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  • Trade de James Harden : analyse pour chacun des camps

    Trade de James Harden : analyse pour chacun des camps

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Après une longue saga pleine de rebondissements à tous les étages vient le point final : James Harden est échangé dans un blockbuster trade mêlant 4 équipes et atterrit aux Brooklyn Nets, où il rejoint son ancien coéquipier Kevin Durant et Kyrie Irving. Un nouveau Big Three s’installe en ville.
    Mais posons-nous quelques instants pour analyser ce trade…


    Brooklyn Nets

    Départs : Caris LeVert, Jarrett Allen, Taurean Waller-Prince, Rodions Kurucs, 3 picks de draft de 1er tour (2022, 2024, 2026), 4 picks de draft swaps (2021, 2023, 2025, 2027)
    Arrivées :
    James Harden
    Note : B

    B comme Brooklyn. B parce qu’on doit attendre et que ça reste un coup de poker.

    D’un côté, on a la vision d’un mouvement vraiment fou. Récupérer James Harden sans lâcher Kyrie Irving ? Impensable il y a quelques semaines voire quelques jours si on écoutait les insiders.
    La vision d’un Big Three Durant/Harden/Irving fait saliver certains fans et rager d’autres. Preuve irréfutable qu’un trade gigantesque vient d’être produit.

    Mais concrètement, qu’est-ce qu’on sait de ce Big Three ?

    La première question qui va être posée va être la suivante : pourront-ils cohabiter ? Un ballon pour 3 superstars comme eux, n’est-ce pas trop peu ?
    Plusieurs éléments de réponse peuvent être apportés d’un point de vue moral, mais concentrons-nous sur les statistiques avec un tableau qui va résumer le propos :

    Statistiques avancées du Big Three de Brooklyn sur les 5 dernières années

    On peut constater un premier point qui mérite d’être soulevé, même si il est loin d’être surprenant : les trois adorent avoir le ballon en main. Avec un taux d’usage moyen de plus de 30%, Steve Nash risque de passer quelques nuits blanches à trouver une alchimie en termes de répartitions de possessions. Cependant, une approche plus globale va nous permettre d’introduire l’élément clé de cette équipe : Kevin Durant.

    Qui a convaincu Kyrie de venir aux Nets ? Kevin.
    Qui a convaincu Harden de venir pour se rappeler les bons moments du temps d’Oklahoma City ? Durant.
    C’est le maître à bord, celui qui lie tout le reste, et plus important encore, le moins « égoïste » des 3.
    Avec 52.4% de ses paniers issus d’une passe décisive lors des 5 dernières années, il dépasse de loin ces coéquipiers stars. De plus, seulement 14.1% de ses tirs depuis 2016-17 viennent de situations où « KD » a dribblé plus de 7 fois, contre 33.1% où il ne dribble pas du tout.
    Il n’a pas peur de sacrifier des possessions pour le collectif, il sait ce qu’il faut faire pour gagner.

    Plus létal, plus collectif, il est celui qui va lier Kyrie Irving et James Harden en leur donnant le ballon. Il est également celui qui a le plus d’expérience en termes de titres et de superteams, il sait gérer un effectif rempli de stars.
    Problème d’égo ? Venant de lui, impossible, mais Nash et lui devront trouver rapidement un moyen de faire cohabiter Irving et Harden, c’est le défi numéro 1. Si Brooklyn réussit à devenir un rouleau compresseur, on ne devrait pas oublier de remercier Durant côté Nets.

    Mais d’un autre côté, on affaiblit considérablement le banc avec la perte de LeVert, Allen, Waller-Prince et Kurucs.
    Le duo Caris LeVert – Jarrett Allen constituait probablement l’un des meilleurs binômes remplaçants de la ligue alliant la justesse technique de LeVert et l’efficacité d’Allen.

    Le pivot avait même réussi à détrôner DeAndre Jordan du 5 de départ au bout de quelques matchs. Et ce remplacement assez récent interroge… Coach Nash n’a pas apprécié l’impact de Jordan et a jugé nécessaire de le mettre sur le banc. Mais maintenant que Jarrett Allen est parti, quelles rotations vont être utilisées à l’intérieur ? L’arrivée de James Harden peut-elle décaler « KD » sur des minutes en temps de pivot ? Est-ce que DeAndre Jordan fera son retour dans le cinq de départ ?
    Avec une rotation faible en qualité (DeAndre Jordan, Jeff Green, Reggie Perry, Nicolas Claxton), les Nets se retrouvent en mauvaise posture, là où Allen équilibrait l’équipe.

    Le dernier point que l’on pourrait aborder est la perte des picks de draft. Condition sine qua non pour les Rockets, l’introduction de nombreux picks de draft fait parler, et rappellent de mauvais souvenirs côté Nets. Mais là encore, les avis peuvent être divisés en deux camps : si le projet fonctionne, même sans rookies, ils pourront toujours compléter l’effectif avec des joueurs expérimentés au salaire minimum en quête de titre, l’attractivité du Big Three s’occupera du reste. Si le projet échoue, le manque de picks pour renouveler l’effectif en termes de talent pourrait faire se faire sentir, et le trade d’une star du Big 3 serait un moyen d’en récupérer…

    Tout repose dans les mains des Nets.

    Houston Rockets

    Départs : James Harden
    Arrivées : Victor Oladipo, Dante Exum, Rodions Kurucs, 3 picks de draft de 1er tour provenant de Brooklyn (2022, 2024, 2026) , 1er tour de draft 2022 de Milwaukee (non protégé) et 4 picks de draft swaps avec Brooklyn (2021, 2023, 2025, 2027)
    Note : A

    On pourrait inventer un dicton : « Là où Russell Westbrook passe, reconstruction il y aura. ».
    En tout cas, les Wizards seraient prévenus.
    Il faut dire que les Rockets et le Thunder possèdent désormais à eux deux 34 picks de draft entre la draft 2021 et 2027. 34 picks. Quasiment 5 picks par draft. De la pure reconstruction !
    Et quelque chose nous dit que les Rockets n’ont pas encore fini, notamment avec les envies de départ de P.J. Tucker…

    En tout cas, félicitations aux Rockets pour s’être sorti de cette impasse avec James Harden. Certes, la perte est énorme, mais tout le monde savait que la situation ne pouvait plus durer.
    Il est clair qu’on aurait pu avoir une meilleure contrepartie du côté de Houston en provenance des Nets, mais ils n’étaient clairement pas en position de force. Que ça soit avec Caris LeVert (envoyé à Houston dans un premier temps) ou avec Victor Oladipo, Houston est gagnant.
    Avec 4 premiers tours de draft en plus dans les années à venir, ils braquent le stock de Brooklyn.

    Évidemment, dans le pire des cas, Brooklyn bâtit une dynastie et les picks seront très bas, pas forcément dans l’intérêt des Rockets…
    Mais imaginons un cas un peu plus mesuré. L’entente du Big Three et l’arrivée de James Harden ne convient pas, possiblement Houston se retrouvera avec des picks placés proches de la loterie, et potentiellement dans la loterie, sans forcément aller dans l’extrême avec le cas de Boston il y a quelques années. Trade up, valeur marchande, steals à la draft, ces multiples picks sont parfaits pour une reconstruction.

    L’arrivée de Victor Oladipo reste parfaitement dans le thème : on prend un joueur avec une bonne valeur, dans un contrat finissant, on observera les offres à la trade deadline, et si jamais rien n’intéresse le front office, il libérera du cap à l’intersaison, toujours cette idée de reconstruction.
    Mais l’idée d’avoir un cinq « revanchard envers la vie » avec John Wall, Victor Oladipo, Jae’Sean Tate, Christian Wood et DeMarcus Cousins peut donner un spectacle sympathique !

    Concernant l’arrivée de Dante Exum et Rodions Kurucs, très difficile de les voir avoir un rôle à Houston, même si le premier, en cas de départ d’Eric Gordon par exemple, pourrait avoir une chance d’intégrer la rotation et de retrouver une gloire passée après des années de blessure…

    Mais dans l’ensemble, un sentiment de soulagement et de tristesse s’empare de la Space City. On vient de perdre l’un des meilleurs joueurs de la franchise, mais la situation était devenue trop tendue, presque invivable et on ne peut pas reprocher à James Harden de ne pas avoir tout donné pour la ville de Houston.
    Place maintenant à la reconstruction !

    Cleveland Cavaliers

    Départs : 1er tour de draft 2022 de Milwaukee (non protégé) et 2nd tour de draft 2024 de Cleveland
    Arrivées : Jarrett Allen, Taurean Waller-Prince
    Note : A+

    Le casse de ce trade ? Si certains doutaient du départ d’Andre Drummond, ce mouvement risque d’achever leur espoir.
    À quelques mois de la fin du contrat du pivot double All-Star, Cleveland vient d’acquérir Jarrett Allen en provenance des Nets. C’est un transfert terriblement intelligent, avec l’un des pivots les plus en vues de ces derniers mois. Meilleur que DeAndre Jordan à Brooklyn, il a commencé sur le banc avant de le surpasser. Coach Bickerstaff aura un choix à faire, et il ne serait pas étonnant de voir Allen titulaire d’ici quelques semaines.

    Meilleur dans l’ensemble, doté d’excellentes mains, plus impactant, plus jeune, moins gourmand, Jarrett Allen possède le profil que les Cavaliers espéraient. Sa collaboration avec un meneur de jeu gestionnaire comme Darius Garland va poser d’énormes problèmes aux défenses adverses.
    Problème ? Il arrive à la fin de son contrat rookie. Étant donné son rendement incroyable, un gros contrat l’attend. On parle actuellement d’une somme autour de 20 millions/saison. Cher ? Oui. Mais c’est 8 millions de moins que Drummond.

    Alors le départ d’Andre Drummond se fera peut-être avant la fin de son contrat. On parle de Boston principalement, grâce à leur trade exception de 28.5 millions de dollars, en quête de renforcement à l’intérieur.

    Le départ de Dante Exum est assez malin, étant donné qu’il n’a joué que 30 matchs sous les couleurs de Cleveland, sans vraiment convaincre et en prenant beaucoup de minutes au backcourt Sexton-Garland sans vraiment impacter le jeu. L’acquisition d’un vrai joueur de banc comme Taurean Waller-Prince (26 ans) ajoute une nouvelle dimension aux Cavs, surtout avec les pertes fréquences sur blessure de Kevin Love.

    Mais le plus gros point pour les Cavaliers dans cet échange, c’est leur contrepartie, ridiculement faible. Ils envoient un second tour de draft et un 1er tour de draft de Milwaukee. Milwaukee ou l’équipe qui ne devrait pas descendre en dessous du 20ème pick avant un bon moment avec la signature sur long terme de Giannis Antetokounmpo.
    Bien évidemment, ces picks pourraient donner un futur All-Star, mais la probabilité est très faible.

    Vrai vrai coup de maître de la part des Cavaliers, en récupérant leur pivot du futur avec le futur départ d’Andre Drummond et un joueur de rotation expérimenté contre deux picks de draft sans grosse valeur.
    Respect.

    Indiana Pacers

    Départs : Victor Oladipo
    Arrivées : Caris LeVert, 2nd tour de draft 2024 de Cleveland
    Note : B+

    On pensait que Victor Oladipo et les Pacers étaient passés à autre chose depuis les nombreuses rumeurs qui l’envoyait à Miami lors de la dernière intersaison. Et bien… Pas totalement… Puisque Indiana sort, à l’instar de Cleveland, s’introduit dans ce trade avec l’idée de dénicher la bonne affaire…

    C’est chose faite avec l’arrivée de Caris LeVert en provenance de Brooklyn, contre Victor Oladipo.
    Considéré comme l’un des 6èmes hommes les plus forts, il va apporter à Indiana deux ingrédients forts : de la polyvalence et de la stabilité. Tout en se séparant d’Oladipo et de son contrat finissant, les Pacers récupèrent un homme en forme avec un contrat sur 2.5 saisons.

    Certes, l’impact de Caris LeVert ne devrait pas être celui d’Oladipo à la « grande époque », mais ce temps est révolu, et malgré un regain d’énergie de la part de l’ex-franchise player des Pacers cette année, la séparation était inévitable, que ce soit par un trade ou lors de la Free Agency à venir.
    Mais leur impact sur le jeu est plus ou moins équivalent :

    On se souvient qu’il avait été drafté par les Pacers en 2016 avant d’être échangé dans le trade de Thaddeus Young quelques jours plus tard.
    Aujourd’hui, on va sûrement imaginer un rôle de scoreur comme pouvait avoir T.J. Warren avant sa blessure au pied. Directement dans le 5 de départ ? En tant que sixième homme comme aux Nets ? Difficile de se projeter, mais l’absence de Warren et le départ d’Oladipo laisse un vide au niveau des titulaires que Nate Bjorkgren risque de combler avec LeVert.
    Quand on voit les performances qu’il a su produire avec les absences de Kyrie et « KD » l’an passé et cette saison, on doute beaucoup moins de ce qu’il pourra apporter à un effectif déjà bien fourni !

    L’association Brogdon/LeVert sur le backcourt des Pacers risque d’apporter un souffle nouveau à Indiana. En compilant à eux deux 13.5 passes par match sur ce début de saison, il s’impose théoriquement comme l’un des backcourts les plus prolifiques de la NBA, pouvant parfaitement alimenter un joueur comme Domantas Sabonis, notamment sur les phases de pick & roll. Cependant, un problème va se présenter : Caris LeVert sans ballon, c’est… très moyen !

    Coach Bjorkgren devra donc satisfaire un duo carnivore (54.7 d’USG% combinés) tout en ayant en tête que l’efficacité de LeVert sans ballon est à prouver, tant elle est très mauvaise. Avec près de 60% de ses points marqués sur des drives cette année, Caris LeVert connait ses forces, mais devra s’adapter à un effectif plus collectif, moins bâti sur la performance individuelle.

    Cependant, en réalisant ce bon coup, les Pacers se rapprochent de plus en plus de leurs espérances, et allié à leur bon début de saison, ils deviennent un peu plus sérieux dans la course aux contenders sur les prochaines années.


    C’est probablement l’un des rares trades de ces dernières années où tous les camps s’en sortent bien : James Harden est parti former l’un des trios les plus attendus de l’histoire, cette histoire est enfin finie, la NBA va pouvoir se consacrer au sport en attendant, qui sait, un nouveau blockbuster trade à analyser (coucou Bradley)…

    Sources : Sports Reference, The Athletic, ESPN, NBA.com, Spotrac, RealGM.

  • Comment forcer son trade: 5 options à votre disposition

    Comment forcer son trade: 5 options à votre disposition

    Voilà déjà plusieurs jours que le MVP 2018 des Rockets fait parler de lui. James Harden, qui avait demandé un trade deux jours avant la Draft 2020 en novembre dernier, ne s’est toujours pas entraîné avec son équipe, et n’aurait pas encore eu de franches discussions avec son nouveau coach Stephen Silas. Ses passages dans des soirées à Atlanta et à Las Vegas en plein cœur de la pandémie marquent une nouvelle « façon » d’exprimer son souhait de quitter l’organisation texane. D’autres stars ont elles aussi manifesté leur désaccord avec leur franchise. Voici cinq cas marquants de ces dernières années. Quel est le style qui vous conviendrait le mieux ?


    Les demandes de transferts des stars NBA ne datent pas d’hier. Wilt Chamberlain à la fin des années 60, Kareem Abdul-Jabbar et Julius Erving dans les années 70, Moses Malone dans les années 80, Shawn Kemp et Charles Barkley dans les années 90, T-Mac et Vince Carter dans les années 2000… Et ce phénomène a pris de l’ampleur au cours de la dernière décennie: Carmelo Anthony, Deron Williams, Chris Paul, Dwight Howard, Kyrie Irving, Jimmy Butler, Kawhi Leonard, Anthony Davis, Paul George, Russell Westbrook …

    Toutes ces stars mécontentes accentuent l’intérêt porté à la Trade Deadline et à la Free Agency. Cette tendance marque également la prise en main des joueurs NBA sur leur carrière, qui n’hésitent pas à tout mettre en œuvre pour forcer la main aux GM afin d’accéder le plus rapidement possible à leur requête. Pour preuves, voici cinq situations étranges qui ont marqué la ligue ces trois dernières années.


    Kyrie Irving sur le banc de touche des Cavaliers. Credit: David Richard-USA TODAY Sports

    Option 1, Kyrie Irving: Si vous ne me tradez pas, je passe sur le billard juste avant le début de la saison

    Juillet 2017, quelques semaines après les Finales perdues contre les Warriors (1v-4d), Kyrie Irving dévoile publiquement ses envies d’ailleurs. Le journaliste d’ESPN, Brian Windhorst évoque un Kyrie fatigué de devoir partager la gonfle avec LeBron James, et souhaiterait être LE joueur d’une franchise. De plus, l’insider confirme que Cleveland travaillait en fait depuis déjà plusieurs semaines sur ce dossier, avec des discussions avec les Knicks (qui ne voulaient pas lâcher Porzingis) et les Suns (qui ne voulaient pas lâcher Josh Jackson…oups).

    Seulement voilà, l’ancien n°1 de la draft 2011 n’est pas du genre à se laisser duper sans contrer les plans de la franchise. Alors qu’il a annoncé sa demande de trade publiquement, le Front Office s’inquiète alors de la chute de sa valeur sur le marché.

    « Des sources ont déclaré à ESPN que les Cavaliers étaient inquiets que la demande d’Irving ait été rendue publique, estimant que cela pourrait affecter sa valeur commerciale. »

    Brian Windhorst

    Classique.

    Mais, ce qui vaut le détour dans cette histoire, on l’apprend bien après son trade à Boston en août 2017. C’est en plein hiver 2018, que Joe Vardon de Cleveland.com dévoile que le meneur All-Star a joué la carte de l’opération pour pousser le néo GM Koby Altman a passé à l’action. C’est simple, si Cleveland avait cherché à le retenir, Irving envisageait de passer sur le billard pour soigner son genou droit (douloureux depuis les Finales 2015) et ainsi mettre en parenthèse la saison 2017-2018 et empêcher toutes tentatives de recoller les morceaux de la part de ses (ex)dirigeants.

    Classe.


    SHENZHEN, CHINA – OCTOBER 04: Le coach Tom Thibodeau aux côtés de Jimmy Butler lors d’un practice sans accroc. (Photo by Zhong Zhi/Getty Images)

    Option 2, Jimmy Butler: Tradez moi, ou bien je décapite vos chouchous surpayés!

    Avec une seule saison sous la tunique des Wolves, Jimmy Butler prévient Tom Thibodeau, à la fois président et coach de la franchise, qu’il fera ses valises à la fin de la saison. Il demande donc simplement à être tradé, à une semaine du training camp… Au début, Thibs pense à tort pouvoir le faire changer d’avis en se remémorant les bons moments passés ensemble à Chicago. Oui mais voilà, Butler n’est clairement pas convaincu par cette équipe drivée par des jeunes loups aux dents de brebis.

    Les jours passent et les rumeurs s’entassent, et voilà que Minnesota offre une extension de contrat de 5 ans et 147.7M$ pour Andrew Wiggins, et il se murmure déjà que Karl-Anthony Towns recevra un contrat Max en 2018. Pendant ce temps là, Thibodeau se montre trop gourmand en affaire et n’arrive pas à un accord avec Pat Riley et le Heat. C’en est trop pour Butler, qui décide de montrer son mécontentement de la manière la plus expressive et physique possible lors d’un banal practice, qui rentrera dans la légende. Accompagné des remplaçants, Butler détruit physiquement et verbalement l’équipe des titulaires et les stars Wiggins et Towns. Déçu de ne pas être déjà en Floride, il se montre également très vocal, et n’hésite pas à beugler sur le GM Scott Layden et évidemment, sur Thibodeau.

    Lors d’une interview avec Rachel Nichols, il reconnait volontier ce qu’il s’est raconté autour de ce fameux practice:

    « C’est vrai en grande partie. Je n’ai pas joué au basket depuis si longtemps. Je suis tellement passionné. Je ne le fais pas pour une raison quelconque, mais pour la compétition. Toutes mes émotions sont sorties en une seule fois. Était-ce la bonne façon? Non! Mais je ne peux contrôler ça quand je suis en compétition. »

    Jimmy Butler sur ESPN

    Afin d’éviter de traumatiser à nouveau les jeunes Wovles, Thibodeau s’est résolu à se séparer de sa star en l’envoyant à Philadelphie en échange de Robert Covington, Dario Saric et Jerryd Bayless le 12 novembre 2018, soit près deux mois après la demande de trade de Butler.


    Kawhi Leonard aux côtés de Patty Mills sur le banc de touche des Spurs. Soobum Im-USA TODAY Sports

    Option 3, Kawhi Leonard: Désolé mon téléphone était en mode silencieux cette saison, par contre vous pouvez me trader à LA?

    Les fans des Spurs vous le dirtont… Ils maudissent le jour ou le pied de Kawhi a rencontré celui de Zaza Pachulia un soir de Playoffs en 2017. Les Spurs menaient de 21 points dans le 3e quart-temps face aux futurs champions. C’est à ce moment précis que la carrière de Kawhi sous le maillot texan à pris du plomb dans l’aile. Cette blessure à la cheville est le point de départ d’une série de DNP pour la saison qui suit. En septembre 2018, sa blessure aux quadriceps est révélée et semble bien sérieuse.

    Néanmoins, les Spurs et leur coach Greg Popovich montrent petit à petit des signes d’impatience quant à un éventuel retour de leur ailier vedette.

    « Il se remet juste plus lentement, pour une raison quelconque. »

    Greg Popovich

    Leonard effectua ses débuts le 12 décembre 2017 et…. termina sa saison un mois plus tard pour un total de 9 matchs joués. Les Spurs doivent publier un communiqué expliquant que leur star sera out indéfiniment. Le problème, c’est que Kawhi s’envole pour New York pour obtenir l’avis de spécialistes. Kawhi veut mener sa rééducation à sa manière sans collaborer avec sa franchise, et sans surprise, cela pose problème et comme le révèle Woj, des tensions naissent entre les deux camps.

    Les Spurs organisèrent une réunion courant mars. Selon ESPN, l’ambiance fut pour le moins tendue. L’équipe pointa du doigt l’absence plus ou moins justifiée de l’ailier All-Star. Plus tard, Greg Popovich et Manu Ginobili affirment devant les médias que l’on ne verra pas le MVP des Finales 2014 en tenue cette saison. Tandis que Tony Parker rajoute de l’huile sur le feu en déclarant que sa blessure aux quadriceps était bien plus grave et qu’il s’en était remis bien plus vite. La goutte d’eau.

    Après toute une saison marquée par un manque de communication et de compréhension entre les deux parties, (et sûrement avec l’appui du fameux oncle de Kawhi), l’ailier ne souhaite plus discuter avec les Spurs et annonce en juin qu’il veut être tradé. Originaire de Californie, sa préférence irait aux Lakers et aux Clippers, vous pensez bien que Popovich et Bufford ne vont pas lui faire de fleurs et décident donc de l’envoyer à l’extrême opposé de Los Angeles en ce qui concerne le climat : Toronto. Vous connaissez la suite.


    Anthony Davis en tenue de civil parmi ces coéquipiers à New Orleans. Crédit: Gerald Herbert/Associated Press

    Option 4, Anthony Davis: Je vous propose de ne plus me faire jouer le temps de faire affaire avec les Lakers.

    Janvier 2018, après avoir atteint les demi-finales de conférence la saison précédente, les Pelicans retombent dans la médiocrité en saison régulière, et la star Anthony Davis est absente pour plusieurs matchs pour soigner sa blessure à l’index. C’est donc dans ce contexte que son agent, l’incontournable Rich Paul, déclare que son joueur ne signera pas d’extension de contrat et qu’il souhaite être tradé le plus rapidement possible. Au beau milieu de la saison, et à un an et demi de la fin de son contrat. Inutile de vous dire que les fans des Pelicans l’ont eu mauvaise.

    Une étrange situation à gérer pour deux franchises. Tout d’abord les Pelicans, évidemment, lorsque « The Unibrow » quitte la salle des Pelicans sans prévenir son coach Alvin Gentry, lors d’un match contre le Thunder. Seul le GM du moment, Dell Demps, est au courant. Et le pauvre Gentry qui se retrouva seul face aux caméras après la rencontre sans savoir où se trouvait sa star. Au final, les Pelicans vont virer Demps qui était en pleine négociation avec les Lakers. L’organisation décida également de ne faire jouer AD que quelques minutes par match et d’attendre la fin de la saison pour l’échanger.

    Les Lakers ont également souffert de cette situation. Les jeunes Ingram, Ball, Kuzma et Hart sont affectés par toutes ces rumeurs de trade, et selon Rajon Rondo, des vétérans ont été également impactés. Même dysfonctionnement au niveau du FO. Alors que New Orleans préfère collaborer avec Magic Johnson, ce dernier insinue que son collègue Rob Pelinka manigance dans son dos, ce qui provoquera le départ surprise de la légende des Lakers en toute fin de saison. Bilan de cette demande de trade : deux licenciements, des joueurs touchés moralement et deux franchises à l’avenir incertain.

    Et puis le miracle eu lieu ! La loterie offre le premier choix de draft 2019 aux Pelicans, ainsi que le 4e choix aux Lakers. Une énorme surprise qui va considérablement faciliter les choses pour effectuer le deal. Davis verra son vœu exhaussé et se retrouvera aux Lakers, tandis que les Pelicans, pas mécontents, récupèreront les jeunes Ball, Ingram et Hart mais surtout le phénomène Zion lors de la draft 2019.


    James Harden durant la « Bubble » – Getty Images via Sportingnews.com

    Option 5, James Harden: Je ne suis toujours pas tradé? Ok je reviens, je dois me rendre à Las Vegas.

    Près d’un mois après sa demande de trade, James Harden est, pour le moment, toujours un Rocket. Oui mais, après avoir vu son pote Russell Westbrook partir à Washington en échange de John Wall, le barbu est toujours décidé à partir, pire, il s’est permis de zapper la reprise des entraînements. Pas la meilleure façon de montrer l’exemple quand on est le joueur le mieux payé de l’équipe, mais là n’est pas la question. La partie qui fait grincer les dents, c’est que le MVP 2018 s’est délibérément montré à des soirées à Atlanta puis à Las Vegas, en plein cœur de la pandémie, sans masque tout en sachant pertinemment qu’il ne respectait pas les consignes données par la NBA pour assurer une reprise convenable de la saison.

    Vous avez donc des superstars mécontentes qui utilisent la carte de la blessure pour ne pas jouer (Kyrie Irving, Anthony Davis et même Scottie Pippen en 1997), et voilà une toute nouvelle technique en maximisant ses chances d’être positif au Covid19 afin de retarder son retour au sein de l’équipe. Le barbu ne se lance pas dans des quotes piquantes à l’encontre de la franchise qui l’a placé au sommet et qui n’a cessé de céder à ses requêtes. Non, il préfère snober son employeur ainsi que son tout nouveau coach Stephen Silas. Le pauvre Silas qui attendait ce poste de Head Coach depuis tant d’années, et le voilà qu’il se retrouve dans une situation invivable avec son franchise player qui veut partir à tout prix.

    Le protocole mis en place par la NBA obligent les équipes à faire passer six tests Covid19 aux joueurs avec un résultat négatif à chaque fois. Déjà arrivé en retard à Houston, cela ne fait qu’accentuer le délais d’attente. Après les départ du coach Mike D’Antoni, et du GM Daryl Morey, Harden ne semble pas vouloir se retrouver avec un propriétaire qui fait débat, ni enclin à discuter avec coach Silas. Une situation délicate et qui doit rendre nerveux toute une génération de fans des Rockets qui ont pourtant défendu corps et âme leur chouchou tout au long de sa carrière. Si cela peut les rassurer, une autre star des Rockets avait demandé à partir en 1992 : Hakeem Olajuwon. Pas sûr que ce coup-ci cette histoire se termine par un happy ending.


    Les demandes de trade des superstars font partie de l’histoire de la NBA. Certaines demandes n’ont pas abouti et le résultat a été plus que satisfaisant pour certains joueurs (Hakeem Olajuwon, Scottie Pippen, Kobe Bryant). Mais ces cas sont rares. Il est en effet très compliqué de recoller les morceaux avec une star mécontente, et il faut avouer que ces situations sont de plus en plus fréquentes, et de plus en plus difficiles à gérer. Il n’en demeure pas moins que pour les cas évoqués dans cet article, les joueurs s’en sont plutôt bien sortis en ayant eu le sentiment de prendre leur destin en main. Et vous quelle technique vous ressemble le plus ?

  • Les Busts en NBA : Tentative d’explication

    Les Busts en NBA : Tentative d’explication


    Anthony Edwards, LaMelo Ball, James Wiseman, Obi Toppin, Killian Hayes, Issac Okoro ou encore Devin Vassell. Tous ces jeunes prospects à très forts potentiels sont attendus parmi les premiers picks de la prochaine draft qui, épidémie de Covid19 oblige, se tiendra le 16 octobre prochain.

    Certains deviendront All Star, d’autres seront peut-être même intronisés au Hall of Fame, le Panthéon de la balle orange. En revanche, et comme chaque année, plusieurs ne parviendront pas à satisfaire les attentes autour d’eux et marqueront l’histoire, non pas grâce à leur niveau de jeu, mais bien à cause de leur capacité à décevoir.

    Pourquoi certains joueurs, que tout prédestine à un avenir glorieux en NBA, tombent finalement dans l’oubli le plus total ? Qui sont-ils et quelles en sont les raisons ?


    Des joueurs draftés trop jeunes ?

    C’est un fait, les rookies NBA draftés sont de plus en plus jeunes : Lors de la draft 2017, 20 joueurs de moins de 20 ans ont été draftés. Un nombre important, particulièrement quand on s’aperçoit que lors de drafts antérieures, notamment en 2005, ce nombre était plus faible alors même que les jeunes de 17 et 18 ans étaient éligibles.

    Les franchises NBA semblent donc de plus en plus prêtes à faire confiance à des jeunes encore verts plutôt que des joueurs ayant terminé leur cursus universitaire. Cela peut se comprendre dans un sens : Plus le joueur est jeune, plus la franchise a le temps de le faire progresser, de le préparer à l’univers NBA, de le façonner de sorte qu’il puisse réussir dans la Grande Ligue.

    Néanmoins, la réticence de nombreux joueurs à terminer leur cursus universitaire (à l’image de Ben Simmons qui confiait ne pas savoir ce qu’il avait appris à LSU) complique la tâche des recruteurs NBA : moins de matchs joués, moins de possessions à analyser et donc une plus grande possibilité de tomber sur un bust.

    Les scouts mandatés par les franchises doivent ainsi analyser le jeu de joueurs très jeunes, avec un nombre de matchs assez limité. La marge d’erreur est plus faible, tout en sachant que la NBA et la NCAA sont des mondes qui ne ressemblent pas vraiment. Réussir en NCAA ne veut pas dire qu’on réussira nécessairement en NBA.

    En observant ce tableau, on peut s’apercevoir que, plus les années passent, plus les joueurs choisis au début de la draft (les lottery picks) sont jeunes. En 1995, l’âge moyen des picks 1 à 15 était de 21,5 ans alors qu’en 2017, ce nombre est descendu en dessous de 20, signe du rajeunissement progressif des différentes cuvées.


    Une arrivée difficile dans le microcosme NBA pour des gamins mal préparés.

    Bust. Voilà le nom avec lequel nous désignons de nombreux joueurs anciens comme actuels aujourd’hui. Pour faire simple, il s’agit d’un terme utilisé pour décrire un joueur de la NBA qui a été choisi dans les premières positions de sa draft, dont on avait des attentes élevées, mais qui ne s’est jamais approché du niveau attendu.

    Prenons un exemple récent avec la Draft de 2013 :
    Comme lors des 29 dernières années, et pour la toute dernière fois, David Stern s’avance pour annoncer le premier choix.
    With the first pick in the 2013 NBA Draft, the Cleveland Cavaliers select… Anthony Bennett from Toronto, Canada.

    Stupeur au Barclays Center. Le joueur de 20 ans formé chez les Rebels d’UNLV du côté de Las Vegas n’était pas attendu aussi haut. Selon son coach de UNLV, Dave Rice, Bennett était « un joueur unique, mais différent, c’était clair. Mais son futur s’annonçait brillant. C’était le style de joueur qu’on souhaite avoir chaque saison à la Fac. Il était tellement talentueux. Il ne pensait qu’à l’équipe, était facile à coacher, voulait gagner. Plus le match était important, mieux il jouait. »

    Avec des statistiques solides (16,1 points, 8,1 rebonds et 53,3% de réussite aux tirs) lors de sa saison universitaire, on se demande encore comment un joueur décrit comme tel a-t-il pu décevoir à ce point ? Point encore plus important, comme les scouts des Cavs, eux qui ont une ribambelle d’outils statistiques tous plus perfectionnés les uns que les autres, ont-ils pu faire une telle erreur ? Dès le premier match on se rend bien compte que le canadien n’a absolument pas le niveau d’un first pick et encore moins celui de la NBA.

    Un exécutif raconte : « J’étais choqué que les Cavs l’aient pris en première position. Je me disais « C’est un mauvais choix, mais il sera probablement un bon 6ème homme mais certainement pas, c’est un mauvais choix, ce mec va sortir de la ligue ».

    Négligence de la part des scouts de Cleveland au sujet de Bennett ? Peut-être, comme l’explique un scout anonyme, qui pense que la franchise de l’Ohio « n’a pas eu un rapport complet sur Bennett. Le staff de UNLV tolérait beaucoup de choses. Les Cavs ont eu une version optimiste de son éthique de travail et de son attitude. »

    source : Mike Segaar – Reuters

    Comme dit précédemment, les joueurs draftés sont de plus en plus jeunes et donc, la durée de leur cursus universitaire, de plus en plus courte. L’analyse se fait ainsi sur un échantillon moins conséquent, avec une marge d’erreur forcément plus importante.

    Mais est-ce vraiment la faute du natif de Toronto ? A cette époque, le management des Cavs est en perdition totale, avec à sa tête un Chris Grant qui veut absolument faire d’Anthony Bennett LE joueur de demain. Mais pour un garçon aussi jeune, c’est trop de responsabilités et ce dernier vivra une saison rookie désolante avec des pourcentages désastreux.
    Mais dans un contexte moins anxiogène et dans une franchise mieux cadrée, le jeune canadien aurait pu faire une bien meilleure carrière si on l’avait laissé se développer quelque peu. Ou peut être pas. Nous ne saurons jamais.

    Cela nous amène à une nouvelle réflexion : le cadre dans lequel un jeune arrive en NBA. Arriver à 18 ans chez les Spurs, une des meilleures organisations de la ligue, ce n’est pas la même chose que d’arriver chez les Cavs ! Est-ce que Tony Parker ou Manu Ginobili auraient eu la même carrière s’ils avaient été draftés par une autre franchise ? Rien n’est sûr.


    Des environnements néfastes ?

    Outre les blessures qui peuvent toutefois témoigner d’un manque d’éthique de travail, l’un des problèmes majeurs causés par une arrivée trop rapide en NBA est une mauvaise gestion de ce que l’on appelle les « à cotés ».
    Tout de suite plongés dans le gigantesque océan médiatique qu’est la NBA, certains jeunes, mal préparés ou mal conseillés, peuvent rapidement sombrer.

    Interrogé récemment par France Info, Kevin Séraphin, ancien joueur des Wizards, le confirme : « Aujourd’hui, un joueur NBA gagne vite un million de dollars par an. Ça donne forcément des idées à des personnes mal intentionnées. La fameuse Draft n’est qu’une étape.

    Cette première sélection est déjà très compliquée, mais il faut encore trouver sa place, jouer afin de survivre et de pouvoir prolonger l’aventure au-delà de deux ans. Le plus dur en fait, c’est d’accepter la transition entre le basket comme passion et le basket comme métier à plein temps. »

    Les jeunes semblent donc avoir du mal à faire la transition entre le monde amateur et le monde professionnel. Tous n’ont pas, à l’instar de Steph Curry par exemple, un père qui a fait carrière dans la grande ligue et donc un modèle à suivre. De nombreux joueurs ne roulaient pas sur l’or avant d’arriver dans la NBA et peuvent se retrouver comme perdus face à cet afflux d’argent : ils essayent tant bien que mal d’imiter les dépenses de leurs coéquipiers vétérans ce qui en réalité, n’est pas une bonne chose, car ces derniers ont souvent des contrats plus longs, mieux rémunérés et surtout déjà de l’argent de côté.

    Pas vraiment au courant des vertus d’une bonne alimentation, de nombreux jeunes se gavent de fast foods à longueur de journée, ce qui n’est, évidemment, pas la meilleure manière de prendre soin de son corps. Certains peuvent même se retrouver en difficulté face à des tâches plutôt banales : un exécutif de la ligue racontait qu’il avait un jour observé un grand espoir ayant du mal à « ouvrir un compte en banque ou payer ses factures ».

    source : Mark Ralston – AFP via Getty Images

    Propulsés dans la jungle qu’est la NBA, ces jeunes prospects doivent garder la tête froide et s’adapter rapidement à la situation. Trevor Ariza, drafté à l’âge de 19 ans en 2004 par les Knicks l’explique :

    Le plus gros ajustement que j’ai dû faire était probablement d’être si loin de chez moi à un si jeune âge, je ne m’étais jamais absenté de chez moi aussi longtemps. Si l’on n’est pas bien dans sa tête, dans son esprit, on ne peut être performant en NBA.

    Dans une ère où les réseaux sociaux sont rois, il peut être difficile de rester focaliser sur la balle orange. Et ce n’est pas Lamar Odom qui nous dira le contraire ! Dans son autobiographie, “Darkness to Light” (De l’obscurité à la lumière), l’ancien champion NBA avec les Lakers explique qu’il « pense avoir dépensé plus de 100 millions de dollars » pour de la drogue. Il ajoute qu’il a « dû payer beaucoup d’avortements » au cours de sa carrière, car « il faisait l’amour avec six femmes par semaine en moyenne. »

    Le vétéran des Blazers confirme les propos de son ancien coéquipier :

    Trouver quelque chose à voir avec mon temps libre a été une autre chose à laquelle j’ai dû m’adapter, il n’y a que peu d’heures que vous pouvez passer dans le gymnase, en particulier en jouant à plus de 80 matchs par saison. J’ai eu du mal à trouver des choses à faire avec tout le temps libre que nous avions.

    Un phénomène encore bien présent de nos jours, qui nous rappelle qu’avoir des vétérans dans le vestiaire, qui connaissent les rouages de la NBA et savent conseiller les moins expérimentés, est primordial…
    Prenez le jeune espoir des Pistons, Sekou Doumbouya, qui a tout pour devenir un grand joueur, avec des qualités athlétiques qui correspondent parfaitement au style de la NBA d’aujourd’hui.

    Cependant, il est régulièrement réprimandé par son coach, Dwayne Casey, qui lui reproche un manque de concentration et de maturité. Rien de plus normal, quand on voit que l’ancien joueur du CSP Limoges a déjà partagé ses highlights… à la mi-temps d’un match ou que ses échauffements d’avant match consistent à imiter Kylian Mbappé.


    L’exemple glaçant de Robert Swift

    Pendant de longues années, la NBA autorisait les joueurs de 18 ans, c’est-à-dire les lycéens, à pouvoir s’inscrire à la Draft. Avec plus ou moins de réussite… LeBron James, Kevin Garnett pour ne citer qu’eux, se sont parfaitement adapté au jeu NBA et sont devenus des stars interplanétaires.

    Pour d’autres cependant, l’expérience fut bien moins concluante et David Stern, ancien et regretté commissionnaire de l’époque, s’inquiéta de voir ces jeunes talents se présenter trop tôt à la Draft, sans prendre le temps d’obtenir le moindre diplôme. L’exemple de Robert Swift est sans doute le plus frappant.

    Sélectionné en 12ème position de la cuvée 2004 par les Seattle SuperSonics, l’intérieur de 2m13 ne confirmera jamais le semblant de potentiel entraperçu au lycée de Bakersfield, en Californie. Pire, après de graves blessures à répétition, Swift sombre dans l’alcool, la drogue ( héroïne entre autres ) et même dans les cambriolages… Une véritable descente aux enfers pour un joueur qui aurait pu faire une carrière au moins honnête en NBA.

    Probablement échaudé par les histoires de ce genre, David Stern met en place en 2006 le one and done, ce qui veut dire que les joueurs américains doivent désormais attendre leurs 19 balais pour se présenter à la Draft et que par conséquent, ils sont dans l’obligation de passer, pour au minimum un an, par la case NCAA.

    Un moyen de faire grandir quelque peu ces jeunes pousses avant de les jeter dans le grand bain. Mais ces derniers semblent de plus en plus réticents à passer par la case NCAA, empire lucratif qui génère des millions et des millions (de dollars) chaque année. En effet, les joueurs universitaires ne sont pas rémunérés et si certains vont toucher le pactole au cours de leur carrière dans la grande ligue, d’autres vont la voir se terminer sans rien toucher.

    L’an dernier, la blessure spectaculaire de Zion a relancé le débat : et si Williamson s’était gravement blessé et avait compromis le reste de sa carrière ? En avril dernier, c’est Jalen Green, présenté comme le meilleur lycéen du pays, qui a choisi de snober la NCAA. L’année prochaine, il jouera en G-League, l’antichambre de la NBA, comme il l’a récemment annoncé à Yahoo Sports.

    En 2018, Adam Silver, le boss de la NBA, s’interrogeait déjà sur le problème :

    De notre côté, nous estimons que la Draft est meilleure quand on a la possibilité de voir ces jeunes jouer à un haut niveau avant de venir en NBA. D’un autre côté, on pense que la question est de savoir, en termes de succès immédiats, si ce n’est pas mieux pour nous d’interagir avec eux lorsqu’ils sont plus jeunes. Seront-ils meilleurs s’ils viennent en NBA à 18 ans, en utilisant la G-League pour leur formation et leur apporter du temps de jeu ? Tout en sachant que pour les meilleurs d’entre eux, il ne fait aucun doute qu’ils pourraient être performants dès 18 ans.

    source : NCAA Champion Magazine

    Alors que le nombre de one-and-done ne cesse d’augmenter au fil des drafts, le plus ancien et célèbre défenseur d’une entrée rapide en NBA, Spencer Haywood, semble réticent à supprimer cette règle : « Les joueurs NCAA ne sont pas prêts pour la NBA après juste une saison » expliquait-il en 2014. Gerald Green, dernier lycéen en date choisi à la draft, renchérit : « Il y a beaucoup de joueurs qui sortent du lycée qui ne sont pas prêts. Tout le monde ne s’appelle LeBron James. »


    Qu’importe la décision que prendra la NBA à propos de ce sujets-là, elle déclenchera des réactions aussi bien négatives que positives. Au final, la décision reviendra au joueur : Prendre le temps de se développer à l’université au risque de ne jamais arriver en NBA ou rejoindre directement la grande ligue sans forcément y être prêt ? Ces dernières années, la NBA a commencé à réfléchir à une solution qui pourrait permettre aux prospects les plus talentueux de gagner leur vie dès leur sortie du lycée (en G- League ?) plutôt que de s’ennuyer 1 an en NCAA sans toucher un seul dollar. La balle est dans la main de Adam Silver. Comme toujours.

  • Ça s’est passé un 1er Mai : Le « Back-to-back Fifty » de Michael Jordan

    Ça s’est passé un 1er Mai : Le « Back-to-back Fifty » de Michael Jordan

    Parce que la NBA regorge de performances en tout genre passées à la postérité ou progressivement oubliées avec le temps, ClutchTime vous propose de revivre ces matchs et exploits de légende, qui ont façonné l’histoire de la ligue, d’hier à aujourd’hui.

    Personnalité immanquable lorsqu’il s’agit d’évoquer certaines performances individuelles titanesques en NBA, Michael Jordan fait logiquement partie du Gotha des plus grands joueurs ayant foulés les parquets de la grande ligue. Véritable rouleau compresseur en attaque, nombre de ses performances sont passées à la postérité et c’est la raison pour laquelle nous allons nous intéresser à l’une d’entre elles, pas la plus célèbre en soit, mais qui reste inégalée de nos jours.


    Michael « Air » Jordan

    Bien avant de devenir « The GOAT », Michael Jordan était surtout célèbre pour son profil d’athlète d’exception et ses qualités de scoreur hors-pair à ses débuts. Inutile de vous refaire tout le curriculum du Chicagoan, mais le légendaire numéro 23 des Bulls avait réussi à subjuguer le microcosme de la NBA dès son arrivée en 1984. Une prouesse assez rare pour être soulignée, au vue de la densité des joueurs vedettes de la ligue à l’époque, à commencer par la rivalité historique entre les Celtics de Larry Bird et les Lakers de Magic Johnson, mais qui avait cruellement besoin de se trouver une nouvelle figure de proue pour développer son image et sa popularité.

    Jordan fut en quelques sortes le Messie débarqué au meilleur moment dans l’histoire de son sport. Génie de la balle orange, le natif de Brooklyn ne tardera pas à se tailler une réputation quasi-mystique, à l’image de son chef-d’oeuvre lors du Game 2 des finales de Conférence 1986 face au Celtics où il inscrira 63 points, un record sur un match de playoffs qui tient toujours et qui suscita l’admiration de son aîné Larry Bird qui le qualifia de « Dieu déguisé en Michael Jordan » ce soir-là. Un seul article ne suffirait pas à évoquer les nombreux faits d’armes de « His Airness« , et encore moins pour évaluer son impact médiatique. C’est pourquoi nous avons dû choisir une performance parmi tant d’autres, un fait assez méconnu du grand public, mais néanmoins jordanesque.

    Sa saison 1987-1988

    Flashback sur la saison régulière 1987-88 qui vient de rendre son verdict. Les Chicago Bulls alors entraînés par Doug Collins (1986-89) viennent de boucler leur meilleure saison depuis près de quinze ans avec le 8ème bilan de la ligue, ex-aequo avec Atlanta (50-32). Un succès dont le mérite revient en très grande partie à Jordan, le joueur ayant terminé Meilleur marqueur pour la deuxième saison consécutive, mais aussi Meilleur intercepteur. Le désormais quadruple All-Star va même jusqu’à remporter son premier trophée de MVP du All-Star Game 1988 organisé cette année dans son fief à Chicago, ainsi que le concours de dunk.

    Avec 35 points par rencontres à 53.5% d’adresse aux tirs, auxquels il convient d’ajouter 5.5 rebonds, 5.9 caviars, 3.2 interceptions et même 1.6 contres, l’ancien Tar Heel a littéralement roulé sur ses adversaires durant 82 rencontres, avec des pointes au scoring démentielles face aux Pistons (59 points), Cleveland et Portland (52 points) et Boston (50 points), se payant même un sprint final monstrueux en avril, alors qu’il tournait à 39 points sur les douze derniers matchs des Bulls (9-3). Des boucheries en attaque comme la NBA en a rarement vu depuis l’époque de Wilt Chamberlain et Elgin Baylor.

    source : Sports Illustrated

    1er Tour des Playoffs 1988

    Pour ses quatrième playoffs en quatre ans, Jordan compte bien passer un cap. Éliminé à chaque fois dès le premier round, il a pris soin d’éviter à son équipe des retrouvailles avec leur bourreaux depuis deux ans, les Boston Celtics. Quatrième à l’Est avec l’avantage du terrain, c’est sur les Cleveland Cavaliers (42-40) que Michael va pouvoir se défouler avant de passer aux choses sérieuses. Pourtant les Cavs de coach Wilkens sont loin d’avoir réussi aux Bulls en régulière (3 wins et 3 defeats dont une défaite à domicile). Leur bilan est un trompe l’oeil, l’effectif de l’Ohio emmené par un cinq majeur de qualité et très équilibré est un énorme piège tendu aux Bulls qui dépendent d’un seul et même homme en attaque.

    Car si sur le plan défensif, la franchise de l’Illinois n’a rien à envier aux meilleurs (1ère équipe aux point concédés et 3ème Defensive Rating), sur le plan offensif, le supporting cast des Bulls n’a pas encore tout à fait pris le temps de se mettre à la hauteur de leur arrière. Sam Vincent arrivé en provenance de Seattle en février et associé à Jordan sur le backcourt a bien trouvé ses marques (13 pts), tout comme Oakley dans celui de lieutenant, mais le reste de l’effectif a du mal de sortir de l’ombre de son altesse sur le front de l’attaque malgré un bon potentiel, à l’image de ses deux rookies Horace Grant et Scottie Pippen.

    Pour Cleveland, la saison régulière fut assez compliquée, en témoigne des séries de défaites au mois de novembre et surtout de février à mars, Lenny Wilkens se sentait forcément soulager au moment de voir son équipe décrocher l’un des derniers spots à l’Est après une fin de saison rondement bien menée. Sur le papier cette équipe est assez jeune, mais déjà très en avance sur beaucoup d’autres formations à l’époque. Autour d’un noyau de presque dix joueurs, dont la plupart avec moins de cinq saisons au compteur, les Cavs espèrent opposer une vraie résistance aux Bulls avec un cinq majeur composé entre autres de Mark Price, Ron Harper, Larry Nance et Brad Daugherty, ainsi que d’un banc taillé pour poser des problèmes à la défense de Chicago avec Craig Ehlo, Hot Rod Williams ou encore Dell Curry.

    À la fin des années 1980, Bulls et Cavs se sont affrontés à deux reprises lors des séries éliminatoires de 1988 et 1989. Cette dernière fut la plus marquante de l’histoire dans leurs confrontations, en particulier avec une action mythique lors du match décisif à Cleveland, où Michael Jordan va inscrire « The Shot » au buzzer sur son vis-à-vis Craig Ehlo, éliminant une fois de plus les Cavaliers au premier tour. Un moment devenu culte dans l’histoire de la ligue et qui illustra à merveille l’impuissance des équipes à l’époque qui affrontèrent les Chicago Bulls et Michael Jordan en playoffs.

    Jordan pose déjà son empreinte sur la série

    source : Forbes

    Au Stadium de Chicago, MJ veut frapper un grand coup lors de la première manche, alors que son vis-à-vis en défense, Ron Harper, est annoncé blessé à la cheville pour le Game 1, c’est donc Craig Ehlo, l’une des révélations de la saison côté Cavs qui doit se coltiner le futur Hall of Famer. Devant après le premier quart-temps, Cleveland doit néanmoins faire face à un véritable casse-tête en défense sur l’arrière bondissant des Bulls qui permet à son équipe de recoller rapidement au score. À coups de lay-ups, alley-oops et dunks dans tous les sens, Jordan semble être sur un nuage à la fois en attaque et en défense. Wilkens et ses hommes se montrent incapables de tenir l’arrière qui termine la première manche avec 50 points (19/35), 7 rebonds, 2 passes, 2 contres et 2 interceptions, le tout avec seulement douze lancers obtenus (100%), et une victoire nette 104 à 93.

    Pour le deuxième match au Stadium, le retour de Harper en défense devrait apporter des garanties supplémentaires selon les dires du joueur lui-même :

    Impossible qu’il marque 50 points face à moi, je peux vous le garantir

    Ron Harper

    Manque de bol pour lui, la baraka est toujours bien présente du côté du jeune Michael qui se fera un malin plaisir de remettre à sa place l’arrière des Cavs en inscrivant 55 points au Cavs, avec la victoire en prime 106 à 101. Toujours sans solution pour contenir la fougue du numéro 23, Jordan ira de ses feintes et fadeaway jumpers avec son jeu aérien si caractéristique pour donner à son équipe un avantage mérité dans cette série. Avec seulement 7 lancers francs tentés, tous réussis, il termine la rencontre avec 24 tirs rentrés sur 45 tentatives (53.3%), devenant ainsi le premier joueur de l’histoire à inscrire 50 points ou plus lors de deux matchs consécutifs en playoffs. Une performance rare dans une seule et même série, plus tard égalé par Allen Iverson qui inscrira 54 et 52 points au 2nd tour face aux Raptors en 2001, mais avec plusieurs matchs d’intervalle.

    Une première marche franchie, mais une deuxième encore trop haute

    Il faudra finalement cinq matchs aux Bulls pour venir à bout de Cavaliers tenaces lors des matchs 3 et 4, mais incapables de stopper la machine à scorer qu’était Jordan lors du Game 5 (107 – 101). L’arrière va même terminer le premier tour avec 45.2 points (55.9%) de moyenne sur la série, ainsi que 5.4 rebonds, 4.8 passes, 2.8 interceptions et 1.6 contres, s’octroyant au passage le record du plus grand nombre de point inscrit sur une série de cinq matchs (226) et la meilleure moyenne de points sur une série au dessus des 40 points, barre symbolique qu’il atteindra à cinq reprises dans sa carrière.

    Au second tour Chicago va malheureusement voir son parcours stoppé net par les redoutables Pistons de Isiah Thomas (4-1) qui iront jusqu’en Finales face aux Lakers. Jordan fut bien moins en réussite face aux hommes de Chuck Daly, bien chahuté par Joe Dumars & co, ce qui donnera ensuite naissance à une rivalité légendaire entre les « Bad Boys » de Detroit et le numéro 23 des Bulls. Michael fit néanmoins une razzia sur les trophées individuels décernés lors de la saison 1987-88, en remportant le titre de MVP de la saison ainsi que celui du Meilleur Défenseur de l’année, mais aura du néanmoins attendre la saison 1990-91 pour décrocher la première de ses six bagues de champion.


  • Bilans de la saison  – Central Division

    Bilans de la saison – Central Division


    En ces temps de confinement, afin d’éviter de vous couper totalement de l’univers de la NBA, ClutchTime dresse un bilan de la saison 2019-2020, suspendue depuis le 11 mars. Dans l’attente de son retour prochainement, la rédaction vous propose de revivre les parcours des différentes équipes de la ligue, depuis fin octobre, en faisant le point sur chacune d’elle dans chaque division de la ligue.

    Notre série continue et pour ce deuxième opus, nous nous intéressons à la Division Centrale de la Conférence Est. Alors que les Bucks et son colosse grec réalisent une saison historique sur tous les plans, les équipes restantes de la division font ce qu’elles peuvent, aussi bien en mal ou en bien, selon si on se positionne du point de vue des redoutables Pacers ou des Bulls et des Cavs toujours en quête de résultats et de stabilité. Une stabilité mise de côté pour les Pistons qui vivent une saison assez loin de leurs objectifs et qui ne s’imaginaient pas devoir amorcer aussi rapidement leur reconstruction.


    Milwaukee Bucks (53-12) – 1er

    PPG (118.6) – 1er / Opp PPG (107.4) – 5ème
    Offensive Rating (112.6) – 7ème / Defensive Rating (101.9) – 1er

    Qualifiés

    Cinq majeur de la saison :
    E. Bledsoe (PG) – W. Matthews (SG) – K. Middleton (SF) – G. Antetokounmpo (PF) – B. Lopez (C)

    Après une saison régulière maîtrisée d’un bout à l’autre et deux premiers tours expédiés tout aussi vite, les Bucks se sont heurtés à la rigueur de jeu et le réalisme froid des Toronto Raptors et d’un Kawhi Leonard qui a revêtu son habit d’exécuteur en chef des coéquipiers du Greek Freak (4-2). C’est donc plus endurci mais surtout avec l’esprit revanchard que la franchise du Wisconsin aborde cette saison 2019-2020. La continuité est le mot d’ordre dorénavant, les Bucks vont donc signer ou resigner des vétérans tels Kyle Korver, George Hill et Brook Lopez, enlever le frère Robin Lopez aux Chicago Bulls et sortir de sa torpeur l’expérimenté Wesley Matthews pour compléter la boucle. Seul accroc au tableau, le difficile choix de la prolongation des titulaires Malcolm Brogdon et Khris Middleton et à ce petit jeu c’est le second, plus expérimenté et All-Star de surcroît qui empochera le pactole, tandis que le second sera envoyé aux Pacers contre plusieurs picks.

    Résultats, cette saison la bande à Giannis roule sur le championnat et affiche pour l’heure le meilleur bilan de son histoire (81.5% wins) devant la saison 1970-71 de Big O et KaJ qui furent sacrés champions cette année-là. Comme un symbole, Milwaukee est devenu l’équipe à se qualifier le plus rapidement de l’histoire pour les playoffs après un succès décroché face aux Washington Wizards le 23 février dernier, avec près de deux mois d’avance sur la fin de la saison régulière. Alors certes depuis le mois de mars, les Bucks ont subi quatre revers en six rencontres, mais quand on regarde la première moitié de saison fantastique (35-6) et l’impressionnante série de 18 victoires consécutives entre le 10 novembre et le 14 décembre, on voit mal ce qui pourrait enrayer la mécanique en vue des phases finales à l’exception des blessures. Et encore ! Les quelques absences de Giannis Antetokounmpo n’ont pas considérablement handicapé l’équipe qui a su se réinventer et trouver des solutions (5 victoires, 3 défaites).

    Tout ceci fut évidemment rendu possible par l’habilité tactique et la gestion des temps de jeu minutieuse de Mike Budenholzer qui parvient chaque soir à tirer le meilleur d’un effectif inépuisable et quasi-injouable à force de cohésion et de répétition de gammes. Élu à trois reprises joueur du mois à l’Est, Giannis est le premier à profiter de cet environnement. Jamais le grec n’a joué autant à l’économie (30.9 minutes) mais demeure plus fort dans tous ce qu’il entreprend désormais, y compris le tir à longue distance, dernière arme en rodage qu’il vient d’ajouter à sa monstrueuse palette offensive de MVP. Si on laisse de côté la partie offensive, c’est surtout en défense que les joueurs des Bucks s’illustrent le plus et c’est sûrement le point le moins négligeable dans la progression de ce groupe qui ne vit que pour aller au bout cette année. Nul doute que le niveau de jeu actuel de Khris Middleton, la maîtrise de Eric Bledsoe à la mène, l’impact des deux côtés du terrain de Brook Lopez et une rotation surchauffée (55.6 points en moyenne) devrait faire des étincelles en phases finales.

    La saison de Milwaukee en quelques chiffres :
    . 2ème équipe la plus adroite aux tirs (47.7% FG)
    . 3ème équipe qui réalise le plus de contres par match (6)
    . Meilleure équipe aux rebonds par match (51.7)
    . Meilleur marqueur : Giannis Antetokounmpo (29.6 points par match à 54.7% FG)
    . Meilleur passeur : Giannis Antetokounmpo (5.8 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Giannis Antetokounmpo (13.7 rebonds par match)

    Indiana Pacers (39-26) – 5ème

    PPG (109.3) – 22ème / Opp PPG (107.4) – 7ème
    Offensive Rating (110.3) – 18ème / Defensive Rating (108.3) – 7ème

    Cinq majeur de la saison :
    M. Brogdon (PG) – J. Lamb (SG) – T.J. Warren (SF) – D. Sabonis (PF) – M. Turner (C)

    Les Indiana Pacers sont des coriaces, même en perdant dans un premier tour de playoffs face aux Celtics (4-0). Notons la performance en dépit d’un effectif amputé de son meilleur joueur, la franchise de l’Indiana venait de se qualifier pour sa huitième campagne en neuf ans. Pas découragés pour autant par cette claque, les Pacers sont repartis cette saison tambours battants, le couteau entre les dents pour tenter quelques jolis coups. Malgré les départs de Cory Joseph, Bojan Bogdanović, Thaddeus Young ou encore Darren Collison, les Pacers ont joué la carte de la finesse en promouvant certains éléments comme figures de proue de l’équipe (Domantas Sabonis, Myles Turner, Aaron Holiday), en balançant du cash et des choix de draft pour récupérer de solides éléments (Malcolm Brogdon, T.J. Warren) et en signant à moindre coût de bonnes affaires lors de la Free Agency (Jeremy Lamb 31m$ sur trois ans, T.J. McConnell et Justin Holiday 4.5m$ sur la saison).

    Privé de son leader Victor Oladipo pendant la majorité de la saison, Nate McMillan a réussi son pari en trouvant les ajustements et un équilibre entre la défense, véritable point fort de l’équipe, et une attaque efficace qui pose de sérieux problèmes à des grosses cylindrées cette année (victoire face aux Lakers, Bucks, Toronto et Utah à domicile) mais qui peut se viander salement comme face aux champions en titre les Raptors (127 à 81 plus large défaite de son histoire). L’équipe a fait des progrès en ce sens et tente de plus en plus sa chance de loin. Enchaînant plusieurs séries de quatre ou cinq victoires en novembre puis en décembre pour venir s’installer dans le carré de tête de la Conférence, Indiana a néanmoins perdu son avance et de précieuses victoires lors de la période des fêtes et début février comme face aux Knicks, décrochant ainsi du trio de tête. Les Pacers vont désormais batailler pour le 4ème spot à l’Est, synonyme de 1er tour avec l’avantage du terrain. De cet avantage, Indiana pourrait en avoir cruellement besoin si elle venait à croiser la route des 76ers ou du Heat en playoffs.

    À ce titre le retour d’Oladipo en février devrait leur offrir plus d’options en attaque dès que ce dernier aura retrouvé son jeu et des sensations. Pour l’heure les Pacers sont à l’heure européenne avec Domantas Sabonis, tout récent All-Star, et qui porte sur ses larges épaules et celles de Myles Turner le destin de l’équipe, pas seuls évidemment, sinon les Pacers ne seraient plus ce qu’ils sont, une bonne équipe dans laquelle les individualités prennent rarement le pas sur le collectif. Avec pas moins de sept joueurs en double figures au scoring, parmi lesquels les dernières recrues T.J. Warren, Brogdon, Jeremy Lamb (out pour le reste de la saison), si on y ajoute des remplaçants comme Aaron et Justin Holiday ainsi que Doug McDermott en forme, cette équipe semble suffisamment armée et déterminée pour finir la saison de la meilleure manière possible et nul doute que les autres équipes de la Conférence commencent déjà à chercher des solutions pour y remédier.

    La saison de Indiana en quelques chiffres :
    . 5ème équipe à commettre le moins de pertes de balles par match (13.1)
    . 3ème équipe la plus adroite aux tirs (FG) : 47.7%
    . 4ème meilleur bilan face à des équipes de la Conférence Ouest (15w – 8l)
    . Meilleur marqueur : T.J. Warren (18.7 points par match à 52.9% FG)
    . Meilleur passeur : Malcolm Brogdon (7.1 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Domantas Sabonis (12.4 rebonds par match)

    Chicago Bulls (22-43) – 11ème

    PPG (106.8) – 26ème / Opp PPG (109.9) – 14ème
    Offensive Rating (106.7) – 27ème / Defensive Rating (109.8) – 14ème

    Cinq majeur de la saison :
    T. Satoransky (PG) – Z. LaVine (SG) – T. Young (SF) – L. Markkanen (PF) – W. Carter (C)

    Après une saison 2018-2019 très mouvementée et une non moins décevante 13ème place à l’Est, Jim Boylen le nouvel homme fort de Windy City s’est employé à trouver des solutions pour ramener des résultats à cette équipe très jeune (22 ans) et globalement assez inexpérimentée puisque trois joueurs seulement ont plus de quatre saisons dans la ligue. Dans un tel contexte, les Bulls doivent miser sur ce groupe tout en l’entourant de joueurs à l’expérience solide pour leur permettre de passer un cap. Pour l’expérience les Bulls ont donc décidé de miser sur l’ex-76ers Thaddeus Young qui vient compenser le départ de Robin Lopez parti rejoindre son frère dans le Wisconsin.  Le noyau du groupe est resté intact dans l’ensemble malgré les départs de plusieurs role players (B. Portis, C. Payne, T. Luwawu-Cabarrot) ou encore d’un Justin Holiday que les Bulls n’ont pas voulu prolonger malgré un très gros temps de jeu effectif l’an passé. Chicago a surtout choisi de miser sur la loterie de cet été et de donner du relief au poste de meneur de jeu en attirant le tchèque Tomáš Satoranský.

    En dépit des attentes et l’objectif de choper un spot en phases finales en fin de saison régulière, les Bulls font encore partie des déceptions de la saison. Malgré un meilleur bilan de victoires depuis un an, l’effectif a été constamment impacté par les absences de plusieurs cadres, qui ont pour la plupart déjà manqué une, voire plusieurs dizaines de matchs et ce sont du coup des joueurs de la rotation qui ont pu bénéficier des minutes à prendre mais qui ont du supporter la responsabilité des résultats de l’équipe. Chicago vit même sa pire période depuis l’arrêt de la saison, après avoir concédé 13 défaites sur leur 16 dernières rencontres (dont une série de huit revers de rang qui aura duré trois semaines). Un bilan qui s’explique forcément par le manque d’automatisme et de stabilité dans le groupe, tandis que le coach en sursis distribue les minutes à tout va à quelques rares exceptions.

    Car s’il y en a bien un qui bénéficie d’une total confiance de la part de son entraîneur, c’est Zach LaVine. L’arrière a carte blanche pour jouer et affiche cette saison ses meilleurs stats personnelles, en témoigne son nombre de tentatives accrue et sa prise de décision plus efficace et décisive que par le passé. Malgré une adresse qui doit s’améliorer, LaVine a prouvé non seulement qu’il était désormais le leader d’attaque de son équipe mais que sans ses cartons offensifs, le bilan des Bulls aurait pu être plus inquiétant. À ses côtés le jeune Coby White a su également tirer son épingle du jeu, devenant assez indispensable en attaque au point d’être élu rookie du mois de février à l’Est. Il faut dire qu’avec les blessures de Wendell Carter, Otto Porter Jr., Lauri Markkanen ou encore Kris Dunn, plusieurs places étaient vacantes dans le registre offensif. Parmi les joueurs les plus utilisés et les plus importants du groupe, Satoranský a même piqué la place de ce dernier comme meneur titulaire. L’équipe maintient pour l’heure un cap (bon ou mauvais ?) en voulant miser sur ses jeunes à conditions que ces derniers ne se blessent pas les uns après les autres et puissent se développer sereinement.

    La saison de Philadelphie en quelques chiffres :
    . 25ème équipe la plus adroite aux tirs (44.7% FG)
    . 28ème équipe aux rebonds (41.9)
    . 4ème pire bilan de victoires à l’extérieur (8-23)
    . Meilleur marqueur : Zach LaVine (25.5 points par match à 45% FG)
    . Meilleur passeur : Tomás Satoransky (5.4 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Wendell Carter (9.4 rebonds par match)

    Detroit Pistons (20-46) – 13ème

    PPG (107.2) – 24ème / Opp PPG (110.8) – 16ème
    Offensive Rating (109) – 21ème / Defensive Rating (112.7) – 22ème

    Cinq majeur de la saison :
    D. Rose (PG) – L. Galloway (SG) – T. Snell (SF) – C. Wood (PF) – T. Maker (C)

    Dernier qualifiés l’an dernier, les Pistons n’ont guère pesé lourd face aux redoutables Bucks au 1er tour (0-4). Malgré tout l’objectif de cette saison pour Detroit restait le même : viser les playoffs et éviter de choper les Bucks au 1er tour. Objectif réaliste pour une équipe qui est allé chercher des joueurs d’expérience comme Markieff Morris et Derrick Rose pour venir compléter le noyau Drummond, Griffin et Jackson. Un recrutement solide et somme toute logique mais qui demande encore à se concrétiser sur les parquets et dans une Conférence Est plus féroce. L’équipe dispose également de jeunes talents en devenir qui ont déjà montré des signes encourageants tels Luke Kennard, Bruce Brown et même Christian Wood, récupéré auprès des Pelicans. Et puis Detroit accueille cette année un français parmi ses joueurs qu’elle a draftés, le jeune Sekou Doumbouya qui devra se faire une place dans une rotation où des places sont encore à prendre.

    Alors certes tout n’est pas à jeter pour les Pistons cette saison, loin s’en faut. Mais lorsque les hommes de Dwane Casey débutèrent en 2019 par sept victoires sur leurs vingt premières rencontres de saison régulière, on se dit alors que le recrutement de l’été n’aura presque rien changé à la situation. Les cadres n’ont pas ou peu été au rendez-vous entre les blessures des uns (Griffin, Jackson) et les départs lors de la trade deadline (Markieff Morris aux Lakers) dont celui de Andre Drummond, vivement critiqué et qui a eu l’effet de faire passer les Pistons pour des coqs sans tête. Désormais tournée vers la reconstruction un peu tardive, Detroit semble avoir revu ses ambitions à la baisse et les résultats de la franchise s’en ressentent fortement. Avec seulement trois petites victoires sur leurs vingt derniers matchs, dont une série de sept revers de suite, le calendrier des matchs à venir n’est pas près de redonner du baume au cœur des supporters du Michigan.

    Pourtant remarquable sur le papier, l’effectif des Pistons s’est rattaché assez longtemps aux performances du revenant Derrick Rose et de son entente avec Andre Drummond et à moindre mesure Blake Griffin. Des progressions sont à noter également. Même s’ils bénéficient d’un plus gros temps de jeu, surtout avec un effectif dispersé, Luke Kennard, avant de se blesser, Christian Wood ou encore Bruce Brown et Sviatoslav Mykhailuk sont autant de promesses pour l’avenir de la franchise. Une progression dont seraient bien inspirés les débutants du roster, à commencer par notre frenchie Sekou Doumbouya, dont le mois de janvier n’est pas passé inaperçu aux yeux des fans et de son coach qui attend beaucoup plus d’investissement de sa part à l’avenir. Certains joueurs ont plusieurs cartes à jouer en cette fin de saison, bénéficiant d’un temps de jeu plus conséquent et de responsabilités pour se mettre en évidence en vue de décrocher un contrat et un bon rôle à jouer dans l’effectif la saison prochaine.

    La saison de Detroit en quelques chiffres :
    . 29ème équipe aux rebonds (41.7)
    . 2ème équipe à concéder le plus de tirs à 3-points (29.6)
    . 5ème pire bilan de victoires à domicile (11-22)
    . Meilleur marqueur : Derrick Rose (18.1 points par match à 49% FG)
    . Meilleur passeur : Derrick Rose (5.1 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Andre Drummond (15.8 rebonds par match) / Christian Wood (6.3 rebonds par match)

    Cleveland Cavaliers (19-46) – 15ème

    PPG (106.9) – 25ème / Opp PPG (114.8) – 23ème
    Offensive Rating (107.5) – 25ème / Defensive Rating (115.4) – 29ème

    Cinq majeur de la saison :
    D. Garland (PG) – C. Sexton (SG) – C. Osman (SF) – K. Love (PF) – T. Thompson (C)

    « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ». Cette célèbre citation de Lamartine n’a jamais été aussi bien portée que par les Cavaliers depuis le départ de son King, LeBron James. Terminant 14ème et avant-dernier bilan de la ligue devant les Knicks, les Cavs sont pourtant loin d’être à plaindre au regard de leur effectif et c’est d’autant plus offensant quand on sait qu’une saison plus tôt, la franchise de l’Ohio luttait encore en finale face à ses rivaux les Warriors. Cette année donc pas d’excuse pour cette équipe, en reconstruction certes, mais qui a tout de même conservé certains cadres de ses glorieuses saisons passées. On vous l’accorde, viser les playoffs avec un effectif aussi déséquilibré (10 joueurs avec deux saisons ou moins au compteur), paraît très peu probable, même à l’Est. À ce titre le nouvel entraîneur en chef, John Beilein, fait également figure de jeune bleu au sein de la ligue, en dépit d’une énorme expérience d’entraîneur universitaire. La stratégie semble assez claire : les Cavs doivent repartir sur du neuf avec un vivier très dense de jeunes joueurs à développer en priorité, ce qui pourrait poser plusieurs problèmes aux éléments les plus anciens.

     Et ça n’a pas manqué. Arrivés à la mi-saison, Cleveland affichait déjà un bilan très inquiétant de 12 victoires pour 30 défaites et des tensions palpables en interne entre les jeunots et les anciens. La mayonnaise n’a visiblement pas prise au grand désespoir des supporters et des dirigeants qui vont trouver comme seule solution de se séparer de leur entraîneur fin février pour laisser son adjoint J.B. Bickerstaff prendre les commandes du groupe pour la dizaine de matchs restants. Une histoire qui tourne court malgré le bon travail fourni par ce dernier avec les jeunes, en particulier son backcourt très prometteur mais qui doit apprendre à jouer ensemble et gagner en régularité pour se mettre au niveau de la NBA. Avec seulement huit matchs remportés à l’extérieur, et un bilan guère mieux à domicile, les Cavs ont coulé défensivement, la faute à un manque d’implication et d’esprit collectif rédhibitoire. Les Cavs vont même se séparer de leur sixième homme, Jordan Clarkson, après Noël, se privant ainsi d’un élément offensif majeur. La cassure est assez profonde et la Trade Deadline de février n’a pas eu l’effet escompté (6 victoires et 6 défaites).

    L’arrivée d’Andre Drummond, malgré tout ce qu’elle a de surprenante et d’enthousiasmante, est loin de répondre aux besoins de l’équipe à cette heure. Les deux profils de All-Stars que sont Tristan Thompson et Kevin Love, évoluent dans un registre en tout point similaire à celui de l’ancien Piston, et affichent une solide expérience et entente dans le jeu depuis plusieurs années, ce que l’ex-Piston ne pourra pas défaire à moins d’un départ de l’un des deux joueurs. Difficile de comprendre la manœuvre même si ce dernier est plus jeune et que la franchise à réaffirmer il y a peu, son souhait de conserver le pivot All-Star la saison prochaine. Une association avec les jeunes loups Collin Sexton, Darius Garland et Kevin Porter Jr. pourrait fonctionner à conditions de mettre de l’ordre dans le vestiaire et de leur laisser du temps pour progresser ensemble sur le terrain. Car dans l’ensemble et malgré des belles promesses, il n’y a pas grands choses à tirer de cette saison pour Cleveland qui reste une équipe sans fond de jeu et sans réelles orientations à long terme qui vaillent la peine.

    La saison de Cleveland en quelques chiffres :
    . 2ème équipe commettant le plus de faute par match (18.3)
    . 30ème équipe à réaliser le plus de contres par match (3.2)
    . 4ème pire bilan de victoires à domicile (11-25)
    . Bilan de 0 victoire et 4 défaites face à des équipes de la Division Pacific
    . Meilleur marqueur : Collin Sexton (20.8 points à 47.2% FG)
    . Meilleur passeur : Darius Garland (3.9 passes décisives par match)
    . Meilleure rebondeur : Tristan Thompson (10.1 rebonds par match) / Andre Drummond (11.1 rebonds par match)
  • NBA Fashion Episode I : Pigments, Aiguille et Balle Orange.

    NBA Fashion Episode I : Pigments, Aiguille et Balle Orange.

    JR Smith dans son élément, torse nu. Source : ClutchPoints.com

    Il avait un “Maman je t’aime” inscrit sur le biceps droit et était multimillionnaire.” Le paysage NBA contemporain permet ce genre de success story incroyable. A l’exception des chaussures, le tatouage est l’un des seuls accessoires lifestyle permettant de se démarquer visuellement sur le terrain. Les maillots et shorts sont uniformisés, les bandeaux, manchons et gaines de shooter  sévèrement contrôlés par les instances NBA en charge du code vestimentaire. Le tatouage s’est ainsi imposé depuis deux décennies comme un must have pour affirmer son style sur le parquet. Certes, c’est avant-tout par son jeu qu’un joueur se démarque, qu’il construit son image et sa réputation. Mais comment nier l’impact visuel du tatouage dans une nation qui glorifie le culturisme, les corps musculeux et l’esthétisme sportif ? Durant les trois prochaines semaines, votre média Clutch Time vous propose une incursion dans l’Univers Fashion de la NBA. Pour ce premier volet de la série, une étude haute en encre et en couleur sur la pratique du tatouage auprès de vos athlètes préférés.

    Une NBA hostile au tattoo ?

    Le tattoo parsème le corps des athlètes NBA, même les plus jeunes. Lors de la cérémonie de la Draft, de nombreux rookies peinent à dissimuler leurs bras encrés de l’épaule au poignet sous des costards impeccables. La ligue est conservatrice par certain aspects, et jusque dans les années 90, le tatouage apparent en NBA était une anomalie. 

    En Occident, le tatouage n’est toujours pas conventionnel. Toléré mais pas acclamé, l’entretien d’embauche avec le visage ou les mains colorées reste une épreuve fastidieuse. A l’aube des années 2000, des joueurs au style provocateur font tomber les barrières érigées par David Stern. Parmi eux, le fantasque Dennis Rodman. Ostensiblement rebelle, il s’affiche volontiers sur les tabloïds américains avec … a naked woman eating its own vagina” sur le dos (google est votre meilleur ami). Ses tatouages sont perçus comme une énième  manifestation de sa douce folie. Alors, qui a réellement participé à démocratiser cet art en NBA ? La réponse est “The Answer”. Encore une fois. 

      Allen Iverson posant pour une publicité Reebok. Source : The Bleacher Report

    Iverson ramène la rue en NBA.  Associé au baggy et à la lourde chaîne en or, le tatouage rappelle la culture du ghetto. Sur le continent américain, encre et illicite sont étroitement liés. Les membres de gangs portent sur leur peau les symboles qui assurent leur fidélité à leur organisation. Les anciens détenus meurtriers arborent une larme dessinée sous l’oeil en guise de trophée. 

    Face à cet imaginaire, comment faire passer la pilule ? Des pourparlers sont engagés entre David Stern et le syndicat des joueurs. En 2005-2006, la NBA impose à ses employés un dress code “professionnel” pour leurs apparitions en public. Pourtant, le tatouage n’est pas évincé. Il est progressivement adopté comme une forme d’expression artistique, les instances NBA feignant de ne pas percevoir sa dimension communautaire. 

    Des points de crispation persistent pourtant autour de la discipline. En 2018, JR Smith, alors arrière des Cavaliers se fait réprimander par la ligue pour son tatouage sur le mollet, reprenant le logo de la marque “Supreme”.

    « Lors d’un match NBA, à l’exception de l’uniforme ou de l’inscription du manufacturier visible sur les baskets, un joueur n’est pas autorisé à faire de la publicité, de la promotion pour une marque ou un logo, notamment représenté sur son corps ou ses cheveux. « 

    Source : 2019-2020 NBA Official Guideline

    JR risque une amende pour chaque match joué sans que son tatouage ne soit dissimulé, et “L’homme qui lançait des bols de soupe à la figure de ses entraîneurs” ne s’est pas gêné pour exprimer sa frustration sur les réseaux sociaux. Le sniper souligne l’hypocrisie des instances NBA qui tolèrent les tatouages à l’effigie du logo Jumpman, très populaires auprès des ballers

    Réaction de JR Smith sur Instagram et photographie de son tatouage, source : SB Nation.com

    Un tatouage, une histoire. 

    Combien d’apprentis tatoueurs, d’esprits sensibles à la sémantique artistique se cachent parmi les fans NBA en berne en cette période de COVID 19 ? Que les curieux se connectent au league pass, visionnent des images d’archives  et passent en revue le paysage épidermique de la ligue. Nombreux sont les graffitis, dessins et chef d’oeuvres qui valorisent le corps des joueurs. 

    A l’instar de Leonard Shelby dans le très bon Memento de Christopher Nolan (2000), le tatouage peut représenter un précieux mémo. Un point d’ancrage sur son corps pour ne pas oublier les souffrances et sacrifices qu’impliquent le sport de haut niveau. Dans les moments d’adversité, le tatouage n’est pas seulement une oeuvre d’art mais aussi un souvenir galvanisant. 

    La spiritualité, les souvenirs d’enfance, la famille sont ainsi des thèmes récurrents parmi les aficionados de tatouages. Certes, tous les tatouages ne sont pas originaux, c’est ce dont se moque Harry Cheadle dans un article Vice consacré au sujet. 

    Impossible de se démarquer en NBA avec un paquet de tatouages minables « I LUV MY GOD+GRANDMA+SECTION 8 HOUSING” sur la peau, et quel est l’intérêt du tatouage si ce n’est de se démarquer ? »

    Source : Vice, « A Brief History Of Tattoos in the NBA » Harry Cheadle, 2011.

    Cependant, les tatouages nous offrent la formidable opportunité de croiser la carrière individuelle du joueur avec des éléments de son histoire, afin de mieux comprendre sa personnalité.  

    Le cas Lebron James est très intéressant : icône NBA depuis plus de 15 ans, c’est aussi l’un des joueurs les plus tatoués de la ligue. Qu’a-t-il choisi de représenter sur son corps pour le reste de sa vie ? 

    The Chosen 1 

    Source : Reddit.com

    Son tatouage le plus imposant, celui qu’on ne peut rater lors des séances de work-out (torse nu bien sûr) de Lebron sur Instagram. “L’élu”, c’est le surnom qui lui a été donné par le média Sports Illustrated alors qu’il n’était encore que lycéen, celui qu’il porte fièrement. Oui, LBJ est l’élu car peu de joueurs peuvent prétendre rivaliser avec Michael Jordan pour le débat du Greatest Of All Time. Ce patronyme est aussi un poids et une responsabilité qui lui colle à la peau. 

    Difficile d’être the chosen one et d’essuyer les échecs en début de carrière, d’être décrié pour sa “non-clutchitude”. Le bilan en finales de Lebron est actuellement de 3 victoires pour 8 défaites. Pourtant, comment nier sa qualité de joueur générationnel ? 

    330

    Source : Reddit.com

    Une suite de chiffres tatoués sur son avant-bras droit. Elle correspond à l’indicatif téléphonique régional de sa ville natale d’Akron, Ohio (l’équivalent de notre “+336”, mais à l’Américaine). Pas le tatouage le plus visible, ni le plus clinquant mais peut-être l’un des plus importants si l’on considère la carrière de Lebron. En 2003, “The Kid from Akron” commence son aventure dans la ligue à Cleveland, franchise de son Etat natal. Au coeur d’une tempête médiatique après “The Decision” en juillet 2010 et son départ pour Miami, Lebron s’est fait la promesse de revenir et gagner un titre pour sa franchise de coeur. 6 ans plus tard à l’issue des finales NBA il hurle en larmes : “CLEVELAND, THIS IS FOR YOU”, après avoir fait tomber une équipe des Warriors invincible en saison régulière. Ce trophée plus que les autres atteste de la grandeur du joueur. Il le récompense pour sa fidélité envers son État et sa ville. Son engagement se lit sur son épiderme ET sur son CV en dehors des parquets : il multiplie les projets sociaux et investissements pour les membres de sa communauté. 

    Black Mamba

    Source : Instagram de Lebron James

    Un tatouage pour rendre hommage, pour ne pas oublier. Ce début d’année 2020 fut tragique pour la grande famille NBA, avec le décès de Kobe Bryant. Cette dernière inscription sur la peau du King est une promesse :  de ne pas oublier un ancien, un rival, une idole. Kobe fut un des plus grands mentors du jeu et de sa philosophie. Lebron James porte une partie de cette histoire, de cette “mentalité de tueur à sang froid” à même la peau. Le serpent venimeux et menaçant symbolise cet état d’esprit à perpétuer “pour la vie”. La rose est l’allégorie de la passion pour le jeu, où puiser sa motivation. 

      Qu’est ce qui fait du Cyborg un joueur de basket incroyable ? Probablement sa capacité à absorber et assimiler les skills et aptitudes des meilleurs artistes du jeu. A l’instar de Cell dans la saga d’Akira Toriyama, il est devenu la meilleure version de lui même à l’automne de sa carrière. Du numéro 8 fougueux et explosif au numéro 24 maître du fadeaway et enfin patron de la ligue, Lebron a du Kobe en lui. Et l’enfant d’Akron fera tout pour apporter un titre à la franchise de son idole.  Ce tatouage symbolise toute sa détermination.

    Tattoo Gossip

    Les mentalités ont changé dans la grande ligue. On peut afficher fièrement une peau recouverte de tattoos sur le terrain et prétendre à être un role model pour les ménages américains. Auprès de la presse et des fans, les tatouages ne font pas partie des frasques et fantaisies pouvant altérer l’image d’un joueur. L’argent et le succès rendent beau et respectable, encore plus aux Etats-Unis.  Et pourtant, la discipline réserve son lot de surprises. En outro, votre média basket préféré vous propose un florilège du meilleur comme du pire des tatouages en NBA. Du signe infini dessiné sur le poignet à la blague potache inscrite sur la fesse droite.

    Le Goat du Tattoo. 

    Source : The BleacherReport.com

    Chris Andersen, aka Birdman a été un solide éboueur sur les parquets, toujours avec du style. Champion avec le Heat en 2012, il s’est forgé une image de bad guy à l’imagerie punk et s’est tatoué des ailes d’oiseau sous les biceps pour mieux coller à son surnom. Le résultat est bigarré tout en maîtrise. 

    Le plus nerdy

    Source : The BleacherReport.com

    Le meilleur poste 4 de tous les temps est un fan de l’univers Heroïc Fantasy et du jeu de rôle Donjons et Dragons. Tim Duncan arbore ainsi fièrement un tatoo d’un bouffon sur son épaule droite, et un beau Merlin L’Enchanteur sur le pectoral gauche. 

    Le “tattoo tête brûlée”

    Source : The BleacherReport.com

    Stephen “Jax” Jackson s’est fait tatoué une figure biblique tenant une arme à feu dans ses mains. L’arrière des Warriors a été impliqué dans de nombreuses bagarres et fusillades et prend des matchs de suspension la saison 2005-2006 pour … Possession d’arme à feu dans les vestiaires. 

    Le tatoueur préféré de ton joueur préféré. 

    Source : The Undefeated.com

    La fidélité à son tatoueur, c’est sacré jusqu’en NBA. De bouche à oreille entre joueurs, on se refile les bons tuyaux, les bonnes aiguilles. Le canadien Steve Wiebe (à gauche sur la photo) est le tatoueur préféré de Kevin Durant, spécialisé dans les tatouages réalistes. The Snake a refilé le bon plan à son coéquipier Deandre Jordan et les trois s’entendent comme des larrons en foire. 

    Comment ne pas louer les crossovers entre l’art et le sport de haut niveau ? Le tatouage s’est démocratisé depuis une vingtaine d’années en NBA et il est plus populaire que jamais. 

    La pratique reste pourtant affiliée à une culture de l’Underground qui jure avec le code policé et corporate qu’essaie d’imposer la ligue à ses joueurs. A quand une rébellion de l’industrie du tatouage ? En 2016, les éditeurs du jeu vidéo NBA 2K avaient dû affronter les foudres du collectif Solid Oak Sketches. Ce groupe de tatoueurs avaient demandé le paiement de droits d’auteurs pour les tatouages portés par les joueurs, représentés dans le jeu par souci de réalisme.  L’organe de presse Huffington Post relaie qu’une demande de rétribution de 1.8 millions de dollars à été portée devant le tribunal fédéral New-Yorkais … A la semaine prochaine pour une enquête sur la culture sneakers en NBA. 


  • Previews NBA : Cleveland Cavaliers

    Previews NBA : Cleveland Cavaliers

    Pour la première année, ClutchTime se lance dans une grande série de previews pour la saison 2019-2020 ! On part sur une division par semaine et cela jusqu’au début de la saison ! On débarque cette semaine du coté de la Division Centrale, avec les Cleveland Cavaliers.

    Cleveland Cavaliers


    Bilan 2018-2019 :

    Classement : 14ème de la conférence Est

    Bilan : 19-63

    Playoffs : non-qualifié


    Bilan sur la saison

    La saison 2018-19 de Cleveland fut une saison de transition pour les hommes de Tyronn Lue et Larry Drew. Les Cavs viennent de voir le meilleur joueur de la ligue quitter l’Ohio pour la seconde fois depuis 2010, et les champions 2016 vont malheureusement être à des années lumières des résultats obtenus lors des précédents exercices. Un bilan de 19 victoires pour 63 défaites et un objectif clair qui se dessine, tanker pour s’assurer un gros pick lors de la prochaine draft. Tyronn Lue, remercié moins d’un mois après le début de la saison, est remplacé par son assistant Larry Drew (ex-Hawks) qui ne fera guère mieux le restant de la régulière. Handicapée par les blessures de longue durée de Thompson et Love, et la mise à l’écart de JR Smith, la saison régulière des Cavaliers fut longue pour tout le monde.

    De maigres satisfactions sont tout de même à noter. Du côté des performances individuelles, Collin Sexton, fut une réelle (la seule ?) satisfaction notable dans cet effectif. Malgré des débuts difficiles, le jeune combo guard s’est clairement positionné comme une solution offensive intéressante en relais d’un Clarkson convaincant dans le rôle du sixième homme et d’un Kevin Love, FP à temps partiel. Les jeunes éléments comme Larry Nance Jr. , Cedi Osman et Rodney Hood sont parvenus à apporter une petite éclaircie dans la saison noire des Cavaliers.

    Pour la partie négative, tout y passe. Le départ de Lebron James, un recrutement très faible, un jeu en deçà du niveau de la ligue, des performances collectives et individuelles irrégulières ainsi que des blessures à répétition, soit autant de raisons valables pour un public en déconfiture, d’expliquer cette chute vertigineuse. Le départ de Coach Tyronn Lue en début de saison n’a rien arrangé en ce sens, plongeant logiquement Cleveland dans un marasme sportif et médiatique. La reconstruction est désormais primordiale.


    Mouvements durant l’intersaison

    Via Time Out

    Effectif 2019-2020

    PosteNomsSalaire
    PFKevin Love28,942,830$
    CTristan Thompson18,539,130$
    PGBrandon Knight15,643,750$
    SGJordan Clarkson13,437,500$
    CLarry Nance Jr.12,727,273$
    PFJohn Henson9,732,396$
    PGMatthew Dellavedova9,607,500$
    SGDarius Garland6,400,920$
    PGCollin Sexton4,764,960$
    SFCedi Osman2,907,143$
    CAnte Zizic2,281,800$
    SFDylan Windler2,035,800$
    SGTimothe Luwawu-Cabarrot1,678,854$
    SGDaniel Hamilton 1,620,564$
    PFJarell Martin1,620,564$
    PGSindarius Thornwell1,620,564$
    SGJ.P. Macura 1,445,697$
    SGKevin Porter Jr.$1,290,960
    CMarques Bolden 898,310$

    Note : Le contrat de JR Smith (1,456,667$) est inclus dans le Salary Cap des Cavaliers sur la saison 2019-2020

    Le cinq majeur de ClutchTime

    MeneurArrièreAilierAilier FortPivot
    C. SextonD. GarlandC. OsmanK. LoveL. Nance Jr.

    Évaluation by CT

    Points FortsPoints Faibles
    Le back courtL’inexpérience
    La raquetteLe poste 3
    La jeunesseLa défense

    Prévision de Classement

    Estimation haute : 12ème

    Estimation basse : 15ème

    Notre estimation : 14ème

    Probabilité de playoffs: autour de 0%


    AVIS GLOBAL ET ATTENTES

    On ne va pas se mentir, la saison de la rédemption n’est pas pour cette année. L’intersaison discrète avec un recrutement inexistant de la part des dirigeants, ne laisse aucun doute sur le scénario de la saison 2019-20. Pour le 50ème anniversaire de la franchise, l’éclaircie pourrait venir du changement de staff (John Beilein de Michigan, J.B. Bickerstaff ex-Grizzlies et Lindsey Gootlieb de California) et des départs de plusieurs joueurs. Les Cavs vont être en chantier pour un long moment. En sélectionnant (en 5ème position) le jeune arrière de l’université de Vanderbilt, Darius Garland, et en fin de 1er tour Dylan Windler et Kevin Porter Jr., les dirigeants veulent miser sur la jeunesse et un futur back court Sexton – Garland, amené à briller à moyen terme. Kevin Love, prolongé l’été dernier, s’il est épargné par les blessures, va de nouveau endosser le rôle de leader offensif de cette équipe sans rien attendre de plus comme objectif que de limiter les défaites pour ne pas être ridicule.

    Au-delà d’un tout beau et tout neuf coaching staff et d’un nouveau projet de jeu axé sur le développement d’un back court prometteur, plusieurs joueurs seront attendus au tournant pour leur dernière année de contrat. Thompson, Knight, Clarkson et Osman seront scrutés de près et devront se montrer à la hauteur pour décrocher un nouveau contrat sous peine de passer un été 2020 loin des rumeurs de trades. Les Cavaliers sont partis pour une saison supplémentaire de tanking afin de décrocher un nouveau pick élevé lors de la prochaine draft. La saison risque d’être encore très longue et les supporters devraient vraisemblablement suivre les playoffs devant leur télévision, loin de la Quicken Loans Arena.


    Highlights des Cavaliers 2018-2019

    Pour finir la preview en douceur, un petit come-back sur la saison dernière avec les meilleures actions des Cavaliers !

    Enjoy !