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  • Comment forcer son trade: 5 options à votre disposition

    Comment forcer son trade: 5 options à votre disposition

    Voilà déjà plusieurs jours que le MVP 2018 des Rockets fait parler de lui. James Harden, qui avait demandé un trade deux jours avant la Draft 2020 en novembre dernier, ne s’est toujours pas entraîné avec son équipe, et n’aurait pas encore eu de franches discussions avec son nouveau coach Stephen Silas. Ses passages dans des soirées à Atlanta et à Las Vegas en plein cœur de la pandémie marquent une nouvelle « façon » d’exprimer son souhait de quitter l’organisation texane. D’autres stars ont elles aussi manifesté leur désaccord avec leur franchise. Voici cinq cas marquants de ces dernières années. Quel est le style qui vous conviendrait le mieux ?


    Les demandes de transferts des stars NBA ne datent pas d’hier. Wilt Chamberlain à la fin des années 60, Kareem Abdul-Jabbar et Julius Erving dans les années 70, Moses Malone dans les années 80, Shawn Kemp et Charles Barkley dans les années 90, T-Mac et Vince Carter dans les années 2000… Et ce phénomène a pris de l’ampleur au cours de la dernière décennie: Carmelo Anthony, Deron Williams, Chris Paul, Dwight Howard, Kyrie Irving, Jimmy Butler, Kawhi Leonard, Anthony Davis, Paul George, Russell Westbrook …

    Toutes ces stars mécontentes accentuent l’intérêt porté à la Trade Deadline et à la Free Agency. Cette tendance marque également la prise en main des joueurs NBA sur leur carrière, qui n’hésitent pas à tout mettre en œuvre pour forcer la main aux GM afin d’accéder le plus rapidement possible à leur requête. Pour preuves, voici cinq situations étranges qui ont marqué la ligue ces trois dernières années.


    Kyrie Irving sur le banc de touche des Cavaliers. Credit: David Richard-USA TODAY Sports

    Option 1, Kyrie Irving: Si vous ne me tradez pas, je passe sur le billard juste avant le début de la saison

    Juillet 2017, quelques semaines après les Finales perdues contre les Warriors (1v-4d), Kyrie Irving dévoile publiquement ses envies d’ailleurs. Le journaliste d’ESPN, Brian Windhorst évoque un Kyrie fatigué de devoir partager la gonfle avec LeBron James, et souhaiterait être LE joueur d’une franchise. De plus, l’insider confirme que Cleveland travaillait en fait depuis déjà plusieurs semaines sur ce dossier, avec des discussions avec les Knicks (qui ne voulaient pas lâcher Porzingis) et les Suns (qui ne voulaient pas lâcher Josh Jackson…oups).

    Seulement voilà, l’ancien n°1 de la draft 2011 n’est pas du genre à se laisser duper sans contrer les plans de la franchise. Alors qu’il a annoncé sa demande de trade publiquement, le Front Office s’inquiète alors de la chute de sa valeur sur le marché.

    « Des sources ont déclaré à ESPN que les Cavaliers étaient inquiets que la demande d’Irving ait été rendue publique, estimant que cela pourrait affecter sa valeur commerciale. »

    Brian Windhorst

    Classique.

    Mais, ce qui vaut le détour dans cette histoire, on l’apprend bien après son trade à Boston en août 2017. C’est en plein hiver 2018, que Joe Vardon de Cleveland.com dévoile que le meneur All-Star a joué la carte de l’opération pour pousser le néo GM Koby Altman a passé à l’action. C’est simple, si Cleveland avait cherché à le retenir, Irving envisageait de passer sur le billard pour soigner son genou droit (douloureux depuis les Finales 2015) et ainsi mettre en parenthèse la saison 2017-2018 et empêcher toutes tentatives de recoller les morceaux de la part de ses (ex)dirigeants.

    Classe.


    SHENZHEN, CHINA – OCTOBER 04: Le coach Tom Thibodeau aux côtés de Jimmy Butler lors d’un practice sans accroc. (Photo by Zhong Zhi/Getty Images)

    Option 2, Jimmy Butler: Tradez moi, ou bien je décapite vos chouchous surpayés!

    Avec une seule saison sous la tunique des Wolves, Jimmy Butler prévient Tom Thibodeau, à la fois président et coach de la franchise, qu’il fera ses valises à la fin de la saison. Il demande donc simplement à être tradé, à une semaine du training camp… Au début, Thibs pense à tort pouvoir le faire changer d’avis en se remémorant les bons moments passés ensemble à Chicago. Oui mais voilà, Butler n’est clairement pas convaincu par cette équipe drivée par des jeunes loups aux dents de brebis.

    Les jours passent et les rumeurs s’entassent, et voilà que Minnesota offre une extension de contrat de 5 ans et 147.7M$ pour Andrew Wiggins, et il se murmure déjà que Karl-Anthony Towns recevra un contrat Max en 2018. Pendant ce temps là, Thibodeau se montre trop gourmand en affaire et n’arrive pas à un accord avec Pat Riley et le Heat. C’en est trop pour Butler, qui décide de montrer son mécontentement de la manière la plus expressive et physique possible lors d’un banal practice, qui rentrera dans la légende. Accompagné des remplaçants, Butler détruit physiquement et verbalement l’équipe des titulaires et les stars Wiggins et Towns. Déçu de ne pas être déjà en Floride, il se montre également très vocal, et n’hésite pas à beugler sur le GM Scott Layden et évidemment, sur Thibodeau.

    Lors d’une interview avec Rachel Nichols, il reconnait volontier ce qu’il s’est raconté autour de ce fameux practice:

    « C’est vrai en grande partie. Je n’ai pas joué au basket depuis si longtemps. Je suis tellement passionné. Je ne le fais pas pour une raison quelconque, mais pour la compétition. Toutes mes émotions sont sorties en une seule fois. Était-ce la bonne façon? Non! Mais je ne peux contrôler ça quand je suis en compétition. »

    Jimmy Butler sur ESPN

    Afin d’éviter de traumatiser à nouveau les jeunes Wovles, Thibodeau s’est résolu à se séparer de sa star en l’envoyant à Philadelphie en échange de Robert Covington, Dario Saric et Jerryd Bayless le 12 novembre 2018, soit près deux mois après la demande de trade de Butler.


    Kawhi Leonard aux côtés de Patty Mills sur le banc de touche des Spurs. Soobum Im-USA TODAY Sports

    Option 3, Kawhi Leonard: Désolé mon téléphone était en mode silencieux cette saison, par contre vous pouvez me trader à LA?

    Les fans des Spurs vous le dirtont… Ils maudissent le jour ou le pied de Kawhi a rencontré celui de Zaza Pachulia un soir de Playoffs en 2017. Les Spurs menaient de 21 points dans le 3e quart-temps face aux futurs champions. C’est à ce moment précis que la carrière de Kawhi sous le maillot texan à pris du plomb dans l’aile. Cette blessure à la cheville est le point de départ d’une série de DNP pour la saison qui suit. En septembre 2018, sa blessure aux quadriceps est révélée et semble bien sérieuse.

    Néanmoins, les Spurs et leur coach Greg Popovich montrent petit à petit des signes d’impatience quant à un éventuel retour de leur ailier vedette.

    « Il se remet juste plus lentement, pour une raison quelconque. »

    Greg Popovich

    Leonard effectua ses débuts le 12 décembre 2017 et…. termina sa saison un mois plus tard pour un total de 9 matchs joués. Les Spurs doivent publier un communiqué expliquant que leur star sera out indéfiniment. Le problème, c’est que Kawhi s’envole pour New York pour obtenir l’avis de spécialistes. Kawhi veut mener sa rééducation à sa manière sans collaborer avec sa franchise, et sans surprise, cela pose problème et comme le révèle Woj, des tensions naissent entre les deux camps.

    Les Spurs organisèrent une réunion courant mars. Selon ESPN, l’ambiance fut pour le moins tendue. L’équipe pointa du doigt l’absence plus ou moins justifiée de l’ailier All-Star. Plus tard, Greg Popovich et Manu Ginobili affirment devant les médias que l’on ne verra pas le MVP des Finales 2014 en tenue cette saison. Tandis que Tony Parker rajoute de l’huile sur le feu en déclarant que sa blessure aux quadriceps était bien plus grave et qu’il s’en était remis bien plus vite. La goutte d’eau.

    Après toute une saison marquée par un manque de communication et de compréhension entre les deux parties, (et sûrement avec l’appui du fameux oncle de Kawhi), l’ailier ne souhaite plus discuter avec les Spurs et annonce en juin qu’il veut être tradé. Originaire de Californie, sa préférence irait aux Lakers et aux Clippers, vous pensez bien que Popovich et Bufford ne vont pas lui faire de fleurs et décident donc de l’envoyer à l’extrême opposé de Los Angeles en ce qui concerne le climat : Toronto. Vous connaissez la suite.


    Anthony Davis en tenue de civil parmi ces coéquipiers à New Orleans. Crédit: Gerald Herbert/Associated Press

    Option 4, Anthony Davis: Je vous propose de ne plus me faire jouer le temps de faire affaire avec les Lakers.

    Janvier 2018, après avoir atteint les demi-finales de conférence la saison précédente, les Pelicans retombent dans la médiocrité en saison régulière, et la star Anthony Davis est absente pour plusieurs matchs pour soigner sa blessure à l’index. C’est donc dans ce contexte que son agent, l’incontournable Rich Paul, déclare que son joueur ne signera pas d’extension de contrat et qu’il souhaite être tradé le plus rapidement possible. Au beau milieu de la saison, et à un an et demi de la fin de son contrat. Inutile de vous dire que les fans des Pelicans l’ont eu mauvaise.

    Une étrange situation à gérer pour deux franchises. Tout d’abord les Pelicans, évidemment, lorsque « The Unibrow » quitte la salle des Pelicans sans prévenir son coach Alvin Gentry, lors d’un match contre le Thunder. Seul le GM du moment, Dell Demps, est au courant. Et le pauvre Gentry qui se retrouva seul face aux caméras après la rencontre sans savoir où se trouvait sa star. Au final, les Pelicans vont virer Demps qui était en pleine négociation avec les Lakers. L’organisation décida également de ne faire jouer AD que quelques minutes par match et d’attendre la fin de la saison pour l’échanger.

    Les Lakers ont également souffert de cette situation. Les jeunes Ingram, Ball, Kuzma et Hart sont affectés par toutes ces rumeurs de trade, et selon Rajon Rondo, des vétérans ont été également impactés. Même dysfonctionnement au niveau du FO. Alors que New Orleans préfère collaborer avec Magic Johnson, ce dernier insinue que son collègue Rob Pelinka manigance dans son dos, ce qui provoquera le départ surprise de la légende des Lakers en toute fin de saison. Bilan de cette demande de trade : deux licenciements, des joueurs touchés moralement et deux franchises à l’avenir incertain.

    Et puis le miracle eu lieu ! La loterie offre le premier choix de draft 2019 aux Pelicans, ainsi que le 4e choix aux Lakers. Une énorme surprise qui va considérablement faciliter les choses pour effectuer le deal. Davis verra son vœu exhaussé et se retrouvera aux Lakers, tandis que les Pelicans, pas mécontents, récupèreront les jeunes Ball, Ingram et Hart mais surtout le phénomène Zion lors de la draft 2019.


    James Harden durant la « Bubble » – Getty Images via Sportingnews.com

    Option 5, James Harden: Je ne suis toujours pas tradé? Ok je reviens, je dois me rendre à Las Vegas.

    Près d’un mois après sa demande de trade, James Harden est, pour le moment, toujours un Rocket. Oui mais, après avoir vu son pote Russell Westbrook partir à Washington en échange de John Wall, le barbu est toujours décidé à partir, pire, il s’est permis de zapper la reprise des entraînements. Pas la meilleure façon de montrer l’exemple quand on est le joueur le mieux payé de l’équipe, mais là n’est pas la question. La partie qui fait grincer les dents, c’est que le MVP 2018 s’est délibérément montré à des soirées à Atlanta puis à Las Vegas, en plein cœur de la pandémie, sans masque tout en sachant pertinemment qu’il ne respectait pas les consignes données par la NBA pour assurer une reprise convenable de la saison.

    Vous avez donc des superstars mécontentes qui utilisent la carte de la blessure pour ne pas jouer (Kyrie Irving, Anthony Davis et même Scottie Pippen en 1997), et voilà une toute nouvelle technique en maximisant ses chances d’être positif au Covid19 afin de retarder son retour au sein de l’équipe. Le barbu ne se lance pas dans des quotes piquantes à l’encontre de la franchise qui l’a placé au sommet et qui n’a cessé de céder à ses requêtes. Non, il préfère snober son employeur ainsi que son tout nouveau coach Stephen Silas. Le pauvre Silas qui attendait ce poste de Head Coach depuis tant d’années, et le voilà qu’il se retrouve dans une situation invivable avec son franchise player qui veut partir à tout prix.

    Le protocole mis en place par la NBA obligent les équipes à faire passer six tests Covid19 aux joueurs avec un résultat négatif à chaque fois. Déjà arrivé en retard à Houston, cela ne fait qu’accentuer le délais d’attente. Après les départ du coach Mike D’Antoni, et du GM Daryl Morey, Harden ne semble pas vouloir se retrouver avec un propriétaire qui fait débat, ni enclin à discuter avec coach Silas. Une situation délicate et qui doit rendre nerveux toute une génération de fans des Rockets qui ont pourtant défendu corps et âme leur chouchou tout au long de sa carrière. Si cela peut les rassurer, une autre star des Rockets avait demandé à partir en 1992 : Hakeem Olajuwon. Pas sûr que ce coup-ci cette histoire se termine par un happy ending.


    Les demandes de trade des superstars font partie de l’histoire de la NBA. Certaines demandes n’ont pas abouti et le résultat a été plus que satisfaisant pour certains joueurs (Hakeem Olajuwon, Scottie Pippen, Kobe Bryant). Mais ces cas sont rares. Il est en effet très compliqué de recoller les morceaux avec une star mécontente, et il faut avouer que ces situations sont de plus en plus fréquentes, et de plus en plus difficiles à gérer. Il n’en demeure pas moins que pour les cas évoqués dans cet article, les joueurs s’en sont plutôt bien sortis en ayant eu le sentiment de prendre leur destin en main. Et vous quelle technique vous ressemble le plus ?

  • DeMar DeRozan, le dernier représentant du tir à mi-distance

    DeMar DeRozan, le dernier représentant du tir à mi-distance

    Dans une époque tournée vers le tir à 3pts et le tir près du cercle, le tir à mi-distance est un outil de moins en moins utilisé, voire interdit par certains staffs NBA. L’arrière des Spurs est le dernier représentant d’un art qui se perd. Focus sur des chiffres étonnants et même historiques pour un arrière scoreur aux habitudes old school.

    Le turnaround jumper de Kobe Bryant, le fadeaway de Michael Jordan, le tir sur une jambe de Dirk Nowitzki, le pump fake de Dwyane Wade ou encore le catch and shoot de Richard Hamilton après avoir profité de 435 écrans non porteurs, des tirs à mi-distance que l’on a tous essayé de reproduire sur le terrain. Bien que cette arme reste fiable pour une star comme Kawhi Leonard, elle est actuellement dénigrée voire banni des playbooks des coachs NBA. Les joueurs extérieurs doivent se doter d’un tir à 3pts afin d’exister dans un schéma offensif. Pour preuve, les dernières finales ont atteint des records de tentatives à 3pts avec 206 tirs pour Toronto et 201 pour Golden State, en seulement 6 matchs. Le tweet en janvier dernier de l’analyste d’ESPN Kirk Goldsberry illustre parfaitement cette révolution.

    Le tir à 3pts a pris la place du tir à mi-distance. La logique des chiffres est implacable : un tir à 3pts présente plus d’intérêt qu’un tir à quelque centimètre devant la ligne des 7m23. Les box scores explosent et les moyennes de points emboîtent le pas. Il est dorénavant compliqué d’imaginer un arrière scoreur NBA sans avoir un shoot à 3pts dans sa boîte à outil. Depuis 2001, seulement six arrières ont tourné en moyenne à plus de 20pts par match sur une saison en tentant moins d’un tir à 3pts par rencontre.

    Joueurs au poste d’arrière tournant à 20pts ou plus par match avec moins de une tentative à 3pts (via Basketball Reference)

    Comme l’ancien dirigeant des Wizards (Jordan), DeRozan a réussi cet « exploit » deux saisons de suite. Mais le plus étonnant, c’est qu’il s’agit des deux dernières saisons ! Le quadruple All-Star joue complètement à contre-courant des tendances actuelles observées dans la ligue. C’est le seul joueur depuis dix ans à poster de tels chiffres. Une anomalie dans un sport révolutionné par les sacres des Warriors version « Splash Brothers » et l’avènement du tir de loin. Et pourtant, cet « handicap » de ne pas tirer à 3pts n’empêche pas le Spur d’être classé 18e marqueur de la ligue avec une moyenne de 22.2pts par match. Avec 96.9% de tirs à 2pts, la « shot chart » de l’arrière de 30 ans en 2020 dévoile clairement son profil offensif et ses préférences.

    Shot chart de DeRozan en 2020, via Statmuse

    Son jeu « old school » à base de dribbles en tête de raquette, de pull ups et de drives vers le cercle, lui ont tout de même permis de réaliser une série historique pour un arrière avec 13 matchs consécutifs à 20pts ou plus avec à chaque fois une adresse au dessus des 50% de réussite.

    Après un début de saison plus que compliqué et quelques rendez-vous manqués dans le money time en novembre, DeRozan a persévéré dans ses habitudes et cela fait de lui l’un des joueurs les plus dangereux en isolation avec une moyenne de 1.11pts par possession, soit juste derrière le maître dans ce domaine : James Harden (1.12pts/poss). Mais ce qui le démarque de ses collègues c’est sa faculté à récolter les coups de sifflets. L’ancien de USC obtient des lancers-francs en moyenne 21.9% du temps dans ces situations, avec une fréquence autour des 7.7% pour le and one, soit le 1er pourcentage de la ligue pour au moins deux situations d’isolation jouées par match ! (via NBA.com)

    San Antonio est de loin en train de réaliser sa plus mauvaise saison depuis 1997. Le jeu offensif n’est forcément remis en cause (10e attaque de la ligue), mais sa défense est un réel problème (24e). Il va bientôt falloir prendre des décisions concernant les vedettes vieillissantes que sont Aldridge et DeRozan. Ce dernier sera confronter à la décision d’activer ou non sa player option de plus 27M$ à l’année. Si certaines rumeurs font part de son mécontentement dans le Texas, il sera intéressant de voir la valeur et l’intérêt que les autres franchises peuvent porter au dernier Jedi du tir à mi-distance.

  • Le titre ou l’argent : Un dilemme important pour un joueur NBA

    Le titre ou l’argent : Un dilemme important pour un joueur NBA

    En ces temps difficiles, ClutchTime continue de vous offrir une immersion dans l’univers de la NBA et aujourd’hui, ClutchTime vous propose de découvrir un acte de grande classe que peu de joueurs dans la ligue ont eu le courage de réalisé, sacrifier l’aspect financier de sa carrière au profit de l’aspect sportif.

    Dirk Nowitzki, roi du sacrifice financier

    Que ce soit Dirk, en passant par Durant ou même Lebron, nombreuses sont les superstars de la NBA qui ont accepté ce que l’on appelle une « Paycut » pour pouvoir offrir à leurs franchises une réelle possibilité de constituer la meilleure équipe possible et même si cette pratique marche souvent, cela n’a pas eu un effet bénéfique pour tous.

    Une paycut est donc le fait de sacrifier une partie de son salaire potentiellement accessible, généralement dans le but d’améliorer l’équipe pour laquelle on joue.

    Un sacrifice réservé au Star ?

    Pour réellement parler de « sacrifice », il est rare de parler de simple role player et cela concerne très souvent les grandes Stars de la ligue.

    La raison est simple, les paycuts sont très souvent réalisés au détriment d’un possible contrat maximum par un joueur, et les seuls joueurs qui ont accès à ce type de contrats sont les Superstars de la NBA.

    Cependant, il est nécessaire de nuancer ce propos car certains joueurs qui ne sont pas considérés comme des Superstars ont déjà accepté de sacrifier une partie de leurs salaires pour l’équipe donc même si ce sacrifice concerne souvent les grandes stars, il ne leur est pas uniquement « réservé » .

    Un sacrifice irrespectueux envers les Stars ?

    L’idée est donc simple pour le joueur, sacrifier le côté financier de la NBA dans le but de mettre toutes les chances de son côté vers l’aspect sportif et même si cela peut sembler être une décision assez logique ou acceptable pour une personne qui ne suit pas la NBA, cette pratique est tout de même assez rare.

    À l’image des Chris Paul, Russell Westbrook ou même Stephen Curry, le contrat maximum reste le choix majoritaire et ultime d’une Superstar de la NBA mais également le choix logique lorsque l’on connaît la face cachée de cette pratique.

    Kevin Durant tenant son trophée de MVP des finales
    Source : Jason Miller/Getty Images

    Danny Chau, rédacteur du Ringer, avait notamment évoqué la question en s’appuyant sur le cas de Kevin Durant avec les Warriors :

    « Durant’s decision makes it painfully clear that it will always be the players who have to make ‘sacrifices,’ never the owners. »

    La décision de Kevin Durant montre clairement que ce seront toujours les joueurs et jamais les propriétaires qui feront les sacrifices.

    Cette critique vient directement de la signature de Kevin Durant pour un contrat avec une paycut qui aurait permis de signer Andre Iguodala et Shaun Livingston et donc de garder l’équipe intacte.

    Cependant, l’équipe aurait pu, en réalité, signer les 3 joueurs avec Kevin Durant au maximum en payant une Luxury tax, montant supplémentaire imposée par la ligue dès lors qu’une franchise dépasse la limite des salaires de son équipe. Plus l’équipe dépasse cette somme, plus elle doit payer.

    On voit donc un réel problème d’éthique et une possible manipulation de certaines organisations envers leurs joueurs et cette problématique ne va pas s’atténuer suite à la hausse des salaires chaque année en NBA et la multiplication de bons joueurs qui s’imaginent déjà être Superstar.

    Un sacrifice nécessaire à la réussite d’une franchise ?

    Depuis 2010, presque toutes les équipes championnes, voire même finalistes ont connu au moins un joueur qui n’était pas payé à sa juste valeur.

    Que ce soit un choix volontaire ou non, il est presque indispensable d’avoir des joueurs qui sacrifient l’aspect financier de leur carrière au profit de l’aspect sportif et cela s’applique au Star mais aussi à d’autres joueurs très importants.

    Par exemple, Ray Allen avec Miami en 2013 était payé environ 3 millions l’année a 37 ans et même si cela semble être normal, lorsque l’on voit son apport sur les finales 2013, on peut se dire qu’il en valait un peu plus tout de même.

    Dans un autre registre, le salaire du MVP de la saison 2015, Stephen Curry, qui remportera les finales NBA avec un salaire de seulement 11 millions la saison et même si cela est logique vu que c’est un contrat signé quelques années auparavant, cela reste un cas de joueur sous payé par rapport à son apport sportif.

    Pour ne pas s’éparpiller, nous allons nous concentrer ici sur les principaux joueurs dans certaines franchises qui ont sacrifié une partie de leur salaire au nom de l’équipe et surtout dans le but ultime de remporter un titre, même si cela a plutôt bien fonctionné pour beaucoup d’entre eux, cela n’a malheureusement pas toujours été le cas.

    Les cas importants et récents de sacrifice financier :

    I. Le Big Three de South Beach en 2010

    « Not one, not two, not three, not four.. » on connaît la suite hein..
    Source : Steve Mitchell/US Presswire

    Le 8 Juillet 2010, The decision choque l’univers de la NBA car un certain Lebron James quitte Cleveland après 7 ans passées dans l’Ohio, pour rejoindre Dwyane Wade et Chris Bosh sous le soleil de Miami.

    Cependant, cette association de trois superstars semble difficile à mettre en place car trois contrats maximum à cette époque auraient été un réel problème pour créer une équipe compétitive. Heureusement, les trois superstars ont abandonné plusieurs millions (18 millions pour Lebron James) afin d’offrir une possibilité à l’organisation de Miami d’ajouter des pièces importantes à cette équipe déjà bien bâtie pour jouer le titre.

    Ce sacrifice financier s’est révélé être au moins aussi précieux qu’inestimable, car plusieurs joueurs solides vont réussir à choper un contrat tel que Udonis Haslem, la légende de Miami mais également Shane Battier, Chris Andersen ou encore le seul et l’unique Ray Allen qui sera la pièce maîtresse d’un certain game 6 des finales de 2013.

    II. Dirk Nowitzki : Le Roi du sacrifice salarial

    Dirk, honoré lors de son dernier match au AAC
    Source : J. Miron/USA Today/Reuters

    194 millions de dollars, c’est ce que le Wunderkid a sacrifié dans sa carrière pour les Mavericks. Cette somme, bien qu’incroyable, est à l’image de la générosité du géant Allemand.

    Champion en 2011, Dirk Nowitzki avait vécu son rêve de titre mais ses envies ne s’arrêtaient pas là, il voulait plus et surtout, offrir un nouveau titre à la ville de Dallas. C’est en 2014 que Dirk va démontrer tout son amour pour la franchise texane.

    Lors de l’intersaison de 2014, les Lakers et les Rockets lui offrent un contrat avec pas moins de 97 millions sur 4 ans et même si 99% des joueurs auraient pris l’une de ses offres, Dirk les a toutes refusées.

    En effet, le 15 Juillet 2014, il choque le monde de la NBA en signant un contrat de 25 Millions de dollars sur 3 ans avec les Mavericks ce qui signifie un sacrifice de 72 millions de dollars, non seulement pour rester dans son équipe de toujours mais surtout pour continuer à être compétitive.

    Malheureusement, les Dieux de la balle orange ne récompenseront pas son sacrifice respectable car même si Tyson Chandler reviendra durant l’été 2014, Shawn Marion quittera lui les Mavericks pour rejoindre les Cavaliers, laissant une équipe des Mavericks trop faible, qui sera éliminée au premier tour des Playoffs par les Rockets.

    Cependant, cela n’empêchera pas Dirk de renouveler cette acte de générosité quelques années plus tard en 2017, lorsqu’il refusera une player option de 25 Millions de dollars pour prendre un contrat de 10 Millions sur 2 ans et une seconde année en Team Option, vraiment un grand homme ce Dirk.

    III. Le Big Three Texans des Spurs

    Le big Three des Spurs, dans l’ordre :
    Tony Parker-Manu Ginóbili-Tim Duncan
    Source : Agence France-Presse

    En 2010, Tony Parker signe une extension de 4 ans pour 50 millions de dollars avec les Spurs pour garder une équipe compétitive et même si ce contrat reste tout à fait acceptable.

    Il est important de rappeler que Tony Parker est un joueur qui se retrouve dans les discussions pour le titre de MVP en 2012 tout en étant payé comme un role player.

    Toutefois, le sacrifice financier est une habitude du côté des Texans de San Antonio et c’est surement l’une des raisons pour lesquelles ils ont réussies à rester si compétitifs pendant autant d’années.

    En effet, a côté de Tony Parker, les joueurs importants du roster ont également sacrifié leurs salaires tels que Manu Ginóbili ou encore Tim Duncan qui aura réduit son salaire de plus de 11 millions de dollars.

    D’ailleurs, leurs sacrifices n’auront pas été en vain car des joueurs comme Thiago Splitter, Boris Diaw, Danny Green ou encore Marco Belinelli seront recrutés et le 15 Juin 2014, la franchise soulèvera le 5ème titre de leurs histoires qui sera la plus grosse récompense imaginable pour leurs sacrifices financiers.

    IV. Kevin Durant et la franchise Californienne

    Kevin Durant durant sa présentation avec les Warriors
    Source : Noah Graham/NBAE / Getty Images

    Après avoir réalisé l’un des mouvements les plus discutables de l’histoire de la NBA sur le marché de la Free Agency, le 4 Juillet 2016, Kevin Durant s’est engagé dans la franchise des Warriors dans le but précis de gagner un titre et de « sortir de sa zone de confort ».

    Pour ce faire, il a réalisé un sacrifice financier assez important pour la superstar qu’il était à l’époque et même le coach des Warriors, Steve Kerr, avait rappelé dans une interview que Kevin Durant lui rappelait Tim Duncan qui, lui aussi, avait réalisé plusieurs sacrifices financiers dans sa carrière pour garder une équipe compétitive.

    Dans le cas de Kevin Durant, son sacrifice permet à son équipe de conserver Iguodala et Livingston qui étaient deux grosses pièces du back to back de 2017 et 2018.

    Pendant une grande partie de ses années au Warriors, il a sacrifié une somme très importante d’argent en prenant des petits contrats de 1 an + 1 année en player option à 25 millions l’année ce qui était presque 10 millions de sacrifié par an.

    Ce sacrifice est critiquable dans beaucoup d’aspects, que ce soit sur le fait que la franchise aurait pu tout de même conserver les 2 joueurs nommés ci-dessus, sans avoir à sous payer Kevin Durant mais également sur le fait que son sacrifice ait été fait afin de rejoindre une équipe surpuissante qui était un choix contestable pour beaucoup de fans.

    Dans tous les cas, Kevin Durant a fait un choix qui lui a permis de repartir du soleil Californien avec deux titres et deux trophées de MVP des Finales en poche et tout cela pour rejoindre la Big Apple et un contrat maximum avec les Nets dans le but d’écrire une nouvelle page de son histoire.

    V. L’agent 0 et son geste mémorable envers A. Jamison

    Le n°4, Antawn Jamison avec Gilbert Arenas, le n°0
    Source : Rocky Widner/Getty Images

    Ici, on ne parle pas réellement d’un joueur qui a sacrifié son salaire dans le but principal d’obtenir un titre mais il était nécessaire de parler de l’acte respectable de Gilbert Arenas envers son coéquipier de l’époque, Antawn Jamison.

    Tout d’abord, dès 2006, Gilbert Arenas montre les signes d’une superstar qui souhaite gagner un titre au détriment de l’argent. Lors de l’intersaison de 2006, il accepte une réduction sur son salaire pour signer de bons joueurs mais se retrouve « malheureusement » coincé au milieu de Darius Songaila et DeShawn Stevenson (vous vous rappelez du premier nom ? moi non plus) qui ne seront d’aucune aide pour un agent 0 bien trop seul.

    C’est finalement le 9 Juin 2008 qu’il se retrouve agent libre et offre un geste de grande classe après la désillusion de 2006, annonçant clairement durant une séance média qu’il allait laisser son coéquipier, Antawn Jamison, prendre ce qu’il souhaite sur son contrat en se contentant du reste.

    « Just sign Antawn first and then I’ll take the pay cut, to keep the team intact, »

    Signer simplement Antawn en premier et je réduirais mon salaire pour garder l’équipe intacte

    « We’ve been together six out of my seven years. I told him, whatever he wants, give it to him, and I’ll take the pay cut. »

    On a été ensemble pendant 6 de mes 7 années ( dans la NBA ). Peu importe ce qu’il veut, donner lui et je prendrais la réduction nécessaire sur mon salaire

    Finalement, au lieu d’avoir un contrat maximum de 124 Millions sur 6 ans avec les Wizards, ou de prendre un contrat de plus de 100 millions sur 5 ans que lui proposaient les Warriors il ne prendra que 111 millions sur 6 ans avec les Wizards.

    Même si cette décision a très mal fini avec une absence en play-offs et des malheurs sur les terrains comme en dehors, il est important de saluer ce geste réalisé en Juin 2008 qui semble être inimaginable de la part des stars d’aujourd’hui.

  • Bilans de la saison  – Soutwest Division

    Bilans de la saison – Soutwest Division


    En ces temps de confinement, afin d’éviter de vous couper totalement de l’univers de la NBA, ClutchTime dresse un bilan de la saison 2019-2020, suspendue depuis le 11 mars. Dans l’attente de son retour prochainement, la rédaction vous propose de revivre les parcours des différentes équipes de la ligue, depuis fin octobre, en faisant le point sur chacune d’elle pour chaque division de la ligue.

    Pour notre dernier bilan de la saison, ClutchTime termine son road-trip dans l’ouest américain avec la Division Southwest. Le trio texan Mavericks – Rockets – Spurs, habituellement bien placé dans la course aux playoffs, se retrouve de plus en plus chahuté par la fraîcheur et l’insouciance des Grizzlies de Memphis ainsi que des Pelicans, au point même de voir les Spurs occuper l’une des pires places au classement de son histoire. Du côté des ambitions, les Rockets se cherchent encore une identité de jeu, tandis que les Mavericks semblent avoir rapidement tourné la page de Dirk Nowitzki en conservant néanmoins un fort accent européen.


    Houston Rockets (40-24) – 6ème

    PPG (118.1) – 2ème / Opp PPG (114.4) – 22ème
    Offensive Rating (113.8) – 2ème / Defensive Rating (110.2) – 15ème

    Le Cinq de la saison :
    R. Westbrook (PG) – J. Harden (SG) – B. McLemore (SF) – D. House (PF) – P.J. Tucker (C)

    Stoppés une fois de plus au 2nd tour par les Warriors (4-2), l’aventure du duo Harden-CP3 semble être arrivée à son terme tandis que les Texans se heurtent à un plafond de verre depuis plusieurs saisons. C’est donc sur Russell Westbrook que le FO a jeté son dévolu cet été, envoyant Chris Paul dans l’Oklahoma pour mieux reformer le backcourt du Thunder entre 2009 et 2012 avec l’espoir de trouver enfin le chaînon manquant. L’effectif ayant très peu changé, à l’exception des fins de contrat (Iman Schumpert, Gerald Green, Nenê) et les joueurs coupés, les Rockets ont surtout vu une grosse part de leur masse salariale englouties par leur nouveau duo. Pour Houston la stratégie reste la même tout comme les moyens, se mêler à la lutte pour le podium à l’Ouest en laissant Mike D’Antoni maître du jeu avant peut-être de céder sa place.

    Le bilan à la mi-mars est plutôt mitigé. L’utilisation du nouveau backcourt s’est révélé satisfaisant, les deux All-Star s’occupent de tout en attaque (62 points en moyenne, 14 passes décisives, 13 rebonds et 3.5 interceptions cumulés), bien aidé par un supporting cast qui parvient à se mettre en évidence. En revanche le manque de continuité dans les résultats et de rigueur en défense, ternissent le bilan des fusées, trop souvent pointés du doigt cette saison pour leur niveau de jeu assez pauvre et stéréotypé. Passés d’un cinq small-ball depuis près d’un an, à un cinq ultra small-ball depuis que le FO s’est séparé de ses derniers Big Men encore en état de jouer en février, MDA joue la carte du coaching audacieux, quitte à se planter et mourir avec ses idéaux. Avec pléthore de joueurs au profil Three-&-D, capables de remonter rapidement la balle et de jouer plus facilement en mouvement tout en s’écartant le plus possible du dessous du panier, on a désormais hâte de voir le rendement de cette équipe en playoffs.

    Plusieurs joueurs n’ont pas été épargnés également par les blessures et autres soucis de santé, expliquant en partie la déception chez certains supporters. À l’exception de quelques joueurs, une grande majorité d’entre eux ont été directement touchés par ce phénomène, Russell Westbrook le premier qui n’a pas connu une intégration réussie immédiatement, lui qui affichait à peine plus de vingt points de moyenne sur les trois premières semaines de compétition, avant de se rattraper après les fêtes de Noël (31.2). De son côté le barbu nous gratifie une fois encore cette saison d’un récital en attaque, malgré quelques matchs qui frisent le grand écart au scoring, Harden devrait conclure sans trop de difficultés un troisième exercice consécutif à plus de trente points par match. Pour le reste, l’étrange gloubi-boulga dans le coaching a permis à certains joueurs de se mettre en évidence de plusieurs manières, comme P.J. Tucker ou Robert Covington au poste 5, mais aussi de révéler certaines qualités chez des nouvelles têtes (Ben McLemore, Chris Clemons, Isaiah Hartenstein) et apporter également son lot de déceptions (Austin Rivers, Ryan Anderson, Thabo Sefolosha).

    En se séparant du jeune Capela en février, D’Antoni choisit désormais la voie du jeu rapide, des possessions courtes et des tirs long-range qui pleuvent. Sous la menace de la jeunesse et la fougue du Thunder et des Mavs, les Rockets vont devoir s’arracher pour espérer aller encore chercher un avantage du terrain au 1er tour. Même si pour l’heure, rien n’est joué au classement, la plupart des équipes se tenant à moins de cinq victoires à l’exception des Lakers et des Grizzlies, il faudra que Houston assure sur ses derniers matchs et ne pas lâcher de précieuses victoires. Cette fin de saison pourrait servir de baroud d’honneur pour MDA, qui arrive en fin de contrat cette année et qui pourrait ne pas être reconduit par sa direction.

    La saison de Houston en quelques chiffres :
    . 10 des 15 joueurs ayant joué au moins 100 minutes cette saison ont tiré la moitié du temps à trois points
    . 1ère équipe à tenter le plus sa chance à trois points (44.3) et 1ère équipe à inscrire le plus de tirs primés (15.4)
    . 28ème équipe au nombre de rebonds concédés aux adversaire par match (47)
    . 29ème équipe à réaliser le plus de passes décisives par match (21.5)
    . Meilleur marqueur : James Harden (34.4 points par match à 43.5% FG)
    . Meilleur passeur : James Harden (7.4 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Russell Westbrook (8 rebonds par match)

    Dallas Mavericks (40-27) – 7ème

    PPG (116.4) – 3ème / Opp PPG (110.3) – 15ème
    Offensive Rating (116.7) – 1er / Defensive Rating (110.6) – 17ème

    Le Cinq de la saison :
    Luka Dončić (PG) – T. Hardaway Jr. (SG) – D. Finney-Smith (SF) – Kristaps Porzingis (PF) – M. Kleber (C)

    Pour Dallas et Rick Carlisle une page s’est tournée la saison dernière avec la retraite de Dirk Nowitzki. Une nouveau chapitre s’ouvre pour les Mavs, qui doivent désormais se réinventer, l’équipe de Mark Cuban n’ayant plus participé aux playoffs depuis 2016. Avec des derniers exercices en-dessous des 50% de victoires, il s’agit d’amorcer un nouveau cycle avec de nouvelles ambitions en visant l’un des derniers spots de la conférence. L’arrivée d’un joueur comme Kristaps Porzingis doit participer à ce processus alors que son association avec le nouveau prodige de la franchise Luka Dončić s’annonçant déjà très prometteuse. En prolongeant notamment une très grande partie de l’effectif et en signant le retour de Seth Curry, Dallas veut miser sur la stabilité et la progression du groupe.

    Et les résultats ont été bien au-delà des attentes. La franchise texane jouant même les premiers rôles une bonne partie de la saison avant de s’installer durablement dans le deuxième wagon de tête de la conférence. L’équipe a notamment débuté de la meilleure des manières en remportant 14 de ses 20 premières rencontres. En perte de vitesse au mois de février avec une infirmerie qui affichait un taux de fréquentation élevé, les hommes de Carlisle ont tout de même réussi à faire preuve de sérieux pour conserver leur spot. L’abattage offensif de l’équipe et sa capacité à devenir incandescente au scoring est une réussite cette saison à l’inverse de son manque de régularité (aucune série de plus de deux victoires depuis le 7 décembre) et d’un jeu défensif encore en rodage. Mais ne boudons pas notre plaisir de revoir les Mavs revenir aussi vite au premier plan, en partie grâce au staff et le coaching bien rodé depuis plusieurs saisons maintenant.

    C’est également et avant tout grâce au talent du néo All-Star Luka Dončić et de son entente déjà remarquable avec le letton Porzingis. Le slovène fait tomber les records de précocité les uns après les autres et progresse à une vitesse vertigineuse, tandis que le second retrouve son niveau d’il y a deux ans qui lui avait permis d’honorer une sélection pour le All-Star Game. Le choix de prolonger une grande majorité de l’effectif cet été s’avère être également une réussite, la plupart des mid-class players ayant gagné du temps de jeu et une certaine réussite sur le plan personnel, tels Dwight Powell, Dorian Finney-Smith ou encore Maxi Kleber, tous devenus de solides role-players avec du temps de jeu. Seth Curry s’est quant à lui révélé être un parfait soliste dans la rotation, devenant l’un des sixièmes hommes les plus productifs de la ligue. Pour chipoter un peu, on peut regretter le manque de tempérament et de leadership en attaque de Tim Hardaway Jr., mais dans l’ensemble, la saison de Dallas ressemble presque à un conte de fée, l’équipe ayant réalisé des progrès énormes dans le jeu et dans les résultats avec un effectif harmonieux et déjà très en avance sur les prévisions du début de saison.

    L’objectif de la franchise, c’est qu’il n’y en ait aucun. Les Mavs, aussi jeune, talentueux et fougueux soient-ils, ont déjà fait preuves d’une grande maturité et suffisamment de maîtrise collective pour, d’une part conserver leur place actuelle, mais aussi viser plus loin lors du sprint final, à condition d’être de nouveau au complet et de voir se maintenir l’état d’esprit actuel du groupe. Dallas doit désormais jouer pour le plaisir des yeux et ne pas freiner ses ambitions. Quoiqu’il arrive, cet exercice aura été un franc succès, et les supporters sont sûrement encore à l’heure qu’il est en pleine contemplation face à tant de talents et de promesses pour l’avenir.

    La saison de Dallas en quelques chiffres :
    . 2ème équipe à tenter le plus sa chance à trois points (41.5) et 2ème équipe à inscrire le plus de tirs primés (15.3)
    . 3ème équipe à concéder le moins de pertes de balle par match (12.8)
    . 5ème équipe à capter le plus de rebonds par match (47)
    . 5ème meilleur bilan à l’extérieur cette saison (21-12)
    . Meilleur marqueur : Luka Dončić (28.7 points par match à 46.1% FG)
    . Meilleur passeur : Luka Dončić (8.7 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Kristaps Porzingis (9.5 rebonds par match)

    Memphis Grizzlies (32-33) – 8ème

    PPG (112.6) – 13ème / Opp PPG (113.7) – 20ème
    Offensive Rating (109.4) – 20ème / Defensive Rating (110.4) – 16ème

    Le Cinq de la saison :
    J. Morant (PG) – D. Brooks (SG) – B. Clarke (SF) – J. Jackson Jr. (PF) – J. Valančiūnas (C)

    Memphis avait déjà bien entamé sa reconstruction la saison dernière. Avec les départs consécutifs de Marc Gasol, Chandler Parsons, JaMychal Green ou encore Mike Conley depuis cet été, c’est un nouveau départ qui s’offre à la franchise désormais coaché par Taylor Jenkins (ex-adjoint de Atlanta et Milwaukee) et qui souhaite redevenir un sérieux contender à l’Ouest d’ici un à deux ans. En ayant récupérer le 2nd choix de la draft, les Grizzlies ont donc choisi de donner les clés du jeu au jeune Ja Morant, et de l’associer à Jaren Jackson Jr. pour constituer un début d’ossature avec laquelle la franchise veut désormais miser sur le long terme. Le nouveau GM de la franchise, Jason Wexler, a jugé préférable de préparer cette saison avec les éléments à dispositions mais s’est en revanche déjà montré très malin en récupérant quelques assets et en se donnant du cap dans la masse salariale de la franchise.

    Décidemment cette division regorge de surprise puisqu’à l’heure où nous écrivons ces mots, Memphis occupait encore la 8ème et dernière place pour les phases finales à l’Ouest. Assez inattendus, les Grizzlies ont surpris les bookmakers et les protagonistes par leur jeu rythmé, séduisant en attaque et un coach qui n’a pas hésité à accorder sa confiance aux jeunes, tout en adoptant le style grit and grind si marquant pour la franchise. Déjà très prometteuse sur le papier, les oursons se sont montrés particulièrement audacieux au moment d’affronter certains cadors, se payant le luxe de plusieurs victoires de prestige. Malgré un départ timide (6-16), Jenkins a su trouver l’équilibre idéal entre l’expérience des uns et un noyau de jeunes vraiment convaincants. Lors de la Trade Deadline, l’équipe est même parvenue à se séparer de certains poids morts comme Solomon Hill et Andre Iguodala afin de récupérer notamment le jeune Justise Winslow en provenance de Miami, ainsi que l’ancien Warrior Jordan Bell.

    Comme évoqué plus haut, la cuvée 2020 des Grizzlies a fait forte impression à la fois dans l’envie et les intentions de jeu. Ces jeunes-là n’ont peur de rien et la relation entre le staff et les joueurs semble promise à un bel avenir. Le futur ROY de cette année, Ja Morant, s’inscrit déjà comme une valeur montante au sein de la ligue et surtout comme le futur de la franchise. Le FO a également flairé le bon coup avec le jeune canadien Brandon Clarke, devenu en très peu de temps le backup parfait d’un Jaren Jackson Jr. dont la relation avec Morant devrait faire des étincelles. Dillon Brooks et Josh Jackson font également partie des belles satisfactions cette année, le premier est revenu en forme après une longue blessure, tandis que le second forme désormais un backcourt redoutable, sans oublier la petite trouvaille à la mène De’Anthony Melton. Pour finir, citons également le leader de cette équipe sans qui toute cette saison aurait pu être différente, le pivot lituanien Jonas Valančiūnas, qui semble se découvrir un tout autre niveau à Memphis depuis un an et demi déjà.

    Les troupes de Jenkins vont devoir batailler ferme jusqu’à la fin de la saison s’ils veulent conserver leur sésame assez inespéré, d’autant que la concurrence s’organisait déjà sérieusement depuis le mois de février en coulisses. Mais le staff semble déterminé à laisser les clés à ses jeunes, pour leur permettre de progresser ensemble dans la victoire, comme dans la défaite, mais avec du cœur et des tripes. Certes plusieurs choses sont encore en progrès, en particulier chez les plus novices pour qui toute cette situation est à la fois enrichissante et constructive pour l’avenir. Comme pour Dallas ou New Orleans, Memphis semble être déjà redevenue une équipe qui compte à l’Ouest, à la fois chiante et compliquée à jouer pour les autres franchises. Dans sa démarche de reconstruction, le FO peut déjà se féliciter de cette saison réussie, et se frotter les mains pour la suite, en commençant bien sûr par les playoffs 2020.

    La saison de Memphis en quelques chiffres :
    . 4ème équipe à tenter le plus sa chance (91) et 3ème équipe à inscrire le plus de tirs (42.8)
    . 2ème équipe à réaliser le plus de passes décisives par match (27)
    . 1ère équipe à réaliser le plus de floater et tirs près du cercle par match (22.8)
    . 25ème équipe à concéder le plus de tirs primés par match (35.2)
    . 6ème équipe à capter le plus de rebonds par match (46.7)
    . Meilleur marqueur : Ja Morant (17.6 points par match à 49.1% FG)
    . Meilleur passeur : Ja Morant (6.9 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Jonas Valančiūnas (11.2 rebonds par match)

    New Orleans Pelicans (28-36) – 10ème

    PPG (116.2) – 5ème / Opp PPG (117.0) – 27ème
    Offensive Rating (110.8) – 15ème / Defensive Rating (111.6) – 18ème

    Le Cinq de la saison :
    L. Ball (PG) – J. Holiday (SG) – B. Ingram (SF) – Z. Williamson (PF) – D. Favors (C)

    C’était l’un des trades qu’on attendait plus, Anthony Davis a finalement foutu le camp de la Nouvelle-Orléans et ce n’est sûrement pas plus mal après la fin de saison bien merdique que Alvin Gentry et ses hommes nous ont offert. Du coup nouvelle saison et nouveau roster pour les Pels qui se sont montrés particulièrement actifs cet été, d’abord en récupérant tous les bambinos des Lakers (Lonzo Ball, Brandon Ingram, Josh Hart), avant de s’attacher les services d’un Derrick Favors en mal de temps de jeu, ainsi que l’agent libre J.J. Redick, mais surtout en récupérant quelques jeunes profils à Atlanta (Nickeil Alexander-Walker et Jaxson Hayes et encore un paquet de picks lors des prochaines draft, de quoi bâtir un effectif sur la durée avec une masse salariale encore très large. Sur le papier, cette nouvelle équipe a de la gueule et peut se révéler être une formation redoutable si les joueurs parviennent à s’entendre, le staff peut même envisager une place en playoffs.

    On savait néanmoins que la tâche allait être relevée, en particulier avec les débuts retardés du nouveau phénomène Zion Williamson, les Pelicans ont en effet attendu la période des fêtes pour finalement lancer la machine après seulement sept succès sur leurs trente premières rencontres. Un retard à combler assez important mais pas impossible aux vues des bilans des autres franchises en janvier, Gentry a notamment pu enfin compter sur son effectif au complet, disposant de solides arguments en attaque pour faire plier un certain nombre d’équipes et revenir en mars quasiment à hauteur de la huitième place occupée par les Grizzlies. Seul bémol, la défense, véritable talon d’Achille des Pelicans, l’effectif étant dépourvu de profils suffisamment bons dans ce registre pour espérer changer cet état de fait. Tout ceci n’a néanmoins pas abîmé l’image d’une équipe très prometteuse et dont les perspectives à long terme se dessinent déjà.

    Car s’il y a bien un joueur dont tout le monde parlait avant même que la saison ne débute, c’est bien Zion. Absent une bonne moitié de la saison, l’ailier à tout de suite fait taire les critiques pour ses débuts et placer la barre très haut, devenant en un éclair aussi indispensable qu’époustouflant. Mais il faut rendre à César ce qui est à César, la grande révélation de cette saison est Brandon Ingram, devenu le patron de l’attaque des Pels cette saison, l’ancien transfuge des Lakers semble s’être enfin rappelé qu’il était capable de jouer au basket à un très bon niveau puisque ses pairs l’ont même honoré de sa première sélection pour le All-Star Game de Chicago en février. Un honneur qui vient récompenser une saison aboutie et qui n’aurait pas pu être possible sans un staff compétent d’une part mais également sans les coéquipiers déterminés et appliqués, à l’image de son pote de chambré aux Lakers, Lonzo Ball, devenu en un rien de temps le meneur titulaire de la franchise, formant l’un des backcourt les plus prometteurs de la Division avec Jrue Holiday. Les renégats semblent déterminer à s’installer durablement en Louisiane.

    Reste désormais à savoir si les Pelicans 2020 seront suffisamment armés et courageux pour aller décrocher le précieux sésame (toujours dans l’éventualité que la saison reprenne). À la lutte avec un nombre de franchises assez redoutables et expérimentées, il s’agit surtout d’observer l’impact qu’auront des joueurs comme Williamson, Ingram et Ball pour définir la stratégie à venir de la franchise, notamment parce que l’ailier All-Star sera agent libre en fin de saison. On aurait tendance à croire et même à espérer que l’équipe conserve ses meilleurs éléments pour juste se donner une idée de leur potentiel réunis sur une saison complète, mais aussi parce qu’avec autant de talent, les Pelicans se doivent désormais d’avoir des ambitions et de trouver enfin un style de jeu fort et des adversaires à qui se frotter à l’Ouest.

    La saison de New Orleans en quelques chiffres :
    . 1ère équipe à tenter le plus sa chance aux tirs par match (92.2)
    . 4ème équipe à capter le plus de rebonds par match (47)
    . 3ème équipe à réaliser le plus de passes décisives par match (27)
    . 29ème équipe à concéder le moins de pertes de balle par match (16.2)
    . 29ème pourcentage de la ligue aux lancers francs par match (72.9)
    . Meilleur marqueur : Brandon Ingram (24.3 points par match à 46.6% FG)
    . Meilleur passeur : Lonzo Ball (7 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : Derrick Favors (9.9 rebonds par match)

    San Antonio Spurs (27-36) – 12ème

    PPG (113.2) – 10ème / Opp PPG (114.9) – 24ème
    Offensive Rating (111.9) – 11ème / Defensive Rating (113.7) – 25ème

    Le Cinq de la saison :
    D. Murray (PG) – B. Forbes (SG) – D. DeRozan (SF) – T. Lyles (PF) – L. Aldridge (C)

    Habituellement plutôt malins dans leur recrutement ou leur choix de draft depuis plus de vingt ans, les Spurs ont connu une saison 2018-19 assez loin des attentes malgré une vingt-deuxième qualification consécutive en playoffs. Les retraites de Duncan et Ginobili, conjugués aux départs successifs de Tony Parker, Danny Green mais surtout de Kawhi Leonard, ont fini par rappeler la réalité du business à la franchise texane. L’attente immense autour du duo DeRozan-Aldridge, sensé remettre l’équipe sur le bon rail, se fait toujours attendre, même si les deux joueurs ont une attitude sûrement exemplaire sur le terrain et en dehors. Certaines critiques commencent en effet à pointer du doigt le manque d’entente et de leadership des deux All-Star, conjugués à une panne de coaching et un roster très rajeuni, il fallait au coach Pop les moyens pour rester compétitif cette année. Les arrivées de vétérans tels que Rudy Gay, DeMarre Carroll et du jeune canadien Trey Lyles n’auront pas eu le mérite de rassurer les fans.

    On était bien loin de s’imaginer une saison aussi compliquée et décevante pour coach Pop qui vit son pire exercice depuis sa prise de fonction en 1996. D’un point de vue comptable, les texans ont surtout connu un passage à vide très inquiétant au mois de novembre (3-12), les faisant immédiatement basculés dans la deuxième moitié de tableau. Mais les Spurs ont de la ressource, comme l’attestent les quatre wins en prolongations du mois de décembre, mettant fin à la mauvaise série. Retombés dans leur travers depuis la fin janvier (7-13), le staff des Spurs semble avoir déposer le bilan, tant les choix tactiques furent limités et le jeu trop pauvre. La répartition du scoring semble être un signal encourageant, mais néanmoins contrasté avec la faible prise de responsabilités de certains cadres et l’irrégularité dont ont fait preuves les plus jeunes. C’est donc la panne sèche pour la franchise qui pour ne rien arranger dans son malheur, n’est même pas parvenue à inverser la tendance lors de la Trade Deadline en février.

    D’un côté on peut féliciter de voir DeMar DeRozan et LaMarcus Aldridge être performants, bien que parfois irréguliers ou absents, les deux All-Star portent les Spurs à bout de bras sans pour autant trouver les solutions et une complicité apparente. Les autres cadres de l’équipe comme Patty Mills, Rudy Gay ou encore Marco Belinelli sont également dans la tourmente, inconstants et en manque de prise d’initiatives, tout ce qu’on pouvait redouter vis-à-vis des jeunes, dont la réussite et la progression sont bel et bien à l’image de la saison des texans. Le supporting cast a pourtant de la gueule, le noyau dur de jeunes pépites composé de Bryn Forbes, Dejounte Murray, Derrick White et les plus récents Trey Lyles, Lonnie Walker et Jakob Poeltl sont déjà énormément utilisés par le staff.

    Comme beaucoup en octobre, nous n’imaginions pas écrire ces lignes, mais comme pour tout, les bonnes séries ont toujours une fin et cette année pourrait marquer la fin d’une d’entre elles, celle des Spurs qui pourraient manquer les phases finales pour la première fois en 22 ans. L’équipe va devoir désormais se reconstruire, en pensant déjà à la Free Agency 2020 et la gestion de ses deux plus gros contrats, DeRozan disposant d’une option à activer s’il le souhaite, tout en admettant qu’une nouvelle page de l’histoire de la franchise puisse s’écrire sans un certain nombre de joueurs après 2021. Avec ou sans Gregg Popovich, les texans disposent d’un certains nombres de jeunes qui pourraient s’inscrire dans ce nouveau projet, à conditions d’y mettre le staff et les ingrédients qui ont faits leurs preuves par le passé.

    La saison de San Antonio en quelques chiffres :
    . 1ère équipe à tenter le plus sa chance aux tirs à mi-distance par match (37.2)
    . 1ère équipe à concéder le moins de pertes de balle par match (12.3)
    . 2ème pourcentage de la ligue aux lancers francs par match (80.9)
    . 8ème pourcentage la plus adroite aux tirs par match (47)
    . 26ème pourcentage de la ligue aux tirs à trois points concédés (37.6)
    . Meilleur marqueur : DeMar DeRozan (22.2 points par match à 52.6% FG)
    . Meilleur passeur : DeMar DeRozan (5.6 passes décisives par match)
    . Meilleur rebondeur : LaMarcus Aldridge (7.4 rebonds par match)
  • Ça s’est passé un 24 avril : Quand l’Amiral se défoulait sur les Clippers

    Ça s’est passé un 24 avril : Quand l’Amiral se défoulait sur les Clippers

    Parce que la NBA regorge de performances en tout genre passées à la postérité ou progressivement oubliées avec le temps, ClutchTime vous propose de revivre ces matchs et exploits de légende, qui ont façonné l’histoire de la ligue, d’hier à aujourd’hui.

    Direction la saison 1993-1994 et le dernier match opposant les San Antonio Spurs de l’admirable David Robinson aux Clippers de Los Angeles. Les Texans viennent de réaliser l’un des meilleurs exercices de leur histoire (54 wins) et occupent une belle quatrième place à l’Ouest synonyme d’avantage du terrain au 1er tour des playoffs. Cerise sur le « taco », le pivot est en tête du classement des meilleurs marqueurs de la saison régulière, à égalité avec le jeune Shaquille O’Neal, mais avec un léger retard à quelques centièmes de points. L’occasion est trop belle pour le quintuple All-Star de montrer qui est le vrai patron.


    The Admiral Robinson

    Pour les moins initiés d’entre nous, David Maurice Robinson est née le 6 août 1965 à Key West en Floride. Après ses années high school en Virginie, le grand David s’engage comme son père dans l’armée, et plus précisément à l’Académie navale de l’US Navy, à Annapolis (Maryland). Sélectionné lors de la draft 1987 en 1ère position par les San Antonio Spurs, il ne rejoindra la grande ligue qu’en 1989, le temps de terminer son cursus militaire.

    Immédiatement titularisé par une franchise qui galère pas mal depuis les retraites de George Gervin et Artis Gilmore, le meilleur Rookie de la saison 1989-90 devient très vite une pointure à son poste et dans la ligue. Meilleur défenseur de l’année 1991-92, sélectionné à cinq reprises pour le All-Star Game, et nommé chaque année dans une équipe-type NBA et une équipe-type défensive, Robinson reste néanmoins un joueur humble et discret, qui pense d’abord et même tout le temps à l’équipe, avant de penser à lui.

    Il n’a d’ailleurs jamais fait montre d’un individualisme ou d’un égocentrisme prononcé sur un parquet ou en dehors, traits pourtant communs à de nombreux joueurs de sa génération. Alors qu’il aborde son dernier match de saison régulière face aux Clippers ce 24 avril 1994, le futur papa est, à sa grande surprise, au coude à coude pour le titre de Meilleur marqueur de la saison régulière avec un autre pivot très en vogue à l’époque, Shaquille O’Neal.

    Un Duel de Big Men

    Avant cette ultime rencontre, Robinson était devancé par le Shaq, mais le Texan talonnait de très près le Floridien avec l’un des plus faibles écart jamais constaté (33 points), les deux pivots affichant la même moyenne de points après la première décimale (29.3). Le même jour, quelques heures seulement après la rencontre entre les Spurs et les Clippers, O’Neal plantera comme à son habitude un double-double, le 65ème cette saison, face aux Nets de New Jersey avec 32 points et 22 rebonds. Une performance vaine pour le joueur du Magic.

    En déplacement pour leur dernier match, les Spurs rendent visite au Memorial Sports Arena des Clippers. Vainqueurs de leur quatre premières confrontations, John Lucas (coach des Spurs de 1992 à 1994) et ses hommes arrivent confiants et avec le sentiment du devoir accompli depuis qu’ils ont décroché leur qualification en post-season. L’objectif principal étant atteint, les Texans peuvent offrir un très beau cadeau à leur pivot en le laissant se régaler au scoring.

    Dès le début du match, Robinson commence sur les chapeaux de roues avec 18 points consécutifs sur les vingt points inscrits par son équipe dans le premier quart-temps. Malgré une baisse de régime dans le deuxième quart où il ne va inscrire que 6 points, Robinson rentre tout de même aux vestiaires avec 24 points dans l’escarcelle et un court avantage au tableau d’affichage pour son équipe (37-35).

    Dès l’entre-deux, j’étais bouillant, J’ai marqué les 18 premiers points de mon équipe, soit presque l’intégralité des points du premier quart-temps (20). Lorsque mes coéquipiers ont réalisé à quel point j’avais la main chaude, ils ont continué à me chercher du regard, essayant de me donner coûte que coûte le ballon.

    David Robinson

    Tout en maintenant l’écart, les coéquipiers de Robinson commencèrent à chercher leur pivot sur chaque possession en deuxième période, pour faire en sorte qu’il puisse avoir un maximum de ballon afin de marquer. Avec 19 points supplémentaires dans le troisième quart-temps, portant son total à 43, L’Amiral ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin alors que les Clippers n’avaient pas dit leur dernier mot. Après avoir regagné le banc, Robinson reçu même une ovation de la part du public.

    Les Clippers ont bien tenté de me stopper, en me griffant, me donnant des coups et en me mettant la pression avec des prises à deux ou trois pour essayer de m’empêcher de marquer, mais en vain. J’avais des égratignures et des bleus, c’est la raison pour laquelle je n’ai pas pu inscrire plus de paniers dans le second quart-temps 

    David Robinson

    Dans la dernière manche, le Texan va tout de même inscrire 28 points supplémentaires, dont sept rien que dans la dernière minute du match. Il terminera d’ailleurs la rencontre avec 14 rebonds et 5 passes décisives, compilant ainsi son 46ème double-double de la saison, pour une victoire 112 à 97. Durant toute la rencontre, l’Amiral a laminé la défense des Clippers, en shootant à 63%.

    Pour la petite anecdote, John Lucas, l’entraîneur des Spurs, avait décidé à une minute de la fin de provoquer les fautes adverses et les Clippers par la même occasion pour offrir quelques lancers supplémentaires à son pivot. Ce dernier termina la rencontre avec 41 tentatives aux tirs (26 paniers inscrits) et 18 lancers francs rentrés sur les 25 qui lui ont été accordés.

    Les Clippers ont bien défendu dans le dernier quart-temps, mais malgré la pression défensive et en sachant que le ballon m’était destiné presque à chaque fois, j’ai réussi à inscrire 28 points supplémentaire. Ça les rendait dingues de ne pas savoir comme me stopper, ils me pourrissaient en me répétant sans cesse : « Hors de question qu’on te laisse gagner le trophée si facilement ».

    David Robinson
    source : Spursnation

    Robinson améliora considérablement sa précédente marque au scoring (52), mais établira surtout un nouveau record de points inscrits au cours d’un même match pour la franchise des Spurs, détrônant ainsi George Gervin, qui en avait collé 63 au Jazz de la Nouvelle Orléans en avril 1978, il y a seize ans presque jour pour jour.

    Cette performance a permis notamment à Robinson de terminer la saison avec 29.8 points de moyenne, soit 0.5 points de plus que Shaquille O’Neal (29.3). Ce fut d’ailleurs le seul titre de Meilleur marqueur de la carrière du Hall of Famer, et sa meilleure moyenne de points inscrits au cours d’une saison. Il rejoindra d’ailleurs Gervin parmi les Spurs ayant remporté ce trophée, les seuls encore à ce jour.

    J’ai regardé la feuille de match et j’ai répondu ’71 points ! Bon sang !’ C’était incroyable. Toute l’équipe était derrière moi durant la saison, ils m’ont poussé sans cesse à jouer plus perso. En tant que leader, je voulais juste gagner des matchs, mais ce soir, ils voulaient tous me voir prendre des tirs. Lorsque le match a démarré, ils se sont entendus pour jouer presque tout le temps sur moi dès que j’étais sur le terrain.

    David Robinson

    Avec cette performance, l’Amiral fît son entrée dans le cercle très fermé des joueurs ayant inscrit au moins 70 points au cours d’un match, devenant le quatrième joueur seulement après Elgin Baylor (71), David Thompson (73) et Wilt Chamberlain (6 fois dont une fois à 100 points) à réaliser pareille prouesse. Plusieurs personnalités de l’époque ont commenté cette performance, certains la jugeant comme une « parodie » de basket selon les dires de Brian Hill, entraîneur du Magic d’Orlando, ou bien encore l’un des vaincus de la soirée, Dominique Wilkins, qui déclara en conférence de presse :

    Il n’y a aucune fierté là-dedans. Si vous arrivez à vous regarder dans un miroir après une telle performance et que ça vous remplit de fierté, c’est que quelque chose ne tourne pas rond chez vous. Je n’ai rien contre David, c’est un joueur formidable, mais comment peut-on laisser un gars inscrire 71 points ? C’est ridicule. Tout a été fait pour qu’il puisse y parvenir. Que les Spurs jouent pour lui durant toute la rencontre pourquoi pas, mais la façon dont nous avons joué ce soir, c’est comme si nous l’avions aidé aussi. Dans toute ma carrière, je n’ai jamais vu une chose pareille. Qu’on lui donne le trophée de MVP aussi ! 

    Dominique Wilkins

    John Lucas a tenu à défendre son joueur « C’est une performance légitime. Il a joué 44 minutes alors qu’il aurait pu tout à fait jouer l’intégralité de la rencontre. Tout le monde voulait qu’il obtienne ce trophée. Je devais pousser David à devenir égoïste le temps d’un match».

    L’entraîneur des Clippers, Bob Weiss avait d’ailleurs déclaré à la fin de la rencontre que Robinson avait été spectaculaire : « C’est ce que l’on redoutait le plus. Nous avons pourtant défendu à deux sur lui presque à chaque fois, mais il est quand même parvenu à marquer tous ces paniers. Même si le match a pu paraître ridicule pour certains, il a bien joué et il mérite son titre ».

    Le saison idyllique texane prendra pourtant subitement fin dès le premier tour des phases finales après une élimination (3-1) face au Jazz de l’Utah de Malone et Stockton, tandis que Robinson marquera moins de points sur l’ensemble de la série (62) qu’il n’en avait inscrit lors de son dernier match de saison régulière.

    Robinson a néanmoins prouvé ce soir-là qu’il était l’un des joueurs les plus doués et les plus complets de sa génération. Dynamique des deux côtés du terrain au point d’être un jour capable de réaliser pareille performance, il est souvent considéré, à juste titre, comme une icône dans l’histoire de la ligue et de la franchise texane. Robinson a toujours fait preuve de professionnalisme tout au long de sa carrière, ainsi que d’une domination sans équivoque avant l’arrivée de Tim Duncan en 1997 et de leur association qui les amèneront à remporter deux titres NBA ensemble.

    L’Alamodome a souvent eu l’occasion d’admirer, soir après soir, les performances d’un joueur qui donnait toujours le meilleur de lui-même sur un parquet, se transcendant dans les moments forts et participant à la révolution au poste de pivot et du basket dans les années 90. Un joueur souvent méconnu ou mésestimé pour sa contribution au jeu, mais qui en inscrivant son nom au panthéon des joueurs ayant inscrits le plus de points sur une rencontre, demeurera éternel.

    Retraité depuis 2003, Robinson a terminé sa carrière avec 21.1 points, 10.6 rebonds, 3 contres et 2.5 passes de moyenne, remportant deux titres NBA et deux médailles d’or aux Jeux de Barcelone et Atlanta ainsi qu’un titre de champion du monde avec la Team USA, sans compter un trophée de MVP de la saison régulière 1994-95, celui du Défenseur de l’année en 1992 et qui fut sélectionné à dix reprises pour le All-Star Game.

    source : Getty Image

  • Ça s’est passé un 9 avril : Duel à distance entre George Gervin et David Thompson

    Ça s’est passé un 9 avril : Duel à distance entre George Gervin et David Thompson


    Parce que la NBA regorge de performances en tout genre passées à la postérité ou progressivement oubliées avec le temps, ClutchTime vous propose de revivre ces matchs et exploits de légende, qui ont façonné l’histoire de la ligue, d’hier à aujourd’hui.

    De nos jours, tout le monde a entendu parler du match à 100 points de Wilt Chamberlain, la majorité d’entre nous se remémore aussi la tentative vaine, mais colossale pour l’égaler de Kobe Bryant, qui en plantera 81 aux Toronto Raptors en 2006. Mais pendant les quarante et quelques années qui séparent ces deux performances, la majorité d’entre nous ne saurait se rappeler quelles sont les joueurs ayant réalisé pareil dinguerie offensive sur un match. David Thompson fut l’un d’eux et le récit autour de cette performance est à couper le souffle.

    On ne garde malheureusement que de très rares images de cette rencontre. Le 9 avril 1978, David Thompson, arrière vedette des Denver Nuggets, devenait le 3ème joueur de l’histoire à inscrire plus 70 points, lors d’un match opposant la franchise du Colorado aux Detroit Pistons. À un millier de kilomètres de cette rencontre, se dessinait un duel à distance entre l’arrière des Nuggets et l’arrière-ailier des Spurs, George Gervin, pour savoir lequel des deux décrocherait le titre de meilleur marqueur à l’issue du dernier match de la saison régulière.


    source : SLAMOnline

    David et George, de la ABA à la NBA

    David Thompson contre George Gervin, c’est un face à face de légende parmi les plus emblématiques de cette génération, dans les années 70, au même titre que ceux avec Julius Erving, Moses Malone, Artis Gilmore ou encore Dan Issel. Le point commun avec tous ces joueurs ? la ABA, ligue concurrente de la NBA dans les années 60-70, dont ces joueurs étaient tous issus à l’origine, et qui ont tous eu une brillante carrière à leur arrivée en NBA en 1976. Thompson contre Gervin c’est plus de quarante confrontations en carrière, pendant près d’une décennie et presque autant de cartons offensifs d’un côté comme de l’autre.

    Pourtant en ce mois d’Avril 1978, les deux joueurs abordent leur dernière rencontre en saison régulière, non pas l’un contre l’autre, mais à distance, avec à la clé le trophée du meilleur marqueur de la saison. Arrivés en NBA depuis moins de deux ans, les deux joueurs sont devenus de solides attaquants, bien installés dans le haut du classement des meilleurs marqueurs de la ligue. Déjà sélectionnés à deux reprises pour le All-Star Game, ils sont désormais en lice pour remporter leur première distinction personnelle en NBA.


    Un mano à mano qui tient les médias et la NBA en haleine

    Déjà en tête du classement des meilleurs marqueurs après la première moitié de saison, Gervin (42 et 40 points contre les Kings ou encore 41 points contre Seattle) et Thompson (43 points contre Seattle, 42 contre Indiana et New Orleans) se sont déjà offerts quelques jolies cartons offensifs, pas les plus marquants de l’année, mais suffisants néanmoins pour reléguer la concurrence de l’époque (K. Abdul-Jabbar, B. McAdoo, P. Westphal, C. Murphy). Leurs deux équipes respectives, Denver et San Antonio, occupent respectivement la deuxième place à l’Ouest et à l’Est (jusqu’en 1980, les Spurs évoluaient dans la Division Centrale), et sont déjà qualifiés depuis un moment pour les playoffs.

    Les deux joueurs se sont rendus coup pour coup toute la saison, en face-à-face (2-1 pour Thompson), et à distance, tant et si bien qu’à seulement une rencontre de la fin de la saison régulière, les deux joueurs ne sont séparés que de quelques dixième de points, Gervin (26.8 points) occupant la première place devant Thompson (26.2 points). En ce dimanche après-midi, les Nuggets se rendent au Cobo Arena de Detroit pour ce qui doit être le dernier match de la franchise du Michigan dans son enceinte, avant de déménager au Pontiac Silverdome. Seulement 14 points séparent l’arrière de Denver, de son homologue texan qui jouera plus tard dans la soirée à la Nouvelle-Orléans.


    source : YouTube

    David « Skywalker » Thompson

    L’idole de jeunesse de Michael Jordan était réputé pour ses qualités d’athlètes hors-pairs, sa détente en particulier, qui lui a permis de développer l’utilisation du alley-oop en NCAA puis en NBA, allant chercher parfois des ballons en très haute altitude et s’octroyant le surnom de « Skywalker ». Devant près de 4 000 spectateurs, et alors que leur qualification en playoffs est acquise, Larry Brown, coach des Nuggets, veut laisser carte blanche à son joueur sur le terrain pour qu’il s’en donne à coeur joie s’il veut décrocher le titre de meilleur marqueur.

    Pendant la saison 1976-77, lorsque Pete Maravich avait inscrit 68 points contre les Knicks, il était alors en pleine négociation d’un nouveau contrat. Je me souviens alors avoir pensé à l’époque que le timing était parfait. Je n’avais pas l’intention de tenter quelque chose d’aussi fou alors que la saison régulière touchait à sa fin, et que mon contrat expirait, ce qui me donnait la possibilité de devenir un agent libre si je le voulais. Mais, inconsciemment, qui sait ?


    récit de David Thompson dans son autobiographie « Skywalker »

    Un rencontre hors du temps

    Après avoir établi un nouveau record de points sur un seul quart-temps (32), inscrivant 13 de ses 14 tentatives (record inégalé depuis), à aucun moment le joueur ne semblait perturbé par la tournure des évènements. Thompson va poursuivre le récital et finir la 1ère mi-temps avec 53 points (20/23), Denver prenant le large sur les locaux (83-69). Les Pistons, conscients de la menace que représente le numéro 33 et du spectacle pyrotechnique qu’il exécute, ne veulent absolument pas quitter définitivement leur enceinte sur une défaite et un record de points encaissés par un seul et même joueur.

    Au retour des vestiaires, les hommes de Bob Kauffmann changent leur stratégie et se mettent à défendre un par un sur l’arrière, enchaînant les prises à deux, trois, voire quatre joueurs, le limitant ainsi à 6 points dans le 3ème quart-temps et réduisant l’écart à 106-104. Compétiteur dans l’âme et porté par cette soirée historique, Thompson va inscrire 14 points supplémentaires en vain, Denver s’inclinera 139 à 137 malgré un dernier panier inscrit avec la faute à moins d’une minute de la fin.

    La nouvelle a commencé à faire le tour des médias, qui se sont empressés de relayer l’information, en ce jour historique, puisqu’au même moment, John Havlicek disputait son dernier match sous les couleurs des Celtics de Boston. David Thompson venait d’inscrire 73 points (28/38 dont 17/20 sur la ligne des lancers) en 43 minutes seulement, la 3ème plus grosse ligne de score sur un match de l’histoire, la deuxième dans un match sans prolongation et la 1ère pour un joueur évoluant de backcourt.

    J’étais définitivement dans la zone; je me sentais comme Superman sous stéroïdes. Il n’y avait pas un tir que je ne pensais pas mettre ailleurs que dans le panier, dès lors qu’il quittait mes mains. Quand je suis revenu m’asseoir sur le banc durant la rencontre, mes coéquipiers m’ont traité comme les joueurs de base-ball traitent les lanceurs qui réalisent un sans-faute, ils ne voulaient pas me parler. Ils ne s’asseyaient même pas près de moi, craignant de me déconcentrer.

    récit de David Thompson dans son autobiographie « Skywalker »

    « Do or Die »

    Ce que l’histoire retiendra de cette folle journée, c’est la tournure des évènements après cet exploit. Lors du déplacement des Spurs de San Antonio au Jazz de la Nouvelle-Orléans, Gervin, encore époustouflé par la performance de Thompson, sait qu’il doit réaliser l’impensable en inscrivant 58 points au minimum face au Jazz, dans une rencontre pour du beurre, et alors qu’il n’a jamais dépassé la barre des 50 points qu’une fois dans sa carrière. Mais « Ice Man » ne se laisse pas impressionner et décide de jouer le coup à fond, comme il sait si bien le faire cette saison.

    « J’était nerveux. Je ne pensais qu’à ça, à calculer encore et encore les points qui nous séparaient. Je ne prenais même plus le temps de m’assoir pour boire un coup et m’essuyer la nuque que je voulais déjà revenir sur le terrain

    George Gervin

    Après un début de match balbutiant, GG va trouver son rythme de croisière, en empilant 10 panier en très peu de temps et va terminer la première période avec 53 points au compteur. Tout un symbole ! Une performance absolument incroyable et époustouflante, que Thompson, de retour chez lui après un accueil triomphal à l’aéroport de Denver, regarde avec l’absolue conviction que les 73 points qu’il avait inscrit un peu plus tôt dans la journée étaient devenus sans saveur. San Antonio s’inclinera également 152 à 132, mais Gervin terminera la rencontre avec 63 points (23/49 dont 17/20 aux lancers également).

    L’ailier texan s’offrira dans un premier temps le record de points inscrits sur un quart-temps (33), battu quelques heure auparavant par Thompson lui-même, récupérant au passage la place de numéro 1 des meilleurs marqueurs de la saison régulière 1977-78, que Thompson avait mis tant de mal à obtenir. Cette lutte acharnée pour le titre de meilleur marqueur se décida par la plus petite marge dans l’histoire de la ligue (Gervin : 27.22 points/match ; Thompson : 27.15 points/match), marque qui tient encore aujourd’hui.

    Il m’aura fallu attendre seize ans pour établir une nouvelle marque devant Wilt, Gervin n’a eu besoin que de quelques heures pour battre la mienne

    récit de David Thompson dans son autobiographie « Skywalker »

    Les deux joueurs ont atteint des sommets encore jamais vus en NBA dans une seule et même journée, les performances des deux joueurs devenant même étrangement connectées par la force des choses. Thompson a montré tout au long de sa carrière que cette performance n’était pas qu’un simple éclat d’un soir, puisque malgré sa carrière écourtée par une hygiène de vie douteuse, Thompson a terminé sa carrière avec 597 matchs de saison régulière au compteur et une moyenne de 22.7 points (50.5% FG), 4.1 rebonds et 3.3 passes par match durant neuf saisons, dont sept sous le maillot des Nuggets.

    source : NBA.com

    Quatre fois All-Star NBA (plus une sélection en ABA), deux fois MVP du All-Star Game et élu deux fois dans une équipe type, Thompson n’aura finalement jamais réussi à remporter cette distinction que Gervin, prince du finger roll, remportera à quatre reprise (1978,79,80 et 82). Les deux joueurs furent intronisés la même année au Hall of Fame en 1996, comme liés à jamais depuis cette journée du 9 avril 1978.

    Pour vous mettre en appétit, voici un petit extrait du documentaire d’ESPN « Do Or Die » qui retrace cette folle journée :

  • Être retraité en NBA

    Être retraité en NBA

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    Kyrie Irving, grimé en petit vieux pour son film Uncle Drew. Source : Deadline.com

    Chaque semaine, Clutch Time vous propose une immersion dans l’univers de la grande ligue. Entre phénomènes identitaires et tendances extra-sportives, votre média basket analyse le paysage culturel de la NBA.

    L’Éternité. Ne serait-ce pas l’idéal auquel aspirent tous les artistes, qu’ils manient un pinceau ou une balle orange ? Que les gens se souviennent de leur carrière. Que leurs exploits restent. Racontés encore et encore après que le buzzer sonne, et que leurs dernières secondes passées sur le parquet se soient écoulées. Malheureusement pour nous, les athlètes NBA n’ont pas accès à la fontaine de jouvence, (sauf Vince Carter). Un jour, il faut raccrocher ses baskets, et ensuite ? Que se passe-t-il dans la tête d’une superstar à la fin de son épopée ? Comment se réorienter lorsqu’on est un athlète professionnel ? Clutchtime vous propose une incursion inédite : direction les coulisses de la maison de retraite de la plus belle ligue au monde.

    Raccrocher ses baskets, enfiler ses sneakers

    Les dernières années ont été difficiles. Il a fallu évoluer avec son temps. S’adapter aux nouveaux systèmes de jeu en proposant une partition moins physique, plus technique. Accepter que les minutes passées sur le terrain soient en baisse, tout comme le montant de son contrat. Vieillir en NBA nécessite des trésors d’adaptation. Certains joueurs s’en sortent d’ailleurs mieux que d’autres, car leur profil, leur style de jeu intéressent toujours des équipes qui jouent le titre. Ray Allen a ainsi parfaitement réussi sa transition pour devenir un sixième homme de luxe pour le Heat champion en 2013, les Spurs s’en souviennent.

    Les dernières années d’un vétéran ne sont pas forcément arides.  Il incombe au joueur expérimenté la lourde et noble tâche de former les plus jeunes. Devenir un mentor pour les gloires de demain, c’est le rôle que joue à merveille Kyle Korver, proche de la fin mais toujours aux Bucks cette saison. Le quatrième shooter à 3pts de l’Histoire de la NBA participe à familiariser Giannis Antetokounmpo, MVP sortant, au tir à longue distance. 

    Cependant, un jour la dernière saison arrive. La sortie n’est pas identique pour tous les joueurs. Certains ont marqué la NBA de leur empreinte et ont le droit à une  tournée d’adieu, les honneurs du public chaque soir. Viendront ensuite, le ou les maillots retirés et pour une poignée d’entre eux, le Hall of Fame : la consécration.

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    Ray Allen lors de son discours d’intronisation au Hall-of-Fame en 2018. Source : Nba.com

     D’autres, désormais boudés par les franchises sont condamnés à partir dans l’ombre, plus sobrement. Parfois par dépit, lorsque l’accumulation des blessures et la fatigue du corps pousse à la retraite anticipée. Quelle que soit la forme du départ, elle ne doit pas minimiser ce que chaque joueur a apporté aux équipes NBA. C’est grâce à son travail acharné durant sa vie d’athlète qu’il a réussi à se hisser jusqu’à cette ligue compétitive.
    Que reste-t-il lorsque vient le temps de raccrocher ses baskets ? Peut-être l’émotion, le soulagement, les souvenirs et la sensation d’une retraite méritée. Commence ensuite une nouvelle carrière. 

    S’accrocher à la NBA

    S’accrocher à la NBA. Cela semble compréhensible quand le basket a été au centre des espérances, du développement d’un individu en tant que jeune adulte. La porte est parfois claquée à regret et nombreux anciens joueurs désirent préserver leurs liens avec la grande famille du basket. Plusieurs perspectives de reconversion s’offrent alors à eux. 

    La plus évidente est de travailler pour sa franchise de cœur, et les opportunités sont multiples. La voie royale pour ne pas trop s’éloigner des terrains reste le coaching. De nombreux joueurs se voient en tacticiens cérébraux et aspirent tout d’abord à un poste d’assistant coach, espérant prendre un jour les rênes d’une équipe. Ce parcours professionnel n’est pas le plus évident : les meilleurs joueurs ne font pas les meilleurs entraîneurs, bien au contraire. 

    Se faire respecter dans les vestiaires et gagner la confiance des jeunes par ses choix tactiques est un exercice souvent périlleux. En cas d’échec, le coach est souvent présenté comme un bouc-émissaire. La réputation d’un Magic Johnson, véritable magicien et métronome tactique n’a pas été consolidée par son expérience en tant que meneur d’hommes. Coach des Lakers en 1994, la franchise rate alors les playoffs pour la première fois depuis 18 ans. 

    Aujourd’hui, Tim Duncan et Becky Hammon, deux légendes du basket ball, secondent Gregg Popovich au coaching des Spurs et aspirent probablement à mener un jour une équipe au titre, comme ils l’ont fait durant leur carrière d’athlète.

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    Gregg Popovich aux couleurs des Falcons De l’US Air Force, 1969. Le légendaire coach des Spurs n’a jamais joué en NBA. Source : GettyImages.com

    En arrière-plan du coaching, de nombreux retraités s’intéressent à des postes associés au développement d’une franchise : Manager, Président ou Directeur Général des opérations basket par exemple. Cependant, un décalage persiste entre  le jeu sur le parquet et le jeu derrière les bureaux. Si les retraités ont l’expérience de la ligue et de son sport, cette seconde carrière nécessite un apprentissage des qualités intrinsèques à un nouvel environnement entrepreneurial. Les réussites ne sont pas immédiates et systématiques.  Larry Legend Bird fait peut-être exception à la règle. Le patron des C’s durant les années 1980 a été nommé successivement Coach of the Year et « Dirigeant de l’Année » avec la franchise de son État de naissance, les Indiana Pacers. Ce palmarès si varié illustre les capacités d’adaptation et de compréhension du basketball en tant que véritable science par Bird.

    Enfin, en gravitation permanente autour de la ligue, les médias constituent une orientation de niche pour d’anciens joueurs beau parleurs. A l’aise face aux caméras lors de leur passage en NBA, ils constituent désormais un atout de séduction lorsqu’ils représentent  un organe de presse ou de télévision. Charles Barkley, ou Big Shaq brillent en qualité de présentateurs pour le show Inside the NBA, diffusé sur la TNT. Un  ravissement pour les nostalgiques de leur verbe corrosif.  D’autres retraités/journalistes deviennent commentateurs des matchs ou consultants analystes de la grande ligue. 

    Les analystes Scottie Pippen et T-Mac étudient la meilleur stratégie à adopter en défense sur James Harden.
    Source : ESPN, 2019.

    La NBA ne rechigne pas à solliciter les services de ses anciennes légendes. Ces partenariats sont d’ailleurs une opportunité pour les joueurs retraités qui s’adaptent à de nouvelles dynamiques professionnelles.  

    Ruine ou Business ? 

    “60 % des joueurs NBA sont ruinés après cinq années de retraite sportive. »

    Source : « How (and why) athletes go broke » 23 mars 2009, Sports Illustrated.

    C’est le triste constat que dressait le journaliste Pablo S. Torres pour Sports Illustrated en 2009. 

    Pourtant, les athlètes sont éligibles à une retraite confortable dès lors qu’ils ont passé plus de 3 saisons sur les parquets de la grande ligue. La NBA est la ligue sportive américaine qui prend le mieux soin de ses retraités avec une aide annuelle pouvant s’élever de 57 000 dollars à 195 000 dollars par an. Cette somme semble suffisante pour aspirer à une vie paisible, en prenant en compte les gains amassés en carrière et les investissements potentiellement réalisés grâce aux conseillers en patrimoine de la grande ligue. 

    Dès lors, pourquoi cette situation de ruine généralisée auprès des jeunes retraités ? 

    Probablement car la transition n’est jamais indolore et parfois brutale. Les athlètes quittent un encadrement quotidien imposé par leur franchise. Le relâchement est compréhensible, car la rigueur n’est plus de mise pour rester à un niveau compétitif. Si des anciennes stars comme Dwyane Wade s’imposent des séances de workout régulières pour ne pas ressembler trop vite à un papy, d’autres profitent amplement de leur nouveau statut. Ces retraités n’ont pas attendu de raccrocher les baskets pour dépenser des sommes astronomiques dans les festivités. Cependant, la liberté acquise incite à la démesure. Les dépenses qui s’accumulent mènent pragmatiquement à la ruine. 

    Dennis Rodman est connu pour son train de vie de clubber déjanté et ses déboires financiers. Totalement fauché mais fidèle à son idéal de luxure, il s’est résigné à jouer des matchs de gala aux cachets faramineux pour survivre financièrement. En 2005, il jouait une rencontre officielle en territoire finlandais : 17 minutes de jeu et 50 000 dollars dans la poche. 
    Si Pippen, Iverson ou Shawn Kemp ont eux aussi bataillé avec leurs comptes en banques, d’autres superstars se sont heureusement révélés de redoutables businessmen. 

    Le plus emblématique reste Michael Jordan. Son altesse des Bulls a érigé sa marque éponyme en modèle marketing et commercial mondialisé. Partout sur la planète, les chaussures signatures ou produits dérivés du logo Jumpman  inondent les marchés locaux. 

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    Jordan, posant le cigare aux lèvres en parfait millionnaire. Sur sa casquette, le logo de sa marque jumpman qui a fait sa fortune. Source : USA today.

    En 2020, le magazine américain Forbes tient Jordan à la 1281ème place des plus grandes fortunes mondiales. L’ex numéro 23 détient un capital qui s’élève à 1,9 milliards de dollars. Il est devenu propriétaire des Charlottes Hornets en 2010, pour 175 millions de dollars. Encore un investissement fructueux de la part du GOAT, car la valeur de la franchise a été multipliée par 10 en une décennie. 

    A 35 ans, la rupture avec son travail, sa passion, peut sembler difficile pour un joueur NBA. Les athlètes professionnels doivent cependant assurer leur transition vers une seconde vie. Plus éloignés de la lumière médiatique, de la pression des parquets, nombreux d’entre eux se refusent pourtant de quitter totalement l’amour des fans et de la grande famille NBA. Parfois présentes au premier rang spectateur d’un match, les anciennes gloires accompagnent la nouvelle génération de joueurs dans le sillage de leurs souvenirs sur les parquets.


  • NBA Frenchies : #6 Édition Rétro sur Tony Parker & Boris Diaw

    NBA Frenchies : #6 Édition Rétro sur Tony Parker & Boris Diaw

    NBA Frenchies : #6 Édition Rétro sur Tony Parker & Boris Diaw

    NBA Frenchies Retro ! Une émission ClutchTime animée par Simon et Tedesco.

    Dans ce premier volet des émissions rétro, au menu on parle de Tony Parker, Boris Diaw et de défense ! ❓quelle est la place du meneur français dans l’histoire ?

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  • Tony Parker, éternel numéro 9

    Tony Parker, éternel numéro 9

    C’était il y a moins d’une semaine, mardi dernier pour être précis, Tony Parker recevait l’immense honneur de voir son numéro 9 retiré par les San Antonio Spurs, lors d’une cérémonie pleine d’émotion, mettant ainsi un point final à la carrière sportive du meilleur ambassadeur du basket français depuis près de 20 ans.

    L’histoire se rappellera que tout à commencer en Normandie, d’abord du côté de Fécamp, où le jeune Tony sera licencié pour la première fois dans un club de basket, avant de partir jouer à quelques kilomètres de la côte normande, vers Déville-les-Rouen puis Mont-Saint-Aignan pendant quatre ans. Fils de basketteur, née à Bruges en Belgique et titulaire de la double nationalité franco-américaine, c’est pour le pays des fromages et des vins que son choix va se porter lorsqu’il intègre l’INSEP en 1997.

    Âgé de quinze ans seulement, le petit Tony se fait remarquer très tôt au sein de l’équipe de basket de l’Institut (Nationale 1), tournant à près de 18 points et 6 passes par match. Les clubs professionnels ne tardent pas à vouloir mettre la main sur la pépite française et le jeune meneur signe son premier contrat pro au PSG Racing Basket en 1999 à 17 ans seulement. Le joueur obtient un temps de jeu très réduit dans l’effectif parisien, barré par la concurrence de l’international Laurent Sciarra, futur médaillé d’argent des Jeux de Sydney. Tony apprend énormément au côté de Sciarra qu’il considère encore aujourd’hui comme un de ses mentors. Parker assiste néanmoins à l’élimination de son club dès le 1er tour des séries éliminatoires du championnat face à l’ASVEL.

    La saison suivante, Tony participe au Nike Hoop Summit, un évènement de basket célèbre pour y voir s’affronter les meilleurs jeunes américains face à un contingent de joueurs étrangers. Il combine alors 20 points, 7 passes, 2 rebonds et 2 interceptions et tape dans l’œil des recruteurs des facs américaines qui cherchent à attirer le jeune meneur français. Mais suite au départ de Sciarra du Paris Basket Racing, Parker se voit offrir le poste de titulaire à la mène pour la saison 2000-2001. Il accepte et tourne alors à près de 15 points, 6 passes et 3 interceptions par match toute l’année mais sera de nouveau la victime des Villeurbannais en ¼ de finale du championnat. À l’issue de cette saison exceptionnelle, Tony décide de s’inscrire à la draft NBA de 2001.

    À seulement 19 ans, Tony Parker entre déjà dans la cour des grands, aux côtés cette année-là de Tyson Chandler, Pau Gasol, Joe Johnson ou encore Zach Randolph. Le français est drafté à la fin du premier tour, en 28ème position par les Spurs (gros steal !) du très exigeant Gregg Popovich et de la légende David Robinson. Tony Parker décide de porter le numéro 9, en mémoire de son parrain et du numéro que portait Michael Jordan aux JO de Barcelone. Tony joue son premier match face aux Clippers le 30 octobre 2001, et commence à s’imposer le plus naturellement possible comme le titulaire numéro 1 aux yeux de Pop. Au bout de 77 rencontres de régulière dès son année rookie, Tony et les Spurs se heurtent aux Lakers et leur redoutable duo Kobe Shaq, au 2nd tour des playoffs à l’Ouest. Mais qu’importe, le meneur connaît un véritable conte de fée devenant le premier français à dépasser la barre des 70 matchs NBA en régulière et vient d’être élu dans la All-NBA Team Rookie de l’année.

    La suite tout le monde ou presque, la connaît. Tony va gravir les échelons, tant sur le plan individuel que collectif, à une vitesse vertigineuse, remportant son premier titre de champion en 2003 à 21 ans seulement, aux côtés de ses éternels coéquipiers Tim Duncan et Manu Ginóbili. Il sera élu champion des champions français par le journal L’Équipe et après avoir renouvelé son contrat en 2004, Tony s’installera comme une pièce indispensable du jeu des Spurs, remportant une seconde bague de champion en 2005 face aux Pistons de Detroit et honorant sa première sélection au All-Star Game de 2006.

    Mais Tony Parker ce n’est pas que le joueur NBA. Le meneur porte les couleurs de la France depuis 1997 et goûte à sa première victoire aux championnats d’Europe junior de Zadar (Croatie) en 2000. Autour de la génération dorée des années 2000, de Boris Diaw à Ronny Turiaf, en passant par Mickaël Pietrus et Yakhouba Diawara, c’est avec la plupart de ces gars-là que Tony va retrouver quasiment chaque été les bleus, aux championnats d’Europe (de 2001 à 2015) et aux Jeux de Londres et de Rio pour finalement décrocher son seul titre avec l’Équipe de France à l’Euro 2013, après plusieurs échecs consécutifs. L’un des plus beaux cadeaux que le meneur fera au basket français, lui qui terminera sa carrière internationale en 2016 après 181 matchs sous le maillot bleu et près de 2 800 points marqués et deux titres de meilleur joueur européen en 2013 et 2014.

    En dix-sept saisons sous le maillot des Spurs, avec près de de 16 points, 6 passes, 3 rebonds et 1 interception en régulière, Tony Parker va remporter quatre bagues de champion (2003, 2005, 2007 et 2014), des phases finales durant lesquelles le numéro 9 brillera par son investissement et sa volonté affichés sur les parquets, devenant le 4ème joueur de l’histoire à compiler 4 000 points et 1 000 passes décisives en playoffs, derrière Jordan, Kobe et LeBron. Durant plus d’une décennie TP va devenir l’un des meilleurs et des plus respectés meneurs de la ligue, aux côtés des Steve Nash, Jason Kidd ou encore Chris Paul. Une longévité ponctuée par plusieurs récompenses collectives et individuelles allant du titre de MVP des Finales 2007, à six sélections All-Star et de quatre nominations dans une All-NBA Team. C’est finalement au bout de 1254 matchs, dont une cinquantaine sous les couleurs des Hornets l’année dernière, que Tony Parker tire sa révérence, mettant fin à un parcours exceptionnel.

    Tony Parker, comme beaucoup de français, francophones ou que sais-je, tu es la raison pour laquelle je me suis pris d’intérêt pour ton sport et pour la NBA, la raison pour laquelle je me suis levé, ou couché aux aurores pour te regarder lâcher des centaines de « Teardrops » et « Spin Moves » destructeurs ainsi que des tirs pleins de sang-froid en finales NBA. Tu as amené tellement d’individus à se passionner pour la balle orange et engendré tellement de joueurs à suivre tes traces dans la grande ligue, offrant au basket français ses plus belles heures de gloire, qu’aucun remerciement ou hommage ne serait suffisant pour expliquer à quel point tu as pris une place importante dans le cœur de nombreux fans qu’ils soient de France ou partout dans le monde. Bravo et merci pour tout Tony.

  • Weekly Recap #1 Western Conference

    Weekly Recap #1 Western Conference

    Pour la première fois, Clutch Time vous propose chaque semaine de faire un petit point hebdomadaire sur les équipes et joueurs de la ligue pour chaque conférence

    Bilan des équipes de la Conférence Ouest


    Tendance du début de saison

    Les satisfactions du début de saison

    Los Angeles Lakers (4-1)

    On assiste pour l’instant à un début de saison très convaincant de la part de LeBron et sa bande. En dépit d’une défaite inaugurale face au grand rival, les Clippers (112-102), les angelinos restent sur une excellente série de quatre victoires de suite, avec la manière s’il vous plaît. Ex-aequo avec les Spurs et Minnesota, la bataille pour les places en playoffs s’annoncent néanmoins longue et dure pour les hommes de Vogel.

    Il est enfin là le duo tant attendu. LeBron James (26 points, 7 rebonds, 10 passes) et Anthony Davis (29 points, 11.5 rebonds, 3 contres) peuvent enfin faire étalage de leur talent sur un parquet et il faut reconnaître que les deux gaillards répondent présents. Les deux superstars cumulent ainsi 55 des 111 points de moyenne inscrits par les Lakers avec une énorme facilité, doublée d’une motivation à toute épreuve, ce qui n’est pas sans nous rappeler l’association de Kobe et du Shaq au début des années 2000.

    San Antonio Spurs (4-1)

    Une fois n’est pas coutume, les Spurs entament une saison très prometteuse. Avec une démonstration faite sur le parquet flambant neuf du Chase Center des Warriors (127-110), Popovich et sa bande réalisent un début d’exercice convaincant et toujours invaincus au AT&T Center. Raison de plus d’étendre cette invincibilité sur les cinq prochains matchs (quatre se joueront à domicile) et conforter leur position.

    Il n’en demeure pas moins que la marge de progression des Spurs demeure assez importante. La locomotive texane Demar DeRozan (21.5 points, 4.5 rebonds et 4 passes) compte pour l’instant sur des partenaires expérimentés qui montent doucement en régime, à l’image de Aldridge (18 points, 7.5 rebonds et 2 contres) ou de Rudy Gay (11 points, 7.5 rebonds), et de jeunes cadres plutôt convaincants. Avec les talents reconnus du Pop, nul doute que tout ce petit monde sera se mettre en ordre de marche au fil de la saison, rendant les éperons encore plus redoutables.

    Minnesota Timberwolves (4-1)

    Incontestablement la bonne surprise à l’ouest. Minny réalise un exercice 2019-2020 tonitruant avec pas moins de trois victoires acquises en terrain ennemi et une première place ex-aequo avec les Lakers et les Spurs. Un juste retour des choses pour cette équipe qu’on annonce depuis plusieurs saisons comme un potentiel contender à l’ouest mais qui a souvent déçu. Loin de nous l’idée de nous enflammer pour les Wolves mais Ryan Saunders peut se satisfaire de ses loups qui assurent sur le plan offensif avec des succès mérités.

    Plusieurs joueurs ne sont pas étrangers à cette réussite. Autour de Karl-Anthony Towns (27 points, 11.5 rebonds et 4 passes), le pivot peut se féliciter de voir enfin Andrew Wiggins (20.5 points, 5.5 rebonds et 2 passes) assumer son rôle d’accélérateur de particules en prenant des tirs et en s’investissant d’avantage des deux côtés du terrain. À la baguette l’expérimenté Jeff Teague (14 points, 7 passes) organise avec brio ce petit monde qui dégage une sérenité intéressante.

    Mention(s) honorable(s)

    Los Angeles Clippers (4-2)
    Utah Jazz (4-2)


    Les déceptions du début de saison

    Sacramento Kings (1-5)

    Il faut admettre que Sacramento déçoit en ce début de saison. Alors que l’ambition des Kings était de rompre avec le mauvais sort depuis plusieurs saisons mais surtout d’être dans la continuité de la saison dernière, Luke Walton entame de la pire des manière l’exercice 2019-20. Avec cinq défaites de rang, dont deux grosses fessées face aux Suns (124-95) et Utah (81-113), les Kings doivent impérativement remonter la pente sous peine d’être très rapidement décrochés de la course aux playoffs qui s’annoncent encore plus dense cette année.

    L’effectif des Kings est néanmoins assez prometteur pour y parvenir. De’Aaron Fox (18.5 points, 3.5 rebonds, 6 passes), Bogdan Bogdanović (9.5 points) et Buddy Hield (17 points) sont assez loin des attentes de l’année dernière et nul doute que le retour de Bagley (blessure au pouce) et l’expérience de Barnes seront autant d’éléments rassurants pour Sacramento et les supporters afin de ne pas revivre une saison cauchemardesque.

    Golden State Warriors (1-5)

    Un début d’exercice cauchemardesque pour les finalistes en titre. Quel surprise (mauvaise) pour les Warriors qui entament leur saison de la pire des manières. Il faut remonter à la saison 2011-12 pour trouver trace d’un début aussi chaotique après six rencontres. Golden State n’y est pas, depuis sa défaite inaugurale au Chase Center face aux Clippers (122-141) jusqu’à leur série de trois défaites de rang à domicile face aux Suns, Spurs et Hornets (oui oui Hornets), les hommes de Steve Kerr n’ont toujours pas remporté la moindre rencontre dans leur nouvelle enceinte. La semaine qui s’annonce ne devrait pas rassurer les fans avec pas moins de trois déplacements chez les Rockets, les Wolves et le Thunder, tout un programme.

    Il est vrai que le départ de Durant combiné à l’absence très longue durée de Thompson plonge l’effectif dans une incertitude mais de là à imaginer un tel scénario, c’est assez inattendu. Et comme si ça ne suffisait pas, Stephen Curry s’est blessé à la main et sera indisponible pendant plusieurs mois. Autant vous dire qu’avec toute la meilleure volonté de D’Angelo Russell (20 points, 5 rebonds, 6.5 passes) et de Draymond Green, le compte n’y est pas. L’effectif se retrouve ainsi trop limité du banc jusqu’aux titulaires pour assumer l’héritage des saisons passées et maintenir un niveau de performance suffisant.

    New Orleans Pelicans (1-5)

    Pourtant une des équipes les plus prometteuse et talentueuse sur le papier, les Pelicans se vautrent depuis la semaine dernière. Avec une seule victoire face à Denver (122-107), les Pels déplorent un bilan de cinq défaites qui les plongent (déjà) dans le bas de classement. Alvin Gentry doit en effet faire face à plusieurs pépins, dont le plus important, Zion Williamson.

    L’absence du numéro un de la draft pénalise fortement ces Pelicans qui n’en demandant pas tant. Jrue Holiday (14 points, 4 rebonds, 7 passes) ou encore Lonzo Ball (12 points, 5 rebonds, 7 passes) sont loin d’être à la hauteur et le seul talent de Brandon Ingram (23.5 points, 7.5 rebonds et 4 passes) ne suffit pas à offrir des prestations convenables. Malgré un temps de jeu plutôt bien réparti, le banc de New Orleans n’est guère plus convaincant en dépit du talent.


    Le match de ce début de saison

    Los Angeles Clippers 112-102 Los Angeles Lakers

    Assurément La grosse affiche de la soirée, voire de la semaine. Quoi de mieux pour débuter la saison qu’un match entre frères ennemis luttant pour le trône de la cité des anges. Sur le papier en tout cas, cette affiche devait tenir toute ses promesses. Alors que la rencontre fut serrée durant les trois premiers quart-temps, les Clippers vont exécuter un run magistral (19-7) dans le dernier quart pour s’imposer 112-102. Grâce à Kawhi Leonard (30 points, 5 rebonds, 6 passes), titré avec les Raptors la saison dernière face son ex-coéquiper du soir Danny Green (28 points, 7 rebonds), les Clippers et leur banc (60 points inscrits) vont s’offrir une première victoire de prestige face aux Lakers de James (18 points, 10 rebonds, 8 passes) et Davis (25 points, 9 rebonds, 5 passes).

    Classement


    Bilans des joueurs de la Conférence Ouest


    Tendance du début de saison

    Les satisfactions du début de saison

    Anthony Davis (28.5 points, 11.5 rebonds, 3 contres)

    Kawhi Leonard (29.3 points, 7.3 rebonds, 5.7 passes)

    James Harden (35.3 points, 4.3 rebonds, 7.7 passes)

    Mention(s) honorable(s)

    Karl-Anthony Towns (27.3 points, 11.5 rebonds, 4 passes, 2.5 interceptions)
    Damian Lillard (29.8 points, 5.5 rebonds, 7.8 passes)
    Lebron James (25.5 points, 8 rebonds, 11.2 passes)
    Luka Dončić (26.7 points, 10.3 rebonds, 9.5 passes)


    Les déceptions du début de saison

    DeAndre Ayton (mention spéciale) : Le pivot bahaméen, premier choix de draft en 2018, a été suspendu par la NBA jeudi dernier pour infraction aux règles d’antidopage. Le pivot des Suns a été contrôlé positif à un diurétique et sera suspendu pendant 25 matchs.

    Eric Gordon (9.3 points, 1.2 rebonds, 0.8 passes)

    Jrue Holiday (14 points, 4 rebonds, 6.8 passes)

    Bogdan Bogdanović (9.4 points, 2.4 rebonds, 3.1 passes)

    La performance de ce début de saison

    Anthony Davis

    Le pivot des Lakers a confirmé l’une des raisons pour lesquelles les dirigeants des Lakers voulaient l’associer à LeBron aux Lakers. Le numéro 3 s’est fendu d’un impressionnant double double en inscrivant 40 points et en prenant pas moins de 20 rebonds lors de la victoire contre les Grizzlies (120-91). Une performance exceptionnelle pour un joueur qui nous rappelle aux bons souvenirs du Shaq’ des années 2000 et qui prouve année après année qu’il est bien l’un des meilleurs au monde à son poste.

    Le Cinq Majeur de ce début de saison

    MeneurArrièreAilierAilier-fortPivot
    Damiam LillardJames HardenKawhi
    Leonard
    Anthony
    Davis
    Karl-Anthony
    Towns