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  • John Wall, une décennie de sorcelleries

    John Wall, une décennie de sorcelleries

    Pour la première fois depuis dix ans, les fans des Wizards vont suivre leur équipe sans leur meneur vedette. Récemment tradé aux Rockets en échange de Russell Westbrook, Clutch Time vous propose de revenir sur la carrière du diabolique meneur de jeu au sein d’une franchise qui cumule les coups du sort.


    Avril 2010, Washington sort de deux misérables saisons à 19 et 26 victoires. La star de l’époque, Gilbert Arenas, n’est apparu sur le terrain qu’à 34 reprises entre 2008 et 2010. Sa prolongation de contrat de 111M$ sur 6 ans est beaucoup moins séduisante depuis que l’arrière cumule les opérations pour son genou gauche et son énorme suspension de 50 matchs. D’autant plus que le GM de l’époque : Ernie Grunfeld, loin d’être un visionnaire, lâche un premier choix de draft 2009 à Minnesota pour un Mike Miller rincé et le combo guard Randy Foye (3e saison et déjà 25 ans). Si Minnesota sélectionne Ricky Rubio avec ce pick, il est bon de rappeler que Stephen Curry était disponible lors de cette draft ! D’ailleurs, Miller et Foye ne passeront qu’une seule saison sous le maillot des Wizards. Un trade qui a sa place dans le livre des pires échanges de l’histoire de la NBA. Lors de la saison 2009-10, Grunfeld se sépare de ses deux All-Stars Caron Butler (Dallas) et Antawn Jamison (Cleveland), un signe qui annonce clairement que Washington bascule en mode « reconstruction » pour cette nouvelle décennie.

    Rapide sur le terrain, il a déjà concquit toute une ville

    Finalement, la chance sourit aux Wizards avec l’acquisition du 1er choix de la draft 2010. La sélection du meilleur prospect du pays semble unanime. Il s’agit d’un meneur de Kentucky, rapide et insaisissable sur le terrain mais qui devra se doter d’un shoot fiable comme un certain Derrick Rose. Les comparaisons fleurissent entre les deux joueurs, étant donné que tous les deux ont connu le même coach à la fac : John Calipari. Si le dossier Gilbert Arenas est loin d’être clair, toute la franchise se prépare à miser sur ce meneur diabolique sur chaque côtés du terrain. Mike D’Antoni, coach des Knicks à l’époque, décrit très bien ce que dégage Wall :

    « J’espère qu’il n’apprendra jamais à bien shooter, parce que si c’est le cas, il sera indéfendable. » Mike D’Antoni, octobre 2010

    via NYTimes

    Il n’aura fallu que trois petits matchs pour que Wall se mette les fans dans la poche. Une petite danse, une victoire à domicile en prolongation et une performance historique pour un rookie face aux Sixers : 29pts, 13pds, 9 interceptions !

    Tous les fans à ce moment là peuvent rentrer chez eux avec des étoiles plein les yeux. Une impression d’être témoin de la naissance d’une future superstar, du joueur le plus rapide de la ligue balle en main, et d’un compétiteur né. Bref, un joueur qui va permettre à ce bon vieux Grunfled de garder son poste encore quelques années.

    « Il est de nature très compétitif. Gagner est très important pour lui, et c’est le genre de joueur autour duquel nous voulons bâtir cette équipe. […] Il va créer une réelle ambiance électrique dans cette salle. » Ernie Grunfeld

    Coach Flaunders, qui a supervisé Stephon Marbury et Chauncey Billups, est impressionné par son rookie, et si Arenas est toujours dans le roster, le meneur All-Star (bientôt tradé) admet rapidement que le kid a déjà envoûté la capitale.

    « C’est un grand leader, dôté d’une très grande intelligence basketball pour comprendre ce que nous voulons faire. Il comprend notre attaque aussi bien ou mieux que quiconque. » Flip Saunders

    « En ce moment, c’est la ville de John. » Gilbert Arenas

    via JockBio.com

    Nov 23, 2013; Washington, DC, USA; John Wall et Bradley Beal en route pour une victoire contre les Knicks. (98-89). Credit: Geoff Burke-USA TODAY Sports

    Après des saisons d’apprentissages, le jeune sorcier goûte enfin aux Playoffs

    Arenas tradé à Orlando lors de la saison rookie de Wall contre un autre All-Star décimé et surpayé : Rashard Lewis. Grunfeld s’engage alors pleinement dans un processus de reconstruction à base de choix de draft parmi lesquels il y aura un gros raté (Jan Vesely, 6e en 2011) et un très joli coup (Bradley Beal, 3e en 2012) puis il se débarrasse petit à petit des JaVale McGee, Nick Young, Andray Blatche, Jordan Crawford ainsi que de Lewis afin de créer un environnement sain autour de leur meneur vedette après des années à devoir gérer un vestiaire instable. Flip Saunders quitte son poste et son assistant Randy Wittman prend les commandes du vaisseau. Washington aperçoit enfin la lumière au bout du tunnel. Après trois saisons sous la barre des 30 victoires, les Wizards atteignent les Playoffs en 2014 avec une saison bouclée à 44 victoires et une 5e place à l’Est.

    L’arrivée du meneur vétéran Andre Miller lors de la trade deadline, la signature de Drew Gooden, une deuxième partie de saison rondement menée et voici les Wizards dans le positif pour la première fois depuis 6 ans ! Cinquième à l’Est, John Wall va, pour ses débuts en Playoffs, affronter les Bulls et le joueur à qui on ne cesse de le comparer : Derrick Rose ! Oups! Pardon, ce duel tellement alléchant n’a pu avoir lieu, Rose étant coincé à l’infirmerie depuis les Playoffs 2012.

    Une absence qui va forcément faire les affaires des Wizs, d’autant plus que Luol Deng est également absent et que Carlos Boozer est cuit. Les Bulls sont en fin de vie, épuisés par 4 années éreintantes sous le joug de coach Thibs, et les voilà face à des Wizards affamés et infatigables. La série est bouclée en 5 matchs, John Wall (24pts, Game 5) va s’amuser avec DJ Augustin et Kirk Hinrich et permettre à sa franchise de franchir son premier tour de Playoffs depuis 2005. Cette belle aventure s’est achevée au tour suivant face aux Pacers en six matchs. Une élimination logique, bien que Washington ait montré de belles choses mais Wall doit encore apprendre à limiter ses pertes de balles et s’acheter un tir extérieur.


    ATLANTA, Mai 2015: John Wall se blesse au poignet lors du Game 1 face aux Hawks. (Photo by Kevin C. Cox/Getty Images)

    Séduisants en Playoffs, les Wizards subissent un mauvais sort

    La saison suivante vient confirmer les bonnes impressions laissées lors des Playoffs 2015. Les jeunes Beal et Porter progressent, Marcin Gortat, coéquipier essentiel dans le jeu offensif de Wall est prolongé, le vétéran Paul Pierce (37 ans) arrive avec son gros CV afin de remplacer Trevor Ariza tradé à Houston. Encore coincés à la 5e place, ils vont marchés sur des Raptors au bord de l’implosion au 1er tour. Le backcourt Wall/Beal domine celui des Raptors composé par Lowry/DeRozan. Marcin Gortat (17.3pts – 10rds – 3pds – 2blks) se transforme en Olajuwon, Paul Pierce (37 ans souvenez-vous), a même le droit à son moment (20pts, Game 1). Les Wizards déroulent et impressionnent par leur vitesse et leur exécution offensive.

    Aux portes des Finales à l’Est, les Wizards se retrouvent face à la « 60 wins team » d’Atlanta. La série semble jouée d’avance, mais le jeu développé par les Wizards est réellement déroutant. Pour preuve ! Voilà que les hommes de Wittman volent le Game 1 avec une 2e mi-temps largement à l’avantage de Wall & co. Tout cela semble prometteur, oui mais… Sur une contre-attaque en 2e quart-temps, John Wall (toujours autour des 140Km/h), tombe violemment sur le parquet, il se tient le poignet…

    Si le meneur tiendra sa place tout au long du match, le verdict tombera plus tard, multiples fractures au niveau du poignet gauche, la star manquera les trois prochains matchs! Mais, les Wizards ne lâcheront pas et parviennent à maintenir la série à 2-2. Le Game 5 à Atlanta est crucial et c’est le moment choisi par John Wall pour effectuer son retour. L’enjeu est tel, que l’adresse aux tirs chutent pour les deux équipes et la victoire se jouera sur un game winner de l’intérieur Al Horford sur un rebond offensif. Le Game 6 sera tout aussi serré grâce à un joli 4e quart-temps de Beal (13pts), mais Wall n’a pas le même impact en attaque (1-4 aux tirs). 94-91, Washington échoue une fois de plus aux portes des Finales à l’Est, mais que ce fut agréable et rafraîchissant de voir évoluer cette équipe en attaque.

    Avril 2016, Washington poursuit sa série de saisons régulières positives, mais malgré un bilan de 41v-41d, qui habituellement est suffisant pour passer à l’Est, les Playoffs 2016 se déroulent sans Wall & Beal. Un vrai coup d’arrêt et le coach Randy Wittman en fait alors les frais. L’ancien coach du Thunder Scott Brooks reprendra le poste. On retiendra tout de même de cette saison 2015-16, le record en carrière de John Wall avec 52pts dans la défaite contre le Magic. Gêné par des douleurs aux genoux tout au long de la saison, le meneur subira une intervention en mai pour y remédier.


    May 7, 2017; Washington, DC, USA; John Wall pourchassant Isaiah Thomas lors du Game 4 Credit: Brad Mills-USA TODAY Sports

    « I’m not going Home! »

    Libéré de ses douleurs aux genoux, John Wall va vivre la meilleure saison de sa carrière lors de l’exercice 2016-17. Meilleure moyenne aux points (23.1), aux interceptions (2), et à la passe (10.7). C’est tout simplement sa troisième saison de suite à plus de dix passes décisives de moyenne par match! Le Wizard régale (malgré toujours autant de turnovers, 4.1). Après deux matchs à 19pds pour autant de victoires (face aux Pelicans puis aux Warriors), Wall atteint enfin la barre des 20 caviars un soir de victoire contre les Bulls en mars 2017. C’est tout l’effectif qui en profite et la franchise réalise son meilleur bilan en saison régulière (49v-33d) depuis 1979 !

    De retour en Playoffs, avec pour la première fois de sa carrière, l’avantage du terrain. John Wall retrouve donc les Hawks au premier tour. Deux ans après une élimination frustrante en demi-finale, John Wall ne laisse aucune place au doute et se transforme étonnamment en scoreur avec 29.5pts de moyenne sur six rencontres. John Wall se régale en transition et dans le jeu rapide, et domine son vis à vis en l’emmenant sur la droite du parquet pour le poster. Avant le Game 6, John Wall promet à la star des Falcons le receveur Julio Jones de clôturer la série en scorant 40 points. Presque… Il termina la série avec 42 unités !

    Washington passe donc à nouveau le premier tour et retrouve la meilleure équipe à l’Est, les Celtics, menés aussi par un meneur mais dans un tout autre style : Isaiah Thomas. Une série comme on les aime avec une rivalité naissante entre ces deux rosters cette saison. Avec plusieurs altercations comme celle entre Wall et Jae Crowder, et ce « Funeral Game » annoncé par John Wall en janvier. Vêtus de noir en arrivant à la salle, les Wizards prédisent la défaite et donc l’enterrement des Celtics, ce qui fut le cas avec une 14e victoire de suite à domicile (123-108) avec 27pts de Wall. Tous les ingrédients sont donc réunis pour rendre cette série intéressante.

    Comme promis, cet affrontement fut le plus intéressant à ce stade de la compétition. Les deux meneurs All-Star se rendent coup pour coup avec au sommet, ce Game 2 gagné en prolongation par les Celtics : Thomas 53pts vs Wall 40pts. La série semble tournée à l’avantage des hommes de Brad Stevens. Au bord de l’élimination lors du Game 6, et alors que les Celtics vont bloquer Bradley Beal pour le shoot final, John Wall enfile le costume du héros, pour un moment qui restera à jamais dans l’histoire de la franchise. Avec 23pts en 2e mi-temps, et ce Game Winner à 3-pts, le meneur saute sur la table de marque et hurle : « I’m not going Home ! »


    Image courante ces derniers temps de John Wall en tenue civile. Photo by Ned Dishman – Getty Images.

    La prolongation de contrat, et des blessures…

    Malgré une troisième élimination en quatre ans en demie-finale à l’Est, les Wizards semblent pourtant sur la bonne voie avec Coach Brooks et l’évolution du statut de Beal. Après un incroyable exercice de la part de Wall, il est temps de passer à la caisse. En juillet 2017, le front office prolonge Wall pour 4 ans et 171M$. Un nouveau contrat qui prendra effet lors de la saison 2019-20 avec un salaire annuel de 38M$. Le propriétaire croit en son tandem Beal/Wall, et si certains s’interrogent sur leur relation, il faut avouer que les deux All-Star sont complémentaires dans le jeu. Il ne manque plus que Wall déniche ce fameux shoot extérieur. Ce que la franchise attend depuis 2010…

    Malheureusement, ce ne sont pas les shoots à 3-pts qui vont affluer, mais les blessures et les absences à répétitions qui vont marquer cette fin de décennie. Comme si le corps de John Wall avait complètement lâché après cette prolongation de contrat, et le pire dans tout ça, c’est que les blessures sont de plus en plus sérieuses:

    • Novembre 2017 : IRM pour son genou gauche, suite à des douleurs. 9 matchs manqués
    • Janvier 2018 : Consultation auprès d’un spécialiste, intervention pour « nettoyer » ses genoux, 6-8 semaines d’absence.
    • Décembre 2018 : Douleurs au niveau de la hanche gauche, opération et une absence estimée à 6-8 mois.
    • Février 2019 : Rupture du tendon d’Achille…

    John Wall a pu tout de même prendre part au Playoffs 2018 avec son équipe mais n’a pu empêcher l’élimination des siens en six matchs face aux Raptors (qui d’ailleurs, ont connu une meilleure trajectoire que les Wizs depuis 2015). Sur la série, Wall est toujours aussi maladroit de loin (19%) et perd toujours autant de ballons (4.5). Si le quintuple All-Star semble de plus en plus agacé par les résultats, certains pointent du doigt son manque de contrôle en attaque et le fait qu’il n’offre aucune solution off-ball. Son dernier moment de gloire sous le maillot des Wizard a eu lieu un soir de décembre 2018 contre les Lakers de LeBron James et une pointe à 40pts et 14pds. Qui aurait cru que deux ans après, il ne ferait plus partie de la franchise qui l’a drafté en 2010.


    November 2010: passage de témoin entre deux joueurs emblématiques de la franchise de ces dernières années. © Christophe Elise / 42 Sports Images

    Arenas & Wall: des similitudes

    Impossible de ne pas faire le rapprochement entre le destin de ces deux All-Stars. Tous les deux jouaient au même poste, bien que leur style de jeu diffère, ils avaient ce pouvoir de faire lever les fans de leur siège et de réaliser des actions spectaculaires. Arenas de loin et Wall en contre-attaque, ces deux spécimens ont également réussi à replacer la franchise dans le paysage NBA et notamment en Playoffs après des années de galère, mais sans dépasser le stade des demies-finales.

    • Arenas : 4 apparitions en Playoffs en 8 saisons (blessé pour les Playoffs 2007)
    • Wall : 4 apparitions en Playoffs en 9 saisons

    Après tant de succès et d’exploits réalisés, il est évident que ces deux joueurs ont reçu à leur époque (2008 pour Arenas et 2017 pour Wall) une jolie prolongation de contrat de la part de Grunfeld, qui malheureusement, ont été signées après leur pic de forme. Dommage Ernie !

    • Arenas (6 ans et 111M$) post-signature : 55 matchs en 3 saisons, 22.7% de victoires
    • Wall (4 ans et 171M$) post-signature : 73 matchs en 3 saisons, 6 matchs de Playoffs

    Si leurs banquiers peuvent dormir tranquillement, les kinés et le staff médical en revanche ont eu du pain sur la planche avec des blessures à répétitions concernant les membres inférieurs.

    • Arenas : trois interventions chirurgicales au genou gauche (Avril 2007, Novembre 2007 et Septembre 2008)
    • Wall : interventions pour les genoux (Mai 2016 et Janvier 2018), opération pour la hanche gauche (Décembre 2018) et rupture du tendon d’Achille (Février 2019).

    Enfin, autre point commun, et pas le plus réjouissant, les deux anciennes idoles ont toutes les deux été tradées avant même d’avoir pu aller au terme de leur joli contrat. Le mois de décembre n’est décidément pas le meilleur moment de l’année pour les fans des Wiz’s.

    • Arenas : échangé en décembre 2010, à Orlando en échange de R. Lewis
    • Wall : échangé en décembre 2020, à Houston en échange de R. Westbrook

    Dix ans après le départ d’Arenas, la capitale voit partir à nouveau l’image de la franchise. Après dix ans de contre-attaques fulgurantes, de passes déroutantes et des séries de Playoffs passionnantes, Washington peut tourner la page John Wall et passer enfin de l’autre côté du mur auquel ils se heurtent depuis plusieurs années, en espérant que Westbrook ne le démolira pas sur un pull up two.

    Source: Bleacher Report, NBC Sports, ESPN, Fox Sports, Washington Times, Basketball Reference

  • Le titre ou l’argent : Un dilemme important pour un joueur NBA

    Le titre ou l’argent : Un dilemme important pour un joueur NBA

    En ces temps difficiles, ClutchTime continue de vous offrir une immersion dans l’univers de la NBA et aujourd’hui, ClutchTime vous propose de découvrir un acte de grande classe que peu de joueurs dans la ligue ont eu le courage de réalisé, sacrifier l’aspect financier de sa carrière au profit de l’aspect sportif.

    Dirk Nowitzki, roi du sacrifice financier

    Que ce soit Dirk, en passant par Durant ou même Lebron, nombreuses sont les superstars de la NBA qui ont accepté ce que l’on appelle une « Paycut » pour pouvoir offrir à leurs franchises une réelle possibilité de constituer la meilleure équipe possible et même si cette pratique marche souvent, cela n’a pas eu un effet bénéfique pour tous.

    Une paycut est donc le fait de sacrifier une partie de son salaire potentiellement accessible, généralement dans le but d’améliorer l’équipe pour laquelle on joue.

    Un sacrifice réservé au Star ?

    Pour réellement parler de « sacrifice », il est rare de parler de simple role player et cela concerne très souvent les grandes Stars de la ligue.

    La raison est simple, les paycuts sont très souvent réalisés au détriment d’un possible contrat maximum par un joueur, et les seuls joueurs qui ont accès à ce type de contrats sont les Superstars de la NBA.

    Cependant, il est nécessaire de nuancer ce propos car certains joueurs qui ne sont pas considérés comme des Superstars ont déjà accepté de sacrifier une partie de leurs salaires pour l’équipe donc même si ce sacrifice concerne souvent les grandes stars, il ne leur est pas uniquement « réservé » .

    Un sacrifice irrespectueux envers les Stars ?

    L’idée est donc simple pour le joueur, sacrifier le côté financier de la NBA dans le but de mettre toutes les chances de son côté vers l’aspect sportif et même si cela peut sembler être une décision assez logique ou acceptable pour une personne qui ne suit pas la NBA, cette pratique est tout de même assez rare.

    À l’image des Chris Paul, Russell Westbrook ou même Stephen Curry, le contrat maximum reste le choix majoritaire et ultime d’une Superstar de la NBA mais également le choix logique lorsque l’on connaît la face cachée de cette pratique.

    Kevin Durant tenant son trophée de MVP des finales
    Source : Jason Miller/Getty Images

    Danny Chau, rédacteur du Ringer, avait notamment évoqué la question en s’appuyant sur le cas de Kevin Durant avec les Warriors :

    « Durant’s decision makes it painfully clear that it will always be the players who have to make ‘sacrifices,’ never the owners. »

    La décision de Kevin Durant montre clairement que ce seront toujours les joueurs et jamais les propriétaires qui feront les sacrifices.

    Cette critique vient directement de la signature de Kevin Durant pour un contrat avec une paycut qui aurait permis de signer Andre Iguodala et Shaun Livingston et donc de garder l’équipe intacte.

    Cependant, l’équipe aurait pu, en réalité, signer les 3 joueurs avec Kevin Durant au maximum en payant une Luxury tax, montant supplémentaire imposée par la ligue dès lors qu’une franchise dépasse la limite des salaires de son équipe. Plus l’équipe dépasse cette somme, plus elle doit payer.

    On voit donc un réel problème d’éthique et une possible manipulation de certaines organisations envers leurs joueurs et cette problématique ne va pas s’atténuer suite à la hausse des salaires chaque année en NBA et la multiplication de bons joueurs qui s’imaginent déjà être Superstar.

    Un sacrifice nécessaire à la réussite d’une franchise ?

    Depuis 2010, presque toutes les équipes championnes, voire même finalistes ont connu au moins un joueur qui n’était pas payé à sa juste valeur.

    Que ce soit un choix volontaire ou non, il est presque indispensable d’avoir des joueurs qui sacrifient l’aspect financier de leur carrière au profit de l’aspect sportif et cela s’applique au Star mais aussi à d’autres joueurs très importants.

    Par exemple, Ray Allen avec Miami en 2013 était payé environ 3 millions l’année a 37 ans et même si cela semble être normal, lorsque l’on voit son apport sur les finales 2013, on peut se dire qu’il en valait un peu plus tout de même.

    Dans un autre registre, le salaire du MVP de la saison 2015, Stephen Curry, qui remportera les finales NBA avec un salaire de seulement 11 millions la saison et même si cela est logique vu que c’est un contrat signé quelques années auparavant, cela reste un cas de joueur sous payé par rapport à son apport sportif.

    Pour ne pas s’éparpiller, nous allons nous concentrer ici sur les principaux joueurs dans certaines franchises qui ont sacrifié une partie de leur salaire au nom de l’équipe et surtout dans le but ultime de remporter un titre, même si cela a plutôt bien fonctionné pour beaucoup d’entre eux, cela n’a malheureusement pas toujours été le cas.

    Les cas importants et récents de sacrifice financier :

    I. Le Big Three de South Beach en 2010

    « Not one, not two, not three, not four.. » on connaît la suite hein..
    Source : Steve Mitchell/US Presswire

    Le 8 Juillet 2010, The decision choque l’univers de la NBA car un certain Lebron James quitte Cleveland après 7 ans passées dans l’Ohio, pour rejoindre Dwyane Wade et Chris Bosh sous le soleil de Miami.

    Cependant, cette association de trois superstars semble difficile à mettre en place car trois contrats maximum à cette époque auraient été un réel problème pour créer une équipe compétitive. Heureusement, les trois superstars ont abandonné plusieurs millions (18 millions pour Lebron James) afin d’offrir une possibilité à l’organisation de Miami d’ajouter des pièces importantes à cette équipe déjà bien bâtie pour jouer le titre.

    Ce sacrifice financier s’est révélé être au moins aussi précieux qu’inestimable, car plusieurs joueurs solides vont réussir à choper un contrat tel que Udonis Haslem, la légende de Miami mais également Shane Battier, Chris Andersen ou encore le seul et l’unique Ray Allen qui sera la pièce maîtresse d’un certain game 6 des finales de 2013.

    II. Dirk Nowitzki : Le Roi du sacrifice salarial

    Dirk, honoré lors de son dernier match au AAC
    Source : J. Miron/USA Today/Reuters

    194 millions de dollars, c’est ce que le Wunderkid a sacrifié dans sa carrière pour les Mavericks. Cette somme, bien qu’incroyable, est à l’image de la générosité du géant Allemand.

    Champion en 2011, Dirk Nowitzki avait vécu son rêve de titre mais ses envies ne s’arrêtaient pas là, il voulait plus et surtout, offrir un nouveau titre à la ville de Dallas. C’est en 2014 que Dirk va démontrer tout son amour pour la franchise texane.

    Lors de l’intersaison de 2014, les Lakers et les Rockets lui offrent un contrat avec pas moins de 97 millions sur 4 ans et même si 99% des joueurs auraient pris l’une de ses offres, Dirk les a toutes refusées.

    En effet, le 15 Juillet 2014, il choque le monde de la NBA en signant un contrat de 25 Millions de dollars sur 3 ans avec les Mavericks ce qui signifie un sacrifice de 72 millions de dollars, non seulement pour rester dans son équipe de toujours mais surtout pour continuer à être compétitive.

    Malheureusement, les Dieux de la balle orange ne récompenseront pas son sacrifice respectable car même si Tyson Chandler reviendra durant l’été 2014, Shawn Marion quittera lui les Mavericks pour rejoindre les Cavaliers, laissant une équipe des Mavericks trop faible, qui sera éliminée au premier tour des Playoffs par les Rockets.

    Cependant, cela n’empêchera pas Dirk de renouveler cette acte de générosité quelques années plus tard en 2017, lorsqu’il refusera une player option de 25 Millions de dollars pour prendre un contrat de 10 Millions sur 2 ans et une seconde année en Team Option, vraiment un grand homme ce Dirk.

    III. Le Big Three Texans des Spurs

    Le big Three des Spurs, dans l’ordre :
    Tony Parker-Manu Ginóbili-Tim Duncan
    Source : Agence France-Presse

    En 2010, Tony Parker signe une extension de 4 ans pour 50 millions de dollars avec les Spurs pour garder une équipe compétitive et même si ce contrat reste tout à fait acceptable.

    Il est important de rappeler que Tony Parker est un joueur qui se retrouve dans les discussions pour le titre de MVP en 2012 tout en étant payé comme un role player.

    Toutefois, le sacrifice financier est une habitude du côté des Texans de San Antonio et c’est surement l’une des raisons pour lesquelles ils ont réussies à rester si compétitifs pendant autant d’années.

    En effet, a côté de Tony Parker, les joueurs importants du roster ont également sacrifié leurs salaires tels que Manu Ginóbili ou encore Tim Duncan qui aura réduit son salaire de plus de 11 millions de dollars.

    D’ailleurs, leurs sacrifices n’auront pas été en vain car des joueurs comme Thiago Splitter, Boris Diaw, Danny Green ou encore Marco Belinelli seront recrutés et le 15 Juin 2014, la franchise soulèvera le 5ème titre de leurs histoires qui sera la plus grosse récompense imaginable pour leurs sacrifices financiers.

    IV. Kevin Durant et la franchise Californienne

    Kevin Durant durant sa présentation avec les Warriors
    Source : Noah Graham/NBAE / Getty Images

    Après avoir réalisé l’un des mouvements les plus discutables de l’histoire de la NBA sur le marché de la Free Agency, le 4 Juillet 2016, Kevin Durant s’est engagé dans la franchise des Warriors dans le but précis de gagner un titre et de « sortir de sa zone de confort ».

    Pour ce faire, il a réalisé un sacrifice financier assez important pour la superstar qu’il était à l’époque et même le coach des Warriors, Steve Kerr, avait rappelé dans une interview que Kevin Durant lui rappelait Tim Duncan qui, lui aussi, avait réalisé plusieurs sacrifices financiers dans sa carrière pour garder une équipe compétitive.

    Dans le cas de Kevin Durant, son sacrifice permet à son équipe de conserver Iguodala et Livingston qui étaient deux grosses pièces du back to back de 2017 et 2018.

    Pendant une grande partie de ses années au Warriors, il a sacrifié une somme très importante d’argent en prenant des petits contrats de 1 an + 1 année en player option à 25 millions l’année ce qui était presque 10 millions de sacrifié par an.

    Ce sacrifice est critiquable dans beaucoup d’aspects, que ce soit sur le fait que la franchise aurait pu tout de même conserver les 2 joueurs nommés ci-dessus, sans avoir à sous payer Kevin Durant mais également sur le fait que son sacrifice ait été fait afin de rejoindre une équipe surpuissante qui était un choix contestable pour beaucoup de fans.

    Dans tous les cas, Kevin Durant a fait un choix qui lui a permis de repartir du soleil Californien avec deux titres et deux trophées de MVP des Finales en poche et tout cela pour rejoindre la Big Apple et un contrat maximum avec les Nets dans le but d’écrire une nouvelle page de son histoire.

    V. L’agent 0 et son geste mémorable envers A. Jamison

    Le n°4, Antawn Jamison avec Gilbert Arenas, le n°0
    Source : Rocky Widner/Getty Images

    Ici, on ne parle pas réellement d’un joueur qui a sacrifié son salaire dans le but principal d’obtenir un titre mais il était nécessaire de parler de l’acte respectable de Gilbert Arenas envers son coéquipier de l’époque, Antawn Jamison.

    Tout d’abord, dès 2006, Gilbert Arenas montre les signes d’une superstar qui souhaite gagner un titre au détriment de l’argent. Lors de l’intersaison de 2006, il accepte une réduction sur son salaire pour signer de bons joueurs mais se retrouve « malheureusement » coincé au milieu de Darius Songaila et DeShawn Stevenson (vous vous rappelez du premier nom ? moi non plus) qui ne seront d’aucune aide pour un agent 0 bien trop seul.

    C’est finalement le 9 Juin 2008 qu’il se retrouve agent libre et offre un geste de grande classe après la désillusion de 2006, annonçant clairement durant une séance média qu’il allait laisser son coéquipier, Antawn Jamison, prendre ce qu’il souhaite sur son contrat en se contentant du reste.

    « Just sign Antawn first and then I’ll take the pay cut, to keep the team intact, »

    Signer simplement Antawn en premier et je réduirais mon salaire pour garder l’équipe intacte

    « We’ve been together six out of my seven years. I told him, whatever he wants, give it to him, and I’ll take the pay cut. »

    On a été ensemble pendant 6 de mes 7 années ( dans la NBA ). Peu importe ce qu’il veut, donner lui et je prendrais la réduction nécessaire sur mon salaire

    Finalement, au lieu d’avoir un contrat maximum de 124 Millions sur 6 ans avec les Wizards, ou de prendre un contrat de plus de 100 millions sur 5 ans que lui proposaient les Warriors il ne prendra que 111 millions sur 6 ans avec les Wizards.

    Même si cette décision a très mal fini avec une absence en play-offs et des malheurs sur les terrains comme en dehors, il est important de saluer ce geste réalisé en Juin 2008 qui semble être inimaginable de la part des stars d’aujourd’hui.

  • NBA Rewind #7 : Kobe vs Arenas, Saison 2006-2007, récit d’un duel d’anthologie

    NBA Rewind #7 : Kobe vs Arenas, Saison 2006-2007, récit d’un duel d’anthologie

    À la manière d’une cassette vidéo ou audio, Clutch Time rembobine l’histoire de la balle orange et vous replonge dans les moments les plus marquants de ce sport, d’hier à aujourd’hui.

    Cette semaine, notre escapade temporelle nous ramène en décembre 2006 et un soir de match entre les Los Angeles Lakers de Kobe Bryant et les Washington Wizards de Gilbert Arenas, rencontre durant laquelle les deux franchise players vont tutoyer les sommets, célébrant les fêtes de Noël avec une semaine d’avance.

    L’agent Zéro face au Black Mamba

    Les Lakers, entre déclin et reconstruction

    L’époque où le Shaq’ et Kobe roulaient sur la ligue est révolue. Le MVP de la saison 1999-2000 a quitté le navire californien en 2004 après une énième brouille avec le Black Mamba. Du coup l’arrière Laker est désormais seul aux commandes d’une franchise en pleine reconstruction et qui peine à retrouver des résultats convaincants. Le passage de Rudy Tomjanovich fut assez chaotique sur le plan sportif. Avec un effectif vieillissant après quatre finales NBA au début des années 2000, la franchise de Jerry Buss tente de se reconstruire en se séparant de ses dinosaures (Malone, Payton, Grant et Russell) et en misant sur une nouvelle garde pour entourer son joyau.

    Pourtant le casting est loin de faire rêver. Les Lakers vont certes récupérer des éléments dans le trade du Shaq’ avec Miami, mais des profils très loin de satisfaire le zen Master, Phil Jackson, qui quittera ses fonctions en 2004. Côté draft me diriez-vous ? Rien de bien folichon non plus entre 2003 et 2006. En sélectionnant Luke Walton, Brian Cook, Sasha Vujačić, Ronny Turiaf, Andrew Bynum ou encore Jordan Farmar et en ajoutant les signatures du vétéran Vlade Divac, Smush Parker, Kwame Brown, Aaron McKie et Vladimir Radmanović, les Lakers post-threepeat font désormais plus sourire que rêver.

    Les Wizards, un retour au sommet

    Passé le jubilé de Michael Jordan entre 2001 et 2003, les Wizards se sont depuis bâtis une nouvelle image à l’Est. Ernie Grunfeld a décidé de miser sur le joueur ayant connu la meilleure progression de l’année 2003, Gilbert Arenas. Autour de l’Agent Zéro, Eddie Jordan va se séparer de Jerry Stackhouse, Kwame Brown et Larry Hughes pour construire un effectif plus ambitieux avec Antawn Jamison, Caron Butler ou encore Brendan Haywood. Résultat la franchise du capitole va progressivement retrouver des couleurs, de la 13ème place en 2004 à la cinquième place lors des deux exercices suivants.

    Logo des Washington Wizards de 1997 à 2007

    Un revirement sportif bien venu pour lequel l’ancien joueur des Warriors a énormément contribué, en témoigne ses performances et son rendement offensif. En passant d’un peu plus de 19 points par match lors de sa première année à Washington à plus de 29 points en 2006 sur toute la saison régulière, le meneur de jeu est incontestablement le facteur X de la renaissance des Wizards. En playoffs, Arenas culmine même à 34 points inscrits lors de la campagne 2006 mais se heurte successivement au Heat de Wade puis les Cavs de LeBron au cours des deux premières campagnes des Wizards.

    Le contexte du match

    Pour l’exercice 2006-2007, Washington et Los Angeles connaissent des débuts bien différents. Les Lakers ont démarré la saison avec seize victoires pour seulement sept défaites, soit le meilleur démarrage de la franchise depuis la saison 2003-04. De son côté Gilbert Arenas brille mais gagne très peu de matchs avec les Wizards notamment après un mois de novembre épouvantable (seulement cinq succès en quatorze rencontres). À la mi-décembre, la balance penche donc en faveur des Lakers qui semblent plus en réussite et mieux partis dans la saison régulière, même si les Wizards retrouvent des sensations et une dynamique de victoire.

    La rivalité entre les Wizards et Kobe

    Alors certes ici on ne parle pas de rivalité au sens historique et sportif du terme mais plus d’une rivalité anecdotique bien que toutefois intéressante, entre le Black Mamba et Washington. Il faut remonter en 2003, à l’époque His Airness vient de faire son dernier come-back en NBA dans un rôle de joueur-entraîneur-dirigeant aux Wizards. Le sextuple champion vient de croiser à deux reprises la route du jeune Kobe pour qui Jordan est un modèle sportif, les Lakers remportants les deux premières confrontations. Mais lors de leur dernier face-à-face, Washington l’emporta d’un point à domicile (100-99) et Michael Jordan usera d’un dernier trashtalk avec le joueur de 24 ans qu’on présente comme son plus proche successeur :

    Tu auras beau mettre des Jordan à tes pieds, tu ne pourras jamais marcher dans mes pas

    Basket USA

    Une punchline qui va piquer au vif l’arrière des Lakers qui ruminera pendant plusieurs jours les propos de son idole et qui prendra un malin plaisir à lui coller 55 points dans la vue lors de leur dernier duel (victoire 108-94). Tel un psychopathe, Kobe inscrira près de trente points par match face aux Wizards les saisons suivantes se heurtant souvent néanmoins à l’Agent Zéro.

    Papy Jordan fait dans les douceurs

    Une soirée mémorable

    En cette soirée du 17 décembre, les Lakers reçoivent Washington pour leur premier duel de la saison. Au moment d’entamer un road-trip d’une semaine, les Wizards arrivent avec le plein de confiance après deux victoires face à Denver et le Heat, tandis que les angeliños sortent de dernières rencontres éprouvantes avec une double prolongation face à Houston. Les protagonistes avancent en ordre dispersé, les coéquipiers de Arenas sont encore en rodage, notamment avec leur adresse, et bien que Washington fasse partie des meilleures attaques, la défense n’est pas vraiment au coeur des préoccupations d’Eddie Jordan. Mais les titulaires et les second-units répondent présents.

    Pour les Lakers c’est une toute autre affaire. Privés de leur deuxième solution en attaque, Lamar Odom, Kobe Bryant doit sortir la démultiplié avec de gros cartons offensifs, en témoigne les 53 points claqués face aux Rockets. Seul joueur donnant l’impression d’être à la hauteur depuis le début de la saison, le No. 24 doit notamment composer avec le n°1 de draft 2001, Kwame Brown, Smush Parker ou encore de Luke Walton, des joueurs très loin des standards à leur poste respectif à l’époque.

    Duel de pyromanes

    Washington prend les devants

    Le premier quart-temps tourne rapidement à l’avantage des visiteurs et du duo Arenas – Jamison qui en fait voir de toute les couleurs à un Kobe muselé en attaque et des Lakers maladroits d’entrée de jeu. Gilbert Arenas passe un premier quart-temps plutôt en réussite, enchaînant les relances rapides et les pénétrations en tête de raquette, sans inquiéter les défenseurs adverses. Son entente avec Antawn Jamison est également une des clés du premier quart-temps des Wizards. Malgré trois tentatives manquées derrière l’arc, Arenas régale par ses fulgurances et vient déjà d’inscrire quasiment la moitié des points de son équipe (26-20). Côté Lakers c’est l’ailier Vladimir Radmanović qui caracole avec déjà dix points.

    La réponse de Kobe ne se fait pas attendre dès le début du deuxième quart-temps, avec deux tirs primés consécutifs. Plus adroit et altruiste, Bryant score 14 de ses 16 pions à la mi-temps dans ce quart-temps, tandis que Gilbert Arenas dévisse de loin (0/4) mais provoque des fautes adverses. Malgré tout, les Lakers sont encore derrière, incapables de tenir Jamison et les remplaçants. La marque se répartit entre Caron Butler, Brendan Haywood, Antonio Daniels et Roger Mason alors que l’écart au tableau d’affichage grandit (59-49). À la mi-temps Arenas et Jamison pointe à 17 points chacun contre 16 points pour Kobe et 15 pour Radmanović pour les hôtes.

    Le début de la seconde mi-temps démarre comme le deuxième quart-temps, Kobe est dans un grand soir avec son adresse et score les premiers paniers de son équipe. Déchaîné à trois points (4/7), le snake ne fait pas encore la différence dans ce quart-temps malgré sa réussite (16 points), la faute à un Gilbert Arenas qui réagi dans les dernières minutes avec des fautes provoquées et un tir clutch à 30 secondes du buzzer. Arenas ajoute 12 unités à son compteur et règle la mire (29 points), secondé par Jamison (6 points) et DeShawn Stevenson (7 points) et sur un statu quo (31-31), les Wizards semblent tenir le match par le bon bout, tenants tête à un Kobe déchaîné depuis vingt minutes (32 points à 7/10 à 3pts).

    Le sursaut des Lakers

    Ce dernier quart-temps sonne comme une dernière chance pour les hommes de Phil Jackson. Kobe sur le banc pendant plusieurs minutes, les Wizards vont prendre jusqu’à dix-sept points d’avance jusqu’à deux trois points successifs de Farmar et Walton avant un temps-mort demandé par Eddie Jordan. Gilbert Arenas devient inarrêtable et démarre sur les chapeaux de roues ce quart-temps avec neuf points en quatre minutes. De retour sur le parquet, Kobe mettra pourtant plusieurs minutes avant d’inscrire un panier. Chargé de défendre sur Arenas, Kobe prend son job avec sérieux. Même si le meneur semble indéfendable ce soir, Washington verra à tour de rôle Kobe, Radmanović, Bynum et surtout Farmar revenir au score.

    Après une passe de Kobe pour Walton (la septième de la soirée), revoilà les Lakers à -4 avec moins de 45 secondes au tableau d’affichage dans le money-time. Arenas est toujours intenable et en inscrivant ses 43 et 44ème points sur lancers-francs, Washington est toujours devant (125-120). Mais c’est mal connaître le Black Mamba qui va lui répondre d’un lay-up avec la faute en prime. Nouveau temps-morts des Wizards, Gilbert Arenas peut hériter du ballon pour la gagne mais bien isolé en défense, le cuir tombe dans les mains de Stevenson sur qui Kobe se jette en défense et provoque la faute. L’arrière ne rentre qu’un lancer sur deux et les Lakers hérite d’une possession pour égaliser. Étonnement altruiste, Kobe remonte le terrain, pris à deux en défense, il transmet le ballon à Brian Cook qui feinte Arenas et envoi un tir primé pour égaliser à 126 partout. Une dernière possession et un tir manqué par Arenas envoi les deux équipes en prolongations.

    La lumière divine

    Malgré un tir de la victoire au bout des doigts raté, Gilbert Arenas ne baisse pas pavillon. Touché par la grâce, le meneur all-star va justifier son statut en achevant les californiens. D’un splendide tir à trois point sur la tête d’un Kobe dépassé, Gilbert enchaîne par un lancer qui porte le compteur à 50 points, record en carrière pour l’Agent Zéro. On en reste là ? Pas moyen !
    Après un tir primé de Sasha Vujačić, Arenas remet le couvert et enfonce les Lakers avec deux lay-ups et la faute en prime. Un nouveau tir primé et deux lancers plus tard, Arenas rend une copie FA-BU-LEU-SE avec 60 points, 8 rebonds et 8 passes pour trois pertes de balle. Avec une prolongation menée d’une main de maître, Gilbert Arenas restera dans les annales comme le premier joueur depuis Wilt Chamberlain à avoir inscrit 60 points aux Lakers depuis plus de quarante ans et effaçant des tablettes le record de sa franchise de Earl Monroe (54 points).

    Les Wizards s’imposent au final 147 à 141 face à des Lakers incapables de contenir l’incendie Arenas qui inscrira 16 points en prolongation, dont 14 consécutifs, devenant le meilleur marqueur de l’histoire sur une prolongation (jusqu’à Stephen Curry en 2017) et provoquant un nombre de fautes hallucinant (21/27 aux LF). Bryant qui n’inscrira que quatre points en prolongation doit s’incliner mais terminera tout de même avec une belle feuille de match (45pts, 10 ast, 8 rbd). Au-delà de ce duel épique entre deux des meilleurs joueurs offensifs de l’époque, Gilbert Arenas a pu également compter sur ses partenaires au rendez-vous, de Caron Butler (27 points, 5 passes) à Antawn Jamison (25 points, 13 rebonds) et DeShawn Stevenson (15 points).

    Les retrouvailles en mars 2007 entre les deux stars tournera cette fois en faveur du Laker (118 – 102) malgré un nouveau duel explosif (39 points pour Kobe et 37 pour Arenas), un mois seulement avant la grave blessure de l’Agent Zéro qui plongera le joueur dans une lente et douloureuse déchéance financière et sportive jusqu’à quitter la NBA en 2012 pour partir évoluer en Chine, aux Shanghai Sharks et terminer sa carrière de basketteur professionnel à seulement trente et un ans.