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  • La Floride, le nouveau monstre du basket américain

    La Floride, le nouveau monstre du basket américain

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    5 semaines. 5 états des Etats-Unis. C’est ce que Clutch Time vous propose d’aborder cette semaine. Un dossier complet sur les 5 régions les plus influentes sur le basket américain moderne, celles qui transforment une génération, celles qui forment les plus grandes stars de la NBA, celles qui ont le rendement joueurs/stars le plus grand, bref, ces états qui font que le basket américain se renouvèle en permanence.
    Aujourd’hui, on aborde le nouvel empire, le temple de la formation moderne : la Floride.
    Entre strass, paillettes et plages, découvrez l’histoire du nouveau royaume du basket, prêt à détrôner les géants impérissables.


    Une « hype » très récente…

    Si on vous dit Floride et basket, vous pensez à quoi ? Miami, Orlando, les Heatles, « Not 1, not 2, not 3… », Ray Allen dans le corner ou le jeune Shaq par exemple. Et bien… oui, mais c’est normal ! Parce qu’avant 1988, aucune équipe NBA n’est installée en Floride. Les Floridians (ABA) de Donnie Freeman ne sont qu’un lointain souvenir pour les plus anciens, et seules les universités de Miami et de Floride font un peu de bruit à l’échelle nationale. C’est le vide absolu, à tous les étages.

    1988. La période Neal Walk, qui a fait la fierté d’une partie de la Floride, commence à se faire vieille, et lors d’une expansion qui apportera les Charlotte Hornets, la NBA décide de franchir le pas et d’aller dans une des régions les plus peuplées des Etats-Unis : Miami.
    Considéré comme le « retirement heaven » où tous les retraités des Etats-Unis s’installent, la Floride n’attire pas plus que ça. Mais le Miami Heat va installer un renouveau sportif. Logo neuf et récent, campagne de pubs à destination du public jeune, la hype s’installe, le public accroche, l’identité est là.  

    1989. Un an plus tard, c’est Orlando qui frappe à la porte de la NBA, convaincue du potentiel floridien. L’impact n’est pas le même, cependant, l’arrivée de Shaquille O’Neal au sein de l’effectif quelques années plus tard prouvera que Orlando a sa place en NBA, tant sur l’aspect sportif qu’attractif.

    2 équipes en NBA. L’étape est franchie, la Floride est installée dans la plus grosse ligue de basket mondiale. Mais une question reste en suspens : où sont les joueurs issus de la formation floridienne ? Et bien… On doit les chercher. Certes, Darryl Dawkins a abreuvé la NBA de dunks, Eddie Johnson a traumatisé quelques attaquants… Mais globalement, c’est très dur de trouver des joueurs marquants venant de Floride.

    La révolution commencera avec deux Otis, que seulement quelques années séparent : Birdsong & Thorpe. Tous les deux draftés dans le top 10, tous les deux draftés par Kansas City, tous les deux nommés All-Star au moins une fois, ils ont su réveiller une génération enfouie dans le Sud-Est des Etats-Unis. A la même période, Derek Harper viendra compléter le duo, et marquera lui aussi la Floride. Mais il manquait une tête d’affiche, un leader.

    Un joueur marquera la NBA à son arrivée en 1989. Il incarnera durant sa carrière la culture et l’ADN qui caractérise si bien son Etat. Enfant de Fort Lauderdale, il reflètera la jeunesse floridienne aux yeux de tout le pays, formant une parfaite combinaison entre dureté et volonté : Mitch Richmond. 1er Hall of Famer formé en Floride, c’est lui qui va en quelque sorte aider la Floride et ses enfants à se développer, à développer cette culture de la dureté, de la hargne.

    Car la Floride n’était qu’en phase de forage, et le pétrole allait bientôt jaillir à la surface…

    … renforcée par deux cousins…

    1997. Un jeune joueur va marquer les esprits de la Caroline du Nord. Après 3 saisons lycéennes à Auburndale en Floride, cet espoir du basket se transfère à Durham, dans la Mount Zion Christian Academy. Une saison incroyable s’en suivit : 27.5 points, 8.7 rebonds, 7.7 passes, 2.8 interceptions et 2 contres par match. Il est incontestablement nommé parmi l’un des meilleurs lycéens des Etats-Unis, et reçoit de multiples récompenses nationales.

    Mais sa formation, il la doit à la Floride, dont il est originaire. C’est cette Floride qui a exploité son talent, qui la développé. Il restera toute sa vie fidèle à Auburndale, à cette contrée qui l’a vu évolué, jour après jour, année après année.
    Malgré des tentations d’université, il sautera la case NCAA pour se présenter directement à la draft NBA 1997, en tant que lycéen. Il sera sélectionné au 9ème choix de la draft par une « fraîche » équipe de Toronto. Son nom ? McGrady. Tracy McGrady.

    Auburndale, FL: Tracy McGrady heads home to his old high school gym. - Captured on a Samsung Galaxy S8

    Tracy McGrady de retour dans le gymnase d’Auburndale, à l’occasion d’un partenariat entre Samsung et ESPN.

    Au même moment, son cousin, Vince Carter, lui aussi originaire de Floride, est en train d’arpenter le chemin universitaire du côté de North Carolina. Véritable phénomène, Vince aura fait ses classes du côté de Daytona Beach, county où il est né, où il a grandi. Également nommé parmi les meilleurs lycéens de sa génération, l’ancienne star de Mainland sera récompensée de plusieurs prix nationaux, quelques années avant Tracy. 22 points, 11.4 rebonds, 4.5 passes et 3.5 contres par match sur sa dernière année en Floride.

    Son départ pour UNC ne changera pas son amour pour Daytona. Quelques années plus tard, il se déclarera pour la draft NBA, et sera sélectionné par Golden State avec le 5ème choix avant d’être échangé à Toronto contre Antawn Jamison.

    Commencera alors une époque où Toronto, armé de deux cousins floridiens, surprendra la NBA à coups de highlights phénoménaux. Même si l’équipe, un peu faible globalement, n’atteindra pas des sommets collectivement, elle aura marqué une génération de fans, et aura fait la fierté d’un état tout entier, qui attendait un renouveau, en regardant les performances d’un Mitch Richmond perdant petit à petit sa gloire d’All-Star.

    Les deux joueurs mèneront une carrière de Hall of Famers, et marqueront l’élément déclencheur du développement de la Floride comme un des piliers de la formation américaine.

    … qui aboutit à la création d’un empire !

    2003. Les années passent, les joueurs passent, et la formation floridienne s’embellit. L’apparition et la domination d’Amar’e Stoudemire en NBA renforce le sentiment de révolution. La Floride vient de passer un cap.

    Mais une dernière étape manque à la liste : attirer les plus gros prospects lycéens du pays. Même si l’état est l’un des plus peuplés des États-Unis, la formation a encore besoin d’évoluer, de toucher le pays tout entier.

    Ainsi arrive, au milieu des années 2000, la Montverde Academy.

    L’académie arrive en contournant complétement la question des prospects américains. « On ne peut pas attirer ici, alors allons chercher ailleurs ». Et la logique fonctionne, et les propulse tout en haut. Leur première star ? Luc Mbah a Moute, star au Cameroun, nommé un des meilleurs prospects internationaux, et qui vient de débarquer aux États-Unis.

    Luc obtiendra une bourse pour aller à UCLA, université légendaire à l’histoire incroyable. Il y restera 3 saisons avant de s’inscrire pour la Draft NBA 2008. Il est sélectionné par Milwaukee avec le 37ème choix de la Draft.
    Fierté pour Montverde, qui tient son premier joueur drafté. L’effectif grandit, et gardera la même dynamique internationale pendant quelques années.

    Prochaine star ? Solomon Alabi. Histoire similaire : arrivée du Nigéria, prospect international renommé, obtient une bourse pour Florida State, drafté par Dallas en 2010 (50ème choix).
    Sa carrière n’aura pas la même grandeur que celle de Luc, mais Montverde tient sa recette, et ne compte pas la lâcher.

    Suivront des joueurs comme Patricio Garino (Argentine), Landry Nnoko (Cameroun), Ruslan Pateev (Russie) ou Haukur Pálsson (Islande). Des noms, certes un peu moins clinquants, mais qui permettront à Montverde d’avoir une transition entre création et explosion la plus seraine possible. Et c’est chose faite. En 2012, l’effectif de Montverde compte 100% de joueurs ayant une bourse pour une équipe de Division I en NCAA. Cette saison marque la fin de l’échauffement pour l’académie, et le début de l’empire floridien.

    À quoi reconnait-on un bon lycée d’un excellent lycée ? Quand les meilleurs joueurs du pays sont prêts à venir jouer pour vous. L’heure de franchir l’étape est arrivée. Montverde garde sa recette internationale, mais y ajoute des ingrédients nationaux : Kasey Hill, Michael Frazier II, Dakari Johnson… L’effectif commence à faire peur et s’introduit dans les nombreux tops d’équipe.
    Mais c’est un jeune freshman venant de Louisville, dans le Kentucky qui va élever Montverde au rang d’empire. Un jeune freshman, qui à l’aube de la saison 2011-2012, va décider de partir de la Central High School à Louisville, et d’arriver dans cet effectif.

    Ce jeune freshman, c’est D’Angelo Russell.

    Montverde marche sur la saison. L’effectif est trop fort, trop puissant, trop performant. Un jeune Joel Embiid, issu de la recette internationale, aura un peu de temps de jeu, mais ne sera pas vraiment satisfait et partira à la fin de sa première saison. Montverde se qualifie pour sa deuxième finale nationale, et pour la deuxième fois, échoue face au Findlay Prep d’Anthony Bennett. Défaite cruelle de 3 points, 86-83, qui permet à Findlay de rafler son 3ème titre national en 4 ans.

    Cette finale marque alors le début du règne. Kasey Hill et Dakari Johnson deviennent seniors et de plus en plus forts, « D-Lo » prend ses repères et commence à entreprendre sa legacy, et un jeune Australien arrive pour renforcer l’effectif : Ben Simmons. Mélange encore une fois entre le top des prospects internationaux et américains, Montverde rafle la mise, et sur la saison 2012-2013, remporte son premier titre national face à St. Benedict’s Prep, grâce aux grosses performances de leurs 2 seniors stars, Hill (19 points) et Johnson (MVP, 18 points).

    St. Benedict's Prep vs. Montverde Academy: Recap and Analysis of NSHI 2013  Final | Bleacher Report | Latest News, Videos and Highlights

    Montverde sous le toit des Etats-Unis après son premier titre national

    Une fois la machine lancée, impossible de l’arrêter. Cette fois-ci sous les ordres d’un D’Angelo Russell nommé parmi les meilleurs lycéens de sa génération, Montverde arrive en tant que favori sur la saison 2013-14. Pression assumée et digérée, puisqu’ils s’imposeront une seconde fois d’affilée, marquant la fin de la période Findlay. Comme un roulement sans fin, l’année suivante, c’est Ben Simmons, nommé meilleur lycéen de sa génération qui est nommé leader de Montverde. Vous l’aurez compris, jamais deux sans trois, et Montverde s’imposera pour la 3ème fois consécutive. L’empire est fondé, le règne a débuté.

    Malgré une saison compliquée en 2016, Montverde reviendra à l’attaque en 2017, avant d’échouer en finale, puis de remporter à nouveau le titre en 2018, avec le phénomène canadien R.J. Barrett. Tiens… Encore un joueur international.

    6 saisons depuis leur défaite face à Findlay. 5 finales. 4 titres. Montverde est devenu intouchable et rafle tous les plus gros prospects. Parmi tous ceux qui n’ont pas été cité, nous avons : E.J. Montgomery, Anfernee Simons, Sandro Mamukelashvili, Marcus Carr, Simi Shittu, Filip Petrusev et plus récemment Cade Cunningham, Moses Moody, Caleb Houstan, Precious Achiuwa, Dariq Whitehead ou Jalen Duren… Une usine à talents, littéralement.

    Et si en 2019, c’est l’autre lycée floridien en vogue, l’IMG Academy, qui s’est imposé à l’échelle nationale, c’est bien Montverde qui a su marquer les esprits et entreprendre une legacy pour la Floride. Partant de joueurs internationaux reconnus, ils ont su prendre à contrepied le système américain, et possède depuis 2009, une multitude de joueurs présents en NBA, quelques picks de draft dans le top 3 (Simmons, Barrett, Russell), et une legacy qui va se charger du reste (Cunningham, Duren, Whitehead…).


    Cette formation se traduit également par des chiffres. Et notamment du côté de la NBA, où le nombre de joueurs NBA issus de la Floride a tout simplement explosé depuis quelques années !

    À noter que la décennie 2020-2029 démarre également sur les chapeaux de roue, avec 19 joueurs arrivés en NBA en 2 ans, soit quasiment autant que sur la décennie 1980-1989 !
    Mais là où la Floride s’est vraiment imposé, c’est sur les classements nationaux. Lancés il y a quelques années par des compagnies comme 247Sports ou ESPN, les classements des lycéens fait débat, mais plaît beaucoup. Le RSCI établit un consensus entre tous les plus grands sites de rankings, et délivre un classement final : le top 100 RSCI.
    Ces classements sont délivrés par génération (année de naissance) et sont actualisés jusqu’à leur entrée en université.
    Après avoir regroupé par blocs des 3 années entourant un début de décennie (depuis la création du RSCI), et classer par état, nous obtenons ce graphique :

    Non seulement la Floride s’impose comme l’une des meilleures sources de talents, poussé par les académies Montverde et IMG, mais elle a récemment réussi à dépasser l’ogre californien, et de surpasser tous les autres états.
    La Floride plaît à l’échelle nationale, et les meilleurs recruteurs n’hésitent pas à venir s’approvisionner. On a vu notamment il y a quelques jours les frères Bewley, originaires de Fort Lauderdale, et classés comme 2 des meilleurs joueurs de la génération, accepté un contrat avec Overtime Elite (dont nous parlerons plus tard), structure menée par l’inépuisable Kevin Ollie.


    Long, très long a été le périple de la Floride depuis la fin des années 70. De Neal Walk aux « Otis Boys » à la legacy de Montverde, en passant par Mitch Richmond et les cousins McGrady/Carter, la Floride a su se renouveler et, à l’instar du football américain par exemple, devenir un exemple et un pilier de la formation américaine. Passant de 15 joueurs dans le top 100 RSCI des meilleurs lycéens entre 1999 et 2001 à 35 joueurs entre 2019 et 2021, l’état s’inscrit dans la durée, et compte bien nous livrer des stars pour encore très longtemps…


    Sources : MaxPreps, GEICO Nationals, Basketball Reference, RSCI Rankings.

  • Lettre ouverte à Terrence Clarke

    Lettre ouverte à Terrence Clarke


    Terrence,

    Quelques heures se sont écoulées depuis l’annonce de Rich Paul, et je n’ai toujours pas réussi à fermer les yeux. Sacré cercle vicieux… La fatigue me rend encore plus triste.
    Ces mots ne sont pas les plus structurés que j’ai pu écrire, ni les plus réfléchis, ça sera certainement brouillon mais ils sortent directement de mon cœur, sans traitement. Je ne pensais pas qu’après quelques semaines de pause au niveau des articles, je reviendrais avec ça, mais j’ai besoin de te décrire mon sentiment, besoin de te partager tout ça, de le mettre à l’écrit.

    Je ne sais plus ce que je faisais à ce moment, quand j’ai reçu les premières notifications de mon portable. J’étais certainement en train de regarder un replay d’une course cycliste ou de la soirée d’Euroligue, me connaissant. Mais il était tard, et je commençais à m’endormir. J’aurais préféré m’endormir. J’aurais dû m’endormir si mon téléphone ne s’était pas allumé pour m’annoncer la nouvelle.

    Quelques rumeurs ont commencé à circuler, les tweets se sont multipliés en quelques minutes. J’étais tétanisé. L’attente… L’attente de bonnes nouvelles, de nouvelles rassurantes, c’est ça le plus long.
    Des flashbacks de la soirée avec l’accident de Kobe sont revenus. Prier que tout cela est faux, que les gens ont tort, qu’ils ont été mal informés, que tu vas bien.

    Malheureusement, de nos jours, si des dizaines de journalistes relayent une information en même temps… Bref, j’ai vite compris…
    C’est certainement cliché, mais je pensais être dans un cauchemar, que tout cela n’était qu’un mauvais rêve, et qu’à mon réveil, tout aurait disparu. Ce n’était pas le cas.

    C’était désormais officiel. J’étais effondré. Le fan de basket universitaire que j’étais, aussi. Le fan de basket, également. Ta perte m’a rendu vulnérable cette nuit. Elle nous a rappelé que la vie, aussi talentueux sommes-nous, ne tient pas à grand-chose. Les messages de condoléances arrivaient en masse, je repensais à ton parcours, que je connais si bien.

    Tout s’est fini à Kentucky. Ceux qui me connaissent savent à quel point je peux détester Kentucky, étant fan de Louisville. C’est la rivalité, la Battle of the Bluegrass, comme on dit là-bas. Lexington contre Louisville.

    Des années et des années de rivalité épique, des matchs légendaires… Ta décision de rejoindre Calipari ne m’avait pas plu, mais c’est parce que j’avais peur. Peur de perdre face à toi, peur de perdre face à Kentucky.
    Le pire dans tout ça, c’est que pour trouver toutes les failles de votre système, je suis prêt à regarder plus de matchs de UK que de Louisville, tel un rappeur qui voudrait savoir tous les défauts de son vis-à-vis avant une battle.
    Je connais sûrement mieux ton jeu qu’un fan de Kentucky, après t’avoir étudié et scruté pendant des mois pour en trouver les défauts.

    C’est ça une rivalité. Mais une rivalité ne peut pas se faire que d’un côté, et ton départ me fend le cœur.

    Tu incarnais parfaitement la nouvelle vague de joueurs made in Brewster, totalement prêts pour le passage en NBA. Je me souviens de nombreux lives Periscope trouvés après des heures de recherche pour voir un jeune talent émerger et s’imposer comme l’un des meilleurs joueurs de sa génération.
    J’avais même noté quelques mots sur un fichier de notes à ton égard au moment du McDonald’s All-American Game, preuve immense de ton talent.

    Ton avenir était tracé pour la NBA. Longue ou courte, tu aurais fait carrière, parce que tu aimais le jeu, et parce que le jeu t’aimait.
    Tu venais tout juste de signer chez Klutch Sports, qui croyait en toi, comme toute la planète NBA.
    Même si Miami n’a pas de choix de draft cette année, j’aurais été enchanté de t’accueillir, sans aucune rancune après ton passage à Kentucky.
    Tu avais le cœur d’un champion, et le talent pour réussir là où de nombreux ont échoué avant toi.
    J’espère vraiment que la NBA et les Celtics feront un geste, que tu seras honoré, le 29 juillet prochain, toi, l’enfant de Boston, fan des Celtics, amoureux de la ville.

    Je pense à ta famille, à tes parents, à tes proches, qui viennent de perdre un jeune homme souriant et talentueux.
    Je pense à Brandon Boston Jr., ton coéquipier à Kentucky, lui aussi Burger Boy en route pour la NBA, présent à tes côtés jusqu’à la dernière seconde.
    Je pense à tous ces jeunes fans, que tu as pu impressionner avec ta maturité, que tu as inspiré et toujours respecté.

    Merci pour les émotions que tu as pu nous procurer, pour ces heures de basket que nous avons pu regarder.
    Merci pour ce sourire magnifique qui restera à jamais.
    Où que tu sois actuellement, même si des milliers de kilomètres nous séparaient et nous séparent encore, je suis heureux d’avoir pu te regarder jouer des heures et des heures, rivalité ou non.

    Repose en paix,

    Benjamin G.

  • NCAA : les mid-season awards !

    NCAA : les mid-season awards !

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Après quelques matchs, et malgré une situation sanitaire qui a retardé le début de certaines équipes, la saison NCAA bat son plein et les joueurs sont rentrés dans une période de routine où certains se sont détachés du lot.
    C’est l’occasion pour nous revenir sur ces joueurs qui ont marqué le début de saison.


    Joueur de l’année : Luka Garza (Iowa)

    C’était comme imprévisible, inévitable. Après avoir reçu le prix Kareem Abdul-Jabbar l’an passé (meilleur pivot de la NCAA), Luka annonce qu’il reste à Iowa pour sa dernière saison d’éligibilité et renonce à la draft.

    Grosse annonce pour les Hawkeyes et pour le monde NCAA ! Lui qui a grandi depuis sa saison freshman sous les yeux de Fran McCaffery, qui a fait passer Iowa dans une autre dimension après le départ du NBAer Tyler Cook, finissant 2ème au titre de joueur de l’année derrière Obi Toppin, va terroriser les joueurs adverses une saison de plus.
    Très logiquement, et après une saison avec 23.8 points/9.8 rebonds de moyenne, il fait partie de la First Team All-American lors de la présaison. Véritable attraction, tout le monde a les yeux rivés sur ce talent gigantesque.

    Luka ne va pas tarder à confirmer les attentes placées sur lui. Double-double (26/10) en 24 minutes dans le premier match, 41 points en 29 minutes à 14/15 aux tirs dans le deuxième. La hype est légitime : Luka Garza est surhumain.
    Profil physique, énergétique, scoreur à tous les niveaux (62.7 – 48.9 – 74.7), il possède une efficacité absolument divine et un jeu vraiment propre. Avec un pourcentage aux tirs réels de 70% en 13 matchs, et surtout avec plus de 13 tirs tentés par match, Luka se place comme l’un des joueurs les plus efficaces de l’histoire avec un gros volume de tirs.

    Joueur intelligent, toujours bon dans le placement, sa capacité à épurer son jeu dans le temps a été incroyable. Son nombre de pertes de balle est certes en légère augmentation, mais elle est liée à un taux d’usage de plus en plus élevé !

    Même si il ne sera jamais un grand passeur, avoir un ratio passes décisives/pertes de balle supérieur à 1 montre une capacité à perdre très rarement le ballon. D’ailleurs, il rejoint actuellement la légende Doug McDermott en étant la deuxième joueur depuis 2010 à avoir un PER et un USG% supérieur à 30 tout en ayant un TOV% inférieur à 8%.

    Même si son manque d’explosivité est parfois présenté comme un gros défaut, son incroyable énergie rend son jeu sans limite. Avec un pourcentage de 48.9% à 3 points en 45 tentatives (!!!), son jeu s’étend au large, devenant une menace légitime à tous les spots.

    En tout cas, si d’autres titres sont disputés, le titre de joueur de l’année semble jouer au bout d’une dizaine de matchs… Une question reste en suspens : nous avons vu Iowa jouer les têtes d’affiche depuis le début de l’année, est-ce que Luka sera capable de les porter loin dans la March Madness ? Affaire à suivre…

    Freshman de l’année : Hunter Dickinson (Michigan)

    Le joueur que l’on attendait à ce niveau ? Absolument pas, même si les fans de Michigan diront le contraire. Pourtant, s’il y a bien un freshman qui fait mouche cette année, c’est bien Hunter Dickinson.
    Arrivé dans une équipe coachée pour la deuxième année par la légende Juwan Howard, on pensait à une reconstruction compliquée après le départ de Zavier Simpson (meilleur passeur NCAA) et du senior Jon Teske, l’un des meilleurs joueurs de la Big Ten.

    A peine sorti du lycée de DeMatha Catholic, le jeune Hunter sait qu’il va devoir assumer de fortes responsabilités très tôt, la rotation des Wolverines à son poste est vraiment faible. Il est d’ailleurs avec ses 2.16m, le joueur le plus grand de l’effectif.
    Il débute la saison timidement, avec seulement 7 tirs tentés, et frôle directement un double-double (11 points, 8 rebonds) en sortant du banc. Cependant, Juwan ne le sent pas encore prêt pour intégrer le cinq de départ. Michigan enchaîne les victoires, et Hunter enchaîne les excellentes performances en sortant du banc. Après une 5ème victoire en autant de matchs pour les Wolverines, et un match complet encore une fois (18 points, 7 rebonds, 4 contres en 23 minutes), Howard décide de le mettre dans le cinq de départ le match suivant.

    Depuis, il survole la compétition : 19.7 points, 8.3 rebonds et 1.7 contres en 29.3 minutes de jeu depuis qu’il est titulaire.
    Joueur vraiment très fiable près du cercle, il s’installe déjà comme l’un des maîtres à jouer de la NCAA et permet à Michigan de rester parmi les équipes encore invaincues cette année (11V – 0D).
    Encore plus fort, il est clairement l’un des meilleurs joueurs cette saison, posant des statistiques très rares pour un jeune freshman de son calibre.

    À ce rythme-là, difficile de le voir ne pas renoncer à son éligibilité et se présenter à la draft NBA. Mais avant ça, une saison encore longue l’attend et son niveau, bien qu’il dépasse les espérances de tout le monde, devra encore porter Michigan vers de nombreuses victoires. Sera-t-il assez solide ? Possible… Mais on demande à vérifier !

    Défenseur de l’année : Josiah-Jordan James (Tennessee)

    Le meilleur défenseur de la meilleure défense NCAA ? Très fortement possible ! En tout cas, on avait déjà des prémices la saison passée de ce que « JJJ » pouvait donner avec un peu plus d’expérience. Long et athlétique comme un prospect typique de Tennessee, il nous avait surpris par sa compréhension du jeu et sa lecture rapide, ainsi que par sa vision du jeu assez complète des deux côtés du terrain.

    Arrivé sur son année sophomore avec beaucoup plus d’ambitions, dans une équipe qui tourne bien, Josiah-Jordan devait prouver son talent. Titulaire indiscutable sous les ordres de Rick Barnes, il a directement impacté la défense des Volunteers, étant beaucoup plus agressif sur porteur de balle.
    Un indicateur ? Alors que son temps de jeu a été réduit avec l’arrivée des freshmans talentueux Jaden Springer et Keon Johnson au sein de l’effectif, il a réussi à doubler son nombre d’interceptions par match. Son précédent record lors de sa première saison ? 3 interceptions contre Memphis. Il a franchi cette barre déjà 5 fois sur ses 10 premiers matchs cette année.

    Létal sur les lignes de passes, plus agressif sur porteur, sa taille (1.98m) et son physique font de lui le défenseur plus redoutable en ce moment.
    Véritable leader de la 3ème meilleure défense en termes de points encaissés, sa défense est un atout non-mesurable pour Tennessee, en quête de son premier titre NCAA.
    « JJJ » est purement générationnel. Depuis la création du Box Plus-Minus en 2010, il est le seul arrière à combiner un Defensive Rating de moins de 80 avec un Defensive BPM de plus de 7, accompagné des intérieurs Karl-Anthony Towns (Kentucky), Willie Cauley-Stein (Kentucky) et Neemias Queta (Utah St.).
    Impressionnant.

    All-American Teams

    • 1st team

    Ayo Dosunmu (JR – G – Illinois)
    22.4 points, 6.9 rebonds et 4.8 passes en 49.8 / 42.2 / 81.2 – 13 matchs
    Quelle saison pour le natif d’Illinois ! Associé aux superstars en herbe Andre Curbelo et Adam Miller au poste d’arrière, Ayo a complètement endossé le rôle de patron sur le terrain.
    Malgré un AST/TOV ratio assez moyen (1.54), le junior reste l’une des valeurs sûres en termes de polyvalence. En se retirant de plus en plus au niveau du tir à 3 points, et en se concentrant de moins en moins sur la quantité, il a considérablement amélioré sa qualité de tir, devenant un candidat au fameux 50/40/90 avec un peu de patience.

    Jordan Goodwin (SR – G – Saint Louis)
    16.9 points, 11.1 rebonds et 3.8 passes en 48.1 / 29.6 / 71.4 – 8 matchs
    Peut-être la surprise de cette 1st team, mais quel talent ! Et même si la mention de son coéquipier Javonte Perkins n’est pas à négliger, Jordan Goodwin a toutes les qualités d’un All-American. Ultra polyvalent, il se place comme l’un des meilleurs rebondeurs du circuit. Avec 7 doubles-doubles en 8 matchs et un incroyable 21.7% TRB% pour son mètre 90, il terrorise les raquettes adverses. Malgré une légère justesse technique au niveau du tir, l’ex-star lycéenne de l’Illinois compense totalement avec son agressivité et son côté hargneux, notamment en défense.

    Corey Kispert (SR – F – Gonzaga)
    21.1 points, 4.5 rebonds et 2.3 passes en 60.8 / 47.9 / 86.5 – 12 matchs
    Gonzaga qui perd Filip Petrusev, c’est mal. Corey Kispert qui explose et se pose en candidat au joueur de l’année, c’est mieux.
    Quelle saison magnifique est en train de réaliser le senior des Bulldogs, confirmant tous les espoirs que les Zags plaçaient en lui en ce début de saison. Défensivement, c’est à revoir. Offensivement, c’est de la pure bombe en continu : shoot, création, pureté du jeu, déplacement sans ballon… Il ne monopolise absolument pas le ballon, avec un USG% inférieur à 25%, mais possède une efficacité redoutable. Avec 47.9% en 73 tentatives à 3 points, il est le joueur (pour l’instant) de l’histoire de la statistique avec le plus grand pourcentage aux tirs réels pour une moyenne de plus en 20 points par match en moins de 13 tirs. Devant qui ? Des petits joueurs universitaires comme Obi Toppin, Chris Kaman, Tim Duncan… Sympathique.

    Trayce Jackson-Davis (SO – F – Indiana)
    20.1 points, 9.3 rebonds et 1.6 passes en 53.2 / – / 71.2 – 13 matchs
    Si on devait nommer les freshmans les plus forts, ayant le plus d’impact de la saison passée, « TJD » serait dans les premiers noms cités. Cependant, il avait décidé de rester à Indiana, ne se sentant pas prêt pour le saut en NBA.
    Véritable machine à double-doubles (17 en 45 matchs à Indiana), et malgré cette incapacité à s’écarter à 3 points, il a énormément progressé dans le scoring, ayant beaucoup plus de responsabilités offensives avec le transfert de Justin Smith (Arkansas).
    Beaucoup plus agressif vers le cercle cette année, son jeu aérien permet de débloquer pas mal de situations offensives et défensives. Attention à son jeu de passe, qui pourrait être sous-estimé…

    Luka Garza (F/C – Iowa)
    27.6 points, 8.6 rebonds et 1.5 passes en 62.7 / 48.9 / 74.7 – 13 matchs
    Le joueur de l’année qui fait logiquement parti de la 1st All-American Team.

    • 2nd team

    Kendric Davis (JR – G – SMU)
    19.1 points, 4.6 rebonds et 7.7 passes en 52.1 / 43.3 / 84.1 – 9 matchs
    Il a bien grandi le Kendric de TCU, timide et dans l’ombre de Desmond Bane… Deux ans après son transfert vers SMU, il se pose comme l’un des meilleurs arrières NCAA. Comment ? Une production absolument terrible, une qualité de passes volumineuse (7.7 passes/match – 4ème du circuit) et qualitative (3,83 d’AST/TOV ratio), une présence défensive incroyable malgré son gabarit et un shoot de plus en plus fluide et précis.
    Coup de chaud ou véritable transformation ? Difficile de savoir, le temps risque de nous le dire, mais ce qui est sûr, c’est que le junior est en train de marquer beaucoup de points !

    Ron Harper Jr. (JR – G – Rutgers)
    20.1 points, 6.2 rebonds et 2.0 passes en 51.7 / 45.5 / 58.6 – 10 matchs
    De nombreux aspects de l’être humain sont héréditaires. Pour RPJ, tout laisse à croire qu’il a hérité du talent de son père. Polyvalent, il est l’image et à l’image de Rutgers cette saison. Complètement dans la continuité de l’an passé où la petite faculté du New Jersey a explosé, cette saison est la saison de la confirmation : +8 points, + 1 passe, + 0.4 rebond en améliorant de 6.5% son pourcentage aux tirs totaux !
    Assumant avec certitude son rôle de leader, il a toutes les qualités pour aller en NBA à la fin de la saison. Une interrogation ? Son pourcentage aux lancers-francs, très très faible depuis son année freshman (67.8% en carrière).

    Trevion Williams (JR – F – Purdue)
    15.0 points, 9.5 rebonds et 2.4 passes en 53.1 / 0 / 52.1 – 13 matchs
    Peut-être l’un des joueurs de cette liste qui attire le moins visuellement. Pourtant, il est actuellement l’un des joueurs les plus bouillants de la NCAA et cela ne risque pas de s’arrêter. Portant à lui tout seul (ou presque) le programme de Purdue à une modeste 6ème place de conférence Big Ten, Trevion s’est fait petit à petit une place de rang en termes de qualité de jeu. Faisant parti des tout meilleurs rebondeurs présents sur les parquets, son jeu de passe est à retenir, surtout pour un physique comme le sien (2.08m, 120kg). On l’a vu tenter de s’écarter depuis son arrivée en NCAA, mais ça ne semble toujours pas porter ses fruits (4/14 en carrière, dont 0/2 cette saison). Même si la NBA ne lui tend pas les bras cette année, Purdue sera une équipe à surveiller cette année, rien que pour ce joueur.

    Hunter Dickinson (FR – C – Michigan)
    17.5 points, 7.9 rebonds et 0.9 passes en 70.9 / 0 / 75.0 – 11 matchs
    Freshman de l’année : check.
    L’un des meilleurs joueurs à son poste : check.
    All-American 2nd team : check.

    Cameron Krutwig (SR – C – Loyola Chicago)
    16.1 points, 6.6 rebonds et 2.0 passes en 62.3 / 14.3 / 59.4 – 8 matchs
    Une petite surprise au sein de cette 2nd team, avec un joueur ultra talentueux dont on ne parle pas beaucoup. Sûrement l’un des pivots les plus polyvalents de sa génération, Cam a des allures de Nikola Jokic dans le jeu. Puissance au poste bas, bonne vision du jeu, mains ultra sûres près du cercle en plus de frôler assez régulièrement les triples-doubles ! Déjà un des pionniers du parcours de Loyola lors de March Madness 2018 (Final Four en étant 11ème tête de série) en tant que freshman, avec 10.4 points et 4.8 rebonds de moyenne sur le tournoi, Cameron a bien évolué depuis.
    Son physique lui a permet de régner sur la MVC pendant 4 années, direction la NBA ?

    • 3rd team

    Jared Butler (JR – G – Baylor)
    16.4 points, 3.5 rebonds et 5.4 passes en 49.6 / 43.1 / 76.7 – 11 matchs
    C’est certain. Jared ne fait pas forcément la saison qu’on prévoyait au début de saison. Le départ de Makai Mason l’an passé l’avait propulsé au rang des meilleurs arrières NCAA et beaucoup attendaient de lui une saison « à la » Dosunmu. Mais Scott Drew a bien géré son équipe, et avec 4 joueurs à plus de 10 points par match, difficile.
    Mais qu’est-ce que ce jeu est efficace pour Jared ! L’association avec MaCio Teague fonctionne toujours et l’arrivée de Flagler (redshirt transfer) et Cryer ne changent pas ses plans : il veut gagner.
    Beaucoup plus concentré, appliqué, et collectif (au détriment de certains de ses « tickets » shoots), Jared et Baylor sont létaux cette année, et risquent d’aller très très loin dans la compétition.

    McKinley Wright IV (G – Colorado)
    15.4 points, 4.7 rebonds et 5.1 passes en 53.4 / 35.3 / 78.6 – 12 matchs
    Quand on est 2 fois dans la Pac-12 1st Team en 3 saison, et qu’en plus on est considéré comme l’un des meilleurs défenseurs de sa conférence, ça vous classe le joueur. C’est le cas de McKinley, aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs arrières de la NCAA, et à juste titre ! Adoubé comme le 15/5/5 man, qu’il obtient depuis sa saison freshman, sa production n’a cessé d’évoluer, notamment en termes d’efficacité au tir. Beaucoup plus propre dans son jeu, toujours dans son rôle de playmaker, il fait une vraie belle saison, étant un candidat légitime au titre de meilleur guard de la NCAA.

    Oscar da Silva (SR – F – Stanford)
    19.8 points, 7.4 rebonds et 2.3 passes en 62.8 / 33.3 / 73.5 – 11 matchs
    Novembre 2017. 2ème saison aux commandes pour Coach Haase, qui ramène da Silva, Okpala et Davis, 3 stars lycéennes dans le programme. Si le deuxième se drafté après sa saison sophomore, da Silva a profité de son départ pour exploser au grand public. Intelligent et précis près du cercle, bon poseur d’écran, son duo avec Tyrell Terry a fait des étincelles l’an passé. Cette année, il est le seul maître à bord et compte bien porter Stanford cette saison. Aucun match en dessous de 10 points, 3 doubles-doubles sur les 3 derniers matchs, il monte en puissance, et risque bien d’atteindre un niveau incroyable dans les semaines à venir !

    Drew Timme (SO – F – Gonzaga)
    18.5 points, 6.8 rebonds et 2.2 passes en 60.7 / 28.6 / 75.9 – 12 matchs
    L’un des joueurs qu’on attendait au tournant cette saison et qui a parfaitement réussi son début de saison ! Le texan avait réussi à s’imposer dès sa saison freshman avec les Zags, mais avait fait le choix de rester avec Gonzaga. Scoreur absolument dingue, l’association avec Kispert fait des Bulldogs une menace constante au poste d’ailier. A l’aise près du cercle, finisseur létal, il a encore du mal à s’imposer dans les airs, et manque de présence au rebond. Cependant, son agressivité risque de plaire à beaucoup de scouts et il risque de franchir le pas cette saison !

    Charles Bassey (JR – C – Western Kentucky)
    16.8 points, 11.8 rebonds et 0.8 passes en 60.4 / 25.0 / 73.9 – 12 matchs
    Et si c’était LA saison de Charles ? Un peu plus d’un an après sa blessure à la jambe qui l’a écarté des terrains pendant une année, il revient encore plus fort, plus dominant. L’ex-superstar lycéenne peut de nouveau espérer à des ambitions de NBA. Double-double de moyenne, une présence impériale dans la raquette, maître du rebond, finition impeccable, contreur incroyable. Do-mi-na-tion. La question reste la même : aussi talentueux soit-il, est-ce que sa blessure, alors qu’il allait sûrement être drafté lors de la dernière draft, ne va pas l’empêcher d’évoluer en NBA ? Un shoot extérieur assez peu fiable, mais son profil pourrait plaire à des équipes en quête de profondeur de banc cependant !

    All-Freshman Team

    Jalen Suggs (G – Gonzaga)
    13.8 points, 5.1 rebonds et 5.1 passes en 53.7 / 40.6 / 65.7 – 10 matchs
    On en attendait pas moins d’une collaboration entre un des lycéens les plus talentueux des États-Unis et une super-team depuis quelques années. Seul freshman de la NCAA à poser un 10+/5+/5+ de moyenne, Jalen est là où on l’attend : tout en haut du panier. Des performances offensives XXL (24 points vs Kansas (6ème des rankings à ce moment-là) pour son 1er match, 27 points contre Iowa (3ème des rankings)…), une présence défensive, un sens du jeu collectif, une adresse longue distance à ne plus démontrer. C’est probablement LE freshman polyvalent par excellence.
    Exister à côté de Kispert, Timme, Nembhard ou Ayayi, ce n’est pas simple. En tant que freshman, encore plus. Mais Jalen possède une maturité dans son jeu qui risque de faire tabac en NBA, avec un peu d’expérience. Joueur à suivre lors de la March Madness !

    Cameron Thomas (G – LSU)
    21.8 points, 2.7 rebonds et 1.5 passes en 42.7 / 31.3 / 89.5 – 11 matchs
    Quand tu deviens recordman du nombre de points marqués de l’histoire du lycée d’Oak Hill, tu sais qu’on va t’attendre sur le scoring. Résultat : Cam Thomas est le meilleur scoreur de son équipe, de la cuvée de freshmans et le 9ème scoreur de la NCAA. Will Wade fait passer la majorité des ballons dans ses mains, et ça fonctionne ! Pouvant scorer à tous les niveaux, très adroit sur la ligne des lancers-francs, il insuffle un vent d’air frais aux Tigers (9V-2D cette saison) après une saison passée compliquée. Même si sa défense inquiète un peu, le one-and-done lui tend les bras.

    Moses Moody (G – Arkansas)
    16.8 points, 5.6 rebonds et 1.7 passes en 45.0 / 38.5 / 80.3 – 13 matchs
    Si aujourd’hui Arkansas est l’une des locomotives offensives les plus puissantes de la NCAA, c’est en partie grâce à cette homme sorti de Montverde. Le natif de l’Arkansas nous a directement prévenu : plus de 17 points et 5 rebonds de moyenne sur ses 4 premiers matchs. Phénomène passager ? Absolument pas ! 17/6.5 sur les 5 suivants ! Offensivement ? Un monstre qui va vous punir tout le match à longue distance et qui va driver et provoquer (5.5 LFs/match) des fautes si vous fermez l’accès aux 3 points. Défensivement ? Sûrement l’un des plus complets de sa génération, notamment grâce à son profil long et sa taille (1.99 pour un arrière).
    Moses est l’un des joueurs, malgré sa hype au lycée, qui est en train de faire une énorme impression auprès du monde NCAA ! À suivre de très près !

    Evan Mobley (F – USC)
    16.2 points, 9.0 rebonds et 1.5 passes en 59.8 / 40.0 / 68.8 – 11 matchs
    On le savait. C’était presque écrit noir sur blanc qu’Evan allait cartonner dès son année freshman. Directement mis dans le bain grâce à son frère Isaiah, il a réussi à poser 5 doubles-doubles en 11 matchs. Malgré un manque de polyvalence offensive parfois flagrant, il a réussi à vite s’adapter au niveau d’attente NCAA. Joueur hors pair dans les airs, il a des capacités défensives qui pourrait le placer dans les meilleurs défenseurs intérieurs du circuit.
    USC tourne bien cette année, en jouant le haut du tableau de la conférence PAC-12, et Evan est l’architecte de ce succès sur le terrain.

    Hunter Dickinson (C – Michigan)
    17.5 points, 7.9 rebonds et 0.9 passes en 70.9 / 0 / 75.0 – 11 matchs
    Rien de plus logique.


    Sources : Sports Reference, 247.sports, NCAA.

  • Kevin Durant, le Ranger venu du Texas

    Kevin Durant, le Ranger venu du Texas

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Dans la lignée des Kareem Abdul-Jabbar, Bill Walton, Ralph Sampson, Shaquille O’Neal ou autres Carmelo Anthony, est apparu une nouvelle légende universitaire : Kevin Durant.
    Retour sur une année incroyablement grandiose, marquée par plusieurs performances phares, et un one-and-done mémorable.


    Kevin Durant, un joueur hors du commun…

    Avons-nous besoin de le présenter ? Kevin Durant, véritable légende NBA, futur Hall of Famer, 12 saisons en NBA, double champion NBA et un palmarès aussi long que ses bras…

    Un enfant de Washington et du Maryland qui rencontra une destinée légendaire lorsqu’il toucha un ballon de basket. C’était inné, presque divin. Il était fait pour ça, tout le monde le savait, sauf lui. C’est ce qu’il l’a fait travaillé, plus que les autres. « Ce n’était pas un rêve, c’était un plan » dit Taras Brown, l’un de ses anciens coachs et mentors.
    Et tout a commencé très tôt pour Kevin, quand sa taille a attiré l’œil de nombreux scouts.

    1m83 à 14 ans, forcément, ça marque les coachs, les scouts, les adversaires et les spectateurs. Petit à petit, on commence à rapporter qu’un grand maigre est en train de faire de dégâts sur le circuit du Maryland.
    Un assistant de l’équipe universitaire de Texas, Russ Springmann, originaire de la région, entend ces rumeurs et garde son nom en tête.

    Après deux années au lycée National Christian Academy dans le Maryland, « KD » change d’équipe et se retrouve au lycée Oak Hill, considéré comme la terre de la légende Carmelo Anthony, dans l’État voisin de la Virginie. C’est à cet instant que Springmann rencontre Kevin Durant pour la 1ère fois.


    « On pouvait voir ce que Kevin pouvait faire sur le terrain de basket, et ce qu’il pouvait faire pour le Texas était évident.« 

    Russ Springmann – Asst. coach de l’université du Texas

    L’année sportive se passe bien pour Kevin, il enchaîne les bonnes performances et son nom devient de plus en plus récurrent dans les discussions.
    À la fin de la saison, il décide de revenir dans son Maryland natal, et s’engage dans le lycée privé Montrose Christian School.
    Durant l’inter-saison (printemps-été 2005), « KD » prend 13 centimètres.
    C’est à ce moment qu’il visite le campus de Texas, et reçoit une offre de bourse de la part de Russ Springmann.


    Kevin Durant sous les couleurs de Montrose Christian lors de sa dernière saison lycéenne.


    Au moment de l’offre, Springmann sait à quel point l’arrivée de Kevin Durant peut être pré-déterminante sur la recruiting class à venir. Texas va très certainement perdre P.J. Tucker, LaMarcus Aldridge et Daniel Gibson, leur trio phare, ainsi que Brad Buckman et Kenton Paulino, deux seniors sur la saison à venir.
    Texas est donc en recherche de têtes d’affiches, de jeunes joueurs pouvant les porter au plus haut niveau.

    De son côté, les offres s’enchaînent pour « KD ». Il réduit le nombre d’offres à 3 principales : North Carolina, fraîchement champion NCAA; Connecticut, champion NCAA l’année précédente et Texas, dont la présence est un peu inattendue, vu leur manque de résultats.
    À cette époque, son cœur, au niveau de la NBA, penche pour les Raptors et son joueur préféré, Vince Carter (ex-joueur de North Carolina), dont il vantait le travail :


    « Vince jouait sans peur. Chaque fois qu’il voulait terminer un match, il le faisait. J’essayais de reproduire la même chose.« 

    Kevin Durant

    Le destin aurait donc voulu qu’il suive le chemin de son idole dans la Caroline du Nord, mais ce ne fut pas le cas.
    Kevin était devenu la priorité n°1 de Texas et de Springmann, le joueur à avoir. L’assistant passait tout son temps avec lui et sa mère. Il le voulait plus que tout au monde.

    Un mois après sa visite du campus d’Austin (Texas), le 16 juin 2005, Kevin Durant annonce qu’il jouera pour l’université du Texas.
    Victoire pour Springmann, qui a sa tête d’affiche, son joueur phare et plus important, un fils spirituel.
    Comme un symbole, 5 ans après l’engagement de Kevin pour Texas, en janvier 2011, Russ eu un fils qu’il appela Durant…

    Sa saison en tant que senior à Montrose Christian fut extraordinaire.
    Il se révèle au grand public comme l’un des plus grands espoirs du basket américain. Tout le monde s’accorde pour dire que lui et Greg Oden, l’autre superstar lycéenne, seront le futur de la NBA.
    Enchaînant les grosses performances, il est facilement retenu pour les échéances nationales qu’il va survoler, comme le McDonalds All-American (25 points, 5 rebonds, 4 passes, co-MVP avec Chase Budinger, en partance pour l’université d’Arizona) ou le Jordan Brand Classic (16 points, 7 rebonds, 4 passes, MVP), considérées comme les All-Star Games des joueurs lycéens.

    Reconnaissance nationale pour un enfant du Maryland, devenu en quelques années l’un des plus grands espoirs du basket. Son engagement envers Texas sonna différemment, Rick Barnes (le coach) et Springmann venaient de réaliser le plus gros coup de l’histoire de l’université, des années avant Mo Bamba, Avery Bradley, Myles Turner ou Tristan Thompson.
    Kevin Durant venait de les propulser dans une autre dimension.
    En plus de lui, le talent de ce dernier réussit à convaincre 6 joueurs à rejoindre Texas, dont Damion James et D.J. Augustin, deux autres joueurs 5 étoiles, considérés parmi les meilleurs joueurs du pays.

    Bilan du recrutement : 7 freshmans (joueurs de 1ère année) dont 3 joueurs 5 étoiles. Malgré la perte du trio Tucker/Aldridge/Gibson, Texas pose une des meilleures recruiting class du pays (3ème selon 247sports) et la plus grande de leur histoire.

    Et ce n’était que le début… car « KD » n’avait pas encore joué une seule minute pour eux.

    … qui réussit une saison freshman historique !

    Les attentes étaient assez grandes concernant Texas.
    La saison passée a été frustrante. L’équipe de Rick Barnes échoue face à LSU aux portes du « Final Four » , graal du basket universitaire, et vient de perdre, comme prévu son trio Tucker/Aldridge/Gibson, en partance pour la NBA. 4 joueurs de l’effectif reviennent, accompagnés des 7 freshmans.

    AP (Associated Press), référence des classements des équipes universitaires, sort son Top 25 et classe Texas 21ème équipe avant que la saison ne débute.

    Avant la saison 2006/07, seulement 14 joueurs issus de Texas ont été draftés, dont le trio de l’année passée.
    L’ajout de 8 joueurs non-draftés portent le total à 22 joueurs passés en NBA. 8 d’entre eux n’ont jamais passés les 100 matchs en NBA.
    LaMarcus Aldridge n’ayant pas foulé les parquets NBA, seuls les noms de Slater Martin (undrafted, Hall of Famer, 7 fois All-Star, 5 fois champion) et Johnny Moore (43ème choix de la draft 1979, meilleur passeur de la NBA en 1981/82) résonnent encore dans les têtes des spécialistes à cette époque.

    « KD » n’a pas vraiment le droit à l’erreur, sa prise de risque en choisissant Texas a été très grande, mais il a choisi avec le coeur, il est convaincu d’avoir fait le bon choix.

    9 novembre 2006. Les attentes sont obsolètes. La saison commence face à Alcorn State, un adversaire assez faible sur le papier pour que Texas puisse s’exprimer sur le terrain.
    Même si l’effectif de Texas est très jeune, la réalité du talent rattrape rapidement les espoirs des adversaires de Durant. Ce dernier ne restera que 22 minutes, son 2ème plus faible total de la saison, le match étant plié à la mi-temps (48-18 pour Texas). Le match sera une formalité pour le groupe texan, victoire 103 à 44.
    20 points, 6 rebonds, 3 interceptions pour Kevin Durant, qui pose déjà des bases très élevées en peu de temps, et un impact sur le jeu qui s’annonce incroyable.

    Les jours s’enchaînent, les entraînements aussi, et le staff commence à observer une éthique de travail bien plus élevée chez Kevin que chez les autres. Taras Brown explique : « Springmann m’a appelé un jour et m’a dit « Kevin ne veut pas quitter le gymnase. Il y est jusqu’à 1h du matin. » ». Il l’avait dit, c’était un plan, pas un rêve. Durant se poussait à l’excellence jour et nuit.


    « Vous dites à un enfant qui a grandi à Washington D.C., qui n’a pas toujours eu accès à une salle de gym, que vous pouvez maintenant y avoir accès 24 heures sur 24 ? Que vous pouvez y manger quelque chose, utiliser le lounge ou l’ordinateur ? C’est un service unique. Certains jours, il revenait la nuit pour tirer et nous disions : « On pourrait aussi bien dormir ici. On a tout ce qu’il faut ». »

    Randy Williams, ami de Kevin Durant

    Les matchs s’enchaînaient, et « KD » accumulait les performances : 21.2 points, 9.4 rebonds (2.8 offensifs), 1.6 interceptions, 2.2 contres de moyenne sur ses 10 premiers matchs, avec des pourcentages pharaoniques (47.7/40/86.2) et un bilan convaincant de 8 victoires pour 2 défaites.
    Mais sa première vraie confrontation interviendra lors de son 11ème match, face à une équipe de Tennessee qui finira 25ème équipe de la NCAA à la fin de la saison, selon Associated Press.

    Leur premier match sera à la hauteur des espérances, faisant partie des 15 matchs avec un écart de 6 points ou moins disputés par Texas cette année-là. Un duel se démarque tout au long du match : Chris Lofton, véritable star des Volunteers, en place pour être joueur de l’année de la conférence SEC, et Kevin Durant.

    La première mi-temps est à l’avantage des Longhorns, Rick Barnes maîtrise son sujet et Texas déroule offensivement, 50 points inscrits, 35 points encaissés, Tennessee est dans les cordes. 14 points et 5 rebonds pour Kevin (5/10 aux tirs), 8 points et 4 rebonds pour Chris Lofton (2/8 aux tirs).
    Texas gagne dans tous les compartiments.
    Mais les joueurs de Bruce Pearl, que certains d’entre vous connaissent aujourd’hui du côté d’Auburn, ne restent pas à terre. La mi-temps marque un tournant dans le match à l’avantage des Volunteers, plus propres, plus percutants, plus agressifs.

    Texas craque et perd son avance petit à petit. À 2 minutes du terme, ils possèdent encore 7 points d’avance grâce à un lancer-franc de Matt Hill, freshman à l’époque.

    Malheureusement pour eux, ils sont tombés face à un joueur qu’il ne fallait pas laisser ouvert à trois points. Lofton, à 7/16 à longue distance ce soir-là, prend les choses en main.
    87-82 pour Texas, 1 minute et 15 secondes restantes, « KD » se fait contrer sur un lay-up, Wayne Chism prend son 8ème rebond de la soirée et ressort sur Ramar Smith, qui percute et ressort le ballon sur JaJuan Smith, qui voit Lofton à 45° et le sert. Lofton hésite longuement, Kevin Durant défend sur lui, et déclenche à 3 points, ficelle. La salle explose. 87-85 pour Texas.

    Mais il reste une minute, et Texas a encore le temps de réagir et de stopper l’hémorragie. AJ Abrams décide de monter la balle, drive et manque un lay-up plutôt simple, rebond pour Tennessee, et la suite appartient à l’histoire…

    La défense… La défense… La défense… A vrai dire, Kevin ne pouvait pas faire grand chose sur cette action, le tir est trop lointain, trop imprévisible, et ses tentacules n’y pourront rien. Mais il se prend 6 points consécutifs de Lofton sur la tête et permet à Tennessee de passer devant.
    Il se rattrapera ensuite, en arrachera la prolongation sur un tir inespéré au buzzer mais Texas s’inclinera 111 à 105, dans une Thompson-Boling Arena en feu.

    Kevin Durant aura mis 7 points sur la seconde mi-temps, Chris Lofton en aura mis 20. Défaite cruelle pour « KD », qui sera marqué mentalement par cette épreuve et ne laissera un adversaire scorer plus que lui seulement 3 fois sur les 19 matchs suivants (2 victoires et une défaite contre Villanova).

    Mais revenons sur la défense, car un évènement majeur marqua la saison de « KD » dans ce domaine.
    Scott McConnell, assistant pour les relations avec les médias, le raconte :


    « Lors du match d’exhibition contre Lenoir-Rhyne, Coach Barnes a pourri tous les anciens du groupe. Sur ce match, A.J. (Abrams) ne pouvait rester devant personne, et il ne pouvait pas tolérer cela. Il a réprimandé A.J., et lui a dit qu’il était le pire défenseur qu’il ait jamais vu. Le lendemain, à la séance vidéo, il a rectifié ses propos : « A.J., je te dois des excuses. Tu n’es pas le pire défenseur que j’ai jamais entraîné. Kevin Durant est le pire défenseur que j’ai jamais entraîné. »

    Scott McConnell

    Bien évidemment, Kevin l’a mal pris. Mais le choix du coach a été celui de dire la vérité, Kevin voulait la vérité.

    Depuis ce jour, à chaque entraînement, chaque match, chaque temps-mort, « il demandait à un des assistants : « Comment est ma défense ? » affirme Rick Barnes. Toujours dans le plan, ce plan initial de l’enfant de Washington : se rapprocher de la perfection, encore et toujours.

    Ian Mooney, transféré à Texas cette année-là, avait la réputation d’être tout le temps à 120% sur un terrain, même si le talent ne suivait pas toujours (0.3 points et 0.8 rebonds en carrière). Barnes lui a ordonné de défendre sur Kevin Durant, et il a apporté cette compétitivité qu’il lui manquait.
    « Je pense que l’entraîneur Barnes s’est rendu compte que j’avais la volonté de le harceler et de le poursuivre constamment. Heureusement, il n’y avait pas d’arbitres à l’entraînement. », raconte Ian.
    « KD a adoré. Il a réalisé que Ian n’essayait pas de lui faire du mal. Il savait qu’il en avait besoin. », rajoute Coach Barnes.

    Durant cette saison, Texas affrontera 6 fois un adversaire qui a fini dans le Top 25 d’Associated Press en fin de saison.
    1 victoire contre Texas A&M (9ème du Top 25) après prolongations pour 5 défaites. Un effectif trop jeune pour les matchs de haut niveau, « KD » trop seul… Nombreuses ont été les excuses, mais Kevin Durant a toujours assumé son statut de leader. 30.5 points, 11.2 rebonds, 2.2 interceptions, 3.2 contres en 45.7/50/76.2 sur ces six matchs. Absolument monumental.

    Ces 5 défaites composeront un peu plus de la moitié des défaites de Texas cette année, qui finira son année sur un bilan de 24-9, avant d’aborder le tournoi final, la March Madness, en étant tête de série n°4 de leur partie de tableau, et étant classé 11ème au classement Associated Press. Passer de 21ème à la 11ème place, c’est ça l’effet Kevin Durant.
    On retiendra de cette saison des performances mémorables comme ses 4 matchs à 37 points, dont son 37 points/23 rebonds lors de la victoire face au rival, Texas Tech.
    Les attentes sont remplies, place à la partie sérieuse.


    Texas, tête de série n°4 du tableau « East » de la March Madness, fait office de potentiel contender au Final Four, étape qu’a manqué de peu l’équipe de Rick Barnes l’année précédente.
    De gauche à droite : A.J. Abrams, D.J. Augustin (actuellement joueur des Milwaukee Bucks), Kevin Durant, Justin Mason & Damion James (champion NBA en 2014 avec les Spurs).
    © Photo par Jamie Squire / Getty Images


    Mais avant d’aborder la fin de saison et la March Madness, voici quelques records (ou presque) que Kevin a battu durant sa saison :

    • 2nd total de points sur une saison pour un freshman (903 points) derrière Mahmoud Abdul-Rauf (965) et devant Trae Young (876)
    • Records de points et de rebonds en un match pour un joueur de l’université de Texas sur un match de Big 12
    • 11ème total de doubles-doubles sur un saison pour un freshman (20)
    • 4ème meilleure moyenne de points sur la saison 2006/07 (25.8)
    • Meilleure moyenne de points sur une saison pour un joueur de Texas (25.8)

    La March Madness, c’est comme les Playoffs NBA. C’est une saison à part, une nouvelle saison. 68 équipes, reparties en 4 tableaux, pour un titre de champion universitaire.

    Le tableau leur impose au premier tour les New Mexico State Aggies, équipe de l’ancienne superstar lycéenne Elijah Ingram. Les deux équipes ont un jeu très similaire, très offensif au détriment de la défense. Malheureusement pour les Aggies, Texas est trop talentueux.

    La première mi-temps est plutôt serrée, la jeunesse des texans se fait ressentir face à l’équipe expérimentée de New Mexico State.
    Mais la deuxième mi-temps est à l’avantage de l’équipe de Rick Barnes (46 à 37). Le trio Durant/Augustin/Abrams inscrit 62 des 79 points des Longhorns, et s’impose 79-67 dans un premier tour plutôt facile.

    Le deuxième tour s’annonce plus compliqué, puisqu’ils affrontent une autre équipe prétendant au Final Four : Southern California (USC), tête de série numéro 5. À son bord : Nick Young, qui va se présenter à la Draft, Gabe Pruitt, Daniel Hackett et un freshman très talentueux, Taj Gibson.

    Un effectif profond et incroyable attend donc Texas, dans un match qui les opposera potentiellement à North Carolina au prochain tour, l’université de Vince Carter, son héros.

    Mais Texas n’exista que quelques minutes. USC était trop fort, trop complet, trop menaçant à tous les postes. Kevin n’est pas sorti du match une seule seconde, voulant se battre jusqu’au bout. 30 points et 9 rebonds pour finir sa saison. A.J. Abrams était seul à ses côtés, avec 20 points inscrits. Le reste de l’équipe n’a pas pu rivaliser avec la défense de USC.
    En face, c’est tout le cinq de départ des Trojans qui inscrit plus de 10 points. Texas est éliminé, fin de saison et de carrière universitaire pour Kevin Durant, qui déclara évidemment sa présence à la Draft NBA.


    Kevin Durant (30 points et 9 rebonds), héroïque dans la défaite face à Southern California au second tour de la March Madness.
    © Photo par Jay Drowns / Getty Images


    Une saison extraordinaire qui ne s’achève malheureusement pas de la plus belle des manières, mais « KD » a trouvé ce qu’il voulait dans cette université : du basket et une famille.
    Avec des statistiques dignes des plus grands de ce sport (25.8 points, 11.1 rebonds, 1.9 interceptions, 1.9 contres en 47.3/40.4/81.6), il a porté Texas à la 11ème place du classement AP, en étant la 6ème meilleure attaque NCAA avec 81.7 points par match.

    Ce parcours et cette année l’amènera à devenir le premier freshman de l’histoire à remporter le titre de joueur NCAA de l’année par Associated Press (suivront deux spécimens appelés Anthony Davis en 2012 et Zion Williamson en 2019) et le seul joueur issu de l’université de Texas à l’obtenir. Légendaire.
    Suivi alors une sélection au deuxième choix de la Draft (derrière Greg Oden, comme prévu depuis le lycée), et une carrière… supersonique…

    Et si « KD » avait influencé le recrutement des lycéens d’aujourd’hui ?

    Voilà maintenant plus de 10 ans que Kevin Durant a rejoint la NBA. Son talent n’est plus à prouver, et son palmarès parle pour lui-même.
    Comme les autres légendes du basket-ball, il a marqué son époque et a notamment influencé énormément de jeunes joueurs, comme Vince Carter l’avait influencé à son époque.

    D’ailleurs, il n’est pas rare de nos jours d’entendre parler du « nouveau KD » si on parle de Brandon Ingram (Pelicans) ou de Emoni Bates (lycéen).


    Emoni Bates, superstar lycéenne, possède de nombreux points de comparaisons avec Kevin Durant.
    © Photo par Scott W. Grau / Getty Images


    Alors on peut se poser la question : Kevin Durant a-t-il transformé le recrutement des lycéens auprès des universités ?

    Question ouverte, mais qui mérite réflexion… Parce que sa saison avec Texas a marqué les esprits de tout le monde. Tous les recruteurs veulent être Springmann, recruter un nouveau Durant, au profil physique long et talentueux ballon en main.
    Afin de mesurer l’impact de « KD » sur les joueurs lycéens et sur le recrutement, nous allons prendre le top 20 des rankings RSCI (classements des joueurs lycéens) depuis 1999 et jusqu’à 2023 et introduire un coefficient : le Coefficient Physique.

    « KD » avait, à son arrivée à l’université de Texas, un CP de 0,02273114.
    Pour pouvoir vraiment comparer avec Kevin Durant chaque top 20 de chaque génération, nous allons calculer les CP de chaque joueur en sortie de lycée et garder uniquement les joueurs ayant la taille de Kevin Durant à +/- 5% et son CP à +/- 3%.
    Certes, on ne pourra pas comparer les niveaux techniques par rapport à lui, ça serait trop complexe, mais nous aurons un aperçu de l’impact physique du MVP 2014 sur les jeunes joueurs et leur recrutement.

    En réalisant ces calculs, nous obtenons le graphique suivant :


    Graphique représentant le nombre de lycéens issus du top 20 RSCI de leur génération ayant un physique comparable à celui de Kevin Durant


    La courbe de tendance (en pointillés) est claire : ce genre de profils est de plus en plus présent dans les meilleurs joueurs lycéens.
    Quasiment invisible dans les années 90, on commence à assister à une éruption de ce profil long avec les cas de Chris Bosh (2002), Trevor Ariza (2003) et Rudy Gay (2004), mais ils sont assez esseulés dans l’ensemble.

    C’est en 2005/2006 qu’on assiste à la première vague, d’où provient Durant (2006), qu’accompagnent Brandan Wright et Thaddeus Young.
    L’année 2005 a été une anomalie. Sur les 5 joueurs, seulement deux ont intégré la NBA et Amir Johnson est le meilleur des deux.

    C’est cette génération 2005 qui a probablement causé la perte du profil dans les années suivantes (2007, 2008), mais les titres de meilleur scoreur de Kevin Durant en NBA (2010, 2011, 2012) et le succès d’Anthony Davis (2011) ont totalement relancé le profil, le rendant obligatoire dans les top 20 RSCI depuis.
    On pourrait même citer son titre de MVP (2014), mais ça reste dans le domaine du détail négligeable…

    La courbe de tendance montre une potentielle explosion à venir sur les années à venir. À voir… En tout cas, avec 5 joueurs (pour l’instant) en 2023, l’avenir semble tendre vers ce genre de profils !

    Pour finir, voici la liste des joueurs correspondants depuis 1999, et je pense que vous en reconnaissez quelques-uns… :

    AnnéeJoueurPoste
    1999Jonathan BenderPF
    1999DerMarr JohnsonSF
    2000Eddie GriffinPF
    2000Darius RiceF
    2001Rick RickertPF
    2002Chris BoshPF
    2003Trevor ArizaPF
    2004Rudy GaySF
    2005Keith BrumbaughPF
    2005Tasmin MitchellSF
    2005Magnum RollePF
    2005Shawne WilliamsSG
    2005Amir JohnsonPF
    2006Kevin DurantF
    2006Brandan WrightPF
    2006Thaddeus YoungSF
    2009Ryan KellyPF
    2010C.J. LesliePF
    2011Anthony DavisPF
    2011Quincy MillerPF
    2011Khem BirchC
    2011Cody ZellerPF
    2012Isaiah AustinC
    2012Sam DekkerSF
    2013Austin NicholsPF
    2014Kevon LooneyPF
    2014Isaac CopelandPF
    2015Skal LabissiereC
    2015Brandon IngramSF
    2015Ivan RabbPF
    2016Wenyen GabrielPF
    2017Kevin KnoxSF
    2017Brian BowenSF
    2017Jarred VanderbiltPF
    2018R.J. BarrettSF
    2018Cam ReddishSF
    2018Louis KingSF
    2019Kahlil WhitneySF
    2019Isaiah MobleyPF
    2019Precious AchiuwaPF
    2020Evan MobleyC
    2020Greg BrownPF
    2021Patrick Baldwin Jr.PF
    2021Moussa DiabatePF
    2021Kendall BrownSF
    2022Emoni BatesSF
    2022Jalen DurenC
    2022Brandon Huntley-HatfieldPF
    2022A.J. CaseyPF
    2023Matt BewleyPF
    2023Tyler SmithSF
    2023Akil WatsonPF
    2023Ryan BewleyPF
    2023Mackenzie MgbakoPF

    Ainsi s’achève l’épopée d’une légende universitaire, d’un monstre comme on en voit tous les 500 ans, d’un prototype ayant marqué sa génération et les générations à venir.
    C’était l’histoire de Kevin Durant, un ranger venu du Texas.

    Sources : Sports Reference, 247.sports, RSCI, The Athletic, ESPN, NCAA, CBS Sports, Texas Athletics.

  • Les HBCU, nouveau combattant dans le ring du recrutement

    Les HBCU, nouveau combattant dans le ring du recrutement

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Dans un système de recrutement de lycéens qui est habitué depuis longtemps à la domination du « Power 5 » 1 et qui voit apparaître la G-League comme nouvelle option, vient s’ajouter un concurrent inattendu, auquel personne n’aurait pensé quelques mois auparavant : les HBCU.


    Que sont les HBCU ?

    Dans le sillage de lycéens pionniers comme Makur Maker, dont nous parlerons plus tard, et dans un contexte social où leur apparition dans le circuit du recrutement est plus que favorable, les « Historically black colleges and universities » ou HBCU sont en train de rafler la mise.

    En effet, de plus en plus d’excellents joueurs envisagent de passer par ces universités. Un tournant pour ces établissements, chargés de culture et d’histoire afro-américaine, créés pour former des têtes pensantes de la société à des moments où les droits civiques américains n’étaient pas du tout les mêmes, et ayant aujourd’hui encore, une légitimité à l’échelle universitaire nationale.

    Plus qu’un passage d’une ou deux années pour faire du basket et se montrer aux recruteurs NBA, ces joueurs veulent laisser une trace dans leur communauté.

    Avec aujourd’hui seulement 10% des étudiants des HBCU provenant de la communauté afro-américaine, il est important pour les deux camps de revaloriser cette culture.

    « Si je veux aller dans une équipe du Power 5, c’est pour le basket-ball. Une HBCU, c’est plus pour un héritage »

    Brandon Huntley-Hatfield
    (7ème de la class 2022 selon ESPN)

    Symbole d’un virage social important, les HBCU peuvent devenir, à terme, des candidates à de grosses échéances comme la March Madness, tournoi final sacrant le champion universitaire.

    Connaissant l’importance de cette culture dans le développement d’un lycéen d’origine afro-américaine, elles n’hésitent pas à aller chercher le haut du tableau. C’est ainsi que la plupart des top joueurs lycéens afro-américains ont reçu des offres de bourses de la part de nombreuses HBCU.

    Les noms de Mikey Williams, Harrison Ingram ou Trevor Keels ne vous évoquent peut-être rien pour l’instant, mais ce sont potentiellement de futurs joueurs NBA, des futures stars NBA, qui à cet instant, ont un penchant pour ces établissements. Et cela n’est qu’un petit échantillon du nombre de joueurs talentueux qu’ils pourront accueillir. De quoi faire saliver certains établissements…

    Les HBCU ont formé énormément de très bons joueurs, des All-Star, des légendes du basket-ball et des Hall of Famer dans une autre époque. Des noms comme Earl Monroe, Sam Jones ou Willis Reed sont passés et se sont forgé un nom au sein de ces universités.

    Cependant, depuis le développement et l’augmentation des bourses au sein des « autres universités », le taux de joueurs draftés a considérablement chuté, niveau des joueurs oblige… Leurs dernières fiertés sont Robert Covington (Tennessee State, pas drafté) et Kyle O’Quinn (Norfolk State, 49ème choix de la draft 2012). On est loin du Hall of Fame…

    Mais le combat est lancé. La G-League et le Power 5 sont prévenus, les HBCU ne sont pas là pour rigoler.
    Mais pourquoi ces universités se sont-elles déclarées aujourd’hui ?

    Quel est l’élément déclencheur ?

    Il a fallu un tweet. Un seul tweet de la part de Mikey Williams et tout s’est emballé.

    https://twitter.com/glengarryblock/status/1267869043479810049?s=20
    Traduction : « Aller dans une HBCU ne serait pas si mal… »

    Il faut dire que Mikey n’est pas un joueur anonyme dans le circuit lycéen. C’est même tout l’inverse.
    Freshman (première année) lors de la saison 2019/20, il a impressionné en signant une saison XXL avec son équipe de San Ysidro.
    Classé 3ème joueur de la class 2023 2 dans les classements ESPN 3 , il a aligné une moyenne de 30 points/match cette saison, avec notamment une performance à 77 points !

    Le tweet et son contenu n’ont donc pas tardé à faire réagir, et beaucoup de coachs des différentes HCBU ont directement proposé des bourses au phénomène lycéen.

    La suite ? Il assume ses propos et l’on doute qu’il ait changé d’avis entre temps, étant donné son enthousiasme à l’annonce de Makur Maker, cousin de Thon Maker, devenant le joueur au rang ESPN le plus élevé de l’histoire à choisir une HBCU.

    « Je suis avec toi mon gars, allons choquer le monde ! @MakurMaker »

    Mikey Williams à propos de la décision de Makur Maker

    Le tandem Williams/Maker marque un tournant énorme. Les plus grands joueurs lycéens ne veulent plus forcément marquer sportivement. Une autre dimension est atteinte. Leurs idoles, à l’instar de LeBron James et de son école « I Promise » , ont agi pour la communauté afro-américaine et pour la société en général. Ils ont permis à ces jeunes joueurs d’évoluer humainement.


    Makur Maker (Howard University), 16ème joueur de la class 2020 et cousin de Thon, est devenu l’un des emblèmes d’une nouvelle génération, en choissant une HBCU au lieu de la draft NBA.
    © Photo par Brian Rothmuller / GETTY IMAGES


    Et si la tendance des « super-teams » au sein des HBCU n’est pas encore d’actualité, elle pourrait bien le devenir un jour.
    Cela reste tout de même de jeunes joueurs assoiffés de victoires et voulant gagner, le fait de s’associer avec les meilleurs joueurs peut forcément aider.

    Il ne serait pas impossible, comme on a pu le voir ces dernières années dans des équipes comme Kentucky ou Duke, d’avoir, chaque année, plusieurs joueurs du top 50 débarquant dans une seule et même équipe.
    Relativisons cependant, car nous sommes encore loin d’une équipe comme ça… Encore faudrait-il que l’expérience de Makur soit concluante.

    Et pour cela, il va devoir rehausser le niveau des HBCU…

    Le basket dans les HBCU, ça donne quoi ?

    Avant même de parler de niveau, nous devons commencer par la culture basket. Très présente, comme on peut l’imaginer, dans les années folles des HBCU, elle s’est depuis un peu affaiblie. Le niveau des équipes rentre sûrement en compte dans cet aspect.

    Mais cette période est finie. La communauté afro-américaine veut insister sur cet aspect, sur le fait que le sport aussi a permis le développement des droits civiques aux États-Unis. L’arrivée de Mo-Williams (champion NBA avec les Cavaliers) à la tête de l’équipe d’Alabama State n’est pas anodine. Elle montre un réel intérêt.


    Mo Williams, champion NBA avec Cleveland, s’attaque au coaching d’Alabama State.
    © Photo par Sam Wasson / GETTY IMAGES


    Un regain d’énergie et une volonté forte émergent dans ces équipes. Le coach d’Howard, la future équipe de Maker, Kenny Blakeney a appris durant sa première saison à gérer une attente de résultats. Une attente qui devient de plus en plus longue. En effet, Howard n’a pas accédé à la March Madness depuis 1992.

    Il faut dire qu’Howard est qualifié aux États-Unis comme « The Black Harvard » et n’arrive pas forcément à attirer des talents monstrueux sur le parquet… mais Makur Maker arrive.

    Le niveau va augmenter, la culture va se développer. C’est clairement l’objectif de Blakeney : instaurer de nouveau une culture.
    On imagine très certainement que la suite et le développement des gros talents dépendront forcément de la saison de Maker et d’Howard. Blakeney était confiant sur ce sujet et le potentiel de son équipe avant même le recrutement de Maker. On imagine qu’il le sera encore plus !

    Un sentiment de fraîcheur et de confiance s’installe dans les établissements HBCU. Les dures années au fond des tableaux risquent de ne plus durer, et certains coachs s’avancent déjà comme Brian Collins, coach des Tennessee State Tigers.

    « Cela va arriver ! »

    Brian Collins à propos du recrutement d’un joueur 5 étoiles

    Si tout se passe bien avec l’université d’Howard cette année, les prochaines années risquent de déclencher une bataille monumentale pour le recrutement des meilleurs joueurs lycéens.
    Quand on voit la domination du Power 5 dans le recrutement du top 100 chaque année… On se dit que ce n’est pas plus mal !

    Les moyens mis en place pour séduire les joueurs sont forcément très différents des locomotives actuelles de la NCAA. Moins de moyens, moins de matériel, mais une envie de bien faire.
    Les calendriers et les matchs à l’affiche ne sont pas aussi remarquables que certaines universités du pays, avec des confrontations peu reluisantes et parfois très dures dans la différence de niveau.

    Mais c’est ça qui séduit de plus en plus les lycéens. Marquer de nouveau l’histoire. Devenir les descendants directs de joueurs de légende ayant marqué l’histoire de leur sport et de leur communauté.
    Et un jour peut-être viendra l’annonce historique du joueur n°1 de sa classe en direction d’une HBCU…


    Avec l’arrivée de Makur Maker et le développement d’une culture basket dans les HBCU, les établissements vont connaître une seconde vie sportive. Beaucoup de phénomènes lycéens s’intéressent fortement et souhaitent suivre une conduite inspirée par leurs idoles en NBA… Reste encore à convaincre sur cet aspect, avec des échéances compliquées, mais une volonté de se démarquer, d’être plus que des joueurs, plus que des étudiants.

    Sources : ESPN, HBCU Gameday, The Undefeated.


    Lexique :

    1. Power 5 (ou Power Five) : les 5 conférences majeures du sport universitaire américain. Elles sont composées des conférences ACC, Big Ten, Big 12, Pac-12 et SEC. Aucune HBCU n’appartient au Power 5.
      Depuis l’an 2000, seules 5 équipes championnes au basket-ball ne sont pas du Power 5 (3 fois UConn, 2 fois Villanova).
    2. Class 20XX : année où le joueur lycéen va rentrer à l’université.
    3. Les classements des lycéens ESPN : depuis un bon nombre d’années déjà, des sites comme 247Sports, Rivals ou ESPN mettent à jour des classements nationaux contenant les meilleurs joueurs par class.
      Les joueurs sont classés par étoiles et par score, 5 étoiles étant réservé aux meilleurs joueurs et le score de 100 étant le plus grand.
      Même si cela ne veut rien dire concernant leur accession en NBA et leur niveau plus tard, cela permet de repérer les talents les plus inarrêtables au lycée.