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  • Ça s’est passé un 7 avril : Vince Carter et Jason Kidd ont pris rendez-vous avec l’histoire

    Ça s’est passé un 7 avril : Vince Carter et Jason Kidd ont pris rendez-vous avec l’histoire


    Parce que la NBA regorge de performances en tout genre passées à la postérité ou progressivement oubliées avec le temps, ClutchTime vous propose de revivre ces matchs et exploits de légende qui ont façonné l’histoire de la ligue, d’hier à aujourd’hui.

    Nous voici rendu au printemps de l’année 2007. À quelques jours de la fin de la saison régulière et le début des phases finales qui verront les Spurs sacrés pour la quatrième fois de leur histoire, les Washington Wizards rendent visite au Nets du New Jersey à la Continental Airlines Arena, pour l’un des derniers matchs décisifs à l’Est, puisque les deux équipes sont quasiment au coude à coude pour décrocher un spot en playoffs.


    Des performances mais des résultats qui se font attendre

    Arrivée en 2004 en provenance du froid canadien et des Raptors de Toronto, la Vinsanity s’est rapidement emparée du New Jersey et de la ville d’East Rutherford. Même si l’homme-volant n’a plus autant de dynamite dans les jambes, il reste néanmoins suffisamment d’explosivité et de talent dans le jeu du All-Star pour emmener les Nets sur le toit de la Conférence et de la ligue.

    Mais dans les faits, les fans des Nets vont rester sur leur faim les deux premières saisons. Malgré des statistiques colossales (près de 25 points par match chaque soir), Vince Carter ne parvient pas à redonner la confiance et des résultats digne d’un champion pour une franchise qui venaient pourtant d’atteindre il y a peu, deux finales consécutives en 2002 et 2003. Les résultats de la franchise ont fini par agacer certains supporters et dirigeants, en particulier depuis les deux éliminations consécutives en playoffs face au Miami Heat de Wade et Shaq’.

    source : ESPN

    Un cap à passer sinon rien

    Son entente avec l’autre vedette de l’époque, Jason Kidd, meneur phare de la décennie semble être prometteuse sur le papier mais la mayonnaise prend difficilement et les deux joueurs ne trouvent guère l’alchimie recherchée par leur entraîneur en chef, Lawrence Frank. L’équipe affiche même un bilan négatif de 36 victoires et 40 défaites à l’heure d’amorcer le sprint final. Sous la menace du Magic d’Orlando et des Pacers d’Indiana, la réception des Wizards, 6ème avec une victoire de plus, revêt alors un enjeu crucial.

    Les deux équipes se sont déjà affrontées à deux reprises cette saison, matchs que les Nets ont remporté à chaque fois dans la douleur. Parmi les performances individuelles marquantes, on retiendra du côté des Nets le classique triple-double de Jason Kidd lors de la première confrontation (il en claquera 12 durant la saison), rencontre au cours de laquelle Carter va particulièrement briller avec 34 points et 7 passes à son actif, pour une victoire 105 à 93 à l’extérieur.

    Plus tard dans la saison les Wizards vont de nouveau croiser la route des Nets victorieux une fois encore 113 à 101, avec 26 points et 6 passes de Carter et un Jason Kidd à 27 points et encore tout proche du triple-double. Pour leur troisième et avant dernière confrontation, le deal est simple pour les hommes de coach Frank : faire la passe de trois et un rapproché au classement pour s’assurer un bon spot à l’Est et mettre la pression sur leurs adversaires du soir.

    source : NBA.com

    Un match épique et une performance historique

    Au final la rencontre sera aussi âpre et serrée que les deux précédentes. Arrivés sans leur leader offensif, Gilbert Arenas, blessé au genou, et Caron Butler, les Wizards sont déterminés à creuser l’écart qui les sépare des Nets et éviter une fin de saison pénible alors qu’ils restent sur trois défaites de suite. La première mi-temps laissera l’équipe locale repartir aux vestiaires avec une avance d’un point seulement, mais déjà de très très grosses feuilles de match.

    Vince Carter est bouillant, inscrivant 27 points à 6 sur 11 derrière l’arc mais surtout les 17 premiers points de son équipe dans le 1er quart… Rien que ça ! De retour des vestiaires, la seconde mi-temps sera aussi disputée que la première, les deux équipes expédiant la rencontre en prolongation 104 partout. Côté Wizards le duo Antawn Jamison (37 points et 11 rebonds), Jarvis Hayes (29 points) pose de sérieux problèmes aux Nets qui répondent par l’intermédiaire d’un trio de joueurs particulièrement en feu ce soir.


    Deuxième rencontre en prolongation entre les deux équipes cette saison

    Richard Jefferson, lieutenant attitré du backcourt le plus en vogue du moment réalise l’une de ses meilleures partitions de la saison (il récidivera la semaine suivante en inscrivant 35 points face à ces même Wizards) offrant 22 points à 6 sur 8 depuis les 7m23 à la fin du temps réglementaire (27 points au final), Mikki Moore ajoutant 17 points avant de se faire sortir pour s’être mis dans la pénalité.

    Mais c’est bien le duo d’arrière des Nets qui explosent les compteurs sur la feuille de match. Jason Kidd, aka Mr. Triple Double, en est déjà à 7 points, 17 passes décisives et 14 rebonds, tout proche d’égaler ses meilleures performances de la saison. Vince Carter affiche quant à lui l’un de ses meilleurs matchs en carrière avec 42 points, 13 rebonds et 8 passes après quatre quart-temps et surtout 7 tentatives réussies à longue distance sur 13 tirs.

    Les Nets vont finalement avoir le dernier mot et s’imposer pour la troisième fois de la saison face à leurs adversaires (120 à 114), leur infligeant une quatrième défaite de rang. Kidd va finalement valide son triple-double, le 86ème de sa carrière, avec 10 points, 18 passes, 16 rebonds (mais 9 pertes de balles), tandis que Carter inscrira 46 points à 16 sur 28 aux tirs, validant lui aussi un triple-double (10 passes et 16 rebonds dont 4 offensifs !).

    Malheureusement pour les Nets, les playoffs 2007 tourneront court, éliminés au 2nd tour par les Cavaliers de LeBron James (4-2), Vince Carter perdra de son adresse et son efficacité en attaque, tandis que Jason Kidd compilera un triple-double de moyenne. Ce dernier prendra ensuite la poudre d’escampette en février 2008 pour rejoindre le Texas et les Dallas Mavericks, alors que les Nets vont louper les phases finales après une saison régulière gâchée par les blessures et les mauvais résultats.

    Cette performance inédite, au-delà du record de tirs primés réussis pour la franchise (17), place les deux arrières au panthéon des (rares) joueurs ayant combiné deux triple-double dans un même match et pour une même équipe, succédant ainsi à Michael Jordan et Scottie Pippen, dernier duo à avoir réaliser pareil performances face aux Los Angeles Lakers le 3 janvier 1989, rejoints depuis par LeBron James et Lonzo Ball en 2018, onze ans après.

    https://www.youtube.com/watch?v=UDJDRlGo-OE

    Liste des duo de joueurs qui ont complété deux triple-doubles dans une même rencontre

    Lakers vs. Hornets, Dec. 2018: LeBron James (24 points, 12 rebounds, 11 assists), Lonzo Ball (16 points, 10 rebounds, 10 assists). 
    Nets vs. Wizards, April 2007: Vince Carter (46 points, 16 rebounds, 10 assists), Jason Kidd (10 points, 16 rebounds, 18 assists).
    Clippers vs. Bulls, Jan. 1989: Michael Jordan (41 points, 10 rebounds, 11 assists), Scottie Pippen (15 points, 10 rebounds, 12 assists))
    Celtics vs. 76ers, March 1987: Larry Bird 17 points, 13 rebounds, 12 assists), Robert Parrish (14 points, 10 rebounds, 10 assists).
    Lakers vs. Pistons, Dec. 1982: Magic Johnson (26 points, 16 rebounds, 12 assists), Kareem Abdul-Jabbar 19 points, 10 rebounds, 10 blocks).
    SuperSonics vs. Rockets, March 1969: Lenny Wilkens (36 points, 14 rebounds, 14 assists), Art Harris (14 points, 10 rebounds, 10 assists).
    Pistons vs. Knicks. March 1964: Ray Scott (23 points, 20 rebounds, 11 assists), Donnie Butcher (19 points, 15 rebounds, 15 assists).
    Royals vs. Warriors, Jan. 1962: Oscar Robertson (28 points, 14 rebounds, 16 assists), Bucky Buckhorn (19 points, 10 rebounds, 12 assists)

  • La NBA à l’épreuve du temps

    La NBA à l’épreuve du temps

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    Poster rétro de Kobe Bryant, source : Players Only store.

    Ce week-end, la planète basket a fait ses adieux à un esthète du jeu, un des plus grands athlètes que la ligue ait connu. Les hommages se sont multipliés envers Kobe Bryant. Kobe.  Entre amis, sur les réseaux sociaux, avec un ou une collègue de travail, chacun a partagé un souvenir en lien avec le Black Mamba. N’oublions pas ce que le joueur de LA a apporté à la NBA. Au-delà des titres et récompenses individuelles, il était un symbole de l’esprit de compétition, de la Mamba Mentality. La NBA s’est construite grâce à des figures fortes à l’instar de Kobe. C’est derrière ces joueurs charismatiques et médiatisés que la ligue a gagné en renommé depuis sa création. ClutchTime vous propose une excursion dans le grand livre d’Histoire de la ligue, afin de comprendre comment la NBA est parvenue à sa notoriété internationale.

    « La Préhistoire »

    Huskies vs. Knickerbockers 1946

    Affiche du premier match organisé par la NBA le 31 octobre 1946. Les Knicks s’imposaient sur le fil 68 à 66.
     La Ligue portait à l’époque le nom de Basketball Association of America. Ce n’est que 3 ans plus tard qu’elle fusionne avec la National Basketball Ligue et adopte son acronyme officiel. Source : The Canadian Encyclopedia.

    La grande ligue fut créée le 6 juin 1946, juste après la seconde guerre mondiale. A cette époque, elle est en compétition avec de nombreux championnats qui organisent des matchs sur le continent américain. La ligue se développe grâce à la vision de Maurice Podoloff, son premier président (1946-1963). La NBA est une des premières organisations à installer ses franchises dans des villes majeures des Etats-Unis.

    Ce n’est qu’en 1954 que l’horloge des 24 secondes est instituée pour les matchs officiels. C’est Dan Biasone, fondateur des Syracuse Nationals, qui a milité pour son introduction. Biasone a compris que l’introduction d’un temps limité par possession favoriserait des phases de jeu rapide. Cette restriction introduit aussi shoots audacieux lorsque les secondes sont comptées sur l’horloge et en définitive, plus de spectacle.

    En 1955, la compétition ne compte que huit franchises, et on parle communément de « Préhistoire » de la NBA.  Ce terme aurait tendance à nuancer la domination sans pareille des Celtics de Bill Russel, entraînés par Red Auerbach. Boston gagne 11 titres en 13 saisons entre 1957 et 1959.

    La même suspicion semble de mise pour la performance lunaire de Wilt Chamberlain qui score 100 points contre les Knicks le 2 mars 1962.

    Certes,  les audiences de la NBA restaient encore bégayantes avec niveau de jeu peu compétitif. C’est pourtant dans le sillage de ces titres remportés que la ville et les habitants de Boston ont construit leur passion pour la franchise. Et si nous parlons encore de la performance de Wilt soixante ans plus tard, c’est qu’elle constitue un idéal à poursuivre pour tout jeune joueur. Un événement sans précédent dans l’Histoire d’une ligue si friande de statistiques.

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    Julius Erving, reconnaissable par sa coupe « Afro » légendaire. En cette soirée du 13 mai 1976, il donne le titre ABA aux les New Jersey Nets (41pts, 19rbs, 5ast). Source ; The postgame.com

    En 1976, la NBA conquérante fusionne avec sa grande rivale, la American Basketball Association (ABA). C’est le début de l’hégémonie pour l’organisation qui récupère les stars de la ligue déchue.

    La consécration des joueurs.

    Dès lors, ce sont les joueurs de plus en plus médiatisés qui vont piloter les révolutions de la grande ligue. La rivalité Larry Bird – Earvin « Magic » Johnson est souvent présentée comme un game changer pour l’attractivité de la NBA. Les deux joueurs symbolisent la fragmentation de la société américaine. Un joueur noir et un joueur blanc. Une franchise des strass et paillettes, associée à l’industrie Hollywoodienne. Une ville de Boston qui revendique ses racines irlandaises et où persiste un puritanisme religieux. L’Est contre L’Ouest. Tout semble opposer les deux joueurs. Tous deux ont pourtant partagé une amitié née de cette rivalité. Tous deux disposent d’un talent qui fait rayonner la grande ligue et lui donnent un second souffle.

     Cette opposition de style est une bénédiction pour la NBA qui doit sans cesse s’adapter aux évolutions du jeu pour préserver sa popularité. La décennie 1990 est caractérisée par des pivots dominants et une défense rugueuse, avec bien sûr le passage remarqué d’un numéro 23 aux Bulls de Chicago. His Airness met définitivement la NBA sur la carte. Grâce à l’arrière, la ligue fait son introduction dans la pop culture et les produits marketings et commerciaux étiquetés NBA affluent sur les marchés mondiaux.

     Avec l’avènement du XXIème siècle, la NBA s’écarte progressivement du panier. La raquette ne polarise plus le jeu offensif et les défenses s’espacent face à la menace à trois points, désormais privilégiée en attaque. Difficile de ne pas attribuer cette nouvelle facette du basketball américain à Stephen Curry. Le numéro 30, phénomène de la dynastie des Warriors trône actuellement au troisième rang des tireurs à trois points les plus prolifiques de l’Histoire. Le baby face killer n’est présent dans la ligue que depuis une décennie et compte à son actif 2492 tirs primés.

    Quel style de jeu nous réserve la décennie 2020 ? Peut-être la domination d’athlètes aux dimensions hors-normes, capables de dicter leur rythme des deux côtés du terrain. Dans la lignée de Lebron James, Giannis Antetokounmpo ou Ben Simmons s’inscrivent dans cette nouvelle génération de joueurs all around.

    Vers une ligue professionnelle.

    Certaines révolutions se font plus discrètes, comme l’apparition de nouveaux équipements et de politiques d’encadrement des joueurs. Difficile d’imaginer aujourd’hui un pivot de 120 kilos arborer fièrement une paire de Converse en toile sur le parquet. Les sponsors s’assurent désormais de fournir des chaussures adaptées aux besoins physiques des joueurs car une blessure est synonyme de mauvaise publicité pour l’équipementier.

    Avec le temps, la ligue s’est étoffée en tant qu’organisation sportive pluridimensionnelle. Le suivi des joueurs et les progrès médicaux ont permis d’allonger la durée moyenne d’une carrière NBA. Les sportifs disposent de conseillers pluriels pour les accompagner.

    C’est ce dont témoigne Joel Glass directeur de la communication pour le Orlando Magic en 2018, dans un épisode de la série Youtube Fournier For Real, réalisé par le numéro 10 français.

    Nous avons en tout plus de 300 personnes et de nombreux départements au sein de la franchise : communication, marketing, vente de tickets, relations avec la communauté de fans, gestion de la salle, etc,.  Il y a beaucoup d’employés qui travaillent et forment une organisation derrière l’équipe.

    Joel Glass, Fournier For Real épisode 5 « Inside the Franchise »

    Enfin, le rôle du commissionner n’est pas à négliger pour comprendre les changements de la NBA, les nouvelles directions adoptées. Entre 1984 et 2014, David Stern a fait grandir la popularité de la ligue sur le continent américain. Durant les années 1990, il a lutté contre le dopage et la consommation de drogues chez les athlètes. Exit la luxure extra-sportive et les bagarres sur le terrain, le développement de la ligue était indissociable de sa bonne image. La ligue mineure de développement G-League fondée en 2001 ainsi que la compétition féminine WNBA (1996) souligne cette volonté d’expansion de l’ancien commissionner.

    Adam Silver a repris le flambeau de Stern et participe à la démocratisation du jeu à travers le monde. Avec Internet et le numérique, tout va plus vite. Un poster en primetime est relayé presque instantanément sur les réseaux sociaux. Le Buzz représente une précieuse publicité pour la grande ligue afin de conquérir de nouveaux spectateurs. La NBA s’inscrit dans cette course de l’instantané. Elle a étendu sa toile à travers le monde.

     Les scouts sont désormais présents sur tous les continents afin de repérer et propulser les talents de demain sur le devant de la scène. Plus de talents potentiels, et donc plus de compétition. Il est beaucoup plus difficile d’arriver jusqu’en NBA qu’il ne l’était il y a 60 ans. Le basketball est le sport où il est le plus difficile de faire carrière aux Etats-Unis, comme en atteste le graphique ci-dessous.

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    Chances d’arriver en NBA en sortie d’Université, en 2016. Source : Usa Today.

    “Started from the bottom now we here”. L’Hymne du chanteur canadien Drake pourrait être adoptée par la NBA. La ligue a connu une ascension phénoménale en six décennies, évoluant avec la société américaine. Exclusivement blanche en 1946, elle est désormais composée à 80 % de joueurs afro-américains. N’oublions pas qu’au sommet de ce succès résident des joueurs pionniers, légendaires et fixés dans une mémoire collective de fans. Kobe Bryant sera membre émérite de la prochaine cuvée de Hall of Famers. En attendant son introduction, exerçons notre devoir de mémoire et contemplons son héritage pour l’Histoire de la NBA.

  • NBA Rewind #3 : 2001-2004, où comment les Nets sont passés à côté d’un premier titre de champion.

    NBA Rewind #3 : 2001-2004, où comment les Nets sont passés à côté d’un premier titre de champion.

    Chaque semaine Clutch Time vous propose de faire un bond dans le passé afin de revivre et de réécrire un fait marquant de la NBA qui aurait pu changer le cours de son histoire.

    de g.à.d : Kenyon Martin, Todd MacCulloch, Jason Kidd, Keith Van Horn, Kerry Kittles

    Cette semaine, on continue notre série avec un flashback vers le début des années 2000. Alors que les New Jersey Nets n’ont plus participé aux playoffs depuis quatre ans, la franchise new-yorkaise en reconstruction va pour la première fois de son histoire se propulser sur le toit de la Conférence Est, autour d’une génération de joueurs fantastique.

    Les New Jersey Nets de l’ombre…

    Logo des Nets de New York de 1972 à 1978

    Les New Jersey Nets ont vu le jour en ABA en 1967, d’abord sous le nom des New Jersey Americans, puis des New York Nets l’année suivante. En déménageant vers Long Island, la franchise, dirigée par les entraîneurs Lou Carnesecca puis Kevin Loughery et menée par le futur Hall of Famer, Julius Erving, sera sacrée championne ABA en 1974 et 1976. Néanmoins, l’ailier sera vendu aux Sixers lors de la fusion ABA-NBA en 1976 et n’aura finalement jamais porté les couleurs des new-yorkais en NBA. Équipe dominante en ABA, mais asphyxiée financièrement pour ses débuts dans la ligue concurrente, les Nets se voient forcés de vendre leur meilleurs éléments afin d’assurer leur survie dans la ligue professionnelle.

    Julius Erving sous le maillot des Nets période ABA

    Après un différend territorial avec les New York Knicks, les Nets du New Jersey vont vivre désormais plusieurs saisons mouvementées jusqu’à la fin des années 70, participant finalement aux playoffs qu’en 1979, grâce à leur jeune ailier (et futur Knicks), Bernard King. Il faudra attendre l’éviction du coach mythique Kevin Loughery, pour voir les Nets franchir enfin un cap dans les années 80. Sous la houlette de Larry Brown puis Stan Albeck, la franchise se qualifie durant cinq saisons consécutives pour le 1er tour des playoffs, atteignant même les demi-finales en 1984, écrivant ainsi ses premiers exploits autour d’un brillant quatuor Buck Williams, Daryl Dawkins, Michael Ray Richardson et Otis Birdsong. Insuffisant cependant pour effectuer une véritable percée dans la sphère très fermée des équipes en vogue de l’époque en NBA (Boston, Los Angeles, Philadelphie et Detroit).

    Buck Williams

    Les Nets connaissent ensuite une longue période de disette entre 1987 et 1991. La franchise va néanmoins s’illustrer à l’été 1990 lors d’un trade, impliquant trois équipes, qui enverra l’arrière des Blazers, Dražen Petrović, dans le New Jersey. Autour du #3 croate et des intérieurs Derrick Coleman et Sam Bowie, le trio va faire briller durant trois saisons les Nets et ramener la franchise sur la scène des playoffs, éliminés cependant à chaque fois dès le premier tour. La disparition soudaine et tragique du génie croate à l’été 1993 mettra malheureusement un terme à cette éclaircie, plongeant à nouveau les Nets dans l’indifférence sportive et le fond du classement à l’Est.

    Dražen Petrović

    … À la lumière

    Logo de la franchise de 1998 à 2012

    À l’aube du 21ème siècle, les Nets entament alors un profond remaniement. Dans les coulisses, les nouveaux propriétaires de la franchise attirent Rod Thorn, ancien dirigeant de Chicago et architecte de la dynastie des Bulls des années 90, le nommant à la présidence des opérations basket des Nets. Thorn engage à l’été 2000 le jeune entraîneur Byron Scott (39 ans) qui n’est alors qu’assistant-coach de Rick Adelman depuis deux ans aux Sacramento Kings. Le pari est risqué mais confirme la volonté de la franchise de redémarrer sur de nouvelles bases saines.

    Stephon Marbury sous le maillot des Nets de 1998 à 2001

    L’an un du changement dans le New Jersey fut cependant un fiasco pour Scott et sa bande. Stephon Marbury, alors leader de l’attaque des Nets (24pts par match) et le rookie Kenyon Martin ne parvinrent pas à compenser les absences à répétition de Keith Van Horn et Kendall Gill ainsi que la saison blanche de Kerry Kittles.  Avec un bilan de 26 victoires pour 54 défaites, les Nets en attente de leur heure, se retrouvent une nouvelle fois coincés parmi les cancres à l’Est. L’intersaison 2001 sera l’occasion pour la direction des Nets de faire le ménage dans un effectif un brin vieillissant et hors de forme. Thorn balance le 7ème choix des Nets en 2001 aux Rockets et reçoit en échange les trois picks texans, Richard Jefferson, Jason Collins et Brandon Armstrong. Mais le coup de maître intervient quelques semaines plus tard lorsque les Nets monte un échange avec les Suns, envoyant leur meneur star Marbury, Johnny Newman et Soumaila Samake en échange du « Kidd ».

    D’un bilan de 56 défaites à 52 victoires entre 2001 et 2002

    Jason Kidd sous ses nouvelles couleurs

    Entre un playmaker altruiste, capable de trouver des trajectoires de passe millimétrées, 1st. NBA-Team et un meneur scoreur, aussi talentueux qu’individualiste, le choix est vite fait pour les dirigeants. Les effets de ce changement sont immédiats et la saison 2001-2002 des Nets fut incontestablement un chef d’œuvre de réussite encore inégalé. D’un bilan de 56 défaites l’année précédente à 52 victoires en 2002, les Nets font un bond vertigineux de la 12ème place au fauteuil de numéro un de la Conférence Est et un premier titre de Division Atlantique. L’intégration réussie de Jason Kidd, le #5 devient l’homme à tout faire sur un parquet, entouré des deux jeunes ailiers bondissants et athlétiques que sont Martin et Jefferson, ainsi que les retours de Van Horn et Kittles, la cuvée 2002 du New Jersey parvient enfin à mettre en adéquation ses meilleurs atouts pour occuper le devant de la scène.

    Les Playoffs et la comète Lakers

    La qualification en playoffs en 2002 prend un goût de revanche pour Jason Kidd qui n’a jamais été plus loin qu’un second tour en 2000, perdu face aux Spurs. Le meneur californien veut passer un cap en playoffs et tout comme l’équipe pour laquelle il joue désormais, Jason Kidd n’entrevoit rien d’autre qu’une finale de conférence. Lors du premier tour les Nets croise la route d’Indiana (42-40) d’un Reggie Miller inoxydable à près de 36 ans et des jeunes Jason Richardson, Al Harrington et Ron Artest (Metta World Peace). Privé de son lieutenant Jalen Rose, les Pacers de Miller vont tout de même livrer un duel de haut vol face aux Nets, poussant Jason Kidd et ses Jersey Boys au bout de cinq matchs épiques défensivement, se payant même le luxe de gagner le 1er game (89-83) au Continental Airlines Arena. Lors d’un game 5 irrespirable, Reggie Miller (31 points) pousse le match en double overtime après un missile très, très, très longue distance à moins d’une seconde de la fin du temps réglementaire. Égalisant à 96 partout il récidive à 3 secondes de la fin du premier overtime d’un gros dunk dans le trafic mais le sang-froid des Nets permet à New Jersey de sortir victorieux de ce match grâce au trio Kidd-Martin-Van Horn qui cumulera 87 des 120 points de la victoire (120-109).

    https://www.youtube.com/watch?v=QmsS3SlAPrg

    Une bonne chose de faite pour les hommes de Byron Scott. La malédiction du premier tour est levée et l’équipe du New Jersey avance en Caroline du Nord pour y défier les Hornets de Baron Davis. Avec la blessure de Jamal Mashburn, le Baron doit composer offensivement avec les trentenaires David Wesley et Elden Campbell ainsi que le jeune Magloire (pas celui de la télé) qui ne jouera quasiment pas sur la série. Lors du game 4, les Nets renversent avec la manière Charlotte au Coliseum (89-79) et concluent ensuite la série à domicile lors du cinquième match décisif (95-103). Avec un effectif au complet, un banc plus efficace et un Jason Kidd omniprésent (18 pts, 7 rbd, 8 ast), les Hornets amoindris ne pouvaient pas rivaliser très longtemps contre une équipe de New Jersey à qui tout sourit.

    Les Nets retrouvent en finale une autre équipe en pleine résurrection. Les Celtics du jeune Paul Pierce n’ont plus participé aux phases finales depuis six ans, une éternité pour la franchise la plus titrée de l’histoire. Sous la houlette de Jim O’Brien, l’équipe au troisième bilan l’Est vient d’éliminer les Pistons de Carlisle et veulent réitérer l’exploit en finale. Mais les Nets, qui viennent de remplir leur objectif initial, ne sont toujours pas rassasiés et face à la paire Pierce-Walker, le Kidd va faire étalage de toute sa panoplie de meneur de jeu avec un triple double de moyenne (17.5 pts, 11 rbd, 10 ast) sur la série. Après deux premières rencontres indécises, les Nets concèdent la première manche (97-104) face à des Celtics morts de faim. Derrière un Paul Pierce all-time, la franchise aux seize titres va remonter un retard de 21 points dans le 4ème quart-temps du game 3 (90-94) pour prendre l’avantage dans la série. Touchés dans leur orgueil, les Nets n’abdiquent pas et vont prendre le meilleur sur le duo de All-Star de Boston en égalisant au game 4 puis en remportant avec brio les deux dernières rencontres. Avec pas moins de six joueurs en double figure, une défense agressive et une répartition du jeu formidable, les kiddies remportent le titre de champion de Conférence. Une première historique pour Jason Kidd et sa bande qui enfoncent les portes de la NBA à la vitesse de l’éclair.

    Rod Thorn au côté de Jason Kidd et des nouveaux champions de la Conférence Est

    « Nous avons découvert ensemble deux choses : la patience et l’agressivité. Chacun a eu à trouver sa place dans l’équipe. Les Nets avaient la réputation d’être bordéliques et égocentriques. Ce n’est pas ce que j’ai découvert. Dans cette équipe, on s’apprécie mutuellement et on rigole en permanence. On a aussi la chance d’avoir un coach, Byron Scott, qui a gardé son mental de joueur. Il sait comment faire vivre un groupe. »

    Jason Kidd

    Mais cette bonne ambiance générale retombe très vite lors des finales NBA face aux Lakers. C’est la soupe à la grimace pour New Jersey qui n’existe pas sur la série, série durant laquelle les hommes de Byron Scott se font bousiller en quatre manches par le duo le plus dominant de la décennie, Kobe-Shaq (63 points de moyenne à eux deux), qui récite sa partition et ne fait qu’une bouchée des Nets novices (94-99 – 83-106 – 106-103 – 113-107). Fort d’une expérience de deux titres, Los Angeles remporte très (trop) facilement une troisième bague consécutive de champion en sweepant des Nets sûrement trop prévisibles et trop justes pour leur tenir tête. En dépit de leur beau parcours, Kenyon Martin (22 points, 6.5 rebonds) et Jason Kidd (21 points, 7 rebonds, 10 passes) n’ont jamais fait flancher l’équipe californienne sur une autre planète.

    La Saison de la confirmation

    La leçon reçue en finale fut dure à digérer pour les Nets et c’est plus motivé que jamais, que le vice-champion prépare la saison 2002-2003. Le staff identifie rapidement le problème et décide de recomposer sa raquette, jugée trop limitée dans le jeu et totalement à la rue lors des Finales 2002. Pour combler les lacunes dans ce secteur, Rod Thorn transfère le pivot canadien Todd MacCulloch (arrivé il y a un an seulement) et l’ailier fort Keith Van Horn aux Sixers afin de récupérer le vétéran, Dikembe Mutombo. Le pivot congolais, All-Star pour la huitième fois et comptant encore parmi les intérieurs les plus dominants en NBA, sort d’une saison aboutie à presque 35 ans (11.5pts, 11rbd, 2.5blk). Un nouveau pari risqué pris par le board de New Jersey qui veut tout miser sur cette nouvelle saison pour prendre une revanche en allant enfin décrocher un titre.

    New Jersey Nets, cuvée 2002-03

    En dépit d’un bilan légèrement inférieur (49-33), New Jersey confirme les promesses faites durant l’intersaison, devancé d’une courte tête par les Pistons (50-42) sur la grille de départ pour les phases finales. Mais le choix de Mutombo se solde par échec retentissant, le pivot ne participant qu’à 24 matchs de saison régulière et dont l’impact est assez loin des attentes à cause de plusieurs pépins physique. Même privés d’un profil dominant dans leur raquette, les Nets brillent une nouvelle fois par leur altruisme un jeu rythmé sur le terrain et une défense en béton. Les ingrédients sont à nouveau réunis pour l’année de la rédemption.

    Le premier tour face aux Bucks se révèleront être un vrai casse-tête pour New Jersey qui tardera à museler les briscards du Wisconsin. Payton, Kukoc, Thomas et Cassell mènent la vie dure aux Nets durant six rencontres toutes plus accrochées les unes que les autres. Mais les Nets sont en mission et derrière son trio inferno Kidd, Martin, Jefferson, ils s’en sortent sans dommage (4-2) au terme d’une série qui sonne comme un avertissement pour Byron Scott.

    Séance de retrouvailles au 2nd tour face à une vieille connaissance, les Boston Celtics, qui viennent de sortir le vieux copain Reggie Miller et les Pacers au 1er round. L’ailier Celtic, Paul Pierce, a laissé une sacrée empreinte sur la finale de Conférence 2002 et nul doute que Boston comptera sur son leader pour réécrire un scénario au dénouement favorable. Que dalle ! Pierce, abandonné par Walker (14 points), se démène en vain et Boston se fait gifler (4-0) par des Nets intraitables à domicile et surtout au TD Garden, envoyant le #34 et ses C’s en vacances un peu plus tôt que prévu. Sur cette série, Kidd cartonne à 19 points, 9 rebonds et 9 passes et Kenyon (20 points) & Jefferson (18 points) se gavent sur les caviars du meneur all-star.

    Prochaine étape et pas des moindres, les Pistons de Rick Carlisle et leur bilan de cinquante victoires en régulière. La finale initialement prévue l’an passé aura bien lieu entre les deux meilleures défenses de la ligue (90.1 pts concédés par les Nets et 87.7 pts concédés par les Pistons). Detroit en reconstruction depuis un an s’impose comme une équipe redoutable à l’Est et difficile à manœuvrer. Un duel qui devrait vraisemblablement se régler sur des phases de jeu interminables, des défenses imperméables et des scores étriqués. Oui les scores étriqués furent au rendez-vous, oui les défenses ont fait un gros taff, mais au bout du compte, New Jersey fut intouchable durant ces finales, plein de maîtrise et de sang-froid du game 1 (76-74) jusqu’au moment de conclure à l’extérieur. Jason Kidd (24 points, 10 rebonds et 7 passes) fit un récital durant cette série endossant brillement son rôle de franchise player pour offrir une seconde chance aux Nets en finales.

    Au menu des finales, pas de Lakers mais les Spurs de San Antonio et du magicien Popovich. Une affiche copieuse encore à tous les niveaux. D’un côté, les finalistes en titre, meilleure défense de la saison et de l’autre une équipe texane expérimentée, championne 1999 et qui vient d’éliminer les redoutables Lakers de Kobe et Shaq, mettant fin à une invincibilité à laquelle les Nets n’ont pu remédier l’an passée. Une opposition de style à la fois sur le terrain et sur le banc pour des matchs indécis, des défenses prennent le dessus sur les attaques et des scores très serrés. Les Nets remportent un game 2 (87-85) grâce à un Jason Kidd monstrueux (30 points) qui inscrira plein de sang-froid les derniers points de son équipe sur lancers-francs pour égaliser dans le Texas. De retour au bercail, New Jersey concède néanmoins le match 3 (84-79) mais conserve ses chances lors d’un quatrième match suffoquant (76-77) durant lequel Kidd (maladroit), Jefferson et Martin contienne les assauts des Spurs emmenés par un Duncan déchaîné sur ces finales (24 points, 17 rebonds, 7 passes et 5 contres). Tellement déchaîné que sur les deux rencontres suivantes (93-83 et 88-77) les Spurs et le MVP de la saison régulière, qui va froler le quadruple double dans le match 6 (21pts, 20rbd, 10ast, 8blk) vont écœurer des Nets dominés pour la seconde fois en finale au grand dam de Jason Kidd qui échoue une nouvelle fois à décrocher une bague sous le maillot des Nets.

    Une équipe mémorable passée aux oubliettes

    Que de changement à venir pour les Nets. Après deux échecs consécutifs en finale, New Jersey ne se décourage pas et tente un nouveau pari lors de l’intersaison 2003. Par ici la sortie pour Mutombo, et bienvenue à Alonzo Mourning, 32 ans, qui revient d’une saison noircit par une infection rénale. Le jeune Kyle Korver (51ème de la Draft 2003) sera quant à lui vendu aux Sixers, afin d’acquérir…une photocopieuse ? Les ambitions intactes ne seront pas suivies des faits, les Nets terminant avec un bilan de 47 victoires mais seront éliminés au second tour par des Pistons revanchards qui remporteront le titre quelques semaines plus tard. Tout un symbole. Mourning (9 points, 5 rebonds) ne jouant qu’une vingtaine de matchs sera cédé l’année suivante au Heat.

    Les gros mouvements vont s’opérer dès le début de l’année 2004. Byron Scott, alors grand architecte des succès des Nets est viré dès le mois de janvier, remplacé par son adjoint Lawrence Frank. En coulisses il se dit que Jason Kidd, qui sort d’une prolongation de contrat longuement négociée, est en conflit avec son coach et aurait pousser les dirigeants à se séparer du technicien dont il ne veut plus. Lors de l’intersaison 2004, c’est ni plus ni moins que Kenyon Martin, Kerry Kittles, Lucious Harris, puis Aaron Williams lors de la trade deadline, qui seront remerciés afin de faire de la place pour attirer l’ailier Vince Carter. Un grand ménage dans le roster historique des Nets laissant place progressivement à une association Kidd-Carter-Jefferson qui semble maintenir les Nets dans une bonne dynamique en saison régulière.

    Mais la réalité fut que les Nets ne parvinrent plus à passer le second tour des phases finales à l’Est, barrés successivement par la nouvelle génération dorée du Heat de Dwyane Wade (2005 – 2006) et des Cavaliers de Lebron James (2007). Progressivement l’équipe de Lawrence Frank voit ses bilans de saison régulière fondre comme neige au soleil et les Nets finiront par vendre leur meneur Jason Kidd aux Mavericks en 2008 remisant une fois encore la franchise dans les profondeurs de la Conférence Est.

    Les Nets du début des années 2000 resteront néanmoins une équipe exceptionnelle pleine d’audace, à la fois dans son casting, et dans le jeu. Appliquant brillamment les systèmes de la « Princeton Offense », Byron Scott et Jason Kidd sont parvenus à mener les Nets sur le toit de la Conférence Est en créant une identité et un style de jeu qui aujourd’hui encore fonctionne et soulève toujours les foules. Cette cuvée restera cependant assez sous-estimée en comparaison avec les Lakers du début des années 2000 (trois bagues consécutives) et les Spurs puis les Pistons, également titrés sur cette période. Les Nets furent à la fois si proche et si loin d’inscrire leur nom au palmarès de la NBA qu’on se demande encore aujourd’hui quelles traces cette équipe laissera-t-elle dans l’histoire tant elle reste encore inclassable au même titre que d’autres équipes qui connurent les mêmes saisons ponctuées d’échec en bout de course.

    Du New Jersey à Brooklyn

    Les Nets rentrent progressivement dans le rang et entame une phase de grand nettoyage, retombant dans un sommeil profond durant la fin de la décennie. Ce n’est qu’en 2012, alors que les dirigeants, Mikhail Prokorov en tête, discutent depuis plusieurs mois d’un nouveau déménagement, que la franchise connaît un nouveau réveil. Les Nets de New Jersey, fidèles à leur réputation de globe-trotter, déménage à nouveau vers New-York dans le quartier de Brooklyn à quelques encablures du Madison Square Garden et sur les plates-bandes de la franchise new-yorkaise historique de la ville. Après le projet avorté de nouvelle salle dans le Newark, les Nets s’installe au sein d’un tout nouvel écrin de 18 000 places, le Barclays Center, marquant un nouveau départ pour la franchise qui souhaite redorer son blason. Malgré les efforts faits pour attirer plusieurs têtes d’affiche (D. Williams, J. Johnson, K. Garnett, P. Pierce) la nouvelle formule des Nets n’est guère convaincante avec un second tour perdu en 2014 face au Heat, deux éliminations au 1er tour en 2013 et 2015 suivies de trois années de grosse galère (69 victoires seulement). Le décès tragique du propriétaire historique des Nets Lewis Katz en 2014 fut également une perte symbolique pour la franchise en convalescence.

    La saison 2018-2019 des noirs et blancs s’achève néanmoins avec une qualification surprenante mais pleine d’espoir au 1er tour des playoffs et un projet qui renaît progressivement de ses cendres. La Hype pour les Nets est enfin de retour et s’est matérialisée lors de l’intersaison 2019, en signant lors de la Free-Agency les deux All-Stars, Kyrie Irving et Kevin Durant. Brooklyn vient d’opérer un move historique pour bâtir les prochaines saisons et transformer une franchise moribonde depuis plus d’une décennie, en réel contender à l’Est. Les échecs, comme les succès, depuis les débuts de la franchise en NBA devront servir de curseur et de leçons à retenir pour ne pas planter un projet aussi ambitieux.

    Kyrie Irving et Kevin Durant sous les couleurs des Brooklyn Nets
  • Drazen Petrovic, artiste croate, XXe siècle

    Drazen Petrovic, artiste croate, XXe siècle

    Naissance d’une légende

    Drazen Petrovic voit le jour en 1964 dans une petite ville de Croatie. C’est dans les rues de cette ville qu’il débute le basketball, en suivant les pas de son frère Aleksandar, 5 ans plus âgé et future joueur pro. A 11 ans il rejoint le club local de Sibenik et il est immédiatement surclassé avec des joueurs ayant 3 ans de plus que lui. Equipe qui participe déjà au championnat régional contre des adultes…imaginez l’écart sur le terrain !

    En 1979 Sibenik est promu en première division, et Drazen a déjà tapé dans l’oeil du nouvel entraineur. Il n’a que 15 ans mais on l’intègre en équipe première, pas vraiment pour le faire jouer, mais plutôt pour le faire progresser. Il impressionne le coach Slavnic à l’entrainement, bien que celui-ci soit champion olympique, au poste de meneur avec la Yougoslavie. Drazen ne fait que quelques apparitions sur le terrain, mais le diamant Petrovic est bel et bien repéré…

    La saison suivante, Drazen a 16 ans, du temps de jeu en tant que meneur ou arrière, et des statistiques encore discrètes. Peu importe, il travaille dur, ses progrès se voient, et la confiance du staff est là. A tel point que lors de la saison 1981/1982, un nouvel entraineur arrive mais Petrovic a toujours la confiance, et même encore plus. Le coach choisit de lui confier la mène, le jugeant plus efficace balle en main qu’au poste d’arrière à attendre qu’on le serve. Il n’a que 17 ans et tourne à 16 points de moyenne en championnat! En coupe Korac, Sibenik s’illustre également et le continent découvre Petro. Drivée par Drazen, le petit club de sa ville natale sort la grande équipe de l’Etoile Rouge de Belgrade en demi, et rencontre le CSP Limoges en finale. Bien que collé par Richard Dacoury, Petrovic finit le match avec 19 points et 10 passes, mais ça ne suffira pas à l’emporter.

    Nouvelle saison, nouveau coach, nouvelle ambiance. Impossible de nier le talent, mais Durovic pense que Petrovic a des lacunes physiques. En même temps à 18 ans, il a encore de quoi se développer, et c’est ce qu’il fera, avec un travail assidu comme à son habitude. Il garde la confiance à la mène et finit deuxième scoreur du championnat avec 25,6 points et porte l’équipe jusqu’en finale des playoffs. La finale est perdue sur forfait suite à une annulation de la victoire de Sibenik par la fédération. Le match final doit être rejoué mais Sibenik refuse, synonyme de défaite pour le club. En coupe Korac, nouvelle finale Sibenik-Limoges en 1983 et seconde victoire du CSP.

    Après avoir passé l’été 1983 à l’Euro avec la sélection yougoslave pour sa première compétition internationale, c’est le moment du service militaire obligatoire. Petrovic est autorisé à continuer à s’entrainer, notamment une partie de la saison avec le Partizan Belgrade. C’est à cette période que toutes les portes s’ouvrent à lui: le Partizan, l’Etoile Rouge, le Cibona Zagreb où joue son frère…tous le veulent ! Même aux Etats-Unis on lui propose du haut de ses 19 ans d’intégrer la fac de Notre-Dame où le coach a déjà repéré le potentiel du jeune croate.

    A l’aube de la saison 1984-1985, Petrovic choisit le Cibona Zagreb pour 4 ans et 1200 dollars par mois et quelques avantages. Pas mal tout de même à 20 ans dans les années 80. Dès sa première saison il s’impose comme meneur titulaire du grand Cibona, en concurrence avec le grand frère tant copié par le passé. Une saison régulière à 32 points par match, et place aux playoffs. Le Cibona élimine le Partizan en demi avec 51 points de Petro, puis l’Etoile Rouge de Belgrade en finale, pour un doublé coupe-championnat. Sur la scène européenne, le Cibona participe à l’actuelle euroligue et atteint la finale contre le Real de Madrid. Drazen marque ce soir là 36 points, et Zagreb sort vainqueur de cette rencontre, cette fois le titre européen n’échappe pas à Petrovic! Présent avec la sélection yougoslave à l’Euro 85, Drazen finit meilleur marqueur de la compétition.

    Place à la saison 1985-86, où Drazen Petrovic éclabousse la Yougoslavie, l’Europe, le monde même, de son talent. Le 5 octobre 1985 se déroule un simple match de début de saison qui marquera pourtant l’histoire. Drazen approche de ses 21 ans quand le Cibona Zagreb affronte l’Olimpija Ljubjana qui aligne des jeunes suite à un problème administratif. Ce soir là Petrovic est à 22 sur 22 aux lancers francs, 10 sur 20 à 3 points, 30 sur 40 à 2 points….faites le calcul… 112 points marqués ! Le talent, l’audace, et aucune pitié envers ses jeunes adversaires, toute la panoplie est déroulée ce soir là! La salle n’est pas pleine, les spectateurs présents ce soir là doivent encore le raconter à leurs enfants!

    D’un point de vue collectif, nouvelle victoire européenne en finale contre le Zalgiris Kaunas d’Arvydas Sabonis après avoir aligné les matchs à plus de 40 points tout au long de la compétition. En Yougoslavie la finale se joue contre Zadar, et le Cibona perd en trois matchs, d’un point après prolongation lors de la dernière manche. Sur le plan international, la Yougoslavie est de retour avec une médaille de bronze aux championnats du monde, portée par un Petrovic MVP du tournoi et par le jeune Vlade Divac.

    Vers un exil du Roi

    Drazen Petrovic est drafté en 1986 par les Portland TrailBlazers, choix n° 60. Dans un contexte très réglementé, il obtient de la fédération Yougoslave l’autorisation de signer à l’étranger après les JO de Séoul 88, et donc de rester encore deux saisons au Cibona.

    Lors de la saison 86/87 Petrovic prend un agent espagnol, et cherche des contacts en Espagne, notamment vers le Real ou le Barça. Il plante 47 points face à Barcelone, et en profite pour s’y montrer. Mais ayant des doutes sur son comportement, Barcelone ne propose rien à Petro, contrairement au Real qui offre un contrat solide au jeune croate. Le deal se fait, et le meneur signe un contrat qui doit prendre effet deux ans plus tard!

    Retour au championnant ou émergent maintenant les talents de Divac et Kukoc entre autres. Saison parfaite pour le Cibona qui reste invaincu en saison régulière, grâce notamment aux 37 points de moyenne de son leader offensif! Malgré cela, l’équipe s’arrête en demi finales. Mais elle se rattrape sur le terrain européen, remportant la coupe des coupes.

    La saison suivante est du même acabit. Un Petro à 37 points de moyenne, et une défaite en demi-finales, mais une coupe de Yougoslavie gagnée. En Europe le Cibona joue cette fois la coupe Korac et rencontre le Real de Madrid en finale. Pas de pitié pour son futur employeur, victoire en deux manches avec 47 points de Petrovic au match retour.

    En quatre saisons à Zagreb, Drazen aura marqué près de 38 points par match en Yougoslavie, et presque 34 en Europe! Mais le temps est venu de passer aux choses sérieuses et de montrer que sa réussite ne se limite pas à sa Croatie natale, mais qu’au contraire rien ne peut l’arrêter.

    En 1988 Drazen Petrovic débarque à Madrid en star: contrat grassement payé, voiture, appartement, sponsors et club déroulent le tapis rouge au prodige croate. Tout cela après les JO de Séoul, où il mène la Yougoslavie en finale pour une défaite contre l’URSS.

    En championnat, Petrovic tourne à 28 points par match et mène le Real en finale contre Barcelone. Lors du cinquième match décisif, l’arbitre expulse les joueurs du Real les uns après les autres, à tel point qu’ils finiront la partie à 4 ! Barcelone s’impose dans ce match tendu à l’arbitrage controversé. En Europe le Real dispute la coupe des coupes et arrive aussi en finale, avec un match d’anthologie de Petrovic face à Caserte et son emblématique brésilien, Oscar Schmidt. Victoire en prolongation du Real avec 62 points de Drazen contre 44 du scoreur brésilien.

    A l’euro 1989 qui se joue en Yougoslavie, Petro mène les Divac, Kukoc et autres vers la victoire finale. Avec de grosses performances dont 28 points et 12 passes en finale, Petrovic est logiquement élu MVP du tournoi, à domicile.

    Du côté du Real on reproche beaucoup à Pétrovic son individualisme, l’ambiance dans l’équipe n’est pas géniale mais lui a déjà la tête ailleurs. Certains observateurs, dès le début de saison, sentaient chez Petrovic un manque de volonté de s’intégrer au groupe, comme s’il n’était que de passage. Et effectivement, bien qu’ayant signé un contrat de quatre ans Drazen Petrovic s’envole dès la fin de saison, direction la NBA et les Blazers de Portland.

    Drazen Petrovic à Portland

    En 1986 Portland a drafté les deux plus grands joueurs européens du moment, à savoir Drazen Petrovic et Arvydas Sabonis. Darazen est le premier des deux à rejoindre le club de l’Oregon en 1989. Encore sous contrat au Real, l’arrivée de Petrovic à Portland n’était pas gagnée. Le litige finira au tribunal et Petrovic est finalement autorisé à franchir l’Atlantique, moyennant un paiement de plus d’un million de dollars au Real ainsi qu’une priorité à Madrid en cas de retour du joueur en Europe.

    A Portland, Clyde Drexler et Terry Porter sont bien en place et le coach confie à Drazen un rôle d’arrière shooteur, pas encore titulaire et plus du tout en terrain conquis, il n’a pas son mot à dire. Il grapille du temps de jeu au fur et à mesure de la saison et profite d’une absence de Drexler pour faire une petite pointe à 22 points par exemple. Il finit la saison à 7,6 points de moyenne, très loin de ses habitudes au scoring mais tout de même correct tenant compte de ses 12 minutes jouées par match. Premier joueur européen à participer à des finales NBA, il ne se fait pas remarquer face à la défense des Bad Boys de Detroit et les Pistons remportent le titre.

    Retour en équipe nationale pour le mondial 1990 en Argentine. En demi-finale il marque 31 points en 31 minutes dans la victoire face aux américains, petite revanche sur la saison. La Yougoslavie remporte la finale contre l’URSS qui joue sans ses lituaniens dont le pays s’est déclaré indépendant. D’ailleurs les tensions entre croates et serbes se sentent aussi côté yougoslave, notamment quand Divac jette un drapeau croate brandi par un supporter. Petrovic prendra d’ailleurs la décision de ne pas partciper à l’euro 91, et la brouille avec Vlade Divac sera définitive.

    Après cet échec en finale, les Blazers se renforcent, avec notamment l’arrivée de Danny Ainge, qui fait reculer Petrovic un peu plus vers le bout du banc. Toujours mis en doute sur ses qualités défensives, Drazen n’est pas non plus un bon complément à Ainge, lui aussi moins à l’aise en défense. Et Petro bouillone, lui qu’on a surnommé Mozart ramasse les miettes en NBA. Il le fait savoir au club, qui ne veut rien entendre. Lors d’une large victoire contre les Nuggets, Petrovic ne joue que les dernières minutes du match, comme un jeune qu’on ferait jouer une fois le match déjà en poche. C’en est trop pour lui, il craque devant un journaliste. Il déclare qu’il veut être échangé, qu’on ne lui laisse pas assez sa chance à Portland (7 minutes cette saison!). Sa décision est prise, soit il est échangé, soit il retourne en Yougoslavie! Bien évidemment ça ne plait pas à la franchise, qui le sanctionne. De son côté Petro ne met pas sa menace à éxecution et ronge son frein sur le banc jusqu’en janvier.

    Janvier 1991, un fauve remis en liberté

    En janvier 1991, dans un échange à 3 comme savent le faire les franchises NBA, Petrovic prend la direction des New Jersey Nets. Sous la direction du coach Fitch, Drazen qui est en manque de rythme travaille dur. La situation tendue en Yougoslavie le préoccupe aussi, mais au moins aux Nets il se sent soutenu, hors du terrain comme sur le parquet où on le fait jouer une vingtaine de minutes par match, avec un record à 27 points réussi peu de temps après son arrivée, et 12 points de moyenne sur ses matchs aux Nets.

    En fin de saison, toujours encouragé par les Nets, il passe une grande partie de l’été à travailler son physique pour gagner en vitesse et en explosivité, ce qui lui manque à ce moment là en NBA.

    Le début de saison 91/92 est plutôt mauvais pour les Nets, mais suite au départ du meneur titulaire, voilà Drazen Petrovic dans le 5 majeur! Et ça durera toute la saison, 82 matchs dans le cinq! On ne parle plus des 7 minutes par match des Blazers, ici Mozart reprend le rythme. Meilleur défensivement, de retour aux affaires offensivement (20,6 points), il se permet de montrer ses talents de trash-talker sur les parquets NBA. Effet Petrovic ou pas, en tous cas les moribonds Nets se retrouvent en phase finale!

    Contre les Cavs au premier tour, Steve Kerr prend Petrovic en charge, mais celui-ci finira le premier match avec 40 points. Auteur d’une bonne série d’un point de vue personnel, Drazen ne peut empêcher Cleveland de passer en 4 matchs. Cette saison est une renaissance, une revanche même, la NBA le prend enfin au sérieux!

    Le retour de la confiance

    Après ce renouveau en NBA, c’est un renouveau également international avec la paricipation aux JO de Barcelone sous les couleurs de la Croatie. Premier capitaine de la sélection nouvellement créée. Vainqueurs de tous leurs matchs au premier tour, sauf contre la Dream Team où Petrovic marque tout de même 19 points. La finale se joue de nouveau entre les croates et les stars US. Sept points de retard à la mi-temps, mais 32 d’écart au final, ça reste la plus petite victoire américaine de ces JO, avec 24 points du leader croate.

    Chuck Daly qui sort des JO avec la dream team prend en charge les Nets. Les Nets gagnent, Petrovic confirme son talent mais , bluff ou pas, il annonce avoir des offres de clubs européens pour les rejoindre à l’issue de sa dernière année de contrat.

    Joueur de la semaine dans le courant du mois de novembre, il enchaine les performance jusqu’à un record de 44 points lors d’un match de janvier dont 25 dans le dernier quart! Petrovic pourrait être le premier européen au All-Star game…mais non, il n’y est pas et en est très déçu. Aucun joueur des Nets n’y sera d’ailleurs, malgré leurs bons résultats.

    Une blessure au genou lui fait manquer 12 matchs, et les Nets sentent passer son absence. Revenu rapidement mais jamais à son meilleur niveau physiquement, Petrovic finit tout de même à 22,3 points de moyenne sur la saison et dans la All NBA 3rd team. Fatigué, il joue tant bien que mal le premier tour des playoffs, mais le Nets sont une nouvelle fois sortis par Cleveland. Une nouvelle fois Drazen annonce qu’il va retourner en Europe, le manque de reconnaissance, les négociations pour renouveler son contrat pèsent dans sa décision, sachant que de l’autre côté de l’Atlantique on lui déroule le tapis rouge.

    En fin de saison Petrovic bien qu’amoindri physiquement rejoint la sélection croate. Impossible pour lui de se reposer, tant cette sélection représente beaucoup pour lui. En juin 1993 il participe au tournoi de qualification pour l’Euro, avec une défaite en finale contre la Slovénie malgré ses 30 points marqués.

    A la fin de ce tournoi, la sélection croate s’envole pour Zagreb avec escale à Francfort. Petrovic, qui s’est disputé avec Dino Radja lors du dernier match, décide de rester à Francfort. Pendant que sa compagne conduit vers Munich, Drazen se repose, sans ceinture de sécurité. En fin de journée, par temps d’orage, un camion perd le contrôle et la voiture où se trouve Petrovic le prend de plein fouet. A 28 ans, Drazen Petrovic perd la vie sur une autoroute allemande…

    Il est enterré le 11 juin à Zagreb. Les hommages pleuvent, les autorités croates, les instances de la NBA David Stern en tête, le monde du basket dans son ensemble, Michael Jordan lui même, tous sont sous le choc. Demandez à Goran Dragic si plus de 20 ans après l’émotion a disparu…

    Dès le mois de novembre, les Nets retirent son maillot. En 1995 une stèle est érigée à son honneur au musée olympique de Lausanne. Intronisé au Hall of Fame NBA puis FIBA, un musée lui est consacré à Zagreb.

    La statue en l’honneur de la légende Petrovic
    Qui est cet enfant qui admire le shoot de Drazen??
  • Micheal Ray Richardson, joueur de luxe et de luxure

    Micheal Ray Richardson, joueur de luxe et de luxure

    Micheal Ray Richardson, et non pas Michael, un joueur d’exception, drafté devant Larry Bird, rivalisant avec Magic Johnson et qui finit à Golfe Juan en N2… Une descente aux enfers? Pas vraiment !

    Un prince à New York

    Micheal Ray Richardson vient au monde en 1955 au Texas, mais grandit et découvre le basket à Denver. D’abord formé comme intérieur au lycée, ses statistiques ont évolué au fur et à mesure que ses coachs l’ont éloigné du panier pour finir par en faire un meneur arrière de haut niveau.

    Micheal passe par l’université du Montana où il mettra un certain temps à s’adapter. Sa discrétion, son bégaiement, le changement de région, et le fait d’être le seul joueur noir sur le terrain dans cette Amérique profonde, tout ça ne joue pas en faveur de son intégration. Celui qu’on va bientôt surnommer Sugar doit prouver sur le terrain ! Et il finira par le faire, notamment après un été passé à Denver où il réussit à s’entraîner avec les pros des Denver Rockets (ABA).

    Et ce passage lui est bénéfique ! De retour dans le Montana ses chiffres ne sont plus les mêmes. Lui qui avait finit la saison précedente à 7,5 points pointe désormais à 18,2 points et 6 rebonds.

    Après ça, le staff des Knicks fait de Sugar Ray le n° 4 de l draft 1978. Celui en qui certains voient le futur Walt Frazier est tout de même choisi avant Larry Bird! Ce n’est pas la draft du siècle, mais on note tout de même en n° 1 la présence de Mychal Thompson, très bon joueur bien que jamais All Star et papa de Klay Thompson.

    MRR en action

    Lors de sa saison Rookie MRR reste discret, bien que déjà adepte du trash talking. Intégrant l’équipe de Bob McAdoo, il tourne à 6,5 points et 3 passes en jouant 17 minutes par match.

    Il débute sa 2ème saison sur le banc, mais finira par jouer 37 minutes par match. La légende dit qu’après une colère du coach à l’entraînement à propos d’un manque de leader sur le terrain, Micheal s’est tout simplement proposé et a su prouver qu’il avait les épaules pour ce rôle! Augmentant largement ses stats, il termine à 15,3 points pour 10,1 passes décisives, 3,2 interceptions et 6,6 rebonds. Troisième joueur à obtenir à la fois le titre de meilleur passeur et meilleur intercepteur de la ligue, il gagne là sa place au All Star Game, et aussi dans la All Defensive First Team.

    A cette période on le compare au rookie Magic Johnson, mais avec la défense en plus. Il faut dire que MRR est dans sa meilleure période, il joue et enchaine les performances. All Star pour la deuxième fois en 1981, il finit la saison avec 16,4 points, 8 passes, 7 rebonds et 3 interceptions par match et une nouvelle fois All Defensive.

    Saison 1981/82, Micheal continue sur sa lancée, 18 points, 7 passes, 7 rebonds, 2,6 interceptions et encore All Star! Troisième saison d’affilée où il ravit le Madison Square Garden avec son jeu complet mais ça ne suffit pas et les Knicks, et New York n’atteint même pas les playoffs.

    De NYC, Sugar Ray ne connait pas que le Madison Square Garden. Les bas fonds de Big Apple deviennent de plus en plus son 2ème terrain de jeu, écumant soirées branchées et endroits mal fréquentés, la poudre qu’il y croise, ce n’est hélas pas que du « Sugar ».

    Chute et renaissance en NBA…jusqu’à la sentence

    Alors que l’avenir lui appartient sur le parquet des Knicks, le staff et surtout le nouveau coach Hubbie Brown poussent Micheal vers la sortie, engageant à sa place Bernard King, Richardson faisant le chemin inverse vers Golden State.

    Le problème, c’est que sa réputation le précède: drogue, sorties, vie de luxe, tout le monde ne voit pas son arrivée d’un bon oeil. On l’observe à la loupe, on lui colle même un détective sur le dos et son contrat comporte des clauses liées à son addiction!

    Son séjour aux Warriors sera de courte durée, 33 matchs puis retour à l’Est pour finir la saison avec 31 matches aux New Jersey Nets. Moins efficace au scoring et aux rebonds, il tourne à près de 7 passes et finit 1er de la ligue aux interceptions avec 2,8 par matchs.

    Aux Nets, il trouve en Larry Brown un coach qui prend soin de lui et croit en sa capacité à rebondir. Il n’hésite pas à l’envoyer en cure de désintox, MRR accepte et ,en apparence du moins, montre sa volonté de s’en sortir. Oui mais voilà que Larry Brown s’en va! Et très rapidement en plus, quasiment du jour au lendemain, déclenchant un clash avec le club.

    Sugar Ray a perdu ses repères et en 1983/84 ses stats plongent à tous les niveaux. Il fait des allers retours en cure, y va volontiers mais part avant la fin du séjour et retourne à ses vices… Il joue avec le feu, et ça commence à brûler. Les Nets le suspendent et Micheal rate 34 matchs cette saison.

    De retour à temps pour les playoffs, il rappelle au staff et au public qu’il est toujours vivant! Notamment lors du game 5 contre les Sixers où il aligne 24 points et 6 interceptions pour permettre à son équipe de sortir les champions en titre.

    La saison 84/85 est celle du retour en grâce pour Richardson. Il joue tous les matchs de saison régulière dans le 5 de départ, 38 minutes par match. Et la confiance est là: 20,1 points de moyenne, 8,2 passes et 5,6 rebonds, sans oublier 3 interceptions par match, n°1 de la NBA! Ce come back est ponctué de la plus belle des manières, par une sélection au All Star Game 1985 (le 1er ASG de Michael Jordan)

    En pleine résurrection, après sa meilleure saison, Richardson voit son avenir se boucher. Malgré un bon début de saison, tournant autour de ses moyennes habituelles, avec notamment un match exceptionnel le 30 octobre 85 contre les Pacers (38 points, 11 rebonds, 11 passes, 9 interceptions, à une unité du quadruple double!), cette saison est la dernière pour Sugar Ray.

    Toujours addict à la cocaïne, Micheal subit un troisième contrôle positif! Les médias considèrent la coke comme monnaie courante en NBA (la draft 86 en sera un bon exemple), un article de l’époque estime que 75% des joueurs en aurait déjà pris.

    Et cette réputation ne plait pas au commissioner David Stern! Il décide de faire de Richardson l’ exemple d’une nouvelle politique de la NBA, et Sugar Ray se voit exclu de la ligue, à vie ! On est en février 1986 et c’est la première fois que la NBA prononce une telle sentence !

    On sait bien que ce qui lui est reproché est réel, mais Micheal crie tout de même au scandale, laissant entendre que la NBA a prononcé son jugement sur fond de racisme, en référence au cas Chris Mullin, dont l’addiction à l’alcool est bien connue mais aussi tolérée. Cette histoire sera racontée par Chris Rock dans un documentaire en 2000 « What Ever Happened To Micheal Ray ».

    Mais rien n’y fait, c’est la fin de la carrière NBA et Micheal Ray Richardson. Après 556 matchs (près de 15 points, 7 passes, 5,5 rebonds et 2,6 interceptions), 4 All Star Games et plusieurs récompenses individuelles, et à même pas 30 ans. Brutal ! Aussi brutal que le décès quelques mois plus tard de Len Bias après une overdose de cocaïne et avant son premier match NBA.

    Partir loin, tout recommencer…

    On passe ses expériences en CBA et USBL entre 86 et 88, aux US c’est NBA ou anonymat ! En 1988 Micheal Ray Richardson débute, à 33 ans, sa seconde vie en franchissant l’Atlantique. Cette décision sera la bonne, Sugar Ray ne vient pas pour rien puisqu’il restera 14 saisons en Europe!

    Richardson et Gianluiggi Porelli, président du Virtus Bologne

    Micheal démarre son road trip européen par l’ Italie, débarquant au Virtus Bologne en 1988. Dans ce championnat où l’argent est très présent à l’époque, il croisera son ancien coéquipier Bob McAdoo et un peu plus tard Darryl Dawkins.

    A cette même époque, la NBA lui offre une seconde chance, sous conditions biensûr. Les Sixers se montrent intéressés, mais faute d’accord (ou d’envie?), le public américain ne reverra plus Sugar Ray sur ses parquets.

    Et après tout la vie en Italie lui va bien! En 3 saisons à Bologne il ramène deux coupes d’Italie, et même une coupe des coupes en 1990 gagnée contre le Real Madrid. Cette année là, il a aussi rappelé à tout le monde qui il était: au All Star Game italien, du haut de ses 35 ans il plante 50 points.

    En 1991, il signe en Croatie, à Split. Un bon choix en soi, mais le timing est plutôt mauvais. Le club triple vainqueur de l’Euroligue a vu partir sa star Toni Kukoc vers… l’Italie et la situation politique du pays est au plus mal.

    Au passage, il n’en a pas tout à fait finit avec ses démons. Il est contrôlé deux fois positif à la cocaïne en 1991. Il conteste les deux, et ne sera pas inquiété plus que cela.

    Après une saison, il revient en Italie cette fois à Livourne où il restera 2 saisons. Lui qui n’a toujours pas gagné de championnat voit les titres 1993 et 1994 partir à… Bologne !

    En 1994, Micheal qui approche des 40 ans songe à la retraite. C’est sans compter sur l’attrait d’une fin de carrière sur la Côte d’Azur! Et voilà qu’arrive la superstar NBA sur les parquets de Pro A, à Antibes plus exactement!

    A cette période Antibes fait partie de l’élite du basket français. Champions 1991, finalistes 1994, MRR arrive dans une équipe solide où il jouera aux côtés de Laurent Foirest, Stéphane Ostrowski et sous les ordres de Jacques Monclar. Et Micheal s’y sent bien, l’entente avec le jeune coach est parfaite et il trouve en David Rivers un compère idéal sur le terrain. Sa ligne de stats est aussi pas mal avec 15,7 points, 4,9 rebonds et 3,7 passes sans oublier les 2,4 interceptions traditionnels.

    Dès sa première saison, il mène l’Olympique Antibes en finale du championnat. Leaders de la saison régulière, les antibois arrivent en finale contre Pau Orthez. Ils mènent 2 à 1, Richardson sort un match catastrophique au shoot (2 sur 17) et Pau s’apprête à égaliser à 2 partout. Quelques secondes à jouer, et Micheal sort de sa boîte un buzzer beater énorme qui donne le titre à son équipe! La légende est toujours en cours…

    Les paniers de la finale 1995 du championnat de France

    Après une demi finale en 1996, les résultats du club baissent. Alors qu’il tourne encore en 96/97 à 17 points de moyenne (à 42 ans!) Richardson ne veut toujours pas s’arrêter.

    Il démarre la saison suivante en Italie, puis la finit à Cholet où il gagne la coupe de France. Puis il repart faire 2 saisons en Italie où il obtient par la même occasion la nationalité italienne.

    Lors de la saison 2000-2001, Antibes est en difficulté et appelle MRR à la rescousse! Alors âgé de 46, il a la classe de revenir jouer 5 matchs pour aider son ancien club, se permettant 10 points et 6 rebonds par match à son âge! Bien dans la région, il joue encore quelques match en N2 à Golfe juan la saison suivante, puis c’est la retraite officielle.

    A partir de 2004 on retrouve Micheal sur les bords du terrain en tant que coach en CBA puis au Canada. Il y passe une dizaine d’années, gagnant quelques titres de champion et une bonne polémique, histoire de montrer aux américains qu’il est toujours présent!

    Micheal Ray Richardson, un joueur exceptionnel peut-être trop fragile ou trop instable, qui a marqué la NBA puis l’Europe tout en jouant avec le feu. Quel légende serait-il devenu sans la cocaïne? En tous cas nous savons bien ce que nous aurions nous manqué si la cocaïne l’avait emporté dans sa jeunesse.

    Highlights

  • Devin Harris: La saison folle

    Devin Harris: La saison folle

    Après un cursus universitaire à Winsconsin, Devin Harris débarque en NBA lors de la draft 2004. Il est selectionné à la 5ème place par les Washington Wizards.

    Quelques jours avant la draft, le 5ème choix se retrouve dans un échange avec les Mavericks. Quelques complications apparaissent mais Devin Harris sera bien envoyé à Dallas immédiatement après qu’il soit sélectionné par Washington

    Présentation du joueur:

    Devin Harris est un guard mesurant 1m91. Devin est un vrai scoreur mais qui sait magnifiquement distribuer le jeu. Son impact au scoring lui permet d’évoluer au poste d’arrière malgré sa petite taille pour ce poste.

    Début en NBA

    Lors de son année rookie, Devin réalise une saison à 5,7 points et 2,2 assists de moyenne. Il est élu rookie du mois. Son temps de jeu diminue suite à l’arrivée d’Avery Johnson, au coaching, en mars. Son, temps augmentera lors de la saison suivante, ou, accompagné de Jason Terry, il réalisera une année à 9,9 points et 3,2 assists de moyenne. Lors des playoffs 2006, les Mavs rencontrent les Spurs en demi-finale de conférence. Lors du game 2 et du game 3, Devin Harris marquera plus de 20 points (20 au deuxième et 24 au troisième) ! Tout ça nous emmène à un trade décisif, il sera échangé aux Nets contre Jason Kidd, en début d’année 2008. Devin Harris devient alors, accompagné de Vince Carter, le co-leader des Nets. La franchise désormais orpheline de sa légende Jason Kidd, attendra beaucoup d’Harris a saison qui arrive…

    La saison folle

    Saison 2008-2009, Devin Harris est remonté à bloc, son nouveau statut doit forcément lui donner l’envie de prouver.

    Le 30 novembre 2008, les Nets d’Harris et Carter affrontent les Suns de Stoudemire, Nash et Shaq à Phoenix. Le match de Devin Harris est un récital, il inscrit 47 points et réalise 8 passes dont 21 points dans le dernier quart, pour une vicoire des Nets 117 à 109. Il declarera à la fin du match qu’il est devenu moins irrégulier grâce à un travail sur son tir et qu’il peut donc maintenir la même pression.

    20 jours plus tard, le 19 décembre 2008, Devin Harris affronte son ancienne équipe, celle avec qui il a commencé en NBA, les Dallas Mavericks. Poignée de main avec Jason Kidd, contre qui il a été échangé, et le match peut commencer. Ce match est peut être le plus grand de la carrière de Devin Harris. 3 points, reverse lay-up, finition avec contact, passe qui élimine la défense… Il est tout simplement innarétable. Sa relation avec Vince Carter (34 points), qu’il servira seul à 3points à plusieurs reprises, est fantastique sur ce match. Sa prestation se cloturera sur 41 points et 13 passes, de quoi faire baver les fans de basket. Victoire des Nets 121-97.

    https://www.youtube.com/watch?v=10eWKwRrXUQ

    Nous sommes le 23 février 2009, il reste 1,8 secondes à jouer entre les Sixers d’Iguodala et les Nets d’Harris, le score est de 95 à 95. Iguodala rentre un lancer, 96 à 95. Remise en jeu pour les nets, ils n’ont plus de temps mort. Bobby Simmons trouve Harris bien marqué par Iguodala. Harris est excentré à gauche, derrière la ligne de milieu de terrain; il tente un shoot la balle rebondit sur Iguodala, il arrive tout de même à tirer en deux temps et le buzzer retentit dans la salle… et ça RENTRE ! Les Nets l’emportent 98 à 96 après ce shoot venu d’ailleurs.

    Grâce à ses performances exceptionnelles, Devin Harris est choisi par les entraineurs pour partciper au All-Star Game !

    Sa saison se terminera sur des stats de: 21,3 points et 6,9 assists de moyenne. Le bilan collectif est quant lui mauvais, les New Jersey Nets finissent avec un bilan de 34 victoires pour 48 défaites.

    L’après 2008-2009

    Devin Harris n’arrivera plus à revenir à ce niveau. Après 2 autres plutôt bonne saison aux Nets mais bien moins bonne que sa saison folle, il s’envolerera à Utah, puis aux Hawks ou il réalisera une saison à moins de 10 points de moyenne ! Après cela, Devin n’a plus connu une saison à au moins 10 points de moyenne. Depuis 2013, Harris rejoue dans l’équipe ou tout a commencé pour lui, les Mavs. A 36 ans, Devin Harris est toujours présent en NBA, ce qui ne trompe pas sur la qualité du joueur !