NBA French Connection #1

Chaque semaine Clutch Time vous propose un petit focus sur nos français de NBA et de G-League, afin de faire le point sur les performances de nos compatriotes outre-Atlantique.

source : FFB, montage CTFrench

Pour cette première semaine, Clutch Time donne plusieurs bon points pour certains joueurs qui ont su se mettre en évidence. Côté temps de jeu et performances, le bilan reste assez contrasté mais très encourageant. En attendant le retour de blessure de Vincent Poirier, certains rookies se sont notamment illustrés.


Russell Isabella-USA TODAY Sports

Les Tauliers

Nicolas Batum – Charlotte Hornets (9ème à l’Est)

3.4pts (36.8% FG dont 31.6% à 3pts), 4.1rbds, 2.7ast, 0.8stl, 0.4blk (18 matchs)

Nico n’avait plus joué depuis près de trois semaines avec les Hornets. Le capitaine de l’EdF est réapparu sur les parquets cette semaine, malgré un rendement loin d’être fameux pour le Batman. Du Batman justement, il n’en reste pas grand-chose, aligné treize minutes vendredi soir, puis trente-deux minutes cette nuit face aux Suns, le français tourne à moins de trois points sur ces deux rencontres (25% FG à 2/8). Une situation qui justifie son statut de remplaçant, tant le joueur ne compte plus vraiment dans les schémas offensifs de James Borrego.

On peut tout de même se féliciter de voir le trentenaire afficher de bons restes en défense (6 rebonds face aux Suns) et qui commet peu de fautes. Sur des phases défensives types écrans et défense de zone, Batum apporte un peu de ciment à la défense des Hornets qui en ont bien besoin mais qui ne gagnent plus depuis quatre rencontres. Une situation qui paraît insupportable pour les plus fidèles supporters de Batum mais qui est d’une logique implacable alors que le joueur connaît une première moitié de saison gâchée par les pépins physiques et un rythme de jeu proche du néant. Tâchons de lui souhaiter de remonter la pente en retrouvant du temps de jeu sur la durée et des sensations en attaque.

Evan Fournier – Orlando Magic (8ème à l’Est)

19pts (47.4% FG dont 40.6% à 3pts), 2.6rbds, 3.2ast, 1.1stl, 0.2blk (39 matchs)

Evan Fournier retrouve enfin des couleurs après un week-end dernier compliqué. Avec 19 points face aux Wizards puis 28 points inscrits à Phoenix, Evan a régalé les fans du Magic malgré une adresse à trois points douteuse face aux Suns (3/11). Le joueur, conscient de ses capacités et qu’il peut mieux faire, doit désormais retrouver sa place de co-leader en attaque avec son pote monténégrin, Nikola Vučević, tout en arrivant à maintenir une adresse aux tirs suffisamment élevée et pourquoi pas devenir plus altruiste dans le jeu (5 passes face à Washington) afin d’élever le rythme actuel de l’équipe.

À la lutte avec Brooklyn pour la 7ème place à l’Est, Orlando et Evan s’en sont plutôt bien tirés et sont désormais au coude à coude avec les new-yorkais. L’activité offensive du français y est pour beaucoup. Toujours prompt à attaquer le cercle ou pour trouver des tirs ouverts, parfois depuis des trous de souris, Evan n’a malheureusement pas eu la réussite avec lui hier soir face aux Suns au moment d’égaliser alors qu’il a eu deux occasions successives d’y parvenir. Des détails qui peuvent paraître anodins mais qui séparent encore le joueur des tout meilleurs scoreurs de la ligue et qui prive surtout le Magic d’un bilan plus reluisant (18 victoires pour 21 défaites).

Rudy Gobert – Utah Jazz (3ème à l’Ouest)

14.8pts (66.9% FG), 14.4rbds, 1.6ast, 0.7stl, 1.9blk (37 matchs)

Encore une semaine très solide pour “Gobzilla” qui vient d’enchaîner neuf victoires de rang (quinze victoires depuis vingt matchs) avec son Jazz d’Utah. Le tentaculaire pivot de la franchise fut le joueur le plus en vue de la semaine parmi nos frenchies, tournant à 15.3 points, 15.5 rebonds, 2.5 passes et 2.5 contres le tout à 65.7% d’adresse générale en moyenne. Du très costaud ! Comme point d’orgue à cette belle semaine, on peut évidemment prendre le match parfait face aux Knicks 16 points (5/5) et 16 rebonds. Une performance loin d’être unique puisque c’est déjà la troisième fois que l’intérieur finit une rencontre sans manquer un tirs cette saison, la douzième rencontre à plus de 75% d’adresse.


On ne le répètera jamais assez, mais Rudy Gobert reste encore assez peu utilisé offensivement, le joueur se heurtant encore et toujours à cette barrière des 15 ou 16 points. Certes Rudy ne fait pas parti de ces intérieurs capables de s’écarter du cercle pour allumer de loin, mais quand on regarde son adresse et sa faculté à démolir à lui seul les raquettes adverses en défense et en attaque, si une partie de cette énergie défensive était employée judicieusement avec des systèmes conçus pour lui, Gobert pourrait logiquement afficher une moyenne en 20-15, lui offrant de surcroît une meilleure exposition vis-à-vis des votes pour le All-Star Game qu’il risque une nouvelle fois de manquer.

Ian Mahinmi – Washington Wizards (12ème à l’Est)

7.9pts (52% FG dont 25% à 3pts), 5.7rbds, 1.5ast, 0.8stl, 1.4blk (19 matchs)

Ian Mahinmi semble avoir définitivement pris ses marques dans la rotation des Wizards et plus encore. Du moins c’est ce que laisse paraître le coaching de Scott Brooks qui continue de donner du temps de jeu à l’intérieur français et qui vient de l’aligner pour la seizième fois consécutive face à Utah. Avec quatre matchs joués cette semaine, le rouennais a terminé la semaine avec 8.3 points (50% FG), 6.5 rebonds, 3.3 passes et 1.3 contres et interceptions. Avec un temps de jeu moyen de 25 minutes sur les parquets, Ian devient une solution de remplacement privilégiée tandis que Thomas Bryant revient à peine de blessure et ça fonctionne plutôt bien. Il a notamment livré un très beau duel franco-français cette nuit avec Rudy Gobert, dont le double DPOY est sorti vainqueur .

Avec son expérience (33 ans), Mahinmi est un profil apprécié par ses partenaires et le staff. Altruiste et bon défenseur (face à Utah), il est surtout parvenu cette saison à se doter d’un bon shoot de près et même de loin ce qui lui permet d’en profiter comme avec Indiana il y a plusieurs saisons. Sa mobilité apporte également souvent des solutions à ses coéquipiers lorsqu’il switch sur les écrans ou bien lorsqu’il s’écarte désormais un peu plus de la raquette pour tenter sa chance de loin ou libérer de l’espace. Une vision de jeu et un QI basket qui semble devenir l’apanage de certains joueurs vétérans, suffisamment expérimenté pour devenir des profil qui intéressent fortement les recruteurs.


source : Daily Knicks

Les Apprentis

Timothé Luwawu-Cabarrot – Brooklyn Nets (7ème à l’Est) (Long Island Nets)

5pts (39.7% FG dont 36% à 3pts), 2.2rbds, 0.8ast, 0.4stl, 0.1blk (16 matchs)

Nouvelle semaine plutôt encourageante pour l’ancien joueur du Thunder qui a enfin gagné avec les Nets après une série de sept défaites consécutives. Arrivé en complément des absences de LeVert, Nwaba et Temple dans le back-court new-yorkais, Timothé Luwawu-Cabarrot est devenu semble-t’il un fit intéressant aux yeux de Kenny Atkinson, qui lui accorde presque vingt minutes de jeu en moyenne depuis la mi-décembre. Dans un rôle de stoppeur, TLC se prend également à shooter et développe une activité impressionnante en attaque en agressant constamment les cercles de ses adversaires. Résultats cette semaine 5.3 points (50% FG dont 33.3% à 3pts), 2.3 rebonds et 0.5 passes le tout avec seulement seize minutes de jeu en moyenne.

Certes face à Atlanta, notre frenchie n’a joué que sept minutes, sans avoir tenté le moindre tir mais il faut reconnaître que son statut de role-player défensif a été précieux pour Brooklyn jusqu’à maintenant (Evan Fournier peut en témoigner). Malheureusement les retours de Caris LeVert et Garrett Temple devrait sûrement changer la donne pour celui à qui il reste moins de trente matchs sur son Two-Way Contract. Même s’il ne devait pas être conservé par les Nets, nul doute qu’une autre équipe pourrait être attirée par le profil défensif du joueur.

Frank Ntilikina – New York Knicks (14ème à l’Est)

6.2pts (39.6% FG dont 32.6% à 3pts), 2.2rbds, 3.2ast,1.1stl, 0.4blk (37 matchs)

L’année avait démarré plutôt bien avec une large victoire des Knicks sur Portland et un Frank Ntilikina quasi en double-double avec 9 points et 10 passes (+23, meilleure éval. de la saison). Néanmoins le coup de chaud de la reprise est retombé comme un soufflé pour nous ramener à la dure réalité des statistiques plus conventionnelles pour notre mystérieux meneur de jeu. Cette semaine il a remis le couvert avec une très belle prestation offensive à Utah (l’altitude sûrement), finissant la rencontre avec 16 points (6/10), 4 rebonds et 3 passes. Un nouvel exploit qui n’a guère été suivi face aux Pelicans que durant une mi-temps (7 points à 2/7). Avant d’être mis en indisponibilité pour le match d’hier soir face au Heat (blessure à l’aine), Frank tourne cette semaine à 10 points, 3 passes et 2.7 rebonds pour 16 minutes jouées en moyenne.

C’est tout le paradoxe avec Ntilikina. Avec un temps de jeu qui a fondu comme neige au soleil depuis le mois de décembre, on sent que le joueur est capable de grandes choses. Son entente avec Barrett, Robinson ou encore Portis ainsi que sa capacité à prendre feu sur plusieurs séquences, sont autant d’éléments positifs qui contrastent avec ses trous d’air réguliers en attaque (et même en défense) et plusieurs décisions controversées à la mène. Cette irrégularité chronique est notamment un des facteurs de son nouveau statut de remplaçant ++ qui doit inciter désormais le joueur à se remettre en question et travailler pour retrouver les minutes de jeu ou bien envisager un trade (on parle d’un intérêt de la part de Detroit).

Youtube

Elie Okobo – Phoenix Suns (10ème à l’Ouest)

4.9pts (44% FG dont 40% à 3pts), 1.2rbds, 2.1ast, 0.4stl, 0.1blk (30 matchs)

L’arrière sophomore sort d’une semaine plutôt aboutie dans l’ensemble. Avec deux victoires pour une défaite, Elie Okobo s’est une fois encore illustré en sortie de banc, gagnant progressivement la confiance de son coach et de ses partenaires. Malgré un zéro pointé au tirs vendredi face au Magic, le français reste sur ses bases de la saison avec une moyenne de 4.6 points, 2 rebonds et 1.3 passes le tout à 45.4 % d’adresse sur trois matchs. Élément désormais incontournable dans la rotation des Suns, Okobo peut se rassurer, il n’est plus descendu en dessous des dix minutes de jeu depuis le 14 décembre dernier, mais attention au coup de mou !

Une aubaine pour lui, même s’il faudra être plus attentif sur cette adresse qui disparaît par moment et qui pourrait coûter cher à des Suns toujours en course pour décrocher le 8ème spot à l’Ouest. Dans cette optique, rien ne lui garantit pour l’instant qu’il pourra conserver sa place de remplaçant et son temps de jeu si une opportunité de trade se présente pour Phoenix en vue des playoffs. Entreprenant en attaque et qui n’a pas peur de prendre les tirs de loin, il pourrait définitivement gagner ses galons sur le plan défensif en se chargeant des meneurs-arrières scoreur que Booker ou Rubio rechignent à défendre par moment ou pour les faire souffler un peu plus. On lâche rien Elie !


David Sherman/NBA via Getty Images

Les Novices

Sekou Doumbouya – Detroit Pistons (11ème à l’Est)

6.2pts (45.6% FG dont 34.8% à 3pts), 2.8rbds, 0.3ast, 0.5stl (13 matchs)

Le conte de fée se poursuit pour le jeune Sekou Doumbouya. Cantonné au banc pendant presque toute la fin de l’année 2019, Dwane Casey a eu la bonne idée de donner sa chance au jeune rookie français alors que les Pistons traversent une période délicate et que certains cadres manquent à l’appel. Après une première semaine 2020 de rêve, encensé par plusieurs noms et baptisé en défense par LeBron James et Kawhi Leonard themselves, l’ancien poitevin tutoie encore les étoiles cette semaine et vient notamment de claquer un poster dunk de toute beauté sur la bouille de Tristan Thompson… rien que ça !

On note tout de même chez le joueur (et c’est normal) une tendance à trop commettre d’impairs en défense (entre 4 et 5 fautes) ce qui pénalise à la fois le joueur et l’équipe. Cet excès de zèle est à mettre à son crédit, tant Sekou fait preuve d’une réelle dureté défensive pour ses débuts. Tellement dissuasif qu’il en a même scotché quelqu’uns comme Anthony Davis. La réelle progression (déjà) s’est faite cette semaine sur son adresse aux tirs : 54% au général dont 60% à 3pts et 75% sur la ligne contre 42.4% la semaine dernière à 33% derrière l’arc (en prenant plus de tirs de loin néanmoins).
Voilà de quoi convaincre son entraîneur de lui accorder le temps de jeu qu’il méritait amplement au regard de son talent.

Jaylen Hoard – Portland Trail Blazers (11ème à l’Ouest) (Texas Legends)

2.3pts (40% FG), 1.9rbds, 0,2ast, 0.4stl (9 matchs)

Avec les absences plus ou moins longues des Collins, Hood ou Hezonja, Portland éprouve de sérieux besoins aux ailes tandis que son infirmerie ne désemplit pas. C’est l’une des raisons pour lesquelles Jaylen Hoard profite de cette situation pour se mettre en évidence en ce début d’année. Avec un peu moins de deux minutes de jeu lors des déplacements à Washington et Miami la semaine dernière, l’ancien joueur de Wake Forest a brillé cette semaine dans le Minnesota avec seize minutes passées sur les parquets en moyenne. Un temps de jeu conséquent (il n’avait jamais dépassé les dix minutes) assorti d’une copie remarquable malgré la défaite (8 points, 4 rebonds, 2 interceptions).

Non-drafté cet été, Hoard est un profil 3/4 avec de bonnes dispositions athlétiques, capable aussi bien de prendre des shoots à mi-distance qu’en attaquant le cercle, avec de bons fondamentaux en défense. Depuis ses deux cartons fin décembre en G-League avec les Texas Legends (31 et 22 points), Hoard s’est créé un curriculum qui incite les Blazers a lui donné du temps de jeu. Une confiance réitérée deux jours plus tard lors de la réception de Milwaukee où Hoard va inscrire 6 points, prendre 5 rebonds et effectuer une interception, le tout en un peu plus d’un quart d’heure de jeu. Très prometteur !

Adam Mokoka – Chicago Bulls (10ème à l’Est) (Windy City Bulls)

1rbd (2 matchs)

À l’image de son équipe des Windy City Bulls, l’arrière français démarre plutôt mal l’année 2020. Après une prestation médiocre face aux Westchester Knicks (un zéro pointé avec un rebond, une passe et une interception), Adam Mokoka a tenté de relever la tête cette semaine face aux Sky Hawks de College Park (défaite 114 – 103) en terminant sa feuille de match avec 9 points, 5 rebonds et 3 passes. Une prestation loin des attentes autour de l’ancien joueur du Mega Bemax (Serbie) qui reste fâché avec son adresse (1/6 derrière l’arc) et qui n’est pas parvenu à rentabiliser le temps de jeu offert par son coach, Damian Cotter (plus de 30 minutes en moyenne).

Rebelote samedi avec 9 petits points inscrits (1/7 à 3pts à nouveau) face aux Mad Ants de Fort Wayne mais une belle présence défensive (2 rebonds, 2 steals et un contre) pour offrir la victoire aux siens (120-112). Utiliser dans un rôle de two-way player, pour l’instant le jeune Mokoka ne confirme pas encore l’étendue de son talent en attaque au sein de la ligue de développement, malgré une belle activité en défense. Difficile d’envisager un retour immédiat du joueur avec Chicago pour le moment.

Vincent Poirier – Boston Celtics (2ème à l’Est) (Maine Red Claws)

1.7pts (50% FG), 1.7rbds, 0.3ast, 0.2stl, 0.2blk (9 matchs)

Blessé depuis le 17 décembre – Fracture du petit doigt (main droite) au cours d’un entrainement. Opéré dans la foulée, les Celtics ont annoncé qu’il manquerait quatre à six semaines minimums de compétition – Aucune date de retour fixée

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