Les Trophées Individuels by ClutchTime #2

Pour cette saison 2019-2020, la rédaction de ClutchTime vous donne rendez-vous une fois par mois pour décerner les trophées aux joueurs du moment à la sauce ClutchTime évidemment.

Deuxième volet de nos trophées individuels pour le mois de février, avec au programme un mois de février chargé en émotions et en étoiles. La fin de la saison régulière avance à grands pas et certaines joueurs/équipes commencent à pointer le bout de leur nez, là où d’autres sont à la peine, entre petits bobos et épuisement.


Le MVP du Mois

Maddie Meyer/Getty Images
Jayson Tatum – Boston Celtics

Notre MVP du mois de février a peu connu la défaite ce mois-ci. Alors qu’il honorait sa toute première sélection pour un All-Star Game, à 21 ans, Jayson Tatum nous a gratifié d’une dizaine de matchs exceptionnels depuis son retour sur les parquets fin janvier. L’ailier des Celtics tourne en effet à 30.5 points par match depuis le 1er février, soit près de 9 points inscrits en plus par rapport à sa moyenne du début de saison. L’explication toute trouvée, réside certainement dans l’adresse exceptionnelle du joueur avec 47.5% d’adresse générale, pour un peu plus de vingt tirs pris par match, et pas moins de 48.1% d’efficacité au-delà de la ligne des 7m23 (neuf tentatives par match en moyenne). Des statistiques d’ailleurs en dessous du 50-50 que le joueur avait réussi à tenir avant la rencontre de cette nuit face aux Rockets.

Pour le reste, Tatum affiche également une présence exceptionnelle dans le jeu avec 7.9 rebonds, 3.2 passes, 1.2 interceptions et 1.3 contres par match en février, le tout pour un bilan de neuf victoires pour trois défaites. C’est surtout ce bilan collectif qui doit être mis en lumière tant le Celtic est parvenu à briller face à des formations relativement bien classées. De Philadelphie à OKC en passant par les Rockets (deux confrontations et deux défaites), Portland, Utah, les Clippers et leurs voisins les Lakers (défaite de deux points, mais en égalant son record personnel avec 41 points), l’effectif de Brad Stevens n’a pas chômé ce mois-ci, enchaînant les matchs à l’extérieur et sortant tout juste d’un road-trip de quatre confrontations face à des équipes de l’ouest.

Après ce mois de février digne d’un MVP, nul doute que l’ancien transfuge de Duke va arriver en avril avec le plein de confiance au moment d’aborder les phases finales avec une équipe de Boston bien partie pour conserver sa troisième place sur le podium, si son jeune ailier étoilé enchaîne ce genre de prestations chaque soir (déjà quatre matchs consécutifs à plus de 30 points, le premier Celtic depuis Kyrie Irving).


Le Défenseur du Mois

Jerome Miron-USA TODAY Sports
Khris Middleton – Milwaukee Bucks

On aurait pu citer la moitié de l’effectif des Milwaukee Bucks dans cette catégorie, tant les performances du leader de la ligue sont absolument dantesque. Si certains voient en Giannis Antetokounmpo ou peut-être Eric Bledsoe et Brook Lopez d’aussi bon ou meilleur défenseur que notre ami Khris ce mois-ci, nous avons fait le choix d’honorer le sidekick du greek freak qui a su s’inscrire dans l’ombre du MVP comme la valeur sûre de l’équipe du Wisconsin. Fin janvier Khris Middleton nous gratifiait de ses talents de scoreur en battant son record personnel (51 points face aux Wizards), faisant preuve d’une réelle autorité dans le jeu. Ce mois-ci, le All-Star tournait à 24.6 points, 8.2 rebonds, 4.9 passes et 1.1 interceptions par match, le tout avec une adresse très solide (51.7% FG dont 43.8% à 3pts) et un bilan quasi-parfait de 9 victoires et une seule défaite (face aux Pacers et privé de Giannis).

Mais ce qui nous intéresse dans le jeu de Middleton, c’est l’impact défensive du joueur dans les victoires des Bucks en février. Affichant un Defensive Rating de 96,3 points pour 100 possessions en moyenne sur ses dix derniers matchs selon NBA.com, le joueur dispose du second Defensive Win Shares derrière son coéquipier grec (0.022) et se trouve au coeur de la solidité défensive des Bucks cette saison. Middleton parvient à limiter ses adversaires à 40.1% d’adresse depuis le mois de février et 33.9% derrière l’arc. Grâce à ses performances, combinées évidemment ) celles de ses coéquipiers, Milwaukee affiche le meilleur ratio défensif de la ligue (101.6 points concédés sur 100 possessions) et son sûrement en route pour réaliser l’une des saisons régulières les plus abouties de l’histoire.


Le Sixième homme du Mois

NBA.com
Buddy Hield – Sacramento Kings

Buddy Hield est un peu la surprise de ce classement. Alors qu’on aurait pu citer Dennis Schröder, Goran Dragic ou encore les perfs exceptionnelles du jeune Coby White, Buddy Hield a su attirer la lumière ce mois-ci dans un rôle que l’on ne lui connaissait pas encore. Titulaire pendant presque la quasi-totalité des matchs de la saison, l’arrière s’est vu reléguer sur le banc fin janvier par son entraîneur Luke Walton, afin de céder sa place au Serbe Bogdan Bogdanovic. Résultat après plus d’un mois dans la peau d’un sixième homme, Buddy Love n’a en rien perdu de sa superbe. Malgré un temps de jeu inférieur (-7 minutes), le King nous sort des lignes de stats très convaincantes en sortie de banc avec 19.8 points, 4.3 rebonds et 2.9 passes décisives.

Le plus impressionnant dans cette nouvelle situation c’est que le joueur affiche quasiment les mêmes productions avec évidemment des pourcentages bien plus élevés. Avec 41.6% d’adresse dont 36% à 3pts (pour dix tentatives par match derrière l’arc), Hield a réglé la mire et affiche désormais au mois de février un très bon 47.4% d’adresse générale pour 47.5% derrière l’arc avec presque autant de tentatives prises de loin. C’est donc avec un sixième homme en très grande forme que les Sacramento Kings ont pu engranger les victoires avec dix succès décrochés sur leurs quinze derniers matchs. Cerise sur le gâteau, le joueur était invité au concours de tirs à trois-points du All-Star Game le samedi 15 février, concours qu’il va remporter avec la manière devant le Sun Devin Booker, dans un duel épique jusqu’au bout.


La Progression du Mois

Jonathan Daniel/Getty Images

Parce que les sophomores sont très (trop) rarement récompensés dans cette catégorie, le classement qui suit prendra en compte les meilleures progressions depuis un mois, justifiant d’une expérience minimum de trois saisons dans la ligue.

Aaron Gordon – Orlando Magic

Aaron Gordon l’a mauvaise. Invité pour la troisième fois au célèbre Slam Dunk Contest lors du All-Star Game 2020 qui s’est déroulé à Chicago, le natif de San José (Californie) a déjà terminé deuxième du concours en 2016 derrière Zach LaVine, dans un duel qui va rester dans les annales du concours, avant de terminer à une triste 4ème place l’année suivante, alors que la victoire lui semblait promise. Cette année, pas de LaVine, ni aucun vainqueur ou participant au concours depuis plusieurs années, mis à part le rival du Heat, Derrick Jones Jr., deuxième en 2017. Rebelote pourtant, Gordon va une fois encore se faire surprendre (ou voler) en finale face à DJJ, en dépit d’un dunk fou par dessus le joueur des Celtics, Tacko Fall.

Sûrement vexé par la décision du jury, Air Gordon s’est depuis vengé sur les parquets de la ligue en gonflant ses statistiques individuelles de manière étonnantes. Auteur de 18.6 points, 8.9 rebonds, 5.7 passes, 1.2 interceptions et près d’un contre par match, Gordon est devenu en l’espace d’un mois la troisième traction en attaque et en défense de l’effectif du Magic. Longtemps pointé du doigt pour son manque de réussite et son irrégularité chronique, il semble désormais que l’ancien Wildcats de l’Arizona se soit réconcilier avec son adresse, ce qui fait évidemment écho à la dynamique actuelle des floridiens qui viennent de gagner cinq de leur sept derniers matchs et continuent d’accroître leur avance sur les Nets. Autre fait intéressant au sujet du joueur, le double zéro vient de réaliser son premier triple-double en carrière face à Minnesota cette semaine (17pts, 11rbd, 12ast), quelques jours seulement après avoir collé 27 points, 10 rebonds, 4 passes à Brooklyn et 25 points, 10 rebonds, 6 passes à Atlanta.


Le Sophomore du Mois

USA TODAY Sports

Si la NBA honore chaque année, depuis 1953, ses rookies, les sophomores sont les laissés-pour-compte des distinctions et autres trophées conçus par la ligue. C’est la raison pour laquelle Clutch Time souhaite réparer cette erreur en récompensant à sa manière ces jeunes encore en plein apprentissage.

Trae Young – Atlanta Hawks

On retrouve un habitué des podiums, titres honorifiques et récompenses individuelles en tout genre. Trae Young sonne comme une évidence cette saison, au même titre que son alter ego Luka Dončić à l’Ouest. Sélectionné comme le slovène pour la première pour le match des étoiles (mais également pour l’opposition entre la Team USA et le reste du monde), le jeune meneur des Hawks nous a encore livré un mois de février de toute beauté. Dans la continuité de son mois de janvier, il tourne ce mois-ci à 31.3 points, 3.4 rebonds et 10.1 passes décisives sur ses douze dernières rencontres. Tout simplement le meilleur passeur de la ligue ex-aequo avec le King LeBron James. Rien que ça !

Alors certes, plusieurs personnes trouveront à redire sur son adresse en baisse : 42.3% FG (-2.8) et 33.9% à 3pts (-3.6), ou encore un nombre de défaites encore trop important (bilan de 11 victoires et 14 défaites depuis janvier), mais s’il y a bien un domaine dans lequel le meneur peut être remis en cause, c’est bien sur son dévouement et sa domination dans plusieurs secteurs du jeu des Hawks cette saison. Avec un bilan équilibré de six victoires et six défaites depuis février (il n’a pas joué lors du déplacement à Boston), Ice Trae semble avoir trouvé en son coéquipier John Collins, un renfort de poids et relais en attaque pour envisager une fin de saison moins chaotique. L’intérieur s’est mué dans un rôle de pivot fuyant qui commence enfin à porter des fruits, à peine mûrs, mais pleins de promesses. Si on ajoute aussi la régularité trouvé d’un Cam Reddish et les apports plus conséquents de De’Andre Hunter et Kevin Huerter, les Hawks avancent enfin en ordre regroupé (mais fragile).


L’entraîneur du Mois

Rich Pedroncelli/Getty Images
Luke Walton – Sacramento Kings

Luke Walton pour le trophée de l’entraîneur du mois… On croirait entendre une mauvaise blague ! Pourtant, à y regarder de plus près, l’ancien entraîneur des Lakers revient d’assez loin cette saison. Avec un bilan de 12 victoires pour 22 défaites au 31 décembre, les Kings, handicapés par les blessures et le manque de cohérence dans le jeu faisant peine à voir. Hors depuis le mois de janvier, la donne a changé pour la franchise californienne qui a su relever la tête avec 13 victoires décrochées pour 12 revers seulement. Un bilan juste à l’équilibre mais qui est d’autant plus encourageant que depuis le mois de février, l’équipe de Walton affiche un très bon bilan de 7 victoires pour 4 défaites seulement (dont deux face aux Lakers et aux Bucks).

Et c’est surtout dans le coaching que Walton s’est illustré, d’abord en réglant un dilemme auquel il était confronté. En faisant confiance désormais à Bogdan Bogdanovic au poste de titulaire à l’arrière, au côté de De’Aaron Fox, Buddy a été relégué à un rôle de sixième homme…et ça marche ! Comme évoqué plus haut, Hield est devenu un joueur aussi prolifique et efficace qu’espéré et à contrario c’est bel et bien le serbe qui connaît une baisse de forme un peu plus inquiétante. L’autre motif de satisfaction c’est évidemment le retour en grâce depuis un mois de l’ailier fort Harry Giles. Titulaire sur huit des dix derniers matchs, le joueur pointe enfin le bout de son nez et l’osmose dans ce groupe laisse apparaître de belles perspectives pour la fin de la saison pour pourquoi pas aller décrocher le 8ème spot des Grizzlies ?


Les Trophées by Clutch Time :

The Eternal Sunshine of a Victorious Mind (Kobe Bryant)
NBA.com

On ne pouvait pas aborder ces trophées du mois de février sans évoquer une fois encore la mémoire de Kobe Bryant, disparu tragiquement avec sa fille, Gianna, et de sept autres personnes dans un accident d’hélicoptère le 26 janvier dernier. Après plus d’un mois et une douleur presque encore intacte dans nos coeurs de fans, les plus grands noms de la balle orange et du sport en général (et du showbizz) ont enchaîné les hommages afin d’honorer la mémoire de ce champion d’exception. Épilogue de ces hommages, était organisée une cérémonie exceptionnelle au Staples Center lundi dernier, afin d’adresser un dernier au revoir à la légende californienne.

Tout le monde de la NBA s’était ainsi réuni autour de Vanessa Bryant et de ses filles au cours d’un évènement durant lequel plusieurs personnalités rendront hommage successivement au Black Mamba, à commencer par sa femme qui va prononcer un discours rempli d’émotions, suivi par un Michael Jordan en larmes…Kobe Bryant pour celles ou ceux qui ne se souviendraient pas des grandes lignes de sa carrière, voici un petit aperçu de son pedigree :
Kobe Bean Bryant, née à Philadelphie le 23 août 1978
Lycéen à Lower Merion High School à Ardmore, drafté par les Charlotte Hornets en 13ème position en 1996.

Sous le maillot des Lakers, Kobe c’est 18 sélections au All-Star Game, 15 nominations dans une équipe-type de la saison et 12 fois parmi les meilleurs cinq défensifs de l’année, entre 1996 et 2016.
Kobe c’est cinq titres de champions, MVP de la saison 2007-08, deux fois MVP des finales, quatre fois MVP du All-Star Game et deux fois meilleurs scoreur sur une saison régulière. C’est à travers cet aspect essentiel du jeu que Bryant sera reconnu à sa valeur en tant que meilleur arrière de sa génération, tutoyant chaque soir de match des sommets (81 points face à Toronto un soir de janvier 2006), devenant l’un des tous meilleurs marqueurs de tous les temps avec près de 39 300 points inscrits (saison régulière et playoffs confondues) et s’approchant de son modèle, et frère spirituel du basket, Michael Jordan.

Mais Kobe Bryant c’est aussi deux titres olympiques avec la Team USA, un Oscar pour son court métrage, “Dear Basketball”, un mariage en 2001 avec Vanessa Bryant, sa girlfriend depuis son plus jeune âge et mère de ses quatre filles (Natalia, Gianna, Bianka et Capri), Kobe c’est aussi un père, un mentor et un modèle pour ses filles, notamment Gianna qui, comme son paternel, prédestinée au basket, est partie beaucoup trop tôt.


Dwyane Wade pour l’éternité
Michael Reaves/Getty Images

Retiré dans la nuit du samedi 22 février, le maillot de Dwyane Wade trône désormais tout en haut de l’AmericanAirlines Arena, aux côtés des maillots de ses anciens coéquipiers au Heat, Shaquille O’Neal, Alonzo Mourning, Chris Bosh. C’est donc toute une époque qui s’en va et s’élève au panthéon des plus grands et pas n’importe lesquels ! Car D-Wade c’est ni plus ni moins que l’un des meilleurs arrières de l’histoire, considéré à juste titre comme le plus grand joueur de la franchise californienne puisqu’il aura permis à son équipe de goûter notamment aux titres en 2006, 2012 et 2013. Couronné MVP des Finales en 2006 et du All-Star Game en 2010, Wade n’aura laissé personne indifférent durant les seize années qu’il aura passé à écumer les salles.

Trois jours (comme sur le maillot) de festivités et d’hommages seront consacrés à la légende du Heat qui paraît pourtant avoir quitté les parquets hier mais qui a bel et bien raccroché le maillot au vestiaire après nous avoir offert des prestations de dingue, comme lors de la saison mythique de 2008 ou l’arrière floridien va se mêler à la lutte pour le titre de MVP de la saison avec face à lui Kobe Bryant et LeBron James. Parce que Flash a longtemps tenu les premiers rôles, depuis Miami, jusqu’à la Team USA, il est tout à fait logique de le remercier pour ce qu’il a accompli dans son sport.


Damian Lillard souffle le chaud et le froid sur la ligue
Jaime Valdez

Initialement prévu pour être notre MVP depuis plus d’un mois, on ne pouvait pas ne pas évoquer les dernière semaines hallucinantes de Damian Lillard. Lors de ses vingt derniers matchs, le Dame affichait en effet 33.9 points, 4.5 rebonds et 8.8 passes par match avec des pourcentages pharaoniques (48.9% FG et 45.4% derrière l’arc) et de belles victoires à la clé. Jusque là rien d’étonnant venant d’un des meilleurs meneurs de la ligue (surtout en l’absence de Stephen Curry), mais néanmoins impressionnant pour en faire notre meilleur joueur du mois. Mais si on creuse un peu plus ces dernières prestations, il y a une période en particulier qui retient notre attention.

Entre le 20 janvier et le 9 février, soit une semaine avant le All-Star break, notre ami meneur des Blazers gratifia le monde du basket de moyennes absolument démentielles. 41.5 points, 5.7 rebonds et 9.4 passes, le tout emballé dans une adresse divine de 51.5% au général, 51.5% à trois points et 91.6% sur la ligne des lancers. Une performance encore jamais vue dans l’histoire de la ligue ! Malheureusement comme toute les bonnes chose ont une fin, du côté de Portland la fin a souvent un goût amer et c’est sur blessure que le joueur va être contraint, et de déclarer forfait pour le All-Star Game de Chicago et s’absenter des parquets pour plusieurs semaines à cause d’une blessure à l’aine contractée à quelques jours seulement du break de février. Nul doute que Logo Lillard va revenir au taquet pour notre plus grand plaisir et ce alors qu’il doit encore aller décrocher un billet pour les playoffs.

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