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  • Ja Morant et Brandon Clarke, le duo le plus ‘flashy’ de la ligue ?

    Ja Morant et Brandon Clarke, le duo le plus ‘flashy’ de la ligue ?

    Les Memphis Grizzlies se sont inclinés face au Portland Trail Blazers à l’occasion du ‘play in tournament’ offrant une place pour les play-offs 2020. Toutefois ils ont fait une excellente saison régulière, attendus dans les bas fonds de la redoutable conférence ouest, ils ont surperformé à l’image de leur coach et de leur duo de rookie Ja Morant(rookie of the year) et Brandon Clarke.


    PRESENTATION

    Temetrius Jamel Morant est un joueur NBA américain de 21 ans évoluant au poste de meneur de jeu pour les Memphis Grizzlies.

    Encore inconnu aux yeux des scouts avant son arrivée à l’université de Murray State, il s’est rapidement fait un nom lors de sa première saison et a finalement explosé aux yeux du grand public lors de sa 2e saison, de par ses dunks spectaculaires et ses performances aussi dominantes les unes que les autres. Drafté en 2e position par les Grizzlies, Ja est devenu une véritable star dans le Tennessee et en NBA, obtenant même le trophée du NBA rookie de l’année.

    Mensuration : 1m91 pour 79 kg et 2m01 d’envergure, avec une détente estimé à 1m06.

    Meilleurs matchs cette saison:

    Vs Brooklyn Nets le 27 octobre 2019 (30pts 9asts 4rebs)

    https://m.youtube.com/watch?v=_P0H2CNSXB8

    Vs Washington Wizards le 9 février 2020 (27pts 10rebs 10asts)

    •Stats sur la saison : 31 minutes 47.7 %fig 33.5 %3pt 77.6 %lf 17.8pts 3.9rebs 7.3asts 0.9stls 0.3blks

    Brandon Clarke de son côté est un joueur de 23 ans évoluant au poste d’ailier fort toujours chez les Memphis Grizzlies.

    Sortant d’une 3e saison universitaire brillante avec les Gonzaga Bulldogs (17 points à 68% au tir, 8.6 rebonds, 1.2 interceptions et 3.2 contres de moyenne, glanant au passage le titre de WWC defensive player of the year), Il est drafté par le Thunder d’Oklahoma city et ensuite échangé dans la foulée aux Grizzlies. Cette saison, il dispute en moyenne 22 minutes en sortie de banc pour les Grizzlies.

    Mensuration : 2m03 pour 95 kg et 2m04 d’envergure

    Meilleurs matchs cette saison:

    Vs Portland Blazers le 13 février 2020 (27pts 6rebs 2stls 12/14 fig)

    https://m.youtube.com/watch?v=UCg5x_NE4Oo

    Vs Oklahoma le 19 décembre 2019 (27pts 7rebs 13/19 3pt)

    https://m.youtube.com/watch?v=UCg5x_NE4Oo

    •Stats sur la saison : 22.4minutes 61.8 %fig 35.9 %3pt 75.9 %lf 12.1pts 5.9rebs 1.4asts 0.6stls 0.8blks

    Profil de tir

    MORANT :

    via Statsmuse

    La répartition de tir de Ja peut être décrite de Moreyball-esque (3pts/lay-up), même pas, elle est juste assez ‘atypique’. Assez Moreyball-esque car il ne prend que des tirs ‘efficaces’ (avec un bon rapport difficulté-valeur), pas de long 2’s ou de mi-distance contesté. En effet il n’a pris que 75 tirs entre la ligne à 3 points et la raquette cette saison et il n’en a mis que 29, ce qui donne un pauvre pourcentage de 38.7% de réussite.

    Sauf qu’il évite beaucoup de tirer à 3 points, ce qu’on ne peut pas lui reprocher vu qu’un tir non voulu est quasi déjà un tir raté. En sortie d’université, la grande peur des scouts à propos de Ja était justement ce tir derrière l’arc, il n’est pas devenu un sniper, loin de là, mais cette saison il dépasse d’assez loin les attentes. 36.7% du parking avant la coupure de la saison, c’est plus que correcte surtout pour un soit-disant nouveau Westbrook (qui tournais à 27.1% en saison rookie).

    Enfin, la finition. Oui Ja n’a pas le meilleur pourcentage de lay-up de la ligue, mais il a montré une des panoplies de finitions les plus complètes de la NBA, capable de monter au dunk salement, convertir des alley-oops de n’importe quelle distance, finir main gauche et main droite, mettre des floaters, finir avec la faute et esquiver son défenseur avec un jelly… tout ceci nous permet de s’extasier chaque soir sur ses finitions spectaculaires.

    Ajouter à cette finition le fait qu’il a déjà un handle digne des meilleurs porteurs de balle de la ligue, qu’il est considéré comme un freak athlétique et que son changement de vitesse dévastateur et vous voilà avec le 12e meilleur scoreur de la NBA en drive avec 19.4 drives/match, mieux que Donovan Mitchell ou encore LeBron James … (selon stats.nba.com.)

    Lorsqu’il s’agit de rendre ses coéquipiers meilleurs Ja est présent. Se classant 10e passeur le plus prolifique cette saison, il a une excellente vision de jeu et qualité de passe,

    ‘Il voit les actions 2 ou 3 secondes en avance’

    Dillon Brooks sur Ja.

    Il sait faire les passes au bon moment, il ne se précipite pas lorsqu’il voit un joueur ouvert, il attend de trouver la meilleure passe/option possible (qualité qui fait défaut à beaucoup de jeunes meneurs). Il a fait des kick-outs, et des passes aériennes sa spécialité.

    Même si la stat des points par possession nous dit le contraire, il est un bon pick-n-roll handler, car oui dans la stat de 0.87 ppp, les passes décisives ne sont pas comptabilisés à contrario des pertes de balles. Bien sûr il est loin d’être un joueur d’élite dans le domaine, mais il ne peut que progresser.

    Une de ces qualités les plus appréciables c’est son leadership et sa capacité à porter son équipe dans les moments clutchs à ce jeune âge, une qualité très rarement identifiable chez les jeunes joueurs, il se classait 12e en points dans le clutch time avant la coupure de la saison.

    CLARKE:

    Il possède un bon handle pour un big man, il dribble assez bas et bien. Dans le détail on remarque qu’il n’est pas super à l’aise de la main droite et donc il drive quasi toujours de la main gauche.
    Malgré une qualité de passe assez basique, il dispose d’un bon qi basket, ce qui le permet souvent de trouver ses coéquipiers et de savoir quand un joueur est ouvert.

    Clarke a été incroyable d’efficacité au tir cette saison, il tourne à 61.8% au tir, ce qui le classe top 5 chez les joueurs qui prennent plus de 7 tirs par match et son incroyable 66.3% de TrueShooting% le classe dans le top 15 NBA. Une efficacité qu’il doit à ses tentatives de tirs non forcés, Clarke laisse le jeu venir à lui, cet aspect de son jeu est aussi vérifiable au niveau des pertes de balle, car il a seulement turnover ratio de 8.3.

    Lorsqu’il s’agit de finir près du panier Clarke est déjà l’un des meilleurs dans le game, son excellent touché de balle lui permet de tourner à 74.2% de réussite dans la restricted area (82e percentile).

    Il est donc capable de punir à 3 points ouverts, de finir près du panier…mais la plus grande force de son bagage offensif c’est… son floater. BC s’est démarqué par sa capacité à marquer des floaters en tête de raquette sur n’importe qui. Cette saison il a mis 47 de ses 85 floaters de ce type, ce qui le met dans le 92e percentile de toute la NBA et numéro 1 chez les bigs men (selon nba.stats.com).

    Démonstration du jeu de floater de Clarke
    (Source: @GrizzliesFR)

    En jeu off ball Clarke n’est pas en reste, loin de là. D’abord en transition, il est plus rapide que tous les intérieurs adverses et il a un excellent placement en transition, ce qui permet de créer une option de passe par alley-oop ou autres, Clarke n’y est pas pour rien si les grizzlies sont la 5e équipe qui marque le plus en transition avec 22.7 points par match.

    Et le meilleur pour la fin, son jeu en tant que roll man, qui regroupe puissance, vitesse, détente et une très bonne science du placement, rajoutez le fait que Ja Morant est un excellent passeur et vous obtenez tout simplement une machine à pick-n-roll. Il se classe dans le 95e percentile avec 1.51 point par possession, rien que ça.

    Défensivement

    Tout d’abord Ja est exactement ce qu’on pourrait appeler un défenseur correct en NBA, pas un boulet mais pas un as.

    Sa vitesse latérale et son athlétisme le permettent de suivre et de défendre avec succès son vis-à-vis et son envergure lui permet de contester avec efficacité les tirs des meneurs adverses.

    Malgré tout, Ja triche souvent en défense et se montre souvent irrégulier dans ses efforts. Il ne contourne pas toujours les écrans et ne suit pas toujours le meneur adverse lorsqu’il se fait dépasser. Il n’a pas une bonne lecture des lignes de passe et ne colle pas toujours son adversaire, d’où son faible nombre d’interceptions (0.9) trop faible pour un meneur qui joue 31 minutes par match selon les standards NBA.

    Concernant Clarke, BC est un vrai as en défense, et il vaut mieux l’avoir dans son équipe que l’inverse.

    Tout d’abord, il est capable de défendre sur 4 postes et même sur quelque pivot. Il est très mobile, dispose d’une excellente vitesse latérale et reste bien sur ses appuis ce qui lui permet de suivre les plus petits joueurs sur drive et même souvent de voler des ballons avec ses grosses paluches.

    Par ailleurs, BC a une excellente lecture de jeu défensivement, couplé avec de très bon instinct. Il lit bien le pick-n-roll, ce qui lui permet d’être vraiment efficace en soutien défensif.

    Pour finir, Clarke est un vrai freak (du haut de ses 2m03), il prend plaisir à contrer ses adversaires et ce depuis l’université où il a fait une grosse saison à 3.2 blocks avec les Bulldogs. Cette saison il tourne à 1.8 blocks sur 48 minutes (2e chez les rookies) et à un blk% de 31.2%.

    Axe de progression/faiblesse

    Du côté de Ja la priorité reste vraiment d’améliorer son jumper que ce soit à 3 points ou à mi-distance, ainsi que ses lancers. Il ne pourra surement pas changer sa mécanique de tir assez atypique, mais il doit au moins essayer d’être plus régulier.

    Il doit être plus régulier dans ses efforts en défense et regarder des vidéos pour améliorer ses lectures défensives.

    Ja Morant a une fâcheuse habitude à se précipiter, il ne temporise pas le jeu souvent quand il le faut et décolle souvent sans avoir une certitude de ce qu’il va faire une fois dans les airs, une pratique très redoutée chez les coachs car elle entraîne beaucoup trop de turnovers.

    Concernant Brandon Clarke, le principal chantier reste la création au tir dans diverses situations. 82.8% de ses paniers proviennent d’une passe décisive, ce qui ne pose pas problème vu son rôle, néanmoins, il serait bénéfique pour lui et les Grizzlies s’il parvenait à se créer quelques fois son tir, et cela passe par le développement de quelques moves au poste bas (un fadeaway et un hook shot notamment), ou encore par une amélioration de son handle et au mieux d’un pull-up à mi-distance.

    Transition parfaite pour aborder son tir, car si BC a eu une grosse progression au niveau de son tir entre sa saison sophomore en NCAA à sa première saison NBA (de 59% en ts%/efg% en année sophomore en NCAA à 69% en année junior et un excellent 66%/64% en NBA, et de 26% de réussite à 3pts en dernière saison NCAA à 35% en NBA) ce n’est effectivement pas assez pour survivre dans cette NBA moderne où être un shooteur fiable sur 2 à 3 tentative par match (et non pas 1.1) reste la chose la plus valuable qu’un joueur puisse avoir dans son arsenal.

    Défensivement, Clarke a la mauvaise habitude de beaucoup sauter sur les feintes, ce qui le met très souvent en position difficile. On notera aussi qu’il ne monte pas assez au contre dans la raquette alors qu’il en a les qualités pour, seulement 14.2% de %BLKA.

    Comparaison et Conclusion

    De par ses qualités athlétiques niveau élite, son handle, son playmaking, ses passes et son agressivité lorsqu’il attaque le panier, Ja a un jeu très similaire à John Wall, des monstres athlétiques avec une excellente vision de jeu qui n’ont peur de rien et de personne, bien sûr Ja shoot un peu mieux que Wall en année rookie. Ils ont des stats très similaire pour leurs débuts étant donné que Wall tournait à 16pts 8asts 4rebs. Clarke a de son côté un profil assez spéciale et rare, difficile à évaluer et par conséquent compliqué à trouver chez un autre joueur NBA. Ce duo, voir trio avec Jaren Jackson jr, a tout pour réussir dans les années à venir, surtout avec Taylor Jenkins à leurs têtes.

    *Lors de la comparaison de Ja Morant et de John Wall il n’a pas été abordé le fait que Ja sois aussi injury prone que Wall. Les deux meneurs ont le même jeu à risque surtout lors de leurs atterrissages, qui sont aussi risqués que non contrôlés. Résultat du côté de Wall : rupture du tendon d’Achille, absent des parquets depuis… un an et demi.

    Merci pour votre lecture

    LEXIQUE

    %BLK: le pourcentage de block de l’équipe lorsqu’un joueur est sur le terrain
    %BLKA: le pourcentage de tentative de block de l’équipe qu’un joueur a lorsqu’il est sur le terrain
    Ts%: le pourcentage de réussite au tir d’un joueur prennat en compte la valeur d’un tir à 3 point et celle d’un lancer franc
    Efg%: le pourcentage au tir d’un joueur prennant en compte le fait qu’un tir à 3 points sois 1.5 fois plus valuable qu’un à 2 points

  • « What if » : Quand Memphis était à une place de choisir LeBron James en 2003

    « What if » : Quand Memphis était à une place de choisir LeBron James en 2003

    * image via the undeafeted.com

    Si l’héritage d’une équipe NBA se construit sur les parquets, l’impact des décisions prises et des trades effectués peuvent faire basculer le destin d’une franchise voire même de la ligue. La loterie qui détermine le placement des équipes pour la Draft a souvent contribué à la génèse d’incroyables scénarios. Considérée comme la soirée « highlight » des mauvaises équipes, la loterie offre l’opportunité à des organisations de se voir attribuer les premiers choix.

    La loterie 2019 restera dans les mémoires avec cette montée insensée des Pelicans jusqu’à la première place, permettant ainsi à la franchise de sortir de la morosité ambiante qui pesait sur son avenir incertain. Avec la sélection du phénomène Zion Williamson, la franchise retrouve des couleurs et des ambitions, après avoir subit dans une même décennie les départs de Chris Paul (2011) et d’Anthony Davis (2019).

    Une autre soirée « loterie » a apporté son lot d’émotions et d’incertitudes, celle de 2003. Il s’agit de la toute première loterie diffusée sur ABC. Rien d’étonnant quand on sait que les plus chanceux pouvaient s’offrir l’incroyable athlète lycéen de l’Ohio, LeBron James, le champion NCAA avec Syracuse, Carmelo Anthony, ou encore le surprenant sophomore au parcours historique lors de la March Madness avec Marquette, Dwyane Wade, sans oublier l’intriguant serbe au potentiel Nowitzkiesque, Darko Milicic.

    Carmelo Anthony et LeBron James – via ESPN

    Beaucoup d’équipes n’ont pas manqué de se saborder pour la saison 2002-2003 en s’infligeant un maximum de défaites. On retrouve les Cleveland Cavaliers (17v-65d), les Denver Nuggets (17v-65d), les Toronto Raptors (24v-58d), le Miami Heat (25v-57d), les Clippers (27v-55d) mais également les Memphis Grizzlies (28v-54d). Une situation particulière pour Memphis et son GM Jerry West, présent le soir de la loterie, en sachant que si le 1er choix ne lui était pas attribué, leur pick de draft reviendrait automatiquement à Joe Dumars, GM des Detroit Pistons.

    Cette précision tient son origine dans un trade effectué six ans auparavant, en 1997 par le GM de l’époque : Stu Jackson. Un terrible nom qu’il ne faut en aucun cas prononcer dans le Tennessee.

    « Nous savions toute l’année que nous n’allions pas avoir un joueur d’impact à la Draft à cause d’Otis Thorpe. C’est devenu une blague courante.Je ne pense pas que Stu Jackson aurait pu venir à un match des Grizzlies cette année-là parce que les fans de Memphis le savaient, tout le monde le savait. » Shane Battier ailier des Grizzlies de 2001-2006

    Le 7 août 1997, les Grizzlies, basés à Vancouver, échangèrent un futur choix de draft contre le vétéran Otis Thorpe (35 ans). Un intérieur dont Detroit cherchait à se débarrasser suite à des tensions entre le joueur et le GM/coach Doug Collins. Thorpe ne jouera que 47 matchs sous ses nouvelles couleurs et fut envoyé à Sacramento avant la Trade Deadline de 1998. Les Grizzlies n’ont jamais dépassé les 23 victoires et déménagèrent à Memphis en 2001. Qui aurait pu croire en 1997 que cet échange allait finir par accoucher d’un scénario aussi capital pour Memphis avec la promotion la plus talentueuse de la décennie !

    Jerry West lors d’une conférence de presse en 2002 – AP Photo/John L. Focht

    De retour en 2003, est-ce que Memphis pouvait garder son pick en obtenant la 1ere place ? Et bien ce soir là, Mr. Logo avait 6.5% de chances de tomber sur le 1st pick, sans oublier qu’il possédait également le 13e choix suite à un échange avec Houston en 1999 (Steve Francis). Pendant ce temps là, Detroit jouait le Game 3 des Finales à l’Est chez les Nets à quelques kilomètres de la cérémonie.

    « Je déteste la loterie, je pense que c’est une chose horrible. Et je dis cela, en sachant que cela a plutôt bien fonctionné raisonnablement, il faut compter sur l’espoir. » Jerry West GM des Grizzlies

    Ce soir là, Russ Granik qui était en charge de dévoiler les pancartes avec le logo de l’équipe, a subitement provoqué la stupeur lorsque la 6e pancarte qui devait mathématiquement être celle des Grizzlies, afficha le logo des Clippers. Les différents acteurs ont compris que Memphis avait chamboulé l’ordre en parvenant à monter dans la loterie. Puis ce fut au tour du Heat d’être placé cinquième, puis les Raptors en quatrième position. C’est à ce moment que la chaîne ABC a choisi de lancer la pub.

    « Vous êtes assis là, effrayé par le fait que nous n’allions pas avoir notre choix et vous suppliez, « S’il vous plaît laissez-nous avoir ce choix. » Jerry West

    Granik ouvre la troisième enveloppe : Toronto Raptors ! Memphis est donc à une place d’obtenir LeBron James et d’effacer huit pénibles années. Le destin de cette franchise est en train de se jouer, et si la malédiction sur cette franchise allait enfin s’estomper ?

    « J’étais genre ‘merde’ on pourrait avoir ce gamin » Shane Battier

    « Quand ils ont sorti la carte Nuggets au numéro 3, mon cœur s’est arrêté pendant les 60 secondes qu’il a fallu à Russ Granik pour révéler qui était le numéro 2.» Joe Dumars GM des Pistons

    Russ Granik dévoilant le 2nd choix – via bealesstreetbears.com

    Finalement, la belle montée des Grizzlies s’arrêta à la deuxième place, Detroit récupéra ainsi les droits sur ce choix. La malédiction continua… Merci Stu Jackson. Le visage et la réaction de Jerry West à ce moment de la soirée en disait long sur son état d’esprit.

    « Ce fut dévastateur pour la franchise de ne pas avoir ce choix. Nous avons pu bâtir une équipe respectable par la suite, mais imaginez qu’un joueur comme James joue pour votre équipe. C’était incroyablement décevant.Pour certains d’entre nous, nous étions remplis de colère parce que nous pensions, « Comment pourrions-nous ne pas avoir ce choix de draft protégé? » Avec toutes les bonnes choses qui ont été faites à Memphis et où elles en sont aujourd’hui, cette franchise aurait pu aller beaucoup plus loin. Ça fait mal de réfléchir. C’était une triste journée. » Jerry West

    Ironie de l’histoire, les Pistons sont tombés sous le charme d’un serbe de 2m13 qui a été très bon lors d’un workout contre du vent et des chaises. Bien que Detroit fut champion cette année là ce choix de draft va les hanter à jamais. De leur côté, Memphis retrouva un peu de dignité grâce au tandem formé par les vétérans Jerry West et Hubbie Brown, coach de 70 ans à l’époque. Autour de Pau Gasol, Shane Battier, Mike Miller et Jason Williams, la franchise remporta 50 matchs et participa pour la première fois de son histoire en Playoffs. Imaginez ce que cette équipe aurait pu faire avec un James dans leur roster ?

    *témoignages recueillis via ESPN

  • Bilans de la saison  – Soutwest Division

    Bilans de la saison – Soutwest Division


    En ces temps de confinement, afin d’éviter de vous couper totalement de l’univers de la NBA, ClutchTime dresse un bilan de la saison 2019-2020, suspendue depuis le 11 mars. Dans l’attente de son retour prochainement, la rédaction vous propose de revivre les parcours des différentes équipes de la ligue, depuis fin octobre, en faisant le point sur chacune d’elle pour chaque division de la ligue.

    Pour notre dernier bilan de la saison, ClutchTime termine son road-trip dans l’ouest américain avec la Division Southwest. Le trio texan Mavericks – Rockets – Spurs, habituellement bien placé dans la course aux playoffs, se retrouve de plus en plus chahuté par la fraîcheur et l’insouciance des Grizzlies de Memphis ainsi que des Pelicans, au point même de voir les Spurs occuper l’une des pires places au classement de son histoire. Du côté des ambitions, les Rockets se cherchent encore une identité de jeu, tandis que les Mavericks semblent avoir rapidement tourné la page de Dirk Nowitzki en conservant néanmoins un fort accent européen.


    Houston Rockets (40-24) – 6ème

    PPG (118.1) – 2ème / Opp PPG (114.4) – 22ème
    Offensive Rating (113.8) – 2ème / Defensive Rating (110.2) – 15ème

    Le Cinq de la saison :
    R. Westbrook (PG) – J. Harden (SG) – B. McLemore (SF) – D. House (PF) – P.J. Tucker (C)

    Stoppés une fois de plus au 2nd tour par les Warriors (4-2), l’aventure du duo Harden-CP3 semble être arrivée à son terme tandis que les Texans se heurtent à un plafond de verre depuis plusieurs saisons. C’est donc sur Russell Westbrook que le FO a jeté son dévolu cet été, envoyant Chris Paul dans l’Oklahoma pour mieux reformer le backcourt du Thunder entre 2009 et 2012 avec l’espoir de trouver enfin le chaînon manquant. L’effectif ayant très peu changé, à l’exception des fins de contrat (Iman Schumpert, Gerald Green, Nenê) et les joueurs coupés, les Rockets ont surtout vu une grosse part de leur masse salariale englouties par leur nouveau duo. Pour Houston la stratégie reste la même tout comme les moyens, se mêler à la lutte pour le podium à l’Ouest en laissant Mike D’Antoni maître du jeu avant peut-être de céder sa place.

    Le bilan à la mi-mars est plutôt mitigé. L’utilisation du nouveau backcourt s’est révélé satisfaisant, les deux All-Star s’occupent de tout en attaque (62 points en moyenne, 14 passes décisives, 13 rebonds et 3.5 interceptions cumulés), bien aidé par un supporting cast qui parvient à se mettre en évidence. En revanche le manque de continuité dans les résultats et de rigueur en défense, ternissent le bilan des fusées, trop souvent pointés du doigt cette saison pour leur niveau de jeu assez pauvre et stéréotypé. Passés d’un cinq small-ball depuis près d’un an, à un cinq ultra small-ball depuis que le FO s’est séparé de ses derniers Big Men encore en état de jouer en février, MDA joue la carte du coaching audacieux, quitte à se planter et mourir avec ses idéaux. Avec pléthore de joueurs au profil Three-&-D, capables de remonter rapidement la balle et de jouer plus facilement en mouvement tout en s’écartant le plus possible du dessous du panier, on a désormais hâte de voir le rendement de cette équipe en playoffs.

    Plusieurs joueurs n’ont pas été épargnés également par les blessures et autres soucis de santé, expliquant en partie la déception chez certains supporters. À l’exception de quelques joueurs, une grande majorité d’entre eux ont été directement touchés par ce phénomène, Russell Westbrook le premier qui n’a pas connu une intégration réussie immédiatement, lui qui affichait à peine plus de vingt points de moyenne sur les trois premières semaines de compétition, avant de se rattraper après les fêtes de Noël (31.2). De son côté le barbu nous gratifie une fois encore cette saison d’un récital en attaque, malgré quelques matchs qui frisent le grand écart au scoring, Harden devrait conclure sans trop de difficultés un troisième exercice consécutif à plus de trente points par match. Pour le reste, l’étrange gloubi-boulga dans le coaching a permis à certains joueurs de se mettre en évidence de plusieurs manières, comme P.J. Tucker ou Robert Covington au poste 5, mais aussi de révéler certaines qualités chez des nouvelles têtes (Ben McLemore, Chris Clemons, Isaiah Hartenstein) et apporter également son lot de déceptions (Austin Rivers, Ryan Anderson, Thabo Sefolosha).

    En se séparant du jeune Capela en février, D’Antoni choisit désormais la voie du jeu rapide, des possessions courtes et des tirs long-range qui pleuvent. Sous la menace de la jeunesse et la fougue du Thunder et des Mavs, les Rockets vont devoir s’arracher pour espérer aller encore chercher un avantage du terrain au 1er tour. Même si pour l’heure, rien n’est joué au classement, la plupart des équipes se tenant à moins de cinq victoires à l’exception des Lakers et des Grizzlies, il faudra que Houston assure sur ses derniers matchs et ne pas lâcher de précieuses victoires. Cette fin de saison pourrait servir de baroud d’honneur pour MDA, qui arrive en fin de contrat cette année et qui pourrait ne pas être reconduit par sa direction.

    La saison de Houston en quelques chiffres :
    . 10 des 15 joueurs ayant joué au moins 100 minutes cette saison ont tiré la moitié du temps à trois points
    . 1ère équipe à tenter le plus sa chance à trois points (44.3) et 1ère équipe à inscrire le plus de tirs primés (15.4)
    . 28ème équipe au nombre de rebonds concédés aux adversaire par match (47)
    . 29ème équipe à réaliser le plus de passes décisives par match (21.5)
    . Meilleur marqueur : James Harden (34.4 points par match à 43.5% FG)
    . Meilleur passeur : James Harden (7.4 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Russell Westbrook (8 rebonds par match)

    Dallas Mavericks (40-27) – 7ème

    PPG (116.4) – 3ème / Opp PPG (110.3) – 15ème
    Offensive Rating (116.7) – 1er / Defensive Rating (110.6) – 17ème

    Le Cinq de la saison :
    Luka Dončić (PG) – T. Hardaway Jr. (SG) – D. Finney-Smith (SF) – Kristaps Porzingis (PF) – M. Kleber (C)

    Pour Dallas et Rick Carlisle une page s’est tournée la saison dernière avec la retraite de Dirk Nowitzki. Une nouveau chapitre s’ouvre pour les Mavs, qui doivent désormais se réinventer, l’équipe de Mark Cuban n’ayant plus participé aux playoffs depuis 2016. Avec des derniers exercices en-dessous des 50% de victoires, il s’agit d’amorcer un nouveau cycle avec de nouvelles ambitions en visant l’un des derniers spots de la conférence. L’arrivée d’un joueur comme Kristaps Porzingis doit participer à ce processus alors que son association avec le nouveau prodige de la franchise Luka Dončić s’annonçant déjà très prometteuse. En prolongeant notamment une très grande partie de l’effectif et en signant le retour de Seth Curry, Dallas veut miser sur la stabilité et la progression du groupe.

    Et les résultats ont été bien au-delà des attentes. La franchise texane jouant même les premiers rôles une bonne partie de la saison avant de s’installer durablement dans le deuxième wagon de tête de la conférence. L’équipe a notamment débuté de la meilleure des manières en remportant 14 de ses 20 premières rencontres. En perte de vitesse au mois de février avec une infirmerie qui affichait un taux de fréquentation élevé, les hommes de Carlisle ont tout de même réussi à faire preuve de sérieux pour conserver leur spot. L’abattage offensif de l’équipe et sa capacité à devenir incandescente au scoring est une réussite cette saison à l’inverse de son manque de régularité (aucune série de plus de deux victoires depuis le 7 décembre) et d’un jeu défensif encore en rodage. Mais ne boudons pas notre plaisir de revoir les Mavs revenir aussi vite au premier plan, en partie grâce au staff et le coaching bien rodé depuis plusieurs saisons maintenant.

    C’est également et avant tout grâce au talent du néo All-Star Luka Dončić et de son entente déjà remarquable avec le letton Porzingis. Le slovène fait tomber les records de précocité les uns après les autres et progresse à une vitesse vertigineuse, tandis que le second retrouve son niveau d’il y a deux ans qui lui avait permis d’honorer une sélection pour le All-Star Game. Le choix de prolonger une grande majorité de l’effectif cet été s’avère être également une réussite, la plupart des mid-class players ayant gagné du temps de jeu et une certaine réussite sur le plan personnel, tels Dwight Powell, Dorian Finney-Smith ou encore Maxi Kleber, tous devenus de solides role-players avec du temps de jeu. Seth Curry s’est quant à lui révélé être un parfait soliste dans la rotation, devenant l’un des sixièmes hommes les plus productifs de la ligue. Pour chipoter un peu, on peut regretter le manque de tempérament et de leadership en attaque de Tim Hardaway Jr., mais dans l’ensemble, la saison de Dallas ressemble presque à un conte de fée, l’équipe ayant réalisé des progrès énormes dans le jeu et dans les résultats avec un effectif harmonieux et déjà très en avance sur les prévisions du début de saison.

    L’objectif de la franchise, c’est qu’il n’y en ait aucun. Les Mavs, aussi jeune, talentueux et fougueux soient-ils, ont déjà fait preuves d’une grande maturité et suffisamment de maîtrise collective pour, d’une part conserver leur place actuelle, mais aussi viser plus loin lors du sprint final, à condition d’être de nouveau au complet et de voir se maintenir l’état d’esprit actuel du groupe. Dallas doit désormais jouer pour le plaisir des yeux et ne pas freiner ses ambitions. Quoiqu’il arrive, cet exercice aura été un franc succès, et les supporters sont sûrement encore à l’heure qu’il est en pleine contemplation face à tant de talents et de promesses pour l’avenir.

    La saison de Dallas en quelques chiffres :
    . 2ème équipe à tenter le plus sa chance à trois points (41.5) et 2ème équipe à inscrire le plus de tirs primés (15.3)
    . 3ème équipe à concéder le moins de pertes de balle par match (12.8)
    . 5ème équipe à capter le plus de rebonds par match (47)
    . 5ème meilleur bilan à l’extérieur cette saison (21-12)
    . Meilleur marqueur : Luka Dončić (28.7 points par match à 46.1% FG)
    . Meilleur passeur : Luka Dončić (8.7 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Kristaps Porzingis (9.5 rebonds par match)

    Memphis Grizzlies (32-33) – 8ème

    PPG (112.6) – 13ème / Opp PPG (113.7) – 20ème
    Offensive Rating (109.4) – 20ème / Defensive Rating (110.4) – 16ème

    Le Cinq de la saison :
    J. Morant (PG) – D. Brooks (SG) – B. Clarke (SF) – J. Jackson Jr. (PF) – J. Valančiūnas (C)

    Memphis avait déjà bien entamé sa reconstruction la saison dernière. Avec les départs consécutifs de Marc Gasol, Chandler Parsons, JaMychal Green ou encore Mike Conley depuis cet été, c’est un nouveau départ qui s’offre à la franchise désormais coaché par Taylor Jenkins (ex-adjoint de Atlanta et Milwaukee) et qui souhaite redevenir un sérieux contender à l’Ouest d’ici un à deux ans. En ayant récupérer le 2nd choix de la draft, les Grizzlies ont donc choisi de donner les clés du jeu au jeune Ja Morant, et de l’associer à Jaren Jackson Jr. pour constituer un début d’ossature avec laquelle la franchise veut désormais miser sur le long terme. Le nouveau GM de la franchise, Jason Wexler, a jugé préférable de préparer cette saison avec les éléments à dispositions mais s’est en revanche déjà montré très malin en récupérant quelques assets et en se donnant du cap dans la masse salariale de la franchise.

    Décidemment cette division regorge de surprise puisqu’à l’heure où nous écrivons ces mots, Memphis occupait encore la 8ème et dernière place pour les phases finales à l’Ouest. Assez inattendus, les Grizzlies ont surpris les bookmakers et les protagonistes par leur jeu rythmé, séduisant en attaque et un coach qui n’a pas hésité à accorder sa confiance aux jeunes, tout en adoptant le style grit and grind si marquant pour la franchise. Déjà très prometteuse sur le papier, les oursons se sont montrés particulièrement audacieux au moment d’affronter certains cadors, se payant le luxe de plusieurs victoires de prestige. Malgré un départ timide (6-16), Jenkins a su trouver l’équilibre idéal entre l’expérience des uns et un noyau de jeunes vraiment convaincants. Lors de la Trade Deadline, l’équipe est même parvenue à se séparer de certains poids morts comme Solomon Hill et Andre Iguodala afin de récupérer notamment le jeune Justise Winslow en provenance de Miami, ainsi que l’ancien Warrior Jordan Bell.

    Comme évoqué plus haut, la cuvée 2020 des Grizzlies a fait forte impression à la fois dans l’envie et les intentions de jeu. Ces jeunes-là n’ont peur de rien et la relation entre le staff et les joueurs semble promise à un bel avenir. Le futur ROY de cette année, Ja Morant, s’inscrit déjà comme une valeur montante au sein de la ligue et surtout comme le futur de la franchise. Le FO a également flairé le bon coup avec le jeune canadien Brandon Clarke, devenu en très peu de temps le backup parfait d’un Jaren Jackson Jr. dont la relation avec Morant devrait faire des étincelles. Dillon Brooks et Josh Jackson font également partie des belles satisfactions cette année, le premier est revenu en forme après une longue blessure, tandis que le second forme désormais un backcourt redoutable, sans oublier la petite trouvaille à la mène De’Anthony Melton. Pour finir, citons également le leader de cette équipe sans qui toute cette saison aurait pu être différente, le pivot lituanien Jonas Valančiūnas, qui semble se découvrir un tout autre niveau à Memphis depuis un an et demi déjà.

    Les troupes de Jenkins vont devoir batailler ferme jusqu’à la fin de la saison s’ils veulent conserver leur sésame assez inespéré, d’autant que la concurrence s’organisait déjà sérieusement depuis le mois de février en coulisses. Mais le staff semble déterminé à laisser les clés à ses jeunes, pour leur permettre de progresser ensemble dans la victoire, comme dans la défaite, mais avec du cœur et des tripes. Certes plusieurs choses sont encore en progrès, en particulier chez les plus novices pour qui toute cette situation est à la fois enrichissante et constructive pour l’avenir. Comme pour Dallas ou New Orleans, Memphis semble être déjà redevenue une équipe qui compte à l’Ouest, à la fois chiante et compliquée à jouer pour les autres franchises. Dans sa démarche de reconstruction, le FO peut déjà se féliciter de cette saison réussie, et se frotter les mains pour la suite, en commençant bien sûr par les playoffs 2020.

    La saison de Memphis en quelques chiffres :
    . 4ème équipe à tenter le plus sa chance (91) et 3ème équipe à inscrire le plus de tirs (42.8)
    . 2ème équipe à réaliser le plus de passes décisives par match (27)
    . 1ère équipe à réaliser le plus de floater et tirs près du cercle par match (22.8)
    . 25ème équipe à concéder le plus de tirs primés par match (35.2)
    . 6ème équipe à capter le plus de rebonds par match (46.7)
    . Meilleur marqueur : Ja Morant (17.6 points par match à 49.1% FG)
    . Meilleur passeur : Ja Morant (6.9 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Jonas Valančiūnas (11.2 rebonds par match)

    New Orleans Pelicans (28-36) – 10ème

    PPG (116.2) – 5ème / Opp PPG (117.0) – 27ème
    Offensive Rating (110.8) – 15ème / Defensive Rating (111.6) – 18ème

    Le Cinq de la saison :
    L. Ball (PG) – J. Holiday (SG) – B. Ingram (SF) – Z. Williamson (PF) – D. Favors (C)

    C’était l’un des trades qu’on attendait plus, Anthony Davis a finalement foutu le camp de la Nouvelle-Orléans et ce n’est sûrement pas plus mal après la fin de saison bien merdique que Alvin Gentry et ses hommes nous ont offert. Du coup nouvelle saison et nouveau roster pour les Pels qui se sont montrés particulièrement actifs cet été, d’abord en récupérant tous les bambinos des Lakers (Lonzo Ball, Brandon Ingram, Josh Hart), avant de s’attacher les services d’un Derrick Favors en mal de temps de jeu, ainsi que l’agent libre J.J. Redick, mais surtout en récupérant quelques jeunes profils à Atlanta (Nickeil Alexander-Walker et Jaxson Hayes et encore un paquet de picks lors des prochaines draft, de quoi bâtir un effectif sur la durée avec une masse salariale encore très large. Sur le papier, cette nouvelle équipe a de la gueule et peut se révéler être une formation redoutable si les joueurs parviennent à s’entendre, le staff peut même envisager une place en playoffs.

    On savait néanmoins que la tâche allait être relevée, en particulier avec les débuts retardés du nouveau phénomène Zion Williamson, les Pelicans ont en effet attendu la période des fêtes pour finalement lancer la machine après seulement sept succès sur leurs trente premières rencontres. Un retard à combler assez important mais pas impossible aux vues des bilans des autres franchises en janvier, Gentry a notamment pu enfin compter sur son effectif au complet, disposant de solides arguments en attaque pour faire plier un certain nombre d’équipes et revenir en mars quasiment à hauteur de la huitième place occupée par les Grizzlies. Seul bémol, la défense, véritable talon d’Achille des Pelicans, l’effectif étant dépourvu de profils suffisamment bons dans ce registre pour espérer changer cet état de fait. Tout ceci n’a néanmoins pas abîmé l’image d’une équipe très prometteuse et dont les perspectives à long terme se dessinent déjà.

    Car s’il y a bien un joueur dont tout le monde parlait avant même que la saison ne débute, c’est bien Zion. Absent une bonne moitié de la saison, l’ailier à tout de suite fait taire les critiques pour ses débuts et placer la barre très haut, devenant en un éclair aussi indispensable qu’époustouflant. Mais il faut rendre à César ce qui est à César, la grande révélation de cette saison est Brandon Ingram, devenu le patron de l’attaque des Pels cette saison, l’ancien transfuge des Lakers semble s’être enfin rappelé qu’il était capable de jouer au basket à un très bon niveau puisque ses pairs l’ont même honoré de sa première sélection pour le All-Star Game de Chicago en février. Un honneur qui vient récompenser une saison aboutie et qui n’aurait pas pu être possible sans un staff compétent d’une part mais également sans les coéquipiers déterminés et appliqués, à l’image de son pote de chambré aux Lakers, Lonzo Ball, devenu en un rien de temps le meneur titulaire de la franchise, formant l’un des backcourt les plus prometteurs de la Division avec Jrue Holiday. Les renégats semblent déterminer à s’installer durablement en Louisiane.

    Reste désormais à savoir si les Pelicans 2020 seront suffisamment armés et courageux pour aller décrocher le précieux sésame (toujours dans l’éventualité que la saison reprenne). À la lutte avec un nombre de franchises assez redoutables et expérimentées, il s’agit surtout d’observer l’impact qu’auront des joueurs comme Williamson, Ingram et Ball pour définir la stratégie à venir de la franchise, notamment parce que l’ailier All-Star sera agent libre en fin de saison. On aurait tendance à croire et même à espérer que l’équipe conserve ses meilleurs éléments pour juste se donner une idée de leur potentiel réunis sur une saison complète, mais aussi parce qu’avec autant de talent, les Pelicans se doivent désormais d’avoir des ambitions et de trouver enfin un style de jeu fort et des adversaires à qui se frotter à l’Ouest.

    La saison de New Orleans en quelques chiffres :
    . 1ère équipe à tenter le plus sa chance aux tirs par match (92.2)
    . 4ème équipe à capter le plus de rebonds par match (47)
    . 3ème équipe à réaliser le plus de passes décisives par match (27)
    . 29ème équipe à concéder le moins de pertes de balle par match (16.2)
    . 29ème pourcentage de la ligue aux lancers francs par match (72.9)
    . Meilleur marqueur : Brandon Ingram (24.3 points par match à 46.6% FG)
    . Meilleur passeur : Lonzo Ball (7 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Derrick Favors (9.9 rebonds par match)

    San Antonio Spurs (27-36) – 12ème

    PPG (113.2) – 10ème / Opp PPG (114.9) – 24ème
    Offensive Rating (111.9) – 11ème / Defensive Rating (113.7) – 25ème

    Le Cinq de la saison :
    D. Murray (PG) – B. Forbes (SG) – D. DeRozan (SF) – T. Lyles (PF) – L. Aldridge (C)

    Habituellement plutôt malins dans leur recrutement ou leur choix de draft depuis plus de vingt ans, les Spurs ont connu une saison 2018-19 assez loin des attentes malgré une vingt-deuxième qualification consécutive en playoffs. Les retraites de Duncan et Ginobili, conjugués aux départs successifs de Tony Parker, Danny Green mais surtout de Kawhi Leonard, ont fini par rappeler la réalité du business à la franchise texane. L’attente immense autour du duo DeRozan-Aldridge, sensé remettre l’équipe sur le bon rail, se fait toujours attendre, même si les deux joueurs ont une attitude sûrement exemplaire sur le terrain et en dehors. Certaines critiques commencent en effet à pointer du doigt le manque d’entente et de leadership des deux All-Star, conjugués à une panne de coaching et un roster très rajeuni, il fallait au coach Pop les moyens pour rester compétitif cette année. Les arrivées de vétérans tels que Rudy Gay, DeMarre Carroll et du jeune canadien Trey Lyles n’auront pas eu le mérite de rassurer les fans.

    On était bien loin de s’imaginer une saison aussi compliquée et décevante pour coach Pop qui vit son pire exercice depuis sa prise de fonction en 1996. D’un point de vue comptable, les texans ont surtout connu un passage à vide très inquiétant au mois de novembre (3-12), les faisant immédiatement basculés dans la deuxième moitié de tableau. Mais les Spurs ont de la ressource, comme l’attestent les quatre wins en prolongations du mois de décembre, mettant fin à la mauvaise série. Retombés dans leur travers depuis la fin janvier (7-13), le staff des Spurs semble avoir déposer le bilan, tant les choix tactiques furent limités et le jeu trop pauvre. La répartition du scoring semble être un signal encourageant, mais néanmoins contrasté avec la faible prise de responsabilités de certains cadres et l’irrégularité dont ont fait preuves les plus jeunes. C’est donc la panne sèche pour la franchise qui pour ne rien arranger dans son malheur, n’est même pas parvenue à inverser la tendance lors de la Trade Deadline en février.

    D’un côté on peut féliciter de voir DeMar DeRozan et LaMarcus Aldridge être performants, bien que parfois irréguliers ou absents, les deux All-Star portent les Spurs à bout de bras sans pour autant trouver les solutions et une complicité apparente. Les autres cadres de l’équipe comme Patty Mills, Rudy Gay ou encore Marco Belinelli sont également dans la tourmente, inconstants et en manque de prise d’initiatives, tout ce qu’on pouvait redouter vis-à-vis des jeunes, dont la réussite et la progression sont bel et bien à l’image de la saison des texans. Le supporting cast a pourtant de la gueule, le noyau dur de jeunes pépites composé de Bryn Forbes, Dejounte Murray, Derrick White et les plus récents Trey Lyles, Lonnie Walker et Jakob Poeltl sont déjà énormément utilisés par le staff.

    Comme beaucoup en octobre, nous n’imaginions pas écrire ces lignes, mais comme pour tout, les bonnes séries ont toujours une fin et cette année pourrait marquer la fin d’une d’entre elles, celle des Spurs qui pourraient manquer les phases finales pour la première fois en 22 ans. L’équipe va devoir désormais se reconstruire, en pensant déjà à la Free Agency 2020 et la gestion de ses deux plus gros contrats, DeRozan disposant d’une option à activer s’il le souhaite, tout en admettant qu’une nouvelle page de l’histoire de la franchise puisse s’écrire sans un certain nombre de joueurs après 2021. Avec ou sans Gregg Popovich, les texans disposent d’un certains nombres de jeunes qui pourraient s’inscrire dans ce nouveau projet, à conditions d’y mettre le staff et les ingrédients qui ont faits leurs preuves par le passé.

    La saison de San Antonio en quelques chiffres :
    . 1ère équipe à tenter le plus sa chance aux tirs à mi-distance par match (37.2)
    . 1ère équipe à concéder le moins de pertes de balle par match (12.3)
    . 2ème pourcentage de la ligue aux lancers francs par match (80.9)
    . 8ème pourcentage la plus adroite aux tirs par match (47)
    . 26ème pourcentage de la ligue aux tirs à trois points concédés (37.6)
    . Meilleur marqueur : DeMar DeRozan (22.2 points par match à 52.6% FG)
    . Meilleur passeur : DeMar DeRozan (5.6 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : LaMarcus Aldridge (7.4 rebonds par match)
  • Rétro draft 2000 : zoom sur Darius Miles

    Rétro draft 2000 : zoom sur Darius Miles

    Qu’est-ce qu’un « bust » ? Par définition, c’est un joueur drafté très haut, un joueur pour lequel on a promis un avenir grandiose mais qui ne saura pas répondre aux attentes durant sa carrière. Il faut se dire que les joueurs qui débarquent en NBA par la grande porte sont pour la majorité des gamins d’à peine 20 ans. Alors faisons preuve d’un peu d’indulgence au moment d’évoquer la carrière du malheureux Darius Miles, sûrement projeté trop vite sous le feu des projecteurs. Nous relaterons les principaux faits de son parcours professionnel, à l’aide d’une longue lettre postée par Miles sur le site « The Player’s Tribune ».

    Darius LaVar Miles est né le 9 octobre 1981 à East St. Louis, dans l’Illinois. Une ville réputée infernale, au paysage apocalyptique, avec un taux de criminalité 18 fois plus important que la moyenne aux Etats-Unis. « C’est comme ça, souligne Darius. Quand tu nais à East St. Louis, il est question d’armes, de drogues et de danger, du début à la fin. Il n’y a que 89 blocs. Peu importe qui vous êtes, vous êtes dedans. Il n’y a pas le choix. » A titre d’exemple, East St. Louis est la seule ville Américaine de plus de 25 000 habitants à ne pas bénéficier de service obstétrique.

    Dans cette cité chaotique où la réalité empêche même les plus petits de rêver, Miles se tourne vite vers le basketball. Au lycée de East St. Louis, il devient très vite une vedette locale, de par ses capacités physiques. Un jour, il est invité au camp de Michael Jordan, en compagnie de Quentin Richardson, jeune prodige également natif de l’Illinois. « On est arrivés au camp le premier jour et MJ était là, en chair et en os. Quand il a commencé à jouer avec nous, personne ne voulait défendre sur lui. Rappelez-vous, on était des enfants. Qui va se mettre sur le chemin de MJ, pour de vrai ? Mais avec « Q » (Quentin Richardson), on se regardait à se dire, « vas-y, on n’a pas peur ». Donc j’ai voulu défendre dur sur lui. Bien sûr, c’est MJ, il a des moves, et il m’a tué. Mais j’ai continué à défendre dur et il a commencé à me montrer du respect. Après le camp, j’ai fait une photo avec lui et tout et je l’ai ramené à la maison où je l’ai mise en évidence, comme si MJ était un de mes oncles. Je revois ma mère me demander « Il est comment, MJ ? » Je lui disais « Maman, c’est fou ! Michael Jordan était là, à jurer. Il s’exprime comme nous ! ». Je me disais : merde, Michael Jordan est comme moi. Il est normal. Je peux peut-être le faire ». Cet évènement va, selon lui, changer sa vie, et représente sa première vraie lueur d’espoir.

    A l’époque, de plus en plus de jeunes joueurs débarquent en NBA sans être passés par la case université. Kevin Garnett, en 1995, fait le grand saut car ses notes sont trop médiocres pour qu’il puisse bénéficier d’une bourse. Dans le cas de Darius, on se dit qu’un encadrement scolaire et sportif par une fac lui aurait énormément apporté. Mais malgré les multiples offres qui viennent à lui, il choisit de faire une croix sur un cursus universitaire et se présente à la draft 2000.

    La draft de Darius Miles et son interview avec Craig Sager en compagnie de sa mère.

    On notera qu’avant sa draft, Darius Miles est constamment comparé à Kevin Garnett, en raison de leur physique similaire et de leur cursus avant l’arrivée en NBA. « Pour un jeune qui débarque en NBA, la stabilité est primordiale, souligne un des consultants TNT. Etre drafté par les Clippers n’est pas la meilleure solution quand on parle de stabilité. On ne sait pas comment il développera son jeu ni ce qui se passera dans 3-4 ans. » Au micro de Craig Sager, Darius dit : « Kevin Garnett est mon idole, mon joueur préféré, nous jouons au même poste. C’est un mec super, un super joueur et j’espère que je pourrai devenir un bon joueur comme lui actuellement. »

    La couverture de Sports Illustrated, paru en octobre 2000.

    « Je ne pense pas que les gens comprennent vraiment à quel point c’est fou de passer du lycée à la NBA. Et pas seulement à la NBA, mais aux foutus Clippers de Los Angeles. » Il est clair que sur l’autoroute du succès, Darius Miles a toujours voulu emprunter la voie de gauche. Passé d’une ville froide de l’Illinois au soleil californien, avec un contrat de plusieurs millions dollars, on peut affirmer que tout est allé trop vite dans la vie de Darius.

    Pub de la marque Jordan avec Darius Miles et Quentin Richardson. La musique de fond est de Gang Starr – Now You’re Mine.

    Aux Clippers, Miles a retrouvé son pote Quentin Richardson, ainsi que Lamar Odom, Corey Magguette et Keyon Dooling. L’équipe est jeune, prometteuse et surtout explosive. Ainsi elle va devenir une des équipes les plus sympathiques à suivre, sans pour autant parvenir à accrocher les playoffs. Malheureusement pour Darius Miles, son manque de qualités dans beaucoup de domaines essentiels du jeu (shoot mi et longue distance, notions défensives) font perdre patience aux Clippers, qui l’envoient aux Cleveland Cavaliers à l’intersaison 2002-2003, en échange d’Andre Miller. Un an plus tard, il est envoyé à Portland. L’aventure « JailBlazers » commence de la pire des manières pour Miles, qui n’entretient pas de bons rapports avec le coach, Mo Cheeks. Miles est même suspendu pour 2 rencontres après une altercation entre les deux hommes. Malgré tout, de 2004 à 2006, il réalise ses meilleures performances en carrière, en tournant à peu près à 13 points par match. Le 19 avril 2005, il plante 47 points contre les Nuggets.

    Le record en carrière de Darius Miles.

    En avril 2006, la carrière de Darius Miles prend un sombre virage quand il est victime d’une grave blessure au genou, qui lui fait rater 2 saisons complètes. Les Blazers ont le culot d’annuler son contrat, pensant que sa carrière est terminée. Mais en 2009, les Grizzlies lui font signer un contrat jusqu’à la fin de la saison, obligeant Portland a lui payer son dû. A la fin de la saison 2009, Darius Miles met fin à sa carrière. Une carrière finie comme elle a commencé: dans la médiocrité. Les fans, coachs, dirigeants ont toujours attendu plus d’un joueur qui n’était tout simplement pas à sa place.

    Darius Miles et Michael Jordan.

    « On m’a pris le basket à 27 ans et j’étais perdu. Puis quelques années plus tard, on m’a pris ma mère, et je suis devenu plus ou moins fou. Quand tu es en NBA, les gens croient que tu es un super héros et peut-être que tu crois en être un. Mais il y a tout un tas de choses à côté de ça dont le public n’a pas idée. »

    Quelques années après sa retraite, Darius Miles a déclaré être en faillite, après avoir touché plus de 60 millions de dollars de salaires en NBA.

    « J’ai été coincé dans la maison de ma maman à East St. Louis pendant environ trois ans. J’ai travaillé toute ma vie pour sortir de là et j’étais de retour. Juste… pris au piège. Je portais partout où j’allais. Je ne pouvais pas dormir. Impossible de trouver la paix. »

    Récemment, ça à l’air d’aller mieux pour l’ancien Clippers puisqu’il tient (en compagnie de son vieil ami Quentin Richardson) une émission sur « The Player’s Tribune » intitulée « Knuckleheads » , où les deux anciens compères invitent des joueurs tels que Kyle Lowry, Kevin Durant, Allen Iverson… En espérant que tout rentre dans l’ordre pour ce bon vieux Darius.