sont éligibles à une retraite confortable dès lors qu’ils ont passé plus de 3 saisons sur les parquets de la grande ligue. La NBA est la ligue sportive américaine qui prend le mieux soin de ses retraités avec une aide annuelle pouvant s’élever de 57 000 dollars à 195 000 dollars par an. Cette somme semble suffisante pour aspirer à une vie paisible, en prenant en compte les gains amassés en carrière et les investissements potentiellement réalisés grâce aux conseillers en patrimoine de la grande ligue.
Dès lors, pourquoi cette situation de ruine généralisée auprès des jeunes retraités ?
Probablement car la transition n’est jamais indolore et parfois brutale. Les athlètes quittent un encadrement quotidien imposé par leur franchise. Le relâchement est compréhensible, car la rigueur n’est plus de mise pour rester à un niveau compétitif. Si des anciennes stars comme Dwyane Wade s’imposent des séances de work–outrégulières pour ne pas ressembler trop vite à un papy, d’autres profitent amplement de leur nouveau statut. Ces retraités n’ont pas attendu de raccrocher les baskets pour dépenser des sommes astronomiques dans les festivités. Cependant, la liberté acquise incite à la démesure. Les dépenses qui s’accumulent mènent pragmatiquement à la ruine.
Dennis Rodman est connu pour son train de vie de clubber déjanté et ses déboires financiers. Totalement fauché mais fidèle à son idéal de luxure, il s’est résigné à jouer des matchs de gala aux cachets faramineux pour survivre financièrement. En 2005, il jouait une rencontre officielle en territoire finlandais : 17 minutes de jeu et 50 000 dollars dans la poche. Si Pippen, Iverson ou Shawn Kemp ont eux aussi bataillé avec leurs comptes en banques, d’autres superstars se sont heureusement révélés de redoutables businessmen.
Le plus emblématique reste Michael Jordan. Son altesse des Bulls a érigé sa marque éponyme en modèle marketing et commercial mondialisé. Partout sur la planète, les chaussures signatures ou produits dérivés du logo Jumpman inondent les marchés locaux.
Jordan, posant le cigare aux lèvres en parfait millionnaire. Sur sa casquette, le logo de sa marque jumpman qui a fait sa fortune. Source : USA today.
En 2020, le magazine américain Forbestient Jordan à la 1281ème place des plus grandes fortunes mondiales. L’ex numéro 23 détient un capital qui s’élève à 1,9 milliards de dollars. Il est devenu propriétaire des Charlottes Hornets en 2010, pour 175 millions de dollars. Encore un investissement fructueux de la part du GOAT, car la valeur de la franchise a été multipliée par 10 en une décennie.
A 35 ans, la rupture avec son travail, sa passion, peut sembler difficile pour un joueur NBA. Les athlètes professionnels doivent cependant assurer leur transition vers une seconde vie. Plus éloignés de la lumière médiatique, de la pression des parquets, nombreux d’entre eux se refusent pourtant de quitter totalement l’amour des fans et de la grande famille NBA. Parfois présentes au premier rang spectateur d’un match, les anciennes gloires accompagnent la nouvelle génération de joueurs dans le sillage de leurs souvenirs sur les parquets.
Chaque semaine, Clutch Time vous propose une immersion dans l’univers de la grande ligue. Entre phénomènes identitaires et tendances extra-sportives, votre média basket analyse le paysage culturel de la NBA.
“God Bless America”. Les Etats-Unis sont une nation religieuse et puritaine, au moins en façade. Mais quid des dérives du Capitalisme, d’Hollywood, de Donald Trump, et de la NBA ? La première ligue sportive du pays brasse de l’argent et suscite la frénésie de ses fans. Des athlètes millionnaires dans la fleur de l’âge s’affrontent tous les soirs sous le feu des projecteurs. Le vice et les excès liés à leur statut sont inévitables, pour le grand plaisir de la presse à scandale américaine. Face à la pression médiatique, comment les joueurs NBA gèrent-ils la tentation et les petits plaisirs de la vie liés à leur notoriété ?
Andre Iguodala célébrant son titre avec les Warriors en 2017, source : Quora.
Eat Good Play Good
“TACOOO TUESDAAY”, c’est le hurlement de bonheur de Lebron James face à ses tacos. Sur le réseau social Instagram, le Kingcélèbre une coutume initiée par la diaspora mexicaine aux Etats-Unis. Chaque mardi soir, en famille, la tortilla est au menu. À jamais un business man, Lebron a désiré faire de son cri du cœur pour la nourriture latina une marque déposée. Le joueur entretient une relation ambiguë avec la “malbouffe” : rarement dans son assiette, souvent dans son porte-monnaie. Il détient une part du capital de la société Blaze Pizza et a fait la publicité des chaines MacDonald’s, Coca-Cola ou Dunkin’ Donuts durant sa carrière.
Lebron James fait pourtant attention à son régime alimentaire. Associé à une éthique de travail rigoureuse, son attachement à la nourriture saine explique sa longévité. En 2018, son manager Maverick Carter avait divulgué que l’enfant d’Akron dépensait chaque année près de 1,5 millions de dollars pour préserver sa condition physique exemplaire.
De nombreux joueurs emploient des chefs cuisiniers et diététiciens pour contrôler leur poids, car être gras en NBA semble rédhibitoire. En 2018, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) affirme que 39 % de la société américaine est obèse. Avec près de 15 000 établissements McDonald’s sur le territoire, le pays tient la culture du fast-food en religion. La tentation est forte durant la trêve estivale, et de nombreux joueurs en profitent pour croquer la vie, et le cheeseburger, à pleine dents.
Shaquille O’Neal, égérie pour une publicité du Fast-Food Slutty Vegan, à Atlanta. Source : Page Facebook de la chaine.
Les coachs NBA sont au diapason quant à la gestion de ces joueurs hédonistes. Être hors de forme par rapport aux standards de la ligue, c’est voir mathématiquement son temps de jeu sur le banc augmenter. Les kilos en trop induisent des performances athlétiques en baisse et une vulnérabilité aux blessures musculo-articulaires.
Une NBA grossophobe ? Demandez à Nikola Jokic. Comme le Serbe, certains joueurs n’ont pas le physique standardisé de la grande ligue mais compensent avec un bagage technique supérieur. Il y a les faux lents et les phénomènes physiques dotés d’une génétique qui font oublier les kilos en trop.
Le Alley-Oop stratosphérique de Zion Williamson la nuit du 2 février face aux Rockets. Revenu de blessure hors de forme, le rookie pèse 130 kilos pour 1.98m. Zion est le troisième joueur le plus lourd de la ligue.
Si les historiens de la NBA ne devaient relater qu’une performance XXL, ce serait sûrement la saison 2003-2004 de Shaquille O’Neal. Le pivot des Lakers pèse alors 165 kilos. Ce poids de forme ne l’empêche pas de jouer 67 matchs avec une ligne statistique de 21 points et 11 rebonds de moyenne. Shaq disposait d’une mobilité et d’une puissance incroyable pour un big men de son gabarit.
Glen Davis, Olivier Miller … ou encore Serge Ibaka et son show culinaire sur Youtube ont prouvé qu’on peut allier amour du basket et de la gastronomie. En coulisses des parquets, d’autres addictions moins visibles peuvent séduire les joueurs de la ligue.
La stupéfiante NBA
La NBA accueille des talents issus de toute classe sociale. Dans leur jeunesse, certains joueurs ont été confrontés à la drogue, symptomatique de la misère et la pauvreté dans les zones urbaines aux Etats-Unis. C’est le cas de Patrick Beverley, qui s’est confié cette année à ESPN et au journaliste Ohm Youngmisuk. Interrogé sur ses perspectives dans la vie s’il n’avait pu quitter la banlieue de Chicago pour devenir un sportif professionnel, le meneur des Clippers a donné une réponse aussi franche que radicale :
« J’aurais probablement été le meilleur vendeur de drogue du monde”.
Source : Patrick Berverley pour ESPN, le 22 novembre 2019.
De nombreux joueurs ont ainsi évolué dans un environnement favorable à la possession et à la consommation de substances. La ligue a conscience de cette réalité et mène une politique sévère à l’encontre des stupéfiants, susceptibles de mettre en danger la santé de ses athlètes. Un accord a été signé avec l’association des joueurs dans le cadre de “L’Anti-Drugs Program”.
Le site internet SportsReference.com rappelle la législation adoptée par la NBA pour le traitement de ce sujet.
Les joueurs peuvent subir jusqu’à cinq tests d’urine aléatoires durant la saison. Ces tests concernent aussi bien les produits stéroïdes et autres hormones, que la cocaïne, le LSD ou la marijuana. Tous les joueurs sont susceptibles d’être contrôlés. Cependant, une vigilance particulière est accordée aux rookies, afin de les sensibiliser dès leurs premiers pas dans la ligue. En cas de test positif à la weed, le joueur intègre obligatoirement le programme de suivi des addictions de la ligue. Les sanctions sont ensuite croissantes selon la gravité de la situation et les éventuelles récidives. De quelques matchs de suspension et une amende de 25 000 dollars, elles peuvent aller jusqu’à un bannissement maximal de deux ans, imposé à Chris Andersen pour usage de drogues dures en 2006
Illustration de fan de Chris Andersen, alias Birdman, sous les couleurs du Heat. Source : Clutchpoints.com
Ce suivi s’adapte aux besoins des athlètes et permet de prévenir les drames qui ont secoué toute la communauté sportive américaine, comme le décès par overdose du jeune Lens Bias, sélectionné en deuxième position de la draft 1986 par les Celtics. Les grandes instances de la NBA veulent ainsi préserver leur image mais aussi assurer le bien-être de leurs premiers employés.
De plus, malgré leur statut privilégié, les athlètes ne sont pas immunisés à la dépression. Une traversée du désert dans une carrière peut mener à l’alcoolisme. DeMar Derozan ou Kevin Love se sont engagés récemment au sein de la communauté NBA pour témoigner, prévenir et accompagner les joueurs qui subissent ce fardeau existentiel.
Durant la saison 1988-1989, Chris Mullin, membre du triptyque offensif up tempo“Run TMC”, a dû affronter son addiction pour l’alcool. Arrivé à Oakland chez les Warriors, l’arrière s’acclimate difficilement aux exigences de ce nouveau cadre, loin de son quartier natal de Brooklyn. Son refuge dans la boisson mine son assiduité à l’entraînement. C’est son coach et mentor, Don Nelson qui l’incite à intégrer un programme de désintoxication. Le soutien dispensé en rehab permet à Mullin de retrouver un équilibre sur et en dehors des parquets.
L’alcoolisme reste un problème aigu en NBA, notamment une fois les sneakers raccrochées. Dans la luxure, d’anciennes légendes finissent par dilapider tous leurs gains amassés en carrière.
Sexual Healing
Avis aux âmes sensibles, ici commence le royaume de l’intime. Certes, la vie privée des joueurs ne nous regarde pas. Cependant, leurs frasques nous amusent, car elles jurent avec l’image que veut donner la NBA à son business. Les valeurs louables liées à la communauté, et à la famille sont régulièrement mises en scène autour d’acteurs du jeu exemplaires.
Ne soyons cependant pas hypocrites. Une piqûre de rappel gossip ne peut pas faire de mal, surtout pour réduire la distance pouvant exister entre ces monstres sacrés du parquet et nous, simple fans. Les livres d’Histoire de la ligue regorgent d’anecdotes sur la libido de ses légendes.
Wilt Chamberlain et ses 100 points en un match se targue de disposer d’un record encore plus rocambolesque. Dans sa biographie, A View From Above (1991), il affirme avoir couché avec plus de 20 000 femmes, soit “une moyenne de 1,2 par jour depuis ses quinze ans”.
Légende du jeu, Dennis Rodman est adoré car c’est aussi un personnage haut en couleurs. Champion intercatégories, the Worm a la réputation de donner dans tous les vices. Nous ne nous attarderons aujourd’hui que sur ses exploits sous la couette. Les hustle plays se déroulent aussi hors du temps réglementaire, et le numéro 91 des Bulls a affirmé s’être fracturé le sexe à trois reprises. Pour les plus curieux d’entre vous, les circonstances de ses mésaventures sont détaillées dans une interview que l’ex-petit ami de Carmen Electra et Madonna a accordé au média VICE, en 2016.
Récit des blessures légendaires de Dennis Rodman, produit et réalisé par le média VICELAND. Source : Youtube
Tempérons nos jugements. Certains joueurs évoluent dans des gros marchés et nombreux sont des athlètes millionnaires. A New-York, Miami ou LA, difficile d’ignorer la fête qui sert d’exutoire à la tension accumulée durant la saison. Le très sérieux Sports Illustrated a ainsi publié une étude statistique sur James Harden, montrant que l’ex-MVP performait en moindre mesure lorsqu’il était en déplacement dans une ville réputée pour ses strip-clubs.
Le 26 janvier 2020, une vidéo de Kawhi Leonard fuite sur Twitter. Le joueur des Clippers apparaît en club aux côtés d’une danseuse dénudée, lascive. Cette saison, le joueur est souvent préservé par sa franchise au nom d’un load management assumé, et l’extrait soulève la moquerie de certains fans. Kawhi semble disposer d’assez de vigueur pour évoluer sur les parquets. Si cette telle polémique amuse, elle humanise aussi the Claw, souvent perçu comme un tueur timide qui ne vit que pour le basket.
La parenthèse gossip se referme. La NBA passionne par sa démesure qui induit des moments de faiblesse et des ragots de l’autre côté du rideau. Prenons conscience qu’il est difficile pour ces joueurs médiatisés de préserver leur vie privée, à l’écart des caméras. Les excès extra-sportifs des joueurs sont compréhensibles lorsqu’on réalise les sacrifices nécessaires à l’intégration de cette ligue ultra-compétitive. Pour notre grand bonheur le vice est partout, même dans une NBA qui se veut si lisse et policée.
Poster rétro de Kobe Bryant, source : Players Only store.
Ce week-end, la planète basket a fait ses adieux à un esthète du jeu, un des plus grands athlètes que la ligue ait connu. Les hommages se sont multipliés envers Kobe Bryant. Kobe. Entre amis, sur les réseaux sociaux, avec un ou une collègue de travail, chacun a partagé un souvenir en lien avec le Black Mamba. N’oublions pas ce que le joueur de LA a apporté à la NBA. Au-delà des titres et récompenses individuelles, il était un symbole de l’esprit de compétition, de la Mamba Mentality. La NBA s’est construite grâce à des figures fortes à l’instar de Kobe. C’est derrière ces joueurs charismatiques et médiatisés que la ligue a gagné en renommé depuis sa création. ClutchTime vous propose une excursion dans le grand livre d’Histoire de la ligue, afin de comprendre comment la NBA est parvenue à sa notoriété internationale.
« La Préhistoire »
Affiche du premier match organisé par la NBA le 31 octobre 1946. Les Knicks s’imposaient sur le fil 68 à 66. La Ligue portait à l’époque le nom de Basketball Association of America. Ce n’est que 3 ans plus tard qu’elle fusionne avec la National Basketball Ligue et adopte son acronyme officiel. Source : The Canadian Encyclopedia.
La grande ligue fut créée le 6 juin 1946, juste après la seconde guerre mondiale. A cette époque, elle est en compétition avec de nombreux championnats qui organisent des matchs sur le continent américain. La ligue se développe grâce à la vision de Maurice Podoloff, son premier président (1946-1963). La NBA est une des premières organisations à installer ses franchises dans des villes majeures des Etats-Unis.
Ce n’est qu’en 1954 que l’horloge des 24 secondes est instituée pour les matchs officiels. C’est Dan Biasone, fondateur des Syracuse Nationals, qui a milité pour son introduction. Biasone a compris que l’introduction d’un temps limité par possession favoriserait des phases de jeu rapide. Cette restriction introduit aussi shoots audacieux lorsque les secondes sont comptées sur l’horloge et en définitive, plus de spectacle.
En 1955, la compétition ne compte que huit franchises, et on parle communément de « Préhistoire » de la NBA. Ce terme aurait tendance à nuancer la domination sans pareille des Celtics de Bill Russel, entraînés par Red Auerbach. Boston gagne 11 titres en 13 saisons entre 1957 et 1959.
La même suspicion semble de mise pour la performance lunaire de Wilt Chamberlain qui score 100 points contre les Knicks le 2 mars 1962.
Certes, les audiences de la NBA restaient encore bégayantes avec niveau de jeu peu compétitif. C’est pourtant dans le sillage de ces titres remportés que la ville et les habitants de Boston ont construit leur passion pour la franchise. Et si nous parlons encore de la performance de Wilt soixante ans plus tard, c’est qu’elle constitue un idéal à poursuivre pour tout jeune joueur. Un événement sans précédent dans l’Histoire d’une ligue si friande de statistiques.
Julius Erving, reconnaissable par sa coupe « Afro » légendaire. En cette soirée du 13 mai 1976, il donne le titre ABA aux les New Jersey Nets (41pts, 19rbs, 5ast). Source ; The postgame.com
En 1976, la NBA conquérante fusionne avec sa grande rivale, la American Basketball Association (ABA). C’est le début de l’hégémonie pour l’organisation qui récupère les stars de la ligue déchue.
La consécration des joueurs.
Dès lors, ce sont les joueurs de plus en plus médiatisés qui vont piloter les révolutions de la grande ligue. La rivalité Larry Bird – Earvin « Magic » Johnson est souvent présentée comme un game changer pour l’attractivité de la NBA. Les deux joueurs symbolisent la fragmentation de la société américaine. Un joueur noir et un joueur blanc. Une franchise des strass et paillettes, associée à l’industrie Hollywoodienne. Une ville de Boston qui revendique ses racines irlandaises et où persiste un puritanisme religieux. L’Est contre L’Ouest. Tout semble opposer les deux joueurs. Tous deux ont pourtant partagé une amitié née de cette rivalité. Tous deux disposent d’un talent qui fait rayonner la grande ligue et lui donnent un second souffle.
Cette opposition de style est une bénédiction pour la NBA qui doit sans cesse s’adapter aux évolutions du jeu pour préserver sa popularité. La décennie 1990 est caractérisée par des pivots dominants et une défense rugueuse, avec bien sûr le passage remarqué d’un numéro 23 aux Bulls de Chicago. His Airness met définitivement la NBA sur la carte. Grâce à l’arrière, la ligue fait son introduction dans la pop culture et les produits marketings et commerciaux étiquetés NBA affluent sur les marchés mondiaux.
Avec l’avènement du XXIème siècle, la NBA s’écarte progressivement du panier. La raquette ne polarise plus le jeu offensif et les défenses s’espacent face à la menace à trois points, désormais privilégiée en attaque. Difficile de ne pas attribuer cette nouvelle facette du basketball américain à Stephen Curry. Le numéro 30, phénomène de la dynastie des Warriors trône actuellement au troisième rang des tireurs à trois points les plus prolifiques de l’Histoire. Le baby face killer n’est présent dans la ligue que depuis une décennie et compte à son actif 2492 tirs primés.
Quel style de jeu nous réserve la décennie 2020 ? Peut-être la domination d’athlètes aux dimensions hors-normes, capables de dicter leur rythme des deux côtés du terrain. Dans la lignée de Lebron James, Giannis Antetokounmpo ou Ben Simmons s’inscrivent dans cette nouvelle génération de joueurs all around.
Vers une ligue professionnelle.
Certaines révolutions se font plus discrètes, comme l’apparition de nouveaux équipements et de politiques d’encadrement des joueurs. Difficile d’imaginer aujourd’hui un pivot de 120 kilos arborer fièrement une paire de Converse en toile sur le parquet. Les sponsors s’assurent désormais de fournir des chaussures adaptées aux besoins physiques des joueurs car une blessure est synonyme de mauvaise publicité pour l’équipementier.
Avec le temps, la ligue s’est étoffée en tant qu’organisation sportive pluridimensionnelle. Le suivi des joueurs et les progrès médicaux ont permis d’allonger la durée moyenne d’une carrière NBA. Les sportifs disposent de conseillers pluriels pour les accompagner.
C’est ce dont témoigne Joel Glass directeur de la communication pour le Orlando Magic en 2018, dans un épisode de la série Youtube Fournier For Real, réalisé par le numéro 10 français.
Nous avons en tout plus de 300 personnes et de nombreux départements au sein de la franchise : communication, marketing, vente de tickets, relations avec la communauté de fans, gestion de la salle, etc,. Il y a beaucoup d’employés qui travaillent et forment une organisation derrière l’équipe.
Joel Glass, Fournier For Real épisode 5 « Inside the Franchise »
Enfin, le rôle du commissionner n’est pas à négliger pour comprendre les changements de la NBA, les nouvelles directions adoptées. Entre 1984 et 2014, David Stern a fait grandir la popularité de la ligue sur le continent américain. Durant les années 1990, il a lutté contre le dopage et la consommation de drogues chez les athlètes. Exit la luxure extra-sportive et les bagarres sur le terrain, le développement de la ligue était indissociable de sa bonne image. La ligue mineure de développement G-League fondée en 2001 ainsi que la compétition féminine WNBA (1996) souligne cette volonté d’expansion de l’ancien commissionner.
Adam Silver a repris le flambeau de Stern et participe à la démocratisation du jeu à travers le monde. Avec Internet et le numérique, tout va plus vite. Un poster en primetime est relayé presque instantanément sur les réseaux sociaux. Le Buzz représente une précieuse publicité pour la grande ligue afin de conquérir de nouveaux spectateurs. La NBA s’inscrit dans cette course de l’instantané. Elle a étendu sa toile à travers le monde.
Les scouts sont désormais présents sur tous les continents afin de repérer et propulser les talents de demain sur le devant de la scène. Plus de talents potentiels, et donc plus de compétition. Il est beaucoup plus difficile d’arriver jusqu’en NBA qu’il ne l’était il y a 60 ans. Le basketball est le sport où il est le plus difficile de faire carrière aux Etats-Unis, comme en atteste le graphique ci-dessous.
Chances d’arriver en NBA en sortie d’Université, en 2016. Source : Usa Today.
“Started from the bottom now we here”. L’Hymne du chanteur canadien Drake pourrait être adoptée par la NBA. La ligue a connu une ascension phénoménale en six décennies, évoluant avec la société américaine. Exclusivement blanche en 1946, elle est désormais composée à 80 % de joueurs afro-américains. N’oublions pas qu’au sommet de ce succès résident des joueurs pionniers, légendaires et fixés dans une mémoire collective de fans. Kobe Bryant sera membre émérite de la prochaine cuvée de Hall of Famers. En attendant son introduction, exerçons notre devoir de mémoire et contemplons son héritage pour l’Histoire de la NBA.
If you see me in a fight with a bear, prey for the bear (Si vous me voyez affronter un ours, priez pour lui)
Citation de Kobe Bryant dans son livre The Mamba Mentality
Marca
Ce weekend nous apprenions la disparition d’un des plus grands champions de son temps et de son sport, Kobe Bryant, victime d’un tragique accident d’hélicoptère en compagnie de sa fille Gianna (13 ans) et de sept autres personnes. C’est dans la soirée de dimanche que la nouvelle de la mort de l’ancien Laker s’est répandue, provoquant d’abord la stupéfaction puis une immense tristesse dans le coeur des fans de basket et bien plus encore.
Sans s’étendre plus longuement sur son parcours ou son fabuleux palmarès, les membres de l’équipe de ClutchTime ont décidé de vous faire partager leurs souvenirs sur la carrière du joueur afin de rendre hommage à celui qui fut à la fois une source d’inspiration autant que l’objet de détestation pour beaucoup de ses détracteurs mais qui nous a quitté trop tôt à l’âge de 41 ans, laissant derrière lui sa femme et ses trois filles ainsi qu’un héritage exceptionnel dans l’univers de la balle orange.
Théo – Fondateur de ClutchTime
Kobe.. Cher Kobe.. Tu as fait de ma génération tes enfants, tes héritiers. J’ai grandi avec toi Kobe, tu es la source de mon amour pour le basket. J’ai découvert avec toi l’abnégation, le travail, le courage. Et si je ne t’arrivais pas à la cheville, j’ai quand même à ma manière tenté de reproduire et utiliser ton travail. Tu laisses derrière toi un héritage immense et toute une planète ne cessera de faire vivre ta légende. Car oui Kobe tu as beau avoir été aimé, détesté, adulé, critiqué… Il n’en reste pas moins que tu es une légende. Sois en paix, et regarde nous continuer à perpétrer ton oeuvre ! Love You Kobe ! 24ever
Vincent Petiteau – Rédacteur ClutchTime
« Dear Basketball », cette lettre est incroyable car peu importe qui tu es, elle te transcende. Le joueur ne m’a jamais fait rêver, certes j’ai adoré sa passion pour le jeu mais beaucoup moins la façon dont il a pratiqué ce sport et pourtant, quand cette lettre est sortie, je m’en suis voulu de ne pas avoir apprécié la grandeur de ce joueur. Cette déclaration est un voyage sincère d’un individu qui possède une passion inégalable pour ce magnifique sport et chaque individu qui aime ce sport de tout son cœur ne peut que s’incliner devant cette représentation qu’offre la dimension et surtout la mentalité de Kobe Bryant. C’est elle qui m’a fait me lever à cinq heures du matin pour aller sur le terrain à côté de chez moi et m’entraîner à devenir meilleur, pas spécialement au niveau du basket mais surtout pour devenir une meilleure version de moi-même, avoir l’impression de donner un sens à ma vie en faisant en sorte de me laver chaque jour en étant meilleur que la veille. Cette lettre d’amour à ce sport était avant tout une offrande de Kobe, une source de motivation pour faire comprendre à quiconque que ta passion peut t’emmener n’importe où si tu y consacres ta vie. Chacun a sa propre vision de cette lettre et il ne l’a sûrement pas écrite uniquement pour les jeunes basketteurs, il l’a écrite pour le monde entier et pour rappeler que toi et toi seul, contrôles ton destin mais que pour cela, il faut être prêt à faire les sacrifices nécessaires.
Martin Fréguis– Rédacteur ClutchTime
Kobe, Comme tous, j’ai été stupéfait face au drame. Alors que les hommages se multiplient, je sais que la communauté basket ne t’oubliera pas. Quand je pense à toi, je visualise ta détermination acharnée. Je réalise ce que signifie la grandeur. Poursuivre ses objectifs implique un combat quotidien contre soi même. Je suis très paresseux. Dans mes moments de faiblesse, j’ai souvent visualisé tes instants de gloire pour me motiver. J’ai conscience des sacrifices que tu as réalisé tout au long de ta carrière pour atteindre l’excellence. La consécration est possible pour qui daigne à persévérer. C’est l’héritage que je retiens et qui guidera toute une génération d’athlètes après toi. Merci pour ta passion du jeu. Merci pour ton soutien indéfectible à la WNBA. Nous pensons à ta fille, à toi et à ta famille.
Florimond Binet – Rédacteur ClutchTime
Pour ma part je n’ai jamais ressenti une telle douleur pour quelqu’un que je n’avais jamais côtoyé. Lorsque j’ai appris la nouvelle, j’ai d’abord cru, comme tout le monde, à une mauvaise blague ou une intox et plus tard dans la soirée j’ai difficilement réalisé que le monde du sport venait de perdre un de ces grands champions. Je ne suis pas d’un naturel très émotif et je ne m’attache pas forcément aux personnalités publiques en tout genre mais Kobe Bryant représentait en fin de compte tout ce qui m’a fait adorer le basket. La beauté du jeu, le courage, les victoires et le travail. Car oui Kobe était un acharné de travail, répétant sans cesse ses gammes, usant son corps jusqu’à parfois ne plus pouvoir tenir debout, dans le but de tutoyer les sommets et se rapprocher de son modèle, Michael Jordan. Comme beaucoup d’autres personnes, Kobe a été à un moment dans ma vie une source d’inspiration quoiqu’on en dise, et pour cela, pour tout ce que tu as partagé ou transmis, merci Kobe. Car le basket ne signifierai sûrement pas autant à mes yeux si je ne t’avais pas vu jouer pour la première fois. Black Mamba Forever.
Guillaume Gaborit – Rédacteur ClutchTime
Kobe en finale des JO de Pékin avec 20 points contre l’Espagne La première fois que j’ai pu voir Kobe Bryant en direct et à la TV, il n’était pas sous le maillot des Lakers, non, il jouait un match de la Team USA. J’étais impatient d’assister à cette magnifique finale contre l’Espagne en ce dimanche ensoleillé fin août 2008. Le genre d’après-midi où l’on pourrait faire des millions de choses plus intéressantes que de rester devant un écran mais pour rien au monde je ne pouvais manquer de voir Wade, LeBron, Melo, Paul… Et bien sûr, cet intenable soliste qu’est Kobe Bryant qui a cette fâcheuse tendance à torcher mes équipes préférées en saison régulière. Wade est intenable dans cette finale, mais ce qui me reste en mémoire c’est de voir Kobe Bryant prendre les choses en main dans le 4e QT, alors que Team USA balbutiait en attaque. Sur un drive ambitieux et compliqué, Wade ressort la balle pour Kobe démarqué à trois points. Un regard vers le panier, une feinte de départ, le tir, ficelle plus la faute ! Une énergie folle vient d’envahir le banc de coach « K » et Kobe reste droit, le regard fixe et l’index coller à ses lèvres comme signe de se taire. Tout excité, Wade vient le bousculer et le féliciter. Le MVP a encore montré l’exemple pour cette génération 2003, et qui aura sûrement appris grâce à cette expérience internationale à moduler son leadership aux seins des Lakers. Merci Kobe pour ces émotions.
Simon – Animateur Podcast ClutchTime
Pour moi Kobe c’est un joueur que j’ai adoré détester. Ayant découvert le basket car il était déjà un joueur proche de la retraite, je reste admiratif de ses performances. Et c’est toujours un bonheur de le redécouvrir avec les vidéos YouTube et les reportages sur ses routines et ses moments mémorables. Je pense que c’est l’exemple parfait du American Dream et de sa devise la plus forte : Anything is possible !
Toute la communauté ClutchTime s’associe aux fans de basket du monde entier, afin de transmettre nos plus sincères condoléances à sa femme, ses filles, ses proches et toutes les personnes dans la détresse d’avoir vu partir un être qui comptait énormément pour eux comme pour nous. #RIP Kobe
Le Tweet du General Manager de Houston. Le 4 octobre 2019, il est supprimé quelques minutes après sa publication. Source : Twitter.com
“Je me bats pour la liberté et soutiens Hong-Kong”. Daryl Morey, le 4 octobre 2019.
Un simple tweet provoque une crise médiatique qui fait vaciller la NBA . A l’ère des réseaux sociaux, la Grande ligue est trahie par ce qui fit sa réussite durant la décennie 2010, la communication comme arme d’expansion.
L’équipe de James Harden avait rendez-vous à Shanghai en ce début octobre, pour un match de présaison. L’étincelle vient de Daryl Morey. Le General Manager des Rockets s’est exprimé en place publique sur un sujet géopolitique sensible.
En 1997, les britanniques se séparent de Hong-Kong, leur ancienne colonie. Ils la cèdent à la Chine, conformément à un accord signé 99 ans plus tôt. La rétrocession doit se faire en douceur, et l’île Hongkongaise jouit d’un statut particulier. En cette soirée d’octobre, Daryl Morey souhaitait afficher son soutien aux manifestants Hong-Kongais. Ces citoyens dénoncent les tentatives d’ingérence du régime autoritaire chinois sur l’autonomie de l’ancienne colonie.
Après cette sortie médiatique, les sanctions tombent. Houston n’est plus autorisée à envoyer ses joueurs sur le territoire chinois jusqu’à nouvel ordre. Les sponsors locaux se désolidarisent de la franchise. Le consulat chinois demande la destitution du General Manager fautif.
Mais la bourde dépasse le cadre sportif. Elle souligne les intérêts pluriels qui lient la NBA au géant chinois. La compétition ne se cantonne pas seulement aux parquets et une rivalité persiste entre la république populaire de Xi Jinping et les Etats-Unis de Donald Trump.
Rangez vos manuels de géopolitique. Pour comprendre les enjeux globaux qui se cachent derrière cet incident, il faut revenir au basket.
Tout commence par la construction d’un amour inconditionnel pour ce sport sur le territoire chinois.
Fans chinois de la grande ligue en 2019, source : Teller Report.
Le Basketball, un sport historique en Chine.
Le 21 décembre 1891, jour férié pour les amateurs de balle orange. Le canadien James Naismith énonce les règles du “basketball”. Seulement quatre ans plus tard, des missionnaires américains de la Young’s Men Christian Association (YMCA) organisent le premier match de basket en terre chinoise. Oui, à l’échelle de la discipline, la pratique du basket en Chine est presque ancestrale.
Au début du XXème siècle, le jeu suscite déjà l’engouement des jeunes chinois. Pas besoin d’infrastructures complexes pour jouer au basket, seulement d’un ballon et d’un récipient circulaire en guise de panier.
En 1949, les communistes prennent le pouvoir. Mao Zedong prône un anti-occidentalisme radical mais n’interdit pas ce sport né sur le continent américain.. Le tyran était-il passionné par la balle orange ? Peut-être, mais si le basket survit à la révolution culturelle (1966-1976) c’est qu’il n’est pas si antagoniste des valeurs du parti communiste.
En Chine, ce sport est pratiqué par de jeunes hommes au sein des universités et par les militaires car il nécessite une parfaite cohésion entre les joueurs. C’est aussi une activité populaire qui se joue dans la rue. Enfin il nécessite la maîtrise de fondamentaux techniques qui s’acquièrent dès le plus jeune âge. Cohésion, rigueur et jeunesse se confondent dans l’idéologie confucianiste de l’Empire du milieu.
La culture du basketball est donc historique en Chine. Le pays est logiquement au centre des premières expériences d’expansion de la NBA à l’international.
Yao Ming, porte drapeau de son pays en compétition international, source : ChinaBriefing.com
Tout le potentiel de ce nouveau marché se révèle en 2002. Yao Ming, géant originaire de Shanghai (2m29) est choisi en première position de la draft. La légende dit que le gouvernement chinois aurait initié la rencontre de ses deux parents, tous deux basketteurs de grande taille, afin de faire naître athlète aux dimensions vertigineuses.
La carrière du joueur est entachée de blessures, mais sa domination technique et sa mobilité pour un big men de son envergure sont inédites. Le peuple chinois pousse derrière “l’enfant du pays” qui reste à ce jour le seul joueur international à terminer en première position des votes pour un all-star game. Intronisé au Hall of Fame en 2016, Yao Ming a participé à l’explosion du marché NBA en Chine. Il est aussi responsable de la popularité de la franchise qui l’a drafté : les Houstons Rockets.
Time out et retour au premier quart-temps. Daryl Morey, GM des Rockets, a donc initié une crise médiatique entre sa franchise et une communauté de fans chinois qui lui est identitairement affiliée.
Le marché chinois, darling de la NBA à l’international.
Avec un poids démographique considérable, les fans chinois représentent la plus grande manne financière pour la NBA à l’international. Les matchs sont retranscrits sur les chaînes publiques en Chine : le China Central Television Network. En Juillet 2019, la NBA avait cédé ses droits de streaming à la compagnie chinoise Tencent pour un contrat de 1,5 milliards de dollars sur 5 ans.
Dans un article publié en automne 2019, le journaliste Jonah Blank de the Atlantic rappelle les sommes astronomiques générées par le marché chinois. Le basket est au coude à coude avec le tennis de table pour devenir sport national. Il est pratiqué par plus de 300 millions de licenciés.
La NBA cherche ainsi à s’aligner sur la demande du marché chinois en produits et goodies NBA. La ligue a ouvert en mars dernier le plus grand NBA store à l’international, s’étendant sur plus de 1100 m2.
Le Maillot City-Edition des Rockets pour la saison 2018-2019 : plébiscité par la fanbase chinoise de la franchise. Source : Nike.com
La ligue n’est pas tout à fait transparente sur ses recettes, mais de nombreux journalistes américains estiment que le chiffre d’affaire annuel réalisé sur le marché chinois s’élève à plus de 4 milliards de dollars. Statistique vertigineuse, près d’undemi milliard de chinois auraient regardé un match de la grande ligue lors de la saison 2018-2019.
La sortie maladroite de Daryl Morey pourrait ainsi nuire aux rapports commerciaux entre la ligue et le gouvernement chinois, menaçant un marché considérable et indispensable pour la grande ligue. Mais l’intérêt de la NBA est-il de faire profil bas afin de préserver la poule aux oeufs d’or ? Car au delà des considérations économiques, c’est l’image de la NBA et par extension des Etats-Unis qui est menacée.
La NBA, théâtre d’une guerre commerciale et idéologique entre deux puissances.
La réaction du gouvernement chinois face à la publication du GM des Rockets cristallise le gouffre idéologique qui sépare les deux pays. Aux Etats-Unis, lorsqu’un joueur, coach ou membre du staff prononce des propos controversés en public, c’est la NBA qui se charge de régler l’affaire.
Le contrevenant se voit systématiquement délivrer une amende salée. C’est un héritage de David Stern, ancien commissioner décédé récemment. Stern désirait redresser l’image de la ligue dans les années 1990.
En Chine, le gouvernement n’hésite pas à influer sur les affaires privées des entreprises, il contrôle toute la société et sanctionne systématiquement en cas de dérive.
L’opposition idéologique entre les deux pays est nette. Le premier amendement de la constitution américaine défend la liberté d’expression. Cette valeur est chère à la NBA qui se veut progressiste. En attestent les nombreux acteurs du jeu qui s’expriment régulièrement sur des sujets de sociétés internes aux Etats-Unis.
Lebron James portant un tee-shirt avec l’inscription “je ne peux plus respirer” lors d’un échauffement en décembre 2014. Le King rappelle ainsi les derniers mots d’Eric Garner, victime de violence policière en juillet de la même année. Source : Robert Deutsch-USA TODAY Sports.
A l’inverse, le régime autoritaire de Xi Jinping applique une censure féroce au sein de la société chinoise. La sphère du basket n’est pas épargnée.
La relation d’Adam Silver avec le géant chinois est donc délicate. Perdre ce marché colossal serait un suicide commercial pour la NBA, d’autant plus que les audiences globales enregistrées cette année sont au plus bas. Pourtant, il se doit de défendre l’image de la ligue qu’il conçoit comme progressiste et exemplaire. Le 8 octobre 2019, il déclarait ainsi via un communiqué de presse publié sur Nba.com :
“Les valeurs d’égalité, de respect et de liberté d’expression caractérisent historiquement la grande ligue. Elles vont perdurer. En tant que ligue globalisée résidente aux Etats-Unis, ces valeurs du Basketball représentent une de nos plus grandes contributions.”
Adam Silver, le 8 octobre 2019.
A l’issue de l’incident, Adam Silver défend ainsi son employé. Sa communication reste mesurée. Il rappelle les liens indéfectibles que le basketball a tissé entre les deux pays.
Notamment l’organisation d’un camp d’entraînement en 2018, dans la région de Xinjiang. Dans cette province, plus d’un million de musulmans Ouïghour sont prisonniers en camps de détention, longtemps cachés par le gouvernement chinois. Le discours progressiste de la NBA doit ainsi être nuancé. “Même” le controversé Donald Trump a imposé en 2019 un embargo économique aux entreprises chinoises impliquées dans l’oppression de cette minorité.
La NBA a donc besoin de la Chine, ce qui explique son positionnement mesuré malgré des valeurs idéologiques opposées. Mais la Chine a-t-elle besoin de la NBA ?
La CBA, une organisation sportive balbutiante.
Certes, le basket est un phénomène populaire en Chine. En compétition FIBA, à l’échelle continentale, la nation écrase tout sur son passage. Pourtant, la Chine peine à exporter son modèle de basketball à l’étranger. Quelques exceptions persistent. Le phénomène Linsanitymontre qu’un joueur asiatique peut s’exprimer et performer en NBA. Lors du mois de février 2012, Jeremy Lin, joueur non drafté est propulsé au rang de franchise player éphémère pour le marché le plus médiatisé de toute la NBA : les New York Knicks. En l’absence d’un Carmelo Anthony blessé, ses performances affolent la planète basket : dans la soirée du 10 février, il inscrit 38 points au Madison Square Garden contre les Lakers d’un Kobe Bryant dépassé.
Jeremy Lin sous les couleurs des Knicks en 2013, source : thehuffingtonpost
La frénésie médiatique autour de ce joueur s’explique par le fait qu’il est un symbole du “rêve américain”. Athlète honnête, Jeremy Lin n’était pas prédisposé à devenir une star, c’est un compétiteur qui a fait preuve d’opportunisme.
Un phénomène à prendre avec des baguettes, car Jeremy Lin n’est pas chinois. Il est né en Californie et dispose de la nationalité américaine. Ses parents sont des immigrés Taïwanais, ce qui l’exonère de toute allégeance à la Chine. Pourtant, Jeremy Lin a affirmé souffrir toute sa carrière sportive des stéréotypes et discriminations liées à ses origines asiatiques.
Yao Ming reste le seul chinois à avoir émergé en tant que superstar au sein de la ligue américaine. Les saisons de Yi Jianlian (2007-2012) ou Wang Zhizhi (2000-2005) furent anecdotiques. Dans l’histoire, seul six joueurs chinois ont foulé les parquets NBA.
Pourtant, les perspectives commerciales de recettes télévisées et produits NBA semblent considérables pour la Chine. Le 17 janvier 2003, plus de 200 millions de chinois étaient devant leur téléviseur pour le premier match de Yao Ming contre les Lakers de Shaquille O’Neal.
La NBA est un vecteur de démocratisation du basketball formidable pour le développement de ce sport en Chine. Le gouvernement chinois l’a compris et a nommé Yao Ming comme dirigeant de la Chinese Basketball Association (CBA). Qui de mieux que le géant pour faire la promotion de ce sport en Chine, lui qui connaît les rouages de l’industrie NBA outre-atlantique. Depuis 2017, Yao Ming essaye de faire évoluer la CBA, valorisant la formation des jeunes et l’émergence de nouvelles formes de jeu, comme le 3 contre 3.
Si la Chine a organisé la dernière coupe du monde en août 2019, le niveau de basket global sur le territoire reste faible. Passer par la Chine en tant que joueur NBA est devenu une plaisanterie consacrée, signe d’une carrière en déperdition. Les équipes chinoises sont en manque de talent et proposent de juteux contrats à des joueurs devenus trop vieux ou indésirables aux Etats-Unis. Actuellement, Stephon Marbury (Beijing Ducks) ou Michael Beasley (Shanghai Sharks) enchaînent les cartons offensifs en CBA.
Attirer des anciennes gloires permet cependant de mettre la lumière sur le championnat CBA et de poursuivre la quête de popularisation de ce sport en Chine. Yao Ming semble sur la bonne voie pour trouver un successeur qui viendra reprendre son flambeau en terre américaine.
La sortie médiatique de Daryl Morey en automne 2019 est symptomatique des relations ambiguës entre la NBA et la Chine. Les enjeux commerciaux sont considérables et la grande ligue ne peut se séparer du marché chinois. Au second plan de ce constat, les Etats-Unis et la Chine sont opposés idéologiquement et grands rivaux économiques. La NBA est le théâtre de cette compétition planétaire. La ligue se veut mondialisée et ces confrontations culturelles font partie des risques induits par l’élaboration de sa politique internationale. Du côté chinois, le basketball fait partie de l’ADN du pays. L’enjeu majeur de la CBA est l’expansion de ses centres de formation afin de rehausser le niveau de son championnat national. Gare à la rivalité qui commence à émerger à l’échelle régionale.
Chaque semaine Clutch Time rembobine l’histoire de la balle orange et vous replonge dans les moments les plus marquants de la NBA, d’hier à aujourd’hui.
Cette semaine Clutch Time vous propose un Rewind spécial pour les fêtes de noël avec un flashback sur la performance magistrale de Dwyane Wade un soir de 25 décembre 2006, rencontre durant laquelle l’arrière va livrer un match mémorable dans la victoire du Heat face aux Lakers (101-85).
La NBA à Noël
Remettons ce match dans le contexte. Débuté en 1947 avec une affiche entre les Knicks de New York et les Steamrollers de Providence, la NBA à noël, ou « NBAChristmas Day » va progressivement s’installer sur cette case très porteuse pour devenir une véritable tradition et un évènement sportif des plus suivis aux États-Unis avec la NFL à Thanksgiving. Du coup, chaque année, la ligue coche cette date du calendrier en proposant de réunir le gratin de la ligue dans des rencontres toutes plus palpitantes les unes que les autres durant lesquelles les plus grands joueurs vont bien évidemment chercher à s’illustrer plus que d’ordinaire.
Des 60 points inscrits par Bernard King sous le maillot des Knicks face au rival New Jersey en 1984, au record de rebonds de Wilt Chamberlain en 1961 (59 points, 36 rebonds), en passant par les triples doubles de Oscar Robertson (x4), le match de noël est l’occasion idéale pour un joueur de se montrer sous son meilleur jour en inscrivant ses performances au rang all-time si possible.
Saison 2006-2007
Petit rappel du déroulé de la saison. Cette année-là, Andrea
Bargnani fut sélectionné en 1er position par les Toronto Raptors
devant LaMarcus Aldridge ou encore Brandon Roy. Dirk Nowitzki
sera élu MVP de la saison régulière après une saison régulière exceptionnelle
(24.6 points, 8.9 rebonds et 3.4 passes), le bavarois devenant le cinquième
joueur à intégrer le club des 50-40-90 en termes d’adresse aux tirs et surtout
le premier joueur européen récompensé à titre individuel, succédant à son
ancien coéquipier Steve Nash.
Par ailleurs les Mavs d’Avery Johnson vont terminer la saison régulière avec le meilleur bilan de leur histoire avec 67 victoires pour 15 défaites (record inégalé depuis), mais vont se crasher dès le premier tour face aux Warriors de Don Nelson et son mythique « Run and Gun » parfaitement exécuté par les « We Believe » Baron Davis, Stephen Jackson et Jason Richardson.
Côté playoffs, l’année 2007 représente un grand cru Made In France avec le quatrième sacre des Spurs de San Antonio. Emmenés par un Tony Parker injouable, le trio texan qu’il compose avec Tim Duncan et Manu Ginóbili va remporter un troisième titre en sweapant les Cavaliers de LeBron James, installant un peu plus la dynastie des Spurs comme l’un des plus dominante de la décennie. Tony Parker remportera d’ailleurs le trophée Bill Russell du MVP des Finales (24.5 points, 5 rebonds et 3.3 passes à 56.8% FG) devenant ainsi le deuxième joueur non-américain (après Olajuwon) à remporter ce trophée.
Par ailleurs la saison 2006-2007 verra les Hornets de la Nouvelle Orléans connaître de fortes perturbations après l’ouragan Katrina, en déménageant de la Louisiane vers Oklahoma City, ce qui incitera deux ans plus tard la NBA à délocaliser la franchise des Sonics de Seattle pour le Thunder d’Oklahoma City.
Miami Heat
Le champion en titre sortant va connaître une saison bien moins aboutie que l’année passée. Privés de Shaquille O’Neal pendant la première moitié de saison, les floridiens vont s’en remettre au talent du jeune Dwyane Wade, déjà considéré comme l’un des tous meilleurs arrières de la ligue, avant de voir le numéro 3 se blesser à son tour juste après le All-Star break pour ne revenir qu’en fin de saison régulière et un premier tour des playoffs complètement raté face aux Bulls de Chicago (4-0). Une année noire pour le Heat qui enverra la saison suivante O’Neal aux Suns et ne s’en relèvera qu’en 2010.
Dwyane Wade portera néanmoins les espoirs du Heat sur ses épaules pendant de nombreuses saisons, s’imposant tout logiquement comme le plus grand joueur de l’histoire de la franchise et parmi les meilleurs de sa génération. D-Wade va enchaîner les performances individuelles de calibre toute plus impressionnantes les unes que les autres, à l’image d’un soir de noël lors du traditionnel Christmas Day, où l’arrière All-Star se fendra d’une prestation magistrale face aux Lakers de Kobe Bryant.
Une vieille rancoeur
Une fois n’est pas coutume, les Lakers iront défier pour la troisième fois en trois ans, le tout récent champion NBA, le Miami Heat. Seul match programmé pour cette soirée exceptionnelle, la ligue mise alors sur un duel entre deux hommes, Kobe Bryant et Dwyane Wade mais également sur le dénominateur commun aux deux arrières du moment, Shaquille O’Neal. Le départ du Shaq’ en 2004 de Los Angeles pour Miami a marqué un véritable tournant dans la ligue au sortir d’une longue période de règne (trois titres), durant laquelle la relation entre l’arrière des Lakers et le pivot s’est dégradée au fil des saisons. Une rupture bien venue pour le Heat qui verra en Shaquille O’Neal la recrue idéale pour épauler le jeune Wade dans sa quête de reconnaissance et de titre.
Seul hic au tableau, l’absence du pivot, quadruple champion, dont le genou gauche fait des siennes. Le bilan global du Heat est plutôt contrasté, la blessure de l’ex-Laker étant en partie responsable de ce démarrage poussif. Avec douze victoires pour quatorze défaites, Miami oscille entre la 7ème et la 9ème place depuis la reprise à l’inverse des Lakers plutôt bien partis (18-9) et confortablement installés à la cinquième place de la conférence Ouest dominée par Utah, Dallas et San Antonio. C’est donc privé du Shaq’ que le Heat devra batailler face aux Lakers et espérer empocher une troisième victoire de suite pour le Christmas Day.
Côté Lakers Kobe Bryant porte à lui seul pour ainsi dire la franchise californienne, tournant à près de 28 points, 5 rebonds et 5 passes et sort notamment de deux rencontres face à Houston (53 points, 10 rebonds et 8 passes) et Washington (45 points, 8 rebonds et 10 passes) assez impressionnantes. En face le jeune Wade fait également preuve d’un leadership exceptionnel, l’arrière floridien tournant également à 28 points, 8 passes et près de 4 rebonds et deux interceptions depuis le début de la saison se fendant notamment d’une prestation somptueuse face à Memphis (41 points, 5 rebonds, 7 passes et 5 interceptions) et de plusieurs matchs à plus de trente points depuis le début de la saison.
Dans ce remake à n’en plus finir (victoires du Heat 104-102 en 2004 puis 97-92 en 2005), le Heat de Pat Riley aligne d’entrée de jeu Udonis Haslem, Jason Williams, Alonzo Mourning et Dorell Wright (remplaçant de Shaquille O’Neal) au côté de Dwyane Wade. Pour les Lakers de Phil Jackson et Kobe Bryant, la fine fleur californienne est au rendez-vous avec Luke Walton, Smush Parker, Kwame Brown et Brian Cook. Une époque dorée pour les violets et or qui semble lointaine, mais qu’importe puisque Kobe est là pour assurer le show dans cette affiche de gala.
Un premier quart-temps tout feu tout flamme
Dès le début du match, Wade semble déterminer mettre un gros rythme d’entrée de jeu . À l’origine et à la conclusion des premiers points de son équipe, l’arrière est omniprésent des deux côtés du terrain avec notamment de bonnes phases défensives sur Kobe Bryant et un gros contre sur Luke Walton. Wade distribue le jeu (cinq passes) et provoque la défense adverse (quatre fautes provoquées) et après douze minutes, l’arrière energizer vient d’inscrire douze points (auxquels on peut ajouter cinq passes, deux rebonds, une interception et trois contres pour zéro perte de balle) offrant le lead au Heat (30 à 16).
Fin du premier acte
Miami va connaître néanmoins un gros passage à vide dans le deuxième quart en inscrivant moins de dix points en neuf minutes. Wade n’inscrira que quatre petits points durant un peu moins de neuf minutes de jeu, le temps de voir les Lakers revenir à moins de dix longueurs du Heat. Malgré ce come back, l’adresse générale des californiens est loin d’être au point à l’image d’un Kobe qui digère encore mal la dinde du réveillon (1/9 FG dont 0/2 à 3pts) et qui peine à contenir les ardeurs de Wade, mais les Lakers parviennent néanmoins à s’accrocher (47-40).
Le Festival Wade
Le début de la seconde mi-temps démarre sur les chapeaux de roues pour Kobe qui tente d’effacer sa première mi-temps catastrophique en inscrivant les six premiers points de son équipe. Très en difficulté pour tenir en défense son vis-à-vis, Bryant va une fois encore être malmené par l’arrière du Heat. Tel un lion déchaîné, Dwyane Wade enchaîne les attaques au cercle en slalomant la défense des Lakers ou bien en prenant des tirs à mi-distance sur la tête d’un Kobe désabusé. Sentant le jeu à merveille, le numéro 3 du Heat porte l’avantage des siens à +10 à la fin du troisième quart-temps, affichant une fabuleuse ligne statistique avec 34 points (18 dans le seul quart-temps !), 7 passes, 4 rebonds , 3 interceptions et 3 contres, performance accomplie en seulement 32 minutes !
Un Wade intraitable et une nouvelle victoire du Heat
Après deux nouveaux layups fabuleux, suivis d’un nouveau contre et d’une interception, Wade et le Heat vont se diriger vers une victoire probante avec à la clé une feuille de match monstrueuse : 40 points (12/20), 11 passes, 4 rebonds, 4 passes et 4 interceptions. En face le Black Mamba livre une copie bien terne avec 16 points (0/4 à 3pts) et 4 passes, incapable d’inverser le cours du match et de tenir les ardeurs du disciple Wade qui vient de donner une leçon de basket aux Lakers. Victorieux 101 à 85 des LA Lakers, le Heat, pourtant privé du Shaq’, remporte pour la troisième année consécutive ce duel « florido-californien » grâce au talent d’un Dwyane Wade inarrêtable. Une performance qui reste encore aujourd’hui parmi les plus marquante de la tradition NBA à noël.
À la manière d’une cassette vidéo ou audio, Clutch Time rembobine l’histoire de la balle orange et vous replonge dans les moments les plus marquants de ce sport, d’hier à aujourd’hui.
Cette semaine, notre escapade temporelle nous ramène en décembre 2006 et un soir de match entre les Los Angeles Lakers de Kobe Bryant et les Washington Wizards de Gilbert Arenas, rencontre durant laquelle les deux franchise players vont tutoyer les sommets, célébrant les fêtes de Noël avec une semaine d’avance.
L’agent Zéro face au Black Mamba
Les Lakers, entre déclin et reconstruction
L’époque où le Shaq’ et Kobe roulaient sur la ligue est révolue. Le MVP de la saison 1999-2000 a quitté le navire californien en 2004 après une énième brouille avec le Black Mamba. Du coup l’arrière Laker est désormais seul aux commandes d’une franchise en pleine reconstruction et qui peine à retrouver des résultats convaincants. Le passage de Rudy Tomjanovich fut assez chaotique sur le plan sportif. Avec un effectif vieillissant après quatre finales NBA au début des années 2000, la franchise de Jerry Buss tente de se reconstruire en se séparant de ses dinosaures (Malone, Payton, Grant et Russell) et en misant sur une nouvelle garde pour entourer son joyau.
Pourtant le casting est loin de faire rêver. Les Lakers vont certes récupérer des éléments dans le trade du Shaq’ avec Miami, mais des profils très loin de satisfaire le zen Master, Phil Jackson, qui quittera ses fonctions en 2004. Côté draft me diriez-vous ? Rien de bien folichon non plus entre 2003 et 2006. En sélectionnant Luke Walton, Brian Cook, Sasha Vujačić, Ronny Turiaf, Andrew Bynum ouencore Jordan Farmar et en ajoutant les signatures du vétéran Vlade Divac, Smush Parker, Kwame Brown, Aaron McKie et Vladimir Radmanović, les Lakers post-threepeat font désormais plus sourire que rêver.
Les Wizards, un retour au sommet
Passé le jubilé de Michael Jordan entre 2001 et 2003, les Wizards se sont depuis bâtis une nouvelle image à l’Est. Ernie Grunfeld a décidé de miser sur le joueur ayant connu la meilleure progression de l’année 2003, Gilbert Arenas. Autour de l’Agent Zéro, Eddie Jordan va se séparer de Jerry Stackhouse, Kwame Brown et Larry Hughes pour construire un effectif plus ambitieux avec Antawn Jamison, Caron Butler ou encore Brendan Haywood. Résultat la franchise du capitole va progressivement retrouver des couleurs, de la 13ème place en 2004 à la cinquième place lors des deux exercices suivants.
Logo des Washington Wizards de 1997 à 2007
Un revirement sportif bien venu pour lequel l’ancien joueur des Warriors a énormément contribué, en témoigne ses performances et son rendement offensif. En passant d’un peu plus de 19 points par match lors de sa première année à Washington à plus de 29 points en 2006 sur toute la saison régulière, le meneur de jeu est incontestablement le facteur X de la renaissance des Wizards. En playoffs, Arenas culmine même à 34 points inscrits lors de la campagne 2006 mais se heurte successivement au Heat de Wade puis les Cavs de LeBron au cours des deux premières campagnes des Wizards.
Le contexte du match
Pour l’exercice 2006-2007, Washington et Los Angeles connaissent des débuts bien différents. Les Lakers ont démarré la saison avec seize victoires pour seulement sept défaites, soit le meilleur démarrage de la franchise depuis la saison 2003-04. De son côté Gilbert Arenas brille mais gagne très peu de matchs avec les Wizards notamment après un mois de novembre épouvantable (seulement cinq succès en quatorze rencontres). À la mi-décembre, la balance penche donc en faveur des Lakers qui semblent plus en réussite et mieux partis dans la saison régulière, même si les Wizards retrouvent des sensations et une dynamique de victoire.
La rivalité entre les Wizards et Kobe
Alors certes ici on ne parle pas de rivalité au sens historique et sportif du terme mais plus d’une rivalité anecdotique bien que toutefois intéressante, entre le Black Mamba et Washington. Il faut remonter en 2003, à l’époque His Airness vient de faire son dernier come-back en NBA dans un rôle de joueur-entraîneur-dirigeant aux Wizards. Le sextuple champion vient de croiser à deux reprises la route du jeune Kobe pour qui Jordan est un modèle sportif, les Lakers remportants les deux premières confrontations. Mais lors de leur dernier face-à-face, Washington l’emporta d’un point à domicile (100-99) et Michael Jordan usera d’un dernier trashtalk avec le joueur de 24 ans qu’on présente comme son plus proche successeur :
Tu auras beau mettre des Jordan à tes pieds, tu ne pourras jamais marcher dans mes pas
Basket USA
Une punchline qui va piquer au vif l’arrière des Lakers qui ruminera pendant plusieurs jours les propos de son idole et qui prendra un malin plaisir à lui coller 55 points dans la vue lors de leur dernier duel (victoire 108-94). Tel un psychopathe, Kobe inscrira près de trente points par match face aux Wizards les saisons suivantes se heurtant souvent néanmoins à l’Agent Zéro.
Papy Jordan fait dans les douceurs
Une soirée mémorable
En cette soirée du 17 décembre, les Lakers reçoivent Washington pour leur premier duel de la saison. Au moment d’entamer un road-trip d’une semaine, les Wizards arrivent avec le plein de confiance après deux victoires face à Denver et le Heat, tandis que les angeliños sortent de dernières rencontres éprouvantes avec une double prolongation face à Houston. Les protagonistes avancent en ordre dispersé, les coéquipiers de Arenas sont encore en rodage, notamment avec leur adresse, et bien que Washington fasse partie des meilleures attaques, la défense n’est pas vraiment au coeur des préoccupations d’Eddie Jordan. Mais les titulaires et les second-units répondent présents.
Pour les Lakers c’est une toute autre affaire. Privés de leur deuxième solution en attaque, Lamar Odom, Kobe Bryant doit sortir la démultiplié avec de gros cartons offensifs, en témoigne les 53 points claqués face aux Rockets. Seul joueur donnant l’impression d’être à la hauteur depuis le début de la saison, le No. 24 doit notamment composer avec le n°1 de draft 2001, Kwame Brown, Smush Parker ou encore de Luke Walton, des joueurs très loin des standards à leur poste respectif à l’époque.
Duel de pyromanes
Washington prend les devants
Le premier quart-temps tourne rapidement à l’avantage des visiteurs et du duo Arenas – Jamison qui en fait voir de toute les couleurs à un Kobe muselé en attaque et des Lakers maladroits d’entrée de jeu. Gilbert Arenas passe un premier quart-temps plutôt en réussite, enchaînant les relances rapides et les pénétrations en tête de raquette, sans inquiéter les défenseurs adverses. Son entente avec Antawn Jamison est également une des clés du premier quart-temps des Wizards. Malgré trois tentatives manquées derrière l’arc, Arenas régale par ses fulgurances et vient déjà d’inscrire quasiment la moitié des points de son équipe (26-20). Côté Lakers c’est l’ailier Vladimir Radmanović qui caracole avec déjà dix points.
La réponse de Kobe ne se fait pas attendre dès le début du deuxième quart-temps, avec deux tirs primés consécutifs. Plus adroit et altruiste, Bryant score 14 de ses 16 pions à la mi-temps dans ce quart-temps, tandis que Gilbert Arenas dévisse de loin (0/4) mais provoque des fautes adverses. Malgré tout, les Lakers sont encore derrière, incapables de tenir Jamison et les remplaçants. La marque se répartit entre Caron Butler, Brendan Haywood, Antonio Daniels et Roger Mason alors que l’écart au tableau d’affichage grandit (59-49). À la mi-temps Arenas et Jamison pointe à 17 points chacun contre 16 points pour Kobe et 15 pour Radmanović pour les hôtes.
Le début de la seconde mi-temps démarre comme le deuxième quart-temps, Kobe est dans un grand soir avec son adresse et score les premiers paniers de son équipe. Déchaîné à trois points (4/7), le snake ne fait pas encore la différence dans ce quart-temps malgré sa réussite (16 points), la faute à un Gilbert Arenas qui réagi dans les dernières minutes avec des fautes provoquées et un tir clutch à 30 secondes du buzzer. Arenas ajoute 12 unités à son compteur et règle la mire (29 points), secondé par Jamison (6 points) et DeShawn Stevenson (7 points) et sur un statu quo (31-31), les Wizards semblent tenir le match par le bon bout, tenants tête à un Kobe déchaîné depuis vingt minutes (32 points à 7/10 à 3pts).
Le sursaut des Lakers
Ce dernier quart-temps sonne comme une dernière chance pour les hommes de Phil Jackson. Kobe sur le banc pendant plusieurs minutes, les Wizards vont prendre jusqu’à dix-sept points d’avance jusqu’à deux trois points successifs de Farmar et Walton avant un temps-mort demandé par Eddie Jordan. Gilbert Arenas devient inarrêtable et démarre sur les chapeaux de roues ce quart-temps avec neuf points en quatre minutes. De retour sur le parquet, Kobe mettra pourtant plusieurs minutes avant d’inscrire un panier. Chargé de défendre sur Arenas, Kobe prend son job avec sérieux. Même si le meneur semble indéfendable ce soir, Washington verra à tour de rôle Kobe, Radmanović, Bynum et surtout Farmar revenir au score.
Après une passe de Kobe pour Walton (la septième de la soirée), revoilà les Lakers à -4 avec moins de 45 secondes au tableau d’affichage dans le money-time. Arenas est toujours intenable et en inscrivant ses 43 et 44ème points sur lancers-francs, Washington est toujours devant (125-120). Mais c’est mal connaître le Black Mamba qui va lui répondre d’un lay-up avec la faute en prime. Nouveau temps-morts des Wizards, Gilbert Arenas peut hériter du ballon pour la gagne mais bien isolé en défense, le cuir tombe dans les mains de Stevenson sur qui Kobe se jette en défense et provoque la faute. L’arrière ne rentre qu’un lancer sur deux et les Lakers hérite d’une possession pour égaliser. Étonnement altruiste, Kobe remonte le terrain, pris à deux en défense, il transmet le ballon à Brian Cook qui feinte Arenas et envoi un tir primé pour égaliser à 126 partout. Une dernière possession et un tir manqué par Arenas envoi les deux équipes en prolongations.
La lumière divine
Malgré un tir de la victoire au bout des doigts raté, Gilbert Arenas ne baisse pas pavillon. Touché par la grâce, le meneur all-star va justifier son statut en achevant les californiens. D’un splendide tir à trois point sur la tête d’un Kobe dépassé, Gilbert enchaîne par un lancer qui porte le compteur à 50 points, record en carrière pour l’Agent Zéro. On en reste là ? Pas moyen ! Après un tir primé de Sasha Vujačić, Arenas remet le couvert et enfonce les Lakers avec deux lay-ups et la faute en prime. Un nouveau tir primé et deux lancers plus tard, Arenas rend une copie FA-BU-LEU-SE avec 60 points, 8 rebonds et 8 passes pour trois pertes de balle. Avec une prolongation menée d’une main de maître, Gilbert Arenas restera dans les annales comme le premier joueur depuis Wilt Chamberlain à avoir inscrit 60 points aux Lakers depuis plus de quarante ans et effaçant des tablettes le record de sa franchise de Earl Monroe (54 points).
Les Wizards s’imposent au final 147 à 141 face à des Lakers incapables de contenir l’incendie Arenas qui inscrira 16 points en prolongation, dont 14 consécutifs, devenant le meilleur marqueur de l’histoire sur une prolongation (jusqu’à Stephen Curry en 2017) et provoquant un nombre de fautes hallucinant (21/27 aux LF). Bryant qui n’inscrira que quatre points en prolongation doit s’incliner mais terminera tout de même avec une belle feuille de match (45pts, 10 ast, 8 rbd). Au-delà de ce duel épique entre deux des meilleurs joueurs offensifs de l’époque, Gilbert Arenas a pu également compter sur ses partenaires au rendez-vous, de Caron Butler (27 points, 5 passes) à Antawn Jamison (25 points, 13 rebonds) et DeShawn Stevenson (15 points).
Les retrouvailles en mars 2007 entre les deux stars tournera cette fois en faveur du Laker (118 – 102) malgré un nouveau duel explosif (39 points pour Kobe et 37 pour Arenas), un mois seulement avant la grave blessure de l’Agent Zéro qui plongera le joueur dans une lente et douloureuse déchéance financière et sportive jusqu’à quitter la NBA en 2012 pour partir évoluer en Chine, aux Shanghai Sharks et terminer sa carrière de basketteur professionnel à seulement trente et un ans.
Chaque semaine Clutch Time vous propose de faire un bond dans le passé afin de revivre et vibrer au rythme d’un fait marquant qui restera dans les annales de la NBA.
Cette semaine, on continue notre série en remontant le temps vers le printemps 1988. La saison NBA livre son verdict final, avec une affiche inédite pour les finales 88 entre nouveauté et classique, les « Bad Boys » de Detroit face aux Lakers « Showtime » de Magic Johnson. Favoris pour le titre, les hommes de Pat Riley sont cependant loin de s’imaginer que les Pistons vont faire trembler la franchise californienne.
Petites histoires entre l’Indiana et le Michigan
Fort Wayne puis Detroit
La ville de Détroit est principalement connu pour sa grande époque industrielle prospère depuis la fin du XIXème siècle, notamment dans l’automobile, ce qui lui vaut d’être au coeur de la « Rust Belt » au nord-est des États-Unis et le surnom de « Motor City ». C’est durant cette période faste que les Pistons de Fort Wayne, jusqu’en 1957, puis de Detroit voient le jour et écrivent les premiers haut-faits de la franchise avec plusieurs finales jouées sans gagner néanmoins le moindre titre. De la splendeur économique du début du siècle, il ne reste plus grand-chose à Motown à la fin des années 70. À l’image de la ville, les Pistons connaissent plusieurs saisons de disette entre 1963 et 1983 malgré la présence successive des futurs Hall of Famers Bailey Howell, Dave DeBusschere, Dave Bing et Bob Lanier.
Il faut donc attendre le début des années 80, et la nomination du regretté Chuck Daly, pour voir les Pistons refaire surface et jouer à nouveau les premiers rôles à l’Est. À cette époque, l’entraîneur de la future Dream Team 92 débarque de l’Ohio pour prendre en main une équipe moribonde qui n’a plus obtenu un bilan équilibré depuis près de dix ans. Évincé par les Cavaliers au cours de l’exercice 1981-82, il n’arrive néanmoins qu’un an plus tard en 1983, rejoignant une jeune connaissance lors de son passage à Cleveland, un certain Bill Laimbeer. Le jeune pivot de l’université de Notre Dame sera la première pierre angulaire de son projet dans le Michigan, mais c’est pourtant un tout autre jeune joueur, drafté en 2nde position à la draft 1981, qui va briller au sein de l’effectif de Daly, un certain Isiah Thomas.
Detroit retrouve des couleurs et les bons bilans offrent l’opportunité aux joueurs de Daly de participer à la post-season dès la saison 1983-84. Éliminés par les Knicks de Bernard King et Cartwright, les Pistons vont osciller durant trois ans entre la quatrième et la cinquième, ne parvenant jamais à passer le second tour des playoffs. Il faudra attendre l’année 1987 et une finale de conférence face aux Celtics de Larry Bird pour voir la ville de Détroit se forger une réputation de joueurs physiques, durs et son vice dans le jeu. Les « Bad Boys » de Détroit sont nés. Très vite leur réputation devient un étendard autour duquel, Bill Laimbeer et Isiah Thomas puis Joe Dumars, John Salley, Dennis Rodman, Rick Mahorn ou encore Vinnie Johnson vont se ranger.
Des débuts prometteurs au devant de la scène
Critiqués pour leurs comportements détestables et un style de jeu à la limite sur le plan défensif, les Pistons parviennent néanmoins à atteindre enfin une finale de conférence. C’est sur cette prouesse que Chuck Daly veut capitaliser en 1987-88. Avec un bilan de 54 victoires pour 28 défaites, Detroit s’offre le meilleur bilan de son histoire en saison régulière, échouant de peu à occuper la première place des Celtics. Fort d’un collectif huilé (sept joueurs en double digits) et emmené par son meneur I.Thomas (all-star), les Pistons peuvent se féliciter de terminer avec la 2nde meilleure défense et la 6ème attaque de la ligue. Elle est surtout devenue, l’équipe avec la plus forte affluence avec plus d’un million de spectateur venus assister aux matchs au Pontiac Silverdome pour la dernière saison de la franchise dans l’enceinte avant son déménagement vers le Palace d’Auburn Hills.
Le parcours des Detroit Pistons durant les playoffs 1988
Les Pistons héritent des Washington Bullets au 1er tour, dans un duel qui s’annonce largement à la portée des hommes de Daly. Pourtant, Detroit démarre fort avec deux succès consécutif (87-96), (101-102) mais se fait surprendre au match 3 (114-106). Autour des Malone (Jeff et Moses), les Bullets évitent un second sweep consécutif face à Détroit et égalise même au match 4 à domicile (103-106). Il faudra les efforts combinés en défense de Thomas (16pts, 11ast), Dumars (20pts) et Dantley (17pts) pour venir à bout de cette équipe (99-78) et en finir avec ce premier tour sans trop de casse.
C’est aux Bulls de Michael Jordan qu’il revient de renverser cette équipe. Isiah Thomas & co. parviennent difficilement à contenir le jeune chicagoan qui envoi près de 28 points par match et offre même une victoire sur le parquet adverse avec 36 pions. L’attention des Pistons se porte alors sur les coéquipiers du numéro 23 qui ne tiendront pas la pression du second tour, laissant Jordan le plus souvent isolé et maltraité par la défense des Pistons. Plus solide défensivement qu’au tour précédent (87 points encaissés), Detroit s’appuie sur un collectif un ton au-dessus (cinq joueurs à dix points ou plus), Isiah Thomas en tête qui culmine à 20 points et 10 assist sur la série, et prendra le meilleur sur Jordan en cinq manches qui vient de se trouver un nouveau rival de taille après deux échecs successifs au 1er tour (en 86 et 87) face aux Celtics.
Les finales de
Conférence prennent alors un air de revanche pour Laimbeer & co qui
retrouvent leur bourreau de l’année précédente, les Celtics de Bird – McHale –
Ainge – Parish. Malmenés au tour
précédent par Atlanta, Boston se présente néanmoins avec de solides arguments
dans le jeu et des joueurs au top (Bird et McHale culmine à 50 points) Fidèles
à leur réputation, les numéros uns à l’Est savent hausser leur rendement et le
niveau de jeu en postseason quand cela est nécessaire. Detroit est prévenu,
n’ayant pas l’avantage du terrain, ils n’auront pas le droit à l’erreur. Ils
remportent le premier match (104-96) grâce à un Isiah Thomas de feu (35 pions
et 12 passes) et une défense qui a su maintenir Larry Bird à seulement 20
points et limiter le banc des Celtics à quatre petits points. Frustrés, Boston
se réveille au match 2 et prend un match à Detroit (115-119) grâce à ses
quatres fantastiques (Parish – Bird – Johnson – McHale) qui inscrit 90 points
de la victoire.
De retour au TD Garden, les Celtics sont bien partis pour réitérer le scénario de l’an passé, mais par excès de confiance, la troupe de K.C. Jones perdent l’avantage acquis sur le parquet des Pistons (94-98). Detroit évite l’élimination et malgré la défaite au match suivant (79-78), dans un match âpre défensivement, les Pistons gagnent en confiance et vont finir le travail aux match 5 (102-96) grâce à Thomas (35 points) puis au match 6 (95-90) malgré un K. McHale intenable (33pts, 11 rbd).
Los Angeles, ses stars et ses projecteurs
Los Angeles, cité des anges, du 7ème art, de Disneyland et des Lakers. La mythique franchise californienne peut se féliciter de sa réputation qui va bien au-delà de son sport et des frontières. Depuis son déménagement en 1960 (de Minneapolis), les dirigeants et représentants de la franchise ont tout fait pour placer les violets et or sous les spotlights et rayonner au sein de la ligue. Durant près de trente-ans (de 1960 à 1988), les Lakers participeront ni plus ni moins qu’à quinze finales, ponctuées par cinq titres de champions, soit le plus gros palmarès de la ligue après celui des Boston Celtics (16). Une réussite exceptionnelle incarnée par des joueurs plus brillants les uns que les autres. De Jerry West à Kareem Abdul-Jabbar, en passant par Wilt Chamberlain, Happy Hairston et James Worthy, le Forum d’Inglewood peut se targuer d’avoir abriter un très grand nombre de joueurs all-star sur plusieurs décennies, parmi lesquels un grand nombre de Hall of Famer.
Dans les années 80, il y en a un néanmoins, originaire de l’Illinois (Lansang), qui se démarque du lot, « Magic » E. Johnson. Arrivé à l’aube des années 80 en Californie, le numéro un de la draft 1979 incarne plus que quiconque la réussite californienne durant près d’une décennie, remportant quatre titres NBA avec les Lakers et terminant 3x MVP des Finales et MVP de la saison régulière en 1987. C’est bien évidemment sur les parquets que Magic et ses coéquipiers vont s’illustrer, sous la houlette de Pat Riley, avec un style de jeu inédit qui soulève les foules et bouleverse les codes du basket, c’est la naissance du basket « Showtime ». Armé de ses mains en or et d’une vision de jeu unique, le polyvalent meneur de jeu distribue caviar sur caviar pour ses coéquipiers de l’époque avec une fulgurance et une facilité déconcertante pour les adversaires qui ont toutes les peines du monde à endiguer le jeu des Lakers.
La saison d’après
Auréolé de son premier titre de MVP de saison régulière et d’une quatrième bague de champion, Magic Johnson et les « Angeliños » abordent la saison 1987-88 avec l’ambition de conserver leur titre acquis quelques mois plus tôt. Avec une moyenne de près de 60 victoires par saison depuis l’arrivée du numéro 32, le bastion californien est incontestablement l’un des plus difficile à prendre à l’Ouest. La saison 87-88 sera une de plus un récital (62-20). Pat Riley devenu entre-temps le coach le plus victorieux de l’histoire de la franchise, a de sérieux arguments pour conforter l’idée que ses Lakers demeurent les grands favoris à leur propre succession. Derrière son carré magique Scott – Worthy – Johnson – Abdul-Jabbar , Los Angeles termine 2nd meilleure attaque et 9ème meilleure défense de la ligue et dispose d’une grosse marge de manœuvre à l’image du grand Kareem, du haut de ses 40 piges, qui tourne encore à près de 15 points et 6 rebonds par rencontre ou bien encore du repos accordé à Magic et Worthy à quelques matchs de la fin de la régulière.
Le parcours des LA Lakers durant les playoffs 1988
Pour Pat Riley
il s’agit avant tout de ne pas tomber dans l’excès de confiance avec le risque
de perdre dès les premières rencontres. Les Lakers se savent attendus dès le
premier tour. Face aux Spurs d’Alvin Robertson, sous les ordres de Bob Weiss,
l’opposition est clairement déséquilibrée. San Antonio, qui sort d’un bilan
famélique de 31 victoires pour 51 défaites, subit en trois manches l’autorité
californienne (110-122 ; 112-130 ; 109-107), un ton au-dessus comme
le prouve les prestations pleines de maîtrise de Magic Johnson (21 points, 14
passes et 6 rebonds de moyenne) et de ses coéquipiers dont plus de la moitié
finissent à dix points ou plus.
Cap désormais
sur le second tour et le Jazz d’Utah et de son duo mythique Malone-Stockton. La
jeune franchise de Salt Lake City (création en 1974) est une habituée des
playoffs depuis quelques temps mais n’a jusqu’alors jamais croisé la route des
Lakers. Une première historique qui restera dans les mémoires pour les
difficultés auxquelles les hommes de Riley furent confrontés. Malmenés par la
défense mise en place par Franck Layden, Johnson et Worthy éprouvent de grandes
difficultés dans le jeu néanmoins compensées par le duo Byron Scott (23 points)
et Kareem Abdul-Jabbar (12 points, 7 rebonds, 2 contres). Les grands gabarits
Malone (28 points, 11 rebonds), Eaton (9 points, 9 rebonds) et Bailey (20
points, 5 rebonds, 2 contres) permettent à Utah de remporter trois matchs
(101-97 ; 96-89 ; 108-80), poussant les Lakers au septième match
décisif, mais finissent par être éliminés 4 manches à 3 (défaite 109-98). Une
série qui se termine tant bien que mal pour Los Angeles, malmenée, mais qui doit
mettre en garde les troupes de Riley.
Sur la dernière marche de la Conférence Ouest, Los Angeles retrouve les Dallas Mavericks, une vieille connaissance qui croise de nouveau la route des champions en titre (après 84 et 86). Contrairement à leur voisin de San Antonio, les Mavs vont livrer une prestation d’ensemble très convaincante, poussant les Lakers jusqu’au match 7, les coéquipiers de Magic Johnson seront incapables de remporter le moindre match à l’extérieur (94-106 ; 104-118 ; 105-103) ce qui aurait grandement faciliter la tâche. L’ailier Mark Aguirre (qui signera aux Pistons l’année suivante) brille durant la série avec près de 25 points, 6.5 rebonds et 3 passes par match. À ses côtés D. Harper (17pts, 7.5ast), R. Blackman (16pts, 5ast) et R. Tarpley (16pts, 13rbd) jouent les yeux dans les yeux chaque soir avec les troupes de Riley qui doit son salut au génie de Magic (19pts, 13ast) et au talent de scoreur de Worthy (23pts, 5rbd, 5ast). Les Lakers se sortent du piège tendu par J. MacLeod dans un match décisif (117-102) durant lequel, Worthy, Scott et Magic culmine à 74 points, Johnson approchant de peu le triple-double (24-9-11).
Finales NBA 1988
C’est une
affiche pour le moins inattendue et inédite pour les finales 1988. Alors que
tout le monde attendait un remake des finales 87 entre les ennemis jurés
Celtics – Lakers, c’est bien les impopulaires Pistons de Détroit et le jeu
toujours à la limite qui vont goûter pour la première fois de leur histoire au
doux parfum des finales NBA. Les Lakers, tenants du titre, sont évidemment
favoris pour la partie expérience et talents intrinsèques, mais les Pistons ont
de sérieux arguments à faire valoir, à commencer par une solide défense, érigée
comme un modèle depuis plusieurs semaines au gré de leur parcours en playoffs
jusqu’à leur victoire face à Boston. Les « Bad Boys » de Daly ont
gagné en expérience et en niveau de jeu depuis la saison précédente et nul doute
que les hommes de Pat Riley vont souffrir entre leurs mains.
Les Pistons ont joué un match de moins aux tours précédents, rien de rédhibitoire donc pour Los Angeles qui peut s’appuyer sur une équipe solide avec des automatismes. À l’image de son pivot Kareem Abdul-Jabbar qui tourne à près de 14 unités par match, les Lakers forts de plusieurs finales ponctuées par quatre titres (trois pour certains) disposent d’un avantage non-négligeable sur leurs adversaires qui restent novices., Magic (20 points, 12 passes) mène l’attaque « angelinos » en alimentant Worthy (21points) et Scott (19.5 points), dirigée d’une main de maître par coach Riley. Chuck Daly s’appuie quant à lui sur une équipe au jeu défensif et les talents de contre-attaquant d’Isiah Thomas (22 points, 9 passes, 3 interceptions) et Adrian Dantley. Par ailleurs Detroit peut se féliciter d’avoir remporté ses deux confrontations en saison régulière face aux Lakers (102-99) et (111-103).
Game 1 & Game 2 au Forum (Inglewood)
Le game 1 tient
toute ses promesses, les Pistons décident comme à leur habitude de jouer avec
une défense qui étouffe les Lakers qui apparaissent fatigués de leur
confrontation face aux Mavs. Johnson (28pts, 8rbd, 10ast) et Scott (25pts,
6rbd) portent tant bien que mal la franchise californienne mais les Pistons
prennent dès la fin de la 1ère mi-temps le leadership (57-40)
derrière un Dantley monstreux à 34 points et 14 sur 16 aux tirs et un Thomas en
mode distribution (19 points, 12 passes). Vinnie Johnson (16 points), jouera le
rôle de 6ème homme en finissant le travail offrant ainsi la première
manche aux Pistons 105-93.
Une énorme surprise que les Lakers doivent impérativement rectifier au game 2 sous peine d’être déjà hors-course. Los Angeles se reprend et s’impose avec la manière 108-96 pour égaliser à un partout. Worthy (26pts, 10rbd, 6ast), Scott (24pts, 6rbd) et Magic, diminué par une blessure au tendon (23pts, 7rbd, 11ast) concassent la défense des Pistons en première mi-temps limitant les joueurs, champions de l’Est à moins de vingt unités chacun.
Game 3 & Game 4 au Pontiac Silverdome
Direction le
Michigan et son Silverdome. Pat Riley a la mauvaise idée de surprendre Detroit
sur ses terres d’entrée en reprenant l’avantage du terrain grâce à une deuxième
victoire consécutive (99-86). Diminué par une forte fièvre, Magic exécute sa
prestation à la perfection, combinant 18 points, 6 rebonds, 14 passes et 3
interceptions et remporter le match dans un duel avec Thomas (28 points, 7
rebonds, 9 passes) esseulé sur le plan offensif. Dans la continuité du game 2,
James Worthy (24 points, 9 rebonds) et A.C. Green (21 points, 8 rebonds) sortent
de la boîte pour crucifier Detroit dans le 3ème quart-temps (31-18).
Detroit, touchée mais pas atteinte, se ressaisit au match suivant et à l’orgueil égalise dans la série à deux partout (111-86) avec la manière qui plus est. À l’initiative de son leader Bill Laimbeer, quelque chose se débloque alors dans le jeu des Pistons qui passent d’un jeu essentiellement défensif à une attaque exceptionnelle, forçant les Lakers à revoir leur stratégie, privés très tôt dans le match de son maestro, Magic (23 points, 6 passes), pour s’être mit dans la pénalité, les Lakers se retrouvent comme un poulet sans tête et se font broyer par des Pistons intenables, Dantley en tête, qui culmine à 27 unités et Thomas se fendant quasiment d’un triple-double (10pts, 9rbd, 12ast).
Game 5
Le match cinq s’annonce déjà comme décisif, dans une salle bouillante et en guise d’adieu, les Pistons sont tout proche de ramener leur premier titre avec une deuxième victoire de suite (104-94) devant près de 42 000 spectateurs et une hystérie collective. En jouant la carte de l’intimidation, les Lakers pensent avoir fait un break en inscrivant les premiers points du match grâce à un KAJ qui rajeunit (26 points, 6 rebonds) et un Magic Johnson en mode distributeur (15pts, 17ast, 6rbd), mais c’était sans compter sur l’opiniâtreté des « Bad Boys » qui ne se laissent pas marcher sur leurs platebandes. Dantley (25pts, 7rbd), Dumars (19pts), Laimbeer (8pts, 11rbds) et le sixième homme Johnson qui scorera 12 de ses 16 points en 1ère mi-temps, suivi de Thomas (15pts, 5rbd, 8ast), se relayent pour arracher l’avantage et mener 3-2 dans des finales aussi indécises que palpitantes. Les Pistons quittent leur arène sur une dernière victoire avant peut-être un premier sacre.
Game 6
Le game 6 restera indubitablement
comme le plus marquant et controversé dans la rivalité Pistons-Lakers. Au bord
du gouffre, les Lakers doivent impérativement se ressaisir une nouvelle fois
pour rester en vie. Detroit ne l’entend pas de cette oreille et un homme va
éclabousser la rencontre de toute sa classe. Isiah Thomas sort une prestation
inoubliable avec pas moins de 43 points inscrits (ainsi que huit passes et six
interceptions, rien que ça !) pour recoller petit à petit au score et
mettre son équipe dans une position favorable dans le dernier quart temps pour
remporter ce match 6 décisif. En scorant quatorze points consécutifs pour les
Pistons dans le 3ème quart temps, Thomas et ses coéquipiers se
sortent d’une situation compliquée, menés (56-48) pour revenir à 70-64. Avec
moins de cinq minutes à jouer, Thomas se blesse maladroitement la cheville
droite sur une bataille au rebond. Tel un guerrier des temps moderne, Isiah
revient sur le parquet. Il termine avec 25 points sur le seul 3ème
quart temps et permet aux Pistons de mener 81-79.
Du début à la fin le quatrième quart temps sera serré. Blessé à la cheville, Isiah Thomas inscrit deux lancers supplémentaires à moins d’une minute de la fin offrant à son équipe une courte mais précieuse avance (100-99). De Dennis Rodman à Joe Dumars en passant par Laimbeer, les Pistons jouent le tout pour le tout avec audace ils maintiennent leur avantage jusqu’à une faute « fantôme » sifflée pour Abdul-Jabbar sur un contact avec Laimbeer. KAJ rentre ses deux lancers. Avec quatorze secondes à jouer, Los Angeles repasse devant (103-102) et Chuck Daly demande un temps mort pour préparer l’action de la gagne. Une dernière possession chahutée par la défense californienne qui récupère la gonfle après un sauvetage en équilibre de Byron Scott qui est violemment poussé en touche par Dennis Rodman. Avec deux nouveaux lancer-francs, les Lakers peuvent définitivement tuer le match. Scott manque ses deux lancers mais avec moins de deux secondes au tableau d’affichage, Detroit ne reviendra pas et s’incline 103 à 102.
Game 7
Les Pistons doivent impérativement effacer la frustration du game 6 et retrouver leur allant qui leur a permis d’atteindre ce stade en finale. La tâche s’annonce très compliqué, mais pas impossible car la franchise du Michigan joue quasiment sur le même pied d’égalité avec les Lakers depuis le début des finales. Dans un format 2-3-2, Los Angeles peut conclure à domicile ce match 7 qui s’annonce géant. Toujours gêné par sa cheville, le meneur boite pas mal lors des échauffements mais persiste à jouer (qui lui en voudrait). Inscrivant dix des 42 points de son équipe à la mi-temps, il est contraint de renoncer à terminer le match au retour des vestiaires, la douleur étant insupportable. Privés de leur leader, les Pistons s’en remettent une fois encore à leurs fondamentaux. Joe Dumars prend le relais de Thomas pour scorer 25 points (ainsi que cinq rebonds et quatre passes), secondé par A. Dantley (16pts) et le banc des Pistons (42 points, dont 17 pour le seul John Salley). Insuffisant cependant pour stopper les Lakers bien décidés à finir le boulot. Menés (90-75) à l’aube de la dernière manche, Detroit est malmené, notamment par les remplaçants Michael Cooper et Mychal Thompson (douze points chacun) qui sortent leurs perfs de l’année pile au bon moment.
Mais les « Bad Boys » n’abdique jamais. Chuck Daly tente le pari d’aligner Rodman – Salley – Dumars et Johnson sur le parquet et prive ainsi les Los Angeles de solutions. Mangés dans les uns-contre-uns, les Lakers balbutient leur basket et se retrouvent une fois encore en grande souffrance, Salley concluant ainsi un énorme run des Pistons pour porter le score à 98-92 avec encore près de quatre minutes à jouer. Stupeur au Forum, les fans des Lakers s’inquiètent de ce come-back et à moins d’une minute trente secondes, Dumars, d’un jump shot et revient à deux petits points (102-100). Incroyable revirement de situation pour les Lakers et Magic (19pts, 14ast) qui peut néanmoins compter sur un James Worthy all-time, en triple-double (36pts, 16rbd, 10ast) et un Byron Scott à 21 points. Magic puis Byron Scott redonne un avantage de cinq points aux Lakers (105-100) suivi d’un rapproché immédiat d’un layup de Dumars suivi d’un trois points salvateurs de Laimbeer. Après deux nouveaux lancers de A.C. Green, Thomas, de nouveau sur le terrain, ne peut empêcher la victoire des Lakers, sur une tentative de passe désespérée récupérée par Los Angeles. L’horloge qui défile toujours, le parquet est rapidement envahi par les supporters et les finales 1988 s’arrêtent sur un nouveau succès des Lakers 108 à 105.
La fin d’une époque et le début de quelque chose
Le dénouement
est cruel pour Detroit qui a bataillé jusqu’au bout des sept matchs et que
personne ne voyait aller aussi loin et être aussi proche du titre. Plusieurs
voix s’élevèrent néanmoins sur le contenu des deux dernières rencontres au
Forum, à commencer par le match 6 qui fut pointé du doigt pour ses erreurs d’arbitrage
et ses fautes sifflées, notamment celle de Laimbeer sur Abdul-Jabbar, qui ont
très certainement coûté la victoire aux Pistons, les privant ainsi d’un premier
titre. Le match décisif fut lui aussi au cœur de la tempête, au moment du
buzzer final, la foule ayant déjà envahi le terrain, les arbitres n’auraient-ils
pas dû évacuer le parquet le temps de siffler la fin du match en bonne et due
forme ? Difficile cependant de trouver plus de circonstances atténuantes
aux Pistons qui avaient déjà beaucoup donné depuis les matchs contre les
Celtics, jusqu’à ce septième et ultime match en finale.
Les Lakers furent, si ce n’est meilleurs, tout du moins à la hauteur de l’évènement, réalisant le fameux back-to-back, chose qui n’avait plus été réalisée depuis les Boston Celtics de Bill Russell à la fin des années soixante. James Worthy (22 points, 7.4 rebonds et 4.4 passes) fut sacré MVP des Finales pour l’ensemble de son œuvre, avec comme point d’orgue son incroyable triple-double au match 7. Magic (21 points, 5.7 rebonds et 13 passes de moyenne), Abdul-Jabbar et Cooper remportèrent leur cinquième titre avec les Lakers en à peine dix ans, installant un peu plus la dynastie « Showtime » au panthéon des plus grandes équipes du sport américain. Le pivot aux six bagues se rapprochera un peu plus de la retraite avant de définitivement mettre un terme à une carrière exceptionnelle en 1989, deux ans avant l’annonce de la séropositivité de Magic Johnson qui mettra un terme à sa carrière pendant un moment.
Les Pistons n’ont pas démérité à l’image de son meneur de jeu, Isiah Thomas, qui se força à jouer malgré une cheville endolorie et termina avec près de 20 points, 10 passes et 3 interceptions par match. Detroit prendra dès la saison suivante une éclatante revanche sur Los Angeles et Pat Riley en sweapant en finale des Lakers en bout de cycle, effaçant un peu plus le traumatisme des finales de 1988. Toutefois l’histoire retiendra que durant le mois de juin de cette année, les Pistons auraient pu inverser le court des évènements en remportant le titre un an plus tôt, ouvrant ainsi la possibilité d’un triplé historique entre 1988 et 1990 au grand dam des fans des « Bad Boys » de Detroit. Néanmoins Detroit ne parvint pas à se maintenir dans la course durant les années 90, éliminés en finale de conférence en 1991 par sa majesté Michael Jordan, qui tiendra sa revanche sur l’équipe qui l’a tant fait souffrir à la fin des années 80.
Pour la première fois, Clutch Time vous propose chaque semaine de faire un petit point hebdomadaire sur les équipes et joueurs de la ligue pour chaque conférence
Bilan des équipes de la Conférence Ouest
Tendance du début de saison
Les satisfactions du début de saison
Los Angeles Lakers (4-1)
On
assiste pour l’instant à un début de saison très convaincant de la part de
LeBron et sa bande. En dépit d’une défaite inaugurale face au grand rival, les
Clippers (112-102), les angelinos restent sur une excellente série de quatre
victoires de suite, avec la manière s’il vous plaît. Ex-aequo avec les Spurs et
Minnesota, la bataille pour les places en playoffs s’annoncent néanmoins longue
et dure pour les hommes de Vogel.
Il
est enfin là le duo tant attendu. LeBron James (26 points, 7 rebonds, 10
passes) et Anthony Davis (29 points, 11.5 rebonds, 3 contres) peuvent enfin
faire étalage de leur talent sur un parquet et il faut reconnaître que les deux
gaillards répondent présents. Les deux superstars cumulent ainsi 55 des 111
points de moyenne inscrits par les Lakers avec une énorme facilité, doublée
d’une motivation à toute épreuve, ce qui n’est pas sans nous rappeler
l’association de Kobe et du Shaq au début des années 2000.
San Antonio Spurs (4-1)
Une
fois n’est pas coutume, les Spurs entament une saison très prometteuse. Avec
une démonstration faite sur le parquet flambant neuf du Chase Center des
Warriors (127-110), Popovich et sa bande réalisent un début d’exercice
convaincant et toujours invaincus au AT&T Center. Raison de plus d’étendre
cette invincibilité sur les cinq prochains matchs (quatre se joueront à
domicile) et conforter leur position.
Il
n’en demeure pas moins que la marge de progression des Spurs demeure assez
importante. La locomotive texane Demar DeRozan (21.5 points, 4.5 rebonds et 4
passes) compte pour l’instant sur des partenaires expérimentés qui montent
doucement en régime, à l’image de Aldridge (18 points, 7.5 rebonds et 2
contres) ou de Rudy Gay (11 points, 7.5 rebonds), et de jeunes cadres plutôt
convaincants. Avec les talents reconnus du Pop, nul doute que tout ce petit
monde sera se mettre en ordre de marche au fil de la saison, rendant les
éperons encore plus redoutables.
Minnesota
Timberwolves (4-1)
Incontestablement
la bonne surprise à l’ouest. Minny réalise un exercice 2019-2020 tonitruant
avec pas moins de trois victoires acquises en terrain ennemi et une première
place ex-aequo avec les Lakers et les Spurs. Un juste retour des choses pour cette
équipe qu’on annonce depuis plusieurs saisons comme un potentiel contender à
l’ouest mais qui a souvent déçu. Loin de nous l’idée de nous enflammer pour les
Wolves mais Ryan Saunders peut se satisfaire de ses loups qui assurent sur le
plan offensif avec des succès mérités.
Plusieurs
joueurs ne sont pas étrangers à cette réussite. Autour de Karl-Anthony Towns
(27 points, 11.5 rebonds et 4 passes), le pivot peut se féliciter de voir enfin
Andrew Wiggins (20.5 points, 5.5 rebonds et 2 passes) assumer son rôle
d’accélérateur de particules en prenant des tirs et en s’investissant
d’avantage des deux côtés du terrain. À la baguette l’expérimenté Jeff Teague
(14 points, 7 passes) organise avec brio ce petit monde qui dégage une sérenité
intéressante.
Mention(s)
honorable(s)
Los Angeles Clippers (4-2) Utah Jazz (4-2)
Les déceptions du début de saison
Sacramento Kings (1-5)
Il
faut admettre que Sacramento déçoit en ce début de saison. Alors que l’ambition
des Kings était de rompre avec le mauvais sort depuis plusieurs saisons mais
surtout d’être dans la continuité de la saison dernière, Luke Walton entame de
la pire des manière l’exercice 2019-20. Avec cinq défaites de rang, dont deux
grosses fessées face aux Suns (124-95) et Utah (81-113), les Kings doivent
impérativement remonter la pente sous peine d’être très rapidement décrochés de
la course aux playoffs qui s’annoncent encore plus dense cette année.
L’effectif
des Kings est néanmoins assez prometteur pour y parvenir. De’Aaron Fox (18.5
points, 3.5 rebonds, 6 passes), Bogdan Bogdanović (9.5 points) et Buddy Hield
(17 points) sont assez loin des attentes de l’année dernière et nul doute que
le retour de Bagley (blessure au pouce) et l’expérience de Barnes seront autant
d’éléments rassurants pour Sacramento et les supporters afin de ne pas revivre
une saison cauchemardesque.
Golden State Warriors (1-5)
Un début d’exercice cauchemardesque pour les finalistes en titre. Quel surprise (mauvaise) pour les Warriors qui entament leur saison de la pire des manières. Il faut remonter à la saison 2011-12 pour trouver trace d’un début aussi chaotique après six rencontres. Golden State n’y est pas, depuis sa défaite inaugurale au Chase Center face aux Clippers (122-141) jusqu’à leur série de trois défaites de rang à domicile face aux Suns, Spurs et Hornets (oui oui Hornets), les hommes de Steve Kerr n’ont toujours pas remporté la moindre rencontre dans leur nouvelle enceinte. La semaine qui s’annonce ne devrait pas rassurer les fans avec pas moins de trois déplacements chez les Rockets, les Wolves et le Thunder, tout un programme.
Il
est vrai que le départ de Durant combiné à l’absence très longue durée de
Thompson plonge l’effectif dans une incertitude mais de là à imaginer un tel
scénario, c’est assez inattendu. Et comme si ça ne suffisait pas, Stephen Curry
s’est blessé à la main et sera indisponible pendant plusieurs mois. Autant vous
dire qu’avec toute la meilleure volonté de D’Angelo Russell (20 points, 5
rebonds, 6.5 passes) et de Draymond Green, le compte n’y est pas. L’effectif se
retrouve ainsi trop limité du banc jusqu’aux titulaires pour assumer l’héritage
des saisons passées et maintenir un niveau de performance suffisant.
New
Orleans Pelicans (1-5)
Pourtant une des équipes les plus prometteuse et talentueuse sur le papier, les Pelicans se vautrent depuis la semaine dernière. Avec une seule victoire face à Denver (122-107), les Pels déplorent un bilan de cinq défaites qui les plongent (déjà) dans le bas de classement. Alvin Gentry doit en effet faire face à plusieurs pépins, dont le plus important, Zion Williamson.
L’absence du numéro un de la draft pénalise fortement ces Pelicans qui n’en demandant pas tant. Jrue Holiday (14 points, 4 rebonds, 7 passes) ou encore Lonzo Ball (12 points, 5 rebonds, 7 passes) sont loin d’être à la hauteur et le seul talent de Brandon Ingram (23.5 points, 7.5 rebonds et 4 passes) ne suffit pas à offrir des prestations convenables. Malgré un temps de jeu plutôt bien réparti, le banc de New Orleans n’est guère plus convaincant en dépit du talent.
Le match de ce début de saison
Los Angeles Clippers 112-102 Los Angeles Lakers
Assurément La grosse affiche de la soirée, voire de la semaine. Quoi de mieux pour débuter la saison qu’un match entre frères ennemis luttant pour le trône de la cité des anges. Sur le papier en tout cas, cette affiche devait tenir toute ses promesses. Alors que la rencontre fut serrée durant les trois premiers quart-temps, les Clippers vont exécuter un run magistral (19-7) dans le dernier quart pour s’imposer 112-102. Grâce à Kawhi Leonard (30 points, 5 rebonds, 6 passes), titré avec les Raptors la saison dernière face son ex-coéquiper du soir Danny Green (28 points, 7 rebonds), les Clippers et leur banc (60 points inscrits) vont s’offrir une première victoire de prestige face aux Lakers de James (18 points, 10 rebonds, 8 passes) et Davis (25 points, 9 rebonds, 5 passes).
Classement
Bilans des joueurs de la Conférence Ouest
Tendance du début de saison
Les satisfactions du début de saison
Anthony
Davis (28.5 points, 11.5 rebonds, 3 contres)
Kawhi
Leonard (29.3 points, 7.3 rebonds, 5.7 passes)
James
Harden (35.3 points, 4.3 rebonds, 7.7 passes)
DeAndre Ayton (mention spéciale) : Le pivot bahaméen, premier choix de draft en 2018, a été suspendu par la NBA jeudi dernier pour infraction aux règles d’antidopage. Le pivot des Suns a été contrôlé positif à un diurétique et sera suspendu pendant 25 matchs.
Le pivot des Lakers a confirmé l’une des raisons pour lesquelles les dirigeants des Lakers voulaient l’associer à LeBron aux Lakers. Le numéro 3 s’est fendu d’un impressionnant double double en inscrivant 40 points et en prenant pas moins de 20 rebonds lors de la victoire contre les Grizzlies (120-91). Une performance exceptionnelle pour un joueur qui nous rappelle aux bons souvenirs du Shaq’ des années 2000 et qui prouve année après année qu’il est bien l’un des meilleurs au monde à son poste.
Chaque semaine Clutch Time vous propose de faire un bond dans le passé afin
de revivre et de réécrire un fait marquant de la NBA qui aurait pu changer le
cours de son histoire.
Cette semaine, on continue notre série avec un flashback vers l’année 2011. Alors que Chris Paul, joueur des Hornets (de la Nouvelle Orléans) arrive sur sa dernière année de contrat, les Lakers en pleine reconstruction, décident de passer à l’action afin d’attirer le meneur All-star lors de l’intersaison 2011. Mais rien ne se passera comme prévu.
La fin d’un cycle aux Lakers
A-t-on encore
besoin de présenter les Lakers de Los Angeles ? L’une, si ce n’est
l’équipe la plus emblématique de la ligue et du sport aux États-Unis, la
franchise californienne regorge de grands noms du basket décennies après
décennies depuis sa création en 1948. Au crépuscule de la décennie, les Lakers
restent sur une série exceptionnelle de trois finales consécutives ponctuée par
deux titres en 2009 et 2010. Tout va donc pour le mieux pour les
« Angelinos ». Pourtant, alors que le champion sortant claque un
nouvel exercice solide en saison régulière (57-25, 2ème à l’Ouest),
les hommes de Phil Jackson se plantent royalement au second tour des PO face
aux Mavericks de Dallas subissant un sweap retentissant. Une sortie bien
mal choisie pour le coach emblématique des Lakers, qui avait annoncé son
intention de quitter le banc des Lakers après un ultime exercice en guise de
tournée d’adieu.
Un retournement
de situation qui va progressivement plonger dirigeants et joueurs dans
l’incertitude la plus totale quant à la direction que va prendre la franchise
après cet échec cuisant. Il est important de rappeler à quel point les Lakers
ont laissé leur empreinte depuis plus de dix ans en NBA. Avec sept finales et
cinq titres, les violets et or sont parvenus à réinstaller Los Angeles au
centre des discussions et le Zen Master y est pour beaucoup dans cette
réussite. Autour du duo Kobe & Shaq puis de Kobe & Gasol, Phil Jackson
a su réunir les ingrédients qui firent sa réussite aux Bulls dans les années 90
afin de bâtir une nouvelle dynastie. Menée par son franchise player emblématique,
Kobe Bryant, les Lakers doivent désormais proposer un projet au moins aussi
ambitieux pour convaincre l’arrière all-star qu’il a fait le bon choix en
prolongeant en 2010.
Rebâtir un nouveau projet
Afin d’entamer
une reconstruction rapide, le GM des Lakers, Mitch Kupchak, souhaite ouvrir un
nouveau cycle pour une équipe jugée vieillissante et qui a besoin de sang neuf
pour être à nouveau compétitive. Une cure de rajeunissement nécessaire il est
vrai à la vue de la moyenne d’âge de l’effectif (30 ans) alors que certains
éléments arrivent en fin de contrat et que les Lakers disposent d’une marge
financière très limitée pour attirer un gros poisson. La free-agency 2011 n’est
guère plus intéressante aux yeux des dirigeants des Lakers. À l’exception du
cadet des Gasols (Marc) qui dispose d’une restricted option avec les
Grizzlies et du pivot texan Tyson Chandler, la franchise n’a guère plus de
choix pour opérer un changement important à moyen terme. Kupchak n’a d’autre
choix que d’entamer des négociations et monter un trade avec une
franchise et c’est vers le meneur des Hornets de la Nouvelle Orléans, Chris
Paul, que son choix se porte.
Les Hornets de Charlotte
Commençons
d’abord par un petit retour en arrière. La franchise des Hornets voit d’abord
le jour en 1988 du côté de la Caroline du Nord dans la ville de Charlotte.
Issue d’une expansion de la ligue à la fin des années 80, l’équipe ne tarde pas
à se faire un nom au sein de la ligue dans les années 90, autour de joueurs
talentueux de Mugsy Bogues à Larry Johnson en passant par Alonzo Mourning. Mais
au fil des saisons, la fréquentation du Coliseum de Charlotte diminua de
manière très inquiétante aux yeux des dirigeants. Le propriétaire George Shinn,
alors en délicatesse avec la justice, la ville et les finances, décide de
délocaliser la franchise vers la Nouvelle Orléans en 2002.
La Nouvelle Orléans, nouvelle ville pour un nouveau départ
La Nouvelle
Orléans va connaître une intégration compliquée durant ses premières années en NBA.
Débutant d’abord pendant deux saisons en Conférence Est, les Hornets seront
envoyés au sein de la Division Sud-Ouest de la Conférence Ouest dans laquelle
elle concourt encore aujourd’hui. Mais l’ouragan Katrina en août 2005 qui causa
la mort de plus de 1 800 personnes principalement dans l’état de la
Louisiane et au Mississippi va contraindre la nouvelle franchise de se relocaliser
temporairement à Oklahoma City (Oklahoma) dans le Ford Center (actuel
Chesapeake Energy Arena du Thunder) et il leur faudra patienter deux ans avant
de retrouver la Nouvelle Orléans lors de la saison 2007-08.
Les Hornets vont néanmoins tourner cette triste page de leur histoire et celle des Baron Davis, Jamal Mashburn, David Wesley et Jamaal Magloire pour se reconstruire autour de la draft 2004 et de son 4ème choix, Chris Paul. Le jeune meneur devient rapidement la star d’une équipe désespérément en quête d’ambitions depuis plusieurs saisons pour relancer une franchise engluée dans la seconde moitié de tableau. En dépit des recrues Peja Stojaković et David West, les Hornets ne parviennent pas à dépasser le stade du second tour des PO (2008) et il se dit alors que Chris Paul, à qui il reste une année de contrat, envisage sérieusement de poursuivre sa carrière sous d’autres couleurs que celle de la Nouvelle Orléans.
Lock-out 2011
En
raison d’un lock-out qui paralyse la ligue depuis plusieurs mois, joueurs,
propriétaires et officiels ne sont toujours pas parvenus à un accord pour débuter
l’exercice 2011-2012. La raison du désaccord tient principalement dans le fait
que plusieurs marchés sont moins attractifs que d’autres et que cette inégalité
sur le plan sportif se traduit aussi par des inégalités de revenus. Certains
dirigeants craignant qu’un écart plus important se creuse chaque année dans la
ligue alors que les joueurs défendaient leur salaire et une facilité de
transfert plus accrue, la NBA consent à signer une nouvelle convention qui
satisfait les parties.
Pendant que dirigeants et joueurs cherchent un accord, le propriétaire des Lakers, Jerry Buss, négocie depuis quelques temps avec les Hornets pour faire venir Chris Paul en Californie. Dans le cadre d’un échange incluant Houston, les Lakers proposeraient dans ce deal Pau Gasol (envoyé à Houston) et Lamar Odom afin d’attirer le meneur de jeu quadruple all-star. Difficile alors d’imaginer les autres propriétaires restant les bras croisés face à une situation contre laquelle ils luttent justement depuis plusieurs mois. L’information commence à faire grand bruit dans la presse et elle n’est pas du goût de tout le monde, à commencer par le commissaire de la NBA, David Stern.
Le Veto de la discorde
A l’époque, les New Orleans Hornets sont la propriété de la ligue qui doit trouver un nouvel acquéreur après le départ du sulfureux George Shinn. Dell Demps, le GM, est censé avoir les pleins pouvoirs depuis 2010 mais il s’avère que lors des négociations, David Stern himself s’est immiscé dans le dossier CP3 pour ne pas remettre de l’huile sur le feu avec les autres franchises. En mettant son veto sur ce transfert, le commissaire de la ligue voulait mettre tout le monde d’accord pour ne pas être en contradiction avec ses nouveaux engagements et risquer de prolonger le lock-out.
Quitte à empêcher un trade qui aurait pu (aurait dû ?) être
bénéfique pour les parties prenantes, Stern déclarera néanmoins que la faute
revenait en grande partie au GM des Lakers. De peur de ne pas opérer de
mouvements suffisamment intéressant pour la franchise californienne et par impatience,
Kupchak aurait décidé de rompre les discussions pour ne pas attendre que Chris
Paul devienne agent libre à la fin de la saison 2011-12. Les Lakers trouveront donc un accord avec les Mavs
pour balancer Lamar Odom à Dallas où il ne retrouvera jamais son niveau de jeu
et deviendra un paria de la ligue.
Cet échange semblait pourtant intéressant sur
le papier. Los Angeles envoyant d’abord Pau Gasol et Lamar Odom aux Hornets afin
de récupérer Chris Paul, les Hornets devaient échanger par la suite l’espagnol aux
Rockets contre Luis Scola, Kevin Martin, Goran Dragic ainsi qu’un premier tour
de draft 2012. En coulisse un joueur fulmine à l’idée d’avoir eu une telle
offre lui passé sous le nez, c’est Chris Paul. Le joueur de la Nouvelle Orléans
est mécontent de sa situation en Louisiane. Le meilleur meneur de la ligue est
lassé de perdre plus de matchs qu’il n’en gagne, il ne s’imagine pas honorer sa
dernière saison et décide de stopper les entraînements avec les frelons à la
reprise des matchs de saison régulière.
Pire encore l’entourage du joueur avance l’hypothèse
qu’une plainte pourrait être déposée contre la ligue et David Stern pour
contester cette décision. Les Hornets doivent donc s’activer afin de récupérer
une contrepartie suffisamment intéressante pour CP3 tout en faisant gaffe de ne
pas froisser les autres franchises et son meneur de jeu. Et à la surprise
générale Paul va bel et bien atterrir en Californie mais sous les couleurs des
Clippers. La NBA donne son aval pour ce transfert mais la contrepartie dans cet
échange est néanmoins très maigre pour la franchise. Pour avoir balancer un
joueur all-star, champion olympique, meilleur passeur et intercepteur de son
histoire, les Hornets récupère l’arrière Eric Gordon, les intérieurs Chris
Kaman et Al-Farouq Aminu ainsi qu’un premier tour de draft 2012 (Austin
Rivers).
Depuis 2011
Chris Paul aux Lakers ça aurait pu
avoir de la gueule quand même ! Imaginez un instant une association entre
le meilleur meneur de l’époque avec le meilleur arrière shooter de sa génération,
des soirées de playoffs, dans un Staple Center des grands soirs comme à l’époque
du Shaq et de Kobe. Les Lakers auraient bien évidemment pu être des sérieux
candidats au titre à l’heure des « Tres Amigos » de Miami et des redoutables
Spurs. Ce trade aurait évidemment bouleversé la hiérarchie de la NBA en
inversant plusieurs tendances à commencer par celle des Clippers qui n’auraient
probablement jamais enchaînés les campagnes de PO entre 2012 et 2017, de San
Antonio ou Oklahoma qui n’auraient peut-être jamais jouer les finales 2012,
2013, 2014. Enfin Kobe Bryant aura pu remporter de nouvelles bagues, approchant
un peu plus son père spirituel, Michael Jordan en s’installant un peu plus dans
le gotha des plus grands et offrant enfin un titre à Chris Paul.
Le meneur aux neuf sélections au All-Star
Game n’a néanmoins toujours pas trouvé la bonne formule et les succès qu’il
aurait aimé accomplir en carrière, que ce soit aux Clippers de 2011 à 2017 puis
lors des deux derniers exercices du côté des Houston Rockets. Devenu
indésirable aux Texas, le joueur de 34 ans tente un nouveau challenge cette
saison dans l’Oklahoma, un lieu qui l’a vu débuter dans la ligue de 2005 à 2007
au moment de l’ouragan Katrina. Les Lakers vont quant à eux enchaîner des
saisons de moins en moins bonnes et vont lentement glisser vers un marasme
sportif dont ils ne se relèveront pas avant 2018, saison de la signature du
meilleur joueur de la ligue, LeBron James.
Petit top 10 de Chris Paul sous le jersey des Hornets
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