Attendus comme gros favoris au titre en début de saison, les 76ers en sont bien loin. Siégeant à la 6e place de la conférence Est et produisant un jeu pas très esthétique, les yeux seront alors rivés sur l’équipe de Brett Brown lors de la reprise à Orlando, d’autant plus quele sélectionneur de l’Australie a dévoilé un tout nouveau cinq majeur pour le retour de la NBA
La nouvelle rotation
La nouvelle rotation de Brett Brown devrait se présenter de la manière suivante : Pg Shake Milton Sg Josh Richardson Sf Tobias Harris Pf Ben Simmons C Joel Embiid 6– Al Horford7– Matisse Thybulle8– Furkan Korkmaz 9– Alec Burks 10– Glenn Robinson 11– Norvel Pelle 12– Raul Neto
Pourquoi changer ?
Est-ce vraiment bénéfique pour un coach d’effectuer un tel changement à 8 matchs des play-offs? Cela pourrait engranger un manque d’automatisme et de cohésion sur le parquet lors des play-offs car 8 matchs et quelques scrimmages c’est relativement peu.
Le principal problème du 5 tall ball (4 joueurs de plus de 2,03m et un de 1,98m) de Brett Brown cette saison est que cela créé un embouteillage dans et près de la raquette, due à un grand manque de spacing. Résultat, une flopée de pertes de balle, 18e en offensive rating, 19e en 3 points marqués et combien de fois a-t-on vu Embiid, Bennie et Horford s’emmêler les pinceaux ! La meilleur stat pour confirmer ce fait est le TS% (true shooting%) de Embiid + Simmons, car quand Al Hoford n’est pas sur le terrain, il est de 66.6%, mais quand il est sur le terrain, il n’est que de 55.2%
Milton a-t-il les épaules pour être titulaire ?
Sniper Shake a explosé aux yeux du grand public lors du road trip de 4 matchs des 76ers en Californie avec des stats de 21.2 points 4 passes 1.7 interceptions et 51% à 3 points. Son match référence : 1er mars contre les Clippers, antenne nationale, 39 puntos 5 passes, 7 sur 9 à 3 points, 70% fig et seulement 1 perte de balle. Il en profite pour égaler un record all-time de tirs à 3pts consécutifs réussis avec 13 réalisations (rejoignant Terry mills et Brent Price), rien que ça.
Il joue très bien, il peut shooter, il a un QI très élevé et il peut aller au cercle. C’est quelqu’un avec qui on peut jouer. Il a parcouru un long chemin depuis que je l’ai vu jouer. Il continue de se développer et il ne fait que s’améliorer
Ben Simmons sur Shake Milton
Titularisé seulement 16 fois cette saison, le combo guard ne sera pas vraiment utilisé comme un meneur. Il aura principalement 2 tâches :
Premièrement, il jouera le pick-n-roll avec Simmons. Les 76ers sont seulement 29e en utilisation du pick-n-roll cette saison, Brett Brown compte y remédier en ajoutant cette arme dévastatrice à leur jeu. Milton n’est pas encore un playmaker élite, néanmoins, il détient une bonne vision de jeu et est très intelligent dans sa prise de décision.
Deuxièmement, Milton sera utilisé en tant que spot up shooteur ; avec ses 50% fig et ses 45% à 3pts sur la saison, cela ne sera pas un gros problème pour sniper shake.
Bennie au poste 4 !
Ce qu’il faut savoir avant tout c’est que Simmons sera le principal créateur de l’équipe, il sera juste un peu plus utilisé en off-ball.
C’est tellement facile de jouer avec Ben car il n’est pas égoïste. Notre entente sur le terrain continue de grandir et elle continuera étant donné qu’on va jouer plus souvent ensemble et notamment sur pick and roll.
Shake Milton sur Ben Simmons
Comment utiliser Simmons en off-ball avec son tir inexistant ? Le pick-n-roll. Sa vitesse, sa puissance, ses qualités athlétiques, son Qi et sa finition sont de redoutables atouts pour un bon poseur d’écran et un roll man. On l’a déjà un peu vu dans ce rôle en Janvier/Février, où il jouait le pick-n-roll majoritairement avec Josh Richardson. Les résultats étaient plutôt bons avec des excellents matchs, contre les Rockets (29pts 13/20, 13reb 11ast 3stl 4blk), contre les Nets (34pts 12/14, 12reb 12ast 5stl 2blk)… Simmons est sciemment laissé seul par ses adversaires car il ne tire pas bien (ou il ne tire pas du tout), Milton pourra donc facilement le trouver à mi-distance sur pick-n-pop et même à 3pts dans le meilleur des mondes.
Il tire beaucoup plus souvent à trois points lors des entraînements. Il se sent bien et je sais qu’il reçoit beaucoup de supers encouragements de la part de ses coéquipiers
Brett Brown sur Ben Simmons
À noter que Simmons excelle aussi en cut, il est 59e percentile avec 1.33 points par possession et il inscrit 3.3 points par match (top 10).
Watched as many possessions as I could with Shake Milton initiating the offense and Ben Simmons operating as a big. What I think most gives the pairing potential: Ben Simmons' catch radius as a lob threat and his instinctual nature as a cutter. Here are a few of the best plays: pic.twitter.com/gqOejvJq1Q
L’ajout de Milton impacterait-il la 6e meilleure défense de NBA ? Légèrement, car même s’il n’est pas un excellent défenseur il pourra apporter une défense décente du périmètre contre le meneur adverse. Surtout qu’à côté de lui il y aura l’excellent soldat Josh Richardson, toujours prêt à faire vivre un enfer à l’extérieur adverse (les extérieurs adverses tournent à 38.4% contre lui).
Et ils pourront toujours compter sur le potentiel Defensive player of the year, Benjamin Simmons, qui se chargera de lockdown le meilleur joueur adverse peu importe son poste à part s’il s’agit d’un pivot ; car Joel « the process » Embiid est là pour écraser n’importe quel adversaire qui se présentera dans sa raquette.
En bref, les 76ers seront hyper solides en défense malgré la présence de Shake Milton.
Horford et la 2nd unit
Qu’il soit titulaire ou sur le banc, Horford apportera sa grande expérience et son excellente défense. Jusque-là, il était beaucoup utilisé en tant que spot-up shooteur pour que Embiid puisse avoir de la place à l’intérieur mais ce n’est absolument pas son rôle. Le pivot 5 fois all star sera un 6e homme de luxe et pourra dépanner lors des absences/load management du très fragile Joel Embiid.
La 2nd unit des 76ers sera aussi très solide de par la présence du rookie chien de chasse, Matisse Thybulle, des shooteurs Furkan Korkmaz (40% à 3pts) et Mike Scott (36% à 3pts), et du très serviable Alec Burks.
Horford laissant sa place de titulaire à Milton pour augmenter le spacing, Milton sera donc utilisé en faux poste 1 et Simmons en faux poste 4, situation très similaire à celle de LeBron et Irving au Cavaliers. Cela permet aussi de renforcer la 2nd unit.
Dans le détail, on remarque que Simmons était déjà un peu utilisé dans ce rôle la saison dernière en play-offs dans la lineup Simmons-Redick-Butler-Harris-Embiid, qui s’apparentait plus à une lineup Butler-Redick-Harris-Simmons-Embiid.
Nous sommes en 2020 après Jésus-Christ. Toute la NBA est occupée par les intérieurs qui stretchent… Toute ? Non ! Un joueur doté d’un don unique au poste bas résiste encore et toujours à l’envahisseur. Et la vie n’est pas facile pour les garnisons de joueurs NBA des franchises retranchées de Troipointum, Stretchum, Houstonum et Brouquelopaizum… Son nom ? Joel Embiid.
Triple All-Star, et possédant 2 présences dans une All-NBA
Team en seulement 4 années « complètes » au sein de la ligue, Joel
Embiid est là où on l’attend : dans la catégorie des piliers de la NBA.
Alors que son équipe, les Philadelphie 76ers, est, avant que la NBA reprenne, 6ème dans la conférence Est, Joel ne cesse d’évoluer et d’atteindre les sommets dans le jeu au poste bas 1 . Depuis quelques années déjà, Joel fait parler de lui dans ce domaine. Workouts avec Hakeem Olajuwon, volonté de jouer au poste bas, prise de poids conséquente… Tous les ingrédients sont réunis pour fabriquer un cocktail détonant.
On peut même parler d’un joueur à
contre-courant, dans un angle parallèle qui le maintient au poste bas
contrairement à la plupart des autres joueurs intérieurs qui veulent de plus en
plus s’écarter du cercle.
Est-ce tout simplement une volonté d’être efficace ?
On sait grâce aux statistiques, et grâce aux points par possession (PPP) 2 , que les 3 points rapportent plus par possessions que les 2 points « longs ». Dans le cas de Joel Embiid, les tirs au poste bas rapportent seulement 0,90 PPP… Soit un tout petit plus que les 2 points « longs » (0,85 PPP) et bien moins que les 3 points (1,15 PPP) ! Mais alors, pourquoi tenter des tirs au poste bas ?
Peut-être s’agit-il d’une simple exploitation de ses forces et faiblesses, avec un petit mais correct 32,2% à 3 points accompagné d’un bon 52,3% à 2 points en carrière ? Ou alors une simple volonté de dominer là où il a peu de concurrence ?
Nous tenterons de répondre à cette question tout au long de
l’article… Mais avant de voir en profondeur l’impact de Joel Embiid dans ce
domaine, parlons de son équipe. Que valent les 76ers au poste bas ?
On s’en doute, avec un joueur impactant comme Embiid à l’intérieur, Philadelphie a toutes les armes pour dominer la ligue dans cet aspect. Résultat : les 76ers ont le plus grand nombre de possessions par match au poste bas.
Graphique représentant le nombre de possessions par match au poste bas pour chaque équipe
12,6 possessions par match ! C’est 12,7% de leurs possessions totales sur un match, soit plus que quiconque dans la ligue. C’est également près de 4 possessions de plus que le second au classement, les Los Angeles Lakers.
Ce chiffre a complètement explosé depuis les premiers matchs d’Embiid au Wells Fargo Center. Eux qui étaient, durant le « Process », habitués aux bas-fonds dans ce domaine, ont trouvé un second souffle avec l’arrivée du pivot en provenance des Jayhawks de Kansas.
Graphique représentant le nombre de possessions par match au poste bas pour chaque équipe depuis la saison 2015/16
Mais il ne suffit pas d’avoir un grand nombre de possessions pour s’imposer comme les patrons de la NBA. Il faut être efficace et scorer. C’est ici que les 76ers créent un gap avec le reste des franchises. Avec 1 point par possession de moyenne, ils se logent à la 2ème position de la ligue, avec seulement Atlanta devant eux.
Le calcul est vite fait. 1 PPP pour 12,6 possessions, cela fait 12,6 points par match au poste bas, soit 11,5% de leurs points totaux. Plus que toute la ligue, encore une fois.
Graphique représentant les points par possession au poste bas pour chaque équipe
Joel Embiid a su impacter son équipe et la propulser aux sommets de la NBA dans un domaine en perdition. Mais en est-il le seul architecte ? Qu’en est-il aujourd’hui ? Que vaut Joel Embiid au poste bas ?
Que vaut Joel Embiid au poste bas ?
Nous l’avons abordé un peu plus tôt : Joel Embiid a un talent monstrueux au poste bas. Mais comment cela se répercute sur ses statistiques ?
Il n’a pas toujours été à ce niveau-là. Ses premières années ont même été compliquées dans ce domaine. Nous avons vu que l’arrivée de Joel a engendré une augmentation du nombre de possessions chez les 76ers un peu plus tôt dans l’article, mais ce dernier n’a pas toujours été efficace.
Graphique représentant l’évolution des percentiles de Joel Embiid et des Philadelphie 76ers depuis les débuts d’Embiid en NBA
Preuve irréfutable de l’impact d’Embiid sur son équipe, les courbes concernant le percentile 3 au poste bas sont quasiment similaires dans le temps. Le joueur progresse d’années en années et fait progresser son équipe dans la même direction.
Quelle est la limite sur cet aspect ? Pourront-ils
aller chercher plus haut ? Étant
pour la première fois dans les 10% les plus efficaces de la ligue, quelle
pourrait être la suite pour eux ?
Lui qui possède déjà le plus grand pourcentage de points procurés par le poste bas, pourra-t-il creuser encore plus l’écart ?
Graphique représentant le pourcentage de points procurés par le poste bas lors de la saison 2019/20
Il domine tellement que l’écart semble difficile à combler pour le reste de la ligue. Ses statistiques, quand on les compare aux autres joueurs, sont tout simplement affolantes. Il est seul, tout en haut. C’est un véritable patron.
Graphiques représentant les PPP et le percentile de tous les joueurs NBA en fonction de leurs nombres de possessions par match
On le remarque bien, tout cela est assez représentatif, mais comparons quand même avec l’une des plus grandes menaces au poste bas de la NBA : Nikola Jokic.
Tableau comparatif de statistiques au poste bas entre Joel Embiid et Nikola Jokic sur l’exercice 2019/20
Dans les statistiques majeures au poste bas, on remarque directement la domination d’Embiid. Il surpasse Jokic dans toutes les statistiques, mis à part le pourcentage aux tirs, où il possède tout de même un excellent 52,4%.
Et tout cela en ayant joué 21 matchs de moins que la star des Denver Nuggets. C’est vraiment impressionnant.
Tous ces points montrent une fois de plus un talent incroyable, et une utilisation massive de ce super-pouvoir depuis quelques années, augmentant rapidement le taux de possessions au poste bas dans son équipe. Mais à quel prix ? Doit-il monopoliser le jeu au poste bas et ne pas en laisser aux autres ? Serait-ce un bonus pour Philadelphie, surtout quand on voit sa production ?
Analysons cet aspect à travers un graphique.
Graphique représentant le pourcentage des possessions d’Embiid (sur les possessions totales de 76ers) et les points par possession des 76ers depuis l’arrivée d’Embiid
Depuis l’arrivée d’Embiid en NBA, on peut remarquer que les 76ers n’ont fait que progresser dans ce domaine. Cependant, cette augmentation du nombre de points par possessions peut être liée à un autre fait : les 76ers jouent plus au poste bas de manière générale.
Comment le sait-on ? Dans un système qui lui a accordé
de plus en plus de possessions au poste bas, le pourcentage qu’il obtient dans
les possessions totales de l’équipe est en baisse. Une contradiction des plus
totales.
A terme, cela pourrait devenir terriblement létal. Encore faudrait-il que Philadelphie possède d’autres joueurs talentueux au poste… Après avoir connu Boban Marjanovic (2,1 possessions, percentile de 74), ils sont désormais parents d’Al Horford (2,9 possessions, percentile de 42) sans compter la présence de Ben Simmons et ses 2,3 possessions et son percentile de 28,3 en carrière…
Joel est talentueux c’est sûr. Le groupe progresse à ses
côtés, mais cela ne suffit pas encore. Ce n’est pas encore suffisamment
rentable. Peut-être faudra-t-il des éléments plus performants à ses côtés ?
Peut-être une réduction du nombre de possessions ?
Beaucoup de questions et d’incertitudes, mais abordons tout de
suite la dernière partie de cet article : comment arrive-t-il à être autant
dominant ?
Comment Joel Embiid domine-t-il au poste bas ?
Dans cette dernière partie, nous allons analyser deux séquences au poste bas jouées par Joel Embiid, afin de découvrir comment arrive-t-il à afficher des statistiques aussi impressionnantes.
Ces séquences ont été prises lors de la saison 2019/20, afin d’avoir une expertise plus précise du phénomène.
Pour la 1ère action, prenons la direction du
Wells Fargo Center, lors du match des 76ers contre les Minnesota Timberwolves
le 30 octobre dernier. Philadelphie, alors sur un bilan de 4 victoires pour 0
défaites, mène 34 à 24 durant le 2ème quart-temps.
Les Timberwolves viennent de perdre le ballon sur une faute offensive de Noah Vonleh. L’attaque est longue, vient un tir, puis un rebond offensif. Le ballon circule et arrive dans les mains de Mike Scott (n°1). Robert Covington défend sur lui à une bonne distance, ne pouvant le laisser tirer à 3 points facilement (Mike est à 45% à 3 points dans cette zone en 51 tirs cette saison) et driver facilement.
Il reste 8 secondes sur l’horloge des 24 quand Joel Embiid (n°21) vient se présenter au poste bas du côté du ballon, proposant une solution de passe. Noah Vonleh, qui défend sur lui, subit le duel physique engagé, laissant l’avantage au pivot des 76ers.
Mike Scott, voyant Embiid démarqué, n’hésite pas une seule seconde et lui donne le ballon. Vonleh ne veut même pas contester l’arrivée du ballon, alors que Joel Embiid produit une petite erreur. En effet, il rompt le contact avec son vis-à-vis alors que le ballon n’est pas encore dans ses mains. De plus, il n’a pas du tout les yeux fixés sur Vonleh, qui aurait pu saisir l’occasion afin d’intercepter le ballon.
Le reste des joueurs est plutôt bien placé. On imagine tout
de même que Tobias Harris (n°12) ne va pas tarder à gêner le futur porteur de
balle, étant donné son placement. Il faudra donc qu’il se déplace, dans le corner
gauche par exemple.
Une fois qu’il a réceptionné le ballon, Embiid se replace directement face au cercle, afin de montrer aux 5 défenseurs qu’il va être dangereux et possiblement attaquer le cercle. Il attire directement le regard des différents Timberwolves sur le terrain, délaissant alors leurs vis-à-vis. Ces derniers pourront devenir de potentielles menaces à 3 points lors d’un potentiel tir à la dernière seconde de l’horloge.
Joel Embiid, un peu penché vers l’avant et fléchi, protège bien son ballon en l’éloignant le plus possible de Vonleh. L’écart entre ses deux pieds est très long, provoquant indirectement un avantage lors d’un éventuel départ en dribble .
A l’opposé, Furkan Korkmaz (n°30) tend à se déplacer aux alentours du corner gauche, pendant que son défenseur ne le regarde plus. Tobias Harris, lui, ne s’est toujours pas déplacé et reste un potentiel obstacle au bon déroulement de l’action.
Ça y est. Joel Embiid décide de franchir le pas et de déstabiliser
son adversaire. Le ballon revient face à lui, et il exécute une feinte de corps
en direction de l’axe. Le footwork est parfait, il est très bien équilibré. Vonleh
reste les pieds ancrés au sol et aura un temps de retard pour la suite de l’action.
En une demi-seconde, le pivot des 76ers vient de passer de potentielle menace à
danger immédiat.
C’est le fait qui fait basculer l’action. Vonleh a perdu le
duel.
Alors que Mike Scott est quasiment sorti du champ de la caméra
de retransmission, les autres joueurs restent immobiles, avec les deux
extérieurs toujours prêts à recevoir le ballon à 3 points, et Tobias… qui décide
de ne pas bouger.
Avec l’avantage qu’il a su prendre, Embiid a réussi à dépasser
son vis-à-vis avec son épaule, symbole d’un 1 contre 1 réussi. Cependant, il s’emmêle
les pinceaux et manque de perdre le ballon lors de son 1er dribble. Vonleh
en profite pour tenter de rattraper le retard accumulé depuis la feinte de corps.
Josh Okogie, défenseur sur Tobias Harris, ne doit pas sentir le danger arriver, et décide de ne pas venir aider son coéquipier.
Tandis que Embiid tente de se rattraper après un dribble peu convaincant, Josh Okogie décide enfin de venir en aide défensive… sous le cercle. Petit rappel : il y a 20 cm et 17 kilogrammes d’écart entre les deux joueurs. L’aide est trop tardive et son utilité est nulle. Vonleh tente de pousser (sans faire faute) Embiid le plus loin du cercle pour qu’il n’ait aucune solution de tir.
Mais le mal est fait, Embiid résiste et va pouvoir s’offrir
une chance de scorer.
Tobias, qui semble attiré par le ballon, se rapproche de l’action,
formant un amas de 4 joueurs dans un petit espace.
Malgré tous ces obstacles et cet amas, Embiid réussit à écarter les deux défenseurs, à placer Vonleh dans son dos, et ainsi, à se retrouver dans une bonne position pour tirer.
Résultat : 2 points produits, un run de 6-0 entamé, et une démonstration de la puissance d’Embiid.
1ère séquence en vidéo
Voyons maintenant la 2ème et dernière situation.
Nous sommes toujours au Wells Fargo Center, le 24 février dernier, pour la confrontation
entre les 76ers et les Atlanta Hawks. C’est durant ce match que Joel Embiid enregistra
son record de points sur la saison avec 49 unités dont 22 dans le dernier
quart-temps.
Et c’est justement au début de ce quart-temps que ce déroule
l’action.
Le début de la séquence se déroule de la même manière que la 1ère séquence. L’attaque est longue, vient alors un tir, puis un rebond offensif et Joel Embiid, en fin de possession se retrouve isolé un peu au large, ballon en main. Dewayne Dedmon défend sur lui. Ils sont un peu décalés par rapport au poste bas, après que Dedmon l’ait repoussé.
L’isolation est bien réalisée, avec ses 4 coéquipiers
répartis autour de la ligne à 3 points.
On peut directement voir certaines similitudes dans la posture
d’Embiid : ballon excentré pour l’éloigner du défenseur, largeur des
appuis supérieure à celle de son vis-à-vis, corps totalement orienté vers le
cercle pour montrer la menace….
La prise de décisions est rapide, l’orientation est claire
et laisse Dedmon sur place. Encore une fois, Embiid nous montre qu’il possède l’un
des meillleurs footworks de la ligue. Son équilibre est parfait lors de cette
prise de décision.
Le moment décisif une fois de plus. Dedmon ne le sait pas
encore, mais il sera en retard.
A l’opposé, le regard de Jeff Teague (n°00) va être
intéressant à suivre. C’est le joueur prioritaire pour l’aide défensive, mais à
l’instar de Josh Okogie tout à l’heure, le rapport de force est trop grand pour
lutter.
Cette fois-ci, pas de problèmes lors du 1er dribble,
et Embiid réussit tranquillement à passer son épaule et son bras au-delà de son
vis-à-vis. Le 1 contre 1 est une fois de plus parfaitement maîtrisé, et Dedmon
ne peut que subir.
Jeff Teague, quant à lui, semble hésiter à venir en aide défensive. Il n’a pas encore passé l’axe panier-panier alors que le pivot des 76ers est bientôt au cercle… Situation bien compliquée pour les Hawks…
Ça y est, Joel Embiid a complétement fait exploser la
défense de Dedmon. Il l’a totalement pris de vitesse, n’ayant plus aucun obstacle
vers le cercle. Il reste 6 secondes sur l’horloge des 24.
Jeff Teague, finalement n’est pas venu, mais il est également responsable de la rotation défensive qu’est en train de produire Cam Reddish (n°22 des Hawks) sur Shake Milton (n°18).
Cette rotation laisse le champ totalement ouvert à l’intelligent
Al Horford (n°42) qui réalise la coupe parfaite, pouvant amener deux points.
L’autre moment décisif dans cette action. Doté d’un QI basket très élevé près du basket, Joel Embiid sent la menace du contre. Il décide alors d’exécuter une feinte de tir, dans le but de faire sauter Dedmon. La feinte fonctionne, Dedmon se retrouve vite en l’air et Embiid n’a plus d’obstacles vers le cercle.
Le retour de De’Andre Hunter ne changera pas le cours de l’action. Joel Embiid vient une fois encore de démonter sa superiorité face à des Hawks déboussolés. Et comme si cela ne suffisait pas, il se permet même de dunker sur Hunter.
2ème séquence en vidéo
Ainsi s’achève notre deuxième article sur les super-humains de la ligue, avec la présence de Joel Embiid, l’un des derniers combattants, vaillant et courageux seigneur du poste bas. C’est avec une très grande maîtrise des fondamentaux et de ses forces qu’il règne sur la NBA. Reste à savoir maintenant si le groupe qu’il dirige saura l’accompagner et être digne de ce domaine en perdition…
Le poste bas : emplacement sur le terrain situé aux abords de la raquette, proche du cercle.
Les points par possession (ou PPP) : statistique prenant en compte le nombre total de points marqués sur le nombre total de possessions.
Le percentile : calcul effectué sur l’ensemble des joueurs de la NBA en fonction des points par possession. Plus le PPP est haut, plus le percentile sera élevé. Si un joueur possède un percentile de 100, cela signifie que personne dans la NBA n’a un PPP aussi grand que lui. Et inversement pour un percentile de 0… Mais c’est moins glorieux…
Pour vous faire patienter avant que
la NBA ne reprenne, Clutch Time vous propose de revoir les actions
les plus « clutchs » de la saison 2019-2020. Un layup
pour égaliser dans la dernière minute, un tir pour passer devant au
buzzer ou un lancer-franc pour la gagne, voici notre douzième numéro
quelques actions offensives qui ont marqué le mois de février.
Dans la catégorie :
Game Winner
Spencer Dinwiddie (Brooklyn Nets)
10/02/20 : @ Indiana, victoire
106-105
Deuxième apparition du meneur des Nets
dans notre série Clutch Action. Le staff n’hésite pas à lui
confier des responsabilités dans le money time. Et pourtant, ce
match fut loin d’être une réussite pour Dinwiddie avec un vilain
0/7 de loin sur le parquet d’Indiana. C’est dans le 4e quart-temps
qu’il s’est réveillé en inscrivant 11 points dans ce game winner à
5 » du buzzer sur le nez de Malcolm Brogdon. Ce dernier manqua sa
tentative de loin pour remporter le match. Une victoire qui a
sûrement fait du bien au moral des Nets au beau milieu d’une saison
morose.
Dans la catégorie :
Pour arracher la prolongation
Langston Galloway (Detroit Pistons)
12/02/20 : @ Orlando, défaite
112-116 OT
https://www.youtube.com/watch?v=DtmvrlVReds
Les fans de l’Amway Center ont eu la
chance d’assister à une fin de match palpitante. A 7 » du buzzer,
Nikola Vucevic rentre son seul tir à 3pts du match. Un panier
quelque peu chanceux avec les rebonds favorables que l’on qualifiera
de « Kawhiesque ». Detroit utilisa son dernier temps mort
et envoya sur le terrain Reggie Jackson et Markieff Morris. Et
pourtant, ce fût le rôle player Langston Galloway qui eu l’honneur
sur catch and shoot d’accrocher la prolongation. L’écran de
Christian Wood est bien exécuté pour que Markelle soit en retard.
En revanche, pas de miracle lors des 5′ supplémentaires avec une
victoire pour le Magic.
Gary Harris (Denver Nuggets)
12/02/20 : vs LA Lakers,
défaite 116-120
Menés de quatre points à quelques
secondes du buzzer, les Nuggets ont pu compter sur un panier de
Jerami Grant sur une passe de l’inévitable Nikola Jokic, puis un tir
à 3pts manqué par Anthony Davis. Sans surprise, le ballon est dans
les mains du génial serbe qui trouva un Gary Harris suffisamment
agressif pour prendre de vitesse Avery Bradley et battre KCP dans la
raquette. LeBron James manqua ensuite le tir de la victoire.
Malheureusement pour les locaux, AD domina la prolongation avec 7
points sur les 8 de son équipe afin de remporter ce duel au sommet
de la conférence Ouest.
Marcus Morris et Landry Shamet (LA
Clippers)
13/02/20 : @ Boston, défaite
133-141
Pour la deuxième fois de la saison,
Celtics et Clippers nous ont délecté d’un match agréable au
dénouement imprévisible. Les stars des Clippers sont bien présentes
pour ce match, mais ce sont les seconds couteaux qui ont assuré en
fin de rencontre. Seulement 4 points sur l’ensemble de la rencontre
pour Paul George, tandis que Kawhi Leonard n’a apporté que 2 points
sur l’ensemble des prolongations. Malgré la défaite, on va tout de
même retenir les tirs clutchs à 3pts du néo-Clipper Morris et du
jeune Shamet qui ont permis de faire durer le plaisir. Gordon Hayward
a ensuite éteint tout espoir de voir une 3e prolongation avec 7
points pour clôturer le match.
Dans la catégorie :
Combo Défense/Attaque
Cam Reddish (Atlanta Hawks)
20/02/20 : vs Miami, victoire
129-124
https://www.youtube.com/watch?v=83YF0J4J3Hc
Après la déconvenue quelques semaines
auparavant à Miami, Trae Young avait à cœur de bien figurer pour
cette revanche. Avec 50 points, il porte son équipe tout le match en
attaque. Les hommes de Spoelstra ne trouvèrent aucune solution pour
le stopper, et quand ce n’est pas lui, ce sont les rookies qui se
chargent de tuer le match. Après le tir à 3pts égalisateur de
DeAndre Hunter, c’est son collègue Cam Reddish qui se met en avant
en volant le ballon des mains de Duncan Robinson pour le dunk en
contre-attaque pour passer à +2. Il ne reste plus qu’à Young de
finir le match sur la ligne des lancers-francs.
Dans la catégorie :
Good « D »
Joel Embiid (Philadelphie Sixers)
20/02/20 : vs Brooklyn, 112-104 OT
En l’absence de Ben Simmons, les Sixers
ont pu s’appuyer sur leur pivot en attaque face à une coriace équipe
des Nets. Beaucoup de maladresse dans ce match, mais le camerounais a
tout de même inscris 39pts durant cette rencontre dont un joli 18/19
aux lancers-francs. Dans les toutes dernières secondes du 4e
quart-temps, Embiid ramena les siens à égalité grâce à deux
lancers-francs. La dernière possession est jouée par les Nets.
Dinwiddie a réussi à dépasser Richardson pour ensuite trouver son
coéquipier Wilson Chandler démarqué dans la zone du « dunker».
Mais Embiid veille et sans faire de faute, le pivot All-Star contre
la tentative de game winner de Chandler
Pour vous faire patienter avant que la NBA ne reprenne, Clutch Time vous propose de revoir les actions les plus « clutchs » de la saison 2019-2020. Un layup pour égaliser dans la dernière minute, un tir pour passer devant au buzzer ou un lancer-franc pour la gagne, voici notre deuxième numéro des quelques actions offensives qui ont marqué les premières semaines de novembre.
Dans la catégorie :
le jump shot assassin
Jayson Tatum (Boston
Celtics)
01/11/19 : vs New York,
victoire 104-102
https://www.youtube.com/watch?v=W68m2PzFEfI
Les Knicks ont été étonnamment
accrocheurs tout au long de ce match. Alors que Kemba Walker a permis
aux siens de mener de 3pts après deux lancers-francs à 5 » du
buzzer, Marcus Morris planta un 3pts pour revenir à égalité. Temps
mort Boston. Pour cette remise en jeu cruciale, Brad Stevens a espacé
au maximum ses joueurs sur le parquet afin de permettre à Tatum de
jouer son 1 contre 1. Il ne reste plus qu’au jeune prodige des
Celtics de se jouer du rookie RJ Barrett et de planter le panier
décisif à 1 » de la sirène dans la « Kawhi’s Zone ».
Furkan Korkmaz (Philadelphie Sixers)
02/11/19 : @ Portland, victoire
129-128
https://www.youtube.com/watch?v=rR2SKnez-7k
Alors que les Blazers se dirigeaient vers un joli succès face à une grosse écurie à l’Est, les hommes de Brett Brown n’ont rien lâché pour rester en course pour la victoire. A 10 » de la fin, les deux lancers-francs de Ben Simmons ont permis aux Sixers de passer enfin devant d’un tout petit point. Puis ce fut au tour du jeune Anfernee Simons de se montrer avec un tir à 3pts à 2 » de la sirène. Deux points d’avance pour les Blazers, temps mort des Sixers. Brett Brown réalisa l’ajustement parfait avec la rentrée de Furkan Korkmaz à la place de James Ennis. Ben Simmons s’est assuré de lui donner la balle dans le bon timing et le turc ne manqua pas la cible.
Nikola Jokic (Denver Nuggets)
10/11/19 : @ Minnesota, victoire
100-98, OT
https://www.youtube.com/watch?v=5OA2SMf0Gdk
Les Nuggets ne pensaient pas autant batailler face à cette équipe des Wolves. Après un tirs à 3pts de Karl-Anthony Towns pour arracher la prolongation, après s’être démenés pour ne pas succomber lors des 5 minutes supplémentaires. La victoire s’est jouée juste après un tir réussi de Robert Covington pour l’égalisation. Temps mort Denver. Will Barton joua le pick and roll avec son pivot. Le serbe se retrouva ensuite avec le ballon entre les mains face au « terrible » défenseur KAT. Sans être flashy, mais tout en maîtrise, Jokic offrit la victoire aux siens sur ce turnaround jumper.
Dans la catégorie :
in the paint
Harrison Barnes (Sacramento Kings)
01/11/19 : vs Jazz, victoire
102-101
Alors que les Kings semblaient se diriger vers une belle victoire, le Jazz sous l’impulsion de Donovan Mitchell a enchaîné un 7-0 pour recoller au score puis passer devant d’un point à 11 » de la fin du match. Pas de temps-mort pour les Kings mais une faute de Rudy Gobert a permis à Luke Walton de procéder à plusieurs changements dont la rentrée de Nemanja Bjelica. Le croate tenta alors un 3pts dans le corner suite à une superbe passe de De’Aaron Fox, mais le ballon ricocha sur le cercle laissant ainsi le temps à Barnes de marquer le panier décisif sur une claquette offensive.
Joel Embiid (Philadelphie Sixers)
12/11/19 : vs Cavaliers,
victoire 98-97
Pas le match le plus emballant de l’année, mais les Cavs ont tout de même trouvé le moyen de rester compétitifs jusqu’au bout. Devant de cinq points à 3 minutes de la fin du match, ils n’ont, ensuite, plus scoré jusqu’au buzzer ! Les Sixers ont donc repris les commandes du match, d’abord grâce à Tobias Harris. A 21 » de la fin du match, les Sixers remportèrent un entre-deux et Brett Brown s’empressa de demander le temps-mort. L’action qui a suivi cette pause fut décisive. Le camerounais posa deux écrans, d’abord pour Richardson puis pour Harris. Ce dernier trouva son pivot en parfaite position pour le dunk de la victoire.
Dans la catégorie :
pour accrocher la prolongation
Andrew Wiggins (Minnesota
Timberwolves)
08/11/19 : vs Warriors,
victoire 115-109 OT
A 25 » de la fin du 4e quart-temps, les Warriors menaient de 4 points. Une faute d’Alec Burks envoya Karl-Anthony Tows sur la ligne des lancers-francs (2/2), puis un ballon perdu par le rookie Eric Paschall permis aux Wolves de jouer la dernière possession pour le gain du match ou au moins accrocher la prolongation. C’est la dernière option qu’a choisi l’ailier Andrew Wiggins en attaquant une défense bien molle des Warriors. Bouillant sur ce match, Wiggins guida les siens vers la victoire en prolongation avec un total de 40pts sur la rencontre. Pas étonnant que les Warriors aient mis la main sur l’ancien N°1 de la draft quelques mois plus tard.
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