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  • Ça s’est passé un 1er Mai : Le « Back-to-back Fifty » de Michael Jordan

    Ça s’est passé un 1er Mai : Le « Back-to-back Fifty » de Michael Jordan

    Parce que la NBA regorge de performances en tout genre passées à la postérité ou progressivement oubliées avec le temps, ClutchTime vous propose de revivre ces matchs et exploits de légende, qui ont façonné l’histoire de la ligue, d’hier à aujourd’hui.

    Personnalité immanquable lorsqu’il s’agit d’évoquer certaines performances individuelles titanesques en NBA, Michael Jordan fait logiquement partie du Gotha des plus grands joueurs ayant foulés les parquets de la grande ligue. Véritable rouleau compresseur en attaque, nombre de ses performances sont passées à la postérité et c’est la raison pour laquelle nous allons nous intéresser à l’une d’entre elles, pas la plus célèbre en soit, mais qui reste inégalée de nos jours.


    Michael « Air » Jordan

    Bien avant de devenir « The GOAT », Michael Jordan était surtout célèbre pour son profil d’athlète d’exception et ses qualités de scoreur hors-pair à ses débuts. Inutile de vous refaire tout le curriculum du Chicagoan, mais le légendaire numéro 23 des Bulls avait réussi à subjuguer le microcosme de la NBA dès son arrivée en 1984. Une prouesse assez rare pour être soulignée, au vue de la densité des joueurs vedettes de la ligue à l’époque, à commencer par la rivalité historique entre les Celtics de Larry Bird et les Lakers de Magic Johnson, mais qui avait cruellement besoin de se trouver une nouvelle figure de proue pour développer son image et sa popularité.

    Jordan fut en quelques sortes le Messie débarqué au meilleur moment dans l’histoire de son sport. Génie de la balle orange, le natif de Brooklyn ne tardera pas à se tailler une réputation quasi-mystique, à l’image de son chef-d’oeuvre lors du Game 2 des finales de Conférence 1986 face au Celtics où il inscrira 63 points, un record sur un match de playoffs qui tient toujours et qui suscita l’admiration de son aîné Larry Bird qui le qualifia de « Dieu déguisé en Michael Jordan » ce soir-là. Un seul article ne suffirait pas à évoquer les nombreux faits d’armes de « His Airness« , et encore moins pour évaluer son impact médiatique. C’est pourquoi nous avons dû choisir une performance parmi tant d’autres, un fait assez méconnu du grand public, mais néanmoins jordanesque.

    Sa saison 1987-1988

    Flashback sur la saison régulière 1987-88 qui vient de rendre son verdict. Les Chicago Bulls alors entraînés par Doug Collins (1986-89) viennent de boucler leur meilleure saison depuis près de quinze ans avec le 8ème bilan de la ligue, ex-aequo avec Atlanta (50-32). Un succès dont le mérite revient en très grande partie à Jordan, le joueur ayant terminé Meilleur marqueur pour la deuxième saison consécutive, mais aussi Meilleur intercepteur. Le désormais quadruple All-Star va même jusqu’à remporter son premier trophée de MVP du All-Star Game 1988 organisé cette année dans son fief à Chicago, ainsi que le concours de dunk.

    Avec 35 points par rencontres à 53.5% d’adresse aux tirs, auxquels il convient d’ajouter 5.5 rebonds, 5.9 caviars, 3.2 interceptions et même 1.6 contres, l’ancien Tar Heel a littéralement roulé sur ses adversaires durant 82 rencontres, avec des pointes au scoring démentielles face aux Pistons (59 points), Cleveland et Portland (52 points) et Boston (50 points), se payant même un sprint final monstrueux en avril, alors qu’il tournait à 39 points sur les douze derniers matchs des Bulls (9-3). Des boucheries en attaque comme la NBA en a rarement vu depuis l’époque de Wilt Chamberlain et Elgin Baylor.

    source : Sports Illustrated

    1er Tour des Playoffs 1988

    Pour ses quatrième playoffs en quatre ans, Jordan compte bien passer un cap. Éliminé à chaque fois dès le premier round, il a pris soin d’éviter à son équipe des retrouvailles avec leur bourreaux depuis deux ans, les Boston Celtics. Quatrième à l’Est avec l’avantage du terrain, c’est sur les Cleveland Cavaliers (42-40) que Michael va pouvoir se défouler avant de passer aux choses sérieuses. Pourtant les Cavs de coach Wilkens sont loin d’avoir réussi aux Bulls en régulière (3 wins et 3 defeats dont une défaite à domicile). Leur bilan est un trompe l’oeil, l’effectif de l’Ohio emmené par un cinq majeur de qualité et très équilibré est un énorme piège tendu aux Bulls qui dépendent d’un seul et même homme en attaque.

    Car si sur le plan défensif, la franchise de l’Illinois n’a rien à envier aux meilleurs (1ère équipe aux point concédés et 3ème Defensive Rating), sur le plan offensif, le supporting cast des Bulls n’a pas encore tout à fait pris le temps de se mettre à la hauteur de leur arrière. Sam Vincent arrivé en provenance de Seattle en février et associé à Jordan sur le backcourt a bien trouvé ses marques (13 pts), tout comme Oakley dans celui de lieutenant, mais le reste de l’effectif a du mal de sortir de l’ombre de son altesse sur le front de l’attaque malgré un bon potentiel, à l’image de ses deux rookies Horace Grant et Scottie Pippen.

    Pour Cleveland, la saison régulière fut assez compliquée, en témoigne des séries de défaites au mois de novembre et surtout de février à mars, Lenny Wilkens se sentait forcément soulager au moment de voir son équipe décrocher l’un des derniers spots à l’Est après une fin de saison rondement bien menée. Sur le papier cette équipe est assez jeune, mais déjà très en avance sur beaucoup d’autres formations à l’époque. Autour d’un noyau de presque dix joueurs, dont la plupart avec moins de cinq saisons au compteur, les Cavs espèrent opposer une vraie résistance aux Bulls avec un cinq majeur composé entre autres de Mark Price, Ron Harper, Larry Nance et Brad Daugherty, ainsi que d’un banc taillé pour poser des problèmes à la défense de Chicago avec Craig Ehlo, Hot Rod Williams ou encore Dell Curry.

    À la fin des années 1980, Bulls et Cavs se sont affrontés à deux reprises lors des séries éliminatoires de 1988 et 1989. Cette dernière fut la plus marquante de l’histoire dans leurs confrontations, en particulier avec une action mythique lors du match décisif à Cleveland, où Michael Jordan va inscrire « The Shot » au buzzer sur son vis-à-vis Craig Ehlo, éliminant une fois de plus les Cavaliers au premier tour. Un moment devenu culte dans l’histoire de la ligue et qui illustra à merveille l’impuissance des équipes à l’époque qui affrontèrent les Chicago Bulls et Michael Jordan en playoffs.

    Jordan pose déjà son empreinte sur la série

    source : Forbes

    Au Stadium de Chicago, MJ veut frapper un grand coup lors de la première manche, alors que son vis-à-vis en défense, Ron Harper, est annoncé blessé à la cheville pour le Game 1, c’est donc Craig Ehlo, l’une des révélations de la saison côté Cavs qui doit se coltiner le futur Hall of Famer. Devant après le premier quart-temps, Cleveland doit néanmoins faire face à un véritable casse-tête en défense sur l’arrière bondissant des Bulls qui permet à son équipe de recoller rapidement au score. À coups de lay-ups, alley-oops et dunks dans tous les sens, Jordan semble être sur un nuage à la fois en attaque et en défense. Wilkens et ses hommes se montrent incapables de tenir l’arrière qui termine la première manche avec 50 points (19/35), 7 rebonds, 2 passes, 2 contres et 2 interceptions, le tout avec seulement douze lancers obtenus (100%), et une victoire nette 104 à 93.

    Pour le deuxième match au Stadium, le retour de Harper en défense devrait apporter des garanties supplémentaires selon les dires du joueur lui-même :

    Impossible qu’il marque 50 points face à moi, je peux vous le garantir

    Ron Harper

    Manque de bol pour lui, la baraka est toujours bien présente du côté du jeune Michael qui se fera un malin plaisir de remettre à sa place l’arrière des Cavs en inscrivant 55 points au Cavs, avec la victoire en prime 106 à 101. Toujours sans solution pour contenir la fougue du numéro 23, Jordan ira de ses feintes et fadeaway jumpers avec son jeu aérien si caractéristique pour donner à son équipe un avantage mérité dans cette série. Avec seulement 7 lancers francs tentés, tous réussis, il termine la rencontre avec 24 tirs rentrés sur 45 tentatives (53.3%), devenant ainsi le premier joueur de l’histoire à inscrire 50 points ou plus lors de deux matchs consécutifs en playoffs. Une performance rare dans une seule et même série, plus tard égalé par Allen Iverson qui inscrira 54 et 52 points au 2nd tour face aux Raptors en 2001, mais avec plusieurs matchs d’intervalle.

    Une première marche franchie, mais une deuxième encore trop haute

    Il faudra finalement cinq matchs aux Bulls pour venir à bout de Cavaliers tenaces lors des matchs 3 et 4, mais incapables de stopper la machine à scorer qu’était Jordan lors du Game 5 (107 – 101). L’arrière va même terminer le premier tour avec 45.2 points (55.9%) de moyenne sur la série, ainsi que 5.4 rebonds, 4.8 passes, 2.8 interceptions et 1.6 contres, s’octroyant au passage le record du plus grand nombre de point inscrit sur une série de cinq matchs (226) et la meilleure moyenne de points sur une série au dessus des 40 points, barre symbolique qu’il atteindra à cinq reprises dans sa carrière.

    Au second tour Chicago va malheureusement voir son parcours stoppé net par les redoutables Pistons de Isiah Thomas (4-1) qui iront jusqu’en Finales face aux Lakers. Jordan fut bien moins en réussite face aux hommes de Chuck Daly, bien chahuté par Joe Dumars & co, ce qui donnera ensuite naissance à une rivalité légendaire entre les « Bad Boys » de Detroit et le numéro 23 des Bulls. Michael fit néanmoins une razzia sur les trophées individuels décernés lors de la saison 1987-88, en remportant le titre de MVP de la saison ainsi que celui du Meilleur Défenseur de l’année, mais aura du néanmoins attendre la saison 1990-91 pour décrocher la première de ses six bagues de champion.


  • NBA Fashion épisode II : Semelle, Virgule, Balle Orange

    NBA Fashion épisode II : Semelle, Virgule, Balle Orange

    Publicité pour la paire Adidas Superstar White/Black ( Source : Sneakers.fr)

    Encore un “Sacré samedi soir”. La semaine fut pénible, le week-end accueilli avec soulagement. C’est l’heure de célébrer. Retrouver ses potes pour une soirée cosy en appartement. Pousser l’aventure jusqu’en club ? Quoi qu’il arrive, il faut se mettre sur son 31. Plutôt petite chemise et Jean Levis 501 ? Pantalon cargo et tee-shirt blanc XXL ? Peu importe, on accorde la tenue avec sa paire de sneakers. Le néologisme sneakers  vient de l’anglicisme to sneak : se faufiler, passer partout (souvent en douce). C’est une chaussure imaginée pour la pratique sportive, détournée de sa fonction première un usage quotidien. Cette semaine, Clutch Time vous emmène à la rencontre de cet accessoire lifestyle né des parquets NBA et baptisé par la rue. 

    La Signature

    Qu’est-ce qui pousse à acheter compulsivement un paire de chaussures ? On a tous autour de soi un sneaker addict touché par le mal, la passion qui fait craquer son PEL à la fin du mois pour acheter “cette dernière paire”. Pourquoi ? Surement pas pour le sport.  Une simple paire de babouche fera l’affaire pour votre séance de “Ping-Pong Confinement”. Non, on tombe amoureux d’une paire pour son identité : son visuel, mais aussi les secrets de sa fabrication, l’Histoire qu’elle raconte de sa genèse à la communauté qui l’adopte.  Bien que usée par le temps et le bitume on finira par s’y accrocher pour les souvenirs de vadrouille qu’on lui prête. 


    La Nike Dunk Low PRM QS Paris, commercialisée en hommage au plus vieux terrain de basketball rue Trévise à Paris. Source : Nike.fr

    Vos manufacturiers préférés l’ont bien compris. Ils déploient des trésors de marketing pour rendre une paire unique et la rattacher à une légende. Or, La NBA a de belles histoires à raconter
    Une paire signature est une chaussure pensée pour rappeler l’identité d’un joueur. C’est un privilège souvent réservé aux joueurs les plus médiatisés, les “All Stars”. Le terme consacré pour désigner les meilleurs athlètes de la saison est aussi le titre éponyme de toute première sneaker de l’Histoire : La Converse “Chuck Taylor” All Star.

    Chuck Taylor (à gauche), ses converses All-Star aux pieds. Source : Graduatestore.fr

    La firme Converse est créée en 1907. A l’issue de la première guerre mondiale, elle décide de lancer une gamme sportive de chaussures de sport. A cette époque, la NBA n’existe pas. Le basketball était pourtant déjà populaire aux Etats-unis et Converse choisit un joueur de balle orange pour représenter le produit. Chuck Taylor ne sera jamais Hall-of-Famer mais c’est un excellent commercial et représentant : 

    « Les gens commandaient les « chaussures de Chuck » ou les « chaussures de Chuck Taylor » au lieu de demander des Converse All Star. Alors son nom a été ajouté juste à côté de l’étoile [le logo de Converse, NDLR]. Un coup marketing brillant »,

    Source : Joe Dean, ancien vice-Président de Converse, Pierre Démoux, 2016

    C’est cette personnification de l’objet associé à la volonté des fans de ressembler à leur idole qui donne une nouvelle dimension à la paire. Porter la même paire que Patrick Ewing, c’est un peu avoir du Patrick Ewing en soi.

    La signature shoe Ewing 33 Hi Gum Black Gold, source : Sneakers.fr

    A l’échelle du quartier, différentes écoles de style vestimentaire s’observent.  Dans le milieu de “la sape”, la paire de chaussure et le premier vecteur d’affirmation identitaire. Ainsi l’Histoire d’une paire est importante pour les aficionados de la sneaker : elle rappelle sa dimension quasi-communautaire. Certaines marques sont désormais associées aux skateurs amateurs de ride, d’autres font désormais référence à des films, des phénomènes culturels, fruits de collaborations entre designers corporates et artistes. La fonction sportive de la sneaker fut détournée pour devenir un objet de la pop-culture. 

    La chanteuse islandaise Bjork fait la cover du magazine Rolling Stone et affiche ses plus belles Reebok Instapump OG Citron. Source : Instagram @JalaPatra

     Les manufacturiers ont su brillamment jouer avec ces oppositions de style qui pilotent le développement du design d’une paire. Avoir pour égérie le franchise player des Lakers ou celui des Celtics ce n’est pas viser le même coeur de cible.

    Une manne financière

    Estimation des recettes annuelles des joueurs NBA grâce à leur partenariat avec des manufacturiers de chaussures. Source : Forbes, Twitter 2019

    Les sneakers sont un phénomène de la mondialisation. Des prolétaires aux richous, elles attestent de la prédominance de la consommation ostentatoire dans nos sociétés : il faut acheter une paire non seulement parce qu’elle est magnifique, mais aussi pour montrer (ou prétendre) qu’on a les moyens de l’obtenir. La sneaker c’est une affaire d’argent. Assemblée dans les fabriques des pays en développement, la chaussure lifestyle s’écoule majoritairement sur les marchés occidentaux. Sa popularité est pourtant planétaire : de Manille à Maputo vous pourrez trouver des contrefaçons d’Air Max. 

    adidas D Rose 1 Forbidden City to release some time in January ...
    Derrick Rose présente la Adidas D Rose 1 Forbidden City. Source : SneakersReleases.com

    Nike et Adidas s’affrontent pour la poule aux souliers d’Or. En 2019, la  Fédération Française de la Chaussure estimait à 9 milliards d’euros les revenus générés par la filière “sneakers” soit la moitié du marché français de la chaussure. La popularité du produit s’explique aussi par la ruse de ses manufacturier. En 2020, Nike a gagné 21 milliards de dollars grâce à ses chaussures. La virgule a investit 10 % de son pactole pour financer sa politique de marketing en pression tout terrain (Source : Capital.fr). 

    L’Apparition de marchés parallèles comme celui du resale (la revente) atteste du poids économique de la frénésie sneaker

    En première position dans la file d’attente, sous une tente, ils campent depuis la veille jusqu’à l’ouverture du magasin. Ce ne sont ni des clowns, ni des amateurs du tourisme urbain mais de véritables investisseurs qui espèrent récupérer une paire inédite en édition limitée. Puis laisser faire le temps et la spéculation. L’achat de sneakers peut se révéler être un placement financier, selon sa rareté et l’évolution de l’offre et la demande sur le marché. 

    Les Nike Air Mag Back to the Future BTTF (2016). Inspirée du film “Retour vers le Futur” c’est paire la plus chère du monde, en atteste sa cotation sur le Site de revente Stock X.fr. Clin-d’œil magistral au long-métrage, cette édition ultra-limitée fait ses lacets toute seule.

    Selon les projections du cabinet américain Cowen and Company, ce marché souterrain de la revente sur internet, atteindra un poids de 6 milliards d’euros dans l’économie mondiale d’ici 2025. 

    La success-story Jordanesque

    La Air Jordan 1 Mid Bred Multi-Color, source : Jordan Shoes UK

    9 chaussures sur 10 achetées aux Etats-Unis appartiennent à l’écurie Nike. Cette domination sur le marché américain s’explique par leur partenariat fructueux avec Jordan Brand, filiale de la marque. Le logo jumpman occupe une place particulière dans l’imaginaire des fans de sneakers. Son ascension commerciale et identitaire s’explique par un pari fou réalisé par Nike au milieu des années 1980. Ce récit est raconté en mars 2020 par le journaliste Rémy de Souza pour Eurosport, à l’occasion des 35 ans de Jordan Brand. 

    Tout commence en 1984. Un athlète issu de l’université North Carolina est annoncé pour la draft. Il a remporté le championnat NCAA en tant que leader incontesté de son équipe et fait déjà parler de lui pour son jeu délié et ses dunks aériens. Michael Jordan est un diamant, une opportunité pour l’équipementier qui arrivera à en faire son égérie. La direction exécutive de Nike propose à Jordan une offre faramineuse : 500 000 dollars par an et une rétribution à hauteur de 25 % sur chaque paire vendue. MJ a toujours été un flambeur, s’affichant volontairement cigare au bec dans un casino. C’est surement son goût pour le luxe plus que son attrait pour la marque à virgule qui lui fait accepter ce contrat juteux, lui qui avait des familiarités avec Adidas et Converse. 

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    Le GOAT à North Carolina, une paire de Converses aux pieds. Source : Getty Images

    La saison rookie de Jordan est fracassante, sa carrière légendaire. Nike adapte sa stratégie marketing autour de sa réussite.

    Un joueur comme on en a jamais vu qui impose son style face à l’adversité. La promotion de la paire Jordan 1 se fait sous le signe de la subversion. L’Anecdote est désormais connue, la NBA ne valide pas les chaussons de sa majesté et lui fait payer une amende pour chaque match joué avec ses chaussures. Celles-ci ne respectent pas le code couleur imposé par la ligue : au moins 51 % de blanc/noir sur le design extérieur.

    Spot publicitaire de la Jordan 1 « Bannie » par la ligue, Source : Youtube.

    Anticonformisme et dominante, un cocktail explosif qui explique le succès immédiat de la Jordan 1, et de ses déclinaisons durant plus de deux décennies. 

    Jordan devient une icône planétaire qui vend ses baskets comme des petits pains. Il a construit sa fortune grâce à des chaussures qui sont devenues plus renommées que sa personne. En 2020, le magazine Forbes le déclare mille-et-unième personnalité la plus riche de la planète. Bankable à hauteur de 2,1 milliards de dollars, il n’a gagné “que” 90 millions de dollars grâce à ses contrats d’athlète aux Bulls et aux Wizards. 

    Le logo Jumpman dépasse le basket, il entre dans la culture populaire et efface les vieilles rivalités sportives : Jordan Brand est désormais équipementier du Paris Saint-Germain jusqu’en 2032.

    L’Univers de la sneaker sécuritaire

    La salle de basket est une arène. Une rencontre de gladiateurs. Les joueurs veulent optimiser leur performance et briller aux yeux du public. Pour être prêt à l’entre-deux rien de tel que l’entraînement, la préparation physique et technique. La paire de chaussures à son rôle à jouer dans ce processus. Le joueur doit la trouver familière à ses pieds car elle apporte confort, maintien et soutien. Le salaire NBA permet à l’athlète de choisir la paire de son choix au delà des considérations monétaires. Ce qui compte, c’est tout d’abord l’allégeance au sponsor si le joueur en a un. Ensuite, à lui d’adopter la technologie qui présente le meilleur rapport risque/esthétique/performance. Le risque, c’est la blessure, un drame pour l’athlète et  manufacturier de la chaussure. Une entorse à la cheville est synonyme de très mauvaise publicité pour le produit. 

    Le 22 février 2019, Zion Williamson rencontrait l’Université North Carolina de Coby White. En première mi-temps, le pied de Zion transperce littéralement la chaussure. Il tombe et se blesse au genou. Nike a immédiatement lancé une enquête à la suite de l’incident. Source : Youtube.

    L’insouciance des années 1960-70 où les joueurs jouaient en chaussures en toile sur les parquets a disparu. Les marques de baskets ont désormais optimisé leur paire pour assurer un maintien de la cheville. L’amorti de la semelle est primordial. Symbolisé par la  “bulle d’air” chez Nike, il permet d’atténuer les chocs répétitifs au sol, lors des rebonds, contres ou dunks de l’athlète. 

    Plus un joueur est lourd plus ses articulations sont mises à l’épreuve. Conventionnellement, les intérieurs jouent avec une chaussure à l’armature haute qui couvre la cheville. Les meneurs de jeu effectuent sans cesse des changements de direction et privilégient des paires basses assurant plus de mobilité. Ce choix reste personnel et certains athlètes se permettent des folies, au risque de s’attirer les foudre de leur staff médical.  Thabo Sefolosha arbore régulièrement ses Air Max 90, comme s’il participait à un match de Départemental 3 à la Queue-en-Brie un dimanche matin.

    Panthéon de quelques paires iconiques


    La converse Chuck Taylor : l’Historique

    Paires Chuck Taylor All Star x Andy Warhol. Source : Sneakers.fr

    La première des sneakers est rentrée dans l’Histoire par la grande porte, devenant un phénomène interculturel. Elle fut portée par les soldats américains durant la seconde guerre mondiale, puis la paire la plus populaire en NBA durant la décennie 1960. De West Side Story au mariage de Mick Jagger,la Chuck Taylor s’invite partout et est portée successivement par Elvis, James Dean et Kurt Cobain.

    La Jordan 1 : La Royale

    Awesome game Jordan with the setup. | Michael jordan, Michael ...
    La Jordan 1 aux pieds de MJ, Source : Getty Images


    On en a déjà assez parlé, mais comment ne pas la faire figurer ici ? Vendue 65 dollars à sa sortie en 1985, son coloris rouge et noir ainsi que son succès commercial donnera naissance à une lignée de paires, et à un pactole Jordanesque pour Nike. 

    La Air Force 1 : de l’Armée à la Rue

    Nike Air Force 1 Low NBA Paris Game - CW2367-100
    Le modèle Air Force 1 édition spéciale NBA Paris Game en 2020, Source : Stock X

    L’éternelle rivale de la Stan Smith pour l’écurie Nike. Sortie en 1982 la Air Force 1 est entrée dans la culture populaire avec une identité force. Son nom fait référence à l’avion militaire présidentiel de Ronald Reagan. Elle fut le premier modèle de la marque à adopter la  technologie Air Sole : “une unité d’air caché sous le talon pour apporter un meilleur amorti”. La Air Force one se paie le luxe de décorer les pieds du Hall of Famer Moses Malone. Adoptée par les communautés des quartiers difficile de New York, Phillie et Baltimore, Nelly ou Jay-Z la démocratisent dans le milieu Hip-Hop américain. 

    La très stylish Puma Clyde

    Source : Puma Hoops

    Impossible de passer à côté de la Puma “Clyde”. La sneaker représente le GOAT vestimentaire de l’Histoire de la NBA, monsieur Walt Frazier : “Swishing and Dishing” tous les jours avec ça aux pieds.

    La Reebok Pump : séduisante et gonflée

    reebok pump up basketball shoes
    Source : reddit.com

    La vague Reebok Pump coïncide avec le début de la décennie 1990. En 1989 la paire arrive avec une technologie flashy et inédite qui lui permet de concurrencer Nike sur le marché américain. “Pump up and Air out” explique Dominique Wilkins dans son clip publicitaire : côté intérieur de la chaussure, une bulle d’air en forme de ballon de basket (évidemment) est gonflée manuellement par l’utilisateur afin de verrouiller sa cheville. La Reebok Pump connaît un succès commercial grâce à ce mécanisme ludique, mais aussi grâce à son apparition au cinéma dans des films très 90’s : Juice (1992, Dickerson) ou Above the Rim (1994, Pollack). 

    Avec les sneakers, la NBA a réussi le grand saut. Conçues pour les parquets de la plus belle ligue du monde, les chaussures de sport de basketball ont été propulsées au rang d’outil lifestyle indispensable. Pas besoin de suivre la NBA pour porter des Jordan.  Les adeptes de la chaussure, les collectionneurs sont connectés à un réseau de fans de la mode et de la culture streetwear mondialisée.

  • Bilans de la saison  – Central Division

    Bilans de la saison – Central Division


    En ces temps de confinement, afin d’éviter de vous couper totalement de l’univers de la NBA, ClutchTime dresse un bilan de la saison 2019-2020, suspendue depuis le 11 mars. Dans l’attente de son retour prochainement, la rédaction vous propose de revivre les parcours des différentes équipes de la ligue, depuis fin octobre, en faisant le point sur chacune d’elle dans chaque division de la ligue.

    Notre série continue et pour ce deuxième opus, nous nous intéressons à la Division Centrale de la Conférence Est. Alors que les Bucks et son colosse grec réalisent une saison historique sur tous les plans, les équipes restantes de la division font ce qu’elles peuvent, aussi bien en mal ou en bien, selon si on se positionne du point de vue des redoutables Pacers ou des Bulls et des Cavs toujours en quête de résultats et de stabilité. Une stabilité mise de côté pour les Pistons qui vivent une saison assez loin de leurs objectifs et qui ne s’imaginaient pas devoir amorcer aussi rapidement leur reconstruction.


    Milwaukee Bucks (53-12) – 1er

    PPG (118.6) – 1er / Opp PPG (107.4) – 5ème
    Offensive Rating (112.6) – 7ème / Defensive Rating (101.9) – 1er

    Qualifiés

    Cinq majeur de la saison :
    E. Bledsoe (PG) – W. Matthews (SG) – K. Middleton (SF) – G. Antetokounmpo (PF) – B. Lopez (C)

    Après une saison régulière maîtrisée d’un bout à l’autre et deux premiers tours expédiés tout aussi vite, les Bucks se sont heurtés à la rigueur de jeu et le réalisme froid des Toronto Raptors et d’un Kawhi Leonard qui a revêtu son habit d’exécuteur en chef des coéquipiers du Greek Freak (4-2). C’est donc plus endurci mais surtout avec l’esprit revanchard que la franchise du Wisconsin aborde cette saison 2019-2020. La continuité est le mot d’ordre dorénavant, les Bucks vont donc signer ou resigner des vétérans tels Kyle Korver, George Hill et Brook Lopez, enlever le frère Robin Lopez aux Chicago Bulls et sortir de sa torpeur l’expérimenté Wesley Matthews pour compléter la boucle. Seul accroc au tableau, le difficile choix de la prolongation des titulaires Malcolm Brogdon et Khris Middleton et à ce petit jeu c’est le second, plus expérimenté et All-Star de surcroît qui empochera le pactole, tandis que le second sera envoyé aux Pacers contre plusieurs picks.

    Résultats, cette saison la bande à Giannis roule sur le championnat et affiche pour l’heure le meilleur bilan de son histoire (81.5% wins) devant la saison 1970-71 de Big O et KaJ qui furent sacrés champions cette année-là. Comme un symbole, Milwaukee est devenu l’équipe à se qualifier le plus rapidement de l’histoire pour les playoffs après un succès décroché face aux Washington Wizards le 23 février dernier, avec près de deux mois d’avance sur la fin de la saison régulière. Alors certes depuis le mois de mars, les Bucks ont subi quatre revers en six rencontres, mais quand on regarde la première moitié de saison fantastique (35-6) et l’impressionnante série de 18 victoires consécutives entre le 10 novembre et le 14 décembre, on voit mal ce qui pourrait enrayer la mécanique en vue des phases finales à l’exception des blessures. Et encore ! Les quelques absences de Giannis Antetokounmpo n’ont pas considérablement handicapé l’équipe qui a su se réinventer et trouver des solutions (5 victoires, 3 défaites).

    Tout ceci fut évidemment rendu possible par l’habilité tactique et la gestion des temps de jeu minutieuse de Mike Budenholzer qui parvient chaque soir à tirer le meilleur d’un effectif inépuisable et quasi-injouable à force de cohésion et de répétition de gammes. Élu à trois reprises joueur du mois à l’Est, Giannis est le premier à profiter de cet environnement. Jamais le grec n’a joué autant à l’économie (30.9 minutes) mais demeure plus fort dans tous ce qu’il entreprend désormais, y compris le tir à longue distance, dernière arme en rodage qu’il vient d’ajouter à sa monstrueuse palette offensive de MVP. Si on laisse de côté la partie offensive, c’est surtout en défense que les joueurs des Bucks s’illustrent le plus et c’est sûrement le point le moins négligeable dans la progression de ce groupe qui ne vit que pour aller au bout cette année. Nul doute que le niveau de jeu actuel de Khris Middleton, la maîtrise de Eric Bledsoe à la mène, l’impact des deux côtés du terrain de Brook Lopez et une rotation surchauffée (55.6 points en moyenne) devrait faire des étincelles en phases finales.

    La saison de Milwaukee en quelques chiffres :
    . 2ème équipe la plus adroite aux tirs (47.7% FG)
    . 3ème équipe qui réalise le plus de contres par match (6)
    . Meilleure équipe aux rebonds par match (51.7)
    . Meilleur marqueur : Giannis Antetokounmpo (29.6 points par match à 54.7% FG)
    . Meilleur passeur : Giannis Antetokounmpo (5.8 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Giannis Antetokounmpo (13.7 rebonds par match)

    Indiana Pacers (39-26) – 5ème

    PPG (109.3) – 22ème / Opp PPG (107.4) – 7ème
    Offensive Rating (110.3) – 18ème / Defensive Rating (108.3) – 7ème

    Cinq majeur de la saison :
    M. Brogdon (PG) – J. Lamb (SG) – T.J. Warren (SF) – D. Sabonis (PF) – M. Turner (C)

    Les Indiana Pacers sont des coriaces, même en perdant dans un premier tour de playoffs face aux Celtics (4-0). Notons la performance en dépit d’un effectif amputé de son meilleur joueur, la franchise de l’Indiana venait de se qualifier pour sa huitième campagne en neuf ans. Pas découragés pour autant par cette claque, les Pacers sont repartis cette saison tambours battants, le couteau entre les dents pour tenter quelques jolis coups. Malgré les départs de Cory Joseph, Bojan Bogdanović, Thaddeus Young ou encore Darren Collison, les Pacers ont joué la carte de la finesse en promouvant certains éléments comme figures de proue de l’équipe (Domantas Sabonis, Myles Turner, Aaron Holiday), en balançant du cash et des choix de draft pour récupérer de solides éléments (Malcolm Brogdon, T.J. Warren) et en signant à moindre coût de bonnes affaires lors de la Free Agency (Jeremy Lamb 31m$ sur trois ans, T.J. McConnell et Justin Holiday 4.5m$ sur la saison).

    Privé de son leader Victor Oladipo pendant la majorité de la saison, Nate McMillan a réussi son pari en trouvant les ajustements et un équilibre entre la défense, véritable point fort de l’équipe, et une attaque efficace qui pose de sérieux problèmes à des grosses cylindrées cette année (victoire face aux Lakers, Bucks, Toronto et Utah à domicile) mais qui peut se viander salement comme face aux champions en titre les Raptors (127 à 81 plus large défaite de son histoire). L’équipe a fait des progrès en ce sens et tente de plus en plus sa chance de loin. Enchaînant plusieurs séries de quatre ou cinq victoires en novembre puis en décembre pour venir s’installer dans le carré de tête de la Conférence, Indiana a néanmoins perdu son avance et de précieuses victoires lors de la période des fêtes et début février comme face aux Knicks, décrochant ainsi du trio de tête. Les Pacers vont désormais batailler pour le 4ème spot à l’Est, synonyme de 1er tour avec l’avantage du terrain. De cet avantage, Indiana pourrait en avoir cruellement besoin si elle venait à croiser la route des 76ers ou du Heat en playoffs.

    À ce titre le retour d’Oladipo en février devrait leur offrir plus d’options en attaque dès que ce dernier aura retrouvé son jeu et des sensations. Pour l’heure les Pacers sont à l’heure européenne avec Domantas Sabonis, tout récent All-Star, et qui porte sur ses larges épaules et celles de Myles Turner le destin de l’équipe, pas seuls évidemment, sinon les Pacers ne seraient plus ce qu’ils sont, une bonne équipe dans laquelle les individualités prennent rarement le pas sur le collectif. Avec pas moins de sept joueurs en double figures au scoring, parmi lesquels les dernières recrues T.J. Warren, Brogdon, Jeremy Lamb (out pour le reste de la saison), si on y ajoute des remplaçants comme Aaron et Justin Holiday ainsi que Doug McDermott en forme, cette équipe semble suffisamment armée et déterminée pour finir la saison de la meilleure manière possible et nul doute que les autres équipes de la Conférence commencent déjà à chercher des solutions pour y remédier.

    La saison de Indiana en quelques chiffres :
    . 5ème équipe à commettre le moins de pertes de balles par match (13.1)
    . 3ème équipe la plus adroite aux tirs (FG) : 47.7%
    . 4ème meilleur bilan face à des équipes de la Conférence Ouest (15w – 8l)
    . Meilleur marqueur : T.J. Warren (18.7 points par match à 52.9% FG)
    . Meilleur passeur : Malcolm Brogdon (7.1 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Domantas Sabonis (12.4 rebonds par match)

    Chicago Bulls (22-43) – 11ème

    PPG (106.8) – 26ème / Opp PPG (109.9) – 14ème
    Offensive Rating (106.7) – 27ème / Defensive Rating (109.8) – 14ème

    Cinq majeur de la saison :
    T. Satoransky (PG) – Z. LaVine (SG) – T. Young (SF) – L. Markkanen (PF) – W. Carter (C)

    Après une saison 2018-2019 très mouvementée et une non moins décevante 13ème place à l’Est, Jim Boylen le nouvel homme fort de Windy City s’est employé à trouver des solutions pour ramener des résultats à cette équipe très jeune (22 ans) et globalement assez inexpérimentée puisque trois joueurs seulement ont plus de quatre saisons dans la ligue. Dans un tel contexte, les Bulls doivent miser sur ce groupe tout en l’entourant de joueurs à l’expérience solide pour leur permettre de passer un cap. Pour l’expérience les Bulls ont donc décidé de miser sur l’ex-76ers Thaddeus Young qui vient compenser le départ de Robin Lopez parti rejoindre son frère dans le Wisconsin.  Le noyau du groupe est resté intact dans l’ensemble malgré les départs de plusieurs role players (B. Portis, C. Payne, T. Luwawu-Cabarrot) ou encore d’un Justin Holiday que les Bulls n’ont pas voulu prolonger malgré un très gros temps de jeu effectif l’an passé. Chicago a surtout choisi de miser sur la loterie de cet été et de donner du relief au poste de meneur de jeu en attirant le tchèque Tomáš Satoranský.

    En dépit des attentes et l’objectif de choper un spot en phases finales en fin de saison régulière, les Bulls font encore partie des déceptions de la saison. Malgré un meilleur bilan de victoires depuis un an, l’effectif a été constamment impacté par les absences de plusieurs cadres, qui ont pour la plupart déjà manqué une, voire plusieurs dizaines de matchs et ce sont du coup des joueurs de la rotation qui ont pu bénéficier des minutes à prendre mais qui ont du supporter la responsabilité des résultats de l’équipe. Chicago vit même sa pire période depuis l’arrêt de la saison, après avoir concédé 13 défaites sur leur 16 dernières rencontres (dont une série de huit revers de rang qui aura duré trois semaines). Un bilan qui s’explique forcément par le manque d’automatisme et de stabilité dans le groupe, tandis que le coach en sursis distribue les minutes à tout va à quelques rares exceptions.

    Car s’il y en a bien un qui bénéficie d’une total confiance de la part de son entraîneur, c’est Zach LaVine. L’arrière a carte blanche pour jouer et affiche cette saison ses meilleurs stats personnelles, en témoigne son nombre de tentatives accrue et sa prise de décision plus efficace et décisive que par le passé. Malgré une adresse qui doit s’améliorer, LaVine a prouvé non seulement qu’il était désormais le leader d’attaque de son équipe mais que sans ses cartons offensifs, le bilan des Bulls aurait pu être plus inquiétant. À ses côtés le jeune Coby White a su également tirer son épingle du jeu, devenant assez indispensable en attaque au point d’être élu rookie du mois de février à l’Est. Il faut dire qu’avec les blessures de Wendell Carter, Otto Porter Jr., Lauri Markkanen ou encore Kris Dunn, plusieurs places étaient vacantes dans le registre offensif. Parmi les joueurs les plus utilisés et les plus importants du groupe, Satoranský a même piqué la place de ce dernier comme meneur titulaire. L’équipe maintient pour l’heure un cap (bon ou mauvais ?) en voulant miser sur ses jeunes à conditions que ces derniers ne se blessent pas les uns après les autres et puissent se développer sereinement.

    La saison de Philadelphie en quelques chiffres :
    . 25ème équipe la plus adroite aux tirs (44.7% FG)
    . 28ème équipe aux rebonds (41.9)
    . 4ème pire bilan de victoires à l’extérieur (8-23)
    . Meilleur marqueur : Zach LaVine (25.5 points par match à 45% FG)
    . Meilleur passeur : Tomás Satoransky (5.4 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Wendell Carter (9.4 rebonds par match)

    Detroit Pistons (20-46) – 13ème

    PPG (107.2) – 24ème / Opp PPG (110.8) – 16ème
    Offensive Rating (109) – 21ème / Defensive Rating (112.7) – 22ème

    Cinq majeur de la saison :
    D. Rose (PG) – L. Galloway (SG) – T. Snell (SF) – C. Wood (PF) – T. Maker (C)

    Dernier qualifiés l’an dernier, les Pistons n’ont guère pesé lourd face aux redoutables Bucks au 1er tour (0-4). Malgré tout l’objectif de cette saison pour Detroit restait le même : viser les playoffs et éviter de choper les Bucks au 1er tour. Objectif réaliste pour une équipe qui est allé chercher des joueurs d’expérience comme Markieff Morris et Derrick Rose pour venir compléter le noyau Drummond, Griffin et Jackson. Un recrutement solide et somme toute logique mais qui demande encore à se concrétiser sur les parquets et dans une Conférence Est plus féroce. L’équipe dispose également de jeunes talents en devenir qui ont déjà montré des signes encourageants tels Luke Kennard, Bruce Brown et même Christian Wood, récupéré auprès des Pelicans. Et puis Detroit accueille cette année un français parmi ses joueurs qu’elle a draftés, le jeune Sekou Doumbouya qui devra se faire une place dans une rotation où des places sont encore à prendre.

    Alors certes tout n’est pas à jeter pour les Pistons cette saison, loin s’en faut. Mais lorsque les hommes de Dwane Casey débutèrent en 2019 par sept victoires sur leurs vingt premières rencontres de saison régulière, on se dit alors que le recrutement de l’été n’aura presque rien changé à la situation. Les cadres n’ont pas ou peu été au rendez-vous entre les blessures des uns (Griffin, Jackson) et les départs lors de la trade deadline (Markieff Morris aux Lakers) dont celui de Andre Drummond, vivement critiqué et qui a eu l’effet de faire passer les Pistons pour des coqs sans tête. Désormais tournée vers la reconstruction un peu tardive, Detroit semble avoir revu ses ambitions à la baisse et les résultats de la franchise s’en ressentent fortement. Avec seulement trois petites victoires sur leurs vingt derniers matchs, dont une série de sept revers de suite, le calendrier des matchs à venir n’est pas près de redonner du baume au cœur des supporters du Michigan.

    Pourtant remarquable sur le papier, l’effectif des Pistons s’est rattaché assez longtemps aux performances du revenant Derrick Rose et de son entente avec Andre Drummond et à moindre mesure Blake Griffin. Des progressions sont à noter également. Même s’ils bénéficient d’un plus gros temps de jeu, surtout avec un effectif dispersé, Luke Kennard, avant de se blesser, Christian Wood ou encore Bruce Brown et Sviatoslav Mykhailuk sont autant de promesses pour l’avenir de la franchise. Une progression dont seraient bien inspirés les débutants du roster, à commencer par notre frenchie Sekou Doumbouya, dont le mois de janvier n’est pas passé inaperçu aux yeux des fans et de son coach qui attend beaucoup plus d’investissement de sa part à l’avenir. Certains joueurs ont plusieurs cartes à jouer en cette fin de saison, bénéficiant d’un temps de jeu plus conséquent et de responsabilités pour se mettre en évidence en vue de décrocher un contrat et un bon rôle à jouer dans l’effectif la saison prochaine.

    La saison de Detroit en quelques chiffres :
    . 29ème équipe aux rebonds (41.7)
    . 2ème équipe à concéder le plus de tirs à 3-points (29.6)
    . 5ème pire bilan de victoires à domicile (11-22)
    . Meilleur marqueur : Derrick Rose (18.1 points par match à 49% FG)
    . Meilleur passeur : Derrick Rose (5.1 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Andre Drummond (15.8 rebonds par match) / Christian Wood (6.3 rebonds par match)

    Cleveland Cavaliers (19-46) – 15ème

    PPG (106.9) – 25ème / Opp PPG (114.8) – 23ème
    Offensive Rating (107.5) – 25ème / Defensive Rating (115.4) – 29ème

    Cinq majeur de la saison :
    D. Garland (PG) – C. Sexton (SG) – C. Osman (SF) – K. Love (PF) – T. Thompson (C)

    « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ». Cette célèbre citation de Lamartine n’a jamais été aussi bien portée que par les Cavaliers depuis le départ de son King, LeBron James. Terminant 14ème et avant-dernier bilan de la ligue devant les Knicks, les Cavs sont pourtant loin d’être à plaindre au regard de leur effectif et c’est d’autant plus offensant quand on sait qu’une saison plus tôt, la franchise de l’Ohio luttait encore en finale face à ses rivaux les Warriors. Cette année donc pas d’excuse pour cette équipe, en reconstruction certes, mais qui a tout de même conservé certains cadres de ses glorieuses saisons passées. On vous l’accorde, viser les playoffs avec un effectif aussi déséquilibré (10 joueurs avec deux saisons ou moins au compteur), paraît très peu probable, même à l’Est. À ce titre le nouvel entraîneur en chef, John Beilein, fait également figure de jeune bleu au sein de la ligue, en dépit d’une énorme expérience d’entraîneur universitaire. La stratégie semble assez claire : les Cavs doivent repartir sur du neuf avec un vivier très dense de jeunes joueurs à développer en priorité, ce qui pourrait poser plusieurs problèmes aux éléments les plus anciens.

     Et ça n’a pas manqué. Arrivés à la mi-saison, Cleveland affichait déjà un bilan très inquiétant de 12 victoires pour 30 défaites et des tensions palpables en interne entre les jeunots et les anciens. La mayonnaise n’a visiblement pas prise au grand désespoir des supporters et des dirigeants qui vont trouver comme seule solution de se séparer de leur entraîneur fin février pour laisser son adjoint J.B. Bickerstaff prendre les commandes du groupe pour la dizaine de matchs restants. Une histoire qui tourne court malgré le bon travail fourni par ce dernier avec les jeunes, en particulier son backcourt très prometteur mais qui doit apprendre à jouer ensemble et gagner en régularité pour se mettre au niveau de la NBA. Avec seulement huit matchs remportés à l’extérieur, et un bilan guère mieux à domicile, les Cavs ont coulé défensivement, la faute à un manque d’implication et d’esprit collectif rédhibitoire. Les Cavs vont même se séparer de leur sixième homme, Jordan Clarkson, après Noël, se privant ainsi d’un élément offensif majeur. La cassure est assez profonde et la Trade Deadline de février n’a pas eu l’effet escompté (6 victoires et 6 défaites).

    L’arrivée d’Andre Drummond, malgré tout ce qu’elle a de surprenante et d’enthousiasmante, est loin de répondre aux besoins de l’équipe à cette heure. Les deux profils de All-Stars que sont Tristan Thompson et Kevin Love, évoluent dans un registre en tout point similaire à celui de l’ancien Piston, et affichent une solide expérience et entente dans le jeu depuis plusieurs années, ce que l’ex-Piston ne pourra pas défaire à moins d’un départ de l’un des deux joueurs. Difficile de comprendre la manœuvre même si ce dernier est plus jeune et que la franchise à réaffirmer il y a peu, son souhait de conserver le pivot All-Star la saison prochaine. Une association avec les jeunes loups Collin Sexton, Darius Garland et Kevin Porter Jr. pourrait fonctionner à conditions de mettre de l’ordre dans le vestiaire et de leur laisser du temps pour progresser ensemble sur le terrain. Car dans l’ensemble et malgré des belles promesses, il n’y a pas grands choses à tirer de cette saison pour Cleveland qui reste une équipe sans fond de jeu et sans réelles orientations à long terme qui vaillent la peine.

    La saison de Cleveland en quelques chiffres :
    . 2ème équipe commettant le plus de faute par match (18.3)
    . 30ème équipe à réaliser le plus de contres par match (3.2)
    . 4ème pire bilan de victoires à domicile (11-25)
    . Bilan de 0 victoire et 4 défaites face à des équipes de la Division Pacific
    . Meilleur marqueur : Collin Sexton (20.8 points à 47.2% FG)
    . Meilleur passeur : Darius Garland (3.9 passes décisives par match)
    . Meilleure rebondeur : Tristan Thompson (10.1 rebonds par match) / Andre Drummond (11.1 rebonds par match)
  • Être retraité en NBA

    Être retraité en NBA

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    Kyrie Irving, grimé en petit vieux pour son film Uncle Drew. Source : Deadline.com

    Chaque semaine, Clutch Time vous propose une immersion dans l’univers de la grande ligue. Entre phénomènes identitaires et tendances extra-sportives, votre média basket analyse le paysage culturel de la NBA.

    L’Éternité. Ne serait-ce pas l’idéal auquel aspirent tous les artistes, qu’ils manient un pinceau ou une balle orange ? Que les gens se souviennent de leur carrière. Que leurs exploits restent. Racontés encore et encore après que le buzzer sonne, et que leurs dernières secondes passées sur le parquet se soient écoulées. Malheureusement pour nous, les athlètes NBA n’ont pas accès à la fontaine de jouvence, (sauf Vince Carter). Un jour, il faut raccrocher ses baskets, et ensuite ? Que se passe-t-il dans la tête d’une superstar à la fin de son épopée ? Comment se réorienter lorsqu’on est un athlète professionnel ? Clutchtime vous propose une incursion inédite : direction les coulisses de la maison de retraite de la plus belle ligue au monde.

    Raccrocher ses baskets, enfiler ses sneakers

    Les dernières années ont été difficiles. Il a fallu évoluer avec son temps. S’adapter aux nouveaux systèmes de jeu en proposant une partition moins physique, plus technique. Accepter que les minutes passées sur le terrain soient en baisse, tout comme le montant de son contrat. Vieillir en NBA nécessite des trésors d’adaptation. Certains joueurs s’en sortent d’ailleurs mieux que d’autres, car leur profil, leur style de jeu intéressent toujours des équipes qui jouent le titre. Ray Allen a ainsi parfaitement réussi sa transition pour devenir un sixième homme de luxe pour le Heat champion en 2013, les Spurs s’en souviennent.

    Les dernières années d’un vétéran ne sont pas forcément arides.  Il incombe au joueur expérimenté la lourde et noble tâche de former les plus jeunes. Devenir un mentor pour les gloires de demain, c’est le rôle que joue à merveille Kyle Korver, proche de la fin mais toujours aux Bucks cette saison. Le quatrième shooter à 3pts de l’Histoire de la NBA participe à familiariser Giannis Antetokounmpo, MVP sortant, au tir à longue distance. 

    Cependant, un jour la dernière saison arrive. La sortie n’est pas identique pour tous les joueurs. Certains ont marqué la NBA de leur empreinte et ont le droit à une  tournée d’adieu, les honneurs du public chaque soir. Viendront ensuite, le ou les maillots retirés et pour une poignée d’entre eux, le Hall of Fame : la consécration.

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    Ray Allen lors de son discours d’intronisation au Hall-of-Fame en 2018. Source : Nba.com

     D’autres, désormais boudés par les franchises sont condamnés à partir dans l’ombre, plus sobrement. Parfois par dépit, lorsque l’accumulation des blessures et la fatigue du corps pousse à la retraite anticipée. Quelle que soit la forme du départ, elle ne doit pas minimiser ce que chaque joueur a apporté aux équipes NBA. C’est grâce à son travail acharné durant sa vie d’athlète qu’il a réussi à se hisser jusqu’à cette ligue compétitive.
    Que reste-t-il lorsque vient le temps de raccrocher ses baskets ? Peut-être l’émotion, le soulagement, les souvenirs et la sensation d’une retraite méritée. Commence ensuite une nouvelle carrière. 

    S’accrocher à la NBA

    S’accrocher à la NBA. Cela semble compréhensible quand le basket a été au centre des espérances, du développement d’un individu en tant que jeune adulte. La porte est parfois claquée à regret et nombreux anciens joueurs désirent préserver leurs liens avec la grande famille du basket. Plusieurs perspectives de reconversion s’offrent alors à eux. 

    La plus évidente est de travailler pour sa franchise de cœur, et les opportunités sont multiples. La voie royale pour ne pas trop s’éloigner des terrains reste le coaching. De nombreux joueurs se voient en tacticiens cérébraux et aspirent tout d’abord à un poste d’assistant coach, espérant prendre un jour les rênes d’une équipe. Ce parcours professionnel n’est pas le plus évident : les meilleurs joueurs ne font pas les meilleurs entraîneurs, bien au contraire. 

    Se faire respecter dans les vestiaires et gagner la confiance des jeunes par ses choix tactiques est un exercice souvent périlleux. En cas d’échec, le coach est souvent présenté comme un bouc-émissaire. La réputation d’un Magic Johnson, véritable magicien et métronome tactique n’a pas été consolidée par son expérience en tant que meneur d’hommes. Coach des Lakers en 1994, la franchise rate alors les playoffs pour la première fois depuis 18 ans. 

    Aujourd’hui, Tim Duncan et Becky Hammon, deux légendes du basket ball, secondent Gregg Popovich au coaching des Spurs et aspirent probablement à mener un jour une équipe au titre, comme ils l’ont fait durant leur carrière d’athlète.

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    Gregg Popovich aux couleurs des Falcons De l’US Air Force, 1969. Le légendaire coach des Spurs n’a jamais joué en NBA. Source : GettyImages.com

    En arrière-plan du coaching, de nombreux retraités s’intéressent à des postes associés au développement d’une franchise : Manager, Président ou Directeur Général des opérations basket par exemple. Cependant, un décalage persiste entre  le jeu sur le parquet et le jeu derrière les bureaux. Si les retraités ont l’expérience de la ligue et de son sport, cette seconde carrière nécessite un apprentissage des qualités intrinsèques à un nouvel environnement entrepreneurial. Les réussites ne sont pas immédiates et systématiques.  Larry Legend Bird fait peut-être exception à la règle. Le patron des C’s durant les années 1980 a été nommé successivement Coach of the Year et « Dirigeant de l’Année » avec la franchise de son État de naissance, les Indiana Pacers. Ce palmarès si varié illustre les capacités d’adaptation et de compréhension du basketball en tant que véritable science par Bird.

    Enfin, en gravitation permanente autour de la ligue, les médias constituent une orientation de niche pour d’anciens joueurs beau parleurs. A l’aise face aux caméras lors de leur passage en NBA, ils constituent désormais un atout de séduction lorsqu’ils représentent  un organe de presse ou de télévision. Charles Barkley, ou Big Shaq brillent en qualité de présentateurs pour le show Inside the NBA, diffusé sur la TNT. Un  ravissement pour les nostalgiques de leur verbe corrosif.  D’autres retraités/journalistes deviennent commentateurs des matchs ou consultants analystes de la grande ligue. 

    Les analystes Scottie Pippen et T-Mac étudient la meilleur stratégie à adopter en défense sur James Harden.
    Source : ESPN, 2019.

    La NBA ne rechigne pas à solliciter les services de ses anciennes légendes. Ces partenariats sont d’ailleurs une opportunité pour les joueurs retraités qui s’adaptent à de nouvelles dynamiques professionnelles.  

    Ruine ou Business ? 

    “60 % des joueurs NBA sont ruinés après cinq années de retraite sportive. »

    Source : « How (and why) athletes go broke » 23 mars 2009, Sports Illustrated.

    C’est le triste constat que dressait le journaliste Pablo S. Torres pour Sports Illustrated en 2009. 

    Pourtant, les athlètes sont éligibles à une retraite confortable dès lors qu’ils ont passé plus de 3 saisons sur les parquets de la grande ligue. La NBA est la ligue sportive américaine qui prend le mieux soin de ses retraités avec une aide annuelle pouvant s’élever de 57 000 dollars à 195 000 dollars par an. Cette somme semble suffisante pour aspirer à une vie paisible, en prenant en compte les gains amassés en carrière et les investissements potentiellement réalisés grâce aux conseillers en patrimoine de la grande ligue. 

    Dès lors, pourquoi cette situation de ruine généralisée auprès des jeunes retraités ? 

    Probablement car la transition n’est jamais indolore et parfois brutale. Les athlètes quittent un encadrement quotidien imposé par leur franchise. Le relâchement est compréhensible, car la rigueur n’est plus de mise pour rester à un niveau compétitif. Si des anciennes stars comme Dwyane Wade s’imposent des séances de workout régulières pour ne pas ressembler trop vite à un papy, d’autres profitent amplement de leur nouveau statut. Ces retraités n’ont pas attendu de raccrocher les baskets pour dépenser des sommes astronomiques dans les festivités. Cependant, la liberté acquise incite à la démesure. Les dépenses qui s’accumulent mènent pragmatiquement à la ruine. 

    Dennis Rodman est connu pour son train de vie de clubber déjanté et ses déboires financiers. Totalement fauché mais fidèle à son idéal de luxure, il s’est résigné à jouer des matchs de gala aux cachets faramineux pour survivre financièrement. En 2005, il jouait une rencontre officielle en territoire finlandais : 17 minutes de jeu et 50 000 dollars dans la poche. 
    Si Pippen, Iverson ou Shawn Kemp ont eux aussi bataillé avec leurs comptes en banques, d’autres superstars se sont heureusement révélés de redoutables businessmen. 

    Le plus emblématique reste Michael Jordan. Son altesse des Bulls a érigé sa marque éponyme en modèle marketing et commercial mondialisé. Partout sur la planète, les chaussures signatures ou produits dérivés du logo Jumpman  inondent les marchés locaux. 

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    Jordan, posant le cigare aux lèvres en parfait millionnaire. Sur sa casquette, le logo de sa marque jumpman qui a fait sa fortune. Source : USA today.

    En 2020, le magazine américain Forbes tient Jordan à la 1281ème place des plus grandes fortunes mondiales. L’ex numéro 23 détient un capital qui s’élève à 1,9 milliards de dollars. Il est devenu propriétaire des Charlottes Hornets en 2010, pour 175 millions de dollars. Encore un investissement fructueux de la part du GOAT, car la valeur de la franchise a été multipliée par 10 en une décennie. 

    A 35 ans, la rupture avec son travail, sa passion, peut sembler difficile pour un joueur NBA. Les athlètes professionnels doivent cependant assurer leur transition vers une seconde vie. Plus éloignés de la lumière médiatique, de la pression des parquets, nombreux d’entre eux se refusent pourtant de quitter totalement l’amour des fans et de la grande famille NBA. Parfois présentes au premier rang spectateur d’un match, les anciennes gloires accompagnent la nouvelle génération de joueurs dans le sillage de leurs souvenirs sur les parquets.


  • Vices et Excès en NBA

    Vices et Excès en NBA

    Chaque semaine, Clutch Time vous propose une immersion dans l’univers de la grande ligue. Entre phénomènes identitaires et tendances extra-sportives, votre média basket analyse le paysage culturel de la NBA.

    “God Bless America”.  Les Etats-Unis sont une nation religieuse et puritaine, au moins en façade. Mais quid des dérives du Capitalisme, d’Hollywood, de Donald Trump, et de la NBA ? La première ligue sportive du pays brasse de l’argent et suscite la frénésie de ses fans. Des athlètes millionnaires dans la fleur de l’âge s’affrontent tous les soirs sous le feu des projecteurs.  Le vice et les excès liés à leur statut sont inévitables, pour le grand plaisir de la presse à scandale américaine. Face à la pression médiatique, comment les joueurs NBA gèrent-ils la tentation et les petits plaisirs de la vie liés à leur notoriété ? 

    Andre Iguodala célébrant son titre avec les Warriors en 2017, source : Quora. 

    Eat Good Play Good 

    “TACOOO TUESDAAY”, c’est le hurlement de bonheur de Lebron James face à ses tacos. Sur le réseau social Instagram, le King célèbre une coutume initiée  par la diaspora mexicaine aux Etats-Unis. Chaque mardi soir, en famille, la tortilla est au menu. À jamais un business man, Lebron a désiré faire de son cri du cœur pour la nourriture latina une marque déposée. Le joueur entretient une relation ambiguë avec la “malbouffe” : rarement dans son assiette, souvent dans son porte-monnaie. Il détient une part du capital de la société Blaze Pizza et a fait la publicité des chaines MacDonald’s, Coca-Cola ou Dunkin’ Donuts durant sa carrière.

    Lebron James fait pourtant attention à son régime alimentaire. Associé à une éthique de travail rigoureuse, son attachement à la nourriture saine explique sa longévité. En 2018, son manager Maverick Carter avait divulgué que l’enfant d’Akron  dépensait chaque année près de 1,5 millions de dollars pour préserver sa condition physique exemplaire. 

    De nombreux joueurs emploient des chefs cuisiniers et diététiciens pour contrôler leur poids, car être gras en NBA semble rédhibitoire. En 2018, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) affirme que 39 % de la société américaine est obèse. Avec près de 15 000 établissements McDonald’s sur le territoire, le pays tient la culture du fast-food en religion. La tentation est forte durant la trêve estivale, et de nombreux joueurs en profitent pour croquer la vie, et le cheeseburger, à pleine dents.

    Shaquille O’Neal, égérie pour une publicité du Fast-Food Slutty Vegan, à Atlanta. Source : Page Facebook de la chaine.

    Les coachs NBA sont au diapason quant à la gestion de ces joueurs hédonistes. Être hors de forme par rapport aux standards de la ligue, c’est voir mathématiquement son temps de jeu sur le banc augmenter. Les kilos en trop induisent des performances athlétiques en baisse et une vulnérabilité aux blessures musculo-articulaires. 

    Une NBA grossophobe ? Demandez à Nikola Jokic. Comme le Serbe, certains joueurs n’ont pas le physique standardisé de la grande ligue mais compensent avec un bagage technique supérieur. Il y a les faux lents et les phénomènes physiques dotés d’une génétique qui font oublier les kilos en trop. 

    Le Alley-Oop stratosphérique de Zion Williamson la nuit du 2 février face aux Rockets. Revenu de blessure hors de forme, le rookie pèse 130 kilos pour 1.98m. Zion est le troisième joueur le plus lourd de la ligue.

    Si les historiens de la NBA ne devaient relater qu’une performance XXL, ce serait sûrement la saison 2003-2004 de Shaquille O’Neal. Le pivot des Lakers pèse alors 165 kilos. Ce poids de forme ne l’empêche pas de jouer 67 matchs avec une ligne statistique de 21 points et 11 rebonds de moyenne. Shaq disposait d’une mobilité et d’une puissance incroyable pour un big men de son gabarit. 

    Glen Davis, Olivier Miller … ou encore Serge Ibaka et son show culinaire sur Youtube ont prouvé qu’on peut allier amour du basket et de la gastronomie. En coulisses des parquets, d’autres addictions moins visibles peuvent séduire les joueurs de la ligue. 

    La stupéfiante NBA

    La NBA accueille des talents issus de toute classe sociale. Dans leur jeunesse, certains joueurs ont été confrontés à la drogue, symptomatique de la misère et la pauvreté dans les zones urbaines aux Etats-Unis. C’est le cas de Patrick Beverley, qui s’est confié cette année à ESPN et au journaliste Ohm Youngmisuk. Interrogé sur ses perspectives dans la vie s’il n’avait pu quitter la banlieue de Chicago pour devenir un sportif professionnel, le meneur des Clippers a donné une réponse aussi franche que radicale :

    « J’aurais probablement été le meilleur vendeur de drogue du monde”. 

    Source : Patrick Berverley pour ESPN, le 22 novembre 2019.

    De nombreux joueurs ont ainsi évolué dans un environnement favorable à la possession et à la consommation de substances. La ligue a conscience de cette réalité et mène une politique sévère à l’encontre des stupéfiants, susceptibles de mettre en danger la santé de ses athlètes. Un accord a été signé avec l’association des joueurs dans le cadre de “L’Anti-Drugs Program”. 

    Le site internet SportsReference.com rappelle la législation adoptée par la NBA pour le traitement de ce sujet. 

    Les joueurs peuvent subir jusqu’à cinq tests d’urine aléatoires durant la saison. Ces tests concernent aussi bien les produits stéroïdes et autres hormones, que la cocaïne, le LSD ou la marijuana. Tous les joueurs sont susceptibles d’être contrôlés. Cependant, une vigilance particulière est accordée aux rookies, afin de les sensibiliser dès leurs premiers pas dans la ligue. En cas de test positif à la weed, le joueur intègre obligatoirement le programme de suivi des addictions de la ligue. Les sanctions sont ensuite croissantes selon la gravité de la situation et les éventuelles récidives. De quelques matchs de suspension et une amende de 25 000 dollars, elles peuvent aller jusqu’à un bannissement maximal de deux ans, imposé à Chris Andersen pour usage de drogues dures en 2006

    Illustration de fan de Chris Andersen, alias Birdman,  sous les couleurs du Heat. Source : Clutchpoints.com

    Ce suivi s’adapte aux besoins des athlètes et permet de prévenir les drames qui ont secoué toute la communauté sportive américaine, comme le décès par overdose du jeune Lens Bias, sélectionné en deuxième position de la draft 1986 par les Celtics.  Les grandes instances de la NBA veulent ainsi préserver leur image mais aussi assurer le bien-être de leurs premiers employés. 


    De plus, malgré leur statut privilégié, les athlètes ne sont pas immunisés à la dépression. Une traversée du désert dans une carrière peut mener à l’alcoolisme. DeMar Derozan ou Kevin Love se sont engagés récemment au sein de la communauté NBA pour témoigner, prévenir et accompagner les joueurs qui subissent ce fardeau existentiel.

    Durant la saison 1988-1989,  Chris Mullin, membre du triptyque offensif up tempo  “Run TMC”, a dû affronter son addiction pour l’alcool. Arrivé à Oakland chez les Warriors, l’arrière s’acclimate difficilement aux exigences de ce nouveau cadre, loin de son quartier natal de Brooklyn. Son refuge dans la boisson mine  son assiduité à l’entraînement. C’est son coach et mentor, Don Nelson qui l’incite à intégrer un programme de désintoxication. Le soutien dispensé en rehab permet à Mullin de retrouver un équilibre sur et en dehors des parquets. 

    L’alcoolisme reste un problème aigu en NBA, notamment une fois les sneakers raccrochées. Dans la luxure, d’anciennes légendes finissent par dilapider tous leurs gains amassés en carrière. 

    Sexual Healing

    Avis aux âmes sensibles, ici commence le royaume de l’intime. Certes, la vie privée des joueurs ne nous regarde pas. Cependant, leurs frasques nous amusent, car elles jurent avec l’image que veut donner la NBA à son business. Les valeurs louables liées à la communauté, et à la famille sont régulièrement mises en scène autour d’acteurs du jeu exemplaires. 

    Ne soyons cependant pas hypocrites. Une piqûre de rappel gossip ne peut pas faire de mal, surtout pour réduire la distance pouvant exister entre ces monstres sacrés du parquet et nous, simple fans. Les livres d’Histoire de la ligue regorgent d’anecdotes sur la libido de ses légendes. 

    Wilt Chamberlain et ses 100 points en un match se targue de disposer d’un record encore plus rocambolesque. Dans sa biographie, A View From Above (1991), il affirme avoir couché avec plus de 20 000 femmes, soit “une moyenne de 1,2 par jour depuis ses quinze ans”. 

    Légende du jeu, Dennis Rodman est adoré car c’est aussi un personnage haut en couleurs. Champion intercatégories, the Worm a la réputation de donner dans tous les vices. Nous ne nous attarderons aujourd’hui que sur ses exploits sous la couette.  Les hustle plays se déroulent aussi hors du temps réglementaire, et le numéro 91 des Bulls a affirmé s’être fracturé le sexe à trois reprises. Pour les plus curieux d’entre vous, les circonstances de ses mésaventures sont détaillées dans une interview que l’ex-petit ami de Carmen Electra et Madonna  a accordé au média VICE, en 2016.  

    Récit des blessures légendaires de Dennis Rodman, produit et réalisé par le média VICELAND. Source : Youtube

    Tempérons nos jugements. Certains joueurs évoluent dans des gros marchés et nombreux sont des athlètes millionnaires. A New-York, Miami ou  LA, difficile d’ignorer la fête qui sert d’exutoire à la tension accumulée durant la saison. Le très sérieux Sports Illustrated a ainsi publié une étude statistique sur James Harden, montrant que l’ex-MVP performait en moindre mesure lorsqu’il était en déplacement dans une ville réputée pour ses strip-clubs. 

    Le 26 janvier 2020, une vidéo de Kawhi Leonard fuite sur Twitter. Le joueur des Clippers apparaît en club aux côtés d’une danseuse dénudée, lascive. Cette saison, le joueur est souvent préservé par sa franchise au nom d’un load management assumé, et l’extrait soulève la moquerie de certains fans. Kawhi semble disposer d’assez de vigueur pour évoluer sur les parquets. Si cette telle polémique amuse, elle humanise aussi the Claw, souvent perçu comme un tueur timide qui ne vit que pour le basket. 

    La parenthèse gossip se referme. La NBA passionne par sa démesure qui induit des moments de faiblesse et des ragots de l’autre côté du rideau. Prenons conscience qu’il est difficile pour ces joueurs médiatisés de préserver leur vie privée, à l’écart des caméras. Les excès extra-sportifs des joueurs sont compréhensibles lorsqu’on réalise les sacrifices nécessaires à l’intégration  de cette ligue ultra-compétitive. Pour notre grand bonheur le vice est partout, même dans une NBA qui se veut si lisse et policée. 

  • La NBA à l’épreuve du temps

    La NBA à l’épreuve du temps

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    Poster rétro de Kobe Bryant, source : Players Only store.

    Ce week-end, la planète basket a fait ses adieux à un esthète du jeu, un des plus grands athlètes que la ligue ait connu. Les hommages se sont multipliés envers Kobe Bryant. Kobe.  Entre amis, sur les réseaux sociaux, avec un ou une collègue de travail, chacun a partagé un souvenir en lien avec le Black Mamba. N’oublions pas ce que le joueur de LA a apporté à la NBA. Au-delà des titres et récompenses individuelles, il était un symbole de l’esprit de compétition, de la Mamba Mentality. La NBA s’est construite grâce à des figures fortes à l’instar de Kobe. C’est derrière ces joueurs charismatiques et médiatisés que la ligue a gagné en renommé depuis sa création. ClutchTime vous propose une excursion dans le grand livre d’Histoire de la ligue, afin de comprendre comment la NBA est parvenue à sa notoriété internationale.

    « La Préhistoire »

    Huskies vs. Knickerbockers 1946

    Affiche du premier match organisé par la NBA le 31 octobre 1946. Les Knicks s’imposaient sur le fil 68 à 66.
     La Ligue portait à l’époque le nom de Basketball Association of America. Ce n’est que 3 ans plus tard qu’elle fusionne avec la National Basketball Ligue et adopte son acronyme officiel. Source : The Canadian Encyclopedia.

    La grande ligue fut créée le 6 juin 1946, juste après la seconde guerre mondiale. A cette époque, elle est en compétition avec de nombreux championnats qui organisent des matchs sur le continent américain. La ligue se développe grâce à la vision de Maurice Podoloff, son premier président (1946-1963). La NBA est une des premières organisations à installer ses franchises dans des villes majeures des Etats-Unis.

    Ce n’est qu’en 1954 que l’horloge des 24 secondes est instituée pour les matchs officiels. C’est Dan Biasone, fondateur des Syracuse Nationals, qui a milité pour son introduction. Biasone a compris que l’introduction d’un temps limité par possession favoriserait des phases de jeu rapide. Cette restriction introduit aussi shoots audacieux lorsque les secondes sont comptées sur l’horloge et en définitive, plus de spectacle.

    En 1955, la compétition ne compte que huit franchises, et on parle communément de « Préhistoire » de la NBA.  Ce terme aurait tendance à nuancer la domination sans pareille des Celtics de Bill Russel, entraînés par Red Auerbach. Boston gagne 11 titres en 13 saisons entre 1957 et 1959.

    La même suspicion semble de mise pour la performance lunaire de Wilt Chamberlain qui score 100 points contre les Knicks le 2 mars 1962.

    Certes,  les audiences de la NBA restaient encore bégayantes avec niveau de jeu peu compétitif. C’est pourtant dans le sillage de ces titres remportés que la ville et les habitants de Boston ont construit leur passion pour la franchise. Et si nous parlons encore de la performance de Wilt soixante ans plus tard, c’est qu’elle constitue un idéal à poursuivre pour tout jeune joueur. Un événement sans précédent dans l’Histoire d’une ligue si friande de statistiques.

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    Julius Erving, reconnaissable par sa coupe « Afro » légendaire. En cette soirée du 13 mai 1976, il donne le titre ABA aux les New Jersey Nets (41pts, 19rbs, 5ast). Source ; The postgame.com

    En 1976, la NBA conquérante fusionne avec sa grande rivale, la American Basketball Association (ABA). C’est le début de l’hégémonie pour l’organisation qui récupère les stars de la ligue déchue.

    La consécration des joueurs.

    Dès lors, ce sont les joueurs de plus en plus médiatisés qui vont piloter les révolutions de la grande ligue. La rivalité Larry Bird – Earvin « Magic » Johnson est souvent présentée comme un game changer pour l’attractivité de la NBA. Les deux joueurs symbolisent la fragmentation de la société américaine. Un joueur noir et un joueur blanc. Une franchise des strass et paillettes, associée à l’industrie Hollywoodienne. Une ville de Boston qui revendique ses racines irlandaises et où persiste un puritanisme religieux. L’Est contre L’Ouest. Tout semble opposer les deux joueurs. Tous deux ont pourtant partagé une amitié née de cette rivalité. Tous deux disposent d’un talent qui fait rayonner la grande ligue et lui donnent un second souffle.

     Cette opposition de style est une bénédiction pour la NBA qui doit sans cesse s’adapter aux évolutions du jeu pour préserver sa popularité. La décennie 1990 est caractérisée par des pivots dominants et une défense rugueuse, avec bien sûr le passage remarqué d’un numéro 23 aux Bulls de Chicago. His Airness met définitivement la NBA sur la carte. Grâce à l’arrière, la ligue fait son introduction dans la pop culture et les produits marketings et commerciaux étiquetés NBA affluent sur les marchés mondiaux.

     Avec l’avènement du XXIème siècle, la NBA s’écarte progressivement du panier. La raquette ne polarise plus le jeu offensif et les défenses s’espacent face à la menace à trois points, désormais privilégiée en attaque. Difficile de ne pas attribuer cette nouvelle facette du basketball américain à Stephen Curry. Le numéro 30, phénomène de la dynastie des Warriors trône actuellement au troisième rang des tireurs à trois points les plus prolifiques de l’Histoire. Le baby face killer n’est présent dans la ligue que depuis une décennie et compte à son actif 2492 tirs primés.

    Quel style de jeu nous réserve la décennie 2020 ? Peut-être la domination d’athlètes aux dimensions hors-normes, capables de dicter leur rythme des deux côtés du terrain. Dans la lignée de Lebron James, Giannis Antetokounmpo ou Ben Simmons s’inscrivent dans cette nouvelle génération de joueurs all around.

    Vers une ligue professionnelle.

    Certaines révolutions se font plus discrètes, comme l’apparition de nouveaux équipements et de politiques d’encadrement des joueurs. Difficile d’imaginer aujourd’hui un pivot de 120 kilos arborer fièrement une paire de Converse en toile sur le parquet. Les sponsors s’assurent désormais de fournir des chaussures adaptées aux besoins physiques des joueurs car une blessure est synonyme de mauvaise publicité pour l’équipementier.

    Avec le temps, la ligue s’est étoffée en tant qu’organisation sportive pluridimensionnelle. Le suivi des joueurs et les progrès médicaux ont permis d’allonger la durée moyenne d’une carrière NBA. Les sportifs disposent de conseillers pluriels pour les accompagner.

    C’est ce dont témoigne Joel Glass directeur de la communication pour le Orlando Magic en 2018, dans un épisode de la série Youtube Fournier For Real, réalisé par le numéro 10 français.

    Nous avons en tout plus de 300 personnes et de nombreux départements au sein de la franchise : communication, marketing, vente de tickets, relations avec la communauté de fans, gestion de la salle, etc,.  Il y a beaucoup d’employés qui travaillent et forment une organisation derrière l’équipe.

    Joel Glass, Fournier For Real épisode 5 « Inside the Franchise »

    Enfin, le rôle du commissionner n’est pas à négliger pour comprendre les changements de la NBA, les nouvelles directions adoptées. Entre 1984 et 2014, David Stern a fait grandir la popularité de la ligue sur le continent américain. Durant les années 1990, il a lutté contre le dopage et la consommation de drogues chez les athlètes. Exit la luxure extra-sportive et les bagarres sur le terrain, le développement de la ligue était indissociable de sa bonne image. La ligue mineure de développement G-League fondée en 2001 ainsi que la compétition féminine WNBA (1996) souligne cette volonté d’expansion de l’ancien commissionner.

    Adam Silver a repris le flambeau de Stern et participe à la démocratisation du jeu à travers le monde. Avec Internet et le numérique, tout va plus vite. Un poster en primetime est relayé presque instantanément sur les réseaux sociaux. Le Buzz représente une précieuse publicité pour la grande ligue afin de conquérir de nouveaux spectateurs. La NBA s’inscrit dans cette course de l’instantané. Elle a étendu sa toile à travers le monde.

     Les scouts sont désormais présents sur tous les continents afin de repérer et propulser les talents de demain sur le devant de la scène. Plus de talents potentiels, et donc plus de compétition. Il est beaucoup plus difficile d’arriver jusqu’en NBA qu’il ne l’était il y a 60 ans. Le basketball est le sport où il est le plus difficile de faire carrière aux Etats-Unis, comme en atteste le graphique ci-dessous.

    Umphumela wesithombe se-the odds to become a professionnql athlète

    Chances d’arriver en NBA en sortie d’Université, en 2016. Source : Usa Today.

    “Started from the bottom now we here”. L’Hymne du chanteur canadien Drake pourrait être adoptée par la NBA. La ligue a connu une ascension phénoménale en six décennies, évoluant avec la société américaine. Exclusivement blanche en 1946, elle est désormais composée à 80 % de joueurs afro-américains. N’oublions pas qu’au sommet de ce succès résident des joueurs pionniers, légendaires et fixés dans une mémoire collective de fans. Kobe Bryant sera membre émérite de la prochaine cuvée de Hall of Famers. En attendant son introduction, exerçons notre devoir de mémoire et contemplons son héritage pour l’Histoire de la NBA.

  • NBA FRENCHIES #1 Preview des Joueurs Français en NBA

    NBA FRENCHIES #1 Preview des Joueurs Français en NBA

    Dans leur premier volet de l’émission NBA FRENCHIES, Simon et Tedesco vous font une première preview des français en NBA cette saison.

  • Previews NBA : Chicago Bulls

    Previews NBA : Chicago Bulls

    Pour la première année, ClutchTime se lance dans une grande série de previews pour la saison 2019-2020 ! On part sur une division par semaine et cela jusqu’au début de la saison ! On débarque cette semaine du coté de la Division Centrale, avec les Chicago Bulls.

    Chicago Bulls

    Bilan 2018-2019 :

    Classement : 13ème de la conférence Est

    Bilan : 22-60

    Playoffs : non-qualifié


    Bilan sur la saison

    La saison 2018-19 des Chicago Bulls devait être la saison de la confirmation. Raté. Aussi bien dans les résultats que chez les joueurs, le bilan est très faible, en comparaison avec les ambitions affichées en début de saison. Les blessures à répétition de plusieurs joueurs majeurs n’ont guère aidé Fred Hoiberg dans sa composition d’équipe qui en a fait rapidement les frais, remplacé en décembre par son adjoint Jim Boylen. En dépit des talents présents dans cette équipe, les Bulls ne sont pas parvenu à engranger les victoires malgré un recrutement ambitieux et un réel potentiel. Les playoffs semblaient proche et loin à la fois pour Windy City.

    Les Bulls sont tout de même parvenu à finir 20ème meilleure défense de la ligue, grâce aux style de jeu prôné par Hoiberg puis Boylen. Mais les points positifs restent peu nombreux, à l’exception du début de saison de Zach LaVine ou encore du mois de février de feu du finlandais Markkanen. Néanmoins l’intégration de son pivot Carter Jr. et l’arrivée d’un ailier du calibre d’Otto Porter sont à ranger au rang des satisfactions sur la saison.

    Terminant à une piteuse 13ème place,  les blessures ont littéralement foutu en l’air les ambitions des Bulls. L’infirmerie n’a jamais désemplit durant la saison depuis Markkanen et Dunn puis Felicio et Parker jusqu’à LaVine et Porter , seul Ryan Arcidiacono (prolongé cet été) est parvenu à passer entre les gouttes. C’est précisément ces absences qui ont empêché les Bulls de répondre présent dans la bataille à l’Est (27ème attaque de la ligue) et même de freiner la progression de ses meilleurs éléments. Certains éléments de l’effectif en ont fait les frais (Parker et Lopez) plongeant un peu plus les Bulls dans une spirale infernale.


    Mouvements durant l’intersaison


    Effectif 2019-2020

    PosteNomsSalaire
    SFOtto Porter27,250,576$
    SGZach LaVine19,500,000$
    PFThaddeus Young12,900,000$
    SGTomáš Satoranský10,000,000$
    CCristiano Felicio8,156,500$
    PGKris Dunn5,348,007$
    PGCoby White5,307,120$
    PFLauri Markkanen5,300,400$
    CWendell Carter5,201,400$
    SGDenzel Valentine3,377,568$
    PGRyan Arcidiacono$3,000,000
    SFChandler Hutchison$2,332,320
    PFLuke Kornet$2,250,000
    PGShaquille Harrison1,620,564$
    PFDaniel Gafford898,310$
    SGAdam Mokoka79,568$
    GPerrion Callandret898,310$
    PGJustin Simon898,310$

    Note : Le contrat du pivot turc O.Asik (3,000,000$) et de l’arrière A. Blakeney (1,488,231$) sont inclus dans le Salary Cap 2019-20 des Bulls

    Le cinq majeur de ClutchTime

    MeneurArrièreAilierAilier FortPivot
    K. DunnZ. LaVineO. PorterL. MarkkanenW. Carter Jr.

    Évaluation by CT

    Points FortsPoints Faibles
    Le talent Les blessures
    La défense Le jeu offensif
    La rotation La rotation au poste 5

    Prévision de Classement

    Estimation haute : 7ème

    Estimation basse : 14ème

    Notre estimation : 10ème

    Probabilité de playoffs: autour de 25%


    AVIS GLOBAL ET ATTENTES

    Pour remédier à l’exercice 2018-2019, les Bulls ont effectué une intersaison plutôt encourageante axée d’abord sur la continuité en conservant son effectif quasi intacte. La sélection en septième position de la draft du jeune meneur Coby White et un effectif qui s’est étoffé un peu plus à chaque poste (meneur en particulier) devrait permettre à chacun d’avoir des repères suffisants pour ne pas reproduire un bilan catastrophique cette année.

    Néanmoins, Jim Boylen part de loin et devra apporter rapidement des garanties dans le jeu sous peine de subir le même sort que son prédécesseur. Si les joueurs sont épargnés par les blessures, il est envisageable de voir Chicago sous son vrai jour avec des joueurs qui confirment leur potentiel en se mêlant à la lutte pour les playoffs (absents depuis 2017). Zach LaVine devra endosser le rôle de top scorer que beaucoup voit en lui, tout en étant capable de hausser le jeu de ses coéquipiers.


    Highlights des Bulls 2018-2019

    Pour finir la preview en douceur, un petit come-back sur la saison dernière avec les meilleures actions des Bulls !

    Enjoy !
  • Richard Dumas: Le fol espoir

    Richard Dumas: Le fol espoir

    Carrière universitaire:

    Lors de ses années à l’université, Dumas joue sous les couleurs d’Oklahoma State en Big 8 conference. Pour sa première année, il réalise une saison à 17,4 points de moyenne. Son impact au scoring baissera peu à peu durant les deux saisons suivantes, passant à 15,7 points par match pour la seconde à 12,7 points par match pour la troisième.

    Le Joueur:

    Richard Dumas est un ailier de 2m01 pour 91 kg. Dumas est un veritable voltigeur. Sa capacité de dunk est folle, elle qui lui donnera la chance de participer au concours de dunk des lycéens en 1987. Son shoot à mi-distance, quant à lui, est plus que correct.

    https://www.youtube.com/watch?v=ErwfJoBIIY0
    High School Dunk Contest 1987

    Sa draft:

    Richard Dumas,ailier de 2m01, se présente à la draft 1991. Il est selectionné à la 46ème place par les Phoenix Suns. Mais son entrée en NBA ne se déroulera pas comme prévu… Dumas est suspendu une année pour violation de la loi d’usage de drogue en NBA.

    Le retour du rookie:

    L’année galère passée, Richard peut enfin commencer son aventure en NBA. Nous sommes à l’entame de la saison 1992-1993, et Dumas revient dans une franchise plus competitive que prévu… Charles Barkley vient d’arriver, il y a peu de temps, à Phoenix. Les Suns de Sir Charles, Dan Majerle et Kevin Johnson veulent concurencer les Bulls de Jordan et Pippen.

    La saison rempli d’espoir: 1992-1993

    La saison de Richard Dumas commence en trombe, c’est une véritable surprise. Après 19 matchs? ses stats se portent à 15,8 points et 4,6 rebonds par match. Ce superbe début de saison lui permet d’intégrer le 5 majeur! La saison régulière des Suns est un récital et se conclut sur un bilan de 62 victoires.

    L’heure est au Playoffs !

    Playoffs: Objectif Finales

    Les Suns affrontent les Lakers de Divac, Byron Scott ou encore AC Green lors du premier tour. Richard est sur le banc et inscrit 6 points lors du premier match, dans lequel les Suns s’inclineront. Le game 2 et le game 3 sont d’une tout autre tournure pour Dumas. Tituarisé, il réalise deux superbes matchs à 18 points chacuns.

    Les Suns remportent la série 4 à 2. Les Suns rencntrent les Spurs de David Robinson pour ce second tour. Phoenix battra les Spurs sur le même score que les Lakers, avec toujours un Dumas important en facteur x de cette équipe.

    La finale de conf s’annonce extrèmement intense face à aux SuperSonics de Payton et Kemp. On ne s’y trompe, les Suns l’emporteront finalement en 7 matchs. Cette série fut compliqué pour Dumas, Ceballos est préféré à son poste pour les deux premiers matchs et son impact au scoring fut bien moindre.

    Mais, le rêve d’affronter les intouchables Bulls de MJ et Pippen en Finales NBA va se transformer en réalité ! Les Suns y sont !

    NBA Finals: Dumas étincelant

    Game 1:

    Richard Dumas est titularisé à l’aile pour ce premier match de la série. Charles Barkley aura beaucoup de mal, avec seulement 36% pour 21 points, il rate son entrée. Mais, Dumas, quant à lui, est dans son match, 20 points à 50% au shoot pour le rookie. Mais ça ne sufiera pas à faire rompre les bulls de MJ, auteur de 31 points. Victoire de Chicago.

    Game 2:

    Dumas, avec 8 points, est plus timide lors de ce match; laissant encore plus de place à Charles Barkley, auteur d’un match monstre t inscrivant 42 points. Mais, les Bulls ne chutent toujours pas avec 42 points de MJ. Chicago mène 2 à 0.

    Game 3:

    Après 2 défaites à domicile, les Suns doivent se reprendre pour espérer renverser la tendance. Le match est long, très long. Les Suns revivent lors de ce match, Dumas intercepte, score à mi-distance, dunk, défend dur… Bref, gros match du rookie, qui inscrit 17 points et réalise 3 interceptions. Après 3 overtime, les Suns l’emportent ,à Chicago, avec Sir Charles, KJ et Majerle tous au dessus de 24 points. Phoenix revient !

    Game 4:

    Un seul mot ou nom à dire dans ce match… JORDAN. 55 points pour Michael. Un gros match encore pour Dumas, inscrivant 17 points; mais face à Jordan même les 32 points de Charles n’ont pas suffit. Les Bulls mènent 3 à 1.

    Game 5: Richard Dumas en mode ALL-STAR

    Phoenix n’a pas le choix, il faut gagner. Barkley doit sortir un match venu de l’espace. Mais, le match venu de l’espace ne sera pas pour Sir Charles mais bien pour le petit rookie, 46ème choix de draft. Richard est chirurgical, 25 points à 12/14 au shoot. Embêtant grandement Pippen, son apport défensif est également à souligner. Les Suns l’emportent et accroche un Game 6.

    Dumas entre Jordan et Horace Grant
    https://www.youtube.com/watch?v=nDkuVSFWogg

    Game 6: Déception

    Que dire de ce match à part le basket se joue souvent presque rien. Un shoot de Paxon et un contre d’Horace Grant sur KJ auront ruinés les espoirs de game 7 des Suns. Dumas conclut ses finales avec 8 points.Défaite 99 à 98, Bulls sont champions.

    Il faut maintenant être focus sur la prochaine saison. Dumas à montré au monde du basket de telles choses, qu’il est très excitant de voir la suite.

    La suite…

    Richard Dumas ne verra pas le parquets de NBA, la saison suivante… Il est une nouvelle fois suspendu par la NBA pour violation des rêgles concernat l’usage de drogues. Il suit par la suite une cure de desintoxication à la cocaine et revient à Phoenix en 1995. Mais, son niveau ne sera plus jamais le même, il réalise 15 matchs à 5,5 points de moyenne aux Suns puis s’envole aux Sixers. Il finira sa carrière en NBA avec une saison de 39 matchs à 6,6 points de moyenne à Philadelphie.

    Il partira par la suite jouait en Europe et annoncera sa retraire en 2003 suite à un passage dans la United State Basketball League.

    On peut longuement spéculer sur le scenario de sa carrière si il n’était tombé dans l’addiction, mais une chose est sûre, quand on évoque son nom, la première chose qui nous vient à l’esprit est « talent gaché »…

  • Toni Kukoc, bien plus qu’un sixième homme

    Toni Kukoc, bien plus qu’un sixième homme

    Selon votre âge, selon votre culture basket, vous connaissez Toni Kukoc de deux façons différentes: superstar ou 6ème homme. Une chose est sûre, si vous niez son talent, c’est que vous ne le connaissez pas du tout !

    Toni Kukoc et la potion magique Yougoslave

    Né en 1968 en Croatie, encore Yougoslavie à l’époque, on dit de Toni qu’il ne s’est consacré au basket qu’à l’âge de 14 ans. Passez le message à vos enfants, il n’est jamais trop tard… mais il faut quand même avoir une bonne dose de talent !

    En effet, Mr est international U16 avec la Yougoslavie, pas mal pour un début ! Champion d’Europe U16 en 1985 et junior en 1986. En 1987, champion du monde junior ! Après avoir battu les USA Toni est élu MOP (Most Outstanding Player) avec notamment 37 points à 11/12 à 3 points en match de qualification contre les Etats Unis!

    Pour les titres on peut aussi remercier ses coéquipiers, cette génération dorée qui a vu jouer avec lui des Vlade Divac ou encore Dino Radja. Cette sélection junior qui avait réussi à battre leur propre sélection nationale en amical ! Si à cette fournée de jeunes talents, vous ajoutez entre autres un Drazen Petrovic, vous comprenez que la Yougoslavie arrive en finale des JO de Séoul en 1988!

    Cela ne suffit pas à battre l’URSS d’Arvydas Sabonis, mais la machine est bel et bien lancée !! Euro 1989, gagné. Goodwill Games 1990, victoire sans Petrovic ni Divac contre une équipe NCAA. Mondial 1990, gagné. Euro 1991, gagné.

    Au fait, Toni Kukoc est élu MVP du mondial et de l’Euro, rien que ça !

    L’Euro 1991 sera la dernière compétition internationale de la Yougoslavie. Dans un contexte tendu, Jurij Zdovc se voit interdit par la Slovénie (fortement déconseillé…) de participer à l’euro. Puis ce sera la guerre…

    En 1992 se déroule la première compétition internationale de la Croatie. Et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit des JO de Barcelone, avec la Dream Team américaine, première équipe NBA envoyée en compétition internationale.

    Les deux équipes se rencontrent en poule, et ce sera un cauchemar pour Kukoc! Sous la défense acharnée de Scottie Pippen, Toni termine à 2/11 au shoot et 7 ballons perdus ! On comprendra un peu mieux par la suite pourquoi Pippen a mis tant de hargne à défendre sur son adversaire du jour…

    Rebelote en finale, USA vs Croatie. La bande à MJ laisse les croates à 32 points derrière, leur plus petite victoire du tournoi! Avec 16 points, 5 rebonds et 9 passes, et malgré l’aide de Radja et Petrovic, la Dream Team fait le taf, et efface l’affront des JO de 1988.

    Split, pays du basket, centre de l’Europe

    Génération dorée, équipe de légendes, qu’était Toni Kukoc sans tous ces joueurs de talent? Et bien pareil, palmarès, performances individuelles, il a tout gagné !

    Cet ailier (aussi meneur, arrière, même ailier fort), du haut de ses 2,08m et pas beaucoup de kilos à l’époque a régné sur l’Europe avec le Jugoplastika Split.

    Entrainé par Bozidar Maljkovic, Split atteint le Final Four en 1989 en compagnie de Barcelone, du Maccabi Tel Aviv et de l’Aris Salonique de Nikos Galis, rien que ça ! Champion d’Europe des Nations la même année, Toni finit aussi champion d’Europe en club avec 18 points en finale contre le Maccabi!

    En 1990, avant de devenir champion du monde avec son pays, et MVP du mondial, il est allé chercher une nouvelle euroligue avec Split. Au passage il est élu MVP du Final Four, tout en débutant la finale contre le Barça sur le banc!

    Note à ceux que le palmarès de Toni Kukoc a déjà laissés sans voix: en 1990 il n’avait encore que 22 ans ! On continue?

    Passons à 1991. Beaucoup de départs à Split, ce qui n’empêche pas Toni de mener son club de nouveau au Final Four. Et une nouvelle victoire, un Three-peat (déjà) et une finale encore remportée contre Barcelone, équipe entrainée par… Bozidar Maljkovic.

    Après avoir rempli la salle des trophées de son club formateur, il est l’heure d’aller voir ailleurs, au cas où il resterait quelquechose à croquer. C’est à Trévise que le challenge le mène, 400 bornes à vol d’oiseau, le gaucher phénomène ne s’éloigne pas trop du nid!

    La collection s’agrandit en Italie, par un titre de champion en 1992 pour sa première saison, et une coupe d’Italie la saison suivante.

    Le terrain de jeu préféré de Toni, c’est l’euroligue. Et comme Toni a offert le premier titre de champion de l’histoire du club l’année précédente, Trévise a droit à l’euroligue 92/93. Et qui dit Kukoc en euroligue, dit Final Four !

    Le club italien joue la finale contre le CSP Limoges entrainé par… Bozidar Maljkovic. Au terme d’un match serré, Limoges arrache le 1er titre européen du sport français, grâce à une interception du regretté Fred Forte sur le roi Toni. Malgré tout, il finira MVP du Final Four de l’Euroligue 1993.

    Limoges vs Trévise, finale 1993

    Le Roi d’Europe en campagne en NBA

    Toni Kukoc fait partie des pionniers européens en NBA. Drafté par les Chicago Bulls en 1990 (29ème choix), il ne vient pas tout de suite. La situation dans son pays n’y est pas pour rien, il ne souhaite en effet pas laisser ses proches pour partir si loin. Mais aussi, ce qui a pesé dans son choix, c’est la situation de son compère Drazen Petrovic. Autre superstar croate, génie européen, il cire pourtant le banc en NBA ! Et Toni ne voit pas l’intérêt de traverser l’Atlantique pour y recevoir si peu de considération.

    Et en réalité, il n’est pas très désiré aux Bulls, en tous cas pas par ses coéquipiers. Le GM Jerry Krause est fan, mais le Big Boss MJ ne voit pas l’intérêt de recruter Kukoc. Quant à Scottie Pippen, sa prolongation de contrat est bloquée par les négociations avec le croate! On comprend mieux le traitement qu’il lui fera subir aux JO de Barcelone!

    Quand Toni débarque à Chicago en 1993 à 25 ans, Jordan a pris sa première retraite. Mauvaise nouvelle pour les Bulls, mais ça permet à Kukoc d’avoir moins de pression à son arrivée dans la grande ligue. Et il s’en sort pas mal pour sa première saison. Physiquement, il prend du poids, nécessaire dans son cas pour affronter le défi physique américain. Dans le jeu, il finit avec 10,9 points de moyenne, 4 rebonds et 3,4 assists. Loin de ses récompenses habituelles en Europe, il est tout de même choisi dans la All Rookie Second Team.

    Lors de la saison 1994/1995, TK intègre le 5 majeur, et ça se ressent dans ses stats. Il s’améliore à tous les niveaux, 15,7 points pour 5,4 rebonds et 4,6 passes! Mais l’évènement de l’année, c’est le retour du roi, Michael Jordan reprend du service en mars 1995, et ça va changer beaucoup de choses pour les saisons à venir…

    En plus de MJ, la saison suivante est celle de l’arrivée de Dennis Rodman. Kukoc est de retour sur le banc, mais joue tout de même 26 minutes par match et sort des stats très correctes, 13,1 points (3ème scoreur des Bulls), 4 rebonds et 3,5 passes. C’est surtout pour lui le retour des titres: champion NBA et meilleur 6ème homme de la saison.

    La saison 96/97 est un copier/coller de la précédente. A peu de choses près, même temps de jeu, mêmes statistiques, et un titre de champion à la fin. Pour Toni, ce sera aussi la saison des premières blessures qui le limiteront à ne jouer que 57 matchs.

    La saison suivante c’est au tour de Scottie Pippen de se blesser, et de rater 35 matchs. Kukoc revient dans le 5 (52 fois sur 74 matchs joués et 17 fois sur 21 en playoffs) et participe au 3ème titre d’affilée des Bulls avec 13,1 points pour 3,9 rebonds et 2,9 passes par match.

    Après ce second Three-peat, on assiste cette fois aux adieux définitifs de Jordan (pour les Bulls en tous cas). Rodman quitte le club, Pippen également et Chicago est triste en cette saison de lock out. Mais Kukoc assume son rôle de nouveau leader, après tout c’est ce qu’il est, un leader qui a su se fondre dans un collectif pour gagner des titres. Meilleur marqueur des Bulls en 1999 avec 18,8 points de moyenne, il ajoute 7 rebonds et 5,3 passes.

    A l’aube de la saison 1999/2000, Chicago choisit Elton Brand en n° 1 de la draft. Kukoc débute la saison avec les Bulls, puis fait partie en février d’un échange qui l’envoie aux Sixers. A Philadelphie il tourne à environ 12 points par match en sortie de banc, et sort encore quelques perfs comme ce match où il plante 23 points et 4 interceptions en 22 minutes.

    Au cours de la saison suivante il est envoyé aux Hawks dans un échange incluant Dikembe Mutombo. A Atlanta il devient vite le leader avec 19,7 points, 5,7 rebonds et 6,2 passes, toujours aussi complet à bientôt 33 ans et malgré les blessures.

    En 2001/2002 Toni est de nouveau trahi par son corps, ratant un quart de la saison, et plafonnant à 9,9 points de moyenne le reste de la saison.

    Sa fin de carrière est plus calme. Il arrive aux Bucks en 2002 à 34 ans et y restera les quatre dernières saisons de sa longue et belle carrière. Il n’aurait pas dit non pour une ou deux saisons de plus, mais il ne voulait jouer qu’aux Bucks ou aux Bulls, et aucune de ces franchises n’a souhaité lui offrir un nouveau contrat.

    En guise de conclusion et de cerise sur le gâteau, multi récompensé lors de sa carrière en équipe nationale, dans les ligues européennes et en NBA, Toni Kukoc est-il légitime pour recevoir son ultime récompense avec son entrée au Hall Of Fame?