Les notations de PER, BPM ou WS sont assez régulières quand on commence à se plonger dans le domaine des statistiques avancées. Même si l’efficacité de certaines est assez… bancale, la majorité des statistiques restent des valeurs sûres lors de l’analyse sportive, et la NBA ne fait pas exception ! Mais allons plus loin, en créant notre propre indicateur : le GPI !
Le GPI, pour une analyse générale du jeu
GPI. General Performance Indicator. Indicateur général de performance. Initialement divisé en 2 parties (performance offensive et défensive), le GPI a évolué avant d’arriver à sa forme finale, ou presque ! Chaque joueur est noté sur 4 parties distinctes :
la productivité du joueur : elle se calcule à partir du nombre de ballons et de possessions par match possédés par le joueur. Plus il sera efficace sur tous les aspects du jeu lors de ses possessions, plus sa productivité sera élevée.
le shoot : mélange d’adresse et d’efficacité au niveau du shoot. Un shooteur adroit et un shooteur qui utilise bien ses tickets shoots auront un indice plus élevé que le reste des joueurs.
l’offense : calcul réalisé à partir des stats offensives disponibles afin de pouvoir voir à quel point le joueur est dominant offensivement. Afin de rester transparent, beaucoup de calculs de cette partie ont été réalisés en s’inspirant du Box Plus/Minus (BPM) et de ses dérivées, sans que cette statistique ait une grande influence dans le résultat final.
la défense : calcul réalisé à partir des stats défensives disponibles afin de pouvoir observer à quel point le joueur est dominant défensivement. Comme pour la partie offensive, beaucoup de calculs de cette partie ont été réalisés en s’inspirant du Box Plus/Minus (BPM) et de ses dérivées, sans que cette statistique ait une grande influence dans le résultat final.
Une fois ces 4 coefficients calculés, un dernier calcul a lieu afin de trouver un mélange cohérent qui nous permettent de créer le GPI. Note : le GPI est une statistique évolutive (comme le Win Shares), plus le joueur joue de matchs, plus son indice augmente.
Quelques données intéressantes…
Maintenant que la notion du GPI est installée, nous pouvons nous pencher sur la partie la plus intéressante : l’analyse des données. Un tableau en fonction des minutes jouées cette saison nous permet d’arriver à ce résultat.
GPI des joueurs NBA en fonction de leurs minutes jouées
On remarque que certaines tendances se dégagent…
Un quatuor de MVPs sort du lot
Jokić. Dončić. James. Curry. 4 joueurs hors pair, 4 monstres évoluant en NBA. 4 candidats MVP. Seuls joueurs avec un GPI supérieur à 10 sur cette moitié de saison, ils peuvent être considérés comme les 4 meilleurs joueurs sur cette saison. Un homme se dégage : Nikola Jokić. Même si Luka Dončić se rapproche du pivot des Nuggets, sa domination est trop forte sur ce début de saison.
Avec un score de 12.18, il survole clairement le championnat. Rendez vous compte : son GPI est le double de celui de Bradley Beal, leader de la NBA en points par match !
Derrière ce quatuor se trouve un certain Giannis Antetokounmpo, double MVP en titre, un peu en retard sur ce début de saison. On peut également noter la présence de Julius Randle dans le top 10, dans une saison mémorable pour le forward des Knicks. Mais un jeune plein d’ambitions retient notre attention…
LaMelo Ball, rookie hors pair
Difficile de comparer avec les autres cuvées, mais tout le monde s’accorde pour dire que ce que propose LaMelo Ball cette saison est assez incroyable. Candidat plus que légitime au titre de Rookie de l’année, il est le seul rookie à être dans le top 25 en termes de GPI (24ème). Sa production est folle, et sa domination parmi les jeunes draftés est visible.
Il surclasse ses compagnons de draft, avec un GPI quasiment 2 points plus élevé que le deuxième rookie : Immanuel Quickley (Knicks). Saison légendaire pour un rookie ? L’avenir nous le dira (les différents Carnets des rookies aussi), mais LaMelo montre qu’il peut marquer le présent tout en assurant un avenir aux Hornets.
Les joueurs de – de 25 ans dominés par deux européens
Certes. Jokic vient d’avoir 26 ans ce 19 février, donc il ne devrait pas apparaître dans ce graphe. Mais le temps de rédaction n’a pas permis une mise à jour des données depuis le 17 février.
Cependant, la domination des deux européens est réelle. Avec 2 candidats MVP en tête d’affiche, l’Europe se porte bien, et surclasse de loin la suite des joueurs américains, malgré une tentative de retour initiée par Adebayo et Simmons. Si on ajoute Sabonis (5ème), Zubac (16ème) ou Poeltl (26ème), les joueurs européens deviennent de plus en plus marquants dans cette ligue.
Qui est All-Star selon le GPI ?
On le sait, la période de votes pour le All-Star Game a une certaine tendance à enflammer les réseaux sociaux, et alimente bon nombre de débats sur chaque début d’année civile. Alors que les votes des fans sont désormais clos et que les résultats sont sortis, regardons quels joueurs seraient potentiellement sélectionnés si le choix était réalisé à partir du GPI.
Joueurs issus de la conférence Ouest
Joueurs issus de la conférence Est
Pas de surprise. L’Ouest est plus performant que l’Est, surpassant . Avec leur capitaine Nikola Jokić en quête de son premier titre de MVP, la conférence Ouest domine de la tête et des épaules. 4 membres du cinq de départ ont un GPI supérieur à 10 et supérieur au capitaine de l’est, Giannis Antetokounmpo.
Cependant, cela semble être la partie submergée de l’iceberg pour le camp du double MVP grec. Plus on se plonge dans l’effectif, plus l’Est semble équilibrer le match. Au niveau des wildcards de chaque conférence, on peut même observer une supériorité de l’Est. Et si la conférence Est regorgeait d’un plus grand vivier de talents, mais de joueurs moins performants dans l’ensemble ? Une partie immergée plus grande, plus profonde que l’Ouest ?
Donnez votre avis sur ces deux équipes dans ce sondage. Les résultats seront affichés sur le compte Twitter @MagicBenJohnson le mercredi 24 février.
Ainsi se conclut l’introduction du General Performance Indicator (GPI), statistique qui va faire son apparition dans plusieurs articles signé Clutch Time dans les mois à venir ! Candidats MVP, Rookie de l’année, All-Stars, All-NBA Teams, rien n’échappera à ce nouvel indice que l’on vous partage !
Voilà déjà plusieurs jours que le MVP 2018 des Rockets fait parler de lui. James Harden, qui avait demandé un trade deux jours avant la Draft 2020 en novembre dernier, ne s’est toujours pas entraîné avec son équipe, et n’aurait pas encore eu de franches discussions avec son nouveau coach Stephen Silas. Ses passages dans des soirées à Atlanta et à Las Vegas en plein cœur de la pandémie marquent une nouvelle « façon » d’exprimer son souhait de quitter l’organisation texane. D’autres stars ont elles aussi manifesté leur désaccord avec leur franchise. Voici cinq cas marquants de ces dernières années. Quel est le style qui vous conviendrait le mieux ?
Les demandes de transferts des stars NBA ne datent pas d’hier. Wilt Chamberlain à la fin des années 60, Kareem Abdul-Jabbar et Julius Erving dans les années 70, Moses Malone dans les années 80, Shawn Kemp et Charles Barkley dans les années 90, T-Mac et Vince Carter dans les années 2000… Et ce phénomène a pris de l’ampleur au cours de la dernière décennie: Carmelo Anthony, Deron Williams, Chris Paul, Dwight Howard, Kyrie Irving, Jimmy Butler, Kawhi Leonard, Anthony Davis, Paul George, Russell Westbrook …
Toutes ces stars mécontentes accentuent l’intérêt porté à la Trade Deadline et à la Free Agency. Cette tendance marque également la prise en main des joueurs NBA sur leur carrière, qui n’hésitent pas à tout mettre en œuvre pour forcer la main aux GM afin d’accéder le plus rapidement possible à leur requête. Pour preuves, voici cinq situations étranges qui ont marqué la ligue ces trois dernières années.
Kyrie Irving sur le banc de touche des Cavaliers. Credit: David Richard-USA TODAY Sports
Option 1, Kyrie Irving: Si vous ne me tradez pas, je passe sur le billard juste avant le début de la saison
Juillet 2017, quelques semaines après les Finales perdues contre les Warriors (1v-4d), Kyrie Irving dévoile publiquement ses envies d’ailleurs. Le journaliste d’ESPN, Brian Windhorst évoque un Kyrie fatigué de devoir partager la gonfle avec LeBron James, et souhaiterait être LE joueur d’une franchise. De plus, l’insider confirme que Cleveland travaillait en fait depuis déjà plusieurs semaines sur ce dossier, avec des discussions avec les Knicks (qui ne voulaient pas lâcher Porzingis) et les Suns (qui ne voulaient pas lâcher Josh Jackson…oups).
Seulement voilà, l’ancien n°1 de la draft 2011 n’est pas du genre à se laisser duper sans contrer les plans de la franchise. Alors qu’il a annoncé sa demande de trade publiquement, le Front Office s’inquiète alors de la chute de sa valeur sur le marché.
« Des sources ont déclaré à ESPN que les Cavaliers étaient inquiets que la demande d’Irving ait été rendue publique, estimant que cela pourrait affecter sa valeur commerciale. »
Brian Windhorst
Classique.
Mais, ce qui vaut le détour dans cette histoire, on l’apprend bien après son trade à Boston en août 2017. C’est en plein hiver 2018, que Joe Vardon de Cleveland.com dévoile que le meneur All-Star a joué la carte de l’opération pour pousser le néo GM Koby Altman a passé à l’action. C’est simple, si Cleveland avait cherché à le retenir, Irving envisageait de passer sur le billard pour soigner son genou droit (douloureux depuis les Finales 2015) et ainsi mettre en parenthèse la saison 2017-2018 et empêcher toutes tentatives de recoller les morceaux de la part de ses (ex)dirigeants.
Classe.
SHENZHEN, CHINA – OCTOBER 04: Le coach Tom Thibodeau aux côtés de Jimmy Butler lors d’un practice sans accroc. (Photo by Zhong Zhi/Getty Images)
Option 2, Jimmy Butler: Tradez moi, ou bien je décapite vos chouchous surpayés!
Avec une seule saison sous la tunique des Wolves, Jimmy Butler prévient Tom Thibodeau, à la fois président et coach de la franchise, qu’il fera ses valises à la fin de la saison. Il demande donc simplement à être tradé, à une semaine du training camp… Au début, Thibs pense à tort pouvoir le faire changer d’avis en se remémorant les bons moments passés ensemble à Chicago. Oui mais voilà, Butler n’est clairement pas convaincu par cette équipe drivée par des jeunes loups aux dents de brebis.
Les jours passent et les rumeurs s’entassent, et voilà que Minnesota offre une extension de contrat de 5 ans et 147.7M$ pour Andrew Wiggins, et il se murmure déjà que Karl-Anthony Towns recevra un contrat Max en 2018. Pendant ce temps là, Thibodeau se montre trop gourmand en affaire et n’arrive pas à un accord avec Pat Riley et le Heat. C’en est trop pour Butler, qui décide de montrer son mécontentement de la manière la plus expressive et physique possible lors d’un banal practice, qui rentrera dans la légende. Accompagné des remplaçants, Butler détruit physiquement et verbalement l’équipe des titulaires et les stars Wiggins et Towns. Déçu de ne pas être déjà en Floride, il se montre également très vocal, et n’hésite pas à beugler sur le GM Scott Layden et évidemment, sur Thibodeau.
Lors d’une interview avec Rachel Nichols, il reconnait volontier ce qu’il s’est raconté autour de ce fameux practice:
« C’est vrai en grande partie. Je n’ai pas joué au basket depuis si longtemps. Je suis tellement passionné. Je ne le fais pas pour une raison quelconque, mais pour la compétition. Toutes mes émotions sont sorties en une seule fois. Était-ce la bonne façon? Non! Mais je ne peux contrôler ça quand je suis en compétition. »
Jimmy Butler sur ESPN
Afin d’éviter de traumatiser à nouveau les jeunes Wovles, Thibodeau s’est résolu à se séparer de sa star en l’envoyant à Philadelphie en échange de Robert Covington, Dario Saric et Jerryd Bayless le 12 novembre 2018, soit près deux mois après la demande de trade de Butler.
Kawhi Leonard aux côtés de Patty Mills sur le banc de touche des Spurs. Soobum Im-USA TODAY Sports
Option 3, Kawhi Leonard: Désolé mon téléphone était en mode silencieux cette saison, par contre vous pouvez me trader à LA?
Les fans des Spurs vous le dirtont… Ils maudissent le jour ou le pied de Kawhi a rencontré celui de Zaza Pachulia un soir de Playoffs en 2017. Les Spurs menaient de 21 points dans le 3e quart-temps face aux futurs champions. C’est à ce moment précis que la carrière de Kawhi sous le maillot texan à pris du plomb dans l’aile. Cette blessure à la cheville est le point de départ d’une série de DNP pour la saison qui suit. En septembre 2018, sa blessure aux quadriceps est révélée et semble bien sérieuse.
Leonard effectua ses débuts le 12 décembre 2017 et…. termina sa saison un mois plus tard pour un total de 9 matchs joués. Les Spurs doivent publier un communiqué expliquant que leur star sera out indéfiniment. Le problème, c’est que Kawhi s’envole pour New York pour obtenir l’avis de spécialistes. Kawhi veut mener sa rééducation à sa manière sans collaborer avec sa franchise, et sans surprise, cela pose problème et comme le révèle Woj, des tensions naissent entre les deux camps.
Les Spurs organisèrent une réunion courant mars. Selon ESPN, l’ambiance fut pour le moins tendue. L’équipe pointa du doigt l’absence plus ou moins justifiée de l’ailier All-Star. Plus tard, Greg Popovich et Manu Ginobili affirment devant les médias que l’on ne verra pas le MVP des Finales 2014 en tenue cette saison. Tandis que Tony Parker rajoute de l’huile sur le feu en déclarant que sa blessure aux quadriceps était bien plus grave et qu’il s’en était remis bien plus vite. La goutte d’eau.
Après toute une saison marquée par un manque de communication et de compréhension entre les deux parties, (et sûrement avec l’appui du fameux oncle de Kawhi), l’ailier ne souhaite plus discuter avec les Spurs et annonce en juin qu’il veut être tradé. Originaire de Californie, sa préférence irait aux Lakers et aux Clippers, vous pensez bien que Popovich et Bufford ne vont pas lui faire de fleurs et décident donc de l’envoyer à l’extrême opposé de Los Angeles en ce qui concerne le climat : Toronto. Vous connaissez la suite.
Anthony Davis en tenue de civil parmi ces coéquipiers à New Orleans. Crédit: Gerald Herbert/Associated Press
Option 4, Anthony Davis: Je vous propose de ne plus me faire jouer le temps de faire affaire avec les Lakers.
Janvier 2018, après avoir atteint les demi-finales de conférence la saison précédente, les Pelicans retombent dans la médiocrité en saison régulière, et la star Anthony Davis est absente pour plusieurs matchs pour soigner sa blessure à l’index. C’est donc dans ce contexte que son agent, l’incontournable Rich Paul, déclare que son joueur ne signera pas d’extension de contrat et qu’il souhaite être tradé le plus rapidement possible. Au beau milieu de la saison, et à un an et demi de la fin de son contrat. Inutile de vous dire que les fans des Pelicans l’ont eu mauvaise.
Une étrange situation à gérer pour deux franchises. Tout d’abord les Pelicans, évidemment, lorsque « The Unibrow » quitte la salle des Pelicans sans prévenir son coach Alvin Gentry, lors d’un match contre le Thunder. Seul le GM du moment, Dell Demps, est au courant. Et le pauvre Gentry qui se retrouva seul face aux caméras après la rencontre sans savoir où se trouvait sa star. Au final, les Pelicans vont virer Demps qui était en pleine négociation avec les Lakers. L’organisation décida également de ne faire jouer AD que quelques minutes par match et d’attendre la fin de la saison pour l’échanger.
Les Lakers ont également souffert de cette situation. Les jeunes Ingram, Ball, Kuzma et Hart sont affectés par toutes ces rumeurs de trade, et selon Rajon Rondo, des vétérans ont été également impactés. Même dysfonctionnement au niveau du FO. Alors que New Orleans préfère collaborer avec Magic Johnson, ce dernier insinue que son collègue Rob Pelinka manigance dans son dos, ce qui provoquera le départ surprise de la légende des Lakers en toute fin de saison. Bilan de cette demande de trade : deux licenciements, des joueurs touchés moralement et deux franchises à l’avenir incertain.
Et puis le miracle eu lieu ! La loterie offre le premier choix de draft 2019 aux Pelicans, ainsi que le 4e choix aux Lakers. Une énorme surprise qui va considérablement faciliter les choses pour effectuer le deal. Davis verra son vœu exhaussé et se retrouvera aux Lakers, tandis que les Pelicans, pas mécontents, récupèreront les jeunes Ball, Ingram et Hart mais surtout le phénomène Zion lors de la draft 2019.
James Harden durant la « Bubble » – Getty Images via Sportingnews.com
Option 5, James Harden: Je ne suis toujours pas tradé? Ok je reviens, je dois me rendre à Las Vegas.
Près d’un mois après sa demande de trade, James Harden est, pour le moment, toujours un Rocket. Oui mais, après avoir vu son pote Russell Westbrook partir à Washington en échange de John Wall, le barbu est toujours décidé à partir, pire, il s’est permis de zapper la reprise des entraînements. Pas la meilleure façon de montrer l’exemple quand on est le joueur le mieux payé de l’équipe, mais là n’est pas la question. La partie qui fait grincer les dents, c’est que le MVP 2018 s’est délibérément montré à des soirées à Atlanta puis à Las Vegas, en plein cœur de la pandémie, sans masque tout en sachant pertinemment qu’il ne respectait pas les consignes données par la NBA pour assurer une reprise convenable de la saison.
Vous avez donc des superstars mécontentes qui utilisent la carte de la blessure pour ne pas jouer (Kyrie Irving, Anthony Davis et même Scottie Pippen en 1997), et voilà une toute nouvelle technique en maximisant ses chances d’être positif au Covid19 afin de retarder son retour au sein de l’équipe. Le barbu ne se lance pas dans des quotes piquantes à l’encontre de la franchise qui l’a placé au sommet et qui n’a cessé de céder à ses requêtes. Non, il préfère snober son employeur ainsi que son tout nouveau coach Stephen Silas. Le pauvre Silas qui attendait ce poste de Head Coach depuis tant d’années, et le voilà qu’il se retrouve dans une situation invivable avec son franchise player qui veut partir à tout prix.
Le protocole mis en place par la NBA obligent les équipes à faire passer six tests Covid19 aux joueurs avec un résultat négatif à chaque fois. Déjà arrivé en retard à Houston, cela ne fait qu’accentuer le délais d’attente. Après les départ du coach Mike D’Antoni, et du GM Daryl Morey, Harden ne semble pas vouloir se retrouver avec un propriétaire qui fait débat, ni enclin à discuter avec coach Silas. Une situation délicate et qui doit rendre nerveux toute une génération de fans des Rockets qui ont pourtant défendu corps et âme leur chouchou tout au long de sa carrière. Si cela peut les rassurer, une autre star des Rockets avait demandé à partir en 1992 : Hakeem Olajuwon. Pas sûr que ce coup-ci cette histoire se termine par un happy ending.
Les demandes de trade des superstars font partie de l’histoire de la NBA. Certaines demandes n’ont pas abouti et le résultat a été plus que satisfaisant pour certains joueurs (Hakeem Olajuwon, Scottie Pippen, Kobe Bryant). Mais ces cas sont rares. Il est en effet très compliqué de recoller les morceaux avec une star mécontente, et il faut avouer que ces situations sont de plus en plus fréquentes, et de plus en plus difficiles à gérer. Il n’en demeure pas moins que pour les cas évoqués dans cet article, les joueurs s’en sont plutôt bien sortis en ayant eu le sentiment de prendre leur destin en main. Et vous quelle technique vous ressemble le plus ?
Pour vous faire patienter avant que la NBA ne reprenne, Clutch Time vous propose de revoir les actions les plus « clutchs » de la saison 2019-2020. Un layup pour égaliser dans la dernière minute, un tir pour passer devant au buzzer ou un lancer-franc pour la gagne, voici notre troisième numéro avec quelques actions offensives (merci les Hornets), qui ont marqué le mois de novembre.
Dans la catégorie au
Buzzer
Malik Monk (Charlotte Hornets)
15/11/19 : vs Detroit, victoire
106-103
https://www.youtube.com/watch?v=C3wE1y-KEyk
Suite à un 3pts de Marvin Williams puis un ballon perdu par Derrick Rose, les Hornets ont eu le temps de prendre un temps mort à une seconde du buzzer. James Borrego organisa un système pour libérer son shooteur Malik Monk. Ce dernier profita d’un écran de Cody Zeller afin d’avoir quelques milimètre d’avance sur Derrick Rose. Sans se poser de question, l’arrière des Hornets alluma de loin. Bang !
Dans la catégorie :
in the paint ou Game Winner
Ja Morant (Memphis
Grizzlies)
13/11/19 :
@ Charlotte, victoire 119-117
https://www.youtube.com/watch?v=0jXq5Z0pW-o
Les Grizzlies ont complètement manqué leur fin de match. Après avoir mené de 7 points à 1′ de la fin de la rencontre, ils ont laissé les Hornets revenir à égalité dont un 3pts de Devonte’ Graham, il reste 22 ». Temps mort demandé par Memphis. Ja Morant se retrouve alors face à un autre rookie, Cody Martin tout juste entré pour ces dernières secondes à la place de Malik Monk. Le meneur de Memphis drive sur sa main gauche et trouve le moyen de scorer sur un layup acrobatique. Il reste 7 dixième de secondes, les Hornets ont quand même pris un temps mort. Inutile, le prodige a encore frappé ! Son tout premier Game Winner!
Devonte’ Graham
(Charlotte Hornets)
16/11/19 :
@ New York, victoire 103-102
https://www.youtube.com/watch?v=oheqYPu9ph4
Après un tir manqué de Julius Randle, les Hornets demandèrent un temps mort. Menés d’un point, les hommes de James Borrego se sont préparés à jouer la dernière possession. Les français furent présents lors de cette dernière action, avec Nicolas Batum pour la remise en jeu côté Charlotte et Frank Ntilikina côté New York pour défendre sur Devonte’ Graham. Le plan de jeu de Charlotte est bien exécuté et Mitchell Robinson est placé trop bas ce qui laissa de la place au Hornet pour dégainer. Bang !
Paul George (Los
Angeles Clippers)
18/11/19 :
vs Oklahoma City, victoire 90-88
Les anciens Clippers tels que Chris Paul, Shai Gilgeous-Alexander et Danilo Gallinari ont pris un malin plaisir à malmener les hommes de Doc Rivers durant cette rencontre. Le Thunder est devant de 2 points à 30 » du buzzer suite à deux lancers-francs inscrits par CP3. Temps mort Clippers. Le plan est simple, Paul George profite d’un bon écran poser par Montrzel Harrell pour marquer un tir à 3pts sur catch and shoot. Gallinari manqua sa tentative quelques secondes plus tard et la star des Clippers, en l’absence de Kawhi, plia le match sur la ligne des lancers-francs.
Dans la catégorie : Provoquer la faute
LeBron James (Los
Angeles Lakers)
15/11/19 :
vs Sacramento, victoire 99-97
Un layup réussi par Bogdan Bogdanovic malgré la présence d’Anthony Davis dans la raquette. Temps mort des Lakers. Le ballon est bien sûr dans les mains du N°23 pour cette ultime possession, et c’est Barnes en face qui se fait sanctionner sur une faute en jouant l’interception. Dans la pénalité, le King peut rentrer ses lancers-francs et donner la victoire à son équipe. Ce n’était décidément pas la soirée de Barnes, qui, à son tour tenta de gagner le match, mais sans succès face à Anthony Davis.
Dans la catégorie :
pour accrocher la prolongation
Jayson Tatum (Boston
Celtics)
20/11/19 :
@ LA Clippers, défaite 104-107
L’un des matchs les plus captivants de la saison. Face au duo George-Leonard, le jeune ailier Jayson Tatum a porté les Celtics et ne s’est pas défilé en fin de match. Après un temps mort demandé par Brad Stevens, le joueur de 21 ans n’a pas eu peur de défier Paul George en un contre un. Ce dernier a eu le malheur de switcher avec Kawhi Leonard, et ses chevilles s’en souviennent encore. Leonard manqua ensuite le 3pts de la victoire mais les Clippers attendirent tout de même la prolongation pour remporter ce match.
La NBA s’est dotée de plusieurs histoires surprenantes au cours de ces dernières années. Ce fut le cas lors de la Finale 2015 avec le titre de MVP pour le 6e homme : Andre Iguodala. Dans un futur plus ou moins proche, les spécialistes NBA pourront se demander comment ce trophée a été refusé aux stars comme Curry, Thompson ou encore Green. C’est pourtant avec beaucoup de logique que les journalistes ont choisi un joueur qui a fait basculer la série et amorcer le début d’une longue période de domination des Warriors.
Qui aurait pu deviner, qu’Andre Iguodala, 6e homme de Golden State lors de la saison 2014-2015, allait devenir le premier MVP des Finales de cette génération des Warriors version Curry & co ! Arrivé à 30 ans dans la Bay après une seule saison à Denver (éliminé par Golden State au 1er tour), Iguodala signa un contrat de 4 ans pour 48M$. Le GM Bob Myers et son staff ont ainsi pu récupérer un All-Star (une fois en 2012), capable de partager la balle (5.4pds) et surtout d’apporter en défense (1.7ints).
Titulaire lors de sa première saison sous ses nouvelles couleurs, sa moyenne de points a considérablement chuté en présence de joueurs offensifs tels que Stephen Curry, Klay Thompson et David Lee. Le bilan de cette première année est mitigé avec 19 rencontres manquées en saison régulière et une élimination douloureuse au premier tour des Playoffs face aux Clippers. Le Game 7 perdu à Los Angeles fut le dernier match coaché par Mark Jackson, le choix de son successeur dans les semaines qui ont suivi cette désillusion, a fait basculer la franchise dans une nouvelle ère.
Steve Kerr avait le choix entre les
Knicks et les Warriors, et le coach rookie a eu le nez fin en
choisissant un roster jeune et prometteur tout en étant encadré par
de solides vétérans (Barbosa, Bogut, Livingston et Iguodala). L’un
de ses premiers choix marquants fut de placer Iguodala sur le banc en
tant que 6e homme afin de faire de la place dans le cinq pour
Draymond Green. Dès le mois d’août 2014, le coach évoqua
cette possibilité en essayant de ne pas froisser la recrue phare de
la saison dernière.
« Andre a débuté la saison passée, ce qui sera probablement encore le cas cette année, mais nous avons beaucoup d’options car nous avons de bons joueurs avec Draymond Green et Harrison Barnes. »
A 31ans, et après 758 matchs NBA tous débutés, Iguodala a dû se résoudre à laisser la place aux jeunes joueurs que sont Barnes et Green. En le plaçant sur le banc, Kerr s’est doté d’un playmaker de grande classe dans la second unit. L’idée semble ingénieuse, mais l’ailier a connu quelques difficultés d’adaptation en affichant ses pires moyennes statistiques en carrière : 7.8pts, 3.3rds, 3pds, 1.5ints.
« Était-ce le début de la fin pour moi ? Je ne voulais pas le penser, mais chaque joueur sait que ses jours sont comptés, et quand un starter est transformé en joueur de banc, c’est juste un de ces moments où vous commencez à vous demander si la fin arrive plus tôt que vous ne le pensez. »
Andre Iguodala dans son livre « The Sixth Men »
En revanche, sur le plan collectif, le pari de Steve Kerr porta ses fruits en plaçant Golden State meilleure attaque de la ligue, et le parcours est globalement maîtrisé en Playoffs (12v-3d) jusqu’aux Finales face aux Cavaliers. Le Cinq de départ fut identique tout au long des Playoffs à l’Ouest et Iguodala continua de sortir du banc pour le bien de l’équipe. Chargé de défendre sur le meilleur scoreur adverse, son duel face à LeBron James est présenté comme une des clés de cette série.
Andre Iguodala en défense sur LeBron James via Hoopshabit.com
Annoncés favoris de ces Finales, les Warriors ont également eu la chance de voir Kyrie Irving sortir sur blessure avant la fin du Game 1 sans oublier que Kevin Love était déjà absent pour cette série. James a est allé à la guerre avec Matthew Dellavedova, Timofey Mozgov et Iman Shumpert…
Et pourtant, avec seulement 97.3pts de moyenne par match, les Warriors pataugèrent en attaque et voilà que les Cavaliers se sont permis de mener la série 2-1 à la fin d’un Game 3 globalement dominé par James : 40pts dont 14 dans le dernier quart-temps. C’est après cette défaite que le staff des Warriors décida de se réunir afin de prendre une décision qui fera basculer le destin de cette franchise.
Nic U’Ren est un jeune assistant vidéo de 28 ans au sein des Warriors, qui, lors d’un déjeuner entre collègues proposa une idée à Kerr en s’inspirant du small ball des Spurs la saison dernière.
« J’ai simplement expliqué qu’ils avaient titularisé Diaw au lieu de Splitter et que titulariser Andre était à étudier. Nous voulions lui dire à temps afin qu’il puisse regarder la vidéo du match et prendre une décision. »
Ce changement opéré pour le Game 4 a marqué à jamais l’entrée des Warriors 2015 dans l’histoire avec un retournement de situation en leur faveur. Grâce à U’Ren, les Warriors ont amélioré significativement leurs stats avec un lineup de petite taille.
Chiffres des Warriors en fonction des lineups utilisés via ESPN
Le retour d’Iguodala dans le cinq de départ a permis de remporter un Game 4 important et avec la plus grosse marge de la série (+21). Son apport en attaque (22pts) tout comme sa défense sur James (0pt dans le 4e quart-temps) ont pesé sur le résultat de la rencontre. La suite ne fut que plus belle avec deux nouvelles victoires pour sceller le sort des Cavaliers et ainsi glaner le 4e titre de la franchise californienne. Le rôle d’Iguodala a été d’une importance cruciale durant cette série avec des chiffres à la hauteur d’un All-Star (sauf pour les lancers-francs : 35.7%).
Les moyennes statistiques d’Iguodala lors des trois premiers tours de Playoffs et lors des Finales
Son impact à partir du Game 4 et sa
performance lors du Game 6 (25pts) ont marqué les esprits, si bien
que les journalistes lui ont accordé 7 votes sur 11 pour le titre de
MVP des Finales, le reste des votes étant attribués au valeureux
perdant LeBron James.
Pour la première fois de l’histoire, un remplaçant est devenu MVP des Finals. Toujours plus étonnant, Iguodala a obtenu ce trophée en jouant aux côtés du MVP de la saison régulière : Stephen Curry. Pour retrouver un tel scénario, il faut remonter en 1980 avec les Lakers et Magic Johnson dans le rôle du MVP des Finales et Kareem Abdul-Jabbar dans celui du MVP de la saison.
Stephen Curry et Andre Iguodala à la fin du Game 6 – Photo by Jesse D. Garrabrant via Getty Images
L’attribution de ce trophée est d’autant plus surprenante que l’ailier l’a obtenu avec des futurs Hall of Famers dans son équipe avec Curry, Thompson, Green, et ce dernier ne manqua pas d’ailleurs de le remercier.
« Il a été énorme tout au long de la série. Mais il a sauvé cette saison pour nous. C’est un professionnel et ça s’est vu, et c’est pourquoi il est le MVP de cette série et c’est pourquoi nous sommes champions. »
L’heureux élu a même eu le droit à
des compliments de la part de LeBron James.
« Ce n’est jamais du un contre un, mais je pense que sa capacité à jouer à plusieurs positions pour son équipe avec certains de ces autres gars a permis à leur équipe d’être si dynamique »
Une belle et surprenante histoire d’un 6e homme devenu MVP des Finales d’une équipe aux prémices de sa domination. Le professionnalisme d’Iguodala, ainsi que l’idée amenée par le jeune U’Ren ont permis entre autre de lancer une dynastie pour la deuxième moitié des années 2010.
Un lancer-franc, un tir en course, un tir ouvert, un lay up, des actions qui n’ont rien d’exceptionnel en soit mais qui peuvent faire basculer le statut d’une star NBA dans la catégorie des légendes. Un panier qui nous permet de réaliser un court instant de la longévité d’un joueur et de sa régularité. Un panier qui vient couronner une carrière remplie de succès. Nous avons choisi quelques uns de ces moments historiques et savoureux de ces dernières années qui nous ont marqué.
Ray Allen (Boston Celtics), Février
2011
Le panier : Un 3pts pour passer devant Reggie Miller au classement des snipers longues distancesAll-Time
Âge : 35 ans
Le Cinq : Rajon Rondo, Ray Allen, Paul Pierce, Kevin Garnett, Kendrick Perkins
Stats : 20pts, 1rd, 1pd, 3/8 à 3pts, en 35′
Le match : Défaite 92-86 contre les Los Angeles Lakers
Le N°20 des Celtics est entré dans l’histoire un soir de février 2011 au TD Garden face aux Lakers dans un rematch des Finales 2010. Des légendes sur le parquet donc, mais également sur le bord du terrain. Reggie Miller, le détenteur du record du nombre de 3pts inscrits en carrière est chargé de commenter ce match pour TNT. Ce dernier ne manqua pas de féliciter son successeur avant le match.
« Il vient de me dire qu’il était fier de moi et qu’il était excité pour moi. Il a dit qu’il était heureux d’être présent pour ce moment. » Ray Allen avant le match
Le record fut battu lors du 1er quart-temps, en transition sur une passe de Rajon Rondo. Allen est allé saluer Miller et s’offrir un rare moment de complicité avec Rajon Rondo ! Sous les maillots de Milwaukee, de Seattle puis de Boston, Ray Allen n’a eu besoin que de 6430 tentatives pour obtenir ce record, en comparaison avec les 6486 tirs de Reggie Miller en 18 ans de carrière.
Paul Pierce (Boston Celtics),
Février 2012
Le panier : un 3pts pour passer devant Larry Bird au classement des scoreurs All-Time
Âge : 34 ans
Le Cinq : Rajon Rondo, Ray Allen, Paul Pierce, Kevin Garnett, Jermaine O’Neal
Stats : 15pts, 8rds, 9pds en 37′
Le match : Victoire 94-84 contre les Charlotte Bobcats
Un an après la soirée magique de Ray Allen, le TD Garden est une nouvelle fois témoin d’un panier historique. C’est face aux « terribles » Charlotte Bobcats (7v-59d), que Paul Pierce a inscris le panier pour dépasser la légende Larry Bird au classement du nombre de points marqués sous le maillot vert. Son début de match est compliqué avec 7 tirs manqués dont 5 derrière les 7m23. Ce n’est que dans le 3e quart-temps que le N°34 a pu atteindre la barre des 21791 points sur un 3pts face au français Boris Diaw et grâce à une passe (encore) de Rajon Rondo.
« Je ne vais pas mentir, cela était dans un coin de ma tête. […] Et il était difficile de vraiment l’ignorer et de vraiment se concentrer sur le jeu. » Paul Pierce après le match
Il aura fallu 14 saisons pour que Pierce devienne le 2e meilleur marqueur de la franchise, et cela signifie beaucoup quand il s’agit des Celtics. John Havlicek conserve toujours sa place de leader à Boston, mais « The Truth » a eu l’occasion de le dépasser en 2017 dans le classement des points marqués All-Time sous le maillot des Clippers.
Kobe Bryant (Los Angeles Lakers),
Décembre 2014
Le panier : un lancer-franc pour passez devant Michael Jordan au classement des scoreurs All-Time
Âge : 36 ans
Le Cinq : Ronny Price, Kobe Bryant, Wesley Johnson, Jordan Hill, Ed Davis
Stats : 26pts, 6rds, 2pds en 35′
Le match : Victoire 100-94 chez les Minnesota Timberwolves
Après sa terrible blessure au tendon d’Achille en 2013, les interrogations concernant son énorme contrat et les résultats calamiteux des Lakers, Kobe Bryant a pu profiter d’une belle et rare soirée en 2014 en devenant le 3e meilleur scoreur de la ligue. C’est à quelques jours de Noël, dans un match opposant deux des plus mauvaises équipes de la saison, que le Black Mamba a dépassé son idole de toujours, Michael Jordan, au classement des points marqués All-Time.
Cet exploit s’est concrétisé sur un lancer-franc dans le 2e quart-temps et c’est tout un public, témoin privilégié de cet instant, qui a pris le temps de féliciter l’adversaire du soir. La franchise de Minnesota ne manqua pas de saluer longuement le héros, un geste de grande classe, qui a notamment ravi Bryant.
«Je n’attendais pas une telle attention de la part des Timberwolves, c’est un énorme honneur d’en arriver là» Kobe Bryant
via ESPN
Dwyane Wade (Miami Heat), Avril 2018
Le panier : side step jumper à 2pts pour passer devant Larry Bird au classement des scoreurs en Playoffs
Âge : 36 ans
Le Cinq : Goran Dragic, Tyler Johnson, Josh Richardson, James Johnson, Hassan Whiteside
Stats : 28pts, 7rds, 3pds, 2stls en 26′
Le match : Victoire 113-103 chez les Philadelphia Sixers
https://www.youtube.com/watch?v=DwcOZVHmIDA
Voici la belle histoire de la saison 2017-2018, avec le retour de Dwyane Wade à South Beach. Après une période bien terne dans l’Ohio, Wade a retrouvé le sourire et sa vista sur le terrain le temps d’une dernière aventure en Playoffs avec le Heat. Dans un rôle de 6e homme, le N°3 s’est même autorisé un dernier show dans le Game 2 remporté à Philadelphie avec 21pts en première mi-temps et un side step jumper pour passer devant Larry Bird au classement des meilleurs scoreurs de l’histoire des Playoffs. Un moment savoureux pour Flash, qui a chambré un Kevin Hart bien trop bavard.
« C’est un sentiment formidable […] surtout quand vous êtes à l’extérieur. Quand vous avez des gens comme Kevin Hart qui parlent au bord du terrain. […] J’ai entendu beaucoup de choses ce soir, et tout cela ne sert que de motivation. Pouvoir faire taire toute une foule, c’est un sentiment formidable. » Dwyane Wade après la rencontre
En plus de ses 28pts en seulement 26
minutes, Wade fut clutch en fin de match pour assurer la seule et
unique victoire du Heat sur cette série. Jusqu’à aujourd’hui, elle
reste la dernière victoire en date de la franchise en Playoffs.
Dirk Nowitkzi (Dallas Mavericks),
Mars 2019
Le panier : jump shot à 2pts pour passer devant Wilt Chamberlain au classement des scoreursAll-Time
Âge : 40 ans
Le Cinq : Jalen Brunson, Luka Doncic, Tim Hardaway Jr, Dirk Nowitzki, Dwight Powell
Stats : 8pts, 1rd, 2pds en 12′
Le match : Défaite contre les New Orleans Pelicans 129-125
https://www.youtube.com/watch?v=O_7kmNvkkbE
Le N°41 a vécu une dernière saison compliquée avec de nombreux problèmes physiques. Cela ne l’empêcha pas de battre quelques records au passage, tout en étant spectateur de la fabuleuse saison de son rookie Luka Dončić. En rentrant ses deux premiers tirs face aux Pelicans, l’Allemand a donc dépassé le joueur aux 100pts sur un match et est devenu le 6e meilleur scoreur All-Time.
« J’ai pris mon temps et lui ai fait face comme je l’ai fait un million de fois et j’ai essayé de tirer sur lui. C’était bien de passer ce record dans les deux premiers tirs. » Dirk Nowitzki sur son action
A 40 ans, Nowitzki a dépassé ce soir
là un joueur qui comme lui, a révolutionné le jeu à son époque,
mais dans un registre diamétralement opposé. Les supporters des
Mavs ont pu savourer ces derniers exploits avec leur vedette de
toujours.
LeBron James (Los Angeles Lakers),
Janvier 2020
Le panier : lay-up sur un drive pour passer devant Kobe Bryant au classement des scoreursAll-Time
Âge : 35 ans
Le Cinq : Avery Bradley, Danny Green, LeBron James, Anthony Davis, JaVale McGee
Stats : 37pts, 8rds, 8pds, 3stls en 35′
Le match : Défaite 108-91 chez les Philadelphia Sixers
Qui aurait cru que ce weekend de janvier 2020 allait autant bouleverser et marquer la NBA. Un scénario digne d’une série estampillée Netflix qui débuta dès le samedi lors de la venue des Lakers de James à Philadelphie, la ville qui a vu naître Kobe Bryant. C’est lors de cette rencontre dominée par les Sixers, que le King devient le 3e meilleur scoreur All-Time en dépassant Bryant sur un drive tout en puissance dans le 3e quart-temps.
« Je suis heureux de faire parti de n’importe quelle conversation avec Kobe Bryant, l’un des plus grands joueurs de tous les temps. […] Il y a trop de choses. Cette histoire est exagérée. Cette histoire n’a pas de sens. Pour faire court, je suis ici avec l’uniforme des Lakers, à Philadelphie, d’où il vient. »LeBron James
Les fans des Sixers ont pris le temps de féliciter le joueur de 35 ans, tout en sachant qu’ils venaient de vivre un moment d’histoire. Kobe Bryant, qui avait pris sa retraite en 2016 avec 33643 points à son compteur, appela James avant que son avion décolle de Pennsylvanie pour le féliciter de vive voix. Les derniers échanges entre deux monstres du basket, Bryant s’est éteint le lendemain.
En ces temps difficiles, ClutchTime continue de vous offrir une immersion dans l’univers de la NBA et aujourd’hui, ClutchTime vous propose de découvrir un acte de grande classe que peu de joueurs dans la ligue ont eu le courage de réalisé, sacrifier l’aspect financier de sa carrière au profit de l’aspect sportif.
Dirk Nowitzki, roi du sacrifice financier
Que ce soit Dirk, en passant par Durant ou même Lebron, nombreuses sont les superstars de la NBA qui ont accepté ce que l’on appelle une « Paycut » pour pouvoir offrir à leurs franchises une réelle possibilité de constituer la meilleure équipe possible et même si cette pratique marche souvent, cela n’a pas eu un effet bénéfique pour tous.
Une paycut est donc le fait de sacrifier une partie de son salaire potentiellement accessible, généralement dans le but d’améliorer l’équipe pour laquelle on joue.
Un sacrifice réservé au Star ?
Pour réellement parler de « sacrifice », il est rare de parler de simple role player et cela concerne très souvent les grandes Stars de la ligue.
La raison est simple, les paycuts sont très souvent réalisés au détriment d’un possible contrat maximum par un joueur, et les seuls joueurs qui ont accès à ce type de contrats sont les Superstars de la NBA.
Cependant, il est nécessaire de nuancer ce propos car certains joueurs qui ne sont pas considérés comme des Superstars ont déjà accepté de sacrifier une partie de leurs salaires pour l’équipe donc même si ce sacrifice concerne souvent les grandes stars, il ne leur est pas uniquement « réservé » .
Un sacrifice irrespectueux envers les Stars ?
L’idée est donc simple pour le joueur, sacrifier le côté financier de la NBA dans le but de mettre toutes les chances de son côté vers l’aspect sportif et même si cela peut sembler être une décision assez logique ou acceptable pour une personne qui ne suit pas la NBA, cette pratique est tout de même assez rare.
À l’image des Chris Paul, Russell Westbrook ou même Stephen Curry, le contrat maximum reste le choix majoritaire et ultime d’une Superstar de la NBA mais également le choix logique lorsque l’on connaît la face cachée de cette pratique.
Kevin Durant tenant son trophée de MVP des finales Source : Jason Miller/Getty Images
Danny Chau, rédacteur du Ringer, avait notamment évoqué la question en s’appuyant sur le cas de Kevin Durant avec les Warriors :
« Durant’s decision makes it painfully clear that it will always be the players who have to make ‘sacrifices,’ never the owners. »
La décision de Kevin Durant montre clairement que ce seront toujours les joueurs et jamais les propriétaires qui feront les sacrifices.
Cette critique vient directement de la signature de Kevin Durant pour un contrat avec une paycut qui aurait permis de signer Andre Iguodala et Shaun Livingston et donc de garder l’équipe intacte.
Cependant, l’équipe aurait pu, en réalité, signer les 3 joueurs avec Kevin Durant au maximum en payant une Luxury tax, montant supplémentaire imposée par la ligue dès lors qu’une franchise dépasse la limite des salaires de son équipe. Plus l’équipe dépasse cette somme, plus elle doit payer.
On voit donc un réel problème d’éthique et une possible manipulation de certaines organisations envers leurs joueurs et cette problématique ne va pas s’atténuer suite à la hausse des salaires chaque année en NBA et la multiplication de bons joueurs qui s’imaginent déjà être Superstar.
Un sacrifice nécessaire à la réussite d’une franchise ?
Depuis 2010, presque toutes les équipes championnes, voire même finalistes ont connu au moins un joueur qui n’était pas payé à sa juste valeur.
Que ce soit un choix volontaire ou non, il est presque indispensable d’avoir des joueurs qui sacrifient l’aspect financier de leur carrière au profit de l’aspect sportif et cela s’applique au Star mais aussi à d’autres joueurs très importants.
Par exemple, Ray Allen avec Miami en 2013 était payé environ 3 millions l’année a 37 ans et même si cela semble être normal, lorsque l’on voit son apport sur les finales 2013, on peut se dire qu’il en valait un peu plus tout de même.
Dans un autre registre, le salaire du MVP de la saison 2015, Stephen Curry, qui remportera les finales NBA avec un salaire de seulement 11 millions la saison et même si cela est logique vu que c’est un contrat signé quelques années auparavant, cela reste un cas de joueur sous payé par rapport à son apport sportif.
Pour ne pas s’éparpiller, nous allons nous concentrer ici sur les principaux joueurs dans certaines franchises qui ont sacrifié une partie de leur salaire au nom de l’équipe et surtout dans le but ultime de remporter un titre, même si cela a plutôt bien fonctionné pour beaucoup d’entre eux, cela n’a malheureusement pas toujours été le cas.
Les cas importants et récents de sacrifice financier :
I. Le Big Three de South Beach en 2010
« Not one, not two, not three, not four.. » on connaît la suite hein.. Source : Steve Mitchell/US Presswire
Le 8 Juillet 2010, The decision choque l’univers de la NBA car un certain Lebron James quitte Cleveland après 7 ans passées dans l’Ohio, pour rejoindre Dwyane Wade et Chris Bosh sous le soleil de Miami.
Cependant, cette association de trois superstars semble difficile à mettre en place car trois contrats maximum à cette époque auraient été un réel problème pour créer une équipe compétitive. Heureusement, les trois superstars ont abandonné plusieurs millions (18 millions pour Lebron James) afin d’offrir une possibilité à l’organisation de Miami d’ajouter des pièces importantes à cette équipe déjà bien bâtie pour jouer le titre.
Ce sacrifice financier s’est révélé être au moins aussi précieux qu’inestimable, car plusieurs joueurs solides vont réussir à choper un contrat tel que Udonis Haslem, la légende de Miami mais également Shane Battier, Chris Andersen ou encore le seul et l’unique Ray Allen qui sera la pièce maîtresse d’un certain game 6 des finales de 2013.
II. Dirk Nowitzki : Le Roi du sacrifice salarial
Dirk, honoré lors de son dernier match au AAC Source : J. Miron/USA Today/Reuters
194 millions de dollars, c’est ce que le Wunderkid a sacrifié dans sa carrière pour les Mavericks. Cette somme, bien qu’incroyable, est à l’image de la générosité du géant Allemand.
Champion en 2011, Dirk Nowitzki avait vécu son rêve de titre mais ses envies ne s’arrêtaient pas là, il voulait plus et surtout, offrir un nouveau titre à la ville de Dallas. C’est en 2014 que Dirk va démontrer tout son amour pour la franchise texane.
Lors de l’intersaison de 2014, les Lakers et les Rockets lui offrent un contrat avec pas moins de 97 millions sur 4 ans et même si 99% des joueurs auraient pris l’une de ses offres, Dirk les a toutes refusées.
En effet, le 15 Juillet 2014, il choque le monde de la NBA en signant un contrat de 25 Millions de dollars sur 3 ans avec les Mavericks ce qui signifie un sacrifice de 72 millions de dollars, non seulement pour rester dans son équipe de toujours mais surtout pour continuer à être compétitive.
Malheureusement, les Dieux de la balle orange ne récompenseront pas son sacrifice respectable car même si Tyson Chandler reviendra durant l’été 2014, Shawn Marion quittera lui les Mavericks pour rejoindre les Cavaliers, laissant une équipe des Mavericks trop faible, qui sera éliminée au premier tour des Playoffs par les Rockets.
Cependant, cela n’empêchera pas Dirk de renouveler cette acte de générosité quelques années plus tard en 2017, lorsqu’il refusera une player option de 25 Millions de dollars pour prendre un contrat de 10 Millions sur 2 ans et une seconde année en Team Option, vraiment un grand homme ce Dirk.
III. Le Big Three Texans des Spurs
Le big Three des Spurs, dans l’ordre : Tony Parker-Manu Ginóbili-Tim Duncan Source : Agence France-Presse
En 2010, Tony Parker signe une extension de 4 ans pour 50 millions de dollars avec les Spurs pour garder une équipe compétitive et même si ce contrat reste tout à fait acceptable.
Il est important de rappeler que Tony Parker est un joueur qui se retrouve dans les discussions pour le titre de MVP en 2012 tout en étant payé comme un role player.
Toutefois, le sacrifice financier est une habitude du côté des Texans de San Antonio et c’est surement l’une des raisons pour lesquelles ils ont réussies à rester si compétitifs pendant autant d’années.
En effet, a côté de Tony Parker, les joueurs importants du roster ont également sacrifié leurs salaires tels que Manu Ginóbili ou encore Tim Duncan qui aura réduit son salaire de plus de 11 millions de dollars.
D’ailleurs, leurs sacrifices n’auront pas été en vain car des joueurs comme Thiago Splitter, Boris Diaw, Danny Green ou encore Marco Belinelli seront recrutés et le 15 Juin 2014, la franchise soulèvera le 5ème titre de leurs histoires qui sera la plus grosse récompense imaginable pour leurs sacrifices financiers.
IV. Kevin Durant et la franchise Californienne
Kevin Durant durant sa présentation avec les Warriors Source : Noah Graham/NBAE / Getty Images
Après avoir réalisé l’un des mouvements les plus discutables de l’histoire de la NBA sur le marché de la Free Agency, le 4 Juillet 2016, Kevin Durant s’est engagé dans la franchise des Warriors dans le but précis de gagner un titre et de « sortir de sa zone de confort ».
Pour ce faire, il a réalisé un sacrifice financier assez important pour la superstar qu’il était à l’époque et même le coach des Warriors, Steve Kerr, avait rappelé dans une interview que Kevin Durant lui rappelait Tim Duncan qui, lui aussi, avait réalisé plusieurs sacrifices financiers dans sa carrière pour garder une équipe compétitive.
Dans le cas de Kevin Durant, son sacrifice permet à son équipe de conserver Iguodala et Livingston qui étaient deux grosses pièces du back to back de 2017 et 2018.
Pendant une grande partie de ses années au Warriors, il a sacrifié une somme très importante d’argent en prenant des petits contrats de 1 an + 1 année en player option à 25 millions l’année ce qui était presque 10 millions de sacrifié par an.
Ce sacrifice est critiquable dans beaucoup d’aspects, que ce soit sur le fait que la franchise aurait pu tout de même conserver les 2 joueurs nommés ci-dessus, sans avoir à sous payer Kevin Durant mais également sur le fait que son sacrifice ait été fait afin de rejoindre une équipe surpuissante qui était un choix contestable pour beaucoup de fans.
Dans tous les cas, Kevin Durant a fait un choix qui lui a permis de repartir du soleil Californien avec deux titres et deux trophées de MVP des Finales en poche et tout cela pour rejoindre la Big Apple et un contrat maximum avec les Nets dans le but d’écrire une nouvelle page de son histoire.
V. L’agent 0 et son geste mémorable envers A. Jamison
Le n°4, Antawn Jamison avec Gilbert Arenas, le n°0 Source : Rocky Widner/Getty Images
Ici, on ne parle pas réellement d’un joueur qui a sacrifié son salaire dans le but principal d’obtenir un titre mais il était nécessaire de parler de l’acte respectable de Gilbert Arenas envers son coéquipier de l’époque, Antawn Jamison.
Tout d’abord, dès 2006, Gilbert Arenas montre les signes d’une superstar qui souhaite gagner un titre au détriment de l’argent. Lors de l’intersaison de 2006, il accepte une réduction sur son salaire pour signer de bons joueurs mais se retrouve « malheureusement » coincé au milieu de Darius Songaila et DeShawn Stevenson (vous vous rappelez du premier nom ? moi non plus) qui ne seront d’aucune aide pour un agent 0 bien trop seul.
C’est finalement le 9 Juin 2008 qu’il se retrouve agent libre et offre un geste de grande classe après la désillusion de 2006, annonçant clairement durant une séance média qu’il allait laisser son coéquipier, Antawn Jamison, prendre ce qu’il souhaite sur son contrat en se contentant du reste.
« Just sign Antawn first and then I’ll take the pay cut, to keep the team intact, »
Signer simplement Antawn en premier et je réduirais mon salaire pour garder l’équipe intacte
« We’ve been together six out of my seven years. I told him, whatever he wants, give it to him, and I’ll take the pay cut. »
On a été ensemble pendant 6 de mes 7 années ( dans la NBA ). Peu importe ce qu’il veut, donner lui et je prendrais la réduction nécessaire sur mon salaire
Finalement, au lieu d’avoir un contrat maximum de 124 Millions sur 6 ans avec les Wizards, ou de prendre un contrat de plus de 100 millions sur 5 ans que lui proposaient les Warriors il ne prendra que 111 millions sur 6 ans avec les Wizards.
Même si cette décision a très mal fini avec une absence en play-offs et des malheurs sur les terrains comme en dehors, il est important de saluer ce geste réalisé en Juin 2008 qui semble être inimaginable de la part des stars d’aujourd’hui.
Si l’héritage d’une équipe NBA se construit sur les parquets, l’impact des décisions prises et des trades effectués peuvent faire basculer le destin d’une franchise voire même de la ligue. La loterie qui détermine le placement des équipes pour la Draft a souvent contribué à la génèse d’incroyables scénarios. Considérée comme la soirée « highlight » des mauvaises équipes, la loterie offre l’opportunité à des organisations de se voir attribuer les premiers choix.
La loterie 2019 restera dans les
mémoires avec cette montée insensée des Pelicans jusqu’à la
première place, permettant ainsi à la franchise de sortir de la
morosité ambiante qui pesait sur son avenir incertain. Avec la
sélection du phénomène Zion Williamson, la franchise
retrouve des couleurs et des ambitions, après avoir subit dans une
même décennie les départs de Chris Paul (2011) et d’Anthony
Davis (2019).
Une autre soirée « loterie » a apporté son lot d’émotions et d’incertitudes, celle de 2003. Il s’agit de la toute première loterie diffusée sur ABC. Rien d’étonnant quand on sait que les plus chanceux pouvaient s’offrir l’incroyable athlète lycéen de l’Ohio, LeBron James, le champion NCAA avec Syracuse, Carmelo Anthony, ou encore le surprenant sophomore au parcours historique lors de la March Madness avec Marquette, Dwyane Wade, sans oublier l’intriguant serbe au potentiel Nowitzkiesque, Darko Milicic.
Beaucoup d’équipes n’ont pas manqué de se saborder pour la saison 2002-2003 en s’infligeant un maximum de défaites. On retrouve les Cleveland Cavaliers (17v-65d), les Denver Nuggets (17v-65d), les Toronto Raptors (24v-58d), le Miami Heat (25v-57d), les Clippers (27v-55d) mais également les Memphis Grizzlies (28v-54d). Une situation particulière pour Memphis et son GM Jerry West, présent le soir de la loterie, en sachant que si le 1er choix ne lui était pas attribué, leur pick de draft reviendrait automatiquement à Joe Dumars, GM des Detroit Pistons.
Cette précision tient son origine dans un trade effectué six ans auparavant, en 1997 par le GM de l’époque : Stu Jackson. Un terrible nom qu’il ne faut en aucun cas prononcer dans le Tennessee.
« Nous savions toute l’année que nous n’allions pas avoir un joueur d’impact à la Draft à cause d’Otis Thorpe. C’est devenu une blague courante.Je ne pense pas que Stu Jackson aurait pu venir à un match des Grizzlies cette année-là parce que les fans de Memphis le savaient, tout le monde le savait. » Shane Battier ailier des Grizzlies de 2001-2006
Le 7 août 1997, les Grizzlies, basés à Vancouver, échangèrent un futur choix de draft contre le vétéran Otis Thorpe (35 ans). Un intérieur dont Detroit cherchait à se débarrasser suite à des tensions entre le joueur et le GM/coach Doug Collins. Thorpe ne jouera que 47 matchs sous ses nouvelles couleurs et fut envoyé à Sacramento avant la Trade Deadline de 1998. Les Grizzlies n’ont jamais dépassé les 23 victoires et déménagèrent à Memphis en 2001. Qui aurait pu croire en 1997 que cet échange allait finir par accoucher d’un scénario aussi capital pour Memphis avec la promotion la plus talentueuse de la décennie !
Jerry West lors d’une conférence de presse en 2002 – AP Photo/John L. Focht
De retour en 2003, est-ce que Memphis
pouvait garder son pick en obtenant la 1ere place ? Et bien ce
soir là, Mr. Logo avait 6.5% de chances de tomber sur le 1st
pick, sans oublier qu’il possédait également le 13e choix suite à
un échange avec Houston en 1999 (Steve Francis). Pendant ce
temps là, Detroit jouait le Game 3 des Finales à l’Est chez les
Nets à quelques kilomètres de la cérémonie.
« Je déteste la loterie, je pense que c’est une chose horrible. Et je dis cela, en sachant que cela a plutôt bien fonctionné raisonnablement, il faut compter sur l’espoir. » Jerry West GM des Grizzlies
Ce soir là, Russ Granik qui était en charge de dévoiler les pancartes avec le logo de l’équipe, a subitement provoqué la stupeur lorsque la 6e pancarte qui devait mathématiquement être celle des Grizzlies, afficha le logo des Clippers. Les différents acteurs ont compris que Memphis avait chamboulé l’ordre en parvenant à monter dans la loterie. Puis ce fut au tour du Heat d’être placé cinquième, puis les Raptors en quatrième position. C’est à ce moment que la chaîne ABC a choisi de lancer la pub.
« Vous êtes assis là, effrayé par le fait que nous n’allions pas avoir notre choix et vous suppliez, « S’il vous plaît laissez-nous avoir ce choix. » Jerry West
Granik
ouvre la troisième enveloppe : Toronto Raptors ! Memphis
est donc à une place d’obtenir LeBron James et d’effacer huit
pénibles années. Le destin de cette franchise est en train de se
jouer, et si la malédiction sur cette franchise allait enfin
s’estomper ?
« J’étais genre ‘merde’ on pourrait avoir ce gamin » Shane Battier
« Quand ils ont sorti la carte Nuggets au numéro 3, mon cœur s’est arrêté pendant les 60 secondes qu’il a fallu à Russ Granik pour révéler qui était le numéro 2.» Joe Dumars GM des Pistons
Finalement, la belle montée des Grizzlies s’arrêta à la deuxième place, Detroit récupéra ainsi les droits sur ce choix. La malédiction continua… Merci Stu Jackson. Le visage et la réaction de Jerry West à ce moment de la soirée en disait long sur son état d’esprit.
« Ce fut dévastateur pour la franchise de ne pas avoir ce choix. Nous avons pu bâtir une équipe respectable par la suite, mais imaginez qu’un joueur comme James joue pour votre équipe. C’était incroyablement décevant.Pour certains d’entre nous, nous étions remplis de colère parce que nous pensions, « Comment pourrions-nous ne pas avoir ce choix de draft protégé? » Avec toutes les bonnes choses qui ont été faites à Memphis et où elles en sont aujourd’hui, cette franchise aurait pu aller beaucoup plus loin. Ça fait mal de réfléchir. C’était une triste journée. » Jerry West
Ironie de l’histoire, les Pistons sont tombés sous le charme d’un serbe de 2m13 qui a été très bon lors d’un workout contre du vent et des chaises. Bien que Detroit fut champion cette année là ce choix de draft va les hanter à jamais. De leur côté, Memphis retrouva un peu de dignité grâce au tandem formé par les vétérans Jerry West et HubbieBrown, coach de 70 ans à l’époque. Autour de Pau Gasol, Shane Battier, Mike Miller et Jason Williams, la franchise remporta 50 matchs et participa pour la première fois de son histoire en Playoffs. Imaginez ce que cette équipe aurait pu faire avec un James dans leur roster ?
Les années 2010’s ont été marquées par de nombreuses transactions et de départs de joueurs. La prise de pouvoir des joueurs concernant leur carrière a clairement planté le décors dans le paysage NBA. Une aubaine pour le fan qui souhaite s’intéresser à des matchs en saison régulière aux saveurs épicées. Le retour de la star dans son ancienne arène fait figure de scénario idéal pour colorer une soirée. Affronter ses anciens coéquipiers, son ancien coach, et surtout, goûter à l’accueil de ses anciens fans. Voici onze « Revenge Game » choisis au cours de cette décennie.
LeBron James de retour à Cleveland en 2010 – Thearon W. Henderson – Getty Images
LeBron James @ Cleveland – 2010
Le Cinq : Carlos Arroyo,
Dwyane Wade, LeBron James, Chris Bosh, Zydrunas Ilgauskas
Stats : 38pts, 5rds,
8pds en 30′
Victoire 118-90
The Decision, des maillots « 23 » brûlés, la lettre accusatrice du propriétaire des Cavs, tous les ingrédients étaient réunis pour le match le plus attendu de la saison régulière et dans l’ambiance la plus hostile jamais connue. Bien avant l’entre-deux, les fans étaient déjà des miliers dans la salle prêt à gronder et à jeter toute leur rancoeur vers un seul homme. Charles Barkley avoua ne jamais avoir connu une telle atmosphère.
« J’ai vu des tonnes de matchs, je n’ai jamais ressenti une telle électricité dans une salle et pour un simple match de saison régulière. On se croirait dans un Game 7 des Finals » Charles Barkley au micro de NBA TV
NBA TV
Sans surprise, l’ancien protégé de l’Ohio est sifflé dès sa présentation et à chaque ballons touchés pendant le match. A l’inverse, son coéquipier Zydrunas Ilgauskas, qui a fait le même chemin que le « King », aura droit à de chaleureux applaudissements.
Malgré un début de saison compliqué, il n’est pas question pour LeBron et le Heat de lâcher ce match. Byron Scott a beau avoir envoyé plusieurs joueurs en défense sur James, c’était comme lancer des cailloux sur Hulk. Avec 24pts dans le 3e quart-temps, LeBron James offre à son équipe une avance confortable de +30pts, et n’a même pas posé un seul orteil sur le parquet lors du 4e quart-temps.
Son ancien coéquipier, Anderson Varejao, avec qui il a passé six saisons, lui a même enlever son bandeau sur une action puis l’a jeté sur le côté comme si le roi et sa couronne n’étaient plus reconnu en Ohio. Une frustration qui s’est sentie tout au long de la rencontre : quatre fans ont été éjectés de la salle tandis que quatorze personnes chargées de la sécurité entouraient le banc du Heat !
Revenge Score : 10/10
James Harden @ Oklahoma City – 2012
Le Cinq : Jeremy Lin,
Daequan Cook, James Harden, Patrick Patterson, Omer Asik
Stats : 17pts, 2rds,
3pds, 3/16 aux tirs, en 39′
Défaite 120-98
Tradé un mois auparavant à seulement quelque jours du début de la saison, voici le retour du barbu dans l’enceinte du Thunder. Les finalistes 2012 ont échoué dans les négociations de prolongation avec le N°13 et ont fini par l’envoyer à Houston. Après tout, Sam Hinkie n’allait pas dérouler le tapis pour un 6e homme, OKC est une bonne équipe avec Kevin Durant et Russell Westbrook, et puis il n’y a qu’un ballon à se partager.
Mais les doutes concernant les capacités d’Harden à se muer en franchise player se sont vites évaporés : 37 puis 45 points lors de ses deux premiers matchs sous ses nouvelles couleurs ! Les fans du Thunder ont commencé à regretter cet échange, mais peu importe, OKC est toujours solide (11v-4d) et Houston est médiocre (7v-7d), le duel tant attendu doit servir de confirmation de la supériorité du Thunder.
Le début de match est clairement à l’avantage du Thunder. Westbrook et Ibaka ne vont pas se faire prier pour contrer les tirs d’Harden et même Hasheem Thabeet, drafté juste devant le barbu en 2009, s’est permis de le contrer deux fois sur une action. Première mi-temps catastrophique avec seulement 3pts pour le meilleur scoreur de la ligue, et 0/8 aux tirs.
En face, Kevin Martin, qui a servi de monnaie échange, apporta 17pts. Le public jubile. Sam Hinkie aurait-il réussi ce trade ? Le Thunder est clairement au dessus et vise toujours le titre même sans Harden et Houston a encore du chemin à parcourir pour devenir un sérieux prétendant. Un apprentissage obligatoire pour un jeune Harden aux prémices d’une longévité incroyable.
Revenge Score: 3/10
Dwight Howard @ Orlando – 2013
Le Cinq: Steve Nash, Kobe
Bryant, Metta World Peace, Earl Clark, Dwight Howard
Stats : 39pts, 16rds,
3blks, 25/39 aux Lfs, en 38′
Victoire 106-97
Le feuilleton « Dwightmare » n’en finissait plus ! Après des Playoffs 2012 étrangent et une élimination au 1er tour contre Indiana, D-12 est envoyé à L.A. en août 2012 pendant les JO de Londres afin de former la plus grosse Dream Team de la ligue avec Kobe Bryant, Pau Gasol et Steve Nash… Du moins sur le papier.
En effet, Les débuts des néo-lakers sont compliqués, il est même question de savoir s’ils vont pouvoir se qualifier pour les Playoffs ! Howard et ses nouveaux coéquipiers ont même lâché un match embarrassant contre Orlando. Son retour en Floride s’annonce compliqué, mais le triple défenseur de l’année a ressorti son costume de superman, le temps d’une soirée.
Dans ce match, il a constamment attaqué le jeune Nikola Vucevic et obtenu ainsi une valise de lancers-francs: 39 ! Il a tout simplement égalé son record de lancers tentés sur un match qu’il avait établi avec le Magic la saison précédente. Tout en sachant que deux jours auparavant, il s’affichait avec un piteux 0/5 contre Chicago.
Le match est loin d’être emballant : beaucoup de tirs manqués et forcés, des fautes qui coupent le rythme de la rencontre, mais les hommes de Mike D’Antoni ont réussi à remporter ce match et à se qualifier par la suite pour les Playoffs. Privés de Kobe Bryant, les Lakers ont subi un sweep face aux Spurs, et Howard quittera la Californie pour le Texas afin de rejoindre Harden. Le « Dwightmare » ne s’est finalement jamais arrêté.
Revenge Score: 8.5/10
L’accueil des supporters des Nuggets pour Melo en 2013 – via TheHour.com
Carmelo Anthony @ Denver – 2013
Le Cinq: Raymond Felton, Iman
Shumpert, Carmelo Anthony, James White, Tyson Chandler
Stats: 9pts, 5rds, 3pds, 3/12
aux tirs en 21′
Défaite 117-94
Dans le même style que le « Dwightmare », il y a eu le « Melo Drama ». Le GM des Nuggets de l’époque, Masai Ujiri, a pris la sage décision de trader sa star en février 2011. Après une saison 2011-2012 raccourcie à cause du lockout, il a fallu attendre deux ans avant de voir le N°7 fouler à nouveau le parquet du Pepsi Center.
La franchise de ses débuts n’a pas manqué de lui rappeler que la rancœur est toujours bien présente. Les huées des fans n’ont pas faibli, et les joueurs des Nuggets comme AndreIguodala, Kenneth Faried et Wilson Chandler ont pris les commandes du match dès le début en dépassant les Knicks par leur énergie et leur vivacité.
Match à oublier pour Melo : 3/11 aux tirs en 1ere mi-temps et déjà -22 pour New York ! Tyson Chandler va sortir sur blessure suite à un choc au genou, puis c’est au tour de l’ailier de sortir suite à une gène au genou droit au début du 3e quart-temps.
Une soirée horrible et un retour manqué, mais qui ne résume en rien la belle saison 2012-2013 des Knicks qui ont pour la première fois en treize ans, passé un tour de Playoffs, et, c’est aussi la dernière saison positive de la franchise.
Revenge Score: 1/10
Rajon Rondo saluant ses anciens fans au TD Garden (2015) – Charles Krupa AP
Rajon Rondo @ Boston – 2015
le Cinq: Rajon Rondo, Monta
Ellis, Chandler Parsons, Dirk Nowitzki, Tyson Chandler
Stats : 29pts, 6rds,
5pds, 5/7 à 3-pts, en 34′
Victoire 119-101
Boston poursuit son processus de reconstruction en envoyant Rondo à Dallas en décembre 2014. C’est seulement au bout de son 7e match avec sa nouvelle équipe qu’il se retrouva au TD Garden, mais cette fois, en tant que visiteur. Une situation inédite pour le meneur drafté et titré avec Boston.
Deux jours avant cet événement, Rondo et les Mavs ont affronté les Wizards de Paul Pierce. Le meneur en a profité pour demander des conseils à l’ancienne légende des Celtics sur comment aborder ce match.
« Clignote des yeux et regarde en haut, ça t’évitera de pleurer. » Paul Pierce
Le jour « J », le meneur ne pouvait rêver mieux comme début de match en inscrivant les 10 premiers de son équipe. Il termina le 1er quart-temps avec 15pts et 6/6 aux tirs. Un match dominé du début à la fin par les Mavs, le meneur va se servir des prises à deux sur Dirk Nowitzki pour rentrer ses tirs ouverts.
Il s’agit de son meilleur match de la saison avec 29pts, avec un record de 5 tirs à 3-pts marqués ! Néanmoins, la suite est moins glorieuse. Seulement 14pts sur les quatre matchs suivants, et bien que Dallas se qualifia pour les Playoffs, les tensions entre Rondo et son coach Rick Carlise ne sont plus cachées et le meneur ne verra pas la couleur des trois derniers matchs de PO de son équipe lors du 1er tour contre Houston.
Revenge Score: 8,5/10
Derrick Rose @ Chicago – 2016
Le Cinq : Derrick Rose,
Courtney Lee, Carmelo Anthony, Kristaps Porzingis, Joakim Noah
Stats : 15pts, 7rds, 11pds,
6/16 aux tirs, en 38′
Victoire 117-104
Le MVP 2011 a mal vécu son trade à New York lors de l’été 2016. Le natif de la Windy City rejoint un ancien coéquipier beaucoup plus à l’aise avec New York : Joakim Noah. Les dirigeants de Chicago ont complètement chamboulé le roster : Rose et Gasol out, Wade et Rondo in. Des mouvements osés étant donné l’incompatibilité des deux arrières.
Dès novembre 2016, Rose effectua son retour dans la salle de ses premiers exploits. Un retour accueilli par des huées provenant des fans. Une vraie déception pour celui qui se voyait jouer sous la tunique des Bulls toute sa carrière. En revanche, Noah a eu le droit à des applaudissements.
Les Bulls démarrent pied au plancher, mais Dwyane Wade (35pts) va constamment essayer de remettre les Bulls dans le match. Rose a su gérer ses émotions et prendre le contrôle du match avec 5pds dans le dernier quart-temps. Il a parfaitement alimenté les intérieurs Noah et Porzingis.
Un match spécial et pas comme les autres pour Rose. Sa joie, bien que contenue en fin de match, est tout de même perceptible et rare étant donné la triste saison de Knicks.
Revenge Score: 7/10
Wade lors de son retour à l’AAA (2016) – via lasueur.com
Dwyane Wade @ Miami – 2016
Le Cinq: Rajon Rondo, Dwyane
Wade, Jimmy Butler, Taj Gibson, Robin Lopez
Stats : 13pts, 7rds,
4pds, 32′ 5/17 aux tirs
Victoire 98-95
Un départ impensable, un divorce inconcevable, une histoire incohérente. Après des négociations infructueuses et tendues avec Pat Riley, Wade quitta Miami pour rejoindre Chicago en juillet 2016. Une rupture qui a forcément laissé un sale goût dans la bouche du joueur et de la franchise.
Mais c’est bien réel, Wade joue pour les Bulls, et son retour à South Beach est accueilli par des applaudissements. Les fans du Heat se confondent même dans les célébrations durant le match en criant de joie sur les actions et les paniers du N°3.
Wade est venu pour gagner ce match, et peu importe la manière. Pas en réussite sur ce match : 5/17 aux tirs, il a même goûté à une défense physique du jeune Winslow, ce que Wade n’a guère apprécié. En fin de match, Wade a pu rentrer deux lancers importants scellant ainsi la victoire étriquée des Bulls. Enfin, ce match est passé, et ce ne fût pas une partie de plaisir.
« Je suis content que ça soit terminé. » Dwyane Wade après le match.
NBA TV
Heureusement, que la suite s’annonce plus joyeuse et « normale », avec le retour de Wade à Miami en février 2018. Un couple qui n’aurait jamais dû se séparer.
Revenge Score: 6.5/10
Prise de tête entre Kevin Durant et Andre Roberson sous les yeux de Russell Westbrook – via USATSI
Kevin Durant @ Oklahoma City – 2017
Le Cinq: Stephen Curry, Klay
Thompson, Kevin Durant, Draymond Green, JaVale McGee
Stats : 34pts, 9rds,
3pds en 32′
Victoire 130-114
https://www.youtube.com/watch?v=IA93c2lqg5s
Un départ qui fait mal, surtout pour une franchise qui était à 48′ des Finals NBA 2016. Une série 3-1 renversée, et voilà que la superstar du Thunder s’est sauvée dans l’équipe d’en face: les Warriors.
Lors de la saison 2016-2017, Golden State compte déjà deux victoires face au Thunder et à domicile, (+21 et +26), Durant n’a éprouvé aucun sentiment pour coller 39pts puis 40pts contre son ancienne équipe !
Son retour tant attendu dans l’Oklahoma se fera lors du 3e duel et sans surprise, l’ailier a bien été sifflé lors de sa présentation et à chaque fois que le ballon se trouvait dans ses mains. De leur côté, les joueurs du Thunder avait concocté une défense physique sur le MVP 2014.
C’est Andre Roberson qui a été le plus virulent face à KD. Un contact appuyé dans une course et voilà que les deux hommes se retrouvèrent à terre. Plus tard, sur une contre-attaque, Roberson a poursuivit KD pour le contrer, la superstar a fini au sol. Une attitude agressive que le N°35 n’a pas apprécié. Des mots doux sont échangés, et tête contre tête entre deux compétiteurs.
Mais le scénario des deux dernières rencontres se répèta. +21 à la mi-temps, les Warriors ont dominé tout le match malgré un Westbrook à 47pts mais aussi 11 ballons perdus. En face, Durant est déconcertant de facilité en attaque et diaboliquement efficace.
« C’était un match fun. Un match physique. » Kevin Durant après le match
via ESPN
Et concernant les huées provenant des fans du Thunder?
« Je pensais que ça allait être plus fort. » Kevin Durant
ESPN
Revenge Score: 9/10
Jimmy Butler @ Chicago – 2018
Le Cinq : Jeff Teague,
Jimmy Butler, Andrew Wiggins, Taj Gibson, Karl-Anthony Towns
Stats : 38pts, 7rds,
5pds, 4ints, en 40′
Défaite 113-114
https://www.youtube.com/watch?v=w-dnxqyNEzI
Drafté par les Bulls en 2011, Bulter a été victime de la volonté de faire table rase de la part du tandem GarPax. Après une saison mitigée et frustrante avec le big three qu’il formait avec Rondo et Wade, Butler est envoyé le soir de la draft 2018 à Minnesota, en échange de Lauri Markkanen, Zach LaVine et de Kris Dunn.
Le trade semble avoir été magnifiquement réalisé par les Wolves. Cet échange a transformé cette équipe moribonde en prétendant pour les Finales à Ouest! Un immense exploit pour une franchise qui n’a pas goûté aux joutes de printemps depuis 2004.
Lors de son retour à Chicago, Butler a dominé le 2e quart-temps en concluant par un magnifique 3-pts à un mètre derrière la ligne. Saignant en attaque, il a également imposé sa patte en défense avec 4 interceptions.
Le match est serré et malgré un tir inside de Butler qui place les Wolves +2 à 21 » du buzzer, il se fait siffler une faute sur une tentative à 3-pts de Zach LaVine n’a pas manqué de rentrer ses trois lancers-francs et de donner la victoire pour Chicago.
Revenge Score: 6/10
Kawhi Leonard, sur le banc des visiteurs à San Antonio (2019) – Ronald Cortes – Getty Images
Kawhi Leonard @ San Antonio – 2019
Le Cinq: Fred VanVleet, Danny
Green, Kawhi Leonard, Pascal Siakam, Serge Ibaka
Stats : 21pts, 1rd,
5pds, en 32′
Défaite 107-125
Après une saison pratiquement blanche (9 matchs) associée aux rumeurs attestant de son mécontentement au sein de la franchise texane dans laquelle il a été titré en 2014, sans oublier le fait que l’ailier ne s’exprime jamais… Les fans des Spurs ont évidemment hâte de l’accuellir comme il se doit.
Si Danny Green a le droit à des applaudissements, Leonard est en revanche copieusement sifflé lors de la présentation et pendant le match. Les fans des Spurs ont même chanté des « traitor » lorsque l’ailier s’est retrouvé sur la ligne des lancers-francs.
Concernant le match, tout avait bien commencé pour Leonard avec un drive inside plus « and one » pour inscrire les premiers points du match. Mais les choses se sont ensuite gâtées. En face, Bryn Forbes a pris feu derrière la ligne à 3-pts (6/7). DeMar DeRozan était également prêt à en découdre pour se venger d’une franchise qui l’a tradé sans le ménager. Fin du 1er quart-temps: +19 pour les Spurs.
Une victoire tout en maîtrise des Spurs et un DeRozan qui a réussi son tout premier triple double en carrière: 21-14-11. L’arrière avait forcément entouré la date dès la sortie du calendrier de la saison régulière.
A la fin du match, Leonard a été saluer son ancien coach Popovich, les deux hommes ont laissé les rancoeurs et leurs différents de côté.
« Je me sentais mal » Popovich sur les huées des fans envers Leonard
NBA TV
Revenge Score: 5/10
Blake Griffin @
LA Clippers – 2019
Le Cinq: Reggie Jackson, Reggie Bullock, Bruce Brown, Blake Griffin, Andre Drummond
Stats : 44pts, 8rds,
5pds, 3ints en 40′
Victoire 109-104
https://www.youtube.com/watch?v=ymgRJWxNbP0
Déjà un an que les Clippers ont choqué la NBA en envoyant Griffin à Detroit. Un échange surprenant et inattendu aussi bien pour les fans que pour le premier concerné. Il faut bien imaginer que quitter Los Angeles pour Detroit… Blake Griffin doit sûrement en vouloir aux dirigeants des Clippers, et cela s’est vérifié, lorsqu’il esquiva un serrage de main avec le propriétaire des Clippers Steve Ballmer (natif de de Detroit).
Dès le début du match, Griffin n’a pas manqué d’être agressif en jouant 1vs1 tous ses matchups. Une fois le ballon dans ses mains, il n’a pas arrêté de chercher à scorer inside et de se jouer de Montrezl Harrell. Même à 3-pts, l’intérieur s’est montré gourmand et n’a pas hésité à artiller de loin avec pas moins de treize tentatives, un record personnel !
Bien que Detroit ait dominé une bonne partie du match, les Clippers ont pu revenir dans la partie avec Lou Williams. Griffin a pu soulager son équipe avec quelques actions individuelles en attaque. Il termina avec 44pts, son meilleur match de la saison, évidemment, contre son ancienne équipe.
Nous continuons notre série et ressortons plusieurs déclarations et anecdotes au début des années 2010. Pour cet article, nous avons choisi des extraits tirés du livre de Ian Thomsen: The Soul of Basketball concernant les débuts de LeBron James avec le Heat de Miami.
LeBron James lors de la cérémonie du Big Three à l’AAA, jullet 2010 – Bleacher Report
MIAMI, 22 novembre 2010
L’été est terminé, l’épisode houleux de ‘The Decision’ suivi de la fête à l’American Airlines Arena restent dans tous les esprits. LeBron a quitté l’Ohio pour la Floride, en plus du climat, il a dû s’adapter à une tout autre ambiance de travail.
Chaque lundi, lors de la séance d’entraînement au sein de l’AAA, le staff du Heat impose depuis plusieurs saisons des tests sur les joueurs avec la prise du poids et un relevé du taux de masse grasse, et ce, même pendant les Playoffs.
« Lors de sa première année, il était autour des 120kg et avec un taux de masse grasse entre 8 et 9%. Je pensais qu’il était un petit peu lourd, donc je lui ai demandé : ‘Et si tu descendais à 112kg et à 6% de masse grasse ? Vitesse et vivacité, et ce sera mieux pour tes genoux, tu pourra sauter un peu plus haut. Il m’a juste souri et m’a répondu : ‘Coach, je me sens bien, je suis en grande forme.’ » Pat Riley
The Soul of Basketball
Le boss de la franchise floridienne n’allait pas entrer dans un débat avec un joueur qui jusque là, avait enchaîné 627 matchs sur 656 possibles sans oublier les 92 matchs de Playoffs avec un temps de jeu conséquent. Mais lors de sa 2e saison avec le Heat, James est tout de même descendu sous les 115kg, soit la barre qu’avait placé Pat Riley. Ce dernier, est sans aucun doute omnibulé par la forme physique de ses joueurs.
« Je n’oublierai jamais ce que Kareem Abdul-Jabbar m’a dit juste avant mon tout premier match en tant que coach des Lakers. Il m’a dit : ‘Écoute Pat, tu me connais. Je vais rentrer sur le terrain et jouer aussi dur que possible tous les soirs et tout donner. Ce que j’aimerai que tu fasses, c’est de faire en sorte de garder tout le monde en forme et de les pousser à faire les efforts. Et je n’aurai pas à m’en soucier.’ Je n’oublierai jamais ces mots. Et quand LeBron est arrivé, j’ai su ce que je devais faire cela pour lui. » Pat Riley
Un message que Riley a pu faire passer auprès du ‘King’ grâce à celui qui côtoie ces exigences depuis ses débuts dans la ligue, et qui se trouve être l’un des ses meilleurs amis: Dwyane Wade. Le fait que cette méthode ait rapporté un titre en 2006 a aussi facilité les choses.
LeBron James et Dwyane Wade lors du training camp 2010 – Issac Baldizon/NBAE via Getty Images
La forme physique est une facette essentielle de la ‘Heat Culure’. Mais Riley axe également ses priorités sur ce qui entoure ses joueurs. Il voulait instaurer un environnement sain lui permettant ainsi de triompher.
« Les joueurs devraient avoir une routine tous les jours. Pas de chaos, pas vingt-cinq personnes autour du vestiaire, dans la salle de musuclation, aux entraînements. […] Si j’étais encore coach ? Ni pensez même pas. Ce serait comme à l’armée. Mais je ne suis pas le coach. Et je ne vais pas non plus forcer ces choses là pour Spoelstra. Mais pour LeBron, (les exigences) n’étaient pas sévères. Elles étaient juste différentes. » Pat Riley
Des conditions totalement à l’opposé de ce que James a connu à Cleveland, et ce dernier a mis un peu de temps à s’y faire.
« Il a eu un peu de difficultés au début avec ça. Mais je me rappelle lui avoir dit : ‘Peut-être que c’est la chose qu’il te manquait. Peut-être que tu ne l’avais pas à Cleveland. Peut-être que c’est tout simplement ce qu’il te manque. Essaye juste au moins une fois.’ » Pat Riley
Les habitudes de James ont été boulversées sous l’impulsion de Riley et de la franchise. Ses conseillers (ses amis) ne font pas parti de l’avion de l’équipe, un changement par rapport à son époque Cavaliers.
« Dans les années 80 avec les Lakers, les joueurs venaient me voir et me disaient : ‘On ne veut pas des familles dans l’avion.’ Une fois que vous acceptez une ou deux personnes, après vous avez les amis, puis les cousins, puis les parents. Ce n’est plus une équipe de basket qui essaye de botter le cul des autres équipes, ça devient une sorte de voyage de vacances. » Pat Riley
Le Big Three lors de son 1er match à Boston, octobre 2010 – AP Photo/Winslow Townson
DALLAS, 27 novembre 2010
Les débuts du Big three sont plus compliqués que prévus avec un bilan de 9v-8d. Une défaite 106-95 à Dallas, et LeBron James n’a pas su contenir sa frustration avec ce petit coup d’épaule contre son coach Erik Spoelstra lors d’un temps mort dans le 3e quart-temps. Un événement largement relevé par les médias, mais pour Riley ce n’est rien.
« Ca, pour moi, ce n’est rien. Je veux dire, bon sang, j’avais l’habitude de charger sur le terrain vers des joueurs et de les attraper à la poitrine avec leur maillot. » Pat Riley
Néanmoins, il est reporté par ESPN, selon une source proche de l’entourage de James, que Spoelstra était trop dur avec James, et qu’il lui avait dit, en présence de toute l’équipe, d’être plus sérieux. Les joueurs auraient l’impression de ne pas être eux-même.
« Qui que ce soit dans sa ‘famille’ qui a porté ces accusations tôt dans la saison. Avant même d’avoir joué 20 matchs, n’a absolument rien compris concernant les dynamiques pour construire cette équipe. » Pat Riley
Ce début d’exercice compliqué et les tensions naissantes au sein du groupe ont forcé la planification d’un meeting le lendemain de la défaite à Dallas. Dans son bureau, Riley convoqua le big three.
« Ils ont juste dit: ‘On ne le sent pas.’ ou quelque chose du genre. Et je me rappelle que LeBron me regardait et m’a dit : ‘Ça ne te démange pas ?’ J’ai dit : ‘Démangé de quoi ?’ Il a dit : ‘Démangé de coacher à nouveau ?’, J’ai répondu : ‘Non ça ne me démange pas pour ça’. Il ne m’a pas posé d’autres questions et je n’ai pas donné d’autres réponses. Je me remémore souvent ce moment et je me demande à quoi il pensait à cet instant. Il est sorti de la salle en se grattant la jambe comme si ça le démangeait. » Pat Riley
Erik Spoelstra et LeBron james 2010 – Marc Serota Getty Images
CLEVELAND, 2 décembre 2010
Miami a repris quelques couleurs après ce meeting en enchaînant une victoire contre Washington puis contre Detroit. Le jour suivant, James et sa nouvelle équipe doivent affronter les Cavaliers et toute une ville qui se prépare à se défouler sur leur ancien prodige. En bon leader, Wade a placé ses mots face aux journalistes juste avant le match.
« Cette famille, sa nouvelle famille le soutient et l’aime profondément. C’est un match spécial pour notre frère. » Dwyane Wade
On pouvait entendre le bruit et la colère des fans de Cleveland dans le vestiaire, les murs tremblaient, l’arène était chauffée à blanc. Mais James a senti qu’il n’était plus seul. Sur le tableau blanc furent notés les mots : band of brothers, tirés d’un livre sur la WWII. Les coéquipiers de James veulent faire en sorte de gagner ce match, coûte que coûte, même au détriment du beau jeu.
La consigne était d’éteindre l’une des rares menaces offensives des Cavs : Mo Williams. Dès le début, Wade intercepte un ballon et part pour le dunk, s’en suit une série de prise à deux et une défense étouffante sur le pick and roll. L’arrière des Cavs sera limité à 2/8 aux tirs sans oublier 4 pertes de balle. En face, James a rempli sa feuille de stats avec 38pts, 8pds et aucun ballon perdu.
« Je ne pense pas que vous pouvez réaliser le match qu’il a réalisé à moins d’avoir cette sérénité qu’il a en lui. Cela montre à quel point il est exceptionnel pour faire la part des choses et jouer. » Pat Riley
Cet état d’esprit et cette solidarité affichés dans cette rencontre ont facilité la construction de cette équipe. Un match à part tout de même, 4 fans ont été éjectés, un autre arrêté, 14 hommes de la sécurité surveillaient le banc du Heat, et un tunnel humain a été préconisé pour que les joueurs du Heat puissent regagner le vestiaire.
*extraits recueillis dans le livre de Ian Thomsen: The Soul of Basketball: The epic showdown between LeBron, Kobe, Doc and Dirk that saved the NBA.
Tous les fans NBA connaissent: « The Decision ». Cette histoire, cette erreur de communication, ces paroles maladroites. Dans cet article, vous y trouverez des anecdotes et des citations de Pat Riley (Miami Heat), tirées du livre de Ian Thomsen: The Soul of Basketball.
LeBron James lors du show TV programmé par ESPN – via Balita.com
13 mai 2010, LeBron James et les Cavaliers se font sortir prématurément au 2e tour des Playoffs face aux Celtics (2v-4d) et ce, malgré une saison extraordinaire (61v-21d). Un échec supplémentaire dans la quête du titre pour le « King » qui va devenir libre fin juin. Pour la première fois de sa carrière, James va pouvoir choisir sa destination.
LeBron James à Boston lors des Playoffs 2010 – via Cavaliersnation.com
En plus de Cleveland, cinq équipes ont pu obtenir un entretien dans l’Ohio avec LeBron James et son entourage : les New Jersey Nets avec leur nouveau propriétaire: le milliardaire russe Mikhail Prokhorov en compagnie de Jay-Z, les Chicago Bulls, les New York Knicks avec leur tout nouveau coach Mike D’Antoni, les LA Clippers et le Miami Heat.
Le Miami Heat est une jeune franchise âgée de seulement 22 ans mais qui possède dans ses bureaux depuis 1995, l’une des figures les plus célèbres de la ligue: Pat Riley. L’ancien arrière des Lakers dans les 70’s a été le coach des plus grandes stars de la NBA des années 80 aux années 2000: Magic Johnson, Kareem Abdul-Jabbar, Patrick Ewing, Shaquille O’Neal, Dwyane Wade…
Pat Riley en conférence de presse pour la saison 2011-12 – via Hoops Habit
Connu pour ses discours et sa rigueur de fer dans la préparation, le coach NBA aux cinq bagues de champion occupe le poste de président au sein de l’organisation du Heat. En charge de toutes les opérations basket, il avait établi un superbe plan quatre ans avant cette intersaison 2010.
« Depuis 2006, nous avons pensé à ça, […] que nous souhaitions avoir cette opportunité de les réunir. […] J’avais annoncé que cela allait être l’opportunité d’une vie de construire une équipe via la Free Agency. D’autant plus que vous avez l’un de ces joueurs. » se remémore Pat Riley, qui était encore coach et président du Heat à l’époque.
The Soul of Basketball
Champion NBA en 2006 avec les superstars Dwyane Wade et Shaquille O’Neal, le Heat a connu ensuite une sévère descente aux enfers. Les blessures à répétition de Wade et la surcharge pondérale du Shaq n’arrangent rien, et Miami présente le pire bilan de la ligue lors de la saison 2007-08. Lors de la Trade deadline, Riley surprend la ligue en échangeant O’Neal contre l’ailier des Suns Shawn Marion. Une transaction pas très bien vécue par Wade.
«A quoi vous pensez coach ? Comment allons-nous reconstruire une équipe pour gagner un titre ?» demanda Wade à son coach.
« Le plan était d’investir sur des contrats courts pour maintenir cette flexibilité pour l’été 2010. […] Il (Wade) était de plus en plus impatient. Il me disait : ‘Si tu penses que LeBron va venir ici, tu es en train de rêver.’ J’ai acquiescé de la tête, je ne connaissais pas LeBron comme Wade le connaissait. Mais je ne pouvais pas croire que si Dwyane Wade, LeBron James et Chris Bosh pouvaient avoir la chance de jouer ensemble, ils ne voudraient pas le faire. » Pat Riley
Pat Riley et Dwyane Wade – via Bleacher Report
Riley a toujours eu la prétention de savoir mieux que les stars elles-même ce qu’il y a de mieux pour elles. En novembre 2009, lors de la réception des Cavaliers à Miami, Michael Jordan, (l’idole de LeBron James) est assis aux côtés de Pat Riley. LeBron et Jordan? Dans la même salle? La même ville? Riley aurait-il planifié cet éventuel rendez-vous?
« Je n’ai jamais fait ça. Ce sont des Fake News. Cela ne s’est pas passé comme ça. » Pat Riley
« Je me rappelle avoir reçu un coup de fil de Mike Fratello (ancien coach NBA et commentateur TV). Il m’a invité à dîner et Michael Jordan était en ville aussi, donc il est venu au dîner. […] Je l’ai invité pour le match et il m’a répondu : ‘Je viens au match seulement si je peux m’asseoir à côté de toi’. Donc nous voilà assis à côté pendant le match à parler de ce qui se passait en nous couvrant la bouche pour que personne ne puisse lire sur nos lèvres. On ne parlait que du match mais tout le monde pensait que je les avais réuni tous les deux ce soir là. » Pat Riley
« Il n’y a jamais eu de conversations sur LeBron, ou un meeting, ou les rassembler tous les deux. Pourquoi Michael voudrait m’aider de toute façon ? » Pat Riley
Pat Riley aux côtés de Michael Jordan – via Morning Journal
Peut-être qu’il a demandé à Dwyane Wade, ami de LeBron, de lui parler afin de le convaincre de signer à Miami?
« Je n’ai pas une seule fois demander à Dwyane : ‘Je veux que tu parles à LeBron’. Jamais. […] Si il l’a fait, c’est de son propre chef. Il savait que j’étais sur ces gars, que je préparai des rendez-vous si jamais on était sur leur liste. Et évidemment, on était sur leur liste. » Pat Riley
1er juillet 2010, les franchises ont le feu vert pour parler aux joueurs sans contrat. Ce jour là, Riley et le Heat envoient un lien internet pour James afin de préparer le terrain pour un futur entretien.
« Le 1er juillet, nous lui avons envoyé des identifiants pour se connecter sur un site contenant quatre parties différentes. D’une durée d’environ 30 minutes, sur la ville de Miami, la franchise, le propriétaire, notre quête de titres. Comme il s’est connecté, nous étions capables de voir où il s’est rendu sur le site. Il était très actif. Il a regardé notre présentation avant notre rendez-vous plus que n’importe quel autre joueur ne l’a fait. » Pat Riley
2 juillet 2010, le jour du meeting est enfin arrivé. Dans la salle, le Heat est représenté par Pat Riley (GM), Andy Elisburg (Assistant GM), Micky Arison (propriétaire), Nick Arison (vice-président et fils du propriétaire), Erik Spoelstra (coach) et Alonzo Mourning (ancienne légende du Heat).
En face, le camp de LeBron James est composé de son agent Leon Rose, et de ses amis de longue date Maverick Carter et Randy Sims.
« J’ai commencé par : je veux que tu comprennes que nous allons faire en sorte que la chose la plus importante reste la chose la plus importante » Pat Riley
Carter s’est mis à hocher la tête et à sourire. Il avait reconnu le début du livre ‘First Thing First‘ de Stephen Covey sur l’amélioration de soi.
« C’est le début du livre : la chose la plus importante doit rester la plus importante. Maintenant, la chose la plus importante pour nous est de gagner des titres. La chose la plus importante pour nous est la continuité, le management et le coaching. La chose la plus importante pour nous c’est l’engagement, un seul propriétaire qui peut prendre toutes les décisions pour gagner des titres, posséder sa propre salle, construire une culture afin de se préparer à jouer le titre. Et, nous pensons que toi, Chris et Dwyane pouvez faire quelque chose de vraiment spécial. » Pat Riley
Puis, Riley a enchaîné en présentant le propriétaire: Micky Arison. L’homme qui met l’argent sur la table, et qui ce jour là, a bien assuré à LeBron qu’il n’hésitera pas à dépenser.
« L’un des thèmes abordé lors de ce meeting, c’est l’homme qui dit ‘oui’. Il a dit ‘oui’ pour gagner. Il a dit ‘oui’ pour un contrat de 125M$ pour Alonzo Mourning, et même pas 20 secondes après, il a dit ‘oui’ pour un autre contrat de 105M$ pour Juwan Howard, et après pour P.J. Brown et après Dan Majerle, et puis Brian Grant, et puis pour Eddie Jones et plus tard Shaquille O’Neal. […] Dès que Micky aperçoit une fenêtre pour le titre, et il est assez intelligent comme homme d’affaire pour voir ça, il dira ‘oui’. Il est en train de dire ‘oui’ à toi, à la taxe, et à tout le reste. » Pat Riley
Pat Riley et Micky Arison – via Miami Herald
Riley a laissé ensuite Spoelstra et Arison prendre en charge la suite de l’entretien avec à l’appui des vidéos sur comment LeBron pourrait s’intégrer dans l’équipe. Alors que la présentation continue, Pat Riley sort de sa valise, un graphique et un sac.
« J’ai posé le sac juste à côté de moi sur la table et j’ai sorti un autre graphique et l’ai posé sur la table. » Pat Riley
James n’était pas intéressé par le graphique, mais plus par le sac.
« LeBron m’a demandé : ‘Qu’est-ce qu’il y a dedans ?’ Ensuite, LeBron l’ouvre et le vide sur la table. Il y avait 35 bagues différentes. » Pat Riley
En 2006, le bijoutier Jostens avait créé une demi-douzaine de modèles pour célébrer le titre du Heat. Riley avait gardé ces exemplaires dans ce sac avec toutes celles qu’il avait accumulé depuis ses années au collège.
« Il a joué avec pendant un moment. Il avait ce sourire sur son visage et il disait : ‘Quelles sont ces bagues ?’ J’ai répondu : ‘Ce sont des bagues de All-Star’. J’étais habitué à me déplacer dans le vestiaire (des All-Stars de la conférence Ouest) et tous les joueurs voulaient me huer car ils me voyaient chaque année. » Pat Riley
Pat Riley a coaché l’équipe All-Star de l’Ouest 8 fois en 9 ans. De plus, il avait 6 bagues de champions avec les Lakers, en tant que joueur, assistant coach, une bague pour son entrée au HOF en 2008 ect… En face, LBJ n’avait rien dans son sac imaginaire, et ça, Pat Riley le savait bien.
Riley avec l’une de ses bagues de champion NBA en tant que coach. – via ESPN
Riley poursuivit l’entretien en évoquant les superteams et les titres.
« Une partie de ma présentation était sur les superteams, des équipes qui ont gagné plusieurs championnats […], qui ont minimum trois joueurs que l’on peut considérer comme des superstars. Des grands joueurs qui ont sacrifié points, rebonds, et toutes ces choses pour remporter le titre. » Pat Riley
« C’est essentiel. Tu ne vas pas gagner de titre en ajoutant simplement des gars. Cleveland a tout tenté pour toi. Toronto a tout tenté pour Chris. Mais ils ne pouvaient pas vous entourer des joueurs dont vous aviez besoin pour gagner un titre.[…] Il y aura un tout autre niveau d’attente, qui sera plus élevé que lors des années « Chosen-1 ». Tu dois gagner maintenant, car si ce n’est pas le cas, ce sera un échec monumental. » Pat Riley
4 juillet 2010, Pat Riley reçoit un appel de Leon Rose qui lui assure que les trois stars se dirigent bien vers Miami. Mais Pat Riley sait bien que cet appel n’est pas pour autant une confirmation. Wade et Bosh continuaient leurs meetings. Pat Riley n’a pas pris le risque de harceler ces stars et de leur mettre la pression malgré l’incertitude et la nervosité ambiante.
« Bon, si on n’a pas ces trois gars et qu’ils décident d’aller ailleurs, alors on aura 48M$ à dépenser. Et il nous reste Mario Chalmers et Joel Anthony. » Pat Riley
8 juillet 2010, le jour J. L’émission ‘The Decision’ a lieu, malgré les réticences de nombreuses personnes au sein de la ligue.
« Je n’étais pas d’accord avec ça (avec le show TV). J’ai dit : ‘Ne fais pas ça !’ S’il allait vraiment le faire, il aurait du d’abord se diriger vers le bureau de Dan Gilbert et lui dire. » Pat Riley
Wade et Bosh avaient annoncé leurs intentions de signer avec le Heat un jour plus tôt, et LeBron venait de prononcer ces mots inoubliables:
« I’m going to take my talents to South Beach and join the Miami Heat » LeBron James
LeBron James lors de The Decision – via TrashTalk
« Quand il a dit ça, j’ai hurlé ! J’ai célébré avec Micky Arison et couru dehors et je pouvais entendre des cris de joie et des applaudissements partout dans South Beach. C’était une expérience incroyable. » Pat Riley
« Cette nuit, à 3h du matin, on s’est retrouvé à l’aéroport. Il y avait deux jet privés qui ont attéri. Je me rappelle m’être dirigé directement vers LeBron, il était épuisé. Il avait presque les larmes aux yeux. » Riley
Déjà à ce moment, le camp du joueur était au courant à propos de la terrible lettre accusatrice du propriétaire de Cleveland, Dan Gilbert.
« Cette lettre leur a vraiment fait du mal. LeBron m’a simplement pris dans ses bras puis s’effondra. Et je me rappelle juste que tout cela semblait trop lourd pour eux. Ce n’était pas comme s’ils étaient heureux d’être à Miami. Il venait juste de couper le cordon avec sa vie à Akron (Ohio), et cela demande énormément de courage pour faire ça» Riley
9 juillet 2010, Wade, Bosh et LBJ ont demandé à Pat Riley un contrat de 6 ans, ce qui signifie que Miami doit négocier un sign and trade avec Cleveland et Toronto un jour après ‘The Decision‘.
« Les échanges ne furent pas une partie de plaisir. » Pat Riley
Dans les négociations, Miami a dû lâcher deux choix de 1er tour de draft ainsi que deux 2nd tour. Toronto a également récupéré des choix de draft, de quoi compromettre l’avenir à long terme de la franchise floridienne.
« On les avait en fait avec nous dans notre bureau avec leurs familles et leurs représentants. Tout le monde étaient souriants et heureux et la dernière chose que vous voulez dire c’est : ‘On ne peut pas faire ces transactions’. Et d’entrer dans un débat. Henry Thomas (agent de Bosh et Wade) m’a dit : ‘Ces gars en valent la peine.’» Pat Riley
Mais, ces stars ont tout de même accepté de réduire leur salaire annuel afin de signer d’autres joueurs, James voulait jouer avec Mike Miller puis Wade a voulu faire prolonger son ami de longue date: Udonis Haslem. Les autres recrues n’ont pu signer qu’au minimum salarial.
« On avait 7 joueurs dès le départ puis tout le monde a commencé à nous appeler. ‘Voulez vous Juwan Howard pour le minium ?’ On a eu Ilgauskas au minimum, on a eu Eddie House au minimum. Avant que vous vous en rendiez compte, on a pu construire un effectif rempli de solides vétérans pour cette première saison. » Pat Riley
Chris Bosh, Udonis Haslem et Mike Miller – via Marc Serota/Getty Images North America
10 juillet 2010, le Heat organise une grande fête au sein de leur salle, pour avoir assemblé le Big Three. Pat Riley reconnaît un manque de classe et d’humilité, surtout après le show TV de James.
« Je me souviens quand je suis arrivé, je n’en revenais pas de voir 18000 personnes dans cette salle. […] C’était la même chose pour Shaq […] Il y avait des milliers de fans pour lui. Dwyane m’avait dit : ‘faisons quelque chose plus grand que ça’. […] Je savais que ça allait être quelque chose, mais je n’avais jamais envisagé ça. C’est de ma faute. Mettez tout ça sur mon compte. » Pat Riley
Bosh, Wade et James lors de la célébration – via Miami Herald
LeBron James, la superstar la plus généreuse et la plus altruiste des parquets venait de décevoir un nombre incalculable de fans avec ‘The Decision‘, ce dernier a enchaîné avec des phrases maladroites pour certains, et remplies d’arrogance pour d’autres.
« Not two, not three, not four, not five, not six, not seven… » s’exclama James en réponse au nombre de titres que le Heat va remporter.
Le boss du Heat est bien conscient de cette maladresse, surtout dans un tel contexte. Il est évident, que si c’était à refaire, il ne répéterait pas la même erreur.
« Cela a jeté de l’huile sur le feu. […] Je pense que si j’avais porté plus d’attention à cet événement et à comment les présenter, une conférence de presse aurait fait l’affaire. Si c’était à refaire, je l’aurai modifié et fait de manière plus sensée. C’était dingue ! » Pat Riley
Le début de l’aventure des Tres Amigos n’est pas encore commencé que beaucoup souhaite l’échec de cette formation. Une situation complexe et inédite pour l’expérimenté Pat Riley.
« C’était réellement bizarre, la façon dont ça s’est terminée. Je fais parti de cette ligue depuis 50 ans , j’ai été dans de nombreuses situations qui ont créé de la controverse ou pas, des célébrations, des belles histoires, des mauvaises histoires. Mais celle là est tout en haut de la liste des plus négatives envers LeBron. Et il n’y avait pas mille façons de l’aider à part de traverser cette épreuve avec lui. » Pat Riley
*extraits recueillis dans le livre de Ian Thomsen: The Soul of Basketball: The epic showdown between LeBron, Kobe, Doc, and Dirk that saved the NBA.
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