Le bel été 2026 de Victor Wembanyama

Le meilleur joueur de basket au monde est français, il a 22 ans, mesure 2,24m, chausse du 55, et pèse déjà un milliard de dollars. Il s’appelle Victor Wembanyama, dit « Wemby », et vient d’entamer cet été une collaboration essentielle à l’avenir de l’Équipe de France de basketball avant de repartir au Texas pour une nouvelle saison avec les Spurs de San Antonio. Retour sur un été studieux, épilogue d’une saison hors-normes.


L’avenir est déjà là

À 22 ans, le basketteur professionnel n’en est qu’à ses débuts. Mais il a commencé sa carrière américaine très tôt, dès 19 ans, après une saison au sommet du championnat de France avec Boulogne-Levallois couronnée par un titre de MVP et une finale (perdue contre le leader Monaco, intouchable). Il compte déjà trois saisons NBA à son actif et une finale NBA (perdue contre New York). Il a également participé aux Jeux Olympiques de Paris 2024, avec là encore une finale inattendue contre l’inébranlable Team USA (perdue de 11 points, 87-98). S’il n’a pas encore gagné de titre, il a quand même systématiquement mené ses équipes, à tous les niveaux, en finale. Un véritable bug dans la matrice. Un ovni. Un alien.

Le parcours de Victor Wembanyama

2022-2023Première vraie saison pro comme titulaire en France (23-11)
Play-offs Betclic Elite (5-5) – finale (0-3)
MVP du championnat de France
Numéro 1 de la draft NBA 2023
2023-2024Première saison pro en NBA (22-60)
Rookie de l’année – Pas de playoffs
Premiers JO à Paris 2024 – finale
2024-2025 Seconde saison pro en NBA (34-48)
Saison écourtée pour raisons de santé
(46 matches au 12 février 2025, 21-25)
2025-2026Troisième saison pro en NBA (62-20)
Défenseur de l’année – Finaliste pour le MVP
Premiers playoffs NBA (13-10) – finale (1-4)

Cet été avec l’Équipe de France

Avec l’Équipe de France, après un premier rendez-vous manqué en Coupe du Monde 2023 pour préparer sa toute première saison américaine et un déficit de préparation l’été suivant lors des Jeux Olympiques, où son association avec Rudy Gobert n’a pas convaincu et où le groupe autour de lui n’a pas eu le temps de prendre ses marques, Victor Wembanyama a repris contact avec ses coéquipiers cet été et réussi de belles choses. Intronisé capitaine, il a participé à quatre matches, deux en préparation contre la Serbie de Nikola Jokic, puis deux comptant pour les qualifications à la Coupe du Monde, contre la Slovénie sans Doncic et la Suède.

Chacun se fera son opinion sur ce qui s’est passé cet été, une période très étrange du fait des fenêtres internationales. L’Équipe de France a connu deux groupes, les juillettistes et les aoûtiens, comme les vacanciers français. Evan Fournier et Victor Wembanyama, ayant chacun atteint le plus haute marche de leur championnat, l’un en Euroleague, l’autre en NBA, ont intégré le second groupe. On a vu une belle équipe, avec une excellente circulation de balle, des postes bien fournis, dans des salles bien pleines. La triplette Raynaud-Gobert-Wemby a bien tourné, la paire de meneurs Francisco-Strazel également, Jalen Hoard a régalé avec une présence fiable et athlétique, Terry Tarpey s’est encore montré indispensable en 3&D infatigable. Sans jamais forcer, le groupe France a fait preuve de maîtrise sur l’ensemble des matches, qui ne reflètent cependant pas vraiment ce que sera une vraie compétition.

Dans ce contexte, l’intégration de Victor Wembanyama a été plutôt réussie. Le géant français a régalé le public en venant s’entraîner individuellement sur le parquet avant les matches (l’ouverture des portes se faisant 1h30 à 2 heures avant le coup d’envoi), un moment très agréable pour l’expatrié en NBA et ses fans. Sur le terrain, Wemby a joué un peu partout, parfois dans le corner pour des tirs à trois points encore mal ajustés, mais qui finiront par payer. Il a su s’imposer au rebond et en défense, évitant les fautes et trouvant un certain confort face à des adversaires dépassés – ses claquettes avec ou sans dunk, même quand il n’avait pas la position préférentielle, sont particulièrement décourageantes pour l’adversaire qui ne peut jouer son basket face à un tel géant. Totalement fondu dans le collectif, Victor Wembanyama a pesé sur le jeu sans jamais exiger le ballon, ses stats sont donc à mesurer avec retenue – même s’il a souvent marqué, sans forcer, un quart des points de son équipe – imaginez quand il mettra l’accélérateur. Il n’était pas là pour faire le spectacle ni dominer la feuille de statistiques, il n’a pas cherché à exploser son compteur personnel, préférant laisser ses coéquipiers trouver leurs marques. Et il n’a pas été parfait non plus : il a montré des signes de fatigue, de relâchement, sur des passes mal ajustées à Rudy Gobert à l’intérieur ou des relances hasardeuses en contre-attaque; son placement en défense individuelle n’était pas toujours correct; son shoot à trois points est encore trop faible. La conclusion, c’est que malgré son grand talent, ses progrès et son aisance, Wemby n’a que 22 ans et il lui reste beaucoup à apprendre, beaucoup à vivre avec le groupe France. Il en est conscient, il a beaucoup apprécié son expérience estivale, et il lui tarde de revenir lors des prochaines opportunités.


L’été de Victor Wembanyama avec les Bleus

MatchAdversaireFranceVictor Wembanyama
Serbie90*8710 pts, 5 rebs, 2 blk, 6 TO
(3/8 dont 1/6 à 3 pts)
Serbie9091*18 pts, 5 rebs, 2 blk, 3 TO
(5/11 dont 0/4 à 3 pts)
Slovénie†6792*22 pts, 9 rebs, 1 blk, 3 TO
(6/10 dont 1/5 à 3 pts)
Suède6984*18 pts, 8 rebs, 3 blk, 3 TO
(6/7 dont 1/1 à 3 pts)
Totaux316 pts354 pts17 ppg, 6,75 rpg, 2 bpg, 3,75 TO
(5/9 dont 0,75/4 à 3 pts)
*Victoire †Sans Luka Doncic

Si près du titre de champion NBA avec les Spurs (62-20)

S’il reste sur une défaite amère en finale NBA contre les Knicks de New York (1-4), Victor Wembanyama est passé tout près du hold-up dès ses premiers playoffs. En effet, les Spurs ont perdu deux matches d’un point (match 2 et match 4), menant même de 29 points dans le match 4 (71-42 à 3 minutes de la mi-temps) et pendant 46 minutes et 37 secondes sur les 48 avant de céder. Donc, à part le match 1 et le dernier match 5, perdus de 10 points et de 4 points, les Spurs ont dominé les Knicks nettement pendant la plupart des matches avant de se faire rattraper par les exploits de Jalen Brunson (36 points dans le match 4 et 45 points dans le match 5 décisif). Le plus rageant ? Lors des courtes défaites, un seul tir à trois points de Wemby réussi faisait la différence (2/6 au match 2, 2/8 au match 4 et 1/6 au match 5). Les Spurs sont vraiment passés tout près du titre, à quelques paniers près.

Ceci dit, avant d’arriver en finale NBA, San Antonio a éliminé le champion en titre en finale de conférence Ouest. C’est ce qui s’appelle brûler les étapes ! Les jeunes texans se sont payés le scalp d’OKC, meilleure équipe de la ligue en saison régulière (64-18) invaincue en playoffs (8-0 contre les Phœnix Suns puis les Los Angeles Lakers). Une série intense, incertaine jusqu’au bout, malgré un Shai au top dans les moments importants (35 points lors du match 7, mais également 30 et 32 lors des victoires aux matches 2 et 5). Victor Wembanyama avait marqué les esprits lors du premier match avec 41 points, 24 rebonds, 3 contres et 3 assists et une victoire nette (122-115).

MatchKnicksSpursMi-tempsVictor Wembanyama
1105*9548-55 (-7)26 pts, 12 rebs, 3 blk, 6 TO
(6/21 dont 2/9 à 3 pts)
2105*10456-52 (+4)29 pts, 9 rebs, 4 blk, 4 TO
(11/21 dont 2/6 à 3 pts)
3111115*64-57 (+7)32 pts, 8 rebs, 3 blk, 1 TO
(11/18 dont 2/4 à 3 pts)
4107*10649-76 (-27)24 pts, 13 rebs, 3 blk, 0 TO
(9/25 dont 2/8 à 3 pts)
594*9037-42 (-5)19 pts, 14 rebs, 5 blk, 2 TO
(7/19 dont 1/6 à 3 pts)
Totaux522510–26 ppg, 11,2 rpg, 3,6 bpg, 2,6 tpg (42,3% dont 27,3% à 3p)
*Victoire

La saison prochaine, les Spurs reviennent en force, un peu plus matures, prêts à en découdre, avec le statut de finaliste NBA. C’est l’équipe à battre, l’équipe en forme, bien déterminée à confirmer sa domination sur l’ensemble de la ligue. Un retour en finale n’est cependant jamais garanti et il faudra travailler sur les détails pour espérer passer le denier pallier en vue du titre NBA. C’est la marche la plus haute, la moins évidente à franchir. Et OKC voudra sa revanche. Une belle saison en perspective !


Bientôt, notre article sur le Hoop Gambit, deuxième édition.


Les clés de la fortune

Dès son arrivée en NBA, drafté numéro 1, Victor Wembanyama a signé un contrat de 55,17 millions de dollars pour 4 ans (2023-2027). Il est donc encore rémunéré à cette hauteur pour sa quatrième saison. Mais les Spurs ont déjà anticipé la suite, comme c’est de mise en NBA pour éviter de perdre un joueur-clé sur le marché des transferts, en lui proposant avec un an d’avance une extension de contrat garanti d’une valeur de 252 millions de dollars pour 5 ans, qui ne démarrera donc que la saison prochaine (sa cinquième) et l’installe donc à San Antonio jusqu’à sa neuvième saison (2031-2032). Il aura alors 29 ans, en pleine ascension sur le plan sportif (il sera à peine dans son « prime », le sommet de sa condition physique).

Outre son salaire de joueur, Wemby est également rémunéré par Nike, avec qui il vient de signer un nouveau contrat dont les conditions exactes n’ont pas été rendues publiques. Mais selon les estimations et les indications de l’équipementier, qui prépare une ligne au nom du prodige avec son propre logo, sur le thème de l’alien, cet accord se situerait tout en haut du panier, soit potentiellement 750 millions de dollars pour 10 ans. Pour mémoire, Lebron James avait signé en 2003 un contrat historique de 90 millions de dollars pour 7 ans avant même de jouer en NBA, puis avait enchaîné avec un nouveau contrat à vie en 2015 estimé à plus d’un milliard.


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