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  • La Floride, le nouveau monstre du basket américain

    La Floride, le nouveau monstre du basket américain

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    5 semaines. 5 états des Etats-Unis. C’est ce que Clutch Time vous propose d’aborder cette semaine. Un dossier complet sur les 5 régions les plus influentes sur le basket américain moderne, celles qui transforment une génération, celles qui forment les plus grandes stars de la NBA, celles qui ont le rendement joueurs/stars le plus grand, bref, ces états qui font que le basket américain se renouvèle en permanence.
    Aujourd’hui, on aborde le nouvel empire, le temple de la formation moderne : la Floride.
    Entre strass, paillettes et plages, découvrez l’histoire du nouveau royaume du basket, prêt à détrôner les géants impérissables.


    Une « hype » très récente…

    Si on vous dit Floride et basket, vous pensez à quoi ? Miami, Orlando, les Heatles, « Not 1, not 2, not 3… », Ray Allen dans le corner ou le jeune Shaq par exemple. Et bien… oui, mais c’est normal ! Parce qu’avant 1988, aucune équipe NBA n’est installée en Floride. Les Floridians (ABA) de Donnie Freeman ne sont qu’un lointain souvenir pour les plus anciens, et seules les universités de Miami et de Floride font un peu de bruit à l’échelle nationale. C’est le vide absolu, à tous les étages.

    1988. La période Neal Walk, qui a fait la fierté d’une partie de la Floride, commence à se faire vieille, et lors d’une expansion qui apportera les Charlotte Hornets, la NBA décide de franchir le pas et d’aller dans une des régions les plus peuplées des Etats-Unis : Miami.
    Considéré comme le « retirement heaven » où tous les retraités des Etats-Unis s’installent, la Floride n’attire pas plus que ça. Mais le Miami Heat va installer un renouveau sportif. Logo neuf et récent, campagne de pubs à destination du public jeune, la hype s’installe, le public accroche, l’identité est là.  

    1989. Un an plus tard, c’est Orlando qui frappe à la porte de la NBA, convaincue du potentiel floridien. L’impact n’est pas le même, cependant, l’arrivée de Shaquille O’Neal au sein de l’effectif quelques années plus tard prouvera que Orlando a sa place en NBA, tant sur l’aspect sportif qu’attractif.

    2 équipes en NBA. L’étape est franchie, la Floride est installée dans la plus grosse ligue de basket mondiale. Mais une question reste en suspens : où sont les joueurs issus de la formation floridienne ? Et bien… On doit les chercher. Certes, Darryl Dawkins a abreuvé la NBA de dunks, Eddie Johnson a traumatisé quelques attaquants… Mais globalement, c’est très dur de trouver des joueurs marquants venant de Floride.

    La révolution commencera avec deux Otis, que seulement quelques années séparent : Birdsong & Thorpe. Tous les deux draftés dans le top 10, tous les deux draftés par Kansas City, tous les deux nommés All-Star au moins une fois, ils ont su réveiller une génération enfouie dans le Sud-Est des Etats-Unis. A la même période, Derek Harper viendra compléter le duo, et marquera lui aussi la Floride. Mais il manquait une tête d’affiche, un leader.

    Un joueur marquera la NBA à son arrivée en 1989. Il incarnera durant sa carrière la culture et l’ADN qui caractérise si bien son Etat. Enfant de Fort Lauderdale, il reflètera la jeunesse floridienne aux yeux de tout le pays, formant une parfaite combinaison entre dureté et volonté : Mitch Richmond. 1er Hall of Famer formé en Floride, c’est lui qui va en quelque sorte aider la Floride et ses enfants à se développer, à développer cette culture de la dureté, de la hargne.

    Car la Floride n’était qu’en phase de forage, et le pétrole allait bientôt jaillir à la surface…

    … renforcée par deux cousins…

    1997. Un jeune joueur va marquer les esprits de la Caroline du Nord. Après 3 saisons lycéennes à Auburndale en Floride, cet espoir du basket se transfère à Durham, dans la Mount Zion Christian Academy. Une saison incroyable s’en suivit : 27.5 points, 8.7 rebonds, 7.7 passes, 2.8 interceptions et 2 contres par match. Il est incontestablement nommé parmi l’un des meilleurs lycéens des Etats-Unis, et reçoit de multiples récompenses nationales.

    Mais sa formation, il la doit à la Floride, dont il est originaire. C’est cette Floride qui a exploité son talent, qui la développé. Il restera toute sa vie fidèle à Auburndale, à cette contrée qui l’a vu évolué, jour après jour, année après année.
    Malgré des tentations d’université, il sautera la case NCAA pour se présenter directement à la draft NBA 1997, en tant que lycéen. Il sera sélectionné au 9ème choix de la draft par une « fraîche » équipe de Toronto. Son nom ? McGrady. Tracy McGrady.

    Auburndale, FL: Tracy McGrady heads home to his old high school gym. - Captured on a Samsung Galaxy S8

    Tracy McGrady de retour dans le gymnase d’Auburndale, à l’occasion d’un partenariat entre Samsung et ESPN.

    Au même moment, son cousin, Vince Carter, lui aussi originaire de Floride, est en train d’arpenter le chemin universitaire du côté de North Carolina. Véritable phénomène, Vince aura fait ses classes du côté de Daytona Beach, county où il est né, où il a grandi. Également nommé parmi les meilleurs lycéens de sa génération, l’ancienne star de Mainland sera récompensée de plusieurs prix nationaux, quelques années avant Tracy. 22 points, 11.4 rebonds, 4.5 passes et 3.5 contres par match sur sa dernière année en Floride.

    Son départ pour UNC ne changera pas son amour pour Daytona. Quelques années plus tard, il se déclarera pour la draft NBA, et sera sélectionné par Golden State avec le 5ème choix avant d’être échangé à Toronto contre Antawn Jamison.

    Commencera alors une époque où Toronto, armé de deux cousins floridiens, surprendra la NBA à coups de highlights phénoménaux. Même si l’équipe, un peu faible globalement, n’atteindra pas des sommets collectivement, elle aura marqué une génération de fans, et aura fait la fierté d’un état tout entier, qui attendait un renouveau, en regardant les performances d’un Mitch Richmond perdant petit à petit sa gloire d’All-Star.

    Les deux joueurs mèneront une carrière de Hall of Famers, et marqueront l’élément déclencheur du développement de la Floride comme un des piliers de la formation américaine.

    … qui aboutit à la création d’un empire !

    2003. Les années passent, les joueurs passent, et la formation floridienne s’embellit. L’apparition et la domination d’Amar’e Stoudemire en NBA renforce le sentiment de révolution. La Floride vient de passer un cap.

    Mais une dernière étape manque à la liste : attirer les plus gros prospects lycéens du pays. Même si l’état est l’un des plus peuplés des États-Unis, la formation a encore besoin d’évoluer, de toucher le pays tout entier.

    Ainsi arrive, au milieu des années 2000, la Montverde Academy.

    L’académie arrive en contournant complétement la question des prospects américains. « On ne peut pas attirer ici, alors allons chercher ailleurs ». Et la logique fonctionne, et les propulse tout en haut. Leur première star ? Luc Mbah a Moute, star au Cameroun, nommé un des meilleurs prospects internationaux, et qui vient de débarquer aux États-Unis.

    Luc obtiendra une bourse pour aller à UCLA, université légendaire à l’histoire incroyable. Il y restera 3 saisons avant de s’inscrire pour la Draft NBA 2008. Il est sélectionné par Milwaukee avec le 37ème choix de la Draft.
    Fierté pour Montverde, qui tient son premier joueur drafté. L’effectif grandit, et gardera la même dynamique internationale pendant quelques années.

    Prochaine star ? Solomon Alabi. Histoire similaire : arrivée du Nigéria, prospect international renommé, obtient une bourse pour Florida State, drafté par Dallas en 2010 (50ème choix).
    Sa carrière n’aura pas la même grandeur que celle de Luc, mais Montverde tient sa recette, et ne compte pas la lâcher.

    Suivront des joueurs comme Patricio Garino (Argentine), Landry Nnoko (Cameroun), Ruslan Pateev (Russie) ou Haukur Pálsson (Islande). Des noms, certes un peu moins clinquants, mais qui permettront à Montverde d’avoir une transition entre création et explosion la plus seraine possible. Et c’est chose faite. En 2012, l’effectif de Montverde compte 100% de joueurs ayant une bourse pour une équipe de Division I en NCAA. Cette saison marque la fin de l’échauffement pour l’académie, et le début de l’empire floridien.

    À quoi reconnait-on un bon lycée d’un excellent lycée ? Quand les meilleurs joueurs du pays sont prêts à venir jouer pour vous. L’heure de franchir l’étape est arrivée. Montverde garde sa recette internationale, mais y ajoute des ingrédients nationaux : Kasey Hill, Michael Frazier II, Dakari Johnson… L’effectif commence à faire peur et s’introduit dans les nombreux tops d’équipe.
    Mais c’est un jeune freshman venant de Louisville, dans le Kentucky qui va élever Montverde au rang d’empire. Un jeune freshman, qui à l’aube de la saison 2011-2012, va décider de partir de la Central High School à Louisville, et d’arriver dans cet effectif.

    Ce jeune freshman, c’est D’Angelo Russell.

    Montverde marche sur la saison. L’effectif est trop fort, trop puissant, trop performant. Un jeune Joel Embiid, issu de la recette internationale, aura un peu de temps de jeu, mais ne sera pas vraiment satisfait et partira à la fin de sa première saison. Montverde se qualifie pour sa deuxième finale nationale, et pour la deuxième fois, échoue face au Findlay Prep d’Anthony Bennett. Défaite cruelle de 3 points, 86-83, qui permet à Findlay de rafler son 3ème titre national en 4 ans.

    Cette finale marque alors le début du règne. Kasey Hill et Dakari Johnson deviennent seniors et de plus en plus forts, « D-Lo » prend ses repères et commence à entreprendre sa legacy, et un jeune Australien arrive pour renforcer l’effectif : Ben Simmons. Mélange encore une fois entre le top des prospects internationaux et américains, Montverde rafle la mise, et sur la saison 2012-2013, remporte son premier titre national face à St. Benedict’s Prep, grâce aux grosses performances de leurs 2 seniors stars, Hill (19 points) et Johnson (MVP, 18 points).

    St. Benedict's Prep vs. Montverde Academy: Recap and Analysis of NSHI 2013  Final | Bleacher Report | Latest News, Videos and Highlights

    Montverde sous le toit des Etats-Unis après son premier titre national

    Une fois la machine lancée, impossible de l’arrêter. Cette fois-ci sous les ordres d’un D’Angelo Russell nommé parmi les meilleurs lycéens de sa génération, Montverde arrive en tant que favori sur la saison 2013-14. Pression assumée et digérée, puisqu’ils s’imposeront une seconde fois d’affilée, marquant la fin de la période Findlay. Comme un roulement sans fin, l’année suivante, c’est Ben Simmons, nommé meilleur lycéen de sa génération qui est nommé leader de Montverde. Vous l’aurez compris, jamais deux sans trois, et Montverde s’imposera pour la 3ème fois consécutive. L’empire est fondé, le règne a débuté.

    Malgré une saison compliquée en 2016, Montverde reviendra à l’attaque en 2017, avant d’échouer en finale, puis de remporter à nouveau le titre en 2018, avec le phénomène canadien R.J. Barrett. Tiens… Encore un joueur international.

    6 saisons depuis leur défaite face à Findlay. 5 finales. 4 titres. Montverde est devenu intouchable et rafle tous les plus gros prospects. Parmi tous ceux qui n’ont pas été cité, nous avons : E.J. Montgomery, Anfernee Simons, Sandro Mamukelashvili, Marcus Carr, Simi Shittu, Filip Petrusev et plus récemment Cade Cunningham, Moses Moody, Caleb Houstan, Precious Achiuwa, Dariq Whitehead ou Jalen Duren… Une usine à talents, littéralement.

    Et si en 2019, c’est l’autre lycée floridien en vogue, l’IMG Academy, qui s’est imposé à l’échelle nationale, c’est bien Montverde qui a su marquer les esprits et entreprendre une legacy pour la Floride. Partant de joueurs internationaux reconnus, ils ont su prendre à contrepied le système américain, et possède depuis 2009, une multitude de joueurs présents en NBA, quelques picks de draft dans le top 3 (Simmons, Barrett, Russell), et une legacy qui va se charger du reste (Cunningham, Duren, Whitehead…).


    Cette formation se traduit également par des chiffres. Et notamment du côté de la NBA, où le nombre de joueurs NBA issus de la Floride a tout simplement explosé depuis quelques années !

    À noter que la décennie 2020-2029 démarre également sur les chapeaux de roue, avec 19 joueurs arrivés en NBA en 2 ans, soit quasiment autant que sur la décennie 1980-1989 !
    Mais là où la Floride s’est vraiment imposé, c’est sur les classements nationaux. Lancés il y a quelques années par des compagnies comme 247Sports ou ESPN, les classements des lycéens fait débat, mais plaît beaucoup. Le RSCI établit un consensus entre tous les plus grands sites de rankings, et délivre un classement final : le top 100 RSCI.
    Ces classements sont délivrés par génération (année de naissance) et sont actualisés jusqu’à leur entrée en université.
    Après avoir regroupé par blocs des 3 années entourant un début de décennie (depuis la création du RSCI), et classer par état, nous obtenons ce graphique :

    Non seulement la Floride s’impose comme l’une des meilleures sources de talents, poussé par les académies Montverde et IMG, mais elle a récemment réussi à dépasser l’ogre californien, et de surpasser tous les autres états.
    La Floride plaît à l’échelle nationale, et les meilleurs recruteurs n’hésitent pas à venir s’approvisionner. On a vu notamment il y a quelques jours les frères Bewley, originaires de Fort Lauderdale, et classés comme 2 des meilleurs joueurs de la génération, accepté un contrat avec Overtime Elite (dont nous parlerons plus tard), structure menée par l’inépuisable Kevin Ollie.


    Long, très long a été le périple de la Floride depuis la fin des années 70. De Neal Walk aux « Otis Boys » à la legacy de Montverde, en passant par Mitch Richmond et les cousins McGrady/Carter, la Floride a su se renouveler et, à l’instar du football américain par exemple, devenir un exemple et un pilier de la formation américaine. Passant de 15 joueurs dans le top 100 RSCI des meilleurs lycéens entre 1999 et 2001 à 35 joueurs entre 2019 et 2021, l’état s’inscrit dans la durée, et compte bien nous livrer des stars pour encore très longtemps…


    Sources : MaxPreps, GEICO Nationals, Basketball Reference, RSCI Rankings.

  • Itinéraire d’un finaliste NBA : Miami Heat

    Itinéraire d’un finaliste NBA : Miami Heat

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Comme un signe… Miami, fraîchement orphelin de leur légende Dwyane Wade, parti à la retraite, a réussi sa transition à la perfection en formant le collectif le plus surprenant de la NBA. Arrivés comme outsiders en playoffs, ils se sont hissés avec leurs moyens sur la dernière marche, celle des finales NBA. Retour sur une saison très intense !


    L’off-season du Heat, ça a donné quoi ?

    L’off-season a été totalement chargée. Probablement l’une des plus bouleversantes de la jeune histoire du Heat. Peut-elle se résumer un mouvement ? Probablement pas. Mais une arrivée a marqué la saison de l’effectif floridien : celle de Jimmy Butler en provenance de Philadelphie.

    Véritable tornade dans le collectif du Heat. Les médias s’affolent : pourquoi « Jimmy Buckets » décide-t-il de quitter les 76ers pour rejoindre un groupe faible et sans vraiment d’ambition, destiné à finir 8ème de la conférence ?
    Butler avait peut-être lu l’avenir avec Pat Riley et Erik Spoelstra lors de cette fameuse réunion de juillet 2019, où, au bout 5 minutes, il annonça qu’il était dans le projet, sans même avoir écouté celui-ci. La connexion avec le staff était immédiate, presque innée. A Miami, ils appellent ça la « Heat Culture », ce mélange de compétitivité, de rage de vaincre, d’efforts, d’intensité, de confiance mutuelle. C’est l’endroit rêvé pour le quadruple All-Star.

    Il est également rejoint par Meyers Leonard dans un trade à 4 équipes, avec donc les 76ers de Philadelphie, les Los Angeles Clippers et les Portland Trail Blazers. Ce trade entraîne notamment le départ d’Hassan Whiteside, pivot titulaire de Miami, à Portland. Autrefois récupéré après un passage au Liban et en Chine, Whiteside avait explosé lors de la saison 2015-16, avant de décliner petit à petit et de perdre sa place au profit d’un petit espoir : Bam Adebayo.

    Confiance totale envers le jeune joueur, qui va ainsi aborder sa 3ème année NBA et sa première sans Whiteside.
    Pat Riley complète l’équipe avec 4 rookies, dont 2 draftés lors de la draft 2019 : Tyler Herro (choix #13), KZ Okpala (choix #32), Kendrick Nunn (undrafted, ex G-League) et Chris Silva (undrafted).


    Bam Adebayo : base solide pour l’avenir… et le présent de Miami
    © Photo par Michael Reaves / GETTY IMAGES


    Miami resigne également pour une année supplémentaire la légende absolue Udonis Haslem, membre de la franchise depuis 17 saisons et véritable mentor depuis quelques saisons.

    Résultat : l’effectif est totalement bouleversé, mais le staff est sûr de lui, ils ont un effectif pour aller loin.
    Seulement 6 membres de l’équipe, présents lors du match 6 face à Boston dimanche dernier, étaient joueurs de Miami l’an passé.
    Seulement 5 étaient présents lors des derniers playoffs joués par le Heat (exercice 2017-18).
    Seul Haslem était présent sur la dernière finale jouée par Miami (2014 vs Spurs).
    Reconstruction ultra rapide… et efficace !

    Une saison régulière détonante !

    Commence en fanfare, avec un 15V-5D en 20 matchs, avec notamment de précieuses victoires contre Milwaukee et Toronto, considérés comme des cadors de la conférence.

    Portés par cette même envie de jouer collectivement, les nouveaux arrivants ne mettent pas longtemps à s’exprimer et à rentrer dans le moule. Triple-double de Jimmy Butler par-ci, 36 points de Kendrick Nunn par-là…
    Ce début de saison voit même Justise Winslow, espoir sans fin miné par les blessures, réaliser un très bon début de saison.

    La saison se déroule sans trop d’accrocs, jusqu’à ce qu’arrive l’incident Dion Waiters. Overdose de « bonbons » dans un trajet en avion, transporté à l’hôpital pour y recevoir des soins en urgence. La sanction est immédiate : Pat Riley ne veut plus entendre parler de ce joueur, et cherche à le donner aux 29 autres franchises.

    Pendant ce temps-là, Miami continue son plein de victoires, et Justise Winslow se blesse pour la énième fois. Les médecins ne se prononcent pas encore, mais nous savons aujourd’hui qu’il allait être écarté des terrains pour toute la saison. Très cher aux yeux des fans floridiens, on pense alors que Miami, avec un James Johnson arrivé en surpoids au training camp et qui ne retrouve pas le niveau d’antan, n’arrivera pas à enchaîner.

    C’est sans compter sur le département du recrutement floridien qui a déniché une perle rare : Duncan Robinson, maître absolu du tir à 3 points. Le jeu de main-à-main et d’écrans pour « D-Rob » devient de plus en plus létal au fur et à mesure de la saison. Plutôt timide dans un premier temps, l’ex-joueur de Michigan a pris en température, avec un mois de décembre à 50,4% sur 7,8 tentatives à 3 points !

    Le 6 février, peu avant la coupure « COVID-19 », Miami réalise une grosse journée. Fini les cas Dion Waiters et James Johnson, ainsi que pour Justise Winslow. Les 3 joueurs sont transférés.
    Waiters et Winslow partent à Memphis, mais n’y joueront pas, Waiters étant immédiatement coupé (Lakers ensuite) et Winslow étant blessé.
    James Johnson, quant à lui, part à Minnesota où il retrouvera un peu de couleurs.

    En contrepartie, Miami récupère Jae Crowder, Andre Iguodala et Solomon Hill. 3 joueurs d’expérience, donc l’éthique est claire. Riley veut des joueurs qui se donnent à 100% pour l’équipe, et qui ont faim. Nous verrons ensuite que ce transfert a été vraiment bénéfique…

    Bilan de la saison régulière : 44 victoires – 29 défaites (5ème de la conférence Est)

    Les playoffs, consécration d’un collectif incroyable

    1er tour : (#5) Miami 4 – 0 Indiana (#4)

    C’est une équipe réduite d’Indiana que Miami affronte au premier tour des playoffs. Avec un Victor Oladipo à peine remis de sa blessure et très très limité, mais surtout sans Domantas Sabonis, leur All-Star, les Pacers se reposent sur l’un des maîtres de la « bubble » floridienne : TJ Warren. Sans succès. Les statistiques de Warren ne sont pas mauvaises, mais loin de ce que l’on pouvait imaginer en termes d’impact sur le jeu.

    Dans une série basée sur une pseudo-rivalité entre Jimmy Butler et T.J. Warren, l’impression de rivalité n’a été visible que dans les médias. Le collectif du Heat est trop fort, et maîtrise une série inégale dès la première minute. La sanction est dure et sans appel pour Indiana : 4-0 Miami. 

    2ème tour : (#5) Miami 4 – 1 Milwaukee (#1)

    Le deuxième tour marque le premier gros choc pour le Miami Heat. Ils affrontent la meilleure équipe de la saison régulière, celle du MVP et du défenseur de l’année Giannis Antetokounmpo : les Milwaukee Bucks.
    Et si le 1er match de la série a facilement tourné à l’avantage de Miami, personne n’aurait pu prévoir la suite de la série.

    Giannis Antetokounmpo est muselé, peine à créer pour lui et les autres, et Milwaukee doit espérer des exploits de Khris Middleton et Brook Lopez, peu habitués à ce rôle. Les 3 premiers matchs sont sans appel, 3-0 pour Miami, Milwaukee est dans les cordes, et tout va s’empirer quand Giannis se blessera à la cheville durant le 3ème match. Il tentera de revenir lors du quatrième match, mais la blessure s’empirera, mettant fin à ses playoffs. Les Bucks gagnent cependant ce match au mental, prouvant qu’ils n’ont rien lâché dans cette série et évitent le sweep. Miami excelle, Miami est conquérant, 4-1 Miami.

    Eastern Conference Finals : (#5) Miami 4 – 2 Boston (#3)

    Duel au sommet entre les deux équipes qui ont régné sur ces playoffs à l’Est. Pourtant, ce sont deux franchises qui se sont classées 3ème et 5ème à l’issue de la saison régulière. C’est d’ailleurs la première fois depuis la saison 2010-11 qu’une équipe classée dans une des deux premières places d’une conférence n’arrive pas à atteindre une finale de conférence. A l’époque, c’était Dallas (#3) contre Oklahoma City (#4). On connait la suite…

    Deux franchises mythiques sur ce siècle, une rivalité de retour. Et en face de Miami, se présente Boston, qui vient d’éliminer Philadelphie (4-0) puis Toronto (4-3). Rien que ça.
    Jugée et vécue comme la série la plus serrée de la conférence, côté prédictions, personne ne sait sur quel pied danser. On analyse les forces, les faiblesses, les matchups… Mais c’est du 50/50. Enfin… C’était du 50/50 avant que Spoelstra n’abatte sa carte ultime, son joker, utilisé avec parcimonie jusqu’à cette confrontation : la défense de zone. Boston, armé d’une armada sur les postes extérieurs, n’a pas su réagir au point de dominer Miami. La série tourne rapidement à l’avantage de Miami (2-0 puis 3-1). Boston tente de réagir dans un match 5 ressemblant étrangement au match 4 face à Milwaukee.

    Cependant Miami semble serein mentalement, le groupe reste très soudé et se remobilise pour un match 6 à l’image de la série : serré mais gagné par Miami sur l’aspect mental, ils passent un cap.

    Statistiques collectives et individuelles sur les Playoffs


    Statistiques du Miami Heat sur les Playoffs 2020



    Statistiques individuelles des joueurs du Miami Heat sur les Playoffs 2020


    Miami : l’équipe qui a profité de la coupure COVID-19

    La coupure liée au coronavirus n’a pas bénéficié à tous les groupes, loin de là. Si des équipes comme Phoenix ont su exploser dans la bulle, d’autres ont échoué à retrouver un rythme constant, comme Milwaukee.

    Miami en a profité.

    L’intégration quasiment parfaite de Jae Crowder et d’Andre Iguodala durant la bulle n’est pas anodine. Ces longs mois d’attente ont forgé un collectif, un vrai. Spoelstra a géré de la meilleure manière cette bulle en testant beaucoup de combinaisons entre les joueurs durant les seeding games. Les joueurs ont appris à mieux se connaître, et leur coach a eu confirmation de sa profondeur d’équipe : il a les moyens de faire des lineups pour gêner tout le monde. 3 adversaires différents (Indiana, Milwaukee, Boston) et toujours un résultat final flagrant. Seulement 3 matchs perdus avant ces Finales NBA. Miami sait s’adapter à toutes les situations, à tous les adversaires, car ils ont l’équipe la plus complète de la ligue, celle avec tous les profils.

    De plus, cette coupure a servi à certains joueurs afin d’affirmer leur potentiel, de grimper dans la hiérarchie. On pense au rookie Tyler Herro, qui a su exploser aux yeux de tous, notamment sur la série face à Boston, où il semblait ne plus être un rookie, mais un joueur ayant 15 séries de playoffs à son actif.

    A contrario, Kendrick Nunn, 3 fois rookie du mois de la conférence Est, et membre de la 1ère All-Rookie Team n’en a pas profité. Ayant contracté la COVID-19, il n’a pas su retrouver son niveau dans la bulle, et a très logiquement trouvé place sur le banc (104 minutes joués dans les playoffs), laissant Goran Dragic passer titulaire.

    Des rôles bien connus et définis

    Les fans de Miami pourront confirmer : le Miami Heat et Erik Spoelstra mettent en place ce jeu visuellement magnifique depuis quelques années. La confiance règne dans le staff, et la continuité est réelle.

    Il a fallu du temps, des ajustements humains pour que ce playbook fonctionne. Il a fallu également prendre du recul et sacrifier des joueurs (Hassan Whiteside, Josh Richardson, James Johnson…) qui ont porté la franchise dans ses moments durs pour récupérer les joueurs parfaits dans ce système (Bam Adebayo, Jimmy Butler, Duncan Robinson). Pat Riley l’a dit, il veut une équipe championne chaque année. Le processus a été long, mais quel résultat ! Chaque joueur sait parfaitement ce qu’il doit faire, créant un mélange parfait entre jeunes joueurs et vétérans. La menace vient de partout, on ne sait pas qui mettra 20 points sur chaque match, et ça, quand on est le coach adverse et qu’on veut de l’adaptation chez ses joueurs, c’est un calvaire…

    Gros plan sur les Finales NBA !

    Comment les aborder côté Miami Heat ?

    De la même manière que les tours précédents. Rarement pronostiqués vainqueurs, ils ont su déjouer 3 équipes classées plus haut dans le classement de la saison régulière.

    L’état d’esprit ne doit pas différer, Miami doit être sûr de ses forces, afin de masquer le plus possible ses faiblesses. La profondeur et la qualité des remplaçants doit jouer un rôle important durant cette série. Des joueurs comme Kendrick Nunn ou Derrick Jones Jr, compilant 191 minutes à eux deux sur ces playoffs, doivent être prêts à jouer, que ce soit 5 ou 25 minutes.

    L’avantage au niveau du coaching va être également important. Erik Spoelstra sait et va s’adapter offensivement et défensivement aux Lakers. C’est sûrement, même si on parle beaucoup ces temps-ci, le point le plus sous-estimé du jeu de Miami : leur adaptabilité.

    Ils doivent également se reposer sur leur jeu lent, proposer beaucoup de mouvements pour fatiguer les Lakers défensivement, et ainsi gagner en efficacité au fur et à mesure de la série.

    C’est sur cet aspect notamment que Miami a réussi à surprendre beaucoup de leurs vis-à-vis. Un jeu offensif très lent (12.7 secondes en moyenne avant de tirer sur les playoffs, 3ème moyenne la plus lente) pour une défense très énergétique, rapide et athlétique qui ne veut pas s’user sur du long terme. (12.0 secondes en moyenne pour les vis-à-vis en attaque, 5ème moyenne la plus rapide). Ainsi, ils laissent leurs adversaires se fatiguer défensivement sur des longues possessions avec beaucoup de mouvements, de poses d’écran… Et ils leur laissent peu de repos sur les phases offensives, là où normalement, en cas de fatigue collective, l’attaque commence à poser le jeu etc… Habile…

    Quel est leur point fort clé ?

    Leur capacité à finir les matchs. On aurait pu citer la profondeur du banc, Alors forcément, quand on a Goran Dragic, Jimmy Butler et Tyler Herro sur le terrain, ça aide niveau offensif. Miami sait gérer ses fins de match. Contradictoire quand on sait que c’était l’une de leurs faiblesses lors de la saison régulière. Mais l’arrivée de Crowder et d’Iguodala a changé la dynamique.

    En alignant un 5 Dragic/Herro/Butler/Crowder (ou Iguodala)/Adebayo dans les dernières minutes, le Miami Heat trouve un équilibre quasiment parfait entre attaque et défense, entre jeunesse et expérience. Le résultat est clair : Miami a scoré 430 points dans tous les 4ème quart-temps depuis le début des playoffs, contre 374 pour leur vis-à-vis.

    Cependant, d’un point de vue statistique, Miami a perdu 7 de leurs 15 4ème quart-temps jouées sur ces playoffs, mais ils n’ont jamais encaissé un écart supérieur à 5 points. Encore perfectible, mais très intéressant, ils ont les moyens pour garder une avance, creuser un écart ou même remonter au score (cf. le 4ème quart-temps du match n°3 face aux Milwaukee Bucks, gagné 40 à 13).

    Savoir finir les matchs, ça va être déterminant dans cette série de Finales.

    Quel est leur point faible clé ?

    Qui pourra stopper le duo LeBron James/Anthony Davis ? A première vue, absolument personne.
    Alors certes, on a vu les dégâts de leur défense individuelle sur Giannis Antetokounmpo, en le repoussant totalement dans ses limites, le maintenant à une moyenne étonnante de 21,8 points/match, soit sa moyenne la plus faible depuis ses premiers playoffs en 2015, où Giannis avait 20 ans à l’époque et jouait arrière ! On a également vu ce que Miami pouvait proposer à sa fameuse défense de zone, notamment face à Boston.

    On assistera sûrement à une alternance défensive, avec un surplus de zone défensive, les Lakers n’en sont pas énormément friands.

    https://twitter.com/DaveDuFourNBA/status/1310617864370556928?s=20

    Mais revenons au point principal : qui pourra réduire l’impact du duo des Lakers ? On imagine très bien une confrontation entre les deux mastodontes en provenance de Kentucky : Anthony Davis & Bam Adebayo.
    Souvent reconnue comme la confrontation la plus importante de ces finales NBA, elle devrait nous livrer une belle bataille. L’occasion pour le premier de confirmer des playoffs absolument monstrueux dans la domination, et pour le second, de passer un cap, et de prouver une fois de plus à la planète basket, que son talent et son potentiel sont incroyables.

    Pour le cas LeBron James, la tâche devrait être plus dure. Miami possède des joueurs de talent défensivement, très bien dotés physiquement pour rivaliser avec les Lakers.
    Cependant, LeBron reste LeBron. Son niveau, comme sur les dernières années, reste incroyable complet, et il gagne encore en compétence au fur et à mesure.

    Reste à savoir qui de Butler, Iguodala ou Crowder ira en priorité sur le quadruple MVP. On a du mal à voir Jimmy Butler, créateur offensif n°1, aller se charger de LeBron et s’exposer aux fautes. On assistera donc très sûrement à une alternance Crowder/Iguodala, comme un symbole de ce transfert magique opéré par Pat Riley.

    La tâche défensive s’annonce compliquée de manière générale pour le Miami Heat, mais avec tout ce qu’on a pu voir de leur part durant leurs playoffs, rien ne serait surprenant !


    Ainsi s’achève le récapitulatif de cette équipe du Miami Heat, véritable surprise à ce niveau-là. Première équipe depuis les New York Knicks de 1999 à atteindre une finale NBA sans avoir eu « l’avantage du terrain » en playoffs, ce collectif, plein de confiance, aura à coeur de prouver qu’ils ne sont pas arrivés ici par hasard !

    Sources : NBA.com, Basketball Reference, ESPN, inpredictable.

  • Comment le Miami Heat a-t-il remporté le Game 1 face aux Bucks ?

    Comment le Miami Heat a-t-il remporté le Game 1 face aux Bucks ?

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    A quelques heures du 2ème match d’une série aussi palpitante que prévue, Milwaukee Bucks et Miami Heat se sont affrontés lors d’un premier match du second tour des Playoffs 2020. Alors que Milwaukee partait favori dans cette confrontation, Miami a su déjoué les pronostiques en s’imposant de 11 points face à la meilleure équipe de la saison régulière. Mais comment ont-ils fait ?


    Du répondant… Beaucoup de répondant

    Jouer contre Milwaukee, c’est constamment choisir son poison. Entre Giannis Antetokounmpo, Khris Middleton, Brook Lopez et les autres shooteurs fous à 3 points, il est impossible de contenir tout le monde.
    Miami a fait son choix en se concentrant exclusivement sur la menace numéro 1 : le défenseur de l’année et candidat légitime au titre de MVP, Giannis Antetokounmpo.

    Il faut dire que Miami peut se vanter d’être une des 4 équipes à avoir maintenu Giannis à moins de 15 points lors d’un match de saison régulière. Sur ces 4 matchs, Giannis a tenté le plus de tirs et joué le plus de minutes face au Heat. Et seul Miami s’est qualifié en playoffs parmi ces 4 adversaires…
    Mais les Playoffs et la saison régulière n’ont rien à voir, on le sait, et on le répète assez souvent.

    En assignant principalement Jae Crowder en mission face à lui, Miami ne s’attendait pas à trouver un « Giannis stopper ». Et cela n’a pas été le cas. Comme à son habitude, il a été compliqué de stopper Giannis en 1 contre 1.


    Tableau représentant quelques statistiques de Giannis Antetokounmpo face au Miami Heat, en fonction de ses principaux face-à-face en défense


    Mais la confrontation ne s’est pas jouée sur les 1 contre 1 de Giannis, bien au contraire. Coach Spoelstra a fait le choix de couper le plus possible l’accès au cercle, laissant les Bucks maître de leur destin sur la ligne à 3 points et doublant (ou triplant) quasiment toutes les tentatives du joueur grec de pénétration. Avec seulement 12 tirs tentés, il enregistre son plus faible total des playoffs et l’un des plus faibles de sa saison.

    Offensive rating 1 de 99, 6 pertes de balle, 4/12 aux lancers-francs, 4 points en 12 minutes sur le dernier quart-temps… Mission accomplie pour Miami, avec un Giannis qui doit déléguer le scoring à d’autres joueurs.

    Le répondant du Heat a été physique, mais aussi mental. Avec un impressionnant 1,39 points par possessions 2 à la suite d’un panier de Milwaukee, Miami n’a laissé aucune chance aux Bucks de creuser l’écart, les deux équipes se répondant souvent coup pour coup sur le terrain. Milwaukee n’a pas su gérer son avance, et n’a pas su prendre avantage de sa forte adresse à 3 points (16/35 sur le match).
    Signe inquiétant pour la meilleure défense sur les points par possessions encaissés après avoir marqué un panier (0,99 sur la saison).

    Pourtant, le 1er QT, malgré sa physionomie très particulière, a été outrageusement dominé par Milwaukee, avec 2 énormes « runs »3 , caractéristique de la locomotive Bucks depuis le début de saison : 15-6 puis 17-8, en un seul QT. Résultat : 40 points inscrits, 29 encaissés. +11, plus gros écart du match côté Bucks.

    Derrière ? Miami remportera les 3 derniers QT et ne laissera pas Milwaukee faire un run plus gros qu’un petit 7-2 juste avant la mi-temps.
    Ajustement tactique, volonté de gagner, peu importe… Le Heat a eu du répondant.

    Jimmy Buckets, patron d’une seconde mi-temps maîtrisée

    L’affaire était compliquée à la mi-temps. 63-60 pour les Bucks, menés par un tandem Middleton-Lopez absolument incroyable, compilant 40 des 63 points à eux deux. Côté Miami, c’est Goran Dragic qui tient la barre, avec 19 unités.

    Miami tient mais Miami n’est pas à l’abri d’un sursaut offensif comme ils avaient pu le vivre lors de la défaite 116-130 dans la bulle face aux mêmes Bucks lors des seeding games 4 .

    Si Goran n’inscrira « que » 8 points durant la seconde mi-temps, un homme sortira du lot et scellera la victoire du Heat : Jimmy Butler.

    Souvent considéré ces dernières saisons comme un joueur clutch 5 , Jimmy a connu une saison compliquée dans ce domaine. Avec des pourcentages aux tirs très douteux dans les moments chauds, il a su renaître lors de ces playoffs, enregistrant des statistiques dignes de sa réputation, quasiment au niveau de ses playoffs avec Philadelphie l’an passé.


    Graphique représentant les probabilités de victoires ajoutées dans les situations clutch de Jimmy Butler, sur les play-offs et en saison régulière depuis 2013


    40 points inscrits. 27 en seconde mi-temps. 15 dans le dernier quart-temps.
    Un record de points en carrière sur un match de playoffs pour lui, et une victoire en tant qu’outsider face à la meilleure équipe de la ligue. « Jimmy Buckets » ne pouvait pas rêver mieux, Miami est toujours invaincu sur cet exercice de playoffs, et lui est en pleine confiance.

    Il est chez lui à Miami, dans cette fameuse culture du Heat à laquelle il s’identifie. Le fit est parfait, l’ambiance est excellente, la dynamique est très bonne.

    3ème joueur de l’histoire de la franchise floridienne à scorer 40 points ou plus dans un match de playoffs (LeBron James & Dwyane Wade), il a été inarrêtable dans cette seconde mi-temps, à tous les niveaux.
    6/8 aux tirs dans le 4ème quart-temps, accompagné de 2 lancers francs mis, et une impression de marcher sur l’eau, offensivement et défensivement.

    Beaucoup de situations d’isolations en fin de match, preuve d’une confiance incroyable, tant Miami est l’une des équipes utilisant le moins l’isolation dans la NBA (pourcentage de 4,6% possessions se finissant par une isolation). C’était le moment « Jimmy B. ». Peut-être le seul de la série, peut-être le premier, mais il a saisi cette occasion, et le Miami Heat s’est imposé.

    Sous les yeux de Pat Riley, présent pour la 1ère fois à un match à Orlando, cette performance n’a pas manqué de faire réagir sur Twitter, notamment avec l’apparation d’un petit message de la part d’un certain ex-coéquipier, sûrement nostalgique…

    Une grosse présence dans la raquette

    C’est l’un des facteurs X de cette série. Miami doit apprendre à gérer la domination défensive à l’intérieur des Bucks.
    En encaissant seulement 38,7 points de moyenne dans la raquette sur la saison régulière, Milwaukee a été incroyablement efficace, poussant ses adversaires à prendre énormément de tirs à 3 points (39,3 tirs à 3 points tentés pour les adversaires des Bucks, soit plus que n’importe quelle autre équipe).

    Le problème, c’est que Miami possède une armada de shooteurs à 3 points, menées par le sniper Duncan Robinson. Il ne serait pas très malin de les laisser tirer 40 fois à 3 points par match.
    Ainsi, Milwaukee s’est directement adapté (31 tirs à 3 points tentés par Miami sur le G1), en contenant notamment parfaitement la menace offensive Duncan Robinson, qui a seulement tenté 4 tirs à 3 points, pour un réussi.

    Cette performance défensive rappelle fortement le match 1 face aux Pacers au 1er tour, où le jeune joueur fit un 2/8 à 3 points dans la victoire contre Indiana, avant de s’adapter et de finir à 10/19 sur les 3 derniers matchs de la série.

    En refusant le plus possible les tirs longue distance, Coach Budenholzer savait quelque chose : l’accès au cercle sera beaucoup plus simple pour Miami.

    Résultat sans appel : alors qu’ils encaissaient 27,6 points par match dans la raquette depuis le début des playoffs, Milwaukee a subi et a encaissé 42 points dans la raquette.

    En plus de cela, Miami a bénéficié d’un excellent Bam Adebayo aux rebonds, avec 17 prises, dont 6 offensives et un ORB% 6 de 19,5. Avec 12,4 rebonds de moyenne sur ces playoffs, Bam s’impose comme une énorme menace dans la raquette. Il a notamment battu le record de rebonds d’un joueur de Miami en playoffs (19) lors du match 4 face à Indiana.

    Complètement dominé aux rebonds niveau statistiques (46 rebonds pour Miami, 34 pour Milwaukee), les Bucks n’ont pris que 14 rebonds en seconde mi-temps, pire total de leur saison ! Miami en a profité, et n’a laissé, sur le match, que 4 petits points sur seconde chance à Milwaukee, malgré les 7 rebonds offensifs des Bucks.

    Milwaukee n’a pas utilisé une stratégie défensive ultra efficace sur ce match, et devra s’adapter rapidement avant le Game 2, sous peine d’être une fois de plus dans une situation inconfortable, car Coach Spoelstra sait et va s’adapter.

    Cette adaptation du collectif floridien peut faire très mal aux Bucks. Nous parlions plus tôt dans cet article du fait qu’il fallait choisir son poison face à Milwaukee. Miami est différent. Ils s’adaptent au jeu adverse pour offrir le poison le plus mortel possible. Entre profondeur du banc et génie au coaching, Milwaukee a du souci à se faire avant la confrontation de ce soir.

    En tout cas, rien n’est fait dans cette série. Le match 1, soldé par une victoire de Miami, a été à la hauteur des espérances et des attentes. La suite de la série ne devrait pas faire exception à la règle et les deux équipes vont nous offrir un excellent spectacle !

    Quelques notes sur la 1ère confrontation…

    • Le meneur de jeu des Bucks Eric Bledsoe n’a pas joué le match 1 à cause d’une tension à l’ischio-jambier droit. Son statut est incertain pour le match 2. Il a été remplacé par George Hill, dont l’impact a été faible durant ce match.
    • Côté Miami, 7 jours ont séparés le Game 1 de leur dernier match contre Indiana, contre 2 pour Milwaukee. Fatigue en fin de match ? Avantage sur l’adaptation tactique ? Possible, le run 20-8 en faveur de Miami dans les dernières minutes du match a fait très mal.
    • Milwaukee a subi le rythme imposé par Miami durant toute la seconde mi-temps, avec une moyenne de 14,9 secondes par possession offensive, contre 12,9 secondes en première mi-temps. Jeu lent = jeu moins efficace pour les Bucks…
    • Miami, qui était l’équipe la plus dominante de la ligue sur les handoffs 7 , connaît des débuts de playoffs plutôt compliqués dans ce domaine, avec une adaptation très concrète des équipes adverses. Même si la fréquence augemente, l’efficacité diminue, passant de 1,07 PPP à 0,98 PPP.
    • Les Bucks, adepte du jeu de transition grâce à Giannis, ont eu très peu d’occasions de dérouler rapidement leur jeu dans ce match. A l’aide d’une défense très resserrée sur le repli défensif et très intelligente (fautes faites très tôt, prises à deux succinctes pour dissuader le porteur), Miami a su très souvent ralentir le jeu de Milwaukee.

    Sources : NBA.com, inpredictable, Basketball Reference, ESPN.

    Lexique :

    1. L’offensive rating (ou ORtg) : statistique inventée pour mesurer l’efficacité offensive d’un joueur. La moyenne NBA se situe entre 105 et 110.
    2. Les points par possession (ou PPP) : statistique prenant en compte le nombre total de points marqués sur le nombre total de possessions.
    3. Un run : période de jeu où une équipe A domine une équipe B en inscrivant beaucoup de points et en encaissant très peu. C’est un véritable passage clé lors d’un match. Le basket-ball est souvent caractérisé comme étant un sport de runs.
    4. Les seeding games : matchs joués à Disney (Orlando) le mois passé afin de définir les places pour les Playoffs et pour la lotterie NBA. Chaque équipe présente à Disney a joué 8 seeding games.
    5. Joueur clutch : joueur doté d’un sang froid hors-norme, capable de faire basculer une rencontre dans les moments les plus chauds et stressants.
    6. Offensive rebound percentage (ou ORB%) : calcul du nombre de possessions offensives d’un joueur se terminant par un rebond offensif. C’est calculé en fonction des rebonds offensifs de son équipe et ceux de l’équipe adverse. La moyenne NBA se situe entre 0 et 5%.
    7. Handoffs : situation de « main-à-main » où le porteur de balle va offrir le ballon à un coéquipier en étant immobile. Pour cela, le coéquipier va venir vers le porteur et va recevoir le ballon une fois qu’il passera à côté du porteur. Situation très utile pour les shooteurs à 3 points afin de les libérer de leur marquage défensif.
  • Bilans de la saison  – SouthEast Division

    Bilans de la saison – SouthEast Division


    En ces temps de confinement, afin d’éviter de vous couper totalement de l’univers de la NBA, ClutchTime dresse un bilan de la saison 2019-2020, suspendue depuis le 11 mars. Dans l’attente de son retour prochainement, la rédaction vous propose de revivre les parcours des différentes équipes de la ligue, depuis fin octobre, en faisant le point sur chacune d’elle pour chaque division de la ligue.

    Troisième volet de notre série de bilans de la saison et quoi de mieux que la Division Southeast pour nous rappeler que l’été arrive, avec ou sans confinement, l’occasion pour nous de se pencher sur le parcours surprenant du Heat cette saison, tandis que son rival, le Magic d’Orlando n’a pas encore passé le cap tant attendu par ses supporters. Un peu plus en retraits, Wizards, Hornets et Hawks attendent patiemment leur heure, faisant de cette saison, une année de transition pour se rebâtir un roster à plus ou moins long terme.


    Miami Heat (41-24) – 4ème

    PPG (112.2) – 15ème / Opp PPG (108.9) – 11ème
    Offensive Rating (112.7) – 6ème / Defensive Rating (109.4) – 12ème

    Cinq majeur cette saison :
    G. Dragić (PG) – K. Nunn (SG) – J. Butler (SF) – D. Robinson (PF) – B. Adebayo (C)

    Après avoir tourné une page de son histoire avec la retraite de Dwyane Wade l’an passé, la saison 2019/2020 du Heat devait ouvrir un nouveau chapitre et organiser la succession de cette héritage doré laissé par le joueur. Tout bon dirigeant qu’il est, Pat Riley nous a encore prouvé qu’il avait plus d’un tour dans son sac en allant récupérer (ou débarrasser) Jimmy Butler aux 76ers, se séparant dans l’opération de deux cadres : Hassan Whiteside et Josh Richardson. Un trade qui pouvait sembler risquée dans un premier temps mais qui s’avère être bien venu pour le natif de Houston qui va assumer parfaitement son rôle de leader avec la franchise floridienne et comme mentor des jeunes troupes d’Erik Spoelstra. Annoncé comme un candidat sérieux et prometteur pour l’un des derniers spots en playoffs, le Heat a largement dépassé les attentes et est à ce jour la plus belle surprise de la saison à l’Est.

    Confortablement installée dans le wagon de tête, Miami a notamment réussi un départ canon en décrochant pas moins de 15 victoires lors des 20 premières rencontres de la saison, dont près de la moitié étaient à l’extérieur. Ce qui a plutôt bien fonctionné cette année pour les floridiens c’est la réussite offensive, parfois proche de l’excellence, à commencer par les plus jeunes. Et ils sont nombreux à s’être révélés très tôt comme de vraies plus-values. Kendrick Nunn, nouvelle trouvaille intelligente que le Heat a chipé à l’équipe de développement des Warriors, ou encore la sélection astucieuse du très talentueux et précoce Tyler Herro (13ème pick), Miami a su créer un environnement idoine à l’intégration de ses jeunes pépites, mais également à la progression de certaines. Bam Adebayo et Duncan Robinson en sont les preuves les plus marquantes, le premier étant devenu la véritable pierre angulaire du jeu floridien, honorant au passage sa première sélection au All-Star Game à 22 ans seulement (record de précocité pour la franchise), tandis que le second devenait le véritable artilleur timonier du navire floridien, s’offrant plusieurs records personnels à ce titre dont celui du plus grand nombre de tirs primés de la franchise.

    Et ce ne sont pas les absences (Justise Winslow, Dion Waiters), ou la mise sur le banc salutaire d’un Goran Dragić vieillissant, qui viendront noircir le tableau, ce dernier l’ayant accepté sans broncher devenant ainsi l’un des sixièmes hommes les plus efficaces de la ligue. Même si l’équipe a connu une mauvaise passe en février (sept défaites), clairsemée de pannes offensives et d’une défense encore loin d’avoir trouvé ses marques, le bilan global est très convaincant, à la fois sur le plan sportif (3ème meilleur bilan à domicile de la ligue), du jeu, rapide, tranchant et résolument tourné vers l’attaque ou encore la progression des jeunes et le leadership des plus anciens créant ainsi une entente singulière sur les parquets. Miami semble avoir un effectif très prometteur qui n’attend qu’à trouver de la stabilité et engranger de l’expérience afin de jouer les premiers rôles de la Conférence sur le long terme.

    La saison de Miami en quelques chiffres :
    . 1ère équipe avec le meilleur % de tirs à trois points réussis en moyenne (38.3%)
    . 30ème équipe à réaliser le plus de tentatives de tirs par match (84.4)
    . 2ème équipe à concéder le moins de rebonds cette saison (42.2)
    . Meilleur marqueur : Jimmy Butler (20.2 points par match à 45.4% FG)
    . Meilleur passeur : Jimmy Butler (6.1 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Bam Adebayo (10.5 rebonds par match)

    Orlando Magic (30-35) – 8ème

    PPG (106.4) – 27ème / Opp PPG (107.3) – 4ème
    Offensive Rating (108) – 24ème / Defensive Rating (109) – 9ème

    Cinq majeur cette saison :
    M. Fultz (PG) – E. Fournier (SG) – T. Ross (SF) – A. Gordon (PF) – N. Vučević (C)

    Avec des objectifs encore très mesurés, Orlando ne partait pas sans repère cette saison. 7ème l’an dernier, les floridiens avaient réussi leur pari en se qualifiant pour les phases finales, s’installant désormais comme un contender sérieux à l’Est. Les dirigeants ont donc choisi de miser sur leurs pièces disponibles à coup de prolongations (Terence Ross, Nikola Vučević, Michael-Carter Williams, Khem Birch), limitant ainsi leur marché sur la Free-Agency. Cette nouvelle saison devait servir d’encrage à un groupe encore en construction et en quête de repères mais qui parvient à engranger de bons résultats et une certaine continuité, à commencer par une qualification pour les playoffs en avril en prenant soin d’éviter le sweep face à la ou les équipes les plus injouables dès le 1er tour. La progression du groupe passait évidemment par la progression d’un certains nombre de joueurs, à commencer par celle d’Aaron Gordon, grand espoir de la franchise, qui a connu une saison 2018-2019 mitigée, ou encore du pari Markelle Fultz, arrivé en provenance de Philadelphie ainsi que les plus jeunes éléments comme Jonathan Isaac, Wesley Iwundu et Mohamed Bamba.

    On reste finalement sur notre faim. Ni trop bas, ni trop haut, le bilan du Magic est loin d’être en progrès, ce qui semble décevoir plusieurs fans de la franchise, remettant en cause le bien-fondé des prolongations de certains joueurs cet été et des éventuelles prolongations à venir. Même si l’objectif des playoffs est (partiellement) atteint, les satisfactions sont moindres. L’équipe peine à enchaîner les victoires et a connu plusieurs passages compliqués cette année comme en témoigne leurs 11 défaites sur leurs vingt premiers matchs de SR, ainsi que leurs dix défaites sur les quinze rencontres qui ont précédé le All-Star break. Plusieurs absences notables (Vučević en novembre, Augustin et Isaac en janvier puis Fournier) ont handicapé un roster déjà fragile offensivement, ce qui a eu pour conséquence un mano à mano permanent avec les Nets, empêchant les floridiens de nourrir plus d’ambitions cette saison et de développer tardivement son jeu d’attaque, même si depuis le mois de février l’équipe enchaîne les rencontres à plus de 100 points.

    Plusieurs motifs de satisfactions sont à noter tout de même, à commencer par la défense. Steve Clifford est passé maître dans cet art de plus en plus secondaire à l’heure du jeu rapide en transition et des faibles temps de possession. Les joueurs d’Orlando savent jouer comme un seul bloc lorsqu’il s’agit de verrouiller le périmètre et de venir aider les copains sur des prises à deux ou de mettre une bonne pression défensive en bouchant la raquette. Malgré une infirmerie qui n’a pas désempli, plusieurs joueurs ont montré des signes de progression en attaque à commencer par notre français Evan Fournier, qui réalise sa meilleure saison en carrière et qui a su endosser le rôle de chef de file en novembre, affichant 24 points de moyenne lorsque le monténégrin Vučević était absent. À ses côtés, le jeune Fultz s’est imposé comme un titulaire précieux à la mène en l’absence du vétéran Augustin, créant une complicité avec Fournier et confirmant peu à peu certains espoirs placés en lui depuis sa draft en 2017 (1st pick). En dépit d’une saison globalement en dessous des attentes, Aaron Gordon a su, au mois de février notamment, devenir par intermittence le game changer de son équipe, sans apporter néanmoins des garanties solides sur la durée ce qui pourrait inciter les dirigeants à revoir l’orientation sportive de la franchise dans les années à venir.

    La saison de Orlando en quelques chiffres :
    . 4ème équipe à réaliser le plus de contres par match (5.7)
    . 2ème équipe à commettre le moins de perte de balle par match (12.6)
    . 1ère équipe à commettre le moins de fautes en match (17.6)
    . Meilleur marqueur : Nikola Vučević (19.5 points par match à 47% FG)
    . Meilleur passeur : Markelle Fultz (5.2 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Nikola Vučević (11 rebonds par match)

    Washington Wizards (24-40) – 9ème

    PPG (115.6) – 6ème / Opp PPG (119.7) – 29ème
    Offensive Rating (111.9) – 12ème / Defensive Rating (115.8) – 30ème

    Cinq majeur cette saison saison :
    I. Smith (PG) – B. Beal (SG) – T. Brown Jr. (SF) – D. Bertāns (PF) – T. Bryant (C)

    Washington semble être dans l’impasse depuis plus d’un an. Après la très grave blessure au talon d’Achille de John Wall, et les complications qu’elles ont engendrées, les Wizards s’en remettent depuis au (seul) talent de son arrière, Bradley Beal, dernier espoir d’une équipe qui se bat désormais pour éviter de flirter avec le bas de tableau. Voilà un peu le topo pour l’équipe du District de Columbia dont l’objectif est d’éviter la déconfiture. L’équipe dispose de peu d’espoir cette saison et souhaite miser sur ses choix à la draft et les nombreux mouvements effectués cet été, parmi lesquels la prolongation de leur fragile intérieur Thomas Bryant qui récupère la place de Dwight Howard, l’arrivée du letton Dāvis Bertāns et de plusieurs role players (Isaac Bonga, Moritz Wagner, Ish Smith ou encore Admiral Schofield). L’arrivée la plus marquante reste néanmoins celle de Isaiah Thomas, meneur en perdition depuis son départ de Boston, incitant les dirigeants Wizards à tenter le pari en attendant le retour de Wall.

    Même si la saison de IT est raté, le joueur ayant été coupé après seulement 40 rencontres , pour le coup, on ne s’ennuie pas avec les Wizards cette saison. Leur jeu très orienté vers l’attaque, à la façon d’un run & gun, en font l’une des équipes les plus offensives de la ligue et offre aux spectateurs du spectacle et des envolés hallucinantes au scoring comme face à Houston en octobre (défaite 158 à 159 sans prolongation). Parmi les joueurs qui en profitent le plus, Bradley Beal, véritable bouillotte offensive qui explose ses stats persos au scoring cette année, soir après soir, endossant une fois encore le statut de sauveur opportun. Une dépendance évidente qui n’empêche pas certaines progressions aussi inattendues qu’encourageantes. Bertāns, Troy Brown Jr. et Mo Wagner en sortie de banc ou encore Ish Smith à la mène et le jeune Rui Hachimura sont autant de satisfactions et/ou de promesses qui se sont rapidement fait une place dans le groupe de Scott Brooks.

    Comme l’an dernier, le jeu défensif catastrophique cette saison est, et reste une fois encore aux oubliettes. Malgré les bonnes intentions et l’excès de zèle chez les jeunes Hachimura et Bonga ou encore des profils plus défensifs comme le vétéran français Ian Mahinmi ou la dernière recrue printanière Shabazz Napier, le chantier dans ce secteur est colossal pour les Wizards. Personne ne sait vraiment si Scott Brooks peut résoudre ce problème même avec un effectif de nouveau au complet. Loin d’être sa préoccupation première, le coach des Wizards semble plus concerné par sa position en sursis et ne pas se mettre les joueurs à dos, expliquant en partie ce fouillis généralisé qui ne durera pas éternellement si tôt que les dirigeants prendront la décision de se séparer par la force des choses de leur arrière All-Star lorsque ce dernier ne souhaitera plus jouer le cache-misère de service de l’équipe et que les Wizards auront décidé de tourner la page John Wall.

    La saison de Washington en quelques chiffres :
    . 3ème équipe à provoquer le plus de pertes de balles adverse par match (16.3)
    . 30ème équipe à prendre le plus de rebonds (41.7)
    . 3ème équipe avec le meilleur % de tirs à trois points réussis en moyenne (37.2%)
    . Meilleur marqueur : Bradley Beal (30.5 points par match à 45.5% FG)
    . Meilleur passeur : Bradley Beal (6.1 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Thomas Bryant (6.8 rebonds par match)

    Charlotte Hornets (23-42) – 10ème

    PPG (102.9) – 30ème / Opp PPG (109.6) – 12ème
    Offensive Rating (106.3) – 29ème / Defensive Rating (113.3) – 24ème

    Cinq majeur cette saison :
    D. Graham (PG) – T. Rozier (SG) – M. Bridges (SF) – PJ Washington (PF) – C. Zeller (C)

    Passée en mode reconstruction cet été, Charlotte allait tout miser cette saison sur la progression de ses jeunes tout en dégraissant un maximum les rangs de ses anciens, aux contrats devenus encombrants pour les finances des Hornets. Avec le départ de Kemba Walker pour Boston (en récupérant tout de même Terry Rozier dans l’opération) et la retraite de Tony Parker au sortir d’une saison quelconque, la franchise de Caroline du Nord veut construire un noyau dur de jeunes joueurs, pas forcément les plus exceptionnels de leur cuvée, afin de passer rapidement à autre chose en attendant de pouvoir dégraisser les rangs. James Borrego et Mitch Kupchak appellent à la patience et n’espèrent rien de cette saison sauf malentendu ou coup du sort opportun. En décidant d’opter pour la reconstruction et aux vues des mouvements de l’été, les Hornets ont une direction assez évidente et vont avant tout chercher à faire progresser ce groupe alors que l’équipe est annoncée en queue de peloton à l’Est.

    Mais Charlotte a de la ressource et nous a sorti plusieurs belles surprises de son chapeau cette saison, au point même que les Hornets bataillaient encore pour la huitième place juste avant Noël. Parmi ces surprises, la saison de Devonte’ Graham fut sans nul doute la plus inattendue. Le nouveau meneur titulaire est devenu un candidat crédible au titre de la meilleure progression de l’année, même s’il a connu des passages à vide en février. L’arrière a su faire ses preuves au même titre que Terry Rozier, décalé à l’arrière, qui semble s’épanouir dans son nouveau rôle majeur au même titre que Miles Bridges et PJ Washington ou encore Malik Monk dans celui du sixième homme. Même les seconds couteaux se sont révélés devenir des éléments bien venus, au point qu’on puisse en imaginer certains comme de solides garanties pour la saison prochaine à l’image des frères Martin (Cody et Caleb) ou encore du fragile espagnol Willy Hernangómez. On ne parle pas encore de talents du calibre d’un Kemba Walker, mais les promesses sont là, reste désormais à la franchise de tout mettre en œuvre pour ne pas gâcher son vivier.

    Finalement la saison reste une réussite même si dans le jeu, beaucoup de travail reste à accomplir. Offensivement l’équipe est très loin de faire le poids et d’avoir suffisamment de joueurs réguliers pour envisager un meilleur bilan et très vite Le fait d’avoir réussi néanmoins à retrouver en si peu de temps une base aussi solide, en disposant notamment d’un effectif plutôt complet sur les rotations, Charlotte a pu se concentrer plus sérieusement sur ses problématiques de masse salariale, en se séparant d’abord des contrats de Marvin Williams et Michael Kidd-Gilchrist en février, en attendant de pouvoir se délester de ceux de Bismack Biyombo et Nicolas Batum, devenus de sérieux poids morts pour l’équipe et les finances de la franchise. Arrivé en 2015, le français vit une saison transparente, indigne de son statut et de son expérience, sans avoir jouer la moindre minute depuis le 24 janvier dernier et le match à Paris face aux Bucks.

    La saison de Charlotte en quelques chiffres :
    . 1ère équipe à concéder le moins de lancers francs par match (18.4)
    . 3ème équipe à prendre le plus de rebonds offensifs par match (11)
    . 3ème équipe à commettre le moins de fautes par match (18.8)
    . 30ème équipe avec le meilleur % de tirs réussis en moyenne (43.4%)
    . Meilleur marqueur : Devonte’ Graham (18.2 points par match à 38.2% FG)
    . Meilleur passeur : Devonte’ Graham (7.5 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Cody Zeller (7.1 rebonds par match)

    Atlanta Hawks (20-47) – 14ème

    PPG (111.8) – 16ème / Opp PPG (119.7) – 30ème
    Offensive Rating (107.2) – 26ème / Defensive Rating (114.8) – 28ème

    Cinq majeur cette saison :
    T. Young (PG) – K. Huerter (SG) – C. Reddish (SF) – D. Hunter (PF) – J. Collins (C)

    Les Hawks poursuivent leur lente reconstruction et la saison 2019/2020 ne fera pas exception. Même si la franchise de l’état de Georgie peut sûrement viser un 8ème spot dans une Conférence Est à deux vitesses, l’équipe est encore inexpérimentée et sans de solides repères dans le jeu pour prétendre à beaucoup mieux. On aperçoit tout de même un futur axe 1-5 ou 1-4 entre Trae Young et John Collins, selon comment ce dernier est utilisé, qui renferme des possibilités assez folles, offrant à Atlanta une perspective prometteuse à long terme. En ajoutant des profils expérimentés, dont quelques vétérans, Lloyd Pierce va devoir trouver la bonne formule pour faire passer un cap à Atlanta et à ses jeunes faucons, espérant ainsi dépasser le plafond des 30 victoires, palier symbolique que les Hawks n’ont plus atteint depuis la saison 2016-2017.

    Pour le bilan de victoire, Atlanta devra certainement patienter une saison de plus. Au rang des satisfactions, sur le plan individuel, Trae Young a particulièrement crevé l’écran cette année, s’offrant par la force du talent une première sélection au match des étoiles en février. Méritée tant le meneur s’est montré chaud comme la braise en attaque, mais nettement moins en défense. La suspension pour violation des règles sur le dopage de Collins en début d’exercice a forcé le coach à revoir très vite ses plans, alors que ses profils les plus expérimentés comme Alex Len, Allen Crabbe ou encore Evan Turner (Vince Carter est exempté pour ma part) n’ont pas su se montrer à leur avantage et décisif, l’obligeant à mettre les plus jeunes dans le grand bain avec une réussite lente et timide mais qui semble porter ses fruits. De’Andre Hunter s’est rapidement montré à l’aise sur l’aile, faisant peu à peu de l’ombre à la recrue Jabari Parker, désormais joueur des Kings. Pour sa deuxième saison, Kevin Huerter s’est également mué en shooteur fiable à l’arrière, ce qui a pris plus de temps pour Cam Reddish qui a eu la lourde charge de remplacer au pied levé Parker à un poste 4 pas toujours évident. Le retour de Collins à Noël a d’ailleurs fait beaucoup de bien à l’équipe qui affichait 24 défaites sur les trente premières rencontres de saison régulière.

    Parce qu’effectivement à Atlanta, la saison avait démarré de la pire des manières pour les troupes de Pierce. Les attentes et les objectifs intermédiaires sont loin d’avoir été remplis jusqu’au All-Star break, et l’absence de Collins a considérablement affaibli le secteur intérieur des Hawks qui se sont pressés de recruter Dewayne Dedmon, avant d’avoir vu débarquer Clint Capela en février. Défensivement le jeu d’Atlanta ressemble plus à des portes ouvertes permanentes pour les adversaires, ce qui s’explique en partie par l’absence de travail et de skills en défense chez certains éléments, Young le premier, risquant de compliquer la tâche du staff dans les mois à venir si l’équipe compte viser les playoffs un jour. Pourtant des profils physiques ne manquent pas à l’appel (Bruno Fernando, DeAndre’ Bembry, Dedmon ou Damian Jones), pouvant être utilisés d’une façon intelligente en défense pour ne serait-ce qu’avoir une raquette un peu plus hermétique. L’apport de Capela, grand contreur-rebondeur devrait permettre à Atlanta de se doter enfin d’une identité défensive correcte, et de faciliter le jeu et les la progression de certains joueurs.

    La saison de Atlanta en quelques chiffres :
    . 13ème équipe à réaliser le plus d’interceptions (7.8) et de contres (5.1) par match
    . 30ème équipe avec le meilleur % de tirs à trois points réussis en moyenne (33.3%)
    . 29ème équipe à concéder le plus de rebonds offensifs par match (11.2)
    . 30ème équipe à concéder le plus de contres par match (6.4)
    . Meilleur marqueur : Trae Young (29.6 points par match à 43.7% FG)
    . Meilleur passeur : Trae Young (9.3 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : John Collins (10.1 rebonds par match)
  • NBA Fashion Episode I : Pigments, Aiguille et Balle Orange.

    NBA Fashion Episode I : Pigments, Aiguille et Balle Orange.

    JR Smith dans son élément, torse nu. Source : ClutchPoints.com

    Il avait un “Maman je t’aime” inscrit sur le biceps droit et était multimillionnaire.” Le paysage NBA contemporain permet ce genre de success story incroyable. A l’exception des chaussures, le tatouage est l’un des seuls accessoires lifestyle permettant de se démarquer visuellement sur le terrain. Les maillots et shorts sont uniformisés, les bandeaux, manchons et gaines de shooter  sévèrement contrôlés par les instances NBA en charge du code vestimentaire. Le tatouage s’est ainsi imposé depuis deux décennies comme un must have pour affirmer son style sur le parquet. Certes, c’est avant-tout par son jeu qu’un joueur se démarque, qu’il construit son image et sa réputation. Mais comment nier l’impact visuel du tatouage dans une nation qui glorifie le culturisme, les corps musculeux et l’esthétisme sportif ? Durant les trois prochaines semaines, votre média Clutch Time vous propose une incursion dans l’Univers Fashion de la NBA. Pour ce premier volet de la série, une étude haute en encre et en couleur sur la pratique du tatouage auprès de vos athlètes préférés.

    Une NBA hostile au tattoo ?

    Le tattoo parsème le corps des athlètes NBA, même les plus jeunes. Lors de la cérémonie de la Draft, de nombreux rookies peinent à dissimuler leurs bras encrés de l’épaule au poignet sous des costards impeccables. La ligue est conservatrice par certain aspects, et jusque dans les années 90, le tatouage apparent en NBA était une anomalie. 

    En Occident, le tatouage n’est toujours pas conventionnel. Toléré mais pas acclamé, l’entretien d’embauche avec le visage ou les mains colorées reste une épreuve fastidieuse. A l’aube des années 2000, des joueurs au style provocateur font tomber les barrières érigées par David Stern. Parmi eux, le fantasque Dennis Rodman. Ostensiblement rebelle, il s’affiche volontiers sur les tabloïds américains avec … a naked woman eating its own vagina” sur le dos (google est votre meilleur ami). Ses tatouages sont perçus comme une énième  manifestation de sa douce folie. Alors, qui a réellement participé à démocratiser cet art en NBA ? La réponse est “The Answer”. Encore une fois. 

      Allen Iverson posant pour une publicité Reebok. Source : The Bleacher Report

    Iverson ramène la rue en NBA.  Associé au baggy et à la lourde chaîne en or, le tatouage rappelle la culture du ghetto. Sur le continent américain, encre et illicite sont étroitement liés. Les membres de gangs portent sur leur peau les symboles qui assurent leur fidélité à leur organisation. Les anciens détenus meurtriers arborent une larme dessinée sous l’oeil en guise de trophée. 

    Face à cet imaginaire, comment faire passer la pilule ? Des pourparlers sont engagés entre David Stern et le syndicat des joueurs. En 2005-2006, la NBA impose à ses employés un dress code “professionnel” pour leurs apparitions en public. Pourtant, le tatouage n’est pas évincé. Il est progressivement adopté comme une forme d’expression artistique, les instances NBA feignant de ne pas percevoir sa dimension communautaire. 

    Des points de crispation persistent pourtant autour de la discipline. En 2018, JR Smith, alors arrière des Cavaliers se fait réprimander par la ligue pour son tatouage sur le mollet, reprenant le logo de la marque “Supreme”.

    « Lors d’un match NBA, à l’exception de l’uniforme ou de l’inscription du manufacturier visible sur les baskets, un joueur n’est pas autorisé à faire de la publicité, de la promotion pour une marque ou un logo, notamment représenté sur son corps ou ses cheveux. « 

    Source : 2019-2020 NBA Official Guideline

    JR risque une amende pour chaque match joué sans que son tatouage ne soit dissimulé, et “L’homme qui lançait des bols de soupe à la figure de ses entraîneurs” ne s’est pas gêné pour exprimer sa frustration sur les réseaux sociaux. Le sniper souligne l’hypocrisie des instances NBA qui tolèrent les tatouages à l’effigie du logo Jumpman, très populaires auprès des ballers

    Réaction de JR Smith sur Instagram et photographie de son tatouage, source : SB Nation.com

    Un tatouage, une histoire. 

    Combien d’apprentis tatoueurs, d’esprits sensibles à la sémantique artistique se cachent parmi les fans NBA en berne en cette période de COVID 19 ? Que les curieux se connectent au league pass, visionnent des images d’archives  et passent en revue le paysage épidermique de la ligue. Nombreux sont les graffitis, dessins et chef d’oeuvres qui valorisent le corps des joueurs. 

    A l’instar de Leonard Shelby dans le très bon Memento de Christopher Nolan (2000), le tatouage peut représenter un précieux mémo. Un point d’ancrage sur son corps pour ne pas oublier les souffrances et sacrifices qu’impliquent le sport de haut niveau. Dans les moments d’adversité, le tatouage n’est pas seulement une oeuvre d’art mais aussi un souvenir galvanisant. 

    La spiritualité, les souvenirs d’enfance, la famille sont ainsi des thèmes récurrents parmi les aficionados de tatouages. Certes, tous les tatouages ne sont pas originaux, c’est ce dont se moque Harry Cheadle dans un article Vice consacré au sujet. 

    Impossible de se démarquer en NBA avec un paquet de tatouages minables « I LUV MY GOD+GRANDMA+SECTION 8 HOUSING” sur la peau, et quel est l’intérêt du tatouage si ce n’est de se démarquer ? »

    Source : Vice, « A Brief History Of Tattoos in the NBA » Harry Cheadle, 2011.

    Cependant, les tatouages nous offrent la formidable opportunité de croiser la carrière individuelle du joueur avec des éléments de son histoire, afin de mieux comprendre sa personnalité.  

    Le cas Lebron James est très intéressant : icône NBA depuis plus de 15 ans, c’est aussi l’un des joueurs les plus tatoués de la ligue. Qu’a-t-il choisi de représenter sur son corps pour le reste de sa vie ? 

    The Chosen 1 

    Source : Reddit.com

    Son tatouage le plus imposant, celui qu’on ne peut rater lors des séances de work-out (torse nu bien sûr) de Lebron sur Instagram. “L’élu”, c’est le surnom qui lui a été donné par le média Sports Illustrated alors qu’il n’était encore que lycéen, celui qu’il porte fièrement. Oui, LBJ est l’élu car peu de joueurs peuvent prétendre rivaliser avec Michael Jordan pour le débat du Greatest Of All Time. Ce patronyme est aussi un poids et une responsabilité qui lui colle à la peau. 

    Difficile d’être the chosen one et d’essuyer les échecs en début de carrière, d’être décrié pour sa “non-clutchitude”. Le bilan en finales de Lebron est actuellement de 3 victoires pour 8 défaites. Pourtant, comment nier sa qualité de joueur générationnel ? 

    330

    Source : Reddit.com

    Une suite de chiffres tatoués sur son avant-bras droit. Elle correspond à l’indicatif téléphonique régional de sa ville natale d’Akron, Ohio (l’équivalent de notre “+336”, mais à l’Américaine). Pas le tatouage le plus visible, ni le plus clinquant mais peut-être l’un des plus importants si l’on considère la carrière de Lebron. En 2003, “The Kid from Akron” commence son aventure dans la ligue à Cleveland, franchise de son Etat natal. Au coeur d’une tempête médiatique après “The Decision” en juillet 2010 et son départ pour Miami, Lebron s’est fait la promesse de revenir et gagner un titre pour sa franchise de coeur. 6 ans plus tard à l’issue des finales NBA il hurle en larmes : “CLEVELAND, THIS IS FOR YOU”, après avoir fait tomber une équipe des Warriors invincible en saison régulière. Ce trophée plus que les autres atteste de la grandeur du joueur. Il le récompense pour sa fidélité envers son État et sa ville. Son engagement se lit sur son épiderme ET sur son CV en dehors des parquets : il multiplie les projets sociaux et investissements pour les membres de sa communauté. 

    Black Mamba

    Source : Instagram de Lebron James

    Un tatouage pour rendre hommage, pour ne pas oublier. Ce début d’année 2020 fut tragique pour la grande famille NBA, avec le décès de Kobe Bryant. Cette dernière inscription sur la peau du King est une promesse :  de ne pas oublier un ancien, un rival, une idole. Kobe fut un des plus grands mentors du jeu et de sa philosophie. Lebron James porte une partie de cette histoire, de cette “mentalité de tueur à sang froid” à même la peau. Le serpent venimeux et menaçant symbolise cet état d’esprit à perpétuer “pour la vie”. La rose est l’allégorie de la passion pour le jeu, où puiser sa motivation. 

      Qu’est ce qui fait du Cyborg un joueur de basket incroyable ? Probablement sa capacité à absorber et assimiler les skills et aptitudes des meilleurs artistes du jeu. A l’instar de Cell dans la saga d’Akira Toriyama, il est devenu la meilleure version de lui même à l’automne de sa carrière. Du numéro 8 fougueux et explosif au numéro 24 maître du fadeaway et enfin patron de la ligue, Lebron a du Kobe en lui. Et l’enfant d’Akron fera tout pour apporter un titre à la franchise de son idole.  Ce tatouage symbolise toute sa détermination.

    Tattoo Gossip

    Les mentalités ont changé dans la grande ligue. On peut afficher fièrement une peau recouverte de tattoos sur le terrain et prétendre à être un role model pour les ménages américains. Auprès de la presse et des fans, les tatouages ne font pas partie des frasques et fantaisies pouvant altérer l’image d’un joueur. L’argent et le succès rendent beau et respectable, encore plus aux Etats-Unis.  Et pourtant, la discipline réserve son lot de surprises. En outro, votre média basket préféré vous propose un florilège du meilleur comme du pire des tatouages en NBA. Du signe infini dessiné sur le poignet à la blague potache inscrite sur la fesse droite.

    Le Goat du Tattoo. 

    Source : The BleacherReport.com

    Chris Andersen, aka Birdman a été un solide éboueur sur les parquets, toujours avec du style. Champion avec le Heat en 2012, il s’est forgé une image de bad guy à l’imagerie punk et s’est tatoué des ailes d’oiseau sous les biceps pour mieux coller à son surnom. Le résultat est bigarré tout en maîtrise. 

    Le plus nerdy

    Source : The BleacherReport.com

    Le meilleur poste 4 de tous les temps est un fan de l’univers Heroïc Fantasy et du jeu de rôle Donjons et Dragons. Tim Duncan arbore ainsi fièrement un tatoo d’un bouffon sur son épaule droite, et un beau Merlin L’Enchanteur sur le pectoral gauche. 

    Le “tattoo tête brûlée”

    Source : The BleacherReport.com

    Stephen “Jax” Jackson s’est fait tatoué une figure biblique tenant une arme à feu dans ses mains. L’arrière des Warriors a été impliqué dans de nombreuses bagarres et fusillades et prend des matchs de suspension la saison 2005-2006 pour … Possession d’arme à feu dans les vestiaires. 

    Le tatoueur préféré de ton joueur préféré. 

    Source : The Undefeated.com

    La fidélité à son tatoueur, c’est sacré jusqu’en NBA. De bouche à oreille entre joueurs, on se refile les bons tuyaux, les bonnes aiguilles. Le canadien Steve Wiebe (à gauche sur la photo) est le tatoueur préféré de Kevin Durant, spécialisé dans les tatouages réalistes. The Snake a refilé le bon plan à son coéquipier Deandre Jordan et les trois s’entendent comme des larrons en foire. 

    Comment ne pas louer les crossovers entre l’art et le sport de haut niveau ? Le tatouage s’est démocratisé depuis une vingtaine d’années en NBA et il est plus populaire que jamais. 

    La pratique reste pourtant affiliée à une culture de l’Underground qui jure avec le code policé et corporate qu’essaie d’imposer la ligue à ses joueurs. A quand une rébellion de l’industrie du tatouage ? En 2016, les éditeurs du jeu vidéo NBA 2K avaient dû affronter les foudres du collectif Solid Oak Sketches. Ce groupe de tatoueurs avaient demandé le paiement de droits d’auteurs pour les tatouages portés par les joueurs, représentés dans le jeu par souci de réalisme.  L’organe de presse Huffington Post relaie qu’une demande de rétribution de 1.8 millions de dollars à été portée devant le tribunal fédéral New-Yorkais … A la semaine prochaine pour une enquête sur la culture sneakers en NBA. 


  • Les débuts de LeBron James à Miami, les souvenirs de Pat Riley

    Les débuts de LeBron James à Miami, les souvenirs de Pat Riley

    Nous continuons notre série et ressortons plusieurs déclarations et anecdotes au début des années 2010. Pour cet article, nous avons choisi des extraits tirés du livre de Ian Thomsen: The Soul of Basketball concernant les débuts de LeBron James avec le Heat de Miami.

    LeBron James lors de la cérémonie du Big Three à l’AAA, jullet 2010 – Bleacher Report
    MIAMI, 22 novembre 2010

    L’été est terminé, l’épisode houleux de ‘The Decision’ suivi de la fête à l’American Airlines Arena restent dans tous les esprits. LeBron a quitté l’Ohio pour la Floride, en plus du climat, il a dû s’adapter à une tout autre ambiance de travail.

    Chaque lundi, lors de la séance d’entraînement au sein de l’AAA, le staff du Heat impose depuis plusieurs saisons des tests sur les joueurs avec la prise du poids et un relevé du taux de masse grasse, et ce, même pendant les Playoffs.

    « Lors de sa première année, il était autour des 120kg et avec un taux de masse grasse entre 8 et 9%. Je pensais qu’il était un petit peu lourd, donc je lui ai demandé : ‘Et si tu descendais à 112kg et à 6% de masse grasse ? Vitesse et vivacité, et ce sera mieux pour tes genoux, tu pourra sauter un peu plus haut. Il m’a juste souri et m’a répondu : ‘Coach, je me sens bien, je suis en grande forme.’ » Pat Riley

    The Soul of Basketball

    Le boss de la franchise floridienne n’allait pas entrer dans un débat avec un joueur qui jusque là, avait enchaîné 627 matchs sur 656 possibles sans oublier les 92 matchs de Playoffs avec un temps de jeu conséquent. Mais lors de sa 2e saison avec le Heat, James est tout de même descendu sous les 115kg, soit la barre qu’avait placé Pat Riley. Ce dernier, est sans aucun doute omnibulé par la forme physique de ses joueurs.

    « Je n’oublierai jamais ce que Kareem Abdul-Jabbar m’a dit juste avant mon tout premier match en tant que coach des Lakers. Il m’a dit : ‘Écoute Pat, tu me connais. Je vais rentrer sur le terrain et jouer aussi dur que possible tous les soirs et tout donner. Ce que j’aimerai que tu fasses, c’est de faire en sorte de garder tout le monde en forme et de les pousser à faire les efforts. Et je n’aurai pas à m’en soucier.’ Je n’oublierai jamais ces mots. Et quand LeBron est arrivé, j’ai su ce que je devais faire cela pour lui. » Pat Riley

    Un message que Riley a pu faire passer auprès du ‘King’ grâce à celui qui côtoie ces exigences depuis ses débuts dans la ligue, et qui se trouve être l’un des ses meilleurs amis: Dwyane Wade. Le fait que cette méthode ait rapporté un titre en 2006 a aussi facilité les choses.

    LeBron James et Dwyane Wade lors du training camp 2010 – Issac Baldizon/NBAE via Getty Images

    La forme physique est une facette essentielle de la ‘Heat Culure’. Mais Riley axe également ses priorités sur ce qui entoure ses joueurs. Il voulait instaurer un environnement sain lui permettant ainsi de triompher.

    « Les joueurs devraient avoir une routine tous les jours. Pas de chaos, pas vingt-cinq personnes autour du vestiaire, dans la salle de musuclation, aux entraînements. […] Si j’étais encore coach ? Ni pensez même pas. Ce serait comme à l’armée. Mais je ne suis pas le coach. Et je ne vais pas non plus forcer ces choses là pour Spoelstra. Mais pour LeBron, (les exigences) n’étaient pas sévères. Elles étaient juste différentes. » Pat Riley

    Des conditions totalement à l’opposé de ce que James a connu à Cleveland, et ce dernier a mis un peu de temps à s’y faire.

    « Il a eu un peu de difficultés au début avec ça. Mais je me rappelle lui avoir dit : ‘Peut-être que c’est la chose qu’il te manquait. Peut-être que tu ne l’avais pas à Cleveland. Peut-être que c’est tout simplement ce qu’il te manque. Essaye juste au moins une fois.’ » Pat Riley

    Les habitudes de James ont été boulversées sous l’impulsion de Riley et de la franchise. Ses conseillers (ses amis) ne font pas parti de l’avion de l’équipe, un changement par rapport à son époque Cavaliers.

    « Dans les années 80 avec les Lakers, les joueurs venaient me voir et me disaient : ‘On ne veut pas des familles dans l’avion.’ Une fois que vous acceptez une ou deux personnes, après vous avez les amis, puis les cousins, puis les parents. Ce n’est plus une équipe de basket qui essaye de botter le cul des autres équipes, ça devient une sorte de voyage de vacances. » Pat Riley

    Le Big Three lors de son 1er match à Boston, octobre 2010 – AP Photo/Winslow Townson
    DALLAS, 27 novembre 2010

    Les débuts du Big three sont plus compliqués que prévus avec un bilan de 9v-8d. Une défaite 106-95 à Dallas, et LeBron James n’a pas su contenir sa frustration avec ce petit coup d’épaule contre son coach Erik Spoelstra lors d’un temps mort dans le 3e quart-temps. Un événement largement relevé par les médias, mais pour Riley ce n’est rien.

    « Ca, pour moi, ce n’est rien. Je veux dire, bon sang, j’avais l’habitude de charger sur le terrain vers des joueurs et de les attraper à la poitrine avec leur maillot. » Pat Riley

    Néanmoins, il est reporté par ESPN, selon une source proche de l’entourage de James, que Spoelstra était trop dur avec James, et qu’il lui avait dit, en présence de toute l’équipe, d’être plus sérieux. Les joueurs auraient l’impression de ne pas être eux-même.

    « Qui que ce soit dans sa ‘famille’ qui a porté ces accusations tôt dans la saison. Avant même d’avoir joué 20 matchs, n’a absolument rien compris concernant les dynamiques pour construire cette équipe. » Pat Riley

    Ce début d’exercice compliqué et les tensions naissantes au sein du groupe ont forcé la planification d’un meeting le lendemain de la défaite à Dallas. Dans son bureau, Riley convoqua le big three.

    « Ils ont juste dit: ‘On ne le sent pas.’ ou quelque chose du genre. Et je me rappelle que LeBron me regardait et m’a dit : ‘Ça ne te démange pas ?’ J’ai dit : ‘Démangé de quoi ?’ Il a dit : ‘Démangé de coacher à nouveau ?’, J’ai répondu : ‘Non ça ne me démange pas pour ça’. Il ne m’a pas posé d’autres questions et je n’ai pas donné d’autres réponses. Je me remémore souvent ce moment et je me demande à quoi il pensait à cet instant. Il est sorti de la salle en se grattant la jambe comme si ça le démangeait. » Pat Riley

    Erik Spoelstra et LeBron james 2010 – Marc Serota Getty Images
    CLEVELAND, 2 décembre 2010

    Miami a repris quelques couleurs après ce meeting en enchaînant une victoire contre Washington puis contre Detroit. Le jour suivant, James et sa nouvelle équipe doivent affronter les Cavaliers et toute une ville qui se prépare à se défouler sur leur ancien prodige. En bon leader, Wade a placé ses mots face aux journalistes juste avant le match.

    « Cette famille, sa nouvelle famille le soutient et l’aime profondément. C’est un match spécial pour notre frère. » Dwyane Wade

    On pouvait entendre le bruit et la colère des fans de Cleveland dans le vestiaire, les murs tremblaient, l’arène était chauffée à blanc. Mais James a senti qu’il n’était plus seul. Sur le tableau blanc furent notés les mots : band of brothers, tirés d’un livre sur la WWII. Les coéquipiers de James veulent faire en sorte de gagner ce match, coûte que coûte, même au détriment du beau jeu.

    La consigne était d’éteindre l’une des rares menaces offensives des Cavs : Mo Williams. Dès le début, Wade intercepte un ballon et part pour le dunk, s’en suit une série de prise à deux et une défense étouffante sur le pick and roll. L’arrière des Cavs sera limité à 2/8 aux tirs sans oublier 4 pertes de balle. En face, James a rempli sa feuille de stats avec 38pts, 8pds et aucun ballon perdu.

    « Je ne pense pas que vous pouvez réaliser le match qu’il a réalisé à moins d’avoir cette sérénité qu’il a en lui. Cela montre à quel point il est exceptionnel pour faire la part des choses et jouer. » Pat Riley

    Cet état d’esprit et cette solidarité affichés dans cette rencontre ont facilité la construction de cette équipe. Un match à part tout de même, 4 fans ont été éjectés, un autre arrêté, 14 hommes de la sécurité surveillaient le banc du Heat, et un tunnel humain a été préconisé pour que les joueurs du Heat puissent regagner le vestiaire.

    *extraits recueillis dans le livre de Ian Thomsen: The Soul of Basketball: The epic showdown between LeBron, Kobe, Doc and Dirk that saved the NBA.

  • « The Decision »: les anecdotes de Pat Riley

    « The Decision »: les anecdotes de Pat Riley

    Tous les fans NBA connaissent: « The Decision ». Cette histoire, cette erreur de communication, ces paroles maladroites. Dans cet article, vous y trouverez des anecdotes et des citations de Pat Riley (Miami Heat), tirées du livre de Ian Thomsen: The Soul of Basketball.

    LeBron James lors du show TV programmé par ESPN – via Balita.com

    13 mai 2010, LeBron James et les Cavaliers se font sortir prématurément au 2e tour des Playoffs face aux Celtics (2v-4d) et ce, malgré une saison extraordinaire (61v-21d). Un échec supplémentaire dans la quête du titre pour le « King » qui va devenir libre fin juin. Pour la première fois de sa carrière, James va pouvoir choisir sa destination.

    LeBron James à Boston lors des Playoffs 2010 – via Cavaliersnation.com

    En plus de Cleveland, cinq équipes ont pu obtenir un entretien dans l’Ohio avec LeBron James et son entourage : les New Jersey Nets avec leur nouveau propriétaire: le milliardaire russe Mikhail Prokhorov en compagnie de Jay-Z, les Chicago Bulls, les New York Knicks avec leur tout nouveau coach Mike D’Antoni, les LA Clippers et le Miami Heat.

    Le Miami Heat est une jeune franchise âgée de seulement 22 ans mais qui possède dans ses bureaux depuis 1995, l’une des figures les plus célèbres de la ligue: Pat Riley. L’ancien arrière des Lakers dans les 70’s a été le coach des plus grandes stars de la NBA des années 80 aux années 2000: Magic Johnson, Kareem Abdul-Jabbar, Patrick Ewing, Shaquille O’Neal, Dwyane Wade…

    Pat Riley en conférence de presse pour la saison 2011-12 – via Hoops Habit

    Connu pour ses discours et sa rigueur de fer dans la préparation, le coach NBA aux cinq bagues de champion occupe le poste de président au sein de l’organisation du Heat. En charge de toutes les opérations basket, il avait établi un superbe plan quatre ans avant cette intersaison 2010.

    « Depuis 2006, nous avons pensé à ça, […] que nous souhaitions avoir cette opportunité de les réunir. […] J’avais annoncé que cela allait être l’opportunité d’une vie de construire une équipe via la Free Agency. D’autant plus que vous avez l’un de ces joueurs. » se remémore Pat Riley, qui était encore coach et président du Heat à l’époque.

    The Soul of Basketball

    Champion NBA en 2006 avec les superstars Dwyane Wade et Shaquille O’Neal, le Heat a connu ensuite une sévère descente aux enfers. Les blessures à répétition de Wade et la surcharge pondérale du Shaq n’arrangent rien, et Miami présente le pire bilan de la ligue lors de la saison 2007-08. Lors de la Trade deadline, Riley surprend la ligue en échangeant O’Neal contre l’ailier des Suns Shawn Marion. Une transaction pas très bien vécue par Wade.

    «A quoi vous pensez coach ? Comment allons-nous reconstruire une équipe pour gagner un titre ?» demanda Wade à son coach.

    « Le plan était d’investir sur des contrats courts pour maintenir cette flexibilité pour l’été 2010. […] Il (Wade) était de plus en plus impatient. Il me disait : ‘Si tu penses que LeBron va venir ici, tu es en train de rêver.’ J’ai acquiescé de la tête, je ne connaissais pas LeBron comme Wade le connaissait. Mais je ne pouvais pas croire que si Dwyane Wade, LeBron James et Chris Bosh pouvaient avoir la chance de jouer ensemble, ils ne voudraient pas le faire. » Pat Riley

    Pat Riley et Dwyane Wade – via Bleacher Report

    Riley a toujours eu la prétention de savoir mieux que les stars elles-même ce qu’il y a de mieux pour elles. En novembre 2009, lors de la réception des Cavaliers à Miami, Michael Jordan, (l’idole de LeBron James) est assis aux côtés de Pat Riley. LeBron et Jordan? Dans la même salle? La même ville? Riley aurait-il planifié cet éventuel rendez-vous?

    « Je n’ai jamais fait ça. Ce sont des Fake News. Cela ne s’est pas passé comme ça. » Pat Riley

    « Je me rappelle avoir reçu un coup de fil de Mike Fratello (ancien coach NBA et commentateur TV). Il m’a invité à dîner et Michael Jordan était en ville aussi, donc il est venu au dîner. […] Je l’ai invité pour le match et il m’a répondu : ‘Je viens au match seulement si je peux m’asseoir à côté de toi’. Donc nous voilà assis à côté pendant le match à parler de ce qui se passait en nous couvrant la bouche pour que personne ne puisse lire sur nos lèvres. On ne parlait que du match mais tout le monde pensait que je les avais réuni tous les deux ce soir là. » Pat Riley

    « Il n’y a jamais eu de conversations sur LeBron, ou un meeting, ou les rassembler tous les deux. Pourquoi Michael voudrait m’aider de toute façon ? » Pat Riley

    Pat Riley aux côtés de Michael Jordan – via Morning Journal

    Peut-être qu’il a demandé à Dwyane Wade, ami de LeBron, de lui parler afin de le convaincre de signer à Miami?

    « Je n’ai pas une seule fois demander à Dwyane : ‘Je veux que tu parles à LeBron’. Jamais. […] Si il l’a fait, c’est de son propre chef. Il savait que j’étais sur ces gars, que je préparai des rendez-vous si jamais on était sur leur liste. Et évidemment, on était sur leur liste. » Pat Riley

    1er juillet 2010, les franchises ont le feu vert pour parler aux joueurs sans contrat. Ce jour là, Riley et le Heat envoient un lien internet pour James afin de préparer le terrain pour un futur entretien.

    « Le 1er juillet, nous lui avons envoyé des identifiants pour se connecter sur un site contenant quatre parties différentes. D’une durée d’environ 30 minutes, sur la ville de Miami, la franchise, le propriétaire, notre quête de titres. Comme il s’est connecté, nous étions capables de voir où il s’est rendu sur le site. Il était très actif. Il a regardé notre présentation avant notre rendez-vous plus que n’importe quel autre joueur ne l’a fait. » Pat Riley

    2 juillet 2010, le jour du meeting est enfin arrivé. Dans la salle, le Heat est représenté par Pat Riley (GM), Andy Elisburg (Assistant GM), Micky Arison (propriétaire), Nick Arison (vice-président et fils du propriétaire), Erik Spoelstra (coach) et Alonzo Mourning (ancienne légende du Heat).

    En face, le camp de LeBron James est composé de son agent Leon Rose, et de ses amis de longue date Maverick Carter et Randy Sims.

    « J’ai commencé par : je veux que tu comprennes que nous allons faire en sorte que la chose la plus importante reste la chose la plus importante » Pat Riley

    Carter s’est mis à hocher la tête et à sourire. Il avait reconnu le début du livre ‘First Thing First‘ de Stephen Covey sur l’amélioration de soi.

    « C’est le début du livre : la chose la plus importante doit rester la plus importante. Maintenant, la chose la plus importante pour nous est de gagner des titres. La chose la plus importante pour nous est la continuité, le management et le coaching. La chose la plus importante pour nous c’est l’engagement, un seul propriétaire qui peut prendre toutes les décisions pour gagner des titres, posséder sa propre salle, construire une culture afin de se préparer à jouer le titre. Et, nous pensons que toi, Chris et Dwyane pouvez faire quelque chose de vraiment spécial. » Pat Riley

    Puis, Riley a enchaîné en présentant le propriétaire: Micky Arison. L’homme qui met l’argent sur la table, et qui ce jour là, a bien assuré à LeBron qu’il n’hésitera pas à dépenser.

    « L’un des thèmes abordé lors de ce meeting, c’est l’homme qui dit ‘oui’. Il a dit ‘oui’ pour gagner. Il a dit ‘oui’ pour un contrat de 125M$ pour Alonzo Mourning, et même pas 20 secondes après, il a dit ‘oui’ pour un autre contrat de 105M$ pour Juwan Howard, et après pour P.J. Brown et après Dan Majerle, et puis Brian Grant, et puis pour Eddie Jones et plus tard Shaquille O’Neal. […] Dès que Micky aperçoit une fenêtre pour le titre, et il est assez intelligent comme homme d’affaire pour voir ça, il dira ‘oui’. Il est en train de dire ‘oui’ à toi, à la taxe, et à tout le reste. » Pat Riley

    Pat Riley et Micky Arison – via Miami Herald

    Riley a laissé ensuite Spoelstra et Arison prendre en charge la suite de l’entretien avec à l’appui des vidéos sur comment LeBron pourrait s’intégrer dans l’équipe. Alors que la présentation continue, Pat Riley sort de sa valise, un graphique et un sac.

    « J’ai posé le sac juste à côté de moi sur la table et j’ai sorti un autre graphique et l’ai posé sur la table. » Pat Riley

    James n’était pas intéressé par le graphique, mais plus par le sac.

    « LeBron m’a demandé : ‘Qu’est-ce qu’il y a dedans ?’ Ensuite, LeBron l’ouvre et le vide sur la table. Il y avait 35 bagues différentes. » Pat Riley

    En 2006, le bijoutier Jostens avait créé une demi-douzaine de modèles pour célébrer le titre du Heat. Riley avait gardé ces exemplaires dans ce sac avec toutes celles qu’il avait accumulé depuis ses années au collège.

    « Il a joué avec pendant un moment. Il avait ce sourire sur son visage et il disait : ‘Quelles sont ces bagues ?’ J’ai répondu : ‘Ce sont des bagues de All-Star’. J’étais habitué à me déplacer dans le vestiaire (des All-Stars de la conférence Ouest) et tous les joueurs voulaient me huer car ils me voyaient chaque année. » Pat Riley

    Pat Riley a coaché l’équipe All-Star de l’Ouest 8 fois en 9 ans. De plus, il avait 6 bagues de champions avec les Lakers, en tant que joueur, assistant coach, une bague pour son entrée au HOF en 2008 ect… En face, LBJ n’avait rien dans son sac imaginaire, et ça, Pat Riley le savait bien.

    Riley avec l’une de ses bagues de champion NBA en tant que coach. – via ESPN

    Riley poursuivit l’entretien en évoquant les superteams et les titres.

    « Une partie de ma présentation était sur les superteams, des équipes qui ont gagné plusieurs championnats […], qui ont minimum trois joueurs que l’on peut considérer comme des superstars. Des grands joueurs qui ont sacrifié points, rebonds, et toutes ces choses pour remporter le titre. » Pat Riley

    « C’est essentiel. Tu ne vas pas gagner de titre en ajoutant simplement des gars. Cleveland a tout tenté pour toi. Toronto a tout tenté pour Chris. Mais ils ne pouvaient pas vous entourer des joueurs dont vous aviez besoin pour gagner un titre. […] Il y aura un tout autre niveau d’attente, qui sera plus élevé que lors des années « Chosen-1 ». Tu dois gagner maintenant, car si ce n’est pas le cas, ce sera un échec monumental. » Pat Riley

    4 juillet 2010, Pat Riley reçoit un appel de Leon Rose qui lui assure que les trois stars se dirigent bien vers Miami. Mais Pat Riley sait bien que cet appel n’est pas pour autant une confirmation. Wade et Bosh continuaient leurs meetings. Pat Riley n’a pas pris le risque de harceler ces stars et de leur mettre la pression malgré l’incertitude et la nervosité ambiante.

    « Bon, si on n’a pas ces trois gars et qu’ils décident d’aller ailleurs, alors on aura 48M$ à dépenser. Et il nous reste Mario Chalmers et Joel Anthony. » Pat Riley

    8 juillet 2010, le jour J. L’émission ‘The Decision’ a lieu, malgré les réticences de nombreuses personnes au sein de la ligue.

    « Je n’étais pas d’accord avec ça (avec le show TV). J’ai dit : ‘Ne fais pas ça !’ S’il allait vraiment le faire, il aurait du d’abord se diriger vers le bureau de Dan Gilbert et lui dire. » Pat Riley

    Wade et Bosh avaient annoncé leurs intentions de signer avec le Heat un jour plus tôt, et LeBron venait de prononcer ces mots inoubliables:

    « I’m going to take my talents to South Beach and join the Miami Heat » LeBron James

    LeBron James lors de The Decision – via TrashTalk

    « Quand il a dit ça, j’ai hurlé ! J’ai célébré avec Micky Arison et couru dehors et je pouvais entendre des cris de joie et des applaudissements partout dans South Beach. C’était une expérience incroyable. » Pat Riley

    « Cette nuit, à 3h du matin, on s’est retrouvé à l’aéroport. Il y avait deux jet privés qui ont attéri. Je me rappelle m’être dirigé directement vers LeBron, il était épuisé. Il avait presque les larmes aux yeux. » Riley

    Déjà à ce moment, le camp du joueur était au courant à propos de la terrible lettre accusatrice du propriétaire de Cleveland, Dan Gilbert.

    « Cette lettre leur a vraiment fait du mal. LeBron m’a simplement pris dans ses bras puis s’effondra. Et je me rappelle juste que tout cela semblait trop lourd pour eux. Ce n’était pas comme s’ils étaient heureux d’être à Miami. Il venait juste de couper le cordon avec sa vie à Akron (Ohio), et cela demande énormément de courage pour faire ça» Riley

    9 juillet 2010, Wade, Bosh et LBJ ont demandé à Pat Riley un contrat de 6 ans, ce qui signifie que Miami doit négocier un sign and trade avec Cleveland et Toronto un jour après ‘The Decision‘.

    « Les échanges ne furent pas une partie de plaisir. » Pat Riley

    Dans les négociations, Miami a dû lâcher deux choix de 1er tour de draft ainsi que deux 2nd tour. Toronto a également récupéré des choix de draft, de quoi compromettre l’avenir à long terme de la franchise floridienne.

    « On les avait en fait avec nous dans notre bureau avec leurs familles et leurs représentants. Tout le monde étaient souriants et heureux et la dernière chose que vous voulez dire c’est : ‘On ne peut pas faire ces transactions’. Et d’entrer dans un débat. Henry Thomas (agent de Bosh et Wade) m’a dit : ‘Ces gars en valent la peine.’ » Pat Riley

    Mais, ces stars ont tout de même accepté de réduire leur salaire annuel afin de signer d’autres joueurs, James voulait jouer avec Mike Miller puis Wade a voulu faire prolonger son ami de longue date: Udonis Haslem. Les autres recrues n’ont pu signer qu’au minimum salarial.

    « On avait 7 joueurs dès le départ puis tout le monde a commencé à nous appeler. ‘Voulez vous Juwan Howard pour le minium ?’ On a eu Ilgauskas au minimum, on a eu Eddie House au minimum. Avant que vous vous en rendiez compte, on a pu construire un effectif rempli de solides vétérans pour cette première saison. » Pat Riley

    Chris Bosh, Udonis Haslem et Mike Miller – via Marc Serota/Getty Images North America

    10 juillet 2010, le Heat organise une grande fête au sein de leur salle, pour avoir assemblé le Big Three. Pat Riley reconnaît un manque de classe et d’humilité, surtout après le show TV de James.

    « Je me souviens quand je suis arrivé, je n’en revenais pas de voir 18000 personnes dans cette salle. […] C’était la même chose pour Shaq […] Il y avait des milliers de fans pour lui. Dwyane m’avait dit : ‘faisons quelque chose plus grand que ça’. […] Je savais que ça allait être quelque chose, mais je n’avais jamais envisagé ça. C’est de ma faute. Mettez tout ça sur mon compte. » Pat Riley

    Bosh, Wade et James lors de la célébration – via Miami Herald

    LeBron James, la superstar la plus généreuse et la plus altruiste des parquets venait de décevoir un nombre incalculable de fans avec ‘The Decision‘, ce dernier a enchaîné avec des phrases maladroites pour certains, et remplies d’arrogance pour d’autres.

    « Not two, not three, not four, not five, not six, not seven… » s’exclama James en réponse au nombre de titres que le Heat va remporter.

    Le boss du Heat est bien conscient de cette maladresse, surtout dans un tel contexte. Il est évident, que si c’était à refaire, il ne répéterait pas la même erreur.

    « Cela a jeté de l’huile sur le feu. […] Je pense que si j’avais porté plus d’attention à cet événement et à comment les présenter, une conférence de presse aurait fait l’affaire. Si c’était à refaire, je l’aurai modifié et fait de manière plus sensée. C’était dingue ! » Pat Riley

    Le début de l’aventure des Tres Amigos n’est pas encore commencé que beaucoup souhaite l’échec de cette formation. Une situation complexe et inédite pour l’expérimenté Pat Riley.

    « C’était réellement bizarre, la façon dont ça s’est terminée. Je fais parti de cette ligue depuis 50 ans , j’ai été dans de nombreuses situations qui ont créé de la controverse ou pas, des célébrations, des belles histoires, des mauvaises histoires. Mais celle là est tout en haut de la liste des plus négatives envers LeBron. Et il n’y avait pas mille façons de l’aider à part de traverser cette épreuve avec lui. » Pat Riley

    *extraits recueillis dans le livre de Ian Thomsen: The Soul of Basketball: The epic showdown between LeBron, Kobe, Doc, and Dirk that saved the NBA.

  • Être retraité en NBA

    Être retraité en NBA

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    Kyrie Irving, grimé en petit vieux pour son film Uncle Drew. Source : Deadline.com

    Chaque semaine, Clutch Time vous propose une immersion dans l’univers de la grande ligue. Entre phénomènes identitaires et tendances extra-sportives, votre média basket analyse le paysage culturel de la NBA.

    L’Éternité. Ne serait-ce pas l’idéal auquel aspirent tous les artistes, qu’ils manient un pinceau ou une balle orange ? Que les gens se souviennent de leur carrière. Que leurs exploits restent. Racontés encore et encore après que le buzzer sonne, et que leurs dernières secondes passées sur le parquet se soient écoulées. Malheureusement pour nous, les athlètes NBA n’ont pas accès à la fontaine de jouvence, (sauf Vince Carter). Un jour, il faut raccrocher ses baskets, et ensuite ? Que se passe-t-il dans la tête d’une superstar à la fin de son épopée ? Comment se réorienter lorsqu’on est un athlète professionnel ? Clutchtime vous propose une incursion inédite : direction les coulisses de la maison de retraite de la plus belle ligue au monde.

    Raccrocher ses baskets, enfiler ses sneakers

    Les dernières années ont été difficiles. Il a fallu évoluer avec son temps. S’adapter aux nouveaux systèmes de jeu en proposant une partition moins physique, plus technique. Accepter que les minutes passées sur le terrain soient en baisse, tout comme le montant de son contrat. Vieillir en NBA nécessite des trésors d’adaptation. Certains joueurs s’en sortent d’ailleurs mieux que d’autres, car leur profil, leur style de jeu intéressent toujours des équipes qui jouent le titre. Ray Allen a ainsi parfaitement réussi sa transition pour devenir un sixième homme de luxe pour le Heat champion en 2013, les Spurs s’en souviennent.

    Les dernières années d’un vétéran ne sont pas forcément arides.  Il incombe au joueur expérimenté la lourde et noble tâche de former les plus jeunes. Devenir un mentor pour les gloires de demain, c’est le rôle que joue à merveille Kyle Korver, proche de la fin mais toujours aux Bucks cette saison. Le quatrième shooter à 3pts de l’Histoire de la NBA participe à familiariser Giannis Antetokounmpo, MVP sortant, au tir à longue distance. 

    Cependant, un jour la dernière saison arrive. La sortie n’est pas identique pour tous les joueurs. Certains ont marqué la NBA de leur empreinte et ont le droit à une  tournée d’adieu, les honneurs du public chaque soir. Viendront ensuite, le ou les maillots retirés et pour une poignée d’entre eux, le Hall of Fame : la consécration.

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    Ray Allen lors de son discours d’intronisation au Hall-of-Fame en 2018. Source : Nba.com

     D’autres, désormais boudés par les franchises sont condamnés à partir dans l’ombre, plus sobrement. Parfois par dépit, lorsque l’accumulation des blessures et la fatigue du corps pousse à la retraite anticipée. Quelle que soit la forme du départ, elle ne doit pas minimiser ce que chaque joueur a apporté aux équipes NBA. C’est grâce à son travail acharné durant sa vie d’athlète qu’il a réussi à se hisser jusqu’à cette ligue compétitive.
    Que reste-t-il lorsque vient le temps de raccrocher ses baskets ? Peut-être l’émotion, le soulagement, les souvenirs et la sensation d’une retraite méritée. Commence ensuite une nouvelle carrière. 

    S’accrocher à la NBA

    S’accrocher à la NBA. Cela semble compréhensible quand le basket a été au centre des espérances, du développement d’un individu en tant que jeune adulte. La porte est parfois claquée à regret et nombreux anciens joueurs désirent préserver leurs liens avec la grande famille du basket. Plusieurs perspectives de reconversion s’offrent alors à eux. 

    La plus évidente est de travailler pour sa franchise de cœur, et les opportunités sont multiples. La voie royale pour ne pas trop s’éloigner des terrains reste le coaching. De nombreux joueurs se voient en tacticiens cérébraux et aspirent tout d’abord à un poste d’assistant coach, espérant prendre un jour les rênes d’une équipe. Ce parcours professionnel n’est pas le plus évident : les meilleurs joueurs ne font pas les meilleurs entraîneurs, bien au contraire. 

    Se faire respecter dans les vestiaires et gagner la confiance des jeunes par ses choix tactiques est un exercice souvent périlleux. En cas d’échec, le coach est souvent présenté comme un bouc-émissaire. La réputation d’un Magic Johnson, véritable magicien et métronome tactique n’a pas été consolidée par son expérience en tant que meneur d’hommes. Coach des Lakers en 1994, la franchise rate alors les playoffs pour la première fois depuis 18 ans. 

    Aujourd’hui, Tim Duncan et Becky Hammon, deux légendes du basket ball, secondent Gregg Popovich au coaching des Spurs et aspirent probablement à mener un jour une équipe au titre, comme ils l’ont fait durant leur carrière d’athlète.

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    Gregg Popovich aux couleurs des Falcons De l’US Air Force, 1969. Le légendaire coach des Spurs n’a jamais joué en NBA. Source : GettyImages.com

    En arrière-plan du coaching, de nombreux retraités s’intéressent à des postes associés au développement d’une franchise : Manager, Président ou Directeur Général des opérations basket par exemple. Cependant, un décalage persiste entre  le jeu sur le parquet et le jeu derrière les bureaux. Si les retraités ont l’expérience de la ligue et de son sport, cette seconde carrière nécessite un apprentissage des qualités intrinsèques à un nouvel environnement entrepreneurial. Les réussites ne sont pas immédiates et systématiques.  Larry Legend Bird fait peut-être exception à la règle. Le patron des C’s durant les années 1980 a été nommé successivement Coach of the Year et « Dirigeant de l’Année » avec la franchise de son État de naissance, les Indiana Pacers. Ce palmarès si varié illustre les capacités d’adaptation et de compréhension du basketball en tant que véritable science par Bird.

    Enfin, en gravitation permanente autour de la ligue, les médias constituent une orientation de niche pour d’anciens joueurs beau parleurs. A l’aise face aux caméras lors de leur passage en NBA, ils constituent désormais un atout de séduction lorsqu’ils représentent  un organe de presse ou de télévision. Charles Barkley, ou Big Shaq brillent en qualité de présentateurs pour le show Inside the NBA, diffusé sur la TNT. Un  ravissement pour les nostalgiques de leur verbe corrosif.  D’autres retraités/journalistes deviennent commentateurs des matchs ou consultants analystes de la grande ligue. 

    Les analystes Scottie Pippen et T-Mac étudient la meilleur stratégie à adopter en défense sur James Harden.
    Source : ESPN, 2019.

    La NBA ne rechigne pas à solliciter les services de ses anciennes légendes. Ces partenariats sont d’ailleurs une opportunité pour les joueurs retraités qui s’adaptent à de nouvelles dynamiques professionnelles.  

    Ruine ou Business ? 

    “60 % des joueurs NBA sont ruinés après cinq années de retraite sportive. »

    Source : « How (and why) athletes go broke » 23 mars 2009, Sports Illustrated.

    C’est le triste constat que dressait le journaliste Pablo S. Torres pour Sports Illustrated en 2009. 

    Pourtant, les athlètes sont éligibles à une retraite confortable dès lors qu’ils ont passé plus de 3 saisons sur les parquets de la grande ligue. La NBA est la ligue sportive américaine qui prend le mieux soin de ses retraités avec une aide annuelle pouvant s’élever de 57 000 dollars à 195 000 dollars par an. Cette somme semble suffisante pour aspirer à une vie paisible, en prenant en compte les gains amassés en carrière et les investissements potentiellement réalisés grâce aux conseillers en patrimoine de la grande ligue. 

    Dès lors, pourquoi cette situation de ruine généralisée auprès des jeunes retraités ? 

    Probablement car la transition n’est jamais indolore et parfois brutale. Les athlètes quittent un encadrement quotidien imposé par leur franchise. Le relâchement est compréhensible, car la rigueur n’est plus de mise pour rester à un niveau compétitif. Si des anciennes stars comme Dwyane Wade s’imposent des séances de workout régulières pour ne pas ressembler trop vite à un papy, d’autres profitent amplement de leur nouveau statut. Ces retraités n’ont pas attendu de raccrocher les baskets pour dépenser des sommes astronomiques dans les festivités. Cependant, la liberté acquise incite à la démesure. Les dépenses qui s’accumulent mènent pragmatiquement à la ruine. 

    Dennis Rodman est connu pour son train de vie de clubber déjanté et ses déboires financiers. Totalement fauché mais fidèle à son idéal de luxure, il s’est résigné à jouer des matchs de gala aux cachets faramineux pour survivre financièrement. En 2005, il jouait une rencontre officielle en territoire finlandais : 17 minutes de jeu et 50 000 dollars dans la poche. 
    Si Pippen, Iverson ou Shawn Kemp ont eux aussi bataillé avec leurs comptes en banques, d’autres superstars se sont heureusement révélés de redoutables businessmen. 

    Le plus emblématique reste Michael Jordan. Son altesse des Bulls a érigé sa marque éponyme en modèle marketing et commercial mondialisé. Partout sur la planète, les chaussures signatures ou produits dérivés du logo Jumpman  inondent les marchés locaux. 

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    Jordan, posant le cigare aux lèvres en parfait millionnaire. Sur sa casquette, le logo de sa marque jumpman qui a fait sa fortune. Source : USA today.

    En 2020, le magazine américain Forbes tient Jordan à la 1281ème place des plus grandes fortunes mondiales. L’ex numéro 23 détient un capital qui s’élève à 1,9 milliards de dollars. Il est devenu propriétaire des Charlottes Hornets en 2010, pour 175 millions de dollars. Encore un investissement fructueux de la part du GOAT, car la valeur de la franchise a été multipliée par 10 en une décennie. 

    A 35 ans, la rupture avec son travail, sa passion, peut sembler difficile pour un joueur NBA. Les athlètes professionnels doivent cependant assurer leur transition vers une seconde vie. Plus éloignés de la lumière médiatique, de la pression des parquets, nombreux d’entre eux se refusent pourtant de quitter totalement l’amour des fans et de la grande famille NBA. Parfois présentes au premier rang spectateur d’un match, les anciennes gloires accompagnent la nouvelle génération de joueurs dans le sillage de leurs souvenirs sur les parquets.


  • Vices et Excès en NBA

    Vices et Excès en NBA

    Chaque semaine, Clutch Time vous propose une immersion dans l’univers de la grande ligue. Entre phénomènes identitaires et tendances extra-sportives, votre média basket analyse le paysage culturel de la NBA.

    “God Bless America”.  Les Etats-Unis sont une nation religieuse et puritaine, au moins en façade. Mais quid des dérives du Capitalisme, d’Hollywood, de Donald Trump, et de la NBA ? La première ligue sportive du pays brasse de l’argent et suscite la frénésie de ses fans. Des athlètes millionnaires dans la fleur de l’âge s’affrontent tous les soirs sous le feu des projecteurs.  Le vice et les excès liés à leur statut sont inévitables, pour le grand plaisir de la presse à scandale américaine. Face à la pression médiatique, comment les joueurs NBA gèrent-ils la tentation et les petits plaisirs de la vie liés à leur notoriété ? 

    Andre Iguodala célébrant son titre avec les Warriors en 2017, source : Quora. 

    Eat Good Play Good 

    “TACOOO TUESDAAY”, c’est le hurlement de bonheur de Lebron James face à ses tacos. Sur le réseau social Instagram, le King célèbre une coutume initiée  par la diaspora mexicaine aux Etats-Unis. Chaque mardi soir, en famille, la tortilla est au menu. À jamais un business man, Lebron a désiré faire de son cri du cœur pour la nourriture latina une marque déposée. Le joueur entretient une relation ambiguë avec la “malbouffe” : rarement dans son assiette, souvent dans son porte-monnaie. Il détient une part du capital de la société Blaze Pizza et a fait la publicité des chaines MacDonald’s, Coca-Cola ou Dunkin’ Donuts durant sa carrière.

    Lebron James fait pourtant attention à son régime alimentaire. Associé à une éthique de travail rigoureuse, son attachement à la nourriture saine explique sa longévité. En 2018, son manager Maverick Carter avait divulgué que l’enfant d’Akron  dépensait chaque année près de 1,5 millions de dollars pour préserver sa condition physique exemplaire. 

    De nombreux joueurs emploient des chefs cuisiniers et diététiciens pour contrôler leur poids, car être gras en NBA semble rédhibitoire. En 2018, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) affirme que 39 % de la société américaine est obèse. Avec près de 15 000 établissements McDonald’s sur le territoire, le pays tient la culture du fast-food en religion. La tentation est forte durant la trêve estivale, et de nombreux joueurs en profitent pour croquer la vie, et le cheeseburger, à pleine dents.

    Shaquille O’Neal, égérie pour une publicité du Fast-Food Slutty Vegan, à Atlanta. Source : Page Facebook de la chaine.

    Les coachs NBA sont au diapason quant à la gestion de ces joueurs hédonistes. Être hors de forme par rapport aux standards de la ligue, c’est voir mathématiquement son temps de jeu sur le banc augmenter. Les kilos en trop induisent des performances athlétiques en baisse et une vulnérabilité aux blessures musculo-articulaires. 

    Une NBA grossophobe ? Demandez à Nikola Jokic. Comme le Serbe, certains joueurs n’ont pas le physique standardisé de la grande ligue mais compensent avec un bagage technique supérieur. Il y a les faux lents et les phénomènes physiques dotés d’une génétique qui font oublier les kilos en trop. 

    Le Alley-Oop stratosphérique de Zion Williamson la nuit du 2 février face aux Rockets. Revenu de blessure hors de forme, le rookie pèse 130 kilos pour 1.98m. Zion est le troisième joueur le plus lourd de la ligue.

    Si les historiens de la NBA ne devaient relater qu’une performance XXL, ce serait sûrement la saison 2003-2004 de Shaquille O’Neal. Le pivot des Lakers pèse alors 165 kilos. Ce poids de forme ne l’empêche pas de jouer 67 matchs avec une ligne statistique de 21 points et 11 rebonds de moyenne. Shaq disposait d’une mobilité et d’une puissance incroyable pour un big men de son gabarit. 

    Glen Davis, Olivier Miller … ou encore Serge Ibaka et son show culinaire sur Youtube ont prouvé qu’on peut allier amour du basket et de la gastronomie. En coulisses des parquets, d’autres addictions moins visibles peuvent séduire les joueurs de la ligue. 

    La stupéfiante NBA

    La NBA accueille des talents issus de toute classe sociale. Dans leur jeunesse, certains joueurs ont été confrontés à la drogue, symptomatique de la misère et la pauvreté dans les zones urbaines aux Etats-Unis. C’est le cas de Patrick Beverley, qui s’est confié cette année à ESPN et au journaliste Ohm Youngmisuk. Interrogé sur ses perspectives dans la vie s’il n’avait pu quitter la banlieue de Chicago pour devenir un sportif professionnel, le meneur des Clippers a donné une réponse aussi franche que radicale :

    « J’aurais probablement été le meilleur vendeur de drogue du monde”. 

    Source : Patrick Berverley pour ESPN, le 22 novembre 2019.

    De nombreux joueurs ont ainsi évolué dans un environnement favorable à la possession et à la consommation de substances. La ligue a conscience de cette réalité et mène une politique sévère à l’encontre des stupéfiants, susceptibles de mettre en danger la santé de ses athlètes. Un accord a été signé avec l’association des joueurs dans le cadre de “L’Anti-Drugs Program”. 

    Le site internet SportsReference.com rappelle la législation adoptée par la NBA pour le traitement de ce sujet. 

    Les joueurs peuvent subir jusqu’à cinq tests d’urine aléatoires durant la saison. Ces tests concernent aussi bien les produits stéroïdes et autres hormones, que la cocaïne, le LSD ou la marijuana. Tous les joueurs sont susceptibles d’être contrôlés. Cependant, une vigilance particulière est accordée aux rookies, afin de les sensibiliser dès leurs premiers pas dans la ligue. En cas de test positif à la weed, le joueur intègre obligatoirement le programme de suivi des addictions de la ligue. Les sanctions sont ensuite croissantes selon la gravité de la situation et les éventuelles récidives. De quelques matchs de suspension et une amende de 25 000 dollars, elles peuvent aller jusqu’à un bannissement maximal de deux ans, imposé à Chris Andersen pour usage de drogues dures en 2006

    Illustration de fan de Chris Andersen, alias Birdman,  sous les couleurs du Heat. Source : Clutchpoints.com

    Ce suivi s’adapte aux besoins des athlètes et permet de prévenir les drames qui ont secoué toute la communauté sportive américaine, comme le décès par overdose du jeune Lens Bias, sélectionné en deuxième position de la draft 1986 par les Celtics.  Les grandes instances de la NBA veulent ainsi préserver leur image mais aussi assurer le bien-être de leurs premiers employés. 


    De plus, malgré leur statut privilégié, les athlètes ne sont pas immunisés à la dépression. Une traversée du désert dans une carrière peut mener à l’alcoolisme. DeMar Derozan ou Kevin Love se sont engagés récemment au sein de la communauté NBA pour témoigner, prévenir et accompagner les joueurs qui subissent ce fardeau existentiel.

    Durant la saison 1988-1989,  Chris Mullin, membre du triptyque offensif up tempo  “Run TMC”, a dû affronter son addiction pour l’alcool. Arrivé à Oakland chez les Warriors, l’arrière s’acclimate difficilement aux exigences de ce nouveau cadre, loin de son quartier natal de Brooklyn. Son refuge dans la boisson mine  son assiduité à l’entraînement. C’est son coach et mentor, Don Nelson qui l’incite à intégrer un programme de désintoxication. Le soutien dispensé en rehab permet à Mullin de retrouver un équilibre sur et en dehors des parquets. 

    L’alcoolisme reste un problème aigu en NBA, notamment une fois les sneakers raccrochées. Dans la luxure, d’anciennes légendes finissent par dilapider tous leurs gains amassés en carrière. 

    Sexual Healing

    Avis aux âmes sensibles, ici commence le royaume de l’intime. Certes, la vie privée des joueurs ne nous regarde pas. Cependant, leurs frasques nous amusent, car elles jurent avec l’image que veut donner la NBA à son business. Les valeurs louables liées à la communauté, et à la famille sont régulièrement mises en scène autour d’acteurs du jeu exemplaires. 

    Ne soyons cependant pas hypocrites. Une piqûre de rappel gossip ne peut pas faire de mal, surtout pour réduire la distance pouvant exister entre ces monstres sacrés du parquet et nous, simple fans. Les livres d’Histoire de la ligue regorgent d’anecdotes sur la libido de ses légendes. 

    Wilt Chamberlain et ses 100 points en un match se targue de disposer d’un record encore plus rocambolesque. Dans sa biographie, A View From Above (1991), il affirme avoir couché avec plus de 20 000 femmes, soit “une moyenne de 1,2 par jour depuis ses quinze ans”. 

    Légende du jeu, Dennis Rodman est adoré car c’est aussi un personnage haut en couleurs. Champion intercatégories, the Worm a la réputation de donner dans tous les vices. Nous ne nous attarderons aujourd’hui que sur ses exploits sous la couette.  Les hustle plays se déroulent aussi hors du temps réglementaire, et le numéro 91 des Bulls a affirmé s’être fracturé le sexe à trois reprises. Pour les plus curieux d’entre vous, les circonstances de ses mésaventures sont détaillées dans une interview que l’ex-petit ami de Carmen Electra et Madonna  a accordé au média VICE, en 2016.  

    Récit des blessures légendaires de Dennis Rodman, produit et réalisé par le média VICELAND. Source : Youtube

    Tempérons nos jugements. Certains joueurs évoluent dans des gros marchés et nombreux sont des athlètes millionnaires. A New-York, Miami ou  LA, difficile d’ignorer la fête qui sert d’exutoire à la tension accumulée durant la saison. Le très sérieux Sports Illustrated a ainsi publié une étude statistique sur James Harden, montrant que l’ex-MVP performait en moindre mesure lorsqu’il était en déplacement dans une ville réputée pour ses strip-clubs. 

    Le 26 janvier 2020, une vidéo de Kawhi Leonard fuite sur Twitter. Le joueur des Clippers apparaît en club aux côtés d’une danseuse dénudée, lascive. Cette saison, le joueur est souvent préservé par sa franchise au nom d’un load management assumé, et l’extrait soulève la moquerie de certains fans. Kawhi semble disposer d’assez de vigueur pour évoluer sur les parquets. Si cette telle polémique amuse, elle humanise aussi the Claw, souvent perçu comme un tueur timide qui ne vit que pour le basket. 

    La parenthèse gossip se referme. La NBA passionne par sa démesure qui induit des moments de faiblesse et des ragots de l’autre côté du rideau. Prenons conscience qu’il est difficile pour ces joueurs médiatisés de préserver leur vie privée, à l’écart des caméras. Les excès extra-sportifs des joueurs sont compréhensibles lorsqu’on réalise les sacrifices nécessaires à l’intégration  de cette ligue ultra-compétitive. Pour notre grand bonheur le vice est partout, même dans une NBA qui se veut si lisse et policée. 

  • L’été 2021 de Rudy Gobert !

    L’été 2021 de Rudy Gobert !

    Chaque été, la NBA est pleine de rebondissement durant la Free Agency, plusieurs joueurs vont et viennent dans différentes franchises pour des raisons diverses, certains pour ne pas finir leurs carrières sans bague ( David West, Gary Payton, Karl Malone ou encore Kevin Durant ) et d’autres pour trouver la franchise qui leurs conviendraient ( Lebron James ou encore Kawhi Leonard ). C’est pour cela qu’aujourd’hui, Clutch Time vous plonge dans des suppositions quant à l’avenir de notre Gobzilla National.

    Rudy Gobert : double Défenseur de l’année
    Source : @rudygobert27

    Agent libre en 2021, Rudy Gobert va avoir un choix très important à faire pour la suite de sa belle carrière, en possession de deux titres de défenseur de l’année, beaucoup d’équipes vont vouloir acquérir un tel joueur et même si Rudy semble déterminé à rester dans l’Utah pour le reste de sa carrière, Clutch Time se pose la question de ce que donnerait le départ de Rudy dans une autre franchise et surtout, quelle(s) franchise(s) seraient prêtes à attirer le joueur ?

    • Statistiques en Carrière : 11.5 points / 14.5 Rebonds / 2.2 Contres
    • Statistiques en 2019/2020 : 15.4 points / 14.5 Rebonds / 1.9 Contre

    Pourquoi partir du Jazz ?

    Un départ pour enfin devenir All-Star ?

    Rudy Gobert est heureux au Jazz, c’est clair et concis mais parfois, cela n’est pas suffisant pour un joueur majeur en NBA. Aujourd’hui, Rudy n’a pas encore connu la saveur du All Star Game tout en étant l’un des joueurs les plus importants de son équipe et même s’il y a de forte chance qu’il le soit cette année, cela serait en grande partie une conséquence des blessures de joueurs dominants à son poste comme Karl-Anthony Towns ou encore Nikola Vučević (revenu de blessure depuis).

    Rudy Gobert ému après avoir appris qu’il ne serait pas All-Star

    Cette situation peut sembler être un problème minime dans sa décision lors de la Free Agency mais la réalité est que cette distinction semble être très importante pour lui, au point de ne pas pouvoir retenir ses émotions lors d’une session média le 1er février 2019 après la révélation des réservistes du match des étoiles.

    La raison principale à cette non-sélection est directement liée à sa situation sportive actuelle. En effet, Rudy joue dans un petit marché et même si cela n’empêche pas les joueurs du calibre de Devin Booker ou encore Nikola Jokić d’être dans les votes pour le All-Star Game, cela se révèle plus difficile lorsque l’on est considéré comme un spécialiste de la défense.

    Dans une NBA complètement offensive, les fans ne souhaitent pas spécialement voir ce type de joueur étiqueté à un rôle défensif durant le All Star Game sauf dans de rares exceptions comme Al Horford, Paul Millsap ou encore Draymond Green qui ont été sélectionnés en grande partie grâce aux succès de leurs équipes respectives.

    Un départ afin de pouvoir enfin reconnaître ses qualités offensives ?
    Rudy Gobert surnommé The Stifle Tower, The French Rejection ou encore Gobzilla
    Source : @rudygobert27

    La seconde raison d’un possible départ pourrait être le manque de résultats en playoffs. Durant les dernières années, Rudy a exprimé plusieurs fois une grande frustration sur son rôle offensif dans cette équipe du Jazz mais également une difficulté constante rencontrée par son équipe afin d’augmenter l’intensité et le niveau de jeu durant les Playoffs comme une équipe prétendante au titre se doit de le faire.

    Même si tous les joueurs passent par cette phase de frustration, Rudy n’a jamais dépassé le second tour des Playoffs durant ses sept années professionnelles en NBA. A ce rythme, si le front office ne fait rien pour changer cette situation, il est probable que ce dernier décide de changer d’air.

    Cette saison, Rudy Gobert se présente tout de même comme un joueur, à plus de 67% de réussite au tir tout en prenant moins de tir que l’année dernière (8.5 cette année contre 8.8 l’année dernière) ce qui montre une grande problématique dans le style de jeu du coach du Jazz.

    En effet, Quin Snyder, coach du Jazz, ne semble pas écouter son pivot, pourtant très important a la réussite de l’équipe, en lui donnant plus de responsabilités offensives et surtout, en lui offrant des systèmes offensifs qui pourraient mettre à mal beaucoup d’équipes en NBA qui se repose énormément sur le Small Ball.

    Un départ décidé par amitié ?

    Cette hypothèse est peu probable mais the Stifle Tower, comme beaucoup de monde le surnomme, pourrait avoir des envies de départ pour jouer avec un ami, un peu comme son ex-coéquipier au Jazz en 2016-2017, Boris Diaw qui avait rejoint, durant son prime, Tony Parker au Spurs et dont le rêve était de jouer en NBA avec son ami de toujours.

    Rudy Gobert et Evan Fournier
    Source : Kevin Couliau

    Rudy Gobert, pourrait donc être tenté de rejoindre Evan Fournier qu’il côtoie depuis sa jeunesse. Cela ne serait pas une mauvaise idée tant on a pu voir durant la Coupe du Monde 2019 en Chine que le duo avait une entente parfaite et surtout une aisance dans leurs nouveaux rôles de leader du basket Français (surtout que les deux Français ont le même agent, Bouna Ndiaye). Cependant, la question se pose de savoir si cette entente est suffisamment impressionnante pour être efficace en NBA.

    Il est également possible de citer Ian Clark avec qui Rudy Gobert est devenu très proche mais qui est parti malheureusement très rapidement du Jazz pour connaître une petite carrière intéressante avec les Warriors avant de rejoindre désormais les Flying Tigers de Xinjiang en Chine et dont le retour en NBA semble utopique.

    Quelles Franchises en cas de départ ?

    Les Warriors

    Draymond Green, Stephen Curry, Klay Thompson et D’angelo Russell
    Source : @warriors

    En 2021, Stephen Curry (33 ans) et Klay Thompson (31 ans) seront toujours dans de très bonnes conditions pour retrouver le chemin des finales et l’ajout d’un double meilleur défenseur de l’année dans une raquette déjà bien servie par un certain Draymond Green pourrait devenir très bénéfique. Ajouter une telle raquette au côté de l’un des backcourt les plus talentueux de la NBA et les Warriors pourraient disposer de l’une des équipes les plus létales de la NBA.

    Actuellement, les Warriors sont dans une période très difficile avec beaucoup de blessures dont des joueurs défensifs assez importants comme Klay Thompson ( out pour la saison ) ou encore Draymond Green qui a connu une petite absence au début de la saison.

    Rudy comblerait incontestablement les problématiques de cette équipe des Warriors grâce à l’ajout de ses qualités dans les domaines nécessaires à cette équipe comme :

    • Les Rebond ( 44.1 Prises par match et seulement 21eme de la ligue )
    • La défense ( 20eme défense de la ligue )

    Finalement, même si l’équipe n’est pas au complet, il est évident que la perte de Kevin Durant, Andre Iguodala ou encore Demarcus Cousins amène des problèmes défensifs qu’un Rudy Gobert pourrait clairement compenser.

    Par ailleurs, comme on a pu l’apercevoir avec Demarcus Cousins, Steve Kerr n’hésite pas à mettre des systèmes offensifs au poste pour ses pivots sachant que Steve Kerr à réussi a réduire les tentatives de Demarcus à 3 points de six tentatives par match en 2018 avec les Pelicans, a trois tentatives par match en 2019 sous ses ordres.

    Aujourd’hui, Rudy Gobert serait un profil parfait pour les Warriors qui pourrait non seulement redonner une dimension effrayante à cette équipe mais surtout, avoir un rôle offensif plus intéressant. Une équipe comme les Warriors donne une réelle opportunité de participer au match des étoiles car en étant suffisamment sérieux et raisonné, si Draymond Green a été honoré de cette sélection à trois reprises, Rudy pourrait tout à fait l’être également sous les couleurs de San Francisco.

    Les Mavericks

    Luka Dončić et Kristaps Porziņģis , le duo qui représente l’avenir des Mavericks
    source : @dallasmavs

    Comment ne pas évoquer les équipes dans lesquelles Rudy Gobert pourrait se retrouver sans parler de la franchise qui accueille pas moins de huit nationalités différentes dans son roster dont quatre joueurs européens en 2020.

    Mark Cuban, le propriétaire des Mavericks, adore les Européens depuis l’arrivée d’un certain numéro 41 dans son équipe à la fin des années 90 (échange avec les Bucks de Milwaukee) . Une raquette complémentaire telle que Porziņģis -Gobert ferait clairement rêver n’importe quel Européen fan de Basket avec à la baguette un magicien tel que Luka Dončić.

    Cependant, c’est une équipe qui est déjà 4ème au rebond dans toute la ligue avec 47.6 prises par match donc l’apport de Rudy, certes majeur, ne serait pas aussi énorme que dans une équipe qui a réellement besoin de tout ce que Rudy Gobert peut apporter dans un secteur intérieur.

    De plus, Dallas étant l’une des plus grosses villes des Etats-Unis, les exploits de Rudy pourraient être un peu plus reconnu même si un jeune Slovène déjà sur place et adulé par la ville entière risque de bloquer une place au All-Star Game pour les dix prochaines années.

    Cela ne représente donc sûrement pas une meilleure solution pour Rudy que sa situation actuelle au Jazz car partir de sa ville de toujours pour rester bloqué par un joueur plus spectaculaire et beaucoup plus jeune que lui-même ne semble pas être la meilleure opportunité pour Rudy même si nous sommes nombreux à vouloir, un jour, voir une association Rudy-Luka pour le simple bonheur des fans de la ligue.

    Le Heat de Miami

    Jimmy Butler et Pat Riley, le président du Heat
    Source : @MiamiHEAT

    Le soleil de South Beach est une destination plutôt plaisante pour n’importe quel joueur, surtout lorsque la philosophie de la franchise colle parfaitement à l’image du joueur en question.

    Le Miami Heat se présente comme une équipe au potentiel défensif très intéressant avec des joueurs qui aime cet art un peu trop souvent négligé qu’est la défense. Pourtant, le Heat n’arrive pas à réellement faire partie de l’élite dans le secteur défensif ( seulement 14eme défense de la ligue ) et cette problématique passe par le manque de pivot qui se fait réellement sentir au niveau des rebonds ( Seulement 45 Prises par match ce qui place le Heat à la 16ème place dans la ligue ).

    Rudy serait donc un talent intéressant dans cette belle équipe de Miami et même si Erik Spoelstra a connu plusieurs difficultés dans l’utilisation de ses pivots depuis ses débuts en 2008, il ne faut pas négliger le fait qu’en dehors de Chris Bosh qui n’est pas réellement un pivot, Spoelstra n’a jamais eu de pivots talentueux sous ses ordres sauf peut-être Hassan Whiteside mais qui fut un joueur difficile à coacher.

    Le duo Spoelstra et Rudy à de fortes chances d’être une bonne connexion car sous les ordres de Pat Riley, un joueur qui travaille dur sera apprécié et respecté au sein de la franchise et des fans et c’est exactement le cas pour Rudy.

    Enfin, dans l’hypothèse où le Heat réussisse à garder Bam Adebayo d’ici 2021, une raquette Adebayo-Gobert pourrait offrir un rempart défensif impénétrable et faire passer un cap à cette équipe du Heat qui semble, aujourd’hui, manquer d’un réel Pivot intimidateur.

    Les Pelicans

    L’avenir des Pelicans
    Source : @chris_granger

    À première vue, cela peut paraître étrange mais il semble envisageable qu’à partir de 2021, Zion Williamson soit potentiellement à la hauteur des espérances, que Lonzo Ball et Brandon Ingram soient prolongés mais également bien plus matures et performants et surtout que l’équipe se développe efficacement avec Jaxson Hayes ou encore Nickeil Alexander-Walker.

    Dans cette hypothèse, il n’est pas impossible de voir Rudy atterrir dans une équipe potentiellement outsider pour le titre qui possède un manque cruel de pivot(s).

    Le phénomène offensif que peut devenir Zion Williamson associé à un Rudy dans son prime pourrait inciter le Français à rejoindre l’air de la Louisiane et une franchise à fort accent francophone dans le pays de l’Oncle Sam.

    Cela reste cependant une grande hypothèse quant à l’avenir de cette franchise mais c’est la raison pour laquelle l’imagination joue un rôle important dans la création de ces différents scénarios.

    L’association Zion et Rudy dans une raquette serait loin de déplaire à un grand nombre de fans et même si au premier abord, leur complémentarité ne colle pas réellement à cause d’un manque cruel de tir à longue distance, la réponse viendrait à terme de Zion lui-même qui pourrait développer un shoot suffisamment efficace d’ici deux ans ? Seul l’avenir nous le dira.