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  • Comment le Miami Heat a-t-il remporté le Game 1 face aux Bucks ?

    Comment le Miami Heat a-t-il remporté le Game 1 face aux Bucks ?

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    A quelques heures du 2ème match d’une série aussi palpitante que prévue, Milwaukee Bucks et Miami Heat se sont affrontés lors d’un premier match du second tour des Playoffs 2020. Alors que Milwaukee partait favori dans cette confrontation, Miami a su déjoué les pronostiques en s’imposant de 11 points face à la meilleure équipe de la saison régulière. Mais comment ont-ils fait ?


    Du répondant… Beaucoup de répondant

    Jouer contre Milwaukee, c’est constamment choisir son poison. Entre Giannis Antetokounmpo, Khris Middleton, Brook Lopez et les autres shooteurs fous à 3 points, il est impossible de contenir tout le monde.
    Miami a fait son choix en se concentrant exclusivement sur la menace numéro 1 : le défenseur de l’année et candidat légitime au titre de MVP, Giannis Antetokounmpo.

    Il faut dire que Miami peut se vanter d’être une des 4 équipes à avoir maintenu Giannis à moins de 15 points lors d’un match de saison régulière. Sur ces 4 matchs, Giannis a tenté le plus de tirs et joué le plus de minutes face au Heat. Et seul Miami s’est qualifié en playoffs parmi ces 4 adversaires…
    Mais les Playoffs et la saison régulière n’ont rien à voir, on le sait, et on le répète assez souvent.

    En assignant principalement Jae Crowder en mission face à lui, Miami ne s’attendait pas à trouver un « Giannis stopper ». Et cela n’a pas été le cas. Comme à son habitude, il a été compliqué de stopper Giannis en 1 contre 1.


    Tableau représentant quelques statistiques de Giannis Antetokounmpo face au Miami Heat, en fonction de ses principaux face-à-face en défense


    Mais la confrontation ne s’est pas jouée sur les 1 contre 1 de Giannis, bien au contraire. Coach Spoelstra a fait le choix de couper le plus possible l’accès au cercle, laissant les Bucks maître de leur destin sur la ligne à 3 points et doublant (ou triplant) quasiment toutes les tentatives du joueur grec de pénétration. Avec seulement 12 tirs tentés, il enregistre son plus faible total des playoffs et l’un des plus faibles de sa saison.

    Offensive rating 1 de 99, 6 pertes de balle, 4/12 aux lancers-francs, 4 points en 12 minutes sur le dernier quart-temps… Mission accomplie pour Miami, avec un Giannis qui doit déléguer le scoring à d’autres joueurs.

    Le répondant du Heat a été physique, mais aussi mental. Avec un impressionnant 1,39 points par possessions 2 à la suite d’un panier de Milwaukee, Miami n’a laissé aucune chance aux Bucks de creuser l’écart, les deux équipes se répondant souvent coup pour coup sur le terrain. Milwaukee n’a pas su gérer son avance, et n’a pas su prendre avantage de sa forte adresse à 3 points (16/35 sur le match).
    Signe inquiétant pour la meilleure défense sur les points par possessions encaissés après avoir marqué un panier (0,99 sur la saison).

    Pourtant, le 1er QT, malgré sa physionomie très particulière, a été outrageusement dominé par Milwaukee, avec 2 énormes « runs »3 , caractéristique de la locomotive Bucks depuis le début de saison : 15-6 puis 17-8, en un seul QT. Résultat : 40 points inscrits, 29 encaissés. +11, plus gros écart du match côté Bucks.

    Derrière ? Miami remportera les 3 derniers QT et ne laissera pas Milwaukee faire un run plus gros qu’un petit 7-2 juste avant la mi-temps.
    Ajustement tactique, volonté de gagner, peu importe… Le Heat a eu du répondant.

    Jimmy Buckets, patron d’une seconde mi-temps maîtrisée

    L’affaire était compliquée à la mi-temps. 63-60 pour les Bucks, menés par un tandem Middleton-Lopez absolument incroyable, compilant 40 des 63 points à eux deux. Côté Miami, c’est Goran Dragic qui tient la barre, avec 19 unités.

    Miami tient mais Miami n’est pas à l’abri d’un sursaut offensif comme ils avaient pu le vivre lors de la défaite 116-130 dans la bulle face aux mêmes Bucks lors des seeding games 4 .

    Si Goran n’inscrira « que » 8 points durant la seconde mi-temps, un homme sortira du lot et scellera la victoire du Heat : Jimmy Butler.

    Souvent considéré ces dernières saisons comme un joueur clutch 5 , Jimmy a connu une saison compliquée dans ce domaine. Avec des pourcentages aux tirs très douteux dans les moments chauds, il a su renaître lors de ces playoffs, enregistrant des statistiques dignes de sa réputation, quasiment au niveau de ses playoffs avec Philadelphie l’an passé.


    Graphique représentant les probabilités de victoires ajoutées dans les situations clutch de Jimmy Butler, sur les play-offs et en saison régulière depuis 2013


    40 points inscrits. 27 en seconde mi-temps. 15 dans le dernier quart-temps.
    Un record de points en carrière sur un match de playoffs pour lui, et une victoire en tant qu’outsider face à la meilleure équipe de la ligue. « Jimmy Buckets » ne pouvait pas rêver mieux, Miami est toujours invaincu sur cet exercice de playoffs, et lui est en pleine confiance.

    Il est chez lui à Miami, dans cette fameuse culture du Heat à laquelle il s’identifie. Le fit est parfait, l’ambiance est excellente, la dynamique est très bonne.

    3ème joueur de l’histoire de la franchise floridienne à scorer 40 points ou plus dans un match de playoffs (LeBron James & Dwyane Wade), il a été inarrêtable dans cette seconde mi-temps, à tous les niveaux.
    6/8 aux tirs dans le 4ème quart-temps, accompagné de 2 lancers francs mis, et une impression de marcher sur l’eau, offensivement et défensivement.

    Beaucoup de situations d’isolations en fin de match, preuve d’une confiance incroyable, tant Miami est l’une des équipes utilisant le moins l’isolation dans la NBA (pourcentage de 4,6% possessions se finissant par une isolation). C’était le moment « Jimmy B. ». Peut-être le seul de la série, peut-être le premier, mais il a saisi cette occasion, et le Miami Heat s’est imposé.

    Sous les yeux de Pat Riley, présent pour la 1ère fois à un match à Orlando, cette performance n’a pas manqué de faire réagir sur Twitter, notamment avec l’apparation d’un petit message de la part d’un certain ex-coéquipier, sûrement nostalgique…

    Une grosse présence dans la raquette

    C’est l’un des facteurs X de cette série. Miami doit apprendre à gérer la domination défensive à l’intérieur des Bucks.
    En encaissant seulement 38,7 points de moyenne dans la raquette sur la saison régulière, Milwaukee a été incroyablement efficace, poussant ses adversaires à prendre énormément de tirs à 3 points (39,3 tirs à 3 points tentés pour les adversaires des Bucks, soit plus que n’importe quelle autre équipe).

    Le problème, c’est que Miami possède une armada de shooteurs à 3 points, menées par le sniper Duncan Robinson. Il ne serait pas très malin de les laisser tirer 40 fois à 3 points par match.
    Ainsi, Milwaukee s’est directement adapté (31 tirs à 3 points tentés par Miami sur le G1), en contenant notamment parfaitement la menace offensive Duncan Robinson, qui a seulement tenté 4 tirs à 3 points, pour un réussi.

    Cette performance défensive rappelle fortement le match 1 face aux Pacers au 1er tour, où le jeune joueur fit un 2/8 à 3 points dans la victoire contre Indiana, avant de s’adapter et de finir à 10/19 sur les 3 derniers matchs de la série.

    En refusant le plus possible les tirs longue distance, Coach Budenholzer savait quelque chose : l’accès au cercle sera beaucoup plus simple pour Miami.

    Résultat sans appel : alors qu’ils encaissaient 27,6 points par match dans la raquette depuis le début des playoffs, Milwaukee a subi et a encaissé 42 points dans la raquette.

    En plus de cela, Miami a bénéficié d’un excellent Bam Adebayo aux rebonds, avec 17 prises, dont 6 offensives et un ORB% 6 de 19,5. Avec 12,4 rebonds de moyenne sur ces playoffs, Bam s’impose comme une énorme menace dans la raquette. Il a notamment battu le record de rebonds d’un joueur de Miami en playoffs (19) lors du match 4 face à Indiana.

    Complètement dominé aux rebonds niveau statistiques (46 rebonds pour Miami, 34 pour Milwaukee), les Bucks n’ont pris que 14 rebonds en seconde mi-temps, pire total de leur saison ! Miami en a profité, et n’a laissé, sur le match, que 4 petits points sur seconde chance à Milwaukee, malgré les 7 rebonds offensifs des Bucks.

    Milwaukee n’a pas utilisé une stratégie défensive ultra efficace sur ce match, et devra s’adapter rapidement avant le Game 2, sous peine d’être une fois de plus dans une situation inconfortable, car Coach Spoelstra sait et va s’adapter.

    Cette adaptation du collectif floridien peut faire très mal aux Bucks. Nous parlions plus tôt dans cet article du fait qu’il fallait choisir son poison face à Milwaukee. Miami est différent. Ils s’adaptent au jeu adverse pour offrir le poison le plus mortel possible. Entre profondeur du banc et génie au coaching, Milwaukee a du souci à se faire avant la confrontation de ce soir.

    En tout cas, rien n’est fait dans cette série. Le match 1, soldé par une victoire de Miami, a été à la hauteur des espérances et des attentes. La suite de la série ne devrait pas faire exception à la règle et les deux équipes vont nous offrir un excellent spectacle !

    Quelques notes sur la 1ère confrontation…

    • Le meneur de jeu des Bucks Eric Bledsoe n’a pas joué le match 1 à cause d’une tension à l’ischio-jambier droit. Son statut est incertain pour le match 2. Il a été remplacé par George Hill, dont l’impact a été faible durant ce match.
    • Côté Miami, 7 jours ont séparés le Game 1 de leur dernier match contre Indiana, contre 2 pour Milwaukee. Fatigue en fin de match ? Avantage sur l’adaptation tactique ? Possible, le run 20-8 en faveur de Miami dans les dernières minutes du match a fait très mal.
    • Milwaukee a subi le rythme imposé par Miami durant toute la seconde mi-temps, avec une moyenne de 14,9 secondes par possession offensive, contre 12,9 secondes en première mi-temps. Jeu lent = jeu moins efficace pour les Bucks…
    • Miami, qui était l’équipe la plus dominante de la ligue sur les handoffs 7 , connaît des débuts de playoffs plutôt compliqués dans ce domaine, avec une adaptation très concrète des équipes adverses. Même si la fréquence augemente, l’efficacité diminue, passant de 1,07 PPP à 0,98 PPP.
    • Les Bucks, adepte du jeu de transition grâce à Giannis, ont eu très peu d’occasions de dérouler rapidement leur jeu dans ce match. A l’aide d’une défense très resserrée sur le repli défensif et très intelligente (fautes faites très tôt, prises à deux succinctes pour dissuader le porteur), Miami a su très souvent ralentir le jeu de Milwaukee.

    Sources : NBA.com, inpredictable, Basketball Reference, ESPN.

    Lexique :

    1. L’offensive rating (ou ORtg) : statistique inventée pour mesurer l’efficacité offensive d’un joueur. La moyenne NBA se situe entre 105 et 110.
    2. Les points par possession (ou PPP) : statistique prenant en compte le nombre total de points marqués sur le nombre total de possessions.
    3. Un run : période de jeu où une équipe A domine une équipe B en inscrivant beaucoup de points et en encaissant très peu. C’est un véritable passage clé lors d’un match. Le basket-ball est souvent caractérisé comme étant un sport de runs.
    4. Les seeding games : matchs joués à Disney (Orlando) le mois passé afin de définir les places pour les Playoffs et pour la lotterie NBA. Chaque équipe présente à Disney a joué 8 seeding games.
    5. Joueur clutch : joueur doté d’un sang froid hors-norme, capable de faire basculer une rencontre dans les moments les plus chauds et stressants.
    6. Offensive rebound percentage (ou ORB%) : calcul du nombre de possessions offensives d’un joueur se terminant par un rebond offensif. C’est calculé en fonction des rebonds offensifs de son équipe et ceux de l’équipe adverse. La moyenne NBA se situe entre 0 et 5%.
    7. Handoffs : situation de « main-à-main » où le porteur de balle va offrir le ballon à un coéquipier en étant immobile. Pour cela, le coéquipier va venir vers le porteur et va recevoir le ballon une fois qu’il passera à côté du porteur. Situation très utile pour les shooteurs à 3 points afin de les libérer de leur marquage défensif.
  • Colère en NBA : faire éclater la Bulle ?

    Colère en NBA : faire éclater la Bulle ?


    « Aucun vietcong ne m’a jamais traité de nègre »

    Cassius Clay aka Mohamed Ali

    Le 28 avril 1967, Mohamed Ali annonce publiquement son refus de participer à la guerre du Vietnam, sa licence de boxeur est supprimée et il est condamné par la justice étasunienne. Malgré l’opprobre d’une partie de la société américaine, il assume cet acte politique. Les athlètes qui s’engagent et dénoncent radicalement des problématiques sociétales sont ils antipatriotiques ? Dans une interview accordée ce mercredi 26 août au média TNT, Doc Rivers, coach des Clippers réagit à la bavure policière sur Jacob Black, afro-américain touché de 7 balles dans le dos cette semaine à Kenosha, Wisconsin.

    « We are the ones getting killed. We are the ones getting shot. It’s amazing, we keep loving this country, and this country does not love us back. (…) You need to be American and outraged. »

    Source : Doc Rivers, NBA TNT via Rachel Nichols 26/08/2020.

    Cette nuit, les joueurs NBA ont refusé de se présenter sur le terrain. Ils ont apporté leur soutien à Jacob Black et ont signifié leur colère face au racisme qui embrase toujours la société américaine, 50 années après Ali. Vous ne trouverez pas de réponse à ce mal chronique dans la presse, ni au détour de débats vénéneux et stériles sur Twitter. Il est cependant essentiel de souligner la position des joueurs et la portée symbolique de leur acte historique.

    Depuis le mois de juin, les manifestations du mouvement « Black Lives Matters » se déroulent dans les rues américaines avec violence. Les protestataires accusent les inégalités entre les communautés, la discrimination qui engendre la division et la colère. Ils font face à l’attentisme du pouvoir politique américain, de Donald Trump à Joe Biden, candidat démocrate pour les élections présidentielles de novembre 2020. Si la classe dirigeante rappelle la nécessité de justice et déplore le vandalisme engendré par les protestations, elle n’évoque pas frontalement les meurtres issus de la fragmentation de la société américaine. La nuit dernière, un adolescent d’extrême droite a tué deux manifestants à Kenosha. (Source : Le Monde). Dans ce contexte sociétal brûlant, les voix de Jaylen Brown, Malcom Brogdon ou Lebron James supportent publiquement le mouvement protestataire. La NBA est composée à plus de 80 % de joueurs afro-américains (Martin Breteau, 2011), et la position d’Adam Silver sur le racisme et l’intégration des communautés est limpide. En 2014, les propos discriminants de Donald Sterling, alors General Manager des Clippers, avaient été sanctionnés d’un bannissement à vie et d’une amende de 2.5 millions de dollars. Au delà des clivages politiques et identitaires, les joueurs NBA ont conscience de leur responsabilité en tant que role models. En atteste l’engouement qu’a suscité l’adoption des maillots floqués avec des valeurs chères aux joueurs dans la bulle.

    Mais cette nuit, Bucks, Magic, Thunder, Rockets, Blazers et Lakers ont adopté une stratégie de communication bien plus radicale pour défendre leur vision : la grève. Le buzzer est désormais en stand by face au refus des joueurs d’exercer leur métier dans ce climat sociétal. C’est un acte symbolique fort et inédit. Parmi les athlètes qui évoluent en playoffs, on retrouve des jeunes, des joueurs en bout de banc qui ont un salaire à justifier et le devoir d’honorer leur contrat afin de sécuriser leur futur. Ce refus de jouer peut ainsi être perçu comme un pied de nez au système américain capitaliste, de l’entertainment. Les négociations avortées pour le salary cap de 2011 avaient conduit au lockout. Aujourd’hui, les joueurs ont accompli un geste désintéressé de toute réussite économique, un retour solidaire vers leur communauté pour dénoncer les injustices criantes auxquelles les joueurs NBA ne sont pourtant pas les premiers exposés une fois la gloire atteinte.

    Dès lors, la perspective de quitter « la Bulle » est hautement symbolique. Le centre a constitué la condition sine qua non de la survie du basketball américain post-confinement. Sortir de la bulle, c’est quitter le monde du basket pour une durée indéfinie, avec de pénibles protocoles sanitaires à suivre pour espérer y revenir. Si des joueurs décident de boycotter la saison, ce sera ainsi sans regarder en arrière, en laissant le basketball de côté pour libérer la parole et demander une action politique concrète, avec des ajustement institutionnels. L’abandon des Playoffs constituerait un événement retentissant, médiatisé à l’international et pourrait exercer une pression sur le gouvernement américain qui devra considérer ces impératifs sociaux pour le prochain mandat présidentiel.

    En parallèle à ces revendications, La « prise d’otage » de la ligue sportive américaine la plus lucrative met en péril ses perspectives de développement et représente un nouveau contretemps pour Adam Silver. La construction de la bulle NBA a nécessité plus de 150 millions de dollars (source : ESPN) et les moyens logistiques déployés pour assurer avec succès la sécurité sanitaire furent colossaux. La fin des Playoffs ne ferait qu’accentuer la tourmente financière dans laquelle la NBA s’est engagée avec le COVID 19. Malgré cette menace, on peut espérer que l’image de la ligue et ses engagements socio-politiques restent intacts. Début Août, l’association avait créé une nouvelle fondation afin de verser 300 millions de dollars sur 10 ans pour valoriser le développement économique de la communauté noire.

    Dans l’attente de la décision du Board of Governors qui se réunissait aujourd’hui pour affirmer sa politique face à la grève des joueurs, les matchs d’hier soir sont reportés. Selon l’insider Shams Charania, Lakers et Clippers se seraient déjà accordés en interne pour boycotter le restant des playoffs. L’issue des négociations avec le syndicat des joueurs reste inconnue, mais peu importe, car une maladie ronge la société américaine, et ce n’est pas la bulle qui va la sauver.

  • Bilans de la saison  – Central Division

    Bilans de la saison – Central Division


    En ces temps de confinement, afin d’éviter de vous couper totalement de l’univers de la NBA, ClutchTime dresse un bilan de la saison 2019-2020, suspendue depuis le 11 mars. Dans l’attente de son retour prochainement, la rédaction vous propose de revivre les parcours des différentes équipes de la ligue, depuis fin octobre, en faisant le point sur chacune d’elle dans chaque division de la ligue.

    Notre série continue et pour ce deuxième opus, nous nous intéressons à la Division Centrale de la Conférence Est. Alors que les Bucks et son colosse grec réalisent une saison historique sur tous les plans, les équipes restantes de la division font ce qu’elles peuvent, aussi bien en mal ou en bien, selon si on se positionne du point de vue des redoutables Pacers ou des Bulls et des Cavs toujours en quête de résultats et de stabilité. Une stabilité mise de côté pour les Pistons qui vivent une saison assez loin de leurs objectifs et qui ne s’imaginaient pas devoir amorcer aussi rapidement leur reconstruction.


    Milwaukee Bucks (53-12) – 1er

    PPG (118.6) – 1er / Opp PPG (107.4) – 5ème
    Offensive Rating (112.6) – 7ème / Defensive Rating (101.9) – 1er

    Qualifiés

    Cinq majeur de la saison :
    E. Bledsoe (PG) – W. Matthews (SG) – K. Middleton (SF) – G. Antetokounmpo (PF) – B. Lopez (C)

    Après une saison régulière maîtrisée d’un bout à l’autre et deux premiers tours expédiés tout aussi vite, les Bucks se sont heurtés à la rigueur de jeu et le réalisme froid des Toronto Raptors et d’un Kawhi Leonard qui a revêtu son habit d’exécuteur en chef des coéquipiers du Greek Freak (4-2). C’est donc plus endurci mais surtout avec l’esprit revanchard que la franchise du Wisconsin aborde cette saison 2019-2020. La continuité est le mot d’ordre dorénavant, les Bucks vont donc signer ou resigner des vétérans tels Kyle Korver, George Hill et Brook Lopez, enlever le frère Robin Lopez aux Chicago Bulls et sortir de sa torpeur l’expérimenté Wesley Matthews pour compléter la boucle. Seul accroc au tableau, le difficile choix de la prolongation des titulaires Malcolm Brogdon et Khris Middleton et à ce petit jeu c’est le second, plus expérimenté et All-Star de surcroît qui empochera le pactole, tandis que le second sera envoyé aux Pacers contre plusieurs picks.

    Résultats, cette saison la bande à Giannis roule sur le championnat et affiche pour l’heure le meilleur bilan de son histoire (81.5% wins) devant la saison 1970-71 de Big O et KaJ qui furent sacrés champions cette année-là. Comme un symbole, Milwaukee est devenu l’équipe à se qualifier le plus rapidement de l’histoire pour les playoffs après un succès décroché face aux Washington Wizards le 23 février dernier, avec près de deux mois d’avance sur la fin de la saison régulière. Alors certes depuis le mois de mars, les Bucks ont subi quatre revers en six rencontres, mais quand on regarde la première moitié de saison fantastique (35-6) et l’impressionnante série de 18 victoires consécutives entre le 10 novembre et le 14 décembre, on voit mal ce qui pourrait enrayer la mécanique en vue des phases finales à l’exception des blessures. Et encore ! Les quelques absences de Giannis Antetokounmpo n’ont pas considérablement handicapé l’équipe qui a su se réinventer et trouver des solutions (5 victoires, 3 défaites).

    Tout ceci fut évidemment rendu possible par l’habilité tactique et la gestion des temps de jeu minutieuse de Mike Budenholzer qui parvient chaque soir à tirer le meilleur d’un effectif inépuisable et quasi-injouable à force de cohésion et de répétition de gammes. Élu à trois reprises joueur du mois à l’Est, Giannis est le premier à profiter de cet environnement. Jamais le grec n’a joué autant à l’économie (30.9 minutes) mais demeure plus fort dans tous ce qu’il entreprend désormais, y compris le tir à longue distance, dernière arme en rodage qu’il vient d’ajouter à sa monstrueuse palette offensive de MVP. Si on laisse de côté la partie offensive, c’est surtout en défense que les joueurs des Bucks s’illustrent le plus et c’est sûrement le point le moins négligeable dans la progression de ce groupe qui ne vit que pour aller au bout cette année. Nul doute que le niveau de jeu actuel de Khris Middleton, la maîtrise de Eric Bledsoe à la mène, l’impact des deux côtés du terrain de Brook Lopez et une rotation surchauffée (55.6 points en moyenne) devrait faire des étincelles en phases finales.

    La saison de Milwaukee en quelques chiffres :
    . 2ème équipe la plus adroite aux tirs (47.7% FG)
    . 3ème équipe qui réalise le plus de contres par match (6)
    . Meilleure équipe aux rebonds par match (51.7)
    . Meilleur marqueur : Giannis Antetokounmpo (29.6 points par match à 54.7% FG)
    . Meilleur passeur : Giannis Antetokounmpo (5.8 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Giannis Antetokounmpo (13.7 rebonds par match)

    Indiana Pacers (39-26) – 5ème

    PPG (109.3) – 22ème / Opp PPG (107.4) – 7ème
    Offensive Rating (110.3) – 18ème / Defensive Rating (108.3) – 7ème

    Cinq majeur de la saison :
    M. Brogdon (PG) – J. Lamb (SG) – T.J. Warren (SF) – D. Sabonis (PF) – M. Turner (C)

    Les Indiana Pacers sont des coriaces, même en perdant dans un premier tour de playoffs face aux Celtics (4-0). Notons la performance en dépit d’un effectif amputé de son meilleur joueur, la franchise de l’Indiana venait de se qualifier pour sa huitième campagne en neuf ans. Pas découragés pour autant par cette claque, les Pacers sont repartis cette saison tambours battants, le couteau entre les dents pour tenter quelques jolis coups. Malgré les départs de Cory Joseph, Bojan Bogdanović, Thaddeus Young ou encore Darren Collison, les Pacers ont joué la carte de la finesse en promouvant certains éléments comme figures de proue de l’équipe (Domantas Sabonis, Myles Turner, Aaron Holiday), en balançant du cash et des choix de draft pour récupérer de solides éléments (Malcolm Brogdon, T.J. Warren) et en signant à moindre coût de bonnes affaires lors de la Free Agency (Jeremy Lamb 31m$ sur trois ans, T.J. McConnell et Justin Holiday 4.5m$ sur la saison).

    Privé de son leader Victor Oladipo pendant la majorité de la saison, Nate McMillan a réussi son pari en trouvant les ajustements et un équilibre entre la défense, véritable point fort de l’équipe, et une attaque efficace qui pose de sérieux problèmes à des grosses cylindrées cette année (victoire face aux Lakers, Bucks, Toronto et Utah à domicile) mais qui peut se viander salement comme face aux champions en titre les Raptors (127 à 81 plus large défaite de son histoire). L’équipe a fait des progrès en ce sens et tente de plus en plus sa chance de loin. Enchaînant plusieurs séries de quatre ou cinq victoires en novembre puis en décembre pour venir s’installer dans le carré de tête de la Conférence, Indiana a néanmoins perdu son avance et de précieuses victoires lors de la période des fêtes et début février comme face aux Knicks, décrochant ainsi du trio de tête. Les Pacers vont désormais batailler pour le 4ème spot à l’Est, synonyme de 1er tour avec l’avantage du terrain. De cet avantage, Indiana pourrait en avoir cruellement besoin si elle venait à croiser la route des 76ers ou du Heat en playoffs.

    À ce titre le retour d’Oladipo en février devrait leur offrir plus d’options en attaque dès que ce dernier aura retrouvé son jeu et des sensations. Pour l’heure les Pacers sont à l’heure européenne avec Domantas Sabonis, tout récent All-Star, et qui porte sur ses larges épaules et celles de Myles Turner le destin de l’équipe, pas seuls évidemment, sinon les Pacers ne seraient plus ce qu’ils sont, une bonne équipe dans laquelle les individualités prennent rarement le pas sur le collectif. Avec pas moins de sept joueurs en double figures au scoring, parmi lesquels les dernières recrues T.J. Warren, Brogdon, Jeremy Lamb (out pour le reste de la saison), si on y ajoute des remplaçants comme Aaron et Justin Holiday ainsi que Doug McDermott en forme, cette équipe semble suffisamment armée et déterminée pour finir la saison de la meilleure manière possible et nul doute que les autres équipes de la Conférence commencent déjà à chercher des solutions pour y remédier.

    La saison de Indiana en quelques chiffres :
    . 5ème équipe à commettre le moins de pertes de balles par match (13.1)
    . 3ème équipe la plus adroite aux tirs (FG) : 47.7%
    . 4ème meilleur bilan face à des équipes de la Conférence Ouest (15w – 8l)
    . Meilleur marqueur : T.J. Warren (18.7 points par match à 52.9% FG)
    . Meilleur passeur : Malcolm Brogdon (7.1 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Domantas Sabonis (12.4 rebonds par match)

    Chicago Bulls (22-43) – 11ème

    PPG (106.8) – 26ème / Opp PPG (109.9) – 14ème
    Offensive Rating (106.7) – 27ème / Defensive Rating (109.8) – 14ème

    Cinq majeur de la saison :
    T. Satoransky (PG) – Z. LaVine (SG) – T. Young (SF) – L. Markkanen (PF) – W. Carter (C)

    Après une saison 2018-2019 très mouvementée et une non moins décevante 13ème place à l’Est, Jim Boylen le nouvel homme fort de Windy City s’est employé à trouver des solutions pour ramener des résultats à cette équipe très jeune (22 ans) et globalement assez inexpérimentée puisque trois joueurs seulement ont plus de quatre saisons dans la ligue. Dans un tel contexte, les Bulls doivent miser sur ce groupe tout en l’entourant de joueurs à l’expérience solide pour leur permettre de passer un cap. Pour l’expérience les Bulls ont donc décidé de miser sur l’ex-76ers Thaddeus Young qui vient compenser le départ de Robin Lopez parti rejoindre son frère dans le Wisconsin.  Le noyau du groupe est resté intact dans l’ensemble malgré les départs de plusieurs role players (B. Portis, C. Payne, T. Luwawu-Cabarrot) ou encore d’un Justin Holiday que les Bulls n’ont pas voulu prolonger malgré un très gros temps de jeu effectif l’an passé. Chicago a surtout choisi de miser sur la loterie de cet été et de donner du relief au poste de meneur de jeu en attirant le tchèque Tomáš Satoranský.

    En dépit des attentes et l’objectif de choper un spot en phases finales en fin de saison régulière, les Bulls font encore partie des déceptions de la saison. Malgré un meilleur bilan de victoires depuis un an, l’effectif a été constamment impacté par les absences de plusieurs cadres, qui ont pour la plupart déjà manqué une, voire plusieurs dizaines de matchs et ce sont du coup des joueurs de la rotation qui ont pu bénéficier des minutes à prendre mais qui ont du supporter la responsabilité des résultats de l’équipe. Chicago vit même sa pire période depuis l’arrêt de la saison, après avoir concédé 13 défaites sur leur 16 dernières rencontres (dont une série de huit revers de rang qui aura duré trois semaines). Un bilan qui s’explique forcément par le manque d’automatisme et de stabilité dans le groupe, tandis que le coach en sursis distribue les minutes à tout va à quelques rares exceptions.

    Car s’il y en a bien un qui bénéficie d’une total confiance de la part de son entraîneur, c’est Zach LaVine. L’arrière a carte blanche pour jouer et affiche cette saison ses meilleurs stats personnelles, en témoigne son nombre de tentatives accrue et sa prise de décision plus efficace et décisive que par le passé. Malgré une adresse qui doit s’améliorer, LaVine a prouvé non seulement qu’il était désormais le leader d’attaque de son équipe mais que sans ses cartons offensifs, le bilan des Bulls aurait pu être plus inquiétant. À ses côtés le jeune Coby White a su également tirer son épingle du jeu, devenant assez indispensable en attaque au point d’être élu rookie du mois de février à l’Est. Il faut dire qu’avec les blessures de Wendell Carter, Otto Porter Jr., Lauri Markkanen ou encore Kris Dunn, plusieurs places étaient vacantes dans le registre offensif. Parmi les joueurs les plus utilisés et les plus importants du groupe, Satoranský a même piqué la place de ce dernier comme meneur titulaire. L’équipe maintient pour l’heure un cap (bon ou mauvais ?) en voulant miser sur ses jeunes à conditions que ces derniers ne se blessent pas les uns après les autres et puissent se développer sereinement.

    La saison de Philadelphie en quelques chiffres :
    . 25ème équipe la plus adroite aux tirs (44.7% FG)
    . 28ème équipe aux rebonds (41.9)
    . 4ème pire bilan de victoires à l’extérieur (8-23)
    . Meilleur marqueur : Zach LaVine (25.5 points par match à 45% FG)
    . Meilleur passeur : Tomás Satoransky (5.4 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Wendell Carter (9.4 rebonds par match)

    Detroit Pistons (20-46) – 13ème

    PPG (107.2) – 24ème / Opp PPG (110.8) – 16ème
    Offensive Rating (109) – 21ème / Defensive Rating (112.7) – 22ème

    Cinq majeur de la saison :
    D. Rose (PG) – L. Galloway (SG) – T. Snell (SF) – C. Wood (PF) – T. Maker (C)

    Dernier qualifiés l’an dernier, les Pistons n’ont guère pesé lourd face aux redoutables Bucks au 1er tour (0-4). Malgré tout l’objectif de cette saison pour Detroit restait le même : viser les playoffs et éviter de choper les Bucks au 1er tour. Objectif réaliste pour une équipe qui est allé chercher des joueurs d’expérience comme Markieff Morris et Derrick Rose pour venir compléter le noyau Drummond, Griffin et Jackson. Un recrutement solide et somme toute logique mais qui demande encore à se concrétiser sur les parquets et dans une Conférence Est plus féroce. L’équipe dispose également de jeunes talents en devenir qui ont déjà montré des signes encourageants tels Luke Kennard, Bruce Brown et même Christian Wood, récupéré auprès des Pelicans. Et puis Detroit accueille cette année un français parmi ses joueurs qu’elle a draftés, le jeune Sekou Doumbouya qui devra se faire une place dans une rotation où des places sont encore à prendre.

    Alors certes tout n’est pas à jeter pour les Pistons cette saison, loin s’en faut. Mais lorsque les hommes de Dwane Casey débutèrent en 2019 par sept victoires sur leurs vingt premières rencontres de saison régulière, on se dit alors que le recrutement de l’été n’aura presque rien changé à la situation. Les cadres n’ont pas ou peu été au rendez-vous entre les blessures des uns (Griffin, Jackson) et les départs lors de la trade deadline (Markieff Morris aux Lakers) dont celui de Andre Drummond, vivement critiqué et qui a eu l’effet de faire passer les Pistons pour des coqs sans tête. Désormais tournée vers la reconstruction un peu tardive, Detroit semble avoir revu ses ambitions à la baisse et les résultats de la franchise s’en ressentent fortement. Avec seulement trois petites victoires sur leurs vingt derniers matchs, dont une série de sept revers de suite, le calendrier des matchs à venir n’est pas près de redonner du baume au cœur des supporters du Michigan.

    Pourtant remarquable sur le papier, l’effectif des Pistons s’est rattaché assez longtemps aux performances du revenant Derrick Rose et de son entente avec Andre Drummond et à moindre mesure Blake Griffin. Des progressions sont à noter également. Même s’ils bénéficient d’un plus gros temps de jeu, surtout avec un effectif dispersé, Luke Kennard, avant de se blesser, Christian Wood ou encore Bruce Brown et Sviatoslav Mykhailuk sont autant de promesses pour l’avenir de la franchise. Une progression dont seraient bien inspirés les débutants du roster, à commencer par notre frenchie Sekou Doumbouya, dont le mois de janvier n’est pas passé inaperçu aux yeux des fans et de son coach qui attend beaucoup plus d’investissement de sa part à l’avenir. Certains joueurs ont plusieurs cartes à jouer en cette fin de saison, bénéficiant d’un temps de jeu plus conséquent et de responsabilités pour se mettre en évidence en vue de décrocher un contrat et un bon rôle à jouer dans l’effectif la saison prochaine.

    La saison de Detroit en quelques chiffres :
    . 29ème équipe aux rebonds (41.7)
    . 2ème équipe à concéder le plus de tirs à 3-points (29.6)
    . 5ème pire bilan de victoires à domicile (11-22)
    . Meilleur marqueur : Derrick Rose (18.1 points par match à 49% FG)
    . Meilleur passeur : Derrick Rose (5.1 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Andre Drummond (15.8 rebonds par match) / Christian Wood (6.3 rebonds par match)

    Cleveland Cavaliers (19-46) – 15ème

    PPG (106.9) – 25ème / Opp PPG (114.8) – 23ème
    Offensive Rating (107.5) – 25ème / Defensive Rating (115.4) – 29ème

    Cinq majeur de la saison :
    D. Garland (PG) – C. Sexton (SG) – C. Osman (SF) – K. Love (PF) – T. Thompson (C)

    « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ». Cette célèbre citation de Lamartine n’a jamais été aussi bien portée que par les Cavaliers depuis le départ de son King, LeBron James. Terminant 14ème et avant-dernier bilan de la ligue devant les Knicks, les Cavs sont pourtant loin d’être à plaindre au regard de leur effectif et c’est d’autant plus offensant quand on sait qu’une saison plus tôt, la franchise de l’Ohio luttait encore en finale face à ses rivaux les Warriors. Cette année donc pas d’excuse pour cette équipe, en reconstruction certes, mais qui a tout de même conservé certains cadres de ses glorieuses saisons passées. On vous l’accorde, viser les playoffs avec un effectif aussi déséquilibré (10 joueurs avec deux saisons ou moins au compteur), paraît très peu probable, même à l’Est. À ce titre le nouvel entraîneur en chef, John Beilein, fait également figure de jeune bleu au sein de la ligue, en dépit d’une énorme expérience d’entraîneur universitaire. La stratégie semble assez claire : les Cavs doivent repartir sur du neuf avec un vivier très dense de jeunes joueurs à développer en priorité, ce qui pourrait poser plusieurs problèmes aux éléments les plus anciens.

     Et ça n’a pas manqué. Arrivés à la mi-saison, Cleveland affichait déjà un bilan très inquiétant de 12 victoires pour 30 défaites et des tensions palpables en interne entre les jeunots et les anciens. La mayonnaise n’a visiblement pas prise au grand désespoir des supporters et des dirigeants qui vont trouver comme seule solution de se séparer de leur entraîneur fin février pour laisser son adjoint J.B. Bickerstaff prendre les commandes du groupe pour la dizaine de matchs restants. Une histoire qui tourne court malgré le bon travail fourni par ce dernier avec les jeunes, en particulier son backcourt très prometteur mais qui doit apprendre à jouer ensemble et gagner en régularité pour se mettre au niveau de la NBA. Avec seulement huit matchs remportés à l’extérieur, et un bilan guère mieux à domicile, les Cavs ont coulé défensivement, la faute à un manque d’implication et d’esprit collectif rédhibitoire. Les Cavs vont même se séparer de leur sixième homme, Jordan Clarkson, après Noël, se privant ainsi d’un élément offensif majeur. La cassure est assez profonde et la Trade Deadline de février n’a pas eu l’effet escompté (6 victoires et 6 défaites).

    L’arrivée d’Andre Drummond, malgré tout ce qu’elle a de surprenante et d’enthousiasmante, est loin de répondre aux besoins de l’équipe à cette heure. Les deux profils de All-Stars que sont Tristan Thompson et Kevin Love, évoluent dans un registre en tout point similaire à celui de l’ancien Piston, et affichent une solide expérience et entente dans le jeu depuis plusieurs années, ce que l’ex-Piston ne pourra pas défaire à moins d’un départ de l’un des deux joueurs. Difficile de comprendre la manœuvre même si ce dernier est plus jeune et que la franchise à réaffirmer il y a peu, son souhait de conserver le pivot All-Star la saison prochaine. Une association avec les jeunes loups Collin Sexton, Darius Garland et Kevin Porter Jr. pourrait fonctionner à conditions de mettre de l’ordre dans le vestiaire et de leur laisser du temps pour progresser ensemble sur le terrain. Car dans l’ensemble et malgré des belles promesses, il n’y a pas grands choses à tirer de cette saison pour Cleveland qui reste une équipe sans fond de jeu et sans réelles orientations à long terme qui vaillent la peine.

    La saison de Cleveland en quelques chiffres :
    . 2ème équipe commettant le plus de faute par match (18.3)
    . 30ème équipe à réaliser le plus de contres par match (3.2)
    . 4ème pire bilan de victoires à domicile (11-25)
    . Bilan de 0 victoire et 4 défaites face à des équipes de la Division Pacific
    . Meilleur marqueur : Collin Sexton (20.8 points à 47.2% FG)
    . Meilleur passeur : Darius Garland (3.9 passes décisives par match)
    . Meilleure rebondeur : Tristan Thompson (10.1 rebonds par match) / Andre Drummond (11.1 rebonds par match)
  • Plaidoyer pour le Playground

    Plaidoyer pour le Playground

    Crédit photographique : Capucine Bailly.

    On peut entendre l’écho du ballon qui rebondit sur le bitume à 100 mètres. Puis le crachotement de l’enceinte au pied du panier qui fait résonner un morceau de trap US autour de six adolescents qui s’affrontent. Sur le côté, un joueur attend son tour, maillot “Curry 30” floqué sur le dos, gourde tiède à la main. “Check”. La balle est donnée à l’attaque. La rencontre commence et la première possession est jouée en isolation. Le hurlement “AND ONE” retentit alors que le joueur monte au cercle et percute son défenseur direct. 

    En cette chaude après-midi d’été, l’atmosphère animée du terrain témoigne de l’importance de la culture du streetball. Véritable discipline du basketball avec ses propres codes, le jeu outdoor est pourtant inconsciemment lié aux grandes compétitions officielles internationales. Cette semaine, Clutch Time vous propose une incursion dans l’univers du playground, à la recherche des connections que ses joueurs entretiennent avec la NBA. 

    Un microcosme du basket

    “Le Street Basketball, ce n’est pas vraiment du Basket”. L’affirmation semble hypocrite et peut amuser. C’est pourtant vrai, le jeu qui se pratique sur les playgrounds n’est pas académique et ne s’enseigne dans aucune école de basket. 

    Les esthètes des systèmes exécutés à la perfection ne portent pas la discipline dans leur cœur.  Le basket de rue, c’est le règne de l’isolation. L’individualité des joueurs est exacerbée, symptomatique de la liberté qu’offre l’espace du playground. Un terrain ouvert avec ou sans revêtement mais toujours à l’air libre, au coeur de la ville. Le cercle est souvent nu, lorsqu’il n’est pas recouvert par un reliquat de filet. Malgré cet environnement rudimentaire, le terrain est accessible à tous. Pour rejoindre un pick up game, pas besoin de licence ou de mesurer 1m95. Parfois  il faut être inventif et partager son territoire avec des « footix ». Le 3vs3 est ainsi le format royal du playground, sur demi-terrain. Plus spontané, il demande peu d’organisation et la fatigue se fait moins vite ressentir. 

    Pick Up game de nuit à Hô Chi Minh City, District 2, Thao Dien, Vietnam. Crédit Photo : Benjamin Pham.

    No Blood no foul, le jeu pratiqué dehors est réputé bien plus physique, moins édulcoré. Il n’y a pas d’arbitre sur le terrain pour siffler le coup de coude asséné pour prendre position sous le cercle. Pas de lancer-franc non plus, chaque joueur est responsable d’annoncer les fautes commises à son encontre. Par bien des égards, le basket des playgrounds est moins rigoureux mais plus violent. Le risque de blessure y est plus élevé. Sans staff médical en sortie de temps mort, une fois hors-jeu on rentre seul avec son entorse à la cheville. 
    Pourtant, le Street Basketball passionne car il implique une affirmation de soi. Le but n’est pas seulement de gagner, mais surtout de prouver sa valeur individuelle. Un marcher ou un porter de balle sera bien souvent ignoré si le joueur en question a la main chaude et assoit sa domination sur la rencontre.
    De plus, le sentiment d’appartenance à une équipe est moindre car celle-ci est éphémère. L’engagement sur chaque action est pourtant total. L’opposant direct n’hésite pas à défendre avec rudesse, c’est une question d’égo. Chaque panier encaissé est une petite défaite et à chaque action , on brille aux yeux de tous ou on s’écroule.  
    Le basketball pratiqué en outdoor diffère ainsi du jeu pratiqué en club, mais les deux disciplines inspirent la même passion pour le jeu. Même aux USA, royaume du basket de rue, peu de joueurs ont réussi ce voyage des playgrounds vers la NBA.

    « AND ONE »

    Earl “The Goat” Manigault. Souvent présenté comme un des meilleurs joueurs de tous les temps. Entre addiction à l’héroïne, misère et prison, il n’a jamais officié en NBA.  Il appartient au panthéon des playgrounds New-Yorkais. Souvent idéalisé,  Manigault aurait été capable de réaliser un double dunk d’un seul saut, du haut de son 1m80.

    Au tournant du millénaire aux Etats-Unis,  le mouvement du freestyle basketball prend de l’ampleur. La créativité est le mot d’ordre de cette discipline qui se nourrit des influences Hip-Hop de la rue, de moves spectaculaires et esthétiques du basketball, avec pour intention première d’humilier son adversaire. Le collectif AND1 créé en 1993 met en avant cette culture des cross à répétition, des passes extravagantes et dunks dévastateurs. 

     “All Ball, Nothing More” :  l’équipementier accède à la renommée en devenant sponsor de joueurs NBA qui possèdent ce côté flashy,comme Stephon Marbury en 1996 ou Latrell Sprewell en 1999. Lors du légendaire dunk contest de Vince Carter en 2000, le joueur de Toronto décolle, une paire de Tai Chi AND1 aux pieds.  L’identité et la publicité de la marque  se développe grâce aux mixtapes. Ces cassettes sont des compilations des meilleures actions des joueurs de l’écurie AND1, sur les playgrounds, gymnases, et surtout dans la rue. Distribuées massivement dans les quartiers américains, elles participent à faire émerger des stars du collectif.

    Vidéo Youtube du Troisième volet des mixtapes And1

    Parmis ces personnalités, Philip “Hot Sauce” Champion, Grayson “The Professor” Scott Boucher ou Rafer Alston, aka Skip To My Lou

    Skip To My Lou est un des rares joueurs ayant reçu une éducation purement freestyle à rejoindre la grande ligue. Né en 1976 dans le Queens, Rafer se fait remarquer sur les playgrounds prestigieux de la Big Apple. Drafté en 39ème position par les Bucks en 1998, Skip est un meneur de jeu aux dimensions honnêtes avec 1m88 sous la toise. Sa qualité de dribble et son jeu parfois provoquant transpirent la rue et trahissent son passé de streetballer. 

    Le début de carrière de Rafer Alston est laborieux, il atteindra son pic en 2009 en étant le meneur vétéran d’une équipe du Magic qui atteint les finales NBA, emmenés par Dwight Howard

    For The Love Of The Game

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    Des enfants s’entraînant sur un terrain New-Yorkais. Source : Curbed NY.

    Beaucoup de joueurs NBA ont connu leurs premières oppositions et moments de gloire sur des terrains en outdoor. Le playground porte  la jeunesse. Il y règne un esprit et une culture de la gagne, du travail essentiel pour briller un jour aux yeux de tous. Être amoureux de la balle orange, c’est répéter ses gammes dans le froid en hiver, sous une pluie battante, ou la nuit avec pour seule lumière l’éclairage public. C’est ainsi que se construit la passion, The Love for the Game. L’été durant l’intersaison, aux Etats-Unis comme en Europe, des amateurs peuvent avoir la chance de se retrouver en compagnie de joueurs professionnels, peut-être nostalgiques de leurs premiers souvenirs de basketball. Cet éternel retour au playground atteste de l’héritage qu’a apporté la culture du streetball au jeu en NBA. 

    Depuis une décennie, le jeu rapide et offensif domine en NBA, à l’instar de la tactique run and gun qui consiste à courir, jouer la contre-attaque sans ralentir le tempo et prendre un maximum de tirs ouverts, en première intention. Comme au playground, l’accent est mis sur le scoring et les grandes équipes se construisent autour d’individualités fortes. Des joueurs de caractère, des franchise players qui imposent leur domination aux yeux de tous, sur les terrains et … sur les réseaux sociaux. On ne le répètera jamais assez, l’explosion des audiences NBA ces dernières années s’explique aussi par l’ouverture à Facebook, Twitter et  Instagram. Or, ce qui ramène du buzz, de la visibilité c’est le pathos. Des actions magistrales réalisées dans une situation de confrontation directe entre deux joueurs, de  préférence avec humiliation. Rien de tel qu’un poster dévastateur ou un ankle breaker pour vendre des maillots. Or, le dribble superflu qui fait tomber son défenseur, cette audace récompensée, c’est l’essence même du jeu street

    C’est pourquoi de nombreux joueurs ont emprunté des moves et un style de jeu issu de la rue pour l’importer en NBA. Earl “The Pearl Monroe” ou Jason “White Chocolate” Williams sont des joueurs qui ont participé à faire évoluer le jeu de la grande ligue. 

    Le plus street  d’entre-eux reste Allen Iverson, pour la révolution culturelle qu’il a initié en NBA, à coup de baggies et de crossovers aiguisés. 

    De Paris aux States, une géographie des playgrounds iconiques

    Jouer à domicile, qu’on habite à Miami ou à Roubaix c’est représenter sa ville, son “chez-soi.”

    “C’est mon terrain”. Le playground est un espace sur lequel ses habitués projettent un sentiment d’appropriation. C’est ici que se sont déroulés leurs exploits individuels. Chaque terrain de basket a ainsi une identité propre qui participe à construire sa renommée. 

    Clutch Time vous propose une escapade touristique et basketballistique sur des terrains entrés dans la culture populaire. 

    Rucker Park : la Mecque. 155th Street, New-York, Etats-Unis. 

    Un match au Rucker Park. Crédit Photo : Russ Bengtson

    C’est à New-York, dans le quartier de Harlem que se trouve le playground le plus iconique des Etats-Unis. Le terrain a été nommé en hommage à Holcome Rucker, un enseignant du quartier qui a organisé une compétition locale en 1955 afin d’aider des jeunes en difficulté à poursuivre leurs études.  Des Halls-of-Famers et légendes du jeu comme Kareem Abdul Jabbar, Nate Archibald ou Wilt Chamberlain l’ont fréquenté assidûment. C’est un lieu de pèlerinage pour la planète basket et les superstars actuelles. 

    Le  Basketball Court de Venice Beach : Le plus West Coast. 1708-1798 Ocean Front Walk, Venice, États-Unis

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    Source : Los Angeles Magazine

    Enchaîner les ficelles sous le soleil de Californie, à quelque mètres de la plage. Que demander de plus ? A LA, le cadre est idyllique et inspirant avec plusieurs terrains. Comme dans la plupart des playgrounds américains de renommée, la hype et le niveau sont bien présents. Pour les amateurs de cinéma, c’est aussi le lieu où ont été tourné des scènes de “White Men Can’t Jump” (Ron Shelton, 1992) et American History X (Tony Kaye, 1998). 

    Le terrain Duperré : Le repère des Basketteurs-Instagramers. 22 Rue Duperré, 75009 Paris, France

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    Source : Dezeen.

    Localisé dans le IXème arrondissement de Paris à proximité de Pigalle, le terrain Duperré est probablement le spot de basket le plus photogénique de Paris. Niché entre deux immeubles, son revêtement coloré aux couleurs bariolées en fait un lieu plébiscité par les sportifs influenceurs. Le terrain séduit par son esthétique et il faudra se lever tôt pour avoir une chance d’enchaîner les jumpers sur ses paniers en toute quiétude. 

    Le Playground des jardins de Saint-Paul : L’International.  9 Rue Charlemagne, 75004 Paris, France

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    Crédit Photographique : X days in Y

    En plein milieu du Marais, à proximité de la station de métro Saint Paul, c’est le terrain qui avait accueilli Stephen Curry pour sa démonstration de shoots sous la bannière Under Armor, il y a deux ans. Réputé pour attirer les touristes et étrangers de passage, on s’y trashtalk aussi bien dans la langue de Molière que dans celle de Shakespeare. Le niveau y reste assez hétérogène.

    Le Jordan Legacy Court : Le plus “Jordanesque”. 41 Rue des Haies, 75020 Paris, France

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    Source : Nike.com

    Pas forcément le terrain parisien le plus connu, mais il mérite le détour. Le playground a été inauguré en 2015 par His Airness en personne. C’est un cadeau fait par MJ à la mairie de Paris.  Michael désirait apporter des infrastructures de qualités aux jeunes de l’arrondissement du 20ème, quartier populaire et dynamique de la capitale. Les panneaux en plexiglas et le revêtement correspondent aux standards de qualité des playgrounds américains. Vous y trouverez toujours du monde pour organiser un pick up game, sous le regard de l’immense fresque du GOAT en fond de court

    Ainsi, le Basket pratiqué sur les playgrounds n’est pas aussi policé que la discipline pratiquée en FIBA ou en NBA. C’est ce statut hybride qui en fait un univers rayonnant et riche culturellement à l’International. Il a donné lieu à de nombreuses manifestations et créations autour de la culture urbaine et du Basketball. En Hexagone, les organisateurs du Quai 54 l’ont compris. Depuis 2002 ils organisent annuellement un All-Star game du basketball de rue. Cette célébration du jeu attire fans, influenceurs Hip-Hop, marques de Street-Wear et joueurs NBA. Tous ces acteurs reconnaissent le patrimoine que représente le basketball issu de la rue pour notre sport. 

  • Être retraité en NBA

    Être retraité en NBA

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    Kyrie Irving, grimé en petit vieux pour son film Uncle Drew. Source : Deadline.com

    Chaque semaine, Clutch Time vous propose une immersion dans l’univers de la grande ligue. Entre phénomènes identitaires et tendances extra-sportives, votre média basket analyse le paysage culturel de la NBA.

    L’Éternité. Ne serait-ce pas l’idéal auquel aspirent tous les artistes, qu’ils manient un pinceau ou une balle orange ? Que les gens se souviennent de leur carrière. Que leurs exploits restent. Racontés encore et encore après que le buzzer sonne, et que leurs dernières secondes passées sur le parquet se soient écoulées. Malheureusement pour nous, les athlètes NBA n’ont pas accès à la fontaine de jouvence, (sauf Vince Carter). Un jour, il faut raccrocher ses baskets, et ensuite ? Que se passe-t-il dans la tête d’une superstar à la fin de son épopée ? Comment se réorienter lorsqu’on est un athlète professionnel ? Clutchtime vous propose une incursion inédite : direction les coulisses de la maison de retraite de la plus belle ligue au monde.

    Raccrocher ses baskets, enfiler ses sneakers

    Les dernières années ont été difficiles. Il a fallu évoluer avec son temps. S’adapter aux nouveaux systèmes de jeu en proposant une partition moins physique, plus technique. Accepter que les minutes passées sur le terrain soient en baisse, tout comme le montant de son contrat. Vieillir en NBA nécessite des trésors d’adaptation. Certains joueurs s’en sortent d’ailleurs mieux que d’autres, car leur profil, leur style de jeu intéressent toujours des équipes qui jouent le titre. Ray Allen a ainsi parfaitement réussi sa transition pour devenir un sixième homme de luxe pour le Heat champion en 2013, les Spurs s’en souviennent.

    Les dernières années d’un vétéran ne sont pas forcément arides.  Il incombe au joueur expérimenté la lourde et noble tâche de former les plus jeunes. Devenir un mentor pour les gloires de demain, c’est le rôle que joue à merveille Kyle Korver, proche de la fin mais toujours aux Bucks cette saison. Le quatrième shooter à 3pts de l’Histoire de la NBA participe à familiariser Giannis Antetokounmpo, MVP sortant, au tir à longue distance. 

    Cependant, un jour la dernière saison arrive. La sortie n’est pas identique pour tous les joueurs. Certains ont marqué la NBA de leur empreinte et ont le droit à une  tournée d’adieu, les honneurs du public chaque soir. Viendront ensuite, le ou les maillots retirés et pour une poignée d’entre eux, le Hall of Fame : la consécration.

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    Ray Allen lors de son discours d’intronisation au Hall-of-Fame en 2018. Source : Nba.com

     D’autres, désormais boudés par les franchises sont condamnés à partir dans l’ombre, plus sobrement. Parfois par dépit, lorsque l’accumulation des blessures et la fatigue du corps pousse à la retraite anticipée. Quelle que soit la forme du départ, elle ne doit pas minimiser ce que chaque joueur a apporté aux équipes NBA. C’est grâce à son travail acharné durant sa vie d’athlète qu’il a réussi à se hisser jusqu’à cette ligue compétitive.
    Que reste-t-il lorsque vient le temps de raccrocher ses baskets ? Peut-être l’émotion, le soulagement, les souvenirs et la sensation d’une retraite méritée. Commence ensuite une nouvelle carrière. 

    S’accrocher à la NBA

    S’accrocher à la NBA. Cela semble compréhensible quand le basket a été au centre des espérances, du développement d’un individu en tant que jeune adulte. La porte est parfois claquée à regret et nombreux anciens joueurs désirent préserver leurs liens avec la grande famille du basket. Plusieurs perspectives de reconversion s’offrent alors à eux. 

    La plus évidente est de travailler pour sa franchise de cœur, et les opportunités sont multiples. La voie royale pour ne pas trop s’éloigner des terrains reste le coaching. De nombreux joueurs se voient en tacticiens cérébraux et aspirent tout d’abord à un poste d’assistant coach, espérant prendre un jour les rênes d’une équipe. Ce parcours professionnel n’est pas le plus évident : les meilleurs joueurs ne font pas les meilleurs entraîneurs, bien au contraire. 

    Se faire respecter dans les vestiaires et gagner la confiance des jeunes par ses choix tactiques est un exercice souvent périlleux. En cas d’échec, le coach est souvent présenté comme un bouc-émissaire. La réputation d’un Magic Johnson, véritable magicien et métronome tactique n’a pas été consolidée par son expérience en tant que meneur d’hommes. Coach des Lakers en 1994, la franchise rate alors les playoffs pour la première fois depuis 18 ans. 

    Aujourd’hui, Tim Duncan et Becky Hammon, deux légendes du basket ball, secondent Gregg Popovich au coaching des Spurs et aspirent probablement à mener un jour une équipe au titre, comme ils l’ont fait durant leur carrière d’athlète.

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    Gregg Popovich aux couleurs des Falcons De l’US Air Force, 1969. Le légendaire coach des Spurs n’a jamais joué en NBA. Source : GettyImages.com

    En arrière-plan du coaching, de nombreux retraités s’intéressent à des postes associés au développement d’une franchise : Manager, Président ou Directeur Général des opérations basket par exemple. Cependant, un décalage persiste entre  le jeu sur le parquet et le jeu derrière les bureaux. Si les retraités ont l’expérience de la ligue et de son sport, cette seconde carrière nécessite un apprentissage des qualités intrinsèques à un nouvel environnement entrepreneurial. Les réussites ne sont pas immédiates et systématiques.  Larry Legend Bird fait peut-être exception à la règle. Le patron des C’s durant les années 1980 a été nommé successivement Coach of the Year et « Dirigeant de l’Année » avec la franchise de son État de naissance, les Indiana Pacers. Ce palmarès si varié illustre les capacités d’adaptation et de compréhension du basketball en tant que véritable science par Bird.

    Enfin, en gravitation permanente autour de la ligue, les médias constituent une orientation de niche pour d’anciens joueurs beau parleurs. A l’aise face aux caméras lors de leur passage en NBA, ils constituent désormais un atout de séduction lorsqu’ils représentent  un organe de presse ou de télévision. Charles Barkley, ou Big Shaq brillent en qualité de présentateurs pour le show Inside the NBA, diffusé sur la TNT. Un  ravissement pour les nostalgiques de leur verbe corrosif.  D’autres retraités/journalistes deviennent commentateurs des matchs ou consultants analystes de la grande ligue. 

    Les analystes Scottie Pippen et T-Mac étudient la meilleur stratégie à adopter en défense sur James Harden.
    Source : ESPN, 2019.

    La NBA ne rechigne pas à solliciter les services de ses anciennes légendes. Ces partenariats sont d’ailleurs une opportunité pour les joueurs retraités qui s’adaptent à de nouvelles dynamiques professionnelles.  

    Ruine ou Business ? 

    “60 % des joueurs NBA sont ruinés après cinq années de retraite sportive. »

    Source : « How (and why) athletes go broke » 23 mars 2009, Sports Illustrated.

    C’est le triste constat que dressait le journaliste Pablo S. Torres pour Sports Illustrated en 2009. 

    Pourtant, les athlètes sont éligibles à une retraite confortable dès lors qu’ils ont passé plus de 3 saisons sur les parquets de la grande ligue. La NBA est la ligue sportive américaine qui prend le mieux soin de ses retraités avec une aide annuelle pouvant s’élever de 57 000 dollars à 195 000 dollars par an. Cette somme semble suffisante pour aspirer à une vie paisible, en prenant en compte les gains amassés en carrière et les investissements potentiellement réalisés grâce aux conseillers en patrimoine de la grande ligue. 

    Dès lors, pourquoi cette situation de ruine généralisée auprès des jeunes retraités ? 

    Probablement car la transition n’est jamais indolore et parfois brutale. Les athlètes quittent un encadrement quotidien imposé par leur franchise. Le relâchement est compréhensible, car la rigueur n’est plus de mise pour rester à un niveau compétitif. Si des anciennes stars comme Dwyane Wade s’imposent des séances de workout régulières pour ne pas ressembler trop vite à un papy, d’autres profitent amplement de leur nouveau statut. Ces retraités n’ont pas attendu de raccrocher les baskets pour dépenser des sommes astronomiques dans les festivités. Cependant, la liberté acquise incite à la démesure. Les dépenses qui s’accumulent mènent pragmatiquement à la ruine. 

    Dennis Rodman est connu pour son train de vie de clubber déjanté et ses déboires financiers. Totalement fauché mais fidèle à son idéal de luxure, il s’est résigné à jouer des matchs de gala aux cachets faramineux pour survivre financièrement. En 2005, il jouait une rencontre officielle en territoire finlandais : 17 minutes de jeu et 50 000 dollars dans la poche. 
    Si Pippen, Iverson ou Shawn Kemp ont eux aussi bataillé avec leurs comptes en banques, d’autres superstars se sont heureusement révélés de redoutables businessmen. 

    Le plus emblématique reste Michael Jordan. Son altesse des Bulls a érigé sa marque éponyme en modèle marketing et commercial mondialisé. Partout sur la planète, les chaussures signatures ou produits dérivés du logo Jumpman  inondent les marchés locaux. 

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    Jordan, posant le cigare aux lèvres en parfait millionnaire. Sur sa casquette, le logo de sa marque jumpman qui a fait sa fortune. Source : USA today.

    En 2020, le magazine américain Forbes tient Jordan à la 1281ème place des plus grandes fortunes mondiales. L’ex numéro 23 détient un capital qui s’élève à 1,9 milliards de dollars. Il est devenu propriétaire des Charlottes Hornets en 2010, pour 175 millions de dollars. Encore un investissement fructueux de la part du GOAT, car la valeur de la franchise a été multipliée par 10 en une décennie. 

    A 35 ans, la rupture avec son travail, sa passion, peut sembler difficile pour un joueur NBA. Les athlètes professionnels doivent cependant assurer leur transition vers une seconde vie. Plus éloignés de la lumière médiatique, de la pression des parquets, nombreux d’entre eux se refusent pourtant de quitter totalement l’amour des fans et de la grande famille NBA. Parfois présentes au premier rang spectateur d’un match, les anciennes gloires accompagnent la nouvelle génération de joueurs dans le sillage de leurs souvenirs sur les parquets.


  • NBA Paris Game Week 2020

    NBA Paris Game Week 2020

    La semaine dernière ClutchTime était présent à la NBA House, lieu entièrement aménagé pour la communauté et les fans de la NBA, à l’occasion du match organisé à l’Accor Hotel Arena de Paris entre les Hornets de Charlotte et les Bucks de Milwaukee. Durant plusieurs jours, amateurs et professionnels se sont sont donné rendez-vous pour assister à des shows uniques qui ont notamment vu défiler plusieurs personnalités du basket américain et français dans une ambiance inédite au sein de l’hexagone.


    NBA Paris Game, la génèse

    Fin mars, la nouvelle est tombée, Paris accueillera un match de NBA pour la toute première fois de son histoire. La folle rumeur de ce début d’année 2019 fut confirmée par la ligue dans un communiqué de presse. Après Londres depuis 2011, Paris devient donc la seconde capitale européenne à accueillir un match de saison régulière, dans le cadre des NBA Global Games, après plusieurs années de négociations selon les mots du patron de la ligue, Adam Silver.

    Les Charlotte Hornets et les Milwaukee Bucks ont donc été choisis comme les heureux participants à ce match de gala qui se déroulera le 24 janvier 2020 à l’Accor Hotel Arena. Une affiche de prestige pour cette salle qui a néanmoins déjà reçu la visite de plusieurs franchises américaines dans le cadre de rencontres de pré-saison entre 1994 et 2010.

    Dell Curry et Muggsy Bogues quinze années auparavant – source : Baby T.E.R

    Dix ans après la dernière visite d’une équipe NBA, la grande ligue nord-américaine va donc fêter son retour en grande pompe, pour le plus grand bonheur des fans parisiens et français. En exportant de nouveau un match au-delà de ses frontières, la grande ligue souhaite d’abord consolider ses parts de marchés en France (et en Europe plus globalement), surtout depuis la rupture totale avec le marché chinois, accusant des pertes d’argent substantielles.

    Les Charlotte Hornets sont fiers de pouvoir participer au premier match de saison régulière de l’histoire organisé à Paris. J’ai vu directement, pour avoir joué des matches de préparation en France, la passion des supporters français pour la NBA.

    Michael Jordan, propriétaire des Charlotte Hornets

    Des ventes records mais des places bien trop chères

    Nous voilà rendu fin octobre. Les premières places sont à peine mises en ventes depuis le 25 (le 23 depuis la prévente), que déjà les réactions fusent de toutes parts. En effet une certaine hystérie générale va finalement laissée place à la colère et la déception des fans toujours fanny dans l’espoir de décrocher une place depuis le site. Avec près de 100 000 personnes inscrites, les spots s’arrachent à prix d’or au grand désespoir de certains.

    Alors que les précieux sésames partent comme des petits pains, se met alors en place différentes manoeuvres afin de revendre les places à des prix exorbitants. L’on pouvait déjà trouver après quelques jours des billets avoisinant les 3 000€, soit un gain quatre à six fois supérieur au montant initial.

    Malgré cet accroc marketing, la ligue se frotte déjà les mains à l’idée de faire salle comble en si peu de temps, pour une première qui s’annonce déjà réussie sur le plan de l’affluence. Reste donc désormais à mettre en place toute la partie comm’ autour de l’évènement.

    Une programmation aux petits oignons

    Dès le mois de septembre, la NBA pose déjà les bases de cet évènement en organisant une rencontre avec le commentateur et ancien joueur des Rockets, Kenny Smith. Grâce au partenariat de la ville de Paris et d’un comité sportif olympiques et paralympiques, vingt enfants du centre de loisirs élémentaire Auguste Perret (13e) ont participé à cette rencontre qui fut le point de départ du projet « Jr. NBA Reporters », programme d’accompagnement pédagogique sur l’univers du basket dont l’objectif était la découverte du journalisme sportif pour des enfants de 10-11 ans, organisé dans les locaux de BeIn Sports notamment.

    22 Rue Duperré, 75009 Paris

    D’autres programmes sont d’ailleurs prévus durant plusieurs semaines à la fois avant et après le match qui se déroulera dans la soirée du 24 janvier. Parmi ces évènements on note des tournois de e-sport sur NBA2K 20, franchise phare du jeu vidéo de basket depuis plus de dix ans, l’inauguration d’un terrain de basket flambant neuf du côté de Pigalle, le célèbre playground Duperré, rénové pour l’occasion ou encore une exposition dédiée à la carrière de joueur de Tony Parker autour de l’hôtel de ville parisien.

    Par ailleurs, en parallèle de l’évènement, l’organisation annonce courant novembre la création d’un espace dédié entièrement à la NBA, qui permettra aux fans du monde entier de se retrouver autour de plusieurs animations, stands commerciaux et des rencontres exceptionnelles de Kareem Abdul-Jabbar, Muggsy Bogues, Dell Curry à Dikembe Mutombo ou encore Bruce Bowen. Rien que ça !


    La Semaine NBA à Paris

    Hôtel de ville de Paris aux couleurs de la NBA

    À peine arrivés le mardi dans la journée pour les Bucks et dans la nuit pour les Hornets à Paris-Charles De Gaulle, que les deux formations sont déjà sollicitées de toutes parts. Les deux franchises qui partage le même sponsor, rendent visite aux joueurs du Paris Saint-Germain, au Parc des Princes pour une rencontre décontractée et joyeuse aux côtés des stars du ballon rond, Neymar, MBappé entre autres. Les joueurs présents discutent, échangent et se prêtent même à des ateliers foot ou une séance de jonglage improvisé au bord du terrain comme pour le Greek Freak.

    Les démarches de comm’ ne s’arrêtent pas là puisque rendez-vous est donné dans la soirée pour les deux équipes à Maisons-Alfort dans la boutique Louis Vuitton afin de découvrir un trophée Larry O’Brien déposé dans un nouvel écrin, une retouche « so chic » à la française avant de voir quelques joueurs des Bucks prendre la direction d’un gymnase parisien où se déroule la finale du tournoi 3X3 « The Paris Ring », organisé par Nike dans la capitale.

    Les joueurs vont également aller à la rencontre des fans dans la rue mais surtout se prendre à faire les touristes, profitant d’un moment de détente autour de la découverte de la capitale pour certains (visites du Palais Garnier, de l’Arc de triomphe entre autres) et de balades pour flâner comme il se doit. La visite se termine évidemment par la traditionnelle photo de groupe devant la Tour Eiffel qui apparaît inhabituellement plus petite en arrière-plan, derrière les carrures imposantes des joueurs.

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    NBA Cares

    On retiendra surtout de cette semaine très spéciale les différentes actions caritatives dans les hôpitaux et interventions des deux équipes auprès des jeunes de quartiers. Mercredi, plusieurs joueurs se sont ainsi rendus au chevet d’enfants malades et hospitalisés dans les hôpitaux de Saint-Louis, Saint-Maurice et Necker à Paris ainsi que l’Institut Curie, enfants qui seront naturellement présents au match le 24 janvier.

    Par ailleurs, la NBA à travers son programme Jr. NBA, a mis en place plusieurs journées (du 19 au 23 janvier) dédiées à l’apprentissage du basket, de ses règles et de ses valeurs au Gymnase Didot (14ème). Au programme les NBA Clinics, des séances de coaching de coachs et de jeunes basketteurs parisiens et franciliens avec la présence exceptionnelle des ex-internationaux français Cathy Melain et Ronny Turiaf, ainsi que Vincent Collet, Joe Prunty (ancien coach NBA) et des membres des staff des Hornets et des Bucks


    La NBA House de Paris

    Située à la Halle des Blancs Manteaux, 48 rue Vieille du Temple (4ème), la NBA House s’est ouverte le jeudi 23 janvier, veille du match afin de s’installer pendant tout le weekend de festivités jusqu’à dimanche soir. Ouverte les après-midi à l’heure du déjeuner jusqu’en début de soirée, ce lieu unique en France va donc permettre aux fans et aux curieux de se retrouver autour du basket avec la présence de plusieurs partenaires de l’évènement, dont le NBA Store de Paris.

    Parmi ces différents stands, l’on pouvait retrouver un atelier Foot Locker afin de repartir avec une paire de sneakers customizée, un Skills Challenge, des plateformes d’arcade de basket ou encore une cabine de commentateur sportif pour une immersion plus vraie que nature dans la peau d’un commentateur de BeIn Sports. Installé en plein milieu de la salle, un demi-terrain de basket offrait aux visiteurs de l’animation, des concours et surtout la présence d’invités exceptionnels tels que Kareem Abdul-Jabbar, Dell Curry, Muggsy Bogues, Tony Parker ou encore Bruce Bowen. The Show Must Go On !

    https://twitter.com/AfterTheJumpNBA/status/1220663377581744128

    ClutchTime était présent là-bas le jour du match, l’occasion pour nous de voir d’un peu plus près le concept, d’assister à différentes animations et de prendre la température de la salle à quelques heures du début du match. Nous avons d’ailleurs rencontré Guillaume, un des membres de l’organisation de cet évènement (DopplerParis), qui nous a confié ses impressions sur la venue de la NBA à Paris.

    Je joue au basket depuis mes six ans. C’est grâce à mon père que je suis devenu passionné par le basket et la NBA. C’est une opportunité unique d’avoir un match ici en France. L’occasion est vraiment belle de montrer que le basket français a de l’importance dans le monde. Organisé un évènement comme celui-là à Paris c’était évident car c’est une ville cosmopolite qui a énormément d’impact dans le monde et en Europe. Il y a tellement de chose à dire ou à voir dans cette ville !

    Et sur l’éventualité de voir une franchise NBA s’installée à Paris, l’intéressé semble convaincu que tout peut être mis en oeuvre pour y arriver

    D’ici quatre ou cinq ans je pense que c’est faisable même si c’est difficile de donner une date précise, mais on pense et on espère que ça se fera

    Le soir du match était organisée une « Viewing Party », soirée privée pour la retransmission du match, diffusé par BeIn Sports en direct sur grand écran. Une soirée spéciale afin de vivre l’expérience NBA House dans une atmosphère plus détendu et intime autour de nouvelles animations et jeux concours afin de gagner un ensemble de lots merchandising (casquette, t-shirt, maillots, jeux NBA 2K20 ou encore un abonnement d’un an à BeIn Sports).


    Le Compte-rendu du match

    De retour à la compétition et passées les promotions, visites et séances de dédicaces, les joueurs se sont remis au boulot assez rapidement le jeudi lors de leurs sessions d’entraînement respectives. Accueillis comme des superstars, en conférence d’avant-match Giannis Antetokounmpo déclara avoir adoré cette ambiance sur place et qu’il était impatient de pouvoir jouer devant le public parisien.

    J’espère que c’est quelque chose que la NBA va reproduire tous les ans. Les fans nous soutiennent tout autour du monde, c’est donc une bonne initiative qui nous rapproche d’eux. Paris a vraiment une énergie particulière, et j’adore ça.

    Inside Basket
    Basket USA

    Côté Hornets ou plutôt côté français, Nicolas Batum ne cachait pas non plus sa joie et sa fierté de pouvoir jouer ici, chez lui devant son public.

    C’est un moment assez émouvant dans une carrière. En tant que joueur non-américain de faire un match NBA dans son propre pays, c’est quand même assez particulier. Tony et Ronny ont vécu ces matchs là en pré-saison, mais là c’est un match officiel et c’est la première fois que ça arrive en France. Je suis fier d’être le premier à faire ça.

    France Info

    Victoire poussive de Milwaukee 116 à 103 face à des Hornets accrocheurs

    Twitter

    Après un hommage rendu à Tony Parker en présence de Bruce Bowen, Ronny Turiaf et Nicolas Batum et devant près 16 000 spectateurs les deux équipes rentrent sur le parquet dans une ambiance chauffé à blanc. Devant un parterre de stars, retentit alors les deux hymnes, d’abord américaine interprétée par la soprano Nicole Taylor puis l’hymne française avec à la guitare le musicien Waxx qui nous donne une version revisitée de la Marseillaise version rock.

    Le match en lui-même va démarrer plutôt crescendo. Les Bucks en rodage avec leur adresse vont tomber sur une solide défense des Hornets en première mi-temps et il faudra finalement un dunk surpuissant de Giannis pour déclencher les premières réactions notables du public. Titulaire dès le début de la partie, Nico Batum a quand à lui un peu plus déçu les supporters venus en masse le soutenir et l’acclamer au moment de la présentation des équipes. Menés pendant toute la première période les Bucks vont finalement se réveiller grâce à leur ailier grec qui n’a pas déçu grand monde ce soir à Paris.

    Plus en jambe dans la deuxième période, les Bucks vont reprendre leur rythme de croisière de la saison pour finalement venir à bout d’une équipe des Hornets vaillante mais trop juste sur le plan collectif pour stopper le rouleau compresseur grec. Le MVP en titre va d’ailleurs terminer la partie avec 30 points, 16 rebonds et 6 passes, bien secondé par son meneur de jeu Eric Bledsoe (20 points, 5 passes) et son remplaçant George Hill (16 points).

    AFP

    Côté Hornets, Batum va terminer avec une feuille de match très discrète (5 points, 6 rebonds, 5 passes) alors que Malik Monk en sortie de banc nous gratifiait de sa meilleure performance en carrière (31 points, 5 passes, 5 rebonds) avec de gros dunks, qui contrastait avec les 19 points de Graham ou encore les 18 points de Marvin Williams en sortie de banc. On notera toutefois les applaudissements du public parisien au moment de la sortie de Nicolas Batum à la fin du match.

    Tandis que la salle commençait à se vider doucement, les supporters venus en nombre semblaient être ravis du spectacle proposé ce soir en exclusivité et espèrent évidemment pouvoir revenir l’année prochaine alors que la ligue a confirmée quelques heures auparavant qu’elle réitérera l’expérience en 2021. Commencez déjà à faire des économies parce que l’aventure NBA à Paris commence à peine.

    Reuters
  • Previews NBA : Milwaukee Bucks

    Previews NBA : Milwaukee Bucks

    Pour la première année, Clutch Time se lance dans une grande série de previews pour la saison 2019-2020 ! On part sur une division par semaine et cela jusqu’au début de la saison ! On débarque cette semaine du côté de la Division Centrale, avec les Milwaukee Bucks.

    Milwaukee Bucks

    Bilan 2018-2019 :

    Classement : 1er de la conférence Est

    Bilan : 60-22

    Playoffs : Défaite en finale de Conférence (4-2) face aux Toronto Raptors


    Bilan sur la saison

    Une saison régulière exceptionnelle pour les Bucks. Que dire de plus ! En terminant avec le meilleur bilan de la ligue, la place de numéro un à l’Est (une première depuis près de cinquante ans), le titre de MVP et de meilleur coach de l’année, Milwaukee a littéralement roulé sur la NBA. À l’image de son puissant et déjà dominant ailier-fort grec, Giannis Antetokounmpo (27.7 pts, 12.5 rbd, 6 ast), Mike Budenholzer est parvenu à transformer une équipe d’outsider en grand favori pour le titre, le temps d’une saison seulement. Le natif d’Athènes n’est pas étranger à cette surprenante progression. Le Greek Freak a incroyablement brillé au point de remporter à seulement 24 ans le titre de MVP, enchaînant les perfs de dingue et confirmant ainsi le potentiel observé depuis un moment chez lui. Le parcours en playoffs fut en tout point remarquable, à l’exception des finales de conférences perdues face aux futurs champions, les Raptors. Par manque d’expérience et une certaine dépendance vis-à-vis de leur ailier-fort, les daims sont néanmoins entrés de plein pied dans la course au titre à l’Est et ce pour un bon moment.

    Le potentiel de cette équipe était connu et n’attendait qu’à être confirmé. Hormis cette défaite en finale face aux Raptors, il n’y a quasiment que des points positifs à développer dans la saison des Bucks. Le jeu proposé par l’ex-coach des Hawks a dépassé toutes les attentes du public. Brillant sur le jeu défensif en captant un très grand nombre de rebonds (1ère équipe de la ligue) Milwaukee s’est également illustrée par son attaque (1ère équipe de la ligue) et un jeu de transition, rapide et efficace pour étouffer ses adversaires. Grâce à des profils puissants et athlétiques à la fois (Giannis, Brook Lopez, Middleton), capables de s’écarter ou de créer des espaces pour allumer à longue distance ou bien martyriser le cercle de près, les Bucks sont parvenus à développer un basket propre et efficace tout au long de la saison.

    Toronto fut finalement la seule équipe capable d’enrayer la machine Bucks cette année. Alors que ses deux premiers tours furent déconcertants de facilité, Milwaukee est tombée sur un os appelé Kawhi Leonard en finale de Conférence. Lors de cette série les Bucks de Budenholzer n’ont pas réussi à hausser leur niveau de jeu, Giannis en tête, afin de trouver des alternatives pour contenir les canadiens. Trop dépendant du grec, dont le rendement fut inhabituellement moins élevé que durant la saison, les Raptors sont parvenus à annihiler les Bucks en resserrant leur jeu.  Il n’y a eu finalement que très peu de choses négatives à Milwaukee cette année à l’exception de cette désillusion en finale de conférence.


    Mouvements durant l’intersaison

    Via Time Out

    Effectif 2019-2020

    Poste Noms Salaire
    SF Khris Middleton 30,603,448$
    PF Giannis Antetokounmpo 25,842,697$
    PG Eric Bledsoe 15,625,000$
    C Brook Lopez 12,093,024$
    PG George Hill 10,133,907$
    PF Ersan Ilyasova 7,000,000$
    C Robin Lopez 4,767,000$
    PF DJ Wilson 2,961,120$
    SG Donte DiVincenzo 2,905,800$
    SG Kyle Korver 2,564,753$
    SG Wesley Matthews 2,564,753$
    SG Pat Connaughton 1,723,050$
    PF Dragan Bender 1,678,854$
    SG Sterling Brown 1,678,854$
    PG Jaylen Adams 1,445,697$
    SF Thanasis Antetokounmpo 1,445,697$
    SF Rayjon Tucker 898,310$
    PF Luke Maye 898,310$
    PG Frank Mason 79,568$
    F Cam Reynolds 79,568$

    Note : Les contrats de Jon Leuer (3,169,348$), Spencer Hawes (2,007,058$) et Larry Sanders (1,865,546$) sont inclus dans le Salary Cap des Bucks sur la saison 2019-2020

    Le cinq majeur de Clutch Time

    MeneurArrièreAilierAilier FortPivot
    E. Bledsoe W. Matthews K. Middleton G. Antetokounmpo B. Lopez

    Évaluation by CT

    Points Forts Points Faibles
    L’attaque-défense La Giannis Dependance
    Le banc Le poste 5
    Le collectif

    Prévision de Classement

    Estimation haute : 1er

    Estimation basse : 2ème

    Notre estimation : 1er

    Probabilité de playoffs : autour de 100%


    AVIS GLOBAL ET ATTENTES

    Milwaukee va désormais chercher la stabilité pour le prochain exercice. Après les prolongations de Middleton et Lopez, combinées aux départs de Brogdon et Mirotic, les Bucks ont vécu une intersaison plutôt calme dans le Wisconsin. Les signatures des deux frangins Lopez et Antetokounmpo et les arrivées de renforts offensifs (Matthews et Korver) coïncident avec l’idée de ne plus dépendre uniquement du seul talent de Giannis. Mike Budenholzer devrait conserver tout de même les principes tactiques mis en place la saison dernière, tant ils furent convaincants. Autour du jeu de transition et d’isolation, les Bucks devront néanmoins se méfier de leurs futurs adversaires qui ont bien pris notes des prestations des Raptors en finale de Conférence. Le travail défensif de l’équipe sera encore une fois un atout majeur dans la manche du technicien afin de reproduire des matchs convaincants.

    Dotée d’une bonne profondeur de banc d’une défense en béton, de nouveaux joueurs adroits à longue distances et de profils polyvalents et athlétiques, Milwaukee ne devrait pas être inquiéter durant la saison régulière (sauf blessure) et semble en toute logique être cette année le grand favori à l’Est. Il faudra néanmoins jeter un coup d’œil au poste 5, assez peu fourni et sujet à des pépins physiques les dernières saisons, ainsi qu’au temps de jeu des éléments majeurs de l’équipe en évitant une trop grande Giannis Dépendance, principalement lors des playoffs.


    Highlights des Bucks 2018-2019

    Pour finir la preview en douceur, un petit come-back sur la saison dernière avec les meilleures actions des Bucks !

    Enjoy !
  • Toni Kukoc, bien plus qu’un sixième homme

    Toni Kukoc, bien plus qu’un sixième homme

    Selon votre âge, selon votre culture basket, vous connaissez Toni Kukoc de deux façons différentes: superstar ou 6ème homme. Une chose est sûre, si vous niez son talent, c’est que vous ne le connaissez pas du tout !

    Toni Kukoc et la potion magique Yougoslave

    Né en 1968 en Croatie, encore Yougoslavie à l’époque, on dit de Toni qu’il ne s’est consacré au basket qu’à l’âge de 14 ans. Passez le message à vos enfants, il n’est jamais trop tard… mais il faut quand même avoir une bonne dose de talent !

    En effet, Mr est international U16 avec la Yougoslavie, pas mal pour un début ! Champion d’Europe U16 en 1985 et junior en 1986. En 1987, champion du monde junior ! Après avoir battu les USA Toni est élu MOP (Most Outstanding Player) avec notamment 37 points à 11/12 à 3 points en match de qualification contre les Etats Unis!

    Pour les titres on peut aussi remercier ses coéquipiers, cette génération dorée qui a vu jouer avec lui des Vlade Divac ou encore Dino Radja. Cette sélection junior qui avait réussi à battre leur propre sélection nationale en amical ! Si à cette fournée de jeunes talents, vous ajoutez entre autres un Drazen Petrovic, vous comprenez que la Yougoslavie arrive en finale des JO de Séoul en 1988!

    Cela ne suffit pas à battre l’URSS d’Arvydas Sabonis, mais la machine est bel et bien lancée !! Euro 1989, gagné. Goodwill Games 1990, victoire sans Petrovic ni Divac contre une équipe NCAA. Mondial 1990, gagné. Euro 1991, gagné.

    Au fait, Toni Kukoc est élu MVP du mondial et de l’Euro, rien que ça !

    L’Euro 1991 sera la dernière compétition internationale de la Yougoslavie. Dans un contexte tendu, Jurij Zdovc se voit interdit par la Slovénie (fortement déconseillé…) de participer à l’euro. Puis ce sera la guerre…

    En 1992 se déroule la première compétition internationale de la Croatie. Et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit des JO de Barcelone, avec la Dream Team américaine, première équipe NBA envoyée en compétition internationale.

    Les deux équipes se rencontrent en poule, et ce sera un cauchemar pour Kukoc! Sous la défense acharnée de Scottie Pippen, Toni termine à 2/11 au shoot et 7 ballons perdus ! On comprendra un peu mieux par la suite pourquoi Pippen a mis tant de hargne à défendre sur son adversaire du jour…

    Rebelote en finale, USA vs Croatie. La bande à MJ laisse les croates à 32 points derrière, leur plus petite victoire du tournoi! Avec 16 points, 5 rebonds et 9 passes, et malgré l’aide de Radja et Petrovic, la Dream Team fait le taf, et efface l’affront des JO de 1988.

    Split, pays du basket, centre de l’Europe

    Génération dorée, équipe de légendes, qu’était Toni Kukoc sans tous ces joueurs de talent? Et bien pareil, palmarès, performances individuelles, il a tout gagné !

    Cet ailier (aussi meneur, arrière, même ailier fort), du haut de ses 2,08m et pas beaucoup de kilos à l’époque a régné sur l’Europe avec le Jugoplastika Split.

    Entrainé par Bozidar Maljkovic, Split atteint le Final Four en 1989 en compagnie de Barcelone, du Maccabi Tel Aviv et de l’Aris Salonique de Nikos Galis, rien que ça ! Champion d’Europe des Nations la même année, Toni finit aussi champion d’Europe en club avec 18 points en finale contre le Maccabi!

    En 1990, avant de devenir champion du monde avec son pays, et MVP du mondial, il est allé chercher une nouvelle euroligue avec Split. Au passage il est élu MVP du Final Four, tout en débutant la finale contre le Barça sur le banc!

    Note à ceux que le palmarès de Toni Kukoc a déjà laissés sans voix: en 1990 il n’avait encore que 22 ans ! On continue?

    Passons à 1991. Beaucoup de départs à Split, ce qui n’empêche pas Toni de mener son club de nouveau au Final Four. Et une nouvelle victoire, un Three-peat (déjà) et une finale encore remportée contre Barcelone, équipe entrainée par… Bozidar Maljkovic.

    Après avoir rempli la salle des trophées de son club formateur, il est l’heure d’aller voir ailleurs, au cas où il resterait quelquechose à croquer. C’est à Trévise que le challenge le mène, 400 bornes à vol d’oiseau, le gaucher phénomène ne s’éloigne pas trop du nid!

    La collection s’agrandit en Italie, par un titre de champion en 1992 pour sa première saison, et une coupe d’Italie la saison suivante.

    Le terrain de jeu préféré de Toni, c’est l’euroligue. Et comme Toni a offert le premier titre de champion de l’histoire du club l’année précédente, Trévise a droit à l’euroligue 92/93. Et qui dit Kukoc en euroligue, dit Final Four !

    Le club italien joue la finale contre le CSP Limoges entrainé par… Bozidar Maljkovic. Au terme d’un match serré, Limoges arrache le 1er titre européen du sport français, grâce à une interception du regretté Fred Forte sur le roi Toni. Malgré tout, il finira MVP du Final Four de l’Euroligue 1993.

    Limoges vs Trévise, finale 1993

    Le Roi d’Europe en campagne en NBA

    Toni Kukoc fait partie des pionniers européens en NBA. Drafté par les Chicago Bulls en 1990 (29ème choix), il ne vient pas tout de suite. La situation dans son pays n’y est pas pour rien, il ne souhaite en effet pas laisser ses proches pour partir si loin. Mais aussi, ce qui a pesé dans son choix, c’est la situation de son compère Drazen Petrovic. Autre superstar croate, génie européen, il cire pourtant le banc en NBA ! Et Toni ne voit pas l’intérêt de traverser l’Atlantique pour y recevoir si peu de considération.

    Et en réalité, il n’est pas très désiré aux Bulls, en tous cas pas par ses coéquipiers. Le GM Jerry Krause est fan, mais le Big Boss MJ ne voit pas l’intérêt de recruter Kukoc. Quant à Scottie Pippen, sa prolongation de contrat est bloquée par les négociations avec le croate! On comprend mieux le traitement qu’il lui fera subir aux JO de Barcelone!

    Quand Toni débarque à Chicago en 1993 à 25 ans, Jordan a pris sa première retraite. Mauvaise nouvelle pour les Bulls, mais ça permet à Kukoc d’avoir moins de pression à son arrivée dans la grande ligue. Et il s’en sort pas mal pour sa première saison. Physiquement, il prend du poids, nécessaire dans son cas pour affronter le défi physique américain. Dans le jeu, il finit avec 10,9 points de moyenne, 4 rebonds et 3,4 assists. Loin de ses récompenses habituelles en Europe, il est tout de même choisi dans la All Rookie Second Team.

    Lors de la saison 1994/1995, TK intègre le 5 majeur, et ça se ressent dans ses stats. Il s’améliore à tous les niveaux, 15,7 points pour 5,4 rebonds et 4,6 passes! Mais l’évènement de l’année, c’est le retour du roi, Michael Jordan reprend du service en mars 1995, et ça va changer beaucoup de choses pour les saisons à venir…

    En plus de MJ, la saison suivante est celle de l’arrivée de Dennis Rodman. Kukoc est de retour sur le banc, mais joue tout de même 26 minutes par match et sort des stats très correctes, 13,1 points (3ème scoreur des Bulls), 4 rebonds et 3,5 passes. C’est surtout pour lui le retour des titres: champion NBA et meilleur 6ème homme de la saison.

    La saison 96/97 est un copier/coller de la précédente. A peu de choses près, même temps de jeu, mêmes statistiques, et un titre de champion à la fin. Pour Toni, ce sera aussi la saison des premières blessures qui le limiteront à ne jouer que 57 matchs.

    La saison suivante c’est au tour de Scottie Pippen de se blesser, et de rater 35 matchs. Kukoc revient dans le 5 (52 fois sur 74 matchs joués et 17 fois sur 21 en playoffs) et participe au 3ème titre d’affilée des Bulls avec 13,1 points pour 3,9 rebonds et 2,9 passes par match.

    Après ce second Three-peat, on assiste cette fois aux adieux définitifs de Jordan (pour les Bulls en tous cas). Rodman quitte le club, Pippen également et Chicago est triste en cette saison de lock out. Mais Kukoc assume son rôle de nouveau leader, après tout c’est ce qu’il est, un leader qui a su se fondre dans un collectif pour gagner des titres. Meilleur marqueur des Bulls en 1999 avec 18,8 points de moyenne, il ajoute 7 rebonds et 5,3 passes.

    A l’aube de la saison 1999/2000, Chicago choisit Elton Brand en n° 1 de la draft. Kukoc débute la saison avec les Bulls, puis fait partie en février d’un échange qui l’envoie aux Sixers. A Philadelphie il tourne à environ 12 points par match en sortie de banc, et sort encore quelques perfs comme ce match où il plante 23 points et 4 interceptions en 22 minutes.

    Au cours de la saison suivante il est envoyé aux Hawks dans un échange incluant Dikembe Mutombo. A Atlanta il devient vite le leader avec 19,7 points, 5,7 rebonds et 6,2 passes, toujours aussi complet à bientôt 33 ans et malgré les blessures.

    En 2001/2002 Toni est de nouveau trahi par son corps, ratant un quart de la saison, et plafonnant à 9,9 points de moyenne le reste de la saison.

    Sa fin de carrière est plus calme. Il arrive aux Bucks en 2002 à 34 ans et y restera les quatre dernières saisons de sa longue et belle carrière. Il n’aurait pas dit non pour une ou deux saisons de plus, mais il ne voulait jouer qu’aux Bucks ou aux Bulls, et aucune de ces franchises n’a souhaité lui offrir un nouveau contrat.

    En guise de conclusion et de cerise sur le gâteau, multi récompensé lors de sa carrière en équipe nationale, dans les ligues européennes et en NBA, Toni Kukoc est-il légitime pour recevoir son ultime récompense avec son entrée au Hall Of Fame?