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  • Comment forcer son trade: 5 options à votre disposition

    Comment forcer son trade: 5 options à votre disposition

    Voilà déjà plusieurs jours que le MVP 2018 des Rockets fait parler de lui. James Harden, qui avait demandé un trade deux jours avant la Draft 2020 en novembre dernier, ne s’est toujours pas entraîné avec son équipe, et n’aurait pas encore eu de franches discussions avec son nouveau coach Stephen Silas. Ses passages dans des soirées à Atlanta et à Las Vegas en plein cœur de la pandémie marquent une nouvelle « façon » d’exprimer son souhait de quitter l’organisation texane. D’autres stars ont elles aussi manifesté leur désaccord avec leur franchise. Voici cinq cas marquants de ces dernières années. Quel est le style qui vous conviendrait le mieux ?


    Les demandes de transferts des stars NBA ne datent pas d’hier. Wilt Chamberlain à la fin des années 60, Kareem Abdul-Jabbar et Julius Erving dans les années 70, Moses Malone dans les années 80, Shawn Kemp et Charles Barkley dans les années 90, T-Mac et Vince Carter dans les années 2000… Et ce phénomène a pris de l’ampleur au cours de la dernière décennie: Carmelo Anthony, Deron Williams, Chris Paul, Dwight Howard, Kyrie Irving, Jimmy Butler, Kawhi Leonard, Anthony Davis, Paul George, Russell Westbrook …

    Toutes ces stars mécontentes accentuent l’intérêt porté à la Trade Deadline et à la Free Agency. Cette tendance marque également la prise en main des joueurs NBA sur leur carrière, qui n’hésitent pas à tout mettre en œuvre pour forcer la main aux GM afin d’accéder le plus rapidement possible à leur requête. Pour preuves, voici cinq situations étranges qui ont marqué la ligue ces trois dernières années.


    Kyrie Irving sur le banc de touche des Cavaliers. Credit: David Richard-USA TODAY Sports

    Option 1, Kyrie Irving: Si vous ne me tradez pas, je passe sur le billard juste avant le début de la saison

    Juillet 2017, quelques semaines après les Finales perdues contre les Warriors (1v-4d), Kyrie Irving dévoile publiquement ses envies d’ailleurs. Le journaliste d’ESPN, Brian Windhorst évoque un Kyrie fatigué de devoir partager la gonfle avec LeBron James, et souhaiterait être LE joueur d’une franchise. De plus, l’insider confirme que Cleveland travaillait en fait depuis déjà plusieurs semaines sur ce dossier, avec des discussions avec les Knicks (qui ne voulaient pas lâcher Porzingis) et les Suns (qui ne voulaient pas lâcher Josh Jackson…oups).

    Seulement voilà, l’ancien n°1 de la draft 2011 n’est pas du genre à se laisser duper sans contrer les plans de la franchise. Alors qu’il a annoncé sa demande de trade publiquement, le Front Office s’inquiète alors de la chute de sa valeur sur le marché.

    « Des sources ont déclaré à ESPN que les Cavaliers étaient inquiets que la demande d’Irving ait été rendue publique, estimant que cela pourrait affecter sa valeur commerciale. »

    Brian Windhorst

    Classique.

    Mais, ce qui vaut le détour dans cette histoire, on l’apprend bien après son trade à Boston en août 2017. C’est en plein hiver 2018, que Joe Vardon de Cleveland.com dévoile que le meneur All-Star a joué la carte de l’opération pour pousser le néo GM Koby Altman a passé à l’action. C’est simple, si Cleveland avait cherché à le retenir, Irving envisageait de passer sur le billard pour soigner son genou droit (douloureux depuis les Finales 2015) et ainsi mettre en parenthèse la saison 2017-2018 et empêcher toutes tentatives de recoller les morceaux de la part de ses (ex)dirigeants.

    Classe.


    SHENZHEN, CHINA – OCTOBER 04: Le coach Tom Thibodeau aux côtés de Jimmy Butler lors d’un practice sans accroc. (Photo by Zhong Zhi/Getty Images)

    Option 2, Jimmy Butler: Tradez moi, ou bien je décapite vos chouchous surpayés!

    Avec une seule saison sous la tunique des Wolves, Jimmy Butler prévient Tom Thibodeau, à la fois président et coach de la franchise, qu’il fera ses valises à la fin de la saison. Il demande donc simplement à être tradé, à une semaine du training camp… Au début, Thibs pense à tort pouvoir le faire changer d’avis en se remémorant les bons moments passés ensemble à Chicago. Oui mais voilà, Butler n’est clairement pas convaincu par cette équipe drivée par des jeunes loups aux dents de brebis.

    Les jours passent et les rumeurs s’entassent, et voilà que Minnesota offre une extension de contrat de 5 ans et 147.7M$ pour Andrew Wiggins, et il se murmure déjà que Karl-Anthony Towns recevra un contrat Max en 2018. Pendant ce temps là, Thibodeau se montre trop gourmand en affaire et n’arrive pas à un accord avec Pat Riley et le Heat. C’en est trop pour Butler, qui décide de montrer son mécontentement de la manière la plus expressive et physique possible lors d’un banal practice, qui rentrera dans la légende. Accompagné des remplaçants, Butler détruit physiquement et verbalement l’équipe des titulaires et les stars Wiggins et Towns. Déçu de ne pas être déjà en Floride, il se montre également très vocal, et n’hésite pas à beugler sur le GM Scott Layden et évidemment, sur Thibodeau.

    Lors d’une interview avec Rachel Nichols, il reconnait volontier ce qu’il s’est raconté autour de ce fameux practice:

    « C’est vrai en grande partie. Je n’ai pas joué au basket depuis si longtemps. Je suis tellement passionné. Je ne le fais pas pour une raison quelconque, mais pour la compétition. Toutes mes émotions sont sorties en une seule fois. Était-ce la bonne façon? Non! Mais je ne peux contrôler ça quand je suis en compétition. »

    Jimmy Butler sur ESPN

    Afin d’éviter de traumatiser à nouveau les jeunes Wovles, Thibodeau s’est résolu à se séparer de sa star en l’envoyant à Philadelphie en échange de Robert Covington, Dario Saric et Jerryd Bayless le 12 novembre 2018, soit près deux mois après la demande de trade de Butler.


    Kawhi Leonard aux côtés de Patty Mills sur le banc de touche des Spurs. Soobum Im-USA TODAY Sports

    Option 3, Kawhi Leonard: Désolé mon téléphone était en mode silencieux cette saison, par contre vous pouvez me trader à LA?

    Les fans des Spurs vous le dirtont… Ils maudissent le jour ou le pied de Kawhi a rencontré celui de Zaza Pachulia un soir de Playoffs en 2017. Les Spurs menaient de 21 points dans le 3e quart-temps face aux futurs champions. C’est à ce moment précis que la carrière de Kawhi sous le maillot texan à pris du plomb dans l’aile. Cette blessure à la cheville est le point de départ d’une série de DNP pour la saison qui suit. En septembre 2018, sa blessure aux quadriceps est révélée et semble bien sérieuse.

    Néanmoins, les Spurs et leur coach Greg Popovich montrent petit à petit des signes d’impatience quant à un éventuel retour de leur ailier vedette.

    « Il se remet juste plus lentement, pour une raison quelconque. »

    Greg Popovich

    Leonard effectua ses débuts le 12 décembre 2017 et…. termina sa saison un mois plus tard pour un total de 9 matchs joués. Les Spurs doivent publier un communiqué expliquant que leur star sera out indéfiniment. Le problème, c’est que Kawhi s’envole pour New York pour obtenir l’avis de spécialistes. Kawhi veut mener sa rééducation à sa manière sans collaborer avec sa franchise, et sans surprise, cela pose problème et comme le révèle Woj, des tensions naissent entre les deux camps.

    Les Spurs organisèrent une réunion courant mars. Selon ESPN, l’ambiance fut pour le moins tendue. L’équipe pointa du doigt l’absence plus ou moins justifiée de l’ailier All-Star. Plus tard, Greg Popovich et Manu Ginobili affirment devant les médias que l’on ne verra pas le MVP des Finales 2014 en tenue cette saison. Tandis que Tony Parker rajoute de l’huile sur le feu en déclarant que sa blessure aux quadriceps était bien plus grave et qu’il s’en était remis bien plus vite. La goutte d’eau.

    Après toute une saison marquée par un manque de communication et de compréhension entre les deux parties, (et sûrement avec l’appui du fameux oncle de Kawhi), l’ailier ne souhaite plus discuter avec les Spurs et annonce en juin qu’il veut être tradé. Originaire de Californie, sa préférence irait aux Lakers et aux Clippers, vous pensez bien que Popovich et Bufford ne vont pas lui faire de fleurs et décident donc de l’envoyer à l’extrême opposé de Los Angeles en ce qui concerne le climat : Toronto. Vous connaissez la suite.


    Anthony Davis en tenue de civil parmi ces coéquipiers à New Orleans. Crédit: Gerald Herbert/Associated Press

    Option 4, Anthony Davis: Je vous propose de ne plus me faire jouer le temps de faire affaire avec les Lakers.

    Janvier 2018, après avoir atteint les demi-finales de conférence la saison précédente, les Pelicans retombent dans la médiocrité en saison régulière, et la star Anthony Davis est absente pour plusieurs matchs pour soigner sa blessure à l’index. C’est donc dans ce contexte que son agent, l’incontournable Rich Paul, déclare que son joueur ne signera pas d’extension de contrat et qu’il souhaite être tradé le plus rapidement possible. Au beau milieu de la saison, et à un an et demi de la fin de son contrat. Inutile de vous dire que les fans des Pelicans l’ont eu mauvaise.

    Une étrange situation à gérer pour deux franchises. Tout d’abord les Pelicans, évidemment, lorsque « The Unibrow » quitte la salle des Pelicans sans prévenir son coach Alvin Gentry, lors d’un match contre le Thunder. Seul le GM du moment, Dell Demps, est au courant. Et le pauvre Gentry qui se retrouva seul face aux caméras après la rencontre sans savoir où se trouvait sa star. Au final, les Pelicans vont virer Demps qui était en pleine négociation avec les Lakers. L’organisation décida également de ne faire jouer AD que quelques minutes par match et d’attendre la fin de la saison pour l’échanger.

    Les Lakers ont également souffert de cette situation. Les jeunes Ingram, Ball, Kuzma et Hart sont affectés par toutes ces rumeurs de trade, et selon Rajon Rondo, des vétérans ont été également impactés. Même dysfonctionnement au niveau du FO. Alors que New Orleans préfère collaborer avec Magic Johnson, ce dernier insinue que son collègue Rob Pelinka manigance dans son dos, ce qui provoquera le départ surprise de la légende des Lakers en toute fin de saison. Bilan de cette demande de trade : deux licenciements, des joueurs touchés moralement et deux franchises à l’avenir incertain.

    Et puis le miracle eu lieu ! La loterie offre le premier choix de draft 2019 aux Pelicans, ainsi que le 4e choix aux Lakers. Une énorme surprise qui va considérablement faciliter les choses pour effectuer le deal. Davis verra son vœu exhaussé et se retrouvera aux Lakers, tandis que les Pelicans, pas mécontents, récupèreront les jeunes Ball, Ingram et Hart mais surtout le phénomène Zion lors de la draft 2019.


    James Harden durant la « Bubble » – Getty Images via Sportingnews.com

    Option 5, James Harden: Je ne suis toujours pas tradé? Ok je reviens, je dois me rendre à Las Vegas.

    Près d’un mois après sa demande de trade, James Harden est, pour le moment, toujours un Rocket. Oui mais, après avoir vu son pote Russell Westbrook partir à Washington en échange de John Wall, le barbu est toujours décidé à partir, pire, il s’est permis de zapper la reprise des entraînements. Pas la meilleure façon de montrer l’exemple quand on est le joueur le mieux payé de l’équipe, mais là n’est pas la question. La partie qui fait grincer les dents, c’est que le MVP 2018 s’est délibérément montré à des soirées à Atlanta puis à Las Vegas, en plein cœur de la pandémie, sans masque tout en sachant pertinemment qu’il ne respectait pas les consignes données par la NBA pour assurer une reprise convenable de la saison.

    Vous avez donc des superstars mécontentes qui utilisent la carte de la blessure pour ne pas jouer (Kyrie Irving, Anthony Davis et même Scottie Pippen en 1997), et voilà une toute nouvelle technique en maximisant ses chances d’être positif au Covid19 afin de retarder son retour au sein de l’équipe. Le barbu ne se lance pas dans des quotes piquantes à l’encontre de la franchise qui l’a placé au sommet et qui n’a cessé de céder à ses requêtes. Non, il préfère snober son employeur ainsi que son tout nouveau coach Stephen Silas. Le pauvre Silas qui attendait ce poste de Head Coach depuis tant d’années, et le voilà qu’il se retrouve dans une situation invivable avec son franchise player qui veut partir à tout prix.

    Le protocole mis en place par la NBA obligent les équipes à faire passer six tests Covid19 aux joueurs avec un résultat négatif à chaque fois. Déjà arrivé en retard à Houston, cela ne fait qu’accentuer le délais d’attente. Après les départ du coach Mike D’Antoni, et du GM Daryl Morey, Harden ne semble pas vouloir se retrouver avec un propriétaire qui fait débat, ni enclin à discuter avec coach Silas. Une situation délicate et qui doit rendre nerveux toute une génération de fans des Rockets qui ont pourtant défendu corps et âme leur chouchou tout au long de sa carrière. Si cela peut les rassurer, une autre star des Rockets avait demandé à partir en 1992 : Hakeem Olajuwon. Pas sûr que ce coup-ci cette histoire se termine par un happy ending.


    Les demandes de trade des superstars font partie de l’histoire de la NBA. Certaines demandes n’ont pas abouti et le résultat a été plus que satisfaisant pour certains joueurs (Hakeem Olajuwon, Scottie Pippen, Kobe Bryant). Mais ces cas sont rares. Il est en effet très compliqué de recoller les morceaux avec une star mécontente, et il faut avouer que ces situations sont de plus en plus fréquentes, et de plus en plus difficiles à gérer. Il n’en demeure pas moins que pour les cas évoqués dans cet article, les joueurs s’en sont plutôt bien sortis en ayant eu le sentiment de prendre leur destin en main. Et vous quelle technique vous ressemble le plus ?

  • NBA Fashion épisode II : Semelle, Virgule, Balle Orange

    NBA Fashion épisode II : Semelle, Virgule, Balle Orange

    Publicité pour la paire Adidas Superstar White/Black ( Source : Sneakers.fr)

    Encore un “Sacré samedi soir”. La semaine fut pénible, le week-end accueilli avec soulagement. C’est l’heure de célébrer. Retrouver ses potes pour une soirée cosy en appartement. Pousser l’aventure jusqu’en club ? Quoi qu’il arrive, il faut se mettre sur son 31. Plutôt petite chemise et Jean Levis 501 ? Pantalon cargo et tee-shirt blanc XXL ? Peu importe, on accorde la tenue avec sa paire de sneakers. Le néologisme sneakers  vient de l’anglicisme to sneak : se faufiler, passer partout (souvent en douce). C’est une chaussure imaginée pour la pratique sportive, détournée de sa fonction première un usage quotidien. Cette semaine, Clutch Time vous emmène à la rencontre de cet accessoire lifestyle né des parquets NBA et baptisé par la rue. 

    La Signature

    Qu’est-ce qui pousse à acheter compulsivement un paire de chaussures ? On a tous autour de soi un sneaker addict touché par le mal, la passion qui fait craquer son PEL à la fin du mois pour acheter “cette dernière paire”. Pourquoi ? Surement pas pour le sport.  Une simple paire de babouche fera l’affaire pour votre séance de “Ping-Pong Confinement”. Non, on tombe amoureux d’une paire pour son identité : son visuel, mais aussi les secrets de sa fabrication, l’Histoire qu’elle raconte de sa genèse à la communauté qui l’adopte.  Bien que usée par le temps et le bitume on finira par s’y accrocher pour les souvenirs de vadrouille qu’on lui prête. 


    La Nike Dunk Low PRM QS Paris, commercialisée en hommage au plus vieux terrain de basketball rue Trévise à Paris. Source : Nike.fr

    Vos manufacturiers préférés l’ont bien compris. Ils déploient des trésors de marketing pour rendre une paire unique et la rattacher à une légende. Or, La NBA a de belles histoires à raconter
    Une paire signature est une chaussure pensée pour rappeler l’identité d’un joueur. C’est un privilège souvent réservé aux joueurs les plus médiatisés, les “All Stars”. Le terme consacré pour désigner les meilleurs athlètes de la saison est aussi le titre éponyme de toute première sneaker de l’Histoire : La Converse “Chuck Taylor” All Star.

    Chuck Taylor (à gauche), ses converses All-Star aux pieds. Source : Graduatestore.fr

    La firme Converse est créée en 1907. A l’issue de la première guerre mondiale, elle décide de lancer une gamme sportive de chaussures de sport. A cette époque, la NBA n’existe pas. Le basketball était pourtant déjà populaire aux Etats-unis et Converse choisit un joueur de balle orange pour représenter le produit. Chuck Taylor ne sera jamais Hall-of-Famer mais c’est un excellent commercial et représentant : 

    « Les gens commandaient les « chaussures de Chuck » ou les « chaussures de Chuck Taylor » au lieu de demander des Converse All Star. Alors son nom a été ajouté juste à côté de l’étoile [le logo de Converse, NDLR]. Un coup marketing brillant »,

    Source : Joe Dean, ancien vice-Président de Converse, Pierre Démoux, 2016

    C’est cette personnification de l’objet associé à la volonté des fans de ressembler à leur idole qui donne une nouvelle dimension à la paire. Porter la même paire que Patrick Ewing, c’est un peu avoir du Patrick Ewing en soi.

    La signature shoe Ewing 33 Hi Gum Black Gold, source : Sneakers.fr

    A l’échelle du quartier, différentes écoles de style vestimentaire s’observent.  Dans le milieu de “la sape”, la paire de chaussure et le premier vecteur d’affirmation identitaire. Ainsi l’Histoire d’une paire est importante pour les aficionados de la sneaker : elle rappelle sa dimension quasi-communautaire. Certaines marques sont désormais associées aux skateurs amateurs de ride, d’autres font désormais référence à des films, des phénomènes culturels, fruits de collaborations entre designers corporates et artistes. La fonction sportive de la sneaker fut détournée pour devenir un objet de la pop-culture. 

    La chanteuse islandaise Bjork fait la cover du magazine Rolling Stone et affiche ses plus belles Reebok Instapump OG Citron. Source : Instagram @JalaPatra

     Les manufacturiers ont su brillamment jouer avec ces oppositions de style qui pilotent le développement du design d’une paire. Avoir pour égérie le franchise player des Lakers ou celui des Celtics ce n’est pas viser le même coeur de cible.

    Une manne financière

    Estimation des recettes annuelles des joueurs NBA grâce à leur partenariat avec des manufacturiers de chaussures. Source : Forbes, Twitter 2019

    Les sneakers sont un phénomène de la mondialisation. Des prolétaires aux richous, elles attestent de la prédominance de la consommation ostentatoire dans nos sociétés : il faut acheter une paire non seulement parce qu’elle est magnifique, mais aussi pour montrer (ou prétendre) qu’on a les moyens de l’obtenir. La sneaker c’est une affaire d’argent. Assemblée dans les fabriques des pays en développement, la chaussure lifestyle s’écoule majoritairement sur les marchés occidentaux. Sa popularité est pourtant planétaire : de Manille à Maputo vous pourrez trouver des contrefaçons d’Air Max. 

    adidas D Rose 1 Forbidden City to release some time in January ...
    Derrick Rose présente la Adidas D Rose 1 Forbidden City. Source : SneakersReleases.com

    Nike et Adidas s’affrontent pour la poule aux souliers d’Or. En 2019, la  Fédération Française de la Chaussure estimait à 9 milliards d’euros les revenus générés par la filière “sneakers” soit la moitié du marché français de la chaussure. La popularité du produit s’explique aussi par la ruse de ses manufacturier. En 2020, Nike a gagné 21 milliards de dollars grâce à ses chaussures. La virgule a investit 10 % de son pactole pour financer sa politique de marketing en pression tout terrain (Source : Capital.fr). 

    L’Apparition de marchés parallèles comme celui du resale (la revente) atteste du poids économique de la frénésie sneaker

    En première position dans la file d’attente, sous une tente, ils campent depuis la veille jusqu’à l’ouverture du magasin. Ce ne sont ni des clowns, ni des amateurs du tourisme urbain mais de véritables investisseurs qui espèrent récupérer une paire inédite en édition limitée. Puis laisser faire le temps et la spéculation. L’achat de sneakers peut se révéler être un placement financier, selon sa rareté et l’évolution de l’offre et la demande sur le marché. 

    Les Nike Air Mag Back to the Future BTTF (2016). Inspirée du film “Retour vers le Futur” c’est paire la plus chère du monde, en atteste sa cotation sur le Site de revente Stock X.fr. Clin-d’œil magistral au long-métrage, cette édition ultra-limitée fait ses lacets toute seule.

    Selon les projections du cabinet américain Cowen and Company, ce marché souterrain de la revente sur internet, atteindra un poids de 6 milliards d’euros dans l’économie mondiale d’ici 2025. 

    La success-story Jordanesque

    La Air Jordan 1 Mid Bred Multi-Color, source : Jordan Shoes UK

    9 chaussures sur 10 achetées aux Etats-Unis appartiennent à l’écurie Nike. Cette domination sur le marché américain s’explique par leur partenariat fructueux avec Jordan Brand, filiale de la marque. Le logo jumpman occupe une place particulière dans l’imaginaire des fans de sneakers. Son ascension commerciale et identitaire s’explique par un pari fou réalisé par Nike au milieu des années 1980. Ce récit est raconté en mars 2020 par le journaliste Rémy de Souza pour Eurosport, à l’occasion des 35 ans de Jordan Brand. 

    Tout commence en 1984. Un athlète issu de l’université North Carolina est annoncé pour la draft. Il a remporté le championnat NCAA en tant que leader incontesté de son équipe et fait déjà parler de lui pour son jeu délié et ses dunks aériens. Michael Jordan est un diamant, une opportunité pour l’équipementier qui arrivera à en faire son égérie. La direction exécutive de Nike propose à Jordan une offre faramineuse : 500 000 dollars par an et une rétribution à hauteur de 25 % sur chaque paire vendue. MJ a toujours été un flambeur, s’affichant volontairement cigare au bec dans un casino. C’est surement son goût pour le luxe plus que son attrait pour la marque à virgule qui lui fait accepter ce contrat juteux, lui qui avait des familiarités avec Adidas et Converse. 

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    Le GOAT à North Carolina, une paire de Converses aux pieds. Source : Getty Images

    La saison rookie de Jordan est fracassante, sa carrière légendaire. Nike adapte sa stratégie marketing autour de sa réussite.

    Un joueur comme on en a jamais vu qui impose son style face à l’adversité. La promotion de la paire Jordan 1 se fait sous le signe de la subversion. L’Anecdote est désormais connue, la NBA ne valide pas les chaussons de sa majesté et lui fait payer une amende pour chaque match joué avec ses chaussures. Celles-ci ne respectent pas le code couleur imposé par la ligue : au moins 51 % de blanc/noir sur le design extérieur.

    Spot publicitaire de la Jordan 1 « Bannie » par la ligue, Source : Youtube.

    Anticonformisme et dominante, un cocktail explosif qui explique le succès immédiat de la Jordan 1, et de ses déclinaisons durant plus de deux décennies. 

    Jordan devient une icône planétaire qui vend ses baskets comme des petits pains. Il a construit sa fortune grâce à des chaussures qui sont devenues plus renommées que sa personne. En 2020, le magazine Forbes le déclare mille-et-unième personnalité la plus riche de la planète. Bankable à hauteur de 2,1 milliards de dollars, il n’a gagné “que” 90 millions de dollars grâce à ses contrats d’athlète aux Bulls et aux Wizards. 

    Le logo Jumpman dépasse le basket, il entre dans la culture populaire et efface les vieilles rivalités sportives : Jordan Brand est désormais équipementier du Paris Saint-Germain jusqu’en 2032.

    L’Univers de la sneaker sécuritaire

    La salle de basket est une arène. Une rencontre de gladiateurs. Les joueurs veulent optimiser leur performance et briller aux yeux du public. Pour être prêt à l’entre-deux rien de tel que l’entraînement, la préparation physique et technique. La paire de chaussures à son rôle à jouer dans ce processus. Le joueur doit la trouver familière à ses pieds car elle apporte confort, maintien et soutien. Le salaire NBA permet à l’athlète de choisir la paire de son choix au delà des considérations monétaires. Ce qui compte, c’est tout d’abord l’allégeance au sponsor si le joueur en a un. Ensuite, à lui d’adopter la technologie qui présente le meilleur rapport risque/esthétique/performance. Le risque, c’est la blessure, un drame pour l’athlète et  manufacturier de la chaussure. Une entorse à la cheville est synonyme de très mauvaise publicité pour le produit. 

    Le 22 février 2019, Zion Williamson rencontrait l’Université North Carolina de Coby White. En première mi-temps, le pied de Zion transperce littéralement la chaussure. Il tombe et se blesse au genou. Nike a immédiatement lancé une enquête à la suite de l’incident. Source : Youtube.

    L’insouciance des années 1960-70 où les joueurs jouaient en chaussures en toile sur les parquets a disparu. Les marques de baskets ont désormais optimisé leur paire pour assurer un maintien de la cheville. L’amorti de la semelle est primordial. Symbolisé par la  “bulle d’air” chez Nike, il permet d’atténuer les chocs répétitifs au sol, lors des rebonds, contres ou dunks de l’athlète. 

    Plus un joueur est lourd plus ses articulations sont mises à l’épreuve. Conventionnellement, les intérieurs jouent avec une chaussure à l’armature haute qui couvre la cheville. Les meneurs de jeu effectuent sans cesse des changements de direction et privilégient des paires basses assurant plus de mobilité. Ce choix reste personnel et certains athlètes se permettent des folies, au risque de s’attirer les foudre de leur staff médical.  Thabo Sefolosha arbore régulièrement ses Air Max 90, comme s’il participait à un match de Départemental 3 à la Queue-en-Brie un dimanche matin.

    Panthéon de quelques paires iconiques


    La converse Chuck Taylor : l’Historique

    Paires Chuck Taylor All Star x Andy Warhol. Source : Sneakers.fr

    La première des sneakers est rentrée dans l’Histoire par la grande porte, devenant un phénomène interculturel. Elle fut portée par les soldats américains durant la seconde guerre mondiale, puis la paire la plus populaire en NBA durant la décennie 1960. De West Side Story au mariage de Mick Jagger,la Chuck Taylor s’invite partout et est portée successivement par Elvis, James Dean et Kurt Cobain.

    La Jordan 1 : La Royale

    Awesome game Jordan with the setup. | Michael jordan, Michael ...
    La Jordan 1 aux pieds de MJ, Source : Getty Images


    On en a déjà assez parlé, mais comment ne pas la faire figurer ici ? Vendue 65 dollars à sa sortie en 1985, son coloris rouge et noir ainsi que son succès commercial donnera naissance à une lignée de paires, et à un pactole Jordanesque pour Nike. 

    La Air Force 1 : de l’Armée à la Rue

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    Le modèle Air Force 1 édition spéciale NBA Paris Game en 2020, Source : Stock X

    L’éternelle rivale de la Stan Smith pour l’écurie Nike. Sortie en 1982 la Air Force 1 est entrée dans la culture populaire avec une identité force. Son nom fait référence à l’avion militaire présidentiel de Ronald Reagan. Elle fut le premier modèle de la marque à adopter la  technologie Air Sole : “une unité d’air caché sous le talon pour apporter un meilleur amorti”. La Air Force one se paie le luxe de décorer les pieds du Hall of Famer Moses Malone. Adoptée par les communautés des quartiers difficile de New York, Phillie et Baltimore, Nelly ou Jay-Z la démocratisent dans le milieu Hip-Hop américain. 

    La très stylish Puma Clyde

    Source : Puma Hoops

    Impossible de passer à côté de la Puma “Clyde”. La sneaker représente le GOAT vestimentaire de l’Histoire de la NBA, monsieur Walt Frazier : “Swishing and Dishing” tous les jours avec ça aux pieds.

    La Reebok Pump : séduisante et gonflée

    reebok pump up basketball shoes
    Source : reddit.com

    La vague Reebok Pump coïncide avec le début de la décennie 1990. En 1989 la paire arrive avec une technologie flashy et inédite qui lui permet de concurrencer Nike sur le marché américain. “Pump up and Air out” explique Dominique Wilkins dans son clip publicitaire : côté intérieur de la chaussure, une bulle d’air en forme de ballon de basket (évidemment) est gonflée manuellement par l’utilisateur afin de verrouiller sa cheville. La Reebok Pump connaît un succès commercial grâce à ce mécanisme ludique, mais aussi grâce à son apparition au cinéma dans des films très 90’s : Juice (1992, Dickerson) ou Above the Rim (1994, Pollack). 

    Avec les sneakers, la NBA a réussi le grand saut. Conçues pour les parquets de la plus belle ligue du monde, les chaussures de sport de basketball ont été propulsées au rang d’outil lifestyle indispensable. Pas besoin de suivre la NBA pour porter des Jordan.  Les adeptes de la chaussure, les collectionneurs sont connectés à un réseau de fans de la mode et de la culture streetwear mondialisée.

  • Bilans de la saison  – Atlantic Division

    Bilans de la saison – Atlantic Division


    En ces temps de confinement, afin d’éviter de vous couper totalement de l’univers de la NBA, ClutchTime dresse un bilan de la saison 2019-2020, suspendue depuis le 11 mars. Dans l’attente de son retour prochainement, la rédaction vous propose de revivre les parcours des différentes équipes de la ligue, depuis fin octobre, en faisant le point sur chacune d’elle dans chaque division de la ligue.

    Pour débuter notre série, nous passons la Division Atlantique au révélateur. Les Raptors, champions sortants, ont désormais une meute d’équipes à leur trousses qui veulent s’emparer du trophée à l’image des Celtics plus que jamais en lice pour rejoindre le dernier carré à l’Est cette année. Saison balbutiante en revanche pour les 76ers et les Nets qui, malgré de belles promesses, doivent encore trouver les réglages et une bonne dynamique de victoire, ce que les Knicks ne sont pas prêt atteindre en 2020.


    Toronto Raptors (46-18) – 2ème

    Qualifiés

    Cinq majeur de la saison :
    K. Lowry (PG) – F. VanVleet (SG) – OG Anunoby (SF) – P. Siakam (PF) – M. Gasol (C)

    Les champions sortants ont dû revoir certains de leurs plans pour la défense du titre au moment d’aborder cette nouvelle saison. Désormais dans la peau du chassé et non plus du chasseur, les Dinos ont surtout connu l’amertume de perdre, Kawhi Leonard, facteur X et MVP des Finales remportées en juin face aux Warriors. Le natif de San Diego s’en est allé rejoindre sa terre natale du côté des Clippers de Los Angeles en compagnie de Paul George pour tenter d’y inscrire une fois encore son nom en lettre d’or. Côté canadien Nick Nurse a dû se concentrer sur les prolongations de contrat de Kyle Lowry et Pascal Siakam, les deux nouveaux prétendants au trône vacant de Franchise Player. Très peu actif côté Free Agency, Toronto a néanmoins enregistré les arrivées de Patrick McCaw, Rondae Hollis-Jefferson, Stanley Johnson ou encore du jeune Terence Davis. Des seconds couteaux qui doivent cimenter un effectif que certains voient déjà en train de vaciller quelques mois seulement après leur succès.

    Que ne se sont-ils pas trompés au vu de la saison régulière que réalisent les hommes de coach Nurse. Avec un bilan de 46 victoires pour 18 défaites, Toronto enregistre les mêmes temps de passage que la saison passée notamment après un début d’année 2020 incandescent, quinze victoires consécutives entre le 15 janvier et le 10 février, la plus longue série de victoire de son histoire avec pas moins de huit succès décrochés à l’extérieur en prime. La saison avait d’ailleurs plutôt bien débuté, les canadiens ne subissant que cinq revers sur leurs vingt premières rencontres pointant à la 2ème place de la conférence Est, ex-aequo avec le Heat. Mais rapidement handicapés par les absences de ses cadres (Lowry, VanVleet, Siakam, Powell, Gasol), les Raptors sont progressivement rentrés dans le rang à la fin de l’année 2019 (dix victoires pour neuf défaites avant leur série record).

    Si certains doutaient encore de Nick Nurse, ce dernier a prouvé non-seulement qu’il avait su parfaitement gérer la situation liée au départ de Kawhi, mais qu’il était tout à fait l’homme de la situation pour diriger cette équipe et l’amener le plus loin possible. Parmi les bonnes révélations de cette saison et elles sont nombreuses, celles des jeunes OG Anunoby et Terence Davis ou plus récemment du saint-lucien Chris Boucher, sont à mettre au crédit de l’entraineur qui a su se servir de leurs qualités au moment le plus opportun. Côté progressions ou confirmations, ce sont surtout les deux arrières Fred VanVleet et Norman Powell qui sont devenus des cadres à part entière de l’effectif, le premier dans la peau d’un titulaire, le second en tant que sixième homme. Et puis enfin comment ne pas évoquer l’émancipation du camerounais Pascal Siakam, grande révélation durant les playoffs 2019 et MIP 2019, qui succède cette saison à Leonard dans la peau du leader de l’équipe au côté de l’inépuisable Kyle Lowry, tous deux sélectionnés pour le All-Star Game de Chicago en février.

    La saison de Toronto en quelques chiffres :
    . 3ème bilan à l’extérieur avec 23 victoires et 9 défaites
    . 1ère défense aux points encaissés par match (106.5)
    . 2ème Defensive Rating (105.2)
    . Meilleur marqueur : Pascal Siakam (23.6 points par match à 45.9% FG)
    . Meilleur passeur : Kyle Lowry (7.7 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Serge Ibaka (8.3 rebonds par match)

    Boston Celtics (43-21) – 3ème

    Qualifiés

    Cinq majeur de la saison :
    K. Walker (PG) – J. Brown (SG) – G. Hayward (SF) – J. Tatum (PF) – D. Theis (C)

    Les Celtics nous avaient laissé sur une bien piètre impression au sortir d’un 2nd tour face aux Bucks (1-4) et après avoir fait apparaître des tensions en interne impliquant leur meneur Kyrie Irving qui a depuis eu des comptes à régler avec les fans et certains coéquipiers. Il fallait du coup trouver une solution au problème pour les hommes de Brad Stevens. Boston a donc choisi de ne pas prolonger le meneur All-Star et par la même occasion son pivot dominicain Al Horford. Le premier est parti rejoindre l’ambitieux projet des Brooklyn Nets au côté d’un autre renégat, Kevin Durant, tandis que le second, pourtant exempt de reproches et parmi les leaders de l’effectif depuis plusieurs saisons, s’en est allé un peu plus bas en Pennsylvanie du côté des 76ers. Danny Ainge non-content d’avoir raté son coup avec Irving est reparti à la pêche au gros poisson et en a ressorti un très gros en la personne de Kemba Walker, dans un échange envoyant Terry Rozier et un second tour de draft aux Charlotte Hornets. Un moindre mal finalement pour le backcourt de la franchise qui va néanmoins se séparer de son dernier pivot disponible, Aron Baynes, envoyé aux Suns afin de récupérer un 1er tour de draft. Du coup les C’s se sont montrés actifs lors de la Free Agency et à la draft en attirant plusieurs intérieurs de seconde main et rookies en tout genre.

    Trop juste pour cette saison ? Oui et non, allez savoir. Si on note tout de même une raquette assez light, sans un pivot de métier suffisamment expérimenté et performant (désolé pour Enes Kanter), Boston a tout de même réussi sa saison régulière. Avec un bilan de 43 victoires pour 21 défaites, Brad Stevens réalise son meilleur exercice depuis la saison 2017-18 en partie grâce à un démarrage canon (16 victoires sur les vingt premiers matchs). En adaptant son effectif et son jeu, le technicien a notamment choisi de décaler le jeune néo-All-Star, Jayson Tatum, au poste 4 pour intégrer à son cinq le revenant Gordon Hayward (qui s’est néanmoins fracturé la main en novembre), le tout dans un registre offensif proche de celui du small-ball. Avec une intégration réussie pour Walker et un effectif qui semble avoir pris ses marques des deux côtés du terrain, on ne voit pas ce qui pourrait empêcher les Celtics de nourrir de plus grandes ambitions pour cette année.

    Désormais doté d’un quatuor offensif redoutable, Boston peut sourire, car elle possède dans ses rangs quatre joueurs de niveau All-Star à commencer par son duo Brown – Tatum, dont on parvient enfin à mesurer la pleine mesure de leur talent. Les deux joueurs ont passé un cap sur le plan offensif et leur entente dans le jeu n’a jamais été aussi constructive. Tatum a notamment été honoré du titre de meilleur joueur du mois de février à l’Est après une impressionnante série de matchs à plus de 30 points, dont 41 inscrits dans la défaite face aux Lakers le 23 février dernier. Marcus Smart dans son rôle de sixième homme et de poison défensif, ou encore Enes Kanter dans un rôle de rempart défensif dans la raquette, apportent ce supplément d’âme à un banc qui peut parfois sembler limité, malgré le potentiel de certains rookies. Pour notre français fraîchement débarqué là-bas en revanche, la mayonnaise ne semble plus prendre. En dépit d’une solide expérience en Europe, Vincent Poirier ne semble pas faire partie des plans de jeu de son entraîneur pour cette saison.

    La saison de Boston en quelques chiffres :
    . 4ème bilan à l’extérieur avec 20 victoires et 12 défaites
    . 2ème défense aux points encaissés par match (106.8)
    . 5ème Offensive Rating (112.9)
    . Meilleur marqueur : Jayson Tatum (23.6 points par match à 44.8% FG)
    . Meilleur passeur : Kemba Walker (4.9 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Enes Kanter (7.7 rebonds par match)

    Philadelphia 76ers (39-26) – 6ème

    Cinq majeur de la saison :
    B. Simmons (PG) – J. Richardson (SG) – T. Harris (SF) – A. Horford (PF) – J. Embiid (C)

    Annoncés comme favoris parmi les favoris à l’Est, il faut admettre que les 76ers sont assez loin du compte. Très touchés après leur défaite au 2nd tour face aux Toronto Raptors (3-4) lors des playoffs 2019, quelque chose s’est brisé dans l’effectif cinq étoiles des 76ers au point de voir Jimmy Butler, recrue majeure de la Trade Deadline de février, quitter prématurément la franchise quelques mois seulement après son arrivée. Dans un échange à plusieurs, il sera envoyé à Miami qui fera une bonne affaire en cédant le très prometteur mais non moins fragile Josh Richardson à Philly. Un mal pour un bien diront certains qui jugeaient l’influence et le caractère difficile de Butler, néfaste pour le groupe, au contraire du taiseux Richardson. Après plusieurs prolongations de contrat (T. Harris, J. Ennis, M. Scott) et de nouvelles arrivées (R. Neto, K. O’Quinn et A. Horford), Elton Brand a vu les choses en grand pour cette saison de la confirmation pour ce groupe, mais surtout pour son duo de All-Star, Joel Embiid et Ben Simmons, pour qui un cap doit être franchi désormais.

    Finalement après plus de quatre mois de compétition, la mission semble loin d’être remplie. Malgré un démarrage réussi, les 76ers affichent deux victoires de moins à la même époque que la saison dernière, pire encore cette équipe ne parvient pas à gagner à l’extérieur, surtout face à des contenders et vient de subir huit revers sur ses quinze derniers matchs. Occupant une pâle 6ème place à l’Est. Les joueurs de Brett Brown ont surtout été contrariés par les blessures de plusieurs de leurs cadres, Embiid et Richardson en tête avec plus de vingt matchs manqués au compteur. Si on ajoute la récente blessure au dos de Ben Simmons, on peut d’ores et déjà parler de sort qui s’acharne sur l’une des équipes les plus hype de l’Est. Cette saison, Philadelphie affiche un bilan négatif face à presque toutes les équipes devant elle au classement de la Conférence Est, excepté Boston (3 wins, 1 défaite).

    Brett Brown semble plus que jamais en danger cette saison, tandis que plusieurs voix s’élèvent pour qu’il y ait du changement à la tête de ce groupe afin de le stimuler et de l’exploiter d’une manière différente. Son coaching pas toujours au point, n’est pourtant pas médiocre, loin s’en faut, mais sa vision globale et l’utilisation qu’il fait de certains joueurs interpellent. Le cas de Ben Simmons en est la preuve, même si le joueur ne semble pas le plus prompt à tenter sa chance de loin, Brown ne le pousse pas assez dans ce secteur ce qui freine parfois le jeu et le spacing de l’équipe qui peine à trouver d’autres solutions. L’association Embiid – Horford lui pose également des problèmes, leur jeux respectifs étant difficilement compatibles. Il y a cependant des sérieux motifs de satisfactions à commencer par l’ancien Piston, Tobias Harris, devenu scoreur et leader offensif attitré de l’équipe avec une adresse encourageante. Et puis il y a les surprises sorties du banc tels que les jeunes arrière scoreurs Furkan Korkmaz et Shake Milton ou encore la belle trouvaille en défense d’un Matisse Thybulle, drafté en 20ème position cet été et qui contribue déjà énormément au jeu des 76ers. Avec les récents renforts débarqués à la Trade Deadline (A. Burks, G. Robinson), tout ce petit monde va pouvoir apporter sa pierre à l’édifice tout en cherchant leur place dans le roster, si tenté qu’ils en aient une.

    La saison de Philadelphie en quelques chiffres :
    . 1er bilan à domicile avec 29 victoires pour 2 défaites
    . 24ème bilan à l’extérieur avec 10 victoires pour 24 défaites
    . 21ème attaque aux points inscrits par match (109.6)
    . Meilleur marqueur : Joel Embiid (23.4 points par match à 47.4% FG)
    . Meilleur passeur : Ben Simmons (8.2 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Joel Embiid (11.8 rebonds par match)

    Brooklyn Nets (30-34) – 7ème

    Cinq majeur de la saison :
    S. Dinwiddie (PG) – C. LeVert (SG) – J. Harris (SF) – T. Waller-Prince (PF) – J. Allen (C)

    Brooklyn fut une vraie belle surprise la saison dernière et c’est sur de belles promesses que l’équipe new-yorkaise voulait aborder l’exercice 2019-2020. Pour faire les choses en grand, le GM de la franchise, Sean Marks, a mis le paquet en s’offrant ni plus ni moins que Kevin Durant, Kyrie Irving et DeAndre Jordan, trois All-Stars dont deux encore dans leur prime, qui vont désormais transformer le visage de la franchise et chambouler un peu plus la hiérarchie de la Conférence… Mais pas avant 2020-2021. Arrivé avec le talon d’Achille bousillé, Durant quitte donc les Warriors par la petite porte, dans un trade envoyant le néo-All-Star D’Angelo Russell du côté de San Francisco, accompagné de Treveon Graham et Shabazz Napier. Pour compenser cette longue absence d’un an, les Nets ont prévu le coup en signant Taurean Prince et les vétérans Wilson Chandler et Garrett Temple. Kyrie devra donc se charger de mener avec son expérience et celles des recrues, cette jeune escouade afin de poursuivre sur la dynamique du mois de mai dernier et préparer le terrain pour le retour de Durantula.

    Malheureusement pour eux, tout ne va pas se passer comme prévu. Très critiqué depuis son départ des Celtics, Irving n’a malheureusement pas réussi à faire taire les sceptiques sur son influence néfaste qu’il exerce dans un groupe. Malgré de très belles performances au scoring, les Nets vont entamer timidement la saison jusqu’en décembre (10 victoires et 10 défaites), avant de subir plusieurs séries de revers jusqu’en mars (27-32) pour s’engluer dans le milieu de tableau, à la lutte avec Orlando. Les road-trips furent préjudiciables aux hommes de Kenny Atkinson dans une certaines mesures mais ce qui a vraiment fait d’achever les new-yorkais ce sont les absences de plus ou moins longue durée de certains cadres à commencer par les recrues (Irving, Chandler, Jordan, Temple). Forcément, l’intégration de ces joueurs tarde et le sentiment d’impatience monte tant et si bien que le board a décidé de se séparer à la surprise générale de son entraîneur début mars, remplacé dans la foulée par son assistant, Jacque Vaughn pour le reste de la saison.

    Malgré un énorme travail abattu depuis presque quatre ans et une place en playoffs l’an passé, l’ancien assistant coach des Knicks ne semble plus être en mesure de faire franchir un palier à une équipe qu’il a remis sur les rails. Nouveau cap donné à la franchise ou influence exacerbée de la part des nouveaux cadres des Nets ? En attendant, Brooklyn semble avoir fait une croix sur cette saison. Désormais privé de son meneur de jeu, out pour le reste de la saison, les lieutenants encore en charge du jeu vont désormais s’atteler à terminer la saison comme ils le peuvent sans trop de dommages et en faisant leurs preuves tous autant qu’ils sont pour concrétiser le travail effectué jusqu’alors. Spencer Dinwiddie occupe un rôle tout particulier cette année en portant sur ses épaules l’équipe lorsque cela fut nécessaire et l’a très bien fait, nul doute qu’avec le retour du lieutenant Caris LeVert (prolongé par la même occasion) dans un cinq majeur ayant plusieurs automatismes avec Joe Harris et Jarrett Allen, les Nets devraient sans grande surprise se qualifier pour les playoffs et espérer faire un aussi bon, sinon meilleur parcours qu’en 2019.  

    La saison de Brooklyn en quelques chiffres :
    . 8ème Defensive Rating (108.7)
    . 23ème Offensive Rating (108.1)
    . 2ème moyenne aux rebonds par match (48.5)
    . 20 victoires et 21 défaites face aux équipes de la Conférence Est
    . Meilleur marqueur : Kyrie Irving (27.4 points par match à 47.8% FG)
    . Meilleur passeur : Spencer Dinwiddie (6.8 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : DeAndre Jordan (10 rebonds par match)

    New York Knicks (21-45) – 12ème

    Cinq majeur de la saison :
    E. Payton (PG) – RJ Barrett (SG) – M. Harkless (SF) – J. Randle (PF) – T. Gibson (C)

    Les saisons se suivent et se ressemblent tristement du côté du Madison Square Garden. Moribonds l’année dernière (15ème), les Knicks sont passés cet été par la case du grand nettoyage en se séparant tout d’abord de leurs gros contrats (DeAndre Jordan, Enes Kanter, Wesley Matthews), en coupant deux poids très peu rentables (Lance Thomas et Ron Baker) et en faisant un tri parmi les jeunes éléments restants pour lesquels le board des Knicks n’étaient pas prêt à faire des sacrifices (Mario Hezonja et Emmanuel Mudiay). L’idée, c’est qu’après avoir tourné la page Melo – Porzingis aux Knicks, il fallait dégager de la place pour accueillir un ou plusieurs Free Agents de calibre (Kevin Durant entre autres). Mais quand on traîne une solide réputation de poissard et qu’en plus votre effectif ne ressemble plus qu’à une vulgaire équipe de développement de G-League, on comprend tout de suite pourquoi le MVP 2013-14 a préféré le neuf et l’ambitieux projet des Nets à court terme. Du coup, notre ami Steve Mills a dû bricoler comme il a pu, en signant à tour de bras des agents libres qui resteront un ou deux ans tout au plus. Le bon coup de cet été reste effectivement les arrivées des Pelicans Julius Randle et Elfrid Payton ainsi que des vétérans Taj Gibson et Marcus Morris, mais ne nous voilons pas la face, c’est très maigre.

    Désormais axé sur la reconstruction de la proue à la poupe, le navire des Knicks connaît une saison encore assez pauvre en victoire et en motifs de satisfactions. Avec seulement 4 petits succès sur leurs vingt premières rencontres, les Knicks de David Fizdale ne vont pas décoller d’un pouce à tel point que ce dernier sera remercié dans la foulée dès le mois de décembre. Son remplaçant et ex-assistant, Mike Miller, connaît pour l’heure une bien meilleure réussite (17-27 avec 4 victoires consécutives début février) mais les comptes n’y sont pas. Dans le bas de tableau de Conférence Est, New York prend son mal en patience et tente des choses de manière courageuse mais encore trop timide. C’est donc en coulisses que les Knicks ont opéré de nouveaux changements avec la nomination il y a quelques semaines de l’agent influent Leon Rose, en lieu et place de Steve Mills à la présidence du club. L’objectif est clair : on arrête les conneries et on reprend les choses en main !

    Difficile d’ailleurs d’y voir plus clair sur les intentions de jeu de l’équipe. Capable de faire de bonnes choses par intermittence, l’effectif actuel souffre d’un manque de constance et d’automatisme assez criant. Certains éléments, les plus jeunes et plus prometteurs soit dit en passant, font preuve de naïveté et d’irrégularité et se retrouvent pénalisés dans les minutes jouées. Même si la stratégie actuelle semble être de miser sur son vivier de jeunes joueurs, il est encore trop tôt pour se prononcer pour les derniers venus comme RJ Barrett, Kevin Knox, Allonzo Trier ou encore Mitchell Robinson. En revanche, il est peut-être déjà trop tard pour d’autres qui ont eu leur chance comme Frank Ntilikina et son alter ego Dennis Smith Jr., les deux meneurs ayant peut-être laissé passer l’occasion d’occuper un rôle majeur dans le groupe. Et puis le départ de Morris cet hiver, n’a fait que confirmer l’idée que certaines recrues ne sont que de passage dans la Big Apple pour mieux se vendre auprès d’autres équipes plus compétitives qui souhaiteraient se renforcer.

    La saison de New York en quelques chiffres :
    . 29ème attaque aux points inscrits par match (105.8)
    . 28ème Offensive Rating (106.5)
    . Meilleur marqueur : Julius Randle (19.5 points par match à 46% FG)
    . Meilleur passeur : Elfrid Payton (7.2 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Julius Randle (9.7 rebonds par match)
  • L’épopée des Globetrotters (Partie I)

    L’épopée des Globetrotters (Partie I)

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    Wilt Chamberlain aux côtés d’Abe Sapertstein, propriétaire historique de la franchise.
    Source : Basket Europe

    “Ils nous regardèrent comme si nous avions tué le Père Noël”. Louis “Red” Klotz commente la réaction des fans lorsque le buzzer retentit. En ce 5 janvier 1971, les Harlem Globetrotters s’inclinent pour la première fois de leur Histoire face à leur éternel rival, les Washington Generals. Si des enfants pleurent dans les gradins, c’est que les Globetrotters perdent aussi souvent contre leur alter-égo que Lebron James en playoffs face aux Raptors. Leur bilan clownesque serait de 16 000 victoires pour une seule défaite. “Faut pas pousser mémé dans les orties, ce n’est qu’une parodie de basket” diront les connaisseurs. 

    Et pourtant, nous avons oublié que l’immense  Wilt Chamberlain a évolué aux couleurs de la franchise, ou que celle-ci remporte le World Basketball Tournament en 1940. Et oui, il y a quatre-vingt ans les globies étaient sacrés Champions du Monde. Les Harlems Globetrotters, seulement du show et des paillettes ? Cette semaine, Clutchtime vous propose une piqûre de rappel en basketball, comédie et politique. Retour sur l’héritage d’une des franchises les plus emblématiques de notre formidable sport. 

     Une équipe afro-américaine

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    L’équipe des Globetrotters durant les années 1930. A gauche du cliché, Abe Saperstein. Source : Nbahistory.com

    L’identité des Harlem Globetrotters était vouée à la facétie dès sa création. La franchise qui apparaît en 1926 n’est pas originaire de « la grosse pomme » mais de Chicago, Illinois. Durant trois décennies, l’équipe est itinérante au sein du territoire américain, sans jamais quitter ses frontières. Pourquoi ce pseudonyme mensongeur alors ? Car le premier propriétaire des Harlem Globetrotters, Abe Saperstein, désirait conférer à son équipe un surnom évoquant la culture afro-américaine. Or, dans les années 1930, le quartier New-Yorkais de Harlem est la “capitale de la culture noire” notamment grâce au mouvement artistique, littéraire et musical de la “Renaissance de Harlem”

    L’appellation  mensongère a le mérite d’éclairer le statut des Harlems Globetrotters à leur genèse. C’est une équipe uniquement composée de joueurs noirs, dans une Amérique de l’entre-deux guerres encore régie par les lois Jim Crow (1876-1965). Ces lois particulièrement appliquées dans les Etats du Sud des Etats-Unis imposaient une ségrégation spatiale entre les individus selon leur couleur de peau, et un système de discrimination quotidien. 

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    Une fontaine avec pour indication « pour gens de couleur uniquement », symbole de la ségrégation de l’espace public américain sous le système Jim Crow.
    Crédit photo : History.com

    A cette époque, la ségrégation  s’applique aussi aux parquets. Les rencontres entre les communautés afin de mettre à l’épreuve sa passion du basketball n’existent pas. Coéquipiers comme opposants doivent partager la même couleur de peau. De même, aucune mixité n’est tolérée dans le public et les gradins sont “racialisés”.

     Les premiers Globies sont obligés de parcourir le pays afin de gagner leur vie lors de matchs d’exhibition rémunérés. La violence raciste est un fardeau associée à leur travail, même auprès de leur public et des populations locales qu’ils rencontrent . Ben Green, historien des Globetrotters, rapporte le  traitement qui était réservé aux joueurs lors de leur arrivée dans des localités sudistes particulièrement racistes. Lors d’une halte en Floride, à Jacksonville, l’équipe se voit refuser son entrée dans un hôtel à cause de sa couleur de peau. Un singe savant, artiste de cirque se rend quelques jours plus tard dans le même hôtel : 

    « Ils lui ont donné la suite présidentielle et toutes les bananes qu’il désirait, tandis que les Globetrotters ont été refusés à l’entrée ».

    Témoignage de Ben Green, historien des Globetrotters pour le média Big Read.

    Des Clowns Victorieux

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    Meadowlark Lemon, légende des globies, moqueur. Source : ABC.com

    Malgré ces difficultés, les Globetrotters poursuivent leurs confrontations dans tout le pays. Très techniques et physiques, ils marchent sur la concurrence. Les blow out s’accumulent et l’équipe adopte un style de jeu moqueur, détaché lorsqu’elle mène largement au score. Du Trashtalk avant-gardiste. C’est ainsi de la domination que naît une nouvelle identité pour l’équipe, qui va participer à construire sa renommée. Le véritable show organisé par les Globetrotters chaque soir amuse et attire un public noir et blanc désormais conséquent. 

     Le propriétaire Abe Saperstein signe des contrats pour effectuer les matchs d’exhibition des Globetrotters en première partie de rencontres NBA. Ils sont en réalité la véritable attraction de l’événement sportif. Dans le documentaire “The Harlem Globe Trotters, The Team That Changed the World” (2005, Sear),  Bob Cousy, la légende des Celtics témoigne : “On jouait à guichet fermé mais lorsqu’ils finissaient leur rencontre, la moitié de la salle se vidait, donc nous (les équipes NBA) prenions conscience de notre second-rôle dans la soirée.” 

    Film promotionnel des Harlem Globetrotters en 1956

    C’est grâce à cette renommée qu’est organisé un match de gala contre les Minneapolis Lakers le 19 février 1948. 

    Les Lakers évoluent alors en National Basketball League, l’ancêtre de la NBA. Ils sont la meilleure équipe d’un championnat entièrement caucasien. Les grandes instances de la NBA rechignent alors à intégrer des afro-américains à leur compétition. La doxa dominante raciste s’applique aussi au basketball. Cette mentalité est expliqué par le journaliste Dave Zarum, dans un article intitulé “The Ambassadors”, recueil de témoignages autour des Harlem Globetrotters pour le média Big Read. 

    J’entendais des choses comme, « Les noirs ne peuvent pas jouer meneur de jeu car ils ne peuvent pas réfléchir et encore moins diriger. Les noirs sont bons pour le rebond et les tâches ingrates , mais on ne peut pas vraiment leur faire confiance sur le terrain car ils sont dans l’incapacité de s’adapter au jeu complexe de la NBA ».

    Mannie Jackson, ancien joueur et propriétaire des Globetrotters.

    La rencontre a lieu à Chicago dans un contexte houleux. Plus qu’un simple de match de basket, l’opposition sur le terrain est un véritable clash sociétal. La semaine du match, un adolescent afro-américain avait été battu à mort par six hommes blancs. Ce n’est ainsi pas une coïncidence si à quelques secondes du coup d’envoi de  cette opposition médiatisée, le Président américain Harry Truman tient un discours officiel promouvant la tolérance entre les communautés. 

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    George Mikan, considéré comme la première superstar NBA, source : Inside Basket.

    Les Globetrotters éteignent littéralement Georges Mikan. Ils maintiennent le pivot dominant des Lakers sous la dizaine de points. Les outsiders s’imposent ainsi au buzzer avec la manière et au suspense, à l’issue d’un match serré (61-59). Une équipe uniquement composée de joueurs afro-américains vient de vaincre la meilleure équipe du championnat américain. Un an plus tard, les Globetrotters réitèrent l’exploit et battent une nouvelle fois les  Lakers. 

    L’événement participe à accélérer les démarches d’inclusion de joueurs noirs en NBA : désormais considérés comme plus légitimes à évoluer au haut niveau.  La mixité permet d’ailleurs d’apporter de nouveaux spectateurs à une ligue qui n’est désormais plus strictement réservée aux blancs. Lors de la saison NBA 1950-1951, le pivot Nat “Sweetwater”Clifton ancien joueur des GlobeTrotters,  devient ainsi le premier afro-américain à être drafté et à évoluer au sein d’une équipe NBA, chez les New-York Knicks. Il est le premier d’une longue lignée de joueurs afro-américains à contribuer à faire grandir l’Organisation. 

    En 1994, Mannie Jackson acquiert  les Harlem Globetrotters et devient le premier propriétaire noir d’une franchise sportive sur le continent américain, toutes disciplines confondues. 

    Plus qu’un simple parodie de basketball, les Harlem Globetrotters ont participé à révolutionner la vision de la société américaine à propos de ses athlètes afro-américains. Au début des 50’s, ce constat donne des idées au secrétaire d’Etat Américain qui va manigancer un “Communist Tour” avec les joueurs de Abe Saperstein. Clutchtime vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour la suite de l’épopée GlobeTrotters avec un dossier sensible : le Basketball au cœur de la Guerre froide.

  • NBA : Altruisme & Mobilisation

    NBA : Altruisme & Mobilisation

    Kevin Durant lors d’une distribution de cadeaux initiée par NBA Cares, en 2018 . Source : SF Gate.

    En cette semaine de Saint-Valentin, l’amour était bien présent à Chicago. A la surprise de nombreux fans, le All-Star Week-end 2020 s’est montré sous son plus beau jour : de la hype, des concours relevés et surtout un peu plus de défense. Le retour en grâce de la meilleure kermesse NBA s’inscrit dans un contexte émotionnel chargé. Les joueurs ont honoré la Mamba Mentality comme il se doit. Mais la ligue a aussi fait sa part du boulot en proposant un nouveau format pour la rencontre des étoiles. Chaque quart-temps était un match dans le match. A la clef,  100 000 dollars de don pour l’association représentée par l’équipe gagnante à l’issue des 12 minutes de jeu. Le Fourth Quarter a été une  bataille acharnée, acmé de la sueur, de l’intensité.  Ce format alliant compétition et dimension caritative représente une perspective intéressante pour ravir les spectateurs et soutenir une noble cause. Cette association n’est pas inédite pour la NBA. Tout centrée vers le business qu’elle soit, la ligue reste exemplaire par ses oeuvres caritatives. Cette semaine, votre média Clutch Time analyse la NBA engagée, celle qui nous rend fiers d’être fans de basket. 

    NBA Cares

    L’organisme NBA Cares est l’un des grands travaux de David Stern. En 2005, le commissioner lance ce programme qui a pour ambition de réunir toutes les initiatives caritatives de la ligue sous une même bannière. Ses actions concernent aussi bien les Etats-Unis que l’international, dans la lignée du mouvement “Basketball Without Borders”, organisé en partenariat avec la FIBA depuis 2001. 

    La plateforme NBA Care joue le rôle d’intermédiaire entre les membres  de la grande ligue et des organisations non-gouvernementales renommées telles que Make a Wish ou UNICEF. 

    La première politique de l’association est le soutien à la jeunesse. Les joueurs et employés NBA se réunissent pour soutenir les plus jeunes, en tant que role models.

    Deandre Jordan participe à un atelier art plastiques avec les élèves d’une école primaire de la Nouvelle-Orléans. Source : The Undefeated. 2017. 

    Grâce à ce programme, la NBA soutient les familles dans le besoin et réaffirme une  valeur qui transcende le basketball : la solidarité dans l’effort et la souffrance, face à l’adversité. NBA Cares permet ainsi aux acteurs du jeu d’apporter un soutien psychologique aux enfants malades, de prôner l’accès au sport et à l’éducation pour tous. 

    Le programme a pris de l’ampleur depuis sa création. NBA Cares constitue un acteur identifiable de l’oeuvre caritative américaine, en atteste le bilan des actions délivré par l’association sur son site internet : 

    “ (depuis sa création) Les participants du programme NBA Cares ont délivré plus de 5 millions d’heures de bénévolat, aménagé plus de 1300 espaces où les enfants et leur famille peuvent vivre, apprendre ou jouer. A l’échelle mondiale, plus de 51 millions de jeunes ont été encadrés dans des programmes de basketball au sein de leur communauté. A l’international, NBA Cares a créé plus de 323 espaces où les enfants et leur famille peuvent vivre, apprendre ou jouer, dans 40 pays différents.”

    Source : NBACares.com, site consulté en février 2020.

    Les actions menées par NBA Cares attestent du sentiment de  responsabilité de la ligue face aux personnes dans le besoin. La NBA participe à construire des athlètes exemplaires tout au long de leur carrière. Cette forme de tutorat est aussi une manière pour les joueurs de s’exprimer en dehors des parquets, et soutenir des causes qui leur sont chères. 

    More than an Athlete

    La carrière d’un joueur NBA est faite de concessions. Entre les entraînements récurrents, les voyages en déplacement, difficile de passer du temps auprès des siens. Pourtant, c’est bien souvent la famille et la communauté qui poussent un joueur à faire les efforts nécessaires pour s’extraire de sa condition et atteindre la consécration : la NBA, si compétitive. Arrivé au sommet, il s’agit de “ne pas oublier d’où l’on vient”. De nombreux joueurs désirent rendre à leur communauté tout l’amour qu’elle leur a prodigué, quel que soit le contexte socio-économique de celle-ci. Aux Etats-Unis, la communauté c’est la famille, les amis, les proches, mais aussi les voisins et habitants du quartier qui partagent des références culturelles communes, dans un esprit de solidarité. Le “Community Assist Award” récompense ainsi chaque mois l’employé de la ligue qui s’est distingué par son engagement philanthropique auprès des communautés de fans.

    KD en larmes, remerciant sa mère alors qu’il est nommé meilleur joueur de l’année en 2014 : “You are the real MVP.” Source : CNN.com

    Parfois, cette démarche permet aussi de montrer aux siens qu’il n’y a pas de déterminisme social et que chacun peut s’extraire de sa condition, accéder à la réussite. 

    C’est ce que scande le rappeur Kendrick Lamar dans son titre “Black Boy Fly”, paru sur le projet Good Kid M.A.A.D City en 2012. Dans son premier couplet, il explique que plus jeune, il vouait une admiration envers Arron Afflalo. Issu du même quartier de Compton, le basketteur  a réussi à échapper à la violence de cette banlieue de LA  pour se hisser en NBA. 

    “J’étais jaloux de Arron Afflalo. Il était celui à suivre. Il était notre seul exemple pour accéder à de meilleurs lendemains. Il vivait à la salle d’entraînement, nous vivions dans la souffrance.”

    Début du premier couplet de Black Boy Fly, Kendrick Lamar.
    Vidéoclip de fan du titre Black Boy Fly. Kendrick Lamar

    Lebron James est déjà une légende vivante en Ohio. “The Kid From Akron” a ramené un titre NBA à son État, après 60 ans de disette sportive. Il est aussi un des acteurs militants pour dynamiser cette région de la Rustbelt, qui s’apparente désormais à une vaste friche industrielle. Elevé seul par sa mère, sans argent, LBJ multiplie les initiatives sociales pour permettre aux nouvelles génération de bénéficier d’un parcours scolaire digne, malgré des conditions de vie difficiles. La Lebron James Family Foundation a ainsi inauguré l’école élémentaire I Promise School à Akron en 2018, et finance régulièrement des bourses pour des étudiants locaux dans le besoin. 

    La lutte civique

    Photographie de l’équipe du Renaissance Big Five de Harlem. Considérée comme une des meilleures équipes des années 1930, elle était composée uniquement de joueurs noirs et était en conséquence interdite de compétition officielle. Source : Black Fives Foundation.

     Aux Etats-Unis, le mois de février est le  “Black History Month”. La nation exerce son devoir mémoire pour ne pas oublier l’esclavage et la discrimination qu’a subi historiquement la communauté afro-américaine du pays. Dans un second temps, le peuple américain célèbre le combat de ses citoyens qui ont milité pour garantir une équité entre tous les sujets étatsuniens, en accord avec la constitution. Si le contexte sociétal des Etats-Unis reste inégalitaire, la période de la ségrégation raciale institutionnelle est terminée. 

    “Aucun Vietcong ne m’a jamais traité de nègre.” déclarait Mohamed Ali en 1967, refusant de participer à la guerre du Vietnam, face à l’injonction du gouvernement américain. Tout comme  le “noble art”, le basketball  a compté des adeptes qui se sont positionnés politiquement pour dénoncer les injustices de la société américaine au XXIème siècle. 

    Bill Russel, légende des C’s a été le facteur X  de l’Hégémonie de Boston sur la NBA durant plus d’une décennie. 11 titres NBA en 13 ans devrait suffir à obtenir le respect de ses contemporains, non ?  Pas forcément dans la société américaine des sixties. Né en Louisiane en 1934, Bill a souffert durant son enfance à cause du racisme ambiant de cet Etat du Sud. Il se réfugie avec sa famille en Californie mais sera poursuivi par les discriminations toute sa carrière.

    Sa relation avec la franchise  de Boston, ses fans et médias, a été longtemps conflictuelle. Les Celtics partagent historiquement l’identité d’une ville fière de ses racines WASP (White Anglican Anglo-Saxon), souvent  insensible aux revendications de Russel. Il déclarera : “Je suis un Celtic, pas un BOSTON Celtic”.

    Photographie de Bill Russel, à gauche, lors de la marche pour les droits civiques de Washington en 1963. Source : US National Archives and Records Administration.

    Le pivot continue cependant de se battre pour faire valoir ses droits, aux côtés du mouvement Black Panthers. Son engagement va de pair avec son succès sportif :  Première étoile médiatique afro-américaine en NBA, premier entraîneur noir d’une ligue sportive majeure sur le continent. Bill sera aussi le premier basketteur afro-américain intronisé au Hall Of Fame, en 1975. Il n’accepte cette récompense qu’en 2019 clamant que d’autres athlètes afro-américains l’ont mérité avant lui, notamment Chuck Copper, premier joueur noir drafté par la grande ligue, en 1950.

    En 2011, il reçoit la médaille de la liberté pour son engagement civique, équivalent de la légion d’honneur aux Etats-Unis. 

    Conjointement au combat de Bill Russel, de nombreux athlètes des années 1960 ont participé à la mobilisation pour l’égalité des communautés sur les parquets et dans la société américaine. A cette époque, être un athlète ne dispensait pas les joueurs d’être catégorisés et traités différemment selon leur couleur de peau. La ségrégation dans les hôtels ou restaurants étaient fréquente pour les joueurs noirs. 

    Photographie d’Oscar “Big O” Robertson, Roi du triple-double, sous les couleurs des Royals de Cincinatti. Source : NBA.com

    Oscar Robertson, père spirituel de Russell Westbrook, a lui aussi souffert de la haine raciale, qu’il évoque dans son autobiographie : “My Life, My Times, My Game.” (2003).

    L’agence de presse USA Today rapporte qu’en 1959, alors qu’il s’apprête à jouer un match pour Cincinnati à Raleigh, en Caroline du Nord, il reçoit un télégramme du Ku Klux Klan. L’organisation suprémaciste blanche le menace de mort : une balle l’attend s’il se présente sur le parquet. The Big O participe quand même à la rencontre. Il commentera plus tard : “je n’en avais pas vraiment grand chose à faire, j’étais impétueux”.

    A la création de la NBA en 1946, elle était strictement blanche. Aujourd’hui, la ligue est composée à 80 % d’athlètes afro-américains. Cette évolution, en parallèle des changements dans la société américaine, n’a été possible que grâce à l’engagement d’athlète pionniers qui se sont mobilisés pour leurs droits. De nombreux joueurs reprennent ce flambeau et dénoncent les problématiques sociétales contemporaines aux Etats-Unis. Le mouvement “Black Lives Matter” qui dénonce ainsi la récurrence des violences policières à l’encontre de la communauté afro-américaine. 

    Le Basketball est un jeu collectif. L’entraide entre les joueurs est essentielle pour la victoire. La NBA et ses joueurs soutiennent les personnes dans le besoin, dénoncent les injustices car la  solidarité et le don de soi représentent des valeurs intrinsèques à ce sport. La communauté du basket international se mobilise et fait ainsi fleurir des actions altruistes, initiées par une même passion pour la discipline. 

    En France, l’Association Clutch ( https://twitter.com/AssoClutch?s=20 ) soutien ainsi le financement de matériel pour le handi-basket.  

    La NBA, c’est plus que du Basketball. 


  • Vices et Excès en NBA

    Vices et Excès en NBA

    Chaque semaine, Clutch Time vous propose une immersion dans l’univers de la grande ligue. Entre phénomènes identitaires et tendances extra-sportives, votre média basket analyse le paysage culturel de la NBA.

    “God Bless America”.  Les Etats-Unis sont une nation religieuse et puritaine, au moins en façade. Mais quid des dérives du Capitalisme, d’Hollywood, de Donald Trump, et de la NBA ? La première ligue sportive du pays brasse de l’argent et suscite la frénésie de ses fans. Des athlètes millionnaires dans la fleur de l’âge s’affrontent tous les soirs sous le feu des projecteurs.  Le vice et les excès liés à leur statut sont inévitables, pour le grand plaisir de la presse à scandale américaine. Face à la pression médiatique, comment les joueurs NBA gèrent-ils la tentation et les petits plaisirs de la vie liés à leur notoriété ? 

    Andre Iguodala célébrant son titre avec les Warriors en 2017, source : Quora. 

    Eat Good Play Good 

    “TACOOO TUESDAAY”, c’est le hurlement de bonheur de Lebron James face à ses tacos. Sur le réseau social Instagram, le King célèbre une coutume initiée  par la diaspora mexicaine aux Etats-Unis. Chaque mardi soir, en famille, la tortilla est au menu. À jamais un business man, Lebron a désiré faire de son cri du cœur pour la nourriture latina une marque déposée. Le joueur entretient une relation ambiguë avec la “malbouffe” : rarement dans son assiette, souvent dans son porte-monnaie. Il détient une part du capital de la société Blaze Pizza et a fait la publicité des chaines MacDonald’s, Coca-Cola ou Dunkin’ Donuts durant sa carrière.

    Lebron James fait pourtant attention à son régime alimentaire. Associé à une éthique de travail rigoureuse, son attachement à la nourriture saine explique sa longévité. En 2018, son manager Maverick Carter avait divulgué que l’enfant d’Akron  dépensait chaque année près de 1,5 millions de dollars pour préserver sa condition physique exemplaire. 

    De nombreux joueurs emploient des chefs cuisiniers et diététiciens pour contrôler leur poids, car être gras en NBA semble rédhibitoire. En 2018, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) affirme que 39 % de la société américaine est obèse. Avec près de 15 000 établissements McDonald’s sur le territoire, le pays tient la culture du fast-food en religion. La tentation est forte durant la trêve estivale, et de nombreux joueurs en profitent pour croquer la vie, et le cheeseburger, à pleine dents.

    Shaquille O’Neal, égérie pour une publicité du Fast-Food Slutty Vegan, à Atlanta. Source : Page Facebook de la chaine.

    Les coachs NBA sont au diapason quant à la gestion de ces joueurs hédonistes. Être hors de forme par rapport aux standards de la ligue, c’est voir mathématiquement son temps de jeu sur le banc augmenter. Les kilos en trop induisent des performances athlétiques en baisse et une vulnérabilité aux blessures musculo-articulaires. 

    Une NBA grossophobe ? Demandez à Nikola Jokic. Comme le Serbe, certains joueurs n’ont pas le physique standardisé de la grande ligue mais compensent avec un bagage technique supérieur. Il y a les faux lents et les phénomènes physiques dotés d’une génétique qui font oublier les kilos en trop. 

    Le Alley-Oop stratosphérique de Zion Williamson la nuit du 2 février face aux Rockets. Revenu de blessure hors de forme, le rookie pèse 130 kilos pour 1.98m. Zion est le troisième joueur le plus lourd de la ligue.

    Si les historiens de la NBA ne devaient relater qu’une performance XXL, ce serait sûrement la saison 2003-2004 de Shaquille O’Neal. Le pivot des Lakers pèse alors 165 kilos. Ce poids de forme ne l’empêche pas de jouer 67 matchs avec une ligne statistique de 21 points et 11 rebonds de moyenne. Shaq disposait d’une mobilité et d’une puissance incroyable pour un big men de son gabarit. 

    Glen Davis, Olivier Miller … ou encore Serge Ibaka et son show culinaire sur Youtube ont prouvé qu’on peut allier amour du basket et de la gastronomie. En coulisses des parquets, d’autres addictions moins visibles peuvent séduire les joueurs de la ligue. 

    La stupéfiante NBA

    La NBA accueille des talents issus de toute classe sociale. Dans leur jeunesse, certains joueurs ont été confrontés à la drogue, symptomatique de la misère et la pauvreté dans les zones urbaines aux Etats-Unis. C’est le cas de Patrick Beverley, qui s’est confié cette année à ESPN et au journaliste Ohm Youngmisuk. Interrogé sur ses perspectives dans la vie s’il n’avait pu quitter la banlieue de Chicago pour devenir un sportif professionnel, le meneur des Clippers a donné une réponse aussi franche que radicale :

    « J’aurais probablement été le meilleur vendeur de drogue du monde”. 

    Source : Patrick Berverley pour ESPN, le 22 novembre 2019.

    De nombreux joueurs ont ainsi évolué dans un environnement favorable à la possession et à la consommation de substances. La ligue a conscience de cette réalité et mène une politique sévère à l’encontre des stupéfiants, susceptibles de mettre en danger la santé de ses athlètes. Un accord a été signé avec l’association des joueurs dans le cadre de “L’Anti-Drugs Program”. 

    Le site internet SportsReference.com rappelle la législation adoptée par la NBA pour le traitement de ce sujet. 

    Les joueurs peuvent subir jusqu’à cinq tests d’urine aléatoires durant la saison. Ces tests concernent aussi bien les produits stéroïdes et autres hormones, que la cocaïne, le LSD ou la marijuana. Tous les joueurs sont susceptibles d’être contrôlés. Cependant, une vigilance particulière est accordée aux rookies, afin de les sensibiliser dès leurs premiers pas dans la ligue. En cas de test positif à la weed, le joueur intègre obligatoirement le programme de suivi des addictions de la ligue. Les sanctions sont ensuite croissantes selon la gravité de la situation et les éventuelles récidives. De quelques matchs de suspension et une amende de 25 000 dollars, elles peuvent aller jusqu’à un bannissement maximal de deux ans, imposé à Chris Andersen pour usage de drogues dures en 2006

    Illustration de fan de Chris Andersen, alias Birdman,  sous les couleurs du Heat. Source : Clutchpoints.com

    Ce suivi s’adapte aux besoins des athlètes et permet de prévenir les drames qui ont secoué toute la communauté sportive américaine, comme le décès par overdose du jeune Lens Bias, sélectionné en deuxième position de la draft 1986 par les Celtics.  Les grandes instances de la NBA veulent ainsi préserver leur image mais aussi assurer le bien-être de leurs premiers employés. 


    De plus, malgré leur statut privilégié, les athlètes ne sont pas immunisés à la dépression. Une traversée du désert dans une carrière peut mener à l’alcoolisme. DeMar Derozan ou Kevin Love se sont engagés récemment au sein de la communauté NBA pour témoigner, prévenir et accompagner les joueurs qui subissent ce fardeau existentiel.

    Durant la saison 1988-1989,  Chris Mullin, membre du triptyque offensif up tempo  “Run TMC”, a dû affronter son addiction pour l’alcool. Arrivé à Oakland chez les Warriors, l’arrière s’acclimate difficilement aux exigences de ce nouveau cadre, loin de son quartier natal de Brooklyn. Son refuge dans la boisson mine  son assiduité à l’entraînement. C’est son coach et mentor, Don Nelson qui l’incite à intégrer un programme de désintoxication. Le soutien dispensé en rehab permet à Mullin de retrouver un équilibre sur et en dehors des parquets. 

    L’alcoolisme reste un problème aigu en NBA, notamment une fois les sneakers raccrochées. Dans la luxure, d’anciennes légendes finissent par dilapider tous leurs gains amassés en carrière. 

    Sexual Healing

    Avis aux âmes sensibles, ici commence le royaume de l’intime. Certes, la vie privée des joueurs ne nous regarde pas. Cependant, leurs frasques nous amusent, car elles jurent avec l’image que veut donner la NBA à son business. Les valeurs louables liées à la communauté, et à la famille sont régulièrement mises en scène autour d’acteurs du jeu exemplaires. 

    Ne soyons cependant pas hypocrites. Une piqûre de rappel gossip ne peut pas faire de mal, surtout pour réduire la distance pouvant exister entre ces monstres sacrés du parquet et nous, simple fans. Les livres d’Histoire de la ligue regorgent d’anecdotes sur la libido de ses légendes. 

    Wilt Chamberlain et ses 100 points en un match se targue de disposer d’un record encore plus rocambolesque. Dans sa biographie, A View From Above (1991), il affirme avoir couché avec plus de 20 000 femmes, soit “une moyenne de 1,2 par jour depuis ses quinze ans”. 

    Légende du jeu, Dennis Rodman est adoré car c’est aussi un personnage haut en couleurs. Champion intercatégories, the Worm a la réputation de donner dans tous les vices. Nous ne nous attarderons aujourd’hui que sur ses exploits sous la couette.  Les hustle plays se déroulent aussi hors du temps réglementaire, et le numéro 91 des Bulls a affirmé s’être fracturé le sexe à trois reprises. Pour les plus curieux d’entre vous, les circonstances de ses mésaventures sont détaillées dans une interview que l’ex-petit ami de Carmen Electra et Madonna  a accordé au média VICE, en 2016.  

    Récit des blessures légendaires de Dennis Rodman, produit et réalisé par le média VICELAND. Source : Youtube

    Tempérons nos jugements. Certains joueurs évoluent dans des gros marchés et nombreux sont des athlètes millionnaires. A New-York, Miami ou  LA, difficile d’ignorer la fête qui sert d’exutoire à la tension accumulée durant la saison. Le très sérieux Sports Illustrated a ainsi publié une étude statistique sur James Harden, montrant que l’ex-MVP performait en moindre mesure lorsqu’il était en déplacement dans une ville réputée pour ses strip-clubs. 

    Le 26 janvier 2020, une vidéo de Kawhi Leonard fuite sur Twitter. Le joueur des Clippers apparaît en club aux côtés d’une danseuse dénudée, lascive. Cette saison, le joueur est souvent préservé par sa franchise au nom d’un load management assumé, et l’extrait soulève la moquerie de certains fans. Kawhi semble disposer d’assez de vigueur pour évoluer sur les parquets. Si cette telle polémique amuse, elle humanise aussi the Claw, souvent perçu comme un tueur timide qui ne vit que pour le basket. 

    La parenthèse gossip se referme. La NBA passionne par sa démesure qui induit des moments de faiblesse et des ragots de l’autre côté du rideau. Prenons conscience qu’il est difficile pour ces joueurs médiatisés de préserver leur vie privée, à l’écart des caméras. Les excès extra-sportifs des joueurs sont compréhensibles lorsqu’on réalise les sacrifices nécessaires à l’intégration  de cette ligue ultra-compétitive. Pour notre grand bonheur le vice est partout, même dans une NBA qui se veut si lisse et policée. 

  • La NBA à l’épreuve du temps

    La NBA à l’épreuve du temps

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    Poster rétro de Kobe Bryant, source : Players Only store.

    Ce week-end, la planète basket a fait ses adieux à un esthète du jeu, un des plus grands athlètes que la ligue ait connu. Les hommages se sont multipliés envers Kobe Bryant. Kobe.  Entre amis, sur les réseaux sociaux, avec un ou une collègue de travail, chacun a partagé un souvenir en lien avec le Black Mamba. N’oublions pas ce que le joueur de LA a apporté à la NBA. Au-delà des titres et récompenses individuelles, il était un symbole de l’esprit de compétition, de la Mamba Mentality. La NBA s’est construite grâce à des figures fortes à l’instar de Kobe. C’est derrière ces joueurs charismatiques et médiatisés que la ligue a gagné en renommé depuis sa création. ClutchTime vous propose une excursion dans le grand livre d’Histoire de la ligue, afin de comprendre comment la NBA est parvenue à sa notoriété internationale.

    « La Préhistoire »

    Huskies vs. Knickerbockers 1946

    Affiche du premier match organisé par la NBA le 31 octobre 1946. Les Knicks s’imposaient sur le fil 68 à 66.
     La Ligue portait à l’époque le nom de Basketball Association of America. Ce n’est que 3 ans plus tard qu’elle fusionne avec la National Basketball Ligue et adopte son acronyme officiel. Source : The Canadian Encyclopedia.

    La grande ligue fut créée le 6 juin 1946, juste après la seconde guerre mondiale. A cette époque, elle est en compétition avec de nombreux championnats qui organisent des matchs sur le continent américain. La ligue se développe grâce à la vision de Maurice Podoloff, son premier président (1946-1963). La NBA est une des premières organisations à installer ses franchises dans des villes majeures des Etats-Unis.

    Ce n’est qu’en 1954 que l’horloge des 24 secondes est instituée pour les matchs officiels. C’est Dan Biasone, fondateur des Syracuse Nationals, qui a milité pour son introduction. Biasone a compris que l’introduction d’un temps limité par possession favoriserait des phases de jeu rapide. Cette restriction introduit aussi shoots audacieux lorsque les secondes sont comptées sur l’horloge et en définitive, plus de spectacle.

    En 1955, la compétition ne compte que huit franchises, et on parle communément de « Préhistoire » de la NBA.  Ce terme aurait tendance à nuancer la domination sans pareille des Celtics de Bill Russel, entraînés par Red Auerbach. Boston gagne 11 titres en 13 saisons entre 1957 et 1959.

    La même suspicion semble de mise pour la performance lunaire de Wilt Chamberlain qui score 100 points contre les Knicks le 2 mars 1962.

    Certes,  les audiences de la NBA restaient encore bégayantes avec niveau de jeu peu compétitif. C’est pourtant dans le sillage de ces titres remportés que la ville et les habitants de Boston ont construit leur passion pour la franchise. Et si nous parlons encore de la performance de Wilt soixante ans plus tard, c’est qu’elle constitue un idéal à poursuivre pour tout jeune joueur. Un événement sans précédent dans l’Histoire d’une ligue si friande de statistiques.

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    Julius Erving, reconnaissable par sa coupe « Afro » légendaire. En cette soirée du 13 mai 1976, il donne le titre ABA aux les New Jersey Nets (41pts, 19rbs, 5ast). Source ; The postgame.com

    En 1976, la NBA conquérante fusionne avec sa grande rivale, la American Basketball Association (ABA). C’est le début de l’hégémonie pour l’organisation qui récupère les stars de la ligue déchue.

    La consécration des joueurs.

    Dès lors, ce sont les joueurs de plus en plus médiatisés qui vont piloter les révolutions de la grande ligue. La rivalité Larry Bird – Earvin « Magic » Johnson est souvent présentée comme un game changer pour l’attractivité de la NBA. Les deux joueurs symbolisent la fragmentation de la société américaine. Un joueur noir et un joueur blanc. Une franchise des strass et paillettes, associée à l’industrie Hollywoodienne. Une ville de Boston qui revendique ses racines irlandaises et où persiste un puritanisme religieux. L’Est contre L’Ouest. Tout semble opposer les deux joueurs. Tous deux ont pourtant partagé une amitié née de cette rivalité. Tous deux disposent d’un talent qui fait rayonner la grande ligue et lui donnent un second souffle.

     Cette opposition de style est une bénédiction pour la NBA qui doit sans cesse s’adapter aux évolutions du jeu pour préserver sa popularité. La décennie 1990 est caractérisée par des pivots dominants et une défense rugueuse, avec bien sûr le passage remarqué d’un numéro 23 aux Bulls de Chicago. His Airness met définitivement la NBA sur la carte. Grâce à l’arrière, la ligue fait son introduction dans la pop culture et les produits marketings et commerciaux étiquetés NBA affluent sur les marchés mondiaux.

     Avec l’avènement du XXIème siècle, la NBA s’écarte progressivement du panier. La raquette ne polarise plus le jeu offensif et les défenses s’espacent face à la menace à trois points, désormais privilégiée en attaque. Difficile de ne pas attribuer cette nouvelle facette du basketball américain à Stephen Curry. Le numéro 30, phénomène de la dynastie des Warriors trône actuellement au troisième rang des tireurs à trois points les plus prolifiques de l’Histoire. Le baby face killer n’est présent dans la ligue que depuis une décennie et compte à son actif 2492 tirs primés.

    Quel style de jeu nous réserve la décennie 2020 ? Peut-être la domination d’athlètes aux dimensions hors-normes, capables de dicter leur rythme des deux côtés du terrain. Dans la lignée de Lebron James, Giannis Antetokounmpo ou Ben Simmons s’inscrivent dans cette nouvelle génération de joueurs all around.

    Vers une ligue professionnelle.

    Certaines révolutions se font plus discrètes, comme l’apparition de nouveaux équipements et de politiques d’encadrement des joueurs. Difficile d’imaginer aujourd’hui un pivot de 120 kilos arborer fièrement une paire de Converse en toile sur le parquet. Les sponsors s’assurent désormais de fournir des chaussures adaptées aux besoins physiques des joueurs car une blessure est synonyme de mauvaise publicité pour l’équipementier.

    Avec le temps, la ligue s’est étoffée en tant qu’organisation sportive pluridimensionnelle. Le suivi des joueurs et les progrès médicaux ont permis d’allonger la durée moyenne d’une carrière NBA. Les sportifs disposent de conseillers pluriels pour les accompagner.

    C’est ce dont témoigne Joel Glass directeur de la communication pour le Orlando Magic en 2018, dans un épisode de la série Youtube Fournier For Real, réalisé par le numéro 10 français.

    Nous avons en tout plus de 300 personnes et de nombreux départements au sein de la franchise : communication, marketing, vente de tickets, relations avec la communauté de fans, gestion de la salle, etc,.  Il y a beaucoup d’employés qui travaillent et forment une organisation derrière l’équipe.

    Joel Glass, Fournier For Real épisode 5 « Inside the Franchise »

    Enfin, le rôle du commissionner n’est pas à négliger pour comprendre les changements de la NBA, les nouvelles directions adoptées. Entre 1984 et 2014, David Stern a fait grandir la popularité de la ligue sur le continent américain. Durant les années 1990, il a lutté contre le dopage et la consommation de drogues chez les athlètes. Exit la luxure extra-sportive et les bagarres sur le terrain, le développement de la ligue était indissociable de sa bonne image. La ligue mineure de développement G-League fondée en 2001 ainsi que la compétition féminine WNBA (1996) souligne cette volonté d’expansion de l’ancien commissionner.

    Adam Silver a repris le flambeau de Stern et participe à la démocratisation du jeu à travers le monde. Avec Internet et le numérique, tout va plus vite. Un poster en primetime est relayé presque instantanément sur les réseaux sociaux. Le Buzz représente une précieuse publicité pour la grande ligue afin de conquérir de nouveaux spectateurs. La NBA s’inscrit dans cette course de l’instantané. Elle a étendu sa toile à travers le monde.

     Les scouts sont désormais présents sur tous les continents afin de repérer et propulser les talents de demain sur le devant de la scène. Plus de talents potentiels, et donc plus de compétition. Il est beaucoup plus difficile d’arriver jusqu’en NBA qu’il ne l’était il y a 60 ans. Le basketball est le sport où il est le plus difficile de faire carrière aux Etats-Unis, comme en atteste le graphique ci-dessous.

    Umphumela wesithombe se-the odds to become a professionnql athlète

    Chances d’arriver en NBA en sortie d’Université, en 2016. Source : Usa Today.

    “Started from the bottom now we here”. L’Hymne du chanteur canadien Drake pourrait être adoptée par la NBA. La ligue a connu une ascension phénoménale en six décennies, évoluant avec la société américaine. Exclusivement blanche en 1946, elle est désormais composée à 80 % de joueurs afro-américains. N’oublions pas qu’au sommet de ce succès résident des joueurs pionniers, légendaires et fixés dans une mémoire collective de fans. Kobe Bryant sera membre émérite de la prochaine cuvée de Hall of Famers. En attendant son introduction, exerçons notre devoir de mémoire et contemplons son héritage pour l’Histoire de la NBA.

  • LE MAG #2 – ClutchTime x Dom

    LE MAG #2 – ClutchTime x Dom

    LE MAG #2 – ClutchTime x Dom

    Simon et Tedesco aux commandes de cette émission spéciale « Bald Don’t Lie »!

    Aujourd’hui nous accueillons Dom de la chaîne « The bald dont lie ». Il parle avec passion de NBA tous les soirs sur Twitch pour nous parler de la carte NBA du soir. Avec lui nous allons revenir sur son parcours dans la communauté NBA fr et sur l’actualité de la NBA !

    http://www.clutchtime.fr

    https://www.bald-dont-lie.com/

    Réseaux Sociaux:

    Twitter ClutchTime : http://twitter.com/ClutchTime_Prod

    Twitter Simon : http://twitter.com/simon_associe

    Twitter Tedesco : http://twitter.com/sco_tede

    Instagram : https://www.instagram.com/clutchtime_…

    Merci à nos graphistes et monteurs pour la vidéo :

    Générique : http://twitter.com/@thomasvonreox

    Fond : http://twitter.com/@sadmase

    Montage : http://twitter.com/gil2chill

    Musique : So Funk (Anthox Colaboy) https://soundcloud.com/anthox-colaboy…

  • 1994-1995: Dana Barros, le shooteur propre

    1994-1995: Dana Barros, le shooteur propre

    Le 13 avril 1967, Dana Bruce Barros voit le jour dans la ville de Boston. Il effectuera toutes ses classes basketballistique au Massassuchets, d’abord au lycée Xaverian Brothers de Weswood puis aux Eagles de Boston en NCAA.

    Il entre en NBA à l’âge de 23 ans, en 1989. Dana est drafté à la 16ème place par les Supersonics de Seattle, la franchise de Gary Payton.

    Son profil:

    Du haut de ses 1m80, Dana Barros est ce qu’on appelle un meneur de poche. Sa qualité au scoring est indéniable et son shoot à 3 points son arme la plus redoutable. Dana est également très agile, athlétique, et peut se faufiler quasiment partout gràce à son gabarit, ce qui lui permet de réaliser quelques jolis steals dans les mains des grands.

    Débuts en NBA:

    Pour sa première saison, Barros sort du banc et joue plus souvent au poste d’arrière. Le poste de meneur est quant à lui géré par Gary Payton, bien meilleur playmaker que Dana. Il tournera à 9,7 points et 2,5 assists de moyenne sur cette exercice. Dana restera 4 ans à Seattle, ou il ne dépassera pas les 10 points de moyenne sur une saison.

    Mais, c’est bien la suite qui nous interresse. En 1993, Barros est envoyé à Charlotte puis aux 76ers de Philadelphie dans la foulée. Dana se voit enfin comme un joueur important d’une franchise NBA. Il jouera 31 minutes de moyenne pour sa première saison en Pennysylvanie et tournera à 13,3 points et 5,2 assists de moyenne. Cela est prometteur pour la suite et Dana ne nous décevera pas…

    Saison 1994-1995: L’exercice référence

    Lors de cette saison, Dana Barros éclaboussera la NBA de son talent. Il se montre d’une efficacité redoutable avec une réussite de 49% aux tirs et de 46,4% à 3 points (!).Il établira un record ,en grande parti réalisé lors de cette saison, de 89 matchs consécutifs en ayant scoré au moins un tir à 3 points par rencontre ( record qui sera battu par Kyle Korver en 2013). Sa saison est marqué par des performances plus lumineuses que d’autre:

    Mars 1995, les 76ers de Dana affronte les Rockets d’Olajuwon et Clyde Drexler. Un bon moment pour Dana de faire valoir son talent. 50 points, 8 rebond pour le meneur d’1m80… Je vous laisse admirer:

    https://www.youtube.com/watch?v=Ti5eUTrb5us

    Dana nous remontrera tout l’étendu de son art et de son talent encore une fois quelques semaines plus tard avec un triple-double magique face à Orlando (25 points, 10 rebonds et 15 assists). Mais, la consécration viendra réellement de sa nomination au All-Star Game suite à sa saison fantastique et augain du trophée du most improved player ( meilleure progression) !

    En 1995, Dana est au époustouflant les espoirs sont placés hauts .Il est agent libre à la sortie de cette saison et décide de revenir dans sa ville natale. Il rejoint les Celtics. La marche sera-t-elle trop grande ?

    La suite

    Dana Barros ne retrouvera plus ce niveau de 95 même si il restera tout de même un bon joueur NBA. Il ne réatteindra plus les 20, ni même les 15 points de moyenne malgrès tout de même deux jolies saisons aux Celtics avec 13 pet 12,5 points de moyenne. Il passera par les pistons avant de terminer sa carrière en 2004 à Boston, là ou tout a commencé. Dana est aujourd’hui consultant pour la chaine New England Sports Network.

  • NBA Frenchies #7 – Nico, Vince et Evan

    NBA Frenchies #7 – Nico, Vince et Evan

    NBA Frenchies #7 – Nico, Vince et Evan

    NBA Frenchies Retro ! Une émission ClutchTime animée par Simon et Tedesco.

    Simon et Tedesco se retrouvent pour aborder l’actualité des français en NBA, le retour difficile de Nicolas Batum cette saison à Charlotte, l’avenir de Vincent Poirier à Boston, la montée en puissance d’Evan Fournier à Orlando.

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