Étiquette : Charles Barkley

  • 1993, l’année ou jamais pour Charles Barkley

    1993, l’année ou jamais pour Charles Barkley

    Fraichement débarqué de Philadelphie durant l’été 1992, Charles Barkley va emmener les Phoenix Suns en finales NBA au terme d’une saison grandiose, la meilleure de sa carrière.

    Le 17 juin 1992, les Phoenix Suns envoient Jeff Hornacek, Tim Perry et Andrew Lang aux 76ers de Philadelphie et obtiennent Charles Barkley. Ce dernier n’en finissait plus de rendre fou de rage les dirigeants de la franchise de Philly et ne cachait plus du tout ses envies de départ. « Chuck » veut une bague de champion NBA et pense que les 76ers ne peuvent pas l’aider à atteindre son objectif. Un échange avait initialement été annoncé avec les Lakers, mais Philly a vite annulé la transaction. Voilà donc Sir Charles dans l’Arizona, au sein d’une équipe ambitieuse qui veut s’affirmer parmi les meilleures dès cette année. « Je suis membre des Phoenix Suns et maintenant je suis très heureux, déclare-t-il à la presse lors de sa présentation. Je crois que j’avais envie de changer d’équipe, et je veux pouvoir gagner le titre. Je suis ravi de pouvoir jouer aux côtés de Kevin Johnson et Dan Majerle. Je n’ai pas joué avec de tels joueurs, deux all-star dans la même équipe, depuis mes débuts à Philadelphie. » Charles Barkley devient la première véritable star des Phoenix Suns. Tout petit pour un poste 4 (1m94) et le fessier bien en arrière, il compense par une puissance athlétique exceptionnelle et un QI basket hors du commun. Capable de remonter la balle à toute vitesse comme un meneur mais également de prendre 3 rebonds offensifs de suite et d’aller chercher le panier avec la faute, comme des pivots bien plus grands que lui. Il est aussi réputé pour son caractère et n’hésite pas à faire dans la provocation. Charles revient d’une campagne olympique historique pour Team USA, où il remporte la médaille d’or et finit meilleur marqueur de l’équipe. Dans la cité de l’amour fraternel, Barkley est devenu un homme, ainsi qu’un basketteur complet. Alors à Phoenix, il veut devenir le meilleur.

    Les Suns ont également obtenu Danny Ainge et ont drafté le gros nounours Oliver Miller (2,09m pour 143 Kg). Le coach Paul Westphal, ancien joueur des Phoenix Suns avec qui il a joué les finales NBA 1976, dispose d’une équipe de qualité, avec entre autres Kevin Johnson, Dan Majerle, Cedric Ceballos, Tom Chambers ou Richard Dumas. L’équipe de l’Arizona inaugure à l’été 1992 sa toute nouvelle salle, l’America West Arena, qui remplace l’Arizona Veterans Memorial Coliseum, une arène devenue trop vétuste et jugée trop petite.

    La saison 92-93 démarre sur les chapeaux de roues. Pour son premier match avec les Suns, Barkley colle 37 points aux Clippers, et ajoute 21 rebonds ,dont 12 offensifs, ainsi que 8 passes. Avec la victoire au bout, bien évidemment. En parlant de victoires, Phoenix va en enchainer 14 de suite durant le mois de décembre, devenant la septième équipe de l’histoire de la NBA à finir un mois invaincue. Barkley est élu joueur du mois de décembre avec des moyennes de 25 points, 13 rebonds et 5 passes. Il parait au sommet de son art et en 1993, toute la NBA craint les Phoenix Suns, véritable rouleau compresseur. Les Suns forment un collectif extrêmement bien huilé, où la bonne atmosphère règne en maitre. Paul Westphal est le coach de la situation et il parait gérer ses troupes comme un maestro. Sa science du jeu et son expérience NBA en tant que joueur font de lui un entraineur de qualité. Charles Barkley est récompensé pour la 7ème fois par une sélection dans le 5 de la conférence ouest pour le all-star game 1993, où il inscrira 16 points. Dan Majerle est lui sélectionné pour la 1ère fois. Une bien belle récompense pour celui qui fut hué par les fans de Phoenix lors de sa draft en 1988.

    Charles Barkley face à Shawn Kemp.

    Avec un bilan de 62 victoires pour 20 défaites, les Suns battent leur record de franchise. Ils n’auront perdu que 6 petites rencontres à domicile. Barkley a joué le meilleur basket de sa carrière et est élu MVP, avec 25,6 points, 12,2 rebonds et 4,9 passes de moyenne, le tout à 52% de réussite au shoot et 30% à 3 points. « Sir Charles » est devenu une superstar de la ligue, sur et en dehors des parquets. On peut le retrouver dans plusieurs publicités. Il crée d’ailleurs la polémique dans une pub pour Nike, où il déclare ne pas être un exemple à suivre pour les enfants. « Le fait que je sache jouer au basket-ball ne signifie pas que je devrais élever vos enfants. » Voilà ce qu’était aussi Charles Barkley. Un personnage fort de café qui ne mâchait pas ses mots (et qui ne les mâche toujours pas).

    La fameuse pub pour Nike.

    Une autre pub pour Nike où Charles Barkley affronte Godzilla.

    A Phoenix, on avait jamais vu une telle excitation autour des Suns. Tout le monde ne parle que de « Sir Charles » et sa bande. L’America West Arena affiche complet à chaque rencontre. Les bus de la ville sont décorés de grands portraits représentant les joueurs. « C’est un honneur d’être sur un bus, mais je n’aimerai pas voir ma tête le matin » , lance Barkley.

    Un portrait représentant Kevin Johnson.

    L’équipe de Paul Westphal arrive en playoffs avec le statut d’épouvantail de la conférence ouest. Sauf qu’au 1er tour, les Suns perdent les matchs 1 et 2 à la maison face à de surprenants Lakers, emmenés par Vlade Divac, James Worthy, Byron Scott et A.C Green. A l’époque, le premier tour se joue au meilleur des 5 matchs et Los Angeles n’est donc qu’à une victoire d’un immense exploit. En conférence de presse, Paul Westphal déclare: « On va gagner cette série. On gagnera mardi (match 3), on gagnera jeudi (match 4) et on gagnera dimanche (match 5). Tout le monde dira que cette série a été formidable. » Et c’est ce qui se passe. Les Suns gagnent la série au terme d’un match 5 serré de bout en bout qui finira en prolongations. Les valeureux Lakers ont poussé la troupe de Barkley dans ses derniers retranchements et sont passés tout près d’un « upset » retentissant. Les 31 points et 14 rebonds de Charles dans le match 5 ne seront pas de trop pour aider son équipe à accéder au second tour.

    https://www.youtube.com/watch?v=A39GjMonuhg
    Le récap de la série Suns-Lakers.

    Contre les Spurs de David Robinson, les Suns gagnent cette fois les deux premiers matchs à domicile, avec un gros match de Barkley (35 points, 10 rebonds, 7 interceptions) dans le game 2. Mais San Antonio va remporter les 2 joutes suivantes et remet les compteurs à zéro, grâce à un Robinson flamboyant dans le game 4 (36 points, 16 rebonds). Mais Phoenix, redoutable à la saison tout au long de la saison, va faire la loi et remporter les matchs 5 et 6. Barkley livre un nouveau récital dans le match final avec 28 points, 21 rebonds, 4 passes, 4 interceptions.

    En finale de conférence, Phoenix retrouve les Supersonics de Seattle, 3èmes de la conférence ouest et tombeurs des Rockets d’Hakeem Olajuwon. Emmenés par leur monstre à 2 têtes Gary Payton – Shawn Kemp, ils vont poser énormément de problèmes aux Suns et prolonger la série jusqu’au game 7 décisif. C’est à ce moment là que « Sir Charles » va réaliser la plus grande performance de sa carrière. 44 points, 24 rebonds à 12/20 au shoot. Un récital qui envoie Phoenix en finales NBA pour la seconde fois de l’histoire de la franchise. Dans cette performance intemporelle, on retrouve tout ce qui caractérisait Charles Barkley sur un terrain de basket: de l’énergie à revendre, des rebonds offensifs par paquets (10 ce soir là), une science du jeu phénoménale et des transitions offensives dignes d’un meneur comme Kevin Johnson.

    Les highlights de Charles Barkley lors du game 7 face aux Sonics.

    Les Suns retrouvent en finales les Bulls de Michael Jordan et Scottie Pippen. Ces derniers ont pour ambition de devenir la première équipe à réaliser le « three-peat » depuis les Celtics des années 1960. La tâche est ardue, l’équipe de l’Arizona ne part pas favorite mais elle donnera tout ce qu’elle a pour tenter de faire tomber les impitoyables Chicago Bulls. A l’exception du match 4 remporté par Chicago, aucune des deux équipes ne parviendra à l’emporter à domicile. Dans le match 2, Barkley plante 42 points et ajoute 13 rebonds mais Chicago l’emporte de 3 petits points et mène la série 2-0. Le match 3 est irrespirable et se termine en trois prolongations par une victoire des Suns, grâce à une énorme prestation collective des joueurs de Paul Westphal. Ce dernier devient d’ailleurs le premier (et seul pour l’instant) à avoir participé à 2 matchs de finale conclus par trois prolongations.

    Les highlights du match 3 entre les Suns et les Bulls.

    Dans le game 4, Michael Jordan est égal à lui-même, intouchable. 55 points pour « His Airness » et une victoire 111-105 des taureaux. Barkley déclare avant le game 5 : « Il faut sauver la ville! », en référence aux émeutes que craignaient les autorités de Chicago si les Bulls remportaient le match et donc le titre. Et en effet les Suns gâcheront la fête et reviennent à 3-2. Le rêve prendra malheureusement fin dans le match 6, un match que les Suns auraient pu remporter sans ce shoot terrible de John Paxson. Les Bulls sont champions NBA, les Suns sont vaincus et plus rien ne sera pareil pour Barkley, qui continuera d’être all-star mais ne passera jamais aussi près d’un titre NBA. Cette année là, « Sir Charles » a marché sur la ligue mais un MJ au sommet de son basket (4 matchs de suite à plus de 40 points dans les finales) aura finalement mis fin au rêve de toute une ville.

    Charles Barkley, MVP de la saison 1992-1993.

  • Richard Dumas: Le fol espoir

    Richard Dumas: Le fol espoir

    Carrière universitaire:

    Lors de ses années à l’université, Dumas joue sous les couleurs d’Oklahoma State en Big 8 conference. Pour sa première année, il réalise une saison à 17,4 points de moyenne. Son impact au scoring baissera peu à peu durant les deux saisons suivantes, passant à 15,7 points par match pour la seconde à 12,7 points par match pour la troisième.

    Le Joueur:

    Richard Dumas est un ailier de 2m01 pour 91 kg. Dumas est un veritable voltigeur. Sa capacité de dunk est folle, elle qui lui donnera la chance de participer au concours de dunk des lycéens en 1987. Son shoot à mi-distance, quant à lui, est plus que correct.

    https://www.youtube.com/watch?v=ErwfJoBIIY0
    High School Dunk Contest 1987

    Sa draft:

    Richard Dumas,ailier de 2m01, se présente à la draft 1991. Il est selectionné à la 46ème place par les Phoenix Suns. Mais son entrée en NBA ne se déroulera pas comme prévu… Dumas est suspendu une année pour violation de la loi d’usage de drogue en NBA.

    Le retour du rookie:

    L’année galère passée, Richard peut enfin commencer son aventure en NBA. Nous sommes à l’entame de la saison 1992-1993, et Dumas revient dans une franchise plus competitive que prévu… Charles Barkley vient d’arriver, il y a peu de temps, à Phoenix. Les Suns de Sir Charles, Dan Majerle et Kevin Johnson veulent concurencer les Bulls de Jordan et Pippen.

    La saison rempli d’espoir: 1992-1993

    La saison de Richard Dumas commence en trombe, c’est une véritable surprise. Après 19 matchs? ses stats se portent à 15,8 points et 4,6 rebonds par match. Ce superbe début de saison lui permet d’intégrer le 5 majeur! La saison régulière des Suns est un récital et se conclut sur un bilan de 62 victoires.

    L’heure est au Playoffs !

    Playoffs: Objectif Finales

    Les Suns affrontent les Lakers de Divac, Byron Scott ou encore AC Green lors du premier tour. Richard est sur le banc et inscrit 6 points lors du premier match, dans lequel les Suns s’inclineront. Le game 2 et le game 3 sont d’une tout autre tournure pour Dumas. Tituarisé, il réalise deux superbes matchs à 18 points chacuns.

    Les Suns remportent la série 4 à 2. Les Suns rencntrent les Spurs de David Robinson pour ce second tour. Phoenix battra les Spurs sur le même score que les Lakers, avec toujours un Dumas important en facteur x de cette équipe.

    La finale de conf s’annonce extrèmement intense face à aux SuperSonics de Payton et Kemp. On ne s’y trompe, les Suns l’emporteront finalement en 7 matchs. Cette série fut compliqué pour Dumas, Ceballos est préféré à son poste pour les deux premiers matchs et son impact au scoring fut bien moindre.

    Mais, le rêve d’affronter les intouchables Bulls de MJ et Pippen en Finales NBA va se transformer en réalité ! Les Suns y sont !

    NBA Finals: Dumas étincelant

    Game 1:

    Richard Dumas est titularisé à l’aile pour ce premier match de la série. Charles Barkley aura beaucoup de mal, avec seulement 36% pour 21 points, il rate son entrée. Mais, Dumas, quant à lui, est dans son match, 20 points à 50% au shoot pour le rookie. Mais ça ne sufiera pas à faire rompre les bulls de MJ, auteur de 31 points. Victoire de Chicago.

    Game 2:

    Dumas, avec 8 points, est plus timide lors de ce match; laissant encore plus de place à Charles Barkley, auteur d’un match monstre t inscrivant 42 points. Mais, les Bulls ne chutent toujours pas avec 42 points de MJ. Chicago mène 2 à 0.

    Game 3:

    Après 2 défaites à domicile, les Suns doivent se reprendre pour espérer renverser la tendance. Le match est long, très long. Les Suns revivent lors de ce match, Dumas intercepte, score à mi-distance, dunk, défend dur… Bref, gros match du rookie, qui inscrit 17 points et réalise 3 interceptions. Après 3 overtime, les Suns l’emportent ,à Chicago, avec Sir Charles, KJ et Majerle tous au dessus de 24 points. Phoenix revient !

    Game 4:

    Un seul mot ou nom à dire dans ce match… JORDAN. 55 points pour Michael. Un gros match encore pour Dumas, inscrivant 17 points; mais face à Jordan même les 32 points de Charles n’ont pas suffit. Les Bulls mènent 3 à 1.

    Game 5: Richard Dumas en mode ALL-STAR

    Phoenix n’a pas le choix, il faut gagner. Barkley doit sortir un match venu de l’espace. Mais, le match venu de l’espace ne sera pas pour Sir Charles mais bien pour le petit rookie, 46ème choix de draft. Richard est chirurgical, 25 points à 12/14 au shoot. Embêtant grandement Pippen, son apport défensif est également à souligner. Les Suns l’emportent et accroche un Game 6.

    Dumas entre Jordan et Horace Grant
    https://www.youtube.com/watch?v=nDkuVSFWogg

    Game 6: Déception

    Que dire de ce match à part le basket se joue souvent presque rien. Un shoot de Paxon et un contre d’Horace Grant sur KJ auront ruinés les espoirs de game 7 des Suns. Dumas conclut ses finales avec 8 points.Défaite 99 à 98, Bulls sont champions.

    Il faut maintenant être focus sur la prochaine saison. Dumas à montré au monde du basket de telles choses, qu’il est très excitant de voir la suite.

    La suite…

    Richard Dumas ne verra pas le parquets de NBA, la saison suivante… Il est une nouvelle fois suspendu par la NBA pour violation des rêgles concernat l’usage de drogues. Il suit par la suite une cure de desintoxication à la cocaine et revient à Phoenix en 1995. Mais, son niveau ne sera plus jamais le même, il réalise 15 matchs à 5,5 points de moyenne aux Suns puis s’envole aux Sixers. Il finira sa carrière en NBA avec une saison de 39 matchs à 6,6 points de moyenne à Philadelphie.

    Il partira par la suite jouait en Europe et annoncera sa retraire en 2003 suite à un passage dans la United State Basketball League.

    On peut longuement spéculer sur le scenario de sa carrière si il n’était tombé dans l’addiction, mais une chose est sûre, quand on évoque son nom, la première chose qui nous vient à l’esprit est « talent gaché »…