Étiquette : Mike D’Antoni

  • Et le capitaine James Harden abandonna son vaisseau

    Et le capitaine James Harden abandonna son vaisseau

    Rédigé par Guillaume Gaborit, Illustration by @romain_sk_97

    Cela aurait pu être une belle histoire. Celle d’un sixième homme d’une équipe finaliste ayant pour mission de porter sur ses larges épaules toute une ville vers un nouveau titre, le premier depuis 1995. Si Harden détient désormais à lui seul 90% de records en tout genre de la franchise, il n’a jamais pu atteindre les Finales en huit ans. Mission avortée, et voilà que ce qui était encore impensable il y a un an se concrétise. Le célèbre N°13 a donc quitté le vaisseau des Rockets vers une nouvelle mission à Brooklyn. Prenons ensemble un step back pour revivre les moments marquants de sa période Houston.


    Un trade marquant et des débuts historiques

    Daryl Morey et James Harden lors la présentation face à la presse en octobre 2012. Crédit: AP/ Pat Sullivan

    La nouvelle est officialisée le 27 octobre 2012, quelques mois après avoir perdu en finale face au Heat aux côtés de Kevin Durant et de Russell Westbrook, Harden est un Rocket. Le GM de Houston Daryl Morey peut savourer son deal pour récupérer le meilleur sixième homme de la ligue. Pour se faire, il a fallu lâcher le shooteur (à la mécanique de tir improbable) Kevin Martin, le rookie sélectionné en 12e position de la Draft 2012 Jeremy Lamb, deux futurs choix au premier tour (qui deviendront Steven Adams en 2013 et Mitch McGary en 2014) ainsi qu’un second tour (Alex Abrines en 2013). Morey en est convaincu, il s’agit d’un trade unique qui va faire basculer la franchise texane dans une toute autre dimension après avoir tournée la page T-Mac/Yao.

    « James Harden est un joueur sur lequel nous pouvons construire et continuer à améliorer l’équipe autour de ses compétences. »

    Daryl Morey lors de la conférence de presse d’introduction de sa nouvelle star.

    Sans perdre de temps, le barbu signe une extension (tant voulu) de 80M$ sur cinq ans. Les questions fusèrent : comment un 6e homme pourra-t-il faire face à des défenses plus resserrées ? Comment pourra-t-il réussir sans avoir à ses côtés des stars comme ce fut le cas au Thunder ? Ce qui est certain, c’est que cet échange restera à jamais dans l’histoire de la ligue.

    « Il y aura pour toujours une ligne de démarcation lorsque nous parlerons de l’histoire de la franchise du Thunder: il y a un avant Harden et un après Harden. »

    David Aldridge, journaliste de NBA.com

    Toutes ses questions concernant la capacité de l’arrière de 23 ans de prendre les reines d’une franchise se sont vite estompées après ses deux premières victoires: 37pts et 12pds à Detroit puis 45pts à Atlanta (15/17 aux lancers-francs!). Il devient le scoreur le plus prolifique de l’histoire avec 82 points sur ses deux premiers matchs avec ses nouvelles couleurs, dépassant ainsi Wilt Chamberlain (79pts). Déjà, à l’époque, ces deux performances historiques annoncent la couleur pour la suite de l’aventure de James Harden au sein du vaisseau des Rockets.

    https://www.youtube.com/watch?v=SkfEKKECzGo

    Saison exceptionnelle d’un point de vue individuel : 25.9 pts par match contre 16.8 pts l’année précédente et on tient aussi à souligner le fait que les arbitres, aussi bien que les défenseurs, n’étaient pas prêts pour faire face au phénomène Harden : 10.2 lancers tentés par match contre 4.3 de moyenne en trois saisons avec le Thunder. Ajoutez à cela sa première apparition au All-Star Game en tant que remplaçant à l’ouest et vous tenez là un nouveau franchise player. Seule ombre au tableau, l’élimination au premier des Playoffs face à son ancienne équipe : 2v-4d. Les Rockets étaient aux portes d’un sweep (3v-0d), mais la blessure de Russell Westbrook (merci Pat Beverley) a été un facteur important dans le regain de confiance des texans.

    La saison 1 avec un James Harden encore attiré par le tir à mi-distance, reste positive après trois saisons sans Playoffs, les Rockets sont de retour dans la féroce conférence Ouest. L’avenir de la franchise se reposera bien sur le barbu.


    Un « one two punch » avec Dwight Howard qui tombe à l’eau

    Dwight Howard et James Harden – via USA Today Sports

    Il faut croire qu’un roster composé de Jeremy Lin, de Chandler Parsons et d’Omer Asik ne suffit pas à vous emmener au 2e tour des Playoffs à l’Ouest. Daryl Morey (toujours en quête de superstars), profite de l’ascension d’Harden pour signer le free agent le plus convoité de l’été 2013 : Dwight Howard. Après une saison galère à Los Angeles, c’est une demie-surprise de voir le triple DPOY signer pour 4 ans et 88M$ pour jouer aux côtés d’une étoile montante.

    La première saison du duo est réussie : 54v-28d, soit le meilleur bilan de la franchise depuis 2008 et la fameuse série de 22 victoires de suite de T-Mac & co. James Harden est dans la continuité de ce qu’il a produit lors de l’exercice précédent et « D-12 » semble soulagé de ses douleurs au dos qui l’ont tant handicapé à Los Angeles. Les hommes de Kevin McHale finissent 4e à l’Ouest, pour affronter les Trail Blazers de LaMarcus Aldridge (inarrêtable sur la série) et d’un Damian Lillard dans sa 2e année. Malgré l’avantage du terrain, Houston perd ses deux premiers matchs. Harden se démène pour arracher le Game 3 (37pts, 9rds, 6pds), puis c’est au tour de Dwight Howard de se montrer lors du Game 5 (22pts, 14rds, 3blks). Dans un Game 6 très serré et dans une ambiance électrique, les Rockets vont échouer sur un buzzer beater signé Lillard. Le duo Harden/Howard rentre déjà dans l’histoire des Playoffs en étant témoin de la naissance du phénomène « It’s Dame Time ».


    Malgré un terrible dénouement, tout n’est pas à jeter. Daryl Morey a réellement transformé Houston en un réel prétendant au titre, avec ses deux All-Stars et pour sa 2e saison, Harden est élu dans la 1st All NBA Team. Pour la saison 2014-2015, le GM décide de se débarrasser du pivot Omer Asik, finit avec cette horrible idée de McHale de placer le turc aux côtés de Dwight Howard dans le cinq. En retour, les Rockets récupèrent un ancien de la maison, Trevor Ariza puis quelques semaines plus tard un autre shooteur avec Jason Terry. Pour sa 3e saison dans le Texas, Harden gonfle ses statistiques offensives notamment grâce à l’absence de son pivot star qui manqua la moitié de la saison. L’arrière devient pour la première fois titulaire au All-Star Game (Kobe Bryant étant blessé), il gère toujours autant voire plus le jeu en attaque (27.4pts) tout en alimentant ses shooteurs que sont Ariza, Motiejunas, Terry et Beverley (7pds). Les Rockets consolident leur statut de favoris et tout cela sans leur pivot vedette…

    James Harden en tenant de remplaçant félicitant ses coéquipiers. Credit: Andrew D. Bernstein/Getty Images

    De retour en Playoffs, Harden & co se débarrassent facilement des Mavericks au premier tour en 5 matchs. Le barbu tourne à 28.4pts sur la série avec un joli carton lors du Game 3 remporté à Dallas (42pts, 15/24 aux tirs). En revanche, les demies-finales seront bien plus intéressantes et auront fait couler beaucoup d’encre. Menés 3-1 face aux Clippers version lob city avec Chris Paul et Blake Griffin, les hommes de Kevin McHale ont réussi à renverser la tendance avec notamment un 4e quart-temps de folie lors d’un Game 6 remporté grâce à Josh Smith, Corey Brewer, Trevor Ariza… Et les stars ? James Harden est sur le banc durant tout cette période cruciale et D-12 prend quelques rebonds et affiche un pitoyable 1-6 aux lancers-francs. Un coup de maître de Kevin McHale ? Un message envoyé à sa star ? En tout cas, Harden est bien de retour lors du Game 7 avec 31pts et un détonnant 15/18 aux lancers-francs. Houston devient la 9e équipe de l’histoire à remonter un déficit de 3-1 pour passer au tour suivant.

    La belle aventure fut stoppée net par les Warriors en finale de conférence (1v-4d). Harden qui avait terminé second dans les votes pour le titre de MVP derrière Stephen Curry échoue face à ce dernier. S’il n’a pas démérité avec un Game 4 remporté (45pts, 7/11 de loin), il n’a pu éviter l’élimination avec un très mauvais Game 5 (14pts, 2/11 aux tirs, 12tov). Triste manière de quitter la scène, mais l’évolution est là, les Rockets progressent et Harden semble déjà inarrêtable:

    Saison 2014-15: Joueur ayant le plus de matchs à:

    • 20pts et plus: 62
    • 30pts et plus: 35
    • 40pts et plus: 10
    • 50pts et plus: 2 (égalité avec Kyrie Irving)

    Kevin McHale et James Harden. Credit: Brett Coomer, Houston Chronicle

    La saison 2015-16 devrait être la bonne ! Suite à leur élimination sans saveur face aux Warriors, on attendait des texans remontés, affamés et déterminés. Que nenni ! Les Rockets commencent la saison par 4v-7d. Kevin McHale, qui était en poste depuis 2011, est remercié. Daryl Morey avouera plus tard que l’équipe ne répondait plus à son coach et décida donc de le remplacer par son assistant J.B. Bickerstaff. Harden se montrera plus virulent avec son ancien coach en le traitant de « clown » pour répondre à des propos de McHale concernant le manque de leadership du barbu…

    Les Rockets sont inconstants et les tensions dans les vestiaires empêchent une quelconque amélioration. Le jeu passe encore plus par James Harden (29pts, 7.5pds) au détriment d’un Dwight Howard qui n’a jamais aussi peu tenté de tirs depuis son année rookie (8.5). Sa moyenne de points chute (13.7pts) et son mécontentement augmente. Le vestiaire est scindé en deux et le climat est plus que pesant comme l’évoquait un joueur de l’équipe.

    « A cette époque, le vestiaire de Houston était divisé par une ligne séparant les camps Howard et Harden, et les clans étaient si établis qu’un vétéran de l’équipe a dit un jour à un joueur fraîchement transféré : ‘Quand tu arrives ici, tu dois choisir ton camp.’ »

    Joueur anonyme de Houston via Sport Illustrated

    Les Rockets termineront péniblement la saison avec un bilan équilibré 41v-41d. James Harden établit un nouveau record en terme de ballons perdus (374) sur une saison. Houston sera éliminé à nouveau par les hommes de Steve Kerr en 5 matchs, pourtant orphelins du MVP Stephen Curry. Les ambitions affichées par le duo Harden/D-12 se sont envolées. Les deux hommes ne se parlent plus, ne s’aiment plus. La page doit être tournée pour le bien de la franchise.


    Welcome To Space City

    Mike D’Antoni aux côtés de sa star pour une séance « shooting » pour la saison 2016-2017. Crédit: Troy Taormina-USA TODAY Sports

    Alors que les Warriors viennent de battre le record de victoires en saison régulière (73v-9d), puis récupérer Kevin Durant lors de la folle FA de 2016, les Rockets, eux, semblent avoir fait un pas en arrière après un exercice 2015-16 plus que compliqué.

    Heureusement que Daryl Morey est aux manettes du vaisseau et décide de se baser sur trois règles essentielles pour réussir dans la ligue :

    • Règle N°1 : La balle doit être dans les mains de la star
    • Règle N°2 : Le spacing
    • Règle N°3 : Le tir extérieur

    Qui de mieux pour respecter ces consignes que le coach emblématique des Suns des années 2000. Avec Mike D’Antoni, finit le jeu poste bas et bonjour le drive & kick, le 3-pts dans le corner et le spacing à outrance. Lors de son introduction, le coach annonce déjà qu’il souhaite placer James Harden dans le rôle de meneur de jeu. Règle N°1 : check.

    Lors de l’intersaison 2016, Harden prolonge pour 118M$ sur 4 ans, Dwight Howard quitte le navire pour signer chez lui à Atlanta. Puis Morey engage des joueurs « D’Antoni compatibles » avec les ex-Pelicans : Ryan Anderson, Eric Gordon. Règles N°2 et 3 : check-check.

    Pour cette saison 2016-17, Houston devient la franchise qui tente le plus de tirs derrière la ligne avec 40,3 tirs en moyenne par match pour la saison 2016-17, soit dix de plus que la saison précédente. Si l’adresse est moyenne (35.7%), Harden & co se placent en 2e position en terme de points marqués avec des cartons contre les Clippers (140-116), les Lakers (134-95) ou encore les Nets (137-112). Toute l’équipe est unie derrière un principe : simplement marquer plus de points que l’adversaire (140-130 vs Minnesota).

    Le barbu s’éclate avec son nouveau coach. Il entasse tous les records inimaginables. Il dépasse la légende Hakeem Olajuwon pour le nombre de triples doubles avec les Rockets (29pts, 11rds, 13pds vs Pelicans) et devient le premier joueur depuis Wilt Chamberlain à afficher une ligne de statistiques de 50-15-15 (53pts, 16rds, 17pds vs Knicks), pour ensuite devenir le seul joueur de l’histoire à réaliser une telle performance une deuxième fois (51pts, 13rds, 13pds, vs Sixers). Il s’agit tout simplement de sa meilleure saison en terme de statistiques brutes: 29.1pts, 8.1rds, 11.2pds


    Game 5: Manu Ginobili contre James Harden donnant ainsi la victoire des Spurs en porlongation pour mener la série 3-2. Eric Gay/Associated Press

    Une saison historique qui s’est terminée d’une manière cauchemardesque. D’abord sur un plan individuel, Harden est relégué à la 2e place pour le trophée de MVP derrière la machine à triple double Russell Westbrook, et ce, malgré un bilan collectif bien plus flatteur pour le barbu (55v-27d contre 47v-35d). Harden ne manqua pas l’occasion de se venger en éliminant le Thunder au premier tour (4v-1d).

    Tout s’effondra au 2nd tour contre les éternels San Antonio Spurs. Après un Game 5 perdu en prolongation (merci Gino!), Harden réalise sa pire performance de la saison au plus mauvais moment lors d’un Game 6 perdu de 39 points à domicile. Avec seulement 10pts et 2/11 aux tirs, Harden ne peut que réaliser l’écart de niveau entre la saison régulière et les Playoffs. Sans oublier qu’en face, Kawhi Leonard était absent.


    Les renforts arrivent

    Chris Paul, James Harden et PJ Tucker savourant une victoire sur le banc de touche. Image via Getty/Rocky Widner/NBAE

    La violente élimination contre les Spurs a mis en évidence le manque de playmakers dans le roster. Harden ne peut pas être en charge de la création 100% du temps. Morey va donc modifier sa première règle :

    • Règle N°1 : La balle doit être dans les mains DES stars

    Après avoir prolongé pour le deuxième été de suite Harden pour 160M$ et 4 ans, le GM de Houston récupère dans un méga-deal le meneur All-Star Chris Paul en échange de Patrick Beverley, Lou Williams, Montrezl Harrell, Sam Dekker, Darrun Hilliard, Kyle Wiltjer, DeAndre Liggins, un 1er choix de draft, et de l’argent. Le propriétaire des Rockets de l’époque annonce clairement les ambitions :

    «Nous pensons que combiner deux des plus grands joueurs de la ligue, James Harden et Chris Paul, opérant dans le système de Coach D’Antoni, nous donne une équipe calibrée pour le titre et qui rivalisera au plus haut niveau pour les années à venir.»

    Leslie Alexander via NBA.com

    Autre signature qui semblait anecdotique à l’époque mais qui restera gravée dans les mémoires des fans de la franchise, celle de PJ Tucker en provenance de Toronto. L’intérieur correspond parfaitement au profil tant apprécié par D’Antoni de petit intérieur capable de tirer à3-pts dans le corner.

    Pour cette saison 2017/2018, l’équipe tourne à plein régime en dépassant la moyenne des 42 tirs de loin tentés par match et domine même la conférence Ouest. Sur les trois confrontations en saison régulière contre les Warriors, les Rockets engrangent deux victoires (Harden étant absent lors de l’unique défaite). Pour la première fois premier à l’Ouest avec un bilan de 65v-17d, cette équipe vient tout simplement de réaliser la meilleure saison régulière de l’histoire de la franchise.

    De son côté, Harden continue sa moisson de records (points, triple double…). On retiendra sa performance surréaliste face au Magic (60pts, 11pds, 10rds). Jamais un Rocket n’avait autant scoré sur une rencontre. La présence à ses côtés de Chris Paul ne l’empêche pas de gonfler ses statistiques offensives en devenant cette saison le meilleur scoreur de la ligue avec 30.4pts de moyenne avec 10 tirs à 3-pts tentés par rencontre (36.7% de réussite).


    Privé de Finales NBA: James Harden à la fin du Game 7 perdu contre les Warrirors. Credits: Troy Taormina-USA TODAY Sports

    Après avoir écarté sans trop de difficultés les Timberwolves (4-1) puis le Jazz (4-1), Houston retrouve 3 ans après les Finales de Conférence, et pour que l’histoire soit encore plus dramatique, nous avons le droit à la revanche de 2015 : Rockets vs Warriors. Houston s’était préparé toute la saison. L’équipe attendait ce moment depuis le début du training camp. Cet affrontement s’annonçait dantesque ! Le duo Harden-Paul fonctionne parfaitement bien, et semble prêt pour défier les triples champions en titre de la conférence.

    Et tout semblait bien parti. Houston menait la série 3-2 avec l’avantage du terrain. Les Rockets ont surpris leurs adversaires en serrant la vis en défense, limitant ainsi les hommes de Steve Kerr à 92 et 94 points pour les Game 4 et 5. Chris Paul gère l’attaque, Harden joue son rôle d’aimant à défenseurs et c’est Eric Gordon qui en profite pour perforer la défense adverse. Puis le sort s’est acharné sur les texans avec la blessure aux ischios-jambiers pour Chris Paul, l’empêchant ainsi d’être en tenue pour les Game 6 et 7. Malgré les performances du barbu (32 points lors des deux derniers matchs), et une avance de 19 points à la mi-temps du Game 7. Les hommes de Mike D’Antoni trouvèrent le moyen de rater 27 tirs à 3-pts de suite et de perdre la rencontre. Éliminé à nouveau aux portes des Finales, Harden a néanmoins pu se réconforter avec l’obtention du titre de MVP de la saison.


    Le « Harden One Man Show »

    James Harden lors d’une victoire incroyable chez les Warriors. Photo by Noah Graham/NBAE via Getty Images

    Éliminés aux portes des Finales, le front office des Rockets croient toujours en cette équipe en signant un nouveau contrat à son meneur Chris Paul pour un chèque de 160M$ pour 4 ans. Toujours en quête de stars, Daryl Morey signe Carmelo Anthony en août 2018.

    Le début de saison est plus que laborieux. L’expérience Melo s’arrête prématurément en novembre et la franchise affiche un bilan de 11v-14d après une défaite contre les Mavericks le 8 décembre 2018. C’est alors que le Barbu passe en mode « chef » pour ramener son équipe aux sommets de la conférence Ouest et sans Chris Paul qui manqua 17 matchs entre décembre et janvier.

    Pour preuve ! En plus d’avoir ramener les siens dans le match après avoir compté près de 20 points de retard, Harden rentre un incroyable Game Winner en prolongation chez les double champions en titre !

    https://www.youtube.com/watch?v=L2g4RtMj2Ss

    Harden réalise la saison la plus prolifique d’un point de vue offensif avec deux matchs à 61 points (contre les Knicks et contre les Spurs). L’arrière de Houston bat encore et toujours des records qui n’existaient pas. Il a scoré au moins 30 points contre les 29 autres équipes de la ligue, et termine pour la deuxième année de suite meilleur scoreur de la ligue avec 36.1pts de moyenne. Un seuil jamais atteint depuis Michael Jordan en 1987 (37.1pts). Toujours en compagnie de « MJ », Harden est le 2e joueur de l’histoire à enregistrer au moins 2700 points, 500 rebonds et 500 passes.


    Chris Paul et un James Harden aux yeux rouges marqués par une série intense et physique contre les Warriors. Photo by Bill Baptist/NBAE via Getty Images

    Malgré un premier tour assuré face au Jazz (4-1), la collection de records du barbu s’épaissit lors d’un match de Playoffs, mais cette fois avec le plus grand nombre de tirs manqués de suite avec 0-15 lors du Game 3 dans l’Utah. Les texans se retrouvent une nouvelle fois face à sa bête noire : les Warriors. Loin d’être ridicule, Houston égalise la série 2-2, mais le Game 5 vient confirmer les éventuelles tensions entre les deux leaders texans. Paul et Harden ne semblent plus sur la même longueur d’onde et les Warriors en profitent pour clôturer la série en six rencontres, malgré l’absence de Kevin Durant lors du Game 6. Les Warriors ont envoyé Harden & co en vacances quatre fois en cinq ans…

    Harden compile les records en saison régulière et les apparitions dans la 1st All NBA Team, termine à nouveau 2e dans les votes pour le titre de MVP, mais échoue continuellement à emmener son équipe vers le titre. Les défaillances des Rockets sont criantes, l’ambiance s’est dégradée, et quelque chose se prépare en coulisse pour bousculer tout cela…


    la réunion avec Westbrook

    James Harden heureux de rejouer avec Russell Westbrook lors d’un match de présaison à Tokyo contre les Raptors. Credits: Jae C. Hong/Associated Press

    Comme avec Dwight Howard, le mariage Harden/Paul s’est détérioré et Daryl Morey n’a pas d’autres choix que de se séparer de son meneur vedette de 33 ans. C’est en juillet 2019, lors d’une FA déroutante, que le GM actionne un trade entre contrats de mammouths, pour envoyer Chris Paul au Thunder avec plusieurs choix de draft pour récupérer l’ami et ancien coéquipier Russell Westbrook. Un move qui satisfait le barbu mais qui est loin de faire l’unanimité au sein du staff des Rockets.

    Un début de saison laborieux pour l’équipe, pour les deux stars qui se marchent sur les pieds et sans oublier les affaires avec la Chine. La défense des Rockets est digne des pires défenses made in All-Star Game de l’histoire (159-158 contre Washington fin octobre 2019 avec 59pts pour Harden). Et pour ne rien changer, Harden ne s’arrête pas de cumuler les exploits offensifs avec 60 points contre les Hawks en seulement 31 minutes. Quelques jours plus tard, le 13 décembre, il devient le premier joueur de l’histoire à enchaîner deux matchs consécutifs à 50 points et 10 tirs à 3-pts inscris (55pts à Cleveland, et 54pts à Orlando). Au 1er janvier 2020, James Harden est le joueur ayant le plus scoré sur la dernière décennie avec 19 578 points.

    Le reste de la saison est pour le moins délicate dans son ensemble avec la disparition de Kobe Bryant le 26 janvier 2020 et l’arrêt de la saison à cause de la COVID-19 le 12 mars 2020.


    La Bulle d’Orlando

    James Harden arborant un t-shirt avec le message « Black Lives Matter ». Credits: Pool via Getty Images

    De retour sur les parquets en août, Harden reprend ses bonnes vieilles habitudes, c’est à dire, les records ! Avec 49 points dans la victoire en prolongation contre les Mavericks, le N°13 devient le 2e meilleur scoreur de l’histoire des Rockets. Pour la troisième saison consécutive, il s’adjuge le titre de meilleur scoreur de la ligue avec 34.3pts de moyenne. Mais rien ne change une fois les Playoffs arrivés.

    Après un premier tour étonnamment laborieux face au Thunder de Chris Paul (4-3), et malgré un Game 1 réussi face aux Lakers (112-97), Harden a encore une fois échoué dans sa quête du titre. A ses côtés, Westbrook semble diminué et ne parvient pas à aider son « ami » (10pts en 35′ dans le Game 5). Il n’a fallu que cinq matchs pour que LeBron James et Anthony Davis pour envoyer Houston en vacances. Pas de titre NBA, mais Harden figure toujours parmi les votes pour le MVP et dans les All-NBA Team. Le scénario se répète…


    La fin de l’histoire

    James Harden réagissant à une décision arbitrale lors d’une rencontre en janvier contre les Lakers. Credits: Mark Mulligan/Houston Chronicle via AP

    Bonne nouvelle ! L’histoire ne se répétera pas pour Harden et les Rockets pour la saison 2020-21. Mauvaise nouvelle, Harden veut quitter le navire. Après les départs successifs de Mike D’Antoni, de Daryl Morey, les stars Russell Westbrook et James Harden réclament un trade deux jours avant la draft. On ne va pas revenir sur les épisodes houleux avant la saison avec un James Harden festif et en surpoids, et la manière dont il a protesté les décisions prises par le nouveau Front Office. Il va refuser une offre de prolongation en novembre et se présentera en retard pour le training camp et le début de la pré-saison.

    Le 3 décembre, Russell Westbrook est échangé contre John Wall. James Harden est toujours sur le pont mais ne souhaite plus diriger le navire malgré l’arrivée de nouveaux matelos (John Wall, DeMarcus Cousins, Christian Wood). Le barbu ne cherche même plus à montrer son mécontentement vis à vis de cette situation. Il sera finalement échangé dans un deal à quatre équipes le 13 janvier à Brooklyn pour former un Big Three détonant avec Kyrie Irving et Kevin Durant.


    Des débuts tonitruants pour une fin en eau de boudin. Ces huit années auront été riches en records en tout genre. Intenable en saison régulière puis incapable de remporter la conférence Ouest, le chapitre Harden restera incomplet. La franchise texane a tout mis en œuvre pour contenter sa star. Mais le chef Harden ne veut plus cuisiner pour les Rockets. Une toute nouvelle mission l’attend à l’autre bout du pays.

  • Inspirés mais jamais titrés: les Phoenix Suns de 2004 à 2010

    Inspirés mais jamais titrés: les Phoenix Suns de 2004 à 2010

    Clutch Time continue de vous proposer des articles rétros sur des équipes qui ont marqué les années 2000. Nous avons choisi aujourd’hui de vous téléporter auprès d’une franchise qui a révolutionné le jeu: les Phoenix Suns. Attention tout va aller très vite : « Run & Gun », « 7 » or Less », voici les termes qui sont utilisés pour décrire une équipe qui a pris de vitesse la ligue. Mais pourquoi parler d’un groupe qui n’a jamais mis les pieds en Finales NBA ? C’est dire à quel point cette équipe a laissé une trace indélébile et a inspiré les futures générations de coachs et de joueurs pour les années à venir.

    Les deux figures paternelles du style des Suns: Steve Nash et Mike D’Antoni – via businessinsider.fr

    Depuis le passage au XXIe siècle, les Suns ont alterné le bon et le médiocre. Incapables de se qualifier deux saisons de suite pour les Playoffs, la franchise toucha le fond à l’issue de la saison 2003-2004 avec un bilan de 29v-53d. L’équipe composée des jeunes Amar’e Stoudemire, Shawn Marion et Joe Johnson, n’est clairement pas taillée pour jouer le titre, mais a gagné bien trop de matchs pour pouvoir prétendre aux meilleures places pour la draft 2004.

    S’il y a un point positif à retenir de cette saison, c’est d’avoir envoyé Stephon Marbury et Penny Hardaway à New York en échange de smarties permettant ainsi de se libérer de salaires encombrants et de pouvoir chasser les meilleurs agents libres pour l’été 2004. Autre mouvement à retenir, la prise de pouvoir de l’assistant Mike D’Antoni pendant la saison. Deux événements qui ont enclenché la marche avant pour révolutionner le jeu.

    Saison 2004-2005

    • Saison régulière : 62v-30d
    • Statistiques : Pace (1er), Offrtg (1er), 3-pts tentés (1er)
    • Playoffs : Finales à l’Ouest vs Spurs (1v-4d)
    • Récompenses : Steve Nash (MVP), Mike D’Antoni (Coach), Bryan Colangelo (GM)
    • All NBA Team : Nash (1st), Stoudemire (2nd), Marion (3rd)
    Quentin Richardson, Steve Nash, Shawn Marion, Amar’e Stoudemire et Joe Johnson – via NBAE Getty Images

    Vous vous souvenez du trade réalisé par les Suns la saison précédente ? Et bien cela à permis au manager Bryan Colangelo de signer le meneur double All Star : Steve Nash. A cause d’une série au 1er tour ratée face aux Kings et notamment face à Mike Bibby (23.6points sur la série!), Mark Cuban et les Mavs furent enclins à laisser partir le meilleur ami de Dirk Nowitzki, ce qui, rétrospectivement, semble donner des remords au propriétaire des Mavs.

    « C’était une erreur de ma part, de ne pas avoir conserver Dirk et Steve ensembles plus longtemps » Mark Cuban

    via NY Times 2019

    Les Suns ont signé le canadien pour 5 ans et 65M$. L’ironie dans cette histoire, c’est qu’il retourne dans l’équipe qui l’avait drafté en 15e position en 1996, puis il fut tradé en 1998 à Dallas en échange d’un futur choix de draft qui deviendra en 1999: Shawn Marion.

    Pour la première saison complète avec Mike D’Antoni, les Suns se sont attribués le meilleur bilan de la ligue en saison régulière observant ainsi un bon phénoménal de 33 victoires supplémentaires en comparaison avec la saison précédente. Située dans une région aride des USA, Phoenix pratique un jeu rapide et rafraîchissant qui a dépassé la majorité des autres franchises.

    Les consignes étaient simples, Nash devait pousser la balle rapidement, que se soit sur un panier encaissé ou non. Puis il devait trouver Stoudemire toujours prêt à écraser un dunk dans la raquette. Si le bondissant intérieur était bien pris en défense, le meneur avait comme option de transmettre le ballon dans les ailes pour les snipers Quentin Richardson, Leandro Barbosa et Jim Jackson. Et enfin, si la défense adverse couvrait tous ses coéquipiers, le canadien pouvait ainsi se retrouver seul et prendre le soin de tirer lui-même. Voici l’essence même du « Run & Gun », une philosophie de jeu qui va alimenter les playbooks des équipes à venir.

    Les Playoffs 2005

    Un 1er tour passé sans encombre en balayant les Grizzlies de Pau Gasol, puis Nash retrouva son ancienne équipe au 2e tour : les Mavericks. Le meneur est tout simplement déchaîné face à ses anciens coéquipiers avec 30.3pts et 12pds de moyenne sur la série. On retiendra sa performance monumentale dans le Game 6 avec 39pts, 9rds et 12pds, sans oublier de mentionner son tir à 3pts « clutchissime » pour aller en prolongation. Il donna ensuite la victoire aux siens en rentrant des lancers-francs importants, éliminant ainsi son ami Dirk Nowitzki.

    Pour la première fois depuis 1990, Phoenix retrouve l’odeur des Finales de conférence, et cette fois face aux Spurs, une équipe qui a terminé la saison de Nash deux fois sur ces quatre dernières années. Les hommes de Mike D’Antoni étaient d’attaque pour cette finale, bien qu’ils aient dû se passer de leur arrière scoreur Joe Johnson, qui souffrait de migraines suite à un contact bien appuyer avec le tendre Jerry Stackhouse lors du Game 2 contre Dallas au tour précédent.

    https://www.youtube.com/watch?v=3MLPc89wU_8

    Les Finales à l’Ouest s’annoncent alléchantes d’un point de vue tactique. Il s’agit de la meilleure défense contre la meilleur attaque de la ligue. Mais, la présence de Tim Duncan obligea Mike D’Antoni a procédé à des ajustements, et à placer le pivot costaud mais frustre Steven Hunter aux côtés de Stoudemire. C’est ainsi que l’italien a concédé une partie de ce qui faisait la force de son équipe.

    Les débuts sont compliqués. Jim Jackson était plus ou moins fiable, Shawn Marion éprouva des difficultés et Nash n’a pas pu être clutch. Les deux premiers matchs sont remportés par San Antonio alors que Phoenix évoluait à domicile.

    Joe Johnson est bien revenu pour le Game 3 et 4, et Stoudemire a été admirable sur cette série (37pts de moyenne!). Mais la défense des Spurs était bien trop organisée pour se laisser déborder. San Antonio remporta la série en seulement 5 manches. Victoire pour la défense.

    Les Suns vont nourrir quelques regrets, et voici donc notre tout premier « What if » pour cette équipe, avec les absences de Joe Johnson.

    « Vous ne pouvez pas me dire que nous n’aurions pas été champions si je n’avais pas été blessé. » Joe Johnson

    via Arizona Public 2005

    Saison 2005-2006

    • Saison régulière : 54v-28d
    • Statistiques : Pace (1er), Offrtg (2e), 3-pts tentés (1er)
    • Playoffs : Finales à l’Ouest vs Mavericks (2v-4d)
    • Récompenses : Steve Nash (MVP), Boris Diaw (MIP)
    • All NBA Team : Nash (1st), Marion (3rd)
    Boris Diaw avec Steve Nash – via Basket USA

    Les espoirs placés sur l’éventualité de voir les Suns au sommet de la ligue ont rapidement été douchés avec l’opération du genou pour Stoudemire, combiné au départ de Joe Johnson pour un contrat plus lucratif à Atlanta. Grâce à un « sign and trade » avec les Hawks, Phoenix a reçu en échange le jeune français Boris Diaw. Il se trouve que ce dernier va devenir rapidement une pièce maîtresse du jeu rapide de Mike D’Antoni en lui donnant le poste de pivot.

    Les intérieurs Stoudemire et Kurt Thomas sont sur la touche, et le staff proposa des lineups de petites tailles tout en donnant carte blanche pour les shooteurs Raja Bell, Eddie House, Leandro Barbosa, James Jones et même Tim Thomas. Cette équipe étrange et complètement folle a réalisé une saison dingue, les propulsant ainsi au premier tour des Playoffs avec l’avantage du terrain.

    Playoffs 2006

    Au 1er tour, les Suns ont affronté les Lakers d’un Kobe Bryant historique. A lui seul, le N°8 a rendu la série compétitive, permettant à son équipe de mener la série 3-1. Il a fallu un Game 6 d’anthologie pour débloquer les esprits à Phoenix, grâce à un énorme 3-pts de Tim Thomas pour aller en prolongation. Les Suns sont venus à bout des Lakers en sept manches.

    Au tour suivant, ils se retrouvèrent face à la deuxième équipe de Los Angeles, les surprenants Clippers d’Elton Brand et de Sam Cassell. Les deux équipes étant incapables de gagner deux matchs de suite se sont donc retrouvées lors d’un Game 7 à Phoenix. Steve Nash (29pts, 11pds) et Shawn Marion (30pts) font le job, les Suns remportent le match 127-100 et retrouvent ainsi le goût des Finales de conférence pour la deuxième année consécutive.

    En face, Dallas obtient sa revanche, et les fans ont le privilège de voir s’affronter les deux meilleures attaques du pays. Tout débute pour le mieux pour Phoenix en arrachant le Game 1 sur le parquet des Mavs. Boris Diaw (34pts) a été essentiel avec le tir clutch de la victoire.

    Les homme d’Avery Johnson ont ensuite récupéré l’avantage du terrain en remportant les Games 2 et 3. Phoenix a pu remporté le Game 4 grâce à la belle performance de Leandro Barbosa (24pts). Puis la défense des Suns s’est effondrée face à l’allemand lors du Game 5 (50pts). On ajoute à cela le fait que Raja Bell fut gêné au mollet, et Phoenix n’est pas parvenu à rivaliser avec la rotation des Mavericks.

    La saison s’est achevée sur leur parquet, mais les fans reconnaissants, n’oublièrent pas d’applaudir chaudement leurs joueurs. Vivement le retour de leur All Star : Amar’e Stoudemire.

    Saison 2006-2007

    • Saison régulière : 61v-21d
    • Statistiques : Pace (3e), Offrtg (1er), 3-pts tentés (2e)
    • Playoffs : Demies-Finales à L’Ouest vs Spurs (2v-4d)
    • Récompenses : Leandro Barbosa (6e homme)
    • All NBA Team : Nash (1st), Stoudemire (1st)
    La chute de Steve Nash causée par Robert Horry, le moment qui a fait basculer la série – via Breakingnews.fr

    Pour cette troisième saison avec le tandem Nash/D’Antoni, les Suns sont enfin au complet et en bonne santé. Le roster n’a que très peu évolué. Les joueurs majeurs de l’équipe sont toujours présents et les dirigeants ont procédé à quelques signatures de joueurs libres comme Markus Banks et un Jalen Rose sur une jambe.

    Cette saison est celle d’un Steve Nash surmotivé. Le canadien s’est particulièrement illustré en attaque avec ses deux records de points en décembre 2006 : 42pts à New Jersey dans un superbe duel contre Jason Kidd, et à nouveau 42pts contre les Wizards d’un Gilbert Arenas (54pts) incandescent.

    Phoenix est toujours une place forte à l’Ouest avec une jolie 2e place derrière les « intouchables » Mavericks (67v-15d). Toute l’équipe est enfin prête à passer l’obstacle des Finales à l’Ouest et aller chercher ce titre.

    Playoffs 2007

    Phoenix passe le premier tour en cinq manches face aux Lakers d’un Kobe Bryant toujours aussi offensif (32.8pts). Dans le même temps, on apprend l’élimination surprise des Mavericks face aux fascinants « We Believe » Warriors. Une aubaine pour les Suns qui accèdent directement au statut de favori. Il faut juste battre l’équipe qui leur a barré tant de fois la route : les Spurs.

    Le Game 1 restera dans les mémoires comme celui où Steve Nash (31pts) s’est fracassé le nez suite à un contact avec Tony Parker. Le staff médical a fait tout son possible pour limiter l’hémorragie, mais le meneur a manqué les toutes dernières secondes d’un match serré. Phoenix balbutia en attaque et les Spurs remportèrent un Game 1 crucial.

    Les Suns se reprennent lors du Game 2 avec une large victoire de vingt points d’écart. Les Spurs ont ensuite récupéré le contrôle de la série lors du Game 3 à domicile. Le Game 4 est quant à lui très disputé et marqua un tournant dans la série. Alors que les Suns on remonté un déficit de 11 points dans le 4e quart-temps, Steve Nash subit une faute intentionnelle de Robert Horry dans les toutes dernières secondes, provoquant ainsi une échauffourée.

    Dans ce chaos, Stoudemire et Diaw ont eu la mauvaise idée de se lever de leur banc afin d’aller protéger leur meneur. La règle est stricte concernant les joueurs du banc de touche qui sortent de leur zone. La ligue donna 1 match de suspension pour les deux Suns, et deux matchs pour Horry. Les Suns remportèrent ce match, mais cet incident va les hanter à tout jamais.

    https://www.youtube.com/watch?v=t3LjDlMd12g

    Privé de deux joueurs majeurs, Mike D’Antoni place alors Kurt Thomas (15pts, 12rds)dans le cinq de départ pour le Game 5. Le match est beaucoup plus rugueux et défensif que les autres rencontres. Phoenix ne joue qu’avec sept joueurs et s’accroche jusqu’au bout. En toute fin de match, Bruce Bowen rentre un 3pts clutch puis Duncan défend très bien sur la possession des Suns et la tentative à 3pts ratée de Steve Nash.

    De retour à San Antonio pour le Game 6, Diaw et Stoudemire n’auront pas réussi à renverser la tendance. Bien que l’intérieur All Star (38pts, 12rds) a été incroyable, le Big Three des Spurs est intenable et achève les Suns dans le dernier quart-temps.

    « Une partie de moi veut être beau joueur et leur donner du crédit. Ils nous ont battu. En même temps, je ne peux pas répondre à cette question car je ne sais pas quel résultat cela aurait donner. » Steve Nash en évoquant les suspensions pour le game 5.

    via ESPN

    En plus de ces suspensions, un autre facteur viendra plus tard entacher la qualification des Spurs, et cela concerne les arbitres. Tim Donaughty, l’arbitre ayant été condamné pour corruption, avait officié lors du Game 3 remporté par les Spurs. Il avouera plus tard que ce match a été très mal arbitré et il n’hésitera pas à balancer sur Tommy Nunez (responsable de l’arbitrage), qui ne portait clairement pas Robert Sarver (propriétaire des Suns) dans son cœur, et que cela aurait eu un impact sur le résultat de la série ! (via Arizona Republic, 2009).

    Saison 2007-2008

    • Saison régulière : 55v-27d
    • Statistiques : Pace (4e), Offrtg (2e), 3-pts tentés (5e)
    • Playoffs : 1er tour à L’Ouest vs Spurs (1v-4d)
    • All NBA Team : Nash et Stoudemire (2nd)
    Les nouveaux visages de la franchise: Steve Kerr et Shaquille O’Neal – AP via Nbcsports.com

    L’élimination précoce lors des Playoffs 2007 n’est pas encore digérée que la franchise opère à un changement majeur en nommant Steve Kerr au poste de Manager. Une fonction qui était tenue jusque là par Mike D’Antoni depuis février 2006. Un mouvement permettant à l’italien de se concentrer au mieux sur le coaching.

    Le néo GM ne perd pas de temps pour effectuer ses premiers moves en signant le super vétéran Grant Hill. Plus tard, il enverra Kurt Thomas et un futur choix de draft (qui se révélera être Serge Ibaka) aux Supersonics et James Jones sera tradé à Portland. Mais son transfert le plus marquant reste celui entre Shawn Marion et Shaquille O’Neal. Les deux joueurs semblaient être malheureux dans leurs franchises respectives. Une transaction qui marque le début de la fin de l’ère du « 7 » or less ».

    Playoffs 2008

    Après une saison plus que correcte, les Suns retrouvèrent à nouveau leur bourreau de toujours, San Antonio. Lors du Game 1, Michael Finley rentre un 3pts pour aller en prolongation, puis Duncan arrache le cœur des Suns avec un 3pts impensable avec la planche pour une seconde prolongation. A court d’essence, les Suns n’ont pu stopper le drive de Manu Ginobili pour arracher la victoire.

    Dans cette série, les Suns n’ont remporté que le Game 4 grâce à une performance surprenante de Raja Bell (27pts). Mais les Spurs ont clairement dominé l’ensemble des rencontres. Mike D’Antoni a essayé d’intégrer au mieux O’Neal, et ce dernier fut la cible de « hack a shaq »tout au long de la série, ce qui amusa d’ailleurs profondément Greg Popovich.

    Le Shaq ne tourne qu’à 15.2pts et 44% aux tirs. Il est également à 32/64 aux lancers-francs. La franchise ne s’est jamais autant éloignée de ses principes qui ont fait leur réussite depuis 2005.

    Saison 2008-2009

    • Saison régulière : 46v-36d
    • Statistiques : Pace (4e), Offrtg (2e), 3-pts tentés (18e)
    • Playoffs : Non qualifiés
    • All NBA Team : Shaquille O’Neal (3rd)
    Matt Barnes, Shaquille O’Neal, Steve Nash et Amar’e Stoudemire – via brightsideofthesun.com

    L’échec cuisant de la première saison avec Steve Kerr en tant que GM a laissé des traces, et a provoqué des départs. Mike D’Antoni quitte la franchise qui l’a fait connaître en 2004, pour un job chez les Knicks. Terry Porter est alors désigné comme coach. L’ancien joueur NBA à la mentalité défensive n’a pas tenu toute la saison et fut remplacé au bout du 51e match de la saison par un ancien assistant de Mike D’Antoni : Alvin Gentry.

    En décembre 2008, Steve Kerr continue son entreprise de démolition en envoyant Boris Diaw et Raja Bell à Charlotte en échange de Jason Richardson et Jared Dudley. Malgré un Shaq en forme (17.8pts), les repères ont disparu et l’équipe doit composer avec les absences répétées de Stoudemire (opération des yeux). Dans la très relevée conférence Ouest, Phoenix manqua les Playoffs malgré un bilan positif, une première pour la franchise depuis 2005.

    Saison 2009-2010

    • Saison régulière : 54v-28d
    • Statistiques : Pace (4e), Offrtg (1er), 3-pts tentés (5e)
    • Playoffs : Finales à l’Ouest vs Lakers (2v-4d)
    • All NBA Team : Nash et Stoudemire (2nd)
    Steve Nash, Amar’e Stoudemire, Jason Richardson et Grant Hill lors des Playoffs 2010 – Photo by Jesse D. Garrabrant via NBAE Getty Images

    Shaquille O’Neal est parti à Cleveland pour rejoindre LeBron James. Pour le remplacer, les Suns signent un pivot au CV moins séduisant mais plus à même de matcher avec la philosophie de jeu : Channing Frye. Le coach Alvin Gentry a ainsi pu profiter du training camp pour remettre les idées de Mike D’Antoni au goût du jour.

    Le tandem Nash/Stoudemire fonctionne de nouveau à plein régime. Les joueurs expérimentés comme Richardson et Hill apportent du scoring et les jeunes Goran Dragic, Channing Frye et Jared Dudley de la vivacité et du shoot. Phoenix récupère son titre de meilleure équipe à 3-pts avec 41.2% de réussite et voilà les Suns 3e à l’Ouest au moment d’aborder les Playoffs.

    Playoffs 2010

    Le premier tour face aux Trail Blazers de LaMarcus Aldridge a été globalement maîtrisé par les Suns. Bien qu’ils aient été surpris lors du Game 1, Jason Richardson (23.6pts) & co marquent en moyenne dix points de plus que leurs adversaires. Le deuxième tour est un soulagement et une libération pour la franchise mais aussi pour Steve Nash. De nouveau confronté aux Spurs, le meneur est déterminé à enfin passer cet obstacle. Avec 33pts lors du Game 1, les Suns ont tout simplement balayé les Spurs !

    Pour la 3e fois en six ans, les Suns sont de nouveau en finale de conférence face aux Lakers. Les deux équipes ont remporté leurs matchs à domicile, portant ainsi la série à 2-2. Lors du Game 5, les Suns sont menés jusqu’à 18 points. Le show Nash peut alors débuter avec un million de tirs marqués. Le canadien ramène son équipe dans le match et un tir à 3-pts clutch de Richardson offre la possibilité de jouer les prolongations. Mais les dieux du basket en ont décidé autrement. Après un shoot compliqué de Kobe, Ron Artest récupère le rebond offensif sur la tête du héros éphémère Richardson, et marque au buzzer. Victoire Lakers.

    Pour le Game 6, Kobe s’est assuré de bien enterrer les derniers espoirs de Finales des Suns. Avec 37pts, il enfonça le dernier clou refermant ainsi le cercueil. A l’heure d’écrire ces lignes, cette rencontre était le dernier match de Playoffs de la franchise.

    Après cette énième déception, Stoudemire décida de rejoindre Mike D’Antoni à New York. Leandro Barbosa est envoyé à Toronto en échange de Turkoglu et Goran Dragic à Houston en échange d’Aaron Brooks. Pour la première fois depuis 2005, les Suns ont un bilan négatif lors de la saison 2010-2011.

    Nouvelles figures du run & gun avec James Harden avec Mike D’Antoni – via businessinsider.fr

    Pendant six saisons, Phoenix a été au dessus des 56% de victoires en saison régulière, en renversant les principes établis par de nombreuses équipes. Les Suns n’ont pas eu peur d’aller à contre courant en proposant un jeu rapide et envolé. La consigne tactique « 7 » or less » a même fait l’objet d’un livre par l’auteur Jack McCallum. Une philosophie qui depuis est la norme pour de nombreuses équipes, dont les Warriors, coachés par Steve Kerr mais aussi les Rockets sous le commandement de … Mike D’Antoni.