Étiquette : Équipe de France

  • Équipe de France masculine : la relève est déjà là

    Équipe de France masculine : la relève est déjà là

    Au terme d’une préparation captivante et couronnée de 5 victoires en autant de matches, les Bleus de Frédéric Fauthoux ont inquiété et rassuré en montrant deux visages bien distincts, souvent en première et deuxième mi-temps (92-77 contre la Grèce après une première mi-temps à 43-49). Le coach, successeur de Vincent Collet (honoré à Bercy le 16 août dernier pour son parcours exceptionnel à la tête des Bleus), est bien en place et réussit déjà de belles choses avec un effectif annoncé comme défaillant. En effet, avec les défections initiales d’Evan Fournier, Matthias Lessort et Rudy Gobert, la retraite internationale de Nando De Colo et de Nicolas Batum, puis les blessures de Vincent Poirier et Matthieu Strazel, d’aucuns comptaient déjà les lacunes et les absences plutôt que de compter sur les présents. Heureusement, la jeune génération est déjà là et n’a pas fait le déplacement pour rien. C’est son heure, tout simplement.


    Bilal Coulibaly sous la maillot des Wizards de Washington

    Une nouvelle génération très précoce et sans complexes

    Arrivé discrètement en Équipe de France dans le même wagon que Victor Wembanyama, comme lors de son passage à Boulogne-Levallois et même à son arrivée en NBA, Bilal Coulibaly évolue tranquillement sous les radars avec des qualités hors-normes et une sérénité caractéristique de sa génération. Il a la taille, la rapidité et la détente, il glisse dans les airs et prend tranquillement ses shoots à trois points. C’est un ailier/arrière athlétique qui n’est pas sans rappeler l’américain Clyde Drexler, jusque dans ses attitudes sur et en dehors du terrain – la force tranquille. Il s’impose déjà par petites touches, sans croquer le ballon, fait encore des passes un peu hasardeuses et n’a pas explosé les compteurs, mais il prend ses marques au sein d’une équipe en construction, sans marcher sur les pieds ou les têtes des autres, il est déjà en place, travaille patiemment et attend son moment pour briller.

    Les deux visages de l’Équipe de France contre la Grèce (préparation à l’Eurobasket).
    Première mi-temps : 43-49 (-6)
    Deuxième mi-temps : 49-28 (+21)
    28-12 en troisième quart-temps (+16)

    Zaccharie Risacher face à James Harden (Clippers)

    Les rois de la draft 2024 en Bleu

    Rappelons que Zaccharie Risacher (2,03m, 20 ans, #1 de la draft 2024 avec les Hawks d’Atlanta) et Alexandre Sarr (2,13m, 20 ans, #2 avec les Wizards de Washington) ont été draftés très haut en NBA et ont réussi leur intégration dans leurs clubs respectifs. L’Équipe de France récupère donc cet été les deux premiers choix de la dernière draft NBA aux postes d’ailier et de pivot, des grands gabarits très à l’aise avec leur taille et qui ont la même facilité à alterner intérieur et extérieur. Les Hawks et les Wizards ont dû choisir, la France prend les deux ! Pas la peine de leur dire d’aller sous le panier, on entend déjà les commentaires d’experts qui voudraient que Sarr impose plus sa taille sous le cercle, comme un pivot traditionnel dans un registre cadré et prévisible, mais cette génération-là pratique un basket imprévisible et très éclectique, proposant tout un arsenal de solutions éprouvées. Sur une action contre la Grèce, Alexandre Sarr a tenté un tir à trois points, Zaccharie Risacher a récupéré le rebond et a fini sa course derrière la ligne à trois points pour un second tir qui a à peine effleuré le filet. Le pivot rate sa cible, pas de problème, on saisit une seconde chance et on marque. Simple, rapide, efficace. Ça passe ou ça casse. On se crée des opportunités, sans pression inutile, on joue, quoi. Leurs défauts apparents sont donc en fait leurs plus grandes qualités et le gage d’une grande progression à venir. Les Bleus de demain sont déjà là et ils n’ont pas à s’excuser. Ils vont vous étonner.

    Alexandre Sarr avec Washington en NBA

    Très à l’aise dans l’ombre de Wemby

    Alors que nombreux se lamentaient de l’absence pourtant programmée pour raisons évidentes de santé du prodige Wemby à l’Eurobasket 2025, l’effectif français en pleine transition affiche un potentiel très alléchant. Bien évidemment, le niveau est si relevé avec la Serbie de Jokic hors-concours et des équipes toujours dangereuses comme l’Allemagne de Schrœder, la Slovénie de Doncic et l’Espagne du tandem Hernangomez (qui n’a pas dit son dernier mot après les deux défaites face à la France en préparation). C’est typiquement l’année où l’Équipe de France se révélera au dernier moment, elle peut parfaitement briller ou se faire rattraper par sa jeunesse – et une défaite agaçante contre les Espagnols en quarts de finale, comme d’habitude. Et on aura toutes les excuses du monde si ça ne passe pas. Mais les fondamentaux sont excellents, les perspectives sont toutes tracées. Et on n’est pas à l’abri d’une belle surprise dès cette année.

    Un cinq majeur de haut niveau et des talents d’expérience

    Mine de rien, en quelques années, l’Équipe de France a renouvelé son cinq majeur et consolidé ses talents à tous les postes. Au poste de pivot, on a donc Sarr, Jaiteh et Wembanyama avec Gobert et Poirier en renforts. En ailier fort, on a Yabusele et Hoard. À l’aile, on a Risacher et Luwawu-Cabarrot avec Fournier en embuscade. À l’arrière, on a Okobo, Coulibaly et Cordinier avec Hifi en joker. Et en meneur, on a Francisco, Maledon, Strazel et Albicy en cas de pépin. Sachant que sur la préparation, faute d’intérieurs, Fred Fauthoux a parfois aligné un cinq avec trois arrières/meneurs en faux small ball (pas de pivot mais de la taille, avec 2 mètres minimum à chaque poste. Non seulement l’équipe de France est jeune, elle est très grande, très athlétique et très affûtée au tir extérieur à tous les postes. Et elle n’est plus dépendante d’un ou deux vétérans pour avancer, c’est tout un groupe de prodiges parfaitement compatibles qui forme désormais un socle solide et cohérent, qui saura intégrer les revenants lors des prochaines compétitions. Cet Eurobasket annoncé comme difficile est donc bien l’opportunité pour les jeunes français de s’installer au sein de leur Équipe de France, de porter fièrement le maillot bleu et de se frotter au gratin du basket européen avant de rejoindre les championnats les plus relevés au monde.

  • L’heure de vérité face au Canada en quart de finale

    L’heure de vérité face au Canada en quart de finale

    Rien ne va plus pour les Bleus aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Après une préparation compliquée et une phase de poules guère rassurante à Lille, l’objectif premier est cependant atteint, puisque l’Équipe de France de basket masculine est qualifiée pour la phase finale qui se déroule à Paris. Si la défaite contre l’Allemagne (championne du monde en titre) pose question, les deux victoires contre le Brésil et le Japon ont permis d’assurer l’essentiel, une place en quart de finale du tournoi olympique à domicile contre la Canada. L’adversaire est bien connu, puisque les deux équipes se sont rencontrées en juillet à Orléans non seulement pour un match de préparation, mais également pour une séance de scrimmage préalable à la demande des canadiens. Le Canada, c’est une équipe formidable, au parcours exemplaire lors de la dernière Coupe du Monde FIBA en septembre 2023, notamment une défaite cuisante pour la France dès le premier match qui a provoqué, avec une seconde défaite de suite contre la Lettonie, son élimination prématurée de la compétition. Le match de ce mardi 6 août à Bercy s’annonce donc chaud et fort en symboles. Pour accéder au podium, l’Équipe de France doit montrer de quoi elle est réellement capable, c’est donc l’occasion de prendre sa revanche et de jouer, enfin, un basket gagnant, sans trous d’air. Les Bleus de Vincent Collet en sont-ils capables?


    L’Allemagne, trompe-l’œil ou révélateur?

    Quand on voit une équipe déjà qualifiée pour les quarts-de-finale jouer un dernier match de poule devant près de 27000 spectateurs dans son propre pays et marquer à peine 27 points en première mi-temps (dont 9 seulement en deuxième quart-temps), on peut se poser des questions. Cependant, c’est davantage une confirmation du très haut niveau et de la cohésion de l’équipe allemande, championne du monde en titre l’été dernier et parfaitement en place cet été, avec un Dennis Schröder en grande forme (26 points à 10/17 aux tirs, dont 4/7 à trois points, 9 passes décisives), la paire d’intérieurs Wagner particulièrement performante (Franz, 2m08, 26 points et Moritz, 2m11, 8 points en 14 minutes), un Daniel Theïs bien présent (7 points, 8 rebonds, 2 interceptions et 2 passes décisives) et un sacré golgoth dans la raquette, Johannes Voigtmann (2m11 pour 115kg). Au bout du compte, il manque 14 points, mais les Bleus ont su réagir et on a vu de très belles choses, notamment un Isaia Cordinier percutant (2 dunks en drive, 10 points) à la fois en attaque et en défense, exactement dans l’énergie et l’à-propos préconisés par Vincent Collet, qui ne l’avait pas mis sur le terrain par hasard à ce moment-là. Entre Strazel et Cordinier, l’Équipe de France compte désormais des joueurs d’impact qui savent s’exprimer dans le dur. On en aura certainement besoin lors des phases finales. L’enseignement de ce dernier match de poules, c’est qu’on ne peut pas se permettre le moindre relâchement, et certainement pas pendant un quart-temps entier !

    Un match de référence pour Wemby?

    Comme l’a bien dit Fred Weis, consultant XXL pour la chaîne Eurosport, on n’a pas encore vu Victor Wembanyama sur cette compétition. Auteur de 15 points contre l’Allemagne, le géant des Spurs n’a pas réussi à donner sa pleine mesure jusqu’à présent. Le problème n’est pas tant qu’il soit passé à côté du match en première période, mais que l’Équipe de France n’ait pas eu la faculté de proposer autre chose en attendant que le rookie trouve ses marques. Rappelons que c’est sa première campagne en Équipe de France, avec une saison américaine dans les jambes et une grosse préparation, la fatigue s’est clairement fait ressentir contre une défense allemande épaisse et rugueuse. Et ses choix en attaque ont été parfois hasardeux – en témoigne son air-ball à trois points dans le coin juste après avoir pris une claque en plein visage par Mo Wagner dans le troisième quart-temps, au moment où les Bleus jouaient mieux, mais ne parvenaient pas à réduire l’écart (environ 20 points constants et 14 à l’arrivée). On a vu aussi des relances ratées, des actions sans conviction, beaucoup de frustration. Mais en quart de finale contre le Canada, Victor Wembanyama pourrait sortir son match de référence de cette compétition. Victoire ou défaite, Wemby doit laisser une impression indéniable pour ses premiers Jeux Olympiques.

    Une équipe prête à en découdre en quarts de finale

    Même si la manière a manqué, les Bleus ont gagné les deux matches importants de la phase de poules et se présentent à Paris pour la phase finale après une défaite contre l’Allemagne, certes, mais pas si « lourde » en vérité, dans un match sans enjeu, et on reste sur une bonne seconde mi-temps, avec le sursaut d’orgueil attendu. C’est un mauvais quart-temps, le second, qui coûte le match. Et contrairement à certains commentaires, les allemands n’ont jamais « levé le pied », ce sont les français qui ont joué correctement et même réalisé de très belles actions des deux côtés du terrain. Rudy Gobert (4 points à 2/2), absent car très peu servi en attaque malgré ses appels de balle, était essentiel en défense (4 contres). En sortie de banc, Guerschon Yabusele et Isaia Cordinier ont mis le feu pour sonner la révolte. Il n’aurait manqué qu’un peu plus de Bilal Coulibaly, encore trop timide (1 point en 12 minutes avec 0/2 aux tirs) et certainement plus d’impact de Mathias Lessort (5 points et 3 rebonds en 15 minutes à 2/4). Contre une équipe canadienne moins forte à l’intérieur que le bloc allemand, la France doit s’imposer physiquement. L’occasion également pour Evan Fournier (10 points en 17 minutes), mis au ban par Tom Thibodeau à New York, de montrer enfin au public pourquoi il a toujours la confiance de ses pairs.

    Un match décisif… pour tous

    Comme toutes les autres équipes qualifiées, dans une confrontation à élimination directe, les Bleus n’ont plus le droit à l’erreur. Mais ils ont beaucoup de talent et d’expérience, ils peuvent parfaitement « cliquer » ensemble au meilleur moment et viser le podium. En prenant chaque match un par un, en se donnant la possibilité de réaliser l’exploit à chaque étape, l’équipe de Vincent Collet ne pourra pas grand chose si les canadiens réalisent un match parfait, mais pourrait saisir sa chance en cas de défaillance ou de panne d’adresse. C’est la doctrine de Vincent Collet, qui ne nie pas le talent de la formation nord-américaine favorite du tournoi avec Team USA. En jouant dur et sérieusement, la France peut battre la Canada… ou sombrer dans la disgrâce devant son public. Et si Rudy Gobert sortait le grand jeu? Réponse ce mardi 6 août dès 18h.

  • Les Bleus en route pour les JO

    Les Bleus en route pour les JO

    Vincent Collet a annoncé officiellement une liste de 19 joueurs pour la préparation aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Une liste élargie dans un esprit de compétition comme souhaité par Nicolas Batum lors de la défaite prématurée à la Coupe du Monde FIBA en septembre 2023. Une pléthore de talents qui évoluent un peu partout dans les meilleures équipes du monde. Complétée par quelques soutiens pas anodins, les sparring-partners, des jeunes à très fort potentiel qui pourraient créer la surprise. Et surtout signe d’un doute sur le poste de meneur de jeu qui avait fait défaut en l’absence « politique » de Thomas Heurtel à Jakarta. Pour la succession du héros de Tokyo, l’entraineur des Bleus se laisse pas moins de cinq à six possibilités. Aucune certitude à ce stade, c’est bien sur le terrain, selon les affinités, la forme et les tests, que les places définitives seront déterminées par le sélectionneur et son staff. Avec pour objectif la médaille olympique dans un tournoi particulièrement relevé, à Lille pour les phases de poule et à Paris pour les phases finales. Un beau défi et des chances d’y croire, avec une perspective à long terme particulièrement encourageante, autour du plus beau renfort de la compétition, Victor Wembanyama, le joueur le plus surprenant de cette année de basket toutes compétitions confondues, qui s’ajoute à un groupe finaliste aux derniers Jeux Olympiques.


    6 meneurs pour 3 places ?

    Exit Francisco. Une des satisfactions de la Coupe du Monde 2023, le meneur dynamique Sylvain Francisco qui réussit une belle saison en Euroleague n’a cependant pas été reconduit car il ne correspond pas au gabarit souhaité. En effet, le staff technique cherche des joueurs aptes à s’opposer physiquement à des adversaires plutôt grands à ce poste. Andrew Albicy (1.78m), écarté précédemment au profit d’un Francisco plus offensif, ferait son retour en Équipe de France, apportant une expérience et une dureté prouvées en compétitions internationales. Un petit, ça va, mais deux, ce serait la cata…

    Les autres candidats au poste de meneur ont un profil atypique mais auront la chance de faire leurs preuves en présence du reste de l’équipe dès la fin juin. S’ils sont actuellement entre deux, pour raisons sportives ou de santé, ils seront testés et il suffit que leurs qualités correspondent aux grands talents attendus pour intégrer le groupe de 12 joueurs qui défendront le maillot lors du tournoi olympique. On n’est pas à l’abri d’une bonne surprise.

    Les meneurs NBA en transition

    • Frank Ntilikina (1.93m pour 90kg, 25 ans, 2.16m d’envergure) est blessé et n’a pratiquement pas joué en NBA cette saison avec les Hornets (5 matches pour 42 minutes) avant d’être libéré. Il s’est entrainé avec l’équipe de Nanterre et aurait repris les contacts, mais reste incertain à moins de 100 jours de la compétition.
    • Théo Maledon (1.93m pour 79kg, 22 ans, 2.06m d’envergure) a joué 11 matches avec Charlotte puis a patienté en G-League avant d’être rappelé par Phœnix, où il est resté 4 mois sans jouer (10 minutes cumulées avant d’être officiellement libéré).
    • Killian Hayes (1.96m pour 88kg, 22 ans, 2.03m d’envergure) n’a pas fini la saison avec les Detroit Pistons, bons derniers du championnat NBA. Il s’entraine depuis quelques semaines à Orlando. Il a tout à prouver sur le terrain lors des sélections.

    Les meneurs européens performants

    • Matthew Strazel (1.82m pour 81kg, 21 ans) a établi cette saison son record en carrière avec 11 passes décisives, marquant également 23 points (victoire 116-73 le 17 décembre 2023). Dans une équipe championne de France, mais partageant la responsabilité avec Mike James et Elie Okobo, il devra s’imposer lors des sélections et confirmer dans une compétition internationale particulièrement relevée.
    • Elie Okobo (1.91m pour 86kg, 26 ans, 2.03m d’envergure), annoncé comme arrière, se retrouve invariablement à la mène aussi bien à Monaco en relais ou complément de Mike James qu’en Équipe de France. Joueur d’impact, il a le gabarit adéquat et reste sur un beau parcours en playoffs du championnat de France, réalisant le doublé avec Monaco. Peut-être son année avec l’Équipe de France, s’il trouve sa place et garde confiance.
    • Nadir Hifi (1.84m pour 82kg, 21 ans). Arrière un peu sous-taillé pour les ambitions affichées par le staff des Bleus, c’est un joueur agile et très rapide avec une mentalité de scoreur qui peut apporter la dynamique recherchée au poste de combo meneur/arrière en Équipe de France, potentiellement en sortie de banc, à la fois dangereux offensivement et altruiste, créant des décalages, du jeu. Il peut rebattre l’organisation des Bleus s’il parvient à s’imposer lors de la préparation, poussant les autres meneurs vers la sortie pour laisser des places à des joueurs de grande taille aux postes d’arrières et d’ailiers, où il y a du beau monde. Il mesure 1.84m avec 10 centimètres de ‘fro, un argument défensif insolite pour gêner l’adversaire, un petit qui joue grand et qui marque…

    Le meneur joker

    • Andrew Albicy (1.78m, 77kg, 34 ans) vient de finir sa saison avec Gran Canaria face au Real Madrid de Vincent Poirier et Guerschon Yabusele (0-2). Il n’a pas des stats folles en championnat, mais reste sur une fenêtre convaincante avec les Bleus en février dernier (deux matches comptant pour les qualifications à l’Euro 2025) et connait bien les cadres avec qui il a joué précédemment. Et il a acquis la confiance du staff pour sa tenue de balle et sa défense. Un porte-bonheur indispensable?

    Le poste d’arrière

    • Evan Fournier (2.01m, 93kg, 31 ans), héros de Tokyo (finaliste aux JO 2021) qui a connu une traversée du désert en NBA avec les Knicks, avant de se rassurer depuis son transfert aux Detroit Pistons. Gâchette des Bleus, sauf surprise, il est titulaire d’expérience et de référence au poste d’arrière-artilleur. Un avantage inattendu dans sa mésaventure américaine depuis deux saisons? Il sera encore plus motivé et très frais, pas du tout usé par deux saisons d’attente sur le banc New-Yorkais. S’il parvient à retrouver son rythme et ses sensations dans un environnement qui lui sied bien, c’est un talent immense en plein prime avec des genoux et des chevilles tous neufs, qui rêve d’or olympique depuis qu’il est tout petit. Il a tout pour réussir sa meilleure compétition internationale avec les Bleus.
    • Bilal Coulibaly (2.03m, 88kg, 19 ans, 2.18m d’envergure) est un arrière/ailier athlétique qui a réussi dans la continuité une excellente dernière saison en France avec Boulogne-Levallois et une étonnante première saison NBA à Washington, obtenant une place dans la sélection all-rookie second team. Le complément idéal au vétéran Fournier, moins expérimenté mais plus long, plus athlétique et meilleur défenseur. La possibilité de reposer le titulaire sans baisse de régime. Et candidat naturel à sa succession. Ancien coéquipier de Victor Wembanyama, une connexion naturelle qui sera particulièrement utile en Équipe de France.
    • Nando De Colo (1.96m, 91kg, 36 ans), c’est la grande question de cette sélection. Ne disputant pas ou peu les playoffs avec son club de l’ASVEL, il risque de ne plus être au niveau pour intégrer le groupe cette année du fait de la mise en concurrence et de la montée en puissance des autres candidats. Titulaire vétéran avec une longue expérience, il garde la confiance du staff en principe et bénéficie de la préparation pour se tester et garde toutes ses chances, à lui de rassurer et de s’imposer.
    • Isaïa Cordinier (1.96m, 84kg, 27 ans), l’arrière de Virtus Bologne qui bute aux portes de la sélection depuis quelques campagnes, répond toujours présent, notamment lorsque les joueurs NBA sont indisponibles. Un joueur d’impact, encore jeune, qui a déjà une belle expérience.

    Le poste d’ailier

    • Nicolas Batum (2.03m, 91kg, 35 ans, 2.15m d’envergure) Philadelphia 76ers. Auteur d’une saison excellente malgré un transfert inattendu, d’Ouest en Est, qui aurait pu une nouvelle fois signer sa fin de carrière. Il a apporté aux 76ers son expertise et sa constance, sa présence des deux côtés du terrain. Gabarit idéal, athlétique et longiligne, en pleine forme, en confiance, il chapeaute le collectif des Bleus en attaque et en défense, c’est un capitaine indispensable, serein, parfait complément des grands gabarits (il a convaincu Joel Embiid à Philadelphie), qui s’entendra parfaitement avec Victor Wembanyama autour de Rudy Gobert pour former une muraille infranchissable. Un grand talent particulièrement efficace avec les autres grands talents, il devrait proposer des très belles choses en attaque. Ces Jeux peuvent être ceux de sa consécration.
    • Jaylen Hoard (2.03m, 98kg, 25 ans) Hapoël Tel-Aviv
    • Ousmane Dieng (2.06m, 100kg, 20 ans) OKC

    Les incontournables à l’intérieur

    • Mathias Lessort (2.06m, 95kg, 28 ans), champion de l’Euroleague avec le Panathinaïkos contre le Real Madrid (95-80) avec 17 points, 6 rebonds en 33 minutes. L’intérieur agile important pour la transmission intérieur-extérieur des Bleus, blessé lors de la dernière compétition internationale.
    • Guerschon Yabusele (2.04m, 123kg, 28 ans) et Vincent Poirier (2.13m, 110kg, 30 ans), finalistes de l’Euroleague contre le Panathinaïkos, champions d’Espagne, valeurs sures à leur poste en Équipe de France. Poirier est le pivot remplaçant idéal aussi bien à Madrid derrière Tavares qu’en Équipe de France derrière Gobert. Yabusele est l’ailier fort à la fois massif et agile, très à l’aise à l’extérieur, titulaire naturel à l’aile.
    • Rudy Gobert (2.16m, 117kg, 31 ans, 2.35m d’envergure), demi-finaliste en NBA avec les Minnesota Timberwolves, élu Défenseur de l’année pour la quatrième fois de sa carrière malgré l’émergence de Victor Wembanyama, qui a bien failli lui ravir le trophée. Auteur d’une excellente saison, sous le feu de critiques constantes, il a emmené son équipe très loin en playoffs et veut décrocher l’or avec les Bleus.

    Le joker

    • Victor Wembanyama (2.24m, 95kg, 20 ans, 2.43m d’envergure), le phénomène rookie de l’année, franchise player des Spurs de San Antonio, unanimement reconnu comme un talent générationel, n’a cessé de surprendre et de se surpasser. Un avenir tout tracé en NBA et en Équipe de France, qu’il intègre par la grande porte.

    Bonus – Les sparring-partners qui intriguent

    • Nolan Traoré (1.92m, 82kg, 18 ans) Saint-Quentin, Betclic Elite. Auteur d’une saison remarquable en première division française, avec une montée en puissance incroyable en playoffs face à l’ASVEL (25 points, 7 passes) et une performance remarquée en compétition de jeunes talents à Munich (45 points contre le FC Barcelone).
    • Maxime Raynaud (2.16m, 113kg, 21 ans) Stanford University, NCAA. Grand gabarit, ambidextre, bon passeur, avec des bons moves dos au panier, un bon shoot.
    • Bodian Massa (2.10m, 26 ans) JL Bourg, Betclic Elite. Intérieur massif, élément majeur d’une équipe de haut niveau qui a réussi un beau parcours cette saison, un renfort intéressant qui va se mesurer aux meilleurs défenseurs de la planète.

    Des possibilités tactiques étendues

    On sait que Wemby est titulaire d’office, mais pas nécessairement au poste de pivot. Son grand talent, en plus de sa taille et de sa mobilité, c’est sa polyvalence, sachant que Vincent Collet souhaite en faire un Yokic. Il risque donc de travailler en tête de raquette. On peut envisager des cinq classiques, mais également des renversements intéressants, voire des cinq totalement inédits, dans un même match, pour dérouter l’adversaire. Avec une réelle pléthore de talents, et surtout de grande taille, c’est un bonheur absolu de coach qui attend Vincent Collet, un régal… et l’embarras du choix !

    La complémentarité Gobert-Wemby

    Rudy Gobert est le pivot titulaire de l’Équipe de France, mais en cas de problème de fautes rapides, il doit pouvoir compter sur Vincent Poirier pour le suppléer. Et les deux jouent très bien ensemble, on peut utiliser une configuration à deux pivots sur certaines séquences pour imposer de la taille et de l’envergure, avec Wemby à l’aile ou au poste haut (ligne des lancers-francs) et deux ailiers ou arrières pour compléter le cinq. Une sacrée muraille, mais également des joueurs très fluides. Cela ouvre des perspectives alléchantes. Oui, techniquement, on peut avoir jusqu’à trois « pivots » sur le terrain en même temps avec Gobert, Poirier et Wembanyama (même si résumer Wemby au poste de pivot du fait de sa grande taille est évidemment réducteur). Imaginez la panique et les mismatches en face… Quand il monte la balle après un rebond, Wemby est extérieur et les deux autres grands ont toute latitude à l’intérieur.

    Une triplette Gobert-Wemby-Batum ahurissante

    Et non, Rudy Gobert et Victor Wembanyama ne sont pas concurrents pour un seul poste. Si Wemby est le plus grand du haut de ses 2.24m, la France n’a aucun intérêt à pénaliser l’un ou l’autre de ces géants en les opposant. Comme avec Karl-Anthony Towns à Minnesota, Rudy Gobert saura s’adapter à la présence d’un autre grand qu’il connait déjà très bien. Leur complémentarité posera des problèmes insolubles à leurs adversaires. Déjà, lors des JO de Tokyo, la paire Gobert-Batum avait réalisé des merveilles en défense (8 contres en demi-finale contre la Slovénie, 4 chacun). Ajoutez Victor Wembanyama et vous obtenez une frontline défensive hors du commun.

    Les cinq de grande taille

    • Gobert-Wemby-Lessort-Batum-Fournier (XXL)
    • Gobert-Poirier-Wemby-Batum-Fournier (XXXL)
    • Gobert-Wemby-Yabusele-Batum-Coulibaly
    • Gobert-Wemby-Batum-Coulibaly-Ntilikina (config meneur)
    • Gobert-Lessort-Wemby-Coulibaly-Hifi (config meneur)
    • Wemby-Yabusele-Batum-Fournier-Coulibaly (3P)

    Les cinq qui courent

    • Gobert-Yabusele-Batum-Cordinier-Albicy
    • Gobert-Lessort-Coulibaly-Fournier-Hifi
    • Gobert-Wemby-Batum-Coulibaly-Strazel

    Si on devait en garder 12…

    Nous ne sommes pas sélectionneurs, mais c’est le jeu.
    Si nous devions absolument en garder 12, ce serait…

    Titulaires : Gobert-Wembanyama-Batum-Fournier-Albicy
    Remplaçants : Poirier-Yabusele-Lessort-Coulibaly-Okobo-Hifi ou Cordinier*
    Wild card : Raynaud ou Massa*
    *Selon forme et sélections.

  • All-Access, la vie des Bleus en détail

    All-Access, la vie des Bleus en détail

    Avec des équipes internes qui suivent les Bleus un peu partout dès la préparation, la Fédération Française de Basketball propose de nombreuses photos ainsi que des vidéos très bien réalisées et complètes sur l’expérience des joueurs français en compétition internationale. Voici la toute dernière vidéo autour du quart de finale de l’EuroBasket 2022 à Berlin, publiée le 15 septembre.

    Vincent Collet briefe l’Équipe de France en préparation du match contre l’Italie en quart de finale. ©FFBB 2022
    Vincent Poirier, Andrew Albicy et Pascal Donnadieu (staff) écoutent le brief de Vincent Collet. ©FFBB 2022

    Images et montage: Tommy Hombert
    Images de match: Canal +


    La chaîne YouTube de la FFBB compte actuellement plus de 61 800 abonnés, n’hésitez pas à vous abonner pour ne rien rater de l’actualité du basket français à l’international.

    Pour suivre l’actualité de la FFBB: https://www.youtube.com/c/FFBB_officiel
    Le site web du Team France Basket: https://www.teamfrancebasket.com/

  • Rudy Gobert, l’anti-héros des Bleus

    Rudy Gobert, l’anti-héros des Bleus

    Pivot all-star des Timberwolves du Minnesota, trois fois élu meilleur défenseur de la NBA en 9 saisons avec le Jazz de l’Utah qu’il a emmené en playoffs chaque année, Rudy Gobert est l’un des sportifs français les mieux payés au monde. Mais attention, en Équipe de France comme aux États-Unis, il n’a qu’un objectif, la victoire. Un atout majeur qui sait se faire étonnamment discret.


    Tout pour lui? Pas vraiment…

    Avec son CV, Rudy Gobert pourrait débarquer en équipe de France chaque été (et désormais pendant les fenêtres internationales qui ponctuent l’année très chargée des basketteurs) avec un appétit gargantuesque. Tout pourrait être organisé pour lui garantir des performances individuelles en rapport avec son statut de star américaine. On verrait Rudy recevoir le ballon à l’intérieur au minimum 20 fois par match en isolation sur un côté pendant que le reste de l’équipe attire la défense à l’opposé, le temps de se frayer un chemin vers le cercle. Il l’a fait contre Kevin Durant aux derniers JO, contre Doncic et tous les pivots internationaux lors de cet Euro, il n’a peur de personne. Il pourrait facilement dominer les raquettes européennes et aligner des statistiques de star américaine, dès les matches de préparation. Dans quel but? Confirmer son statut individuel? Faire parler de lui? Décrocher la une de L’Équipe? Pendant que le reste du groupe le regarde? Ce n’est pas du tout l’esprit.

    Rudy Gobert contre la Turquie à l’Eurobasket 2022. Crédits photos: ©FIBA 2022

    Une superstar du collectif

    Non seulement Rudy Gobert n’a aucune exigence vis-à-vis du staff français, il joue systématiquement collectif, à en oublier totalement son statut individuel. Un pivot sans ego. Pratiquement jamais le ballon ne reste dans ses mains. Il circule. On le voit ainsi recevoir le ballon au poste bas, face au pivot adverse, parfois démarrer un dribble, jouer son vis-à-vis en un-contre-un. Mais pendant ce temps-là, les ailiers français s’activent, et le premier qui coupe vers le panier recevra le ballon. Rudy Gobert n’a pas le temps de faire un move qu’il voit déjà le coéquipier traverser la raquette et lui sert une passe impeccable, dans le bon timing. C’est sa qualité de passe qui fait toute la différence. Moins de points, une position pas optimale au rebond, mais un ballon qui circule librement et un collectif qui fonctionne. Un naturel de champion. Du coup, ses statistiques individuelles sur le tournoi peuvent paraître moyennes, car ce n’est pas sa priorité. Il ne cherche pas à être le meilleur marqueur de l’équipe, il laisse bien volontiers la place à Fall et Poirier, qui ont le temps de trouver leur rythme et d’avoir un réel impact, avec la confiance d’un titulaire pas pressé de revenir sur le parquet. Chacun trouve sa place, et si les autres marchent bien, Rudy se contente de 7 points et d’une victoire.

    Le trade

    Cet été, Rudy Gobert, roi de la raquette incontesté dans l’Utah depuis ses débuts, se retrouve en binôme avec une superstar locale, Karl-Anthony Towns. Un grand gabarit avec qui il devrait naturellement s’entendre, puisque KAT aime se placer à l’extérieur en attaque et pourra désormais s’appuyer totalement sur un poids lourds dans la raquette. En duo, les deux grands vont poser un sérieux problème de mismatch à toutes les équipes de la ligue américaine, à la fois par la taille, leur volume au rebond et leur vivacité en attaque. Rudy Gobert est toujours prêt à recevoir la balle près du panier, pour un alley-oop, un move rapide ou une passe aux ailiers qui coupent, avec désormais la possibilité de ressortir à 3 points pour Towns. Quand on voit comment fonctionne la relation Gobert-Poirier en Équipe de France, on se dit qu’avec un monstre comme KAT, Gobert va vivre ses meilleures saisons en NBA. Enfin un grand qui le comprendra et ne l’oubliera pas. Si le staff des Timberwolves est au point et conscient du potentiel de Rudy Gobert, la saison pourrait être grandiose pour les joueurs et le club, qui a au minimum une base ultra-solide.

    Rudy Gobert contre l’Italie à l’Eurobasket 2022. Crédits photos: ©FIBA 2022

    L’option Embiid

    Si l’Équipe de France reçoit un jour la candidature très attendue de Joel Embiid, la place est prête. L’effectif français compte actuellement 3 pivots très complémentaires (Gobert, Poirier et Fall), avec chacun un style différent, qui assurent une continuité pendant tous les matches. Mais c’est bien Rudy Gobert qui se détache lors des phases finales de cet Euro et qui a porté l’équipe lors des derniers JO à Tokyo. Et malgré tout, force est de reconnaître qu’un joueur comme Joel Embiid apporterait une dimension supplémentaire à l’intérieur.

    Plus haut, plus fort, plus gourmand, Embiid changerait nécessairement la direction de l’attaque, obligeant toute l’équipe à approvisionner plus régulièrement le pivot sans attendre forcément une passe en retour. Ce que Gobert n’a jamais prétendu faire, accaparer le ballon, deviendrait une priorité. Un point de fixation à haut rendement, voire de domination, qui réduirait dans un premier temps les possibilités à l’extérieur, mais obligerait aussi la défense adverse à respecter le secteur intérieur français et à s’y opposer davantage, ouvrant à terme des espaces plus importants aux ailes. Plus de points dans la raquette, plus de rebonds, une attaque plus efficace, avec un rendement minimum garanti à chaque match. Un véritable choc culturel qui pourrait installer la France au sommet du basket européen, et même mondial, pendant 10 ans.

    Une superstar timide mais clutch

    La sélection française est arrivée en demi-finale de l’EuroBasket 2022 au prix de matches intenses et très disputés. Dans les moments importants, c’est bien Rudy Gobert qui a fait la différence avec des rebonds offensifs cruciaux et de paniers salvateurs, parfois au milieu de trois défenseurs adverses. Tout naturellement, son rendement est en augmentation à mesure que le niveau monte (20 points et 17 rebonds en 30 minutes en huitième de finale contre la Turquie puis 19 points et 14 rebonds en 34 minutes en quart de finale contre l’Italie, le tout à 15/22 aux shoots, 68% de réussite, 4 passes décisives pour 7 balles perdues). Un joueur capable du meilleur comme du pire (6 balles perdues face à la Bosnie-Herzégovine qui avait parfaitement ciblé sa prise à deux et neutralisé ses moves ballon en main), qui peut être gêné par les fautes, notamment celles provoquées par des adversaires coquins abusant les arbitres, selon la méthode espagnole bien rodée (on a vu des joueurs se jeter sur Gobert, rebondir, tomber au sol façon football, et obtenir une faute offensive). Cible de critiques de toutes parts (notamment la sortie inattendue de Tracy McGrady dans le podcast de Gilbert Arenas) qui peinent à reconnaître le travail accompli, en veulent toujours plus, le pivot français trace calmement sa route et vise l’or à cet EuroBasket et au Jeux Olympiques de Paris en 2024.

  • La France en finale olympique (basket 5×5 H)

    La France en finale olympique (basket 5×5 H)

    C’était un match très disputé. Tout le monde a répondu présent, Luka Doncic en tête, Nando de Colo au sommet également côté français. Timothé Luwawu-Cabarrot a confirmé son niveau de jeu au meilleur moment. Rudy Gobert a patrouilé dans la raquette des deux côtés du terrain. Evan Fournier a marqué des paniers importants. Mais tout pouvait basculer dans le mauvais sens lors de la dernière possession française, sur une faute offensive désastreuse, le ballon étant rendu aux slovènes pour une ultime attaque avec moins de 20 secondes à jouer et la possibilité de crucifier l’Équipe de France. Mais c’était le jour des Bleus. Le capitaine Batum y a veillé.

    Batman décisif

    Premier défenseur sur Doncic, présent dans tous les secteurs de jeu, notamment au contre (4) et au rebond (5 défensifs) mais également à la passe (3 passes décisives pour un ballon perdu), quoique trop discret en attaque (3 petits points à 1/5 aux tirs), recherchant notamment Nando de Colo pour des paniers cruciaux (26 points, 8/17 dont 3/5 à 3 points), Nicolas Batum est venu de nulle part sur la dernière action du match pour empêcher le panier de la victoire pour la Slovénie. Un contre propre, sans faute, récupéré par Rudy Gobert qui a aussitôt envoyé le ballon en avant pour laisser expirer le temps réglementaire et assurer la victoire. Alors que les français risquaient l’élimination en demi-finale du tournoi olympique, Nicolas Batum a changé le cours de l’histoire en leur faveur.

    Une action décisive et spectaculaire, qui a pris tout le monde par surprise. En un mouvement fluide et aérien, tout le métier d’un joueur revigoré par son transfert à Los Angeles l’été dernier, présent et dominant en Équipe de France depuis longtemps, à qui on avait toujours quelque chose à reprocher, justement ou injustement (si la France s’était inclinée aujourd’hui, on aurait immédiatement pointé ses 3 maigres points dans un match décisif). En une action historique ce jeudi 5 août 2021, Nicolas Batum a tout gagné, tout lavé, tout réussi. L’Équipe de France masculine de basket 5×5 est en finale olympique et ira chercher l’or contre les américains, déjà battus en match de poule, qui ont cependant bien l’intention de prendre leur revanche.

    Le 5/18 de Luka Doncic? Deux contres de Nicolas Batum.
    À 7/18, c’est un autre match.

    Une rencontre solide des deux côtés

    Malgré une adresse en délicatesse pendant tout le match (41%), c’est avant tout par une défense très solide que l’Équipe de France s’est imposée. Tenant Luka Doncic à 5/18 aux tirs (dont 2/9 à trois points) pour 16 points, les Bleus ont envoyé différents défenseurs qui ont réussi à gêner le MVP slovène (Batum, De Colo, puis Timothé Luwawu-Cabarrot et Frank Ntilikina). Une course de relai qui a payé, empêchant la Slovénie de prendre le large. Le roi slovène aura quand même réussi un énième triple-double avec 16 points, 10 rebonds et 18 passes décisives, avec le seul contre de son équipe, une interception et à peine une balle perdue. Un match en tous points remarquable malgré tout, et à un cheveu de la qualification en finale olympique.

    Un staff technique en or

    S’il y a un homme qui a rivalisé de calme avec le capitaine Nicolas Batum pendant cette rencontre tendue, c’est bien l’entraineur Vincent Collet. Énergique et impactant pendant les temps morts, le coach de l’Équipe de France qui encadrait son 201ème match en bleu a été constant, comme à son habitude, absorbant la tension et ne cédant à aucun moment à la pression. S’il a écopé d’une faute technique en fin de match lors d’une contestation, c’est très rare et c’était assez légitime, sans être excessif. En outre, Vincent Collet a toujours su trouver les mots justes pour relancer l’équipe dans le bon sens, pointant les carences et participant ainsi à l’édifice défensif des Bleus. Si la télévision parvient à faire transpirer par petites touches l’activité de ces hommes de l’ombre, en approchant un micro et une caméra dans la mêlée lors des temps morts, il faut bien se rendre compte que cette activité entraperçue furtibement dure en réalité pendant tout le match. C’est un job sans relâche. Et les joueurs le respectent totalement, s’en nourissent et en ressortent plus forts. La cohésion du groupe part de là.

    Un trio de scoreurs extérieurs

    Ce jeudi 5 août 2021, l’attaque des Bleus a reposé pratiquement sur trois joueurs: Evan Fournier (23 points), Nando de Colo (25 points) et Timothé-Luwawu-Cabarrot (15 points). 63 points sur 90 à eux trois. Le secteur intérieur n’a rapporté que 9 points, tous signés Rudy Gobert, Mustapha Fall passant tout juste 10 minutes sur le parquet (2 rebonds, 1 passe décisive) et Vincent Poirier n’ayant pas quitté le banc (préservé pour la finale contre Team USA?). En face, Mike Tobey, ancien pivot de Virginia, a marqué 23 points (10/14 aux tirs dont 2/5 à 3 points) sur de nombreux pick and rolls avec Doncic.

    Match historique pour Nando de Colo.
    25 points (8/17 aux tirs dont 3/5 à 3 points, 6/6 aux lancers-francs),
    7 rebonds, 5 passes décisives pour 3 balles perdues en 32 minutes.

    La différence s’est faite aux lancers-francs (16/19 pour les Bleus contre 11/20 pour les slovènes) et à trois points (12/25 soit 48% de réussite pour les français contre 10/30 soit 33,3% pour les slovènes), dans une rencontre avec très peu de déchêts – seulement 6 balles perdues pour la Slovénie et 8 pour la France. Et sur la toute dernière action, évidemment, le huitième contre de la partie pour la paire Gobert-Batum, au bas mot 16 points effacés des registres par la patrouille de France.

    La ruée vers l’or

    Prochaine étape, dans la nuit de vendredi à samedi à 4h30 (heure française), ce sera le troisième* rendez-vous entre l’Équipe de France et Team USA pour la finale olympique. Cela fait 21 ans que ce n’était pas arrivé. Fred Weis, au commentaire pour Eurosport, avait alors remporté aux Jeux de Sydney (Australie) la seconde médaille d’argent du basket français avec Antoine Rigaudeau, Laurent Sciarra, Jim Bilba, Makan Dioumassi, Crawford Palmer, Stéphane Risacher, Laurent Foirest (membre du staff technique de l’Équipe de France actuelle), Thierry Gadou, Cyril Julian, Moustapha Sonko et Yann Bonato (absent sur blessure). La France s’était alors inclinée de peu face aux américains (75-85).

    En 1948, lors de leur première confrontation aux Jeux Olympiques de Londres, Team USA avait largement dominé l’Équipe de France sur un score de 65 à 21. Le score est donc de 2 à 0 pour les États-Unis en finale olympique contre les Bleus.

    L’heure de la revanche a sonné.


    *France-USA aux JO (0-2): 1948 – 21-65; 2000 – 75-85.

  • Les Bleues se qualifient la tête haute contre Team USA

    Les Bleues se qualifient la tête haute contre Team USA

    C’était une rencontre attendue pour l’Équipe de France féminine de basket 5×5 avec l’équipe favorite du groupe, Team USA, ce lundi 2 août 2021 (13h40 heure locale, 6h40 heure française). Un match diffusé en direct sur France Télévisions, commenté par David Malarme et Céline Dumerc (Manager Générale des Bleues, ancienne capitaine de l’Équipe de France de basket féminin, record de sélections en équipe nationale de basket avec 262, médaille d’argent aux JO de Londres en 2012). Un rendez-vous qui n’a pas déçu.

    ©2021 Julien Bacot/FFBB

    Victoire en option

    Pour gagner une qualification en quart de finale, l’Équipe de France féminine n’avait pas besoin de battre son adversaire du jour. En effet, il suffisait de ne pas perdre de moins de 14 points contre Team USA pour rester dans la compétition. Objectif, avec deux défaites en trois matches de poule, une troisième place du groupe devant le Nigéria (0-3) et un avantage aux points contre les autres équipes en même posture dans les autres groupes. En effet, seules les deux meilleures équipes parmi les troisièmes de leur groupe accèdent aux quarts de finale – la moins bien placée est automatiquement éliminée. Avec un différenciel de points (+10) supérieur au Canada (+7), l’Équipe de France est assurée de ne pas terminer cette phase à la plus mauvaise place parmi les troisièmes, même en cas d’exploit de l’Australie dans le groupe C, qui affichait un déficit aux points après deux rencontres (-17).

    ©2021 Bellenger/IS/FFBB

    L’orage passé… pour l’instant

    En s’inclinant de 11 points contre l’épouvantail américain, les Bleues ont donc validé leur billet pour le quart de finale, mais surtout tenu tête pendant 3 quarts-temps à l’équipe favorite du tournoi, menant au score à moins de dix minutes du terme (72-71). Même si les deux équipes ne pourront pas se revoir immédiatement en quart de finale, cela reste de bonne augure en cas de nouvelle confrontation lors des tours suivants, si les équipes remportent leurs prochains matches. Après tout, à part une panne d’adresse inopportune dans le money time (Team USA a passé un run de 22-10 lors des 9 dernières minutes), les Bleues ont montré qu’elles pouvaient contenir les attaques américaines et installer leur jeu en attaque, avec certainement une marge de progression d’ici à leur prochaine confrontation. On peut donc espérer un exploit si l’occasion se représente.

    Un tirage favorable

    C’est officiel, on connait le tableau de la phase finale du tournoi olympique de basket 5×5 féminin suite aux tirages au sort. Les Bleues rencontreront en quart de finale une équipe d’Espagne familière, puisque jouée deux fois en matches de préparation à Malaga puis Bercy, à deux jours d’intervalle. Une victoire partout, chacun sur son terrain, l’Espagne victorieuse à Malaga (72-61) et la France vengée à Paris Bercy (80-75).

    En cas de victoire en quart de finale, les Bleues seraient opposées soit à la Belgique, soit au Japon, une équipe qui a leur a tenu tête lors du match d’ouverture de la compétition le 27 juillet dernier (74-70). Un avantage psychologique supplémentaire pour une équipe qui joue à domicile.

    ©2021 Julien Bacot/FFBB

    Des adversaires à portée, donc, même si rien n’est jamais garanti, surtout à ce stade de la compétition. Le chemin de la finale apparait ouvert, possible, le podium est décidément bien en vue… à charge de confirmer sur le terrain les bonnes choses aperçues lors des matches de poule, en allant cette fois chercher les victoires.

    Réponse sur le terrain, mercredi 4 août 2021, dès 14h.

  • Les Bleus pour un titre olympique?

    Les Bleus pour un titre olympique?

    Le sort a parlé, c’est l’Italie qui se dresse sur le chemin des Bleus en quart de finale du tournoi olympique de basket 5×5 (Tokyo 2020). Un adversaire à ne pas sous-estimer, qui reste sur un tournoi de qualification extraordinaire et n’a perdu que de quelques points contre l’Australie en match de poule. Mais contrairement à l’Espagne ou à une Team USA revancharde, on peut considérer que c’est un adversaire plus jouable, si tout se passe bien. Comme un match se joue sur le parquet, et non sur le papier, on ne peut que se régaler pour cette rencontre prometteuse mais également très risquée.


    Le jeu des oppositions

    Comme l’a indiqué Vincent Collet en conférence de presse ce dimanche, après l’annonce des résultats des tirages au sort, l’Italie a largement mérité sa place et ne doit pas être sous-estimée. C’est le fait même qu’on ne l’attendait pas à ce niveau qui inquiète le coach des Bleus. Une Italie qui a battu le Nigéria (80-71) malgré un tout petit Gallinari (3 points en 8 minutes) et un barrage à trois points (9/14 pour Chimezie Metu et Jordan Nwora).

    Ces Italiens sont un adversaire solide. C’est une équipe européenne qui a fait un TQO exceptionnel à Berlgrade, puisqu’ils ont éliminé la Serbie, grande favorite.

    Vicent Collet, entraîneur de l’Équipe de France
    ©2021 Bellenger/IS/FFBB

    Pourquoi on retient son souffle

    Qualifiée pour les quarts de finale d’un tournoi olympique, l’Italie n’a pas de présence intérieure capable de rivaliser avec la triplette de géants français (Fall-Gobert-Poirier), ne comptant dans son effectif qu’un seul pivot, Amedeo Tessitori (2,08m). En revanche, elle ne manque pas de taille globalement et aligne même deux joueurs NBA, Danilo Gallinari (#8, Atlanta Hawks, 2,08m) et Nico Mannion (#1, Golden State Warriors, 1,90m). Même si le staff technique de l’Équipe de France parvient à trouver les bonnes solutions tactiques pour aborder ce match, avec une journée d’entrainement pour que les joueurs intègrent ces paramètres et se préparent à la rencontre (mardi 3 août à 10h40, heure française), on ne sait pas du tout comment les deux équipes vont réagir. Les italiens auront eux aussi préparé la rencontre dans les mêmes conditions, et peuvent parfaitement proposer un basket qui déroute.

    Un parcours en trois étapes

    Quart de finale – VS Italie
    Demi-finale* – VS Slovénie ou Allemagne
    Finale* – VS Espagne ou USA ou Australie ou Argentine
    *en cas de victoire au tour précédent

    ©2021 Bellenger/IS/FFBB

    En cas de victoire contre l’Italie en quart de finale, il faudrait encore passer une Slovénie (ou Allemagne) qui n’a jamais perdu avec un Doncic stratosphérique sur ce tournoi olympique (mais si Vincent Poirier a pu gêner Kevin Durant, on imagine quelle sera sa mission contre le prodige slovène, qui rencontre rarement ce type de gabarit à l’extérieur). Une défaite en demi-finale signifierait une participation à la « petite finale » contre l’Espagne ou l’Argentine pour le Bronze, une proposition plutôt inquiétante.


    Peut-être l’année des Bleus

    Les Bleus sont donc condamnés à la victoire aussi bien en quart de finale qu’en demi-finale, afin de disputer une première finale olympique depuis Sydney (perdue 75-85) avec un potentiel rematch contre Team USA, qui n’aura sans doute pas le même visage qu’en poule (victoire des bleus 83-76). Trois exploits pour une médaille d’or, mission impossible**?
    **impossible n’est pas français

  • La mission impossible des Bleus aux JO

    La mission impossible des Bleus aux JO

    L’Équipe de France de basket masculine se prépare actuellement à participer aux Jeux Olympiques de Tokyo. Un challenge de taille, puisque les Bleus commencent la compétition par un face-à-face avec Team USA, l’éternel favori, après s’être inclinée deux fois en préparation face à l’Espagne, ravivant des souvenirs douloureux des précédentes rencontres, puis face au Japon, et avec deux autres matches pièges contre l’Iran et la République Tchèque pour accéder en quarts de finale. Le tout dans un contexte sanitaire contraignant et des changements de dernière minute, avec l’apparition de cas de Covid au sein même du village olympique. Mission impossible?


    La préparation à Malaga


    ©2021 Julien Bacot/FFBB

    Les rencontres avec l’Espagne

    C’est un adversaire bien connu que les Bleus ont rencontré d’abord à Malaga devant leur public, puis à Paris Bercy devant le public français venu en nombre malgré les contraintes sanitaires, le 10 juillet 2021 (plus de 9000 spectateurs dans les tribunes de l’Accor Arena). Sans Pau Gasol cette fois, le collectif espagnol a déroulé son script habituel, avec un Marc Gasol en roue libre, toujours aussi dangereux à trois points, et jouant les tours de contrôle en tête de raquette avec son volume et ses qualités de passeur.

    Rudy Gobert et Willy Hernangómez à Bercy. ©2021 Julien Bacot/FFBB

    La triplette d’arrières LLull-Rodriguez-Rubio s’est baladée et a même toisé ses adversaires, usant même de vieilles ruses pour reprendre le ballon aux français – Rubio anticipe le contact sur les écrans, rebondissant sur les intérieurs Rudy Gobert et Mustapha Fall et se retrouve les 4 fers en l’air sur le parquet, bluffant par deux fois les arbitres. Aucun hasard, c’est même brillamment exécuté, on va appeler ça le « métier ». Dans une courte victoire (87-79), deux possessions retirées à l’adversaire pèsent lourd, et risquent de pénaliser à nouveau les bleus dans des matches importants, où tous les coups seront permis.

    Jouant un basket très juste et avec une belle adresse, l’Espagne fait preuve de régularité et de maîtrise, dans le même registre depuis 20 ans. À Bercy comme à Malaga, l’Espagne était trop forte.


    Une préparation amputée

    Après deux matches chocs contre l’Espagne à Malaga puis à Bercy, devant le public français, l’Équipe de France devait rencontrer l’Italie pour compléter sa préparation. C’est finalement le Japon, pays organisateur et équipe atypique, disposant tout de même de deux joueurs NBA et de deux intérieurs puissants, qui s’est imposée lors du dernier match amical (81-75) en proposant un jeu à la fois rapide et percutant, sur son terrain.

    Scrimmage à Oshino (Japon) ©2021 Toshihiko Amano/FFBB

    Du fait du décalage de la saison NBA, des joueurs comme Rudy Gobert (Utah Jazz, éliminé au second tour des playoffs NBA par les Clippers) et Nicolas Batum (LA Clippers, éliminé en finale de conférence ouest par Phœnix) sont arrivés tardivement en préparation, et même s’ils ont participé à la rencontre phare de Paris Bercy, montrant de très belles choses et une certaine aisance à leur postes respectifs, leur intégration dans le collectif va devoir se faire aux forceps, et si les vétérans ont l’habitude d’évoluer sous le maillot des Bleus comme chaque été depuis des années, c’est plus délicat pour leurs coéquipiers, dont certains comptent peu de sélections en Équipe de France, de trouver les automatismes nécessaires à la bonne exécution des systèmes. Il va falloir apprendre très vite.

    Un tournoi Olympique accéléré

    Avec tout juste 3 matches de groupe et une phase finale en trois étapes (quarts de finale, demi-finale et finale), c’est en à peine § matches que se joueront ces Jeux (contre 8 précédemment). Un parcours accéléré qui ne permet aucune erreur. Comme l’a souligné Rudy Gobert, chaque match sera important non seulement pour son résultat, mais pour le goal average, qui peut s’avérer déterminant pour la suite du tournoi. Chaque action dès dimanche sera donc lourde de conséquence.

    Scrimmage à Oshino (Japon) – Nando de Colo ©2021 Toshihiko Amano/FFBB

    Tout pour le quart

    Après deux Olympiades déjà (Londres 2012 et Rio 2016), Nicolas Batum et Nando de Colo entament leur troisième expérience olympique, avec pour objectif minimum de remporter le quart de finale, perdu lors des deux éditions précédentes (et contre l’Argentine lors de la World Cup en 2019). L’objectif est donc la médaille.

    Team USA en tête

    Si l’on peut s’enorgueillir d’une victoire contre l’équipe américaine en quart de finale lors de la dernière Coupe du Monde en Chine en 2019 (89-79), Vincent Collet a donné une clé à la fois intéressante et perturbante lors d’un point presse précédant la rencontre avec le Japon. En effet, l’entraineur des Bleus indique que cette victoire devrait servir au staff technique américain, qui risque donc de présenter des solutions aux problèmes rencontrés, et proposer une opposition très différente lors de ce premier match. Une thèse confirmée par Gregg Popovich, l’entraineur américain et légende des San Antonio Spurs, qui a déclaré penser à cette rencontre depuis 2 ans, affichant clairement sa détermination à laver l’affront subi à la Coupe du Monde. Les Bleus ne pourront donc se contenter de simplement rééditer l’exploit, ils devront déjouer les plans de leur adversaire et trouver de nouvelles solutions sur le terrain.

    ©2021 Julien Bacot/FFBB

    Et quoiqu’il arrive lors de ce match d’ouverture contre Team USA, il sera primordial de bien gérer la suite de la compétition contre deux équipes qui affichent un effectif complet, avec de la taille et de la vitesse – la République Tchèque et l’Iran. En effet, si l’incertitude plane sur la première rencontre face au rival américain, la France ne peut de toute évidence pas se permettre de perdre lors des rencontres suivantes. C’est là que le tournoi olympique se jouera pour les Bleus.

    Rendez-vous dimanche 25 juillet 2021 à 14h, heure française, pour le choc France-USA sur France Télévisions et Eurosport.

  • Tony Parker, éternel numéro 9

    Tony Parker, éternel numéro 9

    C’était il y a moins d’une semaine, mardi dernier pour être précis, Tony Parker recevait l’immense honneur de voir son numéro 9 retiré par les San Antonio Spurs, lors d’une cérémonie pleine d’émotion, mettant ainsi un point final à la carrière sportive du meilleur ambassadeur du basket français depuis près de 20 ans.

    L’histoire se rappellera que tout à commencer en Normandie, d’abord du côté de Fécamp, où le jeune Tony sera licencié pour la première fois dans un club de basket, avant de partir jouer à quelques kilomètres de la côte normande, vers Déville-les-Rouen puis Mont-Saint-Aignan pendant quatre ans. Fils de basketteur, née à Bruges en Belgique et titulaire de la double nationalité franco-américaine, c’est pour le pays des fromages et des vins que son choix va se porter lorsqu’il intègre l’INSEP en 1997.

    Âgé de quinze ans seulement, le petit Tony se fait remarquer très tôt au sein de l’équipe de basket de l’Institut (Nationale 1), tournant à près de 18 points et 6 passes par match. Les clubs professionnels ne tardent pas à vouloir mettre la main sur la pépite française et le jeune meneur signe son premier contrat pro au PSG Racing Basket en 1999 à 17 ans seulement. Le joueur obtient un temps de jeu très réduit dans l’effectif parisien, barré par la concurrence de l’international Laurent Sciarra, futur médaillé d’argent des Jeux de Sydney. Tony apprend énormément au côté de Sciarra qu’il considère encore aujourd’hui comme un de ses mentors. Parker assiste néanmoins à l’élimination de son club dès le 1er tour des séries éliminatoires du championnat face à l’ASVEL.

    La saison suivante, Tony participe au Nike Hoop Summit, un évènement de basket célèbre pour y voir s’affronter les meilleurs jeunes américains face à un contingent de joueurs étrangers. Il combine alors 20 points, 7 passes, 2 rebonds et 2 interceptions et tape dans l’œil des recruteurs des facs américaines qui cherchent à attirer le jeune meneur français. Mais suite au départ de Sciarra du Paris Basket Racing, Parker se voit offrir le poste de titulaire à la mène pour la saison 2000-2001. Il accepte et tourne alors à près de 15 points, 6 passes et 3 interceptions par match toute l’année mais sera de nouveau la victime des Villeurbannais en ¼ de finale du championnat. À l’issue de cette saison exceptionnelle, Tony décide de s’inscrire à la draft NBA de 2001.

    À seulement 19 ans, Tony Parker entre déjà dans la cour des grands, aux côtés cette année-là de Tyson Chandler, Pau Gasol, Joe Johnson ou encore Zach Randolph. Le français est drafté à la fin du premier tour, en 28ème position par les Spurs (gros steal !) du très exigeant Gregg Popovich et de la légende David Robinson. Tony Parker décide de porter le numéro 9, en mémoire de son parrain et du numéro que portait Michael Jordan aux JO de Barcelone. Tony joue son premier match face aux Clippers le 30 octobre 2001, et commence à s’imposer le plus naturellement possible comme le titulaire numéro 1 aux yeux de Pop. Au bout de 77 rencontres de régulière dès son année rookie, Tony et les Spurs se heurtent aux Lakers et leur redoutable duo Kobe Shaq, au 2nd tour des playoffs à l’Ouest. Mais qu’importe, le meneur connaît un véritable conte de fée devenant le premier français à dépasser la barre des 70 matchs NBA en régulière et vient d’être élu dans la All-NBA Team Rookie de l’année.

    La suite tout le monde ou presque, la connaît. Tony va gravir les échelons, tant sur le plan individuel que collectif, à une vitesse vertigineuse, remportant son premier titre de champion en 2003 à 21 ans seulement, aux côtés de ses éternels coéquipiers Tim Duncan et Manu Ginóbili. Il sera élu champion des champions français par le journal L’Équipe et après avoir renouvelé son contrat en 2004, Tony s’installera comme une pièce indispensable du jeu des Spurs, remportant une seconde bague de champion en 2005 face aux Pistons de Detroit et honorant sa première sélection au All-Star Game de 2006.

    Mais Tony Parker ce n’est pas que le joueur NBA. Le meneur porte les couleurs de la France depuis 1997 et goûte à sa première victoire aux championnats d’Europe junior de Zadar (Croatie) en 2000. Autour de la génération dorée des années 2000, de Boris Diaw à Ronny Turiaf, en passant par Mickaël Pietrus et Yakhouba Diawara, c’est avec la plupart de ces gars-là que Tony va retrouver quasiment chaque été les bleus, aux championnats d’Europe (de 2001 à 2015) et aux Jeux de Londres et de Rio pour finalement décrocher son seul titre avec l’Équipe de France à l’Euro 2013, après plusieurs échecs consécutifs. L’un des plus beaux cadeaux que le meneur fera au basket français, lui qui terminera sa carrière internationale en 2016 après 181 matchs sous le maillot bleu et près de 2 800 points marqués et deux titres de meilleur joueur européen en 2013 et 2014.

    En dix-sept saisons sous le maillot des Spurs, avec près de de 16 points, 6 passes, 3 rebonds et 1 interception en régulière, Tony Parker va remporter quatre bagues de champion (2003, 2005, 2007 et 2014), des phases finales durant lesquelles le numéro 9 brillera par son investissement et sa volonté affichés sur les parquets, devenant le 4ème joueur de l’histoire à compiler 4 000 points et 1 000 passes décisives en playoffs, derrière Jordan, Kobe et LeBron. Durant plus d’une décennie TP va devenir l’un des meilleurs et des plus respectés meneurs de la ligue, aux côtés des Steve Nash, Jason Kidd ou encore Chris Paul. Une longévité ponctuée par plusieurs récompenses collectives et individuelles allant du titre de MVP des Finales 2007, à six sélections All-Star et de quatre nominations dans une All-NBA Team. C’est finalement au bout de 1254 matchs, dont une cinquantaine sous les couleurs des Hornets l’année dernière, que Tony Parker tire sa révérence, mettant fin à un parcours exceptionnel.

    Tony Parker, comme beaucoup de français, francophones ou que sais-je, tu es la raison pour laquelle je me suis pris d’intérêt pour ton sport et pour la NBA, la raison pour laquelle je me suis levé, ou couché aux aurores pour te regarder lâcher des centaines de « Teardrops » et « Spin Moves » destructeurs ainsi que des tirs pleins de sang-froid en finales NBA. Tu as amené tellement d’individus à se passionner pour la balle orange et engendré tellement de joueurs à suivre tes traces dans la grande ligue, offrant au basket français ses plus belles heures de gloire, qu’aucun remerciement ou hommage ne serait suffisant pour expliquer à quel point tu as pris une place importante dans le cœur de nombreux fans qu’ils soient de France ou partout dans le monde. Bravo et merci pour tout Tony.