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  • Le retour de Klay Thompson : entre certitudes et problématiques

    Le retour de Klay Thompson : entre certitudes et problématiques

    Alors que tous les regards côté Warriors se portaient avec appréhension vers une fin de saison très longue mentalement et une Draft lottery appétissante, quelques mots suffirent pour évoquer des souvenirs d’un passé lointain, accompagnés de sourires béats : Klay Thompson peut s’entraîner normalement.


    QUE S’EST-IL PASSÉ ?

    Interception de Stephen Curry. Peut-être celle de trop. Sa 116ème sur la saison, et on saura plus tard que c’était sa dernière sur cet exercice et très certainement l’une des plus importantes de toute sa carrière.

    Game 6. Californie. Tout se passe dans la regrettée Oracle Arena à Oakland. 3ème quart-temps. La tension est palpable, dans la salle et à travers nos écrans. Des Warriors en feu viennent de repasser devant les Raptors pour la première fois depuis 12 minutes. Ces mêmes Raptors qui mènent 3 victoires à 2 sur ces Finales NBA. Bref. Des Finales serrées comme on les aime.
    Balle à Toronto, l’attaque est longue, très longue, la défense des Warriors est parfaite : close-outs, dissuasion, aide défensive. 7 secondes sur l’horloge des 24, Kyle Lowry tente un drive de la dernière chance, il trébuche sous la pression, Curry récupère le ballon et lance une contre-attaque. Passe parfaite pour Klay Thompson, héros du quart-temps, absolument intouchable sur ce match, qui s’élance pour un dunk… Danny Green arrive tard dans les airs. Klay chute et grimace : rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche.


    Klay Thompson se tient le genou, quelques secondes après sa terrible réception.
    © Photo par Lachlan Cunningham / GETTY IMAGES


    Seulement quelques jours après sa tension ressentie au niveau des ischio-jambiers de sa jambe gauche, le Warrior se retrouve à terre. Le lien se fait très rapidement, et le staff médical s’en ronge vite les doigts : il a repris trop tôt, enjeu oblige. C’est le match crucial pour la dynastie Warriors, qui voulait marquer l’histoire d’un triplé.
    Malheureusement, comme l’explique bien la vidéo du Docteur Brian Sutterer, les ischios-jambiers protègent les ligaments croisés antérieurs, et la tension qu’a ressenti Klay n’a fait qu’augmenter le risque de blessure.

    Les premiers diagnostics sont terribles, et beaucoup parlent de 2 ans d’arrêt, notamment avec l’étude de deux docteurs sur le temps d’arrêt d’un sportif après une blessure comme la sienne.
    Le principal intéressé en rigole et affirme que son objectif est de disputer les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.

    C’est un an et 6 jours plus tard, le 19 juin dernier, qu’Anthony Slater, insider des Warriors pour The Athletic, annonce que Klay Thompson peut désormais s’entraîner sans aucune contrainte.
    Énorme soupir de soulagement côté Warriors, auteurs, lors de l’exercice 2019-20, d’une des pires saisons de leur histoire.
    Orphelins d’un trio Curry – KD – Thompson double champion NBA, leurs performances ont été loin de faire l’unanimité, accumulant seulement 15 victoires en 65 matchs.

    Âgé aujourd’hui de 30 ans, approchant petit à petit du dernier tiers de sa carrière, Klay a une mission : revenir plus fort et gagner.
    Il l’illustre parfaitement dans le mini-documentaire ABOVE THE WAVES diffusé sur sa chaîne Twitter le 6 mai dernier, témoignage d’une année compliquée et longue pour le quintuple All-Star.

    Nous sommes si désireux de prouver à nouveau que tout le monde a tort…

    Klay Thompson – Documentaire Above The Waves

    TOUT CELA ARRANGE BIEN LES WARRIORS…

    Délaissé par Kevin Durant au profit de Brooklyn, privé de Curry une bonne partie de la saison et donc de Thompson, les Warriors retrouvent donc le sourire.

    Les « Splash Brothers » peuvent enfin se reformer après 1 an d’arrêt.


    Les « Splash Brothers » sont prêts à s’envoler vers le trophée Larry O’Brien à nouveau.
    © Photo par Ezra Shaw / GETTY IMAGES


    Nommé en 2019 pour la première fois dans une NBA All-Defensive Team (2nd), c’est un Klay motivé que nous allons retrouver. Imprégné de cet « ADN Warriors », à l’image de ce retour Kobe-sque sur le parquet quelques instants après sa terrible blessure, il affirme être prêt à revenir à 110% sur les terrains, encore plus affamé qu’avant.

    https://youtu.be/xLqeH7D5V3A?t=112

    Après avoir vécu une baisse d’efficacité sur les dernières saisons, liée au fait qu’il ne peut pas maintenir un niveau comme lors de l’exercice 2015-16 toute sa carrière, mais aussi par la présence de Kevin Durant qui a bousculé la hiérarchie, Klay peut désormais retrouver sa tendre place. Place de 2ème menace offensive derrière Curry. Place qu’il attend de retrouver depuis 4 ans maintenant. Place qu’il affectionne particulièrement.

    Avec l’arrivée d’Andrew Wiggins, le possible first pick à la draft, la révélation de jeunes joueurs comme Eric Paschall, le retour de Klay marque l’ambition et les prémices d’un exercice 2020-21 qui risque d’être fort alléchant pour les Dubs.


    On pourrait se poser la question de son niveau de jeu. Changera-t-il ? Est-il dangereux, comme Derrick Rose à l’époque, de continuer à jouer comme il le faisait avant sa blessure ? Il suffit de regarder le nombre de drives qu’il effectuait par match lors de sa dernière saison (4,4) et on se rend bien compte qu’il n’y a aucune raison de changer ou de modifier son jeu. Son genou devra bien évidemment être moins sollicité, surtout sur les débuts mais son jeu correspond parfaitement.

    Rappelons qu’en 2018-19, 80,9% de ses tirs réussis provenaient de passes décisives. Cela correspond à 1281 de ses 1680 points totaux. Mieux encore : Golden State est avantagé niveau victoire quand il est au-dessus de cette moyenne, avec lors de ces victoires, un pourcentage qui grimpe à 82,9% en moyenne ! On sait pertinemment que ce chiffre risque fortement de grimper, à l’avantage donc du joueur et de l’équipe.

    Cependant, l’aspect le plus intéressant de son jeu est évidemment le catch & shoot 1.
    Ce dernier occupait tout simplement 46% de ses tirs en 2018-19 ! S’il s’ajuste bien à sa blessure, ce registre devrait occuper une place encore plus grande, dans un jeu encore moins agressif vers le cercle. Même si 73,4% de ses tirs en catch & shoot proviennent de tentatives à 3 points, les pourcentages sur ce type de tir ont été très poussifs, atteignant son pire effective field goal percentage 2 en carrière sur C&S.
    Cela est forcément lié au fait qu’il ait produit son pire pourcentage à 3 points depuis sa saison rookie… Un pourcentage tout de même de 40.2%.

    Une incertitude qui nous emmène directement sur notre dernière partie…

    POURRA-T-IL CONTINUER AU MÊME NIVEAU ?

    Une question majeure peut d’ores et déjà se poser : collectivement, était-ce une saison seulement sans réussite ou la fin d’un groupe qui aura marqué une génération ?

    Cette question peut s’appliquer directement sur le n°11 cher à cette franchise. L’intéressé affirme lors d’une interview avec nos confrères d’ESPN que cette dynastie n’est pas finie.

     Dire que la dynastie va disparaître, je pense que c’est un peu crédule, parce que je vais revenir plus fort et plus athlétique !

    Klay thompson – NBA on ESPN (août 2019)

    Mais là où on peut se poser des questions concernant Klay et son retour, c’est tout simplement sur son efficacité aux tirs.
    C’est ici qu’on l’attend offensivement. Il doit être efficace aux tirs, mais d’autant plus que le nombre de drives qu’il effectuait va certainement diminuer. Moins de drives, plus de shoot extérieur. C’est mathématique.

    Et s’il continue sur la dynamique de ses 4 dernières saisons, sans prendre en compte sa blessure, cela ne risque pas d’être super propre…


    Représentation de différentes statistiques aux tirs en fonction de l’âge de Klay


    On constate un 3PA rate 3 en baisse constante depuis quelques années, symbole d’un Klay changé, qui en 2018-19, tire 5% en moins à 3 points par rapport à sa saison 2016-17.
    Ce changement a conduit dans un premier temps à une explosion de son pourcentage à 3 points (3P%), mais qui n’a pas fait énormément augmenter son pourcentage aux tirs réels 4 (TS%).
    Pour résumer : Klay introduit moins le shoot à 3 points dans ses tirs. Il shoote mieux, son pourcentage explose, mais ce n’est pas plus efficace qu’avant.

    Alors forcément, quand arrive une saison où les shoots ne rentrent pas autant qu’avant, comme lors de sa dernière saison, tous les pourcentages s’effondrent. Rien d’anormal jusqu’ici, tout est logique, mais c’est principalement le fondement de son apport offensif… C’est ainsi que ce dernier peut être remis en cause. Ainsi nous venons de soulever un premier point. Mais soyons honnêtes, ce ne sont que des suppositions, les longues blessures favorisent généralement l’amélioration de l’adresse, et Klay n’a jamais fait pire que 40,2% à 3 points.


    Voyons alors un autre point, plus concret, qui sera son temps de jeu. Véritable pile électrique, Klay est habitué aux longs efforts et a été classé consécutivement 16ème et 20ème lors de ses deux dernières saisons en termes de minutes jouées par match. Impossible aujourd’hui de prédire l’avenir, mais on se doute qu’il ne va pas faire des matchs à 40 minutes tout de suite.
    Pourra-t-il impacter autant ? On sait très bien qu’il peut prendre feu sur de courtes durées de jeu, comme ce fameux 3ème quart-temps où il inscrivit 37 points.

    Voyons ça avec un tableau :


    Tableau représentatif de diverses statistiques en fonction du temps de jeu inférieur à 30 min et de tous ses matchs joués


    On remarque immédiatement que les stats de Klay lorsqu’il a joué moins de 30 minutes sont sensiblement égales à celles qu’il a réalisé lors de la saison 2018-19.
    Apport possiblement équivalent sur un temps de jeu réduit, c’est intéressant.
    Cependant, c’est à prendre avec des pincettes. En effet, la plupart de ces matchs étaient gagnés facilement (écart moyen de 16,4 points) et contenaient les grosses performances de Klay, dont le match avec ses 14 trois points.

    Difficile de juger au final, mais on se doute que même avec un Klay à 26-28 minutes par match pour commencer, les adversaires auront de quoi avoir peur. Les signes de la baisse de minutes peuvent également provenir d’éléments externes, notamment la Draft NBA.
    Les Warriors sont actuellement en pole position, donc avec le plus gros pourcentage (14%), pour accueillir le premier choix de la prochaine Draft. Un joueur revient pas mal sur les tabloïds concernant le choix des Warriors : Anthony Edwards. Poste ? Arrière. Talent ? Incontestable.
    S’il atterrit chez les Dubs, il pourrait rapidement mettre une certaine pression sur Klay, surtout si ce dernier ne revient pas à son niveau.


    Statistiquement, 4 joueurs ont été dans le cas de Klay Thompson dans l’histoire, c’est-à-dire avoir une rupture des ligaments croisés l’année où on est All-Star.
    Les 4 joueurs sont : Kristaps Porzingis, Derrick Rose, Tim Hardaway et Bernard King.

    Quel a été l’impact de cette blessure sur ces 4 joueurs ? Pas aussi important qu’on pourrait le croire. Peut-être un peu tôt pour le dire sur le cas Porzingis, surtout après quelques petites alertes sur sa saison de retour (genou opposé).
    Autre cas compliqué : la résurrection assez longue de Derrick Rose, subissant d’autres problèmes physiques, mais capable d’enchaîner les saisons à très bon niveau malgré pas mal d’absences.
    Les 2 derniers joueurs, Hardaway et King, ont pu suivre une carrière très honorable, compilant 3 apparitions post-blessure au All-Star Game à eux deux, « Tim Bug » s’éclatant en Floride et Bernard retrouvant son niveau à Washington.

    Deux écoles donc pour Klay : une fin de carrière semée d’embuches physiques, car la compensation liée à la sollicitation de son genou peut lui poser des soucis comme pour D-Rose, ou une fin de carrière honorable, après des premières années post-blessure parfois irrégulières, compliquées physiquement et mentalement, mais retrouvant son niveau petit à petit, comme Tim Hardaway.

    Qu’en est-t-il de sa défense ? Il maitrise les fondamentaux défensifs de A à Z, on le sait. Mais physiquement parlant, que pourra-t-il faire ? Pourra-t-il encore maintenir ses adversaires directs sur le poste d’arrière à un pourcentage aux tirs de 38,3% ? Sans parler de son contrat, qui en ses temps durs, pourrait devenir l’un des moins rentables de la Ligue s’il ne revient pas à son niveau…

    Le retour de Klay Thompson, c’est du bonheur, de la joie pour les fans de la balle orange. Plus d’un an après sa blessure, le revoilà sur le devant de la scène, courant, sautant, dunkant… Preuve que même en ces temps difficiles, une nouvelle peut nous redonner le sourire.
    Cependant, rien n’est fait pour Klay au sein de cet effectif. Il a su prouver dans le passé, il devra se battre pour revenir au meilleur des niveaux, dans un parcours semé d’incertitudes.

    Sources : The Athletic, ESPN, NCBI, NBA.com, Heavy.

    Lexique :

    1 – Le catch & shoot (ou C&S) : action où le joueur reçoit le ballon et tire en première intention sans avoir posé le dribble.
    2 – L’effective field goal percentage (ou eFG%) : statistique calculée en prenant en compte le fait qu’un panier à 3 points est 1,5 fois plus important qu’un panier à 2 points. Plus le joueur est adroit à 3 points, plus son eFG% sera élevé.
    3 – Le 3PA rate (3PAr) : pourcentage du nombre de tirs à 3 points pris par rapport au nombre de tirs totaux.
    4 – Le pourcentage aux tirs réels (ou TS%) : statistique d’adresse englobant tous les tirs et prenant en compte les lancers-francs.

  • Denise Long : La pionnière venue de nulle part

    Denise Long : La pionnière venue de nulle part

    Avec l’arrivée du nouveau contrat de la WNBA qui offre une vision positive quant à la direction que prend le Basket féminin, ClutchTime vous propose de revenir sur l’histoire d’une femme unique dans l’histoire de la balle orange, une pionnière qui n’a jamais éprouvé l’envie ou le besoin de le devenir.

    Denise Long est née en 1951 dans une petite ville de l’Iowa nommée Whitten et peuplée d’environ 170 habitants. Joueuse du Lycée Union-Whitten de 1965 à 1969, Denise démontre tout son talent aux yeux du monde, lui offrant l’insigne honneur de devenir la première femme draftée en NBA. Pourtant, cette petite fille de l’Iowa n’a jamais eu l’intention d’avoir un tel impact sur son sport, son seul souhait par-dessus tout était de devenir championne avec son Lycée.

    Denise Long qui prend un hook sur la tête de Nate Thurmond
    Source : Art Frisch, The Chronicle 1969

    La naissance d’une Pionnière

    Denise Long n’est pas née dans le Basketball, durant son enfance, son premier amour fut le Baseball ainsi que le Cheval. Ce n’est que vers ses 14-15 ans que son coach de basket lui fait vendre son cheval pour se concentrer intégralement au Basket-ball, décision fortement influencée par la présence de sa sœur.

    La sœur de Denise était son modèle dans la vie et motivée par l’envie de devenir la meilleure joueuse de Basketball de l’Iowa, elle souhaitait venger sa sœur qui a connu un certains nombre de défaites et de déceptions dans sa carrière, incitant Denise à se concentrer avec toute son énergie dans ce sport.

    Poussée également par l’envie de faire plaisir à son coach, elle fait preuve d’une éthique de travail remarquable avec plus de 4 heures d’entraînements par jour et surtout aucune excuse pour ne pas devenir la meilleure.

    À tel point qu’un journaliste sportif passera un jour par le parc où elle s’entraîne habituellement et y croisera Denise, s’entraînant sous – 11 degrés. Cela le pousse même à écrire un article sur cette scène incroyable.

    Selon Denise elle-même, c’est en 6th Grade, à l’âge de 11 ans, qu’en battant une équipe de fille de 2 ou 3 ans plus âgées, qu’elle réalisera que non seulement elle aime ce sport mais également que ce sport a l’air d’être innée chez elle et c’est donc a 12 ans qu’elle fait un pacte avec elle-même afin de devenir la meilleure joueuse de Basket de la région.

    Denise Long à droite saluant le joueur des Warriors, Stephen Curry
    Source : Michael Macor, The Chronicle

    Ailière de pas moins d’1 mètres 80, sa spécialité demeure alors le shoot à distance avant même que la ligne de 3 points n’existe, cela lui permettra de dominer très facilement sa ligue lycéenne avec plusieurs matchs à plus de 100 points. Cette domination fut notamment marquée par son match de 111 points inscrits contre le Lycée de Dows où Denise fera sortir sur faute la quasi-totalité de l’équipe adverse.

    Denise Long joue pendant 4 ans pour le lycée d’Union-Whitten de 1965 à 1969 dans une ligue féminine très différente d’aujourd’hui car 12 joueuses étaient alors alignées sur le terrain en même temps avec du 6 contre 6.

    Cette façon de jouer très différente a offert une grande notoriété à la ligue féminine lycéenne de l’époque qui favorisait de grosse performance offensive et des matchs avec des équipes à plus de 200 points. D’ailleurs, lorsque l’on voit la direction que prend la NBA aujourd’hui avec la philosophie « tout pour l’attaque », il est intéressant de faire le parallèle avec la grande notoriété de la ligue féminine lycéenne de l’époque qui jouissait d’une même célébrité en grande partie grâce à ce jeu offensif.

    Durant son année « freshman » (1ere année de lycée), Denise commence à prendre feu avec 920 points sur la saison mais ce n’est que le début car sur les 3 années suivantes, elle met 1388, 1946 et enfin un record de 1986 points pour sa dernière année ce qui lui donne une moyenne de 68,5 points par match.

    De cette façon, Denise domine sa ligue avec pas moins de 6250 points en 4 ans ce qui fut un record durant une très longue période avant qu’une certaine Lynn Lorenzen ne dépasse ce chiffre durant un match où Denise était venue assister à la rencontre dans les tribunes. Encore aujourd’hui, elle exprime énormément de respect envers Lynn d’avoir battu son record au vu de tout son travail accompli pour réussir cette prouesse.

    Pendant ses années Lycée, Denise va donc offrir l’étendue de son talent et son coach, Paul Echerman, la considérait même comme la 8e merveille du monde allant même jusqu’à dire à l’un de ses amis, avant de lui offrir son premier match en tant que titulaire, qu’il allait faire jouer la meilleure joueuse de l’histoire de l’Iowa.

    En même temps comment ne pas croire les paroles de son coach. Sa panoplie de taille, force, rapidité et vivacité combinée directement avec cette capacité à enchaîner les paniers de 9 mètres ou plus a fait d’elle une véritable légende. Même si elle regrette de ne pas avoir mieux développé son jeu a l’époque, il est incroyable qu’une petite fille de Whitten devienne une aussi grosse star locale.

    La quintessence de sa carrière Le Titre de 1968

    La section sport du « Des Moines Register » du 17 Mars 1968
    Source : Des Moines Register

    Il est important de rappeler également l’importance de Jeanette Olson dans son histoire.

    Jeanette Olson est une légende du Lycée d’Everly, grand rival de Union-Whitten et bien que Denise et Jeanette furent rivales, Denise a toujours considéré Jeanette comme son héroïne au niveau du Basketball.

    Elle l’a décrit comme une fille en avance sur son temps avec une technique et une vision de jeu incroyable pour l’époque et surtout, un tir en sortie de dribble impressionnant.

    Les grands matchs que les deux lycées se sont livrés ont créé une rivalité, mais surtout un rapprochement amical et un lien éternel entre Jeanette Olson et Denise Long et c’est pour cette raison que le match de la finale du championnat d’État organisé le 16 mars 1968 sera l’un des plus grands matchs de l’histoire de l’Iowa et du basket Féminin a 6 contre 6.

    Denise Long, E. Wayne Cooley et
    Jeanette Olson avant le match
    Source : Larry Cotlar

    Dans un Veterans Mémorial Auditiorium bondés de 15 000 personnes et pas moins de 3.5 millions de téléspectateurs dans 9 États différents, les deux Lycées vont s’offrir une bataille incroyable.

    Le Lycée d’Everly, de Jeanette Olson, va mettre en place une stratégie que beaucoup de lycée reproduisait également, mettre deux joueuses sur Denise pour l’empêcher de marquer (ce qu’on nomme aujourd’hui la « double team »).

    Cette technique fut « efficace » en limitant Denise à 64 points. Cependant, ce que le Lycée d’Everly n’avait pas prévu, c’était la montée en puissance de la cousine de Denise, Cindy Long, qui va se retrouver libre grâce à l’attraction offensive que procure Denise et qui va offrir une performance remarquable en inscrivant 40 points pour son équipe.

    Malgré les 76 points de Jeanette Olson, le Lycée d’Everly va s’incliner sur le score de 113 à 107 après prolongation et le grand cœur de Denise l’obligera à serrer dans ses bras sa rivale, Jeanette Olson, en lui déclarant que son équipe méritait également la victoire.

    Lorsque Denise raconte cette soirée, on voit non seulement un tout autre sport que le basket-ball traditionnel d’aujourd’hui mais surtout une époque très différente tels que des ajouts de points à l’une ou l’autre équipe durant la mi-temps après avoir oublié de les comptabiliser en première période.

    D’autre part, encore aujourd’hui, Denise a du mal à croire qu’elle ait rapporté à sa petite ville de moins de 200 habitants un titre tout en battant son héroïne et grande amie de toujours, Jeanette Olson.

    La Draft NBA de 1969 : Le tournant

    Présentation de Lew Alcindor, premier choix de la Draft 1969
    Source : Sports Illustrated

    Nous sommes le 7 avril 1969, Kareem Abdul-Jabbar, après un pile ou face historique, rejoint les Bucks de Milwaukee en premier choix de la draft NBA de 1969.

    Mais ce qui nous intéresse alors, c’est bien sûr la jeune Denise. Durant le 13e tour, Franklin Mieuli, propriétaire des Warriors en NBA à l’époque, va révolutionner la NBA en sélectionnant Denise Long qui sortait tout juste du Lycée à 19 ans.

    Au même moment, dans la petite ville de Whitten, Denise était à la Poste quand une personne viendra lui signaler qu’elle a été sélectionnée par les Warriors passant ainsi du jour au lendemain, d’une star locale à une star nationale.

    Ce n’est pas moins de trois pages qui lui seront consacrés dans le numéro de Sports Illustrated ce qui reste invraisemblable pour une basketteuse dans les années 60 et elle va même faire une apparition dans le Tonight Show. L’Amérique entière parle d’elle, mais la réalité était malheureusement bien moins belle.

    En effet, Franklin Mieuli n’a jamais eu l’intention de drafter Denise pour la faire jouer avec les Warriors mais plutôt comme un coup de com’ et c’est James Walter Kennedy, Commissaire de la NBA à l’époque, qui va empêcher ce choix non seulement parce que drafter des lycéens était interdit mais drafter des femmes l’était également.

    Cependant, même si Franklin Mieuli ne cache pas le fait de l’avoir drafté pour la publicité, il avoue tout de même plus tard :

    « I don’t know if women can play this game, but if anyone can, she can »

    Je ne sais pas si les femmes peuvent jouer au Basket mais si quelqu’un peut, elle peut

    Dans tous les cas, la Draft de Denise se révèlera être simplement une tentative de recrutement pour son projet de créer sa propre petite ligue « professionnelle » réservée aux femmes autour de quatre équipes, dont la star principale serait Denise Long et même si il ne payait pas ses joueuses, ce dernier utilisait différents prétextes, notamment la possibilité d’ouvrir le basket-ball féminin à une intégration au programme des Jeux Olympiques afin de ne pas payer ses joueuses.

    Denise jouera pendant un an dans cette fameuse ligue durant laquelle elle aura l’occasion de croiser Wilt Chamberlain en ville avec ses Lakers. Ce dernier, pendant qu’il lui signera un autographe, lui demandera s’il s’agissait bien de la fille qui avait battu ses records, ce à quoi elle répondra avec beaucoup de timidité et d’humilité :

    « Yes but i didn’t mean to »

    Oui mais je ne voulais pas

    Même si son expérience avec les Warriors n’a pas fonctionné sur le long terme, sa participation dans cette petite ligue féminine, même pendant une seule année, aura grandement participé au développement du basket-ball féminin, que ce soit avec l’inscription du basket féminin aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976, la première ligue professionnelle féminine en 1978 ou encore la création de la WNBA en 1996 grâce au regretté Commissaire de la NBA, David Stern.

    Le « choix » d’un train de vie paisible

    Denise long prenant quelques shoots dans la salle d’entraînement des Warriors
    Source : Michael Macor, The Chronicle

    À la suite de son année avec les Warriors, Denise ne supporte plus la vie californienne et le calme de l’Iowa lui manque, elle décide donc de retourner sur ses terres d’origine afin de poursuivre un cursus universitaire.

    Le manque de salaire des femmes dans le milieu du basket-ball dans les années 60-70 a placé Denise en face d’une réalité violente, l’abandon du basket-ball était nécessaire et d’ailleurs, elle reconnaît elle-même qu’à l’époque, elle ne se voyait pas jouer après le Lycée mais que le fait d’être drafté par les Warriors lui avait néanmoins offert une opportunité extraordinaire, même si elle ne se sentait pas à sa place en Californie, surtout au début des années 70.

    Sa notoriété après la draft et son année avec les Warriors lui montre les côtés néfastes de la célébrité. A l’Université, elle a dû faire face à des appels obscènes en pleine nuit, des rumeurs blessantes dispersées par des étudiants dont elle avait rejeté les avances ou encore une invitation dans une fraternité pour une soi-disant fête mais en se retrouvant là-bas, elle se rendit compte qu’elle était finalement la seule fille.

    Cependant, ce n’est pas que dans ses études que sa notoriété a eu un impact immense. Une fille d’un club de strip-tease utilisera même son nom pour ramener plus de clients ou encore un homme qu’elle épousera plus tard, tentera à tout prix de la ramener au basket-ball alors qu’elle en était sortie depuis longtemps déjà.

    Cependant, malgré tous ces à côtés, elle ne regrette pas d’avoir rejoint les Warriors et de fait, de s’être exposée à une notoriété nationale même si, lorsque Paul Eckerman, le coach qui lui a tout appris du basket, lui demandait si elle regrettait de s’être lancée dans le basket-ball, elle répond en rigolant :

    « You could’ve taught me Tennis or Golf »

    Tu aurais pu m’apprendre le Tennis ou le Golf
    (deux sports qui permettaient aux femmes de gagner leurs vies)

    Finalement, Denise se tournera vers Dieu et obtiendra un diplôme en éducation physique puis un diplôme en théologie biblique avant d’obtenir son diplôme de Pharmacienne a l’université de Drake et de devenir Pharmacienne jusqu’à sa retraite.

    Pour ce qui est de sa vision du basket-ball après son arrêt, elle reconnaît que le basket-ball a 6 contre 6 qu’elle pratiquait était bien plus intéressant et amusant.

    Surtout, comme le rappelle Jean Berger, ancienne joueuse des Huskies, le 6 contre 6 était un jeu différent qui empêchait les comparaisons avec les garçons. Le basket-ball féminin a perdu de sa notoriété lorsque le 6 contre 6 a été enlevé alors qu’à l’époque de Denise, dans l’Iowa, le basket-ball lycéen féminin était plus connu que le basket-ball masculin.

    Aujourd’hui, Denise à l’impression que la suppression du 6 contre 6 a retiré l’unicité du basket-ball féminin et a ouvert la porte aux comparaisons masculines ce qui, selon elle, était impossible car les femmes ne pouvaient pas jouer aussi bien que les hommes.

    Elle reconnaît, par ailleurs, que durant des matchs d’exhibition ou des entraînements avec les Warriors, elle n’osait pas attaquer la raquette contre les hommes et cela se comprend sachant qu’à son époque, Nate Thurmond était le pivot des Warriors ( 2 mètres 11 pour 102 kilos).

    Quoi qu’il en soit, la carrière de Denise peut sembler minime pour beaucoup mais en réalité, sans le souhaiter, elle a ouvert la porte a une génération de femmes qui se sont accrochées à la même idée que Denise Long et même si elle a abandonné officiellement le basket-ball à la fin du Lycée, son histoire sera toujours étroitement liée à ce sport.

    D’ailleurs, Denise n’a pas réellement arrêté de jouer car durant l’été 1973 par exemple, elle a joué pour une équipe chrétienne mais également en 1979 où elle sera encore acclamée par un public conquis qui se souviens encore, même 10 ans après, de la légendaire joueuse de l’Iowa.

    Pour finir, son intronisation au Hall of Fame en 1975 montre l’importance et l’impact que cette femme a eu sur le basket-ball féminin spécifiquement depuis que le parc où la jeune Denise Long s’entraînait de longues heures tous les jours dans sa jeunesse, qu’il fasse 35 degrés ou – 11 degrés, porte aujourd’hui son nom.

    Pas mal pour une fille dont le rêve était simplement de gagner un championnat d’État.

  • Andre Iguodala : le 6e homme sacré MVP des Finales 2015

    Andre Iguodala : le 6e homme sacré MVP des Finales 2015

    La NBA s’est dotée de plusieurs histoires surprenantes au cours de ces dernières années. Ce fut le cas lors de la Finale 2015 avec le titre de MVP pour le 6e homme : Andre Iguodala. Dans un futur plus ou moins proche, les spécialistes NBA pourront se demander comment ce trophée a été refusé aux stars comme Curry, Thompson ou encore Green. C’est pourtant avec beaucoup de logique que les journalistes ont choisi un joueur qui a fait basculer la série et amorcer le début d’une longue période de domination des Warriors.

    Qui aurait pu deviner, qu’Andre Iguodala, 6e homme de Golden State lors de la saison 2014-2015, allait devenir le premier MVP des Finales de cette génération des Warriors version Curry & co ! Arrivé à 30 ans dans la Bay après une seule saison à Denver (éliminé par Golden State au 1er tour), Iguodala signa un contrat de 4 ans pour 48M$. Le GM Bob Myers et son staff ont ainsi pu récupérer un All-Star (une fois en 2012), capable de partager la balle (5.4pds) et surtout d’apporter en défense (1.7ints).

    Titulaire lors de sa première saison sous ses nouvelles couleurs, sa moyenne de points a considérablement chuté en présence de joueurs offensifs tels que Stephen Curry, Klay Thompson et David Lee. Le bilan de cette première année est mitigé avec 19 rencontres manquées en saison régulière et une élimination douloureuse au premier tour des Playoffs face aux Clippers. Le Game 7 perdu à Los Angeles fut le dernier match coaché par Mark Jackson, le choix de son successeur dans les semaines qui ont suivi cette désillusion, a fait basculer la franchise dans une nouvelle ère.

    Steve Kerr et Andre Iguodala via Basket USA

    Steve Kerr avait le choix entre les Knicks et les Warriors, et le coach rookie a eu le nez fin en choisissant un roster jeune et prometteur tout en étant encadré par de solides vétérans (Barbosa, Bogut, Livingston et Iguodala). L’un de ses premiers choix marquants fut de placer Iguodala sur le banc en tant que 6e homme afin de faire de la place dans le cinq pour Draymond Green. Dès le mois d’août 2014, le coach évoqua cette possibilité en essayant de ne pas froisser la recrue phare de la saison dernière.

    « Andre a débuté la saison passée, ce qui sera probablement encore le cas cette année, mais nous avons beaucoup d’options car nous avons de bons joueurs avec Draymond Green et Harrison Barnes. »

    Steve Kerr via SI.com

    A 31ans, et après 758 matchs NBA tous débutés, Iguodala a dû se résoudre à laisser la place aux jeunes joueurs que sont Barnes et Green. En le plaçant sur le banc, Kerr s’est doté d’un playmaker de grande classe dans la second unit. L’idée semble ingénieuse, mais l’ailier a connu quelques difficultés d’adaptation en affichant ses pires moyennes statistiques en carrière : 7.8pts, 3.3rds, 3pds, 1.5ints.

    « Était-ce le début de la fin pour moi ? Je ne voulais pas le penser, mais chaque joueur sait que ses jours sont comptés, et quand un starter est transformé en joueur de banc, c’est juste un de ces moments où vous commencez à vous demander si la fin arrive plus tôt que vous ne le pensez. »

    Andre Iguodala dans son livre « The Sixth Men »

    En revanche, sur le plan collectif, le pari de Steve Kerr porta ses fruits en plaçant Golden State meilleure attaque de la ligue, et le parcours est globalement maîtrisé en Playoffs (12v-3d) jusqu’aux Finales face aux Cavaliers. Le Cinq de départ fut identique tout au long des Playoffs à l’Ouest et Iguodala continua de sortir du banc pour le bien de l’équipe. Chargé de défendre sur le meilleur scoreur adverse, son duel face à LeBron James est présenté comme une des clés de cette série.

    Andre Iguodala en défense sur LeBron James via Hoopshabit.com

    Annoncés favoris de ces Finales, les Warriors ont également eu la chance de voir Kyrie Irving sortir sur blessure avant la fin du Game 1 sans oublier que Kevin Love était déjà absent pour cette série. James a est allé à la guerre avec Matthew Dellavedova, Timofey Mozgov et Iman Shumpert

    Et pourtant, avec seulement 97.3pts de moyenne par match, les Warriors pataugèrent en attaque et voilà que les Cavaliers se sont permis de mener la série 2-1 à la fin d’un Game 3 globalement dominé par James : 40pts dont 14 dans le dernier quart-temps. C’est après cette défaite que le staff des Warriors décida de se réunir afin de prendre une décision qui fera basculer le destin de cette franchise.

    Nic U’Ren est un jeune assistant vidéo de 28 ans au sein des Warriors, qui, lors d’un déjeuner entre collègues proposa une idée à Kerr en s’inspirant du small ball des Spurs la saison dernière.

    « J’ai simplement expliqué qu’ils avaient titularisé Diaw au lieu de Splitter et que titulariser Andre était à étudier. Nous voulions lui dire à temps afin qu’il puisse regarder la vidéo du match et prendre une décision. »

    U’Ren via Yahoo ! Sports

    Une idée validée par Steve Kerr, pour qui des choses devaient être indubitablement modifiées dans le jeu.

    « Je ne pense pas que c’était risqué parce qu’ils étaient en train de nous botter les fesses. Nous étions en train de courir dans la boue. »

    Steve Kerr via Yahoo ! Sports

    Ce changement opéré pour le Game 4 a marqué à jamais l’entrée des Warriors 2015 dans l’histoire avec un retournement de situation en leur faveur. Grâce à U’Ren, les Warriors ont amélioré significativement leurs stats avec un lineup de petite taille.

    Chiffres des Warriors en fonction des lineups utilisés via ESPN

    Le retour d’Iguodala dans le cinq de départ a permis de remporter un Game 4 important et avec la plus grosse marge de la série (+21). Son apport en attaque (22pts) tout comme sa défense sur James (0pt dans le 4e quart-temps) ont pesé sur le résultat de la rencontre. La suite ne fut que plus belle avec deux nouvelles victoires pour sceller le sort des Cavaliers et ainsi glaner le 4e titre de la franchise californienne. Le rôle d’Iguodala a été d’une importance cruciale durant cette série avec des chiffres à la hauteur d’un All-Star (sauf pour les lancers-francs : 35.7%).

    Les moyennes statistiques d’Iguodala lors des trois premiers tours de Playoffs et lors des Finales

    Son impact à partir du Game 4 et sa performance lors du Game 6 (25pts) ont marqué les esprits, si bien que les journalistes lui ont accordé 7 votes sur 11 pour le titre de MVP des Finales, le reste des votes étant attribués au valeureux perdant LeBron James.

    Pour la première fois de l’histoire, un remplaçant est devenu MVP des Finals. Toujours plus étonnant, Iguodala a obtenu ce trophée en jouant aux côtés du MVP de la saison régulière : Stephen Curry. Pour retrouver un tel scénario, il faut remonter en 1980 avec les Lakers et Magic Johnson dans le rôle du MVP des Finales et Kareem Abdul-Jabbar dans celui du MVP de la saison.

    Stephen Curry et Andre Iguodala à la fin du Game 6 – Photo by Jesse D. Garrabrant via Getty Images

    L’attribution de ce trophée est d’autant plus surprenante que l’ailier l’a obtenu avec des futurs Hall of Famers dans son équipe avec Curry, Thompson, Green, et ce dernier ne manqua pas d’ailleurs de le remercier.

    « Il a été énorme tout au long de la série. Mais il a sauvé cette saison pour nous. C’est un professionnel et ça s’est vu, et c’est pourquoi il est le MVP de cette série et c’est pourquoi nous sommes champions. »

    Draymond Green via ESPN

    L’heureux élu a même eu le droit à des compliments de la part de LeBron James.

    « Ce n’est jamais du un contre un, mais je pense que sa capacité à jouer à plusieurs positions pour son équipe avec certains de ces autres gars a permis à leur équipe d’être si dynamique »

    LeBron James via ESPN

    Une belle et surprenante histoire d’un 6e homme devenu MVP des Finales d’une équipe aux prémices de sa domination. Le professionnalisme d’Iguodala, ainsi que l’idée amenée par le jeune U’Ren ont permis entre autre de lancer une dynastie pour la deuxième moitié des années 2010.

    https://www.youtube.com/watch?v=RhQkm8YbVuo
  • Le titre ou l’argent : Un dilemme important pour un joueur NBA

    Le titre ou l’argent : Un dilemme important pour un joueur NBA

    En ces temps difficiles, ClutchTime continue de vous offrir une immersion dans l’univers de la NBA et aujourd’hui, ClutchTime vous propose de découvrir un acte de grande classe que peu de joueurs dans la ligue ont eu le courage de réalisé, sacrifier l’aspect financier de sa carrière au profit de l’aspect sportif.

    Dirk Nowitzki, roi du sacrifice financier

    Que ce soit Dirk, en passant par Durant ou même Lebron, nombreuses sont les superstars de la NBA qui ont accepté ce que l’on appelle une « Paycut » pour pouvoir offrir à leurs franchises une réelle possibilité de constituer la meilleure équipe possible et même si cette pratique marche souvent, cela n’a pas eu un effet bénéfique pour tous.

    Une paycut est donc le fait de sacrifier une partie de son salaire potentiellement accessible, généralement dans le but d’améliorer l’équipe pour laquelle on joue.

    Un sacrifice réservé au Star ?

    Pour réellement parler de « sacrifice », il est rare de parler de simple role player et cela concerne très souvent les grandes Stars de la ligue.

    La raison est simple, les paycuts sont très souvent réalisés au détriment d’un possible contrat maximum par un joueur, et les seuls joueurs qui ont accès à ce type de contrats sont les Superstars de la NBA.

    Cependant, il est nécessaire de nuancer ce propos car certains joueurs qui ne sont pas considérés comme des Superstars ont déjà accepté de sacrifier une partie de leurs salaires pour l’équipe donc même si ce sacrifice concerne souvent les grandes stars, il ne leur est pas uniquement « réservé » .

    Un sacrifice irrespectueux envers les Stars ?

    L’idée est donc simple pour le joueur, sacrifier le côté financier de la NBA dans le but de mettre toutes les chances de son côté vers l’aspect sportif et même si cela peut sembler être une décision assez logique ou acceptable pour une personne qui ne suit pas la NBA, cette pratique est tout de même assez rare.

    À l’image des Chris Paul, Russell Westbrook ou même Stephen Curry, le contrat maximum reste le choix majoritaire et ultime d’une Superstar de la NBA mais également le choix logique lorsque l’on connaît la face cachée de cette pratique.

    Kevin Durant tenant son trophée de MVP des finales
    Source : Jason Miller/Getty Images

    Danny Chau, rédacteur du Ringer, avait notamment évoqué la question en s’appuyant sur le cas de Kevin Durant avec les Warriors :

    « Durant’s decision makes it painfully clear that it will always be the players who have to make ‘sacrifices,’ never the owners. »

    La décision de Kevin Durant montre clairement que ce seront toujours les joueurs et jamais les propriétaires qui feront les sacrifices.

    Cette critique vient directement de la signature de Kevin Durant pour un contrat avec une paycut qui aurait permis de signer Andre Iguodala et Shaun Livingston et donc de garder l’équipe intacte.

    Cependant, l’équipe aurait pu, en réalité, signer les 3 joueurs avec Kevin Durant au maximum en payant une Luxury tax, montant supplémentaire imposée par la ligue dès lors qu’une franchise dépasse la limite des salaires de son équipe. Plus l’équipe dépasse cette somme, plus elle doit payer.

    On voit donc un réel problème d’éthique et une possible manipulation de certaines organisations envers leurs joueurs et cette problématique ne va pas s’atténuer suite à la hausse des salaires chaque année en NBA et la multiplication de bons joueurs qui s’imaginent déjà être Superstar.

    Un sacrifice nécessaire à la réussite d’une franchise ?

    Depuis 2010, presque toutes les équipes championnes, voire même finalistes ont connu au moins un joueur qui n’était pas payé à sa juste valeur.

    Que ce soit un choix volontaire ou non, il est presque indispensable d’avoir des joueurs qui sacrifient l’aspect financier de leur carrière au profit de l’aspect sportif et cela s’applique au Star mais aussi à d’autres joueurs très importants.

    Par exemple, Ray Allen avec Miami en 2013 était payé environ 3 millions l’année a 37 ans et même si cela semble être normal, lorsque l’on voit son apport sur les finales 2013, on peut se dire qu’il en valait un peu plus tout de même.

    Dans un autre registre, le salaire du MVP de la saison 2015, Stephen Curry, qui remportera les finales NBA avec un salaire de seulement 11 millions la saison et même si cela est logique vu que c’est un contrat signé quelques années auparavant, cela reste un cas de joueur sous payé par rapport à son apport sportif.

    Pour ne pas s’éparpiller, nous allons nous concentrer ici sur les principaux joueurs dans certaines franchises qui ont sacrifié une partie de leur salaire au nom de l’équipe et surtout dans le but ultime de remporter un titre, même si cela a plutôt bien fonctionné pour beaucoup d’entre eux, cela n’a malheureusement pas toujours été le cas.

    Les cas importants et récents de sacrifice financier :

    I. Le Big Three de South Beach en 2010

    « Not one, not two, not three, not four.. » on connaît la suite hein..
    Source : Steve Mitchell/US Presswire

    Le 8 Juillet 2010, The decision choque l’univers de la NBA car un certain Lebron James quitte Cleveland après 7 ans passées dans l’Ohio, pour rejoindre Dwyane Wade et Chris Bosh sous le soleil de Miami.

    Cependant, cette association de trois superstars semble difficile à mettre en place car trois contrats maximum à cette époque auraient été un réel problème pour créer une équipe compétitive. Heureusement, les trois superstars ont abandonné plusieurs millions (18 millions pour Lebron James) afin d’offrir une possibilité à l’organisation de Miami d’ajouter des pièces importantes à cette équipe déjà bien bâtie pour jouer le titre.

    Ce sacrifice financier s’est révélé être au moins aussi précieux qu’inestimable, car plusieurs joueurs solides vont réussir à choper un contrat tel que Udonis Haslem, la légende de Miami mais également Shane Battier, Chris Andersen ou encore le seul et l’unique Ray Allen qui sera la pièce maîtresse d’un certain game 6 des finales de 2013.

    II. Dirk Nowitzki : Le Roi du sacrifice salarial

    Dirk, honoré lors de son dernier match au AAC
    Source : J. Miron/USA Today/Reuters

    194 millions de dollars, c’est ce que le Wunderkid a sacrifié dans sa carrière pour les Mavericks. Cette somme, bien qu’incroyable, est à l’image de la générosité du géant Allemand.

    Champion en 2011, Dirk Nowitzki avait vécu son rêve de titre mais ses envies ne s’arrêtaient pas là, il voulait plus et surtout, offrir un nouveau titre à la ville de Dallas. C’est en 2014 que Dirk va démontrer tout son amour pour la franchise texane.

    Lors de l’intersaison de 2014, les Lakers et les Rockets lui offrent un contrat avec pas moins de 97 millions sur 4 ans et même si 99% des joueurs auraient pris l’une de ses offres, Dirk les a toutes refusées.

    En effet, le 15 Juillet 2014, il choque le monde de la NBA en signant un contrat de 25 Millions de dollars sur 3 ans avec les Mavericks ce qui signifie un sacrifice de 72 millions de dollars, non seulement pour rester dans son équipe de toujours mais surtout pour continuer à être compétitive.

    Malheureusement, les Dieux de la balle orange ne récompenseront pas son sacrifice respectable car même si Tyson Chandler reviendra durant l’été 2014, Shawn Marion quittera lui les Mavericks pour rejoindre les Cavaliers, laissant une équipe des Mavericks trop faible, qui sera éliminée au premier tour des Playoffs par les Rockets.

    Cependant, cela n’empêchera pas Dirk de renouveler cette acte de générosité quelques années plus tard en 2017, lorsqu’il refusera une player option de 25 Millions de dollars pour prendre un contrat de 10 Millions sur 2 ans et une seconde année en Team Option, vraiment un grand homme ce Dirk.

    III. Le Big Three Texans des Spurs

    Le big Three des Spurs, dans l’ordre :
    Tony Parker-Manu Ginóbili-Tim Duncan
    Source : Agence France-Presse

    En 2010, Tony Parker signe une extension de 4 ans pour 50 millions de dollars avec les Spurs pour garder une équipe compétitive et même si ce contrat reste tout à fait acceptable.

    Il est important de rappeler que Tony Parker est un joueur qui se retrouve dans les discussions pour le titre de MVP en 2012 tout en étant payé comme un role player.

    Toutefois, le sacrifice financier est une habitude du côté des Texans de San Antonio et c’est surement l’une des raisons pour lesquelles ils ont réussies à rester si compétitifs pendant autant d’années.

    En effet, a côté de Tony Parker, les joueurs importants du roster ont également sacrifié leurs salaires tels que Manu Ginóbili ou encore Tim Duncan qui aura réduit son salaire de plus de 11 millions de dollars.

    D’ailleurs, leurs sacrifices n’auront pas été en vain car des joueurs comme Thiago Splitter, Boris Diaw, Danny Green ou encore Marco Belinelli seront recrutés et le 15 Juin 2014, la franchise soulèvera le 5ème titre de leurs histoires qui sera la plus grosse récompense imaginable pour leurs sacrifices financiers.

    IV. Kevin Durant et la franchise Californienne

    Kevin Durant durant sa présentation avec les Warriors
    Source : Noah Graham/NBAE / Getty Images

    Après avoir réalisé l’un des mouvements les plus discutables de l’histoire de la NBA sur le marché de la Free Agency, le 4 Juillet 2016, Kevin Durant s’est engagé dans la franchise des Warriors dans le but précis de gagner un titre et de « sortir de sa zone de confort ».

    Pour ce faire, il a réalisé un sacrifice financier assez important pour la superstar qu’il était à l’époque et même le coach des Warriors, Steve Kerr, avait rappelé dans une interview que Kevin Durant lui rappelait Tim Duncan qui, lui aussi, avait réalisé plusieurs sacrifices financiers dans sa carrière pour garder une équipe compétitive.

    Dans le cas de Kevin Durant, son sacrifice permet à son équipe de conserver Iguodala et Livingston qui étaient deux grosses pièces du back to back de 2017 et 2018.

    Pendant une grande partie de ses années au Warriors, il a sacrifié une somme très importante d’argent en prenant des petits contrats de 1 an + 1 année en player option à 25 millions l’année ce qui était presque 10 millions de sacrifié par an.

    Ce sacrifice est critiquable dans beaucoup d’aspects, que ce soit sur le fait que la franchise aurait pu tout de même conserver les 2 joueurs nommés ci-dessus, sans avoir à sous payer Kevin Durant mais également sur le fait que son sacrifice ait été fait afin de rejoindre une équipe surpuissante qui était un choix contestable pour beaucoup de fans.

    Dans tous les cas, Kevin Durant a fait un choix qui lui a permis de repartir du soleil Californien avec deux titres et deux trophées de MVP des Finales en poche et tout cela pour rejoindre la Big Apple et un contrat maximum avec les Nets dans le but d’écrire une nouvelle page de son histoire.

    V. L’agent 0 et son geste mémorable envers A. Jamison

    Le n°4, Antawn Jamison avec Gilbert Arenas, le n°0
    Source : Rocky Widner/Getty Images

    Ici, on ne parle pas réellement d’un joueur qui a sacrifié son salaire dans le but principal d’obtenir un titre mais il était nécessaire de parler de l’acte respectable de Gilbert Arenas envers son coéquipier de l’époque, Antawn Jamison.

    Tout d’abord, dès 2006, Gilbert Arenas montre les signes d’une superstar qui souhaite gagner un titre au détriment de l’argent. Lors de l’intersaison de 2006, il accepte une réduction sur son salaire pour signer de bons joueurs mais se retrouve « malheureusement » coincé au milieu de Darius Songaila et DeShawn Stevenson (vous vous rappelez du premier nom ? moi non plus) qui ne seront d’aucune aide pour un agent 0 bien trop seul.

    C’est finalement le 9 Juin 2008 qu’il se retrouve agent libre et offre un geste de grande classe après la désillusion de 2006, annonçant clairement durant une séance média qu’il allait laisser son coéquipier, Antawn Jamison, prendre ce qu’il souhaite sur son contrat en se contentant du reste.

    « Just sign Antawn first and then I’ll take the pay cut, to keep the team intact, »

    Signer simplement Antawn en premier et je réduirais mon salaire pour garder l’équipe intacte

    « We’ve been together six out of my seven years. I told him, whatever he wants, give it to him, and I’ll take the pay cut. »

    On a été ensemble pendant 6 de mes 7 années ( dans la NBA ). Peu importe ce qu’il veut, donner lui et je prendrais la réduction nécessaire sur mon salaire

    Finalement, au lieu d’avoir un contrat maximum de 124 Millions sur 6 ans avec les Wizards, ou de prendre un contrat de plus de 100 millions sur 5 ans que lui proposaient les Warriors il ne prendra que 111 millions sur 6 ans avec les Wizards.

    Même si cette décision a très mal fini avec une absence en play-offs et des malheurs sur les terrains comme en dehors, il est important de saluer ce geste réalisé en Juin 2008 qui semble être inimaginable de la part des stars d’aujourd’hui.

  • Ça s’est passé un 10 Mai : Welcome to the « Sleepy Floyd Show » !

    Ça s’est passé un 10 Mai : Welcome to the « Sleepy Floyd Show » !

    Parce que la NBA regorge de performances en tout genre passées à la postérité ou progressivement oubliées avec le temps, ClutchTime vous propose de revivre ces matchs et exploits de légende, qui ont façonné l’histoire de la ligue d’hier à aujourd’hui.

    Avant l’arrivée des Run-TMC dans la baie d’Oakland dans les années 90, la Dub nation s’enthousiasmait déjà pour plusieurs joueurs flashy des années 80, à commencer par Eric Floyd. Plus connu sous le surnom de « Sleepy Floyd », meneur de jeu aussi imprévisible que nonchalant, Floyd fut notamment l’un des arrières les plus marquants du milieu des années 80 et plus spécifiquement lors de la saison 1986-87. Qualifiés pour le deuxième tour des playoffs, les Warriors y affrontent les Los Angeles Lakers époque Showtime de Magic Johnson, et c’est durant cette série presque à sens unique que le combo-guard va offrir à lui tout seul, l’unique victoire de Golden State face aux angeliños dans cette série, au prix d’une performance à couper le souffle.


    Eric « Sleepy » Floyd

    Drafté en 1982 au 1er tour (13ème choix) par les New Jersey Nets, Eric Augustus Floyd ne restera que quelques mois du côté d’East Rutherford et son climat subtropical pour finalement profiter du soleil californien de la baie de San Francisco pendant de nombreuses saisons, en atterrissant dès sa première année chez les Golden State Warriors dans le cadre d’un trade envoyant Michael Ray Richardson aux Nets. Le joueur ne tarde pas à se faire une place dans un effectif alors en pleine reconstruction et parmi les plus inexpérimentés de la ligue. Même s’il devra attendre la saison 1986-87 pour honorer une première sélection au All-Star Game, Floyd afficha tout de même un niveau de jeu très au dessus de la moyenne, le plaçant en toute logique parmi les meilleurs meneurs des années 80 aux côtés de Reggie Theus, Maurice Cheeks, Fat Lever, Isiah Thomas et Magic Johnson.

    Arrière d’1m80 au style de jeu très technique et en avance sur son époque, capable de de crosser ses adversaires, il était un scoreur très doué, rapide et capable de franchir très souvent et de se défaire des marquages adverses pour finir près du panier. Sleepy Floyd a eu une carrière NBA très honorable malgré une certaine nonchalance dans son jeu et un manque de motivation apparent sur un terrain qui laissa observateurs et supporters sur leur faim alors qu’il aurait certainement pu devenir l’un des tous meilleurs joueurs de sa génération. Son surnom lui est d’ailleurs venu de ce constat, un sobriquet qu’il a longtemps détesté porté depuis l’école primaire, même si aujourd’hui la plupart des personnes qui le croisent ne connaissent sûrement plus son vrai prénom.


    Une décennie de disette

    Pour les Warriors, la fin du duo mythique Rick Barry, Al Attles dans les années 70 marqua une rupture brutale dans les résultats et les ambitions de la franchise. L’arrivée du très jeune technicien George Karl lors de la saison 1986-87 en provenance des Cavs de Cleveland était déjà considérée à juste titre comme un succès puisque la franchise californienne ralliera les phases finales pour la première fois depuis 1977. Une éternité pour les Warriors qui réaliseront leur meilleur bilan depuis cinq ans (42 wins) grâce un sprint final réussi (14-8).

    Avant le début de la période Run-TMC, l’équipe disposait déjà de solides joueurs à chaque poste. Le pivot Joe Barry Carroll, néo All-Star tout comme Sleepy Floyd cette saison, qui affichait plus de 21 points au compteur par rencontre, l’ailier fort Larry Smith qui termina 7ème meilleur rebondeur de la ligue avec 11.5 prises par match, son pendant sur l’aile, Pervis Short (18.3 points par match), le sophomore Chris Mullin ainsi que plusieurs autres role players tels que Rod Higgins, Terry Teagle, Greg Ballard et Jerome Whitehead. Joueur essentiel de l’équipe durant la saison, Floyd réalisa sa meilleure saison sur le plan personnel, devenant All-Star pour la seule fois de sa carrière, mais surtout le seul joueur derrière Magic Johnson à l’Ouest à avoir tourné en double-double Points + Passes sur l’année avec 18.8 points par match et 10.3 passes décisives.


    Spotlights et Showtime sur L.A.

    Pas très loin de là, chez le voisin de la cité des Anges, les Lakers viennent de ponctuer la saison par un bilan de 65 victoires pour 17 défaites seulement, tout simplement leur deuxième meilleur bilan de l’histoire de la franchise après 1971-72 et le sixième de tous les temps à l’époque. Ultra prolifique en attaque (117.8 points par rencontre), il s’agit surtout de l’âge d’or du basket à L.A, la génération Showtime, l’une des plus grandes équipes de l’histoire de la ligue qui visaient ses sixième finales sur la décennie (huit en tout et cinq titres au final).

    Une équipe composée ni plus ni moins de quatre futurs Hall of Famers. De son entraîneur adepte du run-and-gun, Pat Riley, emmenés par leur génial et non moins charismatique meneur de jeu, Magic Johnson, d’un pivot vétéran encore All-Star à 39 ans et d’un ailier à près de 20 points, 6 rebonds et 3 passes par match, les Lakers étaient au basket des années 80 ce qu’était Elvis au Rock’n’Roll ; Un véritable phénomène ! La franchise entretiendra durant la décennie une rivalité sportive légendaire avec les Boston Celtics de Larry Bird, autre équipe fantastique à voir jouer, rappelant ainsi les plus belles heures de l’histoire de la ligue. Durant la saison Magic (23.9pts par match), qui sera sacré MVP, va produire un basket absolument fabuleux, fait de passes plus incroyables les unes que les autres (12.2 offrandes par match pour le meneur) et rythmé par la vitesse et la réussite offensive de ses coéquipiers, donnant ainsi au basket un visage divertissant et extrêmement plaisant à voir jouer.


    Un second tour à sens unique

    source : NBA.com

    Vainqueurs respectivement de Utah et Denver au premier tour, les Warriors ont du néanmoins batailler jusqu’au match 5 décisif pour venir à bout du Jazz des jeunes Karl Malone et John Stockton et du trentenaire Mark Eaton. Après avoir perdu les deux premiers matchs à l’extérieur, les Warriors vont devenir la première équipe à remonter un déficit de deux matchs, tandis que Sleepy Floyd tourna à plus de 20 points par match sur la série. Pour les Lakers l’affaire fut nettement plus simple, les californiens disposant très facilement des Nuggets d’un Alex English vieillissant et d’un Fat Lever bien trop juste face à un Magic tout feu tout flamme (18pts, 14ast, 7rbs de moyenne). En sweepant la franchise du Colorado par un écart moyen de 27 points, le rouleau compresseur semblait désormais inarrêtable.

    C’était une opportunité incroyable, les Golden State Warriors affrontaient les puissants Lakers de Magic et Kareem, ainsi que James Worthy, avec qui j’avais une histoire en commun puisque nous avions grandi à Gastonia, en Caroline du Nord. Ils n’avaient pas perdu un seul match depuis le début des playoffs

    Sleepy Floyd

    Dans ce contexte, les Lakers étaient presque injouables lors des Game 1 et 2 pour des Warriors qui se sont déjà inclinés quatre fois en saison régulière au Forum d’Inglewood. Le tarif sera quasiment le même que pour Denver sur les deux premiers matchs, Golden State s’inclinant 125 à 116 puis 116 à 101 alors que Magic prendra rapidement le dessus sur son vis-à-vis. Lors du Game 3 au Coliseum d’Oakland-Alameda, Sleepy Floyd et ses coéquipiers vont subir un nouveau revers 133 à 108, le meneur terminant avec 14 points (0/3 derrière l’arc) et 12 passes, mais toujours en grande souffrance face à un Magic qui compilera son deuxième triple-double de la série, le treizième de la saison. La différence de talent et de réussite entre les Lakers et Warriors était flagrante à l’époque.

    Floyd marqua respectivement 19, 11 et 14 points, des stats offensives bien loin de ses standards, la faute à la bonne défense de Michael Cooper et Byron Scott qui à tour de rôle mettront le meneur en échec. Le trash-talking de Cooper perturba énormément le meneur des Warriors qui failli en venir aux mains tellement le Laker contrariait le Warrior. Parce que le showtime à L.A. c’était aussi ça, le trashtalking, les high fives cette arrogance et cette gestuelle qui mettaient les nerfs à vifs des adverses, une véritable marque de fabrique pour l’époque.

    Les Lakers faisaient preuve d’arrogance, ça ne fait aucun doute. Personne ne le nie, pas même les Celtics, ils ne peuvent donc pas le nier. Est-ce normal ? probablement. Mais à force de vous balancer cette arrogance au visage, ça finit toujours par en agacer certains.

    George Karl

    Le Sleepy Floyd Game

    Lors du quatrième match de cette série, le début de la rencontre était conforme aux scénarios des trois premiers. Pendant plus d’une demi heure les Lakers étaient nettement devant au tableau d’affichage après trois premier quart-temps tous remportés avec plus de 30 points inscrits, et débutèrent le 4ème quart-temps avec une avance de 14 points (102-88). Dans un bon soir, Sleepy Floyd venait d’inscrire déjà 22 points, dont 10 rien que dans le troisième quart-temps pour maintenir son équipe à portée des Lakers, même s’il aurait fallu un exploit pour remporter ce match. Dès le début du dernier quart-temps, l’ex-meneur des Hoyas de Georgetown sera mis en échec par la défense d’A.C Green en manquant un floater près du cercle, ce sera son dernier raté de la soirée.

    Sur les quatre premières minutes de cette période, Sleepy Floyd inscrira 15 des 17 points de son équipe, se jouant des défenseurs adverses comme s’ils n’étaient que de simples plots et faisant passer l’écart du match de -14 à -3. Les Lakers vont commettre énormément de perte de balles durant ce quart-temps, surtout dans les premières minutes, la faute à l’incroyable activité offensive et défensive sur le terrain du meneur. La défense de Pat Riley ne parvînt pas à stopper l’hémorragie, après cinq minutes de jeu, les Warriors appliquant une défense qui étouffe les angeliños. Le coup de chaud de Sleepy Floyd venait de leur coûter leur avance au score, Golden State passant désormais devant 109 à 106 après avoir infliger un sévère 30-4 en à peine cinq minutes de jeu.

    Malgré le coaching des Lakers, Floyd était inarrêtable et franchissait allègrement les défenseurs avec une facilité et une aisance quasi-divines. Toute la panoplie technique y passe, des layups déposés sur la planche, aux floaters main gauche, main droite, en passant par les finger-rolls et les dunks, Floyd venait d’inscrire 26 des 28 derniers tirs de Golden State après dix minutes de match, sans inscrire le moindre jump-shots de près ou de loin. Il faudra attendre la deuxième moitié du quart-temps pour le voir prendre deux tirs mid-range, le premier après une feinte de course rentrante qui mettra Michael Cooper en PLS, puis le second sur un step-back jumper en déséquilibre, portant son total de point dans le quart-temps à 25 !

    Plus ou moins épuisé et conscient que son équipe prenait le dessus et semblait se diriger tout droit vers une victoire, il inscrira son dernier panier à moins de trois minutes de la fin sur un dernier tir mid-range en sortie d’écran, avant de terminer son chef d’oeuvre par deux nouveaux lancers portant son total sur le quart-temps à 29 points ! Floyd ne marquera plus durant les dernières minutes de la rencontre, distillant néanmoins quelques passes (10 au total) pour ses coéquipiers, en maintenant un rythme soutenu en défense (4 interceptions). Certains diront plus tard qu’il aurait tout à fait pu inscrire 55 voire 60 points, mais Sleepy Floyd portait tellement bien son surnom que ce qui l’intéressait c’était de gagner afin de pouvoir rentrer se reposer en sachant pertinemment que les Warriors ne parviendraient pas à inverser le cours de la série après ce match.

    Superman Floyd

    C’était comme une décharge d’adrénaline. La foule nous supportait et la pression se fit ressentir sur les Lakers alors que nous commencions à dérouler. À ce moment là je ne nous voyais pas perdre cette rencontre. Lors du quatrième quart-temps, j’ai décidé de tout donner. Drive, tirs, passes peut importe puisque de toute manière nous étions quasiment éliminés. Je n’ai jamais été aussi bouillant dans toute ma carrière. Je ressens encore aujourd’hui cette sensation. Lorsque je rentrais ces jump shots et ces layups, j’avais l’impression que le cercle faisait trois mètres de large.

    Sleepy Floyd

    29 points sur un quart-temps, nouveau record en la matière depuis les 25 points de Isiah Thomas inscrit 48h plus tôt avec Detroit face à Atlanta. Eric « Sleepy » Floyd terminera la rencontre avec 51 points, dont 39 en deuxième mi-temps, inscrivant 12 tirs consécutifs dans le 4ème quart-temps (18/26 au final) avec seulement deux tirs primés et tout ça face au futur DPOY de la saison, Michael Cooper, et les Lakers Showtime de Magic Johnson, offrant la victoire aux Warriors 129-121. Des records en playoffs qui tiennent toujours.

    Il était persuadé dans son esprit qu’aucune personne ne pouvait le stopper

    Magic Johnson

    Malgré un run de 21-6 dans le troisième quart-temps, les Lakers auront totalement laissé retombé le rythme en fin de rencontre, ratant leur tirs (4/16 contre 17/25 pour les Warriors), et concédant pas moins de cinq interceptions en l’espace de dix minutes. Los Angeles encaissera même 41 points dans cette dernière période, le plus haut total encaissé sur la saison par la franchise nonuple championne NBA.

    Je n’ai qu’une chose à dire ce soir. À force d’aboyer trop fort on finit toujours par se faire mettre une muselière… Nous avons arrêté de jouer en attaque et en défense, pensant que les Warriors allaient faire de même et que ça nous rendrait la tâche plus simple avant de repartir vers L.A. Nous nous sommes comportés comme des novices.

    Pat Riley

    Il s’agit ni plus ni moins que de la deuxième meilleure performance de tous les temps en playoffs pour un joueur des Warriors, derrière les 55 points de Rick Barry en 1967. La meilleure performance individuelle face aux Lakers lors des séries éliminatoires, approchée seulement par Allen Iverson en 2001 (48 points). Prouesse légendaire et inattendue à la fois, elle fut en définitive bien dérisoire dans cette série puisque les Lakers concluront la série par une nouvelle victoire au Forum d’Inglewood 118 à 106 se dirigeant tout droit vers leur quatrième sacre en sept ans, mais le meneur de jeu aura au moins eu le mérite de rabaisser la fierté de cette équipe et d’avoir fait se lever les foules à San Francisco, ovationné par son public et félicité par ses pairs.

  • Bilans de la saison  – Pacific Division

    Bilans de la saison – Pacific Division


    En ces temps de confinement, afin d’éviter de vous couper totalement de l’univers de la NBA, ClutchTime dresse un bilan de la saison 2019-2020, suspendue depuis le 11 mars. Dans l’attente de son retour prochainement, la rédaction vous propose de revivre les parcours des différentes équipes de la ligue, depuis fin octobre, en faisant le point sur chacune d’elle pour chaque division de la ligue.

    Avant-dernier bilan de notre série de récap de la saison et on s’attaque à du très lourd avec la belle et grande Division Pacifique. La bataille de L.A fait rage entre les Lakers et les Clippers pour savoir laquelle des deux équipes succèdera aux intouchables Warriors en tête de la Conférence, alors que Golden State vit une saison aux antipodes de ce à quoi nous étions habitués depuis cinq ans. Pendant ce temps, un peu plus loin du côté de l’Arizona, les Suns continuent leur lente et difficile apprentissage à la lutte avec les Kings pour déterminer laquelle des deux franchises aura réalisé une meilleure saison, avant de viser les phases finales dans un an ou deux.


    Los Angeles Lakers (49-14) – 1ère

    PPG (114.3) – 7ème / Opp PPG (106.9) – 3ème
    Offensive Rating (113.0) – 4ème / Defensive Rating (105.6) – 3ème

    Le Cinq de la saison :
    L. James (PG) – K. Caldwell-Pope (SG) – D. Green (SF) – A.Davis (PF) – D. Howard (C)

    Depuis leur saison 2018-2019 ratée, avec un LeBron James à mi-temps et un été passé devant leur télés, les Lakers ont décidé de passer à la vitesse supérieure, en signant d’abord (enfin !) le Pelican Anthony Davis pour constituer son binôme All-Star tant attendu. Pour entourer ce grand cru 2019-20, le board de la franchise s’est déchiré pour construire un roster taillé pour le titre avec des joueurs expérimentés tels que les finalistes sortants Danny Green (ex-Toronto) et DeMarcus Cousins et Quinn Cook (ex-Golden State) mais aussi des role player en reconquête tels Avery Bradley ou encore Jared Dudley. L’objectif restant le même depuis un an, allons-nous assister au retour des violets et or au sommet de la conférence ?

    Il était évident qu’avec une recrue du calibre de Davis et un LBJ désormais en mission, les Lakers joueraient rapidement les premiers rôles. Après 63 rencontres, les Californiens occupaient même la première place à l’Ouest, devant l’autre franchise de L.A. Partis pied au plancher, on avait un peu peur que le rythme ne retombe à l’approche du All-Star break, mais mise à part une série de défaites (4) à Noël, les hommes de Frank Vogel ont assuré sur la longueur, avec des victoires sérieuses à l’extérieur (Nuggets x2, Mavericks x2, Portland x2 et OKC x2). Malgré une certaine fébrilité à domicile (8 défaites) et un bilan négatif face aux Clippers (1-2), la bande à Bronbron a montré un bon basket et de la rigueur, à la fois dans le jeu, en défense particulièrement, mais aussi dans la gestion des minutes et des rotations.

    Les Californiens restent cependant très (trop ?) dépendants de son duo All-star. Passé dans un rôle de meneur omniprésent, LeBron impressionne par ses qualités de playmaker (meilleure passeur) et son leadership des deux côtés du terrain. Son entente avec Davis a tout de suite fonctionné au point de retrouver logiquement les deux joueurs au All-Star Game de Chicago en février. Les deux joyaux des Lakers sont d’ailleurs fréquemment cités dans les votes pour le MVP pour l’un et pour le trophée du Défenseur de l’année pour le second. Autres satisfactions, les saisons remarquables du duo défensif Howard-McGee, devenus désormais les patrons de la raquette californienne cette saison, les deux joueurs vivent une renaissance sur le plan personnel, en particulier D12 dont les qualités de défenseur rebondeur-contreur sont devenues un atout important. Pour le reste on retient également le phénomène Alex Caruso (justifié ou pas), mais surtout les performances timides de plusieurs seconds couteaux qui ont fait preuve d’une trop grande discrétion et inconstance à commencer par le sixième homme Kuzma, dont le rendement reste douteux malgré un certain potentiel.

    Avec l’arrivée de Markieff Morris en février pour pallier l’absence et la fin de l’aventure de DeMarcus Cousins avec les Lakers, il s’agit maintenant pour les Lakers de prier très fort pour une reprise de la saison, afin d’honorer dans un premier temps la mémoire de Kobe Bryant, disparu en janvier dernier, et de conserver son premier spot à l’Ouest. Pour redorer le blason de la franchise et jouer cartes sur table, les Lakers ont misé gros sur cette année et le titre, coûte que coûte, pour rentabiliser les contrats de courte durée, et également convaincre Anthony Davis de signer un plus long bail si celui-ci active sa player option, mais aussi pour ne pas devoir passer par une phase de reconstruction si certains UFA viendraient à quitter le navire. Le cas de Kyle Kuzma, dont le nom ressortait encore très souvent dans les rumeurs de trade depuis le mois de janvier, permettrait sûrement à l’équipe de récupérer plusieurs assets pour sécuriser la saison prochaine.

    La saison des Lakers en quelques chiffres :
    . 1er bilan à l’extérieur cette saison (26-6)
    . 1ère pourcentage de la ligue à l’adresse générale par match (48.5)
    . 1ère équipe à réaliser le plus de contres par match (6.8)
    . 4ème équipe à réaliser le plus d’interceptions par match (8.6)
    . 3ème équipe à concéder le plus de rebonds par match (42.3)
    . Meilleur marqueur : Anthony Davis (26.7 points par match à 51.1% FG)
    . Meilleur passeur : LeBron James (10.6 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Anthony Davis (9.4 rebonds par match)

    Los Angeles Clippers (44-20) – 3ème

    PPG (116.2) – 4ème / Opp PPG (109.7) – 13ème
    Offensive Rating (113.6) – 3ème / Defensive Rating (107.2) – 5ème

    Le Cinq de la saison :
    P. Beverley (PG) – L. Williams (SG) – K. Leonard (SF) – P. George (PF) – M. Harrell (C)

    Grosse surprise du 1er tour des playoffs la saison dernière face aux tenant du titre les Warriors (défaite 4-2), et après avoir sereinement tourné la page CP3-Griffin, les Clippers ont vu les choses en grand cet été en se constituant un effectif XXL. Séduits par le projet et le climat, Kawhi Leonard et Paul George ont toutes les qualités requises pour s’adapter à l’esprit col bleu de la franchise. Avec la signature de l’un des agents libres les plus courtisés de l’été, puis en récupérant un sextuple All-star contre la paire Gallinari-SGA, les Californiens se sont montrés extrêmement malins et chanceux de conserver leur effectif quasi intact. Dotés désormais d’une ossature redoutable, appelée à rouler sur la ligue, la franchise se voyait déjà rallier les premières finales de Conférence de son histoire, et même les Finales NBA au mois de mai.

    Le bilan de l’équipe à la mi-mars est très bon mais loin d’être à la hauteur des attentes, en témoigne un début de saison poussif(7-5), de la mi-décembre à la mi-janvier (8-6) ou encore les six défaites entre le 22 janvier et le 22 février. Les performances de l’équipe nous ont laissées sur notre faim, car cette équipe a joué avec le frein à main pendant une bonne moitié de saison, la faute à un manque d’automatisme d’une part mais aussi une gestion du groupe qui a beaucoup fait parler. La pratique du « load management », employée par Doc Rivers et son staff, afin de préserver ses deux nouveaux diamants, a retardé l’ascension de cette équipe et l’intégration des deux joueurs, obligeant parfois l’équipe à jouer par intermittence en laissant les remplaçants faire le travail, ce qui fut assez frustrant par moments. Certes la gestion de l’effectif se fait dans un intérêt précis et une utilisation optimale (c’était déjà le cas à Toronto l’an dernier), mais les dernières rencontres très abouties de l’équipe laissent un arrière-goût d’inachevé.

    Le duo Kawhi-PG a mis le temps avant de trouver ses repères. L’entente un peu tardive, du fait de l’absence de George en début de saison, leur a permis de trouver un bon rythme de croisière, avec une bonne production offensive et défensive, tout en étant économisés lorsque cela était nécessaire. L’autre belle satisfaction vient quant à elle du banc, avec non pas un, mais bien de deux sixièmes hommes en très grande forme. Montrezl Harrell et Lou Williams, qui réalisent un exercice dans la continuité du précédent, bénéficient tout logiquement des deux plus gros temps de jeu de l’effectif derrière les deux All-Stars. En revanche, Patrick Beverley a concentré presque à lui seul les critiques sur la saison, pas jugé assez à la hauteur à la mène, malgré sa gouaille et son tempérament. Tout le contraire des jeunes Ivica Zubac et Landry Shamet qui sont devenus en l’espace d’un an des solutions très intéressantes à leur poste respectif pour dessiner les contours de ce roster.

    Los Angeles s’est bien débrouillé au mois de février en se séparant d’abord d’un Maurice Harkless décevant, contre Marcus Morris des Knicks, puis en recrutant Reggie Jackson, tout juste coupé par les Pistons, en guise de backup à la mène. Pour les Clippers il s’agit maintenant de poursuivre sur la lancée du mois de mars, en visant pourquoi pas la première place de la Conférence et s’assurer un avantage décisif du terrain. On attend donc impatiemment le retour de la saison pour voir ce groupe activer le mode playoffs et devenir cette équipe infernale à jouer. Tous les voyants sont au vert pour les voiliers qui, contrairement à leurs homologues Lakers, devraient même conserver leur effectif quasi inchangé l’année prochaine si la saison 2019-20 devait être annulée.

    La saison des Clippers en quelques chiffres :
    . 3ème équipe à capter le plus de rebonds par match (48)
    . 2ème pourcentage de la ligue aux tirs primés adverses (34.1)
    . 3ème plus grosse marge de points par victoire de la ligue (6.52)
    . 5ème équipe avec le plus faible pourcentage de jeu en transition (14.1)
    . 3ème équipe à provoquer le plus de fautes adverses par match (22.8)
    . Meilleur marqueur : Kawhi Leonard (26.9 points par match à 46.9% FG)
    . Meilleur passeur : Lou Williams (5.7 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Kawhi Leonard (7.3 rebonds par match)

    Sacramento Kings (28-36) – 11ème

    PPG (109.0) – 23ème / Opp PPG (110.9) – 17ème
    Offensive Rating (109.7) – 19ème / Defensive Rating (111.6) – 19ème

    Le Cinq de la saison :
    D. Fox (PG) – B. Hield (SG) – H. Barnes (SF) – N. Bjelica (PF) – R. Holmes (C)

    La saison 2019-2020 de Sacramento n’allait pas être synonyme d’avancée dans l’inconnue. L’équipe ayant déjà entamé sa reconstruction lors du précédent exercice, cette saison devait être la confirmation pour les Kings qui ne partaient pas de rien après un bon bilan sous la houlette de Dave Joerger, néanmoins évincé par sa direction cet été pour offrir le poste au jeune Luke Walton. Décision précipitée ou pas de la part de Divac-Ranadive, Sacramento pense que Walton peut être l’homme de la situation pour cette équipe, en atteignant le seuil des 50% de victoire dans un premier temps, puis en faisant de la franchise un contender à l’Ouest pour le 7ème ou 8ème spot. Au terme d’un recrutement assez soft mais avec des renforts expérimentés et de bons profils défensifs pour combler leurs lacunes, les Kings sont convaincus d’avoir un rôle à jouer cette saison.

    Pour les progrès significatifs on repassera. Au grand désespoir de ses supporters, Sacramento a fait preuve de beaucoup de lacunes, à commencer par la constance dans les résultats, démarrant de la pire des manières (cinq défaites) puis enchaînant les longues séries de défaites, comme en décembre (4-12) mais jamais plus de deux ou trois victoires de suite en cinq mois de compétition. Principale raison à ce bilan, les grosses difficultés rencontrées par Walton et son staff pour trouver un équilibre entre un jeu offensif brouillon et calculable et une défense très dispersée, notamment dans la raquette. Le manque d’automatismes évident et une rotation en rodage, couplés à des blessures récurrentes n’ont pas facilité la tâche du groupe, même si de bonnes choses ont commencé à se concrétiser depuis fin janvier (13-7). Les changements apportés au cinq de départ pour pallier certaines absences et la second unit qui se montre enfin sous un meilleur jour ont fini par apporter une note joyeuse à une fin de saison un peu bordelique.

    Le casting 2020 fut loin d’être à la hauteur, malgré une Free Agency ambitieuse et ciblée (assez rare pour le souligner). L’absence de leadership d’un Harrison Barnes, fraîchement prolongé, et les très faibles rendements de Trevor Ariza, Dewayne Dedmon et Cory Joseph ont totalement remis en question le recrutement. Si on ajoute à ce bilan la santé en carton de Marvin Bagley, un Harry Giles pas encore décidé à se bouger, la longue indisponibilité de Richaun Holmes et un De’Aaron Fox sur une jambe, mais toujours bouillant, on voyait mal comment cette équipe pouvait s’en sortir. Les slaves Bogdan Bogdanović et Nemanja Bjelica se sont révélés être de solides lieutenants dans le cinq de départ, tandis que Buddy Hield a essayé de maintenir dans l’urgence tout ce petit monde à quai. Repositionné depuis en sixième homme, il s’est notamment illustré par sa réussite et son rendement quasi similaire que lorsqu’il était titulaire. Enfin Richaun Holmes fut une rare éclaircie dans le secteur intérieur si en difficulté cette année, devenant à la fois un titulaire en devenir et un protecteur d’arceau intéressant.

    Pour Sacramento il s’agit désormais de trouver enfin le chemin vers les succès en commençant peut-être par suivre la lancée du mois de février-mars, mais aussi en continuant les efforts et un coaching audacieux pour apporter de l’harmonie dans ce groupe et laisser s’épanouir les jeunes sans trop forcer sur les corps. Rester à la lutte pour le 8ème spot à l’Ouest paraît toujours envisageable même si Sacramento devra redoubler d’efforts alors que plusieurs adversaires redoutables qui ont le même objectif sont toujours au coude à coude. Même si l’espoir d’une première qualification depuis 2006 est permis, il faudra aussi songer au futur de la franchise, à commencer par les prolongations de Giles et Bogdanović cet été, avant de s’attaquer à celles de Fox, Holmes et Bjelica dans un an.

    La saison de Sacramento en quelques chiffres :
    . 4ème pourcentage de la ligue aux tirs près du cercle par match (32.7)
    . 27ème équipe à capter le plus de rebonds par match (42.5)
    . 10ème équipe à inscrire le plus de paniers primés par match (12.6)
    . 2ème équipe à concéder le moins de tirs par match (85.3)
    . 28ème équipe à obtenir le plus de lancers francs par match (20.3)
    . Meilleur marqueur : De’Aaron Fox (20.4 points par match à 47.5% FG)
    . Meilleur passeur : De’Aaron Fox (6.8 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Richaun Holmes (8.3 rebonds par match)

    Phoenix Suns (26-39) – 13ème

    PPG (112.6) – 14ème / Opp PPG (113.9) – 21ème
    Offensive Rating (110.5) – 16ème / Defensive Rating (111.8) – 20ème

    Le Cinq de la saison :
    R. Rubio (PG) – D. Booker (SG) – M. Bridges (SF) – K. Oubre Jr. (PF) – D. Ayton (C)

    Pour oublier la saison précédente catastrophique (15ème, avant-dernier bilan de la ligue), il fallait créer un électrochoc à la fois chez les joueurs et le staff. Bye bye Kokoskov et bonjour Monty Williams pour prendre en main une franchise aux abois depuis plusieurs saisons, avec des renforts bienvenus pour enfin construire un cinq majeur qui tienne la route et surtout apporter de l’ambition aux Suns. Même si les playoffs sont encore loin à l’horizon, le projet initial de la franchise reste de faire progresser son noyau dur de jeunes talents, en particulier l’axe Devin Booker et Deandre Ayton, mais Phoenix doit surtout réapprendre à gagner avec un nouveau staff et des nouvelles ambitions dans le jeu pour viser un meilleur bilan en saison régulière.

    Fin mars, le bilan de Phoenix était en net progrès, cette saison étant le jour et la nuit en comparaison de la précédente, alors que tout avait pourtant mal commencé. Avec la suspension de Ayton pendant une bonne moitié de saison et un secteur intérieur décimé, les Suns semblaient se diriger tout droit vers une saison longue et fastidieuse. Mais à force de tomber puis de se relever, on finit toujours par retenir certaines leçons. Malgré un gros passage à vide entre novembre et Noël (4-12), les jeunes troupes de Williams ont su trouver des solutions dans le jeu et s’adapter à une infirmerie qui ne désemplissait pas, pour décrocher de courtes, mais précieuses victoires et rester en vie à l’Ouest. Des progrès notables ont été observés en attaque avec une meilleure répartition du scoring et des responsabilités, qui dépendaient autrefois du seul talent de Booker.

    Parmi les joueurs qui se sont distingués, le recrutement de Ricky Rubio fait évidemment partie des satisfactions pour l’encadrement des Suns. Son entente avec Booker s’est révélée quasi-immédiate et essentielle dans la progression du groupe. Autre progression, celle de Kelly Oubre Jr., devenu très rapidement le titulaire à l’aile avec des pics de forme intéressants mais qui nécessiteront une certaine constance. Et puis comment ne pas citer Aron Baynes, arrivé en provenance des Celtics, le pivot remplaçant réalise son meilleur exercice avec des pointes au scoring insoupçonnées et un certain leadership dans la raquette des Suns avant le retour de Deandre Ayton en janvier. Monty Williams est parvenu à se constituer un lineup quasi au complet avec des starters performants, un banc efficace à l’image des qualités défensives de Mikal Bridges ou encore de la saison rookie convaincante de Cameron Johnson. Mais il reste encore du travail et des progrès à réaliser chez un certain nombre de joueurs, dont l’intégration se fait plus lentement ou la confirmation tarde à l’image de notre Français Elie Okobo.

    On imagine difficilement pourtant la franchise de l’Arizona se mêler à la lutte pour les playoffs jusqu’à la fin de la saison régulière. Encore trop tendres et avec peu de repères, il faudra encore patienter quelques mois supplémentaires pour voir Phoenix dans la peau d’un contender sérieux dans une conférence Ouest toujours plus relevée. Maintenant que la franchise a une ligne directrice et une solide base de jeunes en progrès, les récents renforts offensifs et la rotation que le staff a réussi à dégager sont autant d’indicateurs encourageants pour espérer enfin goûter à nouveau aux phases finales.

    La saison de Portland en quelques chiffres :
    . 1er pourcentage de la ligue aux lancers francs par match (82.6%)
    . 1ère équipe à réaliser le plus de passes décisives par match (27.2)
    . 1ère équipe à provoquer le plus de fautes par matchs (22.8)
    . 4ème pourcentage aux tirs floater (43.4) mais 27ème pourcentage seulement pour les tirs depuis le coin
    . 4ème équipe à provoquer le plus de pertes de balles par match (16)
    . Meilleur marqueur : Devin Booker (26.1 points par match à 48.7% FG)
    . Meilleur passeur : Ricky Rubio (8.9 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Deandre Ayton (12 rebonds par match)

    Golden State Warriors (15-50) – 15ème

    PPG (113.2) – 9ème / Opp PPG (117.5) – 28ème
    Offensive Rating (108.1) – 22ème / Defensive Rating (112.2) – 21ème

    Le Cinq de la saison :
    K. Bowman (PG) – D. Lee (SG) – A. Wiggins (SF) – E. Paschall (PF) – M. Chriss (C)

    On avait quitté les Warriors en juin, décimés par les blessures et déchus de leur titre. Les départs des cadres Kevin Durant, DeMarcus Cousins, Andre Iguodala et Shaun Livingston marquaient la fin d’une époque et une nouvelle page de l’histoire de la franchise. Privés de Klay Thompson pour la saison et avec un effectif à bout de souffle, Golden State avance en terrain perdu et avec son plus faible taux de certitude depuis la prise de pouvoir de Steve Kerr qui doit désormais songer à reconstruire une bonne partie de son roster. Mais les Warriors, même diminués, restent de redoutables adversaires avec suffisamment d’expérience et on voit mal comment la franchise pourrait tomber plus encore.

    Pour tomber bien bas, Golden State est tombé bien bas. Pire bilan de la ligue au mois de mars avec presque autant de victoires décrochées en cinq mois, que lors des playoffs la saison précédente, la Dub Nation semble avoir mal digéré la fin d’un cycle et le déménagement d’une salle. Avec un Steve Kerr en vacances, le coaching est à des années-lumières de ce à quoi la planète basket était habituée il y a encore quelques mois, tout comme ses leaders, blessés ou ayant pris congé de la saison. En attendant c’est bel et bien une saison foutue en l’air sur le plan sportif, même si des surprises (plus que des satisfactions) sont à noter, le bilan est très maigre pour la franchise aux trois couronnes. La plupart des role players avant le début de la saison sont devenus très rapidement des titulaires par la force des choses, se sont montrés capables et débrouillards contre toute attente.

    Point par point, les joueurs ont connu des saisons très contrastées. Blessé à la main après moins d’une semaine de compétition, Stephen Curry a manqué l’intégralité des matchs de la saison avant de revenir début mars le temps d’une défaite et en manque de rythme. Son acolyte Draymond Green, sujet lui aussi aux blessures dues à la fatigue, s’est surtout contenté de jouer à mi-temps, avec un faible rendement pour suivre un peu les copains. C’est donc le jeune D’Angelo Russell, recrue phare de l’été, qui s’est chargé de la responsabilité du navire en perdition, gentiment remercié en février par ses dirigeants qui ont flairé un deal XXL impliquant plusieurs franchises mais surtout des futurs assets pour remettre sur pied une équipe compétitive à long terme. La moitié de l’effectif ayant foutu le camp, les dirigeants de la franchise y voient désormais plus clair dans leur stratégie et avec des joueurs sur lesquels elle pourra compter l’année prochaine. Eric Paschall, grande surprise de la saison et meilleur steal de la draft 2019, mais également Damion Lee, Ky Bowman, Jordan Poole et Marquese Chriss ont tous pu bénéficier de minutes et de liberté de jeu cette année.

    Cette saison morte et enterrée avant même d’avoir rendu son verdict final, servira donc à préparer le terrain de la prochaine, pour un retour en triomphe de la Dub Nation telle qu’on la connaît, celle qui roulait sur toute la ligue. Passer en mode tanking afin de se placer lors de la prochaine draft et repartir pourquoi pas avec le 1st pick qui mettrait les boules à toute la concurrence, les Warriors ont mangé leur pain noir cette saison, en passant par une phase de reconstruction qui pourrait néanmoins se prolonger la saison prochaine avec le rajeunissement de l’effectif et alors que les dirigeants se mettront en quête d’un big man suffisamment solide pour intégrer un effectif cinq étoiles. C’est à cette condition que l’on pourra vérifier si oui ou non, la motivation est toujours bien présente, et si l’environnement est toujours propice pour faire progresser les recrues.

    La saison de Minnesota en quelques chiffres :
    . 2ème pire à domicile (8-26) et à l’extérieur (7-24) cette saison
    . 29ème pourcentage aux tirs de la ligue par match (43.8) et 29ème équipe à tenter le plus sa chance aux tirs par match (38.6)
    . 3ème pourcentage de la ligue aux lancers francs par match (80.3)
    . 2ème équipe à tenter le plus sa chance aux tirs à mi-distance par match (31.7)
    . 30ème pourcentage de la ligue aux tirs primés adverses par match (38.9%)
    . Meilleur marqueur : Stephen Curry (20.8 points par match à 50.8% FG)
    . Meilleur passeur : Stephen Curry (6.6 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Draymond Green/Marquese Chriss (6.2 rebonds par match)
  • NBA Fashion Episode I : Pigments, Aiguille et Balle Orange.

    NBA Fashion Episode I : Pigments, Aiguille et Balle Orange.

    JR Smith dans son élément, torse nu. Source : ClutchPoints.com

    Il avait un “Maman je t’aime” inscrit sur le biceps droit et était multimillionnaire.” Le paysage NBA contemporain permet ce genre de success story incroyable. A l’exception des chaussures, le tatouage est l’un des seuls accessoires lifestyle permettant de se démarquer visuellement sur le terrain. Les maillots et shorts sont uniformisés, les bandeaux, manchons et gaines de shooter  sévèrement contrôlés par les instances NBA en charge du code vestimentaire. Le tatouage s’est ainsi imposé depuis deux décennies comme un must have pour affirmer son style sur le parquet. Certes, c’est avant-tout par son jeu qu’un joueur se démarque, qu’il construit son image et sa réputation. Mais comment nier l’impact visuel du tatouage dans une nation qui glorifie le culturisme, les corps musculeux et l’esthétisme sportif ? Durant les trois prochaines semaines, votre média Clutch Time vous propose une incursion dans l’Univers Fashion de la NBA. Pour ce premier volet de la série, une étude haute en encre et en couleur sur la pratique du tatouage auprès de vos athlètes préférés.

    Une NBA hostile au tattoo ?

    Le tattoo parsème le corps des athlètes NBA, même les plus jeunes. Lors de la cérémonie de la Draft, de nombreux rookies peinent à dissimuler leurs bras encrés de l’épaule au poignet sous des costards impeccables. La ligue est conservatrice par certain aspects, et jusque dans les années 90, le tatouage apparent en NBA était une anomalie. 

    En Occident, le tatouage n’est toujours pas conventionnel. Toléré mais pas acclamé, l’entretien d’embauche avec le visage ou les mains colorées reste une épreuve fastidieuse. A l’aube des années 2000, des joueurs au style provocateur font tomber les barrières érigées par David Stern. Parmi eux, le fantasque Dennis Rodman. Ostensiblement rebelle, il s’affiche volontiers sur les tabloïds américains avec … a naked woman eating its own vagina” sur le dos (google est votre meilleur ami). Ses tatouages sont perçus comme une énième  manifestation de sa douce folie. Alors, qui a réellement participé à démocratiser cet art en NBA ? La réponse est “The Answer”. Encore une fois. 

      Allen Iverson posant pour une publicité Reebok. Source : The Bleacher Report

    Iverson ramène la rue en NBA.  Associé au baggy et à la lourde chaîne en or, le tatouage rappelle la culture du ghetto. Sur le continent américain, encre et illicite sont étroitement liés. Les membres de gangs portent sur leur peau les symboles qui assurent leur fidélité à leur organisation. Les anciens détenus meurtriers arborent une larme dessinée sous l’oeil en guise de trophée. 

    Face à cet imaginaire, comment faire passer la pilule ? Des pourparlers sont engagés entre David Stern et le syndicat des joueurs. En 2005-2006, la NBA impose à ses employés un dress code “professionnel” pour leurs apparitions en public. Pourtant, le tatouage n’est pas évincé. Il est progressivement adopté comme une forme d’expression artistique, les instances NBA feignant de ne pas percevoir sa dimension communautaire. 

    Des points de crispation persistent pourtant autour de la discipline. En 2018, JR Smith, alors arrière des Cavaliers se fait réprimander par la ligue pour son tatouage sur le mollet, reprenant le logo de la marque “Supreme”.

    « Lors d’un match NBA, à l’exception de l’uniforme ou de l’inscription du manufacturier visible sur les baskets, un joueur n’est pas autorisé à faire de la publicité, de la promotion pour une marque ou un logo, notamment représenté sur son corps ou ses cheveux. « 

    Source : 2019-2020 NBA Official Guideline

    JR risque une amende pour chaque match joué sans que son tatouage ne soit dissimulé, et “L’homme qui lançait des bols de soupe à la figure de ses entraîneurs” ne s’est pas gêné pour exprimer sa frustration sur les réseaux sociaux. Le sniper souligne l’hypocrisie des instances NBA qui tolèrent les tatouages à l’effigie du logo Jumpman, très populaires auprès des ballers

    Réaction de JR Smith sur Instagram et photographie de son tatouage, source : SB Nation.com

    Un tatouage, une histoire. 

    Combien d’apprentis tatoueurs, d’esprits sensibles à la sémantique artistique se cachent parmi les fans NBA en berne en cette période de COVID 19 ? Que les curieux se connectent au league pass, visionnent des images d’archives  et passent en revue le paysage épidermique de la ligue. Nombreux sont les graffitis, dessins et chef d’oeuvres qui valorisent le corps des joueurs. 

    A l’instar de Leonard Shelby dans le très bon Memento de Christopher Nolan (2000), le tatouage peut représenter un précieux mémo. Un point d’ancrage sur son corps pour ne pas oublier les souffrances et sacrifices qu’impliquent le sport de haut niveau. Dans les moments d’adversité, le tatouage n’est pas seulement une oeuvre d’art mais aussi un souvenir galvanisant. 

    La spiritualité, les souvenirs d’enfance, la famille sont ainsi des thèmes récurrents parmi les aficionados de tatouages. Certes, tous les tatouages ne sont pas originaux, c’est ce dont se moque Harry Cheadle dans un article Vice consacré au sujet. 

    Impossible de se démarquer en NBA avec un paquet de tatouages minables « I LUV MY GOD+GRANDMA+SECTION 8 HOUSING” sur la peau, et quel est l’intérêt du tatouage si ce n’est de se démarquer ? »

    Source : Vice, « A Brief History Of Tattoos in the NBA » Harry Cheadle, 2011.

    Cependant, les tatouages nous offrent la formidable opportunité de croiser la carrière individuelle du joueur avec des éléments de son histoire, afin de mieux comprendre sa personnalité.  

    Le cas Lebron James est très intéressant : icône NBA depuis plus de 15 ans, c’est aussi l’un des joueurs les plus tatoués de la ligue. Qu’a-t-il choisi de représenter sur son corps pour le reste de sa vie ? 

    The Chosen 1 

    Source : Reddit.com

    Son tatouage le plus imposant, celui qu’on ne peut rater lors des séances de work-out (torse nu bien sûr) de Lebron sur Instagram. “L’élu”, c’est le surnom qui lui a été donné par le média Sports Illustrated alors qu’il n’était encore que lycéen, celui qu’il porte fièrement. Oui, LBJ est l’élu car peu de joueurs peuvent prétendre rivaliser avec Michael Jordan pour le débat du Greatest Of All Time. Ce patronyme est aussi un poids et une responsabilité qui lui colle à la peau. 

    Difficile d’être the chosen one et d’essuyer les échecs en début de carrière, d’être décrié pour sa “non-clutchitude”. Le bilan en finales de Lebron est actuellement de 3 victoires pour 8 défaites. Pourtant, comment nier sa qualité de joueur générationnel ? 

    330

    Source : Reddit.com

    Une suite de chiffres tatoués sur son avant-bras droit. Elle correspond à l’indicatif téléphonique régional de sa ville natale d’Akron, Ohio (l’équivalent de notre “+336”, mais à l’Américaine). Pas le tatouage le plus visible, ni le plus clinquant mais peut-être l’un des plus importants si l’on considère la carrière de Lebron. En 2003, “The Kid from Akron” commence son aventure dans la ligue à Cleveland, franchise de son Etat natal. Au coeur d’une tempête médiatique après “The Decision” en juillet 2010 et son départ pour Miami, Lebron s’est fait la promesse de revenir et gagner un titre pour sa franchise de coeur. 6 ans plus tard à l’issue des finales NBA il hurle en larmes : “CLEVELAND, THIS IS FOR YOU”, après avoir fait tomber une équipe des Warriors invincible en saison régulière. Ce trophée plus que les autres atteste de la grandeur du joueur. Il le récompense pour sa fidélité envers son État et sa ville. Son engagement se lit sur son épiderme ET sur son CV en dehors des parquets : il multiplie les projets sociaux et investissements pour les membres de sa communauté. 

    Black Mamba

    Source : Instagram de Lebron James

    Un tatouage pour rendre hommage, pour ne pas oublier. Ce début d’année 2020 fut tragique pour la grande famille NBA, avec le décès de Kobe Bryant. Cette dernière inscription sur la peau du King est une promesse :  de ne pas oublier un ancien, un rival, une idole. Kobe fut un des plus grands mentors du jeu et de sa philosophie. Lebron James porte une partie de cette histoire, de cette “mentalité de tueur à sang froid” à même la peau. Le serpent venimeux et menaçant symbolise cet état d’esprit à perpétuer “pour la vie”. La rose est l’allégorie de la passion pour le jeu, où puiser sa motivation. 

      Qu’est ce qui fait du Cyborg un joueur de basket incroyable ? Probablement sa capacité à absorber et assimiler les skills et aptitudes des meilleurs artistes du jeu. A l’instar de Cell dans la saga d’Akira Toriyama, il est devenu la meilleure version de lui même à l’automne de sa carrière. Du numéro 8 fougueux et explosif au numéro 24 maître du fadeaway et enfin patron de la ligue, Lebron a du Kobe en lui. Et l’enfant d’Akron fera tout pour apporter un titre à la franchise de son idole.  Ce tatouage symbolise toute sa détermination.

    Tattoo Gossip

    Les mentalités ont changé dans la grande ligue. On peut afficher fièrement une peau recouverte de tattoos sur le terrain et prétendre à être un role model pour les ménages américains. Auprès de la presse et des fans, les tatouages ne font pas partie des frasques et fantaisies pouvant altérer l’image d’un joueur. L’argent et le succès rendent beau et respectable, encore plus aux Etats-Unis.  Et pourtant, la discipline réserve son lot de surprises. En outro, votre média basket préféré vous propose un florilège du meilleur comme du pire des tatouages en NBA. Du signe infini dessiné sur le poignet à la blague potache inscrite sur la fesse droite.

    Le Goat du Tattoo. 

    Source : The BleacherReport.com

    Chris Andersen, aka Birdman a été un solide éboueur sur les parquets, toujours avec du style. Champion avec le Heat en 2012, il s’est forgé une image de bad guy à l’imagerie punk et s’est tatoué des ailes d’oiseau sous les biceps pour mieux coller à son surnom. Le résultat est bigarré tout en maîtrise. 

    Le plus nerdy

    Source : The BleacherReport.com

    Le meilleur poste 4 de tous les temps est un fan de l’univers Heroïc Fantasy et du jeu de rôle Donjons et Dragons. Tim Duncan arbore ainsi fièrement un tatoo d’un bouffon sur son épaule droite, et un beau Merlin L’Enchanteur sur le pectoral gauche. 

    Le “tattoo tête brûlée”

    Source : The BleacherReport.com

    Stephen “Jax” Jackson s’est fait tatoué une figure biblique tenant une arme à feu dans ses mains. L’arrière des Warriors a été impliqué dans de nombreuses bagarres et fusillades et prend des matchs de suspension la saison 2005-2006 pour … Possession d’arme à feu dans les vestiaires. 

    Le tatoueur préféré de ton joueur préféré. 

    Source : The Undefeated.com

    La fidélité à son tatoueur, c’est sacré jusqu’en NBA. De bouche à oreille entre joueurs, on se refile les bons tuyaux, les bonnes aiguilles. Le canadien Steve Wiebe (à gauche sur la photo) est le tatoueur préféré de Kevin Durant, spécialisé dans les tatouages réalistes. The Snake a refilé le bon plan à son coéquipier Deandre Jordan et les trois s’entendent comme des larrons en foire. 

    Comment ne pas louer les crossovers entre l’art et le sport de haut niveau ? Le tatouage s’est démocratisé depuis une vingtaine d’années en NBA et il est plus populaire que jamais. 

    La pratique reste pourtant affiliée à une culture de l’Underground qui jure avec le code policé et corporate qu’essaie d’imposer la ligue à ses joueurs. A quand une rébellion de l’industrie du tatouage ? En 2016, les éditeurs du jeu vidéo NBA 2K avaient dû affronter les foudres du collectif Solid Oak Sketches. Ce groupe de tatoueurs avaient demandé le paiement de droits d’auteurs pour les tatouages portés par les joueurs, représentés dans le jeu par souci de réalisme.  L’organe de presse Huffington Post relaie qu’une demande de rétribution de 1.8 millions de dollars à été portée devant le tribunal fédéral New-Yorkais … A la semaine prochaine pour une enquête sur la culture sneakers en NBA. 


  • Le Point sur les équipes by ClutchTime : Les cancres de la conférence Ouest

    Le Point sur les équipes by ClutchTime : Les cancres de la conférence Ouest

    Pour cette saison 2019-2020, ClutchTime vous donne rendez-vous tous les mois pour faire un point sur les équipes en forme et celles qui ont décroché de la course aux Playoffs.

    Dans ce premier bilan, la rédaction de ClutchTime fait le tour des franchises qui occupent le bas du classement de la conférence ouest, oscillant entre tanking pour la draft 2020 et l’espoir de décrocher encore une place en playoffs pour certains.


    15ème

    Golden State Warriors (12 victoires, 40 défaites)

    YouTube

    Une saison pour reprendre son souffle

    Après la blessure au genou de Klay Thompson et le départ de Kevin Durant (blessé également), les Warriors ont atteint la fin d’un cycle qui a débuté il y a cinq ans avec au bout du compte des corps et la motivation qui lâchent. Pourtant les Warriors avançaient encore suffisamment sereins et confiants pour la saison à venir avec des ambitions toujours intactes malgré les déboires du roster. Le recrutement du jeune D’Angelo Russell devait réconforter (ou faire oublier) le départ de Durant et offrir une association inédite et prometteuse au côté de Curry. De nouvelles têtes pour de nouvelles ambitions, la présaison côtés Dub Nation était d’ailleurs à l’image de se reboot quasi-complet (2 victoires pour 3 défaites) et un jeu encore en rodage.

    Des surprises et des blessures

    Pourtant même Stephen Curry ne sera pas épargné par les blessures. Après moins d’une semaine de compétition, le meneur MVP va se fracturer la main et sera absent pour quasiment l’intégralité de la saison régulière. Nouveau coup dur pour Steve Kerr qui doit désormais composer un roster inédit et inexpérimenté. Au final la chute est terrible pour les triples champions, qui viennent de passer de la première place à l’Ouest l’an dernier à la dernière place de la ligue sur cet exercice. Golden State vit une saison cauchemar et Steve Kerr ne trouve que quelques rares satisfactions chez les plus jeunes (Ky Bowman, Eric Paschall, Jordan Poole, Omari Spellman ou encore Jacob Evans) comme chez les dernières recrues Glenn Robinson (12.7pts, 4.7rbd, 1.7ast) et Alec Burks (15.8pts, 4.7rbd, 3.2ast) mais sans parvenir à trouver de la solidité pour remporter des victoires.

    D’Angelo Russell réalise néanmoins sa meilleure saison statistique (23.8pts et 6.3ast à 38.3% derrière l’arc) mais va connaître lui aussi des pépins physiques qui vont lui faire manquer presque une vingtaine de matchs à l’heure où l’on écrit ces lignes, ce qui n’arrange en rien les affaires de Steve Kerr qui peut difficilement compter sur le rendement offensif d’un Draymond Green, pas habitué à jouer les premiers rôles en attaque, ou d’un Willie Cauley-Stein méconnaissable qui a depuis mis les voiles vers le Texas et les Dallas Mavericks.

    Un exercice raté pour vite passer à autre chose

    La fin de saison devrait être l’occasion pour les Warriors de laisser les blessés au repos et d’exposer le moins possible les quelques cadres restants avant pourquoi pas de tenter de monter un trade d’ici la fin de la fenêtre des transferts. Golden State dispose suffisamment d’éléments susceptibles d’intéresser d’autres franchises qui pourraient se laisser tenter par un deal (D-Lo ?). La meilleure option pour l’instant restant de développer ses jeunes tout en essayant de faire de la place dans la masse salariale afin d’étoffer un effectif qui sera de nouveau au complet la saison prochaine avec le retour de Curry (retour déjà prévu en mars), Thompson et un Green plus concerné et plus fort que jamais.

    Prévisions en fin de saison 15ème (19 victoires pour 63 défaites)


    14ème

    Minnesota Timberwolves (15 victoires, 35 défaites)

    Carlos Gonzalez

    La saison de la confirmation

    Malgré un recrutement 2019 assez discret, les Wolves ont su conserver leur ossature autour de leur traction Wiggins-Towns tout en affichant de grosses ambitions cette saison de la confirmation pour les hommes de Ryan Saunders. En faisant plusieurs ajustements (départs de Dario Sarić + pick de la draft Cameron Johnson, arrivées de Jarrett Culver, Treveon Graham et Shabazz Napier), Minnesota construit l’avenir sur son back-court formé par le trentenaire Jeff Teague. Les premiers résultats vont s’avérer concluants. Partis pied au plancher, les Wolves vont affichant un bilan nettement au-dessus des attentes après un mois de compétition (10 victoires pour 8 défaites) autour d’un KAT en mode All-Star (26 points, 12 rebonds, 4 passes et 1.5 contres par match) et d’un Wiggins méconnaissable (25 points, 5 rebonds, 3 passes et 1 contre par match).

    Des débuts prometteurs et une blessure qui change tout

    On se dit alors que tout est possible pour la franchise aux loups qui semble enfin avoir trouver la voie de la régularité et des succès malgré plusieurs blessures qui s’enchaînent pour les role players (Jake Layman, Jeff Teague et Shabazz Napier) et puis tout s’effondre en décembre. Une succession de défaites et la blessure au genou de Karl-Anthony Towns viennent plomber le début de saison et les ambitions des Wolves. Résultat depuis plus d’un mois la franchise du Minnesota chute progressivement au classement, enchaînant les défaites (26) avec des séries très inquiétantes (12 défaites de suite série en cours) et un rendement pas toujours optimal des titulaires en attaque, Andrew Wiggins en tête qui n’est pas parvenu à tenir très longtemps la barque tout seul (19 points de moyenne depuis janvier).

    Reconstruire pour mieux repartir

    Au final Minnesota se retrouve désormais avec l’un des pires bilans de la ligue et semble se diriger inexorablement vers une fin de saison en roue libre avec en ligne de mire la prochaine draft. L’objectif pour les dirigeants va être de mettre sur pied des trades afin de se focaliser sur la prochaine cuvée de la draft et peut-être tourner la page et mettre pourquoi pas fin à l’association Wiggins – Towns (D’Angelo Russell ?). Avec le départ de Jeff Teague et le profil d’un Robert Covington, ou d’un Gorgui Dieng (transféré à Houston depuis) qui intéressent de plus en plus d’équipe en quête d’un Three-and-D, les Wolves vont sûrement tenter des moves d’ici la fin de la période de trade le 6 février pour préparer l’exercice 2020-2021.

    Prévisions en fin de saison 14ème (25 victoires pour 57 défaites)


    13ème

    Sacramento Kings (19 victoires, 31 défaites)

    NBC Sports

    Les Kings en embuscade

    On n’attendait pas grand-chose cette année des Kings car pour tout vous dire on ne les voyait pas réellement se mêler à la course aux playoffs dans une conférence ouest aussi dense. En revanche on attendait surtout de voir ce que le recrutement de C.Joseph, H.Barnes, R.Holmes ou encore T.Ariza allait apporter à cet effectif relativement jeune. L’idée de construire l’avenir des Kings autour du duo De’Aaron Fox et Buddy Hield dans un premier temps puis Fox et Marvin Bagley à long terme devait forcément être accompagné de joueur suffisamment expérimentés et talentueux pour terminer avec un meilleur bilan que la cruelle 9ème place de la saison dernière.

    En retard sur leur temps de passage de la saison 2018-2019

    La tâche semblait très compliquée d’autant plus que Sacto a très rapidement été handicapé en début de saison par les blessures de Fox et Bagley (qui ne s’en remet toujours pas depuis) puis de Bogdan Bogdanović et Ariza, parti à Portland il y a peu, et enfin celle de Richaun Holmes absent depuis près d’un mois. C’est donc en ordre dispersé qu’avancent difficilement les hommes de Luke Walton avec un bilan médiocre mais qui conserve néanmoins toute ses chances de décrocher le 8ème et dernier spot à l’Ouest même si l’écart s’est creusé avec les Grizzlies, Blazers et Spurs.

    Une stratégie à moyen terme

    L’association entre Buddy Hield et De’Aaron Fox reste un gage de réussite pour le moment et sera déterminant au moment de la prolongation ou pas de l’arrière qui arrive en fin de contrat cette saison. À ce même titre, la paire de snipers serbes Bjelica et Bogdanović se retrouve également au cœur de plusieurs rumeurs de trade depuis plusieurs semaines, confortant l’idée que Sacramento puisse attirer un joueur de calibre à l’intérieur pour entourer le jeune Bagley ou sur l’aile pour remplacer un Harrison Barnes pas à la hauteur. Avec un choix top 10 de la prochaine cuvée de draft, Vlade Divac dispose dans sa manche de plusieurs atouts pour poursuivre la reconstruction de la franchise.

    Prévisions en fin de saison 12ème (34 victoires pour 48 défaites)


    12ème

    New Orleans Pelicans (20 victoires, 31 défaites)

    Tyler Kaufman / Associated Press

    Un recrutement et des promesses

    Été très fructueux pour la Nouvelle Orléans qui s’est enfin délestée de son poids mort Anthony Davis, parti se frotter à la pression sportive et médiatique de la cité des anges. En contrepartie de ce trade, les Pels ont désormais de la matière pour avancer assez rapidement et devront vraisemblablement remettre les clés du camion à Brandon Ingram cette saison avant de voir Zion Williamson prendre ses marques et peut-être un Lonzo Ball devenir le meneur de jeu capable de faire tenir ce projet en un seul morceau. Certes l’effectif reste très jeune (quatre novices, neuf joueurs de moins de 25 ans) mais le potentiel est absolument abyssal à l’image de son premier choix de draft, Zion Williamson, que le coach des Pelicans Alvin Gentry va couver et préserver le plus possible pour en tirer toute la quintessence basketballistique.

    Des débuts chaotiques avant de retrouver le sourire

    Gêné par son genou (ménisque), le nouveau phénomène du basket américain est donc passé sur la table d’opération et manquera les trois premiers de compétition durant lesquels les Pelicans vont énormément souffrir. En manque d’automatisme et décimée par les blessures, NOLA va débuter de la pire des manières son exercice avec seulement sept victoires sur ses 30 premiers matchs. Seules satisfactions notables, les performances taille patron de Ingram (25.1pts, 6.5rbd, 4.2ast à 47.3% dont 40% derrière l’arc), qui va d’ailleurs honoré sa première sélection pour le ASG, associées à l’expérience de Jrue Holiday et JJ Redick, la franchise de la Louisiane va progressivement prendre ses marques et remonter la pente pour remporter le double de victoire sur ses vingt derniers matchs, peaufiner son jeu mais surtout récupérer sa pépite fin janvier.

    Un futur taillé pour les playoffs

    Alors que peut-on attendre d’une équipe comme celle des Pelicans pour la fin de la saison ? Difficile de voir les hommes d’Alvin Gentry hausser encore leur niveau de jeu et décrocher une place si chère et difficile à obtenir pour les playoffs. La logique voudrait appeler d’abord à la prudence sur l’état de santé des joueurs, Zion le premier, et surtout faire grandir cet effectif qui a fait peau neuve. La prolongation de contrat de Ingram sera évidemment au cœur des préoccupations de David Griffin qui devra tenter plusieurs manœuvres en se débarrassant notamment du contrat d’un Derrick Favors en fin de contrat ou encore composer avec les rumeurs autour des joueurs les plus expérimentés (Redick, Holiday) et en se séparant de certains éléments en grandes difficultés (Lonzo Ball, Jahlil Okafor et E’Twaun Moore).

    Prévisions en fin de saison 13ème (33 victoires pour 49 défaites)


    11ème

    Phoenix Suns (20 victoires, 31 défaites)

    Inside Basket

    Après un gros chambardement à l’intersaison pour gommer un exercice 2018-2019 catastrophique, les Suns ont voulu injecter du sang neuf pour donner les chances à un Devin Booker ou un Deandre Ayton de step up. Les arrivées de joueurs comme Aron Baynes, Frank Kaminsky, Dario Saric ou encore Ricky Rubio permettent de miser sur des joueurs encore assez jeunes mais suffisamment confirmés et efficaces pour accompagner le développement du noyau dur du groupe Booker-Oubre-Ayton. Car le développement de ses jeunes demeure un problème pour la franchise depuis plusieurs saisons, une tâche à laquelle Monty Williams fraîchement débarqué veut remédier, conscient du potentiel et des perspectives qu’offrent ce roster.

    Après un démarrage très encourageant (7-4), les Suns sont vite retombés dans une spirale de défaite avant de rebondir fin décembre et en janvier (9 victoires). Le bilan est tout de même nettement plus satisfaisant et encourageant, les Suns étant toujours dans la course pour décrocher l’un des deux derniers spots à l’Ouest. Une place somme toute logique pour une équipe qui revient de loin à l’image du pivot bahaméen Ayton, suspendu 25 rencontres en début de saison pour contrôle positif à un diurétique. Une balle tirée dans le pied qui a néanmoins été atténuée par le leadership de Booker, plus efficace dans le jeu et qui partage désormais les responsabilités en attaque avec Rubio et Oubre. Il reste néanmoins plusieurs choses à améliorer à commencer par le jeu intérieur et le rendement des recrues Baynes et Kaminsky tous deux blessés ou encore de la défense, véritable point d’interrogation du coaching de Williams.

    Les Suns peuvent néanmoins nourrir de grands espoirs avec Booker à la manœuvre et doivent encore faire progresser leurs jeunes espoirs. Même si les supporters attendaient autre chose des recrues, l’effectif de la saison prochaine devrait fortement ressembler à celui de cette année, Phoenix disposant de très peu de salary cap et chercheront sûrement à prolonger Aron Baynes ou bien tenteront de monter un échanger pour réajuster plusieurs choses. En attendant place aux jeunes, que les Suns prennent le temps de les développer et de se créer une rotation suffisamment solide pour rester sur une bonne dynamique et un bilan de victoires convaincant.

    Prévisions en fin de saison 11ème (35 victoires pour 47 défaites)

    L’avis du supporter ClutchTime : Tedesco

    Pour les Suns on est sur une saison un peu ambivalente, D’un côté on fait une saison bien meilleure que l’année passée mais d’un autre côté, le début de saison nous a fait espérer plus. Les deux gros points positifs de la saison c’est évidemment Devin Booker qui est encore meilleur que l’année dernière et Mikal Bridges qui devient un leader défensif. Parmi les points négatifs, je note surtout l’incapacité à garder une cohérence de jeu, matchs après matchs, ce qui peut s’expliquer par le nombre de blessures phénoménal. Sur le dernier match nous n’avions que trois remplaçants. Pour Elie Okobo je suis déçu de sa saison , on lui a donné sa chance et il a été trop timide , il joue propre mais n’apporte pas assez au collectif. Pour ma part il risque de devenir une monnaie d’échange lors de la trade deadline et ne sera sûrement pas resigné en fin de saison.

  • Vices et Excès en NBA

    Vices et Excès en NBA

    Chaque semaine, Clutch Time vous propose une immersion dans l’univers de la grande ligue. Entre phénomènes identitaires et tendances extra-sportives, votre média basket analyse le paysage culturel de la NBA.

    “God Bless America”.  Les Etats-Unis sont une nation religieuse et puritaine, au moins en façade. Mais quid des dérives du Capitalisme, d’Hollywood, de Donald Trump, et de la NBA ? La première ligue sportive du pays brasse de l’argent et suscite la frénésie de ses fans. Des athlètes millionnaires dans la fleur de l’âge s’affrontent tous les soirs sous le feu des projecteurs.  Le vice et les excès liés à leur statut sont inévitables, pour le grand plaisir de la presse à scandale américaine. Face à la pression médiatique, comment les joueurs NBA gèrent-ils la tentation et les petits plaisirs de la vie liés à leur notoriété ? 

    Andre Iguodala célébrant son titre avec les Warriors en 2017, source : Quora. 

    Eat Good Play Good 

    “TACOOO TUESDAAY”, c’est le hurlement de bonheur de Lebron James face à ses tacos. Sur le réseau social Instagram, le King célèbre une coutume initiée  par la diaspora mexicaine aux Etats-Unis. Chaque mardi soir, en famille, la tortilla est au menu. À jamais un business man, Lebron a désiré faire de son cri du cœur pour la nourriture latina une marque déposée. Le joueur entretient une relation ambiguë avec la “malbouffe” : rarement dans son assiette, souvent dans son porte-monnaie. Il détient une part du capital de la société Blaze Pizza et a fait la publicité des chaines MacDonald’s, Coca-Cola ou Dunkin’ Donuts durant sa carrière.

    Lebron James fait pourtant attention à son régime alimentaire. Associé à une éthique de travail rigoureuse, son attachement à la nourriture saine explique sa longévité. En 2018, son manager Maverick Carter avait divulgué que l’enfant d’Akron  dépensait chaque année près de 1,5 millions de dollars pour préserver sa condition physique exemplaire. 

    De nombreux joueurs emploient des chefs cuisiniers et diététiciens pour contrôler leur poids, car être gras en NBA semble rédhibitoire. En 2018, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) affirme que 39 % de la société américaine est obèse. Avec près de 15 000 établissements McDonald’s sur le territoire, le pays tient la culture du fast-food en religion. La tentation est forte durant la trêve estivale, et de nombreux joueurs en profitent pour croquer la vie, et le cheeseburger, à pleine dents.

    Shaquille O’Neal, égérie pour une publicité du Fast-Food Slutty Vegan, à Atlanta. Source : Page Facebook de la chaine.

    Les coachs NBA sont au diapason quant à la gestion de ces joueurs hédonistes. Être hors de forme par rapport aux standards de la ligue, c’est voir mathématiquement son temps de jeu sur le banc augmenter. Les kilos en trop induisent des performances athlétiques en baisse et une vulnérabilité aux blessures musculo-articulaires. 

    Une NBA grossophobe ? Demandez à Nikola Jokic. Comme le Serbe, certains joueurs n’ont pas le physique standardisé de la grande ligue mais compensent avec un bagage technique supérieur. Il y a les faux lents et les phénomènes physiques dotés d’une génétique qui font oublier les kilos en trop. 

    Le Alley-Oop stratosphérique de Zion Williamson la nuit du 2 février face aux Rockets. Revenu de blessure hors de forme, le rookie pèse 130 kilos pour 1.98m. Zion est le troisième joueur le plus lourd de la ligue.

    Si les historiens de la NBA ne devaient relater qu’une performance XXL, ce serait sûrement la saison 2003-2004 de Shaquille O’Neal. Le pivot des Lakers pèse alors 165 kilos. Ce poids de forme ne l’empêche pas de jouer 67 matchs avec une ligne statistique de 21 points et 11 rebonds de moyenne. Shaq disposait d’une mobilité et d’une puissance incroyable pour un big men de son gabarit. 

    Glen Davis, Olivier Miller … ou encore Serge Ibaka et son show culinaire sur Youtube ont prouvé qu’on peut allier amour du basket et de la gastronomie. En coulisses des parquets, d’autres addictions moins visibles peuvent séduire les joueurs de la ligue. 

    La stupéfiante NBA

    La NBA accueille des talents issus de toute classe sociale. Dans leur jeunesse, certains joueurs ont été confrontés à la drogue, symptomatique de la misère et la pauvreté dans les zones urbaines aux Etats-Unis. C’est le cas de Patrick Beverley, qui s’est confié cette année à ESPN et au journaliste Ohm Youngmisuk. Interrogé sur ses perspectives dans la vie s’il n’avait pu quitter la banlieue de Chicago pour devenir un sportif professionnel, le meneur des Clippers a donné une réponse aussi franche que radicale :

    « J’aurais probablement été le meilleur vendeur de drogue du monde”. 

    Source : Patrick Berverley pour ESPN, le 22 novembre 2019.

    De nombreux joueurs ont ainsi évolué dans un environnement favorable à la possession et à la consommation de substances. La ligue a conscience de cette réalité et mène une politique sévère à l’encontre des stupéfiants, susceptibles de mettre en danger la santé de ses athlètes. Un accord a été signé avec l’association des joueurs dans le cadre de “L’Anti-Drugs Program”. 

    Le site internet SportsReference.com rappelle la législation adoptée par la NBA pour le traitement de ce sujet. 

    Les joueurs peuvent subir jusqu’à cinq tests d’urine aléatoires durant la saison. Ces tests concernent aussi bien les produits stéroïdes et autres hormones, que la cocaïne, le LSD ou la marijuana. Tous les joueurs sont susceptibles d’être contrôlés. Cependant, une vigilance particulière est accordée aux rookies, afin de les sensibiliser dès leurs premiers pas dans la ligue. En cas de test positif à la weed, le joueur intègre obligatoirement le programme de suivi des addictions de la ligue. Les sanctions sont ensuite croissantes selon la gravité de la situation et les éventuelles récidives. De quelques matchs de suspension et une amende de 25 000 dollars, elles peuvent aller jusqu’à un bannissement maximal de deux ans, imposé à Chris Andersen pour usage de drogues dures en 2006

    Illustration de fan de Chris Andersen, alias Birdman,  sous les couleurs du Heat. Source : Clutchpoints.com

    Ce suivi s’adapte aux besoins des athlètes et permet de prévenir les drames qui ont secoué toute la communauté sportive américaine, comme le décès par overdose du jeune Lens Bias, sélectionné en deuxième position de la draft 1986 par les Celtics.  Les grandes instances de la NBA veulent ainsi préserver leur image mais aussi assurer le bien-être de leurs premiers employés. 


    De plus, malgré leur statut privilégié, les athlètes ne sont pas immunisés à la dépression. Une traversée du désert dans une carrière peut mener à l’alcoolisme. DeMar Derozan ou Kevin Love se sont engagés récemment au sein de la communauté NBA pour témoigner, prévenir et accompagner les joueurs qui subissent ce fardeau existentiel.

    Durant la saison 1988-1989,  Chris Mullin, membre du triptyque offensif up tempo  “Run TMC”, a dû affronter son addiction pour l’alcool. Arrivé à Oakland chez les Warriors, l’arrière s’acclimate difficilement aux exigences de ce nouveau cadre, loin de son quartier natal de Brooklyn. Son refuge dans la boisson mine  son assiduité à l’entraînement. C’est son coach et mentor, Don Nelson qui l’incite à intégrer un programme de désintoxication. Le soutien dispensé en rehab permet à Mullin de retrouver un équilibre sur et en dehors des parquets. 

    L’alcoolisme reste un problème aigu en NBA, notamment une fois les sneakers raccrochées. Dans la luxure, d’anciennes légendes finissent par dilapider tous leurs gains amassés en carrière. 

    Sexual Healing

    Avis aux âmes sensibles, ici commence le royaume de l’intime. Certes, la vie privée des joueurs ne nous regarde pas. Cependant, leurs frasques nous amusent, car elles jurent avec l’image que veut donner la NBA à son business. Les valeurs louables liées à la communauté, et à la famille sont régulièrement mises en scène autour d’acteurs du jeu exemplaires. 

    Ne soyons cependant pas hypocrites. Une piqûre de rappel gossip ne peut pas faire de mal, surtout pour réduire la distance pouvant exister entre ces monstres sacrés du parquet et nous, simple fans. Les livres d’Histoire de la ligue regorgent d’anecdotes sur la libido de ses légendes. 

    Wilt Chamberlain et ses 100 points en un match se targue de disposer d’un record encore plus rocambolesque. Dans sa biographie, A View From Above (1991), il affirme avoir couché avec plus de 20 000 femmes, soit “une moyenne de 1,2 par jour depuis ses quinze ans”. 

    Légende du jeu, Dennis Rodman est adoré car c’est aussi un personnage haut en couleurs. Champion intercatégories, the Worm a la réputation de donner dans tous les vices. Nous ne nous attarderons aujourd’hui que sur ses exploits sous la couette.  Les hustle plays se déroulent aussi hors du temps réglementaire, et le numéro 91 des Bulls a affirmé s’être fracturé le sexe à trois reprises. Pour les plus curieux d’entre vous, les circonstances de ses mésaventures sont détaillées dans une interview que l’ex-petit ami de Carmen Electra et Madonna  a accordé au média VICE, en 2016.  

    Récit des blessures légendaires de Dennis Rodman, produit et réalisé par le média VICELAND. Source : Youtube

    Tempérons nos jugements. Certains joueurs évoluent dans des gros marchés et nombreux sont des athlètes millionnaires. A New-York, Miami ou  LA, difficile d’ignorer la fête qui sert d’exutoire à la tension accumulée durant la saison. Le très sérieux Sports Illustrated a ainsi publié une étude statistique sur James Harden, montrant que l’ex-MVP performait en moindre mesure lorsqu’il était en déplacement dans une ville réputée pour ses strip-clubs. 

    Le 26 janvier 2020, une vidéo de Kawhi Leonard fuite sur Twitter. Le joueur des Clippers apparaît en club aux côtés d’une danseuse dénudée, lascive. Cette saison, le joueur est souvent préservé par sa franchise au nom d’un load management assumé, et l’extrait soulève la moquerie de certains fans. Kawhi semble disposer d’assez de vigueur pour évoluer sur les parquets. Si cette telle polémique amuse, elle humanise aussi the Claw, souvent perçu comme un tueur timide qui ne vit que pour le basket. 

    La parenthèse gossip se referme. La NBA passionne par sa démesure qui induit des moments de faiblesse et des ragots de l’autre côté du rideau. Prenons conscience qu’il est difficile pour ces joueurs médiatisés de préserver leur vie privée, à l’écart des caméras. Les excès extra-sportifs des joueurs sont compréhensibles lorsqu’on réalise les sacrifices nécessaires à l’intégration  de cette ligue ultra-compétitive. Pour notre grand bonheur le vice est partout, même dans une NBA qui se veut si lisse et policée. 

  • L’été 2021 de Rudy Gobert !

    L’été 2021 de Rudy Gobert !

    Chaque été, la NBA est pleine de rebondissement durant la Free Agency, plusieurs joueurs vont et viennent dans différentes franchises pour des raisons diverses, certains pour ne pas finir leurs carrières sans bague ( David West, Gary Payton, Karl Malone ou encore Kevin Durant ) et d’autres pour trouver la franchise qui leurs conviendraient ( Lebron James ou encore Kawhi Leonard ). C’est pour cela qu’aujourd’hui, Clutch Time vous plonge dans des suppositions quant à l’avenir de notre Gobzilla National.

    Rudy Gobert : double Défenseur de l’année
    Source : @rudygobert27

    Agent libre en 2021, Rudy Gobert va avoir un choix très important à faire pour la suite de sa belle carrière, en possession de deux titres de défenseur de l’année, beaucoup d’équipes vont vouloir acquérir un tel joueur et même si Rudy semble déterminé à rester dans l’Utah pour le reste de sa carrière, Clutch Time se pose la question de ce que donnerait le départ de Rudy dans une autre franchise et surtout, quelle(s) franchise(s) seraient prêtes à attirer le joueur ?

    • Statistiques en Carrière : 11.5 points / 14.5 Rebonds / 2.2 Contres
    • Statistiques en 2019/2020 : 15.4 points / 14.5 Rebonds / 1.9 Contre

    Pourquoi partir du Jazz ?

    Un départ pour enfin devenir All-Star ?

    Rudy Gobert est heureux au Jazz, c’est clair et concis mais parfois, cela n’est pas suffisant pour un joueur majeur en NBA. Aujourd’hui, Rudy n’a pas encore connu la saveur du All Star Game tout en étant l’un des joueurs les plus importants de son équipe et même s’il y a de forte chance qu’il le soit cette année, cela serait en grande partie une conséquence des blessures de joueurs dominants à son poste comme Karl-Anthony Towns ou encore Nikola Vučević (revenu de blessure depuis).

    Rudy Gobert ému après avoir appris qu’il ne serait pas All-Star

    Cette situation peut sembler être un problème minime dans sa décision lors de la Free Agency mais la réalité est que cette distinction semble être très importante pour lui, au point de ne pas pouvoir retenir ses émotions lors d’une session média le 1er février 2019 après la révélation des réservistes du match des étoiles.

    La raison principale à cette non-sélection est directement liée à sa situation sportive actuelle. En effet, Rudy joue dans un petit marché et même si cela n’empêche pas les joueurs du calibre de Devin Booker ou encore Nikola Jokić d’être dans les votes pour le All-Star Game, cela se révèle plus difficile lorsque l’on est considéré comme un spécialiste de la défense.

    Dans une NBA complètement offensive, les fans ne souhaitent pas spécialement voir ce type de joueur étiqueté à un rôle défensif durant le All Star Game sauf dans de rares exceptions comme Al Horford, Paul Millsap ou encore Draymond Green qui ont été sélectionnés en grande partie grâce aux succès de leurs équipes respectives.

    Un départ afin de pouvoir enfin reconnaître ses qualités offensives ?
    Rudy Gobert surnommé The Stifle Tower, The French Rejection ou encore Gobzilla
    Source : @rudygobert27

    La seconde raison d’un possible départ pourrait être le manque de résultats en playoffs. Durant les dernières années, Rudy a exprimé plusieurs fois une grande frustration sur son rôle offensif dans cette équipe du Jazz mais également une difficulté constante rencontrée par son équipe afin d’augmenter l’intensité et le niveau de jeu durant les Playoffs comme une équipe prétendante au titre se doit de le faire.

    Même si tous les joueurs passent par cette phase de frustration, Rudy n’a jamais dépassé le second tour des Playoffs durant ses sept années professionnelles en NBA. A ce rythme, si le front office ne fait rien pour changer cette situation, il est probable que ce dernier décide de changer d’air.

    Cette saison, Rudy Gobert se présente tout de même comme un joueur, à plus de 67% de réussite au tir tout en prenant moins de tir que l’année dernière (8.5 cette année contre 8.8 l’année dernière) ce qui montre une grande problématique dans le style de jeu du coach du Jazz.

    En effet, Quin Snyder, coach du Jazz, ne semble pas écouter son pivot, pourtant très important a la réussite de l’équipe, en lui donnant plus de responsabilités offensives et surtout, en lui offrant des systèmes offensifs qui pourraient mettre à mal beaucoup d’équipes en NBA qui se repose énormément sur le Small Ball.

    Un départ décidé par amitié ?

    Cette hypothèse est peu probable mais the Stifle Tower, comme beaucoup de monde le surnomme, pourrait avoir des envies de départ pour jouer avec un ami, un peu comme son ex-coéquipier au Jazz en 2016-2017, Boris Diaw qui avait rejoint, durant son prime, Tony Parker au Spurs et dont le rêve était de jouer en NBA avec son ami de toujours.

    Rudy Gobert et Evan Fournier
    Source : Kevin Couliau

    Rudy Gobert, pourrait donc être tenté de rejoindre Evan Fournier qu’il côtoie depuis sa jeunesse. Cela ne serait pas une mauvaise idée tant on a pu voir durant la Coupe du Monde 2019 en Chine que le duo avait une entente parfaite et surtout une aisance dans leurs nouveaux rôles de leader du basket Français (surtout que les deux Français ont le même agent, Bouna Ndiaye). Cependant, la question se pose de savoir si cette entente est suffisamment impressionnante pour être efficace en NBA.

    Il est également possible de citer Ian Clark avec qui Rudy Gobert est devenu très proche mais qui est parti malheureusement très rapidement du Jazz pour connaître une petite carrière intéressante avec les Warriors avant de rejoindre désormais les Flying Tigers de Xinjiang en Chine et dont le retour en NBA semble utopique.

    Quelles Franchises en cas de départ ?

    Les Warriors

    Draymond Green, Stephen Curry, Klay Thompson et D’angelo Russell
    Source : @warriors

    En 2021, Stephen Curry (33 ans) et Klay Thompson (31 ans) seront toujours dans de très bonnes conditions pour retrouver le chemin des finales et l’ajout d’un double meilleur défenseur de l’année dans une raquette déjà bien servie par un certain Draymond Green pourrait devenir très bénéfique. Ajouter une telle raquette au côté de l’un des backcourt les plus talentueux de la NBA et les Warriors pourraient disposer de l’une des équipes les plus létales de la NBA.

    Actuellement, les Warriors sont dans une période très difficile avec beaucoup de blessures dont des joueurs défensifs assez importants comme Klay Thompson ( out pour la saison ) ou encore Draymond Green qui a connu une petite absence au début de la saison.

    Rudy comblerait incontestablement les problématiques de cette équipe des Warriors grâce à l’ajout de ses qualités dans les domaines nécessaires à cette équipe comme :

    • Les Rebond ( 44.1 Prises par match et seulement 21eme de la ligue )
    • La défense ( 20eme défense de la ligue )

    Finalement, même si l’équipe n’est pas au complet, il est évident que la perte de Kevin Durant, Andre Iguodala ou encore Demarcus Cousins amène des problèmes défensifs qu’un Rudy Gobert pourrait clairement compenser.

    Par ailleurs, comme on a pu l’apercevoir avec Demarcus Cousins, Steve Kerr n’hésite pas à mettre des systèmes offensifs au poste pour ses pivots sachant que Steve Kerr à réussi a réduire les tentatives de Demarcus à 3 points de six tentatives par match en 2018 avec les Pelicans, a trois tentatives par match en 2019 sous ses ordres.

    Aujourd’hui, Rudy Gobert serait un profil parfait pour les Warriors qui pourrait non seulement redonner une dimension effrayante à cette équipe mais surtout, avoir un rôle offensif plus intéressant. Une équipe comme les Warriors donne une réelle opportunité de participer au match des étoiles car en étant suffisamment sérieux et raisonné, si Draymond Green a été honoré de cette sélection à trois reprises, Rudy pourrait tout à fait l’être également sous les couleurs de San Francisco.

    Les Mavericks

    Luka Dončić et Kristaps Porziņģis , le duo qui représente l’avenir des Mavericks
    source : @dallasmavs

    Comment ne pas évoquer les équipes dans lesquelles Rudy Gobert pourrait se retrouver sans parler de la franchise qui accueille pas moins de huit nationalités différentes dans son roster dont quatre joueurs européens en 2020.

    Mark Cuban, le propriétaire des Mavericks, adore les Européens depuis l’arrivée d’un certain numéro 41 dans son équipe à la fin des années 90 (échange avec les Bucks de Milwaukee) . Une raquette complémentaire telle que Porziņģis -Gobert ferait clairement rêver n’importe quel Européen fan de Basket avec à la baguette un magicien tel que Luka Dončić.

    Cependant, c’est une équipe qui est déjà 4ème au rebond dans toute la ligue avec 47.6 prises par match donc l’apport de Rudy, certes majeur, ne serait pas aussi énorme que dans une équipe qui a réellement besoin de tout ce que Rudy Gobert peut apporter dans un secteur intérieur.

    De plus, Dallas étant l’une des plus grosses villes des Etats-Unis, les exploits de Rudy pourraient être un peu plus reconnu même si un jeune Slovène déjà sur place et adulé par la ville entière risque de bloquer une place au All-Star Game pour les dix prochaines années.

    Cela ne représente donc sûrement pas une meilleure solution pour Rudy que sa situation actuelle au Jazz car partir de sa ville de toujours pour rester bloqué par un joueur plus spectaculaire et beaucoup plus jeune que lui-même ne semble pas être la meilleure opportunité pour Rudy même si nous sommes nombreux à vouloir, un jour, voir une association Rudy-Luka pour le simple bonheur des fans de la ligue.

    Le Heat de Miami

    Jimmy Butler et Pat Riley, le président du Heat
    Source : @MiamiHEAT

    Le soleil de South Beach est une destination plutôt plaisante pour n’importe quel joueur, surtout lorsque la philosophie de la franchise colle parfaitement à l’image du joueur en question.

    Le Miami Heat se présente comme une équipe au potentiel défensif très intéressant avec des joueurs qui aime cet art un peu trop souvent négligé qu’est la défense. Pourtant, le Heat n’arrive pas à réellement faire partie de l’élite dans le secteur défensif ( seulement 14eme défense de la ligue ) et cette problématique passe par le manque de pivot qui se fait réellement sentir au niveau des rebonds ( Seulement 45 Prises par match ce qui place le Heat à la 16ème place dans la ligue ).

    Rudy serait donc un talent intéressant dans cette belle équipe de Miami et même si Erik Spoelstra a connu plusieurs difficultés dans l’utilisation de ses pivots depuis ses débuts en 2008, il ne faut pas négliger le fait qu’en dehors de Chris Bosh qui n’est pas réellement un pivot, Spoelstra n’a jamais eu de pivots talentueux sous ses ordres sauf peut-être Hassan Whiteside mais qui fut un joueur difficile à coacher.

    Le duo Spoelstra et Rudy à de fortes chances d’être une bonne connexion car sous les ordres de Pat Riley, un joueur qui travaille dur sera apprécié et respecté au sein de la franchise et des fans et c’est exactement le cas pour Rudy.

    Enfin, dans l’hypothèse où le Heat réussisse à garder Bam Adebayo d’ici 2021, une raquette Adebayo-Gobert pourrait offrir un rempart défensif impénétrable et faire passer un cap à cette équipe du Heat qui semble, aujourd’hui, manquer d’un réel Pivot intimidateur.

    Les Pelicans

    L’avenir des Pelicans
    Source : @chris_granger

    À première vue, cela peut paraître étrange mais il semble envisageable qu’à partir de 2021, Zion Williamson soit potentiellement à la hauteur des espérances, que Lonzo Ball et Brandon Ingram soient prolongés mais également bien plus matures et performants et surtout que l’équipe se développe efficacement avec Jaxson Hayes ou encore Nickeil Alexander-Walker.

    Dans cette hypothèse, il n’est pas impossible de voir Rudy atterrir dans une équipe potentiellement outsider pour le titre qui possède un manque cruel de pivot(s).

    Le phénomène offensif que peut devenir Zion Williamson associé à un Rudy dans son prime pourrait inciter le Français à rejoindre l’air de la Louisiane et une franchise à fort accent francophone dans le pays de l’Oncle Sam.

    Cela reste cependant une grande hypothèse quant à l’avenir de cette franchise mais c’est la raison pour laquelle l’imagination joue un rôle important dans la création de ces différents scénarios.

    L’association Zion et Rudy dans une raquette serait loin de déplaire à un grand nombre de fans et même si au premier abord, leur complémentarité ne colle pas réellement à cause d’un manque cruel de tir à longue distance, la réponse viendrait à terme de Zion lui-même qui pourrait développer un shoot suffisamment efficace d’ici deux ans ? Seul l’avenir nous le dira.