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  • Damian Lillard ou l’art d’exceller dans le pick & roll

    Damian Lillard ou l’art d’exceller dans le pick & roll

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Depuis la nuit des temps, il existe des domaines qui sont dominés par des personnes au talent immense. Le basket ne déroge pas à la règle.
    Clutch Time vous propose à travers un dossier spécial de revenir sur l’impact de certains maestros dans des domaines du jeu.
    Pour ce 1er numéro, prenons la direction de l’Oregon pour rencontrer Damian Lillard et son meilleur ami : le pick and roll.


    Damian Lillard : roi de Portland

    Qui ne connaît pas Damian Lillard ? Franchise player des Portland Trail Blazers, quintuple All-Star, détenteur de 4 sélections All-NBA, « Dame » a tout d’un patron sur le terrain.

    Scoreur redoutable, il a établi cette saison sa plus grande moyenne de points par match (28,9), menant son équipe à un bilan de 29 victoires pour 37 défaites à l’heure où la NBA n’a pas encore repris l’exercice 2019-20.

    Âgé, pour quelques jours encore, de 29 ans, Damian a su faire évoluer son jeu au sein d’une équipe qui lui fait totalement confiance et qui se bâtit autour de lui.
    Son apport offensif se base principalement sur le pick & roll 1 (P&R) comme vous pouvez le deviner, mais nous reviendrons sur lui dans un second temps.

    Parlons tout d’abord de son équipe. Portland. C’est tout simplement l’une des équipes qui a joué le plus de P&R sur la saison 2019-20, avec une moyenne de 27,1 possessions par match où le porteur de balle tire après l’écran, soit 26,79% de leurs possessions offensives. Seul Utah fait mieux dans la NBA.


    Graphique représentant le pourcentage de tirs pris par le porteur de balle après P&R chez les équipes NBA


    Mieux encore, en plus d’en tenter énormément, les Trail Blazers sont tout simplement l’une des équipes les plus efficaces sur P&R cette saison.
    Ils scorent en moyenne 26,5 points/match, les plaçant 1ers de la ligue dans ce domaine, et obtiennent la 2ème meilleure moyenne de points par possession de la NBA avec 0,98 PPP 2.


    Tableaux récapitulatifs des points/match et PPP sur P&R sur toute la NBA


    Une efficacité à couper le souffle, modelée grâce à un front office qui a su déceler un potentiel sur ce type de jeu. Cependant, une question peut se poser : Est-ce Lillard qui rend cette équipe si spéciale sur P&R ou l’équipe qui rend Lillard spécial dans ce domaine ?

    En allant récupérer Jusuf Nurkic à Denver en 2017, puis Hassan Whiteside à Miami en 2019, Portland a su installer une certaine continuité dans leur efficacité sur P&R, prenant deux pivots à l’aise avec ce type de jeu.
    On peut bien évidemment souligner ce point grâce aux screen assists 3 , où les joueurs de Portland évoluent dans le top 10 depuis la création de la statistique.


    Tableau récapitulatif des meilleurs joueurs de Portland en screen assists depuis la saison 2016-17


    Avec un Jusuf Nurkic blessé (jambe) pour la totalité de l’exercice 2019-20, on aurait pu croire le secteur en danger, mais les dirigeants de Portland se sont penchés sur un autre joueur parfaitement complémentaire : Hassan Whiteside.
    Ce dernier a parfaitement compris son rôle au sein de l’effectif, se refaisant même une beauté avant une free agency 2020 importante pour lui.

    Mais concrètement, Lillard dans ce système, ça vaut quoi ? Comme dit précédemment, une question persiste : est-ce que c’est lui qui fait rayonner ses coéquipiers, notamment en les plaçant constamment dans le top 10 des screen assists, ou ses coéquipiers, forts en screen assists qui lui facilitent la tâche ?

    Que vaut Damian Lillard sur pick & roll ?

    Avec 13,5 possessions par match dans ce domaine, soit un peu plus de la moitié de ses possessions, Damian est un pilier dans la NBA. Seul Trae Young fait mieux, avec un total de 15,7 possessions par match.

    Mais là où il fait la différence, c’est sur son efficacité, à l’image de son équipe.
    Il devient de plus en plus fort chaque année sur P&R, s’améliorant dans la plupart des statistiques liées à l’efficacité, tellement que ça en deviendrait angoissant pour les défenseurs sur la suite de sa carrière.

    Il shoote plus, mieux, il marque plus, ses pourcentages aux tirs grimpent, son efficacité s’affole.

    Damian Lillard n’est pas loin d’être invincible sur pick & roll. Vraiment pas loin.


    Tableau récapitulatif des statistiques de Damian Lillard sur P&R depuis la saison 2015-16


    Un percentile 4 de 95,9, c’est tout simplement incroyable pour un joueur ayant autant de possessions. Le percentile étant calculé directement en fonction des points par possession, prenons le temps de comparer le sien avec celui de Trae Young, seul joueur ayant plus de possessions sur P&R que lui. Malgré des stats tout à fait solides (0,98 PPP, percentile de 83,9), Trae est très très loin des chiffres produits par Damian (1,14 PPP, percentile de 95,9).

    Pour vous montrer à quel point c’est monstrueux, si on trie tous les joueurs NBA par leurs nombres de possessions par match sur P&R, le premier joueur ayant un nombre de points par possession supérieur à celui de Lillard est l’ex-Knick Allonzo Trier, avec seulement 1,8 tentatives par match !

    S’il continue sur ce rythme, on pourrait même imaginer un jour le voir devenir le joueur affichant le meilleur percentile possible (100) tout en ayant le plus grand nombre de possessions.
    Impossible n’est pas Lillard !


    Graphique représentant le nombre de points/match en fonction du nombre de possessions/match pour tous les joueurs NBA


    De plus, il existe un aspect non-négligeable dans cette évolution massive : son pourcentage de tirs marqués à partir d’une passe décisive diminue. La traduction ? « Dame » aime beaucoup avoir le ballon lors de la création de ses tirs.

    Résultat : lors de cette saison 2019-20, seuls 17,1% de ses tirs (246 de ses 1677 points) ont été produits via une passe décisive.


    Graphique représentant le pourcentage de tirs réussis (sans provenir de passes décisives) par an


    Une statistique qui prouve un peu plus que Lillard veut et peut se débrouiller seul, ce qui peut-être un argument sur notre question initiale : il rend les autres, et notamment les pivots avec leurs screens assists, meilleurs en étant de plus en plus létal dans un jeu de plus en plus personnel.

    Mais comment arrive-t-il à atteindre ce niveau d’efficacité ?

    Découvrons ça dans notre dernière partie.

    Damian Lillard en action, ça donne quoi ?

    Pour cette partie, nous allons décrypter et analyser étape par étape une action de Damian Lillard, afin de comprendre pourquoi il est aussi fort dans ce domaine.

    Cette action a été réalisée lors de la victoire 127 à 119 face aux Los Angeles Lakers le 31 janvier dernier.

    Nous sommes au 3ème quart-temps. Celui où « Dame » mettra 22 de ses 48 points finaux. Portland vient d’encaisser un 3 points et accuse 3 points de retard. Lillard monte la balle.



    On assiste à une mise en place basique d’une transition. CJ McCollum (n°3) se retrouve rapidement placé dans le corner gauche pour ne pas encombrer le trafic.

    Hassan Whiteside (n°21), ne regarde absolument pas le cercle, que ça soit avec ses yeux ou son corps. Il est directement prêt à poser un écran sur Avery Bradley, défenseur de Damian Lillard (n°0).

    Ce dernier est en train de dribbler en direction de Whiteside, voyant l’occasion de mener la transition avec un pick & roll. Il a les yeux rivés sur le placement du poseur d’écran, et veille à ce que le poseur d’écran soit prêt pour que l’action soit la plus efficace possible.

    Les deux derniers joueurs, Mario Hezonja (n°44) et Trevor Ariza (n°8) sont dans un premier temps très proche du porteur de balle, contrairement à McCollum par exemple.
    Cependant, on peut imaginer que les deux vont s’écarter le plus possible afin de laisser le champ libre aux deux acteurs principaux.

    La défense est plutôt bien placée, hormis LeBron James, un peu en retard et dont Ariza peut prendre avantage rapidement en coupant vers le cercle. Danny Green est bien placé en aide, surveillant CJ McCollum (60% de réussite à 3 points dans le corner gauche). JaVale McGee, défenseur de Whiteside, contrôle la raquette, et décide d’adopter une défense en protection 5 sur le futur pick & roll.



    Deuxième étape. Lillard, parfaitement équilibré et fléchi, prend l’écran de Whiteside. L’écran n’est pas super bien posé, mais Whiteside prend de la place avec son corps, ce qui permet à « Dame » de bien prendre l’écran, causant à Bradley un potentiel retard.

    Mario Hezonja, sentant que le meneur se rapproche de lui, vient se placer dans le corner droit.

    Défensivement, McGee commence à sentir le danger et entreprend sa course vers Lillard. Tous les joueurs des Lakers regardent exclusivement le ballon, ce qui peut devenir une situation très dangereuse, notamment sur les coupes dans le dos. Pour illustrer ce propos, si McCollum décide de couper dans le dos de Danny Green, ce dernier ne pourra rien voir sauf le lay-up encaissé sur une passe décisive de Lillard.



    Sur cette image représentant le même instant, on visualise bien Lillard avoir l’avantage sur Bradley, totalement pris dans l’écran. Le meneur de Portland a les yeux rivés sur l’énorme espace que lui laisse l’écran, il sait qu’il a l’avantage.

    Conscient du danger, c’est Anthony Davis qui indique à McGee de venir monter sur Lillard (signe du bras droit et tête orientée vers McGee).



    Troisième étape. Avery Bradley est déséquilibré par l’écran de Whiteside, pendant que JaVale McGee continue encore sa course vers Damian Lillard. On sent bien que McGee est en retard, ses appuis se rétrécissent, mais sa posture laisse totalement à désirer.

    Lillard dispose donc d’un temps d’avance sur les deux défenseurs cités, et devra s’en servir pour prendre le bon choix. Pour l’instant, il n’est pas encore agressif vers le cercle, ce qui peut nous laisser croire qu’il va potentiellement prendre un shoot à 3 points en sortie d’écran.

    A l’opposé, Danny Green ne regarde toujours pas McCollum tandis que LeBron… fait du LeBron…



    Quatrième étape. La montée trop tardive de McGee au large a totalement laissé le champ libre dans l’axe. Malgré le retour de Bradley sur lui, Damian Lillard change totalement de posture et devient très agressif vers le cercle. McGee, surpris, se fait passer facilement. Bradley arrive à rester au contact et tente même d’intercepter le ballon sur son dribble.

    On sent déjà que l’aide défensive des Lakers à l’opposé (Danny Green, LeBron James) ne va pas être très forte. Ils sont présents mais absolument pas prêts à défendre.

    Whiteside n’a pas besoin de rouler 6 après son écran, sinon il gênerait Damian Lillard dans sa tentative de drive.



    Cinquième et dernière étape. Lillard, en un changement de direction et de vitesse, a réussi à mettre 2 défenseurs dans son dos. McGee tente de revenir, Davis tente de faire un travail qui n’est pas le sien et Bradley est trop loin pour tenter quelque chose. « Dame » est en appel deux pieds pour tenter un dunk pendant que Danny Green surgit, trop tard et trop près du cercle, en aide.

    LeBron… marche encore.

    On remarque bien évidemment que CJ McCollum est complètement seul dans le corner gauche. Lillard aurait pu lui donner le ballon, mais il a préféré aller au dunk.

    Résultat : dunk sur Danny Green et JaVale McGee, à la limite du « and one ». Démonstration simple et précise de ce que peut donner Damian Lillard sur P&R.
    Il s’est facilité la tâche grâce à l’écran de Whiteside, ce qui a créé un mismatch entre lui McGee. Deux dribbles plus tard, il se retrouve au panier. Un maestro.

    Action en vidéo

    C’est ainsi que s’achève notre premier article sur les super-humains de la ligue dans certains domaines, avec Damian Lillard et son super-pouvoir de domination de la ligue en termes de pick & roll.
    Pour répondre à la question de départ, Damian et les pivots poseurs d’écran, c’est une histoire d’amour. Il sait parfaitement utiliser les écrans et sait les rendre bons même quand ils sont mal posés. Les deux partis s’influencent l’un l’autre, pour notre plus grand bonheur.

    Sources : NBA.com, ESPN.

    Lexique :

    1. Le pick and roll (ou P&R) : système offensif avec un porteur de balle et un poseur d’écran (généralement le pivot). Une fois l’écran posé, causant du retard pour les défenseurs, le poseur d’écran va couper vers le cercle, laissant deux possibilités au porteur : passer ou tirer.
    2. Les points par possession (ou PPP) : statistique prenant en compte le nombre total de points marqués sur le nombre total de possessions.
    3. Les screen assists : si après pris un écran, le porteur de balle marque, le poseur d’écran comptabilise 1 screen assist. Traduction : passe décisive par écran.
    4. Le percentile : calcul effectué sur l’ensemble des joueurs de la NBA en fonction des points par possession. Plus le PPP est haut, plus le percentile sera élevé. Si un joueur possède un percentile de 100, cela signifie que personne dans la NBA n’a un PPP aussi grand que lui. Et inversement pour un percentile de 0… Mais c’est moins glorieux…
    5. La défense en protection : défense du joueur défendant sur le poseur d’écran. Au lieu de suivre le poseur d’écran au-delà des 3 points, il reste aux abords de la raquette, protégeant ainsi la raquette mais laissant l’attaque en 2c1 sur les postes extérieurs.
    6. Rouler après un écran : couper vers le cercle après son écran, avec l’intention de recevoir le ballon. Provient du terme « roll » dans pick & roll.
  • Bilans de la saison  – Northwest Division

    Bilans de la saison – Northwest Division


    En ces temps de confinement, afin d’éviter de vous couper totalement de l’univers de la NBA, ClutchTime dresse un bilan de la saison 2019-2020, suspendue depuis le 11 mars. Dans l’attente de son retour prochainement, la rédaction vous propose de revivre les parcours des différentes équipes de la ligue, depuis fin octobre, en faisant le point sur chacune d’elle pour chaque division de la ligue.

    Pour cette quatrième review de la saison, nous quittons la Conférence Est, direction les grands territoires américains de la Division Nord-Ouest. Emmenés par les Denver Nuggets, les contenders sont nombreux à se bousculer pour une place en playoffs, entre le redoutable Jazz d’Utah et la surprenante équipe du Thunder cette saison, difficile pour les Blazers, décimés par les blessures, de se faire une place, même s’ils ne lâcheront rien contrairement aux jeunes loups de Minnesota qui semblent avoir déjà réservé leur billet pour la prochaine lottery en août.


    Denver Nuggets (43-22) – 3ème

    PPG (110.4) – 20ème / Opp PPG (107.4) – 20ème
    Offensive Rating (112.5) – 9ème / Defensive Rating (109.5) – 13ème

    Cinq majeur :
    J. Murray (PG) – G. Harris (SG) – W. Barton (SF) – J. Grant (PF) – N. Jokić (C)

    Denver devait s’assurer de trouver de la continuité cette saison, à la fois dans les résultats par rapport à son exercice 2018-2019 très réussi, mais aussi avec un groupe pétri de talent. Les Nuggets occupent désormais l’un des premiers rôles au sein de la Conférence Ouest, et doivent chercher les quelques pièces manquantes à leur roster, ainsi que les ajustements adéquats dans le jeu et dans la rotation pour passer un cap supplémentaire. Que les supporters de la franchise du Colorado se réjouisse, les Nuggets sont redevenus désormais de redoutables adversaires à l’Ouest. La prolongation de Mike Malone a été notamment un excellent message lancé aux supporters et à la concurrence qui devraient avoir du fil à retordre.

    Pour ce qui est de la cohésion et de la continuité, la stratégie a été respectée. Avec un pourcentage de victoire légèrement supérieur à l’an passé, Denver semble avancer sur les mêmes bases que la saison régulière dernière, ce qui semble satisfaire l’ensemble du staff et du Front Office. Logique au vue de la densité des contenders en post-season. Avec un effectif inchangé qui doit miser sur un groupe assez jeune, certains prospects ont montré des signes encourageants dans leur développement et leur impact dans le jeu. Michael Porter Jr., grand espoir endormi depuis près d’un an a ainsi pu donner un bref aperçu de son talent, un talent qui demande encore à se polir toutefois. La recrue estival Jerami Grant occupe désormais un rôle majeur dans le roster au côté de Nikola Jokić, en remplaçant peu à peu le vétéran Paul Millsap qui arrive en fin de contrat.

    Même si sa position au classement semble sécurisée, Denver a néanmoins connu un passage à vide en décembre à l’image de son pivot serbe, revenu du mondial chinois en petite forme et avec une baisse de motivation qui n’a toutefois pas duré trop longtemps. Si la franchise du Colorado doit encore progresser sur quelques détails, le sérieux et la régularité dans les résultats ont fait parfois cruellement défaut aux Nuggets, capables de remporter des matchs cruciaux face aux Lakers, Clippers et Celtics puis de perdre quelques jours plus tard contre les Hawks, Warriors ou encore les Cavaliers, leur coutant peut-être une deuxième, voire première place en tête de la Conférence. Certains joueurs ont également un peu déçu les observateurs, à commencer par Jamal Murray (prolongé cet été) et Gary Harris qui ont montré des signes de stagnation dans leur rendement offensif malgré des responsabilités plus importantes pour l’un et un temps jeu plus conséquent pour l’autre.

    Les Nuggets restent néanmoins encore jeunes et en pleine courbe de croissance. Leur niveau d’entente et les résultats qui en découlent sont déjà un indicateur formidable de progression en si peu de temps et nul doute que leur potentiel est encore loin d’avoir montré ses limites. Denver fait sans aucune doute office de favori à l’Ouest et pourrait décemment envisager un titre d’ici un ou deux ans si la courbe de progression actuelle se maintient.

    La saison de Denver en quelques chiffres :
    . 19ème équipe à réaliser le plus de rebonds par match (44.3)
    . 4ème équipe à réaliser le plus de passes décisives par match (26.5)
    . 26ème équipe à réaliser le plus de tentatives de tirs à trois points par match (30.4)
    . 2ème équipe à concéder le plus de rebonds défensifs par match (32.8)
    . Meilleur marqueur : Nikola Jokić (20.2 points par match à 52.8% FG)
    . Meilleur passeur : Nikola Jokić (6.9 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Nikola Jokić (10.2 rebonds par match)

    Utah Jazz (41-23) – 4ème

    PPG (110) – 17ème / Opp PPG (107.9) – 9ème
    Offensive Rating (112.6) – 8ème / Defensive Rating (109.4) – 11ème

    Cinq majeur :
    M. Conley (PG) – D. Mitchell (SG) – B. Bogdanović (SF) – R. O’Neale (PF) – R. Gobert (C)

    Après une nouvelle saison très prometteuse ponctuée malheureusement par une rapide mais incontestable élimination au 1er tour face aux Rockets (1-4), le Jazz a désormais de quoi se projeter vers l’avenir autour de son nouveau duo de choc Gobzilla-Spida. Les arrivées cet été de plusieurs éléments dans la rotation (Emmanuel Mudiay, Ed Davis et Jeff Green) ainsi qu’un joueur du calibre de Bogdan Bogdanović, capable de prendre les tirs ouverts avec une adresse redoutable, le Jazz souhaite passer à la vitesse supérieure et s’installer durablement au sein du Big 5 à l’Ouest. Cerise sur le gâteau, la signature du vétéran All-Star Mike Conley qui complète un roster cinq étoiles avec son expérience et son style défensif caractéristique.

    Le bilan du Jazz après plus de soixante rencontres est très convaincant. Avec un spot en playoffs bien au chaud, les hommes de Quin Snyder sont toujours au coude à coude avec les Rockets, ou encore le Thunder depuis peu, mais semblent déterminer à conserver l’avantage du terrain. L’intégration de Bogda fut une belle réussite, l’ailier se payant plusieurs coups de chaud avec son adresse pour le plus grand plaisir des dirigeants qui ont flairé la bonne affaire. L’arrivée ingénieuse du joker de luxe Jordan Clarkson en cours de saison est venue renforcer une rotation offensive limitée, qui se résumait surtout au seul Joe Ingles. Le Jazz peut surtout se féliciter des sélections des néo All-Stars Donovan Mitchell et Rudy Gobert pour le All-Star Game de Chicago en février. Le DPOY est au sommet de sa forme, il règne en maître sur sa raquette et celles de ses adversaires, traduisant un peu plus la domination défensive du Jazz mais aussi des progrès en attaque de l’équipe. Le scoring est mieux réparti et dépend de moins en moins de son bouillant arrière. Et ça paie : dix victoires consécutives après Noël et jusqu’à la mi-janvier.

    la saison de Utah ressemble à une partition sans fausse note ou presque. Encore dépendant des performances de Donovan Mitchell, la franchise de Salt Lake City fait aussi preuve d’inconstance, alternant les longues séries de victoires et les séries de défaites. L’intégration ratée de Conley est également un point négatif majeur dans la saison des jazzmen, le meneur est coincé cette saison entre les soucis de santé et le manque de repères et d’automatismes avec plusieurs de ses partenaires, à commencer par Rudy Gobert, principal victime collatérale de l’arrivée de nouveau scoreur, puisque son nombre de tentatives à baisser par rapport à la saison dernière. Il se retrouve souvent écarté des choix de jeu de Conley à la mène mais aussi des systèmes de jeu de Snyder, plusieurs fois pointé du doigt pour son coaching très stéréotypé et qui a perdu de sa créativité et de sa dangerosité. Par ailleurs, le banc est loin d’être aussi performant des deux côtés du terrain comme on aurait pu le prévoir, au désespoir du staff et du pivot français.

    Un cap a peut-être été franchi par la franchise depuis l’an dernier, mais il reste assez léger en comparaison des attentes autour du recrutement et des ambitions de jeu annoncées plus tôt dans la saison. La véritable confirmation se fait désormais attendre pour les phases finales et maintenant que certains cadres de l’équipe arrive à maturité, qu’une certaine constance dans les résultats s’installe, viser une 4ème place apparait de plus en plus comme un objectif en soi. Mais pour envisager la suite de l’aventure, une question reste en suspend sur le cas Mike Conley. Les dirigeants pourraient tout à fait être amenés à revoir leur copie en se séparant plus vite que prévu du meneur afin de trouver une dernière pièce complémentaire et plus adéquate au roster.

    La saison d’Utah en quelques chiffres :
    . 1ère équipe avec le meilleur % de tirs à trois points réussis en moyenne (38.3%)
    . 4ème équipe la plus adroite aux tirs (FG) : 47.5%
    . 30ème équipe à réaliser le plus d’interceptions par match (5.9)
    . 29ème équipe à réaliser le plus de contres par match (4)
    . Meilleur marqueur : Donovan Mitchell (24.2 points par match à 45.3% FG)
    . Meilleur passeur : Joe Ingles (5.2 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Rudy Gobert (13.7 rebonds par match)

    Oklahoma City Thunder (40-24) – 5ème

    PPG (110.8) – 18ème / Opp PPG (108.3) – 10ème
    Offensive Rating (111.6) – 13ème / Defensive Rating (109.1) – 10ème

    Cinq majeur :
    C. Paul (PG) – S. Gilgeous-Alexander (SG) – T. Ferguson (SF) – D. Gallinari (PF) – S. Adams (C)

    Le Thunder repart de loin cette saison. Passé en mode rebuild-team suite aux départs consécutifs de Russell Westbrook et Paul George, et après une nouvelle élimination au 1er tour, la troisième depuis quatre ans, les dirigeants de la franchise ont décidé de changer de stratégie en misant sur son noyau de jeunes, avec pour entourer tout ce petit monde deux trentenaires en reconquête, Danilo Gallinari et Chris Paul. Le contrat à 40 briques du meneur All-star n’effraie absolument pas Sam Presti qui espère à travers ce trade, voir un CP3 revanchard vis-à-vis des critiques dont il a pu être victime par le passé, toutes plus ou moins justifiées, et devenir un peu le tonton de service qui prendra soin de former ces jeunes aux exigences du haut niveau. La stratégie sur la saison des dirigeants semblait assez évidente, tenter d’exister lors de la 1ère moitié de saison et activer le mode tanking vers le mois de janvier si le Thunder n’avait plus aucun enjeu majeur.

    Au final, les résultats d’Oklahoma City ont très largement dépassés les attentes pour un large consensus. Avec une magnifique 5ème place encore occupée avant la suspension de la saison, le Thunder s’est octroyé une place de choix en étant quasiment assuré de participer aux playoffs d’une part, mais aussi parce que l’équipe de Billy Donovan peut encore viser plus haut et un avantage du terrain au 1er tour. Impensable il y a quelques mois encore pour les supporters ! OKC est assurément la plus belle et bonne surprise de cette saison, la franchise ne trahit pas son image de franchise ambitieuse et tenace. Donovan, un temps inquiété après les départs successifs de ses meilleurs éléments a semble-t-il, conforté son statut et son rôle au sein de la franchise, puisqu’il est fréquemment annoncé comme favori au trophée d’entraîneur de l’année.

    Son cinq majeur très performant et sa rotation qui s’articule vraiment bien autour de ses directives laisserait penser que l’équipe a passé le cap de la reconstruction il y a plusieurs saisons. Que dalle ! La répartition des minutes et du scoring, l’éclosion des jeunes, en particulier celle de Shai Gilgeous-Alexander, ou encore les vétérans qui jouent les parfaits mentors et un sixième homme, Dennis Schröder, également en lice pour remporter le trophée individuel de la saison en question, sont autant d’indicateurs au vert pour la franchise de l’Oklahoma. Dans sa reconstruction express, cette équipe s’est surtout déjà montré redoutable dans le money time, les remplaçants endossant leurs responsabilités, parvenant à décrocher des succès prestigieux face à de grosses formations, accélérant un peu plus le process.

    Tout comme son emblème, les Thundermen sont entrés dans une phase de reconstruction fulgurante, tout en conservant son statut de contender cette saison. En attendant de futures surprises cet été de la part de l’équipe dirigeante, il s’agit désormais de consolider les rotations actuelles, laisser les jeunes engranger de l’expérience, tout en ajoutant des assets lors de la draft, susceptibles de s’incorporer à merveille au projet qui est en train de se bâtir. Miser potentiellement sur une association d’une jeune star montante avec SGA ou conserver les pièces actuelles de son roster, le Thunder semble capable de faire les choses plus vite que tout le monde et peut-être même mieux que tout le monde.

    La saison d’Oklahoma en quelques chiffres :
    . 5ème équipe la plus adroite aux tirs (FG) : 47.3%
    . 2 ème équipe à provoquer le plus de fautes adverses par match (22.8)
    . 1ère équipe à concéder le moins d’interceptions par match (6.7)
    . 28ème équipe à prendre le plus de tirs par match (85.1)
    . Meilleur marqueur : Shai Gilgeous-Alexander (19.3 points par match à 47.3% FG)
    . Meilleur passeur : Chris Paul (6.8 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Steven Adams (9.4 rebonds par match)

    Portland Trail Blazers (29-37) – 9ème

    PPG (113.6) – 8ème / Opp PPG (115.2) – 26ème
    Offensive Rating (112.5) – 10ème / Defensive Rating (114.1) – 27ème

    Cinq majeur :
    D. Lillard (PG) – CJ. McCollum (SG) – T. Ariza (SF) – C. Anthony (PF) – H. Whiteside (C)

    Après une saison régulière 2018-19 parmi les plus abouties de la décennie dans l’Oregon, ponctuée par un parcours splendide en Playoffs jusqu’en finale de Conf’ face aux Warriors, la saison 2019-20 promettait d’être aussi exceptionnelle malgré la nouvelle concurrence, car les Blazers ne sont jamais aussi forts que lorsqu’ils sont dans la peau de l’outsider. Pour pallier la longue indisponibilité de Jusuf Nurkić, Portland s’est attaché les services d’Hassan Whiteside, ainsi que les vétérans Anthony Tolliver et Pau Gasol. Terry Stotts souhaite ainsi accorder une grande importance à la progression de ses plus jeunes, mais s’est dit suffisamment satisfait du recrutement pour convaincre plusieurs cadres de prolonger, puisque Damian Lillard, CJ McCollum et Rodney Hood ont tous rempilé pour un long bail.

    Arrivés au mois de mars c’est pourtant la gueule de bois pour les fans de la franchise. Portland réalise son pire bilan depuis la prise de pouvoir de Stotts en 2012, avec des résultats très loins d’être à la hauteur des attentes du mois de septembre, même si toutefois on peut lui trouver quelques circonstances atténuantes. La défense notamment est absolument cauchemardesque. Plutôt adepte du registre défensif dur sur l’homme et d’une équipe souvent difficile à manoeuvrer, les Blazers sont devenus les blasés des tâches besogneuses et de la rigueur. Le manque d’intensité et de régularité dans un même match font assez flipper, en particulier avec un frontcourt décimé qui aura nécessité plusieurs ajustements en urgence. Tandis que le wagon de la Conférence Ouest a rapidement laissé les coéquipiers de Dame D.O.L.L.A en queue de peloton. Le meneur semble être à la peine et tarde à retrouver son influence et sa vitalité pour redresser la barre malgré plusieurs jolies cartons offensifs. Privé d’une aide vitale que le lieutenant McCollum ne peut combler seul, l’équipe a subi plusieurs séries de défaites inquiétantes.

    Les blessures de Zach Collins, puis de Rodney Hood, conjuguées aux forfaits de Gasol ont contraint Neil Olshey à recruter en urgence un Carmelo Anthony boudé par les autres franchises tout cet été, mais qui s’avéra être l’un des joueurs les plus performants dès son arrivée au même titre que l’expérimenté et besogneux col bleu Trevor Ariza qui s’est montré particulièrement utile lors des dernières rencontres. En imitant la casse Portland reste toujours en course pour décrocher le 8ème spot à l’Ouest et les retours prochains de Collins et Nurkić devraient rendre le sourire et de l’ambition à une franchise qui devra lâcher les chevaux dans le final pour ne pas passer tout l’été devant la télé.

    Pour les joueurs de l’Oregon il y a urgence à revoir la stratégie d’ensemble pour se montrer enfin à la hauteurs des attentes cette saison et se mettre au niveau de son backcourt plus que jamais dans son prime et qui pourrait s’impatienter des résultats yo-yo de la franchise. Le recrutement n’a pour l’instant pas permis de faire passer un cap supplémentaire à l’équipe mais plutôt de panser un groupe décimé et on voit mal comment Portland pourrait rivaliser avec les meilleurs cette saison et réaliser le même parcours en phases finales. En l’état actuel, le jeu et le supporting cast montre encore ses limites, laissant toujours planer une forme de malédiction au dessus de la tête de la franchise qui pourrait manquer ses premiers PO depuis 2013.

    La saison de Portland en quelques chiffres :
    . 30ème équipe à réaliser le plus de passes décisives par match (20.2)
    . 4ème équipe la plus adroite aux tirs à trois points (37.2%)
    . 30ème équipe à concéder le plus de rebonds par match (47.5)
    . 28ème équipe la plus adroite près du cercle (60.3%)
    . Meilleur marqueur : Damian Lillard (28.9 points par match à 45.7% FG)
    . Meilleur passeur : Damian Lillard (7.8 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Hassan Whiteside (14.2 rebonds par match)

    Minnesota Timberwolves (19-45) – 14ème

    PPG (113.2) – 9ème / Opp PPG (117.5) – 28ème
    Offensive Rating (108.1) – 22ème / Defensive Rating (112.2) – 21ème

    Cinq majeur :
    D. Russell (PG) – M. Beasley (SG) – J. Okogie (SF) – J. Hernangómez (PF) – K-A. Towns (C)

    Minnesota promettait la saison de la confirmation, la confirmation d’un duo, celui du KAT et du Wiggs pour se montrer enfin à la hauteur des espoirs de toute la fanbase des Wolves. L’alignement parfait des étoiles après un exercice 2018-2019 décevant (11ème), alors que nos futurs All-Star en herbe, entourés de jeunes talents en devenir, devaient apporter une première qualification en playoffs pour une franchise moribonde (une seule participation en quinze ans). Car sur le papier ce groupe faisait bonne figure parmi les low contenders pour les places 5 à 8. Le recrutement estivale allait même dans le sens du renouvellement de l’équipe dirigeante (Ryan Saunders en tant que head coach et Gersson Rosas dans le costume de GM) se voulant plus jeune mais encore assez ambitieux.

    Mais la saison est loin d’avoir été une réussite. En scindant leur parcours en deux, les Wolves ont dans un premier temps fait étalage d’un certain potentiel et de talent à la fois attendu et inattendu chez certains joueurs. L’effectif de fiston Saunders semblait avoir assimilé les leçons des grossières erreurs des saisons passées, à mettre sur le compte de la jeunesse, en trouvant même un rythme de victoire encourageant jusqu’en novembre (10 wins – 8 défaites), période durant laquelle Karl-Anthony Towns était sur un nuage, Andrew Wiggins devenait enfin régulier au scoring et décisif dans le money time et les jeunes Josh Okogie, Jarett Culver ou même Jake Layman par moment, endossaient le rôle d’un supporting cast frais et dynamique.

    Malheureusement les bonnes choses ont une fin, en particulier à Minnesota. Blessé de nouveau au genou, le pivot a manqué près de la moitié des matchs cette année, remettant en question tout le travail accompli jusqu’alors, puisque ni Wiggins, ni Jeff Teague ou Robert Covington ne parviendront à inverser cette mauvaise série. Le forward canadien va ainsi retomber dans ses travers et son irrégularité chronique, tandis que les seconds couteaux vont montrer leurs limites. Pour tenter de sauver le coup, les dirigeants vont alors monter plusieurs trades à la mi-saison, débarquant dans un premier temps un Teague en perdition, puis un pack Jordan Bell-Robert Covington-Keita Bates-DiopShabazz NapierNoah Vonleh, éparpillé entre Houston, Denver et Atlanta, mais surtout en cassant sa paire de valets, envoyant Wiggins et quelques picks à Golden State contre le meneur All-Star D’Angelo Russell, suivis par Omari Spellman et Jacob Evans. La moitié du roster qui fou le camp pour un tanking en bonne et due forme jusqu’à la fin de la saison avant de repartir sur un exercice 2020-21 plus ambitieux encore ?

    Les recrues printanières ont déjà laissé entrevoir de bonnes choses pour leurs débuts et il y a fort à parier que l’association de D-Lo et KAT sur un terrain, devrait apporter des garanties et du spectacle l’année prochaine. La lottery aura son rôle à jouer au moment de récupérer un des rares bons coups qui se présentera dans cette cuvée 2020. Mais les résultats se font attendre du côté du Target Center, il s’agit désormais de se dépêcher de construire une colonne vertébrale qui tient la route afin de repartir sur les mêmes bases qu’en début de saison, le plus vite possible. Minny va surtout devoir trouver la dynamique sur la durée à moins de voir une rupture s’installée entre la direction, les supporters et son pivot.

    La saison de Minnesota en quelques chiffres :
    . 3ème équipe qui réalise le plus d’interceptions par match (8.7)
    . 29ème équipe qui concède le plus de rebonds par match (47.3)
    . 2ème équipe qui tente le plus sa chance aux tirs (FG) (91.6)
    . 28ème équipe la plus adroite aux tirs à trois points par match (33.6%)
    . Meilleur marqueur : Karl-Anthony Towns (26.5 points par match à 50.8% FG)
    . Meilleur passeur : D’Angelo Russell (6.6 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Karl-Anthony Towns (10.8 rebonds par match)
  • La NBA, une composition musicale à l’américaine

    La NBA, une composition musicale à l’américaine

    Chaque semaine, Clutch Time vous propose une immersion dans l’univers de la grande ligue. Entre phénomènes identitaires et tendances extra-sportives, votre média basket analyse le paysage culturel de la NBA. 

    Metallica sur le parquet des Warriors en juin 2019. Source : spin.com

    2h00 du matin, le réveil sonne. C’est rude mais c’est l’heure. Ton match NBA va commencer. Quinze minutes avant le coup d’envoi. D’ici là, présentation des titulaires, fin d’échauffement pour les joueurs et l’hymne américaine qui résonne dans l’arène. Oui, car tout match NBA commence en musique. Le 6 juin dernier, pour le troisième match NBA Finals 2019 à Oakland, le mythique groupe Metallica avait interprété la “Star Spangled Banner” chez les Warriors. 

    Ce  rituel souligne le patriotisme des américains. Il nous rappelle aussi que l’univers de la grande Ligue se conjugue en musicalité.

    The show must go on !

    La NBA propose tous les soirs un spectacle complet. La performance sportive est sublimée par un brouhaha omniprésent en arrière-plan de la confrontation. Le speaker s’improvise en véritable chef d’orchestre et harangue la foule tout au long de la soirée. Il est épaulé par un DJ qui alterne entre répertoire rap et bruitages divers pour animer le match. Tout fan NBA est connecté plus ou moins inconsciemment à cet univers sonore évocateur : du tintement de la pièce Nintendo lors d’un lancer franc réussi, au piano-synthétiseur du Madison Square Garden qui exhorte les Knicks à revenir en défense après un énième turnaround

    Point d’orgue du cocktail auditif, les chaussures crissent sur le parquet et la balle vient s’écraser sourdement sur le cercle : l’immersion du spectateur derrière son écran est totale. 

    Kyrie Irving montre tout le lyrisme de son jeu lors d’un spot de publicité pour la paire Kyrie 4, intitulé Groove 301 (source : Vimeo.com)

    Sur le terrain, certains joueurs nous subjuguent et on s’éprend de leur style de jeu, tout en musicalité.  La partition offensive du regretté Drazen “Mozart” Petrovic l’a consacré au rang de légende. Parmi les contemporains, Kyrie Irving maîtrise avec perfection les changements de rythme. Il se joue de ses adversaires grâce à ses cross dévastateurs, tout en fluidité, qui lui donnent une allure de danseur

    Artistes, Musique et Identité des franchises NBA

    Plus frontalement, l’engouement pour la NBA est si immense sur le continent américain que de nombreux artistes du Billboard sont impliqués et militent pour leur équipe de coeur. 

    Drake, exalté lors game 4 des NBA Finals 2019. (crédit photo : Gregorys Shamus/Getty Images)

    De part sa notoriété mondiale, le chanteur canadien Drake représente un atout de communication majeur pour l’équipe de l’Ontario. Souvent présenté par les médias locaux comme le  “septième homme” des Raptors, il apparaît survolté au premier rang du public et provoque les adversaires. Agitateur burlesque ou véritable énergiseur  ? Peu importe, le 14 mars 2019, la salle d’entraînement de l’équipe est renommée OVO Athletic Center, au nom du label de la pop star. 

    Nombreuses franchises ont associé univers musical et image de marque pour revendiquer leur identité. Pour la saison 2019-2020, les Nets ont rendu hommage à Notorious B.I.G. Le design du maillot City Edition de Brooklyn s’inspire de l’univers artistique du légendaire rappeur New-Yorkais, natif du quartier. 

    https://www.instagram.com/p/BskMiSHBh5v/
    Rudy Gobert portant le maillot statement du Jazz 2018-2019,  une « croche » sur la poitrine. Source : compte Instagram du joueur, rudygobert27. 

    De même, impossible de passer outre la note de musique fièrement arborée sur le maillot du Utah Jazz. La ville mormone de Salt Lake City a « volé » l’identité visuelle de la Nouvelle-Orléans, ville pionnière de ce genre musical, lors de sa délocalisation en 1974. 

    Pick and Rock (& Roll)

    “Balance, Balance, Balance Balance toi.”. Ne nous éternisons pas. “Tony  P” n’est pas le seul joueur à avoir tenté une excursion vers le Rap. 

    A la fin des années 1990, le phénomène Allen Iverson initie la grande ligue à la culture Hip-Hop. Depuis, une généalogie d’athlètes revendique cette musique, véritable marqueur identitaire pour toute une communauté. Le Rap américain appartient à l’imaginaire des quartiers américains. Le genre est la bande son des playgrounds à travers le pays et le basket, comme la musique, représente un moyen d’expression privilégié pour les afro-américains.  

    Certains NBAers contemporains s’illustrent ainsi par leur polyvalence technique. Ils sont à la fois athlètes et artistes. Les auditeurs curieux écouteront Damian Lillard. Officiant sous le pseudonyme de Dame D.O.L.L.A, le joueur de Portland se présente comme un des meilleurs “meneur-rimeur” de sa génération. 

    « Être l’élu m’a fait l’effet d’une bénédiction, comme une interception. Ma ville était connue pour ses homicides, sa population en dépression. Je me butte à la salle afin de survivre à la récession » 

    Extrait traduit de l’anglais du premier couplet de « Rap on sway in the morning » Dame Dolla. 


    Depuis la conférence Est, Victor Oladipo surprend par sa voix suave et posée, véritable plaisir coupable pour les amateurs de R&B à la sauce NBA.

    Victor Oladipo, se mettant en scène dans son clip « Song For You » en septembre 2017


    Michael Jackson,  Marvin Gaye, Snoop Dogg ou Elvis ? Les Américains ont fait de leur industrie musicale un empire. La NBA est un spectacle vivant qui atteste de cet héritage culturel car la musique sublime l’événement sportif. À quatre heures du matin, c’est aussi cette intensité sonore qui nous donne des frissons sur notre canapé. Lorsque au son du buzzer, sur un tir héroïque, toute une salle explose en choeur.

     

  • NBA FRENCHIES #2 Preview des Joueurs Français en NBA

    NBA FRENCHIES #2 Preview des Joueurs Français en NBA

    Dans leur second volet de l’émission NBA FRENCHIES, Simon et Tedesco vous font une deuxieme preview des français en NBA cette saison.

  • Drazen Petrovic, artiste croate, XXe siècle

    Drazen Petrovic, artiste croate, XXe siècle

    Naissance d’une légende

    Drazen Petrovic voit le jour en 1964 dans une petite ville de Croatie. C’est dans les rues de cette ville qu’il débute le basketball, en suivant les pas de son frère Aleksandar, 5 ans plus âgé et future joueur pro. A 11 ans il rejoint le club local de Sibenik et il est immédiatement surclassé avec des joueurs ayant 3 ans de plus que lui. Equipe qui participe déjà au championnat régional contre des adultes…imaginez l’écart sur le terrain !

    En 1979 Sibenik est promu en première division, et Drazen a déjà tapé dans l’oeil du nouvel entraineur. Il n’a que 15 ans mais on l’intègre en équipe première, pas vraiment pour le faire jouer, mais plutôt pour le faire progresser. Il impressionne le coach Slavnic à l’entrainement, bien que celui-ci soit champion olympique, au poste de meneur avec la Yougoslavie. Drazen ne fait que quelques apparitions sur le terrain, mais le diamant Petrovic est bel et bien repéré…

    La saison suivante, Drazen a 16 ans, du temps de jeu en tant que meneur ou arrière, et des statistiques encore discrètes. Peu importe, il travaille dur, ses progrès se voient, et la confiance du staff est là. A tel point que lors de la saison 1981/1982, un nouvel entraineur arrive mais Petrovic a toujours la confiance, et même encore plus. Le coach choisit de lui confier la mène, le jugeant plus efficace balle en main qu’au poste d’arrière à attendre qu’on le serve. Il n’a que 17 ans et tourne à 16 points de moyenne en championnat! En coupe Korac, Sibenik s’illustre également et le continent découvre Petro. Drivée par Drazen, le petit club de sa ville natale sort la grande équipe de l’Etoile Rouge de Belgrade en demi, et rencontre le CSP Limoges en finale. Bien que collé par Richard Dacoury, Petrovic finit le match avec 19 points et 10 passes, mais ça ne suffira pas à l’emporter.

    Nouvelle saison, nouveau coach, nouvelle ambiance. Impossible de nier le talent, mais Durovic pense que Petrovic a des lacunes physiques. En même temps à 18 ans, il a encore de quoi se développer, et c’est ce qu’il fera, avec un travail assidu comme à son habitude. Il garde la confiance à la mène et finit deuxième scoreur du championnat avec 25,6 points et porte l’équipe jusqu’en finale des playoffs. La finale est perdue sur forfait suite à une annulation de la victoire de Sibenik par la fédération. Le match final doit être rejoué mais Sibenik refuse, synonyme de défaite pour le club. En coupe Korac, nouvelle finale Sibenik-Limoges en 1983 et seconde victoire du CSP.

    Après avoir passé l’été 1983 à l’Euro avec la sélection yougoslave pour sa première compétition internationale, c’est le moment du service militaire obligatoire. Petrovic est autorisé à continuer à s’entrainer, notamment une partie de la saison avec le Partizan Belgrade. C’est à cette période que toutes les portes s’ouvrent à lui: le Partizan, l’Etoile Rouge, le Cibona Zagreb où joue son frère…tous le veulent ! Même aux Etats-Unis on lui propose du haut de ses 19 ans d’intégrer la fac de Notre-Dame où le coach a déjà repéré le potentiel du jeune croate.

    A l’aube de la saison 1984-1985, Petrovic choisit le Cibona Zagreb pour 4 ans et 1200 dollars par mois et quelques avantages. Pas mal tout de même à 20 ans dans les années 80. Dès sa première saison il s’impose comme meneur titulaire du grand Cibona, en concurrence avec le grand frère tant copié par le passé. Une saison régulière à 32 points par match, et place aux playoffs. Le Cibona élimine le Partizan en demi avec 51 points de Petro, puis l’Etoile Rouge de Belgrade en finale, pour un doublé coupe-championnat. Sur la scène européenne, le Cibona participe à l’actuelle euroligue et atteint la finale contre le Real de Madrid. Drazen marque ce soir là 36 points, et Zagreb sort vainqueur de cette rencontre, cette fois le titre européen n’échappe pas à Petrovic! Présent avec la sélection yougoslave à l’Euro 85, Drazen finit meilleur marqueur de la compétition.

    Place à la saison 1985-86, où Drazen Petrovic éclabousse la Yougoslavie, l’Europe, le monde même, de son talent. Le 5 octobre 1985 se déroule un simple match de début de saison qui marquera pourtant l’histoire. Drazen approche de ses 21 ans quand le Cibona Zagreb affronte l’Olimpija Ljubjana qui aligne des jeunes suite à un problème administratif. Ce soir là Petrovic est à 22 sur 22 aux lancers francs, 10 sur 20 à 3 points, 30 sur 40 à 2 points….faites le calcul… 112 points marqués ! Le talent, l’audace, et aucune pitié envers ses jeunes adversaires, toute la panoplie est déroulée ce soir là! La salle n’est pas pleine, les spectateurs présents ce soir là doivent encore le raconter à leurs enfants!

    D’un point de vue collectif, nouvelle victoire européenne en finale contre le Zalgiris Kaunas d’Arvydas Sabonis après avoir aligné les matchs à plus de 40 points tout au long de la compétition. En Yougoslavie la finale se joue contre Zadar, et le Cibona perd en trois matchs, d’un point après prolongation lors de la dernière manche. Sur le plan international, la Yougoslavie est de retour avec une médaille de bronze aux championnats du monde, portée par un Petrovic MVP du tournoi et par le jeune Vlade Divac.

    Vers un exil du Roi

    Drazen Petrovic est drafté en 1986 par les Portland TrailBlazers, choix n° 60. Dans un contexte très réglementé, il obtient de la fédération Yougoslave l’autorisation de signer à l’étranger après les JO de Séoul 88, et donc de rester encore deux saisons au Cibona.

    Lors de la saison 86/87 Petrovic prend un agent espagnol, et cherche des contacts en Espagne, notamment vers le Real ou le Barça. Il plante 47 points face à Barcelone, et en profite pour s’y montrer. Mais ayant des doutes sur son comportement, Barcelone ne propose rien à Petro, contrairement au Real qui offre un contrat solide au jeune croate. Le deal se fait, et le meneur signe un contrat qui doit prendre effet deux ans plus tard!

    Retour au championnant ou émergent maintenant les talents de Divac et Kukoc entre autres. Saison parfaite pour le Cibona qui reste invaincu en saison régulière, grâce notamment aux 37 points de moyenne de son leader offensif! Malgré cela, l’équipe s’arrête en demi finales. Mais elle se rattrape sur le terrain européen, remportant la coupe des coupes.

    La saison suivante est du même acabit. Un Petro à 37 points de moyenne, et une défaite en demi-finales, mais une coupe de Yougoslavie gagnée. En Europe le Cibona joue cette fois la coupe Korac et rencontre le Real de Madrid en finale. Pas de pitié pour son futur employeur, victoire en deux manches avec 47 points de Petrovic au match retour.

    En quatre saisons à Zagreb, Drazen aura marqué près de 38 points par match en Yougoslavie, et presque 34 en Europe! Mais le temps est venu de passer aux choses sérieuses et de montrer que sa réussite ne se limite pas à sa Croatie natale, mais qu’au contraire rien ne peut l’arrêter.

    En 1988 Drazen Petrovic débarque à Madrid en star: contrat grassement payé, voiture, appartement, sponsors et club déroulent le tapis rouge au prodige croate. Tout cela après les JO de Séoul, où il mène la Yougoslavie en finale pour une défaite contre l’URSS.

    En championnat, Petrovic tourne à 28 points par match et mène le Real en finale contre Barcelone. Lors du cinquième match décisif, l’arbitre expulse les joueurs du Real les uns après les autres, à tel point qu’ils finiront la partie à 4 ! Barcelone s’impose dans ce match tendu à l’arbitrage controversé. En Europe le Real dispute la coupe des coupes et arrive aussi en finale, avec un match d’anthologie de Petrovic face à Caserte et son emblématique brésilien, Oscar Schmidt. Victoire en prolongation du Real avec 62 points de Drazen contre 44 du scoreur brésilien.

    A l’euro 1989 qui se joue en Yougoslavie, Petro mène les Divac, Kukoc et autres vers la victoire finale. Avec de grosses performances dont 28 points et 12 passes en finale, Petrovic est logiquement élu MVP du tournoi, à domicile.

    Du côté du Real on reproche beaucoup à Pétrovic son individualisme, l’ambiance dans l’équipe n’est pas géniale mais lui a déjà la tête ailleurs. Certains observateurs, dès le début de saison, sentaient chez Petrovic un manque de volonté de s’intégrer au groupe, comme s’il n’était que de passage. Et effectivement, bien qu’ayant signé un contrat de quatre ans Drazen Petrovic s’envole dès la fin de saison, direction la NBA et les Blazers de Portland.

    Drazen Petrovic à Portland

    En 1986 Portland a drafté les deux plus grands joueurs européens du moment, à savoir Drazen Petrovic et Arvydas Sabonis. Darazen est le premier des deux à rejoindre le club de l’Oregon en 1989. Encore sous contrat au Real, l’arrivée de Petrovic à Portland n’était pas gagnée. Le litige finira au tribunal et Petrovic est finalement autorisé à franchir l’Atlantique, moyennant un paiement de plus d’un million de dollars au Real ainsi qu’une priorité à Madrid en cas de retour du joueur en Europe.

    A Portland, Clyde Drexler et Terry Porter sont bien en place et le coach confie à Drazen un rôle d’arrière shooteur, pas encore titulaire et plus du tout en terrain conquis, il n’a pas son mot à dire. Il grapille du temps de jeu au fur et à mesure de la saison et profite d’une absence de Drexler pour faire une petite pointe à 22 points par exemple. Il finit la saison à 7,6 points de moyenne, très loin de ses habitudes au scoring mais tout de même correct tenant compte de ses 12 minutes jouées par match. Premier joueur européen à participer à des finales NBA, il ne se fait pas remarquer face à la défense des Bad Boys de Detroit et les Pistons remportent le titre.

    Retour en équipe nationale pour le mondial 1990 en Argentine. En demi-finale il marque 31 points en 31 minutes dans la victoire face aux américains, petite revanche sur la saison. La Yougoslavie remporte la finale contre l’URSS qui joue sans ses lituaniens dont le pays s’est déclaré indépendant. D’ailleurs les tensions entre croates et serbes se sentent aussi côté yougoslave, notamment quand Divac jette un drapeau croate brandi par un supporter. Petrovic prendra d’ailleurs la décision de ne pas partciper à l’euro 91, et la brouille avec Vlade Divac sera définitive.

    Après cet échec en finale, les Blazers se renforcent, avec notamment l’arrivée de Danny Ainge, qui fait reculer Petrovic un peu plus vers le bout du banc. Toujours mis en doute sur ses qualités défensives, Drazen n’est pas non plus un bon complément à Ainge, lui aussi moins à l’aise en défense. Et Petro bouillone, lui qu’on a surnommé Mozart ramasse les miettes en NBA. Il le fait savoir au club, qui ne veut rien entendre. Lors d’une large victoire contre les Nuggets, Petrovic ne joue que les dernières minutes du match, comme un jeune qu’on ferait jouer une fois le match déjà en poche. C’en est trop pour lui, il craque devant un journaliste. Il déclare qu’il veut être échangé, qu’on ne lui laisse pas assez sa chance à Portland (7 minutes cette saison!). Sa décision est prise, soit il est échangé, soit il retourne en Yougoslavie! Bien évidemment ça ne plait pas à la franchise, qui le sanctionne. De son côté Petro ne met pas sa menace à éxecution et ronge son frein sur le banc jusqu’en janvier.

    Janvier 1991, un fauve remis en liberté

    En janvier 1991, dans un échange à 3 comme savent le faire les franchises NBA, Petrovic prend la direction des New Jersey Nets. Sous la direction du coach Fitch, Drazen qui est en manque de rythme travaille dur. La situation tendue en Yougoslavie le préoccupe aussi, mais au moins aux Nets il se sent soutenu, hors du terrain comme sur le parquet où on le fait jouer une vingtaine de minutes par match, avec un record à 27 points réussi peu de temps après son arrivée, et 12 points de moyenne sur ses matchs aux Nets.

    En fin de saison, toujours encouragé par les Nets, il passe une grande partie de l’été à travailler son physique pour gagner en vitesse et en explosivité, ce qui lui manque à ce moment là en NBA.

    Le début de saison 91/92 est plutôt mauvais pour les Nets, mais suite au départ du meneur titulaire, voilà Drazen Petrovic dans le 5 majeur! Et ça durera toute la saison, 82 matchs dans le cinq! On ne parle plus des 7 minutes par match des Blazers, ici Mozart reprend le rythme. Meilleur défensivement, de retour aux affaires offensivement (20,6 points), il se permet de montrer ses talents de trash-talker sur les parquets NBA. Effet Petrovic ou pas, en tous cas les moribonds Nets se retrouvent en phase finale!

    Contre les Cavs au premier tour, Steve Kerr prend Petrovic en charge, mais celui-ci finira le premier match avec 40 points. Auteur d’une bonne série d’un point de vue personnel, Drazen ne peut empêcher Cleveland de passer en 4 matchs. Cette saison est une renaissance, une revanche même, la NBA le prend enfin au sérieux!

    Le retour de la confiance

    Après ce renouveau en NBA, c’est un renouveau également international avec la paricipation aux JO de Barcelone sous les couleurs de la Croatie. Premier capitaine de la sélection nouvellement créée. Vainqueurs de tous leurs matchs au premier tour, sauf contre la Dream Team où Petrovic marque tout de même 19 points. La finale se joue de nouveau entre les croates et les stars US. Sept points de retard à la mi-temps, mais 32 d’écart au final, ça reste la plus petite victoire américaine de ces JO, avec 24 points du leader croate.

    Chuck Daly qui sort des JO avec la dream team prend en charge les Nets. Les Nets gagnent, Petrovic confirme son talent mais , bluff ou pas, il annonce avoir des offres de clubs européens pour les rejoindre à l’issue de sa dernière année de contrat.

    Joueur de la semaine dans le courant du mois de novembre, il enchaine les performance jusqu’à un record de 44 points lors d’un match de janvier dont 25 dans le dernier quart! Petrovic pourrait être le premier européen au All-Star game…mais non, il n’y est pas et en est très déçu. Aucun joueur des Nets n’y sera d’ailleurs, malgré leurs bons résultats.

    Une blessure au genou lui fait manquer 12 matchs, et les Nets sentent passer son absence. Revenu rapidement mais jamais à son meilleur niveau physiquement, Petrovic finit tout de même à 22,3 points de moyenne sur la saison et dans la All NBA 3rd team. Fatigué, il joue tant bien que mal le premier tour des playoffs, mais le Nets sont une nouvelle fois sortis par Cleveland. Une nouvelle fois Drazen annonce qu’il va retourner en Europe, le manque de reconnaissance, les négociations pour renouveler son contrat pèsent dans sa décision, sachant que de l’autre côté de l’Atlantique on lui déroule le tapis rouge.

    En fin de saison Petrovic bien qu’amoindri physiquement rejoint la sélection croate. Impossible pour lui de se reposer, tant cette sélection représente beaucoup pour lui. En juin 1993 il participe au tournoi de qualification pour l’Euro, avec une défaite en finale contre la Slovénie malgré ses 30 points marqués.

    A la fin de ce tournoi, la sélection croate s’envole pour Zagreb avec escale à Francfort. Petrovic, qui s’est disputé avec Dino Radja lors du dernier match, décide de rester à Francfort. Pendant que sa compagne conduit vers Munich, Drazen se repose, sans ceinture de sécurité. En fin de journée, par temps d’orage, un camion perd le contrôle et la voiture où se trouve Petrovic le prend de plein fouet. A 28 ans, Drazen Petrovic perd la vie sur une autoroute allemande…

    Il est enterré le 11 juin à Zagreb. Les hommages pleuvent, les autorités croates, les instances de la NBA David Stern en tête, le monde du basket dans son ensemble, Michael Jordan lui même, tous sont sous le choc. Demandez à Goran Dragic si plus de 20 ans après l’émotion a disparu…

    Dès le mois de novembre, les Nets retirent son maillot. En 1995 une stèle est érigée à son honneur au musée olympique de Lausanne. Intronisé au Hall of Fame NBA puis FIBA, un musée lui est consacré à Zagreb.

    La statue en l’honneur de la légende Petrovic
    Qui est cet enfant qui admire le shoot de Drazen??
  • Previews NBA : Portland Trail Blazers

    Previews NBA : Portland Trail Blazers

    Pour la première année, ClutchTime se lance dans une grande série de previews pour la saison 2019-2020 ! On part sur une division par semaine et cela jusqu’au début de la saison ! On débarque cette semaine du coté de la Division Nord Ouest, avec les Portland Trail Blazers.

    Portland Trail Blazers

    Bilan 2018-2019 :

    Classement : 3ème de la conférence Ouest

    Bilan : 53-29

    Playoffs : Défaite en finale de Conférence (4-0) face aux Golden State Warriors


    Bilan sur la saison

    La saison 2018-19 de Portland reste sûrement la plus aboutie depuis que Terry Stotts est à sa tête. Grâce à son deuxième meilleur bilan à la tête de la franchise de l’Oregon et une 3ème place à l’Ouest, Damian Lillard et ses partenaires ont su se montrer à la hauteur des attentes des supporters. Les playoffs des Blazers seront même à la surprise générale un franc succès avec un premier tour maîtrisé de bout en bout face au Thunder (4-1) puis une 1/2 finale enlevée face aux redoutables Denver Nuggets (3-4). La dernière marche en finale de Conférence s’avèrera trop haute face à des Warriors champions à l’Ouest pour la 5ème année consécutive

    Plusieurs bonnes choses sont à retenir sur la saison passée. Au niveau des joueurs, une fois n’est pas coutume Damian Lillard, et son fidèle lieutenant CJ McCollum, ont endossé les rôles de leaders en saison régulière, Lillard finissant d’ailleurs dans la 2nde All-NBA Team 2018-19. McCollum en dépit de plusieurs pépins avec son genou gauche va réussir un retour en playoffs très inspiré dans un rôle de second derrière un « Dame D.O.L.L.A » en feu. Le travail accompli par le staff depuis plusieurs saisons porte enfin ses fruits et les Blazers commencent à s’installer gentiment dans le paysage très concurrentiel de la conférence Ouest.

    Au rang des déceptions, comment ne pas avoir une pensée pour Jusuf Nurkić (blessé lors d’un match face au Brooklyn Nets en mars dernier), pivot solide des Blazers depuis trois ans, il n’aura pas pu apporter son précieux soutien en post-season. L’apport globale des autres joueurs durant la saison, et en particulier durant les playoffs, a été également trop limité, à l’image de M. Harkless, E. Kanter et A-F Aminu , les coéquipiers de Lillard ne sont jamais parvenu à endosser le rôle d’un supporting cast pourtant intéressant sur le papier. Le banc n’a guère été plus à la hauteur.


    Mouvements durant l’intersaison

    Draft 2019ArrivéesDéparts
    J.Hoard (Wake Forest)
    M.Brown (UCLA)
    Nassir Little Pick #25K.Bazemore (Atlanta)
    P.Gasol (Milwaukee)
    H.Whiteside (Miami)
    A.Tolliver (Minnesota)
    M. Hezonja (New York)
    M.Harkless (Clippers)
    M.Leonard (Miami)
    E.Turner (Atlanta)
    S.Curry (Dallas)
    A.Aminu (Orlando)
    E.Kanter (Boston
    J.Layman (Minnesota)

    T.Caupain (Orlando)
    L.Perrantes (Cholet FRA)


    Effectif 2019-2020

    PosteNomsSalaire
    PG Damian Lillard29,802,321$
    SGCJ McCollum27,556,959$
    CHassan Whiteside27,093,018$
    SFKent Bazemore19,269,663$
    CJusuf Nurkic12,000,000$
    SGRodney Hood5,718,000$
    CZach Collins4,240,200$
    PFPau Gasol2,564,753$
    PFAnthony Tolliver2,564,753$
    PFSkal Labissiere2,338,846$
    SGAnfernee Simons2,152,440$
    SFNassir Little2,105,520$
    SFMario Hezonja1,737,145$
    SGGary Trent Jr.1,416,852$
    SFJaylen Hoard79,568$
    CMoses Brown
    PGTroy Caupain
    PGLondon Perrantes

    Note : Les salaires de Andrew Nicholson (Fujian Sturgeons CHI), 2,844,429$, Anderson Varejao (Flamengo BRE), 1,913,345$, Festus Ezeli, 333,333$, sont encore garantis dans le salary cap 2019-20 des Blazers

    Le cinq majeur de ClutchTime

    MeneurArrièreAilierAilier-fortPivot
    D. LillardCJ. McCollumK. BazemoreZ. CollinsH. Whiteside

    Évaluation by CT

    Points FortsPoints Faibles
    Le Back-CourtL’alternance dans le jeu
    Le staffLa rotation
    L’expérienceLe poste 3

    Prévision de Classement

    Estimation haute : 3ème

    Estimation basse : 8ème

    Notre estimation : 7ème

    Possibilité de playoffs: autour de 65%


    AVIS GLOBAL ET ATTENTES

    Après une Free Agency rythmée par plusieurs départs, le GM Neil Oshey maintient des ambitions élevés pour la saison 2019-20. les Blazers devront se montrer sacrément solide dans le jeu et tenir mentalement (et physiquement) en saison régulière pour décrocher un spot à l’Ouest. La marge de manoeuvre de Terry Stotts dépendra de l’utilisation de son effectif dans l’ensemble alors que les Blazers dépendent encore très (trop) souvent de leur meneur de jeu. Le recrutement confirme cette stratégie avec l’acquisition de nouveaux intérieurs comme Whiteside et Gasol, pour pallier notamment l’absence de Nurkic (retour prévu en février), qui devront apporter du volume de jeu dans des secteurs de jeu souvent pointés du doigt. CJ McCollum sera un facteur X de la franchise de l’Oregon, capable d’apporter de l’alternance et permettre à Portland de capitaliser sur l’expérience des dernières saisons


    Highlights des Blazers 2018-2019

    Pour finir la preview en douceur, un petit come-back sur la saison dernière avec les meilleures actions des Blazers !

    Enjoy !
  • Rétro draft 2000 : zoom sur Darius Miles

    Rétro draft 2000 : zoom sur Darius Miles

    Qu’est-ce qu’un « bust » ? Par définition, c’est un joueur drafté très haut, un joueur pour lequel on a promis un avenir grandiose mais qui ne saura pas répondre aux attentes durant sa carrière. Il faut se dire que les joueurs qui débarquent en NBA par la grande porte sont pour la majorité des gamins d’à peine 20 ans. Alors faisons preuve d’un peu d’indulgence au moment d’évoquer la carrière du malheureux Darius Miles, sûrement projeté trop vite sous le feu des projecteurs. Nous relaterons les principaux faits de son parcours professionnel, à l’aide d’une longue lettre postée par Miles sur le site « The Player’s Tribune ».

    Darius LaVar Miles est né le 9 octobre 1981 à East St. Louis, dans l’Illinois. Une ville réputée infernale, au paysage apocalyptique, avec un taux de criminalité 18 fois plus important que la moyenne aux Etats-Unis. « C’est comme ça, souligne Darius. Quand tu nais à East St. Louis, il est question d’armes, de drogues et de danger, du début à la fin. Il n’y a que 89 blocs. Peu importe qui vous êtes, vous êtes dedans. Il n’y a pas le choix. » A titre d’exemple, East St. Louis est la seule ville Américaine de plus de 25 000 habitants à ne pas bénéficier de service obstétrique.

    Dans cette cité chaotique où la réalité empêche même les plus petits de rêver, Miles se tourne vite vers le basketball. Au lycée de East St. Louis, il devient très vite une vedette locale, de par ses capacités physiques. Un jour, il est invité au camp de Michael Jordan, en compagnie de Quentin Richardson, jeune prodige également natif de l’Illinois. « On est arrivés au camp le premier jour et MJ était là, en chair et en os. Quand il a commencé à jouer avec nous, personne ne voulait défendre sur lui. Rappelez-vous, on était des enfants. Qui va se mettre sur le chemin de MJ, pour de vrai ? Mais avec « Q » (Quentin Richardson), on se regardait à se dire, « vas-y, on n’a pas peur ». Donc j’ai voulu défendre dur sur lui. Bien sûr, c’est MJ, il a des moves, et il m’a tué. Mais j’ai continué à défendre dur et il a commencé à me montrer du respect. Après le camp, j’ai fait une photo avec lui et tout et je l’ai ramené à la maison où je l’ai mise en évidence, comme si MJ était un de mes oncles. Je revois ma mère me demander « Il est comment, MJ ? » Je lui disais « Maman, c’est fou ! Michael Jordan était là, à jurer. Il s’exprime comme nous ! ». Je me disais : merde, Michael Jordan est comme moi. Il est normal. Je peux peut-être le faire ». Cet évènement va, selon lui, changer sa vie, et représente sa première vraie lueur d’espoir.

    A l’époque, de plus en plus de jeunes joueurs débarquent en NBA sans être passés par la case université. Kevin Garnett, en 1995, fait le grand saut car ses notes sont trop médiocres pour qu’il puisse bénéficier d’une bourse. Dans le cas de Darius, on se dit qu’un encadrement scolaire et sportif par une fac lui aurait énormément apporté. Mais malgré les multiples offres qui viennent à lui, il choisit de faire une croix sur un cursus universitaire et se présente à la draft 2000.

    La draft de Darius Miles et son interview avec Craig Sager en compagnie de sa mère.

    On notera qu’avant sa draft, Darius Miles est constamment comparé à Kevin Garnett, en raison de leur physique similaire et de leur cursus avant l’arrivée en NBA. « Pour un jeune qui débarque en NBA, la stabilité est primordiale, souligne un des consultants TNT. Etre drafté par les Clippers n’est pas la meilleure solution quand on parle de stabilité. On ne sait pas comment il développera son jeu ni ce qui se passera dans 3-4 ans. » Au micro de Craig Sager, Darius dit : « Kevin Garnett est mon idole, mon joueur préféré, nous jouons au même poste. C’est un mec super, un super joueur et j’espère que je pourrai devenir un bon joueur comme lui actuellement. »

    La couverture de Sports Illustrated, paru en octobre 2000.

    « Je ne pense pas que les gens comprennent vraiment à quel point c’est fou de passer du lycée à la NBA. Et pas seulement à la NBA, mais aux foutus Clippers de Los Angeles. » Il est clair que sur l’autoroute du succès, Darius Miles a toujours voulu emprunter la voie de gauche. Passé d’une ville froide de l’Illinois au soleil californien, avec un contrat de plusieurs millions dollars, on peut affirmer que tout est allé trop vite dans la vie de Darius.

    Pub de la marque Jordan avec Darius Miles et Quentin Richardson. La musique de fond est de Gang Starr – Now You’re Mine.

    Aux Clippers, Miles a retrouvé son pote Quentin Richardson, ainsi que Lamar Odom, Corey Magguette et Keyon Dooling. L’équipe est jeune, prometteuse et surtout explosive. Ainsi elle va devenir une des équipes les plus sympathiques à suivre, sans pour autant parvenir à accrocher les playoffs. Malheureusement pour Darius Miles, son manque de qualités dans beaucoup de domaines essentiels du jeu (shoot mi et longue distance, notions défensives) font perdre patience aux Clippers, qui l’envoient aux Cleveland Cavaliers à l’intersaison 2002-2003, en échange d’Andre Miller. Un an plus tard, il est envoyé à Portland. L’aventure « JailBlazers » commence de la pire des manières pour Miles, qui n’entretient pas de bons rapports avec le coach, Mo Cheeks. Miles est même suspendu pour 2 rencontres après une altercation entre les deux hommes. Malgré tout, de 2004 à 2006, il réalise ses meilleures performances en carrière, en tournant à peu près à 13 points par match. Le 19 avril 2005, il plante 47 points contre les Nuggets.

    Le record en carrière de Darius Miles.

    En avril 2006, la carrière de Darius Miles prend un sombre virage quand il est victime d’une grave blessure au genou, qui lui fait rater 2 saisons complètes. Les Blazers ont le culot d’annuler son contrat, pensant que sa carrière est terminée. Mais en 2009, les Grizzlies lui font signer un contrat jusqu’à la fin de la saison, obligeant Portland a lui payer son dû. A la fin de la saison 2009, Darius Miles met fin à sa carrière. Une carrière finie comme elle a commencé: dans la médiocrité. Les fans, coachs, dirigeants ont toujours attendu plus d’un joueur qui n’était tout simplement pas à sa place.

    Darius Miles et Michael Jordan.

    « On m’a pris le basket à 27 ans et j’étais perdu. Puis quelques années plus tard, on m’a pris ma mère, et je suis devenu plus ou moins fou. Quand tu es en NBA, les gens croient que tu es un super héros et peut-être que tu crois en être un. Mais il y a tout un tas de choses à côté de ça dont le public n’a pas idée. »

    Quelques années après sa retraite, Darius Miles a déclaré être en faillite, après avoir touché plus de 60 millions de dollars de salaires en NBA.

    « J’ai été coincé dans la maison de ma maman à East St. Louis pendant environ trois ans. J’ai travaillé toute ma vie pour sortir de là et j’étais de retour. Juste… pris au piège. Je portais partout où j’allais. Je ne pouvais pas dormir. Impossible de trouver la paix. »

    Récemment, ça à l’air d’aller mieux pour l’ancien Clippers puisqu’il tient (en compagnie de son vieil ami Quentin Richardson) une émission sur « The Player’s Tribune » intitulée « Knuckleheads » , où les deux anciens compères invitent des joueurs tels que Kyle Lowry, Kevin Durant, Allen Iverson… En espérant que tout rentre dans l’ordre pour ce bon vieux Darius.