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  • Trade de James Harden : analyse pour chacun des camps

    Trade de James Harden : analyse pour chacun des camps

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Après une longue saga pleine de rebondissements à tous les étages vient le point final : James Harden est échangé dans un blockbuster trade mêlant 4 équipes et atterrit aux Brooklyn Nets, où il rejoint son ancien coéquipier Kevin Durant et Kyrie Irving. Un nouveau Big Three s’installe en ville.
    Mais posons-nous quelques instants pour analyser ce trade…


    Brooklyn Nets

    Départs : Caris LeVert, Jarrett Allen, Taurean Waller-Prince, Rodions Kurucs, 3 picks de draft de 1er tour (2022, 2024, 2026), 4 picks de draft swaps (2021, 2023, 2025, 2027)
    Arrivées :
    James Harden
    Note : B

    B comme Brooklyn. B parce qu’on doit attendre et que ça reste un coup de poker.

    D’un côté, on a la vision d’un mouvement vraiment fou. Récupérer James Harden sans lâcher Kyrie Irving ? Impensable il y a quelques semaines voire quelques jours si on écoutait les insiders.
    La vision d’un Big Three Durant/Harden/Irving fait saliver certains fans et rager d’autres. Preuve irréfutable qu’un trade gigantesque vient d’être produit.

    Mais concrètement, qu’est-ce qu’on sait de ce Big Three ?

    La première question qui va être posée va être la suivante : pourront-ils cohabiter ? Un ballon pour 3 superstars comme eux, n’est-ce pas trop peu ?
    Plusieurs éléments de réponse peuvent être apportés d’un point de vue moral, mais concentrons-nous sur les statistiques avec un tableau qui va résumer le propos :

    Statistiques avancées du Big Three de Brooklyn sur les 5 dernières années

    On peut constater un premier point qui mérite d’être soulevé, même si il est loin d’être surprenant : les trois adorent avoir le ballon en main. Avec un taux d’usage moyen de plus de 30%, Steve Nash risque de passer quelques nuits blanches à trouver une alchimie en termes de répartitions de possessions. Cependant, une approche plus globale va nous permettre d’introduire l’élément clé de cette équipe : Kevin Durant.

    Qui a convaincu Kyrie de venir aux Nets ? Kevin.
    Qui a convaincu Harden de venir pour se rappeler les bons moments du temps d’Oklahoma City ? Durant.
    C’est le maître à bord, celui qui lie tout le reste, et plus important encore, le moins « égoïste » des 3.
    Avec 52.4% de ses paniers issus d’une passe décisive lors des 5 dernières années, il dépasse de loin ces coéquipiers stars. De plus, seulement 14.1% de ses tirs depuis 2016-17 viennent de situations où « KD » a dribblé plus de 7 fois, contre 33.1% où il ne dribble pas du tout.
    Il n’a pas peur de sacrifier des possessions pour le collectif, il sait ce qu’il faut faire pour gagner.

    Plus létal, plus collectif, il est celui qui va lier Kyrie Irving et James Harden en leur donnant le ballon. Il est également celui qui a le plus d’expérience en termes de titres et de superteams, il sait gérer un effectif rempli de stars.
    Problème d’égo ? Venant de lui, impossible, mais Nash et lui devront trouver rapidement un moyen de faire cohabiter Irving et Harden, c’est le défi numéro 1. Si Brooklyn réussit à devenir un rouleau compresseur, on ne devrait pas oublier de remercier Durant côté Nets.

    Mais d’un autre côté, on affaiblit considérablement le banc avec la perte de LeVert, Allen, Waller-Prince et Kurucs.
    Le duo Caris LeVert – Jarrett Allen constituait probablement l’un des meilleurs binômes remplaçants de la ligue alliant la justesse technique de LeVert et l’efficacité d’Allen.

    Le pivot avait même réussi à détrôner DeAndre Jordan du 5 de départ au bout de quelques matchs. Et ce remplacement assez récent interroge… Coach Nash n’a pas apprécié l’impact de Jordan et a jugé nécessaire de le mettre sur le banc. Mais maintenant que Jarrett Allen est parti, quelles rotations vont être utilisées à l’intérieur ? L’arrivée de James Harden peut-elle décaler « KD » sur des minutes en temps de pivot ? Est-ce que DeAndre Jordan fera son retour dans le cinq de départ ?
    Avec une rotation faible en qualité (DeAndre Jordan, Jeff Green, Reggie Perry, Nicolas Claxton), les Nets se retrouvent en mauvaise posture, là où Allen équilibrait l’équipe.

    Le dernier point que l’on pourrait aborder est la perte des picks de draft. Condition sine qua non pour les Rockets, l’introduction de nombreux picks de draft fait parler, et rappellent de mauvais souvenirs côté Nets. Mais là encore, les avis peuvent être divisés en deux camps : si le projet fonctionne, même sans rookies, ils pourront toujours compléter l’effectif avec des joueurs expérimentés au salaire minimum en quête de titre, l’attractivité du Big Three s’occupera du reste. Si le projet échoue, le manque de picks pour renouveler l’effectif en termes de talent pourrait faire se faire sentir, et le trade d’une star du Big 3 serait un moyen d’en récupérer…

    Tout repose dans les mains des Nets.

    Houston Rockets

    Départs : James Harden
    Arrivées : Victor Oladipo, Dante Exum, Rodions Kurucs, 3 picks de draft de 1er tour provenant de Brooklyn (2022, 2024, 2026) , 1er tour de draft 2022 de Milwaukee (non protégé) et 4 picks de draft swaps avec Brooklyn (2021, 2023, 2025, 2027)
    Note : A

    On pourrait inventer un dicton : « Là où Russell Westbrook passe, reconstruction il y aura. ».
    En tout cas, les Wizards seraient prévenus.
    Il faut dire que les Rockets et le Thunder possèdent désormais à eux deux 34 picks de draft entre la draft 2021 et 2027. 34 picks. Quasiment 5 picks par draft. De la pure reconstruction !
    Et quelque chose nous dit que les Rockets n’ont pas encore fini, notamment avec les envies de départ de P.J. Tucker…

    En tout cas, félicitations aux Rockets pour s’être sorti de cette impasse avec James Harden. Certes, la perte est énorme, mais tout le monde savait que la situation ne pouvait plus durer.
    Il est clair qu’on aurait pu avoir une meilleure contrepartie du côté de Houston en provenance des Nets, mais ils n’étaient clairement pas en position de force. Que ça soit avec Caris LeVert (envoyé à Houston dans un premier temps) ou avec Victor Oladipo, Houston est gagnant.
    Avec 4 premiers tours de draft en plus dans les années à venir, ils braquent le stock de Brooklyn.

    Évidemment, dans le pire des cas, Brooklyn bâtit une dynastie et les picks seront très bas, pas forcément dans l’intérêt des Rockets…
    Mais imaginons un cas un peu plus mesuré. L’entente du Big Three et l’arrivée de James Harden ne convient pas, possiblement Houston se retrouvera avec des picks placés proches de la loterie, et potentiellement dans la loterie, sans forcément aller dans l’extrême avec le cas de Boston il y a quelques années. Trade up, valeur marchande, steals à la draft, ces multiples picks sont parfaits pour une reconstruction.

    L’arrivée de Victor Oladipo reste parfaitement dans le thème : on prend un joueur avec une bonne valeur, dans un contrat finissant, on observera les offres à la trade deadline, et si jamais rien n’intéresse le front office, il libérera du cap à l’intersaison, toujours cette idée de reconstruction.
    Mais l’idée d’avoir un cinq « revanchard envers la vie » avec John Wall, Victor Oladipo, Jae’Sean Tate, Christian Wood et DeMarcus Cousins peut donner un spectacle sympathique !

    Concernant l’arrivée de Dante Exum et Rodions Kurucs, très difficile de les voir avoir un rôle à Houston, même si le premier, en cas de départ d’Eric Gordon par exemple, pourrait avoir une chance d’intégrer la rotation et de retrouver une gloire passée après des années de blessure…

    Mais dans l’ensemble, un sentiment de soulagement et de tristesse s’empare de la Space City. On vient de perdre l’un des meilleurs joueurs de la franchise, mais la situation était devenue trop tendue, presque invivable et on ne peut pas reprocher à James Harden de ne pas avoir tout donné pour la ville de Houston.
    Place maintenant à la reconstruction !

    Cleveland Cavaliers

    Départs : 1er tour de draft 2022 de Milwaukee (non protégé) et 2nd tour de draft 2024 de Cleveland
    Arrivées : Jarrett Allen, Taurean Waller-Prince
    Note : A+

    Le casse de ce trade ? Si certains doutaient du départ d’Andre Drummond, ce mouvement risque d’achever leur espoir.
    À quelques mois de la fin du contrat du pivot double All-Star, Cleveland vient d’acquérir Jarrett Allen en provenance des Nets. C’est un transfert terriblement intelligent, avec l’un des pivots les plus en vues de ces derniers mois. Meilleur que DeAndre Jordan à Brooklyn, il a commencé sur le banc avant de le surpasser. Coach Bickerstaff aura un choix à faire, et il ne serait pas étonnant de voir Allen titulaire d’ici quelques semaines.

    Meilleur dans l’ensemble, doté d’excellentes mains, plus impactant, plus jeune, moins gourmand, Jarrett Allen possède le profil que les Cavaliers espéraient. Sa collaboration avec un meneur de jeu gestionnaire comme Darius Garland va poser d’énormes problèmes aux défenses adverses.
    Problème ? Il arrive à la fin de son contrat rookie. Étant donné son rendement incroyable, un gros contrat l’attend. On parle actuellement d’une somme autour de 20 millions/saison. Cher ? Oui. Mais c’est 8 millions de moins que Drummond.

    Alors le départ d’Andre Drummond se fera peut-être avant la fin de son contrat. On parle de Boston principalement, grâce à leur trade exception de 28.5 millions de dollars, en quête de renforcement à l’intérieur.

    Le départ de Dante Exum est assez malin, étant donné qu’il n’a joué que 30 matchs sous les couleurs de Cleveland, sans vraiment convaincre et en prenant beaucoup de minutes au backcourt Sexton-Garland sans vraiment impacter le jeu. L’acquisition d’un vrai joueur de banc comme Taurean Waller-Prince (26 ans) ajoute une nouvelle dimension aux Cavs, surtout avec les pertes fréquences sur blessure de Kevin Love.

    Mais le plus gros point pour les Cavaliers dans cet échange, c’est leur contrepartie, ridiculement faible. Ils envoient un second tour de draft et un 1er tour de draft de Milwaukee. Milwaukee ou l’équipe qui ne devrait pas descendre en dessous du 20ème pick avant un bon moment avec la signature sur long terme de Giannis Antetokounmpo.
    Bien évidemment, ces picks pourraient donner un futur All-Star, mais la probabilité est très faible.

    Vrai vrai coup de maître de la part des Cavaliers, en récupérant leur pivot du futur avec le futur départ d’Andre Drummond et un joueur de rotation expérimenté contre deux picks de draft sans grosse valeur.
    Respect.

    Indiana Pacers

    Départs : Victor Oladipo
    Arrivées : Caris LeVert, 2nd tour de draft 2024 de Cleveland
    Note : B+

    On pensait que Victor Oladipo et les Pacers étaient passés à autre chose depuis les nombreuses rumeurs qui l’envoyait à Miami lors de la dernière intersaison. Et bien… Pas totalement… Puisque Indiana sort, à l’instar de Cleveland, s’introduit dans ce trade avec l’idée de dénicher la bonne affaire…

    C’est chose faite avec l’arrivée de Caris LeVert en provenance de Brooklyn, contre Victor Oladipo.
    Considéré comme l’un des 6èmes hommes les plus forts, il va apporter à Indiana deux ingrédients forts : de la polyvalence et de la stabilité. Tout en se séparant d’Oladipo et de son contrat finissant, les Pacers récupèrent un homme en forme avec un contrat sur 2.5 saisons.

    Certes, l’impact de Caris LeVert ne devrait pas être celui d’Oladipo à la « grande époque », mais ce temps est révolu, et malgré un regain d’énergie de la part de l’ex-franchise player des Pacers cette année, la séparation était inévitable, que ce soit par un trade ou lors de la Free Agency à venir.
    Mais leur impact sur le jeu est plus ou moins équivalent :

    On se souvient qu’il avait été drafté par les Pacers en 2016 avant d’être échangé dans le trade de Thaddeus Young quelques jours plus tard.
    Aujourd’hui, on va sûrement imaginer un rôle de scoreur comme pouvait avoir T.J. Warren avant sa blessure au pied. Directement dans le 5 de départ ? En tant que sixième homme comme aux Nets ? Difficile de se projeter, mais l’absence de Warren et le départ d’Oladipo laisse un vide au niveau des titulaires que Nate Bjorkgren risque de combler avec LeVert.
    Quand on voit les performances qu’il a su produire avec les absences de Kyrie et « KD » l’an passé et cette saison, on doute beaucoup moins de ce qu’il pourra apporter à un effectif déjà bien fourni !

    L’association Brogdon/LeVert sur le backcourt des Pacers risque d’apporter un souffle nouveau à Indiana. En compilant à eux deux 13.5 passes par match sur ce début de saison, il s’impose théoriquement comme l’un des backcourts les plus prolifiques de la NBA, pouvant parfaitement alimenter un joueur comme Domantas Sabonis, notamment sur les phases de pick & roll. Cependant, un problème va se présenter : Caris LeVert sans ballon, c’est… très moyen !

    Coach Bjorkgren devra donc satisfaire un duo carnivore (54.7 d’USG% combinés) tout en ayant en tête que l’efficacité de LeVert sans ballon est à prouver, tant elle est très mauvaise. Avec près de 60% de ses points marqués sur des drives cette année, Caris LeVert connait ses forces, mais devra s’adapter à un effectif plus collectif, moins bâti sur la performance individuelle.

    Cependant, en réalisant ce bon coup, les Pacers se rapprochent de plus en plus de leurs espérances, et allié à leur bon début de saison, ils deviennent un peu plus sérieux dans la course aux contenders sur les prochaines années.


    C’est probablement l’un des rares trades de ces dernières années où tous les camps s’en sortent bien : James Harden est parti former l’un des trios les plus attendus de l’histoire, cette histoire est enfin finie, la NBA va pouvoir se consacrer au sport en attendant, qui sait, un nouveau blockbuster trade à analyser (coucou Bradley)…

    Sources : Sports Reference, The Athletic, ESPN, NBA.com, Spotrac, RealGM.

  • Bilans de la saison  – Central Division

    Bilans de la saison – Central Division


    En ces temps de confinement, afin d’éviter de vous couper totalement de l’univers de la NBA, ClutchTime dresse un bilan de la saison 2019-2020, suspendue depuis le 11 mars. Dans l’attente de son retour prochainement, la rédaction vous propose de revivre les parcours des différentes équipes de la ligue, depuis fin octobre, en faisant le point sur chacune d’elle dans chaque division de la ligue.

    Notre série continue et pour ce deuxième opus, nous nous intéressons à la Division Centrale de la Conférence Est. Alors que les Bucks et son colosse grec réalisent une saison historique sur tous les plans, les équipes restantes de la division font ce qu’elles peuvent, aussi bien en mal ou en bien, selon si on se positionne du point de vue des redoutables Pacers ou des Bulls et des Cavs toujours en quête de résultats et de stabilité. Une stabilité mise de côté pour les Pistons qui vivent une saison assez loin de leurs objectifs et qui ne s’imaginaient pas devoir amorcer aussi rapidement leur reconstruction.


    Milwaukee Bucks (53-12) – 1er

    PPG (118.6) – 1er / Opp PPG (107.4) – 5ème
    Offensive Rating (112.6) – 7ème / Defensive Rating (101.9) – 1er

    Qualifiés

    Cinq majeur de la saison :
    E. Bledsoe (PG) – W. Matthews (SG) – K. Middleton (SF) – G. Antetokounmpo (PF) – B. Lopez (C)

    Après une saison régulière maîtrisée d’un bout à l’autre et deux premiers tours expédiés tout aussi vite, les Bucks se sont heurtés à la rigueur de jeu et le réalisme froid des Toronto Raptors et d’un Kawhi Leonard qui a revêtu son habit d’exécuteur en chef des coéquipiers du Greek Freak (4-2). C’est donc plus endurci mais surtout avec l’esprit revanchard que la franchise du Wisconsin aborde cette saison 2019-2020. La continuité est le mot d’ordre dorénavant, les Bucks vont donc signer ou resigner des vétérans tels Kyle Korver, George Hill et Brook Lopez, enlever le frère Robin Lopez aux Chicago Bulls et sortir de sa torpeur l’expérimenté Wesley Matthews pour compléter la boucle. Seul accroc au tableau, le difficile choix de la prolongation des titulaires Malcolm Brogdon et Khris Middleton et à ce petit jeu c’est le second, plus expérimenté et All-Star de surcroît qui empochera le pactole, tandis que le second sera envoyé aux Pacers contre plusieurs picks.

    Résultats, cette saison la bande à Giannis roule sur le championnat et affiche pour l’heure le meilleur bilan de son histoire (81.5% wins) devant la saison 1970-71 de Big O et KaJ qui furent sacrés champions cette année-là. Comme un symbole, Milwaukee est devenu l’équipe à se qualifier le plus rapidement de l’histoire pour les playoffs après un succès décroché face aux Washington Wizards le 23 février dernier, avec près de deux mois d’avance sur la fin de la saison régulière. Alors certes depuis le mois de mars, les Bucks ont subi quatre revers en six rencontres, mais quand on regarde la première moitié de saison fantastique (35-6) et l’impressionnante série de 18 victoires consécutives entre le 10 novembre et le 14 décembre, on voit mal ce qui pourrait enrayer la mécanique en vue des phases finales à l’exception des blessures. Et encore ! Les quelques absences de Giannis Antetokounmpo n’ont pas considérablement handicapé l’équipe qui a su se réinventer et trouver des solutions (5 victoires, 3 défaites).

    Tout ceci fut évidemment rendu possible par l’habilité tactique et la gestion des temps de jeu minutieuse de Mike Budenholzer qui parvient chaque soir à tirer le meilleur d’un effectif inépuisable et quasi-injouable à force de cohésion et de répétition de gammes. Élu à trois reprises joueur du mois à l’Est, Giannis est le premier à profiter de cet environnement. Jamais le grec n’a joué autant à l’économie (30.9 minutes) mais demeure plus fort dans tous ce qu’il entreprend désormais, y compris le tir à longue distance, dernière arme en rodage qu’il vient d’ajouter à sa monstrueuse palette offensive de MVP. Si on laisse de côté la partie offensive, c’est surtout en défense que les joueurs des Bucks s’illustrent le plus et c’est sûrement le point le moins négligeable dans la progression de ce groupe qui ne vit que pour aller au bout cette année. Nul doute que le niveau de jeu actuel de Khris Middleton, la maîtrise de Eric Bledsoe à la mène, l’impact des deux côtés du terrain de Brook Lopez et une rotation surchauffée (55.6 points en moyenne) devrait faire des étincelles en phases finales.

    La saison de Milwaukee en quelques chiffres :
    . 2ème équipe la plus adroite aux tirs (47.7% FG)
    . 3ème équipe qui réalise le plus de contres par match (6)
    . Meilleure équipe aux rebonds par match (51.7)
    . Meilleur marqueur : Giannis Antetokounmpo (29.6 points par match à 54.7% FG)
    . Meilleur passeur : Giannis Antetokounmpo (5.8 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Giannis Antetokounmpo (13.7 rebonds par match)

    Indiana Pacers (39-26) – 5ème

    PPG (109.3) – 22ème / Opp PPG (107.4) – 7ème
    Offensive Rating (110.3) – 18ème / Defensive Rating (108.3) – 7ème

    Cinq majeur de la saison :
    M. Brogdon (PG) – J. Lamb (SG) – T.J. Warren (SF) – D. Sabonis (PF) – M. Turner (C)

    Les Indiana Pacers sont des coriaces, même en perdant dans un premier tour de playoffs face aux Celtics (4-0). Notons la performance en dépit d’un effectif amputé de son meilleur joueur, la franchise de l’Indiana venait de se qualifier pour sa huitième campagne en neuf ans. Pas découragés pour autant par cette claque, les Pacers sont repartis cette saison tambours battants, le couteau entre les dents pour tenter quelques jolis coups. Malgré les départs de Cory Joseph, Bojan Bogdanović, Thaddeus Young ou encore Darren Collison, les Pacers ont joué la carte de la finesse en promouvant certains éléments comme figures de proue de l’équipe (Domantas Sabonis, Myles Turner, Aaron Holiday), en balançant du cash et des choix de draft pour récupérer de solides éléments (Malcolm Brogdon, T.J. Warren) et en signant à moindre coût de bonnes affaires lors de la Free Agency (Jeremy Lamb 31m$ sur trois ans, T.J. McConnell et Justin Holiday 4.5m$ sur la saison).

    Privé de son leader Victor Oladipo pendant la majorité de la saison, Nate McMillan a réussi son pari en trouvant les ajustements et un équilibre entre la défense, véritable point fort de l’équipe, et une attaque efficace qui pose de sérieux problèmes à des grosses cylindrées cette année (victoire face aux Lakers, Bucks, Toronto et Utah à domicile) mais qui peut se viander salement comme face aux champions en titre les Raptors (127 à 81 plus large défaite de son histoire). L’équipe a fait des progrès en ce sens et tente de plus en plus sa chance de loin. Enchaînant plusieurs séries de quatre ou cinq victoires en novembre puis en décembre pour venir s’installer dans le carré de tête de la Conférence, Indiana a néanmoins perdu son avance et de précieuses victoires lors de la période des fêtes et début février comme face aux Knicks, décrochant ainsi du trio de tête. Les Pacers vont désormais batailler pour le 4ème spot à l’Est, synonyme de 1er tour avec l’avantage du terrain. De cet avantage, Indiana pourrait en avoir cruellement besoin si elle venait à croiser la route des 76ers ou du Heat en playoffs.

    À ce titre le retour d’Oladipo en février devrait leur offrir plus d’options en attaque dès que ce dernier aura retrouvé son jeu et des sensations. Pour l’heure les Pacers sont à l’heure européenne avec Domantas Sabonis, tout récent All-Star, et qui porte sur ses larges épaules et celles de Myles Turner le destin de l’équipe, pas seuls évidemment, sinon les Pacers ne seraient plus ce qu’ils sont, une bonne équipe dans laquelle les individualités prennent rarement le pas sur le collectif. Avec pas moins de sept joueurs en double figures au scoring, parmi lesquels les dernières recrues T.J. Warren, Brogdon, Jeremy Lamb (out pour le reste de la saison), si on y ajoute des remplaçants comme Aaron et Justin Holiday ainsi que Doug McDermott en forme, cette équipe semble suffisamment armée et déterminée pour finir la saison de la meilleure manière possible et nul doute que les autres équipes de la Conférence commencent déjà à chercher des solutions pour y remédier.

    La saison de Indiana en quelques chiffres :
    . 5ème équipe à commettre le moins de pertes de balles par match (13.1)
    . 3ème équipe la plus adroite aux tirs (FG) : 47.7%
    . 4ème meilleur bilan face à des équipes de la Conférence Ouest (15w – 8l)
    . Meilleur marqueur : T.J. Warren (18.7 points par match à 52.9% FG)
    . Meilleur passeur : Malcolm Brogdon (7.1 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Domantas Sabonis (12.4 rebonds par match)

    Chicago Bulls (22-43) – 11ème

    PPG (106.8) – 26ème / Opp PPG (109.9) – 14ème
    Offensive Rating (106.7) – 27ème / Defensive Rating (109.8) – 14ème

    Cinq majeur de la saison :
    T. Satoransky (PG) – Z. LaVine (SG) – T. Young (SF) – L. Markkanen (PF) – W. Carter (C)

    Après une saison 2018-2019 très mouvementée et une non moins décevante 13ème place à l’Est, Jim Boylen le nouvel homme fort de Windy City s’est employé à trouver des solutions pour ramener des résultats à cette équipe très jeune (22 ans) et globalement assez inexpérimentée puisque trois joueurs seulement ont plus de quatre saisons dans la ligue. Dans un tel contexte, les Bulls doivent miser sur ce groupe tout en l’entourant de joueurs à l’expérience solide pour leur permettre de passer un cap. Pour l’expérience les Bulls ont donc décidé de miser sur l’ex-76ers Thaddeus Young qui vient compenser le départ de Robin Lopez parti rejoindre son frère dans le Wisconsin.  Le noyau du groupe est resté intact dans l’ensemble malgré les départs de plusieurs role players (B. Portis, C. Payne, T. Luwawu-Cabarrot) ou encore d’un Justin Holiday que les Bulls n’ont pas voulu prolonger malgré un très gros temps de jeu effectif l’an passé. Chicago a surtout choisi de miser sur la loterie de cet été et de donner du relief au poste de meneur de jeu en attirant le tchèque Tomáš Satoranský.

    En dépit des attentes et l’objectif de choper un spot en phases finales en fin de saison régulière, les Bulls font encore partie des déceptions de la saison. Malgré un meilleur bilan de victoires depuis un an, l’effectif a été constamment impacté par les absences de plusieurs cadres, qui ont pour la plupart déjà manqué une, voire plusieurs dizaines de matchs et ce sont du coup des joueurs de la rotation qui ont pu bénéficier des minutes à prendre mais qui ont du supporter la responsabilité des résultats de l’équipe. Chicago vit même sa pire période depuis l’arrêt de la saison, après avoir concédé 13 défaites sur leur 16 dernières rencontres (dont une série de huit revers de rang qui aura duré trois semaines). Un bilan qui s’explique forcément par le manque d’automatisme et de stabilité dans le groupe, tandis que le coach en sursis distribue les minutes à tout va à quelques rares exceptions.

    Car s’il y en a bien un qui bénéficie d’une total confiance de la part de son entraîneur, c’est Zach LaVine. L’arrière a carte blanche pour jouer et affiche cette saison ses meilleurs stats personnelles, en témoigne son nombre de tentatives accrue et sa prise de décision plus efficace et décisive que par le passé. Malgré une adresse qui doit s’améliorer, LaVine a prouvé non seulement qu’il était désormais le leader d’attaque de son équipe mais que sans ses cartons offensifs, le bilan des Bulls aurait pu être plus inquiétant. À ses côtés le jeune Coby White a su également tirer son épingle du jeu, devenant assez indispensable en attaque au point d’être élu rookie du mois de février à l’Est. Il faut dire qu’avec les blessures de Wendell Carter, Otto Porter Jr., Lauri Markkanen ou encore Kris Dunn, plusieurs places étaient vacantes dans le registre offensif. Parmi les joueurs les plus utilisés et les plus importants du groupe, Satoranský a même piqué la place de ce dernier comme meneur titulaire. L’équipe maintient pour l’heure un cap (bon ou mauvais ?) en voulant miser sur ses jeunes à conditions que ces derniers ne se blessent pas les uns après les autres et puissent se développer sereinement.

    La saison de Philadelphie en quelques chiffres :
    . 25ème équipe la plus adroite aux tirs (44.7% FG)
    . 28ème équipe aux rebonds (41.9)
    . 4ème pire bilan de victoires à l’extérieur (8-23)
    . Meilleur marqueur : Zach LaVine (25.5 points par match à 45% FG)
    . Meilleur passeur : Tomás Satoransky (5.4 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Wendell Carter (9.4 rebonds par match)

    Detroit Pistons (20-46) – 13ème

    PPG (107.2) – 24ème / Opp PPG (110.8) – 16ème
    Offensive Rating (109) – 21ème / Defensive Rating (112.7) – 22ème

    Cinq majeur de la saison :
    D. Rose (PG) – L. Galloway (SG) – T. Snell (SF) – C. Wood (PF) – T. Maker (C)

    Dernier qualifiés l’an dernier, les Pistons n’ont guère pesé lourd face aux redoutables Bucks au 1er tour (0-4). Malgré tout l’objectif de cette saison pour Detroit restait le même : viser les playoffs et éviter de choper les Bucks au 1er tour. Objectif réaliste pour une équipe qui est allé chercher des joueurs d’expérience comme Markieff Morris et Derrick Rose pour venir compléter le noyau Drummond, Griffin et Jackson. Un recrutement solide et somme toute logique mais qui demande encore à se concrétiser sur les parquets et dans une Conférence Est plus féroce. L’équipe dispose également de jeunes talents en devenir qui ont déjà montré des signes encourageants tels Luke Kennard, Bruce Brown et même Christian Wood, récupéré auprès des Pelicans. Et puis Detroit accueille cette année un français parmi ses joueurs qu’elle a draftés, le jeune Sekou Doumbouya qui devra se faire une place dans une rotation où des places sont encore à prendre.

    Alors certes tout n’est pas à jeter pour les Pistons cette saison, loin s’en faut. Mais lorsque les hommes de Dwane Casey débutèrent en 2019 par sept victoires sur leurs vingt premières rencontres de saison régulière, on se dit alors que le recrutement de l’été n’aura presque rien changé à la situation. Les cadres n’ont pas ou peu été au rendez-vous entre les blessures des uns (Griffin, Jackson) et les départs lors de la trade deadline (Markieff Morris aux Lakers) dont celui de Andre Drummond, vivement critiqué et qui a eu l’effet de faire passer les Pistons pour des coqs sans tête. Désormais tournée vers la reconstruction un peu tardive, Detroit semble avoir revu ses ambitions à la baisse et les résultats de la franchise s’en ressentent fortement. Avec seulement trois petites victoires sur leurs vingt derniers matchs, dont une série de sept revers de suite, le calendrier des matchs à venir n’est pas près de redonner du baume au cœur des supporters du Michigan.

    Pourtant remarquable sur le papier, l’effectif des Pistons s’est rattaché assez longtemps aux performances du revenant Derrick Rose et de son entente avec Andre Drummond et à moindre mesure Blake Griffin. Des progressions sont à noter également. Même s’ils bénéficient d’un plus gros temps de jeu, surtout avec un effectif dispersé, Luke Kennard, avant de se blesser, Christian Wood ou encore Bruce Brown et Sviatoslav Mykhailuk sont autant de promesses pour l’avenir de la franchise. Une progression dont seraient bien inspirés les débutants du roster, à commencer par notre frenchie Sekou Doumbouya, dont le mois de janvier n’est pas passé inaperçu aux yeux des fans et de son coach qui attend beaucoup plus d’investissement de sa part à l’avenir. Certains joueurs ont plusieurs cartes à jouer en cette fin de saison, bénéficiant d’un temps de jeu plus conséquent et de responsabilités pour se mettre en évidence en vue de décrocher un contrat et un bon rôle à jouer dans l’effectif la saison prochaine.

    La saison de Detroit en quelques chiffres :
    . 29ème équipe aux rebonds (41.7)
    . 2ème équipe à concéder le plus de tirs à 3-points (29.6)
    . 5ème pire bilan de victoires à domicile (11-22)
    . Meilleur marqueur : Derrick Rose (18.1 points par match à 49% FG)
    . Meilleur passeur : Derrick Rose (5.1 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Andre Drummond (15.8 rebonds par match) / Christian Wood (6.3 rebonds par match)

    Cleveland Cavaliers (19-46) – 15ème

    PPG (106.9) – 25ème / Opp PPG (114.8) – 23ème
    Offensive Rating (107.5) – 25ème / Defensive Rating (115.4) – 29ème

    Cinq majeur de la saison :
    D. Garland (PG) – C. Sexton (SG) – C. Osman (SF) – K. Love (PF) – T. Thompson (C)

    « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ». Cette célèbre citation de Lamartine n’a jamais été aussi bien portée que par les Cavaliers depuis le départ de son King, LeBron James. Terminant 14ème et avant-dernier bilan de la ligue devant les Knicks, les Cavs sont pourtant loin d’être à plaindre au regard de leur effectif et c’est d’autant plus offensant quand on sait qu’une saison plus tôt, la franchise de l’Ohio luttait encore en finale face à ses rivaux les Warriors. Cette année donc pas d’excuse pour cette équipe, en reconstruction certes, mais qui a tout de même conservé certains cadres de ses glorieuses saisons passées. On vous l’accorde, viser les playoffs avec un effectif aussi déséquilibré (10 joueurs avec deux saisons ou moins au compteur), paraît très peu probable, même à l’Est. À ce titre le nouvel entraîneur en chef, John Beilein, fait également figure de jeune bleu au sein de la ligue, en dépit d’une énorme expérience d’entraîneur universitaire. La stratégie semble assez claire : les Cavs doivent repartir sur du neuf avec un vivier très dense de jeunes joueurs à développer en priorité, ce qui pourrait poser plusieurs problèmes aux éléments les plus anciens.

     Et ça n’a pas manqué. Arrivés à la mi-saison, Cleveland affichait déjà un bilan très inquiétant de 12 victoires pour 30 défaites et des tensions palpables en interne entre les jeunots et les anciens. La mayonnaise n’a visiblement pas prise au grand désespoir des supporters et des dirigeants qui vont trouver comme seule solution de se séparer de leur entraîneur fin février pour laisser son adjoint J.B. Bickerstaff prendre les commandes du groupe pour la dizaine de matchs restants. Une histoire qui tourne court malgré le bon travail fourni par ce dernier avec les jeunes, en particulier son backcourt très prometteur mais qui doit apprendre à jouer ensemble et gagner en régularité pour se mettre au niveau de la NBA. Avec seulement huit matchs remportés à l’extérieur, et un bilan guère mieux à domicile, les Cavs ont coulé défensivement, la faute à un manque d’implication et d’esprit collectif rédhibitoire. Les Cavs vont même se séparer de leur sixième homme, Jordan Clarkson, après Noël, se privant ainsi d’un élément offensif majeur. La cassure est assez profonde et la Trade Deadline de février n’a pas eu l’effet escompté (6 victoires et 6 défaites).

    L’arrivée d’Andre Drummond, malgré tout ce qu’elle a de surprenante et d’enthousiasmante, est loin de répondre aux besoins de l’équipe à cette heure. Les deux profils de All-Stars que sont Tristan Thompson et Kevin Love, évoluent dans un registre en tout point similaire à celui de l’ancien Piston, et affichent une solide expérience et entente dans le jeu depuis plusieurs années, ce que l’ex-Piston ne pourra pas défaire à moins d’un départ de l’un des deux joueurs. Difficile de comprendre la manœuvre même si ce dernier est plus jeune et que la franchise à réaffirmer il y a peu, son souhait de conserver le pivot All-Star la saison prochaine. Une association avec les jeunes loups Collin Sexton, Darius Garland et Kevin Porter Jr. pourrait fonctionner à conditions de mettre de l’ordre dans le vestiaire et de leur laisser du temps pour progresser ensemble sur le terrain. Car dans l’ensemble et malgré des belles promesses, il n’y a pas grands choses à tirer de cette saison pour Cleveland qui reste une équipe sans fond de jeu et sans réelles orientations à long terme qui vaillent la peine.

    La saison de Cleveland en quelques chiffres :
    . 2ème équipe commettant le plus de faute par match (18.3)
    . 30ème équipe à réaliser le plus de contres par match (3.2)
    . 4ème pire bilan de victoires à domicile (11-25)
    . Bilan de 0 victoire et 4 défaites face à des équipes de la Division Pacific
    . Meilleur marqueur : Collin Sexton (20.8 points à 47.2% FG)
    . Meilleur passeur : Darius Garland (3.9 passes décisives par match)
    . Meilleure rebondeur : Tristan Thompson (10.1 rebonds par match) / Andre Drummond (11.1 rebonds par match)
  • Previews NBA : Indiana Pacers

    Previews NBA : Indiana Pacers

    Pour la première année, ClutchTime se lance dans une grande série de previews pour la saison 2019-2020 ! On part sur une division par semaine et cela jusqu’au début de la saison ! On débarque cette semaine du coté de la Division Centrale, avec les Indiana Pacers.

    Indiana Pacers


    Bilan 2018-2019 :

    Classement : 5ème de la conférence Est

    Bilan : 48-34

    Playoffs : Défaite au 1er tour des playoffs (4-0) face aux Boston Celtics


    Bilan sur la saison

    Indiana nous habitue depuis plusieurs années à des saisons régulières abouties. L’exercice 2018-19 n’échappe pas à la règle, malgré plusieurs éléments contraires durant la saison. Le premier d’entre eux fut évidemment l’absence de longue durée de Victor Oladipo, blessé depuis fin janvier et privant les Pacers de son nouveau meilleur élément depuis le départ de Paul George. La saison avait cependant débuté idéalement, Indiana jouant les premiers rôles à l’Est avec la manière. L’effectif de Nate McMillan, capable de tenir tête à n’importe quelle équipe, développe un basket collectif qui ravit alors supporters et médias. Malgré un bon bilan, Indiana, incapable de hausser son niveau de jeu en playoffs, va malheureusement s’effondrer au 1er tour, sweeper par les Celtics.

    Les points positifs sont néanmoins nombreux cette année. Au-delà de la blessure fâcheuse d’Oladipo, les Pacers sont parvenus à produire un basket agréable et varié grâce à plusieurs performances solides de joueurs toujours acquis à la cause du collectif et du coach. Nate MacMillan a très habilement réussi à combiner les éléments qu’il avait à sa disposition pour construire une équipe solide en défense (la première en saison régulière) et capable d’envoyer du bois en attaque. Les joueurs à s’être le plus illustrés furent incontestablement le duo d’intérieurs Sabonis, Turner. Le lituanien dans un rôle de sixième homme a enchaîné les prestations offensives et défensives durant une bonne partie de la saison, limitant ainsi le ressentie de l’absence de son leader. Myles Turner est quant à lui enfin devenu le joueur qu’Indiana attendait pour tenir sa raquette en s’imposant comme une référence sur le plan défensif (meilleur contreur de l’année).

    Malheureusement l’année 2019 ne fut pas encore celle des Pacers. Éliminés sèchement dès le 1er tour des playoffs et ce pour la 4ème année consécutive, les bleus et or ne sont pas parvenus à amorcer un nouveau cap. L’année noire d’Oladipo y est pour beaucoup, Indiana n’a pas su trouver le leader de substitution capable de tirer l’équipe vers le haut comme ce fut le cas en début de saison. De Bogdanovic et Young à Sabonis ou même le pari Evans, aucun n’a réellement été en mesure de sortir le bleu de chauffe, comme ce fut le cas l’année précédente face aux Cavaliers. Il est difficile de blâmer qui que ce soit dans cet effectif qui se repose en très grande partie sur son collectif, mais la déception est réelle.


    Mouvements durant l’intersaison

    Via Time Out

    Effectif 2019-2020

    PosteNomsSalaire
    SGVictor Oladipo21,000,000$
    PGMalcolm Brogdon20,000,000$
    CMyles Turner18,000,000$
    SFTJ Warren10,810,000$
    SGJeremy Lamb10,500,000$
    SFDoug McDermott7,333,333$
    SGJustin Holiday4,767,000$
    CDomantas Sabonis3,529,554$
    PGTJ McConnell3,500,000$
    CGoga Bitadze2,816,760$
    PFTJ Leaf2,813,280$
    PGAaron Holiday2,239,200$
    PGEdmond Sumner2,000,000$
    SGJaKarr Sampson1,737,145$
    SGCJ Wilcox1,678,854$
    PFAlize Johnson1,416,852$
    CAmida Brimah898,310$
    PFJaKeenan Gant898,310$
    FBrian Bowen79,568$
    PGNaz Long79,568$

    Note : le contrat de Monta Ellis (2,245,400$) est inclus dans le Salary Cap des Pacers pour la saison 2019-2020

    Le cinq majeur de ClutchTime

    MeneurArrièreAilierAilier FortPivot
    M. BrogdonJ. LambT.J. WarrenD. SabonisM. Turner

    Note : V. Oladipo (blessé depuis janvier 2018) son retour est prévu en décembre


    Évaluation by CT

    Points FortsPoints Faibles
    Le jeu défensifAucun leader derrière Oladipo
    Le bancLe poste 3
    Le collectifLa rotation intérieur

    Prévision de Classement

    Estimation haute : 3ème

    Estimation basse : 9ème

    Notre estimation : 7ème

    Probabilité de playoffs: autour de 87%


    AVIS GLOBAL ET ATTENTES

    Indiana veut vite repartir sur une dynamique positive et mettre toutes les chances de leur côté. Gérer l’absence d’Oladipo (retour prévu à la fin de l’année) relève donc du casse-tête pour McMillan qui doit désormais composer avec une équipe privée, et de son leader, et de plusieurs joueurs clés. En effet les pertes successives de Bogdanovic, Young, Collison et Joseph n’ont guère rassuré les fans pour cette nouvelle saison. Afin de limiter les dégâts, les dirigeants sont tout de même parvenus à attirer le jeune meneur des Bucks, Malcolm Brogdon, et l’ailier T.J Warren, via des trades habilement ficelés, suivis par l’ex-76ers McConnell et le le sixth man des hornets, Jeremy Lamb, lors de la Free Agency. De jolis coups réalisés mais assez loin des ambitions espérées cette année, aux vues du niveau de la Conférence.

    L’équipe devrait une nouvelle fois s’illustrer par son jeu collectif et sa rotation solide que le staff est parvenu à mettre en place depuis plusieurs années. Nate McMillan, qui devra néanmoins résoudre quelques soucis de rotation au poste 4, s’appuiera vraisemblablement sur un triangle Brogdon – Oladipo – Turner, si l’arrière revient à son meilleur niveau, ainsi que sur un second unit solide, autour de Sabonis et Lamb. Si la recette de l’année dernière fonctionne jusqu’au bout cette année, les Pacers version 2019-2020 seront comme d’habitude de sérieux clients à l’Est et devraient sans surprise décrocher une nouvelle qualification en playoffs.


    Highlights des Pacers 2018-2019

    Pour finir la preview en douceur, un petit come-back sur la saison dernière avec les meilleures actions des Pacers !

    Enjoy !
  • NBA Rewind #2 Draft 1978 : Larry Bird et Indiana, destins croisés

    NBA Rewind #2 Draft 1978 : Larry Bird et Indiana, destins croisés

    Chaque semaine Clutch Time vous propose de faire un bond dans le passé afin de revivre et de réécrire un fait marquant de la NBA qui aurait pu changer le cours de son histoire.


    Cette semaine, on continue notre série avec un flashback vers la Draft 1978. Alors que Larry Bird, encore joueur universitaire, est sélectionné en 6ème position par les Celtics d’Auerbach, Indiana, qui disposait d’un troisième pick, décide d’ignorer l’enfant chéri du pays qui écrira sa légende à 1 600km de là, dans le Massachusetts.

    Indiana Pacers, de la ABA à la NBA

    Indiana Pacers, saison 1973-1974

    L’histoire des Indiana Pacers débute en 1967, non pas en NBA, mais dans la ligue concurrente à l’époque, la ABA. À l’initiative d’un groupe de six investisseurs américains, parmi lesquels, Dick Tinkham (co-fondateur de la ligue), la franchise, s’installe d’abord sept saisons au Indiana Farmers Coliseum avant de déménager pour 25 ans, à la Marquet Square Arena. Elle brillera sportivement durant une petite décennie remportant trois titres ABA (1970, 1972 et 1973) et s’appuyant notamment sur plusieurs joueurs marquants en ABA (Mel Daniels, Roger Brown, Freddy Lewis) puis en NBA (George McGinnis et Don Buse). Ce que les dirigeants et les joueurs ne se doutaient pas à l’époque c’est que l’avenir de la franchise s’écrirait dorénavant dans la ligue rivale. Lors de la fusion ABA-NBA en 1976, les Pacers firent partis des quatre équipes retenues pour intégrer la ligue (parmi lesquelles les Denver Nuggets, les San Antonio Spurs et les New York Nets) . 

    Des débuts difficiles en NBA

    Billy Knight

    À l’été 1976, l’équipe entraînée depuis 1968 par Bobby « Slick » Leonard (joueur légendaire des Indiana Hoosiers), doit désormais rebâtir un effectif au budget limité, en vendant ses meilleurs atouts afin de  s’installer durablement dans son nouvel écrin. Étouffés financièrement, les propriétaires de la franchise vont se battre durant toute la saison inaugurale afin d’attirer les spectateurs et convaincre les dirigeants de la ligue qu’ils avaient fait le bon choix en les intégrant eux plutôt que les Kentucky Colonels. Malgré une petite 9ème place et un bilan négatif de 36 victoires pour 46 défaites, la saison 1976-77 des Pacers, emmenés par ses deux néo-All-stars, Don Buse et Billy Knight fut néanmoins encourageante. 

    À l’issue de la Draft 1977, la première de l’histoire de la franchise en NBA, Indiana sélectionne l’ailier Alonzo Bradley (Texas Southern University), en 29ème position (son 7ème pick ayant été échangé avec les Nets contre l’arrière John Williamson). Le joueur ne jouera cependant aucun match sous la tunique bleu et or, échangé contre l’ailier fort des Rockets Ron Behagen, quelques mois plus tard. Lors de cette saison 1978, les Pacers vont effectuer d’énormes turn-over en cherchant à atteindre les Playoffs. Se séparant d’abord de leur meneur de jeu, Don Buse ainsi que de leur meilleur marqueur Billy Knight (contre Adrian Dantley et Mike Bantom), puis du même Adrian Dantley quelques mois plus tard, suivi par John Williamson (recruté un an auparavant), Indiana adopte une stratégie nécessaire de la part de ses dirigeants mais néanmoins très contestable encore aujourd’hui. Cette saison se terminera logiquement encore plus mal que la saison passée (31-51) à une piteuse 10ème place de conférence (ex-aequo avec Kansas City). L’objectif de remise à neuf de l’équipe en échangeant des joueurs à tour de bras, apparaît alors comme un véritable échec sur le plan sportif. Les dirigeants doivent donc proposer d’autres perspectives aux supporters et investisseurs, pour maintenir la franchise sur les rails.

    Don Buse

    La Draft 1978

    Les Pacers ont eu la main chanceuse lors de la Draft 1978 et remportent le coin flip (à l’ancienne), qui détermine au jeu du pile ou face, quelle équipe disposera du « First overall pick ». En dépit de ce tout premier choix pour la franchise, les dirigeants prennent la décision de monter un trade avec Portland la veille de la cérémonie. Les Blazers envoient alors leur jeune meneur Johnny Davis, champion NBA en 1977, et leur troisième pick, contre le premier choix des Pacers, s’octroyant le privilège de sélectionner à la première place le pivot Mychal Thompson (Minnesota), le père de Klay Thompson. Reste alors aux Pacers de faire le bon choix en attendant la décision des Kings pour le second pick. Kansas City sélectionne alors le meneur de North Carolina, Phil Ford et plusieurs joueurs universitaires intéressants restent encore disponibles. 

    Écusson des Pacers saison 1978-79

    Parmi les prospects de la cuvée 1978 , Michael Ray Richardson, Purvis Short, Freeman Williams et Butch Lee font partis d’un lot de joueurs universitaires très prometteur mais un profil retient d’avantage l’attention, celui du jeune Larry Bird, ailier de 21 ans des Sycamores d’Indiana et star locale du basket universitaire. Il se dit alors qu’en coulisse Slick Leonard était totalement séduit par une future sélection du joueur d’Indiana State, mais qu’en raison de son statut de junior, le joueur vedette des Sycamores souhaitait rester une saison supplémentaire pour finir son cursus. Cette situation paraît invraisemblable pour les Pacers et le coach, qui disposent alors d’une marge de manoeuvre restreinte et doivent compter sur un maximum de joueurs dès la saison 1978-79 afin de reconstruire une franchise alors dans l’impasse. Larry Bird ne reviendra pas sur sa décision et les Pacers de leur côté ne prendront pas le risque de sélectionner Bird, puis d’attendre un an, en sachant pertinemment que le jeune ailier pourrait parfaitement refuser de signer un contrat la saison suivante pour se représenter à la draft 1979 en tant que potentiel first pick. Les Pacers décident donc d’échanger leur premier pick et Leonard se résigne alors à sélectionner le pivot Rick Robey en troisième position, champion universitaire 1978 avec les Wildcats de Kentucky. Un choix judicieux sur l’instant, mais frustrant par la suite, tant le génie et la réussite de Bird en NBA furent exceptionnels. Le légendaire dirigeant des Boston Celtics, Red Auerbach, ne s’y trompe pas et tentera le pari en le sélectionnant en 6ème position laissant les Pacers passer une nouvelle fois à côté d’un choix d’exception (les Nets en 1977 avec le pick d’Indiana avaient sélectionné le futur Hall of Famer Bernard King). 

    Je savais qu’il était bon tireur, bon passeur et bon au rebond, mais je ne savais pas à quel point. 

    Larry était le joueur le plus motivé que j’aie jamais vu

    Red Auerbach, président des Boston Celtics
    Le flair légendaire du Red

    Larry Bird, star locale et futur tueur des parquets en NBA

    The Hick from French Lick

    Larry Joe Bird, née le 7 décembre 1956 à West Baden Springs, est issu d’une famille irlandaise de six enfants ayant vécu dans la petite ville de French Lick, au sud de l’état d’Indiana. D’origines très modestes, Larry, ses frères et soeurs connaissent une enfance tourmentée au sein d’une famille instable, ce qui incite très tôt le jeune Larry à se réfugier dans le sport et plus particulièrement le basket. À l’âge de 13-14 ans, alors que ses parents viennent de se séparer, Larry se découvre un réel talent pour la balle orange et s’investit pleinement dans sa nouvelle passion. 

    Early in High School

    De 1971 à 1975, Bird est scolarisé à la Springs Valley High School, du comté d’Orange, et intègre différents programmes sportifs en pratiquant le baseball, le football et le basketball. Lors de son année junior, le jeune joueur de 1m96, revenant d’une blessure à la cheville qui l’a tenu éloigné des terrains de sports, décide d’intégrer définitivement l’équipe de basket du lycée. Larry Bird devient immédiatement la vedette de son équipe et chaque soir, devant près de 1 600 supporters (la ville compte un peu plus de 2 000 habitants), le numéro 33 enchaîne les prestations de très haut niveau comme un soir où il inscrira 55 points contre Corydon et un autre à 54 points et 38 rebonds face à Salem. Durant deux ans, il rafle toutes les récompenses et records high school terminant meilleur marqueur et rebondeur de l’histoire de son lycée (30pts et 20 rbds de moyenne), amenant même son équipe jusqu’en finale régionale lors de sa dernière année Senior. Environ 4 000 spectateurs assistèrent à son dernier match à domicile avec Springs Valley en 1975, dans une salle qui ne pouvait en accueillir pas plus de 2 000. 

    Early in College

    Repéré dès 1974 par« The General », Bobby Knight, coach des Hoosiers d’Indiana, Larry Bird intègre en 1975 l’université d’Indiana Bloomington. L’histoire va cependant tourner court, frappé par un drame familiale (le décès de son père puis de son grand-père la même année) et mal à l’aise dans son nouvel environnement, Larry décide de renoncer à la fac et retourne trouver un boulot d’employé municipal dans la ville de son enfance. Il se mariera en novembre 1975 et aura même une fille mais divorcera quelques mois plus tard. Un autre entraîneur, Bob King (Indiana State), a remarqué le jeune ailier lors d’un passage à Springs Valley, et souhaite lui offrir une bourse d’étude afin d’intégrer l’équipe de basket de la fac. Avec ses assistants de l’époque, Bob King va tellement insister pour persuader le jeune blondinet têtu comme une mule, se rendant même chez la mère puis la grand-mère de Larry, qu’il finira par le convaincre de reprendre ses études et le basket. Larry Bird débarque alors à Terre Haute, ville de l’université d’Indiana State, au nord-ouest de French Lick. Il trouve un job d’été dans un camping pour mobile home, est hébergé dans le sous-sol de son coach, Bill Hodges, et passe le reste de l’été 1976 à s’entraîner et jouer au basket.

    Larry m’a dit: «  Vous devriez plutôt recruter mon cousin. Il aurait été un excellent joueur s’il était allé à la fac », je lui ai répondu : «  Larry, ils diront exactement la même chose de toi un jour si tu ne saisis pas cette opportunité » .

    (Bill Hodges, assistant coach des Sycamores, lors de son premier entretien avec Larry Bird)

    Sous le maillot des Sycamores il provoque la stupeur et l’admiration dans l’équipe, tant l’ailier joue un ton au dessus. Sa conduite de balle, son agilité et sa rapidité lui permettent de développer une technique ballon en main exceptionnelle. En travaillant son shoot et ses lancers depuis de nombreuses années, Larry Bird inscrira, lors de sa première saison, presque 33 points par match sous ses nouvelles couleurs, concédant seulement trois défaites dans la Conférence Missouri Valley. Un record pour ISU et un gros coup de projecteur sur cette petite fac encore inconnue à l’époque. Les médias et la presse locale s’empresse alors de suivre le nouveau phénomène du pays et le nombre de places vendues pour assister aux matchs des Sycamores va considérablement augmenter. La saison sophomore de Bird sera moins fructueuse dans les résultats (11-5) et sur le plan statistique (30pts, 11rbd, 4ast) mais confirme un peu plus le joueur dans un rôle de leader. Au terme de cette saison 1978, Larry Bird est approché par les Boston Celtics de Red Auerbach qui l’invite à s’inscrire à la prochaine Draft NBA qui se tient en juin à New York. Alors qu’il n’est encore que junior, il accepte mais exige cependant de terminer son cursus universitaire pour faire plaisir à sa mère qui souhaitait voir un de ses enfants sortir diplômé d’une université. Les Celtics acceptent et Larry Bird ne rejoindra les parquets de la grande ligue qu’en 1979 pour se consacrer avant tout sur son année Senior et son ultime défi, remporter un titre avec Indiana State.

    Essaie un peu de me prendre la balle

    À l’aube de sa dernière saison, son coach Bob King subit une rupture d’anévrisme, l’obligeant à passer la main à son adjoint, Bill Hodges, proche de Larry Bird. Ce dernier va faire passer un cap énorme à l’équipe, qualifiant ISU pour la première fois de son histoire au tournoi national universitaire de 1979. Avec un bilan parfait de trente trois victoires consécutives, les Sycamores éliminent successivement Virginia Tech, Oklahoma, Arkansas et De Paul jusqu’en finale du tournoi face à Michigan State et son génial meneur de jeu, Earvin « Magic » Johnson. Bird termine chaque rencontre, meilleur marqueur et rebondeur du match, inscrivant notamment 40 points face Evansville, 48 points à Butler, 31 points face l’Arkansas de Sidney Moncrief ou encore 35 points en 1/2 finale face à De Paul et Mark Aguirre. Dans une finale qui détient encore aujourd’hui le record d’audience télévisuelle pour un match universitaire,  Bird s’incline malheureusement (75-64) face à son futur meilleur et plus grand rival, qui terminera meilleur joueur du tournoi 1979. Larry Bird raflera tout de même tout au long de ses années de fac, en particulier lors de son année senior, les plus prestigieuses récompenses individuelles universitaires. Les Sycamores sont passés d’un bilan de 37 victoires pour 40 défaites entre 1974 et 1976, à un bilan impressionnant de 81 victoires et 13 défaites entre 1977 et 1979, Bird devenant en passant, le 5ème scoreur de tout les temps en NCAA (30pts, 13rbd, 4.5ast de moyenne).

    Larry Bird’s Awards

    Afterwards in NBA

    Le conte de fée entre l’éternel #33 d’Indiana et les Pacers ne se réalisera pas, au grand dam des supporters de la franchise mais aussi des Sycamores et de tous ceux qui, de près ou de loin, l’ont vu grandir et botter les fesses de toutes les équipes qui croisèrent sa route depuis ses débuts en high school jusqu’au banc de la fac. Il s’avère qu’après la draft 1978, la NBA, qui avait suivi de près le cas de Bird, décida de changer les règles d’admissibilité des joueurs universitaires en année junior. À partir de la saison 1980-1981, un joueur devait ainsi renoncer à son admissibilité au collège avant la draft s’il voulait être sélectionné.

    Quel fabuleux signe du destin pour un joueur local, aussi talentueux et récompensé soit-il, s’il avait été choisi par la franchise qui lui était promise et pour laquelle il aurait pu tant apporter. Les Pacers auraient tout à fait pu remporter plusieurs titres de champions et former une redoutable équipe dans les années 80 en associant Larry Bird à Adrian Dantley et Alex English dans leur primes, ou encore Calvin Natt qui aurait pu être sélectionner l’année suivante lors de la draft 1979.

    Indiana Pacers après 1978

    The Knick Killer

    Indiana mettra plus d’une décennie avant de s’installer durablement dans le rôle d’un vrai contender à l’Est, ne participant aux playoffs qu’à deux reprises (la première fois en 1981) jusqu’en 1989 en passant notamment à côté de la draft 1984, considérée comme la meilleure cuvée de l’histoire (les Pacers échangent leur 2nd pick à Portland en 1981 contre le vétéran Tom Owens). L’arrivée de « Mighty Mouth » Reggie Miller, presque dix ans après la draft 1978, va enfin propulser la franchise au sommet de la ligue dans les années 90, offrant notamment aux supporters cinq finales de conférence en six ans puis une finale NBA en 2000, ainsi que plusieurs rivalités mythiques d’abord avec les Bulls de Jordan-Pippen et les Knicks de Ewing puis avec les Pistons des Wallaces et plus récemment le Miami Heat de James et Wade. Néanmoins sans jamais parvenir à toucher du doigt le trophée Larry O’Brien, les Pacers ont finalement gagné au fil des saisons une régularité exemplaire en se forgeant une sacré réputation d’emmerdeurs qui ne lâchent rien sur un parquet. À l’image de Dale Davis, Rik Smits ou plus récemment de Paul George, Myles Turner ou Danny Granger, Indiana a su faire fructifier ses choix de draft (pas toujours haut placés) et réaliser de bons mouvements afin de rester compétitif.

    Larry Bird après 1978

    « Larry Legend » s’adaptera quant à lui très vite sous ses nouvelles couleurs à Boston. Il mènera de façon éclatante la franchise, pendant treize saisons exceptionnelles (et quelques blessures), en prenant soin de remplir son armoire à trophées de plusieurs titres et distinctions personnelles (12x All-Star, 3 titres NBA, 3 titres de MVP, 2x MVP des finales, 10x All-NBA, 3x All-Defensive, Rookie de la saison 1979-1980). Un compétiteur rare, ultra dominant (24pts, 10rbd, 6ast en carrière), acteur majeur d’une des plus grande rivalité du sport moderne avec les Lakers de Magic Johnson dans les années 80 (trois finales joués l’un contre l’autre) et précurseur de la NBA moderne médiatique en pleine essor. Il fera également parti du voyage de Barcelone en 1992 avec la Dream Team des USA, accrochant son nom au palmarès olympique de la discipline et sera intronisé en 1998 au Hall of Fame, six ans seulement après avoir quitter les parquets.

    Bird connaîtra enfin le plaisir de porter les couleurs d’Indiana, d’abord en tant que coach (1997-2000) au succès énorme (68% de victoires en régulière et 61% en playoffs). Pourtant passé si près d’un titre en 2000 face aux Lakers de Phil Jackson, le meilleur entraîneur de la saison 1997-98 décide de lâcher son costume d’entraîneur pour mieux revenir en tant que président des opérations basket de la franchise en 2003, ce qui lui vaudra d’être à nouveau distingué du titre de dirigeant de l’année 2011-12 avant de laisser son fauteuil à Donnie Walsh pour des raisons de santé. Larry Bird reste à ce jour la seule personnalité du basket à avoir remporté les meilleur distinctions NBA en tant que joueur, dirigeant et entraîneur et intervient toujours dans les opérations basket de la franchise dans un rôle plus restreint au sein de la direction.

    Larry Bird lors d’une cérémonie d’inauguration de sa statue qui s’est tenu le 9 novembre 2013 devant l’université d’Indiana State