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  • Itinéraire d’un finaliste NBA : Los Angeles Lakers

    Itinéraire d’un finaliste NBA : Los Angeles Lakers

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Comme un signe… Dans cette année 2020 si particulière, les Lakers, encore touchés par la perte du regretté Kobe Bryant, viennent de se qualifier pour la 32ème finale de leur histoire, la première depuis 2010, date de leur 16ème titre, avec un Kobe MVP des Finales. Comme un signe… Retour sur cette épopée !


    L’off-season des Lakers, ça a donné quoi ?

    Deux mouvements majeurs ont eu lieu. Le premier apparaît peu de temps après la fin de saison 2018-19 des Lakers. Luke Walton, considéré comme responsable de la non-qualification des Lakers en playoffs, est destitué de son rôle de coach. L’ex-assistant coach des Warriors prendra la direction des Sacramento Kings (31V – 41D sur l’exercice 2019-20).

    Rob Pelinka, directeur général des Lakers, doit donc choisir son remplaçant et jette son dévolu sur Frank Vogel, absent des bancs NBA la saison dernière après avoir vécu 2 années très compliquées du côté du Magic d’Orlando. A côté de lui s’installent notamment Jason Kidd et Lionel Hollins, qui, eux aussi, n’avaient pas côtoyés les vestiaires depuis un petit moment. Un « coaching staff » revanchard, à l’image des joueurs, prêts à réussir là où les autres ont tous échoués depuis 2010 : aller en Finales NBA et remporter le titre.

    Le deuxième mouvement est sûrement le plus important. Il manquait une pièce majeure à cet effectif pour qu’il passe dans une autre catégorie, celle de favori au titre. En effet, la saison passée était trop mitigée sur le plan humain pour pouvoir espérer quoi que ce soit. Les Lakers n’avaient pas un véritable soutien à LeBron James. Kyle Kuzma, sophomore (2ème année) à l’époque, n’avait pas la carrure pour porter cette équipe en complément de « LBJ » et Ingram semblait ne pas pouvoir supporter ce statut dans une ville pleine d’attentes comme Los Angeles.

    Il a fallu arranger ça. Quelques coups de fils, et un trade annoncé par Adrian Wojnarowski (ESPN) le 15 juin 2019 :

    Le trade mettra quelques temps à s’officialiser, raisons financières oblige, mais les Lakers réalisent le plus gros coup de la « free agency » 2019. Cela faisait quelques mois que la venue d’ »AD » était dans les rumeurs, mais c’est officiel : Anthony Davis est un Laker.

    Et même si Brandon Ingram (Most Improved Player 2020) & compagnie s’éclateront à New Orleans durant la saison actuelle, difficile de donner les Lakers perdants de ce trade. En ramenant un sextuple All-Star, 3 fois membre de la All-NBA 1st Team, Los Angeles se garantit quasiment une saison pleine et assure, aux yeux des fans et des insiders, une place dans le haut du tableau NBA.


    Anthony Davis, joueur star du Media Day 2019 des Los Angeles Lakers.
    © Photo par Scott Varley / GETTY IMAGES


    A noter le recrutement de Talen Horton-Tucker (8 matchs joués cette saison, playoffs inclus) au travers de la draft, et la re-signature de plusieurs joueurs présents l’an passé, parfaitement inscrits dans la continuité des efforts déjà fournis.

    Les Los Angeles Lakers étaient, sur le papier, prêts à régner sur l’Ouest.

    Une saison régulière à la hauteur des espérances

    Le début de saison des Lakers est tout simplement incroyable. Cependant, elle n’a pas commencé de la meilleure des manières avec une défaite lors du premier match face aux rivaux de Los Angeles, les Clippers.

    Il n’en fallait pas plus à ce groupe pour être motivé : 24 victoires et 2 défaites sur les 26 matchs suivants.
    Rayonnants, éblouissants, ils imposent leur rythme et leur jeu au fur et à mesure de la saison. Une série de 4 défaites viendra stopper cette dynamique, mais là n’est pas le fait : les Lakers sont bien présents au rendez-vous !

    La dynamique suit, et les Lakers atteignent 26 victoires pour 7 défaites au moment de commencer cette année 2020.

    Mais cette année 2020 ne nous a pas fait vivre les émotions que nous avions espéré… Le 25 janvier 2020, dans le Wells Fargo Center de Philadelphie, LeBron James inscrit 29 points et dépasse la légende du basket Kobe Bryant en devenant le 3ème meilleur scoreur de l’histoire de la NBA. Fierté pour deux hommes aux destins étroitement liés, et plus proches qu’on ne pourrait l’imaginer.
    Malheureusement, quelques heures plus tard, le 26 janvier, un accident d’hélicoptère coûta la vie de Kobe Bryant, de sa fille Gianna Bryant ainsi que celles de Payton & Sarah Chester, Alyssa, Keri & John Altobelli, Christina Mauser, et Ara Zobayan.

    L’état d’esprit du groupe en sera bouleversé. Mais cela l’a encore plus soudé, tous liés autour d’un seul but : gagner pour Kobe.

    Ils terminent sur un 12V-4D avant que la saison NBA ne soit stoppée à cause du coronavirus. La dynamique est relancée.

    Bilan de la saison régulière : 52 victoires – 19 défaites (1er de la conférence Ouest)

    Les playoffs, simple voyage vers les finales NBA

    1er tour : (#1) Los Angeles 4 – 1 Portland (#8)

    Il a fallu que la machine se mette en route pour battre les Trail Blazers de Portland, équipe qualifiée grâce au play-in, système mis en place par la NBA cette année pour rajouter un peu de piment aux playoffs.
    Ce play-in, qui a permis à Portland d’avoir les jambes prêtes pour ce match n°1, tend un piège aux Lakers.

    1-0 pour Portland, à l’issue d’un match très incomplet de la part des joueurs de Frank Vogel. C’est la piqûre de rappel : rien n’est simple lors des Playoffs, même quand on finit premiers de sa conférence.

    Après cette défaite, Los Angeles ne laissera aucune chance à Portland, à l’image de ce match 4 où Portland ne passera pas une seule seconde devant au score, et s’inclinera 135 à 115. Les Lakers enchaîneront 4 victoires de suite.

    Portland usé physiquement de cette bulle, LeBron en triple-double de moyenne, Kentavious Caldwell-Pope qui passe un cap : 4-1 pour les Lakers.

    2ème tour : (#1) Los Angeles 4 – 1 Houston (#4)

    Première grosse confrontation pour les Lakers, qui affronte un Houston qui s’est très difficilement détaché d’Oklahoma City au premier tour.
    Et comme pour le premier tour face à Portland, Los Angeles débute très mal et Houston s’impose dans un match très bien géré par les Texans.

    Derrière ? « Next series, same series ». Les Lakers déroulent leur jeu, ils s’adaptent plutôt bien à ce que propose les Rockets offensivement notamment, en les forçant à moins exploiter le jeu à 3 points, et en enfonçant un Russell Westbrook mal engagé depuis les débuts des playoffs.

    Cette série permet également la réintroduction du meneur de jeu Rajon Rondo, absent depuis le 10 mars 2020. Il sera l’auteur d’une série plutôt complète, montrant une fois de plus qu’il hausse constamment son niveau de jeu une fois en playoffs.

    Les 4 matchs suivants ont beau être serrés, Houston n’y croit pas plus que ça. 4-1 pour les Lakers une fois de plus.
    Direction les finales de conférence !

    Western Conference Finals : (#1) Los Angeles 4 – 1 Denver (#3)

    Deux équipes aux parcours complètement différents mais avec une même mentalité : même derrière sur le tableau d’affichage, il ne faut rien lâcher. Denver connaît les situations de renversement car ils viennent d’enchaîner deux remontées d’affilée.

    Dans leurs 2 premières séries, les Nuggets étaient menés 3 victoires à 1, mais ont tout de même réussis à s’imposer 4-3 à chaque fois. Tout simplement historique.

    C’est forcément plein d’ambitions qu’ils abordent cette série face aux Lakers. Et cette fois-ci, LeBron et les siens ne laissent pas le 1er match à l’adversaire.
    Équipe avec le meilleur pourcentage aux tirs des playoffs, Los Angeles continue sur sa lancée en claquant un 50.2% de moyenne sur la série ! En face, Denver répond avec un excellent 48.6% !

    Résultat : c’est la série avec la plus faible moyenne de rebonds pris par match sur ces playoffs (73.6 pour les deux équipes combinées) !
    Anthony Davis, qui a une jolie moyenne en carrière de 10,9 rebonds par match joués en playoffs, y réalise même sa pire moyenne sur une série, avec uniquement 6,2 prises par match !

    Malgré tout ça, les Lakers se retrouvent rapidement en position de force et mènent 3 victoires à 1. Immédiatement, les comparatifs se font et les Nuggets rêvent d’une troisième remontée historique. Mais LeBron n’y a pas été favorable. 38 points, 16 rebonds, 10 points dans le 5ème match pour le King, et les Lakers s’imposent pour la 3ème fois consécutives 4 victoires à 1.

    Statistiques collectives et individuelles sur les Playoffs


    Statistiques des Los Angeles Lakers sur les Playoffs 2020



    Statistiques individuelles des joueurs des Los Angeles Lakers sur les Playoffs 2020


    Une défense sur écran intraitable

    Quand on pense au jeu offensif produit par Miami, on pense au mouvement, à l’équilibre, à la répartition des tirs et surtout aux écrans !
    Membre omniprésent du jeu d’Erik Spoelstra, Miami adore jouer avec les écrans. Et les Lakers en face, qu’en pensent-ils ? Ils adorent défendre sur les écrans !

    Avec des joueurs dynamiques et super actifs sur les lignes de passe, les Lakers possèdent une des meilleures défenses sur écran de toute la NBA.
    Difficile de donner tort aux chiffres ci-dessous.


    Statistiques de Miami (en attaque) et de Los Angeles (en défense) sur les tirs liés à un écran lors des playoffs 2020.


    Partout où Miami excelle offensivement, Los Angeles excelle défensivement, notamment dans le jeu de pick&roll, où les Lakers n’encaissent « que » 18 points par match depuis le début des Playoffs.

    Forcément, en jouant 5 matchs contre Houston, qui monopolise le ballon et pose peu d’écrans, les statistiques sont un peu faussées. Mais ça reflète un sentiment général : Los Angeles va gêner Miami sur les écrans.

    Gros plan sur les Finales NBA !

    Comment les aborder côté Los Angeles Lakers ?

    Sans se reposer sur leurs acquis.
    A l’image des premières séries, il ne faudra jamais se relâcher, surtout face à un Miami qui score 1,13 points par possession après avoir encaissé un panier (3ème de la ligue sur les playoffs). Il faudra également ne pas se déconcentrer de la tâche finale, du trophée qui leur tend les bras.

    Attention à ne pas se reposer sur LeBron James et sa maîtrise des Finales NBA, sous peine de voir une finale 2018 n°2 avec des Cavaliers ultra dépendants de LeBron. Le banc devra convaincre, et sera très important dans la mise en place du jeu californien.

    Ils doivent être notamment conquérants dans la bataille du rebond, véritable ancre au succès des Lakers depuis le début des Playoffs. Avec des joueurs talentueux dans ce domaine comme Davis, Howard, James ou même McGee, difficile de voir Miami lutter efficacement et dans la durée, même avec un joueur comme Adebayo dans la raquette.

    Dernier point : assumer son statut de leader de conférence et ne pas laisser Miami prendre confiance, surtout grâce à toute cette expérience collective. A l’instar de la série face à Portland, il faudra stopper l’hémorragie dès que Miami prendra feu.

    Quel est leur point fort clé ?

    Anthony Davis. Comment ne pas citer ce joueur au talent monstrueux ? On aurait pu parler évidemment de LeBron James et de ses 10 finales. Mais le choix le plus évident reste « AD ». 28.8 points, 9.3 rebonds de moyenne sur ces playoffs. Un offensif rating de 130 (!!!) pour un defensive rating de 107.

    Davis est en mode machine et les Lakers le savent. Ils le servent et il se régale. Véritable menace à tous les niveaux, il explose les compteurs au niveau des lancers-francs. 147 tentés en 15 matchs, soit un peu moins de 10 par match ! Idéal au moment d’affronter Bam Adebayo, menace directe des Lakers.

    Même si Bam Adebayo est l’un des meilleurs défenseurs de la ligue (membre de la All-Defensive 2nd Team), difficile de voir « The Brow » rater sa série de Finales.


    Anthony Davis (n°3 des Lakers) aura fort à faire face à la défense collective du Heat.
    © Photo par David Santiago / GETTY IMAGES


    Anthony Davis aura probablement affaire au vis-à-vis défensif le plus dur de ces playoffs et devra faire face à la plus grande série de sa carrière.

    Quel est leur point faible clé ?

    Est-ce que Los Angeles a les armes pour stopper Miami défensivement ? Comme expliqué dans l’article sur le match 1 entre Miami et Milwaukee, Miami possède une des attaques les plus polyvalentes et efficaces de la NBA.

    Nul ne sait qui mettra 20 ou 25 points chaque soirée.
    C’est la force du Heat.

    La question est : est-ce que la défense des Lakers pourra contenir au maximum cette attaque de Miami ?
    Considéré comme l’une des meilleures défenses de la NBA, elle va faire face à une équipe qui a mis 112.8 points de moyenne à la meilleure défense statistique : les Bucks.

    Les matchups désignées seront très certainement la clé de la victoire californienne. Sans Avery Bradley, toujours absent de cette « bulle » d’Orlando, les ressources défensives sont forcément amoindries. Et quand il s’agit d’affronter une ligne arrière avec Goran Dragic, Tyler Herro, Duncan Robinson et Jimmy Butler, il faut être prêt défensivement.

    Les deux matchs Lakers-Heat joués durant la saison régulière peuvent faire preuve d’une grande maîtrise défensive de la part de Los Angeles, mais on peut difficilement se baser dessus (présence de Bradley, pas de Crowder/Iguodala).
    Cependant, Frank Vogel doit actuellement se creuser les méninges pour trouver la solution qui limitera le plus possible l’apport de chaque joueur du Heat.


    A lire : Itinéraire d’un finaliste NBA version Miami Heat

    Ainsi s’achève le récapitulatif de cette équipe des Los Angeles Lakers, favori du début jusqu’à la fin de saison. A la recherche d’un 17ème titre, et d’une égalisation au niveau du palmarès avec les Celtics, cette franchise mythique, accompagné de ses fans les plus fervents, attend , depuis plus de 10 ans, la consécration ultime qui leur tend la main aujourd’hui.

    Nous pensons, dans cette période de fête et de joie liée au basket-ball et aux Lakers, plus que jamais à Kobe Bryant, légende du basket-ball et à toutes les personnes touchées de près ou de loin par sa perte.

    Sources : NBA.com, Basketball Reference, ESPN, inpredictable.

  • Itinéraire d’un finaliste NBA : Miami Heat

    Itinéraire d’un finaliste NBA : Miami Heat

    Par Benjamin Gisse (@MagicBenJohnson)


    Comme un signe… Miami, fraîchement orphelin de leur légende Dwyane Wade, parti à la retraite, a réussi sa transition à la perfection en formant le collectif le plus surprenant de la NBA. Arrivés comme outsiders en playoffs, ils se sont hissés avec leurs moyens sur la dernière marche, celle des finales NBA. Retour sur une saison très intense !


    L’off-season du Heat, ça a donné quoi ?

    L’off-season a été totalement chargée. Probablement l’une des plus bouleversantes de la jeune histoire du Heat. Peut-elle se résumer un mouvement ? Probablement pas. Mais une arrivée a marqué la saison de l’effectif floridien : celle de Jimmy Butler en provenance de Philadelphie.

    Véritable tornade dans le collectif du Heat. Les médias s’affolent : pourquoi « Jimmy Buckets » décide-t-il de quitter les 76ers pour rejoindre un groupe faible et sans vraiment d’ambition, destiné à finir 8ème de la conférence ?
    Butler avait peut-être lu l’avenir avec Pat Riley et Erik Spoelstra lors de cette fameuse réunion de juillet 2019, où, au bout 5 minutes, il annonça qu’il était dans le projet, sans même avoir écouté celui-ci. La connexion avec le staff était immédiate, presque innée. A Miami, ils appellent ça la « Heat Culture », ce mélange de compétitivité, de rage de vaincre, d’efforts, d’intensité, de confiance mutuelle. C’est l’endroit rêvé pour le quadruple All-Star.

    Il est également rejoint par Meyers Leonard dans un trade à 4 équipes, avec donc les 76ers de Philadelphie, les Los Angeles Clippers et les Portland Trail Blazers. Ce trade entraîne notamment le départ d’Hassan Whiteside, pivot titulaire de Miami, à Portland. Autrefois récupéré après un passage au Liban et en Chine, Whiteside avait explosé lors de la saison 2015-16, avant de décliner petit à petit et de perdre sa place au profit d’un petit espoir : Bam Adebayo.

    Confiance totale envers le jeune joueur, qui va ainsi aborder sa 3ème année NBA et sa première sans Whiteside.
    Pat Riley complète l’équipe avec 4 rookies, dont 2 draftés lors de la draft 2019 : Tyler Herro (choix #13), KZ Okpala (choix #32), Kendrick Nunn (undrafted, ex G-League) et Chris Silva (undrafted).


    Bam Adebayo : base solide pour l’avenir… et le présent de Miami
    © Photo par Michael Reaves / GETTY IMAGES


    Miami resigne également pour une année supplémentaire la légende absolue Udonis Haslem, membre de la franchise depuis 17 saisons et véritable mentor depuis quelques saisons.

    Résultat : l’effectif est totalement bouleversé, mais le staff est sûr de lui, ils ont un effectif pour aller loin.
    Seulement 6 membres de l’équipe, présents lors du match 6 face à Boston dimanche dernier, étaient joueurs de Miami l’an passé.
    Seulement 5 étaient présents lors des derniers playoffs joués par le Heat (exercice 2017-18).
    Seul Haslem était présent sur la dernière finale jouée par Miami (2014 vs Spurs).
    Reconstruction ultra rapide… et efficace !

    Une saison régulière détonante !

    Commence en fanfare, avec un 15V-5D en 20 matchs, avec notamment de précieuses victoires contre Milwaukee et Toronto, considérés comme des cadors de la conférence.

    Portés par cette même envie de jouer collectivement, les nouveaux arrivants ne mettent pas longtemps à s’exprimer et à rentrer dans le moule. Triple-double de Jimmy Butler par-ci, 36 points de Kendrick Nunn par-là…
    Ce début de saison voit même Justise Winslow, espoir sans fin miné par les blessures, réaliser un très bon début de saison.

    La saison se déroule sans trop d’accrocs, jusqu’à ce qu’arrive l’incident Dion Waiters. Overdose de « bonbons » dans un trajet en avion, transporté à l’hôpital pour y recevoir des soins en urgence. La sanction est immédiate : Pat Riley ne veut plus entendre parler de ce joueur, et cherche à le donner aux 29 autres franchises.

    Pendant ce temps-là, Miami continue son plein de victoires, et Justise Winslow se blesse pour la énième fois. Les médecins ne se prononcent pas encore, mais nous savons aujourd’hui qu’il allait être écarté des terrains pour toute la saison. Très cher aux yeux des fans floridiens, on pense alors que Miami, avec un James Johnson arrivé en surpoids au training camp et qui ne retrouve pas le niveau d’antan, n’arrivera pas à enchaîner.

    C’est sans compter sur le département du recrutement floridien qui a déniché une perle rare : Duncan Robinson, maître absolu du tir à 3 points. Le jeu de main-à-main et d’écrans pour « D-Rob » devient de plus en plus létal au fur et à mesure de la saison. Plutôt timide dans un premier temps, l’ex-joueur de Michigan a pris en température, avec un mois de décembre à 50,4% sur 7,8 tentatives à 3 points !

    Le 6 février, peu avant la coupure « COVID-19 », Miami réalise une grosse journée. Fini les cas Dion Waiters et James Johnson, ainsi que pour Justise Winslow. Les 3 joueurs sont transférés.
    Waiters et Winslow partent à Memphis, mais n’y joueront pas, Waiters étant immédiatement coupé (Lakers ensuite) et Winslow étant blessé.
    James Johnson, quant à lui, part à Minnesota où il retrouvera un peu de couleurs.

    En contrepartie, Miami récupère Jae Crowder, Andre Iguodala et Solomon Hill. 3 joueurs d’expérience, donc l’éthique est claire. Riley veut des joueurs qui se donnent à 100% pour l’équipe, et qui ont faim. Nous verrons ensuite que ce transfert a été vraiment bénéfique…

    Bilan de la saison régulière : 44 victoires – 29 défaites (5ème de la conférence Est)

    Les playoffs, consécration d’un collectif incroyable

    1er tour : (#5) Miami 4 – 0 Indiana (#4)

    C’est une équipe réduite d’Indiana que Miami affronte au premier tour des playoffs. Avec un Victor Oladipo à peine remis de sa blessure et très très limité, mais surtout sans Domantas Sabonis, leur All-Star, les Pacers se reposent sur l’un des maîtres de la « bubble » floridienne : TJ Warren. Sans succès. Les statistiques de Warren ne sont pas mauvaises, mais loin de ce que l’on pouvait imaginer en termes d’impact sur le jeu.

    Dans une série basée sur une pseudo-rivalité entre Jimmy Butler et T.J. Warren, l’impression de rivalité n’a été visible que dans les médias. Le collectif du Heat est trop fort, et maîtrise une série inégale dès la première minute. La sanction est dure et sans appel pour Indiana : 4-0 Miami. 

    2ème tour : (#5) Miami 4 – 1 Milwaukee (#1)

    Le deuxième tour marque le premier gros choc pour le Miami Heat. Ils affrontent la meilleure équipe de la saison régulière, celle du MVP et du défenseur de l’année Giannis Antetokounmpo : les Milwaukee Bucks.
    Et si le 1er match de la série a facilement tourné à l’avantage de Miami, personne n’aurait pu prévoir la suite de la série.

    Giannis Antetokounmpo est muselé, peine à créer pour lui et les autres, et Milwaukee doit espérer des exploits de Khris Middleton et Brook Lopez, peu habitués à ce rôle. Les 3 premiers matchs sont sans appel, 3-0 pour Miami, Milwaukee est dans les cordes, et tout va s’empirer quand Giannis se blessera à la cheville durant le 3ème match. Il tentera de revenir lors du quatrième match, mais la blessure s’empirera, mettant fin à ses playoffs. Les Bucks gagnent cependant ce match au mental, prouvant qu’ils n’ont rien lâché dans cette série et évitent le sweep. Miami excelle, Miami est conquérant, 4-1 Miami.

    Eastern Conference Finals : (#5) Miami 4 – 2 Boston (#3)

    Duel au sommet entre les deux équipes qui ont régné sur ces playoffs à l’Est. Pourtant, ce sont deux franchises qui se sont classées 3ème et 5ème à l’issue de la saison régulière. C’est d’ailleurs la première fois depuis la saison 2010-11 qu’une équipe classée dans une des deux premières places d’une conférence n’arrive pas à atteindre une finale de conférence. A l’époque, c’était Dallas (#3) contre Oklahoma City (#4). On connait la suite…

    Deux franchises mythiques sur ce siècle, une rivalité de retour. Et en face de Miami, se présente Boston, qui vient d’éliminer Philadelphie (4-0) puis Toronto (4-3). Rien que ça.
    Jugée et vécue comme la série la plus serrée de la conférence, côté prédictions, personne ne sait sur quel pied danser. On analyse les forces, les faiblesses, les matchups… Mais c’est du 50/50. Enfin… C’était du 50/50 avant que Spoelstra n’abatte sa carte ultime, son joker, utilisé avec parcimonie jusqu’à cette confrontation : la défense de zone. Boston, armé d’une armada sur les postes extérieurs, n’a pas su réagir au point de dominer Miami. La série tourne rapidement à l’avantage de Miami (2-0 puis 3-1). Boston tente de réagir dans un match 5 ressemblant étrangement au match 4 face à Milwaukee.

    Cependant Miami semble serein mentalement, le groupe reste très soudé et se remobilise pour un match 6 à l’image de la série : serré mais gagné par Miami sur l’aspect mental, ils passent un cap.

    Statistiques collectives et individuelles sur les Playoffs


    Statistiques du Miami Heat sur les Playoffs 2020



    Statistiques individuelles des joueurs du Miami Heat sur les Playoffs 2020


    Miami : l’équipe qui a profité de la coupure COVID-19

    La coupure liée au coronavirus n’a pas bénéficié à tous les groupes, loin de là. Si des équipes comme Phoenix ont su exploser dans la bulle, d’autres ont échoué à retrouver un rythme constant, comme Milwaukee.

    Miami en a profité.

    L’intégration quasiment parfaite de Jae Crowder et d’Andre Iguodala durant la bulle n’est pas anodine. Ces longs mois d’attente ont forgé un collectif, un vrai. Spoelstra a géré de la meilleure manière cette bulle en testant beaucoup de combinaisons entre les joueurs durant les seeding games. Les joueurs ont appris à mieux se connaître, et leur coach a eu confirmation de sa profondeur d’équipe : il a les moyens de faire des lineups pour gêner tout le monde. 3 adversaires différents (Indiana, Milwaukee, Boston) et toujours un résultat final flagrant. Seulement 3 matchs perdus avant ces Finales NBA. Miami sait s’adapter à toutes les situations, à tous les adversaires, car ils ont l’équipe la plus complète de la ligue, celle avec tous les profils.

    De plus, cette coupure a servi à certains joueurs afin d’affirmer leur potentiel, de grimper dans la hiérarchie. On pense au rookie Tyler Herro, qui a su exploser aux yeux de tous, notamment sur la série face à Boston, où il semblait ne plus être un rookie, mais un joueur ayant 15 séries de playoffs à son actif.

    A contrario, Kendrick Nunn, 3 fois rookie du mois de la conférence Est, et membre de la 1ère All-Rookie Team n’en a pas profité. Ayant contracté la COVID-19, il n’a pas su retrouver son niveau dans la bulle, et a très logiquement trouvé place sur le banc (104 minutes joués dans les playoffs), laissant Goran Dragic passer titulaire.

    Des rôles bien connus et définis

    Les fans de Miami pourront confirmer : le Miami Heat et Erik Spoelstra mettent en place ce jeu visuellement magnifique depuis quelques années. La confiance règne dans le staff, et la continuité est réelle.

    Il a fallu du temps, des ajustements humains pour que ce playbook fonctionne. Il a fallu également prendre du recul et sacrifier des joueurs (Hassan Whiteside, Josh Richardson, James Johnson…) qui ont porté la franchise dans ses moments durs pour récupérer les joueurs parfaits dans ce système (Bam Adebayo, Jimmy Butler, Duncan Robinson). Pat Riley l’a dit, il veut une équipe championne chaque année. Le processus a été long, mais quel résultat ! Chaque joueur sait parfaitement ce qu’il doit faire, créant un mélange parfait entre jeunes joueurs et vétérans. La menace vient de partout, on ne sait pas qui mettra 20 points sur chaque match, et ça, quand on est le coach adverse et qu’on veut de l’adaptation chez ses joueurs, c’est un calvaire…

    Gros plan sur les Finales NBA !

    Comment les aborder côté Miami Heat ?

    De la même manière que les tours précédents. Rarement pronostiqués vainqueurs, ils ont su déjouer 3 équipes classées plus haut dans le classement de la saison régulière.

    L’état d’esprit ne doit pas différer, Miami doit être sûr de ses forces, afin de masquer le plus possible ses faiblesses. La profondeur et la qualité des remplaçants doit jouer un rôle important durant cette série. Des joueurs comme Kendrick Nunn ou Derrick Jones Jr, compilant 191 minutes à eux deux sur ces playoffs, doivent être prêts à jouer, que ce soit 5 ou 25 minutes.

    L’avantage au niveau du coaching va être également important. Erik Spoelstra sait et va s’adapter offensivement et défensivement aux Lakers. C’est sûrement, même si on parle beaucoup ces temps-ci, le point le plus sous-estimé du jeu de Miami : leur adaptabilité.

    Ils doivent également se reposer sur leur jeu lent, proposer beaucoup de mouvements pour fatiguer les Lakers défensivement, et ainsi gagner en efficacité au fur et à mesure de la série.

    C’est sur cet aspect notamment que Miami a réussi à surprendre beaucoup de leurs vis-à-vis. Un jeu offensif très lent (12.7 secondes en moyenne avant de tirer sur les playoffs, 3ème moyenne la plus lente) pour une défense très énergétique, rapide et athlétique qui ne veut pas s’user sur du long terme. (12.0 secondes en moyenne pour les vis-à-vis en attaque, 5ème moyenne la plus rapide). Ainsi, ils laissent leurs adversaires se fatiguer défensivement sur des longues possessions avec beaucoup de mouvements, de poses d’écran… Et ils leur laissent peu de repos sur les phases offensives, là où normalement, en cas de fatigue collective, l’attaque commence à poser le jeu etc… Habile…

    Quel est leur point fort clé ?

    Leur capacité à finir les matchs. On aurait pu citer la profondeur du banc, Alors forcément, quand on a Goran Dragic, Jimmy Butler et Tyler Herro sur le terrain, ça aide niveau offensif. Miami sait gérer ses fins de match. Contradictoire quand on sait que c’était l’une de leurs faiblesses lors de la saison régulière. Mais l’arrivée de Crowder et d’Iguodala a changé la dynamique.

    En alignant un 5 Dragic/Herro/Butler/Crowder (ou Iguodala)/Adebayo dans les dernières minutes, le Miami Heat trouve un équilibre quasiment parfait entre attaque et défense, entre jeunesse et expérience. Le résultat est clair : Miami a scoré 430 points dans tous les 4ème quart-temps depuis le début des playoffs, contre 374 pour leur vis-à-vis.

    Cependant, d’un point de vue statistique, Miami a perdu 7 de leurs 15 4ème quart-temps jouées sur ces playoffs, mais ils n’ont jamais encaissé un écart supérieur à 5 points. Encore perfectible, mais très intéressant, ils ont les moyens pour garder une avance, creuser un écart ou même remonter au score (cf. le 4ème quart-temps du match n°3 face aux Milwaukee Bucks, gagné 40 à 13).

    Savoir finir les matchs, ça va être déterminant dans cette série de Finales.

    Quel est leur point faible clé ?

    Qui pourra stopper le duo LeBron James/Anthony Davis ? A première vue, absolument personne.
    Alors certes, on a vu les dégâts de leur défense individuelle sur Giannis Antetokounmpo, en le repoussant totalement dans ses limites, le maintenant à une moyenne étonnante de 21,8 points/match, soit sa moyenne la plus faible depuis ses premiers playoffs en 2015, où Giannis avait 20 ans à l’époque et jouait arrière ! On a également vu ce que Miami pouvait proposer à sa fameuse défense de zone, notamment face à Boston.

    On assistera sûrement à une alternance défensive, avec un surplus de zone défensive, les Lakers n’en sont pas énormément friands.

    https://twitter.com/DaveDuFourNBA/status/1310617864370556928?s=20

    Mais revenons au point principal : qui pourra réduire l’impact du duo des Lakers ? On imagine très bien une confrontation entre les deux mastodontes en provenance de Kentucky : Anthony Davis & Bam Adebayo.
    Souvent reconnue comme la confrontation la plus importante de ces finales NBA, elle devrait nous livrer une belle bataille. L’occasion pour le premier de confirmer des playoffs absolument monstrueux dans la domination, et pour le second, de passer un cap, et de prouver une fois de plus à la planète basket, que son talent et son potentiel sont incroyables.

    Pour le cas LeBron James, la tâche devrait être plus dure. Miami possède des joueurs de talent défensivement, très bien dotés physiquement pour rivaliser avec les Lakers.
    Cependant, LeBron reste LeBron. Son niveau, comme sur les dernières années, reste incroyable complet, et il gagne encore en compétence au fur et à mesure.

    Reste à savoir qui de Butler, Iguodala ou Crowder ira en priorité sur le quadruple MVP. On a du mal à voir Jimmy Butler, créateur offensif n°1, aller se charger de LeBron et s’exposer aux fautes. On assistera donc très sûrement à une alternance Crowder/Iguodala, comme un symbole de ce transfert magique opéré par Pat Riley.

    La tâche défensive s’annonce compliquée de manière générale pour le Miami Heat, mais avec tout ce qu’on a pu voir de leur part durant leurs playoffs, rien ne serait surprenant !


    Ainsi s’achève le récapitulatif de cette équipe du Miami Heat, véritable surprise à ce niveau-là. Première équipe depuis les New York Knicks de 1999 à atteindre une finale NBA sans avoir eu « l’avantage du terrain » en playoffs, ce collectif, plein de confiance, aura à coeur de prouver qu’ils ne sont pas arrivés ici par hasard !

    Sources : NBA.com, Basketball Reference, ESPN, inpredictable.