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  • Et le capitaine James Harden abandonna son vaisseau

    Et le capitaine James Harden abandonna son vaisseau

    Rédigé par Guillaume Gaborit, Illustration by @romain_sk_97

    Cela aurait pu être une belle histoire. Celle d’un sixième homme d’une équipe finaliste ayant pour mission de porter sur ses larges épaules toute une ville vers un nouveau titre, le premier depuis 1995. Si Harden détient désormais à lui seul 90% de records en tout genre de la franchise, il n’a jamais pu atteindre les Finales en huit ans. Mission avortée, et voilà que ce qui était encore impensable il y a un an se concrétise. Le célèbre N°13 a donc quitté le vaisseau des Rockets vers une nouvelle mission à Brooklyn. Prenons ensemble un step back pour revivre les moments marquants de sa période Houston.


    Un trade marquant et des débuts historiques

    Daryl Morey et James Harden lors la présentation face à la presse en octobre 2012. Crédit: AP/ Pat Sullivan

    La nouvelle est officialisée le 27 octobre 2012, quelques mois après avoir perdu en finale face au Heat aux côtés de Kevin Durant et de Russell Westbrook, Harden est un Rocket. Le GM de Houston Daryl Morey peut savourer son deal pour récupérer le meilleur sixième homme de la ligue. Pour se faire, il a fallu lâcher le shooteur (à la mécanique de tir improbable) Kevin Martin, le rookie sélectionné en 12e position de la Draft 2012 Jeremy Lamb, deux futurs choix au premier tour (qui deviendront Steven Adams en 2013 et Mitch McGary en 2014) ainsi qu’un second tour (Alex Abrines en 2013). Morey en est convaincu, il s’agit d’un trade unique qui va faire basculer la franchise texane dans une toute autre dimension après avoir tournée la page T-Mac/Yao.

    « James Harden est un joueur sur lequel nous pouvons construire et continuer à améliorer l’équipe autour de ses compétences. »

    Daryl Morey lors de la conférence de presse d’introduction de sa nouvelle star.

    Sans perdre de temps, le barbu signe une extension (tant voulu) de 80M$ sur cinq ans. Les questions fusèrent : comment un 6e homme pourra-t-il faire face à des défenses plus resserrées ? Comment pourra-t-il réussir sans avoir à ses côtés des stars comme ce fut le cas au Thunder ? Ce qui est certain, c’est que cet échange restera à jamais dans l’histoire de la ligue.

    « Il y aura pour toujours une ligne de démarcation lorsque nous parlerons de l’histoire de la franchise du Thunder: il y a un avant Harden et un après Harden. »

    David Aldridge, journaliste de NBA.com

    Toutes ses questions concernant la capacité de l’arrière de 23 ans de prendre les reines d’une franchise se sont vite estompées après ses deux premières victoires: 37pts et 12pds à Detroit puis 45pts à Atlanta (15/17 aux lancers-francs!). Il devient le scoreur le plus prolifique de l’histoire avec 82 points sur ses deux premiers matchs avec ses nouvelles couleurs, dépassant ainsi Wilt Chamberlain (79pts). Déjà, à l’époque, ces deux performances historiques annoncent la couleur pour la suite de l’aventure de James Harden au sein du vaisseau des Rockets.

    https://www.youtube.com/watch?v=SkfEKKECzGo

    Saison exceptionnelle d’un point de vue individuel : 25.9 pts par match contre 16.8 pts l’année précédente et on tient aussi à souligner le fait que les arbitres, aussi bien que les défenseurs, n’étaient pas prêts pour faire face au phénomène Harden : 10.2 lancers tentés par match contre 4.3 de moyenne en trois saisons avec le Thunder. Ajoutez à cela sa première apparition au All-Star Game en tant que remplaçant à l’ouest et vous tenez là un nouveau franchise player. Seule ombre au tableau, l’élimination au premier des Playoffs face à son ancienne équipe : 2v-4d. Les Rockets étaient aux portes d’un sweep (3v-0d), mais la blessure de Russell Westbrook (merci Pat Beverley) a été un facteur important dans le regain de confiance des texans.

    La saison 1 avec un James Harden encore attiré par le tir à mi-distance, reste positive après trois saisons sans Playoffs, les Rockets sont de retour dans la féroce conférence Ouest. L’avenir de la franchise se reposera bien sur le barbu.


    Un « one two punch » avec Dwight Howard qui tombe à l’eau

    Dwight Howard et James Harden – via USA Today Sports

    Il faut croire qu’un roster composé de Jeremy Lin, de Chandler Parsons et d’Omer Asik ne suffit pas à vous emmener au 2e tour des Playoffs à l’Ouest. Daryl Morey (toujours en quête de superstars), profite de l’ascension d’Harden pour signer le free agent le plus convoité de l’été 2013 : Dwight Howard. Après une saison galère à Los Angeles, c’est une demie-surprise de voir le triple DPOY signer pour 4 ans et 88M$ pour jouer aux côtés d’une étoile montante.

    La première saison du duo est réussie : 54v-28d, soit le meilleur bilan de la franchise depuis 2008 et la fameuse série de 22 victoires de suite de T-Mac & co. James Harden est dans la continuité de ce qu’il a produit lors de l’exercice précédent et « D-12 » semble soulagé de ses douleurs au dos qui l’ont tant handicapé à Los Angeles. Les hommes de Kevin McHale finissent 4e à l’Ouest, pour affronter les Trail Blazers de LaMarcus Aldridge (inarrêtable sur la série) et d’un Damian Lillard dans sa 2e année. Malgré l’avantage du terrain, Houston perd ses deux premiers matchs. Harden se démène pour arracher le Game 3 (37pts, 9rds, 6pds), puis c’est au tour de Dwight Howard de se montrer lors du Game 5 (22pts, 14rds, 3blks). Dans un Game 6 très serré et dans une ambiance électrique, les Rockets vont échouer sur un buzzer beater signé Lillard. Le duo Harden/Howard rentre déjà dans l’histoire des Playoffs en étant témoin de la naissance du phénomène « It’s Dame Time ».


    Malgré un terrible dénouement, tout n’est pas à jeter. Daryl Morey a réellement transformé Houston en un réel prétendant au titre, avec ses deux All-Stars et pour sa 2e saison, Harden est élu dans la 1st All NBA Team. Pour la saison 2014-2015, le GM décide de se débarrasser du pivot Omer Asik, finit avec cette horrible idée de McHale de placer le turc aux côtés de Dwight Howard dans le cinq. En retour, les Rockets récupèrent un ancien de la maison, Trevor Ariza puis quelques semaines plus tard un autre shooteur avec Jason Terry. Pour sa 3e saison dans le Texas, Harden gonfle ses statistiques offensives notamment grâce à l’absence de son pivot star qui manqua la moitié de la saison. L’arrière devient pour la première fois titulaire au All-Star Game (Kobe Bryant étant blessé), il gère toujours autant voire plus le jeu en attaque (27.4pts) tout en alimentant ses shooteurs que sont Ariza, Motiejunas, Terry et Beverley (7pds). Les Rockets consolident leur statut de favoris et tout cela sans leur pivot vedette…

    James Harden en tenant de remplaçant félicitant ses coéquipiers. Credit: Andrew D. Bernstein/Getty Images

    De retour en Playoffs, Harden & co se débarrassent facilement des Mavericks au premier tour en 5 matchs. Le barbu tourne à 28.4pts sur la série avec un joli carton lors du Game 3 remporté à Dallas (42pts, 15/24 aux tirs). En revanche, les demies-finales seront bien plus intéressantes et auront fait couler beaucoup d’encre. Menés 3-1 face aux Clippers version lob city avec Chris Paul et Blake Griffin, les hommes de Kevin McHale ont réussi à renverser la tendance avec notamment un 4e quart-temps de folie lors d’un Game 6 remporté grâce à Josh Smith, Corey Brewer, Trevor Ariza… Et les stars ? James Harden est sur le banc durant tout cette période cruciale et D-12 prend quelques rebonds et affiche un pitoyable 1-6 aux lancers-francs. Un coup de maître de Kevin McHale ? Un message envoyé à sa star ? En tout cas, Harden est bien de retour lors du Game 7 avec 31pts et un détonnant 15/18 aux lancers-francs. Houston devient la 9e équipe de l’histoire à remonter un déficit de 3-1 pour passer au tour suivant.

    La belle aventure fut stoppée net par les Warriors en finale de conférence (1v-4d). Harden qui avait terminé second dans les votes pour le titre de MVP derrière Stephen Curry échoue face à ce dernier. S’il n’a pas démérité avec un Game 4 remporté (45pts, 7/11 de loin), il n’a pu éviter l’élimination avec un très mauvais Game 5 (14pts, 2/11 aux tirs, 12tov). Triste manière de quitter la scène, mais l’évolution est là, les Rockets progressent et Harden semble déjà inarrêtable:

    Saison 2014-15: Joueur ayant le plus de matchs à:

    • 20pts et plus: 62
    • 30pts et plus: 35
    • 40pts et plus: 10
    • 50pts et plus: 2 (égalité avec Kyrie Irving)

    Kevin McHale et James Harden. Credit: Brett Coomer, Houston Chronicle

    La saison 2015-16 devrait être la bonne ! Suite à leur élimination sans saveur face aux Warriors, on attendait des texans remontés, affamés et déterminés. Que nenni ! Les Rockets commencent la saison par 4v-7d. Kevin McHale, qui était en poste depuis 2011, est remercié. Daryl Morey avouera plus tard que l’équipe ne répondait plus à son coach et décida donc de le remplacer par son assistant J.B. Bickerstaff. Harden se montrera plus virulent avec son ancien coach en le traitant de « clown » pour répondre à des propos de McHale concernant le manque de leadership du barbu…

    Les Rockets sont inconstants et les tensions dans les vestiaires empêchent une quelconque amélioration. Le jeu passe encore plus par James Harden (29pts, 7.5pds) au détriment d’un Dwight Howard qui n’a jamais aussi peu tenté de tirs depuis son année rookie (8.5). Sa moyenne de points chute (13.7pts) et son mécontentement augmente. Le vestiaire est scindé en deux et le climat est plus que pesant comme l’évoquait un joueur de l’équipe.

    « A cette époque, le vestiaire de Houston était divisé par une ligne séparant les camps Howard et Harden, et les clans étaient si établis qu’un vétéran de l’équipe a dit un jour à un joueur fraîchement transféré : ‘Quand tu arrives ici, tu dois choisir ton camp.’ »

    Joueur anonyme de Houston via Sport Illustrated

    Les Rockets termineront péniblement la saison avec un bilan équilibré 41v-41d. James Harden établit un nouveau record en terme de ballons perdus (374) sur une saison. Houston sera éliminé à nouveau par les hommes de Steve Kerr en 5 matchs, pourtant orphelins du MVP Stephen Curry. Les ambitions affichées par le duo Harden/D-12 se sont envolées. Les deux hommes ne se parlent plus, ne s’aiment plus. La page doit être tournée pour le bien de la franchise.


    Welcome To Space City

    Mike D’Antoni aux côtés de sa star pour une séance « shooting » pour la saison 2016-2017. Crédit: Troy Taormina-USA TODAY Sports

    Alors que les Warriors viennent de battre le record de victoires en saison régulière (73v-9d), puis récupérer Kevin Durant lors de la folle FA de 2016, les Rockets, eux, semblent avoir fait un pas en arrière après un exercice 2015-16 plus que compliqué.

    Heureusement que Daryl Morey est aux manettes du vaisseau et décide de se baser sur trois règles essentielles pour réussir dans la ligue :

    • Règle N°1 : La balle doit être dans les mains de la star
    • Règle N°2 : Le spacing
    • Règle N°3 : Le tir extérieur

    Qui de mieux pour respecter ces consignes que le coach emblématique des Suns des années 2000. Avec Mike D’Antoni, finit le jeu poste bas et bonjour le drive & kick, le 3-pts dans le corner et le spacing à outrance. Lors de son introduction, le coach annonce déjà qu’il souhaite placer James Harden dans le rôle de meneur de jeu. Règle N°1 : check.

    Lors de l’intersaison 2016, Harden prolonge pour 118M$ sur 4 ans, Dwight Howard quitte le navire pour signer chez lui à Atlanta. Puis Morey engage des joueurs « D’Antoni compatibles » avec les ex-Pelicans : Ryan Anderson, Eric Gordon. Règles N°2 et 3 : check-check.

    Pour cette saison 2016-17, Houston devient la franchise qui tente le plus de tirs derrière la ligne avec 40,3 tirs en moyenne par match pour la saison 2016-17, soit dix de plus que la saison précédente. Si l’adresse est moyenne (35.7%), Harden & co se placent en 2e position en terme de points marqués avec des cartons contre les Clippers (140-116), les Lakers (134-95) ou encore les Nets (137-112). Toute l’équipe est unie derrière un principe : simplement marquer plus de points que l’adversaire (140-130 vs Minnesota).

    Le barbu s’éclate avec son nouveau coach. Il entasse tous les records inimaginables. Il dépasse la légende Hakeem Olajuwon pour le nombre de triples doubles avec les Rockets (29pts, 11rds, 13pds vs Pelicans) et devient le premier joueur depuis Wilt Chamberlain à afficher une ligne de statistiques de 50-15-15 (53pts, 16rds, 17pds vs Knicks), pour ensuite devenir le seul joueur de l’histoire à réaliser une telle performance une deuxième fois (51pts, 13rds, 13pds, vs Sixers). Il s’agit tout simplement de sa meilleure saison en terme de statistiques brutes: 29.1pts, 8.1rds, 11.2pds


    Game 5: Manu Ginobili contre James Harden donnant ainsi la victoire des Spurs en porlongation pour mener la série 3-2. Eric Gay/Associated Press

    Une saison historique qui s’est terminée d’une manière cauchemardesque. D’abord sur un plan individuel, Harden est relégué à la 2e place pour le trophée de MVP derrière la machine à triple double Russell Westbrook, et ce, malgré un bilan collectif bien plus flatteur pour le barbu (55v-27d contre 47v-35d). Harden ne manqua pas l’occasion de se venger en éliminant le Thunder au premier tour (4v-1d).

    Tout s’effondra au 2nd tour contre les éternels San Antonio Spurs. Après un Game 5 perdu en prolongation (merci Gino!), Harden réalise sa pire performance de la saison au plus mauvais moment lors d’un Game 6 perdu de 39 points à domicile. Avec seulement 10pts et 2/11 aux tirs, Harden ne peut que réaliser l’écart de niveau entre la saison régulière et les Playoffs. Sans oublier qu’en face, Kawhi Leonard était absent.


    Les renforts arrivent

    Chris Paul, James Harden et PJ Tucker savourant une victoire sur le banc de touche. Image via Getty/Rocky Widner/NBAE

    La violente élimination contre les Spurs a mis en évidence le manque de playmakers dans le roster. Harden ne peut pas être en charge de la création 100% du temps. Morey va donc modifier sa première règle :

    • Règle N°1 : La balle doit être dans les mains DES stars

    Après avoir prolongé pour le deuxième été de suite Harden pour 160M$ et 4 ans, le GM de Houston récupère dans un méga-deal le meneur All-Star Chris Paul en échange de Patrick Beverley, Lou Williams, Montrezl Harrell, Sam Dekker, Darrun Hilliard, Kyle Wiltjer, DeAndre Liggins, un 1er choix de draft, et de l’argent. Le propriétaire des Rockets de l’époque annonce clairement les ambitions :

    «Nous pensons que combiner deux des plus grands joueurs de la ligue, James Harden et Chris Paul, opérant dans le système de Coach D’Antoni, nous donne une équipe calibrée pour le titre et qui rivalisera au plus haut niveau pour les années à venir.»

    Leslie Alexander via NBA.com

    Autre signature qui semblait anecdotique à l’époque mais qui restera gravée dans les mémoires des fans de la franchise, celle de PJ Tucker en provenance de Toronto. L’intérieur correspond parfaitement au profil tant apprécié par D’Antoni de petit intérieur capable de tirer à3-pts dans le corner.

    Pour cette saison 2017/2018, l’équipe tourne à plein régime en dépassant la moyenne des 42 tirs de loin tentés par match et domine même la conférence Ouest. Sur les trois confrontations en saison régulière contre les Warriors, les Rockets engrangent deux victoires (Harden étant absent lors de l’unique défaite). Pour la première fois premier à l’Ouest avec un bilan de 65v-17d, cette équipe vient tout simplement de réaliser la meilleure saison régulière de l’histoire de la franchise.

    De son côté, Harden continue sa moisson de records (points, triple double…). On retiendra sa performance surréaliste face au Magic (60pts, 11pds, 10rds). Jamais un Rocket n’avait autant scoré sur une rencontre. La présence à ses côtés de Chris Paul ne l’empêche pas de gonfler ses statistiques offensives en devenant cette saison le meilleur scoreur de la ligue avec 30.4pts de moyenne avec 10 tirs à 3-pts tentés par rencontre (36.7% de réussite).


    Privé de Finales NBA: James Harden à la fin du Game 7 perdu contre les Warrirors. Credits: Troy Taormina-USA TODAY Sports

    Après avoir écarté sans trop de difficultés les Timberwolves (4-1) puis le Jazz (4-1), Houston retrouve 3 ans après les Finales de Conférence, et pour que l’histoire soit encore plus dramatique, nous avons le droit à la revanche de 2015 : Rockets vs Warriors. Houston s’était préparé toute la saison. L’équipe attendait ce moment depuis le début du training camp. Cet affrontement s’annonçait dantesque ! Le duo Harden-Paul fonctionne parfaitement bien, et semble prêt pour défier les triples champions en titre de la conférence.

    Et tout semblait bien parti. Houston menait la série 3-2 avec l’avantage du terrain. Les Rockets ont surpris leurs adversaires en serrant la vis en défense, limitant ainsi les hommes de Steve Kerr à 92 et 94 points pour les Game 4 et 5. Chris Paul gère l’attaque, Harden joue son rôle d’aimant à défenseurs et c’est Eric Gordon qui en profite pour perforer la défense adverse. Puis le sort s’est acharné sur les texans avec la blessure aux ischios-jambiers pour Chris Paul, l’empêchant ainsi d’être en tenue pour les Game 6 et 7. Malgré les performances du barbu (32 points lors des deux derniers matchs), et une avance de 19 points à la mi-temps du Game 7. Les hommes de Mike D’Antoni trouvèrent le moyen de rater 27 tirs à 3-pts de suite et de perdre la rencontre. Éliminé à nouveau aux portes des Finales, Harden a néanmoins pu se réconforter avec l’obtention du titre de MVP de la saison.


    Le « Harden One Man Show »

    James Harden lors d’une victoire incroyable chez les Warriors. Photo by Noah Graham/NBAE via Getty Images

    Éliminés aux portes des Finales, le front office des Rockets croient toujours en cette équipe en signant un nouveau contrat à son meneur Chris Paul pour un chèque de 160M$ pour 4 ans. Toujours en quête de stars, Daryl Morey signe Carmelo Anthony en août 2018.

    Le début de saison est plus que laborieux. L’expérience Melo s’arrête prématurément en novembre et la franchise affiche un bilan de 11v-14d après une défaite contre les Mavericks le 8 décembre 2018. C’est alors que le Barbu passe en mode « chef » pour ramener son équipe aux sommets de la conférence Ouest et sans Chris Paul qui manqua 17 matchs entre décembre et janvier.

    Pour preuve ! En plus d’avoir ramener les siens dans le match après avoir compté près de 20 points de retard, Harden rentre un incroyable Game Winner en prolongation chez les double champions en titre !

    https://www.youtube.com/watch?v=L2g4RtMj2Ss

    Harden réalise la saison la plus prolifique d’un point de vue offensif avec deux matchs à 61 points (contre les Knicks et contre les Spurs). L’arrière de Houston bat encore et toujours des records qui n’existaient pas. Il a scoré au moins 30 points contre les 29 autres équipes de la ligue, et termine pour la deuxième année de suite meilleur scoreur de la ligue avec 36.1pts de moyenne. Un seuil jamais atteint depuis Michael Jordan en 1987 (37.1pts). Toujours en compagnie de « MJ », Harden est le 2e joueur de l’histoire à enregistrer au moins 2700 points, 500 rebonds et 500 passes.


    Chris Paul et un James Harden aux yeux rouges marqués par une série intense et physique contre les Warriors. Photo by Bill Baptist/NBAE via Getty Images

    Malgré un premier tour assuré face au Jazz (4-1), la collection de records du barbu s’épaissit lors d’un match de Playoffs, mais cette fois avec le plus grand nombre de tirs manqués de suite avec 0-15 lors du Game 3 dans l’Utah. Les texans se retrouvent une nouvelle fois face à sa bête noire : les Warriors. Loin d’être ridicule, Houston égalise la série 2-2, mais le Game 5 vient confirmer les éventuelles tensions entre les deux leaders texans. Paul et Harden ne semblent plus sur la même longueur d’onde et les Warriors en profitent pour clôturer la série en six rencontres, malgré l’absence de Kevin Durant lors du Game 6. Les Warriors ont envoyé Harden & co en vacances quatre fois en cinq ans…

    Harden compile les records en saison régulière et les apparitions dans la 1st All NBA Team, termine à nouveau 2e dans les votes pour le titre de MVP, mais échoue continuellement à emmener son équipe vers le titre. Les défaillances des Rockets sont criantes, l’ambiance s’est dégradée, et quelque chose se prépare en coulisse pour bousculer tout cela…


    la réunion avec Westbrook

    James Harden heureux de rejouer avec Russell Westbrook lors d’un match de présaison à Tokyo contre les Raptors. Credits: Jae C. Hong/Associated Press

    Comme avec Dwight Howard, le mariage Harden/Paul s’est détérioré et Daryl Morey n’a pas d’autres choix que de se séparer de son meneur vedette de 33 ans. C’est en juillet 2019, lors d’une FA déroutante, que le GM actionne un trade entre contrats de mammouths, pour envoyer Chris Paul au Thunder avec plusieurs choix de draft pour récupérer l’ami et ancien coéquipier Russell Westbrook. Un move qui satisfait le barbu mais qui est loin de faire l’unanimité au sein du staff des Rockets.

    Un début de saison laborieux pour l’équipe, pour les deux stars qui se marchent sur les pieds et sans oublier les affaires avec la Chine. La défense des Rockets est digne des pires défenses made in All-Star Game de l’histoire (159-158 contre Washington fin octobre 2019 avec 59pts pour Harden). Et pour ne rien changer, Harden ne s’arrête pas de cumuler les exploits offensifs avec 60 points contre les Hawks en seulement 31 minutes. Quelques jours plus tard, le 13 décembre, il devient le premier joueur de l’histoire à enchaîner deux matchs consécutifs à 50 points et 10 tirs à 3-pts inscris (55pts à Cleveland, et 54pts à Orlando). Au 1er janvier 2020, James Harden est le joueur ayant le plus scoré sur la dernière décennie avec 19 578 points.

    Le reste de la saison est pour le moins délicate dans son ensemble avec la disparition de Kobe Bryant le 26 janvier 2020 et l’arrêt de la saison à cause de la COVID-19 le 12 mars 2020.


    La Bulle d’Orlando

    James Harden arborant un t-shirt avec le message « Black Lives Matter ». Credits: Pool via Getty Images

    De retour sur les parquets en août, Harden reprend ses bonnes vieilles habitudes, c’est à dire, les records ! Avec 49 points dans la victoire en prolongation contre les Mavericks, le N°13 devient le 2e meilleur scoreur de l’histoire des Rockets. Pour la troisième saison consécutive, il s’adjuge le titre de meilleur scoreur de la ligue avec 34.3pts de moyenne. Mais rien ne change une fois les Playoffs arrivés.

    Après un premier tour étonnamment laborieux face au Thunder de Chris Paul (4-3), et malgré un Game 1 réussi face aux Lakers (112-97), Harden a encore une fois échoué dans sa quête du titre. A ses côtés, Westbrook semble diminué et ne parvient pas à aider son « ami » (10pts en 35′ dans le Game 5). Il n’a fallu que cinq matchs pour que LeBron James et Anthony Davis pour envoyer Houston en vacances. Pas de titre NBA, mais Harden figure toujours parmi les votes pour le MVP et dans les All-NBA Team. Le scénario se répète…


    La fin de l’histoire

    James Harden réagissant à une décision arbitrale lors d’une rencontre en janvier contre les Lakers. Credits: Mark Mulligan/Houston Chronicle via AP

    Bonne nouvelle ! L’histoire ne se répétera pas pour Harden et les Rockets pour la saison 2020-21. Mauvaise nouvelle, Harden veut quitter le navire. Après les départs successifs de Mike D’Antoni, de Daryl Morey, les stars Russell Westbrook et James Harden réclament un trade deux jours avant la draft. On ne va pas revenir sur les épisodes houleux avant la saison avec un James Harden festif et en surpoids, et la manière dont il a protesté les décisions prises par le nouveau Front Office. Il va refuser une offre de prolongation en novembre et se présentera en retard pour le training camp et le début de la pré-saison.

    Le 3 décembre, Russell Westbrook est échangé contre John Wall. James Harden est toujours sur le pont mais ne souhaite plus diriger le navire malgré l’arrivée de nouveaux matelos (John Wall, DeMarcus Cousins, Christian Wood). Le barbu ne cherche même plus à montrer son mécontentement vis à vis de cette situation. Il sera finalement échangé dans un deal à quatre équipes le 13 janvier à Brooklyn pour former un Big Three détonant avec Kyrie Irving et Kevin Durant.


    Des débuts tonitruants pour une fin en eau de boudin. Ces huit années auront été riches en records en tout genre. Intenable en saison régulière puis incapable de remporter la conférence Ouest, le chapitre Harden restera incomplet. La franchise texane a tout mis en œuvre pour contenter sa star. Mais le chef Harden ne veut plus cuisiner pour les Rockets. Une toute nouvelle mission l’attend à l’autre bout du pays.

  • Trade de James Harden : analyse pour chacun des camps

    Trade de James Harden : analyse pour chacun des camps

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Après une longue saga pleine de rebondissements à tous les étages vient le point final : James Harden est échangé dans un blockbuster trade mêlant 4 équipes et atterrit aux Brooklyn Nets, où il rejoint son ancien coéquipier Kevin Durant et Kyrie Irving. Un nouveau Big Three s’installe en ville.
    Mais posons-nous quelques instants pour analyser ce trade…


    Brooklyn Nets

    Départs : Caris LeVert, Jarrett Allen, Taurean Waller-Prince, Rodions Kurucs, 3 picks de draft de 1er tour (2022, 2024, 2026), 4 picks de draft swaps (2021, 2023, 2025, 2027)
    Arrivées :
    James Harden
    Note : B

    B comme Brooklyn. B parce qu’on doit attendre et que ça reste un coup de poker.

    D’un côté, on a la vision d’un mouvement vraiment fou. Récupérer James Harden sans lâcher Kyrie Irving ? Impensable il y a quelques semaines voire quelques jours si on écoutait les insiders.
    La vision d’un Big Three Durant/Harden/Irving fait saliver certains fans et rager d’autres. Preuve irréfutable qu’un trade gigantesque vient d’être produit.

    Mais concrètement, qu’est-ce qu’on sait de ce Big Three ?

    La première question qui va être posée va être la suivante : pourront-ils cohabiter ? Un ballon pour 3 superstars comme eux, n’est-ce pas trop peu ?
    Plusieurs éléments de réponse peuvent être apportés d’un point de vue moral, mais concentrons-nous sur les statistiques avec un tableau qui va résumer le propos :

    Statistiques avancées du Big Three de Brooklyn sur les 5 dernières années

    On peut constater un premier point qui mérite d’être soulevé, même si il est loin d’être surprenant : les trois adorent avoir le ballon en main. Avec un taux d’usage moyen de plus de 30%, Steve Nash risque de passer quelques nuits blanches à trouver une alchimie en termes de répartitions de possessions. Cependant, une approche plus globale va nous permettre d’introduire l’élément clé de cette équipe : Kevin Durant.

    Qui a convaincu Kyrie de venir aux Nets ? Kevin.
    Qui a convaincu Harden de venir pour se rappeler les bons moments du temps d’Oklahoma City ? Durant.
    C’est le maître à bord, celui qui lie tout le reste, et plus important encore, le moins « égoïste » des 3.
    Avec 52.4% de ses paniers issus d’une passe décisive lors des 5 dernières années, il dépasse de loin ces coéquipiers stars. De plus, seulement 14.1% de ses tirs depuis 2016-17 viennent de situations où « KD » a dribblé plus de 7 fois, contre 33.1% où il ne dribble pas du tout.
    Il n’a pas peur de sacrifier des possessions pour le collectif, il sait ce qu’il faut faire pour gagner.

    Plus létal, plus collectif, il est celui qui va lier Kyrie Irving et James Harden en leur donnant le ballon. Il est également celui qui a le plus d’expérience en termes de titres et de superteams, il sait gérer un effectif rempli de stars.
    Problème d’égo ? Venant de lui, impossible, mais Nash et lui devront trouver rapidement un moyen de faire cohabiter Irving et Harden, c’est le défi numéro 1. Si Brooklyn réussit à devenir un rouleau compresseur, on ne devrait pas oublier de remercier Durant côté Nets.

    Mais d’un autre côté, on affaiblit considérablement le banc avec la perte de LeVert, Allen, Waller-Prince et Kurucs.
    Le duo Caris LeVert – Jarrett Allen constituait probablement l’un des meilleurs binômes remplaçants de la ligue alliant la justesse technique de LeVert et l’efficacité d’Allen.

    Le pivot avait même réussi à détrôner DeAndre Jordan du 5 de départ au bout de quelques matchs. Et ce remplacement assez récent interroge… Coach Nash n’a pas apprécié l’impact de Jordan et a jugé nécessaire de le mettre sur le banc. Mais maintenant que Jarrett Allen est parti, quelles rotations vont être utilisées à l’intérieur ? L’arrivée de James Harden peut-elle décaler « KD » sur des minutes en temps de pivot ? Est-ce que DeAndre Jordan fera son retour dans le cinq de départ ?
    Avec une rotation faible en qualité (DeAndre Jordan, Jeff Green, Reggie Perry, Nicolas Claxton), les Nets se retrouvent en mauvaise posture, là où Allen équilibrait l’équipe.

    Le dernier point que l’on pourrait aborder est la perte des picks de draft. Condition sine qua non pour les Rockets, l’introduction de nombreux picks de draft fait parler, et rappellent de mauvais souvenirs côté Nets. Mais là encore, les avis peuvent être divisés en deux camps : si le projet fonctionne, même sans rookies, ils pourront toujours compléter l’effectif avec des joueurs expérimentés au salaire minimum en quête de titre, l’attractivité du Big Three s’occupera du reste. Si le projet échoue, le manque de picks pour renouveler l’effectif en termes de talent pourrait faire se faire sentir, et le trade d’une star du Big 3 serait un moyen d’en récupérer…

    Tout repose dans les mains des Nets.

    Houston Rockets

    Départs : James Harden
    Arrivées : Victor Oladipo, Dante Exum, Rodions Kurucs, 3 picks de draft de 1er tour provenant de Brooklyn (2022, 2024, 2026) , 1er tour de draft 2022 de Milwaukee (non protégé) et 4 picks de draft swaps avec Brooklyn (2021, 2023, 2025, 2027)
    Note : A

    On pourrait inventer un dicton : « Là où Russell Westbrook passe, reconstruction il y aura. ».
    En tout cas, les Wizards seraient prévenus.
    Il faut dire que les Rockets et le Thunder possèdent désormais à eux deux 34 picks de draft entre la draft 2021 et 2027. 34 picks. Quasiment 5 picks par draft. De la pure reconstruction !
    Et quelque chose nous dit que les Rockets n’ont pas encore fini, notamment avec les envies de départ de P.J. Tucker…

    En tout cas, félicitations aux Rockets pour s’être sorti de cette impasse avec James Harden. Certes, la perte est énorme, mais tout le monde savait que la situation ne pouvait plus durer.
    Il est clair qu’on aurait pu avoir une meilleure contrepartie du côté de Houston en provenance des Nets, mais ils n’étaient clairement pas en position de force. Que ça soit avec Caris LeVert (envoyé à Houston dans un premier temps) ou avec Victor Oladipo, Houston est gagnant.
    Avec 4 premiers tours de draft en plus dans les années à venir, ils braquent le stock de Brooklyn.

    Évidemment, dans le pire des cas, Brooklyn bâtit une dynastie et les picks seront très bas, pas forcément dans l’intérêt des Rockets…
    Mais imaginons un cas un peu plus mesuré. L’entente du Big Three et l’arrivée de James Harden ne convient pas, possiblement Houston se retrouvera avec des picks placés proches de la loterie, et potentiellement dans la loterie, sans forcément aller dans l’extrême avec le cas de Boston il y a quelques années. Trade up, valeur marchande, steals à la draft, ces multiples picks sont parfaits pour une reconstruction.

    L’arrivée de Victor Oladipo reste parfaitement dans le thème : on prend un joueur avec une bonne valeur, dans un contrat finissant, on observera les offres à la trade deadline, et si jamais rien n’intéresse le front office, il libérera du cap à l’intersaison, toujours cette idée de reconstruction.
    Mais l’idée d’avoir un cinq « revanchard envers la vie » avec John Wall, Victor Oladipo, Jae’Sean Tate, Christian Wood et DeMarcus Cousins peut donner un spectacle sympathique !

    Concernant l’arrivée de Dante Exum et Rodions Kurucs, très difficile de les voir avoir un rôle à Houston, même si le premier, en cas de départ d’Eric Gordon par exemple, pourrait avoir une chance d’intégrer la rotation et de retrouver une gloire passée après des années de blessure…

    Mais dans l’ensemble, un sentiment de soulagement et de tristesse s’empare de la Space City. On vient de perdre l’un des meilleurs joueurs de la franchise, mais la situation était devenue trop tendue, presque invivable et on ne peut pas reprocher à James Harden de ne pas avoir tout donné pour la ville de Houston.
    Place maintenant à la reconstruction !

    Cleveland Cavaliers

    Départs : 1er tour de draft 2022 de Milwaukee (non protégé) et 2nd tour de draft 2024 de Cleveland
    Arrivées : Jarrett Allen, Taurean Waller-Prince
    Note : A+

    Le casse de ce trade ? Si certains doutaient du départ d’Andre Drummond, ce mouvement risque d’achever leur espoir.
    À quelques mois de la fin du contrat du pivot double All-Star, Cleveland vient d’acquérir Jarrett Allen en provenance des Nets. C’est un transfert terriblement intelligent, avec l’un des pivots les plus en vues de ces derniers mois. Meilleur que DeAndre Jordan à Brooklyn, il a commencé sur le banc avant de le surpasser. Coach Bickerstaff aura un choix à faire, et il ne serait pas étonnant de voir Allen titulaire d’ici quelques semaines.

    Meilleur dans l’ensemble, doté d’excellentes mains, plus impactant, plus jeune, moins gourmand, Jarrett Allen possède le profil que les Cavaliers espéraient. Sa collaboration avec un meneur de jeu gestionnaire comme Darius Garland va poser d’énormes problèmes aux défenses adverses.
    Problème ? Il arrive à la fin de son contrat rookie. Étant donné son rendement incroyable, un gros contrat l’attend. On parle actuellement d’une somme autour de 20 millions/saison. Cher ? Oui. Mais c’est 8 millions de moins que Drummond.

    Alors le départ d’Andre Drummond se fera peut-être avant la fin de son contrat. On parle de Boston principalement, grâce à leur trade exception de 28.5 millions de dollars, en quête de renforcement à l’intérieur.

    Le départ de Dante Exum est assez malin, étant donné qu’il n’a joué que 30 matchs sous les couleurs de Cleveland, sans vraiment convaincre et en prenant beaucoup de minutes au backcourt Sexton-Garland sans vraiment impacter le jeu. L’acquisition d’un vrai joueur de banc comme Taurean Waller-Prince (26 ans) ajoute une nouvelle dimension aux Cavs, surtout avec les pertes fréquences sur blessure de Kevin Love.

    Mais le plus gros point pour les Cavaliers dans cet échange, c’est leur contrepartie, ridiculement faible. Ils envoient un second tour de draft et un 1er tour de draft de Milwaukee. Milwaukee ou l’équipe qui ne devrait pas descendre en dessous du 20ème pick avant un bon moment avec la signature sur long terme de Giannis Antetokounmpo.
    Bien évidemment, ces picks pourraient donner un futur All-Star, mais la probabilité est très faible.

    Vrai vrai coup de maître de la part des Cavaliers, en récupérant leur pivot du futur avec le futur départ d’Andre Drummond et un joueur de rotation expérimenté contre deux picks de draft sans grosse valeur.
    Respect.

    Indiana Pacers

    Départs : Victor Oladipo
    Arrivées : Caris LeVert, 2nd tour de draft 2024 de Cleveland
    Note : B+

    On pensait que Victor Oladipo et les Pacers étaient passés à autre chose depuis les nombreuses rumeurs qui l’envoyait à Miami lors de la dernière intersaison. Et bien… Pas totalement… Puisque Indiana sort, à l’instar de Cleveland, s’introduit dans ce trade avec l’idée de dénicher la bonne affaire…

    C’est chose faite avec l’arrivée de Caris LeVert en provenance de Brooklyn, contre Victor Oladipo.
    Considéré comme l’un des 6èmes hommes les plus forts, il va apporter à Indiana deux ingrédients forts : de la polyvalence et de la stabilité. Tout en se séparant d’Oladipo et de son contrat finissant, les Pacers récupèrent un homme en forme avec un contrat sur 2.5 saisons.

    Certes, l’impact de Caris LeVert ne devrait pas être celui d’Oladipo à la « grande époque », mais ce temps est révolu, et malgré un regain d’énergie de la part de l’ex-franchise player des Pacers cette année, la séparation était inévitable, que ce soit par un trade ou lors de la Free Agency à venir.
    Mais leur impact sur le jeu est plus ou moins équivalent :

    On se souvient qu’il avait été drafté par les Pacers en 2016 avant d’être échangé dans le trade de Thaddeus Young quelques jours plus tard.
    Aujourd’hui, on va sûrement imaginer un rôle de scoreur comme pouvait avoir T.J. Warren avant sa blessure au pied. Directement dans le 5 de départ ? En tant que sixième homme comme aux Nets ? Difficile de se projeter, mais l’absence de Warren et le départ d’Oladipo laisse un vide au niveau des titulaires que Nate Bjorkgren risque de combler avec LeVert.
    Quand on voit les performances qu’il a su produire avec les absences de Kyrie et « KD » l’an passé et cette saison, on doute beaucoup moins de ce qu’il pourra apporter à un effectif déjà bien fourni !

    L’association Brogdon/LeVert sur le backcourt des Pacers risque d’apporter un souffle nouveau à Indiana. En compilant à eux deux 13.5 passes par match sur ce début de saison, il s’impose théoriquement comme l’un des backcourts les plus prolifiques de la NBA, pouvant parfaitement alimenter un joueur comme Domantas Sabonis, notamment sur les phases de pick & roll. Cependant, un problème va se présenter : Caris LeVert sans ballon, c’est… très moyen !

    Coach Bjorkgren devra donc satisfaire un duo carnivore (54.7 d’USG% combinés) tout en ayant en tête que l’efficacité de LeVert sans ballon est à prouver, tant elle est très mauvaise. Avec près de 60% de ses points marqués sur des drives cette année, Caris LeVert connait ses forces, mais devra s’adapter à un effectif plus collectif, moins bâti sur la performance individuelle.

    Cependant, en réalisant ce bon coup, les Pacers se rapprochent de plus en plus de leurs espérances, et allié à leur bon début de saison, ils deviennent un peu plus sérieux dans la course aux contenders sur les prochaines années.


    C’est probablement l’un des rares trades de ces dernières années où tous les camps s’en sortent bien : James Harden est parti former l’un des trios les plus attendus de l’histoire, cette histoire est enfin finie, la NBA va pouvoir se consacrer au sport en attendant, qui sait, un nouveau blockbuster trade à analyser (coucou Bradley)…

    Sources : Sports Reference, The Athletic, ESPN, NBA.com, Spotrac, RealGM.

  • Kevin Durant, le Ranger venu du Texas

    Kevin Durant, le Ranger venu du Texas

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Dans la lignée des Kareem Abdul-Jabbar, Bill Walton, Ralph Sampson, Shaquille O’Neal ou autres Carmelo Anthony, est apparu une nouvelle légende universitaire : Kevin Durant.
    Retour sur une année incroyablement grandiose, marquée par plusieurs performances phares, et un one-and-done mémorable.


    Kevin Durant, un joueur hors du commun…

    Avons-nous besoin de le présenter ? Kevin Durant, véritable légende NBA, futur Hall of Famer, 12 saisons en NBA, double champion NBA et un palmarès aussi long que ses bras…

    Un enfant de Washington et du Maryland qui rencontra une destinée légendaire lorsqu’il toucha un ballon de basket. C’était inné, presque divin. Il était fait pour ça, tout le monde le savait, sauf lui. C’est ce qu’il l’a fait travaillé, plus que les autres. « Ce n’était pas un rêve, c’était un plan » dit Taras Brown, l’un de ses anciens coachs et mentors.
    Et tout a commencé très tôt pour Kevin, quand sa taille a attiré l’œil de nombreux scouts.

    1m83 à 14 ans, forcément, ça marque les coachs, les scouts, les adversaires et les spectateurs. Petit à petit, on commence à rapporter qu’un grand maigre est en train de faire de dégâts sur le circuit du Maryland.
    Un assistant de l’équipe universitaire de Texas, Russ Springmann, originaire de la région, entend ces rumeurs et garde son nom en tête.

    Après deux années au lycée National Christian Academy dans le Maryland, « KD » change d’équipe et se retrouve au lycée Oak Hill, considéré comme la terre de la légende Carmelo Anthony, dans l’État voisin de la Virginie. C’est à cet instant que Springmann rencontre Kevin Durant pour la 1ère fois.


    « On pouvait voir ce que Kevin pouvait faire sur le terrain de basket, et ce qu’il pouvait faire pour le Texas était évident.« 

    Russ Springmann – Asst. coach de l’université du Texas

    L’année sportive se passe bien pour Kevin, il enchaîne les bonnes performances et son nom devient de plus en plus récurrent dans les discussions.
    À la fin de la saison, il décide de revenir dans son Maryland natal, et s’engage dans le lycée privé Montrose Christian School.
    Durant l’inter-saison (printemps-été 2005), « KD » prend 13 centimètres.
    C’est à ce moment qu’il visite le campus de Texas, et reçoit une offre de bourse de la part de Russ Springmann.


    Kevin Durant sous les couleurs de Montrose Christian lors de sa dernière saison lycéenne.


    Au moment de l’offre, Springmann sait à quel point l’arrivée de Kevin Durant peut être pré-déterminante sur la recruiting class à venir. Texas va très certainement perdre P.J. Tucker, LaMarcus Aldridge et Daniel Gibson, leur trio phare, ainsi que Brad Buckman et Kenton Paulino, deux seniors sur la saison à venir.
    Texas est donc en recherche de têtes d’affiches, de jeunes joueurs pouvant les porter au plus haut niveau.

    De son côté, les offres s’enchaînent pour « KD ». Il réduit le nombre d’offres à 3 principales : North Carolina, fraîchement champion NCAA; Connecticut, champion NCAA l’année précédente et Texas, dont la présence est un peu inattendue, vu leur manque de résultats.
    À cette époque, son cœur, au niveau de la NBA, penche pour les Raptors et son joueur préféré, Vince Carter (ex-joueur de North Carolina), dont il vantait le travail :


    « Vince jouait sans peur. Chaque fois qu’il voulait terminer un match, il le faisait. J’essayais de reproduire la même chose.« 

    Kevin Durant

    Le destin aurait donc voulu qu’il suive le chemin de son idole dans la Caroline du Nord, mais ce ne fut pas le cas.
    Kevin était devenu la priorité n°1 de Texas et de Springmann, le joueur à avoir. L’assistant passait tout son temps avec lui et sa mère. Il le voulait plus que tout au monde.

    Un mois après sa visite du campus d’Austin (Texas), le 16 juin 2005, Kevin Durant annonce qu’il jouera pour l’université du Texas.
    Victoire pour Springmann, qui a sa tête d’affiche, son joueur phare et plus important, un fils spirituel.
    Comme un symbole, 5 ans après l’engagement de Kevin pour Texas, en janvier 2011, Russ eu un fils qu’il appela Durant…

    Sa saison en tant que senior à Montrose Christian fut extraordinaire.
    Il se révèle au grand public comme l’un des plus grands espoirs du basket américain. Tout le monde s’accorde pour dire que lui et Greg Oden, l’autre superstar lycéenne, seront le futur de la NBA.
    Enchaînant les grosses performances, il est facilement retenu pour les échéances nationales qu’il va survoler, comme le McDonalds All-American (25 points, 5 rebonds, 4 passes, co-MVP avec Chase Budinger, en partance pour l’université d’Arizona) ou le Jordan Brand Classic (16 points, 7 rebonds, 4 passes, MVP), considérées comme les All-Star Games des joueurs lycéens.

    Reconnaissance nationale pour un enfant du Maryland, devenu en quelques années l’un des plus grands espoirs du basket. Son engagement envers Texas sonna différemment, Rick Barnes (le coach) et Springmann venaient de réaliser le plus gros coup de l’histoire de l’université, des années avant Mo Bamba, Avery Bradley, Myles Turner ou Tristan Thompson.
    Kevin Durant venait de les propulser dans une autre dimension.
    En plus de lui, le talent de ce dernier réussit à convaincre 6 joueurs à rejoindre Texas, dont Damion James et D.J. Augustin, deux autres joueurs 5 étoiles, considérés parmi les meilleurs joueurs du pays.

    Bilan du recrutement : 7 freshmans (joueurs de 1ère année) dont 3 joueurs 5 étoiles. Malgré la perte du trio Tucker/Aldridge/Gibson, Texas pose une des meilleures recruiting class du pays (3ème selon 247sports) et la plus grande de leur histoire.

    Et ce n’était que le début… car « KD » n’avait pas encore joué une seule minute pour eux.

    … qui réussit une saison freshman historique !

    Les attentes étaient assez grandes concernant Texas.
    La saison passée a été frustrante. L’équipe de Rick Barnes échoue face à LSU aux portes du « Final Four » , graal du basket universitaire, et vient de perdre, comme prévu son trio Tucker/Aldridge/Gibson, en partance pour la NBA. 4 joueurs de l’effectif reviennent, accompagnés des 7 freshmans.

    AP (Associated Press), référence des classements des équipes universitaires, sort son Top 25 et classe Texas 21ème équipe avant que la saison ne débute.

    Avant la saison 2006/07, seulement 14 joueurs issus de Texas ont été draftés, dont le trio de l’année passée.
    L’ajout de 8 joueurs non-draftés portent le total à 22 joueurs passés en NBA. 8 d’entre eux n’ont jamais passés les 100 matchs en NBA.
    LaMarcus Aldridge n’ayant pas foulé les parquets NBA, seuls les noms de Slater Martin (undrafted, Hall of Famer, 7 fois All-Star, 5 fois champion) et Johnny Moore (43ème choix de la draft 1979, meilleur passeur de la NBA en 1981/82) résonnent encore dans les têtes des spécialistes à cette époque.

    « KD » n’a pas vraiment le droit à l’erreur, sa prise de risque en choisissant Texas a été très grande, mais il a choisi avec le coeur, il est convaincu d’avoir fait le bon choix.

    9 novembre 2006. Les attentes sont obsolètes. La saison commence face à Alcorn State, un adversaire assez faible sur le papier pour que Texas puisse s’exprimer sur le terrain.
    Même si l’effectif de Texas est très jeune, la réalité du talent rattrape rapidement les espoirs des adversaires de Durant. Ce dernier ne restera que 22 minutes, son 2ème plus faible total de la saison, le match étant plié à la mi-temps (48-18 pour Texas). Le match sera une formalité pour le groupe texan, victoire 103 à 44.
    20 points, 6 rebonds, 3 interceptions pour Kevin Durant, qui pose déjà des bases très élevées en peu de temps, et un impact sur le jeu qui s’annonce incroyable.

    Les jours s’enchaînent, les entraînements aussi, et le staff commence à observer une éthique de travail bien plus élevée chez Kevin que chez les autres. Taras Brown explique : « Springmann m’a appelé un jour et m’a dit « Kevin ne veut pas quitter le gymnase. Il y est jusqu’à 1h du matin. » ». Il l’avait dit, c’était un plan, pas un rêve. Durant se poussait à l’excellence jour et nuit.


    « Vous dites à un enfant qui a grandi à Washington D.C., qui n’a pas toujours eu accès à une salle de gym, que vous pouvez maintenant y avoir accès 24 heures sur 24 ? Que vous pouvez y manger quelque chose, utiliser le lounge ou l’ordinateur ? C’est un service unique. Certains jours, il revenait la nuit pour tirer et nous disions : « On pourrait aussi bien dormir ici. On a tout ce qu’il faut ». »

    Randy Williams, ami de Kevin Durant

    Les matchs s’enchaînaient, et « KD » accumulait les performances : 21.2 points, 9.4 rebonds (2.8 offensifs), 1.6 interceptions, 2.2 contres de moyenne sur ses 10 premiers matchs, avec des pourcentages pharaoniques (47.7/40/86.2) et un bilan convaincant de 8 victoires pour 2 défaites.
    Mais sa première vraie confrontation interviendra lors de son 11ème match, face à une équipe de Tennessee qui finira 25ème équipe de la NCAA à la fin de la saison, selon Associated Press.

    Leur premier match sera à la hauteur des espérances, faisant partie des 15 matchs avec un écart de 6 points ou moins disputés par Texas cette année-là. Un duel se démarque tout au long du match : Chris Lofton, véritable star des Volunteers, en place pour être joueur de l’année de la conférence SEC, et Kevin Durant.

    La première mi-temps est à l’avantage des Longhorns, Rick Barnes maîtrise son sujet et Texas déroule offensivement, 50 points inscrits, 35 points encaissés, Tennessee est dans les cordes. 14 points et 5 rebonds pour Kevin (5/10 aux tirs), 8 points et 4 rebonds pour Chris Lofton (2/8 aux tirs).
    Texas gagne dans tous les compartiments.
    Mais les joueurs de Bruce Pearl, que certains d’entre vous connaissent aujourd’hui du côté d’Auburn, ne restent pas à terre. La mi-temps marque un tournant dans le match à l’avantage des Volunteers, plus propres, plus percutants, plus agressifs.

    Texas craque et perd son avance petit à petit. À 2 minutes du terme, ils possèdent encore 7 points d’avance grâce à un lancer-franc de Matt Hill, freshman à l’époque.

    Malheureusement pour eux, ils sont tombés face à un joueur qu’il ne fallait pas laisser ouvert à trois points. Lofton, à 7/16 à longue distance ce soir-là, prend les choses en main.
    87-82 pour Texas, 1 minute et 15 secondes restantes, « KD » se fait contrer sur un lay-up, Wayne Chism prend son 8ème rebond de la soirée et ressort sur Ramar Smith, qui percute et ressort le ballon sur JaJuan Smith, qui voit Lofton à 45° et le sert. Lofton hésite longuement, Kevin Durant défend sur lui, et déclenche à 3 points, ficelle. La salle explose. 87-85 pour Texas.

    Mais il reste une minute, et Texas a encore le temps de réagir et de stopper l’hémorragie. AJ Abrams décide de monter la balle, drive et manque un lay-up plutôt simple, rebond pour Tennessee, et la suite appartient à l’histoire…

    La défense… La défense… La défense… A vrai dire, Kevin ne pouvait pas faire grand chose sur cette action, le tir est trop lointain, trop imprévisible, et ses tentacules n’y pourront rien. Mais il se prend 6 points consécutifs de Lofton sur la tête et permet à Tennessee de passer devant.
    Il se rattrapera ensuite, en arrachera la prolongation sur un tir inespéré au buzzer mais Texas s’inclinera 111 à 105, dans une Thompson-Boling Arena en feu.

    Kevin Durant aura mis 7 points sur la seconde mi-temps, Chris Lofton en aura mis 20. Défaite cruelle pour « KD », qui sera marqué mentalement par cette épreuve et ne laissera un adversaire scorer plus que lui seulement 3 fois sur les 19 matchs suivants (2 victoires et une défaite contre Villanova).

    Mais revenons sur la défense, car un évènement majeur marqua la saison de « KD » dans ce domaine.
    Scott McConnell, assistant pour les relations avec les médias, le raconte :


    « Lors du match d’exhibition contre Lenoir-Rhyne, Coach Barnes a pourri tous les anciens du groupe. Sur ce match, A.J. (Abrams) ne pouvait rester devant personne, et il ne pouvait pas tolérer cela. Il a réprimandé A.J., et lui a dit qu’il était le pire défenseur qu’il ait jamais vu. Le lendemain, à la séance vidéo, il a rectifié ses propos : « A.J., je te dois des excuses. Tu n’es pas le pire défenseur que j’ai jamais entraîné. Kevin Durant est le pire défenseur que j’ai jamais entraîné. »

    Scott McConnell

    Bien évidemment, Kevin l’a mal pris. Mais le choix du coach a été celui de dire la vérité, Kevin voulait la vérité.

    Depuis ce jour, à chaque entraînement, chaque match, chaque temps-mort, « il demandait à un des assistants : « Comment est ma défense ? » affirme Rick Barnes. Toujours dans le plan, ce plan initial de l’enfant de Washington : se rapprocher de la perfection, encore et toujours.

    Ian Mooney, transféré à Texas cette année-là, avait la réputation d’être tout le temps à 120% sur un terrain, même si le talent ne suivait pas toujours (0.3 points et 0.8 rebonds en carrière). Barnes lui a ordonné de défendre sur Kevin Durant, et il a apporté cette compétitivité qu’il lui manquait.
    « Je pense que l’entraîneur Barnes s’est rendu compte que j’avais la volonté de le harceler et de le poursuivre constamment. Heureusement, il n’y avait pas d’arbitres à l’entraînement. », raconte Ian.
    « KD a adoré. Il a réalisé que Ian n’essayait pas de lui faire du mal. Il savait qu’il en avait besoin. », rajoute Coach Barnes.

    Durant cette saison, Texas affrontera 6 fois un adversaire qui a fini dans le Top 25 d’Associated Press en fin de saison.
    1 victoire contre Texas A&M (9ème du Top 25) après prolongations pour 5 défaites. Un effectif trop jeune pour les matchs de haut niveau, « KD » trop seul… Nombreuses ont été les excuses, mais Kevin Durant a toujours assumé son statut de leader. 30.5 points, 11.2 rebonds, 2.2 interceptions, 3.2 contres en 45.7/50/76.2 sur ces six matchs. Absolument monumental.

    Ces 5 défaites composeront un peu plus de la moitié des défaites de Texas cette année, qui finira son année sur un bilan de 24-9, avant d’aborder le tournoi final, la March Madness, en étant tête de série n°4 de leur partie de tableau, et étant classé 11ème au classement Associated Press. Passer de 21ème à la 11ème place, c’est ça l’effet Kevin Durant.
    On retiendra de cette saison des performances mémorables comme ses 4 matchs à 37 points, dont son 37 points/23 rebonds lors de la victoire face au rival, Texas Tech.
    Les attentes sont remplies, place à la partie sérieuse.


    Texas, tête de série n°4 du tableau « East » de la March Madness, fait office de potentiel contender au Final Four, étape qu’a manqué de peu l’équipe de Rick Barnes l’année précédente.
    De gauche à droite : A.J. Abrams, D.J. Augustin (actuellement joueur des Milwaukee Bucks), Kevin Durant, Justin Mason & Damion James (champion NBA en 2014 avec les Spurs).
    © Photo par Jamie Squire / Getty Images


    Mais avant d’aborder la fin de saison et la March Madness, voici quelques records (ou presque) que Kevin a battu durant sa saison :

    • 2nd total de points sur une saison pour un freshman (903 points) derrière Mahmoud Abdul-Rauf (965) et devant Trae Young (876)
    • Records de points et de rebonds en un match pour un joueur de l’université de Texas sur un match de Big 12
    • 11ème total de doubles-doubles sur un saison pour un freshman (20)
    • 4ème meilleure moyenne de points sur la saison 2006/07 (25.8)
    • Meilleure moyenne de points sur une saison pour un joueur de Texas (25.8)

    La March Madness, c’est comme les Playoffs NBA. C’est une saison à part, une nouvelle saison. 68 équipes, reparties en 4 tableaux, pour un titre de champion universitaire.

    Le tableau leur impose au premier tour les New Mexico State Aggies, équipe de l’ancienne superstar lycéenne Elijah Ingram. Les deux équipes ont un jeu très similaire, très offensif au détriment de la défense. Malheureusement pour les Aggies, Texas est trop talentueux.

    La première mi-temps est plutôt serrée, la jeunesse des texans se fait ressentir face à l’équipe expérimentée de New Mexico State.
    Mais la deuxième mi-temps est à l’avantage de l’équipe de Rick Barnes (46 à 37). Le trio Durant/Augustin/Abrams inscrit 62 des 79 points des Longhorns, et s’impose 79-67 dans un premier tour plutôt facile.

    Le deuxième tour s’annonce plus compliqué, puisqu’ils affrontent une autre équipe prétendant au Final Four : Southern California (USC), tête de série numéro 5. À son bord : Nick Young, qui va se présenter à la Draft, Gabe Pruitt, Daniel Hackett et un freshman très talentueux, Taj Gibson.

    Un effectif profond et incroyable attend donc Texas, dans un match qui les opposera potentiellement à North Carolina au prochain tour, l’université de Vince Carter, son héros.

    Mais Texas n’exista que quelques minutes. USC était trop fort, trop complet, trop menaçant à tous les postes. Kevin n’est pas sorti du match une seule seconde, voulant se battre jusqu’au bout. 30 points et 9 rebonds pour finir sa saison. A.J. Abrams était seul à ses côtés, avec 20 points inscrits. Le reste de l’équipe n’a pas pu rivaliser avec la défense de USC.
    En face, c’est tout le cinq de départ des Trojans qui inscrit plus de 10 points. Texas est éliminé, fin de saison et de carrière universitaire pour Kevin Durant, qui déclara évidemment sa présence à la Draft NBA.


    Kevin Durant (30 points et 9 rebonds), héroïque dans la défaite face à Southern California au second tour de la March Madness.
    © Photo par Jay Drowns / Getty Images


    Une saison extraordinaire qui ne s’achève malheureusement pas de la plus belle des manières, mais « KD » a trouvé ce qu’il voulait dans cette université : du basket et une famille.
    Avec des statistiques dignes des plus grands de ce sport (25.8 points, 11.1 rebonds, 1.9 interceptions, 1.9 contres en 47.3/40.4/81.6), il a porté Texas à la 11ème place du classement AP, en étant la 6ème meilleure attaque NCAA avec 81.7 points par match.

    Ce parcours et cette année l’amènera à devenir le premier freshman de l’histoire à remporter le titre de joueur NCAA de l’année par Associated Press (suivront deux spécimens appelés Anthony Davis en 2012 et Zion Williamson en 2019) et le seul joueur issu de l’université de Texas à l’obtenir. Légendaire.
    Suivi alors une sélection au deuxième choix de la Draft (derrière Greg Oden, comme prévu depuis le lycée), et une carrière… supersonique…

    Et si « KD » avait influencé le recrutement des lycéens d’aujourd’hui ?

    Voilà maintenant plus de 10 ans que Kevin Durant a rejoint la NBA. Son talent n’est plus à prouver, et son palmarès parle pour lui-même.
    Comme les autres légendes du basket-ball, il a marqué son époque et a notamment influencé énormément de jeunes joueurs, comme Vince Carter l’avait influencé à son époque.

    D’ailleurs, il n’est pas rare de nos jours d’entendre parler du « nouveau KD » si on parle de Brandon Ingram (Pelicans) ou de Emoni Bates (lycéen).


    Emoni Bates, superstar lycéenne, possède de nombreux points de comparaisons avec Kevin Durant.
    © Photo par Scott W. Grau / Getty Images


    Alors on peut se poser la question : Kevin Durant a-t-il transformé le recrutement des lycéens auprès des universités ?

    Question ouverte, mais qui mérite réflexion… Parce que sa saison avec Texas a marqué les esprits de tout le monde. Tous les recruteurs veulent être Springmann, recruter un nouveau Durant, au profil physique long et talentueux ballon en main.
    Afin de mesurer l’impact de « KD » sur les joueurs lycéens et sur le recrutement, nous allons prendre le top 20 des rankings RSCI (classements des joueurs lycéens) depuis 1999 et jusqu’à 2023 et introduire un coefficient : le Coefficient Physique.

    « KD » avait, à son arrivée à l’université de Texas, un CP de 0,02273114.
    Pour pouvoir vraiment comparer avec Kevin Durant chaque top 20 de chaque génération, nous allons calculer les CP de chaque joueur en sortie de lycée et garder uniquement les joueurs ayant la taille de Kevin Durant à +/- 5% et son CP à +/- 3%.
    Certes, on ne pourra pas comparer les niveaux techniques par rapport à lui, ça serait trop complexe, mais nous aurons un aperçu de l’impact physique du MVP 2014 sur les jeunes joueurs et leur recrutement.

    En réalisant ces calculs, nous obtenons le graphique suivant :


    Graphique représentant le nombre de lycéens issus du top 20 RSCI de leur génération ayant un physique comparable à celui de Kevin Durant


    La courbe de tendance (en pointillés) est claire : ce genre de profils est de plus en plus présent dans les meilleurs joueurs lycéens.
    Quasiment invisible dans les années 90, on commence à assister à une éruption de ce profil long avec les cas de Chris Bosh (2002), Trevor Ariza (2003) et Rudy Gay (2004), mais ils sont assez esseulés dans l’ensemble.

    C’est en 2005/2006 qu’on assiste à la première vague, d’où provient Durant (2006), qu’accompagnent Brandan Wright et Thaddeus Young.
    L’année 2005 a été une anomalie. Sur les 5 joueurs, seulement deux ont intégré la NBA et Amir Johnson est le meilleur des deux.

    C’est cette génération 2005 qui a probablement causé la perte du profil dans les années suivantes (2007, 2008), mais les titres de meilleur scoreur de Kevin Durant en NBA (2010, 2011, 2012) et le succès d’Anthony Davis (2011) ont totalement relancé le profil, le rendant obligatoire dans les top 20 RSCI depuis.
    On pourrait même citer son titre de MVP (2014), mais ça reste dans le domaine du détail négligeable…

    La courbe de tendance montre une potentielle explosion à venir sur les années à venir. À voir… En tout cas, avec 5 joueurs (pour l’instant) en 2023, l’avenir semble tendre vers ce genre de profils !

    Pour finir, voici la liste des joueurs correspondants depuis 1999, et je pense que vous en reconnaissez quelques-uns… :

    AnnéeJoueurPoste
    1999Jonathan BenderPF
    1999DerMarr JohnsonSF
    2000Eddie GriffinPF
    2000Darius RiceF
    2001Rick RickertPF
    2002Chris BoshPF
    2003Trevor ArizaPF
    2004Rudy GaySF
    2005Keith BrumbaughPF
    2005Tasmin MitchellSF
    2005Magnum RollePF
    2005Shawne WilliamsSG
    2005Amir JohnsonPF
    2006Kevin DurantF
    2006Brandan WrightPF
    2006Thaddeus YoungSF
    2009Ryan KellyPF
    2010C.J. LesliePF
    2011Anthony DavisPF
    2011Quincy MillerPF
    2011Khem BirchC
    2011Cody ZellerPF
    2012Isaiah AustinC
    2012Sam DekkerSF
    2013Austin NicholsPF
    2014Kevon LooneyPF
    2014Isaac CopelandPF
    2015Skal LabissiereC
    2015Brandon IngramSF
    2015Ivan RabbPF
    2016Wenyen GabrielPF
    2017Kevin KnoxSF
    2017Brian BowenSF
    2017Jarred VanderbiltPF
    2018R.J. BarrettSF
    2018Cam ReddishSF
    2018Louis KingSF
    2019Kahlil WhitneySF
    2019Isaiah MobleyPF
    2019Precious AchiuwaPF
    2020Evan MobleyC
    2020Greg BrownPF
    2021Patrick Baldwin Jr.PF
    2021Moussa DiabatePF
    2021Kendall BrownSF
    2022Emoni BatesSF
    2022Jalen DurenC
    2022Brandon Huntley-HatfieldPF
    2022A.J. CaseyPF
    2023Matt BewleyPF
    2023Tyler SmithSF
    2023Akil WatsonPF
    2023Ryan BewleyPF
    2023Mackenzie MgbakoPF

    Ainsi s’achève l’épopée d’une légende universitaire, d’un monstre comme on en voit tous les 500 ans, d’un prototype ayant marqué sa génération et les générations à venir.
    C’était l’histoire de Kevin Durant, un ranger venu du Texas.

    Sources : Sports Reference, 247.sports, RSCI, The Athletic, ESPN, NCAA, CBS Sports, Texas Athletics.

  • Pourquoi Steve Nash à la place de Jacque Vaughn ?

    Pourquoi Steve Nash à la place de Jacque Vaughn ?

    Avec un manque d’expérience flagrant dans le milieu compliqué du coaching pour Steve Nash, il est difficile d’expliquer la raison pour laquelle les Nets mise sur l’ancien meneur et surtout, pourquoi lui font-ils assez confiance pour lui offrir 4 ans de contrat. ClutchTime vous propose d’éclaircir un peu ce choix controversé des Nets de Joe Tsaï dans la sélection du meneur de Johannesbourg en tant que Coach d’une équipe prétendante au Titre.

    Source : @BROOKLYNNETS

    Steve Nash est une légende vivante du jeu qui a brillé au milieu des années 2000 avec les Suns de Mike D’Antoni et sa fameuse tactique du « 7 seconds or less » qui consiste à prendre un tir en moins de 7 secondes. Même si cette tactique a offert 2 MVP à Steve Nash, elle n’a jamais emmené les Suns très loin en Playoffs ce qui ouvre la porte au doute sur la capacité de Steve Nash à pouvoir coacher une équipe aujourd’hui.

    Bien que Steve Nash soit l’un des meneurs les plus intelligents de l’histoire de ce sport, cela ne mène pas forcément à une bonne carrière de Coach et beaucoup sont les joueurs qui l’ont appris à leurs dépens a l’image de Isiah Thomas, Jason Kidd ou même Magic Johnson sur un échantillon très limité.

    Cependant, la chance que possède Steve Nash est d’avoir choisi de ne pas se lancer directement dans une carrière de Coach à la fin de sa carrière mais d’avoir privilégié l’observation de l’évolution de la NBA vers un style et un rythme de jeu différent. D’ailleurs, pour cela, quoi de mieux que d’avoir décidé d’être consultant auprès des Warriors, qui n’est autre que la meilleure organisation des 10 dernières années.

    Dans l’ordre : Steve Nash, Steve Kerr et Bob Myers
    Source : Noah Graham/The Athletic

    On a donc un coach qui a fréquenté cette magnifique organisation et qui a eu la chance de suivre son développement, la façon dont on construit une équipe championne sur plusieurs années mais surtout la façon dont on la gère.

    D’ailleurs, Steve Kerr, le coach de cette organisation des Warriors, possède un profil très similaire à celui de Steve Nash car il a également attendu plusieurs années avant de se lancer dans une carrière de coach et a préféré rester dans l’ombre à observer l’évolution du jeu avant de reprendre le flambeau de Mark Jackson en 2014 et dominer la ligue pendant les 6 années suivantes.

    À l’image d’un Steve Kerr, Nash pourrait très bien réussir ce pari ou du moins, il semble logique que les Nets offre cette opportunité à Steve Nash lorsque l’on voit à quel point cela récompense les Warriors d’avoir choisi un coach sans expérience pour reprendre les rênes d’une équipe prétendante au Titre en 2014.

    De plus, les Nets n’ont pas fait ce choix au hasard car ils ont choisi un individu qui à énormément à enseigner avec beaucoup de connaissances sur le jeu et une capacité a créée des relations avec les joueurs qui sont très importantes dans la NBA d’aujourd’hui et tout cela, Steve Kerr le déclarait dans une interview en Mars 2018 :

    Source : Youtube/ESPN

    D’ailleurs, ce même Steve Kerr a l’air de lui faire confiance pour dominer la conférence Est dès l’année prochaine avec les Nets lorsque l’on voit sa réaction sur Twitter :

    https://twitter.com/SteveKerr/status/1301531920384188416?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1301531920384188416%7Ctwgr%5Eshare_3&ref_url=https%3A%2F%2Fthespun.com%2Fnba%2Fbrooklyn-nets%2Fsteve-kerr-reacts-to-the-nets-hiring-steve-nash

    Son rôle de consultant avec les Warriors pendant 5 ans lui ont donc permis de rester proche du jeu et des joueurs sans pour autant avoir cette voix de membre du staff ou de l’organisation ce qui a offert cette possibilité à Steve Nash de développer de très bonnes relations avec les joueurs mais aussi de consolider des relations préexistantes comme ce fut le cas avec Kevin Durant :

    « I wouldn’t say he made the decision for me, but he made me feel good about it”

    « Je ne dirais pas qu’il a pris la décision pour moi mais il m’a clairement rassuré sur celle-ci »
    Kevin Durant sur l’impact de Steve Nash dans sa décision de signer au Warriors en 2016
    Source : Mercury News

    Cela mène directement à la raison qui semble principale dans son recrutement, la présence de Kevin Durant au Nets.

    Kevin Durant et Steve Nash à l’entrainement des Warriors
    Source : HEARST NEWSPAPERS

    En effet, Steve Nash et Kevin Durant ont une relation très proche qui précède l’arrivée de ce dernier au Warriors en 2016 mais cette relation s’est améliorée depuis 2016 car Nash à réussi a élever le niveau de jeu de Durant en lui offrant beaucoup de son savoir et de son génie dans ce sport.

    Aujourd’hui, Kevin Durant est clairement le décisionnaire numéro 1 des Nets, même si l’organisation est au-dessus de lui, ils prendront toujours leurs décisions en consultant l’avis de leurs superstars Kevin Durant et Kyrie Irving et c’est surement cela qui a mené à la présence de Steve Nash en tant que Coach.

    La NBA d’aujourd’hui n’est plus la NBA de Jordan lorsque Jerry Krause avait le dernier mot, désormais, les stars ont un impact beaucoup plus important voir, pour certaines superstars, une décision unanime sur la gestion de l’équipe.

    Steve Nash a travaillé avec beaucoup de membres importants des Nets dans le passé a l’image de Kevin Durant et Caris Levert mais il lui manque une réelle relation avec Kyrie Irving ce qui peut lui être préjudiciable si les 2 ne s’entendent pas. Cependant, sa relation avec Kevin Durant devrait lui permettre de garder un bon contrôle sur l’équipe car lorsque tu as la star principale de ton équipe dans la poche, tout le monde suit comme l’avait déclaré Greg Popovich durant la cérémonie en l’honneur de Tim Duncan :

    Enfin, pour ce qui est de Steve Nash en tant que coach, on ne peut pas du tout le juger pour le moment par manque d’échantillon mais on peut tout de même émettre quelques « peur » sur sa capacité à devenir un bon Coach dans la NBA d’aujourd’hui.

    En réalité, tous les meilleurs coachs actuels, que ce soit Brad Stevens, Nick Nurse, Erik Spoelstra, ect.. sont tous des coachs avec une capacité d’adaptation en Playoffs impressionnante et cela est d’ailleurs visible actuellement durant le second tour des Playoffs mais ce qui pose problème est que Steve Nash n’a jamais connu de coach de ce calibre.

    Que ce soit Don Nelson, Mike D’Antoni, Terry Porter, Alvin Gentry ou encore Byron Scott, aucun coach précité n’est connu pour avoir des capacités d’adaptation incroyable mais plutôt pour avoir une philosophie de jeu strict sans renouvellement.

    Donc contrairement à un Jason Kidd qui a eu la possibilité d’apprendre d’un Rick Carlisle en 2011 avec les Mavericks, Steve Nash n’a jamais eu cette chance. Même si cela peut sembler anodin, ce fait peut avoir un réel impact sur la façon dont Steve Nash va coacher cette équipe et sa fin de carrière avec les Lakers ne montre aucun signe encourageant en faveur d’une future grande carrière d’entraîneur contrairement, par exemple, à un Chris Paul avec le Thunder de cette saison.

  • Bradley Beal a-t-il encore un avenir aux Wizards ?

    Bradley Beal a-t-il encore un avenir aux Wizards ?

    S’il y a bien un domaine dans le sport qui n’a pas eu à souffrir de la crise sanitaire, c’est bien celui des rumeurs de trades. Malgré l’interruption généralisée des championnats et compétitions de basket un peu partout autour du globe, les négociations entre joueurs et différentes équipes vont bon train, y compris en NBA. Parmi les joueurs scrutés très attentivement, le nom de l’arrière de Washington, Bradley Beal, revient souvent dans les discussions, alors que son avenir au sein de la franchise du district de Columbia est de plus en en plus mis en doute.


    Une exercice 2019-20 colossale, malgré un bilan collectif encore décevant

    C’est toujours privé de John Wall, son partenaire à l’arrière depuis ses débuts dans la ligue en 2013, que Beal a abordé cette saison dans la peau du nouveau leader des Wizards. Absent depuis près d’un an et demi pour une grave blessure au tandon d’Achille, le meneur de jeu observe désormais des tribunes les performances de son acolyte qui se démène seul sur les parquets chaque soir pour tenter de maintenir encore son équipe à flot et les quelques espoirs d’une franchise. Car il faut dire qu’en son absence, le leader par intérim des Wiz’ a particulièrement fait grimpé ses moyennes dans le jeu. Tournant d’abord à 23.5 points pour 18 tentatives au tir dont six à trois points, avec un peu moins de cinq rebonds et cinq passes fin 2018, Big Panda va afficher en l’absence de Wall une moyenne de plus de 27 points, cinq rebonds, six passes ainsi que deux interceptions sur la fin de la saison 2018-19, pour un temps de jeu à peine plus élevé, malgré plus de tirs tentés.

    Fini donc le temps où le natif de Saint-Louis (Missouri) pouvait partager les responsabilités avec l’ancien joueur des Wildcats. Bradley Beal s’est mué cette saison en scoreur solitaire, devenant l’un des joueurs les plus chauds dans ce registre. Avec 1741 points inscrits en 57 matchs avant la suspension de la saison, Beal tournait à la mi-mars à 30.5 points de moyenne, auxquels on peut ajouter 6.1 passes décisives et 4.2 rebonds avec un joli 45-35-84 de pourcentages aux tirs. Devancé seulement par Harden dans ce registre, l’arrière a notamment connu une fin de saison régulière incandescente en attaque avec près de 36 points inscrits en moyenne sur les vingt dernières rencontres des Wizards. Un rendement jordanesque qui aura au moins permis à son équipe d’accrocher un 9ème spot à l’Est avec un bilan équilibré de huit victoires pour neuf revers depuis le mois de février.

    Toujours en course pour décrocher une place en playoffs, notamment depuis l’annonce de la reprise de la saison et la participation de la franchise de la ville du capitole au tournoi d’Orlando, l’exercice 2019-20 avait néanmoins débuté d’une manière plutôt inquiétante. Avec seulement quatorze victoires après 42 rencontres, Washington et son capitaine n’en menaient pas large au moment d’aborder la deuxième moitié de saison, mais il faut croire que Scott Brooks et sa bande ont finalement trouver les ressources pour enfin obtenir des résultats convaincants, à la faveur cependant d’un calendrier plutôt clément. Une deuxième saison consécutive sans phases finales aurait probablement amorcé la fin d’une époque aux Wizards, et une reconstruction était alors franchement envisagée. On imagine en effet assez mal Washington décrocher sa qualification cette année dans ce contexte exceptionnelle, et avec moins de dix matchs à disputer en août, ce qui pose la question de l’avenir de Bradley Beal.


    Un profil qui attire les convoitises

    Le joueur qui restait sur deux sélections All-Star fut notamment snobé cette saison au moment de participer au All-Star Game de Chicago, la faute très certainement à ce bilan d’équipe dérisoire qu’affichait alors Washington en janvier, malgré les cartons offensifs de ce dernier. Fréquemment annoncé dans les radars de différentes franchises depuis quelques années, Beal avait jusqu’alors choisit de rester fidèle à sa franchise, en balayant d’un revers de la main les principales rumeurs de trade. Une attitude honorable à laquelle le joueur ne déroge pas, en témoigne une récente déclaration sur ESPN où il évoque notamment sa relation avec John Wall que l’on annonce sur le retour.

    Mon plus grand souhait est de jouer à nouveau avec John. Je veux le voir revenir à ce niveau que je lui connais, surtout depuis que mon jeu a évolué pendant son absence. Il y a tellement de chose que nous pourrions accomplir ensemble. Je suis si heureux qu’il soit en bonne santé et de le voir travailler comme un fou pour revenir.

    interview de Jackie McMullan sur ESPN

    Beal accepte néanmoins le fait que son nom puisse être cité dans différentes rumeurs, il y trouve même une certaine marque de respect pour son travail, notamment lorsque d’autres joueurs se disent prêts à jouer avec lui, en réaffirmant cependant sa fidélité à l’égard de sa franchise. Une attitude classe de la part d’un joueur qui se dit toujours dispo et motivé pour défendre les intérêts de son équipe et de ses coéquipiers. Demander un trade l’été dernier, alors que le joueur était en pleine négociation d’un nouveau bail, aurait été perçu comme un choix de facilité selon ses propos, raison pour laquelle il a signé une extension de deux ans avec une année supplémentaire en option.

    C’était en effet la solution de facilité. C’est vrai que ça a l’air super de pouvoir jouer pour une autre équipe, mais qui peut dire si c’est une garantie de l’autre côté ? Durant l’été, j’ai continué à me faire l’avocat du diable. Quels sont les avantages et les inconvénients d’un côté comme de l’autre ? En fin de compte, j’ai eu le sentiment que rester à Washington présentaient plus d’aspects positifs, la principale raison étant qu’ici j’ai la liberté de faire ce qu’il me plaît, en jouant pour une équipe qui m’a donné les clés, qui va construire autour de toi et faire venir des gars. Si je vais ailleurs, ça peut-être pour une bonne raison et une bonne équipe, mais je serais un pion parmi d’autres. Qui sait si mon rôle serait le même ? J’aime mon rôle ici. J’aime Brooks. J’aime ce que nous avons. J’aime nos jeunes gars et leur détermination pour progresser.

    interview de Zach Lowe sur ESPN

    Si pour l’heure la fidélité de Beal n’est pas à remettre en question, Washington ne peut espérer conserver durablement un joueur aussi talentueux simplement sur la promesse de l’associer de nouveau à un joueur qui approche de la trentaine, et dont la forme physique reste incertaine, ou encore en lui proposant un niveau de jeu aussi médiocre et des résultats très loin des attentes pour lui permettre de redevenir All-Star, tandis que d’autres prétendants, et pas des moindres, continuent de lui tourner autour. Certains dirigeants auraient même déjà exhorté les Wizards à agir assez rapidement affirmant notamment que le duo Wall-Beal serait arrivé au bout d’un cycle, ce que Washington réfute évidemment, préférant donner sa chance au backcourt la saison prochaine avant peut-être de rebâtir le roster en cas d’échec.


    source : The Ringer (AP)

    Un départ vers quelle(s) équipe(s) et à quel prix ?

    Arrivé dans l’équipe en tant que troisième choix de la Draft, Beal s’est considérablement amélioré en tant que joueur et est devenu une véritable vedette pour son équipe depuis ses débuts en 2012. Deux fois All-Star, il est très certainement le meilleur arrière depuis Jeff Malone (1983-190) à avoir porté le maillot des Wizards, sans faire offense toutefois à Michael Jordan. Bradley Beal est actuellement le 37ème scoreur (11 425 points) et le douzième joueur le plus prolifique en carrière parmi tous les joueurs encore en activité avec près de 21 points de moyenne par match, ainsi que 4 rebonds et 4 passes.

    Une régularité au plus haut niveau qui le place logiquement parmi les meilleurs de la ligue sur la dernière décennie, mais surtout comme un joueur de plus en plus bankable, notamment depuis cette année. À 26 ans et avec une extension de contrat de près de 72 millions de dollars sur la période 2021-2023, Beal sera incontestablement l’un des joueurs les plus courtisés au moment d’entrer dans sa dernière année de contrat alors qu’il n’aura que 29 ans. Loin d’être arrivé alors au bout de son prime, l’arrière pourra tout à fait rejoindre les rangs d’une équipe prête à lui offrir un pont d’or et pourquoi pas la possibilité de remporter un titre. Mais avant ça, bien d’autres franchises continueront de venir se renseigner sur sa situation.

    Brooklyn Nets

    Il s’agit d’une rumeur qui a pris de l’ampleur au fil des dernières semaines. Après un recrutement clinquant l’été dernier, Brooklyn se serait mis en tête d’ajouter un troisième joyau à son roster encore convalescent pour la saison prochaine, de quoi faire fantasmer les fans. Le plaidoyer de Irving sur la nécessité de recruter une autre star pour l’année prochaine a bien été entendu par la direction new-yorkaise, ce qui impliquerait forcément plusieurs départs de joueurs pour libérer suffisamment de cap. Des profils comme LeVert, Allen, voire Taurean Prince intéresseraient dans un premier temps les Wizards qui pourraient rebâtir une équipe avec un noyau de jeunes à chaque poste et en récupérant même quelque futurs picks à la draft.

    L’ajout d’un profil comme celui de Bradley Beal offrirait ainsi une garantie au scoring loin d’être négligeable si le futur coach parvient à correctement répartir la gonfle entre Irving, Durant et Beal, mais apporterait aussi une solidité défensive sur l’extérieur précieuse, notamment au moment d’aborder les matchs couperets, Irving et Beal ayant déjà fait leur preuves dans ce domaine malgré des contextes différents. Au-delà de la question de la répartition du scoring et du leadership, se pose toutefois la question de la rotation et du futur supporting cast qui entourera ce trio potentiel, en particulier avec son secteur intérieur qui pourrait devenir son point faible le plus évident pour ses concurrents.

    Denver Nuggets

    Une équipe jeune, ambitieuse, pleine de promesses et agréable à regarder jouer, voilà l’endroit rêvé pour Bradley Beal. S’il est impossible de prédire si les Nuggets seraient disposés à mettre de côté durant un temps leur stratégie de développement des jeunes, une association Jamal Murray, Bradley Beal, Nikola Jokić aurait néanmoins sacrément de la gueule ! Denver a l’avantage d’avoir suffisamment d’actifs jeunes et promis à une belle carrière pour quelques uns d’entre eux (Garry Harris, Michael Porter Jr., Monte Morris), de quoi intéresser vraisemblablement les Wizards qui pourraient également récupérer au passage des assets quasiment en fin de contrat afin d’avoir du cap immédiatement disponible.

    Les Nuggets ont en effet besoin d’une valeur sûre en attaque, ce qui permettrait à Jokić de moins concentrer les critiques sur son rendement offensif et à Jamal Murray de libérer des espaces à la mène, facilitant ainsi la progression du jeune meneur et le basket du serbe. Jokić a surtout la réputation d’être un facilitateur dans le jeu, qui rend ses coéquipiers meilleurs grâce à son QI basket, de quoi permettre à Beal de s’éclater dans un tout nouveau registre. Denver même en se séparant de plusieurs éléments de son roster et de futurs choix de draft, conserverait encore de la marge, du fait de son savoir-faire en matière de recrutement et du travail remarquable de Mike Malone.

    Los Angeles Lakers

    En pleine quête de rachat et d’une nouvelle bague à ajouter à sa collection, LeBron James doit mettre toutes les chances de son côté et le recrutement d’un joueur du calibre de Bradley Beal serait une opportunité en or à saisir. Bien que ce scénario demeure presque irréalisable, Beal pourrait toutefois se laisser tenter par l’ambitieux projet des Lakers et la conquête d’un 17ème titre si seulement il n’avait pas prolongé son bail avec Washington. Car pour l’heure, hormis un Kyle Kuzma, dont les performances sont en dent de scie cette saison, et des go to guy recrutés sur la base de contrats courts, les angeliños n’ont guère mieux à proposer qu’un package Kuzma-KCP + une pelletée de futurs choix de draft pour tenter d’attirer l’arrière le tout en mettant sérieusement en péril l’avenir de la franchise à long terme.

    Par ailleurs l’entente du trio James-Beal-Davis sur un terrain reste encore à prouver. Même si le nouveau rôle de meneur de jeu all-around du King lui sied à merveille, son influence encore très prononcée au scoring et proche de celui de Beal pourrait faire de l’ombre à ce dernier qui devrait alors se contenter très probablement du troisième ratio offensif derrière Davis. AD bénéficierait certainement de plus de schémas offensifs, du fait de son poste et de son volume de jeu, ainsi que d’une meilleure entente avec James sur le terrain comme c’est le cas depuis le début de la saison, tandis que Beal jouerai un rôle de lieutenant qu’il n’a plus connu depuis ses débuts avec Washington.

    Miami Heat

    Plusieurs rumeurs envoyaient l’arrière du côté de la Floride l’été dernier et plus exactement le Miami Heat comme destination sérieusement envisagée. Le Heat s’était alors mis en tête de recruter un troisième joueur de calibre All-Star pour venir compléter la paire Jimmy Butler – Bam Adebayo. Riley pourrait en effet proposer un package de jeunes pousses, parmi lesquels, Kendrick Nunn, Duncan Robinson ou encore Tyler Herro, mais aurait en revanche plus de difficultés à proposer des futurs picks de draft, en raison des derniers trades, les floridiens ayant échangé leur 1er tour 2021.

    Mais l’association de Bradley Beal et de Jimmy Butler, plus encore que pour Adebayo qui s’illustre surtout pour ses qualités de joueurs polyvalent en défense et dans la circulation de la balle, repose sur le fait que Beal tiendrait un rôle de scoreur en attaque très similaire à celui qu’il occupe aujourd’hui aux Wizards, laissant ainsi le playmaking à Butler afin que ce dernier influence le jeu dans bien d’autres domaines, partageant ainsi les responsabilités du Heat. Son travail dans le jeu on/off ball et sa qualité de passe seraient complémentaires avec les deux joueurs qui bougent aussi très bien sur un terrain, sa régularité au scoring ainsi que son expérience en NBA malgré son jeune âge permettrait ainsi d’assurer des succès probants au troupes de Spoelstra.

    New Orleans Pelicans

    Parmi les équipes évoquées, les Pelicans sont très certainement les mieux placés pour attirer le joueur. Depuis qu’ils ont cédé Anthony Davis aux Lakers, la franchise de la Louisiane dispose du cap nécessaire pour absorber le contrat de l’arrière sans mettre en péril leurs finances et les futures négociations de prolongation de contrat (cf. Brandon Ingram), mais surtout de plusieurs first picks sur les quatre prochaines cuvées de draft, de quoi satisfaire les exigences de DC. Pour tenter d’attirer Beal, les Pels devraient pour cela se séparer dans un premier temps de l’actuel titulaire au poste, Jrue Holiday, ainsi que d’un espoir du genre de Lonzo Ball, Jahlil Okafor, Jaxson Hayes, Nickeil Alexander-Walker ou encore Josh Hart, une contrepartie toutefois raisonnable au regard des jeunes profils restants.

    Ce type de recrutement permettrait non seulement à NOLA de capitaliser sur l’objectif de renouer avec les playoffs, mais également de créer un lineup impressionnant et complet en tablant sur la progression du noyau des jeunes qui se sont particulièrement illustrés cette année. En conservant notamment Brandon Ingram et Zion Williamson, deux des joueurs les plus prometteurs à leur poste respectif, les dirigeants de la franchise devraient notamment disposer de suffisamment d’assets à échanger en vue de la FA 2021 qui s’annonce très fournie et qui pourrait se révéler être une mine d’or pour les Pelicans à long terme.

    Washington Wizards

    Et pourquoi pas choisir l’option de la stabilité finalement ? Rester aux Wizards encore plusieurs années, voilà une idée qui ne semble pas dénuée d’intérêt pour Beal. Le retour de John Wall, malgré les craintes liées à son niveau et le fait qu’il entre dans une période charnière de sa carrière, peut tout à fait coïncider avec un retour au premier plan de la franchise de DC, qui se mettrait alors en chasse pourquoi pas d’un joueur dominant dans son Frontcourt lors des prochaines FA, afin d’apporter notamment de la variété et un certain équilibre dans le jeu.

    Même si d’ici là Scott Brooks aura probablement fais voile vers une autre franchise, la possibilité de conserver le backcourt en l’état permettrait au Front Office des Wizards de rattraper le temps perdu en misant sur la fidélité des deux joueurs, une fidélité qui aura évidemment un prix au moment de constituer un roster suffisamment taillé pour jouer le titre. Il faudra alors confier cette équipe à des mains expertes, capables de miracle, tout en laissant les deux joueurs vedettes s’épanouir encore longtemps sous le maillot des Wizards. De l’aveu même du joueur, avoir un jour son maillot retiré par les Wizards aux côtés des Elvin Hayes, Earl Monroe et du regretté Wes Unseld (décédé la semaine dernière) serait une immense fierté.

    Le fait de vouloir un jour voir mon maillot retiré à Washington a joué un rôle dans les négociations. Chaque soir, dès que je rentre dans cette salle, j’y vois cinq noms là-haut, cinq joueurs parmi les plus grands de ce sport. Ça doit être très spécial d’être en mesure d’égaler ou de battre des records, et c’est déjà le cas depuis huit ans que je suis ici. Personne ne sait encore combien d’années il me reste à jouer, je ne suis qu’à l’aube de ma carrière.

    interview de The Undefeated
  • Le titre ou l’argent : Un dilemme important pour un joueur NBA

    Le titre ou l’argent : Un dilemme important pour un joueur NBA

    En ces temps difficiles, ClutchTime continue de vous offrir une immersion dans l’univers de la NBA et aujourd’hui, ClutchTime vous propose de découvrir un acte de grande classe que peu de joueurs dans la ligue ont eu le courage de réalisé, sacrifier l’aspect financier de sa carrière au profit de l’aspect sportif.

    Dirk Nowitzki, roi du sacrifice financier

    Que ce soit Dirk, en passant par Durant ou même Lebron, nombreuses sont les superstars de la NBA qui ont accepté ce que l’on appelle une « Paycut » pour pouvoir offrir à leurs franchises une réelle possibilité de constituer la meilleure équipe possible et même si cette pratique marche souvent, cela n’a pas eu un effet bénéfique pour tous.

    Une paycut est donc le fait de sacrifier une partie de son salaire potentiellement accessible, généralement dans le but d’améliorer l’équipe pour laquelle on joue.

    Un sacrifice réservé au Star ?

    Pour réellement parler de « sacrifice », il est rare de parler de simple role player et cela concerne très souvent les grandes Stars de la ligue.

    La raison est simple, les paycuts sont très souvent réalisés au détriment d’un possible contrat maximum par un joueur, et les seuls joueurs qui ont accès à ce type de contrats sont les Superstars de la NBA.

    Cependant, il est nécessaire de nuancer ce propos car certains joueurs qui ne sont pas considérés comme des Superstars ont déjà accepté de sacrifier une partie de leurs salaires pour l’équipe donc même si ce sacrifice concerne souvent les grandes stars, il ne leur est pas uniquement « réservé » .

    Un sacrifice irrespectueux envers les Stars ?

    L’idée est donc simple pour le joueur, sacrifier le côté financier de la NBA dans le but de mettre toutes les chances de son côté vers l’aspect sportif et même si cela peut sembler être une décision assez logique ou acceptable pour une personne qui ne suit pas la NBA, cette pratique est tout de même assez rare.

    À l’image des Chris Paul, Russell Westbrook ou même Stephen Curry, le contrat maximum reste le choix majoritaire et ultime d’une Superstar de la NBA mais également le choix logique lorsque l’on connaît la face cachée de cette pratique.

    Kevin Durant tenant son trophée de MVP des finales
    Source : Jason Miller/Getty Images

    Danny Chau, rédacteur du Ringer, avait notamment évoqué la question en s’appuyant sur le cas de Kevin Durant avec les Warriors :

    « Durant’s decision makes it painfully clear that it will always be the players who have to make ‘sacrifices,’ never the owners. »

    La décision de Kevin Durant montre clairement que ce seront toujours les joueurs et jamais les propriétaires qui feront les sacrifices.

    Cette critique vient directement de la signature de Kevin Durant pour un contrat avec une paycut qui aurait permis de signer Andre Iguodala et Shaun Livingston et donc de garder l’équipe intacte.

    Cependant, l’équipe aurait pu, en réalité, signer les 3 joueurs avec Kevin Durant au maximum en payant une Luxury tax, montant supplémentaire imposée par la ligue dès lors qu’une franchise dépasse la limite des salaires de son équipe. Plus l’équipe dépasse cette somme, plus elle doit payer.

    On voit donc un réel problème d’éthique et une possible manipulation de certaines organisations envers leurs joueurs et cette problématique ne va pas s’atténuer suite à la hausse des salaires chaque année en NBA et la multiplication de bons joueurs qui s’imaginent déjà être Superstar.

    Un sacrifice nécessaire à la réussite d’une franchise ?

    Depuis 2010, presque toutes les équipes championnes, voire même finalistes ont connu au moins un joueur qui n’était pas payé à sa juste valeur.

    Que ce soit un choix volontaire ou non, il est presque indispensable d’avoir des joueurs qui sacrifient l’aspect financier de leur carrière au profit de l’aspect sportif et cela s’applique au Star mais aussi à d’autres joueurs très importants.

    Par exemple, Ray Allen avec Miami en 2013 était payé environ 3 millions l’année a 37 ans et même si cela semble être normal, lorsque l’on voit son apport sur les finales 2013, on peut se dire qu’il en valait un peu plus tout de même.

    Dans un autre registre, le salaire du MVP de la saison 2015, Stephen Curry, qui remportera les finales NBA avec un salaire de seulement 11 millions la saison et même si cela est logique vu que c’est un contrat signé quelques années auparavant, cela reste un cas de joueur sous payé par rapport à son apport sportif.

    Pour ne pas s’éparpiller, nous allons nous concentrer ici sur les principaux joueurs dans certaines franchises qui ont sacrifié une partie de leur salaire au nom de l’équipe et surtout dans le but ultime de remporter un titre, même si cela a plutôt bien fonctionné pour beaucoup d’entre eux, cela n’a malheureusement pas toujours été le cas.

    Les cas importants et récents de sacrifice financier :

    I. Le Big Three de South Beach en 2010

    « Not one, not two, not three, not four.. » on connaît la suite hein..
    Source : Steve Mitchell/US Presswire

    Le 8 Juillet 2010, The decision choque l’univers de la NBA car un certain Lebron James quitte Cleveland après 7 ans passées dans l’Ohio, pour rejoindre Dwyane Wade et Chris Bosh sous le soleil de Miami.

    Cependant, cette association de trois superstars semble difficile à mettre en place car trois contrats maximum à cette époque auraient été un réel problème pour créer une équipe compétitive. Heureusement, les trois superstars ont abandonné plusieurs millions (18 millions pour Lebron James) afin d’offrir une possibilité à l’organisation de Miami d’ajouter des pièces importantes à cette équipe déjà bien bâtie pour jouer le titre.

    Ce sacrifice financier s’est révélé être au moins aussi précieux qu’inestimable, car plusieurs joueurs solides vont réussir à choper un contrat tel que Udonis Haslem, la légende de Miami mais également Shane Battier, Chris Andersen ou encore le seul et l’unique Ray Allen qui sera la pièce maîtresse d’un certain game 6 des finales de 2013.

    II. Dirk Nowitzki : Le Roi du sacrifice salarial

    Dirk, honoré lors de son dernier match au AAC
    Source : J. Miron/USA Today/Reuters

    194 millions de dollars, c’est ce que le Wunderkid a sacrifié dans sa carrière pour les Mavericks. Cette somme, bien qu’incroyable, est à l’image de la générosité du géant Allemand.

    Champion en 2011, Dirk Nowitzki avait vécu son rêve de titre mais ses envies ne s’arrêtaient pas là, il voulait plus et surtout, offrir un nouveau titre à la ville de Dallas. C’est en 2014 que Dirk va démontrer tout son amour pour la franchise texane.

    Lors de l’intersaison de 2014, les Lakers et les Rockets lui offrent un contrat avec pas moins de 97 millions sur 4 ans et même si 99% des joueurs auraient pris l’une de ses offres, Dirk les a toutes refusées.

    En effet, le 15 Juillet 2014, il choque le monde de la NBA en signant un contrat de 25 Millions de dollars sur 3 ans avec les Mavericks ce qui signifie un sacrifice de 72 millions de dollars, non seulement pour rester dans son équipe de toujours mais surtout pour continuer à être compétitive.

    Malheureusement, les Dieux de la balle orange ne récompenseront pas son sacrifice respectable car même si Tyson Chandler reviendra durant l’été 2014, Shawn Marion quittera lui les Mavericks pour rejoindre les Cavaliers, laissant une équipe des Mavericks trop faible, qui sera éliminée au premier tour des Playoffs par les Rockets.

    Cependant, cela n’empêchera pas Dirk de renouveler cette acte de générosité quelques années plus tard en 2017, lorsqu’il refusera une player option de 25 Millions de dollars pour prendre un contrat de 10 Millions sur 2 ans et une seconde année en Team Option, vraiment un grand homme ce Dirk.

    III. Le Big Three Texans des Spurs

    Le big Three des Spurs, dans l’ordre :
    Tony Parker-Manu Ginóbili-Tim Duncan
    Source : Agence France-Presse

    En 2010, Tony Parker signe une extension de 4 ans pour 50 millions de dollars avec les Spurs pour garder une équipe compétitive et même si ce contrat reste tout à fait acceptable.

    Il est important de rappeler que Tony Parker est un joueur qui se retrouve dans les discussions pour le titre de MVP en 2012 tout en étant payé comme un role player.

    Toutefois, le sacrifice financier est une habitude du côté des Texans de San Antonio et c’est surement l’une des raisons pour lesquelles ils ont réussies à rester si compétitifs pendant autant d’années.

    En effet, a côté de Tony Parker, les joueurs importants du roster ont également sacrifié leurs salaires tels que Manu Ginóbili ou encore Tim Duncan qui aura réduit son salaire de plus de 11 millions de dollars.

    D’ailleurs, leurs sacrifices n’auront pas été en vain car des joueurs comme Thiago Splitter, Boris Diaw, Danny Green ou encore Marco Belinelli seront recrutés et le 15 Juin 2014, la franchise soulèvera le 5ème titre de leurs histoires qui sera la plus grosse récompense imaginable pour leurs sacrifices financiers.

    IV. Kevin Durant et la franchise Californienne

    Kevin Durant durant sa présentation avec les Warriors
    Source : Noah Graham/NBAE / Getty Images

    Après avoir réalisé l’un des mouvements les plus discutables de l’histoire de la NBA sur le marché de la Free Agency, le 4 Juillet 2016, Kevin Durant s’est engagé dans la franchise des Warriors dans le but précis de gagner un titre et de « sortir de sa zone de confort ».

    Pour ce faire, il a réalisé un sacrifice financier assez important pour la superstar qu’il était à l’époque et même le coach des Warriors, Steve Kerr, avait rappelé dans une interview que Kevin Durant lui rappelait Tim Duncan qui, lui aussi, avait réalisé plusieurs sacrifices financiers dans sa carrière pour garder une équipe compétitive.

    Dans le cas de Kevin Durant, son sacrifice permet à son équipe de conserver Iguodala et Livingston qui étaient deux grosses pièces du back to back de 2017 et 2018.

    Pendant une grande partie de ses années au Warriors, il a sacrifié une somme très importante d’argent en prenant des petits contrats de 1 an + 1 année en player option à 25 millions l’année ce qui était presque 10 millions de sacrifié par an.

    Ce sacrifice est critiquable dans beaucoup d’aspects, que ce soit sur le fait que la franchise aurait pu tout de même conserver les 2 joueurs nommés ci-dessus, sans avoir à sous payer Kevin Durant mais également sur le fait que son sacrifice ait été fait afin de rejoindre une équipe surpuissante qui était un choix contestable pour beaucoup de fans.

    Dans tous les cas, Kevin Durant a fait un choix qui lui a permis de repartir du soleil Californien avec deux titres et deux trophées de MVP des Finales en poche et tout cela pour rejoindre la Big Apple et un contrat maximum avec les Nets dans le but d’écrire une nouvelle page de son histoire.

    V. L’agent 0 et son geste mémorable envers A. Jamison

    Le n°4, Antawn Jamison avec Gilbert Arenas, le n°0
    Source : Rocky Widner/Getty Images

    Ici, on ne parle pas réellement d’un joueur qui a sacrifié son salaire dans le but principal d’obtenir un titre mais il était nécessaire de parler de l’acte respectable de Gilbert Arenas envers son coéquipier de l’époque, Antawn Jamison.

    Tout d’abord, dès 2006, Gilbert Arenas montre les signes d’une superstar qui souhaite gagner un titre au détriment de l’argent. Lors de l’intersaison de 2006, il accepte une réduction sur son salaire pour signer de bons joueurs mais se retrouve « malheureusement » coincé au milieu de Darius Songaila et DeShawn Stevenson (vous vous rappelez du premier nom ? moi non plus) qui ne seront d’aucune aide pour un agent 0 bien trop seul.

    C’est finalement le 9 Juin 2008 qu’il se retrouve agent libre et offre un geste de grande classe après la désillusion de 2006, annonçant clairement durant une séance média qu’il allait laisser son coéquipier, Antawn Jamison, prendre ce qu’il souhaite sur son contrat en se contentant du reste.

    « Just sign Antawn first and then I’ll take the pay cut, to keep the team intact, »

    Signer simplement Antawn en premier et je réduirais mon salaire pour garder l’équipe intacte

    « We’ve been together six out of my seven years. I told him, whatever he wants, give it to him, and I’ll take the pay cut. »

    On a été ensemble pendant 6 de mes 7 années ( dans la NBA ). Peu importe ce qu’il veut, donner lui et je prendrais la réduction nécessaire sur mon salaire

    Finalement, au lieu d’avoir un contrat maximum de 124 Millions sur 6 ans avec les Wizards, ou de prendre un contrat de plus de 100 millions sur 5 ans que lui proposaient les Warriors il ne prendra que 111 millions sur 6 ans avec les Wizards.

    Même si cette décision a très mal fini avec une absence en play-offs et des malheurs sur les terrains comme en dehors, il est important de saluer ce geste réalisé en Juin 2008 qui semble être inimaginable de la part des stars d’aujourd’hui.