Étiquette : Rudy Gobert

  • L’heure de vérité face au Canada en quart de finale

    L’heure de vérité face au Canada en quart de finale

    Rien ne va plus pour les Bleus aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Après une préparation compliquée et une phase de poules guère rassurante à Lille, l’objectif premier est cependant atteint, puisque l’Équipe de France de basket masculine est qualifiée pour la phase finale qui se déroule à Paris. Si la défaite contre l’Allemagne (championne du monde en titre) pose question, les deux victoires contre le Brésil et le Japon ont permis d’assurer l’essentiel, une place en quart de finale du tournoi olympique à domicile contre la Canada. L’adversaire est bien connu, puisque les deux équipes se sont rencontrées en juillet à Orléans non seulement pour un match de préparation, mais également pour une séance de scrimmage préalable à la demande des canadiens. Le Canada, c’est une équipe formidable, au parcours exemplaire lors de la dernière Coupe du Monde FIBA en septembre 2023, notamment une défaite cuisante pour la France dès le premier match qui a provoqué, avec une seconde défaite de suite contre la Lettonie, son élimination prématurée de la compétition. Le match de ce mardi 6 août à Bercy s’annonce donc chaud et fort en symboles. Pour accéder au podium, l’Équipe de France doit montrer de quoi elle est réellement capable, c’est donc l’occasion de prendre sa revanche et de jouer, enfin, un basket gagnant, sans trous d’air. Les Bleus de Vincent Collet en sont-ils capables?


    L’Allemagne, trompe-l’œil ou révélateur?

    Quand on voit une équipe déjà qualifiée pour les quarts-de-finale jouer un dernier match de poule devant près de 27000 spectateurs dans son propre pays et marquer à peine 27 points en première mi-temps (dont 9 seulement en deuxième quart-temps), on peut se poser des questions. Cependant, c’est davantage une confirmation du très haut niveau et de la cohésion de l’équipe allemande, championne du monde en titre l’été dernier et parfaitement en place cet été, avec un Dennis Schröder en grande forme (26 points à 10/17 aux tirs, dont 4/7 à trois points, 9 passes décisives), la paire d’intérieurs Wagner particulièrement performante (Franz, 2m08, 26 points et Moritz, 2m11, 8 points en 14 minutes), un Daniel Theïs bien présent (7 points, 8 rebonds, 2 interceptions et 2 passes décisives) et un sacré golgoth dans la raquette, Johannes Voigtmann (2m11 pour 115kg). Au bout du compte, il manque 14 points, mais les Bleus ont su réagir et on a vu de très belles choses, notamment un Isaia Cordinier percutant (2 dunks en drive, 10 points) à la fois en attaque et en défense, exactement dans l’énergie et l’à-propos préconisés par Vincent Collet, qui ne l’avait pas mis sur le terrain par hasard à ce moment-là. Entre Strazel et Cordinier, l’Équipe de France compte désormais des joueurs d’impact qui savent s’exprimer dans le dur. On en aura certainement besoin lors des phases finales. L’enseignement de ce dernier match de poules, c’est qu’on ne peut pas se permettre le moindre relâchement, et certainement pas pendant un quart-temps entier !

    Un match de référence pour Wemby?

    Comme l’a bien dit Fred Weis, consultant XXL pour la chaîne Eurosport, on n’a pas encore vu Victor Wembanyama sur cette compétition. Auteur de 15 points contre l’Allemagne, le géant des Spurs n’a pas réussi à donner sa pleine mesure jusqu’à présent. Le problème n’est pas tant qu’il soit passé à côté du match en première période, mais que l’Équipe de France n’ait pas eu la faculté de proposer autre chose en attendant que le rookie trouve ses marques. Rappelons que c’est sa première campagne en Équipe de France, avec une saison américaine dans les jambes et une grosse préparation, la fatigue s’est clairement fait ressentir contre une défense allemande épaisse et rugueuse. Et ses choix en attaque ont été parfois hasardeux – en témoigne son air-ball à trois points dans le coin juste après avoir pris une claque en plein visage par Mo Wagner dans le troisième quart-temps, au moment où les Bleus jouaient mieux, mais ne parvenaient pas à réduire l’écart (environ 20 points constants et 14 à l’arrivée). On a vu aussi des relances ratées, des actions sans conviction, beaucoup de frustration. Mais en quart de finale contre le Canada, Victor Wembanyama pourrait sortir son match de référence de cette compétition. Victoire ou défaite, Wemby doit laisser une impression indéniable pour ses premiers Jeux Olympiques.

    Une équipe prête à en découdre en quarts de finale

    Même si la manière a manqué, les Bleus ont gagné les deux matches importants de la phase de poules et se présentent à Paris pour la phase finale après une défaite contre l’Allemagne, certes, mais pas si « lourde » en vérité, dans un match sans enjeu, et on reste sur une bonne seconde mi-temps, avec le sursaut d’orgueil attendu. C’est un mauvais quart-temps, le second, qui coûte le match. Et contrairement à certains commentaires, les allemands n’ont jamais « levé le pied », ce sont les français qui ont joué correctement et même réalisé de très belles actions des deux côtés du terrain. Rudy Gobert (4 points à 2/2), absent car très peu servi en attaque malgré ses appels de balle, était essentiel en défense (4 contres). En sortie de banc, Guerschon Yabusele et Isaia Cordinier ont mis le feu pour sonner la révolte. Il n’aurait manqué qu’un peu plus de Bilal Coulibaly, encore trop timide (1 point en 12 minutes avec 0/2 aux tirs) et certainement plus d’impact de Mathias Lessort (5 points et 3 rebonds en 15 minutes à 2/4). Contre une équipe canadienne moins forte à l’intérieur que le bloc allemand, la France doit s’imposer physiquement. L’occasion également pour Evan Fournier (10 points en 17 minutes), mis au ban par Tom Thibodeau à New York, de montrer enfin au public pourquoi il a toujours la confiance de ses pairs.

    Un match décisif… pour tous

    Comme toutes les autres équipes qualifiées, dans une confrontation à élimination directe, les Bleus n’ont plus le droit à l’erreur. Mais ils ont beaucoup de talent et d’expérience, ils peuvent parfaitement « cliquer » ensemble au meilleur moment et viser le podium. En prenant chaque match un par un, en se donnant la possibilité de réaliser l’exploit à chaque étape, l’équipe de Vincent Collet ne pourra pas grand chose si les canadiens réalisent un match parfait, mais pourrait saisir sa chance en cas de défaillance ou de panne d’adresse. C’est la doctrine de Vincent Collet, qui ne nie pas le talent de la formation nord-américaine favorite du tournoi avec Team USA. En jouant dur et sérieusement, la France peut battre la Canada… ou sombrer dans la disgrâce devant son public. Et si Rudy Gobert sortait le grand jeu? Réponse ce mardi 6 août dès 18h.

  • L’Équipe de France assure contre le Brésil

    L’Équipe de France assure contre le Brésil

    Premier match capital du tournoi olympique pour l’Équipe de France masculine de basket, le choc face au Brésil n’a pas déçu. La première phase de poules se déroule au stade Pierre Mauroy de Lille devant 27000 spectateurs. Après une entame difficile pour les Bleus, menés 15-23 à l’issue du premier quart-temps, les choses se sont mises en place et le groupe a assuré l’essentiel, avec une défense de haut niveau et une attaque ajustée. Une défaite dès le premier jour aurait compromis les chances de qualification pour les quarts-de-finale à Paris. Avec un second match contre le Japon ce mardi, formation réputée à portée, le groupe France pourrait aborder l’ultime rencontre contre l’Allemagne avec deux victoires acquises et une quasi-certitude de qualification pour la suite, rendant la confrontation moins conséquente. Après le traumatisme de l’élimination prématurée lors de la dernière Coupe du Monde à Jakarta, c’est donc avec un véritable soulagement que les Bleus et leur public ont accueilli cette entrée en lice finalement maîtrisée. Le cauchemar de l’an dernier, sans Wemby, ne s’est pas reproduit.


    Un secteur intérieur en panne

    Alors que Rudy Gobert était inactif en attaque dans le premier quart-temps, c’est Victor Wembanyama qui a été envoyé au poste bas pour asseoir un début de présence intérieure pour les bleus. Si le rookie français a réussi des beaux mouvements, utilisant sa taille gigantesque pour des paniers acrobatiques (19 points en 31 minutes, 7/13 aux tirs dont 1/4 à trois points), le pivot titulaire aura attendu des actions de jeu en transition en cours de match pour marquer 7 points sur 3 dunks et n’aura pas eu l’impact escompté, décrochant à peine deux lancers-francs et réalisant par ailleurs 3 rebonds et 2 contres pour 3 balles perdues et 4 fautes en 18 minutes. Attendu comme une réponse complémentaire à l’intérieur, Mathias Lessort n’a marqué que 4 points en 12 minutes (1/2 aux tirs et 2/2 aux lancers-francs) avec 3 rebonds, 2 passes décisives et une interception, Guerschon Yabusele se contentant également de 4 points en 16 minutes (1/4 aux tirs dont 0/3 à trois points). Une forte opposition brésilienne certes, avec des grands gabarits bien décidés à s’imposer physiquement (Bruno Caboclo commettant notamment 4 fautes en 11 minutes) mais également une fébrilité du fait de l’enjeu considérable de ce premier match pour le reste de la compétition.

    Le capitaine Batum à la rescousse

    Alors que les Bleus prenaient l’eau en premier quart-temps (15-23), avec un passage peu concluant de Mathieu Strazel (titulaire mais 5 minutes de jeu, une passe décisive et aucun point) et un petit Evan Fournier (7 points en 13 minutes, 2/5 aux tirs dont 1/2 à 3 points, 2 balles perdues), c’est Nicolas Batum qui a pris ses responsabilités en attaque, avec 19 points en 34 minutes (6/13 aux tirs dont 3/9 à 3 points), contribuant également 5 rebonds, 2 passes décisives et 2 interceptions pour 3 ballons perdus. Frank Ntilikina a débloqué le compteur avec 3 tirs à trois points importants (9 points à 3/5 tous derrière la ligne) ainsi que 3 passes décisives et 2 interceptions pour une balle perdue. Un match étrange, avec 12 joueurs utilisés, Batum et Wemby étant les seuls à passer plus de 30 minutes sur le terrain, la ligne arrière titulaire Fournier-Strazel limitée à 13 et 5 minutes respectivement, Nando De Colo et Bilal Coulibaly limités à moins de 10 minutes. En théorie, la rotation devrait se resserrer rapidement – à titre de comparaison, le Brésil n’a fait jouer que 11 joueurs en comptant Louzada (1 minute sur le parquet), donc véritablement 10 joueurs effectifs.

    Un premier match pour se rassurer (ou pas)

    SI le score final est sans appel (78-66), la rencontre aurait pu basculer à l’avantage des brésiliens s’ils avaient réussi à tuer le match quand ils en avaient l’occasion. Mais alors que les Bleus trouvaient une stabilité, les joueurs d’Aleksandar Petrovic ont manqué d’adresse. Avec un axe Gobert-Wembanyama et des antennes efficaces comme Nicolas Batum et Frank Ntilikina, la défense française a réalisé des stops et lancé quelques contre-attaques permettant de creuser l’écart, mais pas suffisamment pour rassurer le public, fébrile mais bien présent jusqu’au bout. Si Rudy Gobert est resté effacé en attaque, sa présence active en tête de raquette face aux extérieurs brésiliens avec Wemby derrière lui sous le cercle forme une ligne centrale redoutable. Dès que les français récupèrent le ballon, Gobert a déjà passé la ligne médiane, ce qui déborde le repli défensif et offre ainsi des paniers plus faciles. Ceci dit, si le ballon arrive rapidement, l’exécution des contre-attaques est toujours un peu haché, les ailiers français étant parfois contraints d’abandonner l’action pour éviter de perdre la balle. C’est l’un des écueils de la formation française jusqu’à présent, avec encore 19 ballons perdus ce samedi (pour autant de passes décisives, un ratio de 1:1 loin d’être satisfaisant). Mais avec une adresse très correcte (26/52, 50% de réussite) et une forte présence au rebond (32 unités, jeu égal avec le Brésil), la France a dominé au contre (6 à 1, soient 3 pour Wemby, 2 pour Gobert et 1 pour Bilal Coulibaly) et tenu les brésiliens à 40% de réussite (23/57 dont 7/21 à trois points, 4/8 de la paire Huertas-Meindl).

    Un match pour se lancer

    Avec cette première victoire assurée, l’Équipe de France se présente ce mardi pour son second match face au Japon avec une moindre pression et un avantage de taille, puisque le plus grand joueur japonais n’est autre que l’américain Josh Hawkinson, un intérieur d’à peine 2,08m (auteur de 13 points, 11 rebonds et 2 passes décisives contre l’Allemagne en ouverture du tournoi samedi dernier). Un adversaire sur mesure pour la paire Wemby-Gobert, qui pourrait enfin installer son jeu intérieur. C’est le moment ou jamais. Une mise en jambes idéale avant le choc face à l’Allemagne, championne du monde en titre, ce vendredi, pour conclure la phase de poules. Et bien sur, l’occasion de monter en puissance avant la phase finale à Paris, où le podium se jouera en 5 jours maximum, du 6 au 10 août 2024 sur le parquet de l’Accor Arena à Bercy. Au lieu d’être condamnés à l’exploit face aux allemands, les Bleus pourront jouer la rencontre dans les meilleures conditions, avec l’objectif d’une victoire qui donnerait le ton pour le reste de la compétition – et surtout la première place du Groupe B. Un défi parfaitement stimulant pour un groupe talentueux et décidé à en découdre avec le reste du monde, Team USA en tête.

  • Quelles chances pour la France (H) aux JO de Paris 2024?

    Quelles chances pour la France (H) aux JO de Paris 2024?

    Après une préparation ambitieuse cet été, l’Équipe de France masculine de basket a six jours pour réussir son entrée en lice face au Brésil, une équipe surprise victorieuse haut la main du Tournoi de Qualification Olympique face à la Lettonie qui jouait à domicile. Un premier match piège, tout comme les 6 rencontres nécessaires pour remporter une médaille olympique. C’est simple, si la France veut briller sur son terrain lors de ces Olympiades, il faut jouer juste et gagner dès le début de la compétition. Plus d’hésitations, plus de trous d’air, une rotation serrée et des joueurs condamnés à l’exploit. Une petite chance de réussite, certes, mais également toutes les conditions réunies pour un possible désastre devant le public français. Bienvenue dans l’aventure délicate du tournoi olympique FIBA de Paris 2024, l’un des plus relevés de l’Histoire, dont la formule est clairement expéditive. Six victoires ou la honte.


    Que retenir de la préparation ?

    À la différence des éditions précédentes, à part la Turquie assez faible (qui s’est présentée à Rouen sans ses joueurs NBA), les Bleus ont rencontré le gratin du basket mondial lors de cette préparation devant un public français nombreux et enthousiaste (du 3 au 21 juillet 2024 dans plusieurs villes de France), mais également inquiet devant les performances contrastées de son équipe et les choix du staff technique pas toujours compris ou lisibles. Rappelons que les matches de préparation servent de laboratoire en conditions très proches du réel, ce qui permet d’essayer de nombreuses combinaisons sans pression, puisque le résultat des matches n’a aucun impact sur la compétition à venir. Bien entendu, et on l’a toujours dit, on préfère gagner ces matches et on ne se lance jamais dans un match avec l’objectif de le perdre (d’après Rudy Gobert). Mais on ne cherchera pas non plus à mettre toutes les chances de son côté si cela interfère avec les tests prévus et le développement de certains joueurs, notamment ceux qui sont promis à un temps de jeu réduit par la suite. On ne met donc pas en avant les cadres dont on connait déjà les capacités, on préfère tester les nouveaux et des configurations plus osées et fragiles que ce qu’on se permet en compétition officielle. On prend des risques, on se donne le droit à l’erreur, et surtout on évite de jouer les évidences – celles dont on abusera en compétition. C’est pourquoi on ne voit jamais un même joueur tenter plusieurs fois la même action – on ne joue pas spécialement sur Gobert à l’intérieur, ou sur Wemby au poste haut, pour profiter d’un vis-à-vis favorable et prendre un avantage au score, comme on le ferait en compétition. On fait tourner le ballon et on varie les séquences de jeu, on cherche des nouvelles solutions. Enfin, on cache son jeu; on essaie d’avancer sans trop donner aux adversaires directs et à ceux qui analysent les rencontres à distance trop d’indices sur la stratégie et les capacités de l’équipe en vue de la compétition. Vincent Collet l’a dit, face à l’Allemagne, il s’agit un peu de poker menteur en préparation, car on ne veut pas dévoiler toutes ses cartes et ainsi faciliter le travail du staff technique adverse. Et contre le Canada, rencontré à la fois en match officiel et en match d’entrainement dans la même semaine à Orléans, on a un peu transgressé ce principe, pour la bonne cause – nous aussi, nous avons pu en apprendre un peu plus sur l’adversaire et se tester dans des conditions intéressantes (seuls les canadiens et les français savent ce qui s’est passé dans cette rencontre à huis-clos, dont seulement quelques images ont fuité).

    L’Équipe de France avant le coup d’envoi à Montpellier, match de préparation contre l’Allemagne. © Gilles Vaudois – Clutchtime

    Une première phase éliminatoire à Lille

    Comme lors de la Coupe du Monde 2023, la phase de poules est réduite, la compétition démarre donc très fort et chaque match a son importance. Plus on gagne de rencontres, plus on maîtrise son destin. Si on commence à perdre des matches, le maintien en compétition devient contingent à la défaite des concurrents. Et de toutes façons, si on perd dès le début, c’est qu’on n’est pas vraiment en situation de viser une médaille, la difficulté augmentant avec les phases finales. Dans un groupe où ne figurent ni les Serbes, ni les Américains, ni les Canadiens, on est plutôt veinards. Des trois équipes que l’on va rencontrer, le Japon est traditionnellement le plus jouable, même si aucun match n’est jamais gagné à l’avance; l’Allemagne, que l’on rencontre en troisième, est championne du Monde en titre; et le Brésil, avec qui l’Équipe de France inaugure la compétition olympique, est une équipe dangereuse qui a brillamment gagné sa place pour ce tournoi olympique, éliminant au passage une équipe lettone qui nous avait battus en Coupe du Monde l’an dernier lors d’un match décisif pour les deux pays. C’est donc une équipe tout à fait capable de renverser le pays organisateur d’entrée de jeu, un adversaire à prendre très au sérieux.


    Un triomphe en trois actes… ou une sortie anticipée

    Une fois arrivées à Paris, les équipes qualifiées auront potentiellement trois matches à disputer pour tenter de décrocher l’or: un quart de finale le 6 août, une demi-finale le 8 août puis la finale (ou petite finale) le 10 août. Si elle parvient à se qualifier, et selon le tirage, la France peut retrouver des équipes rencontrées en préparation (Allemagne, Serbie, Canada ou Australie) ou des nouvelles (USA, Soudan du Sud, Grèce), mais toutes de très haut niveau. Par exemple, Team USA, le rival des Jeux de Tokyo (2020 joués en 2021), se présente avec un visage nouveau et beaucoup de questions. Ce sera donc une découverte pour les Bleus, qui ne les auront pas joués ni en préparation, ni en phase de poules à Lille. Pour mémoire, aux JO précédents, la France avait battu Team USA en phase de poule avant de s’incliner en finale. Mais c’était sans Lebron James, Anthony Davis et Stephen Curry.

    Rudy Gobert face à l’Allemagne en match de préparation à Montpellier. © Lenoir The-Agency FFBB

    Un match pour se révéler

    Lorsque l’Équipe de France entrera sur le terrain contre le Brésil dans le Stade Pierre Mauroy, elle devra montrer un tout autre visage que celui aperçu lors de la préparation. En compétition, la rotation sera réduite, les cadres seront activés pour de bon, ils devront prendre leurs responsabilités et être impactants dès le début de la rencontre. On attend donc beaucoup du cinq majeur, et pas seulement de Victor Wembanyama, mais avant tout d’Evan Fournier, le meilleur attaquant français sur le papier qui rêve de triompher en Bleu depuis toujours, et encore plus depuis ses déboires avec les Knicks de New York; Rudy Gobert, qui a confirmé cette saison avec Minnesota, et doit absolument s’imposer dans la raquette FIBA; Nicolas Batum, l’homme en forme qui a su rebondir après son échange à Philadelphie en début de saison. Ce cinq majeur risque de jouer de longues minutes. Il faudra donc éviter les fautes et les pertes de balles, être efficace dès le premier quart-temps en attaque et intraitable en défense sur l’ensemble du match. Si l’Équipe de France joue son jeu, elle peut battre n’importe qui. En revanche, si elle se met à douter, se permet des trous d’air en attaque, ne parvient pas à alterner intérieur et extérieur, se laisse repousser physiquement et abuse du tir à trois points, la compétition sera courte pour les Bleus. Selon les termes du coach Vincent Collet, on aura peut-être une opportunité de gagner – malgré l’écrasante domination des États-Unis en compétition internationale, malgré le niveau de la concurrence (Serbie, Canada, Allemagne…). Reste à savoir si l’Équipe aujourd’hui réunie (pas les non-sélectionnés que tout le monde réclame, pas les naturalisables qui ont finalement fait défaut ou été recalés comme Mike James, pas les expatriés non-sélectionnables comme Thomas Heurtel) saura saisir cette chance. Objectif? L’or, évidemment…

  • Les Wolves au pied du mur… encore ?

    Les Wolves au pied du mur… encore ?

    C’est déjà la deuxième série de playoffs de suite où les Minnesota Timberwolves sont menés cette année. Dallas mène par 2 victoires à 0, mais Denver avait également pris un ascendant très inquiétant (3-2) lors du tour précédent. La meute s’en est finalement sortie et a remporté la série contre les pépites avec deux victoires de suite (4-3). Reine du rebond, l’équipée sauvage de Rudy Gobert aura besoin d’un Karl-Anthony Towns des grands jours et d’un Anthony Edwards à la hauteur de sa réputation. En effet, les deux vedettes du club n’ont pas encore donné leur pleine mesure. Un beau match en perspective dans une finale de conférence ouest excitante, alors que Boston domine sa finale à l’est (3-0 contre Indiana). Un ticket pour la finale NBA est en jeu. Et malgré un avantage sérieux, rien n’est encore gagné pour les Dallas Mavericks du slovène Luka Dončić.

    Deux défaites… par un total de 4 points seulement

    La bonne nouvelle, c’est que malgré un bilan défavorable, c’est le moins pire des scénarios possibles pour les Wolves. En effet, les Mavericks n’ont gagné que de 3 points lors du premier match et d’un point le second, sur un exploit de Dončić (le stepback three sur la tête de Rudy Gobert, qui a servi de ligne de mire) et surtout, juste après une balle perdue fatale d’Anthony Edwards. Les Wolves avaient les clés du match et pourraient bien les garder pendant toute la série. Dallas doit donc sortir le grand jeu pour le premier match de la série à domicile et porter l’estocade avec une victoire sans appel, pour affirmer sa domination et prendre un avantage décisif (3-0), sous peine de voir l’adversaire amorcer une remontée fantastique. Les Wolves, auteurs de 6 victoires de suite pour démarrer les playoffs (4 contre Phœnix pour le sweep puis 2 contre Denver), ont le goût des séries.

    L’énigme Irving

    Auteur de 30 points lors du premier match (le duo Irving-Dončić à 30+ chacun pour un total de 63 points) puis plus discret dans le second match avec 20 points dont 13 en 4ème quart-temps (4/5 à trois points, 3 passes décisives mais seulement 1/4 aux lancers-francs) et une première mi-temps timide à 5 points, Kyrie Irving aura son mot à dire dans le troisième match. Alors que Luka Dončić souffre et sera probablement fatigué après deux performances extraordinaires (33 points, 6 rebonds et 8 passes dans le premier match puis un triple double avec 32 points, 10 rebonds et 13 passes décisives dans le game 2), c’est sur les épaules du prodige australien que va reposer le sort des Mavericks dans un match capital. Il faut donc s’attendre à voir un Kyrie Irving plus offensif, avec toujours la relation directe avec les intérieurs Daniel Gafford et Dereck Lively qui ouvre des perspectives.

    KAT et Edwards attendus en urgence

    Toujours au bon endroit au bon moment, KAT a été décisif toute la saison et s’entend à merveille avec Rudy Gobert, qu’il complète parfaitement en attaque et supplée idéalement en défense (notamment une prestation déterminante sur Nikola Jokic au tour précédent). Mais pour l’instant, le géant des Wolves plafonne à 31 points en deux matches (16 points et 15 points à 6/20 et 4/16 aux tirs dont un total de 3/14 à trois points). S’il avait atteint ne serait-ce que la moyenne aux shoots, il n’y avait même pas de match, les Mavs étaient pliés. Il a fallu un Naz Reid exceptionnel jusque-là pour rester dans le match (15 points à 5/9 aux shoots dont 3/6 à 3 points puis 23 points à 8/13 aux shoots dont 6/9 à 3 points), on ne peut pas s’attendre à ce qu’il apporte autant pendant toute la série. Il va donc falloir contribuer. C’est là aussi qu’on attend au tournant le franchise player jordanesque du club. S’il tourne à 20 points de moyenne (19 puis 21) et 7.5 passes décisives et a frôlé le triple-double dans la première rencontre (19 points, 11 rebonds et 8 passes), Anthony Edwards devra encore élever son niveau de jeu et surtout stabiliser son adresse (6/16 puis 5/17 aux tirs) pour que les Wolves existent enfin dans cette série. Et si les planètes pouvaient s’aligner enfin, on pourrait également compter sur Jaden McDaniels, tantôt excellent (meilleur marqueur du premier match avec 24 points à 9/15 aux tirs dont 6/9 à trois points), tantôt inexistant (2 points à 1/6 en 36 minutes lors du second match).

    Les clés de la série pour Minnesota

    Avec une rotation à 8 joueurs, les Wolves doivent sortir un match sans mauvaise surprise pour gagner un premier match dans cette série et reprendre du terrain à Dallas. Ils ont déjà usé toutes leurs mauvaises cartouches. En effet, à 0-3, la série serait sans doute pliée, mais à 1-2, tout serait encore possible. Les hommes de Chris Finch ont tout pour réussir, il suffit simplement de persévérer et de laisser la loi des statistiques s’appliquer. KAT et Edwards n’ont pas dit leur dernier mot, Rudy Gobert tient presque la baraque avec ses qualités exceptionnelles et son mental à toute épreuve, les fondamentaux sont plutôt bons dans l’ensemble malgré les problèmes évoqués – des performances individuelles assez catastrophiques dans des défaites ultra-courtes. La situation est grave, mais loin d’être désespérée. Aux Wolves de montrer de quel bois ils se chauffent. Un match à la fois (à la foi?).

  • L’énigme Wembanyama

    L’énigme Wembanyama

    Numéro un de la draft NBA 2023, possible rookie de l’année, sauveur des Spurs, Victor Wembanyama est bien arrivé dans le championnat nord-américain de basketball. C’est un fait. Ce qui n’était pas prévue, en revanche, c’est qu’il progresse autant et s’affirme déjà comme l’un des meilleurs défenseurs de la ligue, tout en marquant plus de 20 points par rencontre en moyenne. On ne lui en demandait pas tant. Cela ne devait pas arriver. Le rookie vedette de San Antonio et joueur emblématique de l’Équipe de France en route pour les Jeux Olympiques déjoue tous les pronostics. Pourquoi?

    Un physique unique

    Dans l’espace aérien de la raquette, autour du cercle, en attaque comme en défense, les proportions uniques, la condition physique et le sens du placement de Victor Wembanyama réduisent inévitablement les espaces d’expression, les points de passage du ballon. Son envergure, sa rapidité, ses réflexes, rendent la vie impossible à toute la ligue. On pensait que les attaquants présentés comme les plus aguerris de la planète allaient s’adapter, trouver la faille, mettre à genoux le rookie censé découvrir ce niveau de compétition réputé relevé. Aucun joueur NBA n’a vocation à se faire contrer par le géant français. Ses performances ahurissantes en défense auraient dû se tasser au fil de la saison, quand les équipes rencontrent les Spurs pour la deuxième fois, la troisième fois. Et pourtant, contre toute attente, l’araignée continue à prendre dans sa toile autant de ballons que d’habitude, à un rythme haletant, totalement inattendu (3.4 contres par match, premier de la NBA, un contre de plus en moyenne que le deuxième au classement, Anthony Davis avec 2.4). En 65 matches, Wemby affiche un total de 223 contres, loin devant Chet Holmgren avec 175 unités en 73 rencontres, et 80 de plus que Rudy Gobert, #6 au classement avec 143 contres, soit une moyenne de 2.1 unités par match, retour à la normale pour le pivot français du Minnesota qui était tombé à 1.4 contres par match l’an dernier). Pour mémoire, lors de sa dernière campagne de Défenseur de l’année en NBA (DPOY), Rudy Gobert pointait à 2.7 contres par match, son plus haut rendement en carrière sur une saison (71 matches avec Utah en 2020-21, année où il fut également élu all-star pour la troisième année consécutive). Victor Wembanyama est largement au-dessus dès sa première saison NBA (+0.7 unités en moyenne et +33 au total en 65 matches – 223 vs 190). Wemby a déjà battu le record en carrière de Rudy Gobert en nombre total de contres sur une saison (214 en 81 matches lors de la saison 2016-17 avec Utah) avec 9 contres d’avance et encore 8 matches à jouer.

    En progression constante

    À chaque étape, Victor Wembanyama évite les pièges. Rookie wall? Pas de problème – aucune baisse de régime constatée. Fautes stupides et problèmes en défense? Jamais. Temps de jeu limité suite à une blessure? Rendement constant malgré tout. Wemby n’a rien d’un joueur européen, encore moins d’un grand gabarit classique, qui d’habitude ont du mal à s’adapter à la vitesse du championnat NBA et sont légers en défense. Dès son arrivée en NBA, le rookie des Spurs a allongé son impressionnante stature pour aller chercher les shoots extérieurs des stars comme Kyrie Irving et Kevin Durant, imposant son sens de la dissuasion sur l’ensemble du terrain. Il opère à la fois en hauteur et au sol, avec des déplacements rapides, vifs, il va aussi vite que le ballon, ce qui lui permet de couvrir chaque menace en contestant vraiment le tir, puis de se replacer dès que la balle bouge et de la suivre. Il est présent et réellement impliqué en défense, pas juste pour faire de la figuration. Et curieusement, au lieu de l’éviter et de renoncer à tenter de marquer sur lui, les joueurs NBA continuent de le défier et de se faire contrer. Au lieu de baisser, ses statistiques défensives augmentent au fil de la saison. Il continue à donc à progresser, à attraper les attaquants les plus talentueux de la planète, avec des matches à 7 contres de plus en plus fréquents (à Houston pour son 56ème match le 5 mars et en recevant Brooklyn, son 60ème le 17 mars). Sept contres !!! Pour mémoire, il avait déjà réalisé 8 contres face à Memphis lors de son 13ème match de la saison le 18 novembre 2023, ce n’était pas un hasard, ni un épiphénomène, comme on pouvait le penser à l’époque, c’est en train de devenir sa norme.


    Des statistiques trompeuses?

    Si Victor Wembanyama éclabousse le championnat nord-américain par son talent et se présente en tête des classements statistiques, il faut quand même rappeler qu’il a joué pendant deux mois sous cloche, avec un temps de jeu limité par le banc des Spurs, en guise de précaution médicale, et a même raté quelques matches (9 sur les 74 de son équipe pendant lesquels il n’a donc pas pu travailler comme il le souhaite), notamment les fameux back-to-back. Malgré ce handicap, le rookie des Spurs domine largement la ligue au classement des contres aussi bien en moyenne qu’en total. Et dès lors qu’il passe les 30 minutes et les 20 shoots dans un match, c’est un tout autre joueur. Le 17 mars, dans la victoire contre Brooklyn (122-115), Wemby a marqué 33 points en 36 minutes (14/26 aux shoots, dont 1/7 à trois points, 15 rebonds, 7 passes décisives et 7 contres pour une seule faute). Le 29 mars, dans la victoire contre New York (130-126), le rookie a marqué 40 points en presque 38 minutes (13/22 aux shoots dont 4/9 à trois points, 20 rebonds, 7 passes décisives et 2 interceptions). Et dans l’intervalle, dans une courte défaite contre Memphis (97-99), il a marqué 31 points en 33 minutes, avec une réussite en berne (11/24) et une certaine boulimie à trois points (3/12 seulement), un petit 6/10 aux lancers-francs et 7 balles perdues, avec bien entendu du positif (16 rebonds, 5 passes décisives, 3 contres et deux interceptions). Victor Wembanyama démontre à chaque sortie que son potentiel est illimité au sens strict du terme. Il explose dans tous les sens, en attaque comme en défense, défiant toute logique ou mesure. Le spectacle ne fait que commencer.

  • Il faut sauver le soldat Gobert

    Il faut sauver le soldat Gobert

    Comment l’Équipe de France masculine de basket peut-elle perdre un match après avoir réussi 10 tirs sur 14 à 3 points en première mi-temps? Un match somptueux, une adresse phénoménale des deux côtés (les Lettons ont réussi 9 tirs sur 18 à trois points en première période) et seulement deux points d’écart à l’arrivée (86-88). Comme la France, la Lettonie risquait l’élimination si elle perdait. Il a donc suffi d’un rien pour changer la destinée des deux pays, une victoire historique pour les Lettons et un échec dramatique pour les Français. Que s’est-il passé?


    Le déséquilibre extérieur-intérieur

    Privés de notre troisième pivot (Vincent Poirier venu dépanner puis aussitôt reparti) et avec notre deuxième grand en berne (Moustapha Fall, pivot remplaçant de 2.18m, n’a joué que 5 petites minutes sans peser sur le match), c’est sur les épaules de Rudy Gobert (pivot, 2.16m), Mathias Lessort (ailier, 2.06m) et Guerschon Yabusele (ailier fort, 2.04m) que reposait notre secteur intérieur lors du match couperet contre la Lettonie dimanche 27 août 2023. Très mobile et demandeur de ballons en sortie de pick & roll (l’action qui démarre notre attaque le plus souvent), souvent présent dans la raquette et même sous le panier adverse avec les bras levés, Rudy Gobert aura passé son temps à attendre un ballon qui n’est que très rarement venu. Sylvain Francisco a réussi à trouver le pivot titulaire français sous le cercle letton pour un trop rare dunk. Du haut de ses 2.16m, le pivot du Minnesota propose des solutions rares du fait de sa condition physique hors-normes, qui semblent passer au-dessus des adversaires (qui le laissent circuler librement et parfois l’oublient totalement) mais également, et c’est plus inquiétant, de ses propres coéquipiers. Il fait inlassablement les bons déplacements et des appels de balle clairs, mais soit le porteur de ballon ne le voit pas, soit il l’ignore sciemment. Un sort incompréhensible pour un joueur qui a maintes fois sauvé l’Équipe de France par son activité et son efficacité au plus près du cercle lors des compétitions internationales (à Tokyo pour les JO de 2020 joués en 2021, à Berlin pour l’Eurobasket 2022).

    Depuis le début de la préparation à Montpellier (contre le Montenegro de Sasha Vucevic), le pivot titulaire français s’emploie à venir poser un écran sur le porteur de ballon derrière la ligne à trois points et à repartir aussi vite vers le panier, les bras systématiquement levés, passant d’abord au poste haut au niveau de la ligne des lancers-francs, puis traversant la raquette pour aller se poster aux abords du panier, le regard toujours vers le ballon, prêt à recevoir une passe et à marquer, le plus souvent sans opposition. En effet, la défense tend à se concentrer sur le porteur de balle, danger immédiat, et le pivot français sans ballon bénéficie régulièrement d’un relâchement temporaire de la défense, laissant son vis-à-vis dans le vent en tête de raquette et rencontrant même assez peu d’opposition sous le panier. Si le porteur de ballon trouve une solution de son côté, soit un tir à trois points ouvert, soit un coéquipier démarqué qui peut enchaîner un mouvement, pourquoi pas. Mais ce que propose Gobert à cet instant précis est redoutable: un panier facile, dès lors qu’il reçoit le ballon en mouvement vers le cercle ou installé à proximité du panier adverse, en transmettant le ballon rapidement par-dessus la défense. D’où la notion de « pont aérien ». Mais cela demande une coordination très précise.

    Le meilleur pivot FIBA / NBA au monde en exercice

    Rudy Gobert, c’est une surprise, un choc, un pont aérien qui prend de vitesse l’adversaire en exploitant parfaitement son avantage de taille et de puissance, quand tout s’enchaîne bien. C’est son atout majeur, cet incroyable physique à la fois athlétique, endurant et puissant, construit d’année en année, qui lui permet de rester en mouvement constant pendant tout le match. Pourquoi gâcher de telles ressources ?

    Si la France veut décrocher l’or à Paris aux JO de 2024, Rudy Gobert doit assurer 15-20 points par match. Et donc, recevoir le ballon régulièrement pour y parvenir.

    Avoir un tel atout à l’intérieur n’empêche aucunement de briller à l’extérieur. En première mi-temps, évidemment, avec 10 tirs à trois points réussis sur 14, on ne peut contester les choix des artilleurs français, en état de grâce. Mais dès lors que l’adresse s’enraye (4/12 à 3 points en deuxième mi-temps pour les français) et que la défense réagit en pressant encore davantage les extérieurs, c’était l’occasion de capitaliser sur le secteur intérieur. Malheureusement, les habitudes n’ayant pas été prises au préalable, en période de stress, avec un adversaire particulièrement remonté et jusqu’à la dernière seconde du match, les joueurs n’ont pas bénéficié des automatismes qui auraient permis d’inverser la tendance et peut-être de l’emporter. Au lieu de trouver Gobert démarqué sous le cercle dans les cinq dernières secondes pour arracher la prolongation, l’Équipe de France a une nouvelle fois joué sa qualification sur une ultime tentative à 3 points. Bien entendu, si le tir était réussi, c’était l’exploit, la victoire et les félicitations. Mais comme ce n’est pas passé, on peut regretter que Rudy Gobert, ayant passé toute la seconde mi-temps démarqué sans pratiquement jamais recevoir le ballon, a été une nouvelle fois totalement ignoré alors qu’il était littéralement sous le cercle adverse, sans opposition, quand le ballon a quitté les mains de Fournier en direction de Francisco. Il était pourtant au bon endroit, au bon moment.

    L’énigme Gobert pas si complexe

    Rudy Gobert ne dispose pas d’une palette offensive des plus variées, d’aucuns faisant régulièrement la liste des armes qui manquent à son arsenal (verre à moitié vide). On ne lui demande pas de devenir Pat Ewing ou Hakeem Olajuwon du jour au lendemain. Mais c’est un pivot très mobile et dynamique qui marque ses lancers-francs, dont on peut parfaitement utiliser les qualités (verre à moitié plein). Et on ne peut se satisfaire d’un poste 5 à si haut rendement (plus de 60% de réussite aux tirs) sous-utilisé faute de recevoir le ballon où il faut et quand il faut (1 seul tir tenté en 26 minutes, 7/8 aux lancers-francs). Ne serait-ce que pour obliger l’adversaire à défendre sur lui pour libérer un peu plus nos extérieurs.

    Pivot titulaire de l’Équipe de France, Rudy Gobert n’a pu tenter qu’un seul tir dans le match fatal contre la Lettonie. En 26 minutes. Un dunk sur passe décisive.

    Comme le ballon ne venait jamais à l’intérieur, la défense lettone a mis le paquet sur les shooteurs français et annihilé tout espoir. En tous cas, juste assez pour revenir au score et finalement, l’emporter. En oubliant ou refusant de donner le ballon à l’intérieur, nos extérieurs pensent peut-être s’être créé plus d’opportunités, mais ils se sont en fait compliqué la tâche considérablement. Dans une compétition aussi relevée dès le coup d’envoi, il n’y a aucune place à l’hésitation ou à l’approximation. Le ballon doit circuler très vite, les pivots français doivent être utilisés à bon escient.

    De Gobzilla à Gobmamba

    Est-ce que Rudy Gobert sera prêt? Est-ce que le héros des JO de Tokyo (2020) a vraiment conscience de son pouvoir gigantesque et des responsabilités qui vont avec? Est-il prêt à recevoir le ballon où il veut, mais aussi là où les adversaires des Bleus en FIBA et des Minnesota Timberwolves en NBA l’obligeront à aller? Quand les défenses se resserrent, aura-t-il la réponse? Le pivot français doit être fiable à 110%. Fini Gobzilla, le pivot qu’on oublie sous le cercle avec les bras levés; bienvenue à Gobmamba, le pivot indispensable à toute équipe qui vise les sommets. Le géant agile qui marque systématiquement, rapidement, qui prend tous les rebonds, qui défend comme une brute, qui ne perd pas le ballon en spin-moves improbables et qui ne se présente plus sous le cercle avec un move faible, qui se laisse bousculer par l’adversaire. Et c’est un pivot qui shoote. S’il est capable de marquer à trois points à l’entrainement, pourquoi ne tente-t-il pas sa chance sur le pick and roll, après avoir posé son écran, dès lors qu’il reçoit le ballon au niveau de la ligne des lancers-francs, au lieu de partir systématiquement en dribble? Rudy Gobert n’a plus de temps à perdre, tout doit se mettre en place cette année, avec les Timberwolves puis avec les Bleus aux JO de Paris 2024. Ses objectifs? Un titre de champion NBA et une médaille d’or olympique à Paris.

  • Rudy Gobert, l’anti-héros des Bleus

    Rudy Gobert, l’anti-héros des Bleus

    Pivot all-star des Timberwolves du Minnesota, trois fois élu meilleur défenseur de la NBA en 9 saisons avec le Jazz de l’Utah qu’il a emmené en playoffs chaque année, Rudy Gobert est l’un des sportifs français les mieux payés au monde. Mais attention, en Équipe de France comme aux États-Unis, il n’a qu’un objectif, la victoire. Un atout majeur qui sait se faire étonnamment discret.


    Tout pour lui? Pas vraiment…

    Avec son CV, Rudy Gobert pourrait débarquer en équipe de France chaque été (et désormais pendant les fenêtres internationales qui ponctuent l’année très chargée des basketteurs) avec un appétit gargantuesque. Tout pourrait être organisé pour lui garantir des performances individuelles en rapport avec son statut de star américaine. On verrait Rudy recevoir le ballon à l’intérieur au minimum 20 fois par match en isolation sur un côté pendant que le reste de l’équipe attire la défense à l’opposé, le temps de se frayer un chemin vers le cercle. Il l’a fait contre Kevin Durant aux derniers JO, contre Doncic et tous les pivots internationaux lors de cet Euro, il n’a peur de personne. Il pourrait facilement dominer les raquettes européennes et aligner des statistiques de star américaine, dès les matches de préparation. Dans quel but? Confirmer son statut individuel? Faire parler de lui? Décrocher la une de L’Équipe? Pendant que le reste du groupe le regarde? Ce n’est pas du tout l’esprit.

    Rudy Gobert contre la Turquie à l’Eurobasket 2022. Crédits photos: ©FIBA 2022

    Une superstar du collectif

    Non seulement Rudy Gobert n’a aucune exigence vis-à-vis du staff français, il joue systématiquement collectif, à en oublier totalement son statut individuel. Un pivot sans ego. Pratiquement jamais le ballon ne reste dans ses mains. Il circule. On le voit ainsi recevoir le ballon au poste bas, face au pivot adverse, parfois démarrer un dribble, jouer son vis-à-vis en un-contre-un. Mais pendant ce temps-là, les ailiers français s’activent, et le premier qui coupe vers le panier recevra le ballon. Rudy Gobert n’a pas le temps de faire un move qu’il voit déjà le coéquipier traverser la raquette et lui sert une passe impeccable, dans le bon timing. C’est sa qualité de passe qui fait toute la différence. Moins de points, une position pas optimale au rebond, mais un ballon qui circule librement et un collectif qui fonctionne. Un naturel de champion. Du coup, ses statistiques individuelles sur le tournoi peuvent paraître moyennes, car ce n’est pas sa priorité. Il ne cherche pas à être le meilleur marqueur de l’équipe, il laisse bien volontiers la place à Fall et Poirier, qui ont le temps de trouver leur rythme et d’avoir un réel impact, avec la confiance d’un titulaire pas pressé de revenir sur le parquet. Chacun trouve sa place, et si les autres marchent bien, Rudy se contente de 7 points et d’une victoire.

    Le trade

    Cet été, Rudy Gobert, roi de la raquette incontesté dans l’Utah depuis ses débuts, se retrouve en binôme avec une superstar locale, Karl-Anthony Towns. Un grand gabarit avec qui il devrait naturellement s’entendre, puisque KAT aime se placer à l’extérieur en attaque et pourra désormais s’appuyer totalement sur un poids lourds dans la raquette. En duo, les deux grands vont poser un sérieux problème de mismatch à toutes les équipes de la ligue américaine, à la fois par la taille, leur volume au rebond et leur vivacité en attaque. Rudy Gobert est toujours prêt à recevoir la balle près du panier, pour un alley-oop, un move rapide ou une passe aux ailiers qui coupent, avec désormais la possibilité de ressortir à 3 points pour Towns. Quand on voit comment fonctionne la relation Gobert-Poirier en Équipe de France, on se dit qu’avec un monstre comme KAT, Gobert va vivre ses meilleures saisons en NBA. Enfin un grand qui le comprendra et ne l’oubliera pas. Si le staff des Timberwolves est au point et conscient du potentiel de Rudy Gobert, la saison pourrait être grandiose pour les joueurs et le club, qui a au minimum une base ultra-solide.

    Rudy Gobert contre l’Italie à l’Eurobasket 2022. Crédits photos: ©FIBA 2022

    L’option Embiid

    Si l’Équipe de France reçoit un jour la candidature très attendue de Joel Embiid, la place est prête. L’effectif français compte actuellement 3 pivots très complémentaires (Gobert, Poirier et Fall), avec chacun un style différent, qui assurent une continuité pendant tous les matches. Mais c’est bien Rudy Gobert qui se détache lors des phases finales de cet Euro et qui a porté l’équipe lors des derniers JO à Tokyo. Et malgré tout, force est de reconnaître qu’un joueur comme Joel Embiid apporterait une dimension supplémentaire à l’intérieur.

    Plus haut, plus fort, plus gourmand, Embiid changerait nécessairement la direction de l’attaque, obligeant toute l’équipe à approvisionner plus régulièrement le pivot sans attendre forcément une passe en retour. Ce que Gobert n’a jamais prétendu faire, accaparer le ballon, deviendrait une priorité. Un point de fixation à haut rendement, voire de domination, qui réduirait dans un premier temps les possibilités à l’extérieur, mais obligerait aussi la défense adverse à respecter le secteur intérieur français et à s’y opposer davantage, ouvrant à terme des espaces plus importants aux ailes. Plus de points dans la raquette, plus de rebonds, une attaque plus efficace, avec un rendement minimum garanti à chaque match. Un véritable choc culturel qui pourrait installer la France au sommet du basket européen, et même mondial, pendant 10 ans.

    Une superstar timide mais clutch

    La sélection française est arrivée en demi-finale de l’EuroBasket 2022 au prix de matches intenses et très disputés. Dans les moments importants, c’est bien Rudy Gobert qui a fait la différence avec des rebonds offensifs cruciaux et de paniers salvateurs, parfois au milieu de trois défenseurs adverses. Tout naturellement, son rendement est en augmentation à mesure que le niveau monte (20 points et 17 rebonds en 30 minutes en huitième de finale contre la Turquie puis 19 points et 14 rebonds en 34 minutes en quart de finale contre l’Italie, le tout à 15/22 aux shoots, 68% de réussite, 4 passes décisives pour 7 balles perdues). Un joueur capable du meilleur comme du pire (6 balles perdues face à la Bosnie-Herzégovine qui avait parfaitement ciblé sa prise à deux et neutralisé ses moves ballon en main), qui peut être gêné par les fautes, notamment celles provoquées par des adversaires coquins abusant les arbitres, selon la méthode espagnole bien rodée (on a vu des joueurs se jeter sur Gobert, rebondir, tomber au sol façon football, et obtenir une faute offensive). Cible de critiques de toutes parts (notamment la sortie inattendue de Tracy McGrady dans le podcast de Gilbert Arenas) qui peinent à reconnaître le travail accompli, en veulent toujours plus, le pivot français trace calmement sa route et vise l’or à cet EuroBasket et au Jeux Olympiques de Paris en 2024.

  • NBA Frenchies #12 – TOP 3 Français de l’année en NBA

    NBA Frenchies #12 – TOP 3 Français de l’année en NBA

    NBA Frenchies #12 – TOP 3 Français de l’année en NBA

    NBA Frenchies ! Une émission ClutchTime animée par Simon et Tedesco.

    Simon et Tedesco se retrouvent pour aborder l’actualité des français en NBA. Cette semaine, ils ont préparé une sélection personnelle des 3 meilleurs joueurs français de la saison 2019-2020, malheureusement interrompue. Et il y a débat !

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  • NBA French Connection Review #1 : Les Tauliers

    NBA French Connection Review #1 : Les Tauliers

    Après plusieurs semaines sans NBA, et alors que les chances de voir la saison se terminer s’amenuisent, ClutchTime dresse les bilans de nos petits français expatriés aux États-Unis avec leur lot de satisfactions, de promesses, d’interrogations et de déceptions durant cette saison 2019-2020.


    Nicolas Batum (SF) – Charlotte Hornets

    22 matchs – 23mn : 3.6 points (34.6% FG, 28.6% 3pts), 4.5 rebonds, 3 passes, 0.8 interceptions, 0.4 contres (-2.2)

    source : Twitter

    Capitaine des bleus médaillés de bronze en Chine en septembre dernier, après avoir sorti un dernier match solide face aux Australiens, le Hornet s’apprêtait à vivre une saison loin d’être aussi dorée qu’en équipe de France. La franchise ayant choisi de donner la priorité au développement de ses jeunes après le départ de Kemba Walker, le français, qui entame sa 4ème saison à Buzz City, se voyait déjà comme le sacrifié du roster, au même titre que ses coéquipiers vétérans M. Williams, B. Biyombo et MKG. À presque 31 ans, et alors qu’il dispose encore d’un très gros chèque en option pour la saison 2020-21, Batum ne s’imaginait pourtant pas vivre une saison aussi loin de ses standards.

    Blessé à la main gauche dès la première rencontre face aux Bulls, le français va vite tomber dans la spirale négative des pépins physiques. Malgré un retour sur les parquets en novembre, le trentenaire est devenu un remplaçant plus que quelconque dans l’effectif de James Borrego et n’est plus que l’ombre du joueur qu’il était il y a encore quelques années. Titulaire à trois reprises seulement, l’éclaircie sera finalement venue lors du match à Paris entre les Bucks et les Hornets, date depuis laquelle le français est porté disparu en NBA. Son coach ne compte plus vraiment sur lui cette année et pour les saisons à venir sûrement, d’autant que la blessure qu’il se traîne depuis des mois n’a rien arrangé à cette situation.

    Dans sa dernière année de contrat avec Charlotte, le français peut choisir d’activer (ou pas) son année en option la saison prochaine, un joli chèque à hauteur de 25 millions de dollars qui fait forcément grincer les dents des supporters et dirigeants, qui aimeraient pouvoir se séparer au plus vite du français qui ne s’inscrit déjà plus dans les plans de reconstruction de la franchise, depuis relégué derrière le jeune P.J. Washington et les frères Martin. Une situation clairement dans l’impasse d’autant que les prestations catastrophiques du joueur ne sont pas de nature à rassurer les autres franchises au moment de racheter sa dernière année de contrat auprès des Hornets, même si le joueur réfute toute idée de départ pour l’heure.

    La Stat du joueur : 3.5

    Comme la moyenne de points par match du joueur cette saison, le français est tout simplement le pire scoreur de la ligue si on tient compte d’un temps de jeu de 20 minutes par match et de 10 rencontres disputées cette saison en moyenne, Batum se situe notamment derrière Kenrich Williams de NOLA, Terrance Ferguson d’OKC et Al-Farouq Aminu d’Orlando, idem si on rapporte le chiffre sur 36 minutes, le français est toujours bon dernier.

    La Décla’ du joueur

    « Je m’excuse auprès de tous les gens ici (à Charlotte) parce qu’ils ont cru en moi et que ça ne s’est pas bien passé. Ça n’a pas fonctionné. Je n’ai pas répondu aux attentes ces deux ou trois dernières années. Je comprends ça, je le sais. J’aurais pu faire mieux, évidemment, et je le regrette […] C’est sans doute la première fois que ceux qui doutent de moi ont raison. Au bout de quinze ans ».

    Nicolas Batum lors d’une interview donné au journaliste du Charlotte Observer, Scott Fowler, début mars

    Déclaration sans faux-semblants du joueur normand, qui a très peu joué cette année et dont la moyenne de points a chuté cette saison. Une situation pas prête de s’arranger pour le vétéran puisque son entraîneur et sa direction semblent décidés à faire le ménage dans le roster si ce dernier n’est pas prêt à faire évoluer drastiquement son jeu pour retrouver une place.

    L’action highlight – NBA Paris 2020

    Il ne s’agit pas à proprement parler d’une action de jeu, mais bien de l’évènement que tout le monde attendait cette année en France ; la rencontre entre les Milwaukee Bucks et les Charlotte Hornets à l’Accor Hotel Arena de Paris, organisé à l’occasion du NBA Paris Game 2020. Il s’agit surtout du dernier match de la saison régulière de Nicolas Batum qui terminera la rencontre discrètement avec 5 points (1/8), 5 passes et 6 rebonds, mais qui aura eu l’immense honneur de pouvoir jouer avec sa franchise devant le public français.

    La Performance de la saison

    13 points, 6 rebonds, 2 contres et 1 passes

    Cette ligne de stats, c’est celle du français après la victoire des siens face aux Pistons de Detroit le 27 novembre dernier. Dans un rôle de remplaçant, le français va dépasser la barre des dix unités pour la seule fois de la saison, sa meilleure performance à coup sûr puisqu’elle aura au moins permis aux Hornets de l’emporter d’un point (102-101), l’ailier se montrant agressif en première mi-temps, avant de redevenir très discret en deuxième mi-temps.


    Evan Fournier (SG) – Orlando Magic

    61 matchs – 31.7mn : 18.8 points (47% FG, 40.6% 3pts), 2.6 rebonds, 3.2 passes, 1.1 interceptions, 0.2 contres (+2.0)

    source : Reuters

    Fraîchement auréolé d’une médaille de bronze avec l’équipe de France en Chine et d’une place dans le Cinq majeur de la Coupe du Monde, l’arrière français entamait donc une saison 2019-20 sur la meilleure dynamique possible. Son superbe mondial (19.8 points par rencontre) allait permettre au Magic de passer un cap en saison régulière, mais surtout en playoffs après l’élimination au 1er tour l’année dernière face aux Raptors. Obsédé par les victoires, lui qui avait énormément progressé dans le playmaking et sur son adresse dans les moments chauds, Evan avait néanmoins fait son mea culpa en reconnaissant volontiers une baisse de régime au scoring.

    Du coup pour cette saison notre Vavane s’est montré déterminé à passer un cap. Bien plus tranchant à la marque, notamment en l’absence du pivot monténégrin Vucevic, l’arrière du Magic s’impose comme un des leaders de sa franchise. Même si les résultats d’Orlando ne sont pas en progrès par rapport à la saison dernière, Evan nous a gratifié de quelques cartons offensifs bien coquets et surtout d’une réelle prise de responsabilité dans les moments clutch cette saison. Son entente naissante avec le jeune Markelle Fultz est également prometteuse et même si le français ne pouvait pas prétendre à une place de All-Star, il est évident que son niveau de jeu le rend indispensable aux yeux de son entraîneur Steve Clifford.

    Blessé malheureusement au coude début mars, le français a du manqué les derniers matchs de saison régulière de son équipe, sans dommages puisque le Magic a gagné ses trois derniers matchs avant la suspension de la saison. Dans sa dernière année de contrat le natif du Val-de-Marne peut devenir agent libre la saison prochaine s’il le souhaite et sa saison devrait lui donner suffisamment d’argument dans la balance au moment de négocier une extension ou bien en quittant la Floride pour une franchise qui s’enticherai de l’arrière français, si toutefois il décide de ne pas d’activer sa player option afin de rester une année de plus et se mettre encore plus en évidence sous le maillot floridien.

    La Stat du joueur: 814

    Comme le nombres de tirs à trois points inscrits sous le maillot du Magic. 4ème meilleur marqueur de l’histoire du Magic derrière la ligne, Evan a notamment effacé la marque du turc Hedo Turkoglu (794) et se trouve désormais à moins de 170 tirs primés de Dennis Scott (981). Fournier est par ailleurs l’actuel 10ème meilleur marqueur (6466 points) et passeurs (1189) de la franchise, devancé notamment par son coéquipier monténégrin, Nikola Vucevic.

    La Décla’ du joueur

    Sincèrement ? Je m’en tape (être All-Star)… Franchement, je joue bien, mais tu sais j’ai lu une citation de Brad Stevens qui disait qu’évoluer à un niveau de All-Star c’était beaucoup plus important que d’en être un à tout prix, et j’ai trouvé cette phrase très juste. J’ai toujours dit que je voulais évoluer à un très haut niveau et c’est ça qui m’importe. Il y a tellement de politique, de joueurs qui méritent de le faire et qui ne vont pas le faire. Je pense à un gars comme McCollum par exemple qui pourrait le faire depuis quatre ans déjà

    interview de Evan Fournier pour Basket USA le 19 janvier dernier

    Heureux de voir son pote Rudy Gobert honorer sa première sélection pour le ASG de Chicago en février dernier, l’arrière français s’est montré très critique envers le système des votes All-Star, en particulier celui du public et de l’importance de ne pas uniquement apprécier la valeur d’un joueur qu’à travers ce schéma.

    L’action Notable

    https://www.youtube.com/watch?v=M15cMPDymK0

    Le 13 janvier dernier, Aaron Gordon offrait la victoire au Magic sur le parquet des Kings de Sacramento (114-112), franchise chère au coeur de notre frenchie. Sur la remise en jeu, Evan va parfaitement jouer la montre et faire preuve d’intuition, en servant intelligemment l’ailier floridien sous le panneau qui inscrira le panier plus la faute avec une seconde restante à jouer au tableau d’affichage. Fournier terminera la rencontre avec 26 points et 6 passes.

    La Performance de la saison

    32 points, 4 rebonds, 1 interception
    https://www.youtube.com/watch?v=VuewGa7H2oY

    Lors de la réception des Finalistes en titre (ou du moins ce qu’il en reste) le 1er décembre dernier, le numéro 10 floridien va faire un carnage dans la défense des Warriors en plantant pas moins de 6 tirs à trois points, dont 5 rien qu’en deuxième mi-temps, offrant ainsi une victoire précieuse au Magic (114-112). Le français améliorera ainsi sa meilleure performance individuelle en carrière, entamant ainsi un mois de décembre exceptionnelle durant lequel il inscrira 20.7 points par matchs à 49.6% d’adresse, dont 42.5% derrière la ligne.


    Rudy Gobert (C) – Utah Jazz

    62 matchs – 34.5mn : 15.1 points (69.8% FG, 62.1% FT), 13.7 rebonds, 1.5 passes, 0.8 interceptions, 2 contres (+4.4)

    Il nous avait émerveillé au mois de septembre face aux Américains en leur infligeant une leçon de basket (21pts, 16 rebonds) et au terme d’un match historique pour le basket tricolore (victoire 89-79), le nouvel étendard de l’équipe de France comptait bien rester sur son nuage. Le besogneux et discret pivot du Jazz, double DPOY 2018 et 2019, est devenu en quelques années la clé de voute de l’effectif de Quin Snyder au côté de l’explosif arrière Donovan Mitchell. Parmi les meilleurs pivots de la ligue, le français compte bien passer un cap cette saison avec Utah et aux côtés des nouvelles recrues Mike Conley et Bojan Bogdanovic, avec en ligne de mire un beau parcours en saison régulière et en playoffs, ponctués pourquoi pas par une première sélection pour le All-Star Game.

    Bingo pour le jazzman, enfin récompensé d’une première sélection tant méritée pour le match des étoiles au même titre que son coéquipier Donovan Mitchell. « Gobzilla » aura été plus qu’à la hauteur des attentes en enchaînant les perfs, et ce alors que les choix tactiques du staff l’écarte un peu plus du scoring cette saison, le français maintient toujours ses standards en attaque et en défense. Le pivot règne en maître sur sa raquette même s’il aime à rappeler combien il peut gagner en impact offensivement alors que sa relation sur le terrain avec Mike Conley pose question. Plus efficace aux tirs que la plupart des joueurs de la ligue, son rendement sur le terrain s’est accru au moment des votes pour le All-Star Game de Chicago, le big man tournant à presque 18 points (73% FG), 15 rebonds et 2 contres par matchs entre le 12 janvier et le 12 février.

    Le sentiment d’avoir fait un énorme pas dans sa carrière de joueur, Rudy a malheureusement été rattrapé par la réalité de la situation sanitaire inquiétante en étant testé positif au Covid-19 début mars, le premier cas avéré en NBA, contraignant la ligue à suspendre la saison. Désormais dans l’attente d’une reprise de la saison Rudy Gobert espère pouvoir revenir plus fort que jamais et pourquoi pas décrocher un troisième titre de Défenseur de l’année, mais surtout retrouver le terrain et les phases finales en se mêlant à la lutte pour le titre et en espérant que les récentes tensions entre lui et Mitchell se soient dissipées pour le bien du groupe.

    La Stat du joueur : 16.1

    Comme le nombre de points inscrit par le Jazz en sortie d’écran sur le français, plus que n’importe quel autre joueur dans la ligue cette saison. Un chiffre auquel on peut ajouter les 7 Assists en sortie d’écran qui amènent des paniers inscrits, là aussi un record cette saison.

    La Décla’ du joueur

    « Quand j’étais gamin et que je disais que je voulais devenir un joueur de basket professionnel, on s’est moqué de moi. Quand j’ai dit que je voulais jouer en NBA, on s’est moqué de moi. Et pareil quand j’ai annoncé vouloir être All-Star, C’est assez fantastique d’être ici, aujourd’hui. C’est un accomplissement, c’est clair, mais une fois qu’on y est il faut juste prendre du plaisir et bien représenter la France.»

    Le Monde

    L’action Notable

    https://www.youtube.com/watch?v=PtbuIb60El8

    Quand on parle de Rudy Gobert on évoque évidemment les contres ravageurs du français qui protège sa raquette comme personne. Lors de la réception des Mavs de Dallas le 25 janvier dernier, Gobert va mettre une fois encore ses talents de contreur à profit en bloquant la tentative de layup de Delon Wright pour maintenir l’avance des siens à 24 secondes de la fin du temps réglementaire. Dallas ne s’en relèvera pas et le Jazz s’imposera finalement 112 à 107. Gobert finira la rencontre avec 22 points (8/8), 17 rebonds, 2 passes et 5 contres !

    La Performance de la saison

    21 points, 11 rebonds (5 off.), 2 passes, 1 contre

    On ne pouvait pas terminer notre analyse sur Rudy sans mentionner la performance du pivot français lors du All-Star Game qui s’est tenu à Chicago le 16 février dernier. Sélectionné dans l’équipe des remplaçants de la Team Giannis, le français s’est particulièrement illustré lors de cette soirée étoilée avec un nouveau record de points inscrits par un français lors de l’évènement (le précédent record de 2009 appartenait à Tony Parker avec 14 unités).


    Ian Mahinmi (C) – Washington Wizards

    38 matchs – 21.3mn : 7.4 points (49.5% FG, 19.2% 3pts), 5.7 rebonds, 1.3 passes, 0.8 interceptions, 1.2 contres (-2.1)

    source : Getty Image

    Après une saison 2018-19 décevante, le rachat de Mahinmi aux yeux de Scott Brooks et de ses dirigeants était devenu primordial alors que Washington se demande encore comment ils ont pu lâcher autant d’argent sur lui (64 millions sur 4 ans). Ses plus belles années désormais loin derrière lui, le trentenaire doit maintenant lutter avec plus jeune que lui au poste, en particulier le prometteur, mais fragile Thomas Bryant, ainsi que le Letton Anzejs Pasecniks et l’Allemand Moritz Wagner, tout droit débarqués d’Europe pour lui faire de la concurrence au poste. Mais une telle longévité dans une carrière se doit d’être respectée et le Normand est encore capable de rendre des services dans la raquette de Washington.

    Blessé au tendon d’Achille en pré-saison, Mahinmi a du manquer une dizaine de rencontre avant de revenir fin prêt pour en découdre début décembre. Sa contribution immédiate en défense fut précieuse pour le staff des Wizards qui n’hésitera pas à le titulariser début décembre pour pallier certaines absences. Le français prend également des initiatives en attaque de loin comme de près, ce qui lui a permis de faire quelques belles prestations dans le sillage des autres joueurs de l’équipe. Mais malgré un temps de jeu important, le retour en forme de Bryant fin février a sonné le glas pour l’ancien Pacer qui n’a plus été appelé par son entraîneur début début mars, laissant un arrière-goût d’inachevé sur sa saison.

    Dans l’ensemble, on voit mal comment les Wizards pourraient conserver le français la saison prochaine, alors que l’équipe souhaite faire le ménage dans ses finances. Agent libre cet été, le professionnalisme dont a fait preuve le français tout au long de sa carrière et la réputation de coéquipier exemplaire qui le précède devrait lui permettre de retrouver assez rapidement une équipe avec laquelle il pourra jouer en NBA, mais avec seulement le minimum salariale. Pour ses qualités défensives et son agressivité sur le terrain, Mahinmi pourrait tout à fait convenir à un contender en manque de big man sous le cercle et qui aime se salir les mains.

    La Stat du joueur : 21

    Il s’agit du nombre de points que le pivot des Wizards a inscrit lors du MLK Day cette saison. Face aux Pistons de Detroit, le Normand va notamment inscrire 7 points, 5 rebonds et 3 contres rien que dans le dernier quart-temps de la rencontre pour offrir la victoire aux Wizards (106-100) et réaliser l’un de ses matchs les plus aboutis en carrière.

    La Décla’ du joueur

    Je suis disponible pour l’équipe de France. Je ne prétends pas mériter d’aller aux JO, mais compte tenu des malentendus qui ont pu exister dans le passé, je voulais clarifier ma position.

    interview de Ian Mahinmi au journal L’Équipe le 7 février dernier

    Les succès des copains partis s’éclater en Chine cet été ont surement donné des idées au pivot que l’on a plus vu depuis 2015 arborant le maillot de l’équipe de France et qui aimerait volontiers participer à ses premiers Jeux avec les bleus en 2021 avant de raccrocher définitivement sa carrière internationale en dent de scie.

    L’action Notable

    https://www.youtube.com/watch?v=wXVX3u_te5Y

    Lors de cette rencontre évoquée un peu plus haut, le français va faire un sacré chantier en défense, notamment en fin de rencontre en passant un chasing block sur Derrick Rose.

    La Performance de la saison

    25 points, 5 rebonds, 2 contres, 2 interceptions, 1 contre

    Rien de tel qu’un career high pour préparer la Saint-Sylvestre. Face au Heat, l’ancien Pacer va littéralement prendre le scoring à son compte dans le lineup de D.C. en l’absence de Bradley Beal pour terminer avec 10 tirs réussis sur 11 tentatives et faire souffrir son vis-à-vis Meyers Leonard en défense. Ce soir-là ce sont d’ailleurs les remplaçants des Wizards qui auront fait vaciller les floridiens pour ramener une victoire 123 à 105.

    Bonne semaine à toute la French Connection !

  • NBA French Connection #7

    NBA French Connection #7

    Chaque semaine Clutch Time vous propose un petit focus sur nos français de NBA et de G-League, afin de faire le point sur les performances de nos compatriotes outre-Atlantique.


    source : FFB, montage CTFrench

    Notre bilan de la semaine pour nos français aux États-Unis est plutôt inquiétant. Avec la blessure d’Evan Fournier, la mise au placard récente de Ian Mahinmi et les retours progressifs de certains joueurs en ligue de développement, nos frenchies traversent actuellement une mauvaise passe dont il va falloir se relever très rapidement si certains d’entre eux espèrent encore participer aux phases finales et même la fin de saison tout court, pour ne pas se sentir déjà en vacances avant tout le monde.


    Logan Cyrus AFP

    Les Tauliers

    Nicolas Batum – Charlotte Hornets (10ème à l’Est)

    3.6pts (34.6% FG dont 28.6% à 3pts), 4.5rbds, 3ast, 0.8stl, 0.4blk (22 matchs)

    Nicolas Batum semble se diriger inexorablement vers une fin de saison blanche. Le français n’a toujours pas pris part au moindre matchs des Hornets cette semaine et ce pour la 6ème semaine consécutive ! Une éternité. Sortis d’un long silence médiatique, le français de Charlotte s’est confié sur sa situation cette semaine au Charlotte Observer (article publié mercredi), l’occasion pour lui de faire son mea culpa sur sa saison alors que de plus en plus de voix s’élève pour le voir quitter la franchise.

    Je m’excuse auprès de tous les gens ici (à Charlotte) parce qu’ils ont cru en moi et que ça ne s’est pas bien passé. Ça n’a pas fonctionné. Je n’ai pas répondu aux attentes ces deux ou trois dernières années. Je comprends ça, je le sais. J’aurais pu faire mieux, évidemment, et je le regrette C’est sans doute la première fois que ceux qui doutent de moi ont raison. Au bout de quinze ans […] Je ne veux pas être un connard, un mec égoïste… je ne veux pas être celui qui dit « allez on y va, on se fout de l’entraîneur, il est nul, ne l’écoutons pas, autant prendre 25 tirs dans le match. » Je ne ferai pas ça, je n’ai pas besoin de ça, (mes coéquipiers) n’en ont pas besoin.

    propos recueillis par Scott Fowler, journaliste au Charlotte Observer

    « Batum a décidé que la meilleure chose qu’il pouvait faire était d’être la cheerleader la mieux payée au monde […] Batum est un glue guy (qui cimente le collectif), sauf que les Hornets ont surpayé la colle. »

    Scott Fowler pour le Charlotte Observer

    Mais le français ne tarit pas d’éloge quant à son équipe et ses joueurs qui réalisent une saison plutôt convaincante au vue des départs de l’intersaison. Batum en est conscient, sa situation à Charlotte est désormais dans une impasse et il ne tient qu’à lui de la résoudre afin de retrouver la confiance du groupe et de son entraîneur James Borrego qui peut espérer compter sur l’expérience et les qualités de meneur d’hommes du français dans le vestiaire.

    Cette franchise a un avenir billant. Elle a un bon groupe de jeunes joueurs. Si dans un an ou deux elle est en play-offs, j’en serais très fier. Mais je ne pense pas que j’en ferai partie. 

    Désormais dans sa quatrième année de son contrat, avec un salaire de 25 millions de dollars, Nicolas possède une player option pour la saison 2020-21 d’une valeur de 27 millions et se retrouve à 99% tel un joueur intransférable aux yeux des autres franchises. Difficile donc de l’imaginer refuser une telle option malgré les critiques et le fait qu’il ne joue plus, alors qu’il sait pertinemment qu’il ne pourra pas négocier un aussi bon contrat ailleurs.

    Evan Fournier – Orlando Magic (8ème à l’Est)

    18.8pts (47% FG dont 40.6% à 3pts), 2.6rbds, 3.2ast, 1.1stl, 0.2blk (61 matchs)

    Semaine assez cauchemardesque pour Evan Fournier qui s’est blessé au coude en milieu de semaine. Il s’agirait d’une entorse du ligament collatéral ulnaire droit qui pourrait le tenir éloigné des parquets pour plusieurs matches. Lors du séance d’échauffement, Evan Fournier a expliqué qu’il s’était complètement luxé le coude, et qu’il avait depuis passé une IRM. Son entraîneur Steve Clifford, lui aussi sujet à un soucis de santé cette semaine, a déclaré que Fournier était dans l’impossibilité de jouer ou de shooter pour le moment.

    La semaine avait d’ailleurs mal débuté pour l’arrière français, le Magic concédant une lourde défaite lundi face aux Blazers (130 à 107), rencontre durant laquelle le français s’est montré très maladroit (13 points à 5/14 FG), la faute à une excellente défense de Trevor Ariza. Mercredi Orlando s’est également incliné sur le parquet du Heat (113 à 116) dans un derby bouillant au cours duquel notre frenchie va terminer la rencontre avec 17 points (6/9 FG dont 3/4 à 3pts), une passe, deux interceptions et deux contres et une bonne défense sur Jimmy Butler.

    Côté médias, le français est revenu chez BeIn Sports, sur sa saison au Magic et sur ses ambitions en NBA et avec l’équipe de France en vue des Jeux cet été. L’occasion aussi de glisser plusieurs indices sur son avenir dans la grande ligue et sur l’éventualité pourquoi pas d’un jour jouer dans la grosse pomme, sous les couleurs des New York Knicks

    Rudy Gobert – Utah Jazz (4ème à l’Ouest)

    15.2pts (70.1% FG, 62% FT), 13.9rbds, 1.5ast, 0.7stl, 2blk (61 matchs)

    Rudy Gobert et le Jazz repartent de plus belle cette semaine. Sur une série de quatre défaites fin février, Utah vient d’enchaîner cinq succès consécutifs, dont quatre cette semaine, et le tout en déplacement. Lundi Rudy nous a rappelé à quel point il pouvait manger ses vis-à-vis lors de la victoire face aux Cavs (126 à 113), terminant la rencontre avec 20 points (8/9 FG), 9 rebonds, une passe mais surtout deux interceptions et 5 contres ! Grâce à une très bonne défense sur Ante Zizic et Larry Nance Jr. (22 points, 10 rebonds à 41% au tirs pour les deux joueurs), le pivot du Jazz a activement le mode barbelé en défense cette semaine pour conjurer la mauvaise série de défaite

    C’est comme ça que l’on devrait jouer tous les soirs. C’est ça le Jazz. On ne peut pas le faire que contre des équipes moins bien classées non plus. On doit être capables de le faire quand les choses se compliquent, ou quand on joue de grosses équipes. Quand on communique, que l’on défend vraiment et que le ballon tourne en attaque, nous sommes une très bonne équipe. On doit rentrer sur le parquet tous les soirs avec la même confiance. Savoir que l’on peut être la meilleure équipe défensive de toute la NBA. Et que, quand le ballon tourne, on est très durs à défendre. Si on fait ces deux choses-là, on peut battre n’importe qui.

    Basket USA

    Une déclaration qui vient conclure une deuxième victoire en début de semaine face aux Knicks (112 à 104), avec encore un très bon match des deux côtés du terrain de notre français, qui aura eu la lourde tâche de défendre sur le massif ailier new-yorkais, Julius Randle et son style de jeu façon bulldozer. Le français va néanmoins terminer la rencontre avec 18 points (7/8 FG), 14 rebonds dont 4 offensifs, une passe et deux contres.

    De retour dans un rôle plus défensif face à Boston (victoire 99 à 94) et Detroit (victoire 111 à 105) ce week-end, le français a endosser le rôle de patron de la raquette. Face aux Celtics, Rudy s’est joué des hommes de Brad Stevens en annihilant les tirs ouverts des K.Walker et M. Smart sur les pick-and-roll, jouant beaucoup plus haut pour finir la partie avec 9 points (4/4 FG), 7 rebonds, deux passes et 3 contres. Rebelote samedi lors du déplacement dans le Michigan où Gobert va une fois encore faire étalage de sa maîtrise en défense sur Christian Wood (0/6 à 3pts), clôturant la semaine avec 10 points (2/3 mais 6/10 aux lancers), 12 rebonds, 3 passes, 3 interceptions et deux contres.

    La stat de la semaine : Gobert vient de connaître cinq matchs de suite à moins de dix rebonds, ce qui ne lui était plus arrivé depuis la saison 2013-2014

    Ian Mahinmi – Washington Wizards (9ème à l’Est)

    7.4pts (49.5% FG dont 19.2% à 3pts), 5.7rbds, 1.3ast, 0.8stl, 1.2blk (38 matchs)

    Voilà une situation à laquelle on ne s’attendait sûrement pas. Ian Mahinmi a complètement disparu de la rotation des Wizards depuis début mars et c’est d’autant plus inquiétant qu’aucune blessure ni contre performance majeure n’est venue influencer les choix de Scott Brooks. Avec trois nouvelles défaites en quatre matchs cette semaine et des pivots pas toujours au rendez-vous, la situation du français interpelle certains médias qui voient dans cette mise à l’écart une page qui se tourne aux Wizards pour le pivot. Interrogé en début de semaine sur cette situation, le joueur semblait lui aussi surpris mais pas résigné.

    Je ne sais pas encore mais c’est vrai que… On va voir ce que ça donne dans les prochains matchs. Tu sais, à ce stade, on est encore dans la course aux playoffs donc je vais me contenter de prendre les matchs les uns après les autres. Et si mon nom est appelé ou pas, ce n’est pas grave. Du moment qu’on gagne les matchs, c’est le plus important. Et puis, le temps du bilan personnel n’a pas encore sonné.

    Basket USA

    Plusieurs avis négatifs et critiques se sont élevées ces derniers temps sur le joueur français et son contrat démesuré (64 millions de dollars sur quatre ans) qui plombe les attentes des supporters et limite considérablement la marge de manoeuvre de Washington, notamment lors de la Trade Deadline. Souvent blessé depuis son arrivée en 2016. Mais le staff des Wizards avait jusqu’alors fait jouer le joueur cette saison, avec plus ou moins de réussite, afin de compenser des absences et un manque de joueurs suffisamment bons au poste. Alors se pourrait-il que notre ami Ian se soit fait devancer par ses rivaux aux poste depuis quelques semaines ?

    Difficile à croire car le joueur était il a peu encore le joueur le plus utilisé au poste bas dans l’équipe et même si le retour en forme de Bryant limite désormais le temps de jeu du français, on a du mal à croire que Mo Wagner ou Anzejs Pasecniks soient subitement passés devant dans la hiérarchie, excepté sur la vision du jeu à long terme. Mais le français préfère prendre les choses de haut, se projetant même cet été avec l’équipe de France aux Jeux de Tokyo avec laquelle il aimerait vraiment faire partie du groupe

    C’est vrai que là je me sens bien, je suis en bonne santé, et pourquoi pas. Je ne me fixe pas de limite et j’ai envie de me rendre utile à l’équipe de France si (ndlr : il insiste sur le « si ») besoin. Et j’avais envie de le faire savoir. C’est pour ça que je l’ai dit publiquement. Et si c’est une envie des joueurs et du sélectionneur, et de son staff, pourquoi pas. Moi, si je peux aider l’équipe à gagner un titre, une médaille, ou à se battre contre les plus grands au monde, et puis les Jeux olympiques, c’est la seule compétition que je n’ai pas faite, donc pourquoi pas.

    Basket USA

    NBA.com

    Les Apprentis

    Timothé Luwawu-Cabarrot – Brooklyn Nets (7ème à l’Est)

    5.6pts (40.8% FG dont 39.5% à 3pts), 2.3rbds, 0.5ast, 0.4stl, 0.1blk (34 matchs)

    Quelle semaine pour Timothé Luwawu-Cabarrot ! Avec plus de 27 minutes de jeu cette semaine, le français est à son zénith dans le jeu avec des performances de gros calibres. Mardi les Nets se déplaçaient à Boston et ont empocher une précieuse victoire (129 à 120), notamment grâce à TLC qui s’est coltiné Jaylen Brown et Kemba Walker en défense, limitant ces derniers à moins de 35% d’adresse derrière l’arc. Le français s’est mué également en scoreur terminant la rencontre avec 16 points (4/11 FG – 2/9 à 3pts), 8 rebonds dont 5 offensifs, une passe et un contre avec la victoire au bout !

    C’est énorme c’est la récompense de tous les efforts faits cet été et cette année. Ça fait plaisir. Là c’était le plus gros comeback que j’ai vécu dans ma carrière, donc c’était énorme. Je suis content d’avoir fini le match.

    C’est clair qu’on a eu un bon coup de boost de notre banc, ces gars qui ne jouent pas. C’est une histoire comme on n’en voit que dans les films d’Hollywood. Je suis vraiment heureux parce qu’ils travaillent tellement dur, et ils sont récompensés. Vous savez à quel point ils bossent en coulisses : Chris Chiozza et TLC ont été dans tous les bons coups ce soir

    Kenny Atkinson

    Prompt à aller au charbon pour un rebond et tenter sa chance, l’impact dans le jeu de TLC a fait mal aux Celtics et sa défense fut une fois encore très précieuse en overtime pour conclure le match. Mercredi le français va néanmoins connaître une soirée cauchemardesque, défait salement par les Grizzlies (118 à 79), rencontre durant laquelle le français sera malmené par le duo Dillon Brooks et Josh Jackson et terminera à 8 points (2/7 FG et 0/5 à 3pts), un rebond, une passe et un contre. Mais comme un sursaut d’orgueil, Brooklyn et Timothé vont se ressaisir vendredi face aux Spurs (139 à 120).

    Avec 19 points (5/7 FG – 3/5 3pts et 6/7 FT), un rebond et deux passes, Luwawu-Cabarrot va terminer parmi les meilleurs marqueurs de son équipe, le meilleur en sortie de banc aux côtés de C.Chiozza, D.Jordan et T.Prince. Le français va surtout prendre feu en deuxième mi-temps (14 points) et va prendre le dessus sur ses vis-à-vis Lonnie Walker IV et Luka Samanic. Seul point noir à cette semaine exceptionnelle pour le joueur, la rencontre face aux Bulls de cette nuit (victoire 110 à 107) durant laquelle le Net a réalisé une toute petite prestation (1 point, 1 rebond et 2 passes avec 5 fautes), malmené par Otto Porter et Coby White, tout proche d’offrir la victoire aux visiteurs en fin de rencontre.

    Frank Ntilikina – New York Knicks (12ème à l’Est)

    5.9pts (38.5% FG dont 31.6% à 3pts), 2.2rbds, 3ast, 0.9stl, 0.3blk (51 matchs)

    Frank Ntilikina n’a toujours pas retrouvé sa place dans le starting five des New York Knicks mais bénéficie toujours d’un temps de jeu conséquent depuis le banc, en témoigne la rencontre de lundi face à Houston. Lors de la réception des Rockets, les Knicks sont parvenus à jouer un mauvais tour aux texans (victoire 125 à 123), Frank Ntilikina le premier en terminant avec 11 points (5/10 FG dont 1/6 à 3pts), 4 passes et deux interceptions. Plus audacieux et intuitif, et faisant preuve d’une réelle volonté de prendre sa chance aux tirs (maladroitement), notre Frank a réalisé l’une de ses prestations les plus abouties depuis plusieurs semaines.

    Extrêmement appliqué en défense sur Russell Westbrook, notre frenchie a réussi à cadenasser le meneur All-Star (9/19 FG, 6 TOV et une faute offensive) et fais déjouer le joueur au moment de conclure près du cercle.

    Une victoire encourageante pour les hommes de Mike Miller qui vont néanmoins se heurter au Utah Jazz (112 à 104) mercredi, puis contre le Thunder (126 à 103) vendredi, rencontres au cours desquelles le meneur français va inscrire 4 et 7 points sans retrouver ce dynamisme et cette intuition dans le jeu qu’il avait affiché en début de semaine, terminant même avec la pire évaluation de son équipe face au Thunder. En revanche le joueur reste toujours un poison pour les joueurs adverses, en témoigne l’adresse famélique de Donovan Mitchell lorsque le français défendait sur lui et qui ne tarit pas d’éloges à son sujet.

    Il est l’un des défenseurs les plus durs que j’ai eu à affronter, surtout qu’il est plus jeune que moi. Il est solide. Je lui dis toujours d’être plus agressif. Mais il joue dans le système, de la bonne façon et je le respecte pour ça. Il fait partie de ceux que je respecte vraiment car il joue de la bonne façon, il est silencieux mais efficace. Vous avez vu sa dernière action contre Houston l’autre jour. C’est qui il est, ce qu’il apporte. C’est bien que les Knicks continuent à lui donner sa chance, car il le mérite.

    Elite Sports NY

    Après un dernier match remporté 96 à 84 face aux Detroit Pistons dimanche soir (7 points à 3/10, 3 rebonds, une passe et deux interceptions), Ntilikina a su apporter sa contribution des deux côtés du terrain ce que son entraîneur a fait remarqué cette semaine

    Je pense que Frank a une très bonne idée de ce qu’il fait en ce moment. Je pense qu’il a continué à se développer de manière offensive. Nous voyons plus de jeu, plus de points, plus de commandement. Il a fait un excellent travail pour gérer notre attaque, nous faire participer à nos actions, savoir avec qui il joue. Je pense qu’il a vraiment fait du bon travail et que Frank a beaucoup progressé.

    Elite Sports NY

    Elie Okobo – Phoenix Suns (13ème à l’Ouest)

    4.2pts (40.6% FG dont 35.8% à 3pts), 1.7rbds, 2.1ast, 0.4stl, 0.1blk (51 matchs)

    On craignait voir Elie Okobo être progressivement relégué en bout de rotation et perdre son statut de remplaçant n°1 de Ricky Rubio à la mène et nos craintes ne font que se confirmer cette semaine. Avec seulement 3 points inscrits, deux rebonds, une passe et deux interceptions lors de la défaite des Phoenix Suns face aux Toronto Raptors (123 à 114), Okobo a été cadenassé défensivement par ses vis-à-vis Norman Powell et Patrick McCaw sans parvenir lui-même de son côté à gêner défensivement les dinos.

    Vendredi la situation du joueur va même s’assombrir alors qu’il va terminer avec zéro point inscrit (0/3 FG), le quatrième en l’espace de deux semaines. Résultat Elie va être mis sur la touche (sans le banc) lors de la réception des Milwaukee Bucks hier (victoire 140 à 131), Monty Williams lui préférant désormais Jevon Carter qui finira d’ailleurs meilleur marqueur depuis le banc des Suns (12 points) et confortant ainsi sa place, méritée depuis cette semaine.


    Bleacher Nation

    Les Novices

    Sekou Doumbouya – Detroit Pistons (13ème à l’Est)

    6.6pts (38.9% FG dont 29.3% à 3pts), 3.3rbds, 0.4ast, 0.6stl, 0.2blk (34 matchs)

    Sekou Doumbouya avait été prévenu, ses récentes performances ne satisfaisaient pas pleinement son entraîneur Dwane Casey qui a donc entrepris de le renvoyer vendredi avec la réserve de G-League. Auparavant le français avait passé un peu moins d’un quart d’heure sur les terrains lors de la réception d’OKC (défaite 114 à 107), compilant 3 points (1/4 FG – 1/3 3pts), deux rebonds et un contre. Malgré de bonne séquence défensive, dans la raquette notamment, et une bonne entente sur pick-and-roll avec ses arrières, le jeune Sekou va devoir néanmoins se remettre en selle avec les Grand Rapids Drive le temps de retrouver des sensations selon son entraîneur.

    Les attentes étaient très élevés et c’est pourquoi dès le premier jour, j’ai essayé de calmer le jeu pour que tout le monde soit prêt au moment où ça ira moins bien. Son heure viendra, mais il doit jouer », a déclaré Casey. « Rien de tel que de jouer en G-League le plus que possible, puis de revenir ici jouer avec nous

    Dwane Casey

    Aligné vendredi face aux Red Claws du Maine, la franchise de développement va s’imposer 102 à 101 derrière un Sekou Doumbouya incandescent : 30 points (10/22 FG mais 1/9 derrière l’arc), 8 rebonds dont 4 offensifs, 2 passes et une interception, le tout en seulement 30 minutes de jeu. Un ton au dessus sur ce match, le joueur a su rappeler aux bons souvenirs de son entraîneur qu’il était tout à fait capable de tenir les premiers rôles aux Pistons lorsque le coeur et la motivation y sont.

    De retour dans le groupe pro samedi et dimanche, le rookie va faire preuve d’une activité défensive intéressante sur R. O’Neale et J. Clarkson notamment mais néanmoins vaine, les Pistons s’inclinant 111 à 105 face au Jazz, Sekou terminant la rencontre avec 9 points (4/6 FG), 3 rebonds et une passe. Enfin dimanche Detroit va complètement passer à côté de son match face aux Knicks, Doumbouya parvenant difficilement à faire la différence avec seulement 4 points (2/6 FG), un rebond, une passe et une interception.

    Adam Mokoka – Chicago Bulls (11ème de Conférence Est)

    2.8pts (43.5% – 50% à 3pts), 1rbd, 0.4ast, 0.3stl (10 matchs)

    Nouvelle semaine encourageante pour Adam Mokoka qui a pris part en début de semaine à la rencontre opposant les Chicago Bulls aux Dallas Mavericks. Dans un match serré, les Bulls vont s’imposer 109 à 107 grâce à une très bonne sortie du français (18 minutes). Auteur de 4 points (2/5 FG mais 0/3 3pts) et une interception, Mokoka s’est surtout illustré défensivement en limitant le meneur slovène Luka Dončić à 23 points à 1/8 derrière l’arc et quatre pertes de balles. Cette énergie décuplée vient récompenser une bonne prestation d’ensemble de l’équipe comme l’a remarqué son coéquipier Otto Porter.

    Il a été énorme. Il a fait du super boulot. Adam a fait de super passages en défense. Il n’a pas mis les mains. Il a été physique et a essayé de mettre Luka mal à l’aise. Et c’est ce qu’il a réussi à faire.

    Otto Porter

    Je ne pense pas au joueur sur lequel je défends. Je pense à la façon dont je défends sur lui. Mais je ne suis pas vraiment concentré sur qui il est, la hype et ce genre de choses. J’essaye juste de faire mon truc, de jouer dur.

    Adam Mokoka

    Il fait ce que le staff et l’équipe attendait de lui. Un gamin coriace qui peut mettre des shoots et défendre. Et c’est ce dont on a besoin dans cette ligue, un joueur de grande taille sur un poste qui peut défendre et mettre des tirs à 3-pts ouverts. 

    Jim Boylen

    Couvert de louanges, le joueur va pourtant faire son retour le restant de la semaine sous les couleurs des Windy City Bulls, l’occasion pour lui de monter en puissance jusqu’à la fin de la semaine et une victoire acquise dimanche. Avec seulement 4 points (2/12 FG dont 0/4 à trois points), 4 rebonds et 6 passes décisives face aux Raptors 905 mercredi (défaite 113 à 96), son équipe va s’incliner une fois de plus face à Capital City Go-Go (117 à 108), Mokoka terminant pourtant la rencontre avec 19 points et une adresse retrouvée (7/10 FG dont 3/6 derrière la ligne), ainsi que 4 rebonds, 5 passes et deux interceptions.

    Pour son quatrième et dernier match de la semaine, les Bulls de Windy City vont enfin voir leurs efforts récompenser avec une quinzième victoire face aux Red Claws du Maine (120 à 112), la cinquième sur les dix derniers match, affiche teintée de la french touch, Adam Mokoka terminant le match avec sa meilleure performance de la saison et 27 points (9/19 FG dont 5/8 à 3pts), 9 rebonds, 8 passes et une interception. Un performance suffisante pour convaincre Jim Boylen de lui redonner du temps de jeu ?


    Les Réservistes

    Jaylen Hoard – Texas Legends (9ème de G-League)
    (Portland Trail Blazers)

    16.2pts (52.5% FG dont 22% à 3pts), 6.8rbds, 2ast, 0.6stl, 0.4blk (24 matchs)

    Semaine discrète pour le français des Texas Legends qui malgré deux belles victoires face aux Austin Spurs (124 à 119) et les Agua Caliente Clippers (100 à 97), s’est montré discret en attaque avec seulement 6 points inscrits face aux texans (3/9 FG) puis 11 points face aux californiens (4/9). Le joueur s’est revanche plutôt montré à son avantage sur le plan défensif en captant près de 7 rebonds en moyenne cette semaine (11 face à Agua Caliente) et noircissant ses feuilles de matchs d’interceptions et de contres défensifs.

    Dimanche son équipe s’est en revanche inclinée dans la deuxième confrontation face à Agua Caliente (111 à 117), Jaylen Hoard terminant la partie avec 10 points (4/8 FG) mais 6 rebonds, une passe et une interception, preuve encore que le joueur doit mûrir et gagner en efficacité et audace sur le plan offensif pour revenir plus fort la saison prochaine en NBA.

    William Howard – Rio Grande Valley Vipers (25ème de G-League)

    13.2pts (49.8% FG dont 38.4% à 3pts), 5.2rbd, 2.8ast, 1.7stl, 0.6blk (34 matchs)

    Seulement deux matchs cette semaine pour William Howard qui a vu les Vipers de Rio Grande l’emporter à deux reprises, d’abord vendredi face à Oklahoma City Blue (125 à 134), le français offrant une feuille de match noircie (15 points à 3/6 derrière la ligne, 3 rebonds, 3 passes et 3 interceptions), avant de s’imposer samedi assez nettement face au Northern Arizona Suns (121 à 101). Le français va d’ailleurs finir la semaine tranquillement avec 12 unités mais un zéro pointé à l’adresse derrière les 7m23, 6 rebonds, 4 passes et une interception pour enchaîner une troisième victoire consécutive.

    Vincent Poirier – Maine Red Claws (2ème à l’Est)

    16.3pts (62.2% FG dont 90% FT), 9rbds, 2.3ast, 0.8stl, 3blk (4 match

    Au programme cette semaine quatre matchs pour les Boston Celtics et quatre DNP pour Vincent Poirier qui végète désormais en réserve de G-League. Renvoyé avec les Maine Red Claws, au côté de Carsen Edwards, le duo de joueurs rejoint deux autres réservistes que l’on a aperçu durant la saison régulière, Tacko Fall et Tremont Waters. Vendredi l’équipe réserve du Maine rendait visite notamment aux Grand Rapids Drive de Sekou Doumbouya. L’occasion de voir enfin Vincent bénéficier d’un temps de jeu à la hauteur des attentes dans la ligue de développement.

    Malgré la défaite 102 à 101, Vincent terminera la rencontre avec 18 points (6/9 FG), 11 rebonds, 4 passes et 3 contres ainsi que la meilleure évaluation de son équipe (+14). Dimanche, tandis que Boston recevait Oklahoma City, les Red Claws s’inclinaient un peu plus tôt pour la deuxième fois consécutive, face aux Windy City Bulls (120 à 112), le français ne jouera d’ailleurs que 17 minutes le temps pour lui d’inscrire tout de même 15 points (6/10 FG), 12 rebonds, une passe et 3 contres.

    Bonne semaine à toute la French Connection !