Pour la première fois, Clutch Time vous propose chaque semaine de faire un petit point hebdomadaire sur les équipes et joueurs de la liguepour chaque conférence
Bilan des équipes de la Conférence Est
Tendance du début de saison
Les satisfactions du début de saison
Philadelphia 76ers (5-0)
Philadelphie fait un parcours sans faute pour le moment. Avec cinq victoires en cinq matchs, dont trois à l’extérieur, les hommes de Brett Brown entament de la meilleure manière cette saison placée sous le signe de la revanche pour la franchise de Pennsylvanie. Les Sixers ont fait preuve de beaucoup de maîtrise et de caractère jusqu’à maintenant, dans des matchs souvent mal-débutés, Embiid & Co. sont à chaque fois parvenu à inverser la tendance et tenir un résultat jusqu’à la fin.
L’effectif est enfin au rendez-vous. Derrière la locomotive Embiid (23 points, 10 rebonds, 3 passes), Harris, Simmons, Richardson et Horford enchaînent les bonnes prestations collectives. Le facteur Al Horford (16 points, 8 rebonds, 4 passes), débarqué de Boston à l’été, n’est pas étranger à ce bilan parfait et s’est plutôt bien adapté à l’ambiance du Wells Fargo Center.
Boston Celtics (4-1)
Les Celtics vont mieux. Nous les avions laissés sur une élimination express au 2nd tour des playoffs 2019 sur un cuisant sweap face aux Bucks. L’intégration de Kemba Walker, en lieu et place d’Irving, est une réussite. Résultat les hommes de Brad Stevens pointent au deuxième rang à l’Est et reste sur une grosse série de quatre victoires, face notamment aux Bucks et aux Raptors.
Au rang des satisfactions, la franchise aux dix-sept titres retrouve des couleurs, d’abord avec sa nouvelle recrue, mais également avec le retour au premier plan de Tatum et Brown. Gordon Hayward (16 points) parvient enfin à se lâcher sur les parquets (troisième plus gros temps de jeu) en retrouvant progressivement son niveau de jeu de l’époque Jazz.
Miami Heat (4-1)
C’est une sacrée bouffée d’air frais du côté de la Floride que nous offre le Heat de Spoelstra depuis la semaine dernière. Avec deux victoires décrochées à l’extérieur, notamment face aux Bucks, Miami réalise un début de saison tonitruant. Bien loin des déceptions de la saison passée, le Heat ne veut pas manquer le wagon pour les playoffs en avril. La semaine prochaine s’annonce très relevée avec un road trip de trois rencontres à l’Ouest face aux Lakers et aux Nuggets notamment. L’occasion de briller et de maintenir une dynamique de victoire.
Bizarrement ce ne sont pas les joueurs attendus au tournant qui se sont le mieux illustrés depuis mardi dernier. Les principales révélations se situent chez les novices Kendrick Nunn et Tyler Herro qui, en l’absence de Jimmy Butler sur plusieurs rencontres, ont endossé le costume de leader. Le premier (22 points) s’est tout de suite empressé de cartonner les adversaires (28 points notamment face à Atlanta) pour s’imposer comme une valeur sûre. À ses côtés l’autre pépite floridienne, Tyler herro (16 points, 6 rebonds), enchante match après match les supporters qui n’ont plus que son nom à la bouche. Aux côtés du briscard Dragić (16 points) et des deux cadres Adebayo (15 points, 10 rebonds, 2 contres) et Winslow (15 points, 8,5 rebonds et 6 passes), les jeunes rookies peuvent se féliciter de leur niveau de jeu et de leur réussite, alors que Jimmy Butler revient tout doucement. Une bonne marge de progression est encore à venir
Mention(s) honorable(s)
Toronto Raptors (4-2) et Milwaukee Bucks 4ème ex-aequo à l’Est
Les déceptions du début de saison
New York Knicks (1-5)
On
s’y attendait, les Knicks sont en grande difficultés depuis le début de la
saison. La faute aussi à un calendrier qui ne les a pas épargnés (4 matchs à l’extérieur
face aux Spurs, Nets et Celtics notamment). Une éclaircie pourrait poindre dès
la semaine prochaine face à des adversaires plus légers certes mais les hommes
de Fizdale peinent à enchaîner les bonnes prestations pour le moment.
À l’image de Julius Randle (14 points, 11 rebonds, 5 passes) qui ne prend pas toujours ses responsabilités au scoring pour maintenir les Knicks à quai. RJ Barrett (17 points, 6 rebonds, 3 passes) demeure néanmoins une belle réussite pour la franchise New Yorkaise qui peut difficilement compter sur la régularité des Knox, Portis et Robinson et une utilisation encore mystérieuse de Ntilikina.
Washington Wizards (1-4)
Les Wizards restent sur une douloureuse série de trois défaites de rang sur leurs cinq premiers matchs. Toujours fanny à domicile, les Wizards ne trouvent pas la bonne formule pour l’instant et encaissent pas mal de points depuis quelques rencontres, rendant le contexte encore plus inquiétant. Un début de saison chaotique qui plonge Scott Brooks au fond du classement et qui pourrait lui être fatal à terme.
Toujours privés de John Wall, Bradley Beal (27 points, 4.5 rebonds, 6.5 passes) surnage dans ce début d’exercice sans que cela ne soit payant. Thomas Bryant qui s’était révélé la saison passée, endosse difficilement la veste de second et c’est donc le jeune Rui Hachimara (15 points, 6 rebonds), fraîchement drafté cet été qui prend ses marques. Le retour d’Isaiah Thomas demeure néanmoins une bonne nouvelle, tant le joueur paraît retrouver de bonnes sensations.
Brooklyn Nets (2-4)
Démarrage compliqué pour les Nets version « Eastern Contender ». Avec seulement deux victoires décrochées à domicile, Brooklyn déçoit dans ses résultats face à des équipes prétendument à sa portée. À l’image des deux défaites en overtime (face aux Wolves et les Grizzlies), coach Atkinson doit vite rectifier le tir afin de gagner ce genre de rencontre disputées pour ne pas enfoncer la franchise dans un marasme de défaite qui nuirait à son objectif fixé de se qualifier en playoffs.
C’est assez important pour le noter, mais Kyrie Irving (30 points, 6.5 rebonds, 7.5 passes) se démène comme un beau diable depuis le début de saison. En l’absence de la star n°1, Kevin Durant, Uncle Drew enchaîne les grosses prestations individuelles (50 points contre Minny, 37 points contre Memphis, 20/11/10 contre Detroit) sans que cela ne soit suffisant. Trop esseulé derrière, seul LeVert (19 points, 4.5 rebonds, 3.5 passes) assume son rôle de lieutenant dans l’équipe, tandis que J. Allen, Dinwiddie et Harris peinent à passer un cap significatif pour propulser les Nets au sommet de la Conférence.
Le match de ce début de saison
Minnesota (117-95) Philadelphie
C’était inattendu et soudain. Nous sommes le 30 octobre au Wells Fargo Center de Philadelphie. Alors que les Sixers, emmenés par leur collectif en mode rouleau compresseur, voient se dessiner une quatrième victoire, Joel Embiid et Karl-Anthony Towns se jettent violemment l’un sur l’autre, entraînant une mêlée générale qui conduira à l’expulsion des deux protagonistes dans le 3ème quart-temps. Une scène surprenante entre ces deux joueurs, qui n’ont pas arrêté de se chercher durant le match. Philadelphie terminera néanmoins le job et remportera le match 117-95.
Trae Young a beau être jeune, il n’en demeure pas moins un sacré joueur, la preuve encore la semaine dernière où le meneur d’Atlanta s’est fendu d’une impressionnante série de deux matchs consécutifs à quasiment 40 points (38 contre Detroit et 39 contre Orlando), offrant deux précieuses victoires pour Atlanta. Une performance inédite pour le Hawk qui devient le premier joueur à planter autant de panier en match d’ouverture depuis Dominique Wilkins en 1986. Par ailleurs le numéro 11 des Hawks a rendu une copie plutôt bien fournie avec pas moins de 7 rebonds et 9 passes sur chacun des deux matchs. Phénoménal !
Michael Adams est un meneur d’1m78, né le 19 janvier 1963 dans le Connecticut. Il passe ses années universitaires avec l’équipe des Eagles de Boston College. Il rejoint la NBA, par l’intermédiaire de la draft, en 1985. Il est drafté à la 66ème place par les Kings.
Le joueur:
Meneur de poche, Michael Adams a une panoplie très complête. Agile, rapide, pouvant sanctionner à distance, réaliser plusieurs steals par match, étant un super passeur et voyant le jeu avant tout le monde, Adams est un meneur d’une homogénéité dans son jeu rare.
Débuts en NBA:
Michael ne commencera à evoluer dans la grande ligue qu’en 1986, 1 an après sa draft, sous les couleurs des Bullets de Washington.
Mais c’est lorsqu’il rejoint Denver en 1987 qu’il devient un meneur prometteur aux yeux des fans. Ses trois premières saisons chez les Nuggets sont très belles statistiquement. Avec notamment, une superbe saison 1988-1989 qui se conclut avec 18,5 points et 6,4 assists par match.
Mais, Michael est loin de son pic en terme de niveau. Adams à la sauce 1990-1991, c’est parti !
Saison lumineuse:
5 décembre 1990: Adams vs Celtics
Ce match est une démonstration du talent de basketteur d’Adams. Enchainant les ficelles, ce n’est pas là ou il est le plus impressionnant. Le jeu de passe et la vision d’Adams sont tout simplement exceptionnels. En terme défensif, Adams sort égalment, avec 4 steals, une excellente copie. 30 points, 17 assists et 4 interceptions pour le meneur face aux Celtics de Bird.Victoire des Nuggets en overtime. Bref, magnifique.
Cette saison d’Adams est avant tout monstrueuse de régularité. Quasiment chaque soir Michael est là pour scorer, passer, intercepter, et réaliser son petit double-double. Voir Adams évoluer est un plaisir pour les yeux. Michael finit sa campagne avec 26,5 points, 10,5 assists et 2,2 steals de moyenne… énorme.Mais, malheureusement, toujours pas de All-Star game ou même de très gros résultats collectifs avec Denver pour lui. L’avenir s’annonce radieux en NBA pour MA…
Mix de Michael Adams, avec une grande partie des actions venant de cette saison 90-91. Régalez-vous.
La suite…
De retour à Washington, la saison 91-92 se déroule très bien pour Adams, malgrès tout de même une baisse statisique (18,7points et 7,6 assists de moyenne). Mais une chose est à retenir, son rêve d’être désigné All-Star est enfin venu pour lui !
Adams lors du All-Star game
Mais, tout cela va, malheureusement, se corser. Les performances d’Adams baisseront encore et encore en qualité. Il n’atteindra plus les 15 points de moyenne et sa dernière pige en NBA se bouclera sur un bian 5,4 points de moyenne. On attendait peut être mieux de ces dernières saisons par rapport à tout le potentiel affiché.En évoluant 8 saisons en NBA et en performant splendidement, Michael Adams fut parti de ceux qui ont prouvés que la NBA n’est pas forcément réservés qu’aux grands et qu’à force de travail tout peut arriver. Adams a également était un de ses joueur a gros volume de tirs, à une époque ou cela était bien moins démocratisé qu’actuellement.
Aujourd’hui, on a voulu vous faire (re) découvrir le talent de ce petit meneur, tant oublié maintenant.
Larry Bird face à Magic Johnson, peut-être la plus grande rivalité de l’histoire de la NBA. Cette rivalité a connu un début qui s’est déroulé sur les parquets universitaires, une finale NCAA en 1979 entre Michigan State de Magic et Indiana State de Bird. Mais, avant de rentrer au coeur de cette finale, résumons la saison des deux équipes et leur chemins respectifs vers ce match.
La saison d’Indiana State et de Michigan State
Indiana réalise une saison phénoménale, aucune défaite n’est à souligner avant la finale. Le bilan de l’équipe de Larry Bird se porte alors à 32-0 avant la fianle. La saison de Bird aura été étiincelante. Quasiment meilleur scoreur à chaque match, l’Irlandais d’origine aura réalisé des performance à plus de 40 points, comme face à Evansville (40 points), ou encore contre Butler (avec 48 points. Bref, Indiana est à un match de réaliser une saison historique sans défaite.
Du côté du jeune Magic (toujours appelé Earvin à ce moment) et de Michigan, la saison est moins glorieuse. Michigan réalise tout de même une très grosse saison, avec un bilan se portant à 25 victoires et 6 défaites avant la finale. Concernant le scoring, le jeune Johnson n’est pas le plus impactant mais c’est bien Greg Kesler avec 18,1 points. Earvin se trouvant juste derrière avec 17,1 points. Johnson est tout de même, avec 8,4 assists de moyenne, le leader technique de son équipe. Magic est la pépite sur laquelle tout les yeux se tournent, il est clair qu’un meneur de 2m05, si agile, athlétique, technique, abile à la passe peut parraitre fou à cette époque.
La grande Finale
date: Lundi 26 Mars 1979
Lieu: Jon M. Huntsman Center, Salt Lake City, Utah
Magic vs Bird, on y est.Dur de résumer ce match, un gros Bird, avec 19 points, mais à qui on attendit peut-être une performance d’une plus grande envergure. Larry est très bien soutenu par Carl Nicks lors de cette finale mais c’était bien trop peu face à l’équipe d’Earvin Johnson. Michigan aura 3joueurs à plus de 15points lors de cette finale, alors qu’Indiana n’en comptera que deux. La différence s’est sûrement faites ici. Magic aura été excellent avec ses 25 points accompagné par l’inévitable Kesler et ses 19 points et tout de même Terry Donnelyy est ses 15 points. Michigan State est champion, la défaite aura touché Indiana et Earvin Johnson et Larry Bird foncent vers la NBA… la suite vous la connaissez !
https://www.youtube.com/watch?v=KUWrYF0bpx0
Larry Bird, suite à son année, remporte l’Oscar Robertson Trophy, le Naismith Award, le John R. Wooden Award, l’Adolph Rupp Trophy, l’AP Player of the Year, et enfin l’Eastman Award.
Magic et Bird verront evidemment leurs maillots retiré par leurs universités respectives (le 32 pour Johnson et le 33 pour Bird, des numéros qui grandiront dans l’histoire et deviendront mythiques lors de leurs passages en NBA).
17 juin 2008. Les Celtics de Boston sont sacrés champions NBA pour la 17ème fois. Certainement un des plus beaux chapitres de l’histoire de la franchise. Un chapitre exceptionnel qui a mis fin à une longue et douloureuse traversée du désert. Retour sur un parcours grandiose qui a remis en lumière l’équipe du petit lutin vert.
Le contexte
L’équipe des Boston Celtics est, avec les Los Angeles Lakers, l’équipe la plus titrée en NBA, avec 17 titres. Véritable machine à gagner depuis la fin des années 50, la franchise de Beantown (en référence au haricot de Boston) a su forger ses succès autour de joueurs légendaires : Bob Cousy, Bill Russell, John Havlicek, Larry Bird, Robert Parish… Le tout bien entendu guidé par des coachs qui ont amené une certaine culture de la gagne comme Red Auerbach ou K.C Jones. C’est simple : aucune équipe n’a autant dominé une ligue majeure Nord-Américaine que les Celtics l’ont fait entre 1957 et 1969. Deux titres durant les années 70 et trois durant les 80’s viendront s’ajouter à la monstrueuse armoire à trophée du mythique Boston Garden.
Bill Russel (numéro 6) au-dessus de Wilt Chamberlain (numéro 13), lors des finales NBA 1969.
Le Garden, parlons-en : une arène à l’ancienne, construite en 1928 (sous le nom de Boston Madison Square Garden), prévue initialement pour accueillir des matchs de boxe, est devenue au fil du temps une antre imprenable. Dans les années 60 et 80, périodes glorieuses des C’s, il est rare de voir la « green team » perdre à domicile. Le côté rustique et intimidant de la salle y est pour beaucoup. La chaleur du Garden, dépourvu d’air conditionné, étouffe les adversaires, comme le malheureux Kareem Abdul-Jabbar, obligé de porter un masque à oxygène durant le fameux « Heat game » de 1984 entre les Lakers et les Celtics, où la température atteindra les 36 degrés.
Les highlights du match 7 de la finale NBA 1984 entre les Celtics et les Lakers, où l’ambiance au Boston Garden sera impressionnante. Le parquet sera d’ailleurs envahi par les spectateurs au buzzer final.
Les Celtics et leurs ennemis jurés, les Lakers, dominèrent la NBA dans les années 80. En effet, de 1980 à 1989, l’une des deux équipes se retrouva chaque saison en finale. Mais c’est alors que la dynamique victorieuse de la « green team » fut frappée par une tragédie qui marqua à jamais la ville de Boston: le 19 juin 1986, le prodige Len Bias décède d’une overdose de cocaïne, moins de 48 heures après avoir été drafté par les Celtics en première position et 11 jours après le sacre de ces derniers en finale contre les Rockets. Bias était le joueur qui manquait aux Celtics pour relancer une machine certes dominatrice, mais vieillissante. Bien avant sa draft, la presse spécialisée de l’époque le comparait déjà à Michael Jordan. Malheureusement, le Boston Garden ne vit jamais le jeune surdoué du Maryland évoluer sous son toit.
Len Bias (1963-1986).
En 1987, les Celtics version Bird atteignent une dernière fois les finales NBA, après avoir vaincu non sans mal les déjà redoutables Detroit Pistons, au cours d’une finale de conférence défiant les lois du suspens. Mais il finissent par rendre les armes devant les Lakers d’un Magic Johnson étincelant, auteur de 29 points dans le game 4 et surtout d’un « sky hook » légendaire pour remporter un match décisif à Boston. Los Angeles l’emportera logiquement face à des C’s clairement essoufflés. Les fans de l’équipe verte ne le savent pas encore, mais cette défaite annoncera le début de la fin pour la bande de « Larry Legend ».
Le « sky hook » de Magic Johnson contre les Celtics lors du game 4 des finales 1984. Le joueur sera à la fin du match interviewé par le « Roi de la Soul » James Brown.
Lors des finales de conférence Est 1988, la « green team » ne peut rien faire face à la force collective et mentale des Pistons. On assiste là à une passation de pouvoir, et les Celtics de Bird, Parrish, Ainge, McHale et Dennis Johnson ne retourneront plus en finales.
La retraite de Larry Bird en 1992 ; le décès du talentueux Reggie Lewis en 1993 et la démolition du Boston Garden en 1995 n’arrangèrent rien pour l’équipe de BeanTown qui traversa les années 90 comme un fantôme. Seules satisfactions de la décennie pour les hommes verts : la construction d’une nouvelle salle toute neuve, le Fleet Center (qui deviendra plus tard le TD Banknorth Garden), et surtout la draft de Paul Pierce en 1998. Ce dernier deviendra très vite le patron de l’équipe, mais souvent trop esseulé, il ne parviendra pas à faire franchir un cap à son équipe. Le retour de l’ancienne gloire Danny Ainge en 2003, en tant que responsable des opérations basket, fera basculer la franchise dans une toute nouvelle dynamique. Toujours à l’affut des bonnes affaires, Ainge n’a pas froid aux yeux quand il s’agit d’échanges. Selon lui, l’effectif des Celtics 2003 n’est pas bon, en tout cas pas assez talentueux pour viser le titre. Il sait ce que représente Boston dans l’univers de la NBA, et sa franchise ne peut pas végéter plus longtemps dans le ventre mou de la ligue. Pendant plusieurs années, Danny chamboule à de multiples reprises son roster, nomme Doc Rivers comme entraineur (en 2004) et accorde une confiance aveugle en son meilleur élément Paul Pierce. Mais les résultats ne suivent pas. En 2007, Boston conclut une saison catastrophique avec seulement 24 victoires. Pierce commence à parler d’un départ si l’équipe n’est pas renforcée. Alors Danny Ainge va sortir deux échanges dont lui seul a le secret. Le 28 juin 2007, il récupère Ray Allen (Seattle) en échange de Delonte West, Jeff Green, Wally Sczerbiak ainsi qu’un premier tour de draft. Le 31 juillet, Gerald Green, Al Jefferson, Ryan Gomes, Theo Ratliff et Sebastian Telfair quittent la « green army » pour Minnesota. C’est le « Big Ticket » Kevin Garnett, MVP 2004 qui arrive. L’espoir renait immédiatement pour Boston. Le Big 3 Pierce-Allen-Garnett est né et ils sont épaulés par des joueurs qui s’inscriront tous à leur façon dans la saison 2008 magistrale des Celtics.
Ray Allen, Kevin Garnett, Paul Pierce.
2007-2008 : La saison où Boston est redevenue une équipe qui gagne
Les attentes sont énormes autour de la « green team », bien que l’effectif manque d’expérience et de profondeur de banc. Dès le début de saison, Doc Rivers confirme que le jeune meneur Rajon Rondo et le pivot Kendrick Perkins seront titulaires aux côtés de Pierce, Allen et Garnett. Bon défenseur mais très médiocre scoreur, Rondo n’a qu’une saison NBA dans les jambes. Drafté en 2003 par Boston après avoir fait l’impasse sur la fac, Kendrick Perkins a su grappiller des minutes année après année pour au final être titulaire dans la raquette avec KG. Excellent défenseur mais lui aussi un peu frustre en attaque, Perkins représente en effet le col bleu que voulaient Rivers et Ainge au poste 5. Les 3 vétérans du Big 3 ont pour mission de vite mettre en confiance les deux plus jeunes du 5 de départ. Sur le banc, le shooteur fou Eddie House, le rugueux Tony Allen, Glen « Big Baby » Davis, James Posey ou encore l’inattendu Leon Powe apporteront tous leurs différentes qualités, dans un collectif extrêmement bien huilé où chacun a sa place et sait ce qu’on attend de lui. L’arrivée de Tom Thibodeau en tant qu’assistant coach défensif s’avèrera elle aussi décisive.
Paul Pierce, Kendrick Perkins, Kevin Garnett et Rajon Rondo.
Débuter la saison par 8 victoires consécutives, idéal non? Dès le début de saison, on sent que l’alchimie est parfaite et qu’il faudra se lever tôt pour vaincre ces C’s là. Pour son premier match sous la tunique verte, contre des Wizards à 0/16 à 3 points, KG score 22 points et gobe 20 rebonds. Lors du deuxième match de la saison, c’est un shoot à trois points de Ray Allen (33 pts) qui enterrera les Raptors en prolongation. C’est dire si les deux principales recrues de l’été n’ont pas eu besoin de temps d’adaptation.
Le game winner de Ray Allen contre les Raptors de Toronto, le 4 novembre 2007.
Les séries de victoires se succèdent et il faudra attendre le 19 décembre 2007 pour voir les C’s perdre à domicile, après 12 victoires d’affilées au TD Banknorth Garden. Quelques jours plus tard, ils remportent leur 24ème victoire (en 27 rencontres) et égalisent déjà leur performance de l’année dernière.
Rajon Rondo et Paul Pierce.
Le mois de janvier sera plus compliqué. Kevin Garnett sera absent plusieurs matchs à cause de douleurs abdominales. Leon Powe et Glen Davis se partageront les minutes et apporteront leur fougue pour faire oublier le « Big Ticket ». KG, Pierce et Allen seront sélectionnés pour le All-Star Game 2008 qui se déroule cette année-là à La Nouvelle-Orléans. Au même moment, le vétéran PJ Brown sort de sa retraite pour signer à BeanTown, apportant de la profondeur et de la dureté défensive au poste de pivot.
Kevin Garnet, la légende Bill Russell, Ray Allen et Paul Pierce.
Après le all-star break, les Celtics perdent trois rencontres de suite. Ce sera la seule et unique fois de la saison. Danny Ainge veut renforcer sa rotation et signe « le chinois » Sam Cassell pour suppléer Rajon Rondo au poste de meneur. Malgré la fatigue accumulée, les Celtics ne lâcheront pas leur première place de la conférence Est et termineront la saison avec 66 victoires. Les recrues se sont acclimatées à la vitesse de l’éclair. La philosophie défensive de l’équipe, faite d’intimidation et d’agressivité fait que les Celtics sont redoutés par toute la ligue. Aucun shoot ne parait facile pour l’adversaire. Tous les voyants sont au vert pour les playoffs, où les Celtics débuteront face aux Atlanta Hawks, avec l’avantage du terrain.
Les deux premiers matchs à Boston sont nettement à l’avantage des hôtes. Kevin Garnett est logiquement élu meilleur défenseur de l’année. Mais lors des deux matchs à Atlanta, les C’s se feront surprendre par des Hawks bien décidés à ne pas se laisser marcher dessus. 2-2, puis 3-2 Boston, et 3-3 après une nouvelle victoire d’ATL à la Phillips Arena. Accrocheurs, menés par un duo Joe Johnson – Josh Smith au sommet de son art, les Hawks ne pourront rien dans le game 7 décisif à Boston, où les Celtics l’emporteront 99-65.
Paul Pierce en défense sur Joe Johnson.
Les demi finales de conférence Est sont un gros test pour les hommes de Doc Rivers, car les Cleveland Cavaliers de LeBron James sont des adversaires coriaces. Meilleur scoreur de la saison régulière avec 30 points, plus 7,9 rebonds et 7,2 passes de moyenne, « LBJ » a réalisé une saison sensationnelle et a placé presque à lui tout seul son équipe à la 4ème place de la conférence. Cependant, James sera muselé par la défense rugueuse des Celtics durant les game 1 et 2. 12 points à 2/18 au shoot puis 21 points mais 6/24. Sans un LeBron efficace, il est quasi-impossible de voir Cleveland prendre un match dans cette série que Boston mène 2-0. Mais comme au tour précédent, les Celtics ont beaucoup plus de difficultés à l’extérieur et Cleveland prendra les matchs 3 et 4, avec un LeBron retrouvé, bien aidé par les anciens Celtics Wally Szcerbiak et Delonte West. Match 5 pour Boston, le 6 pour Cleveland, et la « green team » devra encore gagner un match 7 décisif pour avancer. Ce « win or go home » sera un des plus beaux matchs de la décennie, une opposition de légende entre Paul Pierce et LeBron James dans un TD Banknorth Garden surchauffé comme lors des plus belles heures de son illustre prédécesseur. Un match serré de bout en bout, où Pierce (41 points) aura finalement le dernier mot face à James (45 points).
https://www.youtube.com/watch?v=DZhCU6dncrA
Le duel inoubliable entre « The Truth » et « The Chosen One » lors du game 7.
En finale de conférence, Boston retrouve les Detroit Pistons. Champions en 2004, finalistes en 2005, demi-finalistes pour la 5ème fois de suite, la franchise de « Motown » a fini deuxième à l’Est avec 59 victoires. Un gros duel s’annonce entre les deux meilleures défenses de la NBA. Les C’s s’imposent facilement dans le game 1, mais la surprise arrive 48 heures plus tard quand Detroit parvient à gagner au TD Garden lors du match 2. Pour la première fois durant ces playoffs, Boston a perdu à la maison. Ne laissant aucune place au doute, les hommes du Doc vont parvenir à reprendre l’avantage du terrain en dominant les Pistons 94-80. Detroit remporte le match suivant et Boston doit absolument gagner le match 5 à domicile. Ce sera chose faite dans un match où les C’s auront mené de plus de 10 points. Courageux, Detroit refait son retard à coup de stops de Tayshaun Prince et de shoots décisifs de Rip Hamilton et Chauncey Billups. Boston fini par survivre à une fin de rencontre étouffante et prend un avantage décisif dans la série (3-2). On peut mentionner le match monstrueux de Kendrick Perkins (18 points, 16 rebonds). Le match 6 sera remporté par Beantown et les Celtics de Boston retrouvent les finales NBA, 21 ans après.
Celtics-Lakers, nous y voilà, 21 ans après, donc. 11ème finale NBA entre les deux rivaux ultimes. L’Amérique entière attendait ce duel au sommet entre les franchises les plus prestigieuses de la NBA. D’un côté, la Californie, une attaque en triangle orchestrée par le « zen master » Phil Jackson, une équipe construite brillamment autour de Kobe Bryant (MVP de la saison régulière) et Pau Gasol; de l’autre, le Massachusetts, une rigueur défensive inouïe et un collectif réglé comme une horloge. Bref, une confrontation historique dans tous les sens du terme.
Le game 1 est magnifique d’intensité. Les Lakers sont présents et rentrent les shoots quand il faut. Premier tournant lorsque Paul Pierce retombe sur le pied de Kendrick Perkins et doit rejoindre les vestiaires. 3 minutes plus tard, le revoilà frais comme un gardon et ovationné par le public de Boston. Deux bombes à 3 points plus tard, il fait exploser toute la salle. Ce moment mythique fera basculer la rencontre en faveur des Celtics qui remportent ce match 1 98-88.
Le résumé du game 1.
Dans le game 2, Boston domine toute la rencontre et mène de 24 points mais s’écroule en fin de match: les Lakers ne sont plus qu’à -2 à une minute de la fin. En patron, Paul Pierce (28 points) s’en va provoquer la faute et marquer deux lancers décisifs. Kobe Bryant aura été parfaitement défendu par les C’s (24 points mais 9-26 au shoot). Les trois matchs suivants se jouent à Los Angeles. Leon Powe aura apporté 21 points en seulement 14 minutes. Lors du game 3, les C’s paraissent fatigués. Paul Pierce, gêné au genou, ne marque que 6 points et Rajon Rondo se blesse au coude. Les Lakers s’imposent 87-81. Game 4. Domination des Lakers qui roulent sur le 1er quart-temps, 35-14. A la mi-temps, dans le dur, les C’s ont besoin d’ajustements tactiques. Paul Pierce indique à coach Rivers qu’il veut défendre sur Kobe Bryant. Rivers ouvre son banc et lance Eddie House, James Posey et P.J Brown pour la seconde mi-temps. Résultat: un 31-15 terrible pour le Staples Center aux airs de cathédrale. P.J Brown se permet même un poster dunk sur Kobe ! Les C’s mènent pour la 1ère fois de la partie à 4 minutes de la fin. D’un énorme shoot dans le corner, James Posey fait définitivement exploser les Lakers. Victoire improbable de Boston qui n’est plus qu’à une victoire du Graal.
L’énorme come-back des Celtics.
Même scénario dans le game 5, où les californiens commencent le match tambour battant. Les C’s refont leur retour avant la mi-temps mais cette fois Los Angeles reste sérieux et revient à 3-2. Le game 6 est annoncé comme le match du titre pour les Celtics. Dans le 2ème quart-temps, sous l’impulsion des shooteurs bostoniens, la défense des Lakers va rendre les armes. Tout rentre pour les Celtics et la 2ème mi-temps est un immense garbage time. C’est la fête au TD Banknorth Garden, et au buzzer final tout le monde peut exulter: les Celtics sont champions NBA, 22 ans après leur dernier titre !
Résumé du game 6.
L’émotion est immense, Kevin Garnett nous gratifie d’une interview devenue légendaire, Doc Rivers se prend plusieurs litres de boisson énergisante sur la tronche, les gens pleurent en tribune. Tellement longtemps qu’on attendait ça…
L’interview de Kevin Garnett.
Quelle saison sensationnelle de ces Boston Celtics ! De ce Big 3 tout d’abord, qui aura toujours fait preuve d’une force de caractère incroyable. MVP des finales, Paul Pierce aura été génial de justesse tout au long des playoffs. Kevin Garnett aura symbolisé la philosophie « UBUNTU » (un pour tous, tous pour un). Ray Allen, de par la qualité de son shoot et son sang froid, aura toujours su répondre présent. Et que dire de Rajon Rondo.. le jeune meneur, confirmé comme titulaire en début de saison, est devenu une valeur sûre du groupe. Sa lecture du jeu et sa lucidité défensive ont apporté ce petit quelque chose en plus. Les rôles players comme James Posey, Eddie House, Leon Powe ou P.J Brown auront apporté l’énergie et la lucidité nécessaire pile quand l’équipe en avait besoin. Le coach, Doc Rivers, pas réputé comme étant un spécialiste tactique, a néanmoins fait preuve d’une gestion d’équipe irréprochable. Si cette équipe n’a jamais baissé les bras, c’est en partie grâce à lui. Et bien sûr les Celtics auront été portés tout au long de la saison par un TD Banknorth Garden en feu. Une saison inoubliable dans tous les sens du terme.
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