Le carnet des rookies 3.0

Chaque semaine Clutch Time vous propose un petit focus sur les rookies afin de faire le point sur les bonnes ou mauvaises performances des débutants.

NBA.com

La moitié de la saison vient de rentrer dans les bases de données du site Basketball Reference, et l’on peut déjà cerner les équipes ambitieuses pour la suite et celles qui peuvent commencer à réserver leurs vacances pour avril. En revanche, pas de répit pour les rookies avec un temps de jeu qui devrait augmenter ainsi que leur état de fatigue. (statistiques arrêtées au mercredi 22 janvier)

Les favoris pour le titre de « Rookie of the Year »

Kendrick Nunn, PG, Miami Heat : 43m, 16.3pts, 2.8rds, 3.6pds

Les titularisations s’enchaînent et les records s’accumulent pour ce rookie non drafté qui vient de remporter son deuxième trophée de rookie du mois (décembre) après celui du début de saison (octobre/novembre). Sur ces cinq derniers matchs, l’arrière tourne à 23.6pts, 56.8% aux tirs, 46.9% à 3pts et 100% aux lancers-francs dont un parfait 8/8 dans la victoire en prolongation contre les Kings lors du MLK Day (via NBA.com). C’est simple, Nunn est l’une des principales options offensives du Heat sur pick and roll. Bien que les systèmes offensifs de Spoelstra sont souvent orchestrés par Jimmy Butler et Bam Adebayo, Nunn profite au maximum de ses opportunités pour utiliser deux de ses armes redoutables : le pull up two et le floater.

Mercredi dernier, Nunn est allé cartonner contre chez les Spurs avec 33 points, une performance offensive qui n’étonne pas pour autant son coach Erik Spoelstra:

« Il a pu se mettre dans un bon rythme. Chaque fois qu’il tirait, après son troisième tir, on savait que ça allait rentrer. » Erik Spoelstra

via Sun Sentinel

N’oublions pas de souligner ses paniers clutchs face aux Spurs dont un pull up dans la dernière minute face à San Antonio et ses 7 points cruciaux en prolongation dans la victoire contre Sacramento. Miami peut compter sur lui quand Jimmy Butler est absent, et ce dernier n’a pas manqué de complimenter l’éthique de travail son meneur.

« Il bosse, tout simplement. J’ai le sentiment que c’est de là que vient ta confiance, que ce soit en défense quand tu bosses sur les schémas et tout, ou en attaque, que tu bosses ton shoot, que tu travailles sans cesse sur ton jeu. Il sera dans la ligue pendant longtemps. » Jimmy Butler

via Sun Sentinel
Ja Morant, PG, Memphis Grizzlies : 37m, 17.9pts, 3.5rds, 7pds

Tout d’abord, commençons par une mauvaise nouvelle, le spectaculaire meneur de Memphis ne participera pas au concours de dunk du All Star Game cette année après avoir décliné l’invitation. On ne lui en veut pas, tant qu’il continue d’être une machine à highlights sur le terrain.

Le meneur ne peut s’empêcher de nous gratifier d’actions aussi bien déroutantes pour son défenseur que pour ses coéquipiers.

Au fur et à mesure des matchs, le rookie prend de l’assurance dans le jeu avec 9.8 passes décisives sur ses 5 derniers matchs et un +/- de 9.2 quand il est sur le terrain (via NBA.com). Ja Morant propose un savant mélange d’explosivité, de vision de jeu et de magie, une sorte de Derrick Rose 2.0, il est impossible de deviner ce qu’il va inventer une fois dans les airs et les fans du FedEx forum vont pouvoir assister à ce show pour les années à venir.

Ces rookies qui performent chez les contenders

Yahoo Sports!
Michael Porter Jr, SF, Denver Nuggets : 34m, 7.2pts, 3.7rds, 0.7pd

Le 14e choix de la draft 2018 ne cesse de prendre de l’épaisseur à vue d’œil. Au sein d’une équipe du top 3 à l’ouest, MPJ est une vraie solution offensive en sortie de banc. Avec la blessure de l’arrière Jamal Murray, les tickets shoots sont redistribués et Nikola Jokic va devoir trouver un autre partenaire pour combiner. Cela tombe bien, Mike Malone accorde plus de temps de jeu et de responsabilités offensives pour son jeune et fragile ailier.

MPJ est souvent placé dans un corner et doit proposer du mouvement sans ballon. Néanmoins, lorsqu’il capte le rebond défensif, il est tout à fait capable de remonter le terrain en trois pas et deux dribbles et de finir sur un layup de l’autre côté du parquet. Il serait intéressant de savoir si le staff des Nuggets s’attendait à une telle production de sa part à ce moment de la saison. MPJ va prendre part au money time contre Golden State et capter un rebond offensif très important dans les dernières secondes avec le “and one” derrière.

En revanche, la défense reste en chantier. Comme beaucoup de rookie, il faut s’ajuster à la vitesse du jeu en NBA et dans ce domaine MPJ se fait trop facilement avoir en un contre un, avec un déplacement latéral qui laisse encore à désirer.

Il reste encore la moitié de la saison pour peaufiner tout cela, en attendant, MPJ a réalisé sa performance la plus aboutie lors du MLK Day contre Minnesota avec 20pts, 14rds (records), 4pds et 4/8 à 3pts (record).

Terence Davis, SG, Toronto Raptors : 43m, 7.4pts, 3.4rds, 1.9pds

Comme écrit dans notre carnet 1.0, les Raptors nous ont habitué à dénicher de bons jeunes universitaires en fin de premier tour ou bien des joueurs non draftés. Terence Davis confirme cette tendance en continuant d’avoir un rôle non négligeable au sein de la rotation du champion en titre. Lors de la victoire à Oklahoma City, l’arrière va être diaboliquement productif avec 12pts, 7rds, 3ints avec un +/- de 18, tout cela en seulement 17 minutes ! Deux jours plus tard, l’ancien joueur de Ole Miss va profiter du garbage time contre les Wizards pour égaliser son record de points avec 23 unités avec un audacieux 5/7 à 3pts.

L’arrière prouve qu’il peut jouer sans ballon mais aussi sur pick and roll en combinant avec ses intérieurs. Lors du MLK Day, le rookie va remplir à nouveau sa feuille de stats: 12pts, 4rds, 4pds, 1blk en seulement 19‘ dans le victoire étriquée chez les Hawks.

Matisse Thybulle, SG, Philadelphie Sixers : 37m, 4.7pts, 1.6rds, 1.3pds, 1.5ints, 0.9blk

Vous l’avez sûrement remarqué, on s’est senti obligé de rajouter ses moyennes aux interceptions et aux contres par match pour ce joueur tant son apport défensif surpasse sa production offensive. Ce joueur est tout simplement le fruit d’une expérience mixant la mentalité défensive de Bruce Bowen, le placement de Shane Battier et les mains de Kawhi Leonard. Cela peut sembler exagéré pour ce rookie de 22 ans, mais Brett Brown n’hésite pas à le titulariser depuis quatre matchs (pour autant de victoires). Contre Brooklyn, l’arrière se voit confier la tâche de gêner le scoreur adverse, Kyrie Irving.

Sur ce match, Thybulle ne va apporter que 5 points mais son apport est tout autre en défense avec 2 interceptions et 4 contres. Regardez à quelle vitesse il va défendre sur trois joueurs puis couvrir le dernier tireur dans le corner.

Sur les cinq derniers matchs, il tourne à 2.2ints et 2blks par matchs ! (via NBA.com). Ce joueur est unique de part son profil. Il ne lui manque plus qu’à se confectionner un tir correct (38.4%) et d’être plus prudent avec le ballon (un ratio de perte de balles autour des 14%, via NBA.com) et ce joueur aura certainement une longue carrière dans la ligue.

Oubliez les Playoffs et faites progresser ces (très) jeunes joueurs

Detroit Free Press
Sekou Doumbouya, SF, Detroit Pistons: 17m, 7.7pts, 3.1rds, 0.5pd

La hype ne fait que s’emplifier et les fans des Pistons tombent peu à peu sous le charme du français. Commençons par son coéquipier Markieff Morris qui ne tarit pas d’éloges sur son jeune rookie.

« C’est ‘The Prince’. Vous verrez. Dans 5 ans, il portera Detroit sur son dos, je vous le promets […] C’est un super gamin. Il a envie d’apprendre et une chose est sûre, il n’a pas peur. Il ne sait pas vraiment ce qu’est la NBA, mais il joue dur tous les soirs […] En tant que vet, qui est là depuis quelques années, c’est ce que tu as envie de voir chez un rookie. C’est mon gars. » Markieff Morris

via Pistons.com

Mercredi dernier, Sekou a régalé ses fans avec un record de points en carrière: 24pts, en seulement 27 minutes.

A tout juste 20 ans, Sekou démontre des qualités de jeu sans ballon, il profite de la moindre opportunité lorsque la défense l’abandonne et peut sanctionner à 7m23. Néanmoins, comme beaucoup de débutant, il passera parfois à travers: 4 points (1/8 aux tirs) contre Atlanta, 6 points (0/4 à 3pts) à Washington. Le jeune Piston de 2.06m doit améliorer son tir et doit accepter le fait que d’autres joueurs plus expérimentés (Rose, Drummond…) prennent leur positions en oubliant par moment leur rookie démarqué. Sekou a fait le plus difficile en intégrant pleinement la rotation de Casey, il ne reste plus qu’à engranger de l’expérience jusqu’en avril, quand la saison sera terminée.

Darius Garland, PG, Cleveland Cavaliers : 44m, 12.3pts, 2rds, 3.6pds

Cleveland collectionne toujours autant les défaites (série de 5 en cours), et les derniers matchs de leur jeune meneur sont pour le moins mitigés : 4 ballons perdus à Memphis, 8 à Chicago et une adresse qui ne dépasse pas les 43% depuis quatre matchs. Pourtant, coach Beilein n’hésite pas à placer Garland dans les meilleurs conditions avec un système offensif qui sera répété à trois reprises dès le début du match contre Chicago.

En fin de match, Garland va manquer un tir à 3pts et un teardrop. Rien d’alarmant, il faut que ce jeune joueur traverse ses situations et en tire des leçons, cela ne pourra que le bonifier à l’avenir. Cleveland ne peut viser les Playoffs, il est donc essentiel de faire grandir leur jeunes joueurs.

Jarrett Culver, SG, Minnesota Timberwolves : 42m, 9.8pts, 3.7rds, 2pds

L’arrière profite d’un temps de jeu significatif pour confirmer les espoirs placés en lui au moment de sa draft. Culver se démène comme il peut en défense et n’a pas peur de se frotter aux géants adverses lorsqu’il décide de driver.

De plus, le staff des Timberwolves n’hésitent pas à le placer en défense sur Malcom Brogdon durant le money time. Une mission importante qui ne fait que confirmer le constat que Culver doit progresser en défense lors des situations de pick and roll. On peut éventuellement penser à un manque de communication ou bien de connaissances afin de ne pas être dépassé.

Le point positif à retenir de cette semaine, c’est son nouveau record de points (26) établit contre Toronto, tout en prenant en compte le retour de Karl-Anthony Towns dans le cinq de départ.

Mentions spéciales :

Forbes
Eric Paschall, PF, Golden State Warriors : 40m, 14.1pts, 4.8rds, 1.7pds

Après être redescendu de son nuage, le joueur de 22 ans retrouve peu à peu ses sensations avec deux matchs de suite à plus de 20 points (20 contre Orlando, 22 à Portland). Son agressivité en attaque est précieuse, et Steve Kerr lui accorde des minutes dans le money time.

Cet intérieur est gourmand en isolation, avec une fréquence autour des 16.3% (top 10 de la ligue) ce qui le situe aux côtés d’un joueur au profil similaire : Julius Randle.

Cameron Reddish, SF, Atlanta Hawks : 40m, 8.7pts, 3.7rds, 1.6pds

L’ailier est rentré dans l’histoire en faisant partie de la première équipe des Hawks à gagner chez les Spurs depuis 1997. Reddish n’était tout simplement pas né ! De plus, il s’agit d’un match référence avec 22pts, 5rds, 4pds et 4 interceptions. Ajoutez à cela une défense convenable face à DeRozan dans le money time et voilà de quoi redonner espoir aux fans des Hawks quant à ce joueur choisi en 10e position de la dernière draft.

Il pointe enfin le bout de leur nez

Inquirer
Nicolas Claxton, C, Brooklyn Nets : 12m, 4.7pts, 2.7rds, 1.2pds

Ce jeune intérieur de 20 ans a fait son retour dans la rotation des Nets sur ces deux dernier matchs. Après des débuts hésitants en novembre, l’ancien joueur de Georgia a réalié ses meilleures marques de la saison avec 14 points contre Milwaukee et 15 contre Philadelphie.

Cet intérieur frêle et mobile est généreux dans ses efforts, bien que parfois, il ressemble à un lapin de 3 semaines sur le terrain, Claxton peut se montrer utile sur pick and roll en attaque. Lors du MLK Day, il réalise un intriguant et prometteur 1 sur 2 à 3pts, peut-être un aspect de son jeu à développer pour la suite.

Espérons que l’équipe médicale est compétente

R.J. Barrett, SG, New York Knicks : 41m, 14.1pts, 5.2rds, 2.5pds

Quel dommage ! Jeudi dernier lors de la rencontre contre Phoenix, l’arrière doit sortir du terrain au cours du 3e quart-temps suite à une blessure à la cheville.

Un coup d’arrêt pour le gaucher qui avait montré de réels progrès sur ses derniers matchs dont notamment un joli 5/7 à 3pts contre les Bucks. En effet, face à la meilleure défense « in the paint », Barrett a su s’adapter et se montrer efficace à 7m23. Espèrons que son absence ne soit que de courte durée, Steve Nash ne cesse d’être optimiste sur son filleul et son potentiel.

Daniel Gafford, C, Chicago Bulls : 32m, 4.8pts, 2.4rds, 0.4pd

Suite à une pénurie d’intérieur à Chicago, Gafford a joué quatre matchs de suite en tant que titulaire. Le jeune pivot faisait également son apparition dans notre carnet de la semaine dernière et voilà qu’il se blesse au pouce lors de la rencontre contre les Wizards. Vous pouvez appeler ça la malédiction Clutch Time…

Réserver votre nuit du mercredi 22 !

Zion Williamson, PF, New Orleans : –

Rien n’est encore officiel, mais jamais nous n’avons été aussi proche d’assister aux grands débuts de Zion Williamson. Bien qu’évoqué dans notre rapport 2.0, la date de sa première apparition restait floue, et pour être franc, il aurait été fantastique de voir le 1er choix de la draft 2019 placer ses premiers dunks face aux Memphis Grizzlies de Ja Morant, selectionné juste derrière Zion et actuellement en tête pour la course au titre de Rookie of the Year. Selon ESPN, les Pelicans ont indiqué que leur joyau était « incertain » pour le MLK day contre Memphis, ce qui entrouvre l’espoir de voir Zion rentrer sur le terrain dans la nuit de mercredi à jeudi contre les Spurs. (Zion a bien débuté Jeudi face aux Spurs terminant sa feuille de match avec 22 points (72.7% dont quatre tirs à trois points sur quatre tentés), 7 rebonds et 3 passes.)

Un dunk en transition ? un putback dunk sur un tir manqué de Lonzo Ball ? On hâte de voir le premier panier du phénomène pour la décennie à venir.

Dix autres élèves à surveiller :

Tyler Herro, SG, Miami Heat : 40m, 12.9pts, 4.2rds, 2.1pds

De’Andre Hunter, SF, Atlanta Hawks : 43m, 12pts, 3.8rds, 1.8pds

P.J. Washington, PF, Charlotte Hornets : 40m, 12.6pts, 5.5rds, 2pds

Brandon Clarke, PF, Memphis Grizzlies : 37m, 12.1pts, 5.7rds, 1.5pds

Jaxson Hayes, C, New Orleans Pelicans : 41m, 8.7pts, 4.8rds, 1pd

Coby White, PG/SG, Chicago Bulls : 45m, 11.3pts, 3.5rds, 2.2pds

Darius Bazley, SF, Oklahoma City Thunder : 44m, 4.3pts, 3.8rds, 0.5pd

Cameron Johnson, SF, Phoenix Suns : 38m, 7.8pts, 3.1rds, 0.9pd

Nickeil Alexander-Walker, SG, New Orleans Pelicans : 35m : 6pts, 2.1rds, 2pds

Nicolo Melli, F, New Orleans Pelicans : 33m, 5.8pts, 2.4rds, 1pd

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