Étiquette : Brandon Clarke

  • Ja Morant et Brandon Clarke, le duo le plus ‘flashy’ de la ligue ?

    Ja Morant et Brandon Clarke, le duo le plus ‘flashy’ de la ligue ?

    Les Memphis Grizzlies se sont inclinés face au Portland Trail Blazers à l’occasion du ‘play in tournament’ offrant une place pour les play-offs 2020. Toutefois ils ont fait une excellente saison régulière, attendus dans les bas fonds de la redoutable conférence ouest, ils ont surperformé à l’image de leur coach et de leur duo de rookie Ja Morant(rookie of the year) et Brandon Clarke.


    PRESENTATION

    Temetrius Jamel Morant est un joueur NBA américain de 21 ans évoluant au poste de meneur de jeu pour les Memphis Grizzlies.

    Encore inconnu aux yeux des scouts avant son arrivée à l’université de Murray State, il s’est rapidement fait un nom lors de sa première saison et a finalement explosé aux yeux du grand public lors de sa 2e saison, de par ses dunks spectaculaires et ses performances aussi dominantes les unes que les autres. Drafté en 2e position par les Grizzlies, Ja est devenu une véritable star dans le Tennessee et en NBA, obtenant même le trophée du NBA rookie de l’année.

    Mensuration : 1m91 pour 79 kg et 2m01 d’envergure, avec une détente estimé à 1m06.

    Meilleurs matchs cette saison:

    Vs Brooklyn Nets le 27 octobre 2019 (30pts 9asts 4rebs)

    https://m.youtube.com/watch?v=_P0H2CNSXB8

    Vs Washington Wizards le 9 février 2020 (27pts 10rebs 10asts)

    •Stats sur la saison : 31 minutes 47.7 %fig 33.5 %3pt 77.6 %lf 17.8pts 3.9rebs 7.3asts 0.9stls 0.3blks

    Brandon Clarke de son côté est un joueur de 23 ans évoluant au poste d’ailier fort toujours chez les Memphis Grizzlies.

    Sortant d’une 3e saison universitaire brillante avec les Gonzaga Bulldogs (17 points à 68% au tir, 8.6 rebonds, 1.2 interceptions et 3.2 contres de moyenne, glanant au passage le titre de WWC defensive player of the year), Il est drafté par le Thunder d’Oklahoma city et ensuite échangé dans la foulée aux Grizzlies. Cette saison, il dispute en moyenne 22 minutes en sortie de banc pour les Grizzlies.

    Mensuration : 2m03 pour 95 kg et 2m04 d’envergure

    Meilleurs matchs cette saison:

    Vs Portland Blazers le 13 février 2020 (27pts 6rebs 2stls 12/14 fig)

    https://m.youtube.com/watch?v=UCg5x_NE4Oo

    Vs Oklahoma le 19 décembre 2019 (27pts 7rebs 13/19 3pt)

    https://m.youtube.com/watch?v=UCg5x_NE4Oo

    •Stats sur la saison : 22.4minutes 61.8 %fig 35.9 %3pt 75.9 %lf 12.1pts 5.9rebs 1.4asts 0.6stls 0.8blks

    Profil de tir

    MORANT :

    via Statsmuse

    La répartition de tir de Ja peut être décrite de Moreyball-esque (3pts/lay-up), même pas, elle est juste assez ‘atypique’. Assez Moreyball-esque car il ne prend que des tirs ‘efficaces’ (avec un bon rapport difficulté-valeur), pas de long 2’s ou de mi-distance contesté. En effet il n’a pris que 75 tirs entre la ligne à 3 points et la raquette cette saison et il n’en a mis que 29, ce qui donne un pauvre pourcentage de 38.7% de réussite.

    Sauf qu’il évite beaucoup de tirer à 3 points, ce qu’on ne peut pas lui reprocher vu qu’un tir non voulu est quasi déjà un tir raté. En sortie d’université, la grande peur des scouts à propos de Ja était justement ce tir derrière l’arc, il n’est pas devenu un sniper, loin de là, mais cette saison il dépasse d’assez loin les attentes. 36.7% du parking avant la coupure de la saison, c’est plus que correcte surtout pour un soit-disant nouveau Westbrook (qui tournais à 27.1% en saison rookie).

    Enfin, la finition. Oui Ja n’a pas le meilleur pourcentage de lay-up de la ligue, mais il a montré une des panoplies de finitions les plus complètes de la NBA, capable de monter au dunk salement, convertir des alley-oops de n’importe quelle distance, finir main gauche et main droite, mettre des floaters, finir avec la faute et esquiver son défenseur avec un jelly… tout ceci nous permet de s’extasier chaque soir sur ses finitions spectaculaires.

    Ajouter à cette finition le fait qu’il a déjà un handle digne des meilleurs porteurs de balle de la ligue, qu’il est considéré comme un freak athlétique et que son changement de vitesse dévastateur et vous voilà avec le 12e meilleur scoreur de la NBA en drive avec 19.4 drives/match, mieux que Donovan Mitchell ou encore LeBron James … (selon stats.nba.com.)

    Lorsqu’il s’agit de rendre ses coéquipiers meilleurs Ja est présent. Se classant 10e passeur le plus prolifique cette saison, il a une excellente vision de jeu et qualité de passe,

    ‘Il voit les actions 2 ou 3 secondes en avance’

    Dillon Brooks sur Ja.

    Il sait faire les passes au bon moment, il ne se précipite pas lorsqu’il voit un joueur ouvert, il attend de trouver la meilleure passe/option possible (qualité qui fait défaut à beaucoup de jeunes meneurs). Il a fait des kick-outs, et des passes aériennes sa spécialité.

    Même si la stat des points par possession nous dit le contraire, il est un bon pick-n-roll handler, car oui dans la stat de 0.87 ppp, les passes décisives ne sont pas comptabilisés à contrario des pertes de balles. Bien sûr il est loin d’être un joueur d’élite dans le domaine, mais il ne peut que progresser.

    Une de ces qualités les plus appréciables c’est son leadership et sa capacité à porter son équipe dans les moments clutchs à ce jeune âge, une qualité très rarement identifiable chez les jeunes joueurs, il se classait 12e en points dans le clutch time avant la coupure de la saison.

    CLARKE:

    Il possède un bon handle pour un big man, il dribble assez bas et bien. Dans le détail on remarque qu’il n’est pas super à l’aise de la main droite et donc il drive quasi toujours de la main gauche.
    Malgré une qualité de passe assez basique, il dispose d’un bon qi basket, ce qui le permet souvent de trouver ses coéquipiers et de savoir quand un joueur est ouvert.

    Clarke a été incroyable d’efficacité au tir cette saison, il tourne à 61.8% au tir, ce qui le classe top 5 chez les joueurs qui prennent plus de 7 tirs par match et son incroyable 66.3% de TrueShooting% le classe dans le top 15 NBA. Une efficacité qu’il doit à ses tentatives de tirs non forcés, Clarke laisse le jeu venir à lui, cet aspect de son jeu est aussi vérifiable au niveau des pertes de balle, car il a seulement turnover ratio de 8.3.

    Lorsqu’il s’agit de finir près du panier Clarke est déjà l’un des meilleurs dans le game, son excellent touché de balle lui permet de tourner à 74.2% de réussite dans la restricted area (82e percentile).

    Il est donc capable de punir à 3 points ouverts, de finir près du panier…mais la plus grande force de son bagage offensif c’est… son floater. BC s’est démarqué par sa capacité à marquer des floaters en tête de raquette sur n’importe qui. Cette saison il a mis 47 de ses 85 floaters de ce type, ce qui le met dans le 92e percentile de toute la NBA et numéro 1 chez les bigs men (selon nba.stats.com).

    Démonstration du jeu de floater de Clarke
    (Source: @GrizzliesFR)

    En jeu off ball Clarke n’est pas en reste, loin de là. D’abord en transition, il est plus rapide que tous les intérieurs adverses et il a un excellent placement en transition, ce qui permet de créer une option de passe par alley-oop ou autres, Clarke n’y est pas pour rien si les grizzlies sont la 5e équipe qui marque le plus en transition avec 22.7 points par match.

    Et le meilleur pour la fin, son jeu en tant que roll man, qui regroupe puissance, vitesse, détente et une très bonne science du placement, rajoutez le fait que Ja Morant est un excellent passeur et vous obtenez tout simplement une machine à pick-n-roll. Il se classe dans le 95e percentile avec 1.51 point par possession, rien que ça.

    Défensivement

    Tout d’abord Ja est exactement ce qu’on pourrait appeler un défenseur correct en NBA, pas un boulet mais pas un as.

    Sa vitesse latérale et son athlétisme le permettent de suivre et de défendre avec succès son vis-à-vis et son envergure lui permet de contester avec efficacité les tirs des meneurs adverses.

    Malgré tout, Ja triche souvent en défense et se montre souvent irrégulier dans ses efforts. Il ne contourne pas toujours les écrans et ne suit pas toujours le meneur adverse lorsqu’il se fait dépasser. Il n’a pas une bonne lecture des lignes de passe et ne colle pas toujours son adversaire, d’où son faible nombre d’interceptions (0.9) trop faible pour un meneur qui joue 31 minutes par match selon les standards NBA.

    Concernant Clarke, BC est un vrai as en défense, et il vaut mieux l’avoir dans son équipe que l’inverse.

    Tout d’abord, il est capable de défendre sur 4 postes et même sur quelque pivot. Il est très mobile, dispose d’une excellente vitesse latérale et reste bien sur ses appuis ce qui lui permet de suivre les plus petits joueurs sur drive et même souvent de voler des ballons avec ses grosses paluches.

    Par ailleurs, BC a une excellente lecture de jeu défensivement, couplé avec de très bon instinct. Il lit bien le pick-n-roll, ce qui lui permet d’être vraiment efficace en soutien défensif.

    Pour finir, Clarke est un vrai freak (du haut de ses 2m03), il prend plaisir à contrer ses adversaires et ce depuis l’université où il a fait une grosse saison à 3.2 blocks avec les Bulldogs. Cette saison il tourne à 1.8 blocks sur 48 minutes (2e chez les rookies) et à un blk% de 31.2%.

    Axe de progression/faiblesse

    Du côté de Ja la priorité reste vraiment d’améliorer son jumper que ce soit à 3 points ou à mi-distance, ainsi que ses lancers. Il ne pourra surement pas changer sa mécanique de tir assez atypique, mais il doit au moins essayer d’être plus régulier.

    Il doit être plus régulier dans ses efforts en défense et regarder des vidéos pour améliorer ses lectures défensives.

    Ja Morant a une fâcheuse habitude à se précipiter, il ne temporise pas le jeu souvent quand il le faut et décolle souvent sans avoir une certitude de ce qu’il va faire une fois dans les airs, une pratique très redoutée chez les coachs car elle entraîne beaucoup trop de turnovers.

    Concernant Brandon Clarke, le principal chantier reste la création au tir dans diverses situations. 82.8% de ses paniers proviennent d’une passe décisive, ce qui ne pose pas problème vu son rôle, néanmoins, il serait bénéfique pour lui et les Grizzlies s’il parvenait à se créer quelques fois son tir, et cela passe par le développement de quelques moves au poste bas (un fadeaway et un hook shot notamment), ou encore par une amélioration de son handle et au mieux d’un pull-up à mi-distance.

    Transition parfaite pour aborder son tir, car si BC a eu une grosse progression au niveau de son tir entre sa saison sophomore en NCAA à sa première saison NBA (de 59% en ts%/efg% en année sophomore en NCAA à 69% en année junior et un excellent 66%/64% en NBA, et de 26% de réussite à 3pts en dernière saison NCAA à 35% en NBA) ce n’est effectivement pas assez pour survivre dans cette NBA moderne où être un shooteur fiable sur 2 à 3 tentative par match (et non pas 1.1) reste la chose la plus valuable qu’un joueur puisse avoir dans son arsenal.

    Défensivement, Clarke a la mauvaise habitude de beaucoup sauter sur les feintes, ce qui le met très souvent en position difficile. On notera aussi qu’il ne monte pas assez au contre dans la raquette alors qu’il en a les qualités pour, seulement 14.2% de %BLKA.

    Comparaison et Conclusion

    De par ses qualités athlétiques niveau élite, son handle, son playmaking, ses passes et son agressivité lorsqu’il attaque le panier, Ja a un jeu très similaire à John Wall, des monstres athlétiques avec une excellente vision de jeu qui n’ont peur de rien et de personne, bien sûr Ja shoot un peu mieux que Wall en année rookie. Ils ont des stats très similaire pour leurs débuts étant donné que Wall tournait à 16pts 8asts 4rebs. Clarke a de son côté un profil assez spéciale et rare, difficile à évaluer et par conséquent compliqué à trouver chez un autre joueur NBA. Ce duo, voir trio avec Jaren Jackson jr, a tout pour réussir dans les années à venir, surtout avec Taylor Jenkins à leurs têtes.

    *Lors de la comparaison de Ja Morant et de John Wall il n’a pas été abordé le fait que Ja sois aussi injury prone que Wall. Les deux meneurs ont le même jeu à risque surtout lors de leurs atterrissages, qui sont aussi risqués que non contrôlés. Résultat du côté de Wall : rupture du tendon d’Achille, absent des parquets depuis… un an et demi.

    Merci pour votre lecture

    LEXIQUE

    %BLK: le pourcentage de block de l’équipe lorsqu’un joueur est sur le terrain
    %BLKA: le pourcentage de tentative de block de l’équipe qu’un joueur a lorsqu’il est sur le terrain
    Ts%: le pourcentage de réussite au tir d’un joueur prennat en compte la valeur d’un tir à 3 point et celle d’un lancer franc
    Efg%: le pourcentage au tir d’un joueur prennant en compte le fait qu’un tir à 3 points sois 1.5 fois plus valuable qu’un à 2 points

  • Le carnet des rookies: « Bubble Edition 2.0 »

    Le carnet des rookies: « Bubble Edition 2.0 »

    Chaque semaine Clutch Time vous propose un petit focus sur les rookies afin de faire le point sur les bonnes ou mauvaises performances des débutants.

    Les matchs s’enchaînent à une vitesse folle, et nous voici déjà à quelques jours du premier tour des Playoffs. Les rookies auront globalement fait bonne figure durant cette reprise. Grâce à un temps de jeu plus significatif et aux turnovers effectués par les coachs, beaucoup de jeunes ont se sont révélés à Orlando. Voici les performances marquantes de ces huit derniers jours.(les statistiques sont arrêtées au 12/08/20)

    Les titulaires ont toujours autant de responsabilités

    Michael Porter Jr photo via SI.com
    Michael Porter Jr., F, Denver Nuggets : 54m, 9.3pts, 4.7rds, 0.8pd

    MPJ est clairement en train de s’épanouir sous nos yeux. Match après match, le rookie prend de l’épaisseur au sein de la rotation de Mike Malone en devenant le meilleur scoreur de sa classe depuis la reprise avec des statistiques offensives impressionnantes : 23.8pts, 56.8% aux tirs, 46.3% à 3-pts et 96% aux lancers-francs. En plus de se placer dans le club très flatteur des « 50-45-90 », MPJ est clutch comme face aux Spurs en fin de match avec un rebond offensif et un drive concluant pour achever les hommes de Popovich.

    MPJ gagne en confiance et n’hésite pas à prendre sa chance avec 18 tirs tentés dans la défaite face à Portland. Auteur de tirs à 3-pts importants lors de cette rencontre, MPJ a démontré que son talent est inestimable pour un joueur de sa taille (2.08m). Rebond défensif, transition, pull up à 3-pts, step back, catch and shoot, distribuer pour le partenaire démarqué… L’ancien joueur de l’université du Missouri va clairement devenir un sérieux problème pour ses adversaires.

    Avec 45′ jouées et des paniers clutchs dans la défaite en double prolongation contre Utah, Coach Malone va être obligé de revoir ses rotations à l’approche des Playoffs, si les retours de Will Barton et de Gary Harris sont confirmés. Pour le moment, le jeune joueur de 21 ans apporte une réelle plus-value en attaque. Seules quelques erreurs défensives peuvent lui coûter des minutes.

    Ja Morant, PG, Memphis Grizzlies : 66m, 17.9pts, 3.7rds, 7.2pds

    Le favori pour le titre de Rookie de l’année est toujours aussi spectaculaire mais la blessure de Jaren Jackson Jr combinée aux trop nombreuses défaites ternissent la copie de Ja pour cette reprise. Lors de la défaite contre Utah, coach Jenkins s’est vite rendu compte qu’associer Brandon Clarke avec Jonas Valanciunas dans la raquette était contre-productif. Ja s’est résolu à combiner avec Anthony Tolliver et Gorgui Dieng, et cela à fonctionner lors de la victoire contre le Thunder. Le meneur explosif a su lire la défense et prendre les bonnes décisions en attaque.

    Ja est toujours aussi pressé de jouer en attaque. Que se soit pour driver ou pour jouer le pick and roll, le rookie n’a pas le temps ! Dans le top 5 des joueurs qui bénéficient le plus du pick and roll, Ja est encore loin d’être efficace avec seulement 0.88 points par possession. Il y a encore des progrès à réaliser dans ce domaine pour rejoindre les cadors tels que Chris Paul, Damian Lillard, Kemba Walker, Trae Young (via NBA.com).

    Lors de la défaite face aux champions en titre, Ja a encore manqué de justesse dans son jeu offensif (17pts, 10pds, mais 7/19 aux tirs). Nul doute qu’il progressera rapidement dans ce domaine, en travaillant notamment sur son tir extérieur. Si le rookie a sorti une belle performance face aux Celtics (26pts, 13pds), il n’a pu éviter la 6e défaite en 7 matchs de son équipe. Désormais 9e à l’ouest, La bataille pour le dernier spot des Playoffs va être palpitante.

    Cameron Johnson, F, Phoenix Suns : 56m, 8.7pts, 3.3rds, 1.2pds

    Invaincus depuis la reprise, les Suns sont tout simplement insolents et inarrêtables en attaque. Tout leur réussi, et le rookie Johnson a bien évidement participé à cette moisson inhabituelle de victoires. Sur ses quatre derniers matchs, l’ailier présente un ratio de +16.3 quand il est sur le terrain, soit le meilleur chiffre de sa classe (via NBA.com). A la fin du match remporté face à Indiana (14pts, 12rds), Johnson termina avec un ratio de +36 !

    Vous vous souvenez que nous avions évoqué le fait qu’il était incapable de dunker, et bien Johnson a tenu à nous répondre poliment en contre-attaque.

    Sa taille et son adresse longue distance sont de réels atouts pour coach Williams : 2/2 contre Miami et 4/8 contre Oklahoma City. La belle série s’est arrêtée face à l’équipe B des Sixers avec 0/4 de loin et seulement 6pts en 30 minutes de temps de jeu. Il est indéniable que le rookie n’est pas aussi offensif que Kelly Oubre Jr, mais son profil de joueur sans ballon et de menace sur catch and shoot fait de lui le complément parfait pour le MVP de la bubble : Devin Booker.

    Zion Williamson, PF, New Orleans : 24m, 22.5pts, 6.3rds, 2.1pds

    Les espoirs de Playoffs se sont envolés pour les Pelicans. Les belles choses entrevues avant la suspension de la ligue semblent bien loin. Inconstants en attaque et laxistes en défense, les hommes d’Alvin Gentry n’ont clairement pas réussi leur reprise. Dans la défaite contre les Kings, Zion a constamment cherché à être agressif avec 24pts en 21 minutes. Le rookie a souvent été utilisé comme poseur d’écran. Un schéma offensif pas si souvent utilisé que cela (9.7% via NBA.com), alors qu’il semble évident que rien ne peut ralentir Zion quand il « roll » vers le cercle.

    Inarrêtable lorsqu’il drive sur main gauche, le rookie est également tout à fait capable de délivrer pour un partenaire démarqué. En revanche pour le spacing, il faudra repasser, car Zion ne prend que des tirs près du cercle dans la restricted area comme ce fût le cas face aux Spurs (25pts en 27′). Dernier aspect peu reluisant concernant l’intérieur de 129kgs, le rookie n’arrive pas à impacter positivement la rencontre comme ce fut le cas avant le lockdown. Avec un ratio de -8.8 par match (-21 face aux Spurs!), Zion est l’un des pires de sa classe sur ces 4 derniers matchs (via NBA.com). De plus, mis au repos (back to back), il n’a pa pu participer à la victoire des siens face aux Wizards.

    Rui Hachimura, F, Washington Wizards : 48m, 13.5pts, 6.1rds, 1.8pds

    Toujours pas de victoires pour les hommes de Scott Brooks et il ne reste plus qu’un match à jouer. Des résultats qui sont évidemment pas si surprenant compte tenu des absences (Beal, Wall, Bertans). Le staff des Wizards a pu tester et développer les jeunes joueurs tels que le rookie Hachimura. Toujours placé dans le cinq de départ, le japonais alterne le bon (23pts vs New Orleans) et le médiocre (8pts 2/11 aux tirs vs Philadelphie).

    https://www.youtube.com/watch?v=ziT5xzQO524

    Rui a très bien débuté son match face aux Pelicans avec un rare tir à 3-pts sur catch and shoot en sortie d’écran. Capable de poster des joueurs plus petits et de se défaire d’une prise à deux avec une passe bien sentie, les Pelicans lui ont même collé Jrue Holiday sur le dos pour ne pas le laisser s’enflammer. Moins en vu face au Thunder avec son plus faible temps de jeu depuis la reprise (11pts, 25′), Rui manque parfois d’efficacité en attaque. Lors de ses 4 dernières performances, ses statistiques sont tombées à 42%EFG et 46.1%TS (via NBA.com). Face aux Bucks (20pts, 29′), coach Brooks a peut-être discuté avec le rookie concernant sa passivité à 3-pts puisque le jeune joueur à tentés 9 tirs lointains (record personnel) pour trois convertis !

    Un temps de jeu et des responsabilités en hausse

    Tyler Herro via miamiherald.com
    Tyler Herro, SG, Miami Heat : 53m, 13.2pts, 4.1rds, 2,2pds

    Les absences de Jimmy Butler, Goran Dragic et de Kendrick Nunn ont permis à Erik Spoelstra de tester Tyler Herro en tant que meneur de jeu. Sa première mi-temps face aux Bucks a été remarquable. Capable de créer pour ses partenaires, le jeune arrière a également démontré qu’il n’était pas uniquement un shooteur, et qu’il pouvait très bien driver pour finir dans la raquette. Malheureusement, sa deuxième mi-temps, comme l’ensemble de l’équipe, a été calamiteuse et les Bucks sont repartis avec la victoire.

    Placé dans le cinq de départ face aux Suns, Herro a pu enchaîner les pick and roll et les mains à mains avec Bam Adebayo et Kelly Olynyk. Si tout n’est pas parfait, le jeune arrière a prouvé qu’il avait la vision de jeu et le footwork pour déstabiliser la défense adverse. Herro a également su faire preuve de patience sur certaines séquences.

    Loin d’être réputé pour son jeu sur pick and roll (0.67 pts/possessions, 32.3% aux tirs (via NBA.com), Herro a tout de même apporté quelques satisfactions au staff du Heat avec une bonne lecture du jeu qui se concrétise par une hausse de son taux de passes décisives (+16.9%). L’expérience « Point Guard Herro » a pris fin lors de la victoire face à Indiana. Le rookie a retrouvé son rôle de joueur sans ballon prêt à dégainer dans le corner (17pts, 3/6 à 3-pts). Il n’en reste pas moins que son passage au poste de meneur fut intéressant, et pourquoi pas, être envisagé sur le long terme.

    Brandon Clarke, F, Memphis Grizzlies : 57m, 12.1pts, 5.9rds, 1.4pds

    Jaren Jackson Jr out, le rookie a pris sa place dans le cinq de départ face à Utah (6pts en 27′). L’expérience fut loin d’être concluante avec un problème évident de spacing aux côtés de Jonas Valanciunas. La raquette est bouchée, ce qui affecte également le jeu du meneur Ja Morant. De retour sur le banc face au Thunder (12pts, 20′), les Grizzlies ont retrouvé le goût de la victoire avec une adresse retrouvée et un Brandon Clarke toujours aussi actif près du cercle avec un joli touché sur ses floaters.

    Comme évoqué dans l’article de Jonathan Tjarks du site The Ringer, Clarke reste l’un des rookies les plus efficients en attaque. Son placement et son timing sur pick and roll sont bons (2e meilleur scoreur en tant que poseur d’écran, via NBA.com), sa mobilité et son footwork lui permettent de switcher en défense sur des joueurs plus petits. Malheureusement, le jeu des Grizzlies s’est essoufflé cet été, et le rookie n’a pu éviter les défaites contre Toronto (16pts, 26′) puis contre Boston (15pts, 29′), malgré un apport non négligeable en sortie de banc. On notera tout de même ses 4 tentatives à 3-pts face aux Celtics, un record pour lui cette saison, avec 50% de réussite.

    Keldon Johnson, SF, San Antonio Spurs : 16m, 8.1pts, 3.4rds, 0.9pd

    Le rookie continue de s’affirmer en devenant peu à peu le 6e homme des Spurs. Mieux, Popovich n’hésite pas à le placer dans le money time face aux Nuggets (20pts, 26′). S’il doit progresser dans la finition, Johnson ne rechigne pas à aller au contact et ne se gène pas pour bousculer un autre rookie, Michael Porter Jr, malgré les 10cm d’écart.

    Johnson est très dynamique sur le terrain, il court, il saute, il défend, mais il est également capable d’artiller de loin : 63.2% à 3-pts cette saison ! Son meilleur match a eu lieu lors de la victoire contre les Rockets avec 23pts, 3/3 de loin en seulement 25 minutes. Les Spurs sont toujours en vie pour accrocher les Playoffs, et ils le doivent en partie à leur rookie.

    Darius Bazley, SF, Oklahoma City Thunder : 59m, 5.3pts, 3.9rds, 0.6pd

    Drafté en 23e position lors de la dernière draft, Bazley a participé à la belle saison du Thunder depuis le début. Mais son temps de jeu a réellement augmenté cet été avec en moyenne 27 minutes passées sur le parquet et une titularisation face aux Suns (22pts, 10rds). L’absence de Steven Adams a forcé Billy Donovan à réaliser quelques ajustements. Bazley est donc associé à Mike Muscala dans le frontcourt, et il n’est pas rare de voir le rookie au poste 5 dans un lineup de petite taille.

    Sa complicité avec Chris Paul n’est pas un secret, et le meneur n’hésite pas à combiner avec lui sur pick and pop. Le meilleur match de Bazley a eu lieu lors de la victoire contre les Wizards avec 23 pts et 5/8 à 3-pts en sortie de banc.

    https://www.youtube.com/watch?v=F9LDozoD8II

    Capable de scorer de loin, il lui reste encore à progresser dans la finition dans la raquette, et notamment lorsqu’il y a du contact. S’il a pu scorer 22pts face aux Suns, il a tout de même manqué 6 tirs dans la raquette. Il n’en reste pas moins que sa progression en défense et son apport en attaque arrivent à point nommé à quelques jours des Playoffs.

    Comme si c’était un match de Summer League

    Jeremiah Martin via Brooklynnetsfrance.com
    Jeremiah Martin, PG, Brooklyn Nets : 8m, 7.8pts, 1.3rds, 2pds

    Profitant des très nombreuses absences côté Nets, Jeremiah Martin a une opportunité en or de se montrer cet été. A 23 ans, Martin s’est révélé être un vrai scoreur lorsque coach Vaughn lui accord du temps de jeu. Face aux Celtics (20pts en 15′), Martin a eu l’opportunité de jouer la majorité de la 2e mi-temps, et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est un pur gaucher !

    Très rapide et dangereux lorsqu’il attaque sur sa gauche, il est en revanche moins saignant quand il s’agit de driver sur sa main faible. Comme évoquer par le commentateur Jeff Van Gundy, il y a du « Kendrick Nunn » chez ce joueur. Néanmoins, cette performance fut par la suite récompensée par… quelques miettes face aux Kings (1′), et un DNP face aux Clippers. Heureusement que Martin a conservé son attitude face au Magic avec un match record : 24pts, 6pds en 26′. Il serait judicieux de la part du staff des Nets de lui accorder plus de temps de jeu notamment lorsque l’équipe aura besoin de solutions offensives.

    Matt Thomas, SG, Toronto Raptors : 39m, 4.7pts, 1.4rds, 0.5pd

    Si le rookie sorti de Iowa State est avant tout réputé pour son adresse derrière la ligne : 47.3%, il s’est autorisé quelques tirs à mi-distance face à l’équipe bis des Bucks dans un match record: 22pts, 9/17 aux tirs et 4/8 à 3pts. Son premier quart-temps est tout simplement impeccable avec 12 points.

    Capable de se créer de l’espace avec son dribble et de dégainer en sortie d’écran (Eric Bledsoe peut en témoigner), le rookie de 26 ans est en revanche moins à l’aise pour scorer inside.

    Mention Spéciale : On veut toujours plus de Bol Bol

    Bol Bol, F/C, Denver Nuggets : 5m, 5pts, 2.8rds, 0.8pd

    Si MPJ crève l’écran du côté des Nuggets, c’est toujours un événement quand le géant de 2.18m rentre sur le terrain. Après avoir défendu face à Chris Paul la semaine dernière, le fils de Manute a eu l’honneur de défier Anthony Davis et LeBron James dans la courte défaite face aux Lakers (8pts, 5rds, 21′). Si l’on connaît désormais sa capacité à tirer de loin et à dribbler, on n’avait pas encore apprécié sa qualité de passe !

    Dix autres élèves à surveiller :

    • Kendrick Nunn, PG/SG, Miami Heat : 66m, 15.2pts, 2.7rds, 3.3pds
    • Terence Davis, SG, Toronto Raptors : 70m, 7.5pts, 3.3rds, 1.6pds
    • Jaxson Hayes, C, New Orleans Pelicans : 63m, 7.3pts, 4rds, 0.9pd
    • Luguentz Dort, SG, Oklahoma City Thunder : 35m, 6.9pts, 2.3rds, 0.8pd
    • Nicolo Melli, F, New Orleans Pelicans : 59m, 6.6pts, 3rds, 1.4pds
    • Nickeil Alexander-Walker, PG/SG, New Orleans Pelicans : 46m, 5.2pts, 1.8rds, 1.8pds
    • Matisse Thybulle, SG, Philadelphie Sixers : 63m, 4.6pts, 1.6rds, 1.2pds
    • Grant Williams, F, Boston Celtics : 68m, 3.4pts, 2.5rds, 1pd
    • Talen Horton-Tucker, SG, Los Angeles Lakers : 5m, 4pts, 0.6rd, 0.6pd
    • Miye Oni, SG, Utah Jazz : 9m, 2.8pts, 1.7rds, 0.2pd