Étiquette : Chris Paul

  • Et le capitaine James Harden abandonna son vaisseau

    Et le capitaine James Harden abandonna son vaisseau

    Rédigé par Guillaume Gaborit, Illustration by @romain_sk_97

    Cela aurait pu être une belle histoire. Celle d’un sixième homme d’une équipe finaliste ayant pour mission de porter sur ses larges épaules toute une ville vers un nouveau titre, le premier depuis 1995. Si Harden détient désormais à lui seul 90% de records en tout genre de la franchise, il n’a jamais pu atteindre les Finales en huit ans. Mission avortée, et voilà que ce qui était encore impensable il y a un an se concrétise. Le célèbre N°13 a donc quitté le vaisseau des Rockets vers une nouvelle mission à Brooklyn. Prenons ensemble un step back pour revivre les moments marquants de sa période Houston.


    Un trade marquant et des débuts historiques

    Daryl Morey et James Harden lors la présentation face à la presse en octobre 2012. Crédit: AP/ Pat Sullivan

    La nouvelle est officialisée le 27 octobre 2012, quelques mois après avoir perdu en finale face au Heat aux côtés de Kevin Durant et de Russell Westbrook, Harden est un Rocket. Le GM de Houston Daryl Morey peut savourer son deal pour récupérer le meilleur sixième homme de la ligue. Pour se faire, il a fallu lâcher le shooteur (à la mécanique de tir improbable) Kevin Martin, le rookie sélectionné en 12e position de la Draft 2012 Jeremy Lamb, deux futurs choix au premier tour (qui deviendront Steven Adams en 2013 et Mitch McGary en 2014) ainsi qu’un second tour (Alex Abrines en 2013). Morey en est convaincu, il s’agit d’un trade unique qui va faire basculer la franchise texane dans une toute autre dimension après avoir tournée la page T-Mac/Yao.

    « James Harden est un joueur sur lequel nous pouvons construire et continuer à améliorer l’équipe autour de ses compétences. »

    Daryl Morey lors de la conférence de presse d’introduction de sa nouvelle star.

    Sans perdre de temps, le barbu signe une extension (tant voulu) de 80M$ sur cinq ans. Les questions fusèrent : comment un 6e homme pourra-t-il faire face à des défenses plus resserrées ? Comment pourra-t-il réussir sans avoir à ses côtés des stars comme ce fut le cas au Thunder ? Ce qui est certain, c’est que cet échange restera à jamais dans l’histoire de la ligue.

    « Il y aura pour toujours une ligne de démarcation lorsque nous parlerons de l’histoire de la franchise du Thunder: il y a un avant Harden et un après Harden. »

    David Aldridge, journaliste de NBA.com

    Toutes ses questions concernant la capacité de l’arrière de 23 ans de prendre les reines d’une franchise se sont vite estompées après ses deux premières victoires: 37pts et 12pds à Detroit puis 45pts à Atlanta (15/17 aux lancers-francs!). Il devient le scoreur le plus prolifique de l’histoire avec 82 points sur ses deux premiers matchs avec ses nouvelles couleurs, dépassant ainsi Wilt Chamberlain (79pts). Déjà, à l’époque, ces deux performances historiques annoncent la couleur pour la suite de l’aventure de James Harden au sein du vaisseau des Rockets.

    https://www.youtube.com/watch?v=SkfEKKECzGo

    Saison exceptionnelle d’un point de vue individuel : 25.9 pts par match contre 16.8 pts l’année précédente et on tient aussi à souligner le fait que les arbitres, aussi bien que les défenseurs, n’étaient pas prêts pour faire face au phénomène Harden : 10.2 lancers tentés par match contre 4.3 de moyenne en trois saisons avec le Thunder. Ajoutez à cela sa première apparition au All-Star Game en tant que remplaçant à l’ouest et vous tenez là un nouveau franchise player. Seule ombre au tableau, l’élimination au premier des Playoffs face à son ancienne équipe : 2v-4d. Les Rockets étaient aux portes d’un sweep (3v-0d), mais la blessure de Russell Westbrook (merci Pat Beverley) a été un facteur important dans le regain de confiance des texans.

    La saison 1 avec un James Harden encore attiré par le tir à mi-distance, reste positive après trois saisons sans Playoffs, les Rockets sont de retour dans la féroce conférence Ouest. L’avenir de la franchise se reposera bien sur le barbu.


    Un « one two punch » avec Dwight Howard qui tombe à l’eau

    Dwight Howard et James Harden – via USA Today Sports

    Il faut croire qu’un roster composé de Jeremy Lin, de Chandler Parsons et d’Omer Asik ne suffit pas à vous emmener au 2e tour des Playoffs à l’Ouest. Daryl Morey (toujours en quête de superstars), profite de l’ascension d’Harden pour signer le free agent le plus convoité de l’été 2013 : Dwight Howard. Après une saison galère à Los Angeles, c’est une demie-surprise de voir le triple DPOY signer pour 4 ans et 88M$ pour jouer aux côtés d’une étoile montante.

    La première saison du duo est réussie : 54v-28d, soit le meilleur bilan de la franchise depuis 2008 et la fameuse série de 22 victoires de suite de T-Mac & co. James Harden est dans la continuité de ce qu’il a produit lors de l’exercice précédent et « D-12 » semble soulagé de ses douleurs au dos qui l’ont tant handicapé à Los Angeles. Les hommes de Kevin McHale finissent 4e à l’Ouest, pour affronter les Trail Blazers de LaMarcus Aldridge (inarrêtable sur la série) et d’un Damian Lillard dans sa 2e année. Malgré l’avantage du terrain, Houston perd ses deux premiers matchs. Harden se démène pour arracher le Game 3 (37pts, 9rds, 6pds), puis c’est au tour de Dwight Howard de se montrer lors du Game 5 (22pts, 14rds, 3blks). Dans un Game 6 très serré et dans une ambiance électrique, les Rockets vont échouer sur un buzzer beater signé Lillard. Le duo Harden/Howard rentre déjà dans l’histoire des Playoffs en étant témoin de la naissance du phénomène « It’s Dame Time ».


    Malgré un terrible dénouement, tout n’est pas à jeter. Daryl Morey a réellement transformé Houston en un réel prétendant au titre, avec ses deux All-Stars et pour sa 2e saison, Harden est élu dans la 1st All NBA Team. Pour la saison 2014-2015, le GM décide de se débarrasser du pivot Omer Asik, finit avec cette horrible idée de McHale de placer le turc aux côtés de Dwight Howard dans le cinq. En retour, les Rockets récupèrent un ancien de la maison, Trevor Ariza puis quelques semaines plus tard un autre shooteur avec Jason Terry. Pour sa 3e saison dans le Texas, Harden gonfle ses statistiques offensives notamment grâce à l’absence de son pivot star qui manqua la moitié de la saison. L’arrière devient pour la première fois titulaire au All-Star Game (Kobe Bryant étant blessé), il gère toujours autant voire plus le jeu en attaque (27.4pts) tout en alimentant ses shooteurs que sont Ariza, Motiejunas, Terry et Beverley (7pds). Les Rockets consolident leur statut de favoris et tout cela sans leur pivot vedette…

    James Harden en tenant de remplaçant félicitant ses coéquipiers. Credit: Andrew D. Bernstein/Getty Images

    De retour en Playoffs, Harden & co se débarrassent facilement des Mavericks au premier tour en 5 matchs. Le barbu tourne à 28.4pts sur la série avec un joli carton lors du Game 3 remporté à Dallas (42pts, 15/24 aux tirs). En revanche, les demies-finales seront bien plus intéressantes et auront fait couler beaucoup d’encre. Menés 3-1 face aux Clippers version lob city avec Chris Paul et Blake Griffin, les hommes de Kevin McHale ont réussi à renverser la tendance avec notamment un 4e quart-temps de folie lors d’un Game 6 remporté grâce à Josh Smith, Corey Brewer, Trevor Ariza… Et les stars ? James Harden est sur le banc durant tout cette période cruciale et D-12 prend quelques rebonds et affiche un pitoyable 1-6 aux lancers-francs. Un coup de maître de Kevin McHale ? Un message envoyé à sa star ? En tout cas, Harden est bien de retour lors du Game 7 avec 31pts et un détonnant 15/18 aux lancers-francs. Houston devient la 9e équipe de l’histoire à remonter un déficit de 3-1 pour passer au tour suivant.

    La belle aventure fut stoppée net par les Warriors en finale de conférence (1v-4d). Harden qui avait terminé second dans les votes pour le titre de MVP derrière Stephen Curry échoue face à ce dernier. S’il n’a pas démérité avec un Game 4 remporté (45pts, 7/11 de loin), il n’a pu éviter l’élimination avec un très mauvais Game 5 (14pts, 2/11 aux tirs, 12tov). Triste manière de quitter la scène, mais l’évolution est là, les Rockets progressent et Harden semble déjà inarrêtable:

    Saison 2014-15: Joueur ayant le plus de matchs à:

    • 20pts et plus: 62
    • 30pts et plus: 35
    • 40pts et plus: 10
    • 50pts et plus: 2 (égalité avec Kyrie Irving)

    Kevin McHale et James Harden. Credit: Brett Coomer, Houston Chronicle

    La saison 2015-16 devrait être la bonne ! Suite à leur élimination sans saveur face aux Warriors, on attendait des texans remontés, affamés et déterminés. Que nenni ! Les Rockets commencent la saison par 4v-7d. Kevin McHale, qui était en poste depuis 2011, est remercié. Daryl Morey avouera plus tard que l’équipe ne répondait plus à son coach et décida donc de le remplacer par son assistant J.B. Bickerstaff. Harden se montrera plus virulent avec son ancien coach en le traitant de « clown » pour répondre à des propos de McHale concernant le manque de leadership du barbu…

    Les Rockets sont inconstants et les tensions dans les vestiaires empêchent une quelconque amélioration. Le jeu passe encore plus par James Harden (29pts, 7.5pds) au détriment d’un Dwight Howard qui n’a jamais aussi peu tenté de tirs depuis son année rookie (8.5). Sa moyenne de points chute (13.7pts) et son mécontentement augmente. Le vestiaire est scindé en deux et le climat est plus que pesant comme l’évoquait un joueur de l’équipe.

    « A cette époque, le vestiaire de Houston était divisé par une ligne séparant les camps Howard et Harden, et les clans étaient si établis qu’un vétéran de l’équipe a dit un jour à un joueur fraîchement transféré : ‘Quand tu arrives ici, tu dois choisir ton camp.’ »

    Joueur anonyme de Houston via Sport Illustrated

    Les Rockets termineront péniblement la saison avec un bilan équilibré 41v-41d. James Harden établit un nouveau record en terme de ballons perdus (374) sur une saison. Houston sera éliminé à nouveau par les hommes de Steve Kerr en 5 matchs, pourtant orphelins du MVP Stephen Curry. Les ambitions affichées par le duo Harden/D-12 se sont envolées. Les deux hommes ne se parlent plus, ne s’aiment plus. La page doit être tournée pour le bien de la franchise.


    Welcome To Space City

    Mike D’Antoni aux côtés de sa star pour une séance « shooting » pour la saison 2016-2017. Crédit: Troy Taormina-USA TODAY Sports

    Alors que les Warriors viennent de battre le record de victoires en saison régulière (73v-9d), puis récupérer Kevin Durant lors de la folle FA de 2016, les Rockets, eux, semblent avoir fait un pas en arrière après un exercice 2015-16 plus que compliqué.

    Heureusement que Daryl Morey est aux manettes du vaisseau et décide de se baser sur trois règles essentielles pour réussir dans la ligue :

    • Règle N°1 : La balle doit être dans les mains de la star
    • Règle N°2 : Le spacing
    • Règle N°3 : Le tir extérieur

    Qui de mieux pour respecter ces consignes que le coach emblématique des Suns des années 2000. Avec Mike D’Antoni, finit le jeu poste bas et bonjour le drive & kick, le 3-pts dans le corner et le spacing à outrance. Lors de son introduction, le coach annonce déjà qu’il souhaite placer James Harden dans le rôle de meneur de jeu. Règle N°1 : check.

    Lors de l’intersaison 2016, Harden prolonge pour 118M$ sur 4 ans, Dwight Howard quitte le navire pour signer chez lui à Atlanta. Puis Morey engage des joueurs « D’Antoni compatibles » avec les ex-Pelicans : Ryan Anderson, Eric Gordon. Règles N°2 et 3 : check-check.

    Pour cette saison 2016-17, Houston devient la franchise qui tente le plus de tirs derrière la ligne avec 40,3 tirs en moyenne par match pour la saison 2016-17, soit dix de plus que la saison précédente. Si l’adresse est moyenne (35.7%), Harden & co se placent en 2e position en terme de points marqués avec des cartons contre les Clippers (140-116), les Lakers (134-95) ou encore les Nets (137-112). Toute l’équipe est unie derrière un principe : simplement marquer plus de points que l’adversaire (140-130 vs Minnesota).

    Le barbu s’éclate avec son nouveau coach. Il entasse tous les records inimaginables. Il dépasse la légende Hakeem Olajuwon pour le nombre de triples doubles avec les Rockets (29pts, 11rds, 13pds vs Pelicans) et devient le premier joueur depuis Wilt Chamberlain à afficher une ligne de statistiques de 50-15-15 (53pts, 16rds, 17pds vs Knicks), pour ensuite devenir le seul joueur de l’histoire à réaliser une telle performance une deuxième fois (51pts, 13rds, 13pds, vs Sixers). Il s’agit tout simplement de sa meilleure saison en terme de statistiques brutes: 29.1pts, 8.1rds, 11.2pds


    Game 5: Manu Ginobili contre James Harden donnant ainsi la victoire des Spurs en porlongation pour mener la série 3-2. Eric Gay/Associated Press

    Une saison historique qui s’est terminée d’une manière cauchemardesque. D’abord sur un plan individuel, Harden est relégué à la 2e place pour le trophée de MVP derrière la machine à triple double Russell Westbrook, et ce, malgré un bilan collectif bien plus flatteur pour le barbu (55v-27d contre 47v-35d). Harden ne manqua pas l’occasion de se venger en éliminant le Thunder au premier tour (4v-1d).

    Tout s’effondra au 2nd tour contre les éternels San Antonio Spurs. Après un Game 5 perdu en prolongation (merci Gino!), Harden réalise sa pire performance de la saison au plus mauvais moment lors d’un Game 6 perdu de 39 points à domicile. Avec seulement 10pts et 2/11 aux tirs, Harden ne peut que réaliser l’écart de niveau entre la saison régulière et les Playoffs. Sans oublier qu’en face, Kawhi Leonard était absent.


    Les renforts arrivent

    Chris Paul, James Harden et PJ Tucker savourant une victoire sur le banc de touche. Image via Getty/Rocky Widner/NBAE

    La violente élimination contre les Spurs a mis en évidence le manque de playmakers dans le roster. Harden ne peut pas être en charge de la création 100% du temps. Morey va donc modifier sa première règle :

    • Règle N°1 : La balle doit être dans les mains DES stars

    Après avoir prolongé pour le deuxième été de suite Harden pour 160M$ et 4 ans, le GM de Houston récupère dans un méga-deal le meneur All-Star Chris Paul en échange de Patrick Beverley, Lou Williams, Montrezl Harrell, Sam Dekker, Darrun Hilliard, Kyle Wiltjer, DeAndre Liggins, un 1er choix de draft, et de l’argent. Le propriétaire des Rockets de l’époque annonce clairement les ambitions :

    «Nous pensons que combiner deux des plus grands joueurs de la ligue, James Harden et Chris Paul, opérant dans le système de Coach D’Antoni, nous donne une équipe calibrée pour le titre et qui rivalisera au plus haut niveau pour les années à venir.»

    Leslie Alexander via NBA.com

    Autre signature qui semblait anecdotique à l’époque mais qui restera gravée dans les mémoires des fans de la franchise, celle de PJ Tucker en provenance de Toronto. L’intérieur correspond parfaitement au profil tant apprécié par D’Antoni de petit intérieur capable de tirer à3-pts dans le corner.

    Pour cette saison 2017/2018, l’équipe tourne à plein régime en dépassant la moyenne des 42 tirs de loin tentés par match et domine même la conférence Ouest. Sur les trois confrontations en saison régulière contre les Warriors, les Rockets engrangent deux victoires (Harden étant absent lors de l’unique défaite). Pour la première fois premier à l’Ouest avec un bilan de 65v-17d, cette équipe vient tout simplement de réaliser la meilleure saison régulière de l’histoire de la franchise.

    De son côté, Harden continue sa moisson de records (points, triple double…). On retiendra sa performance surréaliste face au Magic (60pts, 11pds, 10rds). Jamais un Rocket n’avait autant scoré sur une rencontre. La présence à ses côtés de Chris Paul ne l’empêche pas de gonfler ses statistiques offensives en devenant cette saison le meilleur scoreur de la ligue avec 30.4pts de moyenne avec 10 tirs à 3-pts tentés par rencontre (36.7% de réussite).


    Privé de Finales NBA: James Harden à la fin du Game 7 perdu contre les Warrirors. Credits: Troy Taormina-USA TODAY Sports

    Après avoir écarté sans trop de difficultés les Timberwolves (4-1) puis le Jazz (4-1), Houston retrouve 3 ans après les Finales de Conférence, et pour que l’histoire soit encore plus dramatique, nous avons le droit à la revanche de 2015 : Rockets vs Warriors. Houston s’était préparé toute la saison. L’équipe attendait ce moment depuis le début du training camp. Cet affrontement s’annonçait dantesque ! Le duo Harden-Paul fonctionne parfaitement bien, et semble prêt pour défier les triples champions en titre de la conférence.

    Et tout semblait bien parti. Houston menait la série 3-2 avec l’avantage du terrain. Les Rockets ont surpris leurs adversaires en serrant la vis en défense, limitant ainsi les hommes de Steve Kerr à 92 et 94 points pour les Game 4 et 5. Chris Paul gère l’attaque, Harden joue son rôle d’aimant à défenseurs et c’est Eric Gordon qui en profite pour perforer la défense adverse. Puis le sort s’est acharné sur les texans avec la blessure aux ischios-jambiers pour Chris Paul, l’empêchant ainsi d’être en tenue pour les Game 6 et 7. Malgré les performances du barbu (32 points lors des deux derniers matchs), et une avance de 19 points à la mi-temps du Game 7. Les hommes de Mike D’Antoni trouvèrent le moyen de rater 27 tirs à 3-pts de suite et de perdre la rencontre. Éliminé à nouveau aux portes des Finales, Harden a néanmoins pu se réconforter avec l’obtention du titre de MVP de la saison.


    Le « Harden One Man Show »

    James Harden lors d’une victoire incroyable chez les Warriors. Photo by Noah Graham/NBAE via Getty Images

    Éliminés aux portes des Finales, le front office des Rockets croient toujours en cette équipe en signant un nouveau contrat à son meneur Chris Paul pour un chèque de 160M$ pour 4 ans. Toujours en quête de stars, Daryl Morey signe Carmelo Anthony en août 2018.

    Le début de saison est plus que laborieux. L’expérience Melo s’arrête prématurément en novembre et la franchise affiche un bilan de 11v-14d après une défaite contre les Mavericks le 8 décembre 2018. C’est alors que le Barbu passe en mode « chef » pour ramener son équipe aux sommets de la conférence Ouest et sans Chris Paul qui manqua 17 matchs entre décembre et janvier.

    Pour preuve ! En plus d’avoir ramener les siens dans le match après avoir compté près de 20 points de retard, Harden rentre un incroyable Game Winner en prolongation chez les double champions en titre !

    https://www.youtube.com/watch?v=L2g4RtMj2Ss

    Harden réalise la saison la plus prolifique d’un point de vue offensif avec deux matchs à 61 points (contre les Knicks et contre les Spurs). L’arrière de Houston bat encore et toujours des records qui n’existaient pas. Il a scoré au moins 30 points contre les 29 autres équipes de la ligue, et termine pour la deuxième année de suite meilleur scoreur de la ligue avec 36.1pts de moyenne. Un seuil jamais atteint depuis Michael Jordan en 1987 (37.1pts). Toujours en compagnie de « MJ », Harden est le 2e joueur de l’histoire à enregistrer au moins 2700 points, 500 rebonds et 500 passes.


    Chris Paul et un James Harden aux yeux rouges marqués par une série intense et physique contre les Warriors. Photo by Bill Baptist/NBAE via Getty Images

    Malgré un premier tour assuré face au Jazz (4-1), la collection de records du barbu s’épaissit lors d’un match de Playoffs, mais cette fois avec le plus grand nombre de tirs manqués de suite avec 0-15 lors du Game 3 dans l’Utah. Les texans se retrouvent une nouvelle fois face à sa bête noire : les Warriors. Loin d’être ridicule, Houston égalise la série 2-2, mais le Game 5 vient confirmer les éventuelles tensions entre les deux leaders texans. Paul et Harden ne semblent plus sur la même longueur d’onde et les Warriors en profitent pour clôturer la série en six rencontres, malgré l’absence de Kevin Durant lors du Game 6. Les Warriors ont envoyé Harden & co en vacances quatre fois en cinq ans…

    Harden compile les records en saison régulière et les apparitions dans la 1st All NBA Team, termine à nouveau 2e dans les votes pour le titre de MVP, mais échoue continuellement à emmener son équipe vers le titre. Les défaillances des Rockets sont criantes, l’ambiance s’est dégradée, et quelque chose se prépare en coulisse pour bousculer tout cela…


    la réunion avec Westbrook

    James Harden heureux de rejouer avec Russell Westbrook lors d’un match de présaison à Tokyo contre les Raptors. Credits: Jae C. Hong/Associated Press

    Comme avec Dwight Howard, le mariage Harden/Paul s’est détérioré et Daryl Morey n’a pas d’autres choix que de se séparer de son meneur vedette de 33 ans. C’est en juillet 2019, lors d’une FA déroutante, que le GM actionne un trade entre contrats de mammouths, pour envoyer Chris Paul au Thunder avec plusieurs choix de draft pour récupérer l’ami et ancien coéquipier Russell Westbrook. Un move qui satisfait le barbu mais qui est loin de faire l’unanimité au sein du staff des Rockets.

    Un début de saison laborieux pour l’équipe, pour les deux stars qui se marchent sur les pieds et sans oublier les affaires avec la Chine. La défense des Rockets est digne des pires défenses made in All-Star Game de l’histoire (159-158 contre Washington fin octobre 2019 avec 59pts pour Harden). Et pour ne rien changer, Harden ne s’arrête pas de cumuler les exploits offensifs avec 60 points contre les Hawks en seulement 31 minutes. Quelques jours plus tard, le 13 décembre, il devient le premier joueur de l’histoire à enchaîner deux matchs consécutifs à 50 points et 10 tirs à 3-pts inscris (55pts à Cleveland, et 54pts à Orlando). Au 1er janvier 2020, James Harden est le joueur ayant le plus scoré sur la dernière décennie avec 19 578 points.

    Le reste de la saison est pour le moins délicate dans son ensemble avec la disparition de Kobe Bryant le 26 janvier 2020 et l’arrêt de la saison à cause de la COVID-19 le 12 mars 2020.


    La Bulle d’Orlando

    James Harden arborant un t-shirt avec le message « Black Lives Matter ». Credits: Pool via Getty Images

    De retour sur les parquets en août, Harden reprend ses bonnes vieilles habitudes, c’est à dire, les records ! Avec 49 points dans la victoire en prolongation contre les Mavericks, le N°13 devient le 2e meilleur scoreur de l’histoire des Rockets. Pour la troisième saison consécutive, il s’adjuge le titre de meilleur scoreur de la ligue avec 34.3pts de moyenne. Mais rien ne change une fois les Playoffs arrivés.

    Après un premier tour étonnamment laborieux face au Thunder de Chris Paul (4-3), et malgré un Game 1 réussi face aux Lakers (112-97), Harden a encore une fois échoué dans sa quête du titre. A ses côtés, Westbrook semble diminué et ne parvient pas à aider son « ami » (10pts en 35′ dans le Game 5). Il n’a fallu que cinq matchs pour que LeBron James et Anthony Davis pour envoyer Houston en vacances. Pas de titre NBA, mais Harden figure toujours parmi les votes pour le MVP et dans les All-NBA Team. Le scénario se répète…


    La fin de l’histoire

    James Harden réagissant à une décision arbitrale lors d’une rencontre en janvier contre les Lakers. Credits: Mark Mulligan/Houston Chronicle via AP

    Bonne nouvelle ! L’histoire ne se répétera pas pour Harden et les Rockets pour la saison 2020-21. Mauvaise nouvelle, Harden veut quitter le navire. Après les départs successifs de Mike D’Antoni, de Daryl Morey, les stars Russell Westbrook et James Harden réclament un trade deux jours avant la draft. On ne va pas revenir sur les épisodes houleux avant la saison avec un James Harden festif et en surpoids, et la manière dont il a protesté les décisions prises par le nouveau Front Office. Il va refuser une offre de prolongation en novembre et se présentera en retard pour le training camp et le début de la pré-saison.

    Le 3 décembre, Russell Westbrook est échangé contre John Wall. James Harden est toujours sur le pont mais ne souhaite plus diriger le navire malgré l’arrivée de nouveaux matelos (John Wall, DeMarcus Cousins, Christian Wood). Le barbu ne cherche même plus à montrer son mécontentement vis à vis de cette situation. Il sera finalement échangé dans un deal à quatre équipes le 13 janvier à Brooklyn pour former un Big Three détonant avec Kyrie Irving et Kevin Durant.


    Des débuts tonitruants pour une fin en eau de boudin. Ces huit années auront été riches en records en tout genre. Intenable en saison régulière puis incapable de remporter la conférence Ouest, le chapitre Harden restera incomplet. La franchise texane a tout mis en œuvre pour contenter sa star. Mais le chef Harden ne veut plus cuisiner pour les Rockets. Une toute nouvelle mission l’attend à l’autre bout du pays.

  • Clutch Action #9

    Clutch Action #9

    Pour vous faire patienter avant que la NBA ne reprenne, Clutch Time vous propose de revoir les actions les plus « clutchs » de la saison 2019-2020. Un layup pour égaliser dans la dernière minute, un tir pour passer devant au buzzer ou un lancer-franc pour la gagne, voici notre neuvième numéro quelques actions offensives qui ont marqué le début d’année 2020.

    Dans la catégorie : Pour arracher la prolongation

    Terry Rozier (Charlotte Hornets)

    04/01/20 : @ Dallas, victoire 123-120 OT

    Menés de 6 points à 1’30 du buzzer, les Hornets ont redoublé d’intensité des deux côtés du terrain pour revenir à hauteur des Mavs. Deux lancers-francs pour Devonte’ Graham, un dunk de PJ Washington, puis c’est au tour de Terry Rozier de finaliser ce comeback avec un drive vers le cercle. Luka Doncic est pris de vitesse, tout comme ses coéquipiers, et la tentative de loin du slovène à 1 » de la fin n’a pu changer le scénario. Les Hornets ont repris les commandes de la rencontre durant la prolongation, grâce au héros du soir : Terry Rozier, avec 7 points lors de ces 5 minutes supplémentaires.

    Chris Paul (Oklahoma City Thunder)

    07/01/20 : @ Brooklyn, victoire 111-103 OT

    https://www.youtube.com/watch?v=no54r0mNft4

    Devant au score durant tout le 4e quart-temps, les Nets se sont écroulés dans la dernière minute face à un Chris Paul impérial avec 16 points pour les siens lors de ce dernier quart-temps. Toujours en manque de solution face au meneur All-Star, les Nets ont vu le N°3 du Thunder inscrire les deux derniers tirs pour permettre aux visiteurs de prolonger le plaisir. Les cinq minutes qui ont suivi ont été une réelle bouillie de basket côté Nets avec seulement 2 points sur l’ensemble de la période, CP3 en inscrira même le double.


    Dans la catégorie : Game Winner

    JJ Redick (New Orleans Pelicans)

    04/01/20 : @ Sacramento, victoire 117-115

    https://www.youtube.com/watch?v=8P847OTjv0o

    Le héros du match aurait dû être Nemanja Bjelica. Les Kings étaient menés de 4 points à 5 » du buzzer, et le serbe a une nouvelle fois envoyé un shoot venu d’ailleurs avec la faute en plus. Les Pelicans demandèrent un temps-mort avec 4 » au chronomètre. Alvin Gentry effectua deux changements qui se révéleront judicieux, avec les entrées de Josh Hart et surtout de JJ Redick. Le ballon arriva bien dans les mains de ce dernier, mais alors qu’il profitait d’un écran bien appuyé de Derrick Favors, le shooteur tatoué perça la défense des Kings pour marqué sur un surprenant tir victorieux main gauche.

    Carmelo Anthony (Portland Trail Blazers)

    07/01/20 : @ Toronto, victoire 101-99

    Une fin de match compliquée pour les champions en titre avec 5 tirs de suite manqués dans les derniers instants du match. De son côté, Portland a pu compter sur l’inarrêtable Damian Lillard pour ramener les siens à égalité à 38 » de la sirène. Sur un ballon perdu par Patrick McCaw, les Blazers ont pris leur dernier temps-mort. CJ McCollum ? Damian Lillard ? Carmelo Anthony ? Le staff des Blazers a le choix pour le tir décisif. Les Raptors en sont bien conscients et ont pris la décision de couper le N°0 de l’action avec une prise à deux. McCollum se retrouva ainsi avec le ballon dans les mains pour faire tourner l’horloge, mais c’est bien Melo qui a asséné le coup final sur les hôtes de la soirée avec un pull-up dont lui seul à le secret depuis des années.

    Aaron Gordon (Orlando Magic)

    13/01/20 : @ Sacramento, victoire 114-112

    https://www.youtube.com/watch?v=oCI32C_7QJo

    Décidément les fans des Kings ont vécu d’étranges soirées durant ce mois de janvier 2020. Quelques jours après le game winner de JJ Redick, les hommes de Luke Walton ont à nouveau subi un revers dans les dernières secondes d’un match étriqué contre Orlando. Alors que le français Evan Fournier s’apprêtait à tirer, il a eu le temps de décaler le ballon à son coéquipier bien positionné dans la raquette. Les arbitres ont ainsi sifflé faute contre le petit gabarit, Cory Joseph, et le joueur du Magic a pu concrétiser son and one.


    Dans la catégorie : Buzzer Beater

    Nikola Jokic (Denver Nuggets)

    08/01/20 : vs Dallas, victoire 107-106

    https://www.youtube.com/watch?v=tiacqxNW4MQ

    Une nouvelle fois, les Mavs ont connu une fin de match compliquée en ne scorant aucun point lors des deux dernières minutes de la rencontre. Les Nuggets sont tout naturellement revenus au score grâce à Nikola Jokic et aux lancers-francs réussis de Jerami Grant. Après un énième tir manqué par les Mavs, Mike Malone prend son temps-mort pour faire rentrer son pivot. Le serbe va avoir le ballon décisif dans ses mains. Son un contre un face à Dwight Powell est réussi, le buzzer retenti, les texans n’auront plus d’autres cartouches.

  • Le titre ou l’argent : Un dilemme important pour un joueur NBA

    Le titre ou l’argent : Un dilemme important pour un joueur NBA

    En ces temps difficiles, ClutchTime continue de vous offrir une immersion dans l’univers de la NBA et aujourd’hui, ClutchTime vous propose de découvrir un acte de grande classe que peu de joueurs dans la ligue ont eu le courage de réalisé, sacrifier l’aspect financier de sa carrière au profit de l’aspect sportif.

    Dirk Nowitzki, roi du sacrifice financier

    Que ce soit Dirk, en passant par Durant ou même Lebron, nombreuses sont les superstars de la NBA qui ont accepté ce que l’on appelle une « Paycut » pour pouvoir offrir à leurs franchises une réelle possibilité de constituer la meilleure équipe possible et même si cette pratique marche souvent, cela n’a pas eu un effet bénéfique pour tous.

    Une paycut est donc le fait de sacrifier une partie de son salaire potentiellement accessible, généralement dans le but d’améliorer l’équipe pour laquelle on joue.

    Un sacrifice réservé au Star ?

    Pour réellement parler de « sacrifice », il est rare de parler de simple role player et cela concerne très souvent les grandes Stars de la ligue.

    La raison est simple, les paycuts sont très souvent réalisés au détriment d’un possible contrat maximum par un joueur, et les seuls joueurs qui ont accès à ce type de contrats sont les Superstars de la NBA.

    Cependant, il est nécessaire de nuancer ce propos car certains joueurs qui ne sont pas considérés comme des Superstars ont déjà accepté de sacrifier une partie de leurs salaires pour l’équipe donc même si ce sacrifice concerne souvent les grandes stars, il ne leur est pas uniquement « réservé » .

    Un sacrifice irrespectueux envers les Stars ?

    L’idée est donc simple pour le joueur, sacrifier le côté financier de la NBA dans le but de mettre toutes les chances de son côté vers l’aspect sportif et même si cela peut sembler être une décision assez logique ou acceptable pour une personne qui ne suit pas la NBA, cette pratique est tout de même assez rare.

    À l’image des Chris Paul, Russell Westbrook ou même Stephen Curry, le contrat maximum reste le choix majoritaire et ultime d’une Superstar de la NBA mais également le choix logique lorsque l’on connaît la face cachée de cette pratique.

    Kevin Durant tenant son trophée de MVP des finales
    Source : Jason Miller/Getty Images

    Danny Chau, rédacteur du Ringer, avait notamment évoqué la question en s’appuyant sur le cas de Kevin Durant avec les Warriors :

    « Durant’s decision makes it painfully clear that it will always be the players who have to make ‘sacrifices,’ never the owners. »

    La décision de Kevin Durant montre clairement que ce seront toujours les joueurs et jamais les propriétaires qui feront les sacrifices.

    Cette critique vient directement de la signature de Kevin Durant pour un contrat avec une paycut qui aurait permis de signer Andre Iguodala et Shaun Livingston et donc de garder l’équipe intacte.

    Cependant, l’équipe aurait pu, en réalité, signer les 3 joueurs avec Kevin Durant au maximum en payant une Luxury tax, montant supplémentaire imposée par la ligue dès lors qu’une franchise dépasse la limite des salaires de son équipe. Plus l’équipe dépasse cette somme, plus elle doit payer.

    On voit donc un réel problème d’éthique et une possible manipulation de certaines organisations envers leurs joueurs et cette problématique ne va pas s’atténuer suite à la hausse des salaires chaque année en NBA et la multiplication de bons joueurs qui s’imaginent déjà être Superstar.

    Un sacrifice nécessaire à la réussite d’une franchise ?

    Depuis 2010, presque toutes les équipes championnes, voire même finalistes ont connu au moins un joueur qui n’était pas payé à sa juste valeur.

    Que ce soit un choix volontaire ou non, il est presque indispensable d’avoir des joueurs qui sacrifient l’aspect financier de leur carrière au profit de l’aspect sportif et cela s’applique au Star mais aussi à d’autres joueurs très importants.

    Par exemple, Ray Allen avec Miami en 2013 était payé environ 3 millions l’année a 37 ans et même si cela semble être normal, lorsque l’on voit son apport sur les finales 2013, on peut se dire qu’il en valait un peu plus tout de même.

    Dans un autre registre, le salaire du MVP de la saison 2015, Stephen Curry, qui remportera les finales NBA avec un salaire de seulement 11 millions la saison et même si cela est logique vu que c’est un contrat signé quelques années auparavant, cela reste un cas de joueur sous payé par rapport à son apport sportif.

    Pour ne pas s’éparpiller, nous allons nous concentrer ici sur les principaux joueurs dans certaines franchises qui ont sacrifié une partie de leur salaire au nom de l’équipe et surtout dans le but ultime de remporter un titre, même si cela a plutôt bien fonctionné pour beaucoup d’entre eux, cela n’a malheureusement pas toujours été le cas.

    Les cas importants et récents de sacrifice financier :

    I. Le Big Three de South Beach en 2010

    « Not one, not two, not three, not four.. » on connaît la suite hein..
    Source : Steve Mitchell/US Presswire

    Le 8 Juillet 2010, The decision choque l’univers de la NBA car un certain Lebron James quitte Cleveland après 7 ans passées dans l’Ohio, pour rejoindre Dwyane Wade et Chris Bosh sous le soleil de Miami.

    Cependant, cette association de trois superstars semble difficile à mettre en place car trois contrats maximum à cette époque auraient été un réel problème pour créer une équipe compétitive. Heureusement, les trois superstars ont abandonné plusieurs millions (18 millions pour Lebron James) afin d’offrir une possibilité à l’organisation de Miami d’ajouter des pièces importantes à cette équipe déjà bien bâtie pour jouer le titre.

    Ce sacrifice financier s’est révélé être au moins aussi précieux qu’inestimable, car plusieurs joueurs solides vont réussir à choper un contrat tel que Udonis Haslem, la légende de Miami mais également Shane Battier, Chris Andersen ou encore le seul et l’unique Ray Allen qui sera la pièce maîtresse d’un certain game 6 des finales de 2013.

    II. Dirk Nowitzki : Le Roi du sacrifice salarial

    Dirk, honoré lors de son dernier match au AAC
    Source : J. Miron/USA Today/Reuters

    194 millions de dollars, c’est ce que le Wunderkid a sacrifié dans sa carrière pour les Mavericks. Cette somme, bien qu’incroyable, est à l’image de la générosité du géant Allemand.

    Champion en 2011, Dirk Nowitzki avait vécu son rêve de titre mais ses envies ne s’arrêtaient pas là, il voulait plus et surtout, offrir un nouveau titre à la ville de Dallas. C’est en 2014 que Dirk va démontrer tout son amour pour la franchise texane.

    Lors de l’intersaison de 2014, les Lakers et les Rockets lui offrent un contrat avec pas moins de 97 millions sur 4 ans et même si 99% des joueurs auraient pris l’une de ses offres, Dirk les a toutes refusées.

    En effet, le 15 Juillet 2014, il choque le monde de la NBA en signant un contrat de 25 Millions de dollars sur 3 ans avec les Mavericks ce qui signifie un sacrifice de 72 millions de dollars, non seulement pour rester dans son équipe de toujours mais surtout pour continuer à être compétitive.

    Malheureusement, les Dieux de la balle orange ne récompenseront pas son sacrifice respectable car même si Tyson Chandler reviendra durant l’été 2014, Shawn Marion quittera lui les Mavericks pour rejoindre les Cavaliers, laissant une équipe des Mavericks trop faible, qui sera éliminée au premier tour des Playoffs par les Rockets.

    Cependant, cela n’empêchera pas Dirk de renouveler cette acte de générosité quelques années plus tard en 2017, lorsqu’il refusera une player option de 25 Millions de dollars pour prendre un contrat de 10 Millions sur 2 ans et une seconde année en Team Option, vraiment un grand homme ce Dirk.

    III. Le Big Three Texans des Spurs

    Le big Three des Spurs, dans l’ordre :
    Tony Parker-Manu Ginóbili-Tim Duncan
    Source : Agence France-Presse

    En 2010, Tony Parker signe une extension de 4 ans pour 50 millions de dollars avec les Spurs pour garder une équipe compétitive et même si ce contrat reste tout à fait acceptable.

    Il est important de rappeler que Tony Parker est un joueur qui se retrouve dans les discussions pour le titre de MVP en 2012 tout en étant payé comme un role player.

    Toutefois, le sacrifice financier est une habitude du côté des Texans de San Antonio et c’est surement l’une des raisons pour lesquelles ils ont réussies à rester si compétitifs pendant autant d’années.

    En effet, a côté de Tony Parker, les joueurs importants du roster ont également sacrifié leurs salaires tels que Manu Ginóbili ou encore Tim Duncan qui aura réduit son salaire de plus de 11 millions de dollars.

    D’ailleurs, leurs sacrifices n’auront pas été en vain car des joueurs comme Thiago Splitter, Boris Diaw, Danny Green ou encore Marco Belinelli seront recrutés et le 15 Juin 2014, la franchise soulèvera le 5ème titre de leurs histoires qui sera la plus grosse récompense imaginable pour leurs sacrifices financiers.

    IV. Kevin Durant et la franchise Californienne

    Kevin Durant durant sa présentation avec les Warriors
    Source : Noah Graham/NBAE / Getty Images

    Après avoir réalisé l’un des mouvements les plus discutables de l’histoire de la NBA sur le marché de la Free Agency, le 4 Juillet 2016, Kevin Durant s’est engagé dans la franchise des Warriors dans le but précis de gagner un titre et de « sortir de sa zone de confort ».

    Pour ce faire, il a réalisé un sacrifice financier assez important pour la superstar qu’il était à l’époque et même le coach des Warriors, Steve Kerr, avait rappelé dans une interview que Kevin Durant lui rappelait Tim Duncan qui, lui aussi, avait réalisé plusieurs sacrifices financiers dans sa carrière pour garder une équipe compétitive.

    Dans le cas de Kevin Durant, son sacrifice permet à son équipe de conserver Iguodala et Livingston qui étaient deux grosses pièces du back to back de 2017 et 2018.

    Pendant une grande partie de ses années au Warriors, il a sacrifié une somme très importante d’argent en prenant des petits contrats de 1 an + 1 année en player option à 25 millions l’année ce qui était presque 10 millions de sacrifié par an.

    Ce sacrifice est critiquable dans beaucoup d’aspects, que ce soit sur le fait que la franchise aurait pu tout de même conserver les 2 joueurs nommés ci-dessus, sans avoir à sous payer Kevin Durant mais également sur le fait que son sacrifice ait été fait afin de rejoindre une équipe surpuissante qui était un choix contestable pour beaucoup de fans.

    Dans tous les cas, Kevin Durant a fait un choix qui lui a permis de repartir du soleil Californien avec deux titres et deux trophées de MVP des Finales en poche et tout cela pour rejoindre la Big Apple et un contrat maximum avec les Nets dans le but d’écrire une nouvelle page de son histoire.

    V. L’agent 0 et son geste mémorable envers A. Jamison

    Le n°4, Antawn Jamison avec Gilbert Arenas, le n°0
    Source : Rocky Widner/Getty Images

    Ici, on ne parle pas réellement d’un joueur qui a sacrifié son salaire dans le but principal d’obtenir un titre mais il était nécessaire de parler de l’acte respectable de Gilbert Arenas envers son coéquipier de l’époque, Antawn Jamison.

    Tout d’abord, dès 2006, Gilbert Arenas montre les signes d’une superstar qui souhaite gagner un titre au détriment de l’argent. Lors de l’intersaison de 2006, il accepte une réduction sur son salaire pour signer de bons joueurs mais se retrouve « malheureusement » coincé au milieu de Darius Songaila et DeShawn Stevenson (vous vous rappelez du premier nom ? moi non plus) qui ne seront d’aucune aide pour un agent 0 bien trop seul.

    C’est finalement le 9 Juin 2008 qu’il se retrouve agent libre et offre un geste de grande classe après la désillusion de 2006, annonçant clairement durant une séance média qu’il allait laisser son coéquipier, Antawn Jamison, prendre ce qu’il souhaite sur son contrat en se contentant du reste.

    « Just sign Antawn first and then I’ll take the pay cut, to keep the team intact, »

    Signer simplement Antawn en premier et je réduirais mon salaire pour garder l’équipe intacte

    « We’ve been together six out of my seven years. I told him, whatever he wants, give it to him, and I’ll take the pay cut. »

    On a été ensemble pendant 6 de mes 7 années ( dans la NBA ). Peu importe ce qu’il veut, donner lui et je prendrais la réduction nécessaire sur mon salaire

    Finalement, au lieu d’avoir un contrat maximum de 124 Millions sur 6 ans avec les Wizards, ou de prendre un contrat de plus de 100 millions sur 5 ans que lui proposaient les Warriors il ne prendra que 111 millions sur 6 ans avec les Wizards.

    Même si cette décision a très mal fini avec une absence en play-offs et des malheurs sur les terrains comme en dehors, il est important de saluer ce geste réalisé en Juin 2008 qui semble être inimaginable de la part des stars d’aujourd’hui.

  • NBA Rewind #4 : Chris Paul aux Lakers, histoire d’un transfert avorté

    NBA Rewind #4 : Chris Paul aux Lakers, histoire d’un transfert avorté

    Chaque semaine Clutch Time vous propose de faire un bond dans le passé afin de revivre et de réécrire un fait marquant de la NBA qui aurait pu changer le cours de son histoire.

    Cette semaine, on continue notre série avec un flashback vers l’année 2011. Alors que Chris Paul, joueur des Hornets (de la Nouvelle Orléans) arrive sur sa dernière année de contrat, les Lakers en pleine reconstruction, décident de passer à l’action afin d’attirer le meneur All-star lors de l’intersaison 2011. Mais rien ne se passera comme prévu.

    La fin d’un cycle aux Lakers

    A-t-on encore besoin de présenter les Lakers de Los Angeles ? L’une, si ce n’est l’équipe la plus emblématique de la ligue et du sport aux États-Unis, la franchise californienne regorge de grands noms du basket décennies après décennies depuis sa création en 1948. Au crépuscule de la décennie, les Lakers restent sur une série exceptionnelle de trois finales consécutives ponctuée par deux titres en 2009 et 2010. Tout va donc pour le mieux pour les « Angelinos ». Pourtant, alors que le champion sortant claque un nouvel exercice solide en saison régulière (57-25, 2ème à l’Ouest), les hommes de Phil Jackson se plantent royalement au second tour des PO face aux Mavericks de Dallas subissant un sweap retentissant. Une sortie bien mal choisie pour le coach emblématique des Lakers, qui avait annoncé son intention de quitter le banc des Lakers après un ultime exercice en guise de tournée d’adieu.

    Un retournement de situation qui va progressivement plonger dirigeants et joueurs dans l’incertitude la plus totale quant à la direction que va prendre la franchise après cet échec cuisant. Il est important de rappeler à quel point les Lakers ont laissé leur empreinte depuis plus de dix ans en NBA. Avec sept finales et cinq titres, les violets et or sont parvenus à réinstaller Los Angeles au centre des discussions et le Zen Master y est pour beaucoup dans cette réussite. Autour du duo Kobe & Shaq puis de Kobe & Gasol, Phil Jackson a su réunir les ingrédients qui firent sa réussite aux Bulls dans les années 90 afin de bâtir une nouvelle dynastie. Menée par son franchise player emblématique, Kobe Bryant, les Lakers doivent désormais proposer un projet au moins aussi ambitieux pour convaincre l’arrière all-star qu’il a fait le bon choix en prolongeant en 2010.

    Rebâtir un nouveau projet

    Afin d’entamer une reconstruction rapide, le GM des Lakers, Mitch Kupchak, souhaite ouvrir un nouveau cycle pour une équipe jugée vieillissante et qui a besoin de sang neuf pour être à nouveau compétitive. Une cure de rajeunissement nécessaire il est vrai à la vue de la moyenne d’âge de l’effectif (30 ans) alors que certains éléments arrivent en fin de contrat et que les Lakers disposent d’une marge financière très limitée pour attirer un gros poisson. La free-agency 2011 n’est guère plus intéressante aux yeux des dirigeants des Lakers. À l’exception du cadet des Gasols (Marc) qui dispose d’une restricted option avec les Grizzlies et du pivot texan Tyson Chandler, la franchise n’a guère plus de choix pour opérer un changement important à moyen terme. Kupchak n’a d’autre choix que d’entamer des négociations et monter un trade avec une franchise et c’est vers le meneur des Hornets de la Nouvelle Orléans, Chris Paul, que son choix se porte.

    Les Hornets de Charlotte

    Commençons d’abord par un petit retour en arrière. La franchise des Hornets voit d’abord le jour en 1988 du côté de la Caroline du Nord dans la ville de Charlotte. Issue d’une expansion de la ligue à la fin des années 80, l’équipe ne tarde pas à se faire un nom au sein de la ligue dans les années 90, autour de joueurs talentueux de Mugsy Bogues à Larry Johnson en passant par Alonzo Mourning. Mais au fil des saisons, la fréquentation du Coliseum de Charlotte diminua de manière très inquiétante aux yeux des dirigeants. Le propriétaire George Shinn, alors en délicatesse avec la justice, la ville et les finances, décide de délocaliser la franchise vers la Nouvelle Orléans en 2002.

    La Nouvelle Orléans, nouvelle ville pour un nouveau départ

    La Nouvelle Orléans va connaître une intégration compliquée durant ses premières années en NBA. Débutant d’abord pendant deux saisons en Conférence Est, les Hornets seront envoyés au sein de la Division Sud-Ouest de la Conférence Ouest dans laquelle elle concourt encore aujourd’hui. Mais l’ouragan Katrina en août 2005 qui causa la mort de plus de 1 800 personnes principalement dans l’état de la Louisiane et au Mississippi va contraindre la nouvelle franchise de se relocaliser temporairement à Oklahoma City (Oklahoma) dans le Ford Center (actuel Chesapeake Energy Arena du Thunder) et il leur faudra patienter deux ans avant de retrouver la Nouvelle Orléans lors de la saison 2007-08.

    Les Hornets vont néanmoins tourner cette triste page de leur histoire et celle des Baron Davis, Jamal Mashburn, David Wesley et Jamaal Magloire pour se reconstruire autour de la draft 2004 et de son 4ème choix, Chris Paul. Le jeune meneur devient rapidement la star d’une équipe désespérément en quête d’ambitions depuis plusieurs saisons pour relancer une franchise engluée dans la seconde moitié de tableau. En dépit des recrues Peja Stojaković et David West, les Hornets ne parviennent pas à dépasser le stade du second tour des PO (2008) et il se dit alors que Chris Paul, à qui il reste une année de contrat, envisage sérieusement de poursuivre sa carrière sous d’autres couleurs que celle de la Nouvelle Orléans.

    Lock-out 2011

    En raison d’un lock-out qui paralyse la ligue depuis plusieurs mois, joueurs, propriétaires et officiels ne sont toujours pas parvenus à un accord pour débuter l’exercice 2011-2012. La raison du désaccord tient principalement dans le fait que plusieurs marchés sont moins attractifs que d’autres et que cette inégalité sur le plan sportif se traduit aussi par des inégalités de revenus. Certains dirigeants craignant qu’un écart plus important se creuse chaque année dans la ligue alors que les joueurs défendaient leur salaire et une facilité de transfert plus accrue, la NBA consent à signer une nouvelle convention qui satisfait les parties.

    Pendant que dirigeants et joueurs cherchent un accord, le propriétaire des Lakers, Jerry Buss, négocie depuis quelques temps avec les Hornets pour faire venir Chris Paul en Californie. Dans le cadre d’un échange incluant Houston, les Lakers proposeraient dans ce deal Pau Gasol (envoyé à Houston) et Lamar Odom afin d’attirer le meneur de jeu quadruple all-star. Difficile alors d’imaginer les autres propriétaires restant les bras croisés face à une situation contre laquelle ils luttent justement depuis plusieurs mois. L’information commence à faire grand bruit dans la presse et elle n’est pas du goût de tout le monde, à commencer par le commissaire de la NBA, David Stern.

    Le Veto de la discorde

    A l’époque, les New Orleans Hornets sont la propriété de la ligue qui doit trouver un nouvel acquéreur après le départ du sulfureux George Shinn. Dell Demps, le GM, est censé avoir les pleins pouvoirs depuis 2010 mais il s’avère que lors des négociations, David Stern himself s’est immiscé dans le dossier CP3 pour ne pas remettre de l’huile sur le feu avec les autres franchises. En mettant son veto sur ce transfert, le commissaire de la ligue voulait mettre tout le monde d’accord pour ne pas être en contradiction avec ses nouveaux engagements et risquer de prolonger le lock-out.

    Quitte à empêcher un trade qui aurait pu (aurait dû ?) être bénéfique pour les parties prenantes, Stern déclarera néanmoins que la faute revenait en grande partie au GM des Lakers. De peur de ne pas opérer de mouvements suffisamment intéressant pour la franchise californienne et par impatience, Kupchak aurait décidé de rompre les discussions pour ne pas attendre que Chris Paul devienne agent libre à la fin de la saison 2011-12. Les Lakers trouveront donc un accord avec les Mavs pour balancer Lamar Odom à Dallas où il ne retrouvera jamais son niveau de jeu et deviendra un paria de la ligue.

    Cet échange semblait pourtant intéressant sur le papier. Los Angeles envoyant d’abord Pau Gasol et Lamar Odom aux Hornets afin de récupérer Chris Paul, les Hornets devaient échanger par la suite l’espagnol aux Rockets contre Luis Scola, Kevin Martin, Goran Dragic ainsi qu’un premier tour de draft 2012. En coulisse un joueur fulmine à l’idée d’avoir eu une telle offre lui passé sous le nez, c’est Chris Paul. Le joueur de la Nouvelle Orléans est mécontent de sa situation en Louisiane. Le meilleur meneur de la ligue est lassé de perdre plus de matchs qu’il n’en gagne, il ne s’imagine pas honorer sa dernière saison et décide de stopper les entraînements avec les frelons à la reprise des matchs de saison régulière.

    Pire encore l’entourage du joueur avance l’hypothèse qu’une plainte pourrait être déposée contre la ligue et David Stern pour contester cette décision. Les Hornets doivent donc s’activer afin de récupérer une contrepartie suffisamment intéressante pour CP3 tout en faisant gaffe de ne pas froisser les autres franchises et son meneur de jeu. Et à la surprise générale Paul va bel et bien atterrir en Californie mais sous les couleurs des Clippers. La NBA donne son aval pour ce transfert mais la contrepartie dans cet échange est néanmoins très maigre pour la franchise. Pour avoir balancer un joueur all-star, champion olympique, meilleur passeur et intercepteur de son histoire, les Hornets récupère l’arrière Eric Gordon, les intérieurs Chris Kaman et Al-Farouq Aminu ainsi qu’un premier tour de draft 2012 (Austin Rivers).

    Depuis 2011

    Chris Paul aux Lakers ça aurait pu avoir de la gueule quand même ! Imaginez un instant une association entre le meilleur meneur de l’époque avec le meilleur arrière shooter de sa génération, des soirées de playoffs, dans un Staple Center des grands soirs comme à l’époque du Shaq et de Kobe. Les Lakers auraient bien évidemment pu être des sérieux candidats au titre à l’heure des « Tres Amigos » de Miami et des redoutables Spurs. Ce trade aurait évidemment bouleversé la hiérarchie de la NBA en inversant plusieurs tendances à commencer par celle des Clippers qui n’auraient probablement jamais enchaînés les campagnes de PO entre 2012 et 2017, de San Antonio ou Oklahoma qui n’auraient peut-être jamais jouer les finales 2012, 2013, 2014. Enfin Kobe Bryant aura pu remporter de nouvelles bagues, approchant un peu plus son père spirituel, Michael Jordan en s’installant un peu plus dans le gotha des plus grands et offrant enfin un titre à Chris Paul.

    Le meneur aux neuf sélections au All-Star Game n’a néanmoins toujours pas trouvé la bonne formule et les succès qu’il aurait aimé accomplir en carrière, que ce soit aux Clippers de 2011 à 2017 puis lors des deux derniers exercices du côté des Houston Rockets. Devenu indésirable aux Texas, le joueur de 34 ans tente un nouveau challenge cette saison dans l’Oklahoma, un lieu qui l’a vu débuter dans la ligue de 2005 à 2007 au moment de l’ouragan Katrina. Les Lakers vont quant à eux enchaîner des saisons de moins en moins bonnes et vont lentement glisser vers un marasme sportif dont ils ne se relèveront pas avant 2018, saison de la signature du meilleur joueur de la ligue, LeBron James.

    Petit top 10 de Chris Paul sous le jersey des Hornets