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  • Michael Brooks, from San Diego to Limoges

    Michael Brooks, from San Diego to Limoges

    Michael Brooks en NCAA

    Michael Brooks, un nom bien connu en France. Peut-être pas par les plus jeunes, mais prononcez son nom à Limoges et attendez… on vous vantera son passage au CSP, mais Mike a connu une courte mais belle carrière en NBA avant cela!

    Le rêve américain comme début de carrière

    La carrière de Michael Brooks démarre comme celle de tout futur bon joueur NBA. On ne fait pas de lui un potentiel MVP en puissance, mais on sait qu’on a en Brooks un joueur fiable et solide, comme il en faut dans toutes les bonnes équipes.

    Natif de Philadelphie, Michael Brooks passe par l’université de LaSalle dans sa ville de naissance. Cet ailier plutôt physique marque l’histoire de sa fac, en devenant le deuxième marqueur et troisième rebondeur de l’histoire de LaSalle, avec des moyennes d’environ 23 points et 12 rebonds par match!

    En tant qu’universitaire, il participe aux jeux panaméricains de 1979 où il remporte la médaille d’or en compagnie d’Isiah Thomas et Kevin McHale.

    La saison suivante (sa dernière en NCAA), il est élu MVP en sortie d’une année à 24,5 points et 11,5 rebonds par match.

    A une époque où les joueurs NBA ne sont pas sélectionnables en équipe nationale, Michael Brooks fait partie de la Team USA pour les JO de Moscou en 1980, il en est même le capitaine! Cette équipe dont fait encore partie Thomas, mais aussi un futur n° 1 de la draft, Mark Aguirre et le fameux Sam Bowie, n°2 de la draft 84 devant Michael Jordan et autres Barkley ou Stockton. L’histoire de ces JO est bien connue et cette sélection américaine ne mettra pas un pied à Moscou sur décision gourvernementale. Une tournée sera tout de même organisée, et Michael Brooks en sera le meilleur marqueur.

    Arrive le jour de la draft 1980. Dans une sélection sans superstar, on note un seul Hall Of Famer, le Celtic Kevin McHale. Brooks est lui choisi en n° 9 par les San Diego Clippers. On note aussi lors de cette draft la présence en n° 18 du futur complice de Brooks au CSP, Don Collins.

    Michael Brooks arrive donc à 22 ans à San Diego, belle traversée des Etats-Unis depuis Philadelphie! La première saison de Mike est très bonne, un bon rookie qui joue 30 minutes par match, présent lors des 82 rencontres. Le tout à 14,7 points pour 5,4 rebonds, bonne saison de rookie, mais pas suffisant pour aider les Clippers à atteindre les playoffs.

    En 1981-82, Brooks est de nouveau aligné lors des 82 matchs de la saison régulière, dont 73 dans le 5 majeur. Avec un temps de jeu un peu plus élevé (33 minutes) ses statistiques s’élèvent aussi à 15,6 points et 7,6 rebonds par match, avec un record (en carrière) de 37 points. Troisième scoreur et rebondeur des Clippers, et premier aux steals, Mike est un élément majeur d’une équipe de San Diego encore plus faible que la saison précédente.

    La saison qui suit apporte son lot de changements aux Clippers. Lors de la draft 82, Sans Diego a le pick n° 2 et choisit l’ailier et futur All-Star Terry Cummings. Dans tous les cas avec le deuxième choix, on aurait pu avoir aussi du James Worthy ou Dominique Wilkins aux Clippers, deux autres ailiers qui n’auraient pas non plus arrangé les affaires de Michael Brooks! Il joue toujours les 82 rencontres, avec 30 minutes de moyenne mais seulement 26 fois dans le 5! Il est le cinquième scoreur avec 12,2 points et quatrième rebondeur avec 6,4 prises par match. Mais c’est bien les 23,7 points et 10,6 rebonds du ROY Terry Cummings qu’on remarque cette année là bien que les playoffs ne soient toujours pas au rendez-vous. Sans oublier le retour du grand Bill Walton après deux saisons blanches…

    Fin d’une jeune carrière?

    La saison 1983-1984 peut être un tournant pour Michael Brooks. Après deux bonnes premières saisons, la troisième a été plus difficile avec plus de concurrence. C’est le moment de s’affirmer aux Clippers, ou de trouver une équipe qui le laisse exprimer son talent.

    Terry Cummings confirme son rôle, mais Brooks ne démérite pas. Il joue 30 minutes par match comme la saison précédente. Cinquième scoreur et quatrième rebondeur des Clippers, comme la saison précédente. Titulaire 30 fois sur 47, bien mieux que la saison précédente.

    Mais le souci est là, 47 matchs joués…blessure au genou, saison terminée. Assez banal pour un sportif de haut niveau, sauf qu’à ces 35 matchs manqués s’ajouteront deux saisons blanches, pas une minute sur les parquets ! Michael Brooks passe d’un joueur NBA confirmé de 25 ans, à un grand blessé de 28 ans à la recherche de sensations physiques.

    La traversée du désert est bien longue, lui même s’isole du milieu du basket pendant ces années. Les Pacers lui donnent sa chance à son retour au début de la saison 86-87. Une dizaine de matchs à 15 minutes de moyenne, Mike n’est plus dans le coup, ou on ne le laisse pas s’exprimer… dans tous les cas c’est en CBA que se termine sa saison.

    Idem la saison suivante, où les Nuggets l’engagent. Il joue 16 matchs, 8 minutes de moyenne et retour en CBA. Par rapport à son temps de jeu il est pourtant plus efficace que dans l’ Indiana, mais ce n’est pas suffisant pour Denver. Les sensations reviennent tout de même, puisque Brooks se montre à son avantage en CBA avec 14,9 points et 11,9 rebonds par match et même le titre de MVP de la saison en plus du championnat gagné en compagnie de Micheal Ray Richardson.

    Pas suffisant pour la NBA, trop risqué physiquement, plus aucune franchise NBA ne fera appel à Brooks. Il finit sa carrière dans la grande ligue avec 12,8 points et 6,3 rebonds de moyenne en 319 matchs joués. Mike aura été un bon joueur aux Clippers, aurait pu faire une carrière entière sur ce rythme, ou même trouver une franchise qui lui donne de plus grandes responsabilités mais son corps en a décidé autrement !

    Ce n’est pourtant pas la fin de la carrière de Michael Brooks, loin de là…

    Renaissance sur le vieux continent

    Après sa Pennsylvanie natale, la Californie de ses débuts professionnels, l’ Indiana ou le Colorado de ses tentatives de comeback, voilà Michael Brooks dans la Haute Vienne, à Limoges.

    A Limoges Michael vient trouver un second souffle, une seconde vie. Il y découvre une terre de basket où il est accueilli à bras ouverts. A son arrivée en 88, le CSP Limoges c’est 4 championnats, 3 coupes de France, et 3 coupes d’Europe. L’équipe alors composée entre autres de Richard Dacoury, Don Collins ou Stéphane Ostrowski voit arriver un joueur du genre de ceux qu’on remarque quand il arrive en France: un ancien de la NBA, et pas un qui a joué une dizaine de matchs en bout de banc, un vrai !

    Avec plus de 19 points, 9,7 rebonds par match et un titre de champion de France, l’expérience française de Brooks démarre bien. Il forme un excellent duo avec Don Collins le MVP de la saison (ainsi que de la précédente et la suivante).

    En 1989-90 Brooks est de nouveau champion de France avec Limoges. Stable dans ses stats (16,2 points et 9,3 rebonds), il s’impose dans le coeur des supporters et prend goùt à la reconnaisance qui lui est offerte ici. Sur la scène européenne Mike a l’occasion de se frotter à de grandes équipes en allant jusqu’au Final Four de l’euroligue, éliminé par le grand Split de Toni Kukoc.

    Au départ de la saison 90-91, Michael Brooks du haut de ses 32 ans s’apprête à vivre sa meilleure période statistique. En championnat il joue 37 minutes par match, pour 21,4 points et 10,3 rebonds de moyenne. Finaliste du championnat, ses performances individuelles lui valent le titre de MVP de la saison!

    Puis encore une belle saison à Limoges, terminée par un second titre de MVP et débutée par une participation à l’Open Mc Donalds à Paris, où il peut de nouveau affronter les Lakers. Une nouvelle fois finaliste du championnat, Brooks vit sa dernière saison au CSP, en partie à cause des méthodes du nouvel entraineur Bozidar Maljkovic. Sur l’ensemble de son passage à Limoges, Brooks a tourné à 18,9 points et 9,6 rebonds par match.

    Laissé libre par Limoges, le grand moustachu n’arrête pas pour autant. Encore trois saisons pleines (38 minutes par match!) à Levallois où il finit avec une moyenne de 17 points et 9,6 rebonds sur les 3 saisons, plutôt pas mal pour la fin de carrière d’un grand blessé ! Après une dernière saison efficace mais gâchée par les blessures, Michael Brooks met un terme à sa carrière de haut niveau à près de 38 ans. Son passage en France aura fait de lui un double MVP tournant à 17,3 points pour 9,4 rebonds par match, essentiellement dans la plus grande équipe du moment.

    Lui qui a obtenu la nationalité française continuera à jouer au basket à un niveau amateur encore quelques années avant d’aller vivre et coacher en Suisse. Là bas, atteint d’une maladie qui a nécessité une greffe de moëlle osseuse, il décède d’un arrêt cardiaque peu de temps après l’opération, à l’âge de 58 ans.

    Les hommages se succèdent, principalement en France, son pays d’adoption mais la nouvelle est aussi diffusée dans certains médias américains. Stéphane Ostrowski, Fred Forte et bien d’autres exprimeront publiquement leur émotion. Aujourd’hui un tournoi de présaison porte son nom à Limoges. Verra-t-on prochainement son maillot retiré?

  • Retro draft 2000: zoom sur Hedo Türkoglu

    Retro draft 2000: zoom sur Hedo Türkoglu

    Premier joueur de basketball turc à évoluer en NBA, Hidayet « Hedo » Turkoglu a marqué l’histoire d’une franchise, le Magic d’Orlando, avec qui il s’est offert une finale NBA.

    Originaire d’Istanbul, le jeune Hidayet débute à l’âge de 17 ans avec l’Efes Pilsen, sans doute le plus grand club turc. En 4 ans sous les couleurs stambouliotes, il remporte 2 championnats, 3 coupes de Turquie, et emmène en 2000 son équipe vers le Final Four de l’Euroleague, où l’Efes Pilsen termine à la troisième place. Lors de sa dernière année, il tourne en moyenne à plus de 13 points et 4 rebonds, et sa côte de popularité de cesse d’augmenter auprès des scouts américains.

    Lors de la draft 2000, Hedo devra attendre la 16ème annonce de David Stern pour être enfin appelé par les Sacramento Kings. Ne vous étonnez pas de le voir être sélectionné derrière des joueurs comme Stromile Swift ou Darius Miles, car à l’époque, il n’était pas encore « tendance » de sélectionner des joueurs étrangers très haut à la draft et le fait de ne pas avoir été formé outre-Atlantique était souvent synonyme d’un manque de reconnaissance de la part des scouts et des franchises NBA.

    En Californie, Hedo débarque dans une équipe en pleine renaissance après une longue traversée du désert. Drivés par Rick Adelman, les Kings jouent un basket très offensif, mené par le spectaculaire Jason Williams. La star de l’équipe, Chris Webber, est à ce moment là en train de s’imposer parmi les meilleurs ailiers forts de la ligue. La saison rookie de Türkoglu, en forme d’apprentissage, est encourageante, mais c’est lors de la saison 2001-2002 que le turc va véritablement montrer son potentiel. Jason Williams s’en va, Mike Bibby arrive en échange, et les Kings deviennent une équipe redoutable, géniale en attaque, sérieuse en défense. Hedo atteint les 10 points par match sur la saison, passe de 17 à 25 minutes en moyenne et devient un des meilleurs sixièmes hommes de la NBA. Sacramento obtient le meilleur bilan de la NBA avec 61 victoires. Le « greatest show on court » des Kings perdra les armes à la main en 7 matchs face à leurs rivaux, les Lakers de Shaquille O’Neal et Kobe Bryant, au terme d’une série plus que controversée…

    L’année suivante est encore de très bonne facture pour les californiens qui remportent 59 matchs. Türkoglu joue moins car les recrues Keon Clark et Jim Jackson sont désormais devant lui dans la rotation. Les Kings se font sortir en demi-finale de conférence par les Mavericks. Quelques semaines plus tard, un échange entre les Kings, les Spurs et les Pacers envoie Hedo à San Antonio.

    Dans le Texas, Türkoglu se fait vite une place de 6ème homme et le coach Gregg Popovich apprécie le côté polyvalent de son ailier. 25 minutes par match, presque 10 points et 4 passes par rencontre sur la saison 2003-2004. A l’intersaison 2004, alors qu’il est agent libre, il s’engage pour 5 ans avec le Magic d’Orlando. Après le départ de Tracy Mcgrady, la franchise floridienne se cherche de nouveaux visages, des résultats, bref : tout est à reconstruire. La draft du pivot Dwight Howard en 2004 est la première pierre posée pour un édifice qui s’améliorera d’années en années. En 2004-2005, Hedo Türkoglu bat ses records au scoring avec 14 points par match et est par ailleurs devenu une arme dangereuse longue distance. Malgré cela, le Magic stagne, obtient un bilan de 36-46 et végète à la 12ème place de la conférence Est. 3 coachs se succèdent en 2 ans mais le Magic obtient le même bilan l’année suivante.

    En 2007, sous l’impulsion d’un Dwight Howard dominateur sous les panneaux, Orlando retrouve les playoffs, juste le temps de se faire balayer par les Detroit Pistons. Encore mieux en 2007-2008, où les magiciens atteignent les 52 victoires. L’arrivée du coach Stan Van Gundy et du shooteur Rashard Lewis font passer un énorme cap à la franchise. Van Gundy imagine un système offensif en « fer à cheval », où 4 shooteurs attendent derrière la ligne à 3 points, laissant l’espace à Dwight Howard de s’exprimer dans la raquette. Avec des pistoleros tels que Turkoglu, Lewis, Jameer Nelson, JJ Reddick ou le français Mickael Piétrus (qui arrivera l’année suivante), le Magic devient redoutable et ne tombe qu’en demi-finales de conférence contre les mêmes Pistons. Cette même année, l’ailier turc a produit le meilleur basket de sa carrière au niveau statistique: 19,7 points, 5,7 rebonds, et 5 passes en 37 minutes par match. Il est récompensé par le trophée du MIP récompensant le joueur ayant le plus progressé.

    2009 est l’année de la consécration pour le Magic. Dwight Howard est stratosphérique, on le surnomme Superman, et lui ainsi que sa bande de fous de la gâchette sortent les Boston Celtics (tenants du titre) puis les Cavaliers de LeBron James. Hedo est devenu un membre incontournable de l’équipe. Sa vision du jeu et sa lucidité le feraient même passer pour un meneur. Son duo d’ailiers avec Rashard Lewis est souvent le facteur X du Magic. L’un ou l »autre se relaie souvent pour prendre feu, et quand les deux compères sont « dans la zone » en même temps, peu d’équipes peuvent stopper l’incendie.

    15 ans après Shaq et Penny, le Magic d’Orlando retrouve les finales NBA. Les fans NBA sont déçus car il n’y aura pas de duel Kobe-LeBron en finales, mais peu importe, Orlando a déjoué les pronostics qui voyaient Boston ou Cleveland dominer la conférence Est. La finale NBA 2009 n’offrira néanmoins pas le suspens espéré, puis les Lakers gagneront 4 manches à 0. Tout proches de l’emporter dans le game 2 à Los Angeles, ce qui aurait tout changé, les joueurs de Stan Van Gundy auront joué avec leurs armes, mais n’ont rien pu faire face à la force collective des Lakers d’un Kobe Bryant revanchard après sa défaite en finales l’année précédente.

    Surprise à l’été 2009 : le 9 juillet, Hedo Türkoglu est envoyé à Toronto suite à un échange à 4 équipes. Le début de la fin pour le joueur turc, pas à l’aise dans l’Ontario. Une saison anonyme plus tard, il est échangé à Phoenix contre Leandro Barbosa. 25 matchs avec les Suns, puis retour en Floride, à Orlando, terre de ses plus grands exploits. Après 2 saisons très discrètes chez les Clippers, Türkoglu décide de prendre sa retraite, à l’âge de 36 ans.

    La trace qu’Hedo a laissé dans l’histoire du basketball, c’est en Turquie qu’elle est la plus significative. Pour faire court, Hedo Türkoglu est le précurseur du basket en Turquie, comme Tony Parker a pu l’être pour le basket français. Premier joueur turc à évoluer en NBA; légende du Magic d’Orlando; médaillé d’argent à domicile avec la Turquie lors de l’Euro basket 2001 et des championnats du monde 2010, il est une des plus grandes idoles sportives pour le peuple turc. D’un point de vue technique, on se souviendra d’un joueur de 2,08m capable de tout faire sur un parquet : passer shooter, dribbler. Son sang-froid dans les moments importants feront de lui un éléments essentiels pour les Kings et surtout pour Orlando. Son shoot victorieux contre les Celtics en 2008 illustre ce pourquoi Hedo était redouté dans le grande ligue.

  • 1993, l’année ou jamais pour Charles Barkley

    1993, l’année ou jamais pour Charles Barkley

    Fraichement débarqué de Philadelphie durant l’été 1992, Charles Barkley va emmener les Phoenix Suns en finales NBA au terme d’une saison grandiose, la meilleure de sa carrière.

    Le 17 juin 1992, les Phoenix Suns envoient Jeff Hornacek, Tim Perry et Andrew Lang aux 76ers de Philadelphie et obtiennent Charles Barkley. Ce dernier n’en finissait plus de rendre fou de rage les dirigeants de la franchise de Philly et ne cachait plus du tout ses envies de départ. « Chuck » veut une bague de champion NBA et pense que les 76ers ne peuvent pas l’aider à atteindre son objectif. Un échange avait initialement été annoncé avec les Lakers, mais Philly a vite annulé la transaction. Voilà donc Sir Charles dans l’Arizona, au sein d’une équipe ambitieuse qui veut s’affirmer parmi les meilleures dès cette année. « Je suis membre des Phoenix Suns et maintenant je suis très heureux, déclare-t-il à la presse lors de sa présentation. Je crois que j’avais envie de changer d’équipe, et je veux pouvoir gagner le titre. Je suis ravi de pouvoir jouer aux côtés de Kevin Johnson et Dan Majerle. Je n’ai pas joué avec de tels joueurs, deux all-star dans la même équipe, depuis mes débuts à Philadelphie. » Charles Barkley devient la première véritable star des Phoenix Suns. Tout petit pour un poste 4 (1m94) et le fessier bien en arrière, il compense par une puissance athlétique exceptionnelle et un QI basket hors du commun. Capable de remonter la balle à toute vitesse comme un meneur mais également de prendre 3 rebonds offensifs de suite et d’aller chercher le panier avec la faute, comme des pivots bien plus grands que lui. Il est aussi réputé pour son caractère et n’hésite pas à faire dans la provocation. Charles revient d’une campagne olympique historique pour Team USA, où il remporte la médaille d’or et finit meilleur marqueur de l’équipe. Dans la cité de l’amour fraternel, Barkley est devenu un homme, ainsi qu’un basketteur complet. Alors à Phoenix, il veut devenir le meilleur.

    Les Suns ont également obtenu Danny Ainge et ont drafté le gros nounours Oliver Miller (2,09m pour 143 Kg). Le coach Paul Westphal, ancien joueur des Phoenix Suns avec qui il a joué les finales NBA 1976, dispose d’une équipe de qualité, avec entre autres Kevin Johnson, Dan Majerle, Cedric Ceballos, Tom Chambers ou Richard Dumas. L’équipe de l’Arizona inaugure à l’été 1992 sa toute nouvelle salle, l’America West Arena, qui remplace l’Arizona Veterans Memorial Coliseum, une arène devenue trop vétuste et jugée trop petite.

    La saison 92-93 démarre sur les chapeaux de roues. Pour son premier match avec les Suns, Barkley colle 37 points aux Clippers, et ajoute 21 rebonds ,dont 12 offensifs, ainsi que 8 passes. Avec la victoire au bout, bien évidemment. En parlant de victoires, Phoenix va en enchainer 14 de suite durant le mois de décembre, devenant la septième équipe de l’histoire de la NBA à finir un mois invaincue. Barkley est élu joueur du mois de décembre avec des moyennes de 25 points, 13 rebonds et 5 passes. Il parait au sommet de son art et en 1993, toute la NBA craint les Phoenix Suns, véritable rouleau compresseur. Les Suns forment un collectif extrêmement bien huilé, où la bonne atmosphère règne en maitre. Paul Westphal est le coach de la situation et il parait gérer ses troupes comme un maestro. Sa science du jeu et son expérience NBA en tant que joueur font de lui un entraineur de qualité. Charles Barkley est récompensé pour la 7ème fois par une sélection dans le 5 de la conférence ouest pour le all-star game 1993, où il inscrira 16 points. Dan Majerle est lui sélectionné pour la 1ère fois. Une bien belle récompense pour celui qui fut hué par les fans de Phoenix lors de sa draft en 1988.

    Charles Barkley face à Shawn Kemp.

    Avec un bilan de 62 victoires pour 20 défaites, les Suns battent leur record de franchise. Ils n’auront perdu que 6 petites rencontres à domicile. Barkley a joué le meilleur basket de sa carrière et est élu MVP, avec 25,6 points, 12,2 rebonds et 4,9 passes de moyenne, le tout à 52% de réussite au shoot et 30% à 3 points. « Sir Charles » est devenu une superstar de la ligue, sur et en dehors des parquets. On peut le retrouver dans plusieurs publicités. Il crée d’ailleurs la polémique dans une pub pour Nike, où il déclare ne pas être un exemple à suivre pour les enfants. « Le fait que je sache jouer au basket-ball ne signifie pas que je devrais élever vos enfants. » Voilà ce qu’était aussi Charles Barkley. Un personnage fort de café qui ne mâchait pas ses mots (et qui ne les mâche toujours pas).

    La fameuse pub pour Nike.

    Une autre pub pour Nike où Charles Barkley affronte Godzilla.

    A Phoenix, on avait jamais vu une telle excitation autour des Suns. Tout le monde ne parle que de « Sir Charles » et sa bande. L’America West Arena affiche complet à chaque rencontre. Les bus de la ville sont décorés de grands portraits représentant les joueurs. « C’est un honneur d’être sur un bus, mais je n’aimerai pas voir ma tête le matin » , lance Barkley.

    Un portrait représentant Kevin Johnson.

    L’équipe de Paul Westphal arrive en playoffs avec le statut d’épouvantail de la conférence ouest. Sauf qu’au 1er tour, les Suns perdent les matchs 1 et 2 à la maison face à de surprenants Lakers, emmenés par Vlade Divac, James Worthy, Byron Scott et A.C Green. A l’époque, le premier tour se joue au meilleur des 5 matchs et Los Angeles n’est donc qu’à une victoire d’un immense exploit. En conférence de presse, Paul Westphal déclare: « On va gagner cette série. On gagnera mardi (match 3), on gagnera jeudi (match 4) et on gagnera dimanche (match 5). Tout le monde dira que cette série a été formidable. » Et c’est ce qui se passe. Les Suns gagnent la série au terme d’un match 5 serré de bout en bout qui finira en prolongations. Les valeureux Lakers ont poussé la troupe de Barkley dans ses derniers retranchements et sont passés tout près d’un « upset » retentissant. Les 31 points et 14 rebonds de Charles dans le match 5 ne seront pas de trop pour aider son équipe à accéder au second tour.

    https://www.youtube.com/watch?v=A39GjMonuhg
    Le récap de la série Suns-Lakers.

    Contre les Spurs de David Robinson, les Suns gagnent cette fois les deux premiers matchs à domicile, avec un gros match de Barkley (35 points, 10 rebonds, 7 interceptions) dans le game 2. Mais San Antonio va remporter les 2 joutes suivantes et remet les compteurs à zéro, grâce à un Robinson flamboyant dans le game 4 (36 points, 16 rebonds). Mais Phoenix, redoutable à la saison tout au long de la saison, va faire la loi et remporter les matchs 5 et 6. Barkley livre un nouveau récital dans le match final avec 28 points, 21 rebonds, 4 passes, 4 interceptions.

    En finale de conférence, Phoenix retrouve les Supersonics de Seattle, 3èmes de la conférence ouest et tombeurs des Rockets d’Hakeem Olajuwon. Emmenés par leur monstre à 2 têtes Gary Payton – Shawn Kemp, ils vont poser énormément de problèmes aux Suns et prolonger la série jusqu’au game 7 décisif. C’est à ce moment là que « Sir Charles » va réaliser la plus grande performance de sa carrière. 44 points, 24 rebonds à 12/20 au shoot. Un récital qui envoie Phoenix en finales NBA pour la seconde fois de l’histoire de la franchise. Dans cette performance intemporelle, on retrouve tout ce qui caractérisait Charles Barkley sur un terrain de basket: de l’énergie à revendre, des rebonds offensifs par paquets (10 ce soir là), une science du jeu phénoménale et des transitions offensives dignes d’un meneur comme Kevin Johnson.

    Les highlights de Charles Barkley lors du game 7 face aux Sonics.

    Les Suns retrouvent en finales les Bulls de Michael Jordan et Scottie Pippen. Ces derniers ont pour ambition de devenir la première équipe à réaliser le « three-peat » depuis les Celtics des années 1960. La tâche est ardue, l’équipe de l’Arizona ne part pas favorite mais elle donnera tout ce qu’elle a pour tenter de faire tomber les impitoyables Chicago Bulls. A l’exception du match 4 remporté par Chicago, aucune des deux équipes ne parviendra à l’emporter à domicile. Dans le match 2, Barkley plante 42 points et ajoute 13 rebonds mais Chicago l’emporte de 3 petits points et mène la série 2-0. Le match 3 est irrespirable et se termine en trois prolongations par une victoire des Suns, grâce à une énorme prestation collective des joueurs de Paul Westphal. Ce dernier devient d’ailleurs le premier (et seul pour l’instant) à avoir participé à 2 matchs de finale conclus par trois prolongations.

    Les highlights du match 3 entre les Suns et les Bulls.

    Dans le game 4, Michael Jordan est égal à lui-même, intouchable. 55 points pour « His Airness » et une victoire 111-105 des taureaux. Barkley déclare avant le game 5 : « Il faut sauver la ville! », en référence aux émeutes que craignaient les autorités de Chicago si les Bulls remportaient le match et donc le titre. Et en effet les Suns gâcheront la fête et reviennent à 3-2. Le rêve prendra malheureusement fin dans le match 6, un match que les Suns auraient pu remporter sans ce shoot terrible de John Paxson. Les Bulls sont champions NBA, les Suns sont vaincus et plus rien ne sera pareil pour Barkley, qui continuera d’être all-star mais ne passera jamais aussi près d’un titre NBA. Cette année là, « Sir Charles » a marché sur la ligue mais un MJ au sommet de son basket (4 matchs de suite à plus de 40 points dans les finales) aura finalement mis fin au rêve de toute une ville.

    Charles Barkley, MVP de la saison 1992-1993.

  • Rétro draft 2000 : zoom sur Darius Miles

    Rétro draft 2000 : zoom sur Darius Miles

    Qu’est-ce qu’un « bust » ? Par définition, c’est un joueur drafté très haut, un joueur pour lequel on a promis un avenir grandiose mais qui ne saura pas répondre aux attentes durant sa carrière. Il faut se dire que les joueurs qui débarquent en NBA par la grande porte sont pour la majorité des gamins d’à peine 20 ans. Alors faisons preuve d’un peu d’indulgence au moment d’évoquer la carrière du malheureux Darius Miles, sûrement projeté trop vite sous le feu des projecteurs. Nous relaterons les principaux faits de son parcours professionnel, à l’aide d’une longue lettre postée par Miles sur le site « The Player’s Tribune ».

    Darius LaVar Miles est né le 9 octobre 1981 à East St. Louis, dans l’Illinois. Une ville réputée infernale, au paysage apocalyptique, avec un taux de criminalité 18 fois plus important que la moyenne aux Etats-Unis. « C’est comme ça, souligne Darius. Quand tu nais à East St. Louis, il est question d’armes, de drogues et de danger, du début à la fin. Il n’y a que 89 blocs. Peu importe qui vous êtes, vous êtes dedans. Il n’y a pas le choix. » A titre d’exemple, East St. Louis est la seule ville Américaine de plus de 25 000 habitants à ne pas bénéficier de service obstétrique.

    Dans cette cité chaotique où la réalité empêche même les plus petits de rêver, Miles se tourne vite vers le basketball. Au lycée de East St. Louis, il devient très vite une vedette locale, de par ses capacités physiques. Un jour, il est invité au camp de Michael Jordan, en compagnie de Quentin Richardson, jeune prodige également natif de l’Illinois. « On est arrivés au camp le premier jour et MJ était là, en chair et en os. Quand il a commencé à jouer avec nous, personne ne voulait défendre sur lui. Rappelez-vous, on était des enfants. Qui va se mettre sur le chemin de MJ, pour de vrai ? Mais avec « Q » (Quentin Richardson), on se regardait à se dire, « vas-y, on n’a pas peur ». Donc j’ai voulu défendre dur sur lui. Bien sûr, c’est MJ, il a des moves, et il m’a tué. Mais j’ai continué à défendre dur et il a commencé à me montrer du respect. Après le camp, j’ai fait une photo avec lui et tout et je l’ai ramené à la maison où je l’ai mise en évidence, comme si MJ était un de mes oncles. Je revois ma mère me demander « Il est comment, MJ ? » Je lui disais « Maman, c’est fou ! Michael Jordan était là, à jurer. Il s’exprime comme nous ! ». Je me disais : merde, Michael Jordan est comme moi. Il est normal. Je peux peut-être le faire ». Cet évènement va, selon lui, changer sa vie, et représente sa première vraie lueur d’espoir.

    A l’époque, de plus en plus de jeunes joueurs débarquent en NBA sans être passés par la case université. Kevin Garnett, en 1995, fait le grand saut car ses notes sont trop médiocres pour qu’il puisse bénéficier d’une bourse. Dans le cas de Darius, on se dit qu’un encadrement scolaire et sportif par une fac lui aurait énormément apporté. Mais malgré les multiples offres qui viennent à lui, il choisit de faire une croix sur un cursus universitaire et se présente à la draft 2000.

    La draft de Darius Miles et son interview avec Craig Sager en compagnie de sa mère.

    On notera qu’avant sa draft, Darius Miles est constamment comparé à Kevin Garnett, en raison de leur physique similaire et de leur cursus avant l’arrivée en NBA. « Pour un jeune qui débarque en NBA, la stabilité est primordiale, souligne un des consultants TNT. Etre drafté par les Clippers n’est pas la meilleure solution quand on parle de stabilité. On ne sait pas comment il développera son jeu ni ce qui se passera dans 3-4 ans. » Au micro de Craig Sager, Darius dit : « Kevin Garnett est mon idole, mon joueur préféré, nous jouons au même poste. C’est un mec super, un super joueur et j’espère que je pourrai devenir un bon joueur comme lui actuellement. »

    La couverture de Sports Illustrated, paru en octobre 2000.

    « Je ne pense pas que les gens comprennent vraiment à quel point c’est fou de passer du lycée à la NBA. Et pas seulement à la NBA, mais aux foutus Clippers de Los Angeles. » Il est clair que sur l’autoroute du succès, Darius Miles a toujours voulu emprunter la voie de gauche. Passé d’une ville froide de l’Illinois au soleil californien, avec un contrat de plusieurs millions dollars, on peut affirmer que tout est allé trop vite dans la vie de Darius.

    Pub de la marque Jordan avec Darius Miles et Quentin Richardson. La musique de fond est de Gang Starr – Now You’re Mine.

    Aux Clippers, Miles a retrouvé son pote Quentin Richardson, ainsi que Lamar Odom, Corey Magguette et Keyon Dooling. L’équipe est jeune, prometteuse et surtout explosive. Ainsi elle va devenir une des équipes les plus sympathiques à suivre, sans pour autant parvenir à accrocher les playoffs. Malheureusement pour Darius Miles, son manque de qualités dans beaucoup de domaines essentiels du jeu (shoot mi et longue distance, notions défensives) font perdre patience aux Clippers, qui l’envoient aux Cleveland Cavaliers à l’intersaison 2002-2003, en échange d’Andre Miller. Un an plus tard, il est envoyé à Portland. L’aventure « JailBlazers » commence de la pire des manières pour Miles, qui n’entretient pas de bons rapports avec le coach, Mo Cheeks. Miles est même suspendu pour 2 rencontres après une altercation entre les deux hommes. Malgré tout, de 2004 à 2006, il réalise ses meilleures performances en carrière, en tournant à peu près à 13 points par match. Le 19 avril 2005, il plante 47 points contre les Nuggets.

    Le record en carrière de Darius Miles.

    En avril 2006, la carrière de Darius Miles prend un sombre virage quand il est victime d’une grave blessure au genou, qui lui fait rater 2 saisons complètes. Les Blazers ont le culot d’annuler son contrat, pensant que sa carrière est terminée. Mais en 2009, les Grizzlies lui font signer un contrat jusqu’à la fin de la saison, obligeant Portland a lui payer son dû. A la fin de la saison 2009, Darius Miles met fin à sa carrière. Une carrière finie comme elle a commencé: dans la médiocrité. Les fans, coachs, dirigeants ont toujours attendu plus d’un joueur qui n’était tout simplement pas à sa place.

    Darius Miles et Michael Jordan.

    « On m’a pris le basket à 27 ans et j’étais perdu. Puis quelques années plus tard, on m’a pris ma mère, et je suis devenu plus ou moins fou. Quand tu es en NBA, les gens croient que tu es un super héros et peut-être que tu crois en être un. Mais il y a tout un tas de choses à côté de ça dont le public n’a pas idée. »

    Quelques années après sa retraite, Darius Miles a déclaré être en faillite, après avoir touché plus de 60 millions de dollars de salaires en NBA.

    « J’ai été coincé dans la maison de ma maman à East St. Louis pendant environ trois ans. J’ai travaillé toute ma vie pour sortir de là et j’étais de retour. Juste… pris au piège. Je portais partout où j’allais. Je ne pouvais pas dormir. Impossible de trouver la paix. »

    Récemment, ça à l’air d’aller mieux pour l’ancien Clippers puisqu’il tient (en compagnie de son vieil ami Quentin Richardson) une émission sur « The Player’s Tribune » intitulée « Knuckleheads » , où les deux anciens compères invitent des joueurs tels que Kyle Lowry, Kevin Durant, Allen Iverson… En espérant que tout rentre dans l’ordre pour ce bon vieux Darius.

  • L’inoubliable saison 2008  des Boston Celtics

    L’inoubliable saison 2008 des Boston Celtics

    17 juin 2008. Les Celtics de Boston sont sacrés champions NBA pour la 17ème fois. Certainement un des plus beaux chapitres de l’histoire de la franchise. Un chapitre exceptionnel qui a mis fin à une longue et douloureuse traversée du désert. Retour sur un parcours grandiose qui a remis en lumière l’équipe du petit lutin vert.

    Le contexte

    L’équipe des Boston Celtics est, avec les Los Angeles Lakers, l’équipe la plus titrée en NBA, avec 17 titres. Véritable machine à gagner depuis la fin des années 50, la franchise de Beantown (en référence au haricot de Boston) a su forger ses succès autour de joueurs légendaires : Bob Cousy, Bill Russell, John Havlicek, Larry Bird, Robert Parish… Le tout bien entendu guidé par des coachs qui ont amené une certaine culture de la gagne comme Red Auerbach ou K.C Jones. C’est simple : aucune équipe n’a autant dominé une ligue majeure Nord-Américaine que les Celtics l’ont fait entre 1957 et 1969. Deux titres durant les années 70 et trois durant les 80’s viendront s’ajouter à la monstrueuse armoire à trophée du mythique Boston Garden.

    Bill Russel (numéro 6) au-dessus de Wilt Chamberlain (numéro 13), lors des finales NBA 1969.

    Le Garden, parlons-en : une arène à l’ancienne, construite en 1928 (sous le nom de Boston Madison Square Garden), prévue initialement pour accueillir des matchs de boxe, est devenue au fil du temps une antre imprenable. Dans les années 60 et 80, périodes glorieuses des C’s, il est rare de voir la « green team » perdre à domicile. Le côté rustique et intimidant de la salle y est pour beaucoup. La chaleur du Garden, dépourvu d’air conditionné, étouffe les adversaires, comme le malheureux Kareem Abdul-Jabbar, obligé de porter un masque à oxygène durant le fameux « Heat game » de 1984 entre les Lakers et les Celtics, où la température atteindra les 36 degrés.

    Les highlights du match 7 de la finale NBA 1984 entre les Celtics et les Lakers, où l’ambiance au Boston Garden sera impressionnante. Le parquet sera d’ailleurs envahi par les spectateurs au buzzer final.

    Les Celtics et leurs ennemis jurés, les Lakers, dominèrent la NBA dans les années 80. En effet, de 1980 à 1989, l’une des deux équipes se retrouva chaque saison en finale. Mais c’est alors que la dynamique victorieuse de la « green team » fut frappée par une tragédie qui marqua à jamais la ville de Boston: le 19 juin 1986, le prodige Len Bias décède d’une overdose de cocaïne, moins de 48 heures après avoir été drafté par les Celtics en première position et 11 jours après le sacre de ces derniers en finale contre les Rockets. Bias était le joueur qui manquait aux Celtics pour relancer une machine certes dominatrice, mais vieillissante. Bien avant sa draft, la presse spécialisée de l’époque le comparait déjà à Michael Jordan. Malheureusement, le Boston Garden ne vit jamais le jeune surdoué du Maryland évoluer sous son toit.

    Len Bias (1963-1986).

    En 1987, les Celtics version Bird atteignent une dernière fois les finales NBA, après avoir vaincu non sans mal les déjà redoutables Detroit Pistons, au cours d’une finale de conférence défiant les lois du suspens. Mais il finissent par rendre les armes devant les Lakers d’un Magic Johnson étincelant, auteur de 29 points dans le game 4 et surtout d’un « sky hook » légendaire pour remporter un match décisif à Boston. Los Angeles l’emportera logiquement face à des C’s clairement essoufflés. Les fans de l’équipe verte ne le savent pas encore, mais cette défaite annoncera le début de la fin pour la bande de « Larry Legend ».

    Le « sky hook » de Magic Johnson contre les Celtics lors du game 4 des finales 1984. Le joueur sera à la fin du match interviewé par le « Roi de la Soul » James Brown.

    Lors des finales de conférence Est 1988, la « green team » ne peut rien faire face à la force collective et mentale des Pistons. On assiste là à une passation de pouvoir, et les Celtics de Bird, Parrish, Ainge, McHale et Dennis Johnson ne retourneront plus en finales.

    La retraite de Larry Bird en 1992 ; le décès du talentueux Reggie Lewis en 1993 et la démolition du Boston Garden en 1995 n’arrangèrent rien pour l’équipe de BeanTown qui traversa les années 90 comme un fantôme. Seules satisfactions de la décennie pour les hommes verts : la construction d’une nouvelle salle toute neuve, le Fleet Center (qui deviendra plus tard le TD Banknorth Garden), et surtout la draft de Paul Pierce en 1998. Ce dernier deviendra très vite le patron de l’équipe, mais souvent trop esseulé, il ne parviendra pas à faire franchir un cap à son équipe. Le retour de l’ancienne gloire Danny Ainge en 2003, en tant que responsable des opérations basket, fera basculer la franchise dans une toute nouvelle dynamique. Toujours à l’affut des bonnes affaires, Ainge n’a pas froid aux yeux quand il s’agit d’échanges. Selon lui, l’effectif des Celtics 2003 n’est pas bon, en tout cas pas assez talentueux pour viser le titre. Il sait ce que représente Boston dans l’univers de la NBA, et sa franchise ne peut pas végéter plus longtemps dans le ventre mou de la ligue. Pendant plusieurs années, Danny chamboule à de multiples reprises son roster, nomme Doc Rivers comme entraineur (en 2004) et accorde une confiance aveugle en son meilleur élément Paul Pierce. Mais les résultats ne suivent pas. En 2007, Boston conclut une saison catastrophique avec seulement 24 victoires. Pierce commence à parler d’un départ si l’équipe n’est pas renforcée. Alors Danny Ainge va sortir deux échanges dont lui seul a le secret. Le 28 juin 2007, il récupère Ray Allen (Seattle) en échange de Delonte West, Jeff Green, Wally Sczerbiak ainsi qu’un premier tour de draft. Le 31 juillet, Gerald Green, Al Jefferson, Ryan Gomes, Theo Ratliff et Sebastian Telfair quittent la « green army » pour Minnesota. C’est le « Big Ticket » Kevin Garnett, MVP 2004 qui arrive. L’espoir renait immédiatement pour Boston. Le Big 3 Pierce-Allen-Garnett est né et ils sont épaulés par des joueurs qui s’inscriront tous à leur façon dans la saison 2008 magistrale des Celtics.

    Ray Allen, Kevin Garnett, Paul Pierce.

    2007-2008 : La saison où Boston est redevenue une équipe qui gagne

    Les attentes sont énormes autour de la « green team », bien que l’effectif manque d’expérience et de profondeur de banc. Dès le début de saison, Doc Rivers confirme que le jeune meneur Rajon Rondo et le pivot Kendrick Perkins seront titulaires aux côtés de Pierce, Allen et Garnett. Bon défenseur mais très médiocre scoreur, Rondo n’a qu’une saison NBA dans les jambes. Drafté en 2003 par Boston après avoir fait l’impasse sur la fac, Kendrick Perkins a su grappiller des minutes année après année pour au final être titulaire dans la raquette avec KG. Excellent défenseur mais lui aussi un peu frustre en attaque, Perkins représente en effet le col bleu que voulaient Rivers et Ainge au poste 5. Les 3 vétérans du Big 3 ont pour mission de vite mettre en confiance les deux plus jeunes du 5 de départ. Sur le banc, le shooteur fou Eddie House, le rugueux Tony Allen, Glen « Big Baby » Davis, James Posey ou encore l’inattendu Leon Powe apporteront tous leurs différentes qualités, dans un collectif extrêmement bien huilé où chacun a sa place et sait ce qu’on attend de lui. L’arrivée de Tom Thibodeau en tant qu’assistant coach défensif s’avèrera elle aussi décisive.

    Paul Pierce, Kendrick Perkins, Kevin Garnett et Rajon Rondo.

    Débuter la saison par 8 victoires consécutives, idéal non? Dès le début de saison, on sent que l’alchimie est parfaite et qu’il faudra se lever tôt pour vaincre ces C’s là. Pour son premier match sous la tunique verte, contre des Wizards à 0/16 à 3 points, KG score 22 points et gobe 20 rebonds. Lors du deuxième match de la saison, c’est un shoot à trois points de Ray Allen (33 pts) qui enterrera les Raptors en prolongation. C’est dire si les deux principales recrues de l’été n’ont pas eu besoin de temps d’adaptation.

    Le game winner de Ray Allen contre les Raptors de Toronto, le 4 novembre 2007.

    Les séries de victoires se succèdent et il faudra attendre le 19 décembre 2007 pour voir les C’s perdre à domicile, après 12 victoires d’affilées au TD Banknorth Garden. Quelques jours plus tard, ils remportent leur 24ème victoire (en 27 rencontres) et égalisent déjà leur performance de l’année dernière.

    Rajon Rondo et Paul Pierce.

    Le mois de janvier sera plus compliqué. Kevin Garnett sera absent plusieurs matchs à cause de douleurs abdominales. Leon Powe et Glen Davis se partageront les minutes et apporteront leur fougue pour faire oublier le « Big Ticket ». KG, Pierce et Allen seront sélectionnés pour le All-Star Game 2008 qui se déroule cette année-là à La Nouvelle-Orléans. Au même moment, le vétéran PJ Brown sort de sa retraite pour signer à BeanTown, apportant de la profondeur et de la dureté défensive au poste de pivot.

    Kevin Garnet, la légende Bill Russell, Ray Allen et Paul Pierce.

    Après le all-star break, les Celtics perdent trois rencontres de suite. Ce sera la seule et unique fois de la saison. Danny Ainge veut renforcer sa rotation et signe « le chinois » Sam Cassell pour suppléer Rajon Rondo au poste de meneur. Malgré la fatigue accumulée, les Celtics ne lâcheront pas leur première place de la conférence Est et termineront la saison avec 66 victoires. Les recrues se sont acclimatées à la vitesse de l’éclair. La philosophie défensive de l’équipe, faite d’intimidation et d’agressivité fait que les Celtics sont redoutés par toute la ligue. Aucun shoot ne parait facile pour l’adversaire. Tous les voyants sont au vert pour les playoffs, où les Celtics débuteront face aux Atlanta Hawks, avec l’avantage du terrain.

    Les deux premiers matchs à Boston sont nettement à l’avantage des hôtes. Kevin Garnett est logiquement élu meilleur défenseur de l’année. Mais lors des deux matchs à Atlanta, les C’s se feront surprendre par des Hawks bien décidés à ne pas se laisser marcher dessus. 2-2, puis 3-2 Boston, et 3-3 après une nouvelle victoire d’ATL à la Phillips Arena. Accrocheurs, menés par un duo Joe Johnson – Josh Smith au sommet de son art, les Hawks ne pourront rien dans le game 7 décisif à Boston, où les Celtics l’emporteront 99-65.

    Paul Pierce en défense sur Joe Johnson.

    Les demi finales de conférence Est sont un gros test pour les hommes de Doc Rivers, car les Cleveland Cavaliers de LeBron James sont des adversaires coriaces. Meilleur scoreur de la saison régulière avec 30 points, plus 7,9 rebonds et 7,2 passes de moyenne, « LBJ » a réalisé une saison sensationnelle et a placé presque à lui tout seul son équipe à la 4ème place de la conférence. Cependant, James sera muselé par la défense rugueuse des Celtics durant les game 1 et 2. 12 points à 2/18 au shoot puis 21 points mais 6/24. Sans un LeBron efficace, il est quasi-impossible de voir Cleveland prendre un match dans cette série que Boston mène 2-0. Mais comme au tour précédent, les Celtics ont beaucoup plus de difficultés à l’extérieur et Cleveland prendra les matchs 3 et 4, avec un LeBron retrouvé, bien aidé par les anciens Celtics Wally Szcerbiak et Delonte West. Match 5 pour Boston, le 6 pour Cleveland, et la « green team » devra encore gagner un match 7 décisif pour avancer. Ce « win or go home » sera un des plus beaux matchs de la décennie, une opposition de légende entre Paul Pierce et LeBron James dans un TD Banknorth Garden surchauffé comme lors des plus belles heures de son illustre prédécesseur. Un match serré de bout en bout, où Pierce (41 points) aura finalement le dernier mot face à James (45 points).

    https://www.youtube.com/watch?v=DZhCU6dncrA
    Le duel inoubliable entre « The Truth » et « The Chosen One » lors du game 7.

    En finale de conférence, Boston retrouve les Detroit Pistons. Champions en 2004, finalistes en 2005, demi-finalistes pour la 5ème fois de suite, la franchise de « Motown » a fini deuxième à l’Est avec 59 victoires. Un gros duel s’annonce entre les deux meilleures défenses de la NBA. Les C’s s’imposent facilement dans le game 1, mais la surprise arrive 48 heures plus tard quand Detroit parvient à gagner au TD Garden lors du match 2. Pour la première fois durant ces playoffs, Boston a perdu à la maison. Ne laissant aucune place au doute, les hommes du Doc vont parvenir à reprendre l’avantage du terrain en dominant les Pistons 94-80. Detroit remporte le match suivant et Boston doit absolument gagner le match 5 à domicile. Ce sera chose faite dans un match où les C’s auront mené de plus de 10 points. Courageux, Detroit refait son retard à coup de stops de Tayshaun Prince et de shoots décisifs de Rip Hamilton et Chauncey Billups. Boston fini par survivre à une fin de rencontre étouffante et prend un avantage décisif dans la série (3-2). On peut mentionner le match monstrueux de Kendrick Perkins (18 points, 16 rebonds). Le match 6 sera remporté par Beantown et les Celtics de Boston retrouvent les finales NBA, 21 ans après.

    Celtics-Lakers, nous y voilà, 21 ans après, donc. 11ème finale NBA entre les deux rivaux ultimes. L’Amérique entière attendait ce duel au sommet entre les franchises les plus prestigieuses de la NBA. D’un côté, la Californie, une attaque en triangle orchestrée par le « zen master » Phil Jackson, une équipe construite brillamment autour de Kobe Bryant (MVP de la saison régulière) et Pau Gasol; de l’autre, le Massachusetts, une rigueur défensive inouïe et un collectif réglé comme une horloge. Bref, une confrontation historique dans tous les sens du terme.

    Le game 1 est magnifique d’intensité. Les Lakers sont présents et rentrent les shoots quand il faut. Premier tournant lorsque Paul Pierce retombe sur le pied de Kendrick Perkins et doit rejoindre les vestiaires. 3 minutes plus tard, le revoilà frais comme un gardon et ovationné par le public de Boston. Deux bombes à 3 points plus tard, il fait exploser toute la salle. Ce moment mythique fera basculer la rencontre en faveur des Celtics qui remportent ce match 1 98-88.

    Le résumé du game 1.

    Dans le game 2, Boston domine toute la rencontre et mène de 24 points mais s’écroule en fin de match: les Lakers ne sont plus qu’à -2 à une minute de la fin. En patron, Paul Pierce (28 points) s’en va provoquer la faute et marquer deux lancers décisifs. Kobe Bryant aura été parfaitement défendu par les C’s (24 points mais 9-26 au shoot). Les trois matchs suivants se jouent à Los Angeles. Leon Powe aura apporté 21 points en seulement 14 minutes. Lors du game 3, les C’s paraissent fatigués. Paul Pierce, gêné au genou, ne marque que 6 points et Rajon Rondo se blesse au coude. Les Lakers s’imposent 87-81. Game 4. Domination des Lakers qui roulent sur le 1er quart-temps, 35-14. A la mi-temps, dans le dur, les C’s ont besoin d’ajustements tactiques. Paul Pierce indique à coach Rivers qu’il veut défendre sur Kobe Bryant. Rivers ouvre son banc et lance Eddie House, James Posey et P.J Brown pour la seconde mi-temps. Résultat: un 31-15 terrible pour le Staples Center aux airs de cathédrale. P.J Brown se permet même un poster dunk sur Kobe ! Les C’s mènent pour la 1ère fois de la partie à 4 minutes de la fin. D’un énorme shoot dans le corner, James Posey fait définitivement exploser les Lakers. Victoire improbable de Boston qui n’est plus qu’à une victoire du Graal.

    L’énorme come-back des Celtics.

    Même scénario dans le game 5, où les californiens commencent le match tambour battant. Les C’s refont leur retour avant la mi-temps mais cette fois Los Angeles reste sérieux et revient à 3-2. Le game 6 est annoncé comme le match du titre pour les Celtics. Dans le 2ème quart-temps, sous l’impulsion des shooteurs bostoniens, la défense des Lakers va rendre les armes. Tout rentre pour les Celtics et la 2ème mi-temps est un immense garbage time. C’est la fête au TD Banknorth Garden, et au buzzer final tout le monde peut exulter: les Celtics sont champions NBA, 22 ans après leur dernier titre !

    Résumé du game 6.

    L’émotion est immense, Kevin Garnett nous gratifie d’une interview devenue légendaire, Doc Rivers se prend plusieurs litres de boisson énergisante sur la tronche, les gens pleurent en tribune. Tellement longtemps qu’on attendait ça…

    L’interview de Kevin Garnett.

    Quelle saison sensationnelle de ces Boston Celtics ! De ce Big 3 tout d’abord, qui aura toujours fait preuve d’une force de caractère incroyable. MVP des finales, Paul Pierce aura été génial de justesse tout au long des playoffs. Kevin Garnett aura symbolisé la philosophie « UBUNTU » (un pour tous, tous pour un). Ray Allen, de par la qualité de son shoot et son sang froid, aura toujours su répondre présent. Et que dire de Rajon Rondo.. le jeune meneur, confirmé comme titulaire en début de saison, est devenu une valeur sûre du groupe. Sa lecture du jeu et sa lucidité défensive ont apporté ce petit quelque chose en plus. Les rôles players comme James Posey, Eddie House, Leon Powe ou P.J Brown auront apporté l’énergie et la lucidité nécessaire pile quand l’équipe en avait besoin. Le coach, Doc Rivers, pas réputé comme étant un spécialiste tactique, a néanmoins fait preuve d’une gestion d’équipe irréprochable. Si cette équipe n’a jamais baissé les bras, c’est en partie grâce à lui. Et bien sûr les Celtics auront été portés tout au long de la saison par un TD Banknorth Garden en feu. Une saison inoubliable dans tous les sens du terme.

  • Le Menu McAdoo, entrée, plat, dessert

    Le Menu McAdoo, entrée, plat, dessert

    En entrée, un rookie chaud bouillant

    Bob McAdoo, jeune intérieur passé par North Carolina débarque en NBA par la draft de 1972 .

    Avant d’avoir mis les pieds sur un parquet NBA, il fait déjà parler de lui ! En effet Robert, du haut de ses 21 ans, a tapé dans l’œil non pas de deux équipes, mais plutôt de deux ligues !

    En plus de la draft NBA, il aurait été le n°1 de la draft (secrète) de la ABA, des rumeurs laissant croire qu’il aurait même signé un contrat dans cette ligue concurrente de la NBA.

    Retour en NBA, où malgré les rumeurs il est choisi en n°2, derrière l’obscur LaRue Martin, et quelques places devant un certain Julius Erving ! McAdoo attaque la saison 1972/73 aux Buffalo Braves, une franchise depuis devenue les Los Angeles Clippers.

    Avec 18 points de moyenne, cet intérieur adroit de loin ne gâche pas son année rookie, terminant Rookie Of The Year 1973 malgré les mauvais résultats des Braves. Côté performances, il se permet de passer 2 fois la barre des 40 points,en alignant 45 points et 25 rebonds pour le dernier match de la saison!

    Les trois saisons suivantes, McAdoo s’impose en NBA comme un scoreur prolifique, enchaînant trois titres de meilleur marqueur en 74, 75 et 76 avec un highscore à plus de 50 points chacune des ces 3 années. Il sera All NBA second team en 74 avec 30,6 points et 15,1 rebonds (dernier joueur en date à terminer au-dessus des 30 points – 15 rebonds), MVP 1975 avec 34,5 points et 14,1 rebonds, il connait également ses trois premières sélections au All Star Game pendant ces années folles.

    En plat principal, 11 saisons en dents de scie

    Après ces saisons phénoménales, McAdoo connaîtra une carrière très honorable en NBA, malgré les blessures et les trades plus ou moins désirés…

    En 76/77, il passe des Braves aux Knicks en cours de saison. Il quitte New-York deux ans plus tard et malgré des bonnes stats il est envoyé aux Celtics. Demandez aux Knicks d’aujourd’hui s’ils veulent d’un intérieur qui vaut 26 points et 12 rebonds par match!

    A Boston, il joue… seulement 20 petits matchs et puis s’en va ! Même pas le temps de croiser le futur triple MVP Larry Bird, et McAdoo fait ses valises pour Detroit. Aux Pistons, il y jouera 58 matchs en 79/80.

    La saison suivante 16 matchs joués à peine, entre Detroit et les Nets. Puis il fait de nouveau ses valises, direction les L.A Lakers ! En 6 années, il aura été baladé dans pas moins de 6 équipes NBA.

    A 30 ans, handicapé par quelques blessures, Bob McAdoo débarque à Los Angeles avec la ferme intention d’y obtenir ce qui lui manque: les titres ! Et là, on peut dire qu’il sera bien entouré: Magic, Kareem et James Worthy lui donnent l’occasion de gagner 2 titres NBA. Frustré d’être sur le banc (il joue autant, voir moins qu’un Kurt Rambis!), McAdoo accepte tout de même son rôle de 6eme homme et apporte sa part de points et de rebonds pour aller chercher ces 2 bagues tant désirées.

    Un dernier passage à Philadelphie, lors de la saison 1985/86 et ça en est fini la NBA ! Pas satisfait de la proposition des Sixers, McAdoo met fin à une carrière NBA riche de 852 matchs, pour des moyennes de plus de 22 points et 9 rebonds !

    https://youtu.be/-P84-B8sVpc
    Le game 6 des finales NBA 1985
    Seulement 10 min de jeu et 2 points pour McAdoo
    KAJ (29 pts) Worthy (26 pts) Magic (Triple Double 14 pts 14 Ast 10 rbds)

    En dessert, une fin de carrière sous le soleil italien

    A 35 ans, après sa solide carrière NBA, Mr McAdoo change de destination, et cette fois il n’est impliqué dans aucun trade aléatoire. Il choisit sa destination, et ce sera l’Italie, l’Olimpia Milan plus exactement.

    Il y rencontre un certain Mike D’Antoni au club depuis 1977, avec qui il gagne dès sa première saison la coupe, le championnat d’Italie et l’Euroligue ! Pas arrivé pour faire de la figuration, il plante encore 26 points par match et prend toujours 10 rebonds !

    Lors de sa deuxième saison, il est de nouveau champion d’Europe et revient même avec le titre de MVP du Final Four, avec 25 points et 12 rebonds en finale ! Il passe au total 7 saisons en Italie, visitant trois clubs, prenant au passage un autre titre de champion d’Italie avec Milan. Bob a de beaux restes! Lors de son séjour en Italie, l’ancien Brave tourne à 27 points et presque 9 rebonds par match.

    Quand il prend sa retraite à 41 ans, il laisse sa marque sur l’Italie et sur l’Europe entière. Il dira même avoir plus apprécié ses 7 saisons italiennes que ses 14 saisons NBA en 2008 lors de la cérémonie des 50 meilleurs contributeurs de l’ Euroligue.

    1986–87 Tracer Milano – Robert Allen « Bob » McAdoo, Kenneth « Ken » Barlow

    Et après…?

    Après cette énorme carrière, Bob McAdoo est toujours actif dans le sport qui lui a tant donné !

    Depuis 1995 et sur demande de Pat Riley (son coach aux Lakers), il est assistant coach au Heat de Miami, participant à l’obtention de 3 titres NBA. Ces 5 dernières années, toujours au Heat, il a un rôle axé scouting. Lui qui a tant été balladé comme joueur NBA en est à près de 25 ans dans la même franchise !

    Et bien sûr, il a été intronisé au Hall of Fame en 2000 !